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ça s'est passé un... 14 octobre

ça s'est passé un...

14 octobre

14 octobre 719 : Les Francs refont leur unité
Le 14 octobre 719, à Néry, près de Senlis, une bataille met aux prises les Francs d'Austrasie et leurs rivaux, les Francs de Neustrie. Le vainqueur de la journée ne va pas tarder à faire parler de lui sous le nom de Charles Martel. Fort de sa victoire sur les Neustriens, il unifie définitivement sous sa coupe les royaumes mérovingiens issus de Clovis et poursuivra une glorieuse carrière en mettant au pas les peuples d'outre-Rhin (Saxons, Bavarois, Thuringiens et Frisons), en stoppant à Poitiers les incursions arabes, enfin en ouvrant la voie à Charlemagne, son petit-fils.

14 octobre 1066 : Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre
Le 14 octobre 1066, à Hastings, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, défait les troupes du roi d'Angleterre Harold. La victoire du duc marque la naissance de l'Angleterre moderne.

À noter qu'après le débarquement de Guillaume, toutes les tentatives de conquête de l'Angleterre échoueront...

14 octobre 1468 : Entrevue orageuse à Péronne
Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI échappe de peu à un mauvais coup lors de son entrevue avec son rival, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, à Péronne. Le duc consent à le libérer sur une intervention de son chambellan, Philippe de Commynes, lequel entrera ensuite au service du roi (il restera dans la postérité comme l'auteur de la formule : « La fin justifie les moyens »). En sens inverse, le cardinal Balue, aumônier du roi, est emprisonné pour avoir trahi ce dernier au profit du duc...

 


14 octobre 1543 : Barberousse s'invite chez François 1er
Le 14 octobre 1543, le corsaire turc Barberousse (Kheir ed-Din) ancre dans la rade de Toulon avec 200 galères et 30.000 hommes.

Une alliance sans précédent
Dix-huit ans plus tôt, en 1525, le roi de France François Ier a été battu et capturé à Pavie par les troupes de l'empereur Charles Quint.

Khair el-Din Barberousse (1476-1546). Agrandissement :
Portrait de barberousse au musée des Beaux-Arts d'Alger

.Il demande aussitôt à sa mère, Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II le Magnifique. Il veut de cette façon contrecarrer les ambitions italiennes de son rival.

L'année suivante, le sultan écrase une armée hongroise à Mohacs. Il met fin à l'indépendance du royaume de Hongrie mais échoue à s'emparer de Vienne, la capitale des Habsbourg, la famille de Charles Quint.

François Ier ne veut pas rester sur cet échec. Il songe à utiliser la flotte du corsaire Barberousse en vue d'une nouvelle intervention en Italie. C'est ainsi que le Turc attaque en août 1543 la ville de Nice, qui appartient au duché de Savoie, allié de Charles Quint. La ville basse est conquise après plusieurs assauts mais le château résiste à trois semaines de siège.

Après ce coup de main, Barberousse et ses hommes sont invités à hiverner à Toulon. Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France, la ville est mise à la disposition de ces corsaires musulmans venus d'Alger et qualifiés de Barbaresques. La plus grande partie de la population habituelle est évacuée et la cathédrale Sainte-Marie-Majeure est même transformée en mosquée.

Tout cela pour rien. Perdant l'envie de combattre pour le roi de France, Barberousse se fait payer son départ au prix fort au printemps suivant. Il poursuit la guerre de course pendant quelques temps encore avant de se retirer dans son palais d'Istamboul où la mort le rattrape en 1546, à 70 ans.

François Ier meurt l'année suivante sans avoir rien obtenu de son conflit avec Charles Quint pour la domination de l'Italie.

14 octobre 1670 : Le Bourgeois gentilhomme
Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme devant le roi Louis XIV et sa cour...

14 octobre 1806 : La Prusse s'incline à Iéna
Le 14 octobre 1806, les Prussiens sont battus à Iéna et Auerstaedt, en Saxe, par les armées napoléoniennes...

