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Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

REVUE DE PRESSE DU 25-26 JUIN 2018

REVUE DE PRESSE DU  25-26 JUIN 2018

21 et 24juin 2018 info générale plus Paris

Par : Monique Macalou

SOMMAIRE

Journal

Titre

Page

L’Express

Mort du petit Hugo lors d'un match de hockey : le club de Dunkerque mis en examen

2

 

Le chef de l'État rencontre ce mardi le pape François pour la première fois.

2

LCI.COM

Groupuscule "AFO" : qui sont ces membres de l'ultra-droite islamophobe ?

3

 

Du simple mode vie à l'activisme aux méthodes musclées, les végans vont-ils trop loin ?

4

Le Parisien

Réforme les aides sociales en question

8

ZONE MILITAIRE

L’armée de l’Air prévoit de mettre en service son nouvel avion d’entraînement Pilatus PC-21 en septembre 2018

8

L’Opinion

Prélèvement à la source : un risque à 2 milliards pour l’Etat

9

LE POINT

Bruno Retailleau (LR) opposé à la création d'un Islam de France

10

 

Baromètre Ipsos-« Le Point » - Droite : Valérie Pécresse en embuscade

11

 

Voitures, abonnements... Comment va se passer l'après-Autolib' ?

12

Le Parisien

Le faussaire et proxénète dort en prison

13

 

Au cœur de la police antiripoux

14

20 Minutes

Paris : 80 locataires de HLM pourraient être expulsés pour « troubles de jouissance »

15

 

Quand on est locataire on a des droits et des devoirs

16

Eurepe 1

Paris- Madrid : propose des centres fermés

17

Libération

Je propose l’idée d’une Agence Européenne Cohn-Bendit

18

Sud 0uest

Le chef de Police Municipale contrôlé alcoolisé au volant de sa voiture

19

 

Réforme SNCF Macron signe un nouveau pacte

20

The Times Of Israël

Chercheur de l’Université Carvio et Guérison du Cancer

21

20 minutes

La grève continue

22

Zone Militaire

F-35A Turcs resteront aux Etats-Unis si Ankara achète le système russe de défense aèrienne

24

Atlantico

Emmanuel Macron signe la réforme du rail

25

 

EN BREF : L’EXPRESS

Mort du petit Hugo lors d'un match de hockey : le club de Dunkerque mis en examen

Le club de hockey sur glace de Dunkerque (Nord) a été mis en examen pour homicide involontaire dans le cadre de l'enquête portant sur le décès d'un supporter de 8 ans en 2014, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

"On a été convoqués le 11 juin et le juge d'instruction nous a signifié la mise en examen pour homicide involontaire. Cette mise en examen est logique et on aura désormais accès au dossier", a expliqué le président du club Franck Vanwormhoudt, confirmant une information du Phare dunkerquois.

Le 2 novembre 2014, Hugo, qui se trouvait dans les tribunes de la patinoire, avait été violemment touché au niveau d'une oreille par un palet qui était sorti de l'aire de jeu lors d'un match de 2e division entre Dunkerque et Reims.

Le garçon, qui jouait pour l'équipe des moins de 9 ans des "Corsaires", avait succombé à l'hôpital de Dunkerque. En novembre 2014, une information judiciaire avait été ouverte par le parquet de la ville alors que ce drame avait suscité une vive émotion dans le monde du hockey français et dans la région.

"On estime que la responsabilité doit être partagée à ce stade avec la municipalité - qui connaissait l'état de vétusté de la patinoire -, l'exploitant qui n'a jamais voulu mettre de plexiglas le long des balustrades et aussi la fédération française qui a imposé du plexiglas pour la ligue Magnus mais pas pour les divisions inférieures", a indiqué à l'AFP Me Pierre Cortier, avocat du club. 

La fédération "ne s'est jamais déplacée à Dunkerque pour vérifier les conditions de sécurité", a ajouté Me Cortier.

A la suite du drame, un filet de sécurité a été mis en place dans la patinoire, a dit M. Vanwormhoudt. Chaque année, un tournoi est organisé par le club pour les moins de 9 ans en mémoire du petit Hugo.

Le chef de l'État rencontre ce mardi le pape François pour la première fois.

Laïcité, PMA, immigration : les sujets de discussion sont nombreux.

Emmanuel Macron a rencontré ce mardi le pape François pour la première fois depuis son accession à l'Élysée.

Cette séquence vaticane, débute à 10h30 et dure la journée

Pourquoi cette tradition est-elle contestée ?

Elle est perçue par certains responsables politiques comme une atteinte au principe de laïcité et à la loi de séparation des églises et de l'État. Pour comprendre la polémique autour de ce titre, vous pouvez relire notre fil consacré à ce sujet.

À 14h30, Emmanuel Macron est fait chanoine d'honneur de la basilique Saint-Jean de Latran. Une tradition, aujourd'hui contestée, qui remonte aux rois de France.

Emmanuel Macron est le premier président à recevoir ce titre ?

Non. Le général de Gaulle, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont été reçus comme chanoines de Latran. Le socialiste François Hollande, à l'instar de François Mitterrand et Georges Pompidou, n'est jamais venu recevoir le titre. Cette tradition, qui remonte au XVIIe siècle, divise donc les différents présidents de la République.

Concrètement, comment le chef de l'Etat va-t-il recevoir ce titre ?

Mardi matin, Emmanuel Macron sera reçu par le pape François. Après cette audience au Vatican, le président de la République se rendra dans l'après-midi à Saint-Jean-de-Latran pour recevoir son titre de chanoine d'honneur de cette basilique qui est la cathédrale de l'évêque de Rome, donc du pape. Le président assistera à une célébration liturgique, comprenant une prière et la lecture d'un texte biblique, avant de prendre possession de sa stalle (un siège) dans la chapelle Colonna. Il rencontrera ensuite la communauté catholique française réunie dans le palais attenant du Latran, évitant de nouveau tout discours. Une double séquence d'une heure et demie.

D'où vient ce titre ?

Autrefois, selon la légende, le titre était assorti du droit de rentrer à cheval dans l'édifice. Maintenant, il est purement honorifique. Le terme "chanoine" désigne habituellement un religieux qui se met au service d'une paroisse. Le roi Henri IV fut le premier à recevoir le titre de chanoine d'honneur, en 1604, après avoir abjuré le protestantisme et reçu l'absolution du pape avec l'aide des chanoines francophiles du Latran. Henri IV donna alors à la basilique les bénéfices de l'abbaye de Clairac (sud de la France).

Les présidents de la République ont hérité de cette tradition des rois de France, interrompue un temps par la Révolution française.

Pourquoi ce titre fait polémique ?

Parce qu'il est perçu par certains responsables politiques comme une atteinte au principe de laïcité et à la loi de séparation des églises et de l'État. En 2007, Nicolas Sarkozy avait profité de la remise ce titre pour prononcer une allocution faisant l'éloge du "curé" ou du "pasteur" par rapport à "l'instituteur" dans la "transmission des valeurs", suscitant une polémique à gauche.

Dans le cas d'Emmanuel Macron, le discours des Bernardins du 9 avril dernier est dans toutes les têtes. Invité par la Conférence des évêques de France (CEF), il avait alors déclaré vouloir "réparer" le "lien" entre l'Église et l'Etat, "abîmé" notamment depuis l'adoption du mariage homosexuel en 2013, et avait appelé les catholiques à s'investir dans la chose publique.

EN BREF : LCI

D’après nos informations, la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a mené dimanche matin un vaste coup de filet dans les milieux d’extrême-droite, un peu partout en France.

Dès 6h dimanche matin, 10 hommes ont été interpellés en région parisienne, mais aussi en Corse, en Gironde, dans la Vienne ou encore en Charente. Tous sont soupçonnés d’appartenir à un groupuscule, AFO, qui préparait des attentats pour se venger des attaques islamistes commis en France ces dernières années.

"AFO" : trois lettres pour "Action des forces opérationnelles" derrières lesquelles se cachait la conviction qu’un péril islamique menaçait la France. Ses membres s’entraînaient régulièrement dans des clubs de tir sportif et avaient préparé des caches d’armes et de nourriture pour leurs familles en cas de crise majeure. Leurs cibles, régulièrement évoquées lors de mystérieuses réunions : des imams radicaux, des détenus islamistes après leur sortie de prison ou encore des femmes voilées, choisies au hasard dans la rue.

Dix personnes, actuellement en garde en vue, ont été interpellées dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 juin après un vaste coup de filet antiterroriste.

 Issues de la mouvance de l'ultra-droite, elles s'étaient organisées pour mener des actions violentes contre des cibles musulmanes et appartenaient à un mystérieux groupuscule baptisé "AFO".

Les dix personnes interpellées dans la nuit du 23 au 24 juin, soupçonnées de projeter des actions violentes contres des musulmans, sont toujours en garde à vue et cela peut durer jusqu'à 96 heures, conformément aux textes en matière de lutte antiterroriste. Ces arrestations, menées par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) se sont notamment déroulées en Corse, en région parisienne, dans la Vienne et en Charente-Maritime. Fréquentant l'ultra-droite radicale, les suspects gravitent tous autour d'un mystérieux groupuscule, baptisé "AFO" (Action des forces opérationnelles).

Du simple mode vie à l'activisme aux méthodes musclées, les végans vont-ils trop loin ?

Ils se revendiquent pacifistes mais certains caillassent des boucheries. De la défense de la cause animale à l'action coup de poing, les frontières sont parfois ténues. Qui sont les végans ? Pour le savoir, LCI a interrogé leurs défenseurs et leurs détracteurs.

