Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La semaine des Pléiades -6- Jean Dorat

Jean-Dorat.jpgIl naît à Limoges, de parents pauvres surnommés les Dinemandi (du limousin Disnamandy : Mangematin). En 1537 il quitte sa région natale pour s'inscrire à la Faculté des arts de Paris. Ce personnage étonna ses contemporains par sa mémoire prodigieuse.

En 1544, le père de Jean Antoine de Baïf engage Dorat comme précepteur de son fils, et de son jeune secrétaire Pierre de Ronsard. Les deux amis seront les disciples fervents de l'humaniste qui se servait du grec pour apprendre à ses élèves le latin, dans la tradition des humanistes du siècle précédent qui se perpétua au XVIe siècle2. Ronsard a souvent reconnu sa dette envers cet homme prodigue de son savoir, qui lui avait « appris la Poésie ».

Il se fit d'abord remarquer par des poésies françaises, qui lui valurent la faveur de François Ier.

Quand le père de Baïf mourut, en 1547, on offrit à Dorat le poste de principal du Collège de Coqueret2. Le 21 décembre 1548, il épouse Marguerite de Laval en l'Église Saint-André-des-Arts et emménage dans la Maison du Chef Saint-Jean, rue de la Grande Bretonnière, à l'emplacement de l'actuelle rue Soufflot. De cette union naquirent deux enfants: Madeleine et Louis Dorat. En 1549, un nouveau venu nommé Joachim du Bellay vient rejoindre le groupe de ses élèves. La Défense et illustration de la langue française, vraie bombe littéraire, fut composée sous les yeux de Dorat. Celui-ci recherchait peu les honneurs et s'est peu préoccupé de sa gloire posthume.

Il fut nommé en 1560 professeur de grec au Collège des lecteurs royaux créé par François Ier, et se fit une grande réputation par ses vers latins et grecs.

Personne n'a recueilli les pièces grecques, latines et françaises que Dorat éparpillait un peu partout, car chacun le sollicitait et il satisfaisait chacun.

En 1586, des élèves et des amis s'unirent pour publier un ensemble fort incomplet de ses Poemata : elles contiennent des poèmes, des épigrammes, des anagrammes, des odes, des églogues. On y remarque le Tumulus Cearoli (Charles IX).

Dorat était très malade, et mourut deux ans plus tard. Il laissa deux fils et une fille qui se distinguèrent aussi comme poètes et érudits.

Son rôle auprès du groupe de la Pléiade fut peut-être d'être l'humaniste porteur de la tradition, pour qui le latin ne pouvait s'étudier correctement sans la connaissance du grec. Il fut presque exclusivement un poète d'expression latine et grecque.

 

 Sur la louange de la Paix - Sonnet 1

 

Celuy est sans parens, sans famille, sans loix,

(Dit Homere) lequel en son pais desire,

Discord civil regner, un des discords le pire,

Horrible à toutes gens, mesmement aux Gaulois.

 

Les Gaulois ont senty n'agueres par trois fois,

Que c'est que de troubler un pacificq' empire :

Mais voiant que le mal de jour en jour empire,

CHARLES y a pourveu, le meilleur Roy des Rois.

 

Meu de l'esprit de Dieu, qui le coeur du Roy tient

En sa main enfermé, il a mis paix en France,

Que les bons desiroient voians tant de soufrance.

 

Louons donc ce bon Roy, qui son peuple maintient

En bonne sauveté, aiant par sa prudence

Changé discord civil en civille alliance.

 

 

Jean DORAT   (1517-1588)

 

Voir les commentaires

Tombe, tombe la pluie

Tombe, tombe la pluie,tombe, tombe la pluie

Où souvenir se mêle dans le temps.

Se cachant sous le parapluie

Il eut  pu sembler être celui-ci

Des souvenirs mourant d’ennui.

Bien qu’il ne fasse pas nuit,

La belle de nuit s'épanouit

Tombe, tombe la pluie,

La vie coure et s’enfuie.

 

Tombe, tombe la pluie,

Cette pensée m'amène

Ah ce printemps sans gêne,

Il me mène

À  l’été dans Jérusalem

Puis au feu

D’un automne pour son  diadème

Enfin, dans la blancheur

L’hiver sublime son emblème.

 

Tombe, tombe la pluie,

Je rêve, oui je rêve d’une crème

Celle de Rabelais  la Thélème

Que je savoure sans problème.

Les nymphes jouent avec le jour.

Pour que ce soit plus court

La fleur du ciel parcourt

La destinée sans discours.

La nuit  flirte avec la lune.    

 

Mai 2008 revu en 14 juin 2012

 

Monique Macalou

 

 

 

Voir les commentaires

Gaspard le renard, Pierre le loup et Louis le grand-duc

Gaspard le renard, le grand farceur

Se persuade, qu’il est le meilleur

Il sera le premier assurément

La ruse est son  principal argument

 

Le loup Pierre, le courage et la force

De sa chaire, il gonfle son torse

Il gère, s’acharne sur le bouleau,

Les menteurs seront confondu sera leur lot

 

Souvenirs, preuves et photos truqués,

Cèdent la place à d’immondes ragots,

Une amère certitude derrière les fagots

Amènent l’incertitude du projet évoqué.

