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c'est arrive ce jour

ça s'est passé un... 20 octobre

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20 octobre

20 octobre 1587 : Victoire d'Henri de Navarre à Coutras

Le 20 octobre 1587, à Coutras, non loin de Périgueux, l'armée protestante, commandée par Henri III de Navarre, bat à plate couture l'armée catholique du roi de France Henri III en dépit d'effectifs inférieurs. Depuis le début des guerres de religion, 25 ans plus tôt, c'est la première victoire des protestants dans une bataille rangée. Ils la doivent à l'énergie de leur chef, le roi de Navarre, héritier de la couronne de France et futur Henri IV A              lban Dignat
 

Écharpe blanche, drapeau blanc
À la bataille de Coutras, pour la première fois, Henri de Navarre et ses compagnons protestants se dotèrent d'une écharpe blanche. La légende veut que ce soit la « Grande Corisande », Diane d'Andoins, maîtresse du roi de Navarre, qui ait suggéré à celui-ci ce signe de reconnaissance. Les hagiographes du futur roi Henri IV feront plus tard la confusion entre l'écharpe et un panache qu'aurait porté le roi, notamment à la bataille d'Ivry...
Le blanc, sans doute choisi pour s'opposer au rouge, couleur des troupes espagnoles et catholiques, ou par référence à une forme de pureté évangélique, va ainsi devenir la couleur du clan protestant, puis, quand Henri montera sur le trône, l'une des couleurs de référence de la monarchie française.

Le goût amer de la guerre civile

Après un début de bataille qui donne l'avantage aux catholiques, Henri de Navarre fait donner l'artillerie et la cavalerie, gardées en réserve. L'armée royale fléchit. C'est dès lors un corps-à-corps dans lequel Henri de Navarre fait montre d'un courage remarquable. En à peine deux heures, la bataille se solde par la mort de 2000 catholiques, parmi lesquels le chef de l'armée royale, le duc de Joyeuse, l'un des favoris du roi Henri III, et son frère Saint-Sauveur.

Pierre Jerome Lordon, L'entrée d'Henri III de Navarre à Libourne après la bataille de Coutras, 1827.En bon politique, soucieux de préparer la réconciliation future entre les deux clans ennemis, Henri III de Navarre (futur Henri IV) organise dès le lendemain, à Libourne, sur la Dordogne, de grandioses funérailles pour les victimes des deux camps. Il libère les prisonniers et renvoie la dépouille de Joyeuse au roi de France avec un message de sincère contrition : « Je suis bien marri qu'en cette journée je ne pus faire de différence des bons et naturels Français d'avec les partisans et adhérents de la Ligue... Croyez, mon cousin, qu'il me fâche fort du sang qui se répand... ».

La défaite achève de discréditer le roi légitime Henri III aux yeux des ligueurs catholiques. Ceux-ci vont se rallier aux Guise et le chasser de Paris. Quelques mois plus tard, il sera assassiné par un moine.

 
20 octobre 1740 : Avènement tumultueux de Marie-Thérèse

Le 20 octobre 1740, l'empereur Charles VI, héritier des Habsbourg, meurt en laissant la succession à sa fille aînée, Marie-Thérèse. Son avènement est aussitôt contesté par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et va gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche...

Celui-ci a gouverné en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg (grand-duché d'Autriche, royaumes de Bohème et de Hongrie...). Comme ses prédécesseurs depuis trois siècles, il a assumé également la fonction symbolique d'empereur du Saint Empire romain germanique (on dit aussi : empereur électif d'Allemagne).

N'ayant que des filles pour lui succéder, Charles VI a prévu par la « Pragmatique Sanction » du 19 avril 1713 que son héritage pourrait revenir à l'aînée de celles-ci, Marie-Thérèse. L'ordonnance impériale doit éviter le morcellement de ses États héréditaires. Mais elle n'est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial...

Marie-Thérèse devient donc archiduchesse d'Autriche et reine de Hongrie, mais ne peut en tant que femme se faire élire à la suite de son père à la tête du Saint Empire romain germanique. C'est donc pour son mari le grand-duc François III de Lorraine-Teschen qu'elle revendiquera ce titre.

L'avènement de Marie-Thérèse à la tête de l'Autriche et de son mari à la tête de l'Empire sont aussitôt contestés par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche...

Une mère comblée
François de Lorraine et Marie-Thérèse de Habsbourg avec leur nombreuse progéniture (Martin Van Meylens le Jeune, 1755, musée de Versailles)
En 29 ans de mariage, Marie-Thérèse a donné le jour à seize enfants. C'est mieux que la douce Marie Leszczinska, épouse du roi de France Louis XV, qui s'était arrêtée à dix enfants. Parmi les enfants de Marie-Thérèse : les futurs empereurs Joseph II et Léopold II, ainsi que Marie-Antoinette, future reine de France (elle figure dans le berceau de l'arrière-plan sur le portrait ci-dessous), Ferdinand, duc de Modène, Marie-Caroline, reine de Naples...

