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Le verbiage des maitres

Je me prélasse sur mon balcon, au-dessus du jardin public, face à l’ancien. Ce chêne mythique du parc m’observe. Avec ses bras vert il me fait coucou. Le bruissement de ses feuilles me chante des mots doux. Mon ami le tilleul s’étire pour me dire son bonjour. C’est à ce moment-là, que la torpeur me gagne.

Soudain je me promène dans un monde inconnu. Dans un bouillard doux, calme. Je suis dans un jardin fleuri de bulbes inconnus ? De pétales diverses de roses, bleus, jaunes, blanche avec des feuilles irisées, vertes, orangées jonchent le sol. Un coussin sur un tapis volant me transporte dans ce parc si particulier.

Il me promène d’un personnage à l’autre, c’est le voyage dans l’autre temps dans l’autre monde.

Madame de La Fayetteexplique :

            Quand on croit être heureux, vous savez que cela suffit pour l’être ?

Monsieur Jean de la Fontaine lui réplique

            Aimez, aimez tout le reste n’est rien

Seulement Patrice de la Tour du Pin

            Le beau péché du monde est celui de l’esprit

Molière toujours moqueur donne sa réparti

            J’aime mieux un vice commode, qu’une fatigante vertu

Colette dans un murmure

            Le vice qu’on fait sans plaisir

Madame de Sévignéaffirme

            Le cœur n’a pas de ride

Louise de Villemorinlui réplique

            En amour il ne s’agit pas d’aimer, mais de préférer.

Malheureusement Alfred de Musset constate

            On n’est pas aimé tous les soirs

Lamartine pensif lui déclare

            Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie

Victor Hugosouffle à mon oreille

            Aimer c’est la moitié de croire.

Pour Racine c’est :

            La foi qui n’agit point. Est-ce une foi sincère ?

Corneille lui affirme

            J’en accepte l’augure, et j’ose espérer

Arthur Rimbaudsortant de sa torpeur affirme

            J’ai vu quelquefois, ce que l’homme a cru voir.

C’est alors qu’intervient Gustave Flaubert

            La critique est la dixième muse,

La beauté la quatrième grâce

Cependant Jules Renard commente

            Le sourire est le commencement de la grimace

Jean Jacques Rousseaudubitatif exprime avec une certaine conviction :

            Nos passions sont les principaux instruments de notre conversation.

Arthur Rimbauden soupirant un souhait

            Que le temps vienne où les cœurs s’éprennent

Françoise Saganajoute

            La musique de Jazz c’est une insouciance accélérée

 

Un peu plus loin c’est un autre groupe, tout aussi déterminé dans leurs paroles. Tous ces mots forment un orchestre de chambre, dans le secret de mon oreille

Louis Aragon explique :

            Je raconte ma vie, comme on fait des rêves au réveil

Henri du Vernoisaffirme

            L’âge où l’on se décide d’être jeune, importe peu

Georges Duhamellui répond

            Il arrive que l’erreur se trompe

Évidemment Alphonse Daudet n’en n’est pas en reste

            Où serait le mérite si le héros n’avait jamais peur ?

Gustave Flaubertse décide pour s’exclamer

            Le comble de l’orgueil, c’est de se mépriser soi-même

André Gidecommente un autre sujet

            En art comme partout la pureté seule importe

C’est alors qu’Alphonse Karr assure

            On invente qu’avec le souvenir

Stendhal lui certifie

            On peut tout acquérir dans la solitude, hormis du caractère

Paul Verlainedans sa tristesse

            Il pleure dans mon cœur, comme il pleut sur la ville

Et Voltaire de conclure

            Si l’homme était parfait, il serait Dieu

 

            L’espace se vide de tous ces bavards si compréhensifs. Ils sont si sereins. Loin des petits serins chantant la sérénade de l’espoir. Tous ces mots pour exprimer le chant du futur puisé sur le passé

            La richesse de l’amitié est un bien inestimable. Elle est le trésor de la vie.

