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abbe antoni carol i hostench

il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé

ÉVANGILE

 

« Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que j’ai été envoyé » (Lc 4, 38-44)

Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,  annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia. (Lc 4, 18cd)

En ce temps-là,  Jésus quitta la synagogue de Capharnaüm et entra dans la maison de Simon.
Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
    Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta.
À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.

    Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent.
Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.
    Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant :
« C’est toi le Fils de Dieu ! »
Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.

    Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert.
Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
    Mais il leur dit :
« Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
    Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation

«Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux»

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)


Aujourd'hui, nous regardons un contraste: ceux qui cherchent Jésus et Jésus, Lui qui guéri toute “infirmité” (à commencer par la belle-mère de Simon Pierre) en même temps: «Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant» (Lc 4,41). C'est-à-dire: le bien et la paix, d'un côté; et le mal et le désespoir de l'autre.

Ce n'est pas la première fois que le diable est présenté en “sortant”, c'est à dire, en fuyant la présence de Dieu parmi les cris et les hurlements. Rappelons nous également le possédé du pays des Géraséniens (cf. Lc 8,26-39). Il est surprenante que le diable lui-même reconnaisse Jésus et que comme dans le cas de celui du possédé du pays des Géraséniens, ce soit lui qui vienne à sa rencontre (en colère et furieux, bien entendu, parce que la présence de Dieu dérange sa méprisable tranquillité).

Combien de fois avons-nous pensé que notre rencontre avec Jésus était une gêne! Cela nous gêne d'aller à la messe le dimanche, nous nous inquiétons du fait que nous n'avons pas prié depuis longtemps, nous sommes honteux de nos erreurs, au lieu d'aller chez le Médecin de notre âme et simplement lui demander pardon… Réfléchissons si n'est pas le Seigneur qui doit toujours venir à notre rencontre, car nous nous faisons prier pour laisser notre petit “trou” et aller à la rencontre de Celui qui est le Pasteur de nos vies! Cela s'appelle tout simplement: tiédeur.

Il y a un diagnostic pour ça: atonie; aucune pulsation dans l'âme, angoisse, curiosité désordonnée, hyperactivité, paresse spirituelle à l'égard des questions de la foi, pusillanimité; envie d'être seul… mais, il y a aussi un antidote: arrêter de se regarder soi-même et se retrousser les manches. S'engager à consacrer un moment chaque jour à Jésus (c'est ce qu'on entend par oraison), Jésus le faisait, puisque «quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert» (Lc 4,42). S'engager à vaincre notre égoïsme sur une petite chose chaque jour pour le bien des autres (c'est ce qu'on appelle aimer). Faire le “petit-grand” engagement de vivre chaque jour en cohérence avec notre vie chrétienne.

Jésus l’envoyé du Père guérit,

annonce la bonne nouvelle à tous,

et nous envoie annoncer la bonne nouvelle
 

Prière
Sainte Trinité par ta puissance, guérit nous de nos laxismes, donne-nous la force d’annoncer la bonne nouvelle.
Seigneur, fais que je partage et que je fasse découvrir la Parole de Dieu autour de moi.