 
20 octobre 1805 : Napoléon victorieux des Autrichiens à Ulm

Le 20 octobre 1805, cinq jours après la prise du village bavarois de Michelsberg par la Grande Armée, Napoléon 1er reçoit la capitulation de l'armée autrichienne du général Karl Mack retranchée dans la ville voisine d'Ulm.

Cette capitulation ne manque pas de surprendre les observateurs car le général autrichien avait tous les atouts pour affronter les Français avec succès avant que ceux-ci ne le prennent au piège dans la ville. Il semble qu'il ait été trompé par les informations communiquées par un espion alsacien à la solde de l'empereur, Charles Schulmeister...

 
20 octobre 1827 : La bataille de Navarin

Le 20 octobre 1827, dans la rade du port grec de Navarin, la flotte turco-égyptienne est attaquée sans préavis et détruite par une escadre anglo-franco-russe sous le commandement de l'amiral de Rigny...

Naissance du droit d'ingérence
Au XIXe siècle, de la chute de Napoléon Ier, en 1815, à la Grande Guerre de 1914, les Occidentaux, forts de leur bonne conscience, se coalisèrent plusieurs fois pour des raisons officiellement humanitaires (l'adjectif lui-même a été inventé par le poète Alphonse de Lamartine en 1839). Ce fut la naissance du « droit d'ingérence ». La bataille de Navarin en fut la première manifestation...

Bataille de Navarin, Ivan Aïvazovsky (1817-1900)
Les Occidentaux interviennent à reculons
La Grèce s'étant soulevée en 1821 contre l'occupant turc, les armées du sultan Mahmoud II ripostent de façon impitoyable. En Europe, la guerre ne laisse pas indifférent. Eugène Delacroix peint Les massacres de Scio. Le poète anglais Lord Byron s'engage aux côtés des révoltés grecs et meurt à Missolonghi, une place forte assiégée par les Turcs.

Mais les gouvernements occidentaux répugnent à suivre la fraction libérale de la bourgeoisie dans ses appels à secourir les insurgés. Aucun ne souhaite amener la Grèce à l'indépendance. Les Français privilégient l'émancipation de l'Égypte, dirigée par le très francophile Méhémet Ali. Les Russes, quant à eux, voudraient prendre la place des Turcs dans les Balkans. Enfin, les Anglais, qui se méfient autant des premiers que des seconds, se portent garants de l'intégrité de l'empire ottoman.

Unis dix ans plus tôt au sein d'une Sainte Alliance, ces gouvernements répugnent à bouleverser l'ordre établi mais tentent une médiation pour calmer leur opinion publique.

À Londres, sans prendre la peine de consulter la Turquie, ils publient le 6 juillet 1827 un protocole qui préconise une simple « autonomie de la Grèce dans le cadre de la suzeraineté turque ». Ils ajoutent une note dans laquelle ils demandent au sultan de mettre fin aux exactions contre les Grecs.

Bévue ou provocation
Le sultan n'en faisant qu'à sa tête, les Occidentaux ne peuvent faire moins que d'envoyer une escadre dans les eaux grecques avec mission de surveiller la flotte turco-égyptienne. Il n'est pas question de l'affronter ni de créer l'irréparable.

Mais à Navarin, pour des raisons mystérieuses, l'escadre européenne passe à l'attaque et envoie par le fond la flotte du sultan. Il semble que l'amiral anglais commandant l'escadre, favorable à l'insurrection grecque, ait voulu de la sorte obliger les Occidentaux à intervenir.

Bataille de Navarin (Louis Garneray, 1827)


L'« Homme malade de l'Europe »
Le gouvernement britannique présente ses regrets au sultan. Mais dans la foulée, un corps expéditionnaire français débarque en Morée, le Péloponnèse actuel, et en chasse l'armée égyptienne conduite par Ibrahim pacha, le fils du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali. La Turquie est d'autre part agressée sur le Danube et en Arménie par la Russie qui veut profiter de l'aubaine.

La prise d'Andrinople, aux portes d'Istamboul, le 20 août 1829, oblige le sultan à engager des pourparlers de paix. Par le traité d'Andrinople du 14 septembre 1829, il se résout à reconnaître l'indépendance de la Grèce. Celle-ci est confirmée un peu plus tard à Londres. La Moldavie, la Valachie et la Serbie, principautés chrétiennes des Balkans sous domination turque, deviennent autonomes.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, Méhémet Ali, bien que vaincu, réclame la Syrie pour prix de son intervention aux côtés du sultan. Sans attendre la permission de Mahmoud II, son fils Ibrahim pacha envahit la Palestine et la Syrie. Il défait les Turcs à Konya le 21 décembre1832 et menace Istamboul si bien que le sultan n'a plus d'autre issue que de faire appel... à son ennemi intime, le tsar Nicolas 1er !