La quatrième coalition

Après sa mémorable victoire à Austerlitz sur les armées austro-russes et l'élimination de l'Autriche, Napoléon 1er engage des négociations avec l'Angleterre et la Russie tout en caressant l'espoir de s'entendre avec la Prusse sur un partage d'influence en Allemagne. Le 15 décembre 1805, par un traité signé au palais de Schonbrünn, près de Vienne, avec le chef du gouvernement prussien, Haugwitz, il permet à celui-ci d'annexer le Hanovre, possession anglaise, mais lui impose de céder Neuchâtel et le duché de Clèves à la France ainsi qu'Ansbach à la Bavière.

Comme les « philosophes » français du siècle précédent, l'empereur croit aux vertus de la monarchie prussienne. Il feint d'ignorer les diatribes antifrançaises répandues par la reine Louise, épouse du pâlichon Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern. Sur les marches de l'ambassade de France à Berlin, les officiers prussiens se plaisent à aiguiser leur sabre en guise de provocation.

L'opinion prussienne s'indigne qui plus est de l'exécution à Nuremberg, le 25 août 1806, du libraire Palm, coupable d'avoir fait circuler des brochures antifrançaises..

Ainsi que les Français pouvaient s'y attendre, le gouvernement de Berlin forme contre eux une quatrième coalition avec la Russie et l'Angleterre. Le 26 août 1806, il lance un ultimatum à Napoléon en exigeant un retour de ses troupes au-delà du Rhin. L'ultimatum expire le 8 octobre suivant. Aussitôt débutent les opérations militaires...

Brève campagne

Napoléon à Iéna, 14 octobre 1806 (1810, Horace Vernet, château de Versailles)De Bayreuth, l'empereur s'engage sans attendre en Saxe avec 135 000 hommes répartis en trois colonnes. Il descend à vive allure la vallée de la Saale et, le 13 octobre 1806, atteint Iéna (une ville universitaire aujourd'hui en Thuringe).

Les Prussiens et leurs alliés ont trois armées à opposer à Napoléon : 60 000 hommes sous le commandement de Frédéric-Guillaume III et du vieux duc de Brunswick (71 ans), 50 000 sous le commandement du prince de Hohenlohe (des Saxons et des Prussiens), enfin 30 000 sous celui du général  Erns von Rüchel.

Brunswick et le prince de Hohenlohe ont regroupé leurs deux armées à Weimar en vue d'attaquer les Français sur le flanc. Mais ils prennent peur et se séparent. Le prince de Hohenlohe reste à Weimar tandis que le roi et le duc de Brunswick tentent de gagner Leipzig par le nord.

Napoléon, qui pense avoir le gros des troupes ennemies en face de lui, occupe dans la nuit du 13 au 14 octobre le plateau de Landgrafenberg et se prépare à la bataille. Il dépêche par ailleurs ses maréchaux Ney  vers le sud et Davout vers le nord. 

Près d'Iéna, Napoléon écrase sans coup férir l'armée du prince de Hohenlohe. Le général von Rüchel arrive trop tard pour lui éviter la retraite.

Mais c'est le maréchal Davout qui va remporter la bataille décisive à Auerstaedt, à vingt kilomètres plus au nord. Là, il affronte avec 28.000 hommes seulement l'armée du roi de Prusse et du duc de Brunswick, au total près de 60.000 hommes. Le duc est mortellement blessé d'un coup de fusil aux yeux et, découragé, le roi Frédéric-Guillaume III ordonne peu après la retraite.

Le total des pertes est de 7 000 tués et blessés pour la Grande Armée et environ 15 000 tués et blessés côté prussien.

La campagne de Saxe s'est ainsi conclue en une journée sur un nouveau succès français. Dans les deux jours qui suivent, la cavalerie, et notamment la brigade du général Lasalle, taille en pièces les restes de l'armée ennemie près de Weimar. 

