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Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Des pères synodaux renouvellent le «Pacte des Catacombes»

Des pères synodaux renouvellent le
«Pacte des Catacombes»
A l'image du serment fait en 1965 par une quarantaine de participants au Concile Vatican II de mettre les pauvres au cœur de leur action pastorale, des participants au synode pour l'Amazonie ont, ce dimanche, signé un texte similiare en quinze points afin de "protéger la Maison Commune".
 

C'est un évènement plein de symboles: ce dimanche matin, plusieurs père synodaux de l'assemblée spéciale sur l'Amazonie ont participé à une messe célébrée dans les Catacombes de Sainte Domitille situées non loin de la Via Appia à Rome. Une messe présidée par le cardinal brésilien Claudio Hummes, rapporteur général du synode. Ils ont fait mémoire du "Pacte des Catacombes" au cours duquel 42 pères du Concile Vatican II avaient demandé à Dieu la grâce d'«être fidèle à l'esprit de Jésus» dans le service des pauvres. Ce document intitulé «Pacte pour une Église Servante et Pauvre» avait alors pour ambition de mettre les pauvres au centre du ministère pastoral. 

Qu’est-ce que le Pacte des catacombes ?
Le 16 novembre 1965, moins d’un mois avant la clôture du Concile Vatican II, une quarantaine de pères conciliaires célèbrent l’Eucharistie dans les catacombes de Sainte Domitille, à Rome. À l’issue de la messe, ils signent un document par lequel ils s’engagent à une vie de pauvreté. Un acte méconnu, mais qui a profondément contribuer à modeler le visage de l’Église postconciliaires.
 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

“Pacte pour une Église servante et pauvre”, c’est le sous-titre de ce document signé par 42 pères conciliaires, il y a près de 55 ans. Les signataires s’engagent à vivre les 13 points de ce texte (lien hypertexte : https://www.reseaux-parvis.fr/wp-content/uploads/bsk-pdf-manager/parvis2015_3_concile50_pactecatacombes_97.pdf), qui pourraient être résumé par un mot: pauvreté. Il s’agit de changer de style de vie, en renonçant à tout privilège ou signe de richesse, de servir les pauvres, soulager la souffrance, lutter pour la justice, de gouverner de manière plus coopérative… On peut lire par exemple «nous renonçons pour toujours à l'apparence et à la réalité de richesse spécialement dans les habits (étoffes riches et couleurs voyantes), les insignes en matière précieuse: ces insignes doivent être en effet évangéliques».

Adhérents

Aussi appelé le “Schéma XIV” (allusion aux 13 “schémas” préparatoires des grands textes du Concile), le Pacte est largement diffusé parmi les pères conciliaires le 7 décembre 1965, la veille de la clôture officielle du Concile Vatican II. Au total, environ 500 d’entre eux y adhèrent. Les 42 signataires de départ, longtemps restés discrets, sont en majorité des évêques latino-américains. Dom Helder Camara, archevêque de Recife, est l’un des huit Brésiliens. Figure aussi Mgr Leonidas Proaño, évêque équatorien connu pour sa défense des paysans, et le bienheureux Mgr Enrique Angelelli, évêque argentin tué pendant la dictature militaire. Mais on trouve aussi des prélats européens, parmi lesquels les Français Mgr Guy-Marie Riobé, évêque d’Orléans, Mgr Gérard Huyghe, évêque d’Arras, Mgr Adrien Gand, évêque auxiliaire du cardinal Liénart à Lille, ainsi que Mgr Georges Mercier, évêque de Laghouat au Sahara, et Mgr Georges Hakim, évêque melkite de Nazareth, futur patriarche Maximos V.

Origines

L’histoire de la rédaction du Pacte des catacombes s’inscrit sur une période longue, au moins antérieure au Concile, lorsque la vision d’une Église pauvre germait déjà dans l’esprit du Pape Jean XXIII. Ainsi, le 11 septembre 1962, le Souverain Pontife italien affirmait: «en face des pays sous-développés, l’Église se présente telle qu’elle est et veut être : l’Église de tous et particulièrement l’Église des pauvres» (Message-radio à tous les fidèles chrétiens à un mois du Concile œcuménique Vatican II).

L’impulsion semble toutefois être donnée par Dom Helder Camara. C’est d’ailleurs lui qui présente à la presse le manifeste spirituel, avant qu’il ne soit publié en janvier 1966 par les “Informations catholiques internationales”. Il s’agit aussi du fruit d’un travail collectif, auquel ont participé le père Paul Gauthier, venu au Concile comme expert de Mgr Georges Hakim, et Mgr Grégoire Haddad, évêque grec-melkite de Beyrouth, surnommé “l’Abbé Pierre de l’Orient”.

Postérité

Le Pacte des catacombes est peu connu, mais son influence a été forte dans l’Église après le Concile Vatican, notamment en Amérique Latine. Le père Joseph Comblin a considéré cet événement comme l’apparition d’un «nouveau franciscanisme» dans cette région du monde (http://www.alterinfos.org/spip.php?article4606). Il fait aussi partie des initiatives qui ont influencé la Théologie de la libération.

