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Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

MINI REVUE DE PRESSE DU 11 AU 17 SEPTEMBRE 2018

com
MINI REVUE DE PRESSE DU 11 AU 17 SEPTEMBRE 2018

MONIQUE MACALOU

SOMMAIRE

JOURNAL

DATE

TITRE

PAGE

 

France INFO

11/9/2018  

Les Français les plus pauvres

2

 

11/9/2018

Après l’affaire Benalla, un directeur nommé à l’Elysée

3

20 Minutes

12/9/2018

Notre plan pauvreté se chiffre à 8 milliards d’euros, c’est un choix politique très fort», affirme Benjamin Griveaux

3

Contrepoint

12/9/2018

Interdire Airbnb à Paris pénaliserait les touristes… et les Parisiens

6

Le Monde

12/9/2018

Faut-il s’attendre à une ruée de l’immigration

7

La Nouvelle République

13/9/2018

Emmanuel Macron a dessiné jeudi 13 septembre les grandes lignes de son plan de prévention et de lutte contre la pauvreté.

9

L’Opinion

En bref

13/9/2018

Pauvreté : Emmanuel Macron invente son « revenu

Universel », bien différent de celui de Benoît

Hamon

Guerre d’Algérie : Macron dénonce un « système » de « disparitions » et de « torture

 

11

Le monde

13/9/2018

La tempête tropicale Isaac s’approche de la Guadeloupe et de la Martinique.

12

L’Opinion

14/9/2018

Marine Le Pen va-t-elle débaucher Jean-Paul Garraud de LR

Après Châteaudouble, Marine Le Pen ne renonce pas à la tournée des villages français

14

 

15

The times of Israël

15/9/18

Il projetait une attaque en France : un radicalisé condamné à 7 ans de prison

15

Le Parisien

15/9/18

Paris : le plus beau potager est… sur le toit l’Opéra Bastille

15

C NEWS

15/9/18

La  droite  parisienne  planche  sur  la  «ville  de  demain

17

Les échos

15/9/18

Consommation :  les nouvelles habitudes  des  Français

17

Libération

15/9/18

Plan pauvreté Un revenu universel qui n’en a que le nom

18

Paris Match

16 /9/18

Les liaisons dangereuses

18

Le Parisien

17/9/18

A l’école, le téléphone portable fait de la résistance

Alerte aux faux sites administratifs

19

22

Huffpost

17/9/18

Animaux mal étourdis et agneau écartelé vivant :

 Ouverture du procès de l'abattoir de Mauléon

23

Huffpost

17/9/18

Abattoir de Mauléon : Ouverture d'un nouveau procès de la maltraitance animale après des vidéos L214

24

20 Minutes

17/9/18

Emplois vacants : Peut-on trouver un emploi en traversant la rue, comme le dit Emmanuel Macron?

25

France INFO

Les Français les plus pauvres ont du mal à manger sainement et suffisamment, selon le baromètre du Secours populaire

L'association publie la 12e édition de cette enquête, mardi, soit deux jours avant la présentation par le gouvernement du plan pauvreté.

"Mangez cinq fruits et légumes par jour." Si le slogan des autorités sanitaires françaises n'est pas facile à suivre pour un certain nombre de Français, il reste lettre morte pour les plus pauvres, comme le révèle le 12e baromètre annuel du Secours populaire sur la pauvreté, dévoilé mardi 11 septembre, soit deux jours avant la présentation du plan pauvreté par le gouvernement.

L’alimentation est "un poste de dépense problématique pour une proportion significative de Français", relève l'association qui s'est penchée cette année sur la précarité alimentaire. Le Secours populaire, qui a mené cette enquête auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, en ressort plusieurs enseignements.

Les plus démunis peinent à manger équilibré

A la question "rencontrez-vous des difficultés financières" pour "consommer des fruits et légumes frais tous les jours", un quart des sondés répondent "oui". Cette proportion monte à 31% pour les femmes. "Elles sont souvent le chef des familles monoparentales", explique à franceinfo Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire.

La situation se corse un peu plus pour les foyers les plus modestes. Ceux qui gagnent entre 1 200 et 2 000 euros par mois sont 39% à ne pas réussir à manger des fruits et légumes quotidiennement. Quand les revenus sont inférieurs à 1 200 euros mensuels (le Smic est à 1 173 euros), 53% de personnes sont dans cette situation.

Pour ces Français, consommer du poisson et de la viande au moins une fois par semaine est également très difficile. Quand les revenus se situent entre 1 200 et 2 000 euros, ils sont 25% à ne pas manger de la viande une fois par semaine et 35% du poisson. En deçà de 1 200 euros, ils sont 36% et 46% dans ce cas de figure.

Près de la moitié des Français les plus pauvres (48%) ont, par ailleurs, du mal à se procurer une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour. "Il y a des conséquences qualitatives, les gens ne se nourrissent pas correctement, mais aussi quantitatives, ils sautent parfois un repas", observe Richard Béninger, soulignant que les jeunes et les étudiants sont particulièrement concernés.

Les parents ont du mal à payer la cantine

S'agissant des parents, près de 20% des sondés affirment avoir du mal à payer la cantine pour leurs enfants. Ce chiffre monte à 34% pour les foyers gagnants entre 1 200 euros et 2 000 euros et à 58% pour les foyers percevant moins de 1 200 euros. Or, pour certains, "c'est le seul repas équilibré de la journée", souligne le secrétaire national du Secours populaire.

Une mauvaise alimentation est un marqueur de pauvreté

Pour une majorité des personnes interrogées, avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est "tout à fait" le signe d’une situation de pauvreté. Le Secours populaire tenait à attirer l'attention sur ce "marqueur", dont les conséquences sanitaires ne sont pas négligeables.

Selon cette enquête, les Français sont ainsi massivement convaincus de "l’importance de la préservation de l’aide alimentaire aux plus démunis".

Sur les 3 millions de personnes qui ont poussé la porte du Secours populaire en 2017, 1,8 million ont d'abord bénéficié d'une aide alimentaire.

Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire

À franceinfo

Plus globalement, le Secours populaire s'alarme du sentiment de paupérisation au sein de la population, qui gagne du terrain à chaque baromètre. Cette année, près de 60% des personnes interrogées indiquent qu'il leur est déjà arrivé de se dire qu'elles étaient sur le point de basculer dans la pauvreté, soit 2 points de plus qu'en 2017. Et 81% pensent que leurs enfants seront plus exposés à la pauvreté.

Méthodologie : Enquête menée du 22 au 26 juin auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

Affaire Benalla : le directeur adjoint de Pôle emploi nommé directeur général des services de l'Élysée

La nomination d'un nouveau directeur général des services était prévue de "longue date", affirme la présidence, mais la procédure s'est accélérée à la suite de l'affaire Benalla.

Jérôme Rivoisy, directeur adjoint de Pôle emploi, va être nommé directeur général des services de la présidence de la République, a confirmé lundi 10 septembre l'Élysée au service politique de franceinfo, confirmant une information du journal Le Monde. Il prendra ses fonctions lundi prochain et sa nomination doit être publiée au Journal officiel dans les prochains jours.

La nomination d'un nouveau directeur général des services de l'Élysée "était prévue de longue date, dans le cadre de la réorganisation des services", selon la présidence. Mais cette procédure s'est accélérée à la suite de l'affaire Benalla.

Jérôme Rivoisy fait partie de la même promotion de l'ENA qu'Emmanuel Macron. Après avoir été diplômé en 2004, il est affecté au tribunal administratif de Paris. Il travaille ensuite à l'Inspection générale des finances à Bercy, avant de rejoindre Pôle emploi.

20 MINUTES

Notre plan pauvreté se chiffre à 8 milliards d’euros, c’est un choix politique très fort », affirme Benjamin Griveaux

Le plan pauvreté du gouvernement est dévoilé ce jeudi.

« 20 Minutes » vous dévoile son enveloppe globale en exclusivité.

Pour Benjamin Griveaux, il était urgent de mettre l'accent sur l'accompagnement des personnes en situation de précarité.

C’est au musée de l’Homme qu’Emmanuel Macron a choisi de dévoiler son « plan pauvreté » ce jeudi. Un plan que Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, présente comme une « révolution ».

En exclusivité pour 20 Minutes, il dévoile le montant total qui lui sera alloué - 8 milliards d’euros sur quatre ans - et promet notamment de raccourcir les délais du premier entretien pour les bénéficiaires du RSA. Il annonce aussi que l’obligation de formation sera fixée à l’âge de 18 ans, une manière de combattre le décrochage scolaire. Enfin, l'aide sociale à l'enfance sera être étendue jusqu’aux jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans.

Quelle est l’approche du gouvernement pour lutter contre la pauvreté ?

C’est de mettre le travail au cœur de la lutte contre la pauvreté, mieux le rémunérer et accompagner vers l’emploi ceux qui n’en ont pas, par l’éducation et la formation. On va donc mettre plus de moyens. Notre plan pauvreté se chiffre à 8 milliards d’euros, répartis sur quatre ans. Dans un contexte où l’on fait attention à la dépense publique, c’est un choix politique très fort, et c’est notamment grâce au travail d’Agnès Buzyn.

En quoi votre plan sera-t-il différent des politiques précédentes ?

Depuis l’après-guerre, en France, on a construit l’Etat providence avec un principe qui était de dire “vous tombez dans la pauvreté, on vous aide”. C’est très bien, nous ne changeons pas cela. Les aides sociales n’ont jamais autant augmenté, le minimum vieillesse, l’allocation adulte handicapé, ont augmenté comme jamais depuis 20 ans.

Mais ça ne suffit pas et c’est le reproche que nous faisons aux politiques précédentes : elles n’ont traité que les symptômes et ne se sont pas attaquées aux causes profondes qui font que les gens tombent dans la pauvreté. Vous avez par exemple des personnes qui restent au RSA pendant des années, sans en sortir. Quand vous êtes un parent pauvre, vos enfants ont de grandes chances d’être de futurs parents pauvres. Vous ne sortez jamais du cercle infernal.

Concrètement, quelles sont vos solutions ?

Aujourd’hui, quand vous commencez à toucher le RSA, vous pouvez attendre plus de 6 mois avant d’avoir un rendez-vous, c’est invraisemblable. Le système marche sur la tête : tout est saucissonné, on a plein de guichets différents, c’est extrêmement compliqué. C’est pour ça que 30 % des gens qui ont droit au RSA n’en font même pas la demande. Désormais, au bout d’un mois maximum, chaque nouveau bénéficiaire du RSA aura un entretien pour faire le point sur ses compétences mais aussi sur ses besoins en matière de formation, de santé, de logement.

Comment allez-vous tenir ce délai ?

Il faut mettre plus de personnes en face, faire en sorte que les circuits soient plus compréhensibles et plus simples. Il faut aussi mieux former les travailleurs sociaux dont les missions doivent évoluer pour mieux s’adapter aux besoins réels des personnes, par exemple à des situations d’illettrisme, ou prendre en compte la transformation numérique. Le système sera aussi mieux fléché.

Pôle emploi aura également un rôle à jouer. Pour l’instant, il s’occupe assez peu des bénéficiaires du RSA, on veut impliquer tous les acteurs.

Les effectifs des travailleurs sociaux et des agents de Pôle emploi vont donc augmenter ?

Je ne suis pas capable de vous le dire aujourd’hui. Les discussions sont en cours.

Plus largement, qu’allez-vous faire en matière d’accompagnement vers l’emploi ?

Aujourd’hui 140.000 personnes bénéficient de l’insertion par l’activité économique (IAE). Ce sont des contrats sur des chantiers, des ateliers, ou avec des associations. Nous en débloquerons 100.000 de plus sur le quinquennat. Nous allons aussi créer une “garantie d’activité” qui permettra de suivre et d’accompagner vers l’activité 300.000 demandeurs d’emploi par an.

Êtes-vous favorable à conditionner le versement du RSA à des heures de bénévolat, comme le fait le département du Haut-Rhin ?

Je n’y suis pas favorable, ce n’est pas l’esprit du plan. Mais il y a des droits et des devoirs. Et dans le contrat d’engagement, il y aura le devoir de se former, d’avoir un suivi. C’est là-dessus qu’on jugera et qu’on contrôlera au cas par cas. Quand vous investissez dans le social, il est normal d’attendre en retour une responsabilisation des personnes accompagnées. Ceux qui ne suivront pas les parcours d’emploi, les formations, ceux-là bien sûr seront sanctionnés.

Qu’avez-vous prévu pour aider les jeunes ?