Les maréchaux entrent à Berlin le 27 octobre 1806 (Charles Meynier, 1810, châteaux de Versailles et Trianon)

« Un sentiment indéfinissable, mélange de douleur, d’admiration, de curiosité, agitait la foule qui se pressait sur son passage » (21e Bulletin de la Grande Armée).

Triomphe éphémère

Dans la ville d'Iéna, le philosophe Friedrich Hegel, qui a vu passer l'Empereur à la tête de son armée, en a été très impressionné. Il a cru discerner dans son épopée « la fin de l'Histoire » (il aura le temps de s'apercevoir de son erreur) : « J'ai vu l'Empereur, cette âme du monde, sortir de la ville pour aller en reconnaissance », écrit-il.

Napoléon Ier entre à Berlin en triomphateur le 27 octobre 1806, cependant que le roi et la reine se réfugient en Prusse orientale. C'en est apparemment fini de la résistance prussienne. Seule la Russie lui résiste encore sur le continent.

Gerhard Johann von Scharnhorst (Bordenau an der Leine, Hanovre, 12 juin 1755 - Prague, 28 juin 1813)Dans les faits, les leçons de la déroute militaire seront tirées par le général Gerhard von Scharnhorst, assisté du général August von Gneisenau, ainsi que par leur élève Karl von Clausewitz.

Nommé président de la Commission de réorganisation militaire l'année suivante puis ministre de la Guerre, Scharnhorst, qui est issu d'un milieu paysan très pauvre, renforce la discipline et l'impose aux plus hauts gradés. Il ouvre l'accès au corps des officiers à tous les citoyens par voie d'examen.

Il contourne la limitation d'effectifs à 42 000 hommes imposée par la convention d'évacuation de septembre 1808 en formant des réserves, les « Krümper », par un système de rotation rapide (un dispositif similaire sera repris par Hitler dans les années 1930).

Reprenant du service pendant la campagne d'Allemagne, il meurt de ses blessures le 28 juin 1813. Mais ses efforts seront couronnés de succès un demi-siècle plus tard avec la victoire de l’armée prussienne sur son homologue autrichienne à Sadowa, suivie de ses victoires sur l’armée française en 1870.Les noms de Scharnhorst et Gneisenau restent connus pour avoir été donnés à deux croiseurs de la marine allemande qui s’illustrèrent pendant la Première Guerre mondiale à la bataille de Coronel.

14 octobre 1809 : Paix de Schönbrunn
Le 14 octobre 1809, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche François 1er signent la paix de Vienne ou « paix de Schönbrunn » qui met fin à la cinquième coalition européenne. Il fait suite à la bataille de Wagram. Le traité se solde par la cession de Salzbourg, de Berchtesgaden et du district de l'Inn à la Bavière alliée de la France ; de Cracovie et de Lubin au grand-duché de Varsovie, réminiscence de l'ancienne Pologne ; de Parnopol à la Russie ; de Trieste et de la côte dalmate à la France. L'Autriche doit également verser une indemnité de 85 millions de francs et s'engage à limiter ses forces armées à 150.000 hommes.

Erwin Rommel
15 novembre 1891 à Heidenheim (Allemagne) - 14 octobre 1944 à Herrlingen (Allemagne)

Feld-maréchal allemand, très populaire en raison de ses victoires en Libye, à la tête de l'Africakorps, Erwin Rommel est soupçonné par Hitler de complicité dans l'attentat manqué du 20 juillet 1944 et sommé de se suicider...
Marcel Aymé
29 mars 1902 à Joigny - 14 octobre 1967 à Paris

L'écrivain Marcel Aymé fut un observateur à la fois cruel et tendre de la France de l'entre-deux-guerres comme des années noires de l'Occupation et de l'après-guerre.

Il a reçu le prix Renaudot dès 1929 pour son roman La Table-aux-Crevés et le prix Chantecler en 1939 pour ses Contes du chat perché, avec Delphine et Marinette pour héroïnes.

Dans La jument verte (1933) ou encore La Vouivre (1943), il a réinventé la France rurale en cultivant le mariage du réalisme et du fantastique, avec une langue pleine de verve et de bons mots.