Résistons avec eux, résistons avec eux !" Ils étaient quelques milliers de militants, à Paris le week-end dernier, à battre le pavé pour dénoncer la cruauté envers les animaux, à l’occasion d’une Marche pour la fermeture des abattoirs organisée par L214, cette association qui s’est fait connaître du grand public en montrant les coulisses de l’industrie de la viande à l'aide de vidéos tournées clandestinement. La cause végane avait déjà envahi l’assiette, mais voilà qu’elle investit désormais tous les pans de la société. Ligne de vêtements, chaussures de marque, contraceptifs, et même de la nourriture pour chat ou chien. L’affaire est prise très au sérieux, y compris chez les géants de la Tech. Pour preuve, début juin, la cheffe du design des Emoji chez Google, Jennifer Daniel, a annoncé la modification du symbole représentant une salade : l’œuf qui trônait fièrement au milieu des feuilles de laitue a été retiré !

Même les vignerons s’y mettent. L'étape dite du collage, qui consiste à éliminer les grosses particules en suspension dans le vin, se fait la plupart du temps en utilisant du blanc d'œuf, qui a pour propriété d'agglomérer ces particules. Le Château Dauzac, grand cru classé Margaux, a décidé de le remplacer par des préparations à base de pommes de terre ou de petits pois pour commercialiser une cuvée végane. Autre exemple, la marque de voitures de luxe Tesla propose uniquement des sièges en cuir synthétique. Moins insolite, mais tout aussi équivoque : le premier steak entièrement végétal de Fleury Michon, un groupe qui s'est bâti sur la charcuterie - notons au passage son prix supérieur à celui d’un steak de viande !

Et maintenant... des préservatifs végan et sans gluten

En France, pays de la bidoche par excellence (avec 66 kg de viande par an et par habitant), pas moins de 4% des Français déclarent pratiquer un régime végan, dont 47% depuis moins de 6 mois, rapportait l’an dernier une enquête du cabinet Harris interactive menée auprès de 1000 Français. Une précédente étude, menée en 2016 par l'Observatoire des consommations émergentes (ObSoCo), estimait que le marché du végan ne concernait en fait que 200.000 personnes en France, soit 0,4 % des consommateurs. S’il est difficile d’évaluer précisément leur nombre, la manière dont les adeptes de ce mouvement occupent le terrain médiatique laisse augurer d'un mouvement de fond qui n’en est qu’à ses débuts. Qui sont les végans ? Quelles sont leurs revendications ? Quelles sont leurs modes d’actions ? Et sont-ils des extrémistes, comme certains le prétendent ? Pour le savoir, nous avons enquêté.

Le véganisme est un mode de vie, une philosophie et un mouvement social et politique Ophélie Véron, sociologue spécialiste des mouvements sociaux

Depuis des milliers d'années, des adeptes du jaïnisme indien (une religion apparue au Xe siècle avant J.-C.) au philosophe présocratique Pythagore, certains font le choix de ne pas se nourrir de viande. Depuis 1944, année de la fondation en Angleterre de la "Végan society", nous n'en sommes plus là. Les descendants de ce mouvement refusent toute "exploitation animale". Ils ne mangent ni viande, ni poisson, ni miel, ni œufs, ni lait, ni produits laitiers. Ils ne portent évidemment pas de fourrure et boycottent les matières comme le cuir, la laine et la soie. S'ils se battent contre la souffrance et l'asservissement des animaux, et modifient profondément leur mode de vie, c'est pour constituer un mouvement qui, à leurs yeux, sauvera la planète du désastre.

"Le véganisme est un mode de vie, une philosophie et un mouvement social et politique, résume à LCI la sociologue Ophélie Véron, spécialiste des mouvements sociaux et auteure du livre Et si nous vivions sans exploiter les animaux ? (Marabout, 2017). On est au-delà d’un simple mode d’alimentation, puisque l’idée est de mettre fin à l’exploitation animale et promouvoir des alternatives à cette exploitation pour le bénéfice des êtres humains, des animaux ou de l'environnement. Le véganisme, c’est un boycott. L’idée de ne plus consommer de produits qui ont été fabriqués dans des conditions qui ne sont pas jugées éthiques. Or, quand on commence à regarder le contenu des étiquettes de produits de consommation courante, on se rend compte que les produits d’origine animale sont vraiment partout."

La vitamine B12 synthétique, le saint-graal des vegans

Fondée en 2008, l’association L214, qui revendique 30.000 adhérents en France, est en première ligne pour mener ce combat. Son objectif : éliminer toutes les pratiques qui nuisent aux animaux ! "La façon dont on se comporte avec les animaux dans les abattoirs est intolérable et inadmissible au XXIe siècle, s’indique auprès de LCI Brigitte Gothière, la porte-parole de l’association. Sur Terre, 80% des animaux destinés à la consommation grandissent dans des élevages industriels, des élevages intensifs, où ils sont enfermés dans des entrepôts et ne voient jamais la lumière du jour. On sait aujourd’hui, de nombreuses études scientifiques l’ont démontré, que les animaux éprouvent des émotions, ont le désir de vivre. A la question 'Est-il, ou non, nécessaire de faire tuer des animaux pour les manger ou d’exploiter des animaux pour avoir leur lait, leurs œufs notamment ?', nous répondons que 'non'. Avec des arguments scientifiques, des études nutritionnelles à l’appui."

"En France, aujourd’hui, on peut très bien se nourrir de façon végane et être en bonne santé, reprend la porte-parole de L214. Cela nécessite quelques aménagements mais, sur le plan nutritionnel, on y arrive très bien. Jusqu’au milieu du XXe siècle et la découverte de la fameuse vitamine B12 synthétique, il était impossible d’être totalement végan. "L’être humain ne synthétise pas cette vitamine B12, explique Ophélie Véron, qui se revendique elle-même végane. Aujourd’hui, le problème ne se pose plus. On peut tout à fait bannir de son alimentation la viande, à condition de prendre cette vitamine B12." A en croire la sociologue, le mouvement est composé principalement de personnes privilégies en matière d’accès à l’information, mais pas forcément d’un point de vue économique. "Ce mouvement, très urbain, est plus développé dans les foyers à revenus faibles ou modérés que dans les foyers aux revenus plus élevés", précise-t-elle.

Des stars au service de la cause végane

Pour ce qui est de l’élevage, l'association L214 estime qu’on pourrait très bien continuer à vivre avec des animaux sans les tuer. "Dans la mesure où on les considère comme des êtres dotés de sensibilité, intelligent, conscient, on ne doit plus les considérer comme une source de nourriture, insiste Brigitte Gothière. Les animaux d'élevages sont domestiqués depuis des lustres et on ne peut donc pas les relâcher dans la nature sans les condamner à mort, poursuit-elle. Notre idée est que les éleveurs continuent de s'occuper de leurs troupeaux mais sans les mener à l'abattoir. Ils entretiendraient nos paysages en jouant le rôle de tondeuse à gazon et en échange on leur laisserait la vie sauve." Régulièrement, l’association fait appel à des parrains, des acteurs ou des personnages d’émissions de télé-réalité, pour commenter des vidéos trash de quelques minutes, montrant les coulisses de l’industrie de la viande.

"L’objectif de nos vidéos, c’est de dénoncer mais surtout d’informer les gens. On ne fait que montrer la réalité, ce qu’on veut nous cacher.  Nous faisons appel à des personnalités publiques pour accompagner le public dans les émotions que ces images violentes suscitent. Elles sont choquantes et suscitent une telle indignation que les gens n’arrivent pas à les regarder."  Lolita Lempika, Mathieu Ricard, Hélène de Fougerol, ou encore, plus récemment, Sophie Marceau, se sont prêtés à l'exercice. "Au départ, ce n’est pas nous qui sommes allés les chercher, ce sont eux qui sont venus vers nous, explique la porte-parole de L214. On essaye toujours d’accompagner nos images d’un discours pour canaliser d’éventuelles actions violentes. On encourage les gens à agir en signant des pétitions, en changeant la manière de se nourrir ou à se joindre à des les actions de sensibilisation sur le terrain."

Ces actions choc suscitent des réactions très violentes et une forme de radicalité Eddy Fougier, politologue spécialiste des mouvements de contestation

Pour le politologue Eddy Fougier, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et spécialiste des mouvements de contestation, ce mode d’action qu'il juge violent, peut néanmoins susciter des réactions très violentes et une forme de radicalité. Les végans, très souvent, s’abreuvent d’images violentes. J’ai le sentiment que notamment chez ceux qui sont les plus fragiles psychologiquement, il peut y avoir un passage à l’acte", estime-t-il auprès de LCI. A Lille, en l'espace d'un mois, quatre boucheries ont fait l'objet de dégradations. Leurs vitrines ont été caillassées par des personnes se revendiquant de la cause végane, rapportait mi-juin nos confrères de La Voix du Nord. L'an dernier, toujours à Lille, une boucherie avait été taguée avec du faux sang.

Elle s'était réjouie de la mort du boucher de Trèbes : une militante végane condamnée pour "apologie du terrorisme"

Au mois de mars, à l’autre bout de la France, une internaute, a publié sur Facebook un message dans lequel elle affirmait avoir "zéro compassion" pour le boucher tué dans l'attaque djihadiste à Trèbes, dans l'Aude, qui venait d'être perpétrée. Elle a été condamnée à sept mois de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme". Un peu plus tôt dans l'année, trois personnes ont été blessées dans une attaque à main armée au siège social de YouTube, à San Bruno en Californie (Etats-Unis). L’auteure des coups de feu, qui s’est donné la mort sur place, parlait de véganisme dans ses vidéos sur la plate-forme et reprochait à Google de les censurer. Des "cas isolés" que condamnent avec fermeté l'association L214. " A ceux qui disent qu’on est face à un extrémisme, je dirais plutôt qu’on est extrêmement pacifistes. Et ce pacifisme, il s’étend aussi aux animaux et pas uniquement aux limites de notre assiette, poursuit la porte-parole de L214.