Un quart des sans-abris sont d’anciens bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance (ASE), donc elle ne fonctionne pas bien. Par ailleurs, deux millions de jeunes entre 18 et 29 ans n’ont ni emploi ni formation. Nous allons étendre l’obligation de formation jusqu’à 18 ans [contre 16 ans actuellement]. Aujourd’hui, à 16 ans, des jeunes quittent le système éducatif sans diplôme et souvent se retrouvent dans une situation de grand dénuement, ce qui est criminel. Demain, ce ne sera plus possible.

Mais est-ce que ça ne revient pas à décaler le problème après les 18 ans ?

Une fois qu’on a 18 ans, on est majeur, libre, l’Etat ne peut pas vous obliger à faire quelque chose. En revanche, il sera possible de bénéficier de l’aide sociale à l’enfance jusqu’à 21 ans. On ne lâchera plus les jeunes précaires après leur majorité.

Qu’allez-vous faire pour les enfants, dont un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté ?

Nous allons construire 30.000 places de crèches et nous allons généraliser le « tiers-payant » de complément de garde [à domicile] dès 2019 [il était expérimenté dans plusieurs départements]. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’avance de frais à faire lorsqu’on aura besoin de trouver une garde. Ces mesures concerneront en priorité les quartiers « politique de la ville » (QPV).

Nous allons aussi distribuer des petits-déjeuners aux élèves des écoles primaires des quartiers prioritaires. Car ils sont où les enfants obèses ? Essentiellement dans les quartiers les plus défavorisés de la République. Pourquoi ? Parce que le matin, ils ne prennent pas de petit-déjeuner équilibré, ou n’en prennent pas du tout.

Certains peuvent penser que le petit-déjeuner à l’école, c’est un gadget. Pour les gamins qui n’ont rien dans le ventre, et qui vont faire une journée d’école, je vous assure que ça n’en est pas un. Pour moi c’est une mesure indispensable qui fait partie d’un tout : vous ne pouvez pas vous occuper que de l’emploi, ou que du logement, ou que de la santé.

Le plan va entrer en vigueur au 1er janvier 2019. N’arrive-t-il pas un peu tard ?

Vous ne faites pas ce plan sans avoir consulté tous ceux qui travaillent dans ce secteur, et ils sont nombreux. Ensuite, nous avions déjà pris des mesures contre la précarité, comme le dédoublement des classes de CP dans les écoles prioritaires. C’est la plus importante mesure sociale qu’on ait faite dans ce pays depuis bien longtemps.

On augmente la prime d’activité dès ce mois-ci et on a aussi mis en place le plan d’investissement dans les compétences, avec l’apprentissage. D’ailleurs, il y a un chiffre qui n’a jamais été commenté : les demandes d’apprentissage ont grimpé de 45 % par rapport à l’année dernière. Pourquoi ? Parce qu’on a promis de mieux payer, d’aider à passer le permis, et qu’on a rendu l’entrée dans l’apprentissage plus flexible.

Est-ce que le gouvernement se fixe des objectifs chiffrés de réduction de la pauvreté ?

On a un peu moins de 2 millions de personnes au RSA, 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté et quasiment 9 millions de pauvres au total. Si on arrive à faire baisser tout ça, on aura réussi.

CONTREPOINT

Interdire Airbnb à Paris pénaliserait les touristes… et les Parisiens

Interdire les locations Airbnb à Paris comme le veut l’élu Ian Brossat risque plus d’organiser la pénurie que de défendre les intérêts des hôteliers locaux.

La mairie de Paris n’a pas de mots assez durs pour la plateforme de locations touristiques Airbnb.

 Après une assignation en justice en avril, l’adjoint à l’urbanisme appelle aujourd’hui à l’interdiction pure et simple de la location de logements sur Airbnb dans les quatre premiers arrondissements de la capitale.

Ian Brossat estime ainsi que les locations proposées sur la célèbre plateforme sont à l’origine de tensions sur le marché immobilier. L’élu regrette aussi la « professionnalisation » des loueurs et la dénaturation du modèle initial basé sur l’économie collaborative. Qu’en est-il réellement ?

 

LE MODÈLE COLLABORATIF – UNE IDÉE LUMINEUSE AU SERVICE DES CONSOMMATEURS ET DE L’ENVIRONNEMENT

Les locations occasionnelles s’inscrivent dans le modèle de l’économie collaborative dont le principe est très simple : il s’agit de mettre à disposition une ressource dont on ne se sert pas, ou pas tout le temps, moyennant paiement. Cette ressource peut être un appartement, une chambre, une voiture, un vélo, une place dans la voiture lors d’un voyage, des vêtements… tous les biens de consommation sont potentiellement concernés.

Bien sûr, l’idée n’a rien de révolutionnaire – chacun de nous pratique spontanément l’économie collaborative avec son entourage proche. L’idée de génie, qui permet d’étendre ce concept à des millions d’individus, est la création de plateformes collaboratives qui permettent la mise en contact des demandeurs et des offreurs potentiels.

Du point de vue des individus directement impliqués, ce modèle est forcément gagnant-gagnant, sinon ils ne s’y engageraient pas. Du point de vue de la société, on peut constater tout d’abord que l’économie collaborative permet une meilleure allocation des ressources. Le fait de vendre la place libre dans ma voiture à quelqu’un lui évite de prendre sa propre voiture pour effectuer le même trajet que moi. Le fait de louer occasionnellement mes vêtements permet d’avoir le même choix en dépensant moins. Au niveau global, la société dépense moins de ressources en consommant « mieux » les produits existants. C’est donc un excellent modèle économique mais aussi écologique, puisqu’il permet d’économiser des ressources tout en maintenant notre niveau de vie.

Les locations proposées par Airbnb font partie de ce modèle car il s’agit, pour la plupart des logements, de résidences secondaires utilisées que quelques semaines ou quelques mois par an par leur propriétaire. La limitation du nombre de locations par an à 120 jours qui a été introduite en 2016 est d’ailleurs la garantie formelle qu’il ne s’agit pas de logements destinés uniquement à la location touristique. Dès lors que les loueurs s’y conforment, il est faux de dire qu’il s’agit d’une professionnalisation.

LES TENSIONS SUR LE MARCHÉ DE L’IMMOBILIER – DE VRAIS PROBLÈMES, DE FAUSSES SOLUTIONS

Première destination touristique mondiale, Paris concentre une très forte demande de locations touristiques, ce qui explique le succès des locations Airbnb. En 2017, Paris compte 86 725 offres de logement sur Airbnb, soit une augmentation par rapport à 2016 de 53 %. Rapidement, les logements proposés par Airbnb sont devenus plus nombreux que ceux proposés par les hôtels.

Du point de vue des touristes, le bilan est indéniablement positif – une offre plus abondante est synonyme de prix moins élevés. Pour l’économie locale, c’est aussi davantage de dépenses dans les restaurants, les magasins, les attractions touristiques, les transports, bref, tous ceux qui vivent grâce à ces secteurs qui dépendent fortement du tourisme sont gagnants.

Mais la Mairie déplore le fait que louer plus d’appartements à des touristes soustrait automatiquement ces appartements de l’offre locative. L’adjoint à l’urbanisme estime les appartements concernés à 22 000 (sans qu’on sache vraiment sur quoi est basée cette estimation) et appelle à l’interdiction pure et simple des locations Airbnb dans les arrondissements les plus touristiques.

Ce raisonnement, très radical sur le fond, est basé sur l’hypothèse (dont l’adjoint n’apporte nullement la preuve) que les Parisiens dans leur ensemble préfèrent avoir plusieurs millions de touristes en moins, pour éventuellement bénéficier en contrepartie de 22 000 logements locatifs supplémentaires. J’écris « éventuellement », car il n’est pas certain que les propriétaires de ces logements voudront bien les remettre sur le marché locatif traditionnel ce qui, étant donné les complications administratives propres à ce marché, est loin d’être acquis.

Faisons un calcul très simple sur la base de l’hypothèse de 22 000 logements concernés. Supprimer ces 22 000 logements de l’offre locative Airbnb, à raison de 120 nuitées par an équivaut à se priver de quelque 5 280 000 touristes, en prenant une moyenne de deux personnes par logement. Supposons aussi que chacun de ces touristes dépense 30 € par jour (ce qui est probablement sous-estimé). Nous arrivons à un manque à gagner pour l’économie parisienne de 158 400 000 € par an.

Il n’est pas certain que les Parisiens, dans leur ensemble, préfèrent se passer de cette somme leur revenant sous forme de salaires et de profits contre le privilège de seulement quelques-uns d’entre eux (car il ne s’agit que de 22 000 logements sur les 1.358.884 que compte Paris) d’habiter dans les quartiers les plus touristiques de la ville. Si la Mairie souhaite, pour des raisons diverses, privilégier le parc locatif dans ces quartiers, il serait plus judicieux d’avoir recours aux divers dispositifs permettant d’accroître l’offre (assouplir les contraintes du marché locatif par exemple), sans passer par une interdiction radicale et se priver ainsi d’une manne financière importante.

L’INNOVATION BOULEVERSE LES ÉQUILIBRES ÉTABLIS

Tout modèle économique nouveau bouscule l’ordre établi au détriment de certains acteurs économiques. Il s’agit du fameux principe de destruction créatrice expliqué par Schumpeter. L’économie collaborative implique ainsi des baisses de revenus pour les professionnels des secteurs concernés. Par exemple, les locations Airbnb réduisent l’activité des hôteliers, Blablacar réduit le chiffre d’affaires des transports en commun, Vestiaire collectif rogne les marges des marques de prêt-à-porter. Faut-il pour autant interdire les plateformes collaboratives ? La réponse est évidemment non. L’affaire rappelle le pamphlet de Frédéric Bastiat sur la pétition des fabricants de chandelles qui demandent au gouvernement d’interdire la concurrence déloyale du soleil.

Les chiffres de la fréquentation des hôtels franciliens est en hausse, avec 2,9 millions de touristes de plus en 2017 qu’en 2016. Dans un tel contexte de forte demande, une interdiction des offres Airbnb se traduirait inévitablement par une pénurie ou par une hausse des prix des hôtels et, dans les deux cas, par une réduction du nombre de touristes. Ces statistiques démontrent que la demande potentielle des touristes est suffisamment forte pour assurer des revenus au secteur collaboratif et au secteur hôtelier. Interdire le premier favoriserait le second, le plaçant dans une situation confortable de monopole de l’offre. Au détriment des touristes, mais surtout des Parisiens.

LE MONDE

Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes

Une étude publiée par l’INED invalide la thèse d’une invasion prévisible de l’Europe par la population d’Afrique sub-saharienne en 2050

L’Europe de 2050 sera-t-elle peuplée à 25 % d’immigrés subsahariens ? Depuis que Stephen Smith a prophétisé, en début d’année, dans La Ruée vers l’Europe (Grasset), que le Vieux Continent comptera 150 à 200 millions d’Afro-Européens dans trente ans, la question, hier cantonnée à l’extrême droite, a trouvé d’autres porte-voix.

Dans le contexte de fermeture de l’Europe, la démonstration de l’universitaire, ex-journaliste (au Monde, notamment) a séduit jusqu’au sommet de l’Etat, où Emmanuel Macron estimait, le 16 avril, que l’auteur avait « formidablement décrit » la menace d’une jeunesse africaine massée sur l’autre rive de la Méditerranée, à qui il ne manque qu’un « go » pour s’élancer vers les capitales européennes.

L’Espagne devient la première porte d’accès des migrants en Europe

Depuis sa chaire Migrations et sociétés, au Collège de France, François Héran a un moment observé ce débat, avant de s’en saisir, au nom de la « véracité scientifique ». Ce sociologue, anthropologue et démographe, meilleur spécialiste français du sujet, répond aujourd’hui que cette invasion est un mirage.

« L’ordre de grandeur le plus réaliste est cinq fois moindre », a-t-il même mesuré, réfutant le spectre d’une Europe à 25 % afro-européenne. « Les Subsahariens, qui représentent 1 % de la population européenne, représenteront tout au plus 3 % ou 4 % de la population des pays du nord en 2050 », ajoute-t-il dans le dernier numéro de Population et sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques (INED), qui sort mercredi 12 septembre, où il signe un article intitulé « L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes ».