Les ambiguïtés de l'Occupation et de la Libération ressortent de son recueil de nouvelles Le vin de Paris (1947), dont la plus connue est Traversée de Paris, adaptée au cinéma par Claude Autant-Lara, ainsi que d'Uranus (1948), un roman également adapté au cinéma. Au théâtre, il a créé Clérambard (1950).

 
 
 

 

 

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Passionné de nature et de photographie...

Cet article est reposté depuis Le blog de rosemar.

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« La fin de l’élevage intensif sera l’une des mesures phares du Parti animaliste »

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Programme

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Apparitions de Fatima : la force de la foi ?

Cet article est reposté depuis Le.blog.catholique.de.Véronique (Blog personnel).

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CES MORTS AU NOM DU CHRIST

Cet article est reposté depuis Le Monde Orthodoxe.

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Maltraités ou abandonnés, plus de 300 ânes de toute la France ont trouvé refuge dans le Puy-de-Dôme

Cet article est reposté depuis Nature d'ici et d'ailleurs.

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Carole Frederick, Jean-Jacques Goldman, Michael Jones - Nuit (Clip officiel)

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Sur le canapé près de la cheminé soirée cinéma

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Bonne fête aux Wilfrid et autres Saintes Âmes

 Saint Wilfrid
Évêque d'York
(634-709)

 

Un fait extraordinaire signale la naissance de saint Wilfrid; la maison de ses parents semble enveloppée dans un incendie; les voisins, effrayés, accourent pour éteindre le feu, mais ils s'aperçoivent avec admiration que le feu s'élance vers le ciel sans rien consumer. C'est ainsi que brûlera le flambeau du zèle de Wilfrid dans la sainte Église de Dieu.

Tout jeune encore, il résolut de se donner au Seigneur. Après un court séjour dans un couvent, s'apercevant que certains usages, contraires à ceux de Rome, s'étaient glissés dans les cérémonies, il se décida à visiter le tombeau des saints Apôtres, afin de bien discerner la vérité au centre même de la lumière. Wilfrid fut un des premiers Anglo-Saxons qui eurent le bonheur de faire le voyage de Rome, alors si long et si pénible. Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d'imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple.

A Rome, son premier soin est de visiter les tombeaux vénérés et de prier, dans les sanctuaires les plus sacrés, pour la conversion entière de sa patrie. Sa prière est exaucée, car il remplacera lui-même dignement le grand moine et pontife, nommé, qui, à la voix de saint Grégoire le Grand, avait porté aux Anglo-Saxons les prémices de la foi. Après un séjour de quelques années dans les Gaules, Wilfrid rentre enfin dans sa patrie, où son dévouement aux usages de Rome lui attire des ennemis et des admirateurs. Il n'a que trente ans, quand le pieux roi Alfred lui fait accepter l'évêché d'York.

Sous sa houlette, l'Évangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux: les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales s'élèvent sur le sol anglo-saxon; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d'admiration des populations à demi barbares, chez lesquelles l'on ne connaissait encore que les édifices de bois.

L'évêque civilisateur ne se bornait pas à l'organisation matérielle: il réformait les moeurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité. Un jour qu'il donnait la confirmation, une pauvre femme le supplia de ressusciter son enfant mort; Wilfrid, ému de ses larmes, bénit l'enfant et lui rendit la vie.

Incapable de céder à la peur et de manquer à sa conscience, le vaillant pontife est déposé et exilé plusieurs fois; on lui rend enfin justice, et il achève sa carrière en paix.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

 

Bienheureuse Jeanne Leber
Recluse de Ville-Marie
(1662-1714)

 

Parmi les grandes figures religieuses qui ont illustré la Nouvelle-France à ses débuts, la bienheureuse Jeanne Leber occupe une place exceptionnelle: celle de recluse. Fille unique de Jacques Leber, le plus grand négociant du Canada, et de Jeanne Lemoyne, soeur du Baron de Longueil, tous deux excellents chrétiens, Jeanne naquit à Ville-Marie, aujourd'hui Montréal, le 4 janvier 1662. Maisonneuve lui tint lieu de parrain, et Jeanne Mance de marraine.

