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Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Revue de Presse 15 Juin 2018

com
Revue de Presse 15 Juin 2018

Monique Macalou

Sommaire

Journal

Titre

page

Les échos

Accueil des chinois à Paris

2

Le Monde

Enquête sur de faux tickets d'entrée au Musée du Louvre

2

 

Une première pour le musée

2

 

"Le 'ras-le-bol' des agents du Louvre face aux vols des mineurs roumains"

3

Le Figaro

La Cour des comptes se paye Hidalgo sur sa gestion des statuts des agents de Paris

4

 

La cour des comptes fustige la gestion de œuvres sociale

6

 

Autolib’ Anne Hidalgo face à un nouveau fiasco

7

 

Voies sur berge à Paris : plusieurs recours contre Anne Hidalgo

9

 

Voies sur berge à Paris : le plan Pécresse plusieurs recours contre Hidalgo

10

Le Monde

Ferme sur sa ligne, Macron refuse tout virage social

11

 

Politique de la ville : il faut définir « un nouveau partage des responsabilités entre l’Etat et les collectivités locales.

11

Le Parisien

Alors ils font quoi, les secrétaires d’Etat  à  rien  ?

14

l’Opinion

Vélib' : comment le nouveau vélo d'Anne Hidalgo a perdu l'équilibre financier

15

 

 

 

EN BREF : LES ECHOS

Accueil des chinois à Paris

La sénatrice Catherine Dumas (Paris LR) a interpellé ma ministre de la culture, Françoise Nyssen, sur les trafics autour de l’accueil des touristes chinois au Louvre. Le musée ne propose pas d’audioguide en mandarin, laissant ainsi prospérer un marché parallèle, affirme l’élue. En outre s’est installé un trafic des billets « journée », avec la complicité des tours opérateurs. Distribué aux groupes de visiteurs chinois, ils seraient récupérés et réutilisés jusqu’à sept fois par jour.

EN BREF : LE MONDE

Enquête sur de faux tickets d'entrée au Musée du Louvre

Trois mille six cents tickets d'accès contrefaits ont été saisis, à la fin d'août, par les douanes belges, peu après la découverte de plusieurs d'entre eux en circulation dans le musée.

Le parquet de Paris a récemment ouvert une information judiciaire après que le Musée du Louvre eut découvert la circulation de faux billets d'entrée, ont annoncé, mercredi 11 septembre, une source judiciaire et le musée, confirmant une information du Parisien.

Parallèlement à ces découvertes, les douanes belges ont alerté les autorités françaises à la fin d'août, après la saisie d'environ 3 600 faux billets cachés dans un colis en provenance de Chine, a déclaré la même source.

C'est à partir de la mi-août que le célèbre musée a averti la police, après avoir remarqué que des guides ou des touristes chinois étaient en possession de tickets contrefaits.

"Le 12 août, un agent de surveillance du Louvre a eu un doute sur un billet de groupe présenté par un touriste chinois. Il a laissé passer la personne mais gardé le billet pour le montrer à sa hiérarchie. Il s'est avéré que c'était une contrefaçon de mauvaise qualité", a expliqué le musée à l'AFP.

UNE PREMIÈRE POUR LE MUSÉE

"Le 14 août, un agent a repéré des contrefaçons de bien meilleure qualité, des clones parfaits de nos billets. Le Louvre a porté plainte le 15 août pour contrefaçon et escroquerie", a déclaré le musée, pour qui c'est la première affaire de ce type.

"Nous avons retrouvé encore quelques faux billets les jours suivants. Mais nous n'avons plus rien intercepté depuis le 26 août", a ajouté le musée. "Nous restons très vigilants, car les billets sont valables un an", poursuit le Louvre, qui dit ne pas être en mesure pour le moment d'évaluer le préjudice.

Dans le cadre d'enquêtes menées par le commissariat du 1er arrondissement de Paris, plusieurs guides ont été entendus, mais aucun n'a fait l'objet de poursuites, a précisé la source judiciaire.

Le parquet de Paris a ouvert le 22 août une information judiciaire contre X pour escroquerie et tentative d'escroquerie commise en bande organisée. L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA).

 "Le 'ras-le-bol' des agents du Louvre face aux vols des mineurs roumains"

C'est un succès de fréquentation dont l'établissement du Louvre se serait bien passé. Le plus grand musée du monde n'a pas ouvert ses portes, mercredi matin 10 avril, en raison du "ras-le-bol général" face à "l'augmentation exponentielle" de l'activité des pickpockets depuis l'été 2012. A tel point que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire en octobre 2012. Près de 200 agents ont décidé pour la première fois d'exercer leur droit de retrait.

"Nous sommes dépassés par les événements, à bout de nerfs", souligne Gary Guillaud, surveillant de salle depuis onze ans et représentant CGT du personnel. "Certains collègues, notamment femmes, viennent travailler la peur au ventre", ajoute Christelle Guyader, déléguée syndicale SUD. Les agents racontent leur quotidien au contact des bandes de pickpockets venus détrousser des touristes souvent peu sur leurs gardes. Lorsqu'ils interviennent, ils s'exposent à des crachats, des bousculades, des griffures, des insultes ou des intimidations. L'un d'eux évoque des tentatives de corruption. "On m'a déjà dit: 'Je te file 20 euros et tu me laisses travailler…'" Un autre donne l'exemple de jeunes filles qui relèvent leur tee-shirt "par provocation", "pour dés

A force de fréquenter presque quotidiennement les salles du musée, les pickpockets finissent par connaître les horaires et les matricules des salariés du Louvre. Ils les interpellent par leur prénom. "Certains agents ont peur de les croiser à l'extérieur et demandent à être raccompagnés au métro après une nocturne", raconte Alexandra Kardianou, secrétaire de la section CGT au Louvre. "J'ai des collègues qui cachent leur badge en les retournant", abonde un agent qui ne souhaite pas donner son nom. Les pickpockets n'hésitent pas à manger et fumer dans certaines salles du musée.

