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Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

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Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

1832, une épidémie de choléra à Paris

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1832, une épidémie de choléra à Paris

En 1833 Anaïs Bazin publie L’Époque sans nom. Esquisses de Paris. Ce témoignage raconte l’épidémie de choléra qui survint à Paris l’année précédente. Le parallèle avec l’actualité de 2020 est saisissant.

Tout est dans le témoignage d’Agnès Bazin : l’incrédulité, la progression de la maladie, la méfiance vis-à-vis des autorités, le changement des habitudes, l’obsession, la compensation vers la cuisine, l’attente morbide et même l’hommage aux médecins. Pour faciliter la lecture, les extraits du livre ont été rassemblés par thème sans coupures entre les phrases.

« L’épidémie fut annoncée à l’avance. On nous avait fait suivre sur la carte sa marche rapide et menaçante. Le foyer était à Londres et le fléau voyageur n’était plus séparé de nous que par une mer étroite. Mais le Parisien ne saurait avoir peur du mal qu’il ne voit pas, lui qui s’habitue si facilement à ses misères. Comme l’épidémie se faisait attendre, il s’imagina qu’elle reculait devant ses calembours. Excellente race d’hommes qui ne trouve à se moquer que de la peste !

« Nous étions fin mars 1832. Une belle mais perfide journée de printemps. Il y avait de la gaité partout. Quand le Moniteur annonça que l’épidémie était à Paris. Comme le gouvernement affirmait qu’il avait pris toutes les précautions, les gens mouraient de peur. Ce fut pire lorsque les médecins publièrent leur charte de santé. Rien au monde n’entretient plus la crainte qu’une nomenclature de préservatifs et de précautions. Chaque minutie du régime préventif ramène la pensée au danger que l’on veut éviter.

« Le peuple ne voulait pas croire à l‘épidémie. A force de se voir toujours trompé, toujours déçu, il avait pris la résolution d’‘une défiance entêtée à tout ce qui porte un caractère d’autorité. Surtout lorsque venaient les formules rassurantes. Si la mortalité s’accroissait, c‘était bon signe, elle ne durerait pas. Si elle diminuait, c’est que le mal touchait à sa fin. Si elle remontait, c’était son dernier effort. C’était un langage de nourrice pour calmer un enfant.

« Bientôt, le choléra fut partout. Il fallait empuantir sa maison, démeubler sa chambre. On le sentait dans l’odeur du chlore. Il était dans les rues, dans les conversations, dans les rencontres entre amis. Il était embusqué derrière chaque boutique si vous n’achetiez pas des flacons, des pommades, des gants. De quelque côté qu’il vous plut d’aller, le choléra vous poursuivait .Les femmes surtout avaient pris l‘épouvante.

« L’épidémie poursuivait sans pitié sa récolte de morts. Elle trouvait un malin plaisir à ne pas se laisser comprendre. Les jours se passaient bien longs. Le matin on déployait en tremblant les journaux. Ce n’est pas la politique qu’on y cherchait. Une nouvelle insurrection n’aurait pas même trouvé de sympathie. Ce qu’on voulait, c’était le chiffre des morts.

« Tout le monde marchait dans la rue, inquiet. Ce qu’il y avait à craindre, c‘était la rencontre des cercueils, le char qu’on reconnait à l’air du cocher qui n’attend pas de pourboire.

« Malgré toutes ces tristes pensées, les journaux se remplissaient, la Bourse avait ses mouvements de baisse et de hausse, la politique ses espérances et ses mécomptes. Enfin, ce fut une grande affaire dans la réforme de la cuisine. Il n’est nul estomac chétif qui ne voulut s’affermir par des viandes succulentes.

« Il faudrait donner des couronnes civiques aux médecins. Si l’art a été plus faible que le mal, leur zèle a été immense, héroïque, admirable. Dans cette lutte généreuse contre un secret meurtrier de la nature, à côté des victimes, il s’est trouvé des martyrs. Ils ont attendu que la maladie se fut apaisée pour mettre à jour leurs débats et leurs modes divers de traitement. Chacun a travaillé de son mieux et chaque méthode s’enorgueillit de ceux qu’elle a sauvé.

« A la fin, moyennant un tribut de 20.000 morts, nous pouvons respirer et nous dire : « encore un fléau de passé ; à qui le tour maintenant ? »

Paris 1832 ? Paris 2020 ? C‘est sans doute plus joliment écrit qu’aujourd’hui. Pour le reste, pas une virgule n’est à changer.

 

Nicolas-Jean Brehon, conseiller honoraire du Sénat

 

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