C’est ce même trésor que constitue le cœur le foie et les reins, les poumons. Ils sont les viscères indispensables au corps de tout vivant.

Quels beaux messages que ces grands de la plume m’ont laissé.

L’amitié  venue d’outre-tombe.

 

 

Monique Isope Macalou

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LA SÈVE DES RÊVES

Sève miraculeuse qui s'abreuve d’espoir.

Au fond de ma souffrance et du désespoir.

Naît ce bonheur guérisseur de cette nuit noire,

Perdue dans le méandre des déboires.

 

Elle ondoie la fleur de rêve la cajoleuse,

Elle tournoie comme la pie voleuse,

De sa volonté enivrante et mystérieuse,

De son chant criard la rieuse.

 

Mon âme roule sur ce doux délice,

Elle s’enrobe d’une tendre malice,

De cette délicieuse fontaine ou glisse,

 

Tous ces rêves qui la tapissent.LA-SEVE-DES-REVES.jpg 

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L’IMAGINAIRE N’A PAS DE PLACE

L-imaginaire-n-a-pas-sa-place.jpgL’imaginaire n’a pas de place

Dans ce monde fadasse

 

Cet espace d’idée débridé

À parlementer avec des déridés

Tu t’ingénies, te décarcasse

De mots, tu t’embarrasses

 

Goulûment tu veux dévorer

Toutes ces crudités décorées

 

L’âme dans l’estomac

Allongé dans un hamac

Tu broies dans le noir

Le plan d’un désespoir

 

Comment supporter les ardeurs

Impudiques délire sur l’odeur

 

La force du philosophe

C’est  être l’apostrophe

Pour ramener à la raison

Les lointains de l’oraison

 

Pourtant il n’est rien de plus doux

Qu’un espace digne de l’indou

 

Ces parfums envoûtant de tendresse

Ces désirs à devenir des martyrs

Devenant des modèles de bon ton

Ronronnant en bienheureux chaton

 

Le désir reste toujours en gestation

Pour ne pas tomber sous les protestations

 

Quel que soit l’emploi des  mots

L’espace n’est qu’une dynamo

Bien sûr, rien n’est plus sur

Il exagère l’éphémère d’un mur

 

L’idée de cet espace résiste

Il reste la meilleure piste.

 

 

12 janvier 2011

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L’île Vinukabil

Il était une fois,l-ile-Vinukabil.jpg

Une petite île perdue dans l’océan,

Sa protection était son mur de coraux,

Elle abritait une peuplade venue du néant,

Dans les entrailles de la terre des Rostraux.

Ce peuple humanoïde appelé Saturnin,

La tête de homards couleur cumin,

Jambes et bras grêles puissante et agiles,

Ont cette élégance de ces êtres graciles.

Ils n’ont jamais vu d’humains,

Les bateaux croisent au loin,

Les roches défendent les criques,

L’invincible Île du Pacifique.

Les lianes fleuries étranglent les visiteurs,

Saturnins sont leurs conciliateurs,

Pourtant, ce jour-là, sur le rivage,

Il y eut un événement sur la plage.

 

Deux ados jouant aux explorateurs,

Ont parcouru la mer avec un capteur,

À la recherche de sensations fortes.

Leurs inconsciences les déportent.

Joyeux, ils voguent vers l’inconnu,

L’inconséquence guide ces ingénus,

Soudain, c’est le naufrage,

La peur au ventre, ils nagent.

Un rocher noir dans la brume surgit,

Cela leur semble être de la magie,

Ils avancent sans s’en apercevoir,

Avec toute l’énergie du désespoir.

Une crique de sable blanc les accueille,

S’effondrant au pied d’un écureuil,

Affolé il fuit en prévenant la perruche,

Ces jabotements tracassent les ruches.

Cette île paradisiaque,

Leur semble opaque,

Cette île venue de la colère de Vulcain,

Volcan millénaire colérique et coquin.

Il y a plus de mille ans, l’île est apparue.

Rien n’existait, elle était toute nue.

Puis un jour suite à une panne les Saturnins,

Amerrissent s’imaginant sans lendemain.

