Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L’hymne de notre ère

L’hymne de notre ère

Il existe un air

A la fois chantant

Dansant sifflant

Les airs mondains

Des chants populaires

Rythmés au gré du vent.

L’hymne de notre ère,

Tellement dense,

Quelque fois en transe

L’heure est venue

Pour rendre les comptes

Ce qui fut dans les menus

Sont devenus ringards ?

Ce temps de pauvres hères,

Est révolus et pourtant…

Les affamés se déplacent…

Les hères des bois existent toujours,

Se balancent aux branches cassantes.

Il y eut les guerres,

Il y eut les pantalonnades,

Il y eut les libertades

Il y eut les amours

Il y eut les familles

Il y eut les esclaves

Il y eut les serviteurs

Il y eut des dirigeants

Cette ère n’est qu’évolution.

La planète durant cette ère

N’a été qu’un immense,

Bouleversement intégral.

Les eaux se divisent

Les sols frémissent

Ils éclatent, se découpent

Les volcans explosent

Les îles montent

Ou s’enfouissent

La planète se redessine.

Les hommes créent les arts

Des styles musicaux

Des modes d’art plastique

Le dessin, a peinture

La sculpture pierre, métal

Notre ère est également

Sulfureuse grâce à sa

Technologie, la médecine,

Les déplacements d’humains

Les témoignages grâce à l’imprimerie

Le modernisme du nucléaire

Enfin, le retour à la nature,

On découvre l’écologie.

Notre ère c’est la plus belle des ères passées,

Pas de contestation, nous ne connaissons qu’elle.

Monique Macalou

Voir les commentaires

James Joyce

James Joyce
James Joyce
James Joyce
  1. Romancier

  2. James Joyce est un romancier et poète irlandais expatrié, considéré comme l'un des écrivains les plus influents du XXᵉ siècle.

  3. Naissance : 2 février 1882, Rathgar, Irlande

  4. Décès : 13 janvier 1941, Zurich, Suisse

  5. Épouse : Nora Barnacle (m. 1931–1941)

  6. Films : Gens de Dublin, Ulysses

Une véritable passion pour la littérature…
James Joyce - Domaine Public

James Joyce – Domaine Public

James Joyce nait le 2 février 1882 à Dublin. Son enfance se déroule au sein d’une famille nombreuse, composée de 11 enfants et de 2 parents catholiques, comptant un père alcoolique. Sa jeunesse est profondément marquée par la littérature : Joyce aime très tôt la lecture et dévore de nombreuses œuvres.

Dès 1888, Joyce entre chez les Jésuites au Clongowes Wood College (Co. Kildare), pour y démarrer ses études. Les difficultés financières alors traversées par sa famille l’obligent à quitter l’établissement en 1892, pour intégrer successivement 2 autres établissements jésuites moins dispendieux.

Au cours de ces années, Joyce y découvre les joies de la littérature, et commence à écrire. Dès 1891, à l’âge de 10 ans à peine, il rédige son premier poème (« Et Tu Healy« ), un écrit dédié à la mort de Charles Stewart Parnell. Ses parents l’encouragent dans sa voie, et font imprimer l’écrit pour en envoyer alors une copie au Vatican.

Les années passent, et l’enseignement jésuite commencent alors à peser lourdement sur Joyce. Il y déteste l’instruction religieuse, et refuse en bloc l’autorité catholique, au grand dam de son établissement où on lui avait proposé d’intégrer l’ordre jésuite. Cette décision provoque de vives réactions dans sa famille, mais ce refus catégorique d’accepter la religion ira bien au delà d’un simple caprice d’adolescent : Joyce la réfutera toute sa vie.

En 1898, Joyce entre à l’Université de Dublin. Brillant, il y suit un cursus de lettres et de langues étrangères, s’intéresse au théâtre et rédige de nombreuses critiques littéraires. Il côtoie les cercles littéraires dublinois et y entretient une vie active marquée par les échanges intellectuels et les lectures d’œuvres de tout bord.

James Joyce démarre une vie de débauche, d’alcool et de dettes…

Son diplôme décroché, Joyce décide de découvrir le monde et part à la conquête de Paris, dans le but de commencer des études de médecine.

Mais très vite, Joyce abandonne l’enseignement et démarre une vie dissolue où commence à boire et profite de tous les abus possibles. Ce n’est qu’au bout de quelques que mois qu’il fut contraint de regagner l’Irlande, du fait de ses déboires financiers.

Il y retrouve alors une mère malade et agonisante, atteinte d’un cancer foudroyant etIl décide de rester auprès d’elle jusqu’à son décès. Il commence à écrire des œuvres diverses et variées, allant de simples critiques à des comptes-rendus de livres. Dès 1904, il décide d’écrire sa propre autobiographie et la baptise « Portrait de l’artiste« , qui sera par la suite remaniée et renommée Dedalus« .

Dans les mois qui suivent, Joyce fait la connaissance de Nora Barnacle, une femme de chambre dont il tombe amoureux. Tout deux décident alors de quitter l’Irlande, pour gagner Zurich, Pola puis Trieste. Joyce y enseigne l’anglais pendant 11 ans à l’école Berlitz, vit également de cours particuliers, voit naître un fils et une fille, et ne cesse de faire des allers-retours entre Trieste et Dublin. C’est durant cette période que Joyce rencontre alors des problèmes de santé se traduisant par de forts troubles oculaires.

En 1914, Joyce écrit le roman « Les Gens de Dublin« , l’une des œuvres majeures qui le consacrera en tant qu’écrivain.

En 1915, les troubles de la Première Guerre Mondiale le forcent à fuir Tieste pour gagner Zurich, ville où il rencontre l’éditrice Harriet Shaw Weaver, qui devint par la suite son mécène.

Après plusieurs années marquées par de forts problèmes oculaires (dont il fut opéré à 12 reprises), et par la schizophrénie destructrice de sa fille, Joyce est invité à Paris par Ezra Pound, pour une durée d’une semaine. Charmé par la ville, il y reste alors 20 ans, rencontre de nombreux cercles littéraires et publie successivement « Ulysse » (1922), et « Finnegans Wake » (1939) tout deux grandement salué par la critique.

Ce n’est que le 11 janvier 1941, que James Joyce est alors hospitalisé dans un état critique, et tombe dans le coma. Les médecins lui diagnostiquent une perforation d’un ulcère au duodenum. Le 13 janvier 1941 il parvient à se réveiller, réclame la présence de sa femme, mais meurt quelques heures après, avant qu’elle ne puisse le rejoindre.

Incinéré à Zurich, James Joyce fut considéré comme un écrivain de talent, qui marqua profondément le XXème siècle.

Citations de James Joyce
  • L’homme et la femme, l’amour qu’est-ce ? Un bouchon et une bouteille. (Ulysse)
  • La reproduction est le commencement de la mort. (Ulysse)
  • Tous les jours rencontrent leur fin.

    Le fromage fait tout digérer, sauf lui-même.

    Voilà ce qui fait le bon commerçant. Il vous fait acheter ce qu'il a besoin de vendre.

    Extrait d'Ulysse

Extraits d'Ulysse

VII

Mon Amour est légèrement vêtu

Sous les pommiers,

Où les vents joyeux ont le plus grand désir

De courir en compagnie

 

Là, où se tiennent les vents joyeux pour faire de l'œil

Aux jeunes feuilles qui passent.

Mon amour va lentement, penchée sur

Son ombre dans l'herbage;

 

Et où le ciel est une coupe bleue pale

Sur la lande riante,

Mon amour va légère, relevant

Sa robe de ses mains mignonnes

 

XIV

 

Ma colombe, ma belle,

Prend ton envol!

La rosée de la nuit repose

Sur mes lèvres et mes yeux.

 

Brodent les vents parfumés

Une musique de soupirs:

Prend ton envol,

Ma colombe, ma belle!

 

J’attends auprès du cèdre,

Ma sœur, mon amour.

Cœur blanc de la colombe,

Ma poitrine sera ton lit.

 

La rosée pale repose

Comme un voile sur ma tête.

Ma belle, ma jolie colombe,

Prend ton envol!

XV

 

A partir de rêves emperlés de rosée, mon âme, prends ton envol,

Du profond sommeil de l'amour; comme de la mort,

Vois! Les arbres sont remplis de soupirs

Dont le matin réprimande les feuilles.

 

Vers l'est l'aurore gagne graduellement

Où paraissent des feux se consumant doucement,

Faisant frémir tous ces voiles

De tulles gris et d'or.

 

Tandis que doucement, gentiment, secrètement,

Sautillent les cloches fleuries de la matinée

Et les chœurs avisés des fées

Commencent (innombrables!) à se faire entendre.