"Tout ce qui est règlement est bafoué", résume Gary Guillaud, qui déplore se retrouver "dans un rôle de flicage et de secourisme". Conséquence, selon lui : "Nos fonctions premières d'accueil des visiteurs et de présentation des œuvres passent à la trappe." Impossible d'établir précisément le nombre de voleurs œuvrant chaque jour. La préfecture de police parle d'une moyenne quotidienne de quinze personnes, tout en reconnaissant une présence "par vagues". "Les voleurs à la tire avaient disparu en fin d'année dernière, mais sont revenus en grand nombre en février et mars", confirme la direction. Pour les syndicats, entre 30 et 50 pickpockets arpentaient chaque jour jusqu'à la semaine dernière les salles du musée. Selon la police, ces bandes organisées, qui comptent de nombreuses filles, sont constituées de personnes originaires de Roumanie et vivant en Seine-Saint-Denis.

Difficile de savoir combien de visiteurs sont victimes de vols. Souvent originaires d'Asie, ils ne portent pas toujours plainte au commissariat et se contentent de signaler le méfait à l'accueil du musée. Les 80 plaintes pour vol recensées depuis janvier (soit en moyenne 1,5 par jour) ne reflètent pas la réalité de la situation. Et si des interpellations ont lieu tous les jours (150 depuis début janvier), une dizaine par mois ont des conséquences judiciaires. Les voleurs sont souvent mineurs, ou du moins prétendent l'être. En dessous de 13 ans, impossible de les poursuivre.

"C'est le tonneau des Danaïdes, soupire Alexandra Kardianou. Quand on met quelqu'un dehors, il peut revenir un quart d'heure plus tard. Les agents, eux, sont désillusionnés. Dans ces conditions, à quoi bon aller passer une demi-journée au commissariat pour signaler une agression ?" Une plainte générale a été déposée par le musée au mois de décembre.

Une vingtaine de policiers surveillent les abords et l'entrée du musée. "Ce dispositif doit être pérennisé", demandent conjointement syndicats et direction. Hervé Barbaret, l'administrateur général du Louvre, dit avoir reçu des "assurances" sur une "sanctuarisation" des moyens policiers supplémentaires accordés. Des policiers roumains vont patrouiller en tenue à partir du mois de mai. En accord avec le parquet, des mesures d'interdiction temporaire d'entrée vont être appliquées aux personnes raccompagnées de manière répétée à la sortie pour non-respect du règlement. Une méthode déjà expérimentée lors des vacances de Noël et de Pâques.

Pour Hervé Barbaret, qui a fait de ce dossier sa "priorité numéro un", il faut "accompagner" les agents, par le biais de formations, et réfléchir à une organisation différente. "Peut-être en faisant travailler les agents de façon moins isolée." Une manière de répondre aux syndicats qui voient dans cette situation la conséquence des "sous-effectifs" du musée.

 

EN BREF : LE Figaro

La Cour des comptes se paye Hidalgo sur sa gestion des statuts des agents de Paris

Pour les magistrats financiers, le cadre statutaire des 52.000 fonctionnaires employés par Anne Hidalgo est devenu illisible à force d'avoir bénéficié de dérogations indues. Ils critiquent aussi l'absence de pilotage de la mairie et de l'État, et constatent des effets négatifs de gestion et des irrégularités à la pelle.

Anne Hidalgo a de quoi faire la tête. La maire de la capitale est en effet la cible d'un référé de la Cour des comptes, adressé au premier ministre Édouard Philippe, pas piqué des hannetons sur «le droit et les pratiques du statut des collaborateurs de la Ville de Paris». Sur 10 pages, les magistrats financiers fustigent «un cadre statutaire devenu illisible» au fil des décennies. «Le statut des agents de la Ville de Paris est marqué, de très longue date, par l'aménagement d'un régime spécifique qui déroge, sur de nombreux points, aux dispositions générales applicables aux agents des collectivités territoriales», notent ainsi les juges de la rue Cambon, tout en reconnaissant «une spécificité compréhensible». À ceci près que «les dispositions réglementaires applicables sont mal pilotées par l'État et la ville, notamment parce que l'addition des dérogations et des textes propres aux agents parisiens complexifie le cadre statutaire et en compromet la cohérence et le suivi».

Paris se distingue ainsi des autres collectivités «par le nombre élevé des échelons hiérarchiques et pare le rôle du secrétariat général, différent de celui des directions générales des services», note la Cour des comptes. Résultat, «la typologie des emplois supérieurs parisiens déroge à celle des autres collectivités territoriales en retenant un nombre élevé d'échelons hiérarchiques et des statuts d'emplois fonctionnels qui n'existent pas dans les autres collectivités», se plaint-elle.

Statuts obsolètes et recrutements irréguliers

Idem sur les nominations discrétionnaires à ces emplois, qui dérogent aux règles encadrant le recrutement direct des directeurs généraux des grandes collectivités et dont certains statuts sont carrément «obsolètes». La Cour insiste notamment sur la nécessité de supprimer les emplois de secrétaire général et de secrétaire général adjoint qui «n'ont plus de réalité» ou encore de clarifier «les dispositions applicables aux emplois de délégué et délégué général». Elle juge encore que «le recrutement dans les emplois fonctionnels des mairies d'arrondissement devrait suivre celui des autres collectivités».

La conséquence est lourde: des «irrégularités» à la pelle. « Les plafonds d'emplois et les règles de rémunérations (...) Anne Hidalgo a de quoi faire la tête. La maire de la capitale est en effet la cible d'un référé de la Cour des comptes, adressé au premier ministre Édouard Philippe, pas piqué des hannetons sur «le droit et les pratiques du statut des collaborateurs de la Ville de Paris». Sur 10 pages, les magistrats financiers fustigent «un cadre statutaire devenu illisible» au fil des décennies. «Le statut des agents de la Ville de Paris est marqué, de très longue date, par l'aménagement d'un régime spécifique qui déroge, sur de nombreux points, aux dispositions générales applicables aux agents des collectivités territoriales», notent ainsi les juges de la rue Cambon, tout en reconnaissant «une spécificité compréhensible». À ceci près que «les dispositions réglementaires applicables sont mal pilotées par l'État et la ville, notamment parce que l'addition des dérogations et des textes propres aux agents parisiens complexifie le cadre statutaire et en compromet la cohérence et le suivi».