Réflexion
Saint Luc nous guidera jusqu’à l’Avent. Avec l’Avent (Luc 4, 16-30) Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »28 À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.)
C’est le début du ministère du Christ en Galilée. Le Christ a proclamé dans la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, C’est le verset d’acclamation de l’Évangile aujourd’hui.
Et après avoir été chassé de Nazareth sa prédication est apparemment un échec cuisant. Jésus descend à Capharnaüm, sur les bords du lac de Galilée, où il enseigne dans la synagogue et y délivre un possédé d’un esprit impur. C’est son premier miracle raconté par saint Luc. Vient ensuite une série de miracles. Des guérisons ( guérison de la belle-mère de Pierre), libération de personnes possédées par des démons, pêche miraculeuse, lépreux purifié de sa lèpre, paralysé pardonné et relevé, si bien que : « De grandes foules accouraient pour l’entendre et guérir de leurs maladies » , «Jésus, imposait les mains à chacun d’eux, les guérissait. »)
Jésus dit après avoir terminé sa mission à Capharnaüm : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » C’est cette Bonne Nouvelle que nous venons de voir. Elles est à la fois actes, et Paroles. Comme, en Galilée, Jésus, Dieu fait homme. Le Christ réalise la nouvelle création ( Ap 21, 5) . Et celui qui était assis sur le trône dit: Voici, je fais toutes choses nouvelles. Et il dit: Ecris; car ces paroles sont certaines et véritables Cette nouvelle création est proche selon le calendrier du Père, pas du nôtre. Elle rétablit l’homme,  malade, possédé, blessé et abîmé, Celui  qui doute et Dieu et en lui-même. Le Christ rétablira l’humanité avec sa dignité. Nous sommes le sommet de la création sur cette terre, nous sommes les seules créatures que Dieu ait voulues pour elles-mêmes, nous qui sommes enfants de Dieu, ses enfants chéris.
Les miracles qu’accomplit Jésus sont des miracles où l’humain est constitué normal sans défaut. Aucune difformité, ou autres choses étranges, car ce qui vient de Dieu est Parfait, ce qui vient du Mal comporte des défauts physique ou mentaux. Jésus par le Père rétablit l’homme dans sa santé spirituelle et physique pour que cette personne puisse vivre pleinement. Il est le Dieu des vivants ! Il vient dans notre mort( ressuscité le troisième jour), pour nous relever. C’est le sens du verbe « ressusciter » : veut dire se réveiller, ou, se lever. Et Jésus nous dit aussi : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » (Jn 11, 25) ? Cette Bonne Nouvelle, cet Évangile, n’est pas un texte, c’est une personne bien réelle, vivante : c’est Jésus-Christ. Il est la Parole de Dieu fait homme (cf. Jn 1, 14).
Ce texte nous donne la vie et ne parle pas seulement d’émotions souvent impliquées, mais de notre vie en profondeur. Suis-je satisfaite de ma vie ? Que me manque-t-il ? Mes désirs les plus profonds, sont-ils bien définis?  Ai-je assez de force pour désirer être aimé san condition? N’est-il pas mon Seigneur ? Il m’aime déjà! Alors que me manque-t-il ? La Bonne Nouvelle le donner est justement pour moi : c’est ce qu’il vient de réaliser. Il s’approche de moi pour lui-même à moi et il ouvre la Parole de Dieu, à l’amour de Dieu pour moi.

Résolution
Psaume 51 :11 : Sans fin, je veux te rendre grâce, car tu as agi. J’espère en ton nom devant ceux qui t’aiment : car il est bon.

 

Saint Jérôme (347-420)


prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église

Homélies sur l’évangile de Marc, n°2C ; PLS 2, 125s, SC 494 (trad. Marc commenté, DDB 1986, p. 51 rev.)


Le Christ médecin


« La belle-mère de Simon était couchée ; elle avait de la fièvre. » Puisse le Christ venir dans notre maison, entrer et guérir d'une seule parole la fièvre de nos péchés. Chacun d'entre nous est pris de fièvre. Chaque fois que nous nous mettons en colère, nous avons de la fièvre ; tous nos défauts sont autant d'accès de fièvre. Demandons aux apôtres de prier Jésus afin qu'il vienne auprès de nous et qu'il nous prenne la main ; car dès qu'il aura touché notre main, la fièvre disparaîtra. 

            C'est lui le vrai, le grand médecin, le premier de tous les médecins. Moïse est un médecin, Isaïe et tous les saints sont des médecins ; mais Jésus, lui, est le premier de tous les médecins. Il sait parfaitement prendre le pouls et sonder les secrets des maladies. Il ne touche ni l'oreille, ni le front, ni aucune autre partie du corps, mais il prend la main (…), c'est-à-dire les œuvres mauvaises. Il guérit d'abord les œuvres, puis la fièvre disparaît.    

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C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Matthieu 20,1-16.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
 

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélie pour le Vendredi saint « La Croix et le larron » (in L'année en fêtes, coll. Bibliothèque; trad. M.-O. Goudet; Éd. Migne 2000, p. 277, rev.)


