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1529 : soliman

ça s'est passé un... 27 septembre

ça s'est passé un...
27 septembre

 

27 septembre 52 av. J.-C. : Vercingétorix se rend à César devant Alésia
C'est aux alentours du 27 septembre de l'an 52 av. J.-C. que Vercingétorix, jeune chef gaulois, se rend à Jules César. Sa reddition met fin au siège de l'oppidum d'Alésia par les Romains et à la résistance gauloise.

Après la terrible guerre des Gaules, qui a sévi près de sept ans, l'ensemble des peuples établis entre le Rhin et les Pyrénées passe sous la rude domination de Rome… Ce faisant, ils évitent une invasion par les peuples germains, plus pressants que jamais sur la rive droite du Rhin.

27 septembre 1529 : Soliman échoue devant Vienne
Le 27 septembre 1529, le sultan ottoman Soliman le Magnifique (Suleyman) met le siège devant Vienne, capitale des Habsbourg, pour soutenir la candidature de Jean Zapolya à la succession de Louis II sur le trône de Hongrie, contre Ferdinand d'Autriche, frère de Charles Quint.

La résistance des habitants et celle des vingt mille soldats de sa garnison ont raison de sa détermination et il doit bientôt se retirer.

27 septembre 1540 : Fondation de la Compagnie de Jésus
Le 27 septembre 1540, le pape Paul III signe la bulle qui porte fondation de la Compagnie de Jésus.

Cet ordre, consacré à l'évangélisation et à l'éducation, est issu de la rencontre en 1529, à l'Université de Paris, d'un étudiant savoyard, Pierre Favre, d'un jeune noble navarrais, François de Jassu y Xavier (François-Xavier), et d'un vieux routier basque de 37 ans, boiteux de surcroît, Íñigo de Loyola (Ignace de Loyola).

Ils partagent la même chambre au Collège de Navarre.

Avec quelques autres étudiants désireux comme eux de vouer leur vie au Christ, ils entraînent leur corps et leur esprit par quelques exercices spirituels mis au point par Ignace de Loyola.

Ysaline Homant
Une obéissance aveugle au pape
Le 15 août 1534, les jeunes gens assistent à la chapelle de Montmartre à une messe de leur ami Pierre Favre, récemment ordonné prêtre. À cette occasion, ils font le voeu d'aller à Jérusalem en pèlerinage.

Mais à Venise, empêchés de se rendre à Jérusalem, ils tournent leurs pas vers Rome et proposent leurs services au pape. L'Europe et la France sont à ce moment-là secouées par la Réforme protestante de Luther.

C'est ainsi qu'est fondée la Compagnie de Jésus. Ses membres, les Jésuites, sont des prêtres qui s'obligent à accepter les traditionnels vœux monastiques (chasteté...) ainsi qu'à obéir en toutes choses au pape et à leur supérieur. Ce dernier, qui porte le titre de général de la Compagnie de Jésus, est élu à vie comme le pape et dispose d'un pouvoir sans limites.

Du fait de leur énergie, de leur compétence intellectuelle, de leur détermination et de leur discipline toute militaire, les Jésuites deviennent le bras armé de la Contre-Réforme catholique, en Autriche, en Allemagne, en France, en Amérique du sud...

La Compagnie de Jésus joue un rôle majeur pendant plusieurs siècles dans le développement du catholicisme et le renforcement de l'autorité papale.

Elle diffuse avec succès le catholicisme jusqu'aux extrémités du monde connu.

François-Xavier obtient des conversions massives en Inde, autour de Goa, où repose aujourd'hui sa dépouille, et également au Japon. Matteo Ricci se fait introduire à la cour de l'empereur de Chine, à Pékin, et obtient également de prometteurs succès.

Fatales jalousies
Au Japon, cependant, le gouvernement impérial, méfiant à l'égard des influences étrangères, expulse les missionnaires et persécute les nouveaux convertis.

En Europe même, les succès des Jésuites suscitent des jalousies dans les ordres rivaux, chez les franciscains notamment. Il s'ensuit une condamnation du compromis tissé par les Jésuites entre les rites traditionnels chinois et la foi chrétienne. Cette « querelle des Rites » brise l'élan missionnaire en Chine.