A quinze ans, Jeanne terminait ses études et rentrait à Ville-Marie. Ses parents l'obligèrent de s'habiller selon sa condition sociale et songèrent à lui trouver un parti avantageux. Mais Jeanne avait déjà renoncé intérieurement au monde. Son affection se portait vers les religieuses de l'Hôtel-Dieu et celles de la Congrégation Notre-Dame. Ne se sentant cependant pas appelée à la vie communautaire, Jeanne Leber commença à songer à une vie de recueillement, séparée du monde, dans la maison paternelle. Ses pieux parents respectèrent sa vocation sans toutefois la comprendre.

Elle se voua à la réparation de tous les péchés du monde, à commencer par les siens propres. Cilice et ceinture de crins, flagellations sanglantes, consommation des restes des pauvres que l'on nourrit à la porte de son père, voilà son programme journalier de pénitence. Son vêtement est d'une grossière serge de laine gris-blanc, sans parure, qu'elle porte pour honorer la pureté et l'humilité de Marie; une capeline voile sa tête. La pieuse recluse ne sort de sa retraite que pour assister à la messe.

Après cinq ans de réclusion écoulées sous l'autorité de son directeur et des supérieurs ecclésiastiques, la pieuse jeune fille prononça les voeux de perpétuelle réclusion, chasteté et pauvreté de coeur.

Le 4 juin 1685, elle quitta le toit familial pour la chapelle qu'elle avait fait construire à ses frais en faveur de la communauté de Mère Bourgeois, à la condition qu'on lui aménagerait une cellule derrière l'autel. La brève et touchante cérémonie de la réclusion solennelle eut lieu un vendredi, à l'heure de vêpres, le 5 août, fête de Notre-Dame des Neiges. Le père de Jeanne âgé de 64 ans, accompagnait son héroïque fille avec un grand nombre de parents et d'amis. Arrivé au seuil de la cellule bénie, terrassé par l'émotion, M. Leber fut contraint de se retirer. M. Dollier exhorta Mlle Leber à persévérer dans sa sainte retraite comme Marie-Madeleine dans sa grotte, après quoi la Bienheureuse s'y enferma elle-même. Tout Ville-Marie voyait avec étonnement et admiration l'amour de Dieu victorieux de la tendresse naturelle des parents.

Une table de travail, une mauvaise chaise, un poêle et une misérable paillasse placée près du Tabernacle composaient tout l'ameublement de la pauvre cellule. Pour imiter la piété de Marie envers Jésus, la bienheureuse Jeanne Leber s'appliquait à broder des ornements sacerdotaux et des parements d'autel.

Sa prière était continuelle et son immolation totale. La nuit, elle se levait sans faire de feu, même dans les plus grands froids d'hiver; elle n'allumait pas de lumière afin de n'être remarquée par personne. Se tournant alors du côté du très Saint Sacrement éclairé par la lueur de la lampe du sanctuaire, elle prolongeait son oraison pendant une heure.

Les vingt dernières années de cette victime d'amour s'écoulèrent au sein de cette prison bénie, dans des aridités et des peines intérieures continuelles. Au milieu de ces cuisantes désolations du coeur et de l'esprit, Jeanne ne consacra jamais moins de trois ou quatre heures par jour à l'oraison et n'omit pas une seule fois ses exercices de piété.

Cette âme toute céleste quitta la terre le 3 octobre 1714, à neuf heures du matin, à l'âge de cinquante-deux ans. Sa réclusion avait duré trente-quatre ans en tout. On distribua aux fidèles tous ses pauvres haillons, jusqu'à ses souliers de paille. Tous ceux qui purent obtenir quelque chose ayant appartenu à l'admirable recluse, le révérèrent comme une insigne relique. Son corps fut inhumé dans le sous-sol de la chapelle de la Congrégation.