L'immigration subsaharienne devrait doubler, passant de 1,5 à 2,9 % de la population française en 2050

Pourcentage de population immigrée en France par région d'origine en 2015 et projection en 2050 selon les données de l'ONU

Une hausse, mais pas « une invasion »

Cette analyse scientifique étayée sonne comme le premier round d’un match l’opposant aux tenanciers de la « théorie du grand remplacement » de la civilisation européenne par les immigrés – développée par Renaud Camus et reprise par de nombreux médias d’extrême droite et identitaires. Les élections européennes de mai 2019 devraient d’ailleurs faire caisse de résonance à ce débat qui traverse l’Europe, se nourrissant simultanément de la croissance démographique prévue en Afrique dans les décennies à venir et de la crise de l’accueil des migrants en Europe.

Et pourtant… Aujourd’hui, « 70 % des migrants subsahariens s’installent dans un autre pays africain, 15 % se répartissent entre le Golfe et l’Amérique du Nord, et 15 % viennent en Europe », relativise le chercheur.

 « Si l’on intègre la croissance démographique projetée par l’ONU. C’est-à-dire le passage de 970 millions d’Africains en zone subsaharienne à 2,2 milliards en 2050 (…), les immigrés subsahariens installés dans les pays de l’OCDE pourraient représenter en 2050 non plus 0,4 % de la population, mais 2,4 %. »

70 % des migrants subsahariens restent dans leur région, contre seulement 1 % des Nord-Africains

Proportion d'émigrés restant dans leur région d'origine en 2015, selon la base de la Banque mondiale.

Part des émigrés restant dans la région

Afrique subsaharienne Océanie Europe occidentale Europe de l'Est Asie centrale et occidentale

Amérique du Sud Asie du Sud et de l'Est États-Unis et Canada Amérique centrale Afrique du Nord

Une hausse importante, admet M. Héran, « mais 2,4 % ne permettent en aucun cas de parler d’invasion, même en ajoutant la seconde génération ». A l’heure actuelle, « sur les 420 millions d’habitants d’Europe de l’Ouest, 5,3 millions sont nés en Afrique du Nord, et 4,4 millions dans le reste du continent africain », insiste-t-il pour établir un état des lieux. Dit autrement, l’Europe compte 1,5 % de populations d’origine maghrébine et 1 % de Subsahariens, quand, en France, ces taux sont de 4,3 % pour les natifs d’Afrique du Nord et de 1,5 % pour les Subsahariens.

Ces analyses, qui s’appuient « sur des statistiques de plus en plus fiables qui autorisent à se passer des états civils parfois lacunaires », permettent de démontrer « que l’Afrique émigre moins que l’Amérique centrale, l’Asie centrale ou les Balkans », rappelle M. Héran. Pour arriver à cette conclusion, à ce chiffrage précis, le chercheur – qui a aussi une casquette de statisticien à l’Insee – a travaillé sur un outil construit par la Banque mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et le Fonds monétaire international, qui recense depuis quinze ans le nombre de natifs d’un pays résidant dans un autre.

Les mouvements des populations aujourd’hui « confirment un résultat connu, de longue date, des économistes : plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de chance de migrer au loin. S’ils émigrent, c’est d’abord dans les pays limitrophes ».

Forte volonté d’émigrer

Pour François Héran, il faudrait un saut en matière de développement pour que l’Afrique émigre vraiment massivement. Or, « les données qu’explore Stephen Smith s’appuient sur une Afrique qui aurait atteint le même niveau de richesse que le Mexique. Niveau de développement dont on est globalement loin », ajoute-t-il.

De même, il réfute l’idée que les populations se « déversent » mécaniquement des pays à forte fécondité vers les pays à faible fécondité, puisque, à ce jour, « ceux qui comptent au moins quatre enfants par femme ont envoyé 5 % seulement de leurs migrants vers les pays ayant moins de 1,7 enfant. Les pays les plus mobiles sont les plus engagés dans la transition démographique, que ce soit au sud ou au nord », ajoute le chercheur.

Bref, si tous les arguments invoqués par les démographes plaident pour une soutenabilité de la migration africaine vers l’Europe, dans les années à venir, ils dévoilent quand même qu’un « temps 2 », moment où l’Afriquemoment où l’Afrique aura atteint un seuil de développement suffisant, se conjuguera avec une volonté d’émigrer plus forte.

LA NOUVELLE REPUBLIQUE

Emmanuel Macron a dessiné jeudi 13 septembre les grandes lignes de son plan de prévention et de lutte contre la pauvreté.

En créant un service public de l'insertion, le chef de l'Etat veut éradiquer, en 25 ans, la pauvreté en France. 

En 2016, la France comptait 8,8 millions de pauvres, soit 14 % de la population, selon des chiffres publiés par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) mardi 11 septembre.

Appelant de ses vœux une mobilisation nationale pour lutter contre ce qu'il qualifie de "scandale", Emmanuel Macron a rendu public, jeudi 13 septembres, les grandes lignes de sa politique à destination des plus vulnérables. Un plan très attendu et dont l'annonce a été longtemps repoussé, accentuant les critiques contre le chef de l'Etat présenté par ses opposants comme le "Président des riches".

"Nous n'avons pas collectivement réussi à enrayer un déterminisme territorial et social. Notre modèle, s'il corrige un peu (...), ne permet pas suffisamment de prévenir la pauvreté, de l'éradiquer", a regretté Emmanuel Macron.

Le gouvernement souhaite donc consacrer 8 milliards d'euros sur 4 ans à la lutte contre la pauvreté, en articulant prévention et insertion dans l'emploi. Ses principales annonces : la création d'un service public de l'insertion et d'un Revenu universel d'activité fusionnant le plus grand nombre possible d'allocations existantes (RSA, APL).

Lutter contre la pauvreté dès l'enfance

Pour Emmanuel Macron, "la pauvreté ne doit plus se transmettre en héritage (...) C'est dès la petite enfance qu'il faut intervenir.

Le cœur des inégalités se construit dans les premières années de la vie".

L'école et les modes de garde

L'instruction sera rendue obligatoire dès 3 ans, à la rentrée 2018-2019.

Plan de formation des 600.000 professionnels de l'enfance, dès 2019, pour développer chez l'enfant les fonctions du langage, l'empathie et la confiance en soi.

Création d'un fond d'innovation sociale doté de 100 millions d'euros pour diffuser, sur tout le territoire, de nouvelles méthodes d'apprentissages testés dans des lieux de garde.

Dans les quartiers prioritaires, l’Etat subventionnera jusqu’à 90 % l’ouverture de crèches.

D'ici 2020, création de 300 crèches à "vocation d’insertion professionnelle" et de 300 nouveaux centres sociaux pour aider les familles monoparentales.

A partir de 2019, les aides de garde seront versées immédiatement, sans avance de frais.

Pour les parents, un nouveau parcours sera mis en place, dès le 4e mois de grossesse.

 Le logement

Création, dès le 1er janvier 2019, de 7.500 places supplémentaires pour loger les familles en difficulté.

 L'alimentation

Développer les repas à un euro, pour rendre plus universel l'accès aux cantines scolaires. Une incitation financière sera mise en place dans les communes les plus pauvres n'ayant pas développé de tarification sociale dans les cantines.

Un petit déjeuner gratuit sera proposé dans les collèges de REP +.

Les annonces à destination de la jeunesse

 La formation

La formation sera rendue obligatoire jusqu'à la majorité. Aucun jeune de moins de 18 ans ne pourra se retrouver sans solution (école, formation, ou emploi).  A la rentrée 2020, les Missions locales convoqueront les jeunes concernés, avec l'obligation de leur trouver une solution. 

Augmentation des propositions de scolarisation dans les écoles de la deuxième chance.

Extension de la Garantie jeune au bénéfice de 500.000 nouveaux jeunes (ils sont 100.000 aujourd'hui). Créée sous François Hollande, elle offre un soutien personnalisé, via les missions locales et une allocation de 480 euros par mois pendant un an, aux jeunes âgés de 16 à 25 ans.

50 millions d'euros seront consacrés à la formation et au logement des jeunes jusqu'à 21 ans, via les départements et l'aide sociale à l'enfance.

 L'orientation

Investissement dans la formation des conseillers d'orientation

Développement "massif" des stages en entreprises

 Protection sociale : Emmanuel Macron veut une “ révolution ”

Protection sociale : Emmanuel Macron veut une “ révolution ”

SOCIAL FRANCE

La création d'un service public de l'insertion

Création d'un guichet unique

Principe : dans ce lieu unique, chaque bénéficiaire de l'actuel RSA doit signer un contrat d'engagement et avoir un rendez-vous dès le premier mois.

Créé en collaboration avec les collectivités, l'Etat se portant garant de l'unité des politiques d'insertion sur le territoire national et de la clarté des financements.

Le gouvernement veut mettre en place une nouvelle contractualisation avec les départements, en aidant ceux qui s'engagent et en sanctionnant financièrement les autres.

Deux échéances : la proposition d'une organisation partagée entre les collectivités territoriales le premier trimestre 2019, et une traduction dans la Loi en 2020.

 Le Revenu universel d'activité

Créé par une Loi, en 2020, ce Revenu universel d'activité doit fusionner le plus grand nombre de prestations sociales (RSA, APL...)

Il sera accompagné par un contrat d'engagement et de responsabilités réciproques, qui empêchera les bénéficiaires de refuser plus de deux offres raisonnables.

L’OPINION

Pauvreté : Emmanuel Macron invente son « revenu universel », bien différent de celui de Benoît Hamon

Le chef de l’Etat a annoncé la fusion de plusieurs aides et minima sociaux en une seule prestation qui pourrait être mise en place en 2020

Le président de la République a prononcé jeudi, au Musée de l’homme à Paris, un discours de plus d’une heure consacrée à une « stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté ». Plus de 8 milliards d’euros en quatre ans devraient être consacrés à ce plan.

Emmanuel Macron a essayé d’y mettre du cœur. Pour parler de la pauvreté jeudi, il a pris le temps, porté les mots et les émotions – la honte, notamment — de ceux qui vivent dans la grande précarité et qu’il a rencontrés ces derniers jours, tenté de transcrire la souffrance des enfants qui grandissent dans la pauvreté et sont condamnés, si rien n’est fait, à y rester… « Il y a dans chaque enfant, à commencer par un enfant qui naît dans une famille pauvre, un Mozart qu’on assassine parce qu’on décide qu’il n’a aucune chance de devenir Mozart », a lancé le chef de l’Etat.

Alors qu’il y a quelques mois encore, le président fustigeait dans une vidéo polémique «ce pognon de dingue » dépensé dans notre système social, cette fois, il a voulu faire preuve d’humilité en présentant sa stratégie de lutte contre la pauvreté. Jusqu’à reconnaître qu’« il y a encore quinze mois », il ne comprenait pas, par exemple, la façon dont les acronymes si souvent employés (RSA, APL…) enferment les plus démunis dans les cases. Désireux d’atténuer l’image de « président des riches », il est revenu longuement sur l’expression « premier de cordée »

Guerre d’Algérie : Macron dénonce un « système » de « disparitions » et de « ​torture »

Le chef de l’Etat solde « l’affaire Audin » du nom de ce militant anticolonialiste torturé et tué par l’armée française durant la bataille d’Alger en 1957

En remettant jeudi 13 septembre une déclaration en mains propres à sa veuve, Emmanuel Macron a reconnu, au nom de la République, la responsabilité de l’Etat français dans la mort « sous la torture » de Maurice Audin, un mathématicien communiste et anticolonialiste arrêté le 11 juin 1957 pendant la bataille d’Alger. Le chef de l’Etat met fin à plus de soixante ans de combat dans les milieux de gauche, mais pourrait ouvrir d’autres polémiques sur la mémoire de la guerre d’Algérie.

Coup de barre à gauche pour Emmanuel Macron. Le jour même où il dévoilait son « revenu universel d’activité » contre la pauvreté, le chef de l’Etat solde un vieux combat des milieux communistes et anticolonialistes : l’affaire Audin. Dans une longue déclaration, le président de la République a reconnu que les autorités françaises étaient bien les responsables de la disparition, en 1957, de ce jeune mathématicien engagé en faveur de l’indépendance algérienne. Il admet l’existence, durant la guerre d’Algérie, d’un « système légalement institué qui a favorisé les disparitions et permis la torture à des fins politiques ».

Jamais un président de la République n’était allé aussi loin sur ce sujet et l’historien Benjamin Stora compare ce geste à celui de Jacques Chirac au Vel d’Hiv en 1995, reconnaissant la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs. « C’est un acte politique très fort, parce que, pour la première fois, l’Etat reconnaît qu’il s’agissait bien d’un système et non d’actes minoritaires. La République est suffisamment forte pour revenir sur un mensonge officiel » juge, pour sa part, l’historienne Raphaëlle Branche, auteure du livre de référence sur le sujet « La torture et l’Armée pendant la guerre d’Algérie

LE MONDE

La tempête tropicale Isaac s’approche de la Guadeloupe et de la Martinique

Isaac se déplace vers l’ouest à 28 km/h avec des vents soutenus de 95 km/h et devrait passer entre les deux îles françaises.