 

La vérité se découvre tardivementGaspard le renard et Pierre le loup

Louis le Grand-duc a pris le trône

Les deux belligérants sur l’hippodrome

Surpris abasourdi, par ce châtiment.

 

Louis  n’a rien dit, avançant ces pions

À travers les querelles des belligérants

Il  observe ses voisins champions

Des concours les plus exaspérants.

 

Pendant  que les menteurs  s’affrontent

Les spectateurs de ce théâtre  dément

Applaudissent le plus malin aveuglément,

Sans réfléchir  à ce qui va les confondre.

 

Ils installent  Louis sur le trône convoité

Au grand damne de ses adversaires.

Ceux-ci iront  pleurer au dispensaire,

Espérant trouver un peu de fraternité.

 

Monique Macalou

13 février 2014

 

 

 "Copyright" © Monique Macalou 2014 tous droits réservés pour tout pays

Voir les commentaires

La semaine des Pléiades -5- Rémy Belleau

Remy-Belleau.jpgRémy Belleau, né à Nogent-le-Rotrou en 1528, mort à Paris en 1577, est un poète français de la Pléiade. Belleau a débuté ses études chez les moines de l'abbaye Saint-Denis à Nogent-le-Rotrou avant de les poursuivre, vers 1553, à Paris où il complète une formation dominée par l'amour de la poésie grecque. Intelligent sans surcharge d’érudition, il était avant tout un homme qui plaisait. Il rejoint bientôt le groupe du collège de Coqueret (Pierre de Ronsard, Antoine de Baïf, Joachim du Bellay), puis la Pléiade en 1554 et publie en 1556 une traduction des Odes d' Anacréon : le succès de ce lyrisme léger est considérable. Bien qu'un peu sèche selon Ronsard, cette traduction vient enrichir la Brigade d'un nouveau style; elle a pour elle la fidélité et l'exactitude qui en firent le succès. On lui doit également la traduction du Cantique des Cantiques et de l'Ode à l'Aimée de Sappho

 

 Forme et certains mots en vieux français

Douce et belle bouchelette

 

Ainsi, ma douce guerrière

Mon cœur, mon tout, ma lumière,

Vivons ensemble, vivons

Et suivons

 

Les doux sentiers de la jeunesse :

Aussi bien une vieillesse

Nous menace sur le port,

Qui, toute courbe et tremblante,

Nous entraîne chancelante

La maladie et la mort.

 

Tu n'estois pas ceste barque parlante

 

Tu n'estois pas ceste barque parlante

Qui conduisoit la troupe de Jason,

Pour conquester la Colchique toison,

À frizons d'or jusqu'en terre pendante.

 

Tu n'estois pas ceste barque volante,

Qui découvrit l'amoureuse poison

D'une Sirène, allumant le tison

Au plus profond d'une ame languissante :

 

Ny celle-là dont les pâlies nochers

 

Furent changez en croupes de rochers,

 Rochers sujets aux pointes de la foudre :

 

Mais bien tu fus celle qui au soufler

D'un doux soupir, s'esvanouit en l'air,

Le bois en feu, et les nochers en poudre.

 

 

Rémy BELLEAU   (1528-1577)

Voir les commentaires

À TRAVERS LA PLAINE

À TRAVERS LA PLAINE

À travers la plaine,

La liberté est dans nos plaines,

Aussi bien, de l’adolescence,

À  celle de l’adulte.

Chacun cour après sa plaine.

 

À travers la plaine,

Les chevaux gambadent,

Les papillons battent des ailes,

La marguerite sourit, charme,

Le tournesol sourit au soleil.

 

À travers la plaine,

Les agneaux gambadent, paissent,

Le berger rêveur sous son chapeau,

Veille en lisant un vieux livre,

Savourant ce temps de plénitude.

 

À travers la plaine,

Nos pensées errent librement,

Point même la pluie ne les arrête,

Ni le vent de nos égarements,

Dans le méandre de nos chimères.

 

À travers la plaine,

Nos approfondissements de rêveurs,

Fréquemment, résultent de nos léthargies,

Au centre l’immense de notre plaine,

Tel un océan elles n’ont pas de fin.

 

 

Voir les commentaires

La semaine de la Pléiade des poètes: 4 - Pontus de Tyard

Pontus_de_Tyard.JPGPontus de Tyard, seigneur de Bissy, est un prélat, écrivain et poète français, membre du cercle littéraire de la Pléiade, né le 20 avril 1521 à Bissy-sur-Fley dans le Chalonnais (Bourgogne) et mort le 23 septembre 1605 au château de Bragny-sur-Saône.