 

Version française par Gilles de Seze

 

Sa Bibliographie

Nouvelle
  • Les Gens de Dublin (1914)
Roman
  • Dedalus (1916)
  • Ulysse (1922)
  • Finnegans Wake (1939)
Poésies
  • The Holy Office (1904)
  • Chamber Music (Musique de Chambre) (1907)
  • Gas from a burner (De l’eau dans le gaz) (1912)
  • Poems penyeach (Dix sous de poèmes) (1927)
  • Collected Poems (1936)
  •  

 

Voir les commentaires

Padre Soler

Padre Soler

Antonio Francisco Javier José Soler Ramos plus connu sous le nom de Padre Soler (baptisé le 3 décembre 1729 et mort le20 décembre 1783) est un religieux, compositeur, organiste et claveciniste espagnol d'origine catalane.

Antonio Soler est le principal compositeur espagnol du XVIIIème siècle pour le clavecin si l'on excepte Domenico Scarlatti, Italien qui passa les trente dernières années de sa vie en Espagne et y introduisit son style si particulier, influencé par la musique populaire de son pays d'adoption. Antonio Soler se place directement dans le sillage et la tradition du maître napolitain.

Né à Olot dans la province de Gérone (en Catalogne), il commença ses études musicales à l'âge de six ans à l'Escolania de Montserrat. Entré ensuite en religion dans l'ordre des Hiéronymites et ordonné prêtre en 1752, il fit partie de la communauté hiéronymite de San Lorenzo de l'Escurial et devait y passer le restant de son existence tout en exerçant ses dons musicaux en tant que maître de chapelle. Il côtoya ainsi Scarlatti, au service de la monarchie espagnole et y recueillit probablement son enseignement et ses conseils. Leur point commun est leur importante production de sonates pour le clavecin ; ce terme ne correspond d'ailleurs pas, chez ces deux compositeurs, à la sonate classique en 3 ou 4 mouvements : celles de Scarlatti sont en général à un seul mouvement de forme « suite » c'est-à-dire de coupe binaire avec reprise, celles de Soler ont une structure plus variée.

Antonio Soler mourut à l'Escurial en 1783.

Sa production musicale est très importante. Elle comprend (liste non exhaustive) :plus de 200 sonates pour le clavecin

La pièce la plus célèbre est un Fandango, re-découvert au début des années 1960 par le claveciniste Rafael Puyana. Son attribution à Soler est discutée, depuis 1980 en particulier, par Samuel Rubio, bien qu'il ait inclus cette œuvre dans son catalogue sous le numéro R 1461.

Le Padre Soler a aussi écrit un traité théorique Llave de la modulación (Clef de la modulation) et réalisé des dispositifs mécaniques tels qu'un diviseur du ton majeur en 20intervalles égaux.

Voir les commentaires

René Descartes (1596 - 1650)

René Descartes (1596 - 1650)René Descartes (1596 - 1650)

«Je pense, donc je suis»

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît en français à La Haye (Provinces-Unies). Il est intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.

L'auteur est un homme discret, quoique déjà célèbre dans tous les cercles cultivés d'Europe : René Descartes. Il n'a pas signé son ouvrage pour éviter les tracasseries de toutes sortes et surtout les foudres du Saint-Siège (quatre ans plus tôt, celui-ci a jugé Galilée).

Un philosophe révolté

René Descartes est né le 31 mars 1596 en Touraine, dans un village qui porte le nom de... La Haye (comme la ville où paraîtra son ouvrage le plus célèbre, ça ne s'invente pas !).

Enfant maladif mais plein d'une insatiable curiosité, il fait ses études au collège jésuite de La Flèche.

Insatisfait par l'enseignement reçu, il se lance dans la vie parisienne sitôt sa licence de droit en poche. Dépourvu de prestance physique mais fort de sa supériorité intellectuelle, dont il a pleinement conscience, il se montre bon séducteur.

En 1618, comme débute la guerre de Trente Ans, il s'engage dans différentes armées d'Europe et découvre de la sorte le «grand livre de la vie». Selon ses notes posthumes, il renonce à cette vie d'aventures «le 10 novembre 1619, lorsque rempli d'enthousiasme je trouvai le fondement d'une science admirable». Il s'enferme dès lors dans son «poêle» et se livre à la spéculation scientifique et philosophique, d'abord à Paris puis en Hollande, où la liberté de pensée est mieux assurée.

René Descartes devient très vite célèbre par ses nombreuses lettres et ses travaux mathématiques. Mais cela ne lui suffit pas. Se voyant en nouvel Aristote, il se pose en fondateur de la philosophie moderne et d'une méthode de raisonnement qu'il est convenu d'appeler cartésienne (que l'on ne saurait étendre sans exagération à la culture française). C'est ainsi qu'il publie le 8 juin 1637 à La Haye (Provinces-Unies) un opuscule en français intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences.

Ce document pose quatre règles indispensables à la connaissance :
- se méfier de tout et en premier lieu des sens (règle du doute),
- décomposer un problème en ses différents éléments (règle de l'analyse),
- réagencer chaque élément du plus simple au plus complexe (règle de la synthèse ou induction),
- vérifier que le raisonnement n'a rien oublié (règle de l'énumération ou déduction).

Le Discours de la Méthode marque la naissance de la philosophie moderne. Avec lui, l'argument d'autorité cède la place au doute et à la méthode. Mais celle-ci est rendue possible par la certitude que chacun possède la capacité de penser le vrai.

En d'autres termes, on ne peut avoir la capacité de douter de toutes choses de façon constructive que si l'on ne doute pas de sa propre capacité à douter ! Ce que Descartes exprime dans la quatrième partie du Discours de la Méthode en une formule célébrissime : «Je pense, donc je suis» (souvent transcrite en latin : cogito ergo sum).

En 1649, René Descartes, au faîte de la renommée, correspond avec la reine  Christine de Suède. Celle-ci l'invite à Stockholm et lui demande régulièrement des leçons de philosophie dans la bibliothèque de son palais, à 5 heures du matin !

Le savant écrit pour elle le Traité des Passions avant de mourir d'une pneunomie, d'épuisement et de froid au bout d'un an, le 11 février 1650, à 53 ans. Sa pensée va très directement inspirer son cadet, Baruch Spinoza, lequel va d'ailleurs lui consacrer le premier de ses traités : Principes de la philosophie de Descartes (1673).

Voir les commentaires

ça s'est passé un... 31 mars

QUELQUES EVENEMENTS D'UN 31 MARS ...

31 mars 1492 : Expulsion des juifs d'Espagne

31 mars 1889 : Inauguration de la Tour Eiffel

31 mars 1905 : Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »

31 mars 1492 : Expulsion des juifs d'Espagne
 

Le samedi 31 mars 1492, la reine Isabelle de Castille et son mari Ferdinand d'Aragon signent un édit par lequel ils laissent aux juifs d'Espagne jusqu'au 31 juillet pour se convertir ou quitter le pays.

Plus d'une centaine de milliers de juifs et de marranes (faux convertis) choisissent l'exil. Ils s'établissent dans les États musulmans d'Afrique du Nord, à Salonique, cité grecque sous souveraineté ottomane, ou encore au Portugal voisin ou dans les États du pape, où leur sécurité est assurée ! Ils restent connus sous le nom de«sépharades», mot qui désigne l'Espagne dans leur langue dérivée de l'hébreu, leladino.

Quelques marranes du Portugal s'installeront plus tard dans le Bordelais (parmi eux les ancêtres de l'écrivain (*) Michel de Montaigne, d'autres en Hollande (parmi eux les ancêtres du philosophe Spinoza).

Le décret d'Isabelle et Ferdinand sera aboli le 5 juin 1869 par un article de la Constitution espagnole.

(*) Premier grand philosophe français, Michel Eyquem, seigneur de Montaigne, est issu d'une famille de riches négociants bordelais. Elle a accédé à la noblesse en acquérant en 1477 le château et la seigneurie de Montaigne, dans le Périgord.

Par sa mère, Antoinette de Louppes de Villeneuve, il descend d'un marrane, Anthony Lopes de Vyllanova, juif hispano-portugais converti et réfugié à Bordeaux.

31 mars 1889 : Inauguration de la Tour Eiffel

La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l'Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française. Elle a été construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours sur les plans audacieux de l'ingénieur Gustave Eiffel. Elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18000 pièces de fer et 2500000 rivets.

Prévue pour être détruite après l'exposition, elle doit sa survie à l'installation à son sommet d'un émetteur radio qui a rendu sa conservation indispensable. Si elle n'est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la « vieille dame » conserve toujours les faveurs du public et l'amour des Parisiens.