Après la Martinique, la Guadeloupe s’apprête à passer en vigilance rouge, jeudi 13 septembre, à l’approche de la tempête tropicale Isaac. Les deux préfectures ont aussi décidé de fermer, depuis la mi-journée mercredi, des établissements scolaires, crèches et centres de loisir.

Alors que plus au nord, l’ouragan Florence, classé en catégorie 4, menace la côte est des Etats-Unis, Isaac se déplace vers l’ouest à 28 km/h avec des vents soutenus, à 95 km/h, selon Météo France. « Le scénario le plus probable est un passage du centre d’Isaac entre la Guadeloupe et la Martinique », précise le service. « Isaac devrait s’affaiblir progressivement mais conservera les caractéristiques de tempête tropicale lors de son passage jeudi sur les Petites Antilles [Martinique, Dominique et Guadeloupe seront concernées] », ajoute l’Institut.

Près d’un an après le passage dévastateur de l’ouragan Irma de catégorie 5, qui a notamment fait onze morts à Saint-Martin, les Antilles ont pris leurs précautions ces dernières heures.

 « Météo France nous indique que la tempête perd en intensité et que les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont en marge du phénomène. Cependant, l’île reste encore très fragilisée suite au passage du cyclone Irma l’an dernier », souligne dans un communiqué la préfecture de Saint-Martin, où les écoles seront fermées à partir de 17 heures et toute la journée de jeudi, ainsi qu’à Saint-Barthélemy.

Dans ces deux îles, certains vivent encore sous des bâches ou dans des maisons encore non réparées après Irma.

Fermetures :

En Martinique comme en Guadeloupe, le trafic des transports en commun a été arrêté mercredi ;

En Martinique, les collectivités (collectivité territoriale de Martinique, communauté d’agglomération du centre de la Martinique) ont fermé, tout comme les équipements sportifs et le marché de gros ;

La distribution de repas pour les personnes âgées ou en situation précaire n’aura pas lieu jeudi ;

Tous les événements prévus en plein air ont été annulés dans les deux îles ;

Les rotations maritimes entre la Martinique et les îles voisines ont été arrêtées.

Le service départemental d’incendie et de secours a renforcé ses centres et des équipes seront prépositionnées à Grande-Rivière et au Prêcheur, deux communes qui ne sont liées au reste de la Martinique que par des ponts et qui peuvent être facilement coupées du monde.

LE JOURNAL DE PARIS

Uritrottoirs :  Pierre-Yves Bournazel tacle la Ville de Paris

LES  EPANCHEMEN'l'S  d'urine  et  les  conséquences  que  nous  connaissons  tous  -hygiène,  odeur  -sont  bien  réels  et  dégradent  considérablement  le  cadre  de  vie  des  Parisiens»,  souligne  Pierre-Yves  Bournazel,  élu  du  XVIIIe  et  député  Agir-Les  Constructifs  de  Paris.

  Mais aujourd’hui, il  tacle  la  Ville  sur  ces  Uritrottoirs  qui  fleurissent  dans  la  capitale  et  qui  ont  fait  la  une  des  journaux,  notamment  celui  du  quai  d’Anjou  (IVe)  cet  été. 

UNE OCCASION MANQUÉE.  Le constat concerne de nombreux  quartiers  à  Paris  et  s'amplifie  pendant  la  saison  estivale.  Tous les touristes  l'ont  remarqué.«  Je  pense  cependant  que  la  méthode  adoptée  par  la  maire  de  Paris,  bien  qu'expérimentale,  n'est  pas  concluante  et  ne  satisfait  ni  les  riverains,  ni  les  utilisateurs»,  accuse-t-il.  Pour lui,  «  elle  révèle  manifestement  une  occasion  manquée  :  celle  d'associer  un  enjeu  d'hygiène  publique  à  une  nécessaire  exigence  esthétique,  inhérente  à  l'identité  même  de  notre  cité.  »  Paris  a  en  effet  mis  en  place  cinq  Uritrottoirs  normalement  bien  situés,  en  retrait  et  dans  des  recoins  comme  le  suggèrent  leurs  inventeurs  nantais.  « A  Paris,  ils  sont  situés  dans  des  secteurs  où  la  demande  est  importante  »,  assure  la  Ville.  « Nous  avons  répondu  aux  demandes  des  membres  du  conseil  de  quartier  »,  martèle  Ariel  Weil,  maire  (PS)  du  IVe.  Dans son arrondissement, l’installation qui  a  fait  la  risée  des  touristes  n'était-ce-pendant  pas  à  l'abri  des  regards.  « Pourquoi s’être privé  de  mobiliser  de  jeunes  créateurs  parisiens  dont  le  talent  aurait  pu  contribuer  à  l'originalité  et  à  la  qualité  des  projets  retenus  ?  ,  se  demande  Pierre-Yves  Bournazel.  Il n’est pas  trop  tard  et  j'invite  la  municipalité  à  revoir  sa  copie,  en  privilégiant  une  démarche  plus  respectueuse  de  la  beauté  de  Paris  et  de  la  trame  singulière  que  dessinent  nos  rues.» 

L’OPINION

Marine Le Pen va-t-elle débaucher Jean-Paul Garraud de LR ?

L’ancien député UMP et conseiller national LR plaide pour un rapprochement entre le parti de Laurent Wauquiez et celui de Marine Le Pen. Il pourrait franchir le pas vers le Rassemblement national dans les prochains mois

Selon nos informations, Marine Le Pen s’est entretenue avec Jean-Paul Garraud, magistrat, ancien député UMP de Gironde (2002-2012) et actuel vice-président du groupe LR en Gironde. Son nom circule pour figurer sur la liste du Rassemblement national aux européennes.

Après Thierry Mariani, ancien député LR du Vaucluse, un autre ex-député de la droite est pressenti pour figurer sur la liste du Rassemblement national, selon plusieurs cadres du parti. Jean-Paul Garraud, 62 ans, conseiller municipal de Libourne et vice-président Les Républicains de Gironde, a rencontré Marine Le Pen juste avant l’été.

Député UMP durant dix ans et ancien secrétaire national du parti à la Justice, Jean-Paul Garraud a cofondé avec Thierry Mariani La Droite populaire, l’aile droite de l’UMP. Depuis 2012, le magistrat de métier est retourné dans la justice active. Il officie aujourd’hui à la cour d’appel de Poitiers… sans totalement décrocher du champ politique

Soutien de François Fillon pendant la campagne de 2017, candidat malheureux aux dernières législatives sous l’étiquette LR et toujours conseiller national du parti, il a refusé d’appeler à voter Emmanuel Macron au second tour. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, il sème discrètement ses cailloux, sur les réseaux sociaux ou plus récemment dans le magazine L’Incorrect, en faveur d’une « union des droites ».

Identité. « Je partage la philosophie et les orientations du Rassemblement national, explique Jean-Paul Garraud à l’Opinion, parce qu’il y a des choses que je ressens profondément comme l’identité et la souveraineté. C’est par le politique qu’on peut agir. Dans l’urgence, je suis prêt à aller au bout de la démarche. » L’urgence, c’est pour lui Laurent Wauquiez face à une « contradiction interne qui le voue à l’échec » et les « aspirations profondes des gens ». Le magistrat tient toutefois à préciser qu’il « ne recherche pas à tout prix un mandat » et que « la décision ne [lui] appartient pas. »

Son ralliement serait en tout cas une belle prise pour Marine Le Pen. « Nous sommes en train de constituer une liste large », répétait-elle il y a quelques jours, tout sourire, sans confirmer aucun nom. Paré d’une nouvelle appellation, le « Rassemblement national » attend pour l’heure la traduction concrète de l’idée d’ouverture au-delà de l’ex-FN.

 

Ce nouveau nom fait d’ailleurs toujours l’objet d’un contentieux judiciaire. Vendredi, alors qu’une audience était prévue au tribunal, le parti de Marine Le Pen a demandé le renvoi du procès autour de la marque « RN ». Une nouvelle date a été fixée au 8 novembre.

Après Châteaudouble, Marine Le Pen ne renonce pas à la tournée des villages français

La campagne des européennes du Rassemblement national (ex-FN) démarre dans le Var, où le parti obtient de bons scores électoraux. Mais le déplacement de Marine Le Pen sur le thème de l’immigration a mal tourné

Dans une lettre ouverte, David Rachline, maire de Fréjus et ancien sénateur, et Frédéric Boccaletti, patron du groupe RN en région Paca, accusent le préfet du Var d’avoir failli au maintien de l’ordre autour de Marine Le Pen, mercredi, à Châteaudouble. Ce week-end, celle-ci retournera dans la région pour son meeting de rentrée, à Fréjus.

Dans l’avion qui la ramène à Paris, mercredi, Marine Le Pen maugrée. «On les traînera pendant toute la campagne», prédit elle au sujet des «perturbateurs». Une vingtaine de manifestants ont «pourri» sa visite surprise à Châteaudouble, petit village de 470 âmes dans le Var, où un centre d’accueil et d’orientation (CAO) recevra des demandeurs d’asile dans les prochains jours. La présidente du RN a été accueillie sous les huées, les « Casse toi !» et les entraves d’une tractopelle.

Pour masquer le fiasco, son entourage sort les griffes. « C’était dix poivrots qui boivent leur RMI toute la journée et des types de Mélenchon

THE TIMES OF ISRËL

Il projetait une attaque en France : un radicalisé condamné à 7 ans de prison

Le prévenu cherchait "des synagogues, des postes de police, une église, des touristes américains", ""déterminé" à frapper sur le sol français à défaut de pouvoir partir en Syrie

Un homme radicalisé de 24 ans, qui projetait une attaque contre des touristes étrangers en 2016 en France, a été condamné jeudi à sept ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris.

Cette peine, assortie d’une période de sûreté des deux tiers et d’un suivi socio-judiciaire pendant six ans, est inférieure aux réquisitions du ministère public qui avait demandé dans l’après-midi neuf ans d’emprisonnement contre Jossuam Planelles.

Le tribunal a considéré que nonobstant la « gravité des faits » et ce projet d'attentat préparé et organisé de manière certaine », la personnalité de M. Planelles est « particulière » et qu’elle devait être « prise en considération ».

Celle-ci a été au cœur des débats dès l’ouverture du procès mercredi pour association de malfaiteurs à visée terroriste de Jossuam Planelles, placé en foyer à l’âge d’un an puis à nouveau à 13 ans, déscolarisé, désocialisé, et décrit comme « immature et très influençable ».

Ce jeune homme « extrêmement fragile » et à « l’existence fracassée » avait été interpellé le 13 juin 2016 en gare de Carcassonne, dans l’Aude, en possession d’un couteau et d’une petite masse, « prêt à passer à l’attaque », avait souligné le procureur dans son réquisitoire.

Jossuam Planelles avait élaboré ce projet d’attaque faute d’avoir pu se rendre en Syrie, son objectif initial. Selon des messages échangés sur Telegram avec l’un de ses contacts en Syrie, une dizaine de jours avant son arrestation, il avait prévu de s’en prendre, à Carcassonne, et armé, à « des touristes russes et américains, et/ou juifs », a ajouté le procureur.

 « Je regrette et je m’excuse », a déclaré M. Planelles, barbe fournie et cheveux noirs coiffés en queue de cheval, avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.

Il s’était converti à l’islam en 2014, « sous l’influence » d’un ami d’enfance de Lunel, petite ville de l’Hérault qui a connu cette année-là le départ d’une vingtaine de jeunes pour la Syrie et dont il est originaire. Sa rapide radicalisation, et sa « consultation frénétique de propagande jihadiste », lui avaient valu d’être suivi par les services antiterroristes et une assignation à résidence après les attentats parisiens de novembre 2015.

Carences familiales, troubles psychiques sévères, très grand isolement : cette « somme de malheurs et d’échecs suscite la compassion », mais ce sont « dans le même temps des facteurs alarmants sur l’analyse objective du danger que peut représenter M. Planelles, toujours dans une vision ultra-rigoriste de la religion », avait estimé le procureur en requérant neuf ans de prison.