Notre combat, c’est la défense des animaux. Je crois que 99% des gens y sont favorables, à des degrés divers Brigitte Gothière, porte-parole de L214

Toutefois, selon le politologue Eddy Fougier, même si de plus en plus de produits de la vie courante sont étiquetés "végan", suivre à la lettre les préceptes qui en découlent nécessite une discipline de fer, une vie quasi monastique. "Les végans doivent scruter les étiquettes de chaque produit de consommation pour s’assurer qu’il n’y a pas de matière animale ou qu’ils n’ont pas été testés sur des animaux. C’est une forme d’intégrisme, selon moi. C’est extrêmement contraignant. Cela conduit certains à devenir intolérant vis-à-vis de ceux qui ne respectent pas les mêmes règles. Ils essayent donc de convertir les gens à leur cause, d’où ma comparaison avec une forme d’intégrisme religieux."

"C’est comme si vous aviez dit, à l’époque de l’esclavage, que vous essayiez de convertir les gens contre l’esclavagisme, se défend Brigitte Gothière. Quand on lutte pour les droits des femmes, on n’est pas en train de convertir. On ne dirait pas cela. On est sur une lutte sociale. On essaye de rétablir une injustice." Selon elle, c’est un débat qui dépasse la question de savoir si on est vegan ou pas. "L’association L214 ne représente pas seulement les 0,4% de vegans que compte la population française. C’est beaucoup plus large que cela. Notre combat, c’est la défense des animaux et de ce point de vue, je crois, qu’on peut dire que 99% des gens y sont favorables. Chacun, évidemment, à des degrés divers".

Un mode d'action particulièrement efficace

L'association 214 a réussi à s’imposer sur le devant de la scène médiatique en très peu de temps et devenir l’une des associations les plus connues en France. Comment ? Par le biais d'une communication inspirée des méthodes d'Henry Spira, qui avait mis au pilori, dans les années 70, la société américaine de cosmétiques Revlon parce qu'elle utilisait des produits chimiques sur les yeux des lapins. Pour y parvenir, il a publié une tribune dans le New York Times, en montrant des photos des lapins sur lesquels les produits étaient expérimentés. Un activisme qui a conduit la marque Revlon a mettre fin à ces tests.

Ce mode d’action a été théorisé par Peter Singer dans un livre intitulé Théorie du tube de dentifrice : Comment changer le monde selon Henry Spira. L’idée, en deux mots, c’est de pointer du doigt une cible, ce qu'on appelle le "Name on shame". Puis, dans le même temps, de proposer des alternatives. Spira exigeant de Revlon qu'il consacre une partie de son chiffre d’affaires à des recherches pour trouver des alternatives à ces tests.

L214 exploite également ce qu’on appelle dans le domaine de l’industrie alimentaire le syndrome de la boîte noire. L’industrie alimentaire s’est fait avoir à son propre jeu en racontant des belles histoires qui ne correspondent en rien à la réalité. Le cas typique ce sont les saucisses sous vide. Dans la publicité, on voit des enfants autour d’un feu de bois. Et ce n’est pas la laitière à l’ancienne qui touille le yaourt, c’est une machine. L214 montre l’envers du décor et les gens tombent des nues.

Penser qu’on va pouvoir vivre avec des animaux en enlevant l’aspect du travail, c’est un non-sens total Jocelyne Porcher, directrice de recherche à l'Inra

Parmi les détracteurs de L214, on trouve notamment la chercheuse Jocelyne Porcher, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra, UMR Innovation à Montpellier) et auteure de Vivre avec les animaux une utopie pour le 21ème siècle (La Découverte, 2014). "A les entendre, la domestication c’est le crime originel de l’humanité. A mon sens, leur doctrine n’a ni queue ni tête, tranche d'emblée la chercheuse. Sur la question de l'élevage, ce qui leur pose un problème, c’est le travail avec les animaux. Penser qu’on va pouvoir vivre avec des animaux en enlevant l’aspect du travail, c’est un non-sens total. Les animaux sont comme nous, ils aiment faire des choses. C’est pour cela qu’on vit ensemble".

"Un cheval est plus intéressé par un travail avec les humains que de rester au pré seul toute la journée, ou même avec un congénère, reprend-t-elle. L’enjeu est de savoir dans quelles conditions on fait des choses ensemble". La chercheuse s'intéresse depuis longtemps aux systèmes industriels de production animale issus du capitalisme industriel. Un rapport instrumental aux animaux qui n’a rien à voir avec l’élevage, à ses yeux. Si, pour la chercheuse, "le système industriel est une aberration morale, politique, économique et une calamité du point de vue de la relation aux animaux", l'élevage en revanche peut avoir grâce à ses yeux quand il est pratiqué par "des éleveurs qui bien sût rationalisent le travail pour pouvoir gagner leur vie mais aussi aiment les animaux, aiment vivre avec eux". Selon elle, les membres de cette association "passent à côté de la vie des animaux".  

Quoiqu'il en soit, les industriels se jettent sur ce nouveau marché. A l'instar de l'offensive en France de Danone, numéro un mondial du yaourt, dans l'ultra-frais végétal sous la marque Alpro. Les produits évoquent le yaourt mais ne contiennent aucun lait d'origine animal. Dans le même esprit le géant suisse Nestlé a pris ses distances avec le monde carné en lançant "Le Bon végétal" sous la marque Herta, dont les consommateurs connaissent mieux le jambon et les saucisses de porc. Unilever annonce quant à lui la prochaine commercialisation de glaces végan. Les distributeurs ont eux aussi flairé la bonne affaire et développé, comme Carrefour avec Carrefour Veggie, des marques dédiées. Monoprix a de son côté ouvert quatre petits magasins Naturalia à Paris dont les produits sont certifiés 100 % végan.

Réformes des aides sociales en question

  En annonçant sa volonté de réfléchir à la refonte  des  aides  sociales. Le gouvernement s’attaque à un dossier sensible. Emmanuel Macron devrait livrer les grandes lignes de son  plan  au  mois  de  Juillet.

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EN BREF : ZONE MILITAIRE

L’armée de l’Air prévoit de mettre en service son nouvel avion d’entraînement Pilatus PC-21 en septembre 2018

Le compte-à-rebours a commencé pour les avions d’entraînement TB-30 Epsilon de l’École de pilotage de l’armée de l’Air [EPAA], de la base aérienne 709 de Cognac. Ces appareils, qui ont contribué à la formation initiale de nombreux pilotes de chasse depuis 1984, seront en effet bientôt remplacés par 17 turbopropulseurs Pilatus PC-21, dans le cadre du projet « Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse » [FOMEDEC, aussi appelé Cognac 2016]. Et cela vaut aussi pour les Alphajet de l’École de chasse de Tours…

La date de la mise en service de ces nouveaux avions, loués au prestataire britannique Babcock Mission Critical Services France [BMCSF], se précise : l’armée de l’Air a en effet indiqué que ces avions arriveront à Cognac en « septembre prochain ».

En attendant, quatre pilotes de la BA 709, tous brevetés « chef de patrouille », sont actuellement en train de prendre en main le PC-21 à Stans, dans le canton de Nidwald, en Suisse. À l’issue de ce stage, ils devront être en mesure de former à leur tour leurs homologues instructeurs de l’EPAA, afin que les premiers élèves pilotes puissent commencer leur formation avec ce nouvel appareil à partir du printemps 2019.

Pour rappel, le programme FOMEDEC, qui doit permettre de réaliser 100 millions d’euros d’économies par an grâce à la rationalisation de la formation des pilotes de chasse et des navigateurs officiers système d’armes [NOSA], prévoit également le remplacement de l’Alphajet par le PC-21.

 « Certes, nous perdons de la vitesse, en comparaison à l’Alphajet [le PC-21 peut voler à la vitesse maximale de 370 nœuds, soit 685 km/h]; en terme d’avionique, en revanche, il s’agit d’une révolution », avait expliqué le commandant Sofiane, chef des projets « avions école », à Air Actualités.

L’ergonomie du cockpit permet une prise en main rapide de l’avion. Son comportement aérodynamique est extrêmement sain et les performances offertes par les 1600 chevaux du turbopropulseur remarquables. […] Le système de navigation et d’attaque du PC-21, clé de voûte de la formation des futurs équipages de Rafale et Mirage 2000, est à la hauteur des attentes », se félicite l’armée de l’Air.

Cela étant, un élève pilote de chasse volera quand même à bord d’un Alphajet, mais lors de son passage à l’École de transition opérationnelle [ETO] de Cazaux.

 « Avant de trancher de manière définitive le remplacement de l’Alphajet, il est nécessaire de bénéficier des premiers RETEX [retour d’expérience, faisant suite à l’utilisation des PC-21 dans la formation de nos jeunes équipages. Cela nous permettra de définir finement le besoin de remplacement de l’Alphajet à l’horizon 2020. En toute hypothèse, les réflexions vont commencer très prochainement. Je souhaite que ce sujet soit inscrit dans les travaux de la prochaine Loi de programmation militaire », avait expliqué le général André Lanata, le chef d’état-major de l’armée de l’Air, dans les colonnes de DSI, en juin 2017.

Seulement, et sauf erreur, la LPM 2019-25 ne dit pas un mot sur le remplacement de l’Alphajet de l’ETO de Cazaux…

EN BREF : L’OPINION

Prélèvement à la source : un risque à 2 milliards pour l’Etat

Hypothèses de croissance élevées, non prise en compte du coût de la suppression de la taxe d’habitation, économies non documentées : les sages de la rue Cambon soulignent dans un nouveau rapport les « fragilités » de la trajectoire d’Emmanuel Macron pour le redressement des finances publiques. Ils reviennent aussi sur la mise en place du prélèvement à la source qui pourrait coûter cher en 2019.