La Tour Eiffel domine Paris

La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l'Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française (33 millions de visiteurs). Elle deviendra contre toute attente le symbole universel de la capitale française.

Alban Dignat

La tour Eiffel et le Champ-de-Mars en janvier 1889 (Paul Delance, musée Carnavalet, Paris)

Un ingénieur de son temps

Le «père» de la Tour Eiffel est un ingénieur centralien très représentatif de son temps, qui est aussi celui de Ferdinand de Lesseps et de Jules Verne.

Passionné par les progrès de la sidérurgie, il voit dans le fer le matériau de l'architecture du futur. Il crée sa propre société en 1867, à 35 ans, et met au point des structures métalliques en forme de treillis, qui allient légèreté, souplesse et résistance.

Il réalise le viaduc Maria Pia, sur le Douro, au Portugal, à l'occasion d'une exposition universelle, puis le viaduc de Garabit, en Auvergne, en 1882. On lui doit aussi la gare de Budapest, en Hongrie, les charpentes métalliques du Bon Marché et du Crédit Lyonnais, à Paris, la coupole de l'observatoire de Nice mais aussi la structure de la statue de la Liberté !

Gustave Eiffel est donc déjà un ingénieur de grand prestige quand Jules Ferry, Président du Conseil, décide de célébrer le prochain centenaire de la prise de la Bastille avec faste, par le biais d'une Exposition universelle sur la vaste esplanade du Champ-de-Mars, au cœur de la capitale, au bord de la Seine.

Les organisateurs lancent dès 1884 l'idée d'une tour de 1000 pieds, soit environ 300 mètres, symbole de la grandeur retrouvée de la France et de la bonne santé des institutions républicaines, à peine troublées par le "boulangisme".

Un symbole républicain

Le projet de la société Eiffel & Cie est retenu à l'issue d'un concours au cours duquel s'affrontent une centaine de projets. Il est en fait l'œuvre de deux ingénieurs du bureau d'études : Maurice Koechlin et Émile Nouguier. L'architecte Stephen Sauvestre lui donne la forme qu'on lui connaît, avec ses arches qui font le lien avec l'architecture traditionnelle.

Indifférent dans un premier temps, Gustave Eiffel commence à s'intéresser au projet lorsqu'il en mesure la portée symbolique et médiatique. Il rachète alors à ses ingénieurs leurs droits sur le brevet déposé en commun, concernant la structure métallique. Devenu seul propriétaire du projet, il est assuré de lui donner son nom !

D'emblée, les détracteurs sont légion. Le 14 février 1887, Le Temps publie un manifeste de protestation signé par des personnalités du monde des arts et des lettres parmi lesquelles Leconte de Lille, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, Charles Garnier, Sully Prudhomme, Paul Verlaine.....

En dépit de ces oppositions, la tour est construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours... sans aucun accident mortel ce dont Gustave Eiffel a tout lieu d'être fier (si ce n'est un ouvrier qui fait une chute en vaquant sur la Tour en-dehors des horaires de travail).

Elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18.000 pièces de structure en fer puddlé (un type de fer presque sans carbone, aujourd'hui délaissé, dont Gustave Eiffel appréciait la facilité de façonnage). Les pièces de la structure sont assemblées par 2.500.000 rivets. Il s'agit de gros clous chauffés à blanc et enfoncés dans un trou à travers deux pièces. L'assemblage se fait en aplatissant d'un coup de masse l'extrémité de la tige opposée à la tête.

Le succès populaire est immédiat. Pas moins de deux millions de visiteurs en font l'ascension pendant la durée de l'exposition, soit à pied soit en empruntant les ascenseurs eux-mêmes révolutionnaires pour gagner les deuxième et troisième étages.

Opportune radio

Prévue pour être détruite après l'exposition, la Tour Eiffel devra sa survie à l'installation à son sommet, par Gustave Eiffel lui-même, d'un laboratoire de recherche et surtout d'une antenne destinée à relayer les premières émissions de radio vers les Parisiens. Cette fonction permettra à la Tour de durer assez longtemps pour devenir un élément incontournable du paysage parisien.

Si elle n'est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la «vieille dame»conserve les faveurs du public et l'amour des Parisiens. À preuve les illuminations et le feu d'artifice qui ont salué l'entrée dans le troisième millénaire.

31 mars 1905 : Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »

Le 31 mars 1905 survient le «coup de Tanger». Cette initiative intempestive de l'empereur d'Allemagne Guillaume II va précipiter la mainmise de la France sur le sultanat du  Maroc.

Quelques années plus tard, à l'été 1911, Français et Allemands vont relancer leur différend autour du Maroc jusqu'à placer l'Europe au bord d'une conflagration générale. Il faudra tout le doigté du président du Conseil Joseph Caillaux pour écarter la catastrophe.

Un sultanat convoité

Depuis qu'elle a entrepris de coloniser l'Algérie, la France se préoccupe de la sécurité des confins algéro-marocains et lorgne sur le sultanat voisin, l'un des derniers pays indépendants d'Afrique, qui a préservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles.

En concluant en 1904 l'Entente cordiale, la Grande-Bretagne accepte le principe d'un protectorat français sur le Maroc.  Mais l'empereur allemand Guillaume II ne l'entend pas de cette oreille. Il débarque théâtralement à Tanger, au nord du sultanat, traverse la ville à cheval, à la tête d'un imposant cortège, et va à la rencontre du sultan Abd-ul-Aziz pour l'assurer de son appui face aux menaces françaises !

Guillaume II à Tanger
Recherche du compromis à Algésiras

Ce «coup de Tanger» entraîne une poussée de germanophobie en France et la démission du ministre français des Affaires étrangères, Théophile Delcassé. Il débouche aussi sur la réunion l'année suivante, du 16 janvier au 7 avril 1906, d'une conférence internationale à Algésiras, au sud de l'Espagne.

La conférence confirme l'indépendance du Maroc (indépendance qui ressemble plutôt à une mise sous tutelle internationale) et rappelle le droit d'accès de toutes les entreprises occidentales à son marché...

Mais au grand dam de Guillaume II, elle établit aussi implicitement des «droits»particuliers de la France sur l'empire chérifien : c'est ainsi que la France et l'Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d'État du Maroc...

Pénétration française

Hubert Lyautey (1854-1934)En 1907, le général Hubert Lyautey occupe Oujda, une grande ville proche de la frontière avec l'Algérie.

Là-dessus, le massacre d'ouvriers européens dans le grand port de Casablanca détermine l'envoi d'un corps de troupes qui occupe le port et la région voisine de la Chaouia sous le commandement du général Drude.

Le Maroc revient au coeur de la rivalité franco-allemande en septembre 1908, quand la police française arrête à Casablanca des soldats de la Légion étrangère que les agents consulaires allemands ont aidé à déserter.

Berlin et Paris comprennent malgré tout qu'il est de leur intérêt commun de calmer le jeu.

Les deux puissances concluent le 9 février 1909 un accord économique qui prévoit une association dans toutes les entreprises marocaines qui leur tomberaient entre les mains.

Là-dessus, le faible sultan Abd-ul-Aziz est renversé par son frère Moulay Hafiz. Mais les tribus berbères du Moyen Atlas viennent à son secours et assiègent l'usurpateur dans Fès... Moulay Hafiz appelle à son aide les Français, qui ne se font pas prier. C'est ainsi qu'en avril 1911, une armée occupe les villes impériales de Rabat, sur la côte atlantique, Fès et Meknès dans le Moyen Atlas.

L'«incident d'Agadir»

L'Allemagne voit à juste titre dans cette intervention une violation des accords signés à Algésiras cinq ans plus tôt. Le 1er juillet 1911, elle dirige la canonnière Panther vers Agadir pour signifier à la France qu'elle n'a pas tous les droits au Maroc.

À Paris, l'opinion se déchaîne aussitôt contre l'Allemagne. Les diplomates et l'état-major se montrent prêts à l'affrontement. À Londres, une bonne partie du gouvernement prend fait et cause pour Paris.

La Grande Guerre, que d'aucuns espèrent, va-t-elle éclater sur ce futile différend ?

Heureusement, le président du Conseil français Joseph Caillaux est à juste titre convaincu qu'une guerre entraînerait la ruine de l'Europe. Il résiste à toutes les pressions et négocie en secret avec les Allemands.

Il s'ensuit un traité franco-allemand le 4 novembre 1911, avec une cession de territoires, en Afrique équatoriale, du Congo, colonie française, au Cameroun, colonie allemande. L'Allemagne concède en contrepartie à la France une entière liberté d'action au Maroc.