L'homme de la onzième heure : « Les derniers seront premiers »


Qu'a donc fait le larron, pour recevoir en partage le paradis après la croix ? (...) Alors que Pierre reniait le Christ, le larron, du haut de la croix lui rendait témoignage. Je ne dis pas cela pour accabler Pierre ; je le dis pour mettre en évidence la grandeur d'âme du larron. (...) Ce larron, alors que toute une populace se tenait autour de lui, grondant, vociférant, les abreuvant de blasphèmes et de sarcasmes, ne tint pas compte d'eux. Il n'a même pas considéré l'état misérable de la crucifixion qui était en évidence devant lui. Il parcourut tout cela d'un regard plein de foi. (...) Il se tourna vers le Maître des cieux et se remettant à lui, il dit : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu iras dans ton Royaume » (Lc 23,42). N'éludons pas avec désinvolture l'exemple du larron, et n'ayons pas honte de le prendre pour maître, lui que notre Seigneur n'a pas rougi d'introduire le premier dans le paradis. (...)

            Il ne lui a pas dit, comme à Pierre : « Viens, suis-moi, et je ferai de toi un pêcheur d'hommes » (Mt 4,19). Il ne lui a pas dit non plus comme aux Douze : « Vous siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël » (Mt 19,28). Il ne l'a gratifié d'aucun titre ; il ne lui a montré aucun miracle. Le larron ne l'a pas vu ressusciter un mort, ni chasser des démons ; il n'a pas vu la mer lui obéir. Le Christ ne lui a rien dit du Royaume, ni de la géhenne. Et pourtant il lui a rendu témoignage devant tous, et il a reçu en héritage le Royaume.

«Les derniers seront premiers,

et les premiers seront derniers»

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

 

Aujourd'hui, la Parole de Dieu nous invite à comprendre que la “logique” divine va très largement au-delà de la simple logique humaine. Alors que nous, les hommes, nous calculons («ils pensaient recevoir davantage»: Mt 20,10), Dieu —qui est le Père soucieux—, tout simplement nous aime («Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon?»: Mt 20,15). Et la mesure de l'Amour c'est d'aimer sans mesure: «J'aime, parce que j'aime, j'aime pour aimer» (Saint Bernard).

Mais cela ne veut pas dire que la justice est inutile: «je vous donnerai ce qui est juste» (Mt 20,4). Dieu n’est pas arbitraire et il veut nous traiter comme des fils intelligents: il est donc logique qu'il «négocie» avec nous. En fait, à d'autres moments, les enseignements de Jésus laissent clairement entendre qu'à celui qui a le plus reçu sera le plus grand compte demandé (rappelons-nous de la parabole des talents). Enfin, Dieu est juste, mais la charité n'ignore pas la justice; elle la supère plutôt (cf. 1Co 13,5).

Une maxime populaire affirme que «la justice par la justice est la pire des injustices». Heureusement pour nous, la justice de Dieu —répétons-le, débordée par son Amour— supère nos schémas. S'il s'eut agit de simple et stricte justice, nous attendrions toujours notre rédemption. Encore pire, nous n'aurions plus aucun espoir de rédemption.

En stricte justice nous ne méritions aucune rédemption: nous serions, tout simplement, dépossédés de tout ce dont Dieu nous en a fait cadeau le moment de la création et que nous avons refusé lors du péché original. Regardons, donc, comment se porte notre capacité de jugement, comparaison et calcul lorsque nous traitons avec autrui.

En outre, s'il s'agit de parler de sainteté, nous devons partir de la base que tout est dû à la grâce. L'évidence la plus claire c'est le cas Dimas, le bon larron. Même la possibilité d'être valable auprès de Dieu est aussi une grâce (quelque chose qu'on nous donne gratuitement). Dieu est le maître, notre «propriétaire qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne» (Mt 20,1). La vigne (c'est-à-dire, la vie, le ciel…) est à Lui; quant à nous, nous sommes des invités, et pas de n'importe quelle façon: c'est un honneur pour nous de pouvoir travailler là et de pouvoir, ainsi, “gagner” le ciel.