Le tribunal a par ailleurs condamné à cinq ans de prison – conformément aux réquisitions du parquet – Ahmed B., un Toulousain radicalisé de 25 ans avec lequel Jossuam Planelles projetait de partir en Syrie au printemps 2016. Ahmed B., qui a avancé devant le tribunal un « mobile humanitaire », avait rejoint seul la Turquie avant de renoncer à franchir la frontière turco-syrienne.

 « Il semble qu’il soit passé à autre chose : la délinquance et l’oisiveté, plus tellement l’extrémisme religieux. (…) Le problème, c’est qu’il n’a pas l’air de comprendre la nature des faits qui lui sont reprochés », avait justifié le représentant du ministère public.

LE PARISIEN

Paris : le plus beau potager est… sur le toit l’Opéra Bastille

Au sommet de la prestigieuse salle de spectacles, la start-up Topager a commencé à planter 2 500 m2 de fruits et légumes qui sont distribués aux salariés de l’Opéra et à terme aux habitants du quartier.

Des plants de courgettes, de patissons, d’oignons, de cassis qui poussent sous les ailes protectrices du génie de la Bastille avec une vue à 180° sur la capitale. C’est le spectacle réjouissant qu’offre le potager du toit de l’Opéra Bastille (XIIe) qui sera officiellement inauguré la semaine prochaine. Depuis le printemps, la société Topager, choisie il y a deux ans dans le cadre de l’appel à projets Parisculteurs de la Ville de Paris, fait pousser fruits, légumes et aromates sur quatre terrasses de l’institution parisienne. 1 000 m2 sont déjà cultivés mais à terme les plantations couvriront 2 500 m2. Ce qui en fera le plus grand potager sur toit de la capitale avant l’aménagement de la ferme urbaine sur les 7 ha de toit d’une halle logistique de la porte de la Chapelle (XVIIe).

 « On n’a pas vocation à nourrir tout Paris »

« J’ai l’habitude des vues sur Paris mais celle-là, c’est vraiment la plus belle », savoure Frédéric Madre, cofondateur de Topager, qui a déjà réalisé depuis cinq ans une cinquantaine de potagers urbains en Ile-de-France. Salades, tomates, concombres, courgettes, haricots verts, poivrons, ciboulette… : une centaine de variétés de primeurs sont bichonnées par deux maraîchers qui travaillent parfois au son des vocalises et des orchestres en répétition. Des produits frais qui garnissent déjà une cinquantaine de paniers réservés pour l’heure aux salariés de l’Opéra (lire -ci-dessous).

Avant cela, la moitié des terrasses ont été recouvertes d’une membrane étanche et anti-racines. Puis tamisées de 20 cm de substrat léger relié à un système d’irrigation. Un chantier de 350 000 €, dont 300 000 € pris en charge par l’Opéra. « Les cultures se font en pleine terre ou sur des planches de culture, comme en maraîchage traditionnel, détaille Frédéric Madre. Aucun fertilisant chimique n’est utilisé et on privilégie l’agroécologie avec des associations de culture. Par exemple, on place le basilic sous les pieds de tomates car il aime l’ombre et éloigne certains prédateurs ».

Et celui qui est aussi chercheur associé au Muséum d’histoire naturelle l’assure : on ne retrouve pas plus de polluants ou de métaux lourds dans ces légumes citadins que chez ceux cultivés à la campagne.

Le lopin aérien a beau être productif, le volume des cultures reste évidemment modeste. « On n’a évidemment pas vocation à nourrir tout Paris mais ce type de potager participe au bien-être urbain, souligne Frédéric Madre. En période de canicule, cela permet de rafraîchir la Ville grâce à l’évapotranspiration et pour l’Opéra de moins dépenser en clim’. La végétalisation des toits permet aussi d’éponger 50 % des eaux d’orage et évite l’engorgement des égouts. Et puis c’est un bon moyen de reconnecter les Parisiens à la nature ». Malheureusement, le potager à la vue époustouflante n’ouvrira que très occasionnellement au public, lors d’événements.

Des paniers à 10 € pour une centaine de salariés les riverains

« J’ai commencé à goûter les tomates cerises avec ma fille et elles sont très bonnes. Mais pour les pâtissons et les aubergines blanches, je cherche encore des recettes sur Internet : c’est une découverte pour moi ». Mardi, comme une cinquantaine de ses collègues, Somontha, 24 ans, salariée aux services techniques de l’Opéra Bastille, a ramené de sa journée de travail son premier panier de légumes poussés sur le toit. A partir de mars prochain, une cinquantaine d’habitants du quartier pourront également en profiter après inscription (sur le site opera4saisons.com). Comme pour les autres systèmes de paniers paysans, il faut s’engager sur une année, à raison de 10 € par panier. Enfin, Topager vend certaines micropousses ou ses fleurs comestibles à des restaurants gastronomiques du secteur. Et pour arroser tout ça, Topager planche aussi sur une bière maison qui sera brassée sous les toits à partir du houblon de l’Opéra. Des plants poussent déjà sur 75 m le long de la rue de Lyon et 200 autres recouvriront bientôt certains pans de façades du bâtiment.

CNEWS

LA DROITE PARISIENNE  PLANCHE  SUR  LA  «Villèle  DE  DEMAIN » 

Un  mois  avant  l'élection  du  président  de  la  fédération  LR  de  Paris,  65  élus  de  la  droite  se  réunissent  aujourd’hui  autour  de  Florence  Berthout,  chef  de  file  LRI  au  Conseil  de  Paris,  pour  un  séminaire  dédiée  à  la  «ville  de  demain».  L’habitat durable, la  place  du  végétal  et  le  service  aux  habitants  seront  abordé

LES ECHOS

Consommation :  les nouvelles  habitudes  des  Français

 COURSES

 Le panier moyen  évolue  en  France.

 Les consommateurs privilégient la qualité  à  la  quantité.  La France  emprunte  Je  chemin  de  la  déconsommation.  Sur  le  premier  semestre,  La  société  d’études  IRI  enregistre  «  une  baisse  des  volumes  d’un  niveau  jamais  atteint  en  cinq  ans  ...

 Les  ventes  de  produits  de  grande  consommation  du  quotidien  que  l'on  trouve  en  hypermarché  ont  trébuché  de  1.2  %.  La  plus  forte chute  depuis  la  crise  financière  de  2008.  S’ils achètent  moins  en  volume.  les Français  dépensent  cependant  plus  en  valeur.  Les  clients  composent  leurs  repas  d'ingrédients  de  meilleure  qualité  et  plus  chers.  Le  marché  des  produits  de  grande  consommation  (PGq  a  ainsi  gagné  0,  7  %  en  valeur.  Les quantités diminuent.  Le chiffre  d’affaires  progresse.

  Preuve  que  les  habitudes  alimentaires  en  particulier  évoluent 

En  volume,  tous  les  produits  sont  touchés,  ou  presque.  Les  bonbons  chutent  de  3,7  %,  les  biscuits  de  2,9  %,  la  charcuterie  de  3  %  et  l'hygiène  de  LS  %.  Et  les  acheteurs  ne  se  restreignent  pas  parce  que  les  prix  montent.  Si.  au global,  à  cause  de  la  hausse  du  pétrole.  l'infiltration  repart  dans  le  pays,  elle  n'a  été  que  de  0,l '% au  cours  des  six  premiers  mois de l'année  la  guerre  des  prix  se  poursuit  dans  la  grande  distribution.  Cette évolution  de  la  demande  profite  plus  aux  PME  qu'aux  multinationales.

LIBERATION

Plan pauvreté

Un revenu universel qui n’en a que le nom

Ce  dispositif,  l'une  des  mesures  annoncées  jeudi  par  Emmanuel  Macron,  sera  surtout  une  refonte  des  minima  sociaux,  loin  de  la  philosophie  du  revenu  de  base  défendu  par  Hamon  durant  la  campagne  présidentielle

D'après  l'OCDE,  aujourd'hui  en  France,  il  faudrait  six  générations,  soit  180  ans,  à  un  enfant  de  pauvres  pour  accéder  à  la  classe  moyenne.

Macron  veut  sauver  les  « Mozart  assassinés »

Le  plan  de  l'Elysée  entend  lutter  massivement  contre  le  déterminisme,  qui  sacrifie  les  enfants  du  bas  de  l'échelle  sociale  en  transmettant  «la  pauvreté  en  héritage»

SANS  RESSOURCE»

  Pour  Camille  Lambert,  l'une  des  responsables  du  Mouvement  pour  un  revenu  de  base  (MRB),  «le  revenu  universel  d'activité  11'est  pas  un  vrai  revenu,  universel.  Cela  pourrait  être  pire  que  ce  qui  existe  aujourd’hui,  car  quelqu'un  qui  refuserait  deux  offres  d'emploi  se  retrouverait  carrément  sans  la  moindre  ressource,. 

Les  associations  de  lutte  contre  les  exclusions  ont  du  mal  à  décrypter  les  intentions  de  l'exécutif.  «Le  Président  a  parlé  d'une fusion  des  prestations  existantes,   mais  on  ignore  lesquelles  sont  concernées,  commente  A. Guéguen,  directeur  général

PARIS MATCH

Les liaisons dangereuses

Au cœur d’une diplomatie parallèle, l’ex-ministre de l’Intérieur a fréquenté des hommes d’affaires sulfureux.

Longtemps, tous n’y ont vu que du feu. Le préfet Guéant était ce grand serviteur de l’Etat dont Nicolas Sarkozy avait réussi à s’attacher les services à son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002. Son double, symétriquement opposé.

 L’homme savait garder ses nerfs en toute circonstance, connaissait le fonctionnement de l’appareil d’Etat sur le bout des doigts, savait tenir une administration. Place Beauvau, à Bercy puis à l’Elysée, il arrivait chaque matin à 8 heures, repartait à 22 heures, une pile de dossiers sous le bras, montait à l’avant de sa voiture de fonction, signe qu’il avait su rester fidèle à ses origines modestes.

Ses costumes ternes, ses chaussures bon marché, sa coupe de cheveux de moine-soldat achevaient de le fondre dans ce rôle cousu de fil blanc. « Je n’ai pas beaucoup d’amis », nous avait-il confié en janvier 2010. En fait, des amis, Claude Guéant en avait, mais pas ceux qu’on imaginait. Ils avaient pour nom Ziad Takieddine, Alexandre Djouhri, Abakar Manany ou Robert Bourgi. Ces noms ne disent rien au grand public : tous sont des hommes d’affaires sulfureux, qui prétendaient jouer les intercesseurs avec des régimes pas toujours recommandables : Libye, Syrie, Tchad, Gabon, Rwanda, Mauritanie. Ils ont été les têtes de pont d’une diplomatie parallèle mise en place en toute discrétion dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.

Des amis, Claude Guéant en avait. Mais pas ceux qu’on imaginait

Point de philanthropie chez ces missi dominici, mais l’espoir de se rémunérer sur les gros contrats obtenus par les entreprises françaises. Les 500 000 euros en provenance de l’étranger que les policiers ont retrouvés sur le compte de l’ancien secrétaire général de l’Elysée sont-ils un reliquat de ces fameuses commissions ? Le solde d’un financement politique par le régime de Kadhafi ? Ou bien, comme le soutient Guéant, le produit de la vente de deux tableaux d’un obscur peintre hollandais du XVIIe siècle ? Saisie du dossier, la justice se demandera aussi si Claude Guéant ne s’est pas laissé griser par la fréquentation de personnages qui menaient grand train, les poches pleines de billets. L’austère haut fonctionnaire se faisait de moins en moins discret, s’affichant aux meilleures tables de Paris, au George-V, au Bristol ou au très chic restaurant Le Stresa, où on le voyait souvent avec Alexandre Djouhri.

Transfuge des réseaux Chirac-Villepin, ce personnage flamboyant au passé controversé avait supplanté Ziad Takieddine au cœur du pouvoir sarkozyste. En particulier sur un volet essentiel : les relations avec le régime de Kadhafi. A Tripoli, Djouhri était proche de Bachir Saleh, le directeur de cabinet du Guide. Six mois après la chute de Kadhafi et malgré un mandat d’arrêt lancé par Interpol, ce même Saleh se promenait en toute tranquillité dans Paris avant d’être exfiltré, peut-être en Afrique du Sud. A cette époque, Guéant, ministre de l’Intérieur, n’avait guère déployé de zèle pour arrêter ce « réfugié clandestin ». Interrogé par « Libération » sur son étrange amitié avec Alexandre Djouhri, l’ancien préfet avait répondu : « Je ne connais pas tout de lui, mais j’ai des relations amicales avec lui. Il est très séduisant. Intéressant. » Claude Guéant devra désormais répondre de l’origine de ses 500 000 euros devant les juges. Qui diront s’il aimait vraiment la peinture flamande. Ou si son image de grand commis d’état n’était qu’un trompe-l’œil.