Ce traité d'apaisement est ressenti de part et d'autre comme une lâche concession à l'ennemi et Joseph Caillaux doit céder le pouvoir le 11 janvier suivant à Raymond Poincaré.

Voir les commentaires

Saint Benjamin de Perse & Saint Jonas de Kiev

Saint Benjamin de Perse &  Saint Jonas de Kiev

Bonne Fête aux :

Benjamin: Ben, Benjamine, Benny, Yasmine

Acace

Aldo

Balbine

Dicton

À la St-Benjamin, le mauvais temps prend fin.

 

Les Saint(s) du jour

 

St Jonas de Kiev, métropolite de Moscou († 1461)

Bse Natalia Tułasiewicz, laïque et martyre (1906-1945)

St Benjamin, diacre et martyr († v. 422)

Ste Balbine, vierge romaine et martyre († avant 595)

St Agilolf, évêque à Cologne († v. 751)

St Guy (Guido), abbé en Émilie-Romagne († 1046)

Bienheureuse Jeanne de Toulouse, carmélite tertiaire au XIVe s.

Bienheureux Bonaventura Tornielli, prêtre o.s.m. († 1491)

Bienheureuxx Christopher Robinson, prêtre et martyr (1568-1598)

 

Saint Benjamin

Diacre, martyr en Perse ( 401)

Le prénom, d'origine biblique, signifie « fils de la main droite » ou de bon augure.

Benjamin de Perse Diacre et martyr en Perse. A la suite d'une provocation de l'évêque de Ctésiphon en Perse qui avait perdu la raison et qui détruisit un temple païen, le roi Yezdigerd déclencha une cruelle persécution de trois années. Benjamin fut arrêté parce que sa prédication convertissait beaucoup de mages adeptes du dieu Soleil. Il fut soumis à la torture et condamné à mort pour avoir préféré adorer le Christ plutôt que le soleil, son éclatant symbole.

Illustration provenant du site de l'Église orthodoxe macédonienne - archidiocèse d'Ohrid - en macédonien et en anglais

À Argol en Perse, vers 422, saint Benjamin, ne cessait de prêcher la parole de Dieu. Sous le roi Bahron V, on lui enfonça des roseaux aigus sous les ongles et il fut empalé sur ordre du roi sassanide.

« L'origine de la dynastie remonte à un certain Sassan (v.180) et c’est de lui que sera tiré le nom de Sassanide »

Saint Jonas de Kiev

 Métropolite de Moscou

Jonas, métropolite de Moscou et Thaumaturge de Toute la Russie, naît dans la ville de Galich, dans une pieuse famille Chrétienne ; le père s'appelait Théodore.

Le jeune homme reçut la tonsure monastique dans un des monastères de Galich alors qu'il n'avait que 12 ans. De là, il partit pour le monastère Simonov de Moscou, où il accomplit diverses tâches durant nombre d'années.

Un jour, saint Photius, métropolite de Moscou, visita le monastère Simonov. Après le Moleben [office d'intercession et d'action de grâce], il bénit l'archimandrite et les frères, et aussi souhaitât bénir les moines qui étaient dans les divers services du monastère.

Lorsqu'il parvint à la boulangerie, il vit Jonas dormant, épuisé par son travail. Saint Photius ne dit rien qui put le réveiller. Il bénit le moine endormit et prédit à ceux présents que ce moine serait un grand hiérarque de l'Église Russe, et qu'il guiderait nombre de gens sur le chemin du Salut. La prédiction de saint Photius s'accomplit. Nombre d'années plus tard, Jonas fut fait évêque de Ryazan et Murom.

Photius mourut en 1431. Cinq ans après sa mort, Jonas fut choisi comme métropolite de toute la Russie, pour sa vie vertueuse et sainte. Le métropolite nouvellement élu fit le voyage de Constantinople afin d'être confirmé comme métropolite par le patriarche Joseph 2 (1416-1439). Peu avant cela, l'abominable Isidore, un Bulgare, avait déjà été établit comme métropolite. Ayant effectué un bref séjour à Kiev et Moscou, Isidore vint au Concile de Florence (1438), où il embrassa le catholicisme-romain. 

Un Concile des hiérarques Russes et du clergé déposa le métropolite Isidore, et il fut forcé de fuir en secret vers Rome, où il mourut en 1462.

Jonas fut unanimement choisit comme métropolite de toute la Russie. Il fut consacré par les hiérarques Russes à Moscou, avec la bénédiction du patriarche Grégoire 3 de Constantinople (1445-1450). C'était la première fois que les évêques Russes consacraient leur propre métropolite : le 15 décembre 1448.  C'est avec un zèle pastoral qu'il guida son troupeau vers la vertu et la piété, répandant la Foi Orthodoxe par la parole et les actes.

En 1451, les Tatars firent une progression inattendue vers Moscou; ils brûlèrent la région avoisinante et préparèrent un assaut sur la ville. Le métropolite Jonas mena une procession le long des murs de la ville, suppliant Dieu dans les larmes, afin qu'Il sauve la ville et le peuple. Voyant que le moine Antoine du monastère Chudov était mourant, lui qui était connu pour sa vie vertueuse, Jonas dit : « Mon fils et mon frère Antoine! Prie le Dieu Miséricordieux et la Toute-Pure Mère de Dieu pour la délivrance de la ville et de tous les Chrétiens Orthodoxes. » L'humble Antoine répondit, “Grand hiérarque! Nous rendons grâce à Dieu et à Sa Toute-Pure Mère. Elle a entendu votre prière et a prié Son Fils. La ville et tous les Chrétiens Orthodoxes seront sauvés par vos prières. L'ennemi s'enfuira bientôt. Le Seigneur a obtenu que moi seul soit tué par l'ennemi. ” A peine avait-il dit cela, qu'une flèche ennemi frappait l'Ancien.

La prédiction de l'Ancien Antoine se réalisa le 2 juillet, lors d'une Fête de la Mère de Dieu. La confusion éclata parmi les Tatars, et ils s'enfuirent dans la peur et la terreur. Dans sa cour, Jonas bâtit une église en l'honneur de la Mère de Dieu, pour commémorer la délivrance de Moscou de ses ennemis.

Jonas meurt en 1461, et des guérisons miraculeuses commencèrent à avoir lieu sur sa tombe.

En 1472, les reliques incorrompues du métropolite Jonas furent découvertes et placées dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin.

Un Concile de l'Église Russe en 1547 établit la commémoration de saint Jonas, métropolite de Moscou.

En 1596, le patriarche Job rajouta saint Jonas à la Syntaxe des hiérarques de Moscou.

Source principale : histoire-russie.fr/icone/saints (« Rév. x gpm »).    

Voir les commentaires

Le temps passe…

Le temps passe…
Le temps passe…

Le temps passe vite

A attendre la réussite

Sans voir qu’elle m’évite.

 

Ce n’était  qu’hier,

Demain tu seras fier,

Ton retour suivra la prière.

 

Tu es toujours là, pieusement

Dont le printemps frileusement,

Toujours suivit scrupuleusement.

 

Larmes fines et glacées,

Tel une mère angoissée,

Tu laves la toile froissée.

 

Les fleurs jaunes et violettes

Se penchent vers la voilette,

D’une bruine visant la houlette.

 

Car bien avisée est ce merle,

Il siffle  la pie pour une perle,

Il ne sera pas dit cloche merle.

 

Cette fin de semaine amène,

Les rameaux de notre reine,

Près d’un solstice peu amène.

 

28 mars 2015

Monique  Macalou

 

Voir les commentaires

Hygiène corporelle

Hygiène corporelleHygiène corporelle

La toilette, entre débarbouillage et grand bain  

Rester séduisant, ne pas indisposer son entourage, conserver une bonne dentition... nous avons tous une bonne raison de passer dans la salle de bains !

Nos ancêtres voulaient séduir, chaque civilisation voyait la séduction différemment. Regardons leurs habitudes au fil des siècles.

La toilette des premiers temps

Peigne égyptien à longues dents, vers 3800 av. J.-C., Saint-Germain-en-Laye, musée d'Archéologie nationale.Vêtus de peaux de bêtes et dormant dans des abris sous roche, les hommes préhistoriques n'étaient sans doute pas adeptes de l'hygiène.

La Dame de Brassempouy (22000 à 29000 av JC), musée de Saint-Germain-en-LayeMais leurs compagnes savaient être coquettes comme l'atteste la belle coiffure soigneusement tressée de la Vénus de Brassempouy, dans les Landes, il y de cela près de trente mille ans.