La Cour des comptes temporise. Après avoir fait les gros titres l’année dernière en estimant que le dernier budget de l’ère Hollande était teinté d’insincérité, le rapport sur « la situation et les perspectives des finances publiques » publié ce matin est beaucoup plus sage. Les magistrats de la rue Cambon indiquent que la prévision de déficit 2018 est « atteignable » malgré une prévision de croissance de 2 % « un peu élevée », que « les prévisions de recettes sont plausibles, quoiqu’un peu élevées », et que le niveau des dépenses est « plausible, bien qu’affecté d’une incertitude forte s’agissant des collectivités locales ». Les magistrats ne croient que modérément au « contrat » proposé par Emmanuel Macron aux territoires pour limiter leurs dépenses de fonctionnement. Au final, « la réduction du déficit effectif et structurel reste très faible » pour cette année.

Pour la trajectoire 2019-2022, les magistrats regrettent un manque d’innovation en matière de gouvernance budgétaire et listent plusieurs « fragilités » dans le scénario du gouvernement : hypothèses de croissance « optimistes », non-intégration de la suppression totale de la taxe d’habitation (10 milliards d’euros) ou bien encore manque de documentation des économies.

EN BREF : LE POINT

Bruno Retailleau (LR) opposé à la création d'un Islam de France

Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, s'est dit mercredi opposé à la création d'un Islam de France, qui serait selon lui "une atteinte à la loi de 1905" dont il faut "garder la promesse".

Interrogé sur LCI sur la nécessité de "réinventer les rapports entre la religion musulmane et la République", Bruno Retailleau a répondu "Moi je pense que non".

"Je suis opposé à l'institutionnalisation d'un Islam de France", a poursuivi le président de la région Pays-de-la-Loire. "Si l'État se mêle de religion, alors c'est une atteinte à la loi de 1905" relative à la séparation des églises et de l'Etat, a-t-il dit, soulignant "qu'il faut (la) garder dans toute sa promesse".

"L'État doit être sur une ligne de fermeté, parce que si on tente d'organiser tant bien que mal un Islam de France, on n'y parviendra pas", a-t-il ajouté. "Parce que l'Islam sunnite, c'est neuf musulmans sur dix", a encore fait valoir M. Retailleau, et celui-ci d'après lui "ne reconnaît ni hiérarchie, ni église, donc, ce qui risque de se passer, il y aura un début d'institutionnalisation, l'État mettra la main là où, justement, forçant la loi de 1905, là où il n'a pas à la mettre, il se mêlera d'un domaine cultuel".

"Il ne doit pas se mettre dans cette position-là, et pourtant tous les radicaux ne seront pas embarqués, si j'ose dire, dans cette organisation", a-t-il encore estimé, en citant une étude Ifop pour l'Institut Montaigne de 2016 selon laquelle, pour "28 % des musulmans, la charia est supérieure à la loi".

Cette étude distinguait trois grands groupes chez les musulmans. Le dernier groupe, que l'Ifop évaluait à 28 %, réunit des croyants qui ont "adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République", s'affirmant "en marge de la société".

Lundi soir, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé que des "assises territoriales", destinées à réformer l'organisation et le financement du culte musulman, auront lieu dans chaque département d'ici au 15 septembre

EN BREF : LE POINT

Baromètre Ipsos- « Le Point » - Droite : Valérie Pécresse en embuscade

La présidente de la région Île-de-France grimpe dans notre baromètre de juin et s'impose chez Les Républicains face à Laurent Wauquiez.

Où donc habite la droite aujourd'hui ?

Il y a fort à parier qu'elle ne le sache pas elle-même. Les mois se suivent, et, dans notre baromètre, telle une marée perdue, les voix des sympathisants Les Républicains vont et viennent. Le ressac les conduit aujourd'hui vers Emmanuel Macron –président fustigeant notamment « le pognon de dingue » que coûtent les aides sociales – et qui gagne 15 points dans cette partie de l'électorat. Mais elles repartiront sans doute demain, comme elles l'avaient quitté hier : le mois dernier, le président de la République avait vu sa cote fondre de 28 points chez les LR.

Si l'on reprend son évolution à droite depuis le mois de janvier, l'on assiste à de déroutantes montagnes russes : 45 % d'avis favorables en janvier, 36 en février, 37 en mars, l'envol à 57 en avril, puis la rechute en mai à 29, avant cette remontée de juin à 44. La définition même de l'instabilité. Au total, la courbe du président de la République stagne à 36 %, en baisse de seulement un petit point. Après une baisse de trois points au classement général le mois dernier, la tendance n'est pas bonne. Son Premier ministre n'échappe pas à cette légère sinistrose, avec 34 % de bonnes opinions, en baisse d'un point.

Sans doute séduite par la fermeté symbolique entrevue lorsque Emmanuel Macron recadra un lycéen en marge d'une cérémonie au Mont-Valérien, la droite applaudit. Mais ne nous y trompons pas : elle n'attend que des signaux donnés à la gauche pour repartir. Où ? Elle l'ignore. Laurent Wauquiez, qui vient d'exclure la libérale Virginie Calmels de la vice-présidence de son parti, perd 15 points de popularité dans sa propre maison. 4e héros des sympathisants Les Républicains en mai, il tombe en juin à la 12e place. « Il ne faut pas oublier que Wauquiez part de loin », tempère Jean-François Doridot, directeur des études chez Ipsos.

Jean-Michel Blanquer poids lourd durable du gouvernement

Voilà Valérie Pécresse qui récupère la mise : la présidente de la région Île-de-France s'envole à 63 % d'avis favorables à droite. Avec 21 % de supporteurs en plus. Celle qui poursuit une stratégie décalée par rapport à celle de Laurent Wauquiez, tout en restant membre des LR, parvient à atteindre un record de popularité depuis mai 2012. Une époque où François Hollande venait d'être élu président de la République, et allait embaucher à l'Élysée un jeune banquier nommé Emmanuel Macron.

Pour le reste du plateau politique, Jean-Michel Blanquer continue à s'installer durablement parmi les poids lourds du gouvernement, populaire chez les LREM comme chez les LR. Marine Le Pen et sa nièce se tiennent toujours en joue, au sommet des sympathisants FN, respectivement première et deuxième au classement dans leur famille d'origine. Dans une autre famille, celle des Républicains, c'est avec Laurent Wauquiez que Marion Maréchal voisine : tous deux recueillent 38 % d'avis favorables. Inquiétant pour l'un, rassérénant pour l'autre…

LE POINT

Voitures, abonnements... Comment va se passer l'après-Autolib' ?

Le groupe Bolloré a annoncé un arrêt progressif du service d'ici au 31 juillet. Un « saut dans l'inconnu » pour les 150 000 abonnés.

Après l'annonce-choc, le 21 juin, de la résiliation du contrat liant le syndicat mixte Autolib' Vélib' (SVAM) et le groupe Bolloré, restait à connaître la date de l'arrêt du service. Autolib' s'arrêtera le 31 juillet après une diminution progressive du nombre de véhicules et de stations disponibles à partir du 2 juillet. Cette solution permettra ainsi une « extinction progressive » du service plutôt qu'un « arrêt brutal », a-t-on souligné chez Autolib'.

Quoi qu'il en soit, les Franciliens vont devoir s'habituer à l'absence des petites voitures électriques grises. Que vont devenir les 3 000 bornes dédiées aux Autolib' ? Quid des voitures ? Quelles seront les conséquences pour les abonnés ? Quelques éléments de réponses avant ce que Pierre-Yves Bournazel, élu parisien et député d'Agir, dépeint comme un grand « saut dans l'inconnu ».

Quelles conséquences pour les abonnés ?

Depuis son lancement en fanfare en 2011 sous l'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, Autolib' peut se targuer de compter près de 150 000 abonnés. Autant de personnes qui vont devoir rapidement trouver un système de substitution à ce moyen de transport devenu très populaire dans la capitale.

Concernant la mensualité d'abonnement Premium, celle du mois de juillet vous sera offerte, et les suivantes ne vous seront pas facturées. Votre abonnement ne sera pas reconduit », explique le service dans un mail envoyé aux abonnés.

Reste à savoir si des solutions de remplacement seront mises en place. « Il ne s'agira pas de remplacer Autolib' par un seul acteur, mais par plusieurs qui proposeront des solutions complémentaires », a expliqué le syndicat mixte Autolib' Métropole sur France info. Les pistes envisagées ? Combiner un service de « trajets intra-muros », des trajets vers la petite couronne et des locations longue durée permettant à l'usager de « partir en week-end ». Quant à la Ville de Paris, elle étudie avec attention les propositions de constructeurs, PSA et Renault en tête, pour préparer l'après-Bolloré, comme le révèle Europe 1.

Quid des bornes électriques ?

La Mairie de Paris a annoncé jeudi soir que les places de parking actuellement dévolues aux véhicules Autolib' seront réservées dès la fin du service aux propriétaires de voitures électriques. « Les 3 244 places de stationnement qui sont actuellement dévolues à Autolib' seront dédiées à terme aux Parisiens et aux Franciliens propriétaires d'un véhicule électrique ou utilisant un véhicule électrique en autopartage, à titre personnel ou professionnel », a expliqué l'institution dans un communiqué, ajoutant que le stationnement sera « gratuit, dans la mesure de six heures consécutives ».