LE PARISIEN

Paris : le plus beau potager est… sur le toit l’Opéra Bastille

Au sommet de la prestigieuse salle de spectacles, la start-up Topager a commencé à planter 2 500 m2 de fruits et légumes qui sont distribués aux salariés de l’Opéra et à terme aux habitants du quartier.

Des plants de courgettes, de patissons, d’oignons, de cassis qui poussent sous les ailes protectrices du génie de la Bastille avec une vue à 180° sur la capitale. C’est le spectacle réjouissant qu’offre le potager du toit de l’Opéra Bastille (XIIe) qui sera officiellement inauguré la semaine prochaine. Depuis le printemps, la société Topager, choisie il y a deux ans dans le cadre de l’appel à projets Parisculteurs de la Ville de Paris, fait pousser fruits, légumes et aromates sur quatre terrasses de l’institution parisienne. 1 000 m2 sont déjà cultivés mais à terme les plantations couvriront 2 500 m2. Ce qui en fera le plus grand potager sur toit de la capitale avant l’aménagement de la ferme urbaine sur les 7 ha de toit d’une halle logistique de la porte de la Chapelle (XVIIe).

 « On n’a pas vocation à nourrir tout Paris »

« J’ai l’habitude des vues sur Paris mais celle-là, c’est vraiment la plus belle », savoure Frédéric Madre, cofondateur de Topager, qui a déjà réalisé depuis cinq ans une cinquantaine de potagers urbains en Ile-de-France. Salades, tomates, concombres, courgettes, haricots verts, poivrons, ciboulette… : une centaine de variétés de primeurs sont bichonnées par deux maraîchers qui travaillent parfois au son des vocalises et des orchestres en répétition. Des produits frais qui garnissent déjà une cinquantaine de paniers réservés pour l’heure aux salariés de l’Opéra (lire -ci-dessous).

Avant cela, la moitié des terrasses ont été recouvertes d’une membrane étanche et anti-racines. Puis tamisées de 20 cm de substrat léger relié à un système d’irrigation. Un chantier de 350 000 €, dont 300 000 € pris en charge par l’Opéra. « Les cultures se font en pleine terre ou sur des planches de culture, comme en maraîchage traditionnel, détaille Frédéric Madre. Aucun fertilisant chimique n’est utilisé et on privilégie l’agroécologie avec des associations de culture. Par exemple, on place le basilic sous les pieds de tomates car il aime l’ombre et éloigne certains prédateurs ».

Et celui qui est aussi chercheur associé au Muséum d’histoire naturelle l’assure : on ne retrouve pas plus de polluants ou de métaux lourds dans ces légumes citadins que chez ceux cultivés à la campagne.

Le lopin aérien a beau être productif, le volume des cultures reste évidemment modeste. « On n’a évidemment pas vocation à nourrir tout Paris mais ce type de potager participe au bien-être urbain, souligne Frédéric Madre. En période de canicule, cela permet de rafraîchir la Ville grâce à l’évapotranspiration et pour l’Opéra de moins dépenser en clim’. La végétalisation des toits permet aussi d’éponger 50 % des eaux d’orage et évite l’engorgement des égouts. Et puis c’est un bon moyen de reconnecter les Parisiens à la nature ». Malheureusement, le potager à la vue époustouflante n’ouvrira que très occasionnellement au public, lors d’événements.

Des paniers à 10 € pour une centaine de salariés les riverains

« J’ai commencé à goûter les tomates cerises avec ma fille et elles sont très bonnes. Mais pour les pâtissons et les aubergines blanches, je cherche encore des recettes sur Internet : c’est une découverte pour moi ». Mardi, comme une cinquantaine de ses collègues, Somontha, 24 ans, salariée aux services techniques de l’Opéra Bastille, a ramené de sa journée de travail son premier panier de légumes poussés sur le toit. A partir de mars prochain, une cinquantaine d’habitants du quartier pourront également en profiter après inscription (sur le site opera4saisons.com). Comme pour les autres systèmes de paniers paysans, il faut s’engager sur une année, à raison de 10 € par panier. Enfin, Topager vend certaines micropousses ou ses fleurs comestibles à des restaurants gastronomiques du secteur. Et pour arroser tout ça, Topager planche aussi sur une bière maison qui sera brassée sous les toits à partir du houblon de l’Opéra. Des plants poussent déjà sur 75 m le long de la rue de Lyon et 200 autres recouvriront bientôt certains pans de façades du bâtiment.

CNEWS

LA DROITE PARISIENNE  PLANCHE  SUR  LA  «Villèle  DE  DEMAIN » 

Un  mois  avant  l'élection  du  président  de  la  fédération  LR  de  Paris,  65  élus  de  la  droite  se  réunissent  aujourd’hui  autour  de  Florence  Berthout,  chef  de  file  LRI  au  Conseil  de  Paris,  pour  un  séminaire  dédiée  à  la  «ville  de  demain».  L’habitat durable, la  place  du  végétal  et  le  service  aux  habitants  seront  abordé

LES ECHOS

Consommation :  les nouvelles  habitudes  des  Français

 COURSES

 Le panier moyen  évolue  en  France.

 Les consommateurs privilégient la qualité  à  la  quantité.  La France  emprunte  Je  chemin  de  la  déconsommation.  Sur  le  premier  semestre,  La  société  d’études  IRI  enregistre  «  une  baisse  des  volumes  d’un  niveau  jamais  atteint  en  cinq  ans  ...

 Les  ventes  de  produits  de  grande  consommation  du  quotidien  que  l'on  trouve  en  hypermarché  ont  trébuché  de  1.2  %.  La  plus  forte chute  depuis  la  crise  financière  de  2008.  S’ils achètent  moins  en  volume.  les Français  dépensent  cependant  plus  en  valeur.  Les  clients  composent  leurs  repas  d'ingrédients  de  meilleure  qualité  et  plus  chers.  Le  marché  des  produits  de  grande  consommation  (PGq  a  ainsi  gagné  0,  7  %  en  valeur.  Les quantités diminuent.  Le chiffre  d’affaires  progresse.

  Preuve  que  les  habitudes  alimentaires  en  particulier  évoluent 

En  volume,  tous  les  produits  sont  touchés,  ou  presque.  Les  bonbons  chutent  de  3,7  %,  les  biscuits  de  2,9  %,  la  charcuterie  de  3  %  et  l'hygiène  de  LS  %.  Et  les  acheteurs  ne  se  restreignent  pas  parce  que  les  prix  montent.  Si.  au global,  à  cause  de  la  hausse  du  pétrole.  l'infiltration  repart  dans  le  pays,  elle  n'a  été  que  de  0,l '% au  cours  des  six  premiers  mois de l'année  la  guerre  des  prix  se  poursuit  dans  la  grande  distribution.  Cette évolution  de  la  demande  profite  plus  aux  PME  qu'aux  multinationales.

LIBERATION

Plan pauvreté

Un revenu universel qui n’en a que le nom

Ce  dispositif,  l'une  des  mesures  annoncées  jeudi  par  Emmanuel  Macron,  sera  surtout  une  refonte  des  minima  sociaux,  loin  de  la  philosophie  du  revenu  de  base  défendu  par  Hamon  durant  la  campagne  présidentielle

D'après  l'OCDE,  aujourd'hui  en  France,  il  faudrait  six  générations,  soit  180  ans,  à  un  enfant  de  pauvres  pour  accéder  à  la  classe  moyenne.

Macron  veut  sauver  les  « Mozart  assassinés »

Le  plan  de  l'Elysée  entend  lutter  massivement  contre  le  déterminisme,  qui  sacrifie  les  enfants  du  bas  de  l'échelle  sociale  en  transmettant  «la  pauvreté  en  héritage»

SANS  RESSOURCE»

  Pour  Camille  Lambert,  l'une  des  responsables  du  Mouvement  pour  un  revenu  de  base  (MRB),  «le  revenu  universel  d'activité  11'est  pas  un  vrai  revenu,  universel.  Cela  pourrait  être  pire  que  ce  qui  existe  aujourd’hui,  car  quelqu'un  qui  refuserait  deux  offres  d'emploi  se  retrouverait  carrément  sans  la  moindre  ressource,. 

Les  associations  de  lutte  contre  les  exclusions  ont  du  mal  à  décrypter  les  intentions  de  l'exécutif.  «Le  Président  a  parlé  d'une fusion  des  prestations  existantes,   mais  on  ignore  lesquelles  sont  concernées,  commente  A. Guéguen,  directeur  général

PARIS MATCH

Les liaisons dangereuses

Au cœur d’une diplomatie parallèle, l’ex-ministre de l’Intérieur a fréquenté des hommes d’affaires sulfureux.

Longtemps, tous n’y ont vu que du feu. Le préfet Guéant était ce grand serviteur de l’Etat dont Nicolas Sarkozy avait réussi à s’attacher les services à son arrivée au ministère de l’Intérieur en 2002. Son double, symétriquement opposé.

 L’homme savait garder ses nerfs en toute circonstance, connaissait le fonctionnement de l’appareil d’Etat sur le bout des doigts, savait tenir une administration. Place Beauvau, à Bercy puis à l’Elysée, il arrivait chaque matin à 8 heures, repartait à 22 heures, une pile de dossiers sous le bras, montait à l’avant de sa voiture de fonction, signe qu’il avait su rester fidèle à ses origines modestes.

Ses costumes ternes, ses chaussures bon marché, sa coupe de cheveux de moine-soldat achevaient de le fondre dans ce rôle cousu de fil blanc. « Je n’ai pas beaucoup d’amis », nous avait-il confié en janvier 2010. En fait, des amis, Claude Guéant en avait, mais pas ceux qu’on imaginait. Ils avaient pour nom Ziad Takieddine, Alexandre Djouhri, Abakar Manany ou Robert Bourgi. Ces noms ne disent rien au grand public : tous sont des hommes d’affaires sulfureux, qui prétendaient jouer les intercesseurs avec des régimes pas toujours recommandables : Libye, Syrie, Tchad, Gabon, Rwanda, Mauritanie. Ils ont été les têtes de pont d’une diplomatie parallèle mise en place en toute discrétion dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.

Des amis, Claude Guéant en avait. Mais pas ceux qu’on imaginait

Point de philanthropie chez ces missi dominici, mais l’espoir de se rémunérer sur les gros contrats obtenus par les entreprises françaises. Les 500 000 euros en provenance de l’étranger que les policiers ont retrouvés sur le compte de l’ancien secrétaire général de l’Elysée sont-ils un reliquat de ces fameuses commissions ? Le solde d’un financement politique par le régime de Kadhafi ? Ou bien, comme le soutient Guéant, le produit de la vente de deux tableaux d’un obscur peintre hollandais du XVIIe siècle ? Saisie du dossier, la justice se demandera aussi si Claude Guéant ne s’est pas laissé griser par la fréquentation de personnages qui menaient grand train, les poches pleines de billets. L’austère haut fonctionnaire se faisait de moins en moins discret, s’affichant aux meilleures tables de Paris, au George-V, au Bristol ou au très chic restaurant Le Stresa, où on le voyait souvent avec Alexandre Djouhri.

Transfuge des réseaux Chirac-Villepin, ce personnage flamboyant au passé controversé avait supplanté Ziad Takieddine au cœur du pouvoir sarkozyste. En particulier sur un volet essentiel : les relations avec le régime de Kadhafi. A Tripoli, Djouhri était proche de Bachir Saleh, le directeur de cabinet du Guide. Six mois après la chute de Kadhafi et malgré un mandat d’arrêt lancé par Interpol, ce même Saleh se promenait en toute tranquillité dans Paris avant d’être exfiltré, peut-être en Afrique du Sud. A cette époque, Guéant, ministre de l’Intérieur, n’avait guère déployé de zèle pour arrêter ce « réfugié clandestin ». Interrogé par « Libération » sur son étrange amitié avec Alexandre Djouhri, l’ancien préfet avait répondu : « Je ne connais pas tout de lui, mais j’ai des relations amicales avec lui. Il est très séduisant. Intéressant. » Claude Guéant devra désormais répondre de l’origine de ses 500 000 euros devant les juges. Qui diront s’il aimait vraiment la peinture flamande. Ou si son image de grand commis d’état n’était qu’un trompe-l’œil

LE PARISIEN

A l’école, le téléphone portable fait de la résistance

Votée cet été, une loi interdite l’utilisation des téléphones dans les écoles et les collèges. Dans les faits, les smartphones sont toujours bien présents.

