Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 8,27-35.


En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples :
« Au dire des gens, qui suis-je ? »
Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »
Et lui les interrogeait :
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre, prenant la parole, lui dit :
« Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.
Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre :
« Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit :
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)
moine trappiste espagnol

Écrits spirituels 03/04/1938 (trad. Ange Rodriguez; Éd. du Cerf 2008, p. 396)
 

« Si quelqu'un veut marcher derrière moi..., qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive »
Comment exprimer ce que mon âme a ressenti quand, de la bouche d'un saint prélat, elle a entendu ce qui est déjà ma folie, ce qui me rend absolument heureux dans mon exil..., l'amour de la Croix ! (...) Qui me donnerait le langage du roi David pour pouvoir exprimer les merveilles de l'amour à la Croix ? (...)

            Oh, la Croix du Christ !... que peut-on dire de plus ? Je ne sais pas prier, je ne sais pas ce qu'est être bon..., je n'ai pas l'esprit religieux, car je suis plein du monde... Je ne sais qu'une chose, une chose qui remplit mon âme de joie, tout en me voyant si pauvre en vertus et si riche en misères ; je sais seulement que j'ai un trésor que ne changerais pour rien ni pour personne..., ma Croix, la Croix de Jésus, cette Croix qui est mon seul repos ! Comment expliquer cela ? Celui qui ne l'a pas expérimenté ne peut nullement soupçonner de quoi il s'agit.

            Ah, si tous les hommes aimaient la croix du Christ !... Si le monde savait ce que c'est que d'embrasser pleinement, vraiment, sans réserve, en folie d'amour, la Croix du Christ ! (...) Combien de temps perdu en causeries, dévotions et exercices qui sont saints et bons, mais ne sont pas la Croix de Jésus, ne sont pas ce qu'il y a de meilleur ! (...)

            Pauvre homme qui n'es bon à rien, qui ne sers à rien, (...) qui traînes ta vie, suivant comme tu peux les austérités de la Règle, te contentant de cacher en silence tes ardeurs, aime à la folie ce que le monde méprise parce qu'il ne le connaît pas, adore en silence cette Croix, qui est ton trésor, sans que personne s'en aperçoive ! Médite en silence devant elle les grandeurs de Dieu, les merveilles de Marie, les misères de l'homme (...) Continue ta vie toujours en silence, aimant, adorant et t'unissant à la Croix... Que veux-tu de plus ? Savoure la Croix, comme a dit ce matin Monseigneur l'évêque... Savourer la Croix !...

Méditation de l'Evangile du dimanche 12 septembre 2021

La confession de saint Pierre

Jésus, donne à ses amis le fantastique pouvoir de libérer les hommes du péché et de leur donner sa paix. Les apôtres et leurs successeurs lient et délient les hommes de leurs fardeaux pour leur faire dépasser les misères de la condition humaine et les introduire dans la vraie vie.

Après avoir demandé aux siens ce que la foule pense de Lui. “Il leur dit : mais vous, qui dîtes-vous que Je suis ? “ Après trois ans d'amitié et de vie commune, que disent-ils de Lui ?

Et cette question, un jour, c'est à chacun d'entre nous qu'Il la pose : “Mais vous, qui dîtes-vous que Je suis ?”

Notre intimité des Ecritures nous permet-elle à notre tour de répondre : “Tu es le Christ, le Fils de Dieu Vivant” ?

N'oublions pas la remarque de Jésus à Pierre. Cette découverte ne relève pas uniquement de notre approche personnelle du Christ ni d'une étude purement critique des textes, mais du Père qui nous le révèle.

“Prenant la parole, Jésus dit à Pierre : tu es bienheureux, Simon Bariona, car ce n'est pas la chair et le sang qui te l'ont révélé, mais mon Père qui est dans les cieux” .

Au cri ému de Pierre : “Tu es le Christ, le Fils de Dieu Vivant !”, répond le cri encore plus ému de Jésus établissant son Eglise, sur cette amitié :

“Et moi Je te le dis que tu es “Pierre” et que sur cette pierre Je bâtirai mon Eglise, que les Portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre elle ! “

L'oeuvre du Salut va reposer entièrement sur les Douze. Il leur donne d'ailleurs l'étonnant pouvoir d'ouvrir nos esprits et nos coeurs au Royaume : “Je te donnerai les clefs du Royaume “

Le monde moderne qui rejette ce pouvoir donné à des hommes, s'invente d'autres pouvoirs tyranniques pour se libérer de ses angoisses. Les “psy” y fleurissent, tout comme les “dames soleil”. Il ne s'agit pas ici de nier l'intérêt et l'utilité des sciences humaines, mais d'en connaître les limites et, à travers elles, de ne pas nous donner des maîtres tyranniques, aux dogmes intangibles.

Autres tyrans du monde actuel, les idéologies politiques qui, elles aussi et bien plus, annexent tout pouvoir pour faire des hommes des esclaves. L'Etat moderne est plus dévorant que les Moloch, et cela qu'il soit de droite ou de gauche.