Le tsar installe ses troupes sur le Bosphore et n'accepte de les en retirer qu'en échange de la fermeture du détroit à tout autre navire de guerre que les navires russes.

La rivalité entre Turcs et Égyptiens relance la concurrence entre Britanniques et Français. En 1840, le jeune Adolphe Thiers est à deux doigts de déclarer la guerre à Londres pour préserver les intérêts de l'Égypte, alliée traditionnelle de la France. Il faut toute la sagesse du roi Louis-Philippe 1er pour éviter cette nouvelle catastrophe.

L'heure de la curée sonne pour l'empire ottoman que l'on qualifiera plus tard d'« Homme malade de l'Europe ». Comme l'empire chinois, à l'autre extrémité de l'Eurasie, la Turquie est victime de sa propre faiblesse et de l'expansion européenne.

 

 
 
20 octobre 1914 : Première bataille d'Ypres

Dans le cadre de la « course à la mer », la VIe armée allemande tente une première offensive dans les Flandres, sur le saillant d'Ypres. Mais cette première offensive dans les Flandres est repoussée le 20 octobre 1914 par le corps expéditionnaire britannique du général John French (il sera fait 1er comte d'Ypres).

 
20 octobre 1952 : La révolte des Mau-Mau au Kenya

Le 20 octobre 1952, l’État d’urgence est déclaré au Kenya suite à la révolte des Mau-Mau, une société secrète composée de Kikouyous insurgés contre l'oppresseur. Sévèrement réprimée, elle amène le gouvernement britannique à réfléchir sur le statut du pays.

Contrairement à de nombreux pays d'Afrique, l'indépendance du Kenya ne s'est pas faite de manière tout à fait pacifique...

L'origine de la colère
Les Kikouyous et les Kambas sont les principales populations bantoues qui habitent le Kenya. Après avoir lutté contre les Massaï et été soumis à l’influence des Arabes puis des Portugais, le pays tombe aux mains des Britanniques lorsque le sultan d’Oman concède les droits de la zone côtière à la British East Africa Company en 1887. En 1895, le Kenya devient un protectorat britannique.

Le Royaume-Uni colonise le territoire et construit un chemin de fer entre Mombasa, sur la côte, et Kisumu, au bord du lac Victoria. Cette innovation permet un constat de taille : une grande partie des terres traversées par le chemin de fer est fertile.

Des milliers de colons européens s’installent alors, expulsant au passage les agriculteurs kikouyous ou les employant comme main-d’œuvre bon marché, notamment pour la culture du café. Le Kenya devient une colonie de la Couronne en 1920.

La population africaine exploitée se réunit en une organisation de défense fondée en 1925 par des intellectuels éduqués par les missionnaires protestants : la Kikuyu Central Association. Après la Seconde Guerre mondiale, elle est dissoute par son président, Jomo Kenyatta, qui crée la KAU (Kenyan African Union). Son programme : abolir les barrières raciales et appliquer l’égalité en matière de droits politiques.

Pour la majorité des membres de la Kikuyu Association, ce n’est pas suffisant. Les Blancs leur ont laissé moins d’un quart des terres cultivables ! Ils adhèrent alors à une société secrète connue sous le nom de Mau-Mau, ancrée sur le fonds culturel traditionnel et sur des pratiques de sorcellerie.

La révolte éclate
En mai 1952, les Mau-Mau commencent à assassiner ceux des Kikouyous qui ne voulaient pas les rejoindre. En novembre, les premiers meurtres d’Européens sont commis.

La révolte des Mau-Mau, source : Atlas historique de l'Afrique, éditions du Rocher, 2018 de Bernard Lugan.Le 20 octobre 1952, l’État d’urgence est proclamé et des renforts militaires envoyés.

En juin 1953, 7 500 Britanniques, 5 000 soldats africains des King’s African Rifles et 21 000 policiers sont déployés.

À la fin des l’année 1955, la révolte est définitivement écrasée. Seuls quelques centaines de Mau-Mau se sont réfugiés dans les zones les plus impénétrables de la forêt de montagne.

La guerre s’achève officiellement en octobre 1956 avec la capture et la pendaison de Dedan Kimathi, le principal chef Mau-Mau.

Le bilan fait état de 32 civils et 63 soldats tués chez les Européens, 26 civils et 12 soldats tués chez les Asiatiques, 100 policiers, 1 800 civils et 10 000 Mau-Mau chez les Africains.