Paris se distingue ainsi des autres collectivités «par le nombre élevé des échelons hiérarchiques et pare le rôle du secrétariat général, différent de celui des directions générales des services», note la Cour des comptes. Résultat, «la typologie des emplois supérieurs parisiens déroge à celle des autres collectivités territoriales en retenant un nombre élevé d'échelons hiérarchiques et des statuts d'emplois fonctionnels qui n'existent pas dans les autres collectivités », se plaint-elle.

Statuts obsolètes et recrutements irréguliers

Idem sur les nominations discrétionnaires à ces emplois, qui dérogent aux règles encadrant le recrutement direct des directeurs généraux des grandes collectivités et dont certains statuts sont carrément « obsolètes ». La Cour insiste notamment sur la nécessité de supprimer les emplois de secrétaire général et de secrétaire général adjoint qui « n’ont plus de réalité» ou encore de clarifier «les dispositions applicables aux emplois de délégué et délégué général». Elle juge encore que « le recrutement dans les emplois fonctionnels des mairies d'arrondissement devrait suivre celui des autres collectivités ».

La conséquence est lourde: des «irrégularités» à la pelle. «Les plafonds d'emplois et les règles de rémunérations (...) ne sont même pas respectés», dénonce ainsi la Cour pour qui «la Ville poursuit en réalité des pratiques irrégulières tendant à la pérennisation d'une gestion globalisée, sans identification ni véritable individualisation des emplois». Pis, «le suivi des emplois non-titulaires sur la seule base de plafonds d'emplois et des effectifs globalisés associés à ces plafonds, les mécanismes de gages ou de sureffectifs, sans base légale ni réglementaire, lui permettent de s'exonérer de l'identification des postes et des règles de recrutement afférentes», assurent encore les juges financiers. Cerise sur le gâteau, la Cour s'indigne que «les pratiques sont irrégulières également en matière de recrutement».

1552 heures de travail par an par agent

Et les magistrats financiers, pour qui la simplification des 63 corps et 23 statuts d'emplois fonctionnels que compte la ville de Paris pour un effectif d'un peu plus de 52.000 agents est «possible et nécessaire», de faire 5 recommandations de bon sens à Édouard Philippe et Anne Hidalgo afin que le droit commun s'applique dans la capitale, «sauf dérogation explicite». Ils suggèrent notamment de réévaluer l'ensemble des textes applicables ainsi que les dérogations statutaires «pour ne conserver que les dérogations encore justifiées par les spécificités d'organisation de service».

Ils prônent encore de supprimer la clause de cristallisation qui vise à figer temporairement l'application du statut de la fonction publique territoriale à Paris afin de permettre à la ville de mettre ses règles statutaires internes en conformité avec les évolutions légales. Cette disposition lui permet notamment de ne pas appliquer la référence annuelle du travail fixée à 1607 heures -les agents 1552 heures par an- pour un coût de 74 millions d'euros par an. À défaut de supprimer cette clause, les magistrats suggèrent aussi de l'actualiser «en veillant, dans ce cas, qu'elle ne soit pas détournée de son objet réel». La Cour souhaite enfin que la ville instaure l'obligation d'établir un classement exhaustif de l'ensemble des emplois fonctionnels de direction et d'encadrement supérieur parisiens et précise le régime de nouvelle bonification indiciaire applicable à Paris.

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La Cour des comptes fustige la gestion des œuvres sociales des hôpitaux

Un référé rendu public lundi sur le Comité de gestion des œuvres sociales des établissements hospitaliers publics (CGOS) et l'action sociale hospitalière estime que celle-ci doit être rénovée.

Trop généreuse, «l'action sociale hospitalière doit être rénovée». Tel est le verdict de la Cour des comptes, qui a rendu public lundi un référé, adressé le 14 février 2018 au premier ministre, sur le Comité de gestion des œuvres sociales des établissements hospitaliers publics (CGOS) et l'action sociale hospitalière.

Cette association loi 1901, gérée de manière paritaire, a pour mission depuis 1960 de gérer l'action sociale en faveur des agents non titulaire (contractuels).

Pour les magistrats financiers, le cadre statutaire des 52.000 fonctionnaires employés par Anne Hidalgo est devenu illisible à force d'avoir bénéficié de dérogations indues. Ils critiquent aussi l'absence de pilotage de la mairie et de l'État, et constatent des effets négatifs de gestion et des irrégularités à la pelle.

Anne Hidalgo a de quoi faire la tête. La maire de la capitale est en effet la cible d'un référé de la Cour des comptes, adressé au premier ministre Édouard Philippe, pas piqué des hannetons sur «le droit et les pratiques du statut des collaborateurs de la Ville de Paris». Sur 10 pages, les magistrats financiers fustigent «un cadre statutaire devenu illisible» au fil des décennies. «Le statut des agents de la Ville de Paris est marqué, de très longue date, par l'aménagement d'un régime spécifique qui déroge, sur de nombreux points, aux dispositions générales applicables aux agents des collectivités territoriales», notent ainsi les juges de la rue Cambon, tout en reconnaissant «une spécificité compréhensible». À ceci près que «les dispositions réglementaires applicables sont mal pilotées par l'État et la ville, notamment parce que l'addition des dérogations et des textes propres aux agents parisiens complexifie le cadre statutaire et en compromet la cohérence et le suivi».

Paris se distingue ainsi des autres collectivités «par le nombre élevé des échelons hiérarchiques et pare le rôle du secrétariat général, différent de celui des directions générales des services», note la Cour des comptes. Résultat, «la typologie des emplois supérieurs parisiens déroge à celle des autres collectivités territoriales en retenant un nombre élevé d'échelons hiérarchiques et des statuts d'emplois fonctionnels qui n'existent pas dans les autres collectivités», se plaint-elle.

Statuts obsolètes et recrutements irréguliers

Idem sur les nominations discrétionnaires à ces emplois, qui dérogent aux règles encadrant le recrutement direct des directeurs généraux des grandes collectivités et dont certains statuts sont carrément «obsolètes». La Cour insiste notamment sur la nécessité de supprimer les emplois de secrétaire général et de secrétaire général adjoint qui «n'ont plus de réalité» ou encore de clarifier «les dispositions applicables aux emplois de délégué et délégué général». Elle juge encore que «le recrutement dans les emplois fonctionnels des mairies d'arrondissement devrait suivre celui des autres collectivités».

