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« L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,39-48.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer,
alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille

De la chasteté, chap. VI ; SC 54 (Conférences VIII-XVII ; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958 ; p. 129-131)


« Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur » (Ps 39, 2 Vg)


Le remède le plus efficace pour le cœur humain, c’est la patience, selon le mot de Salomon : « L’homme doux est le médecin du cœur. » (Pr 14,30 LXX) Ce n’est pas seulement la colère, la tristesse, la paresse, la vaine gloire ou la superbe qu’elle extirpe, mais encore la volupté, et tous les vices à la fois : « La longanimité, dit encore Salomon, fait la prospérité des rois. » (Pr 25,15 LXX) Celui qui est toujours doux et tranquille, ni ne s’enflamme de colère, ni ne se consume dans les angoisses de l’ennui et de la tristesse, ni ne se disperse dans les futiles recherches de la vaine gloire, ni ne s’élève dans l’enflure de la superbe : « Il y a une paix surabondante pour ceux qui aiment le nom du Seigneur, et rien ne leur est une occasion de chute. » (Ps 118, 165 Vg) En vérité, le Sage a bien raison de dire : « L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

            Mais jusqu’à ce que nous obtenions cette paix solide et durable, nous devons nous attendre à de multiples assauts. Souvent, il nous faudra redire dans les larmes et les gémissements : « Je suis devenu misérable et je suis affligé sans mesure, tout le jour je vais accablé de tristesse, parce que mes reins ont été remplis d’illusions » (Ps 37, 7-8 Vg) (…) Jusqu’à ce que l’âme soit parvenue à l’état de la pureté parfaite, elle passera fréquemment par ces alternatives, nécessaires à sa formation ; tant qu’enfin la grâce de Dieu comble ses désirs, en l’y affermissant pour jamais. Alors, elle pourra dire en toute vérité : « Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur, et il m’a regardée. Il a exaucé ma prière, et il m’a retirée de la fosse de la misère, de la fange du bourbier ; il a dressé mes pieds sur le rocher, il a affermi mes pas ! » (Ps 39, 2-3 Vg)

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

Veillez ...

"Veillez donc, car vous ne savez pas quand doit venir le maître de la maison ; tard ? Vers minuit ? Au chant du coq ? Ou au matin ? De peur que, venant à l'improviste, il ne vous trouve endormis. Or, ce que Je vous dis, à tous, Je le dis : Veillez !"

Alors, Pierre lui pose une question, que Marc a peut-être résumée dans le passage que nous venons de lire, mais que Luc explicite.

L'apôtre, lui dit Jésus en clair, a une grande responsabilité. Il lui a été donné beaucoup, et il devra rendre compte de beaucoup, mais surtout, c'est lui qui donne la nourriture au peuple de Dieu. Qu'il ne l'oublie pas.

La place est bonne et plus d'un se laissera aller à la facilité, et même à l'ivrognerie. Mais, souligne Jésus dans le texte de Marc, cela regarde aussi chacun : "Veillez !"

Pierre dit à Jésus : Seigneur, est-ce pour nous que Tu dis cette parabole ou aussi pour tous ?

Et le Seigneur dit :
" Quel est donc l'intendant fidèle, prudent, que le maître établira sur tout son domestique pour distribuer au moment voulu la ration de froment ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera agissant de la sorte ! Vraiment, Je vous dis qu'il l'établira sur tout ce qui lui appartient.

Mais si ce serviteur dit en son coeur : Mon maître tarde à revenir et s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire, et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas ; et il le retranchera et le placera parmi les infidèles"

Cette mise en garde aux apôtres nous concerne tous. Celui qui donne la Parole du Seigneur risque : ou bien de se prendre au sérieux alors qu'il ne fait que distribuer l'étonnante Parole qui n'est pas la sienne, ou bien de profiter de la situation dans le domaine matériel, ou bien d'abuser de l'autorité spirituelle que lui confère la Parole pour devenir un tyran insupportable.

Jésus souligne à Pierre que nous pouvons user en bien ou en mal de notre liberté.

