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Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

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Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

ça s'est passé un... 22 août...

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ça s'est passé un... 22 août...

1- 22 août 1791 : Les esclaves de Saint-Domingue s'insurgent

Le 22 août 1791, la colonie de Saint-Domingue (Haïti) est secouée par une insurrection des « Nègres marrons » (ainsi appelait-on les esclaves qui avaient fui les plantations et s'étaient réfugiés dans les forêts).

Prenant au mot les députés français qui avaient proclamé à Paris, peu avant, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, ils revendiquent l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits...

2- 22 août 1812 : Pétra sort de l'oubli

Le 22 août 1812 un jeune Suisse de 28 ans retient son souffle. À l'issue d'une longue marche au sud de la mer Morte, il vient d'apercevoir une immense façade sculptée dans le grès rose.

Johann Ludwig Burckhardt a découvert Pétra, l'antique capitale des Nabatéens...

1- 22 août 1791  Révolte des esclaves à Saint-Domingue

 

Dans la nuit du 22 au 23 août 1791 éclate une violente insurrection à Saint-Domingue, colonie française des Antilles. Esclaves noirs et affranchis revendiquent la liberté et l'égalité des droits avec les citoyens blancs.

C'est le début d'une longue et meurtrière guerre qui mènera à l'indépendance de l'île ; la plus grande révolte servile de l'Histoire... et la seule qui ait réussi.

Une prospérité compromise

De son nom officiel «côtes et îles de Saint Domingue en l'Amérique sous le vent», la colonie est, avant la Révolution, la plus prospère des possessions françaises d'outre-mer grâce à ses plantations de café et de canne à sucre et à ses nombreux esclaves.

Planteur de Saint-Domingue (musée de Nantes) La colonie compte près de 600.000 habitants, dont 40.000 affranchis, essentiellement des mulâtres, et 500.000 esclaves noirs régis par le Code noir.

Les affranchis ou libres de couleur n'ont pas les mêmes droits que les colons. Le port de l'épée et le titre de Monsieur leur sont interdits, de même que certaines professions. Mais ils bénéficient d'une certaine aisance, sont très dynamiques et possèdent même un quart à un tiers des esclaves !

Pour cause de disettes, diverses révoltes frumentaires ont secoué l'île au cours du XVIIIe siècle mais ont été à chaque fois matées.  

Cependant, le rapport démographique devient, plus qu'en aucune autre colonie, favorable aux esclaves, qui représentent près des neuf-dixièmes de la population à la veille de la Révolution française. Le sort de l'île va en être bouleversé.

Le 15 mai 1791, à Paris, l'Assemblée nationale accorde timidement le droit de vote à certains libres de couleur. Cette demi-mesure inquiète les planteurs blancs de Saint-Domingue qui songent à proclamer leur indépendance pour préserver leur île des idées séditieuses venues de Paris.

Elle ne satisfait pas davantage les intéressés, qui, tel Vincent Ogé, réclament une véritable égalité de droit avec les colons, tout en restant fidèles au roi. Les négociants blancs, qui bénéficient de l'exclusif (protection douanière), demeurent comme les affranchis fidèles à la monarchie et s'opposent en cela aux planteurs.

Affranchis mulâtres, négociants et planteurs blancs commencent à s'affronter, n'hésitant pas à associer leurs esclaves noirs à leurs querelles et à leur confier des armes. Dans un deuxième temps, ils vont pousser les esclaves de l'autre camp à la révolte. Dans un troisième temps, enfin, ils vont leur promettre la liberté.

Toutes les conditions de la révolte étant réunies, le  culte vaudou et le marronnage vont provoquer l'explosion.

Un combat pour la liberté et l'égalité

Des nègres marrons (ainsi appelle-t-on les esclaves qui ont fui les plantations et se sont réfugiés dans les forêts) revendiquent l'abolition de l'esclavage au cours d'une cérémonie vaudou au Bois-Caïman, près de Morne-Rouge, sous la direction d'un prêtre vaudou, Boukman, le 14 août 1791. Cette revendication débouche sur une insurrection dans la nuit du 22 au 23 août 1791, avec le fameux Boukman entouré de ses lieutenants Romaine le prophète, Hyacinthe, Georges Biassou, Jean-François.

Des centaines de sucreries et de caférières (plantations de café) sont détruites. Les Blancs eux-mêmes sont massacrés par centaines. C'est le début d'une longue et meurtrière guerre qui mènera à l'indépendance de la prospère colonie.

