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il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Matthieu 19,23-30.


En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux.
Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. »
Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? »
Jésus posa sur eux son regard et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »
Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.
Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

Méditation de l'Evangile du mardi 17 août

Nous avons tout quitté pour te suivre

L'amitié avec Jésus nous entraîne à quitter même ce qui nous tient le plus à cœur : pays, famille, amis, femme ou enfants. Pierre a magnifiquement traduit cela, après l'appel amical lancé par Jésus au jeune homme riche :« Pour nous, quittant ce que nous avions en propre, nous t'avons suivi » Et pour Pierre et les autres, ce n'était pas de la littérature, vraiment ils avaient tout « laissé » pour suivre la personne de Jésus.

L'amitié avec Jésus nous entraîne à quitter même ce qui nous tient le plus à cœur : pays, famille, amis, femme ou enfants. Pierre a magnifiquement traduit cela, après l'appel amical lancé par Jésus au jeune homme riche :

« Pour nous, quittant ce que nous avions en propre, nous t'avons suivi »

Et pour Pierre et les autres, ce n'était pas de la littérature, vraiment ils avaient tout « laissé » pour suivre la personne de Jésus.

Le Seigneur, dans sa réponse, souligne que cette amitié exclusive a pour but d'étendre le Règne de Dieu (Luc), de faire connaître son Nom et sa Bonne Nouvelle (Marc et Matthieu).

Elle ne rétrécira nullement les cœurs. Bien au contraire, elle les dilatera à la dimension du monde. Son amitié ne mutile pas l'homme car c'est « dans ce temps » déjà que l'ami du Seigneur, grâce à l'annonce même de son Nom, noue de multiples et extraordinaires amitiés. Le Christ grandit tout en nous, et notre affection, qui s'ordonne à la progression du Royaume, et notre intelligence qui s'éclaire à la lumière de la sagesse éternelle.

Et Jésus ajoute : cette amitié, non seulement vous enrichit « dans ce temps », mais encore plus « dans le siècle à venir », car elle vous apporte la Vie Éternelle.

« En vérité, Je vous dis que nul n'aura quitté maison, femme, parents ou enfants à cause du Règne de Dieu, qui ne reçoive plusieurs fois autant, dans ce temps, et dans les siècles à venir, la Vie Éternelle »

La parole de Pierre, face à cette amitié, à cette rencontre avec Jésus, a si bien correspondu à la démarche personnelle des apôtres, que les trois évangélistes, sans une bavure, nous rapportent le même texte :

« Pour nous, nous avons tout quitté et t'avons suivi. »

Luc ajoute : « Quittant tout ce que nous avions en propre » Il insiste avec raison sur l'aspect plus personnel du renoncement. Ce qui nous coûte, c'est justement d'abandonner ce qui est à nous, même s'il ne s'agit en fait, que d'une vieille barque et de vieilles rames. On ne réalise ce dépouillement que dans l'amour ou dans la mort.

Père Gabriel

 

 

Saint Jean de la Croix (1542-1591)
carme, docteur de l'Église

Avis et maximes, n°355-357, 362, éd. de 1693 (Œuvres; trad. P. Grégoire de saint Joseph; Éd. du Seuil 1945; p. 1233 rev.)


L'esprit de propriété ou la pauvreté dans l'Esprit ?


N'ayez pas d'autre désir que celui d'entrer seulement par amour du Christ dans le détachement, le vide et la pauvreté par rapport à tout ce qui existe sur la terre. Vous n'éprouverez pas d'autres besoins que ceux auxquels vous aurez ainsi soumis votre cœur. Le pauvre en esprit (Mt 5,3) n'est jamais plus heureux que lorsqu'il se trouve dans l'indigence ; celui dont le cœur ne désire rien est toujours à l'aise.

            Les pauvres dans l'Esprit donnent avec une grande générosité tout ce qu'ils possèdent. Leur plaisir est de savoir s'en passer en l'offrant par amour pour Dieu et pour le prochain (Mt 22,37s). (…) Non seulement les biens, les joies et les plaisirs de ce monde nous encombrent et nous retardent dans la voie vers Dieu, mais les joies et les consolations spirituelles sont elles-mêmes un obstacle à notre marche en avant si nous les recevons ou les recherchons avec un esprit de propriété.

Homélies du Père Gilbert Adam

« Jésus dit : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. »

Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux. » Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Il faut que nous vivions détachés de nos possessions et de notre volonté propre si nous voulons suivre celui qui n’avait « pas d’endroit où reposer la tête. » Jésus est venu « non pour faire sa volonté, mais pour faire la volonté de celui qui l’a envoyé. » Nous connaîtrons par expérience ce que la Vérité promet à quiconque abandonne tout et marche à sa suite : « Il recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. » Apres l’appel qui a été faite au jeune homme riche, Jésus s’adresse à ses disciples. Certes, il est peiné, mais serein et sans jugement. Jésus demeure dans la lumière de la réalité divine, il parle alors de la richesse qui apparaît comme un véritable obstacle pour avancer vers notre avenir. La richesse provoque ce retour sur nous-mêmes et sur nos biens qui nous alourdit et nous fait perdre tout dynamisme pour avancer dans la vie divine. La pauvreté, a contrario, le fait de ne pas posséder, apparaît comme une avancée vers le Royaume, elle nous permet d’aller vers ce que nous désirons. François d’Assise disait qu’il nous fallait aimer la pauvreté « comme une mère, » dame pauvreté. Notre vie est une marche vers une nouvelle naissance ! Cette naissance nouvelle est un amour offert à ceux qui le recherchent. Ceux qui ont suivi Jésus désirent s’alléger pour que la gloire du Seigneur, son nouvel amour pour le Royaume de Dieu, trouve en nous toute sa place.

"Jésus regarda ses disciples et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »​​​​​​​

Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu’est-ce qu’il y aura pour nous ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Nous pouvons nous demander quel est notre goût de la sécurité. Un trop grand attachement peut peser sur notre liberté et rendre difficile notre chemin vers Dieu. Notre richesse peut nous donner du réconfort, elle peut être pour nous la sécurité ! Jésus dira que notre évolution peut devenir très difficile : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » Le Royaume n’est pas de ce monde ! Les disciples restent avec les repaires d’un Royaume messianique, terrestre, de ce monde. Il ne nous est pas facile de faire cette conversion. Jésus est plein de tendresse et de miséricorde, il nous annonce qu’il y a un rapport entre ce que nous vivons maintenant et le Royaume annoncé !

"Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle. »​​​​​​​

Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers." Nous considérons que ce qui nous arrive, ce qui nous arrache à nos biens et à nos habitudes, peut nous permettre de retrouver notre liberté intérieure. Les pertes que la vie nous impose et qui sont douloureuses, peuvent être une grâce venant de Dieu. Alors qu’elles nous apparaissent injustes, elles peuvent nous aider à devenir ce que nous sommes en vérité. Il nous est proposé d’envisager avec bienveillance le fait de tout « perdre » pour suivre Jésus. Notre cœur allégé est capable d’être apte à aller vers le Royaume de l’Amour. Le Don de Dieu est fondamental pour le Royaume de l’Amour, le Don de soi y est Roi ! Il nous faut naitre à une nouvelle perspective du Don de Dieu des maintenant pour nous mettre à l’école de Jésus. « A la Nouvelle Naissance, lorsque le Fils de l’homme s’assiéra sur son trône de gloire, vous aussi vous serez assis sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. »

 Demandons la grâce de demeurer dans le regard d’amour de Jésus et de nous aider à faire ce pas si difficile de tout quitter, pour le suivre.

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