Les parures féminines, dont les plus anciennes remontent à 75.000 ans, ne laissent aucun doute sur le désir de plaire.

Mais c'est beaucoup plus tard, à l'époque néolithique, il y a moins de dix mille ans, qu'a été inventé le peigne. Crasseux, peut-être, mais élégant, sûrement !

L'eau, un élément sacré

Les ablutions ont très tôt été considérées comme un rituel religieux lié à la recherche de la pureté spirituelle. Des simples ruisseaux à l'océan dans son entier, les sources d'eau étaient assimilées dans la haute Antiquité à des divinités, généralement protectrices.

C'est le dieu Nil en Égypte qui permet la survie du pays, ce sont les nymphes en Grèce qui protègent les amoureux venus se plonger dans leurs sources, c'est la mer Égée dans laquelle, tous les ans, la statue d'Athéna était baignée pour renforcer ses pouvoirs.

Les grandes religions ont repris par la suite cette symbolique de l'eau qui purifie. On pense bien sûr au baptême chrétien, aux ablutions faites par le croyant musulman avant la prière mais aussi aux bains dans le Gange qui rassemblent des millions d'hindous.

Pierre Bonnard, La Grande Baignoire (Nu), 1937–1939, coll. part.
Premières civilisations, premières baignoires

Apparues dans des contrées chaudes, les premières civilisations ont très tôt pratiqué la toilette. La toute première baignoire qui soit parvenue jusqu'à nous aurait ainsi fait les beaux jours d'une famille de Mésopotamie, région pionnière en matière de gestion de l'eau. Cet objet acquiert d'ailleurs une telle importance qu'il est parfois utilisé comme sarcophage.

Sur les berges du Nil, les privilégiés aimaient à se délasser dans une salle de douche, à l'exemple de celle découverte dans le palais du pharaon Ramsès III (1100 av. J.-C.). Ils y avaient à disposition un bac en calcaire, au milieu de grandes dalles protégeant les murs de brique des projections d'eau. Mais pas de pommeau : c'était un serviteur qui versait l'eau ! Leurs épouses étaient également soucieuses de leur propreté et faisaient usage de parfums capiteux.

L'art du bouillon collectif

Homère le savait bien : après un rude combat ou une traversée mouvementée, rien de tel qu'un petit plongeon ! C'est d'ailleurs devenu une tradition incontournable pour toute personne recevant un hôte, ou pour toute beauté cherchant l'aventure à la rivière.

C'est aux Sybarites, habitants de la colonie grecque de Sybaris, dans le golfe de Tarente, au sud de l'Italie, qu'est attribuée l'invention du bain de vapeur, au VIIIe siècle av. J.-C.

Au Ve s. av. J.-C., les épidémies de typhus ou de peste font de l'hygiène une préoccupation majeure des Grecs. Le mot lui-même vient d'Hygie, fille du dieu de la médecine Asclépios et déesse des guérisons, de la santé et de la propreté.

Dans le même temps, le rituel du bain revêt une dimension collective.

D'abord aménagés dans les gymnases, les bains publics, face au succès, deviennent des établissements autonomes et de plus en plus luxueux.

Ils sont plébiscités pour les bonnes (ou mauvaises) rencontres qu'ils offrent. Et qu'importe si des esprits médisants, comme Aristophane, ne cessent de se plaindre que la volupté de l'eau chaude « rend l'homme lâche ».

Rome, championne toutes catégories du bain

À leur tour, les Romains cultivent un art du bain qui n'a guère été surpassé jusqu'à nos jours. Les thermes publics deviennent un élément central de la civilisation romaine. On s'y rend deux heures par jour pour se laver, bien sûr, mais aussi pour rencontrer clients ou amis.

À l'intérieur, le parcours mène le baigneur du bain froid (frigidarium) au bain de vapeur (sudatorium) où l'on trouve, nous raconte Sénèque, « une température d'incendie et telle, qu'un esclave convaincu de quelque crime devrait être condamné à être baigné vif » !

Pour se relaxer, on peut accéder à la bibliothèque de l'établissement ou céder à la tentation des douceurs vendues par les marchands de gâteaux ou de charcuterie. À moins qu'on ne préférât s'isoler en bonne compagnie... Les thermes de Stabies, à côté de Pompeï, ne donnaient-ils pas sur la rue dite « du Lupanar » ?

Félicitons les ingénieurs romains qui maîtrisaient si bien les principes de l'hydraulique qu'ils parvenaient à mettre à disposition de la population de la ville, grâce à leur 4.000 km d'aqueducs, les mille litres d'eau nécessaires par jour et par personne. Eau chauffée à volonté, bien sûr !

À la fin de l'Empire, c'est près de 900 monuments qui permettent à toute la population de Rome, sans distinction de sexe ou de classe sociale, d'aller barboter dans des décors de rêve, tous les 9 jours suivant l'usage.

Les 3000 baigneurs des thermes de Dioclétien, inaugurés en 306 et toujours visibles, pouvaient en chœur faire fuir par sudation leurs mauvaises humeurs, se racler la peau avec un strigile, oindre leur corps d'huile et replonger dans l'eau tiède puis dans l'eau froide.

Me voici au milieu d'un vrai charivari...
Girolamo Macchietti, Les Bains de Pouzzoles, vers 1550-1572, Florence, Palazzo Vecchio.« Je suis logé à coté d'un établissement de bains ; et maintenant représente-toi tout ce que peut la voix humaine pour exaspérer les oreilles ; quand les champions du gymnase s'entrainent en remuant leurs haltères de plomb, quand ils peinent ou font comme si ils peinaient, je les entends geindre. [...] Si je suis tombé sur quelque baigneur passif qui ne veut rien de plus que le massage du pauvre, j'entends le bruit de la main claquant sur les épaules avec un son indifférent, selon qu'elle arrive à creux ou à plat. Mais qu'un joueur de balle survienne et se mette à compter les points, c'est le coup de grâce ! N'oublie pas le chercheur de querelles, le filou pris sur le fait, l'homme qui trouve que dans le bain il a une jolie voix. N'oublie pas la piscine et l'énorme bruit d'eau remuée à chaque plongeon. Outre ces gens qui à défaut d'autre chose, ont des intonations naturelles, figure-toi l'épileur qui reprend sans cesse un glapissement en fausset, afin de signaler sa présence, et ne se taisant que pour écorcher les aisselles et faire crier un autre à sa place. Puis c'est le marchand de boissons avec ses appels sur diverses notes, le marchand de saucisses, le confiseur et tous ces garçons de taverne qui ont chacun pour crier leur marchandise une modulation caractéristique » (Sénèque, Lettres à Lucillius, IV, 56).

Des étuves un peu louches...

Les débuts de l'ère chrétienne ne remettent pas en cause la pratique du bain.

Hans Memling, Bethsabée au bain, 1480, Stuttgart, Staaytsgalerie.Partant du principe que la propreté du corps est le reflet de celle de l'âme, on incite les religieux à faire un tour du côté des cuvettes d'eau.

Au Xe siècle, pour suivre les enseignements d'Avicenne, les moines de Cluny avaient par exemple à leur disposition une baignoire dans leur cellule et les religieuses de la règle de sainte Radegonde étaient invitées à se baigner régulièrement... mais « en aucun cas par deux » !

Il faut dire qu'au Moyen Âge, prendre un bain, c'est faire la fête ! Si les thermes antiques étaient tombés en ruine, faute d'entretien, les Croisés avaient rapporté d'Orient une vision éblouie des hammams, hérités des Romains et développés par les Byzantins.

Au XIIe siècle, le recul de l'ascétisme et la mise en place d'un certain art de vivre réhabilitent le corps.

Chevaliers comme simples bourgeois aiment à se délasser, nus et parfois en bonne compagnie, dans de grandes cuves entourées de rideaux, pour faire étuve.

Ces bons moments vont se raréfier et bientôt disparaître sous l'effet de deux catastrophes.

1- la Grande Peste, avec ses reprises épisodiques à partir de 1347.

2- L'arrivée de la syphilis, importée d'Amérique par les compagnons de Christophe Colomb dès 1492.

Dès le début du XVIe siècle sont ostracisés les bains publics, suspectés à juste titre de propager la syphilis et autres maladies vénériennes.

En 1566, les médecins font tomber le couperet : « Étuves ou bains, je vous en prie, fuyez ou mourrez ». Voici les baigneurs prévenus !

Les étuves, Valère Maxime, Faits et dits mémorables, vers 1455, Paris, Bnf
Se mouiller ? Quelle horreur !