Plus généralement, en suivant les 13 points de ce texte, des centaines d’évêques catholiques se sont efforcés de suivre la voie de la pauvreté évangélique, entraînant aussi les Églises locales qui leur étaient confiées sur ce chemin. Leurs successeurs ont souvent choisi de poursuivre dans ce sillage. Aujourd’hui, le pape François, qui étudiait la théologie à Buenos Aires à la fin du Concile, incarne au plus haut niveau de l’Église, et depuis le début de son pontificat, l’esprit du Pacte des catacombes. Le 16 mars 2013, trois jours après son élection, il affirmait devant la presse: «Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres !». Il n’a cessé, depuis, de traduire cette volonté en paroles et en actes.

Sources: La Croix (https://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/50-ans-apres-le-Pacte-des-catacombes-2015-11-16-1380811)

Cath.ch (https://www.cath.ch/newsf/le-pacte-des-catacombes-fete-50-ans/)

Pour aller plus loin: https://www.editionsjesuites.com/fr/livre-le-pacte-des-catacombes-2223.html

20 octobre 2019, 14:08

54 ans plus tard, dans la dynamique de ce synode amazonien, un nouveau Pacte des Catacombes a été signé dans le même esprit, afin de mettre parmi les priorités de la mission de l'Eglise la protection de la Maison Commune. En voici le texte:

 

Pacte des Catacombes pour la Maison Commune

Pour une Église au visage amazonien, pauvre et servante, prophétique et samaritaine

Nous, participants au Synode panamazonien, nous partageons la joie de vivre parmi de nombreux peuples indigènes, quilombolas, d'habitants des rives de fleuves, de migrants et de communautés des périphéries des villes de cet immense territoire de la planète. Avec eux, nous avons fait l'expérience de la puissance de l'Évangile qui agit dans les plus petits. La rencontre avec ces peuples nous interpelle et nous invite à une vie plus simple, de partage et de gratuité. Marqués par l'écoute de leurs cris et de leurs larmes, nous accueillons chaleureusement les paroles du Pape François :

“Beaucoup de frères et sœurs en Amazonie portent de lourdes croix et attendent la consolation libératrice de l'Évangile, la caresse de l'amour de l'Église. Pour eux, avec eux, nous marchons ensemble”.

Souvenons-nous avec gratitude de ces évêques qui, dans les catacombes de sainte Domitille, à la fin du Concile Vatican II, ont signé le Pacte pour une Église servante et pauvre. Nous nous souvenons avec vénération de tous les martyrs membres des communautés ecclésiales de base, des organismes pastoraux et des mouvements populaires, des leaders indigènes, des missionnaires hommes et femmes, des laïques et des laïcs, des prêtres et des évêques, qui ont versé leur sang en raison de cette option pour les pauvres, de la défense de la vie et de la lutte pour protéger notre Maison commune. À la gratitude pour leur héroïsme, nous joignons notre décision de poursuivre leur lutte avec fermeté et courage. C'est un sentiment d'urgence qui s'impose face aux agressions qui dévastent aujourd'hui le territoire amazonien, menacé par la violence d'un système économique prédateur et consumériste.

Devant la Très Sainte Trinité, devant nos Églises particulières, devant les Églises d'Amérique latine et des Caraïbes et devant celles qui sont solidaires avec nous en Afrique, en Asie, en Océanie, en Europe et dans le Nord du continent américain, aux pieds des Apôtres Pierre et Paul et de la multitude des martyrs de Rome, d'Amérique latine et surtout de notre Amazonie, en profonde communion avec le Successeur de Pierre, nous invoquons l'Esprit Saint et nous nous engageons personnellement et collectivement à :

1.   Assumer, face à l'extrême menace du réchauffement climatique et de l'épuisement des ressources naturelles, l'engagement à défendre la forêt amazonienne sur nos territoires et par nos attitudes. C'est d'elle que proviennent les dons de l'eau pour une grande partie de l'Amérique du Sud, la contribution au cycle du carbone et à la régulation du climat mondial, une biodiversité incalculable et une riche diversité sociale pour l'humanité et pour la Terre entière.

2. Reconnaître que nous ne sommes pas les propriétaires de notre mère la terre, mais ses fils et ses filles, formés par la poussière de la terre (Gn 2, 7-8), hôtes et pèlerins (1 Pt 1, 17b et 1 Pt 2, 11), appelés à être ses gardiens zélés (Gn 1, 26). À cette fin, nous nous engageons pour une écologie intégrale, dans laquelle tout est interconnecté, le genre humain et l'ensemble de la création, parce que tous les êtres sont filles et fils de la terre et sur elle plane l'Esprit de Dieu (Gn 1, 2).

3. Accueillir et renouveler chaque jour l'alliance de Dieu avec toute la création: «Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche.» (Gn 9, 9-10 et Gn 9, 12-17).