Dans son communiqué, la Mairie s'engage également à « rendre les bornes de recharge électrique Autolib' accessibles aux Parisiens et aux Franciliens pour la recharge de leur véhicule personnel. » D'après la mairie, « 620 bornes de recharge électrique sont déjà présentes sur le territoire parisien, en voirie ou en parkings souterrains, utilisables avec un badge BeLib' » et seraient donc susceptibles d'être reconverties. La mesure devrait entrer en vigueur « au début de l'année 2019 ».

Que vont devenir les véhicules ?

Les 4 000 véhicules estampillés Autolib' devraient disparaître à la fin du mois d'août, voire un peu avant, croit savoir Le Figaro. Le groupe Bolloré, propriétaire des Autolib', ne compte pas envoyer ses voitures à la casse.

Selon BFM TV, la firme pourrait intégrer les Bluecar dans ses autres services d'autopartages présents à Lyon, Bordeaux, Turin, Singapour et Las Vegas. Plus surprenant, Bolloré pourrait aussi décider de vendre ses véhicules à des particuliers ou à des entreprises privées.

LE PARISIEN

Dans le quotidien de la police antiripoux

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) rend son rapport annuel ce mardi. Coup de projecteur sur un service aussi redouté que méconnu.

Sur son bureau, une collection d'orchidées. Au mur, un croquis satirique sur la réforme de la police des polices : « Je veux moins de bœuf et plus de carottes ! » tonne Manuel Valls, l'ex-ministre de l'Intérieur. Référence aux bœufs-carottes, surnom des agents de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), eux qui ont la réputation de faire « mijoter » leurs collègues en audition.

Après quarante années dans la police et avant son départ en retraite, sa cheffe Marie-France Monéger-Guyomarc'h, 61 ans, présente ce mardi le rapport annuel de cette direction sensible, chargée d'évaluer le fonctionnement de la police nationale et d'enquêter sur les infractions commises par ses fonctionnaires.

L'activité 2017 a notamment été marquée par la forte hausse du nombre de tirs d'armes à feu. Plus de 400 l'année passée, soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à 2016.

L'affaire Théo, le vol de cocaïne au 36...

L'IGPN peut être saisie administrativement en cas de « manquements ». Parallèlement, l'inspection conduit chaque année plus de 1 000 enquêtes judiciaires. Les trois quarts concernent des soupçons d'« atteintes aux personnes », lorsque l'usage de la force est contesté. 16 % portent sur les atteintes aux biens allégués (vols lors de perquisition, destruction de portes par erreur...). Enfin, 9 % ont pour objet des consultations de fichiers de police ou des violations présumées du secret professionnel...

Parmi ces dossiers, des affaires emblématiques : mises en examen pour viol de policiers d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) lors de l'interpellation du jeune Théo, vol de 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres, détournement des œuvres sociales de la police, découverte de 7 tonnes de cannabis appartenant à un indic de l'office des stups.

Mais la police des polices élargit désormais ses activités aux ressources humaines. Depuis 2014, elle dispose d'une Mission d'appui et de conseil (MAC), chargée notamment de soulager les services en difficulté. « Nous intervenons dans des situations crispées lorsque les conditions de travail génèrent de la souffrance, souligne sa responsable, la commissaire divisionnaire Nadia Saïdia-Terras. Les signaux d'alerte sont connus, qu'il s'agisse d'un taux d'absentéisme élevé, de tracts syndicaux aussi véhéments que répétitifs, de conflits interpersonnels ou encore d'un nombre important d'enquêtes disciplinaires. »

La commissaire divisionnaire Nadia Saïdia-Terras.

Les bœuf-carottes sur le gril

Comment fonctionne l'IGPN ? Pourquoi ses enquêteurs sont-ils si redoutés ? Nous avons interrogé ces policiers très spéciaux. Plongée dans le quotidien des 270 bœufs-carottes.

 « Ah... » Lorsqu'elle décline sa fonction d'enquêtrice à l'IGPN, Claire reconnaît que cette annonce provoque souvent un blanc chez ses collègues. Cette capitaine de 49 ans appartient aux « bœufs », abréviation de « bœufs-carottes ». Une désignation peu flatteuse qui dit la crainte et la défiance inspirée par ces policiers. Claire ne s'en offusque pas, elle qui se vit comme « flic avant tout ». « Il y a beaucoup de méconnaissance, d'a priori et de fantasmes concernant la police des polices », affirme-t-elle.

Le siège de l'IGPN à Paris, dans le XXe arrondissement. /LP/Yann Foreix

Depuis trois ans, elle fait partie de la Division nationale des enquêtes, un service créé en 2013, spécialisé dans le domaine financier afin de lutter contre la corruption. Les dessous de la découverte de 7 tonnes de cannabis en plein Paris, le scandale du détournement des œuvres sociales de la police, les grivèleries présumées de l'ex-préfet de police Alain Gardère... Autant de dossiers sensibles dont elle ne dit mot, discrétion oblige.

Claire nous reçoit dans la salle de réunion, car une garde à vue se déroule dans son bureau. « Notre crédibilité, dit-elle, se gagne par rapport aux postes qu'on a occupés avant. Et aussi ceux où l'on ira après. » Longtemps, l'IGPN, surnommé le « cimetière des éléphants », a eu la réputation d'abriter les vieux policiers en bout de course, parfois en disgrâce.

Jean-Baptiste Mabin, commissaire chef du 3e à la délégation de Paris./LP/Philippe Lavieille

Aujourd'hui, il s'agit exclusivement de fonctionnaires volontaires, expérimentés et triés sur le volet qui passent là trois à cinq ans avant de rebondir ailleurs. « Notre conduite à l'extérieur doit être exemplaire, jusqu'au ticket de stationnement. C'est presque obsessionnel », confie le commissaire Jean-Baptiste Mabin, de la délégation judiciaire parisienne de l'IGPN. « Papa, si l'un de vous fait une bêtise, qui va enquêter ? Est-ce qu'il y a une police de la police des polices ? » lui demandait récemment son fils de 10 ans.

Les deux fonctionnaires se défendent d'être des justiciers. Tous deux revendiquent des investigations à charge et à décharge sur la base d'un travail collégial. « Il faut se méfier des certitudes », met en garde le chef de cabinet. Outre la loyauté dans les enquêtes, ils font montre d'une certaine ténacité. « Aujourd'hui, personne n'est intouchable dans la police », se félicite Claire, parfois confrontée à la « condescendance » de hauts fonctionnaires placés en garde à vue.

Pour elle, il n'y a pas de profil type du policier délinquant, mais plutôt des conditions favorables. Un glissement progressif, fait de mauvaises habitudes et de petites concessions à la probité : « Cela correspond souvent à des moments de rupture dans la vie du fonctionnaire : séparation, endettement, addiction au jeu... »

Reste qu'à l'IGPN, contrairement à d'autres services, il est inconcevable de fêter autour d'un verre la résolution d'une belle affaire ou la mise à l'écart d'un ripou. Le commissaire déplore : « Quelle que soit l'enquête, elle traduit un échec de l'institution. »

EN BREF : 20 Minutes

Paris : 80 locataires de HLM pourraient être expulsés pour « troubles de jouissance »

LOGEMENT Quatre-vingts procédures d’expulsion de locataires du parc social parisien sont en cours pour « troubles de jouissance »

Actuellement, la Ville de Paris et trois bailleurs sociaux ont lancé 80 procédures d’expulsion de locataires. la raison ? Des « troubles de jouissance »​, explique Le Parisien. Car les bailleurs sociaux ont l’obligation de « garantir la paix à leurs locataires ». Et les « troubles de jouissance » sont multiples : dealeur dans la cage d’escalier, chien agressif lancé sur les voisins, locataire fêtard au détriment du repos d’autrui, voisin qui urine dans les communs…

Pour arme dans la gestion des expulsions, les bailleurs sociaux brandissent la jurisprudence d’octobre 2013 qui permet désormais d’expulser toute une famille si le signataire du bail est tenu responsables des infractions commises par ses propres enfants.

Des étudiants de Sciences-po logés dans les HLM

C’est une décision de justice qui permet à un bailleur l’expulsion d’un locataire assortie de la résiliation du bail. Si le locataire refuse de partir après la décision de justice, le bailleur peut demander le concours de la force publique pour l’expulsion. C’est ce qui s’est passé en mai quand une famille a été expulsée d'un logement rue Reverdy (19e) car elle était impliquée dans un trafic de drogue, rapporte Le Parisien.

Le parc social de Paris Habitat libéré des familles qui perturbent la vie de l’immeuble en profite pour faire de la mixité sociale. Ainsi cité Bonnier, des logements évacués ont ainsi été attribués à 30 étudiants de Sciences-po, en échange de 4 heures hebdomadaires de soutien scolaire aux enfants du quartier

.« Quand on est locataire d’un logement social, un des devoirs est de ne pas pourrir la vie de ses voisins » 

Cent personnes de chez Paris Habitat vont être assermentées cette semaine afin de dresser des PV. Ian Brossat adjoint au logement d’Anne Hidalgo, explique ce dispositif...

100 agents Paris Habitat vont être assermentés pour dresser des PV Le but est de lutter davantage contre les incivilités dans le parc social

La guerre aux incivilités est déclarée. Paris Habitat, bailleur social de la ville, va assermenter 100 agents afin de dresser des PV aux locataires qui se rendraient coupables d’infractions.

Après avoir reçu une formation, ces agents – gardiens d’immeubles ou conseillers sûreté – vont ainsi prêter serment cette semaine au palais de justice. Ils auront alors le statut de « gardes particuliers assermentés » et pourront sanctionner les locataires qui ne respecteraient pas les règles de vivre-ensemble. Alors que ce dispositif va s’étendre dans le parc social parisien, Ian Brossat adjoint PCF au logement d’Anne Hidalgo, revient pour 20 Minutes sur cette initiative de la mairie.

