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Bienvenue sur mon site
Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

La nostalgie d’Henri « dit le marquis »

com

La nostalgie d’HenriUn vieil homme, aux odeurs nauséabondes, voudrait tant être à ses dix-sept ans. Sa barbe est longue, grisâtre en broussaille. Son chapeau est flétri. Son pantalon trop large est plein de tache de vin rouge. Enfin son sac à dos est trop lourd, son pas est chancelant, ainsi qu’une besace en bandoulière. Il s’arrête hilare.

Il est devant ces prétentieux, ces nouveaux riches, les enfants des bobos. Certains jouent aux riches en s’installant sur la terrasse du très distingué, café de la place, de ce quartier chic.

Bien qu’il est l’esprit embrumé par l’alcool, ses yeux s’éclaire narquois. Il a un sourire béat et amusé. Il va leur faire une bonne farce ! Titubant, il ouvre sa gibecière, qu’il porte comme un fusil en bandoulière. Ces gestes sont lents et apparemment pénible.

Victorieux, riant aux éclats, il sort son litre de « rouge ». Il enlève le bouchon, essuie avec sa manche devenue grise le goulot. Son cardigan est si sale que l’on ne peut deviner la teinte d’origine. Sa chemise est ouverte, malgré le froid cinglant. Il est complètement débraillé des pieds à la tête. Les chaussures sont du même acabit. Alors il renifle, puis renverse la tête et… glou glou et glou et glou…, ça descend tout seul, sans perdre une goutte ! Il rebouche avec précaution sa bouteille tranquillement en se dandinant. Il range son précieux biberon dans sa musette, avec difficulté, tout au moins en apparence.

Goguenard, il promène son regard vide et brillant sur chacun d’eux. Ils sont stupéfaits.

— Ce sans gêne !

— C’est répugnant !

— Pouah !

— Mon dieu est-ce possible ?

— C’est écœurant !

Firent les passants dégoutés.

Les jeunes eux rient et se moquent de lui. Qu’auraient ils purent faire d’autre ?

Lui il est tout heureux, il est avec des gens « chics ». Il se défoule comme eux. Lui çà lui coute moins cher ! Son litre de Haut Médoc 1947 ne coute que quelques francs !

Des clients dégoutés, quittent la terrasse, poursuivit du rire tonitruant du « clochard ». Ils sont scandalisés, que le garçon de café, le laisse faire. Pour eux la police devrait l’embarquer ! Il trouble l’ordre public ! Seulement il est sur le trottoir, il n’a pas de gestes dangereux pour ses concitoyens, ni de paroles insultantes. C’est une vraie histoire sans parole. La rue est à tout le monde.

Ces jeunes voudraient s’amuser de lui, le faire boire encore et encore plus, en lui payant un verre chacun, mais la saleté et l’odeur les arrêtent.

Ces jeunes sont de brillants universitaires, des commerciaux et autres. Ils viennent dépenser l’argent de la semaine, et parfois du mois, pour briller dans le fastueux PUB avec ce qu’ils croient être des « beautés », et elles leur coutent très chères leurs hôtesses. Que peuvent-ils comprendre de ce pauvre bougre ?

Lui aussi, voudrait-être de la fête ! Malheureusement la fête c’est lui qui se la prépare, et il la fait tout seul.

Ils n’ont encore rien vue de la vraie vie ces jeunes-là, malgré ce qu’ils croient ! Ils ignorent et dédaignent-les miséreux. Ils déblatèrent, philosophèrent sur les choses de

la vie. Leur philosophie est d’après les livres, les reportages de la télé, des journaux. Ils connaissent tout !

Mais de la vie courante de chaque jour d’un smicard, d’un RMIste, ils n’en ont aucune idée, malgré ce qu’ils croient. Bien qu’ils s’imaginent être au fait de tout, ce n’est que des suffisants !

Ils payent leurs cafés dix francs. Cela leur permet de rire de lui ! Mais sont-ils vraiment heureux ? Que savent-ils de ce pauvre vieux ? Que faisait-il à leur âge ? Pourquoi est-il ou devenu ainsi ? Aucune de ces questions n’effleure leurs esprits. Ils sont tellement distingués ! Pourtant ils n’ont aucune malice dans leur cœur. Leur vie dorée, leurs études, leur profession, les plaisirs couteux sont leur vie courante. Comment pourraient-ils deviner et même imaginer, qu’ils ont devant eux un officier de la marine ! Qu’il fut fiancé à une jeune fille de haute naissance comme lui. Qu’il est en fait d’origine équivalent à eux, et pour certains supérieurs.

Il est dans un tel état, son manque de savoir vivre, et son silence en dehors des rires, cache sa vraie misère. Par ce moyen il ne donne pas d’indication. Et pourtant…

Il est décoré des : médailles militaire, officier de la légion d’Honneur pour hauts faits d’arme ! Il a un vrai tableau de chasse. Il les promène précieusement ces souvenirs dans son sac à dos.

Son lointain passé le poursuit chaque samedi du mois à vingt heures, il y retrouve sa fiancée vêtue de blanc. Il l’a vue pour la dernière fois à cette terrasse de café le seize août 1915 ! Ils se sont séparés en se disant au revoir avec toutes les promesses d’avenir dû à la situation de la France. Hélas, ce fut un adieu !