4. Renouveler dans nos Églises l'option préférentielle pour les pauvres, en particulier pour les peuples originaires, et garantir avec eux le droit d'être protagonistes dans la société et dans l'Église. Les aider à préserver leurs terres, leurs cultures, leurs langues, leurs histoires, leurs identités et leur spiritualité. Prendre conscience qu'elles doivent être respectées aux niveaux local et mondial et, par conséquent, encourager, avec tous les moyens à notre disposition, à les accueillir sur un pied d'égalité dans le concert mondial des peuples et des cultures. 

5. Par conséquent, dans nos paroisses, diocèses et groupes, tout type de mentalité et d'attitude coloniale, en accueillant et valorisant la diversité culturelle, ethnique et linguistique dans un dialogue respectueux avec toutes les traditions spirituelles.

6. Dénoncer toute forme de violence et d'agression contre l'autonomie et les droits des peuples originaires, leur identité, leurs territoires et leurs modes de vie.

7. Proclamer la nouveauté libératrice de l'Évangile de Jésus-Christ, en accueillant l'autre et le différent, comme ce fut le cas pour Pierre dans la maison de Corneille: «Vous savez qu’un Juif n’est pas autorisé à fréquenter un étranger ni à entrer en contact avec lui. Mais à moi, Dieu a montré qu’il ne fallait déclarer interdit ou impur aucun être humain.» (Ac 10, 28).

8. Marcher œcuméniquement avec les autres communautés chrétiennes dans l'annonce inculturée et libératrice de l'Evangile, et avec les autres religions et personnes de bonne volonté, en solidarité avec les peuples originaires avec les pauvres et les petits, dans la défense de leurs droits et dans la préservation de la maison commune.

9. Établir dans nos Églises particulières un style de vie synodal, dans lequel les représentants des peuples originaires, les missionnaires, les laïcs hommes et femmes, en vertu de leur baptême et en communion avec leurs pasteurs, ont une voix et un vote dans les assemblées diocésaines, dans les conseils pastoraux et paroissiaux, bref, en tout ce qui les concerne dans la gouvernance des communautés.

10. Nous engager à reconnaître d'urgence les ministères ecclésiaux déjà existants dans les communautés, exercés par des agents pastoraux, des catéchistes indigènes, des ministres - hommes et femmes - de la Parole, en valorisant en particulier leur attention aux plus vulnérables et exclus.

11. Rendre effectif dans les communautés qui nous sont confiées le passage d'une pastorale de la visite à une pastorale de la présence, en assurant que le droit à la Table de la Parole et à la Table de l'Eucharistie devienne effectif dans toutes les communautés.

12. Reconnaître les services et la véritable diaconie du grand nombre de femmes qui dirigent aujourd'hui des communautés en Amazonie, et essayer de les consolider avec un ministère adéquat de leaders féminins de communautés.

13. Chercher de nouveaux parcours d'action pastorale dans les villes où nous opérons, avec les laïcs et les jeunes comme protagonistes, en prêtant attention à leurs périphéries et aux migrants, aux travailleurs et aux chômeurs, aux étudiants, aux éducateurs, aux chercheurs et au monde de la culture et des communications.

14. Face à la vague de consumérisme, assumer un style de vie joyeusement sobre, simple et solidaire avec ceux qui ont peu ou rien ; réduire la production de déchets et l'utilisation du plastique ; encourager la production et la commercialisation de produits agro-écologiques ; utiliser les transports publics autant que possible.

15. Se placer aux côtés de ceux qui sont persécutés pour leur service prophétique de dénonciation et de réparation des injustices, de défense de la terre et des droits des plus petits, d'accueil et de soutien aux migrants et réfugiés. Cultiver de vraies amitiés avec les pauvres, visiter les personnes les plus simples et les malades, exercer un ministère d'écoute, de consolation et de soutien qui soulage et redonne espoir.

Conscients de nos fragilités, de notre pauvreté et de notre petitesse face à de si grands et si graves défis, nous nous confions à la prière de l'Église. Par-dessus tout, que nos communautés ecclésiales nous aident par leur intercession, leur affection dans le Seigneur et, quand cela est nécessaire, par la charité et la correction fraternelle.

Acceptons avec un cœur ouvert l'invitation du Cardinal Hummes à nous laisser guider par l'Esprit Saint en ces jours du Synode et en regagnant nos églises :

«Laissez-vous envelopper par le manteau de la Mère de Dieu, Reine de l'Amazonie. Ne nous laissons pas submerger par l'autoréférentialité, mais par la miséricorde devant le cri des pauvres et de la terre. Il faudra beaucoup prier, méditer et discerner une pratique concrète de communion ecclésiale et d'esprit synodal. Ce synode est comme une table que Dieu a dressée pour ses pauvres et Il nous demande de servir à cette table».

Célébrons cette Eucharistie du Pacte comme «un acte d'amour cosmique» «“Oui, cosmique! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde”. L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, “la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même”. C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création.» (Laudato Si’, 236).

 

Catacombes de Sainte Domitille

Rome, 20 octobre 2019

20 octobre 2019, 13:33
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