Gardons-nous d’un regard jaloux envers notre semblable, parce que le Père est bon

Prière

Père, merci de nous montrer ta justice et de m'avoir mise à tailler ta vigne celle qui nous donne la boisson de ta promesse, de recevoir une part ton Royaume. Ta vigne est belle et pleine de la promesse d'un revenu agréable, qui non seulement nous désaltèrera mais enchantera notre palais et nos oreilles. Pour cela il suffit que nous soyons attentifs à tes oeuvres et de les respecter en prenant soin de ta Parole. Ton Fils est la véritable vigne pour atteindre ton Royaume, elle est source de notre vie. Jésus, tu es mort sur la croix par amour. Qu’ai-je donc à me plaindre ? Au vu du décalage entre ton amour et ma médiocrité, je ne peux passer ma vie à pleurer sur mes péchés.

Réflexion

 Le royaume des Cieux est semblable au domaine d’un riche propriétaire. Celui qui dès l’ouverture de son bureau embauche des saisonniers le matin pour la journée pour la récolte de sa vigne.

La vigne du Père, c’est ce monde mystérieux avec ce dynamisme mystérieux de Dieu : Celui de ses œuvres : la vie, la croissance et la fécondité.

Sa vigne c’est nous les humains, ses richesses sont le sol des planètes, celle de Notre Terre , tournant sous la puissance du soleil. Toute la création est comme nos horloges, elles évoluent avec grâce et richesse. La pluie le vent sont ses outils que nous connaissons, mais que lui seul, dirige. Comme nous le tuyau d’arrosage pour nos plantes, le climatiseur pour un notre confort que nous créons pour notre confort. Mais nous même le meilleur de nos créations sont fragiles, il suffit d’un grain de sable, et tout est à refaire ! de plus nous c’est payant. Les œuvres du Père c’est gratuit.

Notre coopération nous met en relation entre nous, ces humains impétueux et les œuvres de Dieu. Ce Royaume nous fait vivre, tous ensemble malgré et avec nos différences. Au temps voulu, notre maître de la vigne appelle ses ouvriers pour notre salaire. Quelle sera-la distribution en temps voulu ?

Pourquoi commence-t-il par le dernier, au lieu du premier ?

Les derniers ne voient pas le salaire du premier, qui reçoit le même salaire. Cependant il y a une différence notoire, celle du temps travaillé. La différence a été l’amitié, la joie des compagnons dans la journée, leurs repas les as restaurés, ce que n’ont pas eu les derniers. Cela n’empêchent pas l’incompréhension et provoque la jalousie.

Les premiers ne comprennent pas, car ils ont tant donné, qu’ils ne voient pas ce qu’ils ont reçus, et sont jaloux.

Que leur dit le père :Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?

Notre regard ne devrait-il pas être celui de la compassion, parce qu’il n’aura pas la joie d’avoir un toit, qu’avec ce salaire, il a de quoi se restaurer, de se laver pas celui d’un toit ! Alors que le premier, lui n’a pas le problème du toit !

La durée de notre pèlerinage sur terre c’est la vigne su Seigneur, elle nous la bonne direction, dans l’épreuve comme dans la chance. Les ouvriers de la dernière heure ont perdu une bonne partie de leur vie à attendre parce que personne ne les a appelés ?

Je m’émerveille et à m’enthousiasme de tes œuvres Père. Merci, Jésus, de cette belle leçon.