Le 17 août 1915 il partait à la guerre, il rejoignait Boulogne ! Dans l’espoir de le rejoindre elle s’engagea le 20 décembre 1915 dans la Croix Rouge, elle était devenue infirmière.

Pendant un bombardement, elle fut violée ! Lui qui l’avait toujours respectée ! Elle était son lys, sa rose blanche, toute son espoir. Terrorisée plus par certains soldats, que par la guerre elle-même, elle s’enfuira. Cinq mois plus tard, son corps est retrouvé démembrés. Elle était enceinte ! Elle s’était cachée dans la campagne près de Nancy !

Malgré sa peine il fut un soldat modèle. Il quitte l’armée quand celle-ci lui imposa la retraite.

Il a participé à toutes les guerres françaises et coloniales possibles. Il a même rejoins la légion étrangère. En juin mille neuf cent quarante, il rejoint Londres et s’engage dans la résistance, il est FFI dans la marine, il participe au débarquement.

Il s’est porté volontaire partout où une balle, ou une explosion aurait mis fin à son calvaire. Il ne voulait pas oublier, c’est ainsi qu’il restait la tête au-dessus de l’eau. Pour lui la vie s’est arrêtée à la terrasse de ce café. Pourtant il avait changé de propriétaires plusieurs fois.

Madame la mort il la cherche toujours, non seulement il ne la trouve pas, mais elle ne veut pas de lui.

Il a fait une tentative, pour se réconcilier avec sa famille. Il est rentré chez lui lors de sa mise à la retraite. Il ne reconnait plus rien, ni les membres de la famille qu’il l’avait oublié, ni sa chambre qui était occupé par un petit-neveu, ni son domaine. Pourtant son père, en avait fait son principal héritier par testament.

Dans le parc du manoir, il ferme les yeux, il revoit Sarah assise au pied du chêne, sur le gazon. En ouvrant les yeux, il ne reconnait plus son parc ! Alors il quitte à nouveau sa famille qui lui est devenue inconnue. Et puis trop de souvenirs qui se bousculent dans sa tête. Tout a changé il ne les retrouve plus. Seuls les murs sont restés, par la seule volonté du père, Monsieur le Marquis de la Minaudière. Maintenant tout est différents.

Et puis toutes ces mondanités, qu’il ne pratique plus depuis longtemps, tout ce faste l’écœure, et tant de souvenirs qu’il aurait voulu retrouvé intact ! Pour lui, la famille et la guerre ont tout Sali.

Il réalise qu’il ne peut plus vivre dans ce milieu, il a trop vécu au milieu des bombes, des guet-apens, des repas froids et rapides sur le sol ! Il ne pouvait plus se réadapter. Malgré tout, il fit un effort. Au bout d’un mois l quitte son domaine ! C’était au-dessus de ses forces.

Sur les chemins de France toute l’année, il fait de nombreuses rencontres, parfois amicale souvent agressive. C’est pendant l’une de ses pérégrinations qu’il rencontre son compagnon de misère. Un chien vagabond comme lui, s’attache à lui. Il l’appelle Rapatout ! Il est de tous les exploits, mais aussi son compagnon, son gardien, son soldat.

Malgré tout il est resté un peu, pour voir comment sa famille réagira. Cette famille pour qui il n’a plus compté. Excepter pour ses parents. Son frère espérait qu’il soit mort, Ainsi ce serait lui le Marquis puisque son frère Arthur n’a pas de descendant. Alors en le revoyant, accoutré comme un clochard ! Mi a mi !

Enfin, un jour il s’est décidé, il quitte son manoir, sa famille. Il emmène son Rapatout, le seul et vrai compagnon de sa triste vie. Sur la route il marche résolument vers le futur. Son sac à dos rempli de tout son nécessaire, le radiocassette sur l’épaule, la gibecière sur la hanche il avance allègrement. Tous ses souvenirs sont jalousement classés dans son sac à dos. Gare à celui, qui voudra le lui prendre ! Ce sont seulement ses souvenirs, et les copies de ses papiers. Son argent, ses actes de propriétés, ainsi que ses papiers sont mis en lieu sûr, au coffre de sa banque. Il siffle son air préféré « Violette » celui qu’il avait fredonné tendrement à l’oreille de Sarah. Il a retrouvé sa meilleure amie, la liberté. Il est sale, il a froid, il a faim, mais il est libre.

Seulement son cancer le ronge tous les samedis à vingt heures. A la terrasse de ce café, il fait son cinéma pour guérir sa blessure. Dans la brume alcoolisée il revoit le rêve de sa jeunesse, le jour de son dernier rendez-vous.

Lui il revit pendant quelques instants. Il voit le fantôme blanc de Sarah. Il n’est visible que pour lui. 

 

 

20 Juillet 1978

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F
<br /> que la vie est dure, et que les guerres peuvent détruire un homme<br />
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M
<br /> <br /> Oui, c'est une histoire vrai. J'ai seulement changé les noms et les lieux.  Oui, c'est pourquoi le jugement est terrible.<br /> <br /> <br /> <br />