Connaissez-vous l’article L511-5 du Code de l’Education ? Non ? On ne vous en veut pas, son contenu est bien plus célèbre que son titre officiel. Depuis le 3 août, il abrite l’une des promesses de campagne du candidat Emmanuel Macron : l’interdiction du téléphone portable dans les collèges et les écoles, un texte qui touche quelque 10 millions d’élèves du primaire et du secondaire.

Portable à l’école : le vrai-faux de l’interdiction

La loi votée cet été, qui interdit l’utilisation des téléphones dans les écoles et collèges, a drainé quelques fantasmes. Décryptage.

Votre ado vous explique que les profs n’ont pas le droit de lui prendre son portable ? Vous avez lu que les enseignants n’avaient plus le droit d’avoir un téléphone sur eux en classe ? On vous aide à démêler le vrai du faux autour de la loi, entrée en vigueur à la rentrée.

Les profs ont le droit de confisquer les portables : VRAI

Avant le passage du texte, les enseignants n’avaient théoriquement pas le droit de sanctionner les récalcitrants en prenant le téléphone. « La sanction ne figurait pas dans le Code de l’éducation, c’était illégal », explique Valérie Piau, avocate spécialisée en droit de l’éducation.

La loi mentionne maintenant clairement « la confiscation » de l’appareil comme punition possible. Mais laisse au règlement intérieur de l’établissement le soin de déterminer la durée. « Ça reste une zone de flou dans laquelle des parents pourraient s’engouffrer et mettre en avant une atteinte au droit de la proprié

Les profs n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone : FAUX

Les députés ont fait marche arrière sur ce point. Si des députés LREM avaient envisagé d’étendre l’interdiction au corps enseignant, l’amendement décrié n’a pas été voté. L’Education nationale se contente de souligner que l’interdiction du portable à l’école « doit aller de pair avec une utilisation raisonnable par les adultes des téléphones portables et objets connectés ». En bref : ils sont invités à montrer l’exemple.

Les élèves peuvent se servir de leur téléphone en classe : VRAI

Oui, et même si la loi et le règlement l’interdisent de manière globale. Les enseignants peuvent demander à leurs élèves de consacrer leur téléphone à des « usages pédagogiques ». Par ailleurs, les élèves handicapés qui bénéficient d’une application pour les aider dans leur quotidien ne sont pas concernés par la loi.

Les élèves peuvent utiliser leur téléphone lors des sorties scolaires : FAUX

L’interdiction du portable ne s’arrête pas à la grille des écoles. Le texte précise bien que n’importe quelle « activité liée à l’enseignement qui se déroule à l’extérieur de leur enceinte » rentre par défaut dans le champ d’application de la loi. « Parfois, certains nous disent qu’ils peuvent s’en servir pour aller au stade avec le prof de sport, raconte Christelle Contejean, CPE à Lure (Haute-Saône). On va bien leur expliquer que ça n’est pas le cas. »

Les lycéens ne sont pas concernés : VRAI

Oui, la loi évoque les plus vieux élèves du secondaire mais ne les contraint à rien. « Dans les lycées, le règlement intérieur peut interdire l’utilisation par un élève [d’un portable] dans tout ou partie de l’enceinte de l’établissement ainsi que pendant les activités se déroulant à l’extérieur de celle-ci », explique le texte. En clair : l’établissement doit spécifiquement indiquer les endroits où il désire interdire les téléphones.

Mais derrière l’intitulé, qu’est-ce que cela change pour des établissements où la loi empêchait déjà depuis 2010 les élèves de téléphoner pendant les cours ? « Le cadre juridique est renforcé », met en avant le ministère dans ses consignes envoyées au corps enseignant. Dans les faits, la réalité est plus complexe.

Chacun fait ce qui lui plaît

Pour résumer, chaque école ou collège devra maintenant stipuler dans son règlement intérieur les endroits où elle souhaite permettre à ses élèves de dégainer leur téléphone. Et si la moitié des collèges l’interdisaient déjà avant, certains établissements se refusent à entériner l’adieu aux portables, tolérés pendant les récréations.

Chacun fait un peu ce qui lui plaît, et la situation varie fortement d’un établissement à l’autre. La réforme bute aussi sur une réalité pratique : la vente des casiers où les élèves étaient susceptibles de déposer leur smartphone pendant les cours ne décolle pas, et la mise en pratique de ce système paraît compliquée aux personnels de l’Education nationale.

 « Mais que va faire mon enfant ? »

« On a eu un vent de panique chez les parents qui nous ont demandé : « Mais que va faire mon enfant sans son téléphone ? », raconte Christelle Contejean, CPE au collège Albert-Jacquard de Lure (Haute-Saône) et syndiquée au SE-UNSA. Ils veulent qu’ils puissent prévenir en cas de souci ou d’absence d’un prof dans la journée. »

Alors simple effet d’affichage comme l’ont critiqué plusieurs syndicats et une partie de l’opposition gouvernementale ? Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer met en avant la nécessité de traiter la dépendance aux écrans chez les plus jeunes. Dans certains établissements, la médiatisation du texte lui a permis d’atteindre son objectif. « Cette année, on n’a vu pour l’instant aucun portable entre les mains des élèves de sixième, relève un collège du Jura. Ça change. »

Tolérance zéro

« Si on voit une poche boursouflée avec un portable dedans, on le confisque. Si on l’aperçoit au fond du sac, on le confisque. » Pas besoin de le dire une nouvelle fois : Olivier Daudé déclare la guerre aux téléphones. Le directeur du collège-lycée privé Saint-Joseph à Vendôme (Loir-et-Cher) a lui prévenu les parents lors de la réunion de rentrée : il ira plus loin que la loi votée par les députés cet été.

 « Moi, je suis contre le port du portable dans les murs de l’établissement, souligne-t-il. Les élèves n’ont pas vocation à se balader avec un téléphone sur eux. Ils auront trois solutions : soit ils s’exposent à se le faire confisquer si on les surprend, soit ils le laissent chez eux, soit ils le laissent dans les casiers que l’on va installer dans l’établissement. »

Cette dernière option a un coût. Le collège-lycée de Vendôme proposera à la location un box individuel, qui s’ouvre avec une clé, au prix symbolique d’un euro par mois. « On ne force personne à payer, je n’oblige pas un parent à prendre un casier, détaille Olivier Daudé. Mais s’ils veulent que leur enfant puisse téléphoner à la sortie du collège, ça passera par là. » Les élèves sont prévenus.

 « LES PIONS DISENT QU’ON EST PLUS CALME AVEC NOS TÉLÉPHONES »

« J’ai lu tout l’été que les portables seraient interdits à la rentrée. J’ai donné l’ordre à ma fille de ne pas le prendre pour sa rentrée. Mais au bout de deux jours, j’ai changé d’avis quand j’ai vu qu’elle était la seule… » Il est 16h30, et Jacqueline peste devant l’imposante porte d’entrée du collège Pierre-Alviset de Paris (Ve) en attendant la sortie d’Hajar, en sixième depuis quelques jours.

Dans cet établissement du Ve arrondissement de la capitale, les élèves n’ont pas le droit d’utiliser leur téléphone… sauf dans la cour. Ce que la loi autorise, sous réserve que le règlement intérieur le mentionne clairement. « L’année dernière, on ne s’amusait déjà pas à le sortir en cours ou dans les couloirs car on savait qu’on se le ferait confisquer, glisse Samy, qui s’attarde avec ses copains dans la rue. Cette année… Ben c’est pareil en fait. »

 « On va sur Snapchat »

La preuve, Hajar sort des murs du collège et avoue s’être fait retirer son portable par un surveillant. « Je l’avais à la cantine et je n’ai pas le droit », décrit l’adolescente à sa mère. Dans son établissement, la plupart de ses aînés ont bien intégré la règle et se contentent de profiter de leur portable pendant la pause.

 « On va sur Snapchat, on envoie des messages et on regarde nos emplois du temps sur notre application », explique en chœur un groupe d’élèves de troisième. « Ça sert aussi à prévenir nos parents si un prof est absent et qu’on a l’occasion de sortir plus tôt du collège », lance Louis.

Des problèmes de vol ? Des tensions dans la cour à cause du modèle flambant neuf d’un élève ? Pas vraiment, assurent les collégiens. « Les pions nous disent que l’on est plus calme avec nos téléphones, qu’on court moins dans tous les sens à la pause », décrit Lily.

Alerte aux faux sites administratifs

Un million de Français sont abusés chaque année par ces escroqueries sur Internet, pour un préjudice estimé à 150 M€. Le gouvernement lance une campagne de sensibilisation.

Demander un acte de naissance, s’inscrire sur les listes électorales, ou encore refaire sa carte grise après l’avoir perdue : désormais, il est possible d’effectuer ces démarches administratives sur les sites Internet officiels des organismes concernés. Rien de plus simple.

Mais les arnaques aux faux sites administratifs font un million de victimes chaque année en France, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Et le préjudice estimé s’élève tout de même à 150 M€ par an.

Inadmissible pour la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Delphine Gény-Stephann, qui lance ce lundi une campagne d’information nationale pour alerter les Français et donner au passage quelques recommandations pour repérer les adresses frauduleuses. « Quand on subit ce type d’arnaque en ligne, c’est coûteux, et surtout cela brise la confiance dans les démarches administratives, dans le numérique », confie-t-elle.

Abonnement à un service inutile...à votre insu

Un moment d’inattention suffit pour se faire tromper par ces sites aux allures officielles. Logo du service public, drapeau bleu-blanc-rouge, Marianne : tout est là pour inspirer confiance à l’internaute. Afin d’éviter les pièges, mieux vaut donc ouvrir l’œil et prendre son temps. L’idéal : consulter le site officiel de l’administration – www.service-public.fr – pour obtenir directement l’adresse de la vraie plateforme qui propose le document recherché. Ainsi que son prix réel !

Dans les faits, rares sont les pièces administratives payantes. Mais les escrocs redoublent d’ingéniosité pour vous extorquer quelques dizaines d’euros en trois clics. La fraude du moment ? Vous abonner, à votre insu, à un service inutile. Exemple avec ce faux site d’actes de naissance, où l’on propose de vous envoyer votre document pour 1 €, alors que le service est normalement gratuit. Non seulement vous payez, mais en plus vous vous retrouvez abonné sans le savoir. Et prélevé de plusieurs dizaines d’euros régulièrement !

Un juge d’instruction mène l’enquête

Une douzaine de nébuleuses – chacune à l’origine de nombreux sites illégaux – ont été ciblées par les agents de la DGCCRF. Plus d’une demi-douzaine de sociétés ont déjà fait l’objet de procès-verbaux de délits pour pratiques commerciales trompeuses et un juge d’instruction a même été désigné pour se charger de trois dossiers en raison de l’ampleur des pratiques et de leur dimension internationale.

 « Si nous voulons que la transformation du numérique soit bénéfique pour notre économie, nous devons renforcer la protection des consommateurs », alerte Delphine Gény-Stephann, en déplacement ce lundi à Morlaix (Finistère) dans le Centre de surveillance du commerce en ligne, spécialisé dans les contrôles de ces pratiques illégales.

HUFFPOST

Abattoir de Mauléon : Ouverture d'un nouveau procès de la maltraitance animale après des vidéos L214

Les vidéos de L214 dévoilaient que des moutons étaient saignés encore conscients et qu'un agneau était écartelé vivant.

STICE - Animaux mal étourdis, moutons saignés encore conscients, voire agneau écartelé vivant : le procès des mauvais traitements infligés à des animaux à l'abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), révélés par des vidéos de l'association L214, s'ouvre ce lundi 17 septembre pour deux jours à Pau.

Trois salariés de l'abattoir, de même que l'établissement en tant que personne morale, sont jugés pour "mauvais traitements infligés sans nécessité à un animal domestique", une infraction équivalente aux yeux de la loi à un simple excès de vitesse et pour laquelle la peine encourue est une contravention de 4e classe (750 euros au plus).

L'abattoir intercommunal et son ancien directeur devront également répondre de "tromperie sur la nature, la qualité, l'origine ou la quantité d'une marchandise", un délit cette fois-ci passible de deux ans de prison et 300.000 euros d'amende qui leur vaut de comparaître devant le tribunal correctionnel de Pau. Tous les prévenus, ainsi qu'un quatrième employé, sont également poursuivis pour divers manquements aux règles de l'abattage (absence de précaution ou d'étourdissement préalable, saignée tardive, etc.).

