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Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

ça s'est passé un... 16 avril

ça s'est passé un... 16 avril
ça s'est passé un... 16 avril

1-) 16 avril 1917 : Offensive du Chemin des Dames

2-) 16 avril 1943 : Découverte du LSD

Le 16 avril 1943, le chimiste suisse Albert Hofmann (37 ans), employé dans les laboratoires Sandoz (aujourd'hui Novartis), à Bâle, s'injecte par mégarde un dérivé de l'acide lysergique dont il était en train d'étudier les propriétés stimulantes. Il éprouve alors des sensations euphorisantes.

Cette découverte inopinée va ouvrir la voie à la drogue hallucinogène mythique des années 60 (les années « hippies » : le LSD

Le Chemin des Dames
Paysage du Chemin des Dames, près du fort de Malmaison (photo: Fabienne Vignolle)Le Chemin des Dames désigne un escarpement de 35 kilomètres qui s'étire de Craonne, à l'est, au moulin de Laffaux, sur la route Soissons-Laon. Son nom évoque une route de crête qu'avaient coutume d'emprunter les filles de Louis XV. L'offensive a eu lieu sur cette route orientée est-ouest, à mi-chemin de Laon (au nord) et de Soissons (au sud), dans un paysage aujourd'hui paisible.

L'offensive du Chemin des Dames et les mutineries

Le 16 avril 1917, les Français lancent une grande offensive en Picardie, sur le Chemin des Dames. Mal préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment chez les soldats avec une reprise en main des questions militaires par le gouvernement.

 

Scepticisme

Le général Robert Nivelle a remplacé le général Joseph Joffr à la tête des armées françaises le 12 décembre 1916. Il a aussitôt préconisé une grande offensive sur tous les fronts. Mais l'hiver rigoureux, avec des températures de -20°C, a retardé le projet et, surtout, la Révolution de Février, en Russie, a désorganisé le front russe.

Le ministre de la Guerre, le général Hubert Lyautey, sceptique sur les chances de cette offensive tous azimuts, démissionne le 17 mars 1917 sans donner d'explication. Il est remplacé au ministère par Paul Painlevé. Philippe Pétain, auréolé par ses succès de l'année précédente à Verdun, ne craint pas quant à lui de faire part de son hostilité au projet à qui de droit.

Il n'empêche que, le 6 avril, un conseil de guerre présidé par Raymond Poincaré donne raison au commandant en chef. Les Français engagnet l'offensive dix jours plus tard entre la Somme et l'Oise, dans les pires conditions qui soient... 

Échec sanglant

L'échec est consommé en 24 heures malgré l'engagement des premiers chars d'assaut français (une quarantaine). On n'avance que de 500 mètres au lieu des 10 kilomètres prévus, et ce au prix de pertes énormes : 30.000 morts en dix jours.

Le général Nivelle en est tenu pour responsable. Lors de la conférence interalliée de Chantilly, en novembre 1916, il assurait à tout un chacun que cette offensive serait l'occasion de la « rupture » décisive tant attendue grâce à une préparation massive de l'artillerie qui dévasterait les tranchées ennemies en profondeur. « Je renoncerai si la rupture n'est pas obtenue en quarante-huit heures » promettait-il aussi !

Mais le lieu choisi, non loin de l'endroit où s'était déroulée la bataille de la Somme de l'année précédente, n'est pas le moins du monde propice à la progression des troupes, avec ses trous d'obus et ses chemins défoncés.

Qui plus est, avant l'attaque, les Allemands ont abandonné leurs premières tranchées et construit un nouveau réseau enterré à l'arrière, plus court, de façon à faire l'économie d'un maximum de troupes : la ligne Hindenburg.

Une offensive parallèle est menée par les Anglo-Canadiens au nord de la Somme, près d'Arras et de la crête de Vimy. Plus chanceux que leurs alliés, ils avancent dès le premier jour d'un à cinq kilomètres, les Allemands ayant allégé leur dispositif pour concentrer leurs efforts sur le Chemin des Dames.