C’est ainsi qu’ils cultivent leurs plantes,

L’île devint verdoyante luxuriante,

Les mœurs des Saturnins sont idylliques,

L’île respire ce bonheur serein unique.

 

La vie fantasmagorique dans l’île vint.

Des animaux merveilleux divins,

Des Plantes fantastiques luxuriantes,

L’ambiance hors du commun est riante.

Les Saturnins découvrent leurs corps.

Intrigués bien qu’apeurés, ils les portent,

À l’intérieur d’une curieuse maison.

Creusée dans la roche, telle une garnison.

Ces jeunes gens à leur réveil sont ébahis,

Leurs regards émerveillés sont éblouis.

Leur lit, un hamac en maille métallique,

Un drap végétal leur sert de tunique.

Un plateau de fruits est posé au centre de la pièce,

En se levant les gamins recouvre leur hardiesse.

Ces petits êtres étranges sont aimables,

Ces gosses réalisent leur situation inconfortable.

Que de regret, d’avoir désobéi à leur père,

Maintenant, ils ne se prennent plus pour des experts !

Seulement, il est un peu tard, personne ne peut venir,

Leurs rêves de môme ont compromis leur avenir.

Soudain une liane se soulève menaçante,

Sa fleur odorante les caresse, les enivre.

La terreur les gagne suppliant leurs geôliers,

Ces êtres lèvent une pince d’apaisement.

Les Saturnins expliquent avec des gestes,

Qu’ils sont leurs hôtes bien que modestes.

Leur voix gutturale, avec des gestes de politesse,

Raconte aux ados la soumission à la prêtresse.

 

Éric et Ryan hésitant en acceptent le principe,

Ils découvrent les règles de base, l’obéissance.

Ils vont devoir respecter leurs règles de bienséance,

Ce qu’ils avaient refusé jusque-là, le principe.

Ils apprennent le respect de la nature,

Les lianes florales sont les soldats des Saturnins.

Ils veillent à la sécurité de l’île sans fioritures.

Elles obéissent au chef, ce nain.

Eux qui autrefois méprisaient les différends,

Doivent faire allégeance à ces inconnus,

Leur survie dépend de leur comportement,

Leur conscience croît avec leur déconvenue.

N’ayant plus conscience du temps,

Ils s’habituèrent à cette nouvelle liberté,

L’esprit libre donné par les règles de pénitent,

Ils découvrent l’inconnu celui de la sérénité.

Leur cœur n’étant pas mauvais,

Ils décident de rester dans l’île.

Comme les lianes, ils seront au chevet,

De leurs amis pour une vie tranquille.

Les deux amis devenus des vienukabiles.

Se nourrissent de fruits et de racines.

Ils apprennent le langage des saturnins volubile.

 

Ils y vécurent sous l’aura des aruspicines. 

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La révolte dans la basse-cour

Un jour d’été ensoleillé, dans un petit village de la Champagne,La révolte dans la basse cour habituellement si calme, l’orage semblait y être passé. Il y régnait la révolte dans la basse-cour. Ce n’était pas parce que le soleil était trop haut, ou qu’il manquait de quelque chose. Ils sont bien traité, bien nourrit et plutôt libre.

Seulement les propriétaires ont accueilli un paon magnifique. Il est devenu la coqueluche du poulailler.

Le roi coq ne régnait plus sur ses femmes.

Le jard eut la même mésaventure, quant au dindon, il fut le plus mal loti.

Si bien, que sa plus jeune et belle, parmi ses douze épouses, est subjuguée. Elle tournoie autour du nouveau venu. Lui susurrant des mots tendres accompagnés d’un regard langoureux. Arthur, comme l’appelle la fermière, est bouffie d’orgueil, méprise, et dédaigne toutes ses femelles.

Cette petite dinde se prenait pour la princesse de la basse-cour, elle péjore en se dandinant. Elle palabre autour du paon. Son mari ne convenait pas à sa petite personne si précieuse, son mari en fut le dindon !