La conséquence est lourde: des «irrégularités» à la pelle. «Les plafonds d'emplois et les règles de rémunérations (...) ne sont même pas respectés», dénonce ainsi la Cour pour qui «la Ville poursuit en réalité des pratiques irrégulières tendant à la pérennisation d'une gestion globalisée, sans identification ni véritable individualisation des emplois». Pis, «le suivi des emplois non-titulaires sur la seule base de plafonds d'emplois et des effectifs globalisés associés à ces plafonds, les mécanismes de gages ou de sureffectifs, sans base légale ni réglementaire, lui permettent de s'exonérer de l'identification des postes et des règles de recrutement afférentes», assurent encore les juges financiers. Cerise sur le gâteau, la Cour s'indigne que «les pratiques sont irrégulières également en matière de recrutement».

1552 heures de travail par an par agent

Et les magistrats financiers, pour qui la simplification des 63 corps et 23 statuts d'emplois fonctionnels que compte la ville de Paris pour un effectif d'un peu plus de 52.000 agents est «possible et nécessaire», de faire 5 recommandations de bon sens à Édouard Philippe et Anne Hidalgo afin que le droit commun s'applique dans la capitale, «sauf dérogation explicite». Ils suggèrent notamment de réévaluer l'ensemble des textes applicables ainsi que les dérogations statutaires «pour ne conserver que les dérogations encore justifiées par les spécificités d'organisation de service».

Ils prônent encore de supprimer la clause de cristallisation qui vise à figer temporairement l'application du statut de la fonction publique territoriale à Paris afin de permettre à la ville de mettre ses règles statutaires internes en conformité avec les évolutions légales. Cette disposition lui permet notamment de ne pas appliquer la référence annuelle du travail fixée à 1607 heures -les agents 1552 heures par an- pour un coût de 74 millions d'euros par an. À défaut de supprimer cette clause, les magistrats suggèrent aussi de l'actualiser «en veillant, dans ce cas, qu'elle ne soit pas détournée de son objet réel». La Cour souhaite enfin que la ville instaure l'obligation d'établir un classement exhaustif de l'ensemble des emplois fonctionnels de direction et d'encadrement supérieur parisiens et précise le régime de nouvelle bonification indiciaire applicable à Paris.

Autolib': Anne Hidalgo face à un nouveau fiasco

Le groupe Bolloré, en charge de la délégation du service public Autolib', réclame 40 millions d'euros par an à la mairie de Paris et à 97 communes d'Ile-de-France

.

C'est un nouvel échec qui pourrait coûter très cher à la mairie de Paris… Sept années après son lancement, Autolib' s'avère être un véritable fiasco financier. D'après le groupe Bolloré, à qui appartient la flotte de voitures grises, le déficit cumulé du service d'autopartage disponible à Paris et dans 97 communes d'Ile-de-France pourrait atteindre, à la fin de la concession - en 2023 -, près de 293 millions d'euros, indique le quotidien Le Monde. Et ce montant pourrait s'inscrire dans le budget des différentes villes où Autolib' est implanté… Car, en effet, lors de l'élaboration du contrat entre la société de Vincent Bolloré et les collectivités, le groupe industriel avait conclu d'assurer les pertes du service mais uniquement à hauteur de 60 millions d'euros au total. Le reste revenant à la charge des communes en fonction du nombre de bornes Autolib' dont elles disposent.

Dès 2016, le groupe Bolloré avait adressé au syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) un premier plan d'affaires déficitaire de 179.3 millions d'euros. «Le Syndicat a immédiatement contesté ce montant aberrant», souligne le SAVM. Ces derniers ont alors déclenché un audit auprès du cabinet Ernst & Young. Le rapport, rendu au printemps 2017, «a confirmé qu'une partie du déficit que l'entreprise voulait faire peser sur les collectivités était contestable», note la SAVM. D'un commun accord, les deux parties ont opté pour une procédure de conciliation, peu concluante… «Sans tenir compte de l'avis du Syndicat, le groupe Bolloré a mis fin, par courrier daté du 25 mai, à toute procédure de conciliation», explique la SAVM. Contacté par Le Figaro, le groupe industriel a confirmé avoir envoyé une «notification du défaut d'intérêt économique», «mais reste ouvert à la poursuite des discussions». Selon Le Monde, le groupe réclame 40 millions d'euros chaque année à l'ensemble des villes concernée par le service Autolib'.

Au sein du Conseil de Paris, ce dossier Autolib' a été saisi par la vice-présidente du groupe UDI-MoDem, Maud Gatel. Lors du Conseil des 2, 3 et 4 mai, la jeune élue avait pointé l'absence de transparence et souligné que la désaffection de ce service, depuis un an et demi, avait un coût certain. Souhaitant «un débat éclairé sur cette question qui concerne tous les Parisiens», elle avait regretté la non-diffusion d'un rapport d'audit réalisé à la demande du syndicat mixte «Autolib' Vélib' Métropole», et cela «en dépit des multiples demandes des élus».

 « Un vrai problème démocratique »

Au Figaro, elle confirme aujourd'hui que «ce dossier Autolib' est a minima un nouveau coup dur pour Anne Hidalgo». Selon elle, l'exécutif de la capitale «ne peut pas s'abriter derrière le syndicat qui gère ces deux moyens de transport. Un Syndicat auquel appartiennent certes deux élus de la ville, mais tous deux de la majorité de la maire...». Ce qui «pose un vrai problème démocratique». Maud Gatel reconnaît volontiers qu'en raison des négociations en cours, «le syndicat ne peut pas communiquer sur tous les sujets». «Mais il va falloir à un moment, dit-elle, mettre en face le coût et le service. Dans six mois, lorsque nous serons officiellement avertis, où en sera le niveau de la dette? Sachant que Paris devra en éponger plus de la moitié...»

 «Après les panneaux JCDecaux, la catastrophe Vélib', la dette abyssale d'Autolib’... la gestion des dossiers structurants est inquiétante pour les finances de la Ville et le service rendu aux Parisiens», a de son côté réagit le député Les Constructifs de Paris Pierre-Yves Bournazel.