Au XVIIIe siècle, en Amérique, indignés par les exactions des colons européens, les Jésuites organisent les Indiens du Paraguay en colonies agricoles indépendantes, à la façon antique, ce qui leur vaut en haut lieu des haines fatales à leur Compagnie.

Celle-ci est abolie par décret dans les années 1760 au Portugal, en Autriche, en France et en Espagne. Le 21 juillet 1773, le pape Clément XIII se rend aux arguments des cardinaux français et espagnols qui l'ont élu et par le bref Dominus ac Redemtor, prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus.

Elle renaîtra de ses cendres, plus active que jamais, après la tourmente révolutionnaire, sous le pontificat de Grégoire XVI.

 

27 septembre 1748 : Abolition des galères
Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l'institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale...

Depuis 1560, où une ordonnance de Charles IX avait institué une peine de réclusion d'un minimum de dix ans, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. À leurs côtés, les engagés volontaires n'étaient pas enchaînés. Quand la galère coulait, ceux-ci pouvaient tenter de survivre si, du moins, ils savaient nager... Les condamnés quant à eux coulaient avec l'épave. Les uns et les autres formaient... la chiourme.

Naissance de la Royale
Les galères s'étaient multipliées au siècle précédent, sous le règne de Louis XIV. Le Roi-Soleil avait manifesté sa volonté de dominer les mers comme le continent et il avait confié à son ministre Colbert le soin de créer une marine digne de ce nom, rivale des marines anglaise et hollandaise.

Colbert avait d'abord acheté des navires à l'étranger avant de lancer une industrie navale en France même. Dès 1677, la France comptait 116 vaisseaux dont douze de premier rang, avec 74 à 120 canons. Au total plus de 6000 canons.

Les galères royales basées à Toulon étaient au nombre d'une quarantaine. Ces bateaux longs et bas, à un pont et deux mâts, étaient armés de canons à l'avant. À l'arrière, ils étaient surmontés du carrosse ou tabernacle, où se tenaient les officiers.

Chaque galère était placée sous le commandement de quatre officiers d'épée (des gentilshommes). Ils avaient sous leurs ordres une centaine de soldats, appelés bas-officiers, qui faisaient office de geôliers. Parmi eux les argousins, qui ferraient les galériens, et les pertuisaniers, qui surveillaient ceux-ci lors des corvées.

Les rameurs étaient des... esclaves turcs achetés sur les marchés de Livourne, de Gênes ou de Malte, ainsi que des condamnés de droit commun. À ceux-là s'ajoutaient de malheureux vagabonds, des huguenots ou encore des faux-saulniers, coupables de contrebande sur le sel. Ils dormaient ordinairement sur leur banc et vivaient dans une puanteur à peine supportable.

Saint Vincent de Paul s'était indigné mais en vain du sort de ces hommes. Leur malheur était le prix à payer pour la gloire de la « Royale », surnom encore actuel de la marine française.

27 septembre 1808 : Napoléon et Alexandre au congrès d'Erfurt
Du 27 septembre au 14 octobre 1808 se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l'initiative de Napoléon 1er. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche brillent par leur absence. Les fêtes s'enchaînent. Talma et la Comédie-Française jouent devant un «parterre de rois»

 

 

Derrière la fête, les complots
L'ambiance est quelque peu gâchée par les nouvelles de l'insurrection espagnole. Tout l'édifice européen laborieusement mis en place par Napoléon semble ébranlé. Le « Blocus continental » destiné à ruiner l'Angleterre risque de rester lettre morte. Et déjà l'Autriche relève la tête. 

Napoléon Ier veut aller en personne en Espagne combattre l'insurrection mais il a besoin d'assurer ses arrières avec le concours du tsar dont il s'est fait un allié à Tilsit. Dès le 27 septembre, une entrevue secrète est ménagée entre les deux souverains. Elle débouche sur une convention secrète en date du 12 octobre par laquelle l'empereur demande au tsar de s'engager à ses côtés contre l'Autriche si celle-ci reprend la guerre.

Mais ses efforts sont ruinés par Talleyrand. Après la rencontre de Tilsit, celui-ci a troqué son portefeuille de ministre des Relations Extérieures contre un titre ronflant mais vain de grand chambellan. Lucide, il est conscient de l'impasse dans laquelle s'engage Napoléon et préfèrerait, dans l'intérêt de la France et de l'équilibre européen, qu'il se rapproche de l'Autriche.