Jésus nous confie sa Parole, illuminée par la lumière de la foi. Mais nous pouvons la recevoir ou la rejeter, tel est le sens de la parabole de l'intendant fidèle ou infidèle. Jésus insiste : nous connaissons la volonté du Père, tout l'Evangile nous la cite, après la voix de notre conscience. Mais libre à nous d'y conformer, oui ou non, notre action.

Pour Jésus, nous sommes libres et responsables de nos actes selon notre conscience et la connaissance qu'elle apporte.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

« Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. »

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus nous demande la vigilance pour nous et en particulier pour ceux qui ont une responsabilité sur leurs frères. Quand on voulait cambrioler une maison à cette époque, on passait derrière la maison, on faisait un trou dans le mur et on prenait ce qui était dans la maison. C’étaient d’autres mœurs et d’autres habitudes. Ne pas laisser percer le mur de notre maison intérieur, c’est être attentif à l’époux qui vient. Jésus rappelle cette vigilance car nous ne savons pas à quel moment notre vie terrestre s’arrêtera, à quel moment sera la fin de notre existence. La comparaison entre le Fils de l’homme, qui nous rappelle à Lui quand Il veut, et le voleur qui se garde bien de nous prévenir de sa visite, frappe les esprits. Jésus est toujours l’invité de notre maison, dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour nous l’attendons. Nous sommes le lieu de Dieu, et nous sommes en vigilance pour que l’accusateur des frères ne fasse pas en nous ou par nous un travail de destruction. Il est le « voleur » de cet Evangile. La parole de Dieu nous donne ainsi un message bien important car elle nous fait regarder l’unité de notre vie ! Notre langue peut parler de Dieu, le bénir, l’aimer dans son amour infini, car nous sommes au service de la louange de Dieu, mais nous sommes aussi soucieux de faire une place dans notre cœur pour nos frères.

"Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ?" 

Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Jésus ne répond pas directement à la question de Pierre car elle s’adresse à tout le monde. Il fait prendre conscience que ceux qui ont été choisis par Lui pour être ses disciples, sont des hommes investis de responsabilités spirituelles importantes et ils ne doivent qu’en être plus vigilants. Ce message de Jésus s’adresse aux hommes et aux femmes de notre temps, à tous les baptisés, et à fortiori à tous ceux et celles qui exercent une responsabilité pastorale dans l’Eglise. Avec quelle humilité et en même temps avec quelle vigilance ils entendent exercer leur responsabilité. Humilité, parce sans les dons de l’Esprit Saint, sans la maternité divine de Marie, la protection de Saint Joseph, ils seraient incapables de faire face. Nous sommes le « lieu » de l’amour infini de Dieu. Nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque Dieu est au cœur de notre vie. C’est quand la Parole et l’amour infini de Dieu nous habitent que nous sommes vraiment nous-mêmes.

« Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. »

Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous demande la vigilance, car les grâces d’état qu’Il donne à tous ceux qu’Il a investis de responsabilités pastorales, sont au service de leurs frères. Nous prenons progressivement conscience de la difficulté de nos charges, des tentations et des pièges que nous tend l’Adversaire, l’esprit du mal, l’ennemi de la nature humaine. L’intendant fidèle aura une récompense qui le comblera. Pour bâtir la civilisation de l’amour, nous nous mettons au service de l’amour infini de Dieu. Suspendu à l’Esprit Saint, nous serons prêts pour l’œuvre de Dieu, elle se fera au-delà de nous-mêmes. L’Esprit Saint nous est donné pour que nous soyons tout à notre travail. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Comme il faut un bon pain pour l’Eucharistie et un vin véritable pour célébrer la Messe, ainsi notre quotidien est disponible pour que l’œuvre de Dieu se fasse au milieu de nous. Nous sommes les membres du corps du Christ pour l’édification de ce Corps qui est l’Eglise.

Prière

Seigneur accorde nous force, patience et courage, pou​​​​​​​r permettre de recevoir la  grâce d’entendre la de Notre Seigneur Jésus. Amen

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