Au sein de l'opposition de gauche, l'élue de La France insoumise Danielle Simonnet ne cache pas sa colère. «Ce n'est pas à la Ville de gérer les pertes et à Vincent Bolloré d'encaisser les profits! Ça suffit.» Mais pour elle surtout, «après le fiasco de Vélib’. c'est la fin du cycle Delanoë-Hidalgo». «L'un et l'autre ont voulu marquer leur projet de mandature à travers ces deux innovations, mais leur gestion par le privé s'avère être un gouffre ou une catastrophe en matière de gestion...» Selon elle «la prolifération de VTC dans la capitale, sans aucune régulation», est aussi en partie responsable de la chute du service Autolib’.

 

Voies sur berge à Paris : pluie de recours contre Anne Hidalgo

Associations et riverains avaient jusqu'à ce vendredi minuit pour attaquer le nouvel arrêté de piétonnisation pris par la maire de Paris. Au moins huit recours ont déjà été déposés.

Après un premier texte annulé en février dernier, le nouvel arrêté de fermeture des voies sur berge à la voiture va-t-il pouvoir sortir indemne des nouvelles attaques portées contre lui devant le tribunal administratif ? Alors que le délai pour déposer un recours intervenait ce vendredi à minuit, plusieurs associations de riverains et commerçants ont saisi la justice en fin de semaine dernière pour demander l'annulation d'un arrêté fermant la berge de Seine rive droite à la circulation automobile. Tous veulent l'annulation de cette mesure phare du programme de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui est aussi l'une des plus contestées. Particulièrement véloces, quatre particuliers ont déjà saisi la justice et obtenu une date prévisionnelle d'audience, le 3 juillet. Au total, huit recours au moins ont été déposés contre la piétonnisation.

En milieu d'après-midi vendredi, huit recours avaient été enregistrés au tribunal administratif. L'avocat de plusieurs requérants, Jacques Delacharlerie, inscrit au barreau de l'Essonne, a expliqué à l'AFP avoir déposé des recours au nom de quatre associations (Association des commerçants et riverains du coeur de Paris - ACRCP-, Patrimoine et environnement, Défense du site de Notre-Dame et Comité de l'île Saint-Louis) et de plusieurs riverains. Parmi les motifs de ces recours figure le fait que la maire de Paris ne peut, selon lui, invoquer des problèmes de circulation «compte tenu de ce que les voies sur berges étaient fermées depuis 18 mois», ou qu'«aucune nécessité de sécurité publique ne justifie une mesure de police». L'élu LR Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement de la capitale, a également indiqué avoir déposé un recours contre l'arrêté, qui est selon lui «aussi mal fondé que le précédent et peut être même davantage», l'argument de la défense du patrimoine étant à ses yeux «déconnecté de la réalité».

La présidente LR de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse n'a en revanche pas déposé de nouveau recours, expliquant notamment que son «combat n'est pas juridique, il est social et environnemental». Elle a récemment dénoncé dans le Figaro «la lâcheté absolue de l'État dans cette affaire qui a refusé de faire appliquer le droit et les décisions de justice» après l'annulation du premier arrêté, jugeant le nouveau «tout aussi illégal». Quant à l'association 40 millions d'automobilistes, elle n'a pas déposé de recours, mais prépare «une riposte assez sympathique», a indiqué à l'AFP son directeur délégué général Pierre Chasseray, sans en dire davantage.

Opposés à cette piétonnisation en vigueur depuis septembre 2016, tous sont convaincus d'obtenir l'abrogation de ce nouveau texte, comme ils étaient parvenus à le faire une première fois. Le 21 février dernier, à la suite de leur première action devant la justice, l'édifice réglementaire de la ville, justifiant la fin de la voiture sur 3,3 km de la berge rive droite, avait été mis en capilotade par le tribunal administratif de Paris.

Dans ce premier arrêté, Anne Hidalgo avait pourtant mis en avant des préoccupations de santé publique. Elle avait ainsi fait valoir des objectifs de «réduction des émissions de polluants atmosphériques». Mais les juges avaient pointé des failles fragilisant le texte final. Ils avaient notamment estimé que l'étude d'impact du projet «comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances».

Une mesure «disproportionnée»

Quinze jours plus tard, voulant maintenir coûte que coûte la piétonnisation, Anne Hidalgo avait signé un nouvel arrêté. Celui-là même qu'associations et riverains tentent une fois de plus d'annuler en trouvant de nouveaux angles d'attaque. Cette fois, la municipalité ne justifie plus la fin du trafic automobile sur cette autoroute urbaine par des arguments de santé publique, mais pour des raisons touristiques et patrimoniales. Sans voiture, le site serait valorisé, gagnerait en authenticité et serait davantage fréquenté.

Or, pour Me Jacques Delacharlerie, qui représente quatre associations, rien ne tient dans ce nouveau texte. «On ne peut utiliser des pouvoirs de police en interdisant la circulation dans le seul but d'améliorer la qualité de vie», dit-il en qualifiant aussi cette mesure de «disproportionnée»: «On prive de leur trajet quotidien 40.000 automobilistes, en échange d'une fréquentation en réalité très faible des berges par les piétons.»

 «J'imagine tout ce que les poumons de ma fille récupèrent à cause de la pollution provoquée par les embouteillages»

Éric Fitoussi, habitant parisien

Intervenant pour la Fédération française des automobilistes citoyens, Me Julien Costantini parle, quant à lui, de «détournement de pouvoir». «Anne Hidalgo s'appuie sur des considérations touristiques et de mise en valeur des berges dans le seul but de ne pas respecter le premier jugement, affirme-t-il. Après l'annulation, la circulation aurait dû reprendre.»

Éric Fitoussi, parisien éprouvé, espère pouvoir mettre fin «à l'enfer» qu'il vit. Ses fenêtres, avec triple vitrage, donnent sur les quais hauts où la circulation s'est reportée depuis la fermeture des quais bas. «On ne peut plus les ouvrir et quand on les ouvre, il y a un tel bruit que même le chat fiche le camp au bout de l'appartement», dit-il. Quant à voir «l'état des vitres encrassées» de la chambre de sa fille, sur rue, «j'imagine tout ce que ses poumons récupèrent à cause de la pollution provoquée par les embouteillages», s'alarme-t-il.