Fiers de leur victoire et désormais soucieux du sort du pays, les Britanniques négocient les modalités de l’indépendance avec Jomo Kenyatta, emprisonné pour avoir mené la révolte alors même qu'il dénonçait la violence des Mau-Mau.

Deux coalitions ethniques donnent jour à deux nouveaux partis : la Kanu (Kenya Africain National Union) dirigée par Jomo Kenyatta et la Kadu (Kenya African Democratic Union).

Le 1er juin 1963 Jomo Kenyatta est désigné Premier ministre. Surnommé « le Javelot flamboyant », le leader kikouyou devient le chef du nouvel État.

Le Kenya devient pleinement indépendant le 12 décembre 1963 et adopte un régime républicain. Tout en restant dans le Commonwealth.

20 octobre 2011 : La mort de Kadhafi clôt le « printemps arabe »

Après quatre décennies de pouvoir sans partage, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi voit son autorité contestée par les habitants de Benghazi. La guerre civile s'installe.

Traqué par ses opposants, qui ont reçu l'appui des Occidentaux, le dictateur résiste à Syrte, avec le dernier carré de ses fidèle, jusqu'à ce qu'une attaque aérienne de l'OTAN frappe sa ville natale, le 20 octobre 2011. 

En fuite et blessé, il est abattu par ses ennemis.

Pour la Libye, cette « libération » est le début d'un cauchemar aussi effroyable que la dictature antérieure, sinon davantage.

Les déboires du « printemps arabe »
Inspirés par l'exemple de la Tunisie, les peuples de l'Égypte, du Yémen, du Bahreïn, de la Syrie et de la Libye se sont soulevés à leur tour. Tandis que les Égyptiens ont pu chasser sans trop de mal le vieil autocrate Hosni Moubarak, il n'en a pas été de même des autres.

Au Bhareïn, petit émirat du Golfe à majorité chiite mais gouverné par un souverain sunnite, la contestation est sauvagement réprimée le 15 mars 2011 avec le concours de l'armée séoudienne.

En Syrie, où les minorités religieuses (chrétiens et Alaouites, musulmans apparentés aux chiites) appréhendent la dictature de la majorité sunnite, le gouvernement alaouite de Bachar El-Assad  réprime la rébellion  sans état d'âme, entraînant le pays dans le chaos (200 000 morts et plusieurs millions de personnes déplacées ou exilées).

Au Yémen, à la pointe de la péninsule arabique, des immolations par le feu, suivant l'exemple tunisien, débouchent sur de massives manifestations de rues. Le vieux président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, dont 21 à la tête du Yémen réunifié, quitte le pouvoir en février 2012. Son successeur, confronté à une rébellion chiite soutenue par l'Iran, doit s'enfuir en Arabie séoudite. Celle-ci engage aussitôt son armée au Yémen dans une guerre sans merci. 

Rien de tel en Libye où une révolte éclate dès le 13 février 2011 à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, province orientale rivale de la Tripolitaine, laquelle demeure grosso modo fidèle à Mouammar Kadhafi. Celui-ci déclenche une véritable guerre contre la rébellion en faisant appel à des mercenaires africains. En suivant la côte méditerranéenne, ses troupes envahissent la Cyrénaïque en multipliant les exactions contre les populations civiles.

Des Libyens sous un graffiti représentant Kadhafi, avant la prière du vendredi, à Benghazi, DR 

Une intervention occidentale mal avisée à Benghazi
En France et à l'ONU, on s'alarme du risque que la population de Benghazi ne soit massacrée en cas de victoire des kadhafistes. Le président français Nicolas Sarkozy se laisse convaincre par l'intellectuel Bernard-Henri Lévy d'intervenir activement. Le 10 mars 2011, il reconnaît le gouvernement rebelle de Benghazi et, le 17 mars 2011, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé convainc le Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser une zone d'exclusion aérienne autour de la capitale de la Cyrénaïque. Ainsi est votée la résolution 1973.

En attendant que les avions de l'OTAN soient opérationnels, l'aviation française donne aussitôt la chasse aux colonnes blindées kadhafistes. Rapidement, l'OTAN déborde le cadre de la mission confiée par l'ONU et traque les kadhafistes jusqu'en Tripolitaine, permettant aux insurgés de lancer une contre-offensive laborieuse mais victorieuse.

La Russie, membre du Conseil de sécurité, qui a autorisé du bout des lèvres l'intervention en Libye, manifeste son irritation devant l'initiative de l'OTAN, qui outrepasse le cadre de sa mission. Ses représentants promettent - mais un peu tard - qu'on ne les y reprendra plus !