Emounawh

 

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Les pauvres sont toujours devant nous ; si nous leur confions nos trésors, nous ne les perdrons pas. St Augustin

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Jean 12,24-26.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l’honorera. »

 

Méditation

«Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur»

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)


Aujourd'hui, l'Église à travers la liturgie de l'eucharistie qui célèbre la fête du martyr romain saint Laurent, nous rappelle qu'«Il existe un témoignage de cohérence que chaque chrétien doit être capable de porter chaque jour, y compris à travers la souffrance et les grands sacrifices» (Saint Jean Paul II)

La loi morale est sainte et inviolable. Cette affirmation, contraste vraiment avec le milieu relativiste qui règne de nos jours, où nous adaptons les exigences éthiques sans difficulté à notre convenance ou à nos défaillances personnelles. Nous ne trouverons jamais personne qui va nous dire «Je suis corrompu»; ou «Je n'ai pas de conscience»; «Je suis une personne sans vérité»… celui qui le dirait se discréditerait lui-même immédiatement.

En définitive, la question serait plutôt: de quelle morale, de quelle conscience et de quelle vérité est-ce que nous parlons? Il est évident que la paix et une saine cohabitation sociale ne peuvent se baser sur une morale “à la carte”, où chacun choisit ce qui lui plaît, sans prendre en compte les inclinations ou les aspirations que notre Créateur a mis à notre disposition dans la nature de chacun d'entre nous. Cette soi-disant morale, loin de nous conduire par des chemins “sûrs” vers des prairies vertes comme le souhaite le Bon Pasteur (cf Ps 23,1-3) nous conduit irrévocablement vers les sables mouvants du “relativisme moral” où tout peut se négocier et se justifier.

Les martyrs sont les témoins irréfutables de la sainteté de la loi morale: il y a des exigences basiques d'amour qui n'admettent pas d'exceptions ni d'adaptations. C'est clair, «dans la Nouvelle Alliance nous retrouvons de nombreux témoignages de disciples du Christ qui (…) ont accepté les persécutions et la mort plutôt que de faire le geste païen de brûler de l'encens devant la statue de l'empereur» (Saint Jean Paul II).

Dans la Rome de l'empereur Valérien, le diacre «saint Laurent a aimé le Christ dans sa vie et l'a imité dans sa mort» (Saint Augustin). Et, une fois de plus, s'accomplissent les paroles «celui qui hait sa vie sur terre, la gardera pour la vie éternelle» (Jn 12,25). La mémoire de saint Laurent, restera toujours, heureusement pour nous, comme un signe pour nous faire comprendre qu'aller à la suite du Christ mérite bien de donner sa vie plutôt que d'accepter des interprétations frivoles de son chemin.
 

Saint Augustin (354-430)


évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 302, pour la fête de saint Laurent


« L'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours » (Ps 111,9)
Saint Laurent était diacre à Rome. Les persécuteurs de l'Église lui demandaient de livrer les trésors de l'Église ; c'est pour obtenir un vrai trésor dans le ciel qu'il a souffert des tourments dont on ne peut entendre le récit sans horreur : il a été étendu sur un gril sur un feu. (...) Cependant, il a triomphé de toutes les douleurs physiques par la force extraordinaire qu'il puisait dans sa charité et dans le secours de Celui qui le rendait inébranlable : « C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre » (Ep 2,10).

            Voici ce qui a provoqué la colère des persécuteurs (...) Laurent a dit : « Faites venir avec moi des chariots sur lesquels je puisse vous apporter les trésors de l'Église. » On lui a donné des chariots ; il les a chargés de pauvres et les a fait revenir, en disant : « Voici les trésors de l'Église. »

            Rien n'est plus vrai, mes frères ; dans les besoins des pauvres se trouvent les grandes richesses des chrétiens, si nous comprenons bien comment faire fructifier ce que nous possédons. Les pauvres sont toujours devant nous ; si nous leur confions nos trésors, nous ne les perdrons pas.     