Sans réponse positive d'Anne Hidalgo dans les deux mois, ces riverains pourront, eux aussi, poursuivre en justice. Ils s'y préparent car la maire socialiste n'envisage nullement de revenir sur cette interdiction. «Concernant ce nouveau texte, nous sommes confiants: en travaillant avec le préfet de Paris et le gouvernement, on a fait en sorte qu'il soit juridiquement le plus solide possible», dit-on dans l'entourage d'Anne Hidalgo. Lequel rappelle que la Ville a fait appel du jugement annulant le premier arrêté. Pour l'heure, aucune date n'a été fixée pour un nouvel examen.

- Voies sur berge à Paris : le plan de Pécresse pour contrer Hidalgo

Alors que la municipalité veut reprendre un arrêté pour maintenir la piétonnisation, la présidente de région propose des mesures alternatives et progressives.

Au lendemain du sérieux revers essuyé le 21 février par Anne Hidalgo, qui a vu sa mesure phare - la fermeture aux voitures des voies sur berges rive droite - annulée par la justice, Valérie Pécresse avait aussitôt réagi. La présidente LR de la région Île-de-France, qui s'était associée à ce recours et qui s'était donc félicitée de la décision rendue, avait proposé son appui à l'élue socialiste. Une main tendue pour travailler ensemble sur un nouveau projet qui concerne ces 3,3 km de voies. Même si cela n'en prend guère le chemin, Valérie Pécresse souhaite que la maire de la capitale se mette autour d'une table avec les partenaires.

EN BREF : Le Monde

Ferme sur sa ligne, Macron refuse tout virage social

Qu’importent les multiples enquêtes d’opinion où les Français jugent sa politique comme étant de droite. Qu’importe cette note de Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry, trois économistes importants, dans l’élaboration de son programme, et qui aujourd’hui prônent « un rééquilibrage social », regrettant notamment que « la lutte contre les inégalités d’accès » ne soit pas plus apparente dans l’action du gouvernement. C’est une fin de non-recevoir qu’Emmanuel Macron a signifiée à ceux qui, au sein de sa majorité ou ailleurs, lui demandent de donner un coup de barre à gauche pour rectifier le cap de son projet.

S’il s’est efforcé, devant le congrès de la Mutualité française, mercredi 13 juin, de redonner de la cohérence et du sens à son action, le président de la République n’a en rien dévié de sa route. « C’est le malentendu que je voudrais lever. J’entendais des commentateurs dire “il va aller devant les mutuelles et faire un grand tournant social”. Mais je n’ai pas l’impression que lorsqu’on redresse l’économie, on soit contre le modèle social », a-t-il rappelé pour justifier ses mesures pro-entreprises, « mettre un plafond à la réussite n’a jamais réglé le problème de l’exclusion ».

A ceux qui en doutaient encore, le président avait fait parvenir le message quelques heures plus tôt sous la forme d’une vidéo, filmée dans le salon vert de l’Elysée et tweeter dans la nuit de mardi à mercredi par sa communicante Sibeth Ndiaye. On y voit Emmanuel Macron réfléchir à haute voix au discours qu’il tiendra le lendemain à Montpellier. « On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif » dans le système de santé. Quant au « pognon de dingue » qu’on met dans les minima sociaux, il n’empêche pas « les pauvres de rester pauvres ». Dans les deux cas, conclut-il, il faut « prévenir et responsabiliser ».

Politique de la ville : il faut définir « un nouveau partage des responsabilités entre l’Etat et les collectivités locales »

En refusant un énième « plan banlieues », Emmanuel Macron prend acte de l’échec d’une démarche nationale entamée il y a près de quarante ans, estime l’universitaire Thibault Tellier dans une tribune au « Monde ».

Ainsi, le plan concocté par Jean-Louis Borloo (« Vivre ensemble. Vivre en grand. Pour une réconciliation nationale ») et ses équipes durant plusieurs mois et rendu le 26 avril au premier ministre n’aura vécu que jusqu’à la prise de parole présidentielle, mardi 22 mai. Mais cette fois avec un écart de taille. Lors de sa prise de parole à l’Elysée, le président de la République a annoncé qu’il n’entendait pas reprendre à son compte les propositions de l’ancien ministre de la ville, notamment en ce qui concerne le volet financier du plan estimé à 48 milliards d’euros.

En agissant de la sorte, il a rompu avec une certaine tradition étatique qui consistait à annoncer un plan ambitieux pour les banlieues, à la suite de la publication d’un rapport qui recommandait de nouvelles modalités pour l’action publique en faveur des quartiers en difficulté.

 

Certains ne manquent pas de critiquer le manque d’envergure des propositions annoncées par le président de la République, qui plus est, au regard des propositions suggérées par celui qui fut à l’origine de la politique de rénovation urbaine engagée en France en 2003. Doit-on pour autant conclure à un non-événement, voire à un manque d’ambition ? Rien n’est moins sûr, si toutefois l’on veut bien replacer cette intervention dans la (déjà) longue histoire de la politique de la ville.

Depuis l’instauration de cette politique à la fin des années 1970 et la tenue en 1979, déjà à l’Elysée et en présence du président de la République, du premier « conseil central de planification » destiné à la définition d’une politique d’aménagement en faveur des banlieues, chaque président de la République a eu à cœur d’annoncer un nouveau plan en faveur de ces territoires périphériques.

« Plastic Odyssey » veut transformer le plastique des océans en carburant pour bateau

Transformer les déchets plastiques en carburant pour bateau : c’est le pari de l’équipe de « Plastic Odyssey », qui doit mettre à l’eau son navire prototype, vendredi 15 juin.

« On fait les derniers réglages de la remorque et on met le bateau à l’eau », annonce Simon Bernard aux bénévoles. L’équipe du Plastic Odyssey est à quelques jours du lancement officiel de son bateau, prévu pour le vendredi 15 juin à Concarneau.