Une voiture pétaradante perd son joint de culasse et resta immobile, en entrant dans une flaque d’eau boueuse près de la miss. Elle fut éclaboussée. Ce fut l’horreur pour cette dinde ! Ces cris injurieux firent rire la basse-cour. Un col vert passe à ce moment au-dessus d’eux riant aux éclats lui dit :

– La voiture à péter une culasse, les belles de jours ont leurs pistils entachés de boue à cause de la voiture, mais au moins aux fêtes de fin d’année, elles ne sont pas, sur la table des hommes, fourrées d’une farce aux marrons dans le ventre, entouré d’une guirlande de boudin blanc aux truffes parfumé au cognac pour la saveur prétendent-ils. Auparavant ils se sont gavés de petit four au caviar, c’est-à-dire aux œufs d’esturgeon, de foie gras d’oie ou de canard. De poissons en sauce.

Ils complètent leurs orgies gargantuesques en finissant par des desserts super décorer. Celui dont je me souviens, c’est un traîneau en caramel dur décoré d’amandes décortiquées, transportant une bûche de mousse aux fruits exotiques. Il était tiré par des rennes en chocolat blanc et noir.

La petite en larme interroge :

– Pourquoi cela ?

– Parce qu’ils font la fête ensemble. Pour eux c’est un jour important. C’est pour cette raison qu’ils mangent, ils boivent, ils dansent, et chantent beaucoup plus que d’habitude. Ces jours-là, il fait froid, il neige, il gèle dans ton pays.

– C’est pourquoi souvent ils nous écrasent parce qu’ils ne sont pas dans leur état normal. Ils voient souvent double. Ajoute Léon, le paon.

– Comment cela est-ce possible ?

– Parce que non seulement ils vous mangent, mais ils boivent des jus de fruits qu’ils font distiller en grande quantité pour être joyeux. Certains appellent cela faire ripaille.

– Quelle horreur !

– Comme tu dis. Non seulement ils nous tuent sur la route, mais également leurs enfants, leurs copains et parfois eux-mêmes. De plus ils leur arrivent de se blesser, voire d’assassiner nos amis les arbres bordant la route !

– Tu peux nous dire pourquoi ils font cette fête ?

– À Noël pour fêter la naissance du Christ, la lumière spirituelle du monde, et le premier janvier car dans leur calendrier, c’est le premier jour de la nouvelle année.

– C’est pourquoi ils mangent et boivent ?

Le col vert reprend.

– Ils ne font pas que boire et manger, ils décorent et illuminent la maison de guirlandes scintillantes. Les humains coupent les sapins dans les bois. Ils les illuminent pour leur fête de Noël. De plus, ils cueillent le gui, pour le nouvel an. En s’embrassant dessous, ils croient que cela leur portera bonheur et chance toute l’année !

Léon le paon ajoute.

– Quand les fêtes sont passées le sapin sert de bûche dans la cheminée, tout le reste va dans la poubelle où les rats se régalent !

Les criaillements, les nasillements, les caquètements, les cacardements, les glougloutements, les piaulements, les cacabent des pintades, les couinements fusent dans la cour. Un ange apparut et leur dit.

– Pourquoi tant de courroux ?

– Ne dis-je point la vérité à cette péronnelle ?

– Si ! Fait ! Cependant, ils se font des ampoules en ouvrant des huîtres qu’ils avalent cru !

– Beurk ! Quelle horreur !

S’écrient-elles en faisant la grimace ! La clameur s’amplifie, c’est une véritable symphonie discordante.

La fermière sort faisant tournoyer son balai en les injuriant.

– Voulez-vous bien vous taire espèces de chenapans à plumes !

C’est alors que la basse-cour se révolta. Tous s’enfuyaient dans les bois. Ils apprirent à vivre en liberté. La fermière ne les revit jamais.

Pourtant, aux jours venus, elle fit ripaille comme prévu, avec d’autres animaux accompagnés du champagne de sa récolte.

