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Ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.  “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,43-49.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.
Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.
Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble.
Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite.
Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)
évêque, théologien et martyr

Contre les hérésies III, 24, 1-2 (trad. SC 211, p. 471 rev.)
Poser ses fondations sur le roc


La prédication de l'Église présente à tous égards une inébranlable solidité ; elle demeure identique à elle-même et bénéficie du témoignage des prophètes, des apôtres et de tous leurs disciples, témoignage qui englobe « le commencement, le milieu et la fin », la totalité du dessein de Dieu infailliblement ordonnée au salut de l'homme et fondant notre foi. Dès lors, cette foi que nous avons reçue de l'Eglise, nous la gardons avec soin. (...) C'est à l'Église en effet qu'a été confié le « don de Dieu » (Jn 4,10) — comme le souffle avait été confié au premier ouvrage que Dieu avait modelé, Adam (Gn 2,7) — afin que tous les membres de l'Église puissent y avoir part et par là être vivifiés. C'est en elle qu'a été déposée la communion avec le Christ, c'est-à-dire l'Esprit Saint, arrhes du don de l'incorruptibilité, confirmation de notre foi et échelle de notre ascension vers Dieu : « Dans l'Église, écrit saint Paul, Dieu a placé des apôtres, des prophètes, ceux qui sont chargés d'enseigner » et tout le reste, par l'action de l'Esprit (1Co 12,28.11). 

            Car là où est l'Église, là aussi est l'Esprit de Dieu  et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce. Et l'Esprit est Vérité (1Jn 5,6). C'est pourquoi ceux qui s'excluent de lui ne se nourrissent pas non plus aux mamelles de leur Mère pour recevoir la vie et n'ont point part à la source limpide qui coule du corps du Christ (Jn 7,37), mais « ls se creusent des citernes fissurées » (Jr 2,13). (...) Devenus étrangers à la vérité, il est fatal qu'ils roulent dans l'erreur et soient ballottés par elle, qu'ils (...) n'aient jamais de doctrine fermement établie, puisqu'ils veulent être raisonneurs de mots plutôt que disciples de la vérité. Car ils ne sont pas fondés sur le Roc unique, mais sur le sable.

Méditation de l'Evangile
du samedi 11 septembre

« Tenez-vous en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais au dedans sont des loups rapaces » Et Jésus nous donne le moyen de les discerner : « Vous les reconnaîtrez d'après leurs fruits. Récolte-t-on des raisins sur les épines et des figues sur les ronces ? »

 

Jésus nous recommande une grande liberté d'esprit face aux faux prophètes de tous poils.

« Tenez-vous en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais au dedans sont des loups rapaces »

Et Il nous donne le moyen de les discerner : « Vous les reconnaîtrez d'après leurs fruits. Récolte-t-on des raisins sur les épines et des figues sur les ronces ? »

Il sait, à partir d'images très simples, rendre son enseignement inoubliable : le loup vêtu de la peau de brebis, épines et raisins, ronces et figues. Non seulement Il possède des idées nouvelles, capables de transformer le monde, mais Il sait les faire passer dans les cœurs au moyen d'images très évocatrices.

Jésus, dans ce passage, semble faire allusion, entre autres, à l'éducation. Pour Lui, l'homme n'est pas essentiellement bon. Il le devient, et par sa liberté bien employée, et par la grâce de Dieu. Une bonne éducation justifie toutes les espérances :

« Ou rendez l'arbre bon, et son fruit bon ; ou rendez l'arbre méchant, et son fruit méchant : car l'arbre se reconnaît au fruit ! »

Il y a, soulignée ici la responsabilité de tous les éducateurs qui rendent l'arbre bon ou mauvais… Les adultes peuvent faire leur examen de conscience, lorsque dans un pays, la jeunesse qu'ils ont formée, leur donne beaucoup de fil à retordre : l'arbre se reconnaît à son fruit.

Voici trois autres principes de Jésus, utiles, à méditer eux aussi.

