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L'espace et le temps ( suite 15)

Donne-moi la main

 

Tu me tournes la tête,

Mon manège à moi, c’est toi

Edith Piaf l’a chanté si souvent

Pour moi la vie va commencer

Avait répondu Johnny

 Puis ce fut donne-moi la main

 

À ce jour toi mon cœur

Tu me tournes la tête

Tes intrigues amoureuses,

Tes mots de circonstances

Tes promesses non tenues

Me bouleversent toujours

 

Ta maladie me tourmente

Tu oublies ce que tu veux

Est-ce volontaire ou pas

La comédie orchestrée

C’est ton manège à toi

Donne-moi la main

 

Ma candeur était

Ma candeur fut,

Ma candeur ne sera plus

 

 

Entends-tu au loin

 

Entends-tu au loin le train ?

Celui de l’habitude !

Il siffle son air de certitude,

Sans rien retirer de ses coutumes.

 

Pourtant un jour cela finira,

Une habitude se déplace,

Elle s’enferme dans la coutume,

Soudain, le crie de la liberté.

Entends-tu au loin l’appel ?

Il Répond à l’incertitude,

Tous ces instants pourraient,

Faire peur, du moins un instant.

 

Emprunter les ailes de la liberté.

Ne plus entendre au loin cet appel,

Le sifflet du train de nos habitudes,

S’adapter à l’heure du temps libre.

 

Ne serait-ce pas là l’espoir,

D’une vie meilleure sans obligation ?

La seule contrainte le respect d’autrui,

D’où qu’ils viennent, ou, ce qu’ils pensent.

  

 

L’ombre d'outre-tombe

 

L’ombre passe sur nos tombes

D’une voix qui vient d’outre-tombe.

L’onde de tristesse dans la pénombre

Glisse insidieusement sous l’ombre

D’un esprit volontairement sombre.

Le son du canon résonne dans l’ombre

De la nuit de ce souvenir immonde

 

L’ami à genou devant la tombe

Guette les murmures de sa blonde.

Il l’attend patiemment dans l’ombre.

Au pied de la stèle de Rosemonde

Il est là, devant ce qui fut, il s’effondre

« Pourquoi ne veux-tu pas me répondre ? »

Des feuillages frémissent pour confondre

 

Dans l’air glacial de la nuit.

L’Antéchrist est au rendez-vous de minuit

Prônant le message magnétique d’une truie

A l’apparence prometteuse d’une belle de nuit

Elle émerge promptement de la crypte

Son chant nuptial s’appelle Apocalypse

Pointe son doigt vers l’ancienne Égypte.

 

L’ombre fluorescente s’éclipse

En voyant les fidèles disciples

Agitant le drapeau du dogmatisme

La nuit quitte ce cataclysme.

Le soleil revêt la robe du futur

La Vérité devient jour, sa structure

Se rempli du flambeau des sculptures

 

 

Lorsqu’il y a un problème

 

Lorsqu’il y a un problème

Recherchons son dilemme

De devenir blême.

 

La colère hautaine

Ne résout ni la peine

Ni la peur, ni la haine

 

Cependant quand la crème

Sert de baume ce phénomène

Ce fait veine

 

Parmi les plus saines

Solution de l’extrême

Le carême.

 

Sur les rives de la Brème.

Pécher une brème

Est une chose suprême 

PETITES D’HISTOIRES

 

La récolte

La galoche eut recours

Au service du bon secours

A coup de calembours

Dans un grand discours.

 

Pour une pitance de son bourg

Il mesure le sillon du labour,

Sa récolte ? Des topinambours

Qu’il rythme au son du tambour.

 

Pourtant rien n’est dans le four

Pas même un petit four

C’est pourquoi au carrefour

Il bat son tambour dans une fourre

 

L'esprit de la sorcière

 

L’esprit de la sorcière

Rue traversière

Au son de la flute traversière

Engage une tapissière.

 

Elle affine sa rapière

Sa Gersoise dans la soupière

Elle ne respecte pas l’ouvrière

Parfois elle devient outrancière.

 

Devant la faune financière.

Ils lui sont une manne foncière

Ces clients assurés, si pédants, si fiers

La balayent à coup de serpillière

 

Gaspard est Bredouille

 

A midi Gaspard fut bredouille

Comme la verte grenouille.

Le chasseur sans dépouille

A l’assemblée chanta ses pouilles !

 

La gredine enfile les nouilles

L’aiguille se fait quenouille

La nouille craque s’épouille

Enfin elle se débarbouille

 

Elle ramasse, s’agenouille.

Se retrouve près de Gribouille

Ficelée, collée à une douille

Imitant une petite gargouille

 

Se faisant décor de citrouille

Devant sa blanche dépouille

Le chasseur ajoute un fenouil

A Vire, il savoure l’andouille

 

Lorsque la déveine

 

Lorsqu’arrive la déveine

La mégère met les chaînes

Aux pieds du chêne.

Elle ligote la sereine.

 

La licorne dans la plaine

Coure vers la fredaine

Il freine devant la sereine

Face à la belle mondaine

 

Licorne amoureux, la dédaigne

Une jeune pouliche châtaigne

Ses yeux candides l’atteignent

La belle se refuse en Sardaigne

 

Pauvre Licorne, la musaraigne

Ainsi que ses amis le plaignent

Son cœur de libertin saigne

Licorne, en tirât son enseigne

 

La déconfiture d'un chevalier 

 

Un chevalier sur le dos du rêne.

Se voyant preux, sans prendre les rennes

Crie son désarroi : Oh ma Reine !

Il verse dans la tombe de la reine

 

Quelle cocasse déconfiture

Il n’est même pas en  posture

Ce chevalier inique de la forfaiture

Fut son unique stupéfiante aventure

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