Les insurgés noirs ne tardent pas à recevoir le soutien des affranchis, irrités que les représentants de l'Assemblée nationale aient fait exécuter plusieurs d'entre eux, dont le célèbre Vincent Ogé.

Les premiers combats révèlent les talents militaires d'un cocher de 48 ans nommé François Toussaint. Fils d'un Africain du Bénin, il a reçu une éducation sommaire. Affranchi quinze ans plus tôt, en 1776, il a pu acquérir une propriété de 13 hectares et vingt esclaves !

Lorsqu'éclate l'insurrection, François Toussaint entre au service de Georges Biassou. Il ne tarde pas à faire la preuve de son courage et de ses talents de stratège. Le surnom de L'ouverture ou Louverture s'ajoute à son nom en raison de la bravoure avec laquelle il enfonce les brèches !

Le 28 mars 1792, la nouvelle Assemblée législative établit une égalité de droit entre tous les hommes libres (à l'exception des esclaves) mais cette nouvelle demi-mesure intervient trop tard pour arrêter l'insurrection.

En 1793, l'Espagne entre en guerre contre la France. Madrid, qui occupe la partie orientale de l'île, Santo Domingo, offre à Georges Biassou et François Toussaint Louverture de combattre les Français à ses côtés en échange d'une promesse de liberté générale.

Les insurgés acceptent et Toussaint Louverture reçoit le grade de lieutenant général dans les armées espagnoles. Il commande 4.000 hommes et bientôt vole de succès en succès.

 

Libérés grâce à la Révolution française

À Paris, l'insurrection est perçue comme une révolte royaliste de type vendéen, qui bénéficie - fait aggravant - de l'appui des Anglais et des Espagnols. Pour y faire face, la République française délègue dans l'île les commissaires Sonthonax et Polverel avec un corps expéditionnaire de six mille hommes.

Les commissaires décident en juin 1793 d'affranchir les esclaves fidèles à la République puis Sonthonax se résigne à un affranchissement général. C'est chose faite le 29 août 1793 dans la province du Nord et le 4 septembre 1793 dans les parties ouest et sud. .

Léger-Félicité Sonthonax, membre de la Société des Amis des Noirs, proclame le 29 août 1793 : «Tous les nègres et sang-mêlés, actuellement dans l'esclavage, sont déclarés libres pour jouir de tous les droits attachés à la qualité de citoyen français...».

Trois députés de Saint-Domingue gagnent Paris et convainquent la Convention de généraliser l'abolition de l'esclavage à l'ensemble des colonies françaises par le décret du 6 pluviôse An II (4 février 1794).

Voyant cela, certains planteurs n'hésitent pas à appeler les Anglais à leur secours. Trois mois plus tard, en mai 1794, 7.500 soldats anglais venus de la Jamaïque voisine débarquent à Haïti et s'emparent de la capitale, Port-au-Prince.

Heureusement pour la France, Toussaint Louverture prend conscience de la fragilité du soutien espagnol : Madrid tarde à concrétiser sa promesse de libération des esclaves. Le 18 mai 1794, le héros noir change de camp et fait front commun avec les révolutionnaires français, leur sachant gré d'avoir libéré les esclaves. Il intervient avec ses troupes aux côtés du général Étienne Laveaux et la Convention le nomme général de division le 17 août 1794.

Dans le même temps, en juin 1794, une expédition commandée par Victor Hugues débarque en Guadeloupe. Victor Hugues émancipe les esclaves et, en six mois, reprend l'île aux Anglais. Il a moins de chance avec la Martinique qui reste aux mains des Anglais. Au nom de l'«isonomie républicaine», la Guadeloupe comme Saint-Domingue sont élevées au rang de départements français.

À Saint-Domingue, les Anglais sont battus et décimés par une épidémie de fièvre jaune à laquelle les Noirs sont, eux, presque insensibles. Triomphant, Toussaint Louverture se débarrasse en 1795 de Sonthonax en le faisant élire député à l'assemblée des Cinq-Cents.

Il reprend le sud de l'île à son rival, le mulâtre Ribot, et, en octobre 1798, reçoit la reddition définitive des Anglais au nom de la République française.