Onze associations de défense des animaux parties civiles

L'abattoir de Mauléon traite 30.000 tonnes de viande par an et emploie 35 salariés. Son agrément sanitaire avait été suspendu pendant deux mois après les révélations par l'association L214, le 29 mars 2016, des maltraitances sur des animaux.

Les images choc diffusées sur le site internet de L214 avaient poussé le ministre de l'Agriculture de l'époque, Stéphane Le Foll, à donner des "inspections spécifiques sur la protection animale dans l'ensemble des abattoirs" de France. Attention, les images ci-dessous sont choquantes.

L214, qui tire son nom de l'article du code rural désignant pour la première fois les animaux comme des "êtres sensibles", milite non seulement pour les protections des animaux mais aussi pour l'abolition de la consommation de viande et de tout usage de substance d'origine animale.

Avant les vidéos prises à Mauléon, l'association s'était déjà illustrée en révélant des faits similaires dans les abattoirs d'Alès et du Vigan (Gard). Un ex-employé de l'abattoir du Vigan a d'ailleurs été condamné en avril 2017 à huit mois de prison avec sursis pour actes de cruauté et mauvais traitements sur des animaux.

Tournée deux semaines avant Pâques

Autant de scandales qui avaient abouti à la création, le 10 mai 2016, d'une commission d'enquête parlementaire "sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français".

Cette commission avait préconisé 65 mesures, parmi lesquelles l'installation obligatoire de vidéo surveillance, la présence permanente de vétérinaires dans les gros abattoirs, un renforcement de la formation des employés, etc.

Le procès s'ouvre alors que l'examen en seconde lecture de la future Loi agriculture et alimentation a démarré mercredi à l'Assemblée nationale. Le projet de loi prévoit notamment des sanctions en cas de maltraitance animale dans les abattoirs et dans les transports d'animaux, ainsi que la création d'un poste de responsable de la protection animale dans chaque abattoir.

Au total, onze associations de défense des animaux, dont L214, la SPA ou la Fondation Brigitte Bardot, sont parties civiles au procès de Pau. Ces images, tournées à Mauléon en caméra cachée environ deux semaines avant Pâques, période d'activité intensive dans les abattoirs, "ont été captées et diffusées pour rendre visible un système violent qui met à mort 3 millions d'animaux par jour en France", affirme Brigitte Gothière, porte-parole de L214.

"Elles ont aussi montré que la réglementation dans les abattoirs ne sert qu'à rassurer les consommateurs. Elle n'y est même pas appliquée (...) Ce procès sera l'occasion de faire reconnaître la responsabilité de l'abattoir et de mettre en lumière l'inaction de l'État et des services vétérinaires", assure-t-elle.

"Le procès est aussi celui d'un choix de société", estime pour sa part Me Antoine Tugas, défenseur de trois des quatre salariés. "Au-delà de la défense des employés, il faut se poser la question de savoir si la consommation de viande, devenue aujourd'hui industrielle, est intrinsèquement compatible avec le bien-être animal".

CONTREPOINT

Loi Travail : quand le juge devient médecin…

La loi Travail, dite El Khomri confère dangereusement au juge le pouvoir de se faire médecin.

Les premières applications de la loi Travail, dite El Khomri du 8 août 2016, entrée en vigueur le 1er janvier 2017, témoignent de ses premières difficultés, comme notamment conférer au juge prud’homal le pouvoir de remplacer celui de médecin. Une dérive dangereuse pour les droits des justiciables s’agissant des accidents et souffrances au travail.

Tous les salariés sont potentiellement un jour amenés à rencontrer le médecin du travail pour donner suite à des souffrances professionnelles, qu’il s’agisse d’accidents d’ordre physiques ou psychologiques. Ce dernier émet alors un avis, qui peut être contesté.

AVANT : RECOURS DEVANT L’INSPECTION DU TRAVAIL

La procédure antérieure de contestation d’un avis médical émis par le médecin du travail était soumise à moindre formalisme : l’employeur ou le salarié pouvait saisir directement l’Inspecteur du travail dans les deux mois qui suivaient la notification de l’avis médical tout en s’informant mutuellement de l’initiative.

Cette procédure assez simple entrainait néanmoins une contestation quasi-systématique des avis médicaux, engorgeant ainsi l’Inspection du travail.

Pour pallier cet état de fait, la loi El Khomri est donc venue réformer, mais pour le pire.

AUJOURD’HUI : LE JUGE DEVIENT MÉDECIN

Depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2017, l’article L.4624-7 du Code du travail confère au Conseil de prud’hommes le pouvoir de se substituer à l’Inspection du travail en ces termes :

III.- La décision du conseil de prud’hommes se substitue aux avis, propositions, conclusions écrites ou indications contestés.

Alors que l’objectif théorique était d’assurer la prévisibilité et à la sécurisation des relations de travail afin de rendre les recours plus rapides, nous voilà aujourd’hui avec un employé, ou employeur, qui doit former un recours en référé devant la juridiction prud’homale dans les quinze jours suivant la notification de l’avis contesté.

Le salarié, ou son employeur, doit donc aujourd’hui faire face à l’aléa judiciaire devant le juge prud’homal. Et l’aléa est d’autant plus grand que ces mêmes juges peuvent confirmer une décision déclarant inapte un salarié qui se sent la force de travailler, ou inversement déclarer apte un employé souffrant d’un handicap, et ce sans aucun avis médical.

Il est évidemment disposé de la possibilité pour le Conseil de Prud’hommes d’avoir recours à un médecin pour confier toute mesure d’instruction nécessaire afin d’éclairer son jugement. Mais il s’agit là seulement d’une possibilité, donc en rien contraignante.

Qui plus est, en admettant qu’il soit fait appel à l’avis d’un médecin du travail, le juge prud’homal n’est pas tenu par cet avis, si bien qu’il a tout pouvoir pour apprécier la réalité médicale d’un salarié en dernier mot.

LE POUVOIR DE L’ARBITRAIRE

Dès lors, il n’y a pas besoin d’avoir fait l’ENM pour comprendre l’arbitraire conféré aux juges prud’homaux afin d’apprécier l’état de santé réel des justiciables qui se présentent à eux.

Cette loi vient donc sur le papier remplacer un dispositif clair et éprouvé pour soi-disant désengorger l’administration du travail. Néanmoins, dans la pratique, force est de constater qu’elle fait exactement l’inverse :

Elle complexifie la procédure en droit du travail, alimentant l’inflation législative.

Par cette judiciarisation rajoutant une compétence au Conseil de prud’hommes, elle engorge un peu plus les tribunaux.

Enfin, pire, elle confère dangereusement au juge le pouvoir de se faire médecin.

20 MINUTES

Emplois vacants : Peut-on trouver un emploi en traversant la rue, comme le dit Emmanuel Macron ?

Le président a conseillé à un chômeur de se réorienter dans la restauration, en insistant sur le manque de main-d’œuvre dans ce secteur…

Pour Emmanuel Macron, trouver un job dans certains secteurs comme l’hôtellerie-restauration ou le bâtiment, est chose aisée.

Il est vrai qu’au moins 152 000 emplois ne sont pas pourvus en France faute de candidats adéquats.

Mais contrairement à ce que déclare le Président, il n’est pas facile de faire correspondre l’offre avec la demande, pour des questions de formation, d’attractivité des métiers, de contraintes personnelles des demandeurs d’emploi…

Une petite phrase prononcée lors d’un bain de foule qui suscite déjà moult commentaires. En pleine discussion samedi avec un jeune horticulteur au chômage, Emmanuel Macron lui a conseillé de se réorienter vers un secteur en manque de bras : l’hôtellerie-restauration ou le bâtiment. « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n’a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Pas un ! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! » a poursuivi le président de la République en désignant d’un geste, les rues alentour.

Son échange suscitait dimanche de nombreux commentaires acerbes l’accusant de méconnaître la réalité du chômage. « Ce présupposé permanent à l’encontre des chômeurs, qui ne trouveraient pas d’emploi car ils n’en cherchent pas ! Propos malheureux 3 jours après la présentation du Plan Pauvreté », a ainsi tweeter l’ex-ministre de la Famille, Laurence Rossignol.

Ce présupposé permanent a l’encontre des chômeurs, qui ne trouveraient pas d’emploi car ils n’en cherchent pas ! Propos malheureux 3 jours après la présentation du Plan Pauvreté

Les emplois non pourvus sont une réalité

Ce n’est pas la première fois que le chef de l’État répond à un chômeur l’interpellant lors d'un bain de foule, en insistant sur le manque de main-d’œuvre dans certaines filières. Ce qui est une réalité. Car selon les chiffres de la Dares dévoilés en août, les emplois vacants faute de candidats adéquats étaient 152 000 au deuxième trimestre 2018. Une autre étude de Pôle emploi publiée en décembre dernier montrait aussi qu’en 2017 150 000 projets d’embauche avaient été abandonnés faute de candidats.

Des chiffres sous-estimés selon Bertrand Martinot, économiste, et collaborateur de l’Institut Montaigne. « Toutes les offres d’emploi ne passant pas par Pôle emploi, le nombre d’offres d’emploi non pourvues serait plutôt de l’ordre de 300 000 par an », estime-t-il. Un fléau qui toucherait plus les PME, un peu plus de la moitié des emplois vacants étant déclarés par des entreprises d’un à neuf salariés, selon la Dares. « Parce qu’elles proposent généralement des salaires plus faibles et moins d’avantages sociaux que les grandes entreprises », explique Bertrand Martinot.

Les secteurs les plus touchés seraient le commerce, l’hôtellerie-restauration, le transport, l’industrie, le bâtiment… « Tous les niveaux de postes sont touchés, car on manque autant de data scientists que de commis de cuisine », commente Bertrand Martinot. D’ailleurs, selon l’enquête «  Besoins en main-d’œuvre », publiée par Pôle emploi en avril 2018, 44 % des projets de recrutement des entreprises étaient présumés « difficiles » cette année. Notamment sur certains métiers : couvreur, chaudronnier, serrurier, forgeron, carrossier automobile, aide à domicile, plombier, dessinateur en travaux publics, boucher, masseur kiné, dentiste, personnel navigant de l’aviation…

Le déficit d’image de certains métiers

Alors, comment expliquer qu’il y ait autant d’emplois non pourvus tandis que le taux de chômage touche 9,1 % de la population active ? « Cela s’explique d’abord par l’inadéquation des profils des candidats aux postes proposés. Il ne faut pas oublier que 55 % des chômeurs n’ont pas le bac et que beaucoup d’entre eux ne possèdent pas de diplôme de niveau inférieur spécialisé qui pourrait leur permettre de décrocher un de ces emplois vacants. Par ailleurs, le contenu des formations évolue très lentement en France, alors que les évolutions technologiques sont très rapides. Ce qui ne favorise pas l’adéquation entre l’offre et la demande », décrit Bertrand Martinot.

Bien sûr, Pole emploi propose des formations aux chômeurs pour les aider à se reconvertir dans les domaines porteurs. « Mais certains demandeurs d’emploi ne sont pas très motivés pour s’y inscrire », constate Bertrand Martinot. Parce qu’il existe aussi un problème d’attractivité pour certains métiers : « Les salaires faibles, les conditions de travail pénibles, les horaires fractionnés ou décalés peuvent faire fuir », analyse l’économiste.

Par ailleurs, ce que semble oublier Emmanuel Macron, c’est que tous les demandeurs d’emploi ne peuvent pas postuler à tous les emplois : « Travailler dans l’hôtellerie-restauration nécessite pour les parents d’avoir un mode de garde. En outre, certains demandeurs d’emploi n’ont pas de moyen de locomotion pour accéder à un emploi loin de chez eux », souligne Bertrand Martinot. Difficile donc de croire qu’il suffirait de traverser la rue pour qu’un candidat trouve un emploi à sa mesure et que son profil réponde aux exigences de l’employeur.

Le pensum de tous les gouvernements

D’ailleurs, les gouvernements successifs ont tous échoué à résorber ce volant d’emplois non pourvus. Pour l’heure, celui de Macron semble avoir déjà lancé quelques actions pour améliorer la situation, comme des mesures de simplification de l’apprentissage pour attirer plus d’entreprises et de jeunes.

 « Une réflexion est aussi en cours pour réformer les règles de l’assurance chômage et rendre plus incitatif le retour à l’emploi », lance Bertrand Martinot. Reste qu’il faudra susciter l’envie chez les candidats de postuler dans tel ou tel métier porteur. « Les secteurs qui souffrent d’une pénurie de main-d’œuvre vont devoir miser dans l’innovation sociale », insiste Bertrand Martinot.

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