École de Fontainebleau, Vénus à sa toilette, vers 1550, Paris, musée du Louvre.La toilette privée demeure l'occasion de profiter d'un « lieu de galanterie » : ainsi François Ier fit-il construire à Fontainebleau des bains pour admirer sans risque la plastique de sa favorite la duchesse d'Étampes.

Ces coquins de peintres prennent aussi prétexte de la toilette de Diane, Vénus, Suzanne et autres Bethsabée pour représenter la nudité.

Mais la Renaissance européenne, ne l'oublions pas, est une époque de contrastes qui combine avancées et reculs. Il en va ainsi dans la médecine et l'hygiène.

En 1568, l'illustre chirurgien Ambroise Paré reflète les nouvelles théories« hygiénistes » en écrivant : « Il convient d’interdire les bains, car, lorsque l’on en sort, la chair et le corps sont ramollis et les pores sont ouverts, et la vapeur pestiférée peut entrer rapidement à l’intérieur du corps et provoquer une mort subite ».

On fuit l'eau comme le sous-entend avec malice cette héroïne de Marguerite de Navarre : « Voyez ces belles mains, encore que je ne les aye point décrassées depuis huit jours, gageons qu'elles effacent les autres ». Un bon argument pour séduire, en effet !

Il n'y a plus guère que quelques esprits libres comme Montaigne pour oser affirmer que « le baigner [est] salubre ».

Au siècle suivant, que l'on dit pourtant le Grand Siècle des Sciences, plus question de bains délassants comme au Moyen Âge. Désormais s'impose une nouvelle méthode d'hygiène : la « toilette sèche ».

Femme à sa toilette (d'après Abraham Bosse, après 1635, musée des Beaux-Arts, Tours,)Notre mot toilette lui-même vient de là : on se passe sur les parties visibles du corps une belle toileblanche, éventuellement imprégnée de vinaigre, et le tour est joué !

Il ne reste plus qu'à changer de chemise, au moins cinq fois par jour dans les classes aisées. Comme le rappelle Charles Perrault : « La propreté de notre linge et l'abondance que nous en avons valent mieux que tous les bains du monde ». Des vêtements propres sur un corps sale, donc...

C'est que les courtisans privilégient les apparences, avec force rubans, parfums et perruques. Les produits cosmétiques ne manquent pas après que Colbert a lancé la fabrication du savon de Marseille pour donner un débouché à l'huile d'olive.

L'illustration ci-contre montre la toilette sèche : la servante tient le linge blanc destiné à frotter le visage, les mains et le cou de sa maîtresse.

Louis XIV, dit-on, ne prit qu'un bain dans sa vie. Légende !
Même s'il n'a pas fait l'expérience de la bassine avant ses huit mois, le Roi-Soleil, dans sa jeunesse, aimait à nager dans la Seine. Les médecins de l'époque, si justement moqués par Molière, finirent par l'en dissuader après lui avoir imposé vingt jours de suite un bain médicamenteux de deux heures suivi d'un bouillon purgatif... Toute trempette, à l'époque, se devait en effet d'être thérapeutique.
Mais à Versailles, le roi eut aussi le souci de faire installer l'eau courante et même un appartement des bains pour son usage, avec une baignoire sur roulettes. Certains courtisans avaient aussi droit à un cabinet de toilette, près de leur chambre.

Viendrez-vous me visiter dans mon cabinet de toilette ?

Louis XIV disparu, la Cour respire... On se veut plus libre et plus proche de la Nature. 

Christophe Huet, Décor de la Petite Singerie : La baignoire, 1735, Chantilly, musée Condé.Les « Lumières », Rousseau en tête, commencent à parler éducation et hygiène de vie, en plein accord avec les savants et le corps médical.

En 1777, Lavoisier montre que la peau respire. C'est un premier pas avant la mise en évidence par Pasteur, un siècle plus tard, de la responsabilité des germes dans la transmisson des maladies et, donc, de l'importance de l'asepsie. 

Il est à nouveau recommander de se laver vraiment !

Pour cela, les aristocrates font aménager dans leurs demeures des cabinets de toilette, symboles d'un luxe nouveau. Ils aiment y recevoir dans leur baignoire sabot (ou « pantoufle » pour les Anglo-Saxons) en cuivre, très chic, et qui a l'avantage de nécessiter peu d'eau.

François Boucher, Jeune femme prenant un bain de pieds, 1766, coll. part.

On y trouve parfois le bidet, ce « confident des dames » propre à la France, qui apparaît dans tout bon roman libertin.

Les bourgeois se font apporter à domicile une baignoire pliante à double paroi qui permet de conserver l'eau à bonne température. Toute la famille n'a plus qu'à y défiler.

Les citadins plus modestes se détournent des bains de rivière pour de nouveaux établissements qui proposent bains chauds ou froids et même piscine pour apprendre à nager.

Mais le plus souvent, on en reste à une toilette partielle (visage, bras, pieds, siège...).

« Le bas peuple de Paris a plus besoin d'être décrassé plus que tout autre au monde », affirme le journaliste Jean-Sébastien Mercier, auteur d'un Tableau de Paris.

Paul Peel, Avant le bain, 1890, coll. part.
De l'hygiène, que diable !

Affiche pour les Bains parisiens, début XXe s., Paris, Bnf.Au XIXe siècle, scientifiques et médecins font assaut d'arguments pour développer l'hygiène tandis que les édiles municipaux multiplient les initiatives en vue de la démocratiser, à commencer par la création dans les villes de réseaux de distribution d'eau courante et d'évacuation des eaux usées.

Paris en vient à compter en 1873 pas moins de 187 bains-douches pour un peu plus d'un million d'habitants. 

Qu'ils soient baptisés « russes »« turcs » ou« chinois » pour plus d'exotisme, on y trouve souvent ce très pratique « bain en pluie », hérité des traitements psychiatriques, qui deviendra notre douche.

C'est enfin la découverte de l'intimité avec la généralisation des cabinets de toilette dans les demeures bourgeoises !

Quelques peintres peuvent encore jeter un œil sur ces scènes cachées et observer le triomphe des tubs en zinc, arrivés d'Angleterre à la fin du XVIIIe siècle.

Edgar Degas, Le Tub, 1886, Paris, musée d'Orsay

On se serait cru au fond d'un drageoir
« Mais la merveille de l'appartement, la pièce dont parlait tout Paris, c'était le cabinet de toilette. On disait : ''Le cabinet de toilette de la belle madame Saccard'', comme on dit : « La galerie des glaces, à Versailles ». Ce cabinet se trouvait dans une des tourelles de l'hôtel, juste au-dessus du petit salon bouton-d'or. On songeait, en y entrant, à une large tente ronde, une tente de féerie, dressée en plein rêve par quelque guerrière amoureuse. Au centre du plafond, une couronne d'argent ciselé retenait les pans de la tente qui venaient, en s'arrondissant, s'attacher aux murs, d'où ils tombaient droits jusqu'au plancher. […]

Le tapis, d'une blancheur de neige, s'étalait sans le moindre semis de fleurs. Une armoire à glace, dont les deux panneaux étaient incrustés d'argent ; une chaise longue, deux poufs, des tabourets de satin blanc ; une grande table de toilette, à plaque de marbre rose, et dont les pieds disparaissaient sous des volants de mousseline et de guipure, meublaient la pièce. Les cristaux de la table de toilette, les verres, les vases, la cuvette étaient en vieux bohème veiné de rose et de blanc. Et il y avait encore une autre table, incrustée d'argent comme l'armoire à glace, où se trouvait rangé l'outillage, les engins de toilette, trousse bizarre, qui étalait un nombre considérable de petits instruments dont l'usage échappait, les gratte-dos, les polissoirs, les limes de toutes les grandeurs et de toutes les formes, les ciseaux droits et recourbés, toutes les variétés des pinces et des épingles.
Alfred Stevens, Le Bain, 1874, Paris, musée d'Orsay.Mais le cabinet avait un coin délicieux, et ce coin-là surtout le rendait célèbre. En face de la fenêtre, les pans de la tente s'ouvraient et découvraient, au fond d'une sorte d'alcôve longue et peu profonde, une baignoire, une vasque de marbre rose, enfoncée dans le plancher, et dont les bords cannelés comme ceux d'une grande coquille arrivaient au ras du tapis. On descendait dans la baignoire par des marches de marbre. Au-dessus des robinets d'argent, au col de cygne, une glace de Venise, découpée, sans cadre, avec des dessins dépolis dans le cristal, occupait le fond de l'alcôve. Chaque matin, Renée prenait un bain de quelques minutes. Ce bain emplissait pour la journée le cabinet d'une moiteur, d'une odeur de chair fraîche et mouillée ». (Émile Zola, La Curée, 1871).