 

Pontus de TYARD   (1521-1605)

 

Au premier trait, que mon œil rencontra

 

Au premier trait, que mon œil rencontra

Des moins parfaits de sa perfection,

La plus grand part de ma dévotion

Soudainement en elle idolâtra.

 

Mais quand le son de sa voix pénétra

Dans mon ouïr, l'imagination

Ravissant haut ma contemplation,

Au plus parfait de son parfait entra.

 

Lors je connus que ce vermeil albâtre,

Pour qui mon œil me rendait idolâtre,

Était fragile, et seulement un temple,

 

Temple sacré à celle Deité,

Qu'incessamment en toute humilité

 

Ma langue honore, et mon esprit contemple.

Voir les commentaires

La semaine de la Pléiade des poètes: 3- guillaume des Autels

guillaume_des_autels_2-308x410.jpgGuillaume Des Autels, né en 1529 en Bourgogne et mort dans les années 1580, est un poète et polémiste français associé à la Pléiade.

 

Certains mots et certaines formes sont en vieux français

 

Du merveilleux effet de son amour 

 

De moy elle a, et d'elle j'ay la vie,

La vie moy ? mais, las, j'ay la mort d'elle,

Qui toutesfois auray vengeance telle

Que par sa mort ma mort sera suyvie :

 

L'on diroit bien qu'elle a brulante envie

De m'estre douce, autant qu'elle est rebelle,

Car si je ris, elle rit (l'infidele)

Et mon pleurer à pleurer la convie :

 

Mais tant en vain ce qui me suyt, je suys,

Que hors d'espoir de l'aprocher je suis,

Ja tout seiché, et de sang, et de pleur :

 

Que reste plus sinon qu'un dieu propice

Pour couronner son prêtre au sacrifice,

D'un homme mort face une vive fleur ?

 

Écrit par Guillaume DES AUTELS

Tous droits réservés ©

 

 

Voir les commentaires

Rêves fantastiques

Sève miraculeusereve-fantastique.jpg

S'abreuve   d’espoir.

Du fond de ma souffrance

De mon  désespoir.

Naît ce bonheur guérisseur

Au cœur d’une nuit noire.

 

Elle ondoie la fleur du rêve

La cajoleuse,

Sa feuille tournoie,

Comme la pie voleuse,

D’une volonté enivrante

Mystérieuse.

 

Mon âme roule,

Sur ce doux délice.

Elle s’enroule,

D’une tendre malice,

Baigneuse,

Délicieuse fontaine

D’une pureté hautaine

 

Tous ces rêves tapissent.

Le firmament de l’endormi

L’aurore enflamme le ciel

Réveil l’insoumis

Demain sera fait de miel

Dans ce rêve des merveilles.

 

14 juin 2012

 

Monique Macalou

Voir les commentaires

La semaine de la Pléiade des poètes 2-Joachim DU BELLAY

 

Joachim DU BELLAY   (1522-1560) est un poète français né vers 1522 à Liré en Anjou et mort le 1er janvier 1560 à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes pour lequel du Bellay rédigea un manifeste, la Défense et illustration de la langue française. Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d'inspiration élégiaque et satirique, écrit à l'occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557. 

 

Voici deux poèmes de DU BELLAYJoachim-du-Bellay.jpg

 

Certains mots et certaines formes sont en vieux français

 

Après avoir longtemps erré sur le rivage

 

Après avoir longtemps erré sur le rivage

Où l'on voit lamenter tant de chétifs de cour,

Tu as atteint le bord où tout le monde court,

Fuyant de pauvreté le pénible servage.

 

Nous autres cependant, le long de cette plage,

En vain tendons les mains vers le nautonnier sourd,

Qui nous chasse bien loin ; car, pour le faire court,

Nous n'avons un quatrain pour payer le naulage.

 

Ainsi donc tu jouis du repos bienheureux,

Et comme font là-bas ces doctes amoureux,

Bien avant dans un bois te perds avec ta dame :

 

Tu bois le long oubli de tes travaux passés,

Sans plus penser en ceux que tu as délaissés,

Criant dessus le port ou tirant à la rame.

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

 

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

 

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

 

 

Joachim du Bellay

Voir les commentaires

La pensée bleue

Cette pensée bleue m'amène,la-pensee-et-le-poete.jpg

Ah ce printemps sans gêne,

Dont la luxure dans la chamade

Apporte le sourire sans estocade.

 

La pensée bleue et le cyclamen,

Me transportent à l’été de Jérusalem,

Au pied de l’olivier gentlemen,

Respirer la racine du phénomène.

 

Puis, la pensée bleue me dirige,

À ce feu d’automne dont il érige,

Les couleurs de son diadème,

Brulant les derniers hymens.

 

Enfin, la pensée bleue s’endort,

L’hiver sous la neige, son réconfort,

Elle s’étale, s’étire sans aucun effort,

Elle attend le retour de bouton d’or.

 

 

Monique MacalouLa-pensee-bleue.jpg

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 > >>