 

 

 

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Les ponts

Petit jeu sur le mot : pont

 

Il suffit d’un  pont suspendu,

Pour s’arrêter  d’avancer.Pont ancien

 

Lorsque l’on coupe les ponts,

Tout est calme et regrettable.

 

Il coulera de l’eau sous les ponts,

Avant que nos rêves s’accomplissent.

 

Le pont aux ânes et ces théorèmes

Sont  d’une  banalité connue de tous.

 

Faire un pont d’or  à l’amour,

Sert celui qui bénéficie de ce trésor.

 

Certains pantalons à pont 

Se relèvent  dans le bas.

 

Il est agréable de faire le pont,

Les plaisirs ne se domptent pas.

 

Le pont arrière du navire,

Est bien trop surchargé de passants

 

L’armée a fait un pont aérien

Pour secourir  les sans-abris.

 

Sur la tête  de pont,

Ils attendent leur tour pour  chanter

 

Tout le monde est sur le pont,

Ce soir, c’est la panique à bord.


 Avez-vous d'autres ponts?

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Noël

Theophile-Gautier.jpg

 

Le ciel est noir, la terre est blanche ;

- Cloches, carillonnez gaîment ! -

Jésus est né ; - la Vierge penche

Sur lui son visage charmant.

 

Pas de courtines festonnées

Pour préserver l'enfant du froid ;

Rien que les toiles d'araignées

Qui pendent des poutres du toit.

 

Il tremble sur la paille fraîche,

Ce cher petit enfant Jésus,

Et pour l'échauffer dans sa crèche

L'âne et le bœuf soufflent dessus.

 

La neige au chaume coud ses franges,Noel.jpg

Mais sur le toit s'ouvre le ciel

Et, tout en blanc, le chœur des anges

Chante aux bergers : " Noël ! Noël ! "

 

Théophile GAUTIER (1811-1872) 

 

(Recueil : Émaux et camées)

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Le noël de paillard

Il y avait un petit chien appelé Paillard, joueur, turbulent, il s’amusait avec tout ce qu’il trouvait. Un jour, il trouva le noyau d’un avocat. Il l’avait trouvé dans la poubelle de Gaspard son jeune maître.Paillard.j2pg.jpg

Il le faisait rouler, sauter, le lancer. Il n’avait besoin de personne pour jouer à la « ba-balle » comme le disait son maître. Il était obsédé par ce noyau. Gaspar le laisser souvent seul, même quand il n’était pas à l’école. Il ne partageait plus son goûter avec lui. Alors Paillard était bien triste et trop solitaire ! La poubelle des maîtres était devenue la source de ses trésors. Au grand dam des parents de Gaspard. Les parents de Gaspard ont placé leur fils en internat. Si bien, que Paillard, devait courir au fond du jardin sous les thuyas, pour s’abriter les jours de grand froid.

Le gazon lui sert de tapis. Depuis qu’il a grandi, et fait sa grosse bêtise, il n’entre plus dans la maison. Alors ce noyau d’avocat est devenu son trésor.

Il ne fait pas très chaud. Sa maison à lui, c’est-à-dire sa niche, comme le nomment les hommes, est en plein vent. Alors, il n’y reste pas longtemps les jours de vent. Il préfère la poubelle sous les thuyas.

Les parents de Gaspard ont installé son domaine dans un axe, qui lui permet de voir toute la propriété. Sa maison est spacieuse à l’ombre d’un poirier à côté d’un massif de tulipes perroquet. Sa couleur grise et son toit bleu se fondent dans le paysage.

Ce jour-là, il est triste. Il regarde nostalgique la lumière à travers les persiennes de la maison. Il est pensif. Il se demande ce qu’il avait fait pour être puni si durement. Il pleure silencieusement couché devant sa niche, le noyau entre ses pattes de devant.

Machinalement, il le fait rouler doucement, d’une patte

à l’autre. Quand soudain, il lui échappe et roule dans le tuyau de la canalisation de drainage du sol. Du fait que le sol est en pente, Paillard coure, coure comme un fou et rattrape son trésor. Le ramène dans le fond de sa niche pour le garder au chaud, sous son museau.