Hygiène corporelleHygiène corporelle
Eau courante à tous les étages

Jules Scalberg, Jeune femme se préparant au bain, 1910, coll. part.C'est d'Angleterre que nous vient la salle de bain telle que nous connaissons.

Lavabo et baignoire en porcelaine, enfin reliés à un système de plomberie, séduisent les riches milieux d'affaires européen et américain.

Mais pour l'immense majorité des Français et en particulier des ruraux, la toilette continue de se faire au broc, avec une garniture de toilette, ou, plus souvent encore, dans une bassine devant l'âtre de la cuisine.

« Malgré le bas prix des bains, leur gratuité même, la moyenne des bains par habitant n'a pas varié depuis 1850 : un bain tous les deux ans ! » (étude de 1900).

Ce n'est qu'avec les grands ensembles de logements sociaux, dans les années 1950, que l'accès à l'hygiène va se démocratiser, avec la généralisation du chauffage central et des salles de bain dans les appartements.

Bénéficiant aujourd'hui d'un confort qui en fait une des pièces les plus fréquentées de la maison, la « salle d'eau » séduit non seulement pour des questions de propreté mais aussi de plaisir : elle devient une invitation à la détente.

Roy Lichtenstein, Femme dans son bain, 1963, Madrid, musée Thyssen Bornemisza.Tout y concourt et en particulier la profusion de produits cosmétiques raffinés et coûteux... qui font la fortune de quelques grandes firmes mondiales.

Ne soyons pas surpris que la première d'entre elles, L'Oréal, soit française. Elle est l'héritière en effet d'une addiction pluriséculaire aux parfums.

Il se trouve maintenant des médecins pour mettre en garde leurs patients contre l'excès de soins et de bains, avec le risque d'affaiblir les immunités naturelles. Retour à la toilette sèche ?

La toilette selon Boris Vian
« Colin terminait sa toilette. Il s'était enveloppé, au sortir du bain, d'une ample serviette de tissu bouclé dont seuls ses jambes et son torse dépassaient. Il prit à l'étagère de verre, le vaporisateur et pulvérisa l'huile fluide et odorante sur ses cheveux clairs. Son peigne d'ambre divisa la masse soyeuse en longs filets orange pareils aux sillons que le gai laboureur trace à l'aide d'une fourchette dans de la confiture d'abricots. Colin reposa le peigne et, s'armant du coupe-ongles, tailla en biseau les coins de ses paupières mates, pour donner du mystère à son regard. Il devait recommencer souvent, car elles repoussaient vite. Il alluma la petite lampe du miroir grossissant et s'en rapprocha pour vérifier l'état de son épiderme. Quelques comédons saillaient aux alentours des ailes du nez. En se voyant si laids dans le miroir grossissant, ils rentrèrent prestement sous la peau et, satisfait, Colin éteignit la lampe. Il détacha la serviette qui lui ceignait les reins et passa l'un des coins entre ses doigts de pied pour absorber les dernières traces d'humidité. [...]

Il vida son bain en perçant un trou dans le fond de la baignoire. Le sol de la salle de bains, dallé de grès cérame jaune clair, était en pente et orientait l'eau vers un orifice situé juste au-dessus du bureau du locataire de l'étage inférieur. Depuis peu, sans prévenir Colin, celui-ci avait changé son bureau de place. Maintenant, l'eau tombait sur son garde-manger.

Il glissa ses pieds dans des sandales de cuir de roussette et revêtit un élégant costume d'intérieur, pantalon de velours à côtes vert d'eau très profonde et veston de calmande noisette. Il accrocha la serviette au séchoir, posa le tapis de bain sur le bord de la baignoire et le saupoudra de gros sel afin qu'il dégorgeât toute l'eau contenue. Le tapis se mit à baver en faisant des grappes de petites bulles savonneuses ». (Boris Vian, L'Écume des jours, 1947).
David Douglas Duncan, Pablo Picasso dans sa baignoire, Life Magazine, 1956.

Accessoires d'hygiène

Le bidet : cette baignoire miniature, dont le nom est emprunté à celui d'un cheval de poste, petit et trapu, a rassuré à partir de 1710 les volages soucieuses de prévenir les maladies honteuses.

Le bourdalou : ce pot de chambre féminin en forme de haricot doit son nom au prédicateur Bourdaloue, rival de Bossuet ; les pieuses dames de la bonne société en faisaient usage pendant ses prêches, connus pour être interminables.

Garniture de toilette (DR)Broc et garniture de toilette : ce broc dans une bassine en faïence joliment décorée faisait au XIXe siècle et jusqu'au milieu du XXe siècle la fierté des ménages ruraux. Il trônait habituellement sur une table de toilette dans la chambre matrimoniale.

La brosse à dents : prenant la suite du bout de bois cure-dents et des bâtonnets à mâcher, la brosse à dents est apparue au XVe siècle en Chine puis en Europe à la fin du XVIe siècle.

La douche : on doit la popularité de cet outil, connu dès l'antiquité, au médecin-chef de la prison de Rouen : ce bon gestionnaire y voyait un moyen bien pratique d'économiser l'eau et le temps lors de la toilette des détenus.

Arletty dans Le Jour se lève, 1939.

Le papier-toilette : l'indispensable papier hygiénique a prouvé à partir de la moitié du XIXe siècle qu'il était nettement plus efficace que l'éponge, le chanvre ou même les cailloux employés jusqu'alors.

Le peigne : présent dans les civilisations les plus anciennes, il fait partie des premiers objets ouvragés par l'homme (artefacts), en os, corne ou ivoire.

Le rasoir : coquillage, lame en bronze, coupe-choux, tous les moyens étaient bons pour se faire la peau nette, jusqu'à l'arrivée en 1904 de monsieur Gillette et de son rasoir« de sécurité » pour éviter les défigurations malencontreuses.

Le savon : longtemps attribuée aux Gaulois, ce serait finalement aux Sumériens que l'on doit l'invention du savon à partir de la graisse de vache, de l'huile d'olive ou encore de la soude végétale ainsi que de cendres.

Le shampooing : il a été ramené des Indes par les Anglais, comme l'indique son nom dérivé de champo : masser. Avant son introduction en Europe, au XVIIIe siècle, on avait recours au vinaigre, à l'argile ou plus simplement, aux perruques !

 

Voir les commentaires

Ils sont nés un trente mars...

1- F. de Goya   2- P. Verlaine   3- Van Gogh
1- F. de Goya   2- P. Verlaine   3- Van Gogh
1- F. de Goya   2- P. Verlaine   3- Van Gogh

1- F. de Goya 2- P. Verlaine 3- Van Gogh

Francisco de Goya

30 mars 1746 à Fuendetodos (Espagne) - 16 avril 1828 à Bordeaux

Francisco de Goya y Lucientes est sans doute le plus grand peintre de sa génération.

D'une remarquable longévité artistique (plus de 60 ans), il débute comme peintre de l'aristocratie heureuse du XVIIIe siècle. Ses premières oeuvres se rapportent à des sujets légers de la société espagnole. Elles rappellent la peinture gracieuse de Fragonard, son contemporain

 Patriote et révolté

Francisco de Goya y Lucientes est sans doute le plus grand peintre de sa génération. Il est né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, dans la famille d'un artisan.

D'une remarquable longévité artistique (plus de 60 ans), il débute comme peintre de l'aristocratie heureuse du XVIIIe siècle. Ses premières oeuvres se rapportent à des sujets légers de la société espagnole. Elles rappellent la peinture gracieuse de Fragonard, son contemporain...

Notons son audace dans le nu ci-contre, l'un des deux ou trois nus espagnols dignes d'attention (avec la Vénus de Vélasquez) Intitulée La Maja nue (Goya a peint la même personne vêtue !), cette toile, qui rompt avec les conventions classiques, représenterait la duchesse d'Albe ou la maîtresse de Godoy (homme fort de la Cour), Pepita Tudo.

Devenu sourd en 1792, à 46 ans, Goya laisse poindre son tempérament sombre et révolté dans des peintures et des gravures d'une rare noirceur. Il porte un regard critique et satirique sur son temps. Il entre en rugissant dans le XIXe siècle.

Peintre de cour, il fait partie des «afrancesados», l'élite sensible aux idées de la Révolution française, mais il est bientôt déchiré par le soulèvement anti-français de 1808.