Il prend dès lors en main le gouvernement de l'île et s'applique à rassurer les planteurs. La prospérité ne tarde pas à revenir. Il est vrai que le nouveau maître de l'île oblige ses frères de couleur à travailler comme salariés dans les plantations dont ils étaient auparavant les esclaves ! Il signe à cet effet un décret le 12 octobre 1800.

Toussaint Louverture réoccupe le 27 janvier 1801 la partie orientale de l'île, que l'Espagne avait cédée à la France en 1795 par le traité de Bâle. Cette initiative déplaît à Napoléon Bonaparte, qui gouverne la France à ce moment-là avec le titre de Premier Consul. Il met un terme à l'«isonomie républicaine» et établit pour les colonies une législation spéciale.

Le libérateur de Saint-Domingue n'en a cure et le 8 juillet 1801, il proclame l'autonomie de l'île et se nomme Gouverneur général à vie de la nouvelle République.

Bonaparte, excédé, envoie à Saint-Domingue une expédition commandée par son beau-frère, le général Leclerc, en vue de le débarrasser des «nègres dorés», autrement dit les généraux de couleur. Il s'ensuit une guerre impitoyable contre les troupes venues de la métropole, avec, au bout du tunnel, l'indépendance.

 

22 août 1812

Pétra sort de l'oubli

 

 

Le 22 août 1812 un jeune Suisse de 28 ans retient son souffle.

À l’issue d’une longue marche dans le Sîq, un étroit défilé près de wadi Moussa, dans les montagnes du sud de la Jordanie, il vient d’apercevoir une immense façade sculptée dans le grès rose.

Le jeune voyageur évite toutefois de laisser paraître son émerveillement pour ne pas éveiller les soupçons de son guide. 

Officiellement Johann Ludwig Burckhardt, aliasSheikh Ibrahim, ne parcourt le Sîq que pour se rendre au Djebel Haroun – le «mont Aaron» en arabe – et y sacrifier une chèvre au prophète, frère de Moïse…

 

Et si la Jordanie était reconnue comme l’autre pays de la Bible ?
La Jordanie biblique en 20 sites (hors série, juillet-août 2012, 10 euros)Le récit ci-après de la découverte de Pétra est extrait du somptueux hors-série publié par Le Monde de la Bible et La Croix : «La Jordanie biblique en 20 sites» (sortie en kiosque, été 2012, 10 €).
Même si, en Jordanie, les traces des événements et des héros des Ancien et Nouveau Testaments semblent éparses, elles n’en demeurent pas moins fort nombreuses avec plus d’une vingtaine de sites qui nous parlent de Moïse et de Jésus, en passant par Jacob, Ruth, Loth, ou Jean-Baptiste pour ne citer que les plus célèbres personnages.
L’apôtre Paul aussi aurait séjourné dans le royaume nabatéen, ainsi que l’évoque une lettre aux Galates.

Pétra entre mythe et réalité

Après des siècles d’oubli, le jeune homme est le premier Européen à découvrir le spectacle grandiose de la Khazneh, ce monument qui deviendra bientôt l’emblème de Pétra, l’antique capitale des Nabatéens.

Comment celle-ci a-t-elle pu sortir des mémoires occidentales ? Le premier facteur est géographique : la cité est nichée dans une région semi-désertique, à l’écart des grandes voies de communication, au cœur d’un massif gréseux très difficile d’accès. Depuis des siècles, elle est redevenue un lieu de pâturage et d’habitat saisonnier pour les populations nomades de la région.

L’autre facteur, c’est la relative discrétion des sources antiques sur Pétra, dont aucune ne permet de situer exactement la cité. Les textes grecs les plus développés sont ceux de Diodore de Sicile et de Strabon. Si l’un et l’autre désignent Pétra comme la capitale des Nabatéens, un peuple arabe caravanier qui s’est enrichi par le commerce des épices et de l’encens, ils en donnent deux images assez contradictoires.

 

Diodore rapporte le témoignage oculaire de l’historien Hiéronyme de Cardia, contemporain d’Alexandre le Grand : «Les Nabatéens vivent en plein air [...], ils ont pour coutume de ne pas semer de grains, de ne pas planter d’arbres fruitiers, de ne pas boire de vin et de ne pas construire de maisons.» Bref, ce sont des nomades. Diodore relate aussi deux expéditions ordonnées contre eux par le roi Antigone le Borgne, successeur d’Alexandre : la «Roche» qu’attaque l’armée hellénistique et qui est vraisemblablement Pétra n’apparaît pas comme une ville mais plutôt comme un refuge, protégé par la nature et permettant aux tribus nomades de mettre à l’abri leurs richesses.