Ce bateau de six mètres de long, équipé d’un pyrolyseur, est capable de transformer des déchets plastiques non recyclables en carburant. Depuis dix jours, les jeunes du Plastic Odyssey – Simon Bernard, Alexandre Dechelotte, Bob Vrignaud et Benjamin de Molliens, âgés de 24 à 30 ans – ne dorment presque plus. Une dizaine de volontaires les ont rejoints pour la dernière ligne droite de l’assemblage des pièces.

Parmi eux, Jules, 29 ans, ex-ingénieur à Décathlon, qui a vu une interview de Simon Bernard il y a une semaine et a déboulé sur le chantier 48 heures plus tard, au volant de son camion. Il y a aussi Manon, jeune docteure en économie de l’environnement, en ce moment au chômage, qui vient prêter main-forte depuis un mois et demi. Tous sont attirés par « le défi technique et les valeurs du projet ».

 « Amorcer la transition »

A l’origine de cette aventure, il y a donc Simon Bernard, ingénieur diplômé de l’école de la marine marchande. Le jeune homme, sorte d’incarnation du Petit Prince de Saint-Exupéry, va et vient avec le sourire pour régler chaque détail. Leur bateau n’est que la première étape d’un projet bien plus ambitieux. Au cours des six prochains mois, l’équipe va naviguer sur les côtes françaises pour promouvoir sa solution dans les salons nautiques, tester son pyrolyseur et attirer des sponsors pour financer l’étape d’après : un catamaran de 25 mètres pour réaliser un tour du monde de trois ans et sensibiliser les populations au recyclage des déchets plastiques.

« Il n’y a pas un continent de plastique qu’il suffirait d’aller nettoyer avec un grand filet, affirme Alexandre Dechelotte, cofondateur de Plastic Odyssey et copain de promo de Simon. Seulement 1 % du plastique reste en surface. Le reste se décompose en microparticules qui entrent dans la chaîne alimentaire avec des effets sur l’homme qui restent encore inconnus. On ne pourra pas nettoyer nos océans de nos déchets plastiques des cinquante dernières années. Par contre, nous avons une responsabilité collective à endiguer le flux et à amorcer la transition. »

Dans l’atelier, la musique tourne à fond. En plus de la mission de sensibilisation, l’équipe de Plastic Odyssey planche sur la mise au point de machines « low tech » pour recycler les plastiques, dont une machine pour fabriquer de nouveaux objets à partir du plastique recyclé.

 « Innovation frugale »

Bob Vrignaud finalise de son côté le prototype du pyrolyseur. « Nous broyons les plastiques pour les réduire en paillettes de 5 mm environ », détaille le jeune ingénieur en plongeant la main dans un seau de plastiques broyés. Les plastiques sont ensuite chauffés à 420 °C dans une première cuve qui va « casser les molécules et permettre leur évaporation ». L’étape de distillation peut alors commencer. Pour 4 à 5 kg de déchets plastiques traités par heure, la machine permet d’obtenir 3 litres de carburant (75 % de diesel et kérosène, 25 % d’essence).

La technique est déjà employée à l’échelle industrielle dans certains pays, mais « au lieu d’avoir une usine de plusieurs hectares, notre pyrolyseur fera la taille d’un conteneur maritime transportable. Et au lieu de 1 million d’euros, il en faudra une dizaine de milliers pour l’acheter », espère Bob Vrignaud, qui a travaillé en étroite collaboration avec un ingénieur de Veolia, mécène de l’expédition, ainsi qu’avec des chercheurs de l’INSA de Lyon.

 « Nous faisons de l’innovation frugale », résume Simon Bernard. La formule est dans l’air du temps. Lui planche depuis des mois sur le capteur de tri simplifié, pour démocratiser le recyclage de plastiques à petite échelle. Là encore, la réduction des coûts est potentiellement vertigineuse. « Notre objectif est d’être sous la barre des 100 euros, contre 15 000 euros pour les capteurs ultrasophistiqués que l’on trouve dans les usines de recyclage européennes », affirme l’ingénieur, qui s’est associé les compétences de l’Institut d’optique, des Arts et Métiers et d’un ingénieur de Pellenc ST, une entreprise spécialisée dans les solutions de tri optique.

 « Toutes les machines en open source »

Pour l’heure, l’expédition Plastic Odyssey est financée par des entreprises mécènes, et bientôt du sponsoring. Ensuite, l’équipe veut créer une société qui pourrait commercialiser ses solutions de recyclage low tech. « Toutes nos machines seront en open source, c’est-à-dire que n’importe qui pourra nous copier, prévient Simon Bernard. Nous voulons démontrer que ce modèle est économiquement viable. A terme, je suis convaincu que ce sera la norme. Notre économie va progressivement basculer d’un modèle basé sur la concurrence et la compétitivité vers un autre, basé sur la coopération. »

De temps en temps, Roland Jourdain, alias « Bilou », passe sa tête dans l’atelier. Le navigateur, deux fois vainqueur de la Route du Rhum, a créé le fonds de dotation Explore en 2013 et accompagne une petite dizaine de projets d’explorations au service de la planète. Under the Pole, Nomade des Mers, Low Tech Lab… Tous ces projets sont incubés ici, à Concarneau. De belles histoires d’explorations et de héros du recyclage ou de la protection des écosystèmes, largement reprises dans les médias ces dernières années.

« Nous mettons les ateliers à leur disposition, détaille Roland Jourdain. C’est très important pour eux d’avoir une base arrière, un lieu où ils peuvent échanger sur leurs expériences. Et puis nous les accompagnons sur la communication et la recherche de financements. » Le navigateur poursuit : « Cette génération d’explorateurs débroussaille pour nous. Peut-être que d’ici quelques années, il y aura des centaines de milliers de personnes au départ de ces expéditions. »

Alexandre Dechelotte, l’un des fondateurs de Plastic Odyssey, interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq.

Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.

Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.

EN BREF : LE PARISIEN

Gouvernement : alors, ils font quoi les « secrétaires d’Etat à rien ?»

Sans notoriété, sans attribution… mais pas sans travail, assurent les seconds couteaux de l’équipe d’Edouard Philippe. A défaut de s’être fait un nom, ils ont empilé les missions.