Pourquoi ce dispositif était devenu nécessaire dans la capitale ?

Dans nos immeubles, nous sommes confrontés à trop d’incivilités. Si je regarde les derniers chiffres, il y a à Paris, dans nos logements sociaux, 26.000 familles qui demandent à changer de logements. Et parmi ces 26.000 familles, une sur quatre, motive sa demande par des problèmes d’incivilités dans leur immeuble. C’est un nombre qui a augmenté au cours des dernières années. Si je m’en tiens à Paris Habitat, premier bailleur de la ville, les incivilités sont le premier motif de réclamation. Nous avons donc décidé de mettre en place des mesures supplémentaires pour faire reculer ces incivilités. Cent agents Paris Habitat, qui se sont tous portés volontaires, vont ainsi être assermentés pour verbaliser des infractions.

Concrètement que vont-ils contrôler ?

L’idée est de lutter contre quatre phénomènes : l’atteinte aux personnes, outrages et insultes ; les atteintes aux biens, dégradations et épanchements d’urine dans les parties communes ; l’atteinte à l’environnement, notamment les nuisances sonores ; et enfin, les atteintes à la propriété, comme le dépôt illégal d’objets encombrants ou les jets de poubelles par les fenêtres. Les agents assermentés de Paris Habitat pourront émettre des PV sur ces quatre types d’infractions. Ils disposeront de documents type à remplir et les PV seront ensuite transmis à la police ou au parquet, qui établira la sanction au locataire qui n’aura pas respecté les règles.

Comment seront-ils répartis ?

Ils interviendront en fonction des signalements. Quand un agent est par exemple un gardien, il interviendra dans son immeuble. Quand c’est un conseiller sûreté, il rayonnera sur un espace plus large et pourra intervenir dans plusieurs immeubles. Mais l’idée est de couvrir l’ensemble du parc de Paris Habitat, soit 120.000 logements.

Le prix des amendes est fixé à combien ?

Le montant des amendes varie selon la nature des infractions. Ça va de 38 euros pour une insulte à 1.500 euros pour une dégradation par exemple. Rappelons que les amendes ne sont pas perçues par le bailleur

Ce dispositif va-t-il être étendu à d’autres bailleurs sociaux ?

Oui, les deux autres bailleurs sociaux qui dépendent de la ville de Paris, la RIVP et Elogie-Siemp, travaillent en ce moment à mettre en place le même dispositif. Car quand on est locataire d’un logement social on a des droits et des devoirs. Et parmi ces devoirs, il y a celui de ne pas pourrir la vie de ses voisins.

EN BREF : EUROPE 1

Paris et Madrid proposent des « centres fermés » pour migrants

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez était ce samedi 23 juin à Paris où il a été reçu par le président français Emmanuel Macron. Au centre de cette visite : trouver des solutions face à la question migratoire que secoue l'Europe.

A la veille d'un mini-sommet européen consacré à la question migratoire, Paris et Madrid, avec l'appui de Berlin, ont appelé ce samedi à la mise en place de « centres fermés » pour migrants qui débarquent de Méditerranée. Une proposition sur laquelle les trois capitales espèrent arracher un consensus alors que le dossier divise l'UE.

 « La proposition que nous souhaitons faire (...) c'est une solution qui consiste à mettre en place des centres fermés sur le sol européen », dotés de « moyens européens », a expliqué Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée avec le nouveau chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

S'il existe des « hotspots » en Grèce, généralement non fermés, il n'y en a pratiquement aucun en Italie, qui les refuse pour des raisons de souveraineté. Souvent, les migrants partent d'Italie sans avoir été enregistrés et se dirigent vers d'autres pays. La proposition franco-espagnole mettrait fin à cette situation. Dans les centres que Paris et Madrid souhaitent voir mis en place, les migrants attendraient l'examen de leur cas. Ces centres permettraient « une solidarité financière immédiate, une instruction rapide des dossiers et une solidarité européenne pour que chaque pays prenne de manière organisée les personnes qui ont droit à l'asile », a fait valoir le chef de l'Etat français.

Emmanuel Macron et Pedro Sanchez réclament également que tous les pays européens s'engagent ainsi à accueillir les migrants ayant obtenu l'asile. Le président français s'est dit favorable à des sanctions financières pour ceux qui s'y refuseraient. « On ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l'UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s'agit de sujets migratoires », a-t-il justifié en visant, sans les nommer, les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie).

Et pour les migrants qui ont été déboutés de leur demande d'asile, les dirigeants français et espagnol veulent à la mise en place d'équipes qui pourraient les reconduire dans leur pays d'origine. Emmanuel Macron a en revanche jugé « inacceptable » la proposition faite par certains pays de créer des plateformes de débarquement hors de l'Union européenne pour y refouler des personnes débarquées en Europe.

Ces propositions seront soumises à l'avis des autres participants au mini-sommet européen. Les pays du groupe de Visegrad ont déjà annoncé qu'ils ne s'y rendraient pas, ce qui rend très peu probable un accord européen lors du sommet des 28 et 29 juin. Un accord que la chancelière Angela Merkel a d'ores et déjà exclu.

EN BREF : LIBERATION

Daniel Cohn-Bendit :  << Je défends l'idée d'une agence européenne des réfugiés »

Au lendemain du  mini-sommet  européen  consacré  à  l'accueil  des  migrants,  l'ancien  eurodéputé  Daniel  Cohn-Bendit  plaide  pour  une  politique  commune  «d'immigration  positive.

Réunis  dimanche  à  Bruxelles  pour  un  mini-sommet  consacré  à  la  question  migratoire,  les  dirigeants  de  seize  pays  de  l’union  européenne  n'ont  fait  que  constater  leurs  désaccords.  Emmanuel Macron  a  rappelé  la  possibilité  de  sanctionner  financièrement  les  pays  qui  refuseraient  d'accueillir  les  migrants.  Dans  son  viseur:  les  pays  du  groupe  de  Visegrad  (Hongrie,  Pologne,  République  tchèque  et  Slovaquie).  Pour  Daniel  Cohn-Bendit,  ancien  député  européen,  la  situation  européenne  est  cruciale  à  l'aube  du  sommet  des  Vingt-Huit. 

Pensez-vous  comme  Emmanuel  Macron  que  les  pays  qui  bénéficient  le  plus  de  fonds  structurels  européens  doivent  être  sanctionnés  s'ils  font  preuve  d'absence  de  solidarité  envers  les  migrants?  Je  ne  suis  pas  persuadé  que  ce  soit  la  bonne  méthode.  Comme  cette  possibilité  ne  figure  pas  dans  les  conditions  des  fonds  structurels,  ça  m'étonnerait  que  la  France  gagne  devant  la  Cour  de  justice  européenne.  Je défends  plutôt  l'idée  d'une  agence  européenne  des  réfugiés  avec  un  budget  conséquent  qui  serait  dédiée  à  aider  les  municipalités  ou  les  régions  qui  accueillent  des  migrants.  Si  une  ville  de  Pologne  décidait  d'accueillir  des  réfugiés,  cette  agence  pourrait  la  soutenir  financièrement.  Pour  deux euros  donnés  à  l'accueil  des  réfugiés,  on  dégagerait  un  euro  pour  le  budget  social  de  la  ville  d'accueil.  On  ferait  ainsi  profiter  les  populations  de  l’accueil  des  réfugiés.

  Que  penser  de  la  volonté  de  Macron  et  du  chef  du  gouvernement  espagnol  de  mettre  en  place  des  centres  d'accueil  fermés  sur  le  territoire  européen?

 La  France  a  déjà  fait  la  proposition  de  mettre  en  place  des  hot  spots  dans  les  pays  de  transit  comme  le  Niger.  Cela  pourra  permettre  à  l'Office  français  de  protection  des  réfugiés  et  apatrides  (Ofprat)/  d’organiser  le  voyage  de  ces  réfugiés,  de  ne  pas  les  obliger  à  passer  par  la  Libye  et  traverser  l'horreur.  Même si  les  arrivées  de  réfugiés  se  tarissent,  le  prix  payé  pour  ce  flux  est  la  situation en Libye. Il ne faut jamais l’oublier. Les centres y sont abominables et il est de plus en plus difficile de quitter le territoire.

Comment peut-on organiser  les  arrivées  liées  à  la  migration  économique?

  Il faut  créer  une  loi  d'immigration  économique  en  Europe.  En  fonction  de  l'évolution  démographique  et  du  marché  du  travail,  il  y  a  un  besoin  d'immigration  dans  des  pays  comme  l'Allemagne  ou  les  Pays-Bas.  En  faisant  une  loi  d'immigration  positive,  on  pourrait  ouvrir  des  bureaux  d'immigration  européens  dans  les  pays  de  départ.  Les  gens  feraient  une  demande  et  ils  auraient  ainsi  une  chance  de  pouvoir  aller  travailler  en  Europe.  S'ils  décidaient  d'y  aller  illégalement,  ils  perdraient  cette  chance.  Avec  ce  système,  on  réduirait  le  nombre  de  migrants  illégaux.

 Cette  loi  ne  risquerait-elle  pas  de  créer  un  appel  d'air?

  L’appel  d'air  fondamental  est  la  pauvreté.  le  manque  de  perspectives.  il y  aura  toujours  des  personnes  qui travaillent et vivent illégalement sur notre territoire, car c’est le prix de la société ouverte et de la libre circulation  

L’Aquarius a cristallisé les tensions entre l’Italie et la France au sujet de la crise immigratoire. Paris a-t-il été hypocrite ?            