Strabon au contraire, s’appuyant sur le témoignage du philosophe Athénodore qui a visité Pétra au tournant de l’ère chrétienne, décrit la capitale des Nabatéens comme une véritable ville, avec de l’eau en abondance, des jardins et de coûteuses maisons en pierre : en trois siècles, les nomades se sont sédentarisés et sont devenus des citadins installés dans une ville luxueuse. Voilà ce que les érudits occidentaux savent de Pétra lorsque Burckhardt vient la tirer de l’oubli en août 1812.

ça s'est passé un... 22 août...
Un explorateur avisé

Issu d’une grande famille bâloise, Johann Ludwig Burckhardt est né à Lausanne en 1784. Après de solides études dans les universités de Leipzig et de Göttingen, il se destinait à une carrière diplomatique mais des difficultés familiales – son père était résolument antinapoléonien – l’ont contraint à s’exiler à Londres en 1806.

Deux ans plus tard, ayant perdu tout espoir de décrocher un poste, il offre ses services à l’Association for Promoting the Discovery of the Interior Parts of Africa ou African Association. On l’envoie à Cambridge apprendre l’arabe. Puis, en 1809, il s’embarque pour Malte et, de là, pour la Syrie où il s’installe à Alep. Désormais, il a adopté le costume local, s’est laissé pousser la barbe et se fait appeler Sheikh Ibrahim : son objectif est de s’accoutumer à l’accent et aux coutumes du pays pour se faire ensuite passer pour un commerçant syrien et voyager incognito.

David Roberts, Pétra, 7 mars 1839, En Terre Sainte, 1839En juin 1812, s’estimant suffisamment préparé, il se met en route pour Le Caire, avec pour destination finale le Fezzan. En chemin, probablement non loin de la forteresse croisée de Shawbak, il entend parler de ruines fabuleuses qui se situeraient dans un lieu appelé Wadi Mousa, «la vallée de Moïse» ; d’après une tradition islamique, il s’agit d’une des douze sources que Moïse aurait fait jaillir au cours de l’Exode en frappant la roche de son bâton.

Burckhardt n’ignore pas qu’en se détournant de la route directe pour aller voir ces fameuses ruines il prend un risque : tout intérêt trop marqué pour des antiquités peut paraître suspect aux yeux des Arabes et dévoiler sa véritable identité. Il prétend alors avoir fait vœu de sacrifier une chèvre au prophète Aaron. Il sait en effet que son tombeau, lieu de pèlerinage célèbre, est situé au sommet d’une montagne, au sud-ouest du wadi Mousa, et qu’en s’y rendant il a une chance de traverser les ruines.

Le stratagème fonctionne : arrivé à el-Dji, principal village du wadi Mousa, Burckhardt loue les services d’un guide et s’engage à sa suite dans le Sîq ; l’un porte la chèvre, l’autre la provision d’eau. Ils passent bientôt sous l’arche maçonnée qui marque l’entrée du défilé et qui, pour le guide, ne peut être que «l’œuvre du Djan, le Mauvais Génie» : cette construction, qui s’est effondrée en 1895 et dont ne subsiste aujourd’hui que les piliers rupestres, enjambait le défilé à une hauteur vertigineuse comme en rendent bien compte les dessins des premiers voyageurs. Au passage, Burckhardt remarque les niches latérales creusées dans le rocher et pense qu’elles devaient abriter des statues – hypothèse judicieuse eu égard au caractère sacré des lieux de passage dans l’Antiquité.

Le Deir, sanctuaire lié à un culte funéraire (?), in David Roberts, The Holy Land, Londres, 1842-1849, DR

Et puis, soudain, il est devant la Khazneh et c’est l’éblouissement : «Sa situation et sa beauté, écrira-t-il, ont été calculées pour produire une extraordinaire impression sur le voyageur, qui aura emprunté pendant près d’une demi-heure le passage si sombre, et presque souterrain, que j’ai décrit. C’est l’un des plus élégants vestiges de l’Antiquité existant en Syrie. Son état de préservation ressemble à celui d’un édifice que l’on viendrait d’achever, et en l’examinant de plus près, j’ai constaté que sa construction a dû exiger un labeur considérable.» Ce jugement positif à l’égard d’une architecture que d’autres voyageurs qualifieront de «décadente» vaut la peine d’être souligné.