Résumé O. D. M.

Saint Séraphin de Montegranaro
 Religieux o.f.m. cap.
(1540-1604)

Serafino (au baptême : Felice) naît à Montegranaro, dans les Marches (Italie), vers 1540, de Girolamo Rapagnano et Teodora Giovannuzzi.
Félix fut berger et aide-maçon, mais son désir était de vivre seul au fond des bois et de prier. Une dame le recommanda aux Capucins de Tolentino qui hésitèrent beaucoup à accepter ce jeune homme illettré, maladroit et de mauvaise santé ; ils s'y résignèrent cependant en 1556 et lui donnèrent le nom de Séraphin.

Ses confrères ne lui épargnèrent ni les moqueries ni les persécutions, mais il restait humble, simple et serviable envers tous. Sa vie mystique, sa dévotion eucharistique, et surtout les prodiges qu'il réalisait provoquèrent le respect et l'admiration pour cet illettré qui commentait l'Évangile avec une clarté peu commune.

Il passa les dernières années de sa vie au couvent d'Ascoli où il quitta sa demeure terrestre, pour la rencontre avec Dieu, le 12 octobre 1604.

Serafino fut canonisé le 16 juillet 1767 par le Pape Clément XIII (Carlo Rezzonico, 1758-1769).

Lettre de Saint Jean-Paul II
à l’Évêque d'Ascoli Piceno (Italie)
à l'occasion du IV centenaire de la mort
de Saint Séraphin de Montegranaro

(Extraits) [...]

2. Saint Séraphin de Montegranaro appartient de plein droit à l'assemblée des saints qui ont enrichi l'Ordre capucin dès ses débuts. Il avait assimilé si profondément l'exhortation évangélique de « prier toujours, sans se lasser » (cf. Lc 18, 1; 21, 36), que son esprit restait généralement plongé dans les choses de l'esprit, si bien qu'il s'isolait souvent du monde qui l'entourait. Il s'arrêtait en contemplation devant la présence divine dans la création et en tirait son inspiration pour une union constante avec Dieu.

Sa prière se prolongeait pendant des heures dans le silence de la nuit, à la lumière tremblante de la lampe qui brûlait devant le Tabernacle, dans l'église conventuelle. Avec quelle dévotion l'humble frère participait à la célébration eucharistique! Et que de temps passait-il en adoration pleine d'extase devant le Très Saint Sacrement, laissant sa prière s'élever comme un encens agréable au Seigneur!

Animé par un intense amour pour la Passion du Christ, il s'arrêtait pour méditer sur les souffrances du Seigneur et de la Très Sainte Vierge. Il aimait répéter le Stabat Mater et, en le récitant, il s'effondrait en larmes, suscitant une profonde émotion chez ceux qui l'écoutaient. Il portait toujours avec lui un Crucifix de laiton, qui est conservé aujourd'hui encore comme une précieuse relique; il avait l'habitude de bénir les malades avec celui-ci, en implorant pour eux la guérison physique et spirituelle.

3. Le style de vie humble et essentiel qu'il menait dans une petite cellule austère et étroite, ses vêtements pauvres et rapiécés, constituent un témoignage éloquent de l'amour qu'il nourrissait pour la « Mère de la pauvreté ». La profonde conscience de sa petitesse, qui lui était devenue naturelle au fil des ans, laissait transparaître la véritable grandeur de son âme. Il avait bien compris la page évangélique qui proclame: « Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous » (Mc 10, 43-44).

À des pénitences incessantes, librement choisies, parmi lesquelles figurait également l'usage du cilice et de la discipline, il unissait la pratique quotidienne des sacrifices et des renoncements, alors qu'il parcourait en mendiant les sentiers poussiéreux sous le soleil, partageant les difficultés d'un grand nombre de ses contemporains. Il aimait côtoyer les classes sociales les plus pauvres et abandonnées de la population, afin d'en percevoir les exigences, parfois cachées, et d'en adoucir les peines physiques et spirituelles. Il faisait preuve de la même disponibilité à l'égard de ceux qui frappaient à la porte du couvent. Il fut un grand pacificateur des familles, alternant avec sagesse, selon les circonstances, des rappels à l'ordre énergiques, des gestes de solidarité pleine d'amour et des paroles encourageantes de réconfort. [...]