C’est à ce moment que son jouet se mit à briller de mille éclats comme un diamant. Le son mélodieux d’une cithare s’élève. Le noyau grossi. Puis se métamorphose, il est transparent. Il devient la couleur du soleil. Puis il se met à trembler. Des jambes à ressort soulèvent le noyau. Puis des bras se déploient en souplesse. Enfin, la tête magnifique d’un paon se lève.

Une chanson douce lui parvient. Il est si étonné et apeuré en même temps, qu’il reste sans voix. Pendant que la musique égrène des notes ensorcelantes, des mots de consolations lui sont susurrés dans sa tête.

– Paillard ne pleure plus, je suis avec toi.

– Mais tu parles ? Qui es-tu ?

– Pitchette.

– Pourquoi ne viens-tu que maintenant ?

– Parce que tu as couru pour me sauver, tu m’as réchauffé sous ton museau. De ce fait, tu m’as donné la vie.

– Je ne savais pas que tu étais vivant. Je jouais avec toi en te balançant dans tous les sens.

– Oui, mais pour toi j’étais ton trésor.

Paillard pleure. Il constate qu’il n’avait pas conscience de la douleur de son jouet. Il voudrait tant être pardonné. Mais son jeune maître la puni, il fait trop de bêtise. C’est pourquoi il n’a plus que le parc pour courir et sa niche pour s’abriter de la pluie. Il ne va plus se promener avec Gaspard. Il ne va plus en vacances en voiture, car il est devenu trop gros. Puis il a pour mission de garder la propriété ! Pourtant, les parents de Gaspard savaient qu’adulte, il serait gros et grand lorsqu’ils l’ont choisi ! Ils savaient, que Paillard perdrait ses longs poils noirs et blancs sur la moquette.

Ce que Paillard, ne comprenait pas, pourquoi un chien berger devait garder la propriété au lieu de garder des moutons ! Son travail n’est plus d’être le compagnon de Gaspard depuis qu’il est en internat au lycée. Ses larmes mouillent la paille. Il n’a même plus le coussin qu’il lui avait été réservé, lorsqu’il était dans la maison. Gaspard lui apportait sa gamelle de croquette et parfois des os de poulet le Week-end, les autres jours, c’était la bonne. Elle a si peu de temps, qu’elle la lui donne rapidement avec une petite caresse rapide. Pourtant, ces patrons le lui interdisent.

Paillard ne comprend pas pourquoi il est aussi puni ! Il paraît qu’il est trop grand pour être dans la maison. C’est à ce moment que Pitchette lui dit :

– Fais trois vœux, je te les exaucerai.

À ce moment Gaspard arrive avec l’écuelle de croquettes.

– Cache-toi, il ne doit pas te voir.

– Ne crains pas pour moi, toi seul me vois et m’entend.

Gaspard lui dépose la gamelle, lui fait un câlin deux petites caresses et s’en va. Pitchette reprend la conversation.

– Comment es-tu venu ici ?

– Tu le sais, puisque tu es ma fée !

– C’est vrai, pour exaucer ton vœu le plus approprié, tu dois m’expliquer ta demande. C’est pourquoi tu dois raconter ton aventure. Tu ne vois personne, seuls des Séraphins, des trolles sont ici pour sonder ta souffrance, et décider comment sera rempli ton vœu définitif.

– Parce que j’ai droit à d’autres vœux ?

– Oui, pour que tu es confiance en moi.

– Je voudrais une belle couette bien chaude.

Un édredon blanc et or en plume d’oie se posa tout au fond dans la maison de Paillard. Une porte battante en plastique transparente apparut et s’installa abritant ainsi ce pauvre Paillard.

– Quand mes maîtres verront ceci, je serai battu, car j’aurai laissé des personnes rentrer dans la propriété !

– Ne t’inquiète pas, toi tu le vois mais pas les humains !

– S’ils voient que je n’ai pas froid, ils n’auront pas de raisons à ce que je sois avec eux ?