Au bout de plusieurs mois de combats indécis et au prix de quelques milliers de morts, les opposants s'emparent de Tripoli. Les Occidentaux rejettent le projet d'une exfiltration du dictateur et de son remplacement par un gouvernement de transition. 

En désespoir de cause, Kadhafi quitte Syrte avec un convoi de plusieurs véhicules civils en direction du Niger. Avertis de sa fuite, les alliés disposent sur le parcours des miliciens de l'organisation rebelle Misrata. Des avions de l'OTAN se mettent en chasse du convoi et attaquent celui-ci. Le dictateur se réfugie dans une buse en béton. Il en est extrait par les miliciens de Misrata et sauvagement assassiné.

Fiasco
Après ce succès de la coalition démocratique, l'anarchie s'installe. Les Occidentaux fuient le désordre qu'ils ont contribué à créer. Du fait de l'insécurité générale, la production pétrolière s'effondre de 1,5 million de barils/jour en 2011 à 200 000 en 2014. Le pays devient la proie de chefs de bande locaux qui tentent de s'approprier les ressources pétrolières ou spéculent sur le transit des migrants africains vers l'Europe. 

Par ailleurs, les mercenaires africains de l'ancien dictateur, touaregs et autres, se replient vers le désert avec armes et bagages et ne tardent pas à déstabiliser les pays du Sahel, du Mali à la Centrafrique, obligeant la France à intervenir une nouvelle fois en catastrophe.

La chute de Kadhafi restera dans l'Histoire contemporaine comme l'un plus beaux exploits de Gribouille, ce héros de la comtesse de Ségur qui, pour échapper à la pluie, se jetait dans la rivière.

 

Naissances

 
Stanislas Leszczynski

20 octobre 1677 à Lviv (Ukraine) - 23 février 1766 à Lunéville

Biographie Stanislas Leszczynski

Éphémère roi de Pologne et dernier duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski fut aussi l'arrière-grand-père de trois rois de France... Il a traversé son siècle sans le comprendre ni le dominer. Et pourtant, les occasions d'agir ne lui manquèrent pas mais toujours il leur tourna le dos, par négligence ou par manque de courage, préférant cultiver ses passions intimes, la gourmandise, la musique, l'architecture, les fêtes et la chasse...

John Henri Palmers

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ça s'est passé un... 14 octobre

ça s'est passé un...

14 octobre

14 octobre 719 : Les Francs refont leur unité
Le 14 octobre 719, à Néry, près de Senlis, une bataille met aux prises les Francs d'Austrasie et leurs rivaux, les Francs de Neustrie. Le vainqueur de la journée ne va pas tarder à faire parler de lui sous le nom de Charles Martel. Fort de sa victoire sur les Neustriens, il unifie définitivement sous sa coupe les royaumes mérovingiens issus de Clovis et poursuivra une glorieuse carrière en mettant au pas les peuples d'outre-Rhin (Saxons, Bavarois, Thuringiens et Frisons), en stoppant à Poitiers les incursions arabes, enfin en ouvrant la voie à Charlemagne, son petit-fils.

14 octobre 1066 : Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre
Le 14 octobre 1066, à Hastings, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, défait les troupes du roi d'Angleterre Harold. La victoire du duc marque la naissance de l'Angleterre moderne.

À noter qu'après le débarquement de Guillaume, toutes les tentatives de conquête de l'Angleterre échoueront...

14 octobre 1468 : Entrevue orageuse à Péronne
Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI échappe de peu à un mauvais coup lors de son entrevue avec son rival, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, à Péronne. Le duc consent à le libérer sur une intervention de son chambellan, Philippe de Commynes, lequel entrera ensuite au service du roi (il restera dans la postérité comme l'auteur de la formule : « La fin justifie les moyens »). En sens inverse, le cardinal Balue, aumônier du roi, est emprisonné pour avoir trahi ce dernier au profit du duc...

 


14 octobre 1543 : Barberousse s'invite chez François 1er
Le 14 octobre 1543, le corsaire turc Barberousse (Kheir ed-Din) ancre dans la rade de Toulon avec 200 galères et 30.000 hommes.

Une alliance sans précédent
Dix-huit ans plus tôt, en 1525, le roi de France François Ier a été battu et capturé à Pavie par les troupes de l'empereur Charles Quint.

Khair el-Din Barberousse (1476-1546). Agrandissement :
Portrait de barberousse au musée des Beaux-Arts d'Alger

.Il demande aussitôt à sa mère, Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II le Magnifique. Il veut de cette façon contrecarrer les ambitions italiennes de son rival.

L'année suivante, le sultan écrase une armée hongroise à Mohacs. Il met fin à l'indépendance du royaume de Hongrie mais échoue à s'emparer de Vienne, la capitale des Habsbourg, la famille de Charles Quint.