« C’est vrai qu’il y a un problème de notoriété », admet un proche d’Emmanuel Macron, surpris de constater que beaucoup de Français ne connaissent toujours pas la plupart des ministres un an après leur prise de fonction. Que dire alors des secrétaires d’Etat, dont certains n’ont même pas eu d’attribution, ni de fonctions propres au moment de leur nomination !

Jean-Baptiste Lemoyne, Geneviève Darrieussecq, Delphine Gény-Stéphan… Sept au total, amenés à évoluer dans l’ombre d’une fonction souvent plus technique que politique, et rarement invités à la table du prestigieux conseil des ministres. Des « juniors », comme les avait qualifiés un jour Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement. « Des secrétaires d’Etat à rien », chambrait même un parlementaire en début de mandature.

La pique un peu facile ne les défrise pas. Entre emplois du temps surchargés et réformes lourdes à porter, les « juniors » assument ce statut quelque peu ingrat. « Mon ego n’est pas du tout atteint. Mais à mon âge (Ndlr, elle a 62 ans), je pense quand même être plutôt sénior… » s’amuse Darrieussecq, secrétaire d’Etat de Florence Parly aux Armées.

 « Comme des couteaux suisses »

 « Et ça n’est pas parce qu’on intéresse moins les médias qu’on ne fait rien », assure Jean-Baptiste Lemoyne. Cet ex-LR rallié à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, puis rattaché au ministère des Affaires étrangères de Jean-Yves Le Drian, affiche effectivement quelques kilomètres au compteur : 32 déplacements à l’étranger depuis un an, souvent pour préparer en amont les rendez-vous du chef de l’Etat. Parfois, c’est lui qui porte la voix de la France au sein des grandes organisations internationales. Ce fut le cas le 28 mars à New York, où il est intervenu à la place de Le Drian au conseil de sécurité de l’ONU pour parler des opérations de maintien de la paix.

Ce rôle secondaire va de pair avec un périmètre très flou. Alors que Bruno Le Maire (Economie et Finances) passe 60 % de son temps à l’étranger, c’est sa secrétaire d’Etat, Delphine Gény-Stephann, qui le supplée régulièrement pour les laborieuses séances parlementaires. Geneviève Darrieussecq, elle, a récupéré le dossier des anciens combattants - « moins vendeur pour les médias nationaux, mais très repris en presse quotidienne régionale », assure son entourage - les services de santé des armées ou encore le chantier du service national universel. « C’est ça aussi de ne pas avoir d’attribution spécifique. On doit pouvoir être polyvalent, être comme des couteaux suisses », abonde Lemoyne.

 « On m’appelle le ministre des inondations »

 « Mais la politique, c’est une mission. Et c’est très compliqué de donner une mission sans espace. C’est aussi pour cela que certains ont des difficultés à exister », tacle une parlementaire macroniste, sceptique sur ce statut inédit depuis les années Chirac. « On assume d’avoir des gens moins connus. Ce qui compte, c’est leur efficacité, leur expertise », défend Matignon, tout en rejetant le manque d’incarnation : « Sur la réforme de la fonction publique, qui peut dire que ce n’est pas Olivier Dussopt (Ndlr, secrétaire d’Etat à l’Action publique, sous l’égide de Gérald Darmanin) qui l’incarne ? » martèle ce proche d’Édouard Philippe.

Quelques-uns parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu. Comme les deux secrétaires d’Etat du super ministère de la Transition écologique de Nicolas Hulot : Brune Poirson et Sébastien Lecornu. Mais aussi Julien Denormandie (Cohésion des territoires, au côté de Jacques Mézard), dont la loi Logement a été adoptée ce mardi à l’Assemblée nationale, après des heures passées en séances et en commission. « Julien ? C’est lui qui a porté la loi à bout de bras pendant que Mézard regardait passer les trains », persifle un ministre.

Lecornu s’est lui aussi retrouvé au front sur plusieurs sujets brûlants, comme Fessenheim et Notre-Dame-des-Landes. « On a été foutus dans le grand bain… et l’eau était assez froide », ironise ce dernier, pour raconter leur baptême du feu respectif. A l’image du front des intempéries qu’il a dû également gérer ces derniers jours avec Gérard Collomb : « Je suis peut-être secrétaire d’Etat à rien. Mais en ce moment on m’appelle le ministre des inondations ! »

EN BREF : L’OPINION

Vélib' : comment le nouveau vélo d'Anne Hidalgo a perdu l'équilibre financier.

L’équation économique du Vélib’ 2 est impossible à tenir en l’état actuel des choses

Selon nos informations, le Syndicat Vélib’ Autolib’ Métropole, qui gère le contrat Vélib’, a amputé sa rémunération au prestataire, Smovengo. Depuis six mois, cette société est incapable de faire fonctionner le service de vélos en libre-service et n’a pas installé, comme elle l’aurait dû, les 1 200 stations et les 20 000 vélos prévus dans le contrat. L’affaire coûte cher à la collectivité à tous les points de vue : en termes de service public, en termes sociaux, en termes d’image, en termes financiers.

A vélo, tout est affaire d’équilibre. Smovengo a besoin de petites roulettes. La société, qui a obtenu le contrat Vélib’ en février 2017, est incapable de faire fonctionner son système. Le service est inexistant, les charges s’alourdissent, les ressources se raréfient.

Smovengo fait valoir un capital social de 4 millions d’euros. Selon des proches du dossier, ses actionnaires (Indigo, Mobivia, Movencia, Smoove), invariablement décrits comme « solides » par les dirigeants de l’entreprise, ont engagé « une centaine de millions d’euros dans le projet ». Malgré nos sollicitations, ils n’en apportent pas la preuve. De façon certaine, outre son capital, Smovengo ne peut compter que sur les 4 millions d’euros de subventions consenties au lancement par la Métropole du Grand Paris. Smovengo doit aussi, théoriquement, recevoir du Syndicat Vélib’ autolib’ Métropole (SVAM) 3,3 millions d’euros par mois.

Mais, selon nos informations, excédé par l’incurie de son prestataire, le SVAM lui a coupé les vivres. Il ne verse plus, chaque mois, qu’un tiers de la somme due, soit 1,1 million d’euros : de quoi régler les salaires. De sources internes, le SVAM est si remonté qu’il a envisagé de cesser de payer totalement.

 

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