Le gouvernement et le Président Macron ont fait une erreur avec l’Aquarius. Ils auraient dû l’accueillir dans le port de Bastia et faire ce qui a été mis en place à Valence en créant  un  centre  d'accueil  On  aurait  envoyé  l'Ofpra  pour  traiter  les  demandes  d'asile.  Dans  de  telles  situations,  ceux  qui  n'auraient  pas  droit  à l’asile seraient rapatriés dans leur pays d’origines s’ils ont des papiers. Mais s’ils n’ont pas, je ne sais ce qu’il adviendrait.  C’est ça, notre drame.  L’Union européenne   doit organiser avec l’ONU une conférence sur l’immigration. Comme pour le climat, il  n’y  a  pas  de  solution  nationale, ni de  solution  européenne.  Le problème est mondial.  Il faut réfléchir à  de  nouvelles  modalités  de  régulation,  basées  sur  la  solidarité  obligatoire  . 

Est-on arrivé  à  un  moment  de  vérité  pour  l'Europe,  attaquée  sur  sa  philosophie  politique  même?  L’heure est crucial pour l'Europe.  On a perdu  le  débat  idéologique.  Quelle est l'acceptation des valeurs qu’on dit « européennes »  dans  nos  propres  populations?  En Italie,  Salvini  surfe  sur  une  opinion  publique  largement  de  son  côté.  En Allemagne,  la  majeure  partie  de  l'opinion  est  favorable  à  la  position  du  ministre  de  l'Intérieur  de  refouler  les  migrants.  Le  courage  politique  est  de  ne  pas  toujours  aller  dans  la  direction  voulue  par  l'opinion.  Il  ne  faut  pas  la  suivre  lorsqu’elle  est  aussi  lépreuse  et  néfaste.  Mais il  faut  être  aussi  capable  de  tenir  un  équilibre  pour  que  l'espace  démocratique  de  nos  sociétés ne s’effondre pas.

EN BREF : SUD-OUEST

Le maire de la municipalité de Lège-Cap-Ferret dans les Landes, ne décolère pas. Le 1er avril dernier le chef de la police de sa commune a été contrôlé alcoolisé au volant de sa voiture, lors d’un déplacement privé dans les Landes. La mairie lui a supprimé ses primes

Si on était dans le privé, j’aurais pu immédiatement le licencier » s’agace Michel Sammarcelli, le maire Lège-Cap-Ferret (Gironde), interrogé par France Bleu Gironde.

Le 1er avril dernier, lors d’un déplacement privé, le chef de la police municipale de sa commune est contrôlé par la gendarmerie à hauteur d’Onesse-Laharie dans les Landes. Son taux d’alcoolémie est le double de celui autorisé. L’homme s’est vu retirer son permis pour quatre mois.

Michel Sammarcelli qui confirme l’information révélée par La Dépêche du Bassin ne décolère pas : « j’attends l’issue du jugement pour régler ça en famille ».

Pour l’heure, le policier, privé de ses primes par la mairie, est cantonné à des tâches administratives. Il ne peut plus circuler qu’à vélo.

SUD-OUEST

Réforme de la SNCF. Emmanuel Macron signe le coup d'envoi

Emmanuel Macron a signé le projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire », apportant ainsi la touche finale à la réforme de la SNCF vivement contestée par les cheminots.

Emmanuel Macron a promulgué ce mercredi la loi réformant la SNCF, malgré de multiples journées de grève et des « inquiétudes légitimes » auxquelles il faut continuer de répondre, selon le chef de l'Etat.

« Une transformation profonde »

« Cette nouvelle page qui s'ouvre aujourd'hui pour notre système ferroviaire est importante, c'est une transformation profonde », a déclaré le chef de l'Etat en signant le texte de loi à l'Elysée.

Emmanuel Macron était entouré de la ministre chargée des Transports Elisabeth Borne et du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

« La SNCF a maintenant tous les atouts pour réussir dans ce nouveau monde, comme elle a toujours su gagner, relever les défis depuis 80 ans », s'est félicité Emmanuel Macron.

 « Des négociations vont commencer »

« Je sais qu'elle (la réforme) peut susciter des inquiétudes chez les cheminots, les Français l'ont entendu », a assuré le Président. « Je veux leur dire que par ce travail, nous avons répondu aux inquiétudes les plus vives, et nous continuerons de le faire dans la négociation de branches, dans la négociation d'entreprises, à chaque fois que ces inquiétudes sont légitimes, et qu'elles ne sont pas le refus de tout changer », a-t-il promis.

 « Maintenant au niveau de la branche, au niveau de l'entreprise, des négociations vont commencer pour mettre en œuvre ce que la loi prévoit », a-t-il poursuivi.

La réforme, définitivement adoptée au Parlement à la mi-juin, prévoit notamment l'ouverture à la concurrence du transport des voyageurs (entre décembre 2019 et au plus tard 2039 selon les lignes), et de supprimer à partir du 1er janvier 2020 les embauches au très protecteur statut de cheminot.

 

EN BREF : THE TIMES OF ISRAËL

Des chercheurs de l’Université de Tel Aviv localisent les cellules cancéreuses

La nouvelle technique pourrait augmenter les taux de survie et de guérison du cancer, car elle permet aux chirurgiens d'éliminer avec précision les cancers

Les chercheurs de l’Université de Tel Aviv ont mis au point des nanosondes intelligentes qui allument une lumière fluorescente en présence de cellules cancéreuses, ce qui, selon eux, pourrait améliorer considérablement les résultats postopératoires pour les patients atteints de cancer.

Les chercheurs ont créé une « sonde intelligente » qui, lorsqu’elle est injectée à un patient quelques heures avant la chirurgie pour exciser une tumeur primaire, peut aider les chirurgiens à localiser l’emplacement du cancer jusqu’à plusieurs cellules cancéreuses, ce qui leur permet de garantir l’élimination d’un plus grand nombre de cellules cancéreuses et d’endommager le moins possible les tissus sains environnants, ont-ils déclaré dans un communiqué.

L’équipe interdisciplinaire à l’origine de la recherche était dirigée par le professeur Ronit Satchi-Fainaro, directeur du département de physiologie et de pharmacologie de la faculté de médecine Sackler de l’université de Tel Aviv. L’étude a été publiée en mai dans Theranostics.

Dans de nombreux types de cancers, ce n’est souvent pas la tumeur maligne primaire, mais plutôt la métastase – la propagation de cellules cancéreuses persistantes à d’autres parties du corps – qui tue les patients.

 « Dans les cas de mélanome et de cancer du sein, par exemple, le chirurgien peut croire qu’il a tout retiré – qu’il a excisé toute la tumeur et laissé les tissus restants sans cancer. Même si seulement quelques cellules subsistent après la chirurgie, trop peu ou trop petites pour être détectées par IRM ou tomodensitométrie, des récidives et des métastases peuvent se produire », explique Mme Satchi-Fainaro. « Notre nouvelle technologie peut guider le chirurgien pour exciser complètement le cancer ».

Les chercheurs ont basé leurs travaux sur des études antérieures, qui ont montré que les cellules cancéreuses ont un nombre accru d’enzymes appelées cathétines cystéine, qui sont présentes en grand nombre dans une variété de tumeurs. Les cellules saines contiennent de petites quantités de ces cathétines. Sur la base de ces connaissances, les chercheurs ont conçu les sondes pour identifier les cellules cancéreuses », a déclaré Mme Satchi-Fainaro dans un communiqué.

« Nous avons exploité cette propriété », de l’augmentation du nombre de cathétines, « afin de concevoir plusieurs sondes Turn-ON, qui peuvent être activées pour générer un signal de fluorescence lors de la réaction avec les cathétines tumorales », ont déclaré les chercheurs dans leur étude.

Dans les tissus sains environnants, en raison d’un manque de cathétines, la zone reste sombre.

Les sondes intelligentes peuvent être utilisées pour guider le chirurgien en temps réel pendant l’excision de la tumeur. Le chirurgien peut également éviter de couper tout tissu sain « non lumineux », selon le communiqué.

Les scientifiques ont d’abord examiné l’effet de la sonde en laboratoire sur la peau saine et les tissus mammaires, puis sur le mélanome et les cellules cancéreuses du sein. Ils ont ensuite utilisé des souris présentant un mélanome et un cancer du sein pour effectuer des chirurgies d’excision ordinaires et des chirurgies guidées par sonde intelligente.

 « Les souris qui ont subi une chirurgie ordinaire ont connu une récidive et des métastases beaucoup plus tôt et plus souvent que celles qui ont subi notre chirurgie intelligente guidée par sonde », a indiqué Mme Satchi-Fainaro. « Plus important encore, celles qui ont subi la chirurgie par sonde intelligente ont survécu beaucoup plus longtemps. »

Les souris opérées sans sondes ont rapidement été diagnostiquées avec métastase ou récidive des tumeurs elles-mêmes, et leur espérance de vie était courte – seules 40 % des souris de ce groupe ont survécu 120 jours après l’opération, selon l’université, dans son communiqué en hébreu. Cependant, lorsque l’intervention chirurgicale a été réalisée avec les sondes, le taux de survie des souris a doublé : 80 % d’entre elles sont restées en bonne santé après 120 jours. En d’autres termes, 60 % des souris opérées de manière ordinaire sont mortes de la maladie, contre seulement 20 % de celles qui ont subi une opération à l’aide des sondes intelligentes.

 « La sonde peut également réduire le besoin de chirurgies répétées chez les patients dont les cellules cancéreuses restent sur les bords des tissus prélevés », a déclaré Mme Satchi-Fainaro. « Dans l’ensemble, cela peut conduire à l’amélioration du taux de survie des patients. »

L’équipe a déposé un certain nombre de brevets sur cette technologie et est également en pourparlers avec un certain nombre d’entreprises pharmaceutiques pour commencer les essais cliniques en vue de la commercialisation de la technologie, selon le communiqué.