Désespoir et mutineries

Après l'attaque du Chemin des Dames, au cours de laquelle sont morts pour rien 29.000 soldats français, la désillusion est immense chez les poilus. Ils ne supportent plus les sacrifices inutiles et les mensonges de l'état-major.

Des mutineries éclatent çà et là. Plus d'une centaine en deux mois. En fait de mutineries, il faudrait plutôt parler d'explosions de colère sans conséquence pratique (aucun soldat n'a braqué son arme sur un gradé ; aucune compagnie n'a déserté). Elles surviennent à l'arrière, dans les troupes au repos qui, après s'être battues avec courage mais inutilement, apprennent que leurs supérieurs veulent les renvoyer au front sans plus d'utilité.

Le général Nivelle, qui n'a pas tenu sa promesse d'arrêter les frais au bout de 48 heures, est limogé le 15 mai 1917 et remplacé par le général Pétain au commandement en chef de l'armée française. Il s'en faut de beaucoup que ce changement ramène la discipline dans les rangs et les mutineries se reproduisent en assez grand nombre jusqu'à la fin du printemps.

Le nouveau commandant en chef suspend les offensives et restaure en premier lieu la discipline. Il réorganise la justice militaire en vue d'un « châtiment prompt et exemplaire », sans possibilité de recours en grâce. Il s'ensuit quelques dizaines d'exécutions, un nombre en définitive limité.

Pétain s'applique en second lieu à redresser le moral des troupes. Il entreprend la tournée des popottes, améliore l'ordinaire des soldats, allonge les permissions... de sorte qu'à la fin juin, il ne reste plus trace des mutineries du printemps.

L'historien Guy Pedroncini chiffre le nombre de condamnations à 3.500 environ et les exécutions effectives à 60 ou 70. Les autres condamnés voient leur peine commuée en travaux forcés (ils échappent du même coup à la guerre !). L'historien Jean-Baptiste Duroselle évalue à 250 le total des mutineries sur le front français au printemps 1917. Elles auraient impliqué un maximum de 2.000 soldats et se seraient soldées par 27 exécutions pour faits d'indiscipline collective.

À l'arrière, notons-le, on sévit avec moins de ménagement contre les défaitistes et les supposés traîtres. Ainsi fusille-t-on une pitoyable demi-mondaine, Mata-Hari. Contrairement aux idées reçues sur les mutineries. ces exécutions consécutives à l'offensive ratée du Chemin des Dames sont beaucoup moins nombreuses que celles des premiers mois de la guerre.

Les mutineries du printemps 1917 sont passées pratiquement inaperçues des contemporains et n'ont suscité l'intérêt des historiens qu'à partir des années 1930.

 

La chanson de Craonne
Le ressentiment et le désespoir des poilus s'exprime dans la Chanson de Craonne, sur un air de bal-musette. Soulignons que cette chanson dérive d'une valse d'amour composée en 1911 par le père de Jean Sablon : Bonsoir, M'Amour !
Adieu, m'amour ! adieu, ma fleur !
Adieu toute mon âme !
Ô toi qui fis tout mon bonheur (...)
Elle a été reprise et adaptée par les poilus à leurs différentes épreuves : Lorette, Verdun... et pour finir, le Chemin des Dames et le plateau de Californie, au-dessus de Craonne. Jugée défaitiste et antimilitariste, elle a été interdite par la censure militaire et même interdite d'antenne jusqu'en 1974.
Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le coeur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.
Refrain:
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

Bibliographie

Pour plus de détails sur l'offensive du Chemin des Dames comme sur l'ensemble des opérations militaires de la Grande Guerre, on peut se rapporter au livre de Paul Keegan : la Première Guerre Mondiale (Perrin, 2003).

L'ouvrage de référence sur les mutineries et les exécutions est celui de l'historien Nicolas Offenstadt : Les Fusillés de la Grande Guerre (Odile Jacob, 2009). Notons aussi Fusillés pour l'exemple 1914-1915 (Paris,Tallandier, 2003), du général André Bach, et 14-18, les fusillés (Malakoff, éditions Sébirot, 2013) de Frédéric Mathieu.

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