Suivre Jésus c’est marcher dans la lumière et vivre
L’homme de bien a pitié, il partage


PSAUME 111 5 
L’homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste.
ÉVANGILE
« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 24-26)

Réflexions
Jésus nous a dit :
Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement, La puissance de Dieu donne les grâces abondamment, il fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, il fournira la graine ; la multipliera, et donnera la croissance dans nos accomplissement avec justice. (2 Corinthiens 9, 6-10) Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie… Jn 8, 12 )si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit…Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.     Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
C’est une merveilleuse nouvelle, pour ceux qui peuvent donner, mais celui qui n’a plus rien, que peut-il donner ? Donner ce qu’il a perdu ? Pourquoi a-t-il tout perdu, alors qu’il a beaucoup donné ! avoir le toit et le pain sans complément, que peut-il donner ? s’il n’a rien d’autre ? 
Donner sans compter, sans calcul pour la gloire c’est héroïque. Dans les camps de concentrations, il y a eu ces actions : les déportés n’avaient que des planches pour couchette et des morceaux de pain dans de l’eau. St Maximilien Kolbe, partageait sa maigre pitance à ces compagnons, et priait pour eux. Mais peut-ton faire dans notre monde de fausse lumière, de surabondance en tout, qui laisse ceux qui ont tout perdu dans l’oubli, le mépris parce qu’ils sont des perdants. Si nous n’avons plus rien à donner que des dettes, que peut-on faire ?
Se tourner vers Dieu, prier sincèrement comme un enfant qui regrette ne pas avoir été prévoyante. Demander pardon sans hypocrisie, sachant que le Seigneur sait ce qui est dans notre cœur, dans notre esprit. Il sait si la sincérité cache le calcul d’un détournement pour briller en société, ou si c’est pour rester dans l’ombre de la crainte de l’opprobre. Pourquoi est-on en colère dans ce cas ?
C’est vrai lorsque l’on donne c’est un cadeau de Dieu, car il nous donne la joie du don. Mais ce don est-il fait dans l’amour et le respect de celui qui le reçoit ? La manière de donner doit respecter ceux qui reçoivent ce don. Ne pas montrer sa supériorité sociétale, l’orgueil conduit à des actes et paroles blessantes. Partager ce n’est pas un acte anodin, le Seigneur en est conscient sa récompense vient en temps voulu selon ce que nous sommes et ce qui a été établi à chacun de nous. Il en va de même pour ceux qui reçoivent ces dons. Il ne s’agit pas de rendre allégeance envers les donateurs, mais d’être respectueux envers leurs bienfaiteurs, et faire avec le cœur et respect ce que le Seigneur commande.
L’important est de s’en remettre au Seigneur, de suivre ses enseignements et de prier.

Emounawh

 

Homélies du Père Gilbert Adam

Fête de : Saint Laurent


Là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Nous fêtons Saint Laurent, martyr qui était au service des pauvres. Il les a situé comme la richesse de l’Église. Au service de l’Eglise Laurent s’est offert à la suite de Jésus. Jésus nous révèle le sens de la vie véritable. Elle est relation et don de soi. Jésus attend que nous mourions à nous-mêmes pour vivre en lui. Avec la réalité du grain de blé la Parole nous redit combien le don de notre vie portera du fruit dans la patience. Aimer sa vie et la garder jalousement pour soi peut nous perdre. Comme une graine notre cœur est invité à faire mourir en lui tout égoïsme en brisant ses enveloppes d’autosatisfaction. La vie de notre humanité se déploie en s’ouvrant à l’autre, en se donnant. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul ! Le processus de la germination du grain de blé et de la croissance des jeunes plants nous éclaire. Le grain traverse une période de désintégration dans une nuit noire, sans lumière. Mais pendant ce temps, il reçoit une nourriture qui l’aide à se transformer et à entrer dans une phase de croissance. Quelques jours avant sa mort, Jésus annonce à ses disciples son départ en utilisant l’image du grain de blé qui tombe en terre.

« Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. 

Jésus nous attire à sa suite, par son exemple et par sa Parole vivante et vivifiante. Les martyrs de Jésus sont les témoins qui manifestent le courage d’être tout entier à son service ! Saint Laurent a témoigné du plus grand amour de Jésus. A sa suite nous reconnaissons qu’aimer notre vie, c’est la perdre. C’est au service de nos frères et de nos sœurs que nous vérifions notre intention. La vie de Jésus, le Verbe fait chair, est Parole de Dieu. En célébrant l’Eucharistie nous faisons mémoire du Don total de lui-même et nous puisons là notre lumière et notre force. Dieu nous comble de toutes ses grâces, disposant pour nous de tout le nécessaire pour que nous soyons dans l’abondance pour toute sorte d’œuvres bonnes. « Il a répandu ses bienfaits, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure pour toujours. » Il nous aide à quitter nos manières individuelles de penser pour nous écouter les uns les autres.

« Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Jésus donne sa vie pour nous sauver. Il nous mène au Père pour que notre vie soit vie éternelle. Nous demandons la grâce de le suivre en le laissant changer nos cœurs. Le Père nous donne l’Esprit Saint, la force et la lumière de Dieu, pour vaincre la haine et les ténèbres du monde qui nous renferment sur nous-mêmes. Il nous donne tout ce qui est nécessaire pour que notre vie soit, comme celle de Jésus, une surabondance. "Celui qui fournit de la semence au semeur et du pain pour la nourriture, vous fournira la semence, la multipliera et fera croître le produit de votre justice." Jésus nous aide à accepter notre enfouissement en vue du bonheur des autres. Il nous donne la grâce de le suivre dans le quotidien, il change nos cœurs et nous aide à devenir les sarments de la vigne dont il est le cep. Que nous soyons ces sarments qui portent beaucoup de « fruits d’amour, » afin de glorifier notre Père qui est aux cieux.

Seigneur donne nous la grâce d’être fidèles à la Parole de Jésus.

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«Demeurez en moi, comme moi en vous»

Texte de l'Évangile (Jn 15,1-8):
 
«Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite: Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit: ainsi, vous serez pour moi des disciples».

 

Je suis la vigne

Et Jésus ajoute cette chose extraordinaire et consolante : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. La parole de Jésus dans sa prière, la voilà : Père ! Parole qui doit rester en nous et jaillir pour formuler nos demande. Dieu ne peut résister à son Fils quand il prie par vos lèvres.

 

Méditation de l'évangile du mercredi 5 mai


Jésus est un homme du terroir, un paysan qui, pour parler de l'amitié, tire exemple de sa vigne qu'il a bêchée, soignée et aimée sur les coteaux de Nazareth. C'est un vieux thème biblique, cher aux prophètes, Yahvé aime sa vigne, Israël. Jésus s'identifie à elle. N'est-Il pas le Bien-Aimé ? Mais nous, n'en sommes-nous pas les sarments dont le Père, le vigneron prend grand soin ?

La taille évoque d'ailleurs, pour Lui, la prise en charge de notre souffrance. Nul ne peux l'éviter, elle fait partie de notre condition d'homme, mais voilà qu'acceptée, comme Jésus l'a fait, elle nous permet de porter du fruit.

" Tout sarment qui porte du fruit, le Père l'émonde, afin qu'il porte du fruit davantage"

Le secret de ce fruit naturel, c'est sa parole, qui comme un feu purifie ses amis. La parole est lumière de Vérité, lumière de vie, elle nous révèle notre filiation divine grâce à laquelle l'amour unique du Père nous transfigure à l'image du Christ. Sans cette union à Jésus, nous resterions aussi stérile, dans l'ordre surnaturel, qu'un serment détaché du cep est sec.

Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.

Et Jésus ajoute cette chose extraordinaire et consolante : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

La parole de Jésus dans sa prière, la voilà : Père ! Parole qui doit rester en nous et jaillir pour formuler nos demande. Dieu ne peut résister à son Fils quand il prie par vos lèvres.

Apprenez donc la force de votre prière, profitez en et pour tous ceux pour qui vous demanderez la grâce seront investis par Dieu et un jour ils capituleront.

La gloire du Père, non ce n'est pas pour le monde crée matériel, si beau et si grand soit-il, mais c'est le monde de sa famille divine, ce sont les disciples de son Fils qui, en Lui, portent de lourdes grappes de la grâce.

Demandez cela pour vos amis, vos enfants, dans ce domaine :

Demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.

Jésus nous révèle ici la profondeur de son amour à notre égard, amour puisé au source même de la Trinité.

Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Et Il nous redit le secret de tout amour, c'est d'observer ses commandements. C'est ainsi qu'il a aimé son Père. Il a obéi à son ordre; il a accepté notre condition mortelle; il a accepté la mort.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Père Gabriel

 

Bienheureux Columba Marmion

(1858-1923) abbé

Les « instruments des bonnes œuvres » (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 174-176 rev.)
« Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15,4)


Quelle que soit l’étape où se trouve l’âme, son travail n’est pourtant jamais qu’un travail de coopération. Elle n’est pas seule : Dieu travaille en elle et avec elle : car il est toujours le premier Auteur de son progrès.

            Sans doute, dans les débuts, quand l’âme est encore embarrassée de vices et d’habitudes mauvaises, il faut qu’elle s’applique elle-même avec virilité et ardeur à enlever ces obstacles qui s’opposent à l’union divine. La coopération que Dieu réclame d’elle dans cette période est particulièrement grande et active, et se révèle très vivement à la conscience. Durant cette période Dieu accorde des grâces sensibles qui relèvent et encouragent. Mais l’âme expérimente des alternatives, des vicissitudes intérieures : elle tombe, puis se redresse ; elle peine, puis se repose ; elle reprend haleine, puis repart en avant.

            Au fur et à mesure que l’âme avance, que cèdent les obstacles, sa vie intérieure devient plus homogène, plus régulière, plus unie, l’action de Dieu se fait sentir plus puissante, parce qu’elle est plus libre de s’exercer, qu’elle rencontre dans l’âme moins de résistance et plus de souplesse : et alors, nous progressons rapidement dans la voie de la perfection. (…) Notre-Seigneur nous a donné si clairement cette doctrine fondamentale : « Je suis la vigne, vous êtes les branches ; demeurez en moi afin de porter des fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). (…)

            S’imaginer que le Christ prendra pour lui tout le travail serait une dangereuse illusion ; mais croire que nous pourrons faire quoi que ce soit sans lui serait une illusion non moins périlleuse. Aussi devons-nous être convaincus que nos œuvres n’ont de valeur qu’en raison de notre union à Jésus.

«Demeurez en moi, comme moi en vous»

 

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)


Aujourd'hui, nous contemplons à nouveau Jésus entouré de ses disciples, dans une ambiance d'intimité. Il leur confie ce qu'on pourrait qualifier comme ses dernières instructions, ce qu'on dit au dernier moment juste avant le départ, et comme tel cela a une force spéciale, car il fait office de testament.

Nous l'imaginons au cénacle. Là, Jésus leur a lavé les pieds, Il leur a annoncé une fois de plus son départ, leur a transmis l'amour fraternel et les a consolés en leur donnant l'Eucharistie ainsi que la promesse de la venue du Saint Esprit (cf. Jn 14). En lisant cet évangile, au chapitre 15, nous trouvons l'exhortation à l'unité dans la charité.

Le Seigneur ne cache pas à ses disciples les dangers et difficultés qu'ils rencontreront dans le futur: «Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi» (Jn 15,20). Mais Il leur conseille de ne pas se laisser abattre ni se sentir opprimés face à la haine du monde: Jésus renouvelle sa promesse de leur envoyer leur Défenseur, il leur garantit son assistance dans tout ce qu'ils lui demanderont et enfin, Il prie son Père pour eux, pour nous tous, dans sa prière sacerdotale.

Le danger pour nous ne vient pas de l'extérieur: la menace vient de nous mêmes quand l'amour fraternel parmi les membres du Corps Mystique de Jésus n'est pas présent et quand l'unité n'existe pas entre le Corps et la Tête de ce Corps Mystique. La recommandation de Jésus est claire: «Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jn 15,5).

Les premières générations de chrétiens avaient conservé une notion vive du besoin de vivre unis par la charité: voici un témoignage d'un père de l'Eglise, Saint Ignace d'Antioche: «Courez tous à l'unisson comme un seul temple de Dieu, un seul autel, un seul Christ qui procède d'un seul Père». Voici encore la recommandation de notre Sainte Mère: «Faites tout ce qu'il vous dira» (Jn 2,5).

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