Les travaux de recherche du laboratoire Satchi-Fainaro qui ont abouti à ces résultats ont bénéficié d’un financement partiel du Conseil européen de la recherche (CER) au titre du septième programme-cadre de l’Union européenne.

Les scientifiques qui ont mené la recherche pour l’étude avec Satchi-Fainaro étaient Rachel Blau, Yana Epshtein et Evgeni Pisarevsky, et la recherche était en collaboration avec le professeur Doron Shabat de l’école de chimie de l’université de Tel Aviv, le professeur Galia Blum de l’Université hébraïque de Jérusalem et les cliniciens Prof. Zvi Ram et Dr Rachel Grossman du Département de neurochirurgie du Centre médical de Tel Aviv.

Dernière minute : Mis à jour le 27/06/18 à 18h01

En bref : 20 minutes

Grève SNCF : A la gare du Nord, des cheminots déterminés « à ne rien lâcher » quitte à « manger des cailloux »

Les cheminots présents à l’assemblée générale de mercredi croient encore à la mobilisation…

Au bout du quai 36 de la gare de Nord, sur un parking baigné par le soleil, une cinquantaine de cheminots s’est rassemblée mercredi matin. L’assemblée générale du jour a peiné à faire le plein : certaines AG précédentes avaient regroupé des centaines de personnes. Pour les salariés de la SNCF présents, c’est l’heure de faire un premier bilan de la mobilisation, alors que la grève « perlée » démarrée début avril s’achève ce jeudi et que la CGT et Sud-Rail ont décidé de poursuivre le conflit en juillet.

Malgré une mobilisation en baisse – y compris chez certaines professions très engagées comme les conducteurs ou les contrôleurs -, Éric s’empare du micro avec fermeté. « Oui, les chiffres [de grévistes] étaient plus élevés au début du mouvement, mais la bataille n’est pas finie. Notre grève, elle nous appartient », lance l’élu Sud-Rail, dont Paris-Nord est un des bastions.

 « C’est le début du combat »

C’est au tour de Xavier, conducteur, de prendre la parole. Le ton est offensif : « Cette grève-là, on ne peut pas la perdre. On n’a pas le droit de lâcher. L’objectif, c’est la guérilla, et on a un règlement qui nous permet de faire ça. On va leur montrer qu’en respectant les règles à la lettre, on va faire plier la direction de la SNCF ».

Au bout du quai 36, tout le monde est globalement d’accord : la grève doit continuer coûte que coûte. « C’est le début du combat, affirme Stéphane, technicien au Landy, le centre de maintenance des TGV. On arrive à la fin d’un calendrier perlé qui a montré ses limites. Je suis déterminé à ne rien lâcher, même si demain je dois manger des cailloux. »

« Il faut vite trouver une solution pour faire réagir les gens »

Mais dans « l’autre » camp, la détermination reste aussi intacte. Quelques heures après l’AG, en pleine journée de mobilisation à la SNCF, Emmanuel Macron signait devant les caméras la réforme ferroviaire votée quelques jours auparavant à l’Assemblée et au Sénat. « La SNCF a maintenant tous les atouts pour réussir », a expliqué le chef de l’État.

A Paris-Nord, les cheminots reconnaissent que la communication gouvernementale a pesé sur la mobilisation. « La grève sur trois mois, c’est usant psychologiquement, résume Sylvain, qui conduit des TER. On voit que la réforme ferroviaire avance, donc c’est usant, c’est démoralisant, et on s’aperçoit que cette stratégie n’a rien apporté. Il faut vite trouver une solution pour faire réagir les gens. Il n’y a pas de miracle, il faut aller les voir, leur expliquer ce qui se passe. »

 « Je suis à Sud Rail et nos propres adhérents, on ne les voit pas en réalité, regrette Stéphane. Il y a beaucoup de "grève canapé". Je pense qu’ils se rendent compte de ce qu’il se passe, mais ils ne sont pas prêts à sacrifier quelques centaines d’euros pour faire plier le gouvernement. » Pour remotiver les troupes, les cheminots grévistes comptent sur la manifestation interprofessionnelle prévue ce jeudi. Et après les vacances, certains espèrent faire la « jonction » avec la réforme des retraites. « Pour ça, il faudra réussir la grève des 6 et 7 juillet, souffle un cheminot. Sinon, ils [les organisations syndicales] nous renverront tous à la maison ».

Zone militaire

Les F-35A turcs resteront aux États-Unis si Ankara achète les systèmes russes de défense aérienne S-400

La semaine passée, malgré les réticences du Sénat américain, Lockheed-Martin a officiellement remis à la force aérienne turque son premier avion F-35A, lors d’une cérémonie organisée à Fort Worth [Texas]. Cet appareil doit être transféré à la base aérienne de Luke [Arizona] où les pilotes turcs doivent entamer leur « transformation ». Ce qui pourrait prendre un à deux ans, selon le Pentagone.

Seulement, rien ne dit que les F-35A pourront quitter le territoire américain. En effet, et c’est d’ailleurs la raison qui explique les réticences des sénateurs américains, le rapprochement de la Turquie, membre de l’Otan, et de la Russie pose un problème dans la mesure où Ankara a commandé auprès de Moscou quatre systèmes de défense aérienne S-400 « Triumph ».

Or, avec ce contrat, la Russie pourrait avoir accès à des informations confidentielles sur les caractéristiques du F-35A. Et cela rendrait l’avion de Lockheed-Martin plus vulnérable, d’autant plus que la tendance actuelle est marquée par le déploiement de capacités A2/AD (Anti-Access/Area-Denial) que l’appareil américain est censé contrer.

 « C’est une affaire très sérieuse », a lancé Wess Mitchell, chargé des relations avec l’Europe et l’Otan au département d’Etat américain, lors d’une audition parlementaire, le 26 juin. « Nous avons clairement dit à plusieurs reprises au plus haut niveau du gouvernement turc qu’il y aura des conséquences » si la Turquie confirme son projet d’acquérir des systèmes russes S-400, a-t-il ajouté.

Pour dissuader la Turquie de se procurer de tels systèmes auprès de la Russie, M. Mitchell a évoqué des sanctions qui s’appliqueraient à Ankara en vertu d’une loi américaine [CAATSA, pour Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, ndlr] qui interdit tout contrat avec de entreprises du secteur russe de l’armement. Et, a-t-il prévenu, une « acquisition de S-400 aurait inévitablement des conséquences sur l’avenir de la coopération militaro-industrielle turque avec les Etats-Unis, y compris concernant les F-35. »

« Nous avons été on ne peut plus clairs, en privé comme en public : une décision sur les S-400 changera les relations américano-turques de manière difficilement remédiable », a insisté M. Mitchell. Et cela peut avoir des conséquences pour les forces armées turques, notamment au niveau de la maintenance de leurs F-16, construits par Lockheed-Martin.

 « Les États-Unis restent en possession de l’avion jusqu’à son transfert qui intervient normalement après un long processus de formation », a rappelé le responsable de la diplomatie américaine. Aussi, a-t-il continué, Washington peut encore très bien, au niveau juridique, annuler la commande de 100 F-35A faite par la Turquie en invoquant des « préoccupations de sécurité nationale. »

La formation, à Luke AFP, des futurs pilotes turcs de F-35A « joue à notre avantage, car cela nous donne plus de temps pour continuer à faire pression » sur la Turquie « avant de prendre une décision définitive », a estimé M. Mitchell.

Le souci est que la Turquie est un partenaire de troisième niveau du programme F-35, avec l’implication d’une dizaine d’industriels, dont Turkish Aerospace Industries, Kale Group, ALP Aviation et Ayesas. La participation de ces derniers à la production du F-35 devrait générer plus de 12 milliards de dollars. Un point que n’a pas manqué de rappeler Mevlut Cavusoglu, le ministure turc des Affaires étrangères. « Nous sommes signataires avec les autres partenaires. Nous sommes impliqués dans ce projet. Personne ne peut donc remettre en cause unilatéralement un accord de coopération internationale », a-t-il fait valoir, à l’antenne de CNN Turk, le 21 juin.

En bref : ATLANTICO

Emmanuel Macron signe la réforme du rail

Le président de la République a signé la réforme ferroviaire ce mercredi. Les syndicats les plus déterminés ont l’intention de poursuivre le mouvement en juillet et même en septembre.

Ultime étape a donc été atteinte. Emmanuel Macron a signé et donc officiellement entériné la réforme ferroviaire ce mercredi. Le président de la République s’est exprimé devant les caméras

"La SNCF a maintenant tous les atouts pour réussir, la modernisation du pays se poursuivra sur d’autres sujets".

La signature intervient alors que les cheminots sont dans leur ultime épisode de grève. La dernière journée de mobilisation unitaire est prévue pour le jeudi 28 juin.

Le mouvement de contestation n’est pas pour autant mort et enterré, malgré les divisions syndicales. La CGT et Sud Rail ont en effet annoncé la poursuite de la mobilisation pour les journées du 6 et 7 juillet 2018.

Philippe Matinez était invité sur les antennes de RTL ce mercredi, il a annoncé les intentions de la CGT Cheminots et de Sud-Rail de poursuivre le mouvement de grève, "même en septembre".

 Les syndicats les plus réticents à la réforme ont l’intention de ne pas abandonner le combat et la lutte.

Ils souhaitent faire plier le gouvernement et obtenir le retrait de la réforme après le bras de fer estival qui s’annonce brûlant entre les usagers de la SNCF, les syndicats, les cheminots, la direction de l’entreprise, la ministre des Transports Elisabeth Borne et le gouvernement.

 

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