Plus surprenant : alors que certains savants interpréteront le monument comme un sanctuaire dédié à la déesse Isis, à cause de la statue qui en orne la façade, Burckhardt comprend immédiatement qu’il s’agit d’un monument funéraire, probablement princier, et il ajoute : «grande doit avoir été l’opulence d’une ville qui pouvait dédier de tels monuments à la mémoire de ses gouvernants». Son intuition s’est révélée exacte…

Burckhardt découvre au passage bien d’autres tombes creusées dans le rocher, et note à juste titre qu’il n’y en a pas deux qui soient identiques. Puis il passe devant le théâtre et parvient enfin à l’endroit où les parois rocheuses s’écartent pour laisser place à un vaste cirque dominé de tous côtés par des hauteurs escarpées. «Là, écrira-t-il, le sol est couvert d’amas de pierres taillées, de fondations d’édifices, de fragments de colonnes et de vestiges de rues pavées – tout cela indiquant clairement qu’une grande cité existait jadis à cet endroit.» Propos d’autant plus remarquables que d’autres visiteurs n’y verront que des tombeaux, certains affirmant même, jusqu’à une date récente, que Pétra n’était qu’une simple nécropole.

Le tombeau palais, le tombeau corinthien... dans la falaise de la Khubthah, in David Roberts, The Holy Land, Londres, 1842-1849, DR

Arrivé devant le temple du Qasr al-Bint, le seul monument alors visible qui fût construit et non pas sculpté dans le rocher, Burckhardt ne peut résister à la tentation de l’examiner de plus près. Cette fois c’en est trop pour le guide : «Maintenant je vois clairement que tu es un infidèle, qui a une raison bien particulière de venir fouiller les ruines de la cité de ses ancêtres. Mais tiens-le toi pour dit : nous ne tolérerons pas que tu emportes un seul para de tous les trésors qui sont cachés ici, car ils sont sur notre territoire, et nous appartiennent». Burckhardt n’insiste pas, d’autant que le soleil décline déjà : une fois parvenu en vue du tombeau d’Aaron, sur une terrasse où des amas de pierres témoignent des précédents sacrifices, il immole sa chèvre pendant que le guide prononce les paroles rituelles. Tous deux en partagent le meilleur morceau pour le dîner et s’en retournent comme ils étaient venus.

Quelques jours plus tard, Burckhardt se joint à une caravane en partance pour Le Caire. Il n’atteindra jamais le Fezzan, mais, moins d’un an après être entré dans Pétra, il sera le premier Européen à redécouvrir les temples d’Abou Simbel en Haute-Égypte, le premier aussi à accomplir le pèlerinage à La Mecque. Ses aventures s’achèvent au Caire, où il meurt de dysenterie le 15 octobre 1817 et où il est enterré au cimetière deBab en-Nasr.

Son récit ne sera publié à Londres qu’en 1822, par les soins de l’African Association. Sans doute, comme il le déplorait lui-même, la description qu’il y donne des ruines de Pétra est-elle trop succincte. Mais elle fourmille d’intuitions qui se révèleront pour la plupart exactes. Surtout, il fait cette remarque décisive : «En comparant les témoignages des divers auteurs, il semble très probable que les ruines de Wadi Mousa sont celles de l'ancienne Pétra». Et d’ajouter avec une grande modestie : «Que j’aie découvert ou non les vestiges de la capitale de l’Arabie Pétrée, je le laisse à l’appréciation des hellénistes.»

Avant même sa publication, la nouvelle s’est répandue dans la petite communauté des voyageurs européens en Orient et a suscité d’autres tentatives. Dès 1818, un aristocrate anglais féru d’archéologie, William John Bankes, accompagné de deux capitaines de la Royal Navy, Charles Irby et James Mangles, parvient à rester deux jours sur le site et à y faire de nombreux dessins, restés inédits pour la plupart. Dix ans plus tard, en 1828, deux voyageurs français, Léon de Laborde et Louis M. Linant de Bellefonds, passeront presque une semaine à Pétra en dépit de l’hostilité des tribus bédouines. C’est à eux, par la publication d’un ouvrage luxueusement illustré, qu’il reviendra de révéler la splendeur de la cité rose.

Pascale Linant de Bellefonds (extrait de «La Jordanie biblique en 20 sites», hors-série du Monde de la Bible, août 2012)
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