– Si, car lorsqu’un humain t’approchera, tu grelotteras à leur approche, même si tu dors. Alors raconte à mes amis ton histoire.

– C’était un jour de juillet, avant de partir en vacances, je n’avais que deux mois. On m’a séparé de ma maman. Je me suis retrouvé dare-dare dans une cage, puis transporté dans une camionnette. C’est ainsi que j’ai découvert les joies du grillage et de la solitude.

Les hommes appellent ce lieu un refuge. Les soigneurs comme ils se nomment étaient gentils. Cependant, nous étions si nombreux, qu’ils ne s’occupaient que du principal, nous avions vite, notre gamelle, notre eau. Ils nettoyaient brièvement notre local. Subrepticement une petite caresse, j’avais ce sentiment qu’elle était volée.

L’après-midi, nous étions exposés. Des curieux venaient nous jauger, avec quelquefois des caresses.

Ces moments-là me faisaient espérer. Puis ils discutaient sur moi. Enfin, la veille de Noël de la même année un enfant de huit ans s’est arrêté devant mon grillage. Il a passé sa petite main. Je la lui ai léchée, alors il a voulu me caresser. J’étais heureux.

C’était Gaspard. Il voulait me prendre dans ses bras.

Ce n’était pas possible. Puis ses parents sont arrivés.

– C’est lui que je veux ! a dit Gaspard tout heureux.

Le bruit des clefs m’a fait espérer. La joie montait en moi. J’étais craintif. J’avais peur que ce soit une fausse joie. Gaspard me saisit et me prit enfin dans ses bras. Il me tint contre lui, jusqu’à ce que ses parents cèdent. Ils me posèrent dans la voiture à côté de lui.

Même au bureau pour les signatures, il n’a pas voulu se séparer de moi. Je me blottissais dans les bras de mon nouveau petit maître. Pourtant, ses parents ne voulaient pas de moi. Ils disaient que je serais trop grand pour le salon, ma robe à poils trop longs. Ils avaient cédé devant la détermination de leur gamin. Ils lui donnèrent leurs conditions.

Tu seras responsable de Paillard, tu t’occuperas de lui intégralement. Il te faudra lui donner l’eau, remplir sa gamelle, nettoyer son coin, jouer avec lui et le promener et faire sa toilette. Tu répondras de ses bêtises ! Il faudra qu’il soit propre, sinon il restera dehors. Gaspard à dû accepté. Il était si heureux, qu’il n’avait pas compris en quoi consister ces obligations.

Mon premier Noël, c’était la joie, je découvrais le bonheur.

Mais le printemps suivant, mon manteau se changeait en veste. Les poils tapissaient la chambre de Gaspard, les escaliers, l’entrée, le salon et la salle à manger. Gaspard acceptait de balayer, essuyer les pièces salies par mes poils. Mais il refusa de nettoyer toute la maison, il estimait que c’était le travail de la bonne.

Et puis, un jour en jouant, je n’ai pas mesuré la distance. Le vase chinois ancien en porcelaine, avec son bouquet de fleurs en pierre de cristal de toutes les couleurs, tomba, se cassa irrémédiablement. Les perles non seulement roulèrent dans toute la pièce, mais certaines d’entre elles se cassèrent. Le bouquet de fleurs, c’était la création de la maîtresse ! Ce fut la grande catastrophe ! Elle était très en colère. Elle me chassa de la maison.

C’est ainsi que ma niche des journées d’été devint ma maison toute l’année et toute la journée, jour après jour, quel que soit le temps. Au début, Gaspard venait me tenir compagnie, il me racontait ses joies ses peines. Alors ce petit temps de bonheur me suffisait.

Maintenant, c’est différent. Il est au lycée en internat.

Moi, je suis oublié. Je n’ai plus que mes gamelles, ma paillasse souvent humide, et des caresses vite faites, et souvent furtives. Car la maîtresse crie quand Gaspard est trop longtemps avec moi.

– Le maître, lui, que fait-il ?

– Rien ! Il est loin d’ici, toute la semaine. Il revient un dimanche sur deux chercher Gaspard. Lui il est gentil avec moi, mais cela, dure le temps d’un passage.