Mais Lui, Jésus, donne à ses amis le fantastique pouvoir de libérer les hommes du péché et de leur donner sa paix. Les apôtres et leurs successeurs lient et délient les hommes de leurs fardeaux pour leur faire dépasser les misères de la condition humaine et les introduire dans la vraie vie.

Le rôle du prêtre, directeur de conscience, vient de cette promesse : “Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux. Et ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux; et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux”

Père Gabriel

Homélies du Père Gilbert Adam

Jésus les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »

Jésus s’en alla avec ses disciples vers les villages situés dans la région de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il les interrogeait : « Pour les gens, qui suis-je ? »

Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » A la question de Jésus à ses disciples, il nous faut répondre maintenant. Quelle image nous faisons-nous de Dieu ? Les psaumes nous donnaient déjà une idée de Dieu : « Il a délivré son Peuple des filets de la mort. » Jésus a fait marcher le boiteux, il a guéri l’aveugle, ceux qui étaient dans la tristesse, l’angoisse et la souffrance ont retrouvé l’espérance d’un secours. Jésus a accompli cette Parole il a libéré les souffrants, il les a délivré de la maladie. Il a relevé l’enfant de la mort, il est descendu jusque dans nos enfers pour y arracher pour nous les racines du mal. À la question de Jésus, les apôtres n’ont pas de réponse unifiée, car la réponse finale à cette question est l’identité du Messie et l’identité de Dieu même. Malgré les apparences et la diversité des réponses, une force mystérieuse est à l’œuvre. Nous n’approchons de cette réponse que de manière négative, en mourant à notre vision ancienne des choses et des personnes, en nous laissant continuellement transformer par la vie. « Si quelqu’un veut garder sa vie intacte, dit Jésus, il finira par la perdre. Celui qui accepte de mourir à sa vie actuelle à cause de moi et de l’Évangile, celui-là connaîtra la libération. » Ce que l’évangile de ce jour nous dit d’extraordinaire, c’est que nous arriverons tous à cette connaissance à laquelle Jésus veut que nous accédions. Il nous suffit de laisser la vie nous transformer, jour après jour, pour connaître la libération.

Jésus les interrogeait de nouveau : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prend la parole et répond : « Tu es le Messie. »

Il leur défendit alors vivement de parler de lui à personne. Et, pour la première fois, il leur enseigna qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus pose la question à ses disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Pierre donne une réponse percutante qui semble tellement meilleure que celle donnée par les gens de son entourage qui le voient comme un prophète : « Tu es le Christ, le oint de Dieu ou Messie. » Cette réponse reflète cependant une incompréhension de ce qu’est vraiment Jésus pour lui, donc, en même temps, une incompréhension de qu’est vraiment Dieu. Pierre appartient à une génération de croyants, ou Dieu est perçu comme le Maître du monde et de l’histoire. Celui qui influence et contrôle les événements, Celui qui récompense les bons et punit les méchants, Celui à qui tout hommage et toute action de grâce doivent être rendus. Cette perception que Jésus est le Messie comme le fait Pierre, va devoir évoluer dans son cœur et son esprit. Ce Messie doit rétablir le royaume de David, un royaume où enfin les lois de Dieu ainsi que ses fidèles triompheraient. Pierre, comme chacun de nous, sera confrontés à la dureté de la vie, à la souffrance et à la mort, il se rendra compte qu’une partie de cette vision est faussée. Jésus dévoile un secret d’amour, pour la première fois il enseigne : "Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup qu’il soit rejeté ! Il sera tué et le troisième jour il ressuscitera." Il se révèle, dans l’humanité, une Révélation étonnante de l’image de Dieu qui est Amour.

Jésus disait cela ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.

 Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera. Pierre fera un chemin d’intériorité. Il comprendra alors que Jésus est descendu jusqu’au fond de la misère de notre humanité. C’est après, qu’il suivra Jésus envers et contre tout. Nous comprenons aujourd’hui que c’est progressivement que Pierre comprend à quel point Dieu nous aime. Nous ne sommes pas encore au temps ou Jésus ressuscité demande à Pierre au bord du lac d’apporter du poisson. Jésus avait préparé le repas pour ceux qui n’avaient rien péché pendant la nuit ! Maintenant il nous demande de voir ce qui est beau en nous. Il est venu nous redonner la vie. Il y a un changement de perspective dans l’image que nous avons de Dieu. Jésus qui nous a sauvés nous invite à marcher à sa suite, à entrer dans sa victoire qui sauve l’humanité, dans le plus grand amour. Jésus, le premier, a été soumis au plus cruel esclavage, jusqu’à être trouvé maudit sur la croix. Il n’y a rien de plus merveilleux que la suite de Jésus, c’est un acte d’amour libre.

Demandons la grâce de rejoindre Jésus sur son chemin par lequel il nous sauve et de toujours le suivre.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :