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Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 10,35-45.


Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)
théologien dominicain, docteur de l'Église

 

Conférence sur le Credo, 6 (Livre des jours – Office romain des lectures ; trad. P. Roguet; Éd. Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame ; © AELF Paris 1976 ; 28 janv.)


« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur »


Quelle nécessité y avait-il à ce que le Fils de Dieu souffre pour nous ? Une grande nécessité, que l'on peut résumer en deux points : nécessité de remède à l'égard de nos péchés, nécessité d'exemple pour notre conduite. (...) Car la Passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie. (...) Si tu cherches un exemple de charité : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). (...) Si tu cherches la patience, c'est sur la croix qu'on la trouve au maximum. (...) Le Christ a souffert de grands maux sur la croix, et avec patience, puisque « couvert d'insultes il ne menaçait pas » (1P 2,23), « comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvrait pas la bouche » (Is 53,7). (...) « Courons donc avec constance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix » (He 12,1-2).

            Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. Car un Dieu a voulu être jugé sous Ponce Pilate et mourir. (...) Si tu cherches un exemple d'obéissance, tu n'as qu'à suivre celui qui s'est fait obéissant au Père « jusqu'à la mort » (Ph 2,8). « De même que la faute commise par un seul, c'est-à-dire Adam, a rendu tous les hommes pécheurs, de même tous deviendront justes par l'obéissance d'un seul » (Rm 5,19). Si tu cherches un exemple de mépris pour les biens terrestres, tu n'as qu'à suivre celui qui est le « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (1Tm 6,15 ; Col 2,3) ; sur la croix il est nu, tourné en dérision, couvert de crachats, frappé, couronné d'épines, et enfin, abreuvé de fiel et de vinaigre.

 

Méditation de l'évangile

du père Gilbert

La demande démesurée des fils de Zébédée

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45

Pour Jésus, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfant et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

A travers l'Evangile, Jésus s'attaque très souvent aux deux racines du péché, source de tant de désordres dans notre société : la cupidité et un appétit démesurés de pouvoir et de puissance. D'ailleurs, l'Evangile est remplie de son opposition courageuse face aux prétentions des gens en place, qui tentent de mille manières de s'assujettir leurs semblables. Rappelons-nous ses démêlés avec les pharisiens, les scribes, les docteurs de la Loi, les sadducéens, les hérodiens ….

Il le souligne à diverses reprises à ses contemporains, on peut même se servir des traditions religieuses pour exercer un empire tyrannique sur les âmes. Jésus ne se génera pas pour dénoncer cette imposture et libérer les coeurs. Ses guérisons le jour du sabbat sont une provocation calculée devant de tels abus de pouvoir.

” Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat “

Ne faisons pas de Jésus un anarchiste, ce serait ridicule. Il est Roi et Il le sait. Il est Seigneur et Maître.

” Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous dites bien car je le suis.”

Il possède autorité et pouvoir, mais Il en use toujours au bénéfice des pêcheurs, des malades, des mal-aimés. Son pouvoir est bénéfique.

Jésus connaît donc ce que représente le pouvoir : un service dont malheureusement  nous pouvons abuser en le détournant à notre profit personnel. Il a su éviter la griserie du pouvoir. Le soir de la multiplication des pains, les siens ont voulu le faire roi, mais Il a su calmer les foules, forcer les apôtres à embarquer, et à travers la mer, abandonner aussi leurs rêves de gloire. Aussi, lorsque les fils de Zébédée, Jacques et Jean, appuyés par leur mère, viendront Lui demander les premières places dans son Royaume, l'accueil sera-t-il assez frais :

“Vous ne savez pas ce que vous demandez”.

Le Royaume de Dieu n'est pas une affaire de réussite humaine, les introductions, les recommandations, rien de tout cela ne joue plus ici. C'est le Père qui, dans son amour, prédestine les hommes à cet amour insensé, et les plus petits, les plus déshérités sont les préférés de son coeur. Aussi n'exaucera-t-Il pas la demande de cette mère ambitieuse :

“Mais quant à être assis à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; c'est pour ceux à qui cela est destiné par mon Père”.

Que ses fils ne se donnent donc pas à Lui pour les premières places, car à ses yeux, rien n'est plus ambigu que le pouvoir. Par contre, Il les engage sur la voie mystérieuse, choisie pour le Fils de l'homme, la voie du service et de la souffrance acceptée :

“En effet, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour le salut d'une multitude”.

Luc ajoute cette précision au texte de Marc : “Il y eut aussi une rivalité parmi eux : lequel d'entre eux pourrait passer pour le plus grand”

Nous connaissons cette comédie des “grands” dans le monde politique. Les “grands” et ceux qui voudraient bien l'être. Jésus à cette occasion va redire aux siens ce que Lui pense de cette fameuse grandeur et excellence personnelle. Dans un geste amical, Il les rassemble près de Lui et leur parle :

“Les rois des nations s'en rendent les maîtres. Leurs princes reçoivent le nom de “bienfaiteurs”

Je ne sais si ses apôtres ont perçu l'ironie impitoyable de ses paroles. Il y a un humour noir à nous dire que ceux qui pressurent les peuples en sont appelés “bienfaiteurs”.

Jésus s'inscrit donc en faux contre la sagesse des malins. Il livre alors aux siens ses principes d'action. Ils vont à l'encontre de la loi du plus fort ; à l'encontre de l'orgueil qui veut dominer, s'imposer, exploiter.

“Quant à vous, n'agissez pas ainsi, mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune et que le chef soit comme celui qui sert”.

Face au pouvoir que l'on exerce, sa Sagesse à Lui c'est de servir les autres. Il s'oppose donc à la mentalité courante, à toute manière de s'imposer. Lui, le Fils se fait le serviteur de tous. ” En effet, au milieu de vous, Je suis comme celui qui sert”.

Pour Lui, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfants et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

Il n'y a pas de communauté chrétienne possible, si nous ne demandons pas à Dieu de cette attitude tyrannique que nous adoptons souvent vis à vis de nos frères. Prétention ridicule où notre moi se veut toujours premier et “roi-bienfaiteur”

Rappelons-nous l'humour du Seigneur, laissons tomber nos grandeurs et soyons simplement “celui que sert”.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Jésus disaient : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »

Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jacques et Jean suivent Jésus. Jean est le disciple que Jésus aimait, Jacques sera le premier Apôtre martyr. Il y a une relation forte entre les deux frères ! Moyennant la complicité de leur mère, ils cherchent une place dans le Royaume ! Ils se sentent en harmonie avec les paroles et les gestes de Jésus, ils ont vraiment envie d’être tout proches de lui, et ils le manifestent. La réponse de Jésus, d’un grand réalisme, est importante pour nous : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Jésus introduit un paramètre que les Apôtres n’avaient pas imaginé : Celui de la souffrance de sa Passion. Dans leur générosité, les deux Apôtres répondent : "Oui, nous le pouvons." Jésus confirme que ce sera bien ainsi. Mais Jésus ajoute : « Quant à siéger à ma droite et à ma gauche », c’est mon Père qui le donne. Jésus se situe en humble serviteur, il n’a pas le pouvoir de dire qui sera à sa droite et à sa gauche dans son Royaume.

"Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »" 

Ils lui disaient : Nous le pouvons. Jésus répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. » Jésus est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu dit l’apôtre Jean. Le monde ne reçoit pas les pauvres, les souffrants et les petits qui sont les prophètes du Royaume. Suivre Jésus, c’est porter les cris de l’humanité, c’est se laisser déranger ! La coupe de Jésus nous aide à regarder la coupe de nos frères, elle est très amère. Le Royaume de l’amour est totalement gratuit. Jésus dit : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » C’est entrer dans le mystère de la compassion pour suivre Jésus rejeté et bafoué qui prend sur Lui la souffrance de l’humanité avec Marie. Dieu n’a pas créé la souffrance, elle est là, à cause de la jalousie du menteur. Marie, la mère de Jésus, sera touchée par la souffrance de Jésus d’une manière unique, elle est la première qui a été baptisée dans la Passion de Jésus. La compassion de son cœur est sa réponse à l’amour infini de Dieu.

Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean.

Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Marie sera la première à nous indiquer le chemin de Jésus, à participer à sa Croix. La première, elle est entrée dans la faiblesse ! Tout a commencé pour elle par la joie du Don de Jésus à Noel, dans la toute petitesse et dans une pauvreté extrême. La joie de Marie nous est présentée dans son Oui à l’Amour, d’une manière que nous ne pouvons pas concevoir. Jésus prend la comparaison du monde pour les autres Apôtres qui s’indignent : « Regardez le monde, ne faites pas comme lui. » Marie va devenir la mère du Fils unique de Dieu, elle va s’offrir avec lui ! Marie participe ainsi à l’enfantement d’un monde nouveau. Dieu est dans une joie étonnante de nous donner la vie, Mais il lui faut passer par la douleur de Jésus : « La femme qui enfante, est dans la douleur, mais quand l’enfant est né, elle est toute à la joie de l’enfant qui est né. » Nous devons faire ce passage jusqu’à la joie du Père, à la résurrection de Jésus.

Prions

Seigneur donne-nous le courage et la grâce de suivre Jésus dans les mystères joyeux, dans les mystères douloureux et jusque dans sa gloire. Amen

 

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