François Ier ne veut pas rester sur cet échec. Il songe à utiliser la flotte du corsaire Barberousse en vue d'une nouvelle intervention en Italie. C'est ainsi que le Turc attaque en août 1543 la ville de Nice, qui appartient au duché de Savoie, allié de Charles Quint. La ville basse est conquise après plusieurs assauts mais le château résiste à trois semaines de siège.

Après ce coup de main, Barberousse et ses hommes sont invités à hiverner à Toulon. Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France, la ville est mise à la disposition de ces corsaires musulmans venus d'Alger et qualifiés de Barbaresques. La plus grande partie de la population habituelle est évacuée et la cathédrale Sainte-Marie-Majeure est même transformée en mosquée.

Tout cela pour rien. Perdant l'envie de combattre pour le roi de France, Barberousse se fait payer son départ au prix fort au printemps suivant. Il poursuit la guerre de course pendant quelques temps encore avant de se retirer dans son palais d'Istamboul où la mort le rattrape en 1546, à 70 ans.

François Ier meurt l'année suivante sans avoir rien obtenu de son conflit avec Charles Quint pour la domination de l'Italie.

14 octobre 1670 : Le Bourgeois gentilhomme
Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme devant le roi Louis XIV et sa cour...

14 octobre 1806 : La Prusse s'incline à Iéna
Le 14 octobre 1806, les Prussiens sont battus à Iéna et Auerstaedt, en Saxe, par les armées napoléoniennes...

La quatrième coalition

Après sa mémorable victoire à Austerlitz sur les armées austro-russes et l'élimination de l'Autriche, Napoléon 1er engage des négociations avec l'Angleterre et la Russie tout en caressant l'espoir de s'entendre avec la Prusse sur un partage d'influence en Allemagne. Le 15 décembre 1805, par un traité signé au palais de Schonbrünn, près de Vienne, avec le chef du gouvernement prussien, Haugwitz, il permet à celui-ci d'annexer le Hanovre, possession anglaise, mais lui impose de céder Neuchâtel et le duché de Clèves à la France ainsi qu'Ansbach à la Bavière.

Comme les « philosophes » français du siècle précédent, l'empereur croit aux vertus de la monarchie prussienne. Il feint d'ignorer les diatribes antifrançaises répandues par la reine Louise, épouse du pâlichon Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern. Sur les marches de l'ambassade de France à Berlin, les officiers prussiens se plaisent à aiguiser leur sabre en guise de provocation.

L'opinion prussienne s'indigne qui plus est de l'exécution à Nuremberg, le 25 août 1806, du libraire Palm, coupable d'avoir fait circuler des brochures antifrançaises..

Ainsi que les Français pouvaient s'y attendre, le gouvernement de Berlin forme contre eux une quatrième coalition avec la Russie et l'Angleterre. Le 26 août 1806, il lance un ultimatum à Napoléon en exigeant un retour de ses troupes au-delà du Rhin. L'ultimatum expire le 8 octobre suivant. Aussitôt débutent les opérations militaires...

Brève campagne

Napoléon à Iéna, 14 octobre 1806 (1810, Horace Vernet, château de Versailles)De Bayreuth, l'empereur s'engage sans attendre en Saxe avec 135 000 hommes répartis en trois colonnes. Il descend à vive allure la vallée de la Saale et, le 13 octobre 1806, atteint Iéna (une ville universitaire aujourd'hui en Thuringe).

Les Prussiens et leurs alliés ont trois armées à opposer à Napoléon : 60 000 hommes sous le commandement de Frédéric-Guillaume III et du vieux duc de Brunswick (71 ans), 50 000 sous le commandement du prince de Hohenlohe (des Saxons et des Prussiens), enfin 30 000 sous celui du général  Erns von Rüchel.

Brunswick et le prince de Hohenlohe ont regroupé leurs deux armées à Weimar en vue d'attaquer les Français sur le flanc. Mais ils prennent peur et se séparent. Le prince de Hohenlohe reste à Weimar tandis que le roi et le duc de Brunswick tentent de gagner Leipzig par le nord.

Napoléon, qui pense avoir le gros des troupes ennemies en face de lui, occupe dans la nuit du 13 au 14 octobre le plateau de Landgrafenberg et se prépare à la bataille. Il dépêche par ailleurs ses maréchaux Ney  vers le sud et Davout vers le nord. 

Près d'Iéna, Napoléon écrase sans coup férir l'armée du prince de Hohenlohe. Le général von Rüchel arrive trop tard pour lui éviter la retraite.