Il atteint le sommet de son art lorsqu'il peint le soulèvement populaire de Madrid du 2 mai 1808 («Dos de Mayo») et la répression du lendemain («Tres de Mayo») dans des tableaux d'un stupéfiant réalisme qui préfigurent déjà les horreurs du XXe siècle. Notons que le peintre réalise ces toiles en 1814, c'est-à-dire seulement après l'évacuation de l'Espagne par les Français. Il a alors 68 ans !...
 

Paul Verlaine

30 mars 1844 à Metz - 8 janvier 1896 à Paris

Précurseur du  symbolisme, le poète Paul Verlaine a inventé au fond de sa déchéance les quatrains les plus musicaux de notre langue. Avec Rimbaud, compagnon de misère, il représente une figure caractéristique de son époque, le poète maudit.
«De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose
...»

Vincent van gogh

30 mars 1853 à Groot Zundert (Hollande) - 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise

Aujourd'hui mondialement connu, Vincent Van Gogh (1853-1890) reste dans l'Histoire de l'Art l'exemple même du «peintre maudit», voué en son temps au malheur, à l'indifférence et à la solitude.

Ce fils de pasteur hollandais, après avoir lui-même songé à rejoindre la prêtrise, se lance dans les années 1880 dans une carrière tardive de peintre en commençant par prendre pour modèles les paysans miséreux de son pays et en s'inspirant du peintre réaliste Millet.

Par son utilisation du noir, notamment pour souligner les contours, il se range parmi les post-impressionnistes comme son ami Émile Bernard, créateur de l'école de Pont-Aven. Il contribue à la vogue picturale du « japonisme ».

En 1886, fragile de santé physique et mentale, épuisé par les problèmes d'argent, il rejoint à Paris son frère Théo, marchand d'art, et découvre la peinture impressionniste dont il emprunte les thèmes et les couleurs, puis part pour Arles, attiré par la lumière du Sud.

Van Gogh, les Iris (1889, 93cmx72cm, Paul Getty Museum, Californie)

« Peintre maudit »

Il se plonge dans le travail pour créer sans répit des toiles où il donne libre cours aux couleurs qui semblent exploser pour mieux remplir l'espace.

Afin d'alléger un sentiment d'exil qui lui pèse, il fait venir auprès de lui Paul Gauguin, artiste auquel il voue une grande admiration. Mais la cohabitation se passe mal et, dans une crise de folie, Van Gogh tente d'agresser son invité avant de retourner un rasoir contre lui-même et de se couper le lobe de l'oreille.

Ses crises psychotiques l'amènent dans la maison de santé de Saint-Rémy-de-Provence avant que son frère dévoué ne lui trouve un refuge à Auvers-sur-Oise, auprès du docteur Paul Gachet, ami des peintres et peintre amateur lui-même.

L'arrivée du chemin de fer en 1846 dans la petite ville d'Auvers-sur-Oise (2000 habitants) y avait amené des peintres attirés par le charme bucolique de la vallée, à commencer par Charles-François d'Aubigny (1817-1878), premier artiste à peindre en extérieur. Il reçoit dans son atelier Corot ou encore Daumier.

Vincent appartient à la génération suivante. Il arrive à Auvers le 21 mai 1890 et prend pension à l'auberge Ravoux. Pendant 70 jours, il peint avec frénésie quelque 78 toiles.

Mais le désespoir devient trop fort et c'est finalement au milieu d'un champ que, le 27 juillet 1890, il se tire un coup de revolver dans le ventre. Il mourra deux jours plus tard après de longues heures d'agonie, n'ayant vendu de son vivant qu'un seul tableau. Son frère, désespéré et malade de la syphilis, le suit dans la tombe quelques mois après.

Van Gogh, qui n'a vendu qu'une toile, est le seul de tous les grands peintres à n'avoir pas été reconnu de son vivant. Il n'a survécu que grâce à l'allocation mensuelle de 150 francs que lui donnait son frère. Il mérite plus qu'aucun autre le triste qualificatif d'« artiste maudit »... Mais ses oeuvres (879 identifiées) atteignent aujourd'hui des records dans les salles aux enchères et son génie fait l'unanimité.

Les paveurs (boulevard de Saint-Rémy) (Vincent Van Gogh, 1889, Huile sur toile, 73,7x92,8cm, Washington, Phillips Collection)

Voir les commentaires

ça s'est passé un... 30 mars

ça s'est passé un... 30 mars
30 mars 991 : Hugues Capet neutralise Charles de Lorraine
Le 30 mars 991, Charles de Lorraine, oncle du dernier roi carolingien, est enfermé à Orléans avec sa famille par Hugues Capet,  fraîchement élu sur le trône de Francie occidentale. Ayant neutralisé son principal rival, le roi peut asseoir son pouvoir. Sa dynastie perdurera pendant un millénaire.
30 mars 1282 : Les Vêpres siciliennes
Le lundi de Pâques 1282, au moment des Vêpres, une émeute éclate à Palerme, capitale du royaume de Sicile. Elle s'étend à la ville voisine de Corleone. La population s'en prend aux soldats français qui entourent le roi. Le massacre s'étire sur deux jours, les 30 et 31 mars, faisant environ 8000 victimes dans la garnison.

L'événement est resté dans l'Histoire sous le nom de «Vêpres siciliennes». L'expression est encore utilisée pour désigner un soulèvement spontané et meurtrier contre une puissance occupante.

Les Angevins en Sicile

Le royaume de Sicile a été fondé en 1130 par un aventurier normand, Roger II de Hauteville, après qu'il se fut reconnu vassal du Saint-Siège.

Manfred, lointain descendant des rois normands de Sicile et bâtard de l'empereur allemand Frédéric II Hohenstaufen, se trouve impliqué dans les guerres entre GUELFES et GIBELINS (partisans du pape et partisans de l'empereur d'Allemagne). C'est ainsi qu'il entre en conflit avec son suzerain, le pape Clément IV.

De son vrai nom Gui Foulques, le pape, qui est originaire de Provence, se tourne vers Charles 1er, comte d'Anjou et de Provence, frère cadet du puissant roi de France LOUIS IX (Saint Louis).

Il lui propose les domaines des Hohenstaufen au sud de l'Italie en échange de son aide militaire. Le comte accepte et tue Manfred à Bénévent le 26 février 1266.

C'est ainsi qu'une garnison française s'installe à Palerme cependant que Charles reçoit le salaire promis, à savoir la couronne royale de Sicile.

Pénétré de l'idée de reprendre le combat contre les musulmans, il entraîne alors le roi de France, son frère, dans une huitième et dernière croisade. Elle se termine sous les murs de Tunis par la  mort de Saint Louis.

Charles 1er n'en poursuit pas moins ses chimères et se fait octroyer les couronnes d'Albanie et de Jérusalem. Il obtient même la principauté d'Achaïe, dans le Péloponnèse, au sud de la Grèce, en 1267, ce qui le pose en rival de l'empereur byzantin Michel VIII Paléologue. Celui-ci, dès lors, encourage les Siciliens à se révolter contre leur suzerain. Il n'a pas trop de mal à cela...

Des Siciliens rebelles aux impôts

Ambitieux et hardi, Charles veut gérer son nouveau royaume sur le modèle de la France capétienne, avec une administration centralisée et une fiscalité rigoureuse. Mais ses sujets italiens lui en veulent de les accabler d'impôts en vue de financer ses rêves d'Orient et de croisade.

L'émeute de Palerme consacre l'échec du royaume angevin. La Sicile passe sous la domination du roi Pierre III d'Aragon, gendre de Manfred, qui s'est empressé d'apporter son soutien aux révoltés.

Le vaincu des «Vêpres siciliennes», Charles d'Anjou, est chassé de Sicile, malgré le soutien de son neveu, le roi de France Philippe III le Hardi. Il conserve toutefois le sud de la péninsule italienne avec Naples pour capitale.

Ses héritiers vont se maintenir jusqu'au début du XVe siècle. Parmi les derniers représentants de la lignée angevine figurent deux femmes aux moeurs légères et au destin tourmenté, les reines Jeanne 1ère et J Jeanne II.

30 mars 1854 : Création du bagne de Cayenne

Le 30 mars 1854, une loi officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. 3.000 condamnés y ont déjà été envoyés dans les deux années précédentes.

30 mars 1912 : Le Maroc devient protectorat français

Le 30 mars 1912, suite au "coup d'Agadir" et à la convention de Fès, le sultanat du Maroc devient protectorat français après avoir conservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles !

La République française complète ainsi sa domination sur l'Afrique du Nord... mais pour moins d'un demi-siècle. Le général  Hubert Lyautey, nommé « résident général »auprès du sultan, à Rabat, va s'appliquer à moderniser les institutions du pays dans le respect de ses traditions.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>