« Tout arbre qui ne fait pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu »

Il veut notre perfection sous peine de condamnation. Il croit donc à l'enfer, même s'il est difficile de préciser exactement, à travers une comparaison, ce qu'est l'enfer. Ce qui est sûr, c'est qu'Il y croit et qu'Il l'affirme, sans description tragique. Mais la simple affirmation du Fils de Dieu, Lui la bonté même, n'est-elle pas déjà tragique lorsqu'il s'agit de l'enfer ?

« L'homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et l'homme mauvais tire de mauvaises choses de son fond : car la bouche parle de la surabondance de son cœur »

« C'est d'après tes paroles que tu seras déclaré juste, et d'après tes paroles que tu seras condamné »

Jésus nous avertit, c'est surtout notre langue qui est la grande ouvrière de notre condamnation. Il est si difficile de garder sa langue

Père Gabriel

 Homélies du Père Gilbert Adam

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon 

"Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit."
 

Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. Notre humanité est capable de recevoir et d’agir avec la grâce de Dieu. Mais elle est complexe, car elle est également déchue. Nous pouvons faire de grandes choses mais nous sommes portés au péché qui est le fruit pourri d’un arbre malsain, de par le péché passé. La création obéit à la nature qui lui a été donnée par Dieu. Nous avons le choix de coopérer dans la direction et la bonté de notre vie. Notre foi exige dans notre vie une action qui soit en vérité et en lumière pour porter de bons fruits. Il nous faut prendre des mesures positives pour porter un bon fruit en participant activement à la grâce de Dieu. Le fond de notre nature est bon, et nous sommes capables de produire de beaux fruits. Habités par la présence de Dieu nous sommes orientés vers le bien. Au cœur même de nos détresses, nous faisons confiance à ce qui surgit en nous, comme un appel à la vie. Notre vie contient une promesse de bénédiction qui nous aide à devenir davantage ce que nous sommes dans le grand projet de Dieu.

"L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. 

Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? Le projet de Dieu nous dépasse, nous sommes invités à la confiance. Nous découvrons, en avançant dans la vie, des forces de résistance pour adhérer au mystère de Jésus. La mise en pratique des promesses des béatitudes nous parait parfois bien difficile. Nous pouvons nous trouver sans confiance et sans goût pour avancer. L’expérience nous donne, à travers un cheminement patient et humble, de recevoir la parole et de la mettre en pratique. La Parole de Jésus nous aide à recommencer sans cesse. Par le baptême, nous avons été greffés en lui et nous avons repris vie. Notre vie reprend alors une réelle consistance qui nous éclaire et nous réconforte. Nous voulons mener avec Jésus une vie cachée aux yeux du monde, une vie en profondeur. Portant le désir de manifester Jésus qui nous a aimé, nous lui rendons grâce pour tout ce qu’il nous a donné. Notre vie reprend Corps dans le Christ et l’amour que Dieu nous donne porte de bons fruits.

"Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble." 

 Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. » Nous voulons construire notre vie sur la base solide qui est le Christ. Nous ne pouvons pas espérer trouver notre salut en approuvant simplement ce que Jésus nous révèle et attendre qu’il fasse tout pour nous. Nous allons travailler avec lui, par sa Croix « Il a creusé très profond. » A travers les tribulations, c’est par une succession d’efforts, que peu à peu, nous sommes conduits à une meilleure connaissance de nous-mêmes. Nous demandons d’être sans cesse avec Jésus dans une relation plus simple et plus vraie. C’est le chemin qui nous rend capable d’être simplement ce nous sommes, comme nous sommes, pour marcher en vérité avec lui. Creuser très profond nous fait rejoindre notre pauvreté. Nous laissons notre être se tourner vers Jésus, prendre appui sur notre foi pour pénétrer davantage son mystère. Mu par l’Esprit Saint qui travaille au milieu de nos épreuves nous bâtissons notre maison sur le roc.

Demandons à Notre Père la grâce de grandir en espérance, pour rendre grâce à tout ce qu’il a déjà fait et qu’il continue à faire en nous.

 

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