À défaut de le convaincre, il pousse Alexandre à lui résister. Arrivé à Erfurt un jour avant l'Empereur des Français, accueille le tsar par ces mots : « Sire, que venez-vous faire ici ? C'est à vous de sauver l'Europe, et vous n'y parviendrez qu'en tenant tête à Napoléon. Le peuple français est civilisé, son souverain ne l'est pas ; le souverain de Russie est civilisé, son peuple ne l'est pas ; c'est donc au souverain de la Russie d'être l'allié du peuple français » (d'après des confidences de Talleyrand à Metternich, rapportées par celui-ci dans ses Mémoires).

Après la fête, la guerre
Napoléon ne semble se douter de rien. Après le congrès, il part pour l'Espagne. L'Autriche, comme il pouvait s'y attendre, reprend les armes sans que la Russie s'y oppose. Napoléon repasse à la hâte le Rhin et écrase une nouvelle fois les Autrichiens à Wagram le 6 juillet 1809. 

Il sait dès lors à quoi s'en tenir concernant le tsar mais tente une nouvelle fois de l'amadouer en demandant un mois plus plus tard l'une de ses soeurs en mariage. Le tsar se dérobe et Talleyrand en profite pour arranger le mariage de l'empereur avec une archiduchesse autrichienne, Marie-Louise.

Les relations entre Paris et Saint-Pétersbourg commencent à sérieusement se dégrader, d'autant que le tsar voit monter les protestations des commerçants contre le blocus continental qui les empêche de commercer avec les Anglais et dans le même temps s'irrite de la renaissance d'une Pologne indépendante.

Pour s'assurer de la fermeture des ports du continent au commerce anglais, Napoléon annexe de proche en proche tous les États vassaux à la France. C'est le cas de la Hollande, des villes de la Hanse puis le 10 décembre 1810 du duché d'Oldenbourg dont le souverain n'est autre que le beau-frère du tsar. La guerre entre la Russie et la France apparaît inéluctable mais Napoléon, au regret de devoir la mener, va encore patienter dix-huit mois avant de s'y résoudre.

27 septembre 1822 : Champollion déchiffre les hiéroglyphes
Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, qui a fait à l'archéologie le sacrifice de sa santé et de sa jeunesse, perce le secret des hiéroglyphes.

Grâce aux inscriptions trilingues de la pierre de Rosette, il devance son rival anglais Thomas Young

Rivalité franco-britannique
Né à Figeac, dans le département du Lot, ce surdoué apprend très tôt de nombreuses langues anciennes et, poussé par la nécessité, devient professeur d'histoire. 

Il se passionne bientôt pour la civilisation des pharaons, mise à la mode par l'expédition en Égypte de Bonaparte, en 1798-1799.

En 1798, des soldats français découvrent à Rosette, dans le delta du Nil, une pierre noire gravée de trois textes dont l'un en grec ancien, un autre en démotique, une écriture égyptienne tardive, et le troisième en hiéroglyphes.

Jean-François Champollion (1790-1832)La pierre est embarquée sur un navire à destination de la France mais les Anglais l'interceptent et la transportent à Londres, au British Museum.

Elle va dès lors exciter la curiosité des savants, en particulier du jeune Champollion et d'un Anglais de quinze ans son aîné, Thomas Young. Young déchiffre la version démotique et découvre que les cartouches en hiéroglyphes contiennent les noms de divers pharaons.

Jean-François va plus loin. Il observe que le texte hiéroglyphique contient trois fois plus de signes que le texte grec ne compte de mots. Il en déduit que les hiéroglyphes (on en recense environ 5 000) ne sont pas seulement des idéogrammes, contrairement aux préjugés ambiants. Ils peuvent aussi dans un même texte servir de signe phonétique comme nos lettres de l'alphabet.

C'est ainsi qu'il déchiffre les noms de Cléopâtre, Ramsès et Thoutmosis le 14 septembre 1822. L'émotion le fait alors sombrer dans un état d'inconscience. Il révèle un peu plus tard sa découverte dans une lettre à l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres.

Jean-François Champollion meurt de surmenage à 42 ans, au milieu des honneurs, après avoir enfin visité l'Égypte, le pays de ses rêves.

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