Du Vatican, le 3 juin 2004

IOANNES PAULUS II 

Bienheureux Louis Brisson
Prêtre et fondateur des
« Oblates et Oblats de Saint-François de Sales »

Louis Brisson naît à Plancy, dans le diocèse de Troyes en Champagne, le 23 juin 1817. Il est baptisé le 29 juin de cette même année. Ses parents, fervents pratiquants, l’élèvent chrétiennement. Il fait sa première communion le 22 mars 1829 dans l’église de son village et aura toujours un grand amour pour notre Seigneur au Saint-Sacrement. Il est confirmé le 29 juin 1829. D’abord écolier au presbytère de Plancy, Louis Brisson entre en 1831 au petit Séminaire de Troyes où il se distingue par une ardente piété et son intelligence.
De 1836 à 1840, il poursuit brillamment ses études au grand Séminaire. Il est ordonné prêtre le 19 décembre 1840.
En 1841, il est nommé confesseur et professeur au pensionnat de la Visitation de Troyes et en 1843 il devient aumônier de la Communauté. Pendant 40 ans, jusqu’en 1884, il se pénètre de la pensée et de la spiritualité de saint François de Sales, sous la remarquable impulsion que la Mère Marie de Sales Chappuis imprime à ce monastère. Toutefois il résiste longtemps à celle-ci qui le presse de fonder une Congrégation de prêtres destinés à répandre la doctrine de saint François de Sales. Mais la Providence le conduit peu à peu dans cette direction.

En 1841, Mgr Cœur, évêque de Troyes, érige dans son diocèse l’Association catholique de St François de Sales pour la défense de la foi, et en nomme l’Abbé Brisson Directeur. Observateur attentif des « signes des temps », l’abbé Brisson se propose aussi – et en cela il est initiateur – de protéger la vie morale des jeunes ouvrières, très nombreuses dans cette ville de bonneterie, créant pour elles ateliers et maison de famille.
En 1866, il en confie la direction à deux anciennes élèves de la Visitation, Léonie Aviat et Lucie Canuet. Ainsi prend naissance la Congrégation des Sœurs « Oblates de Saint François de Sales ». Léonie Aviat devenue Sœur Françoise de Sales, en est la première Supérieure Générale.

En 1869, Mgr Ravinet, qui succéda à Mgr Coeur au siège épiscopal de Troyes, demande à l’abbé Brisson de reprendre en main l’unique collège catholique de la ville, contraint de fermer en raison de difficultés d’ordre économique. C’est un vrai défi ! L’abbé Brisson n’a ni hommes, ni argent… Mais sur l’ordre de son Évêque, il jette le filet… et, aidé de quelques dévoués collaborateurs prêtres, il commence cette Congrégation entrevue par la Mère Chappuis des « Oblats de saint François de Sales ».

Les œuvres de ces deux Congrégations se développent rapidement : écoles, pensionnats, patronages, mission du Namaqualand au Sud de l’Afrique en 1882, puis dans d’autres pays par la suite. Le Père Brisson en est l’âme et gouverne ses deux familles religieuses avec sûreté de vue et cette clairvoyance que Dieu accorde aux fondateurs. Pendant de nombreuses années, tout converge vers lui ; il traite toutes les affaires : direction des études, travail intellectuel, sciences, art, constructions, organisation matérielle et économique, formation spirituelle des Oblats et des Oblates : rien ne lui demeure étranger, son génie créateur embrasse tout. À cette connaissance approfondie des choses pratiques, il allie une vie intérieure intense. C’est essentiellement une âme d’oraison, il a faim et soif de Dieu, vit habituellement en sa présence, se veut adorateur perpétuel de Notre Seigneur dans l’Eucharistie, va se ressourcer régulièrement à la Chartreuse de Bosserville ou à la Grande Chartreuse.