Cela est mieux que la maîtresse, qui me rosse de son balai, quand elle nettoie l’allée. Elle me rappelle toujours le vase !

Les larmes coulèrent sans qu’il puisse les retenir.

– Ensuite ?

Demande, Pitchette, avec compassion. Paillard, senti quelque chose de nouveau. Il est écouté.

Encouragé, il continue son récit.

– À ce jour, c’est bientôt Noël, cela fait quatre ans que je suis dans cette maison. Bien que Gaspard, je ne le voie plus beaucoup, je l’aime toujours, car lui, il est toujours doux avec moi, malgré le peu de temps qu’il me consacre. Oui, je l’aime vraiment beaucoup.

Dit Paillard en soupirant, le cœur gonflé de chagrin.

– Pitchette, je voudrais tant retrouver ma place dans la maison avec Gaspard. Dormir sur sa descente de lit !

– Mon cher Paillard, tu retrouveras ta place car tu l’as mérité. Seulement, tu devras l’avoir mérité aux yeux de ta maîtresse. Des voleurs vont s’introduire dans la maison. Par ton intelligence, parce que tu te souviendras du bouton, qu’il faut appuyer pour l’alarme, et par ton courage, tu les chasseras.

Malheureusement, tu seras blessé grièvement. Lorsque la police arrivera, les policiers arrêteront celui qui t’a mutilé. Un policier te portera dans ses bras chez SOS vétérinaire et ils t’opéreront. Là tu seras sauvé. Car ta santé et ton état physique permettront au gentil policier et vétérinaire d’établir un rapport au juge. Tu verras, à

Noël, tu seras chez toi avec Gaspard.

– Il ne lui arrivera rien à Gaspard ?

Demande inquiet, ce pauvre Paillard.

– Non, c’est lui qui aura la charge de ton bien-être devant le juge à sa plus grande joie, et la maîtresse devra subvenir à tes soins financièrement, jusqu’à ce que Gaspard travaille.

– Mais il n’est pas adulte.

– C’est pourquoi le jugement sera ainsi. Sa mère ne pourra rien faire contre toi, car elle sera surveillée par la S.P.A !

– C’est vrai Pitchette ?Paillard

– Assurément, à Noël, tu seras rétabli et tu dormiras avec Gaspard !

– Merci, Pitchette.

Effectivement, tout se passa comme le lui avait dit

Pitchette. À Noël, il est dans la maison, et le gentil policier lui apporta un jouet. Une belle carotte en plastique, couinant à chaque fois que Paillard mord dedans.

Pitchette reste toujours en vue auprès de Paillard.

Il s’endort définitivement vingt ans plus tard, entouré de Gaspard et de ses enfants.

 

 

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Serin ou serein

seringat.jpg

 

Serein le suis-je ? Peut—être !

En tous cas le retour à leurs.

Ritournelles font la joie du serin,

Invoquant ce printemps serein.

N’étant pas recevable, ce rein.

Gagne la destination d’un souverain.

Au pays des serins si serein.

Toujours on reste serein

 

Monique Macalou

 

 

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L’inspiration automnale

Dans le fauteuil à bascule,inspiration-automnale.jpg

 

La couverture sur les genoux,

 

Crayon à la main je dénoue,

 

L’énigme de l’inspiration.

 

Mistigri se fait foulard,

 

Ronronne sur mes épaules.

 

Dans le brouhaha d’un tourbillon,

 

L’inspiration vient près du saule,

 

Comme l’ombre d’un fantôme.

 

Sans discontinuer les idées,

 

Viennent s’inscrire sur la page.

 

Des mots diffus s’alignent,

 

Des phrases se forment,

 

Des paragraphes montent, s’étoffent.

 

L’ensemble glisse dans le carnet,

 

Le silence énigmatique de l’automne,

 

Élucide les mystères venus de la brume,

 

Ces fantômes surgis, dont on ne sait où.

 

2 novembre 2011

 

 

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