Mais c'est le maréchal Davout qui va remporter la bataille décisive à Auerstaedt, à vingt kilomètres plus au nord. Là, il affronte avec 28.000 hommes seulement l'armée du roi de Prusse et du duc de Brunswick, au total près de 60.000 hommes. Le duc est mortellement blessé d'un coup de fusil aux yeux et, découragé, le roi Frédéric-Guillaume III ordonne peu après la retraite.

Le total des pertes est de 7 000 tués et blessés pour la Grande Armée et environ 15 000 tués et blessés côté prussien.

La campagne de Saxe s'est ainsi conclue en une journée sur un nouveau succès français. Dans les deux jours qui suivent, la cavalerie, et notamment la brigade du général Lasalle, taille en pièces les restes de l'armée ennemie près de Weimar. 

Les maréchaux entrent à Berlin le 27 octobre 1806 (Charles Meynier, 1810, châteaux de Versailles et Trianon)

« Un sentiment indéfinissable, mélange de douleur, d’admiration, de curiosité, agitait la foule qui se pressait sur son passage » (21e Bulletin de la Grande Armée).

Triomphe éphémère

Dans la ville d'Iéna, le philosophe Friedrich Hegel, qui a vu passer l'Empereur à la tête de son armée, en a été très impressionné. Il a cru discerner dans son épopée « la fin de l'Histoire » (il aura le temps de s'apercevoir de son erreur) : « J'ai vu l'Empereur, cette âme du monde, sortir de la ville pour aller en reconnaissance », écrit-il.

Napoléon Ier entre à Berlin en triomphateur le 27 octobre 1806, cependant que le roi et la reine se réfugient en Prusse orientale. C'en est apparemment fini de la résistance prussienne. Seule la Russie lui résiste encore sur le continent.

Gerhard Johann von Scharnhorst (Bordenau an der Leine, Hanovre, 12 juin 1755 - Prague, 28 juin 1813)Dans les faits, les leçons de la déroute militaire seront tirées par le général Gerhard von Scharnhorst, assisté du général August von Gneisenau, ainsi que par leur élève Karl von Clausewitz.

Nommé président de la Commission de réorganisation militaire l'année suivante puis ministre de la Guerre, Scharnhorst, qui est issu d'un milieu paysan très pauvre, renforce la discipline et l'impose aux plus hauts gradés. Il ouvre l'accès au corps des officiers à tous les citoyens par voie d'examen.

Il contourne la limitation d'effectifs à 42 000 hommes imposée par la convention d'évacuation de septembre 1808 en formant des réserves, les « Krümper », par un système de rotation rapide (un dispositif similaire sera repris par Hitler dans les années 1930).

Reprenant du service pendant la campagne d'Allemagne, il meurt de ses blessures le 28 juin 1813. Mais ses efforts seront couronnés de succès un demi-siècle plus tard avec la victoire de l’armée prussienne sur son homologue autrichienne à Sadowa, suivie de ses victoires sur l’armée française en 1870.Les noms de Scharnhorst et Gneisenau restent connus pour avoir été donnés à deux croiseurs de la marine allemande qui s’illustrèrent pendant la Première Guerre mondiale à la bataille de Coronel.

14 octobre 1809 : Paix de Schönbrunn
Le 14 octobre 1809, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche François 1er signent la paix de Vienne ou « paix de Schönbrunn » qui met fin à la cinquième coalition européenne. Il fait suite à la bataille de Wagram. Le traité se solde par la cession de Salzbourg, de Berchtesgaden et du district de l'Inn à la Bavière alliée de la France ; de Cracovie et de Lubin au grand-duché de Varsovie, réminiscence de l'ancienne Pologne ; de Parnopol à la Russie ; de Trieste et de la côte dalmate à la France. L'Autriche doit également verser une indemnité de 85 millions de francs et s'engage à limiter ses forces armées à 150.000 hommes.

Erwin Rommel
15 novembre 1891 à Heidenheim (Allemagne) - 14 octobre 1944 à Herrlingen (Allemagne)

Feld-maréchal allemand, très populaire en raison de ses victoires en Libye, à la tête de l'Africakorps, Erwin Rommel est soupçonné par Hitler de complicité dans l'attentat manqué du 20 juillet 1944 et sommé de se suicider...
Marcel Aymé
29 mars 1902 à Joigny - 14 octobre 1967 à Paris

L'écrivain Marcel Aymé fut un observateur à la fois cruel et tendre de la France de l'entre-deux-guerres comme des années noires de l'Occupation et de l'après-guerre.

Il a reçu le prix Renaudot dès 1929 pour son roman La Table-aux-Crevés et le prix Chantecler en 1939 pour ses Contes du chat perché, avec Delphine et Marinette pour héroïnes.