Le sceau divin de l’épreuve marque particulièrement sa vie. D’abord à travers dix années (1878-1888) de relations difficiles avec l’autorité diocésaine qui entrave son action et l’expansion de l’œuvre hors du diocèse ; mais quand sonne l’heure de la réconciliation, à Rome, le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) salue en le Père Brisson « l’homme de la paix ». Puis cette souffrance s’accroît encore, les dix dernières années de sa vie, lors de la persécution religieuse qui se déchaîne en France (1901-1904) et anéantit en grande partie les œuvres des Oblats et des Oblates ; ses fils et ses filles sont expulsés ; leurs maisons sont confisquées. Lui-même, empêché par son grand âge de les suivre en exil, se voit contraint, en 1904 à chercher refuge à Plancy, dans l’humble maison qui avait abrité son enfance.

En ces années douloureuses d’adversités, la vertu du Père Brisson donne toute sa mesure : il tient son âme respectueuse devant la volonté de Dieu et redit avec Job : « Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté, son Nom soit béni ». Ferme dans la foi et sûr de l’avenir de ses deux Congrégations, il n’est pas ébranlé dans son invincible confiance.

Le Père Brisson expire le jour de la fête de la Présentation de Jésus, le 2 février 1908, à l’âge de 91 ans.

Louis Brisson a été proclamé bienheureux le 22 septembre 2012 dans la cathédrale de Troyes. La célébration solennelle s'est déroulée sous la présidence du card. Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui a lu la lettre apostolique signée par Benoît XVI : « Nous, (...) concédons que le Vénérable Serviteur de Dieu Louis Brisson, prêtre et fondateur des oblats et des oblates de Saint François de Sales, apôtre de la jeunesse ouvrière, témoin de la charité du Christ à l'exemple du saint évêque de Genève, soit désormais appelé bienheureux et qu'on puisse célébrer sa fête, dans les lieux et selon les règles établies par le droit, chaque année le 12 octobre. »

Autres Fêtes du Jour


Bienheureux Carlo Acutis  laïc italien (✝ 2006)
Cinq Mille Martyrs  martyrs dans la région de Tunis (✝ v. 484)
Sainte Domnine  martyre en Turquie (✝ v. 304)
Saint Edwin  Roi de Northumbrie (✝ 633)
Saint Ereptiole  premier évêque de Coutances (Ve siècle)
Saints évêques de Coutances et Avranches  évêques des deux anciens diocèses de Coutances et d'Avranches
Saint Félix IV  Pape (54e) de 526 à 530 (✝ 530)
Saint Hédiste  martyr à Rome (date ?)
Saintes Herlinde et Relinde  abbesses bénédictines (VIIIe siècle)
Bx Joseph Gonzalez Huguet et Pierre Salcedo Puchades  martyrs de la guerre civile espagnole (✝ 1936)
Saint Juvenal de Riazan  martyr (✝ 1937)

Le Bon Larron en Croix, il reconnut Jésus comme le Messie.
Saint Maximilien de Lorch  Evêque (✝ 284)
Notre-Dame du Pilier  la Virgen del Pilar à Saragosse
Saint Opilion  diacre à Plaisance en Italie (Ve siècle)
Saint Pantale  évêque de Bâle en Suisse (date ?)
Saint Rodobalde  évêque de Pavie en Lombardie (✝ 1254)
Bienheureux Romain Sitko  prêtre polonais et martyr à Auschwitz (✝ 1942)
Saint Séraphin d'Ascoli  religieux capucin italien (✝ 1604)
Sainte Theudosie  martyre (IIIe siècle)
Bienheureux Thomas Bullaker  prêtre franciscain et martyr (✝ 1642)
Saint Vanne  évêque de Verdun (✝ v. 525)

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