Dans La jument verte (1933) ou encore La Vouivre (1943), il a réinventé la France rurale en cultivant le mariage du réalisme et du fantastique, avec une langue pleine de verve et de bons mots.

Les ambiguïtés de l'Occupation et de la Libération ressortent de son recueil de nouvelles Le vin de Paris (1947), dont la plus connue est Traversée de Paris, adaptée au cinéma par Claude Autant-Lara, ainsi que d'Uranus (1948), un roman également adapté au cinéma. Au théâtre, il a créé Clérambard (1950).

 
 
 

 

 

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ça s'est passé un... 10 octobre

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10 octobre

 

10 octobre 19 av. J.-C. : Mort de Germanicus
Le 10 octobre de l'an 19 ap. J.-C., Germanicus, neveu et fils adoptif de l'empereur Tibère, meurt en Syrie à 34 ans. On soupçonne Pison, le gouverneur de Syrie, de l'avoir empoisonné sur ordre de l'empereur. Celui-ci aurait été jaloux de la séduction naturelle de l'héritier présomptif et de ses succès militaires en Germanie (d'où son surnom).

10 octobre 680 : Les musulmans se déchirent à Kerbela
Le 10 octobre 680, à Kerbela (ou Kerbala), en Mésopotamie, des soldats arabes massacrent une petite troupe conduite par Al-Hussein (ou Husayn), l'un des petits-fils du Prophète de l'islam. Le drame survient moins de cinquante ans après la mort de Mahomet. Il va en résulter une scission irrévocable de l'islam entre sunnites et chiites.

Une fête au goût de sang
Les chiites commémorent chaque année le drame de Kerbela à l'occasion de la fête de l'Achoura, le 10e jour du mois musulman de mouharram. Cette commémoration donne lieu à de grands pèlerinages dont le principal se déroule comme il va de soi à Kerbela (Irak actuel). En Iran, des troupes d'acteurs rejouent sur les places le drame de Kerbela et l'on peut voir des pèlerins manifester leur douleur en se flagelleant jusqu'au sang.

10 octobre 954 : Mort de Louis IV d'Outremer
Louis IV d'Outremer meurt d'une chute de cheval le 10 octobre 954, à 33 ans. Son fils Lothaire (13 ans) est sacré à Reims par l'archevêque Artaud le 12 novembre 954. Comme son père et Raoul de Bourgogne, il doit son trône au comte de Paris Hugues le Grand.

 

10 octobre 1793 :

« Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix »
Le 10 octobre 1793, à l'instigation de Saint-Just (27 ans), la Convention proclame dans un décret : « Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix ». Ce décret fait suite à la proclamation du 5 septembre qui a mis « la Terreur à l'ordre du jour » et à la loi des suspects du 17 septembre.

10 octobre 1903 : Mise en vente de l'aspirine
L''aspirine est mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903. C'est l'aboutissement d'une très longue recherche qui remonte aux Sumériens.

Ces derniers avaient observé que l'écorce de saule calmait les douleurs. Le Grec Hippocrate avait validé leur observation mais il avait fallu attendre le XIXe siècle pour découvrir le principe actif à l'origine de cette propriété : l'acide acétylsalicylique. 

Le chimiste allemand Felix Hoffmann part en quête d'un composé équivalent mais plus facile à synthétiser. Ce sera l'acide spirique, extrait de la spirée ou reine-des-prés. Le laboratoire Dreser, qui emploie Hoffmann, dépose un brevet à Munich le 6 mars 1899 et confie à l'entreprise Bayer la commercialisation de l'aspirine.

Sitôt sur le marché, ce médicament anti-fièvre et antalgique (atténuateur de la douleur) recueille un immense succès. L'aspirine suscite en Allemagne le développement d'une puissante industrie pharmaceutique. Elle a aussi les honneurs du traité de Versailles (1919), une clause de celui-ci faisant tomber son brevet dans le domaine public (en France exclusivement !).

Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre opportunément qu'elle peut aussi prévenir les accidents vasculaires. Et la voilà repartie pour une deuxième vie...

10 octobre 1911 : Insurrection républicaine en Chine du sud
À Canton (Chine du sud), le 10 octobre 1911, une rébellion militaire met fin à la dynastie mandchoue, vieille de 250 ans, et débouche sur la proclamation de la République chinoise. Le premier président en est le démocrate et socialiste Sun Yat-sen, qui a fondé le parti du Guomindang.

Depuis sa mort, en 1925, ses héritiers n’en finissent pas de se disputer la Chine : d’un côté les communistes, de l’autre les nationalistes conduits par Tchang Kaï-chek, successeur de Sun Yat-sen à la tête du Guomindang...

Le « Double-Dix »
L'anniversaire du 10 octobre est encore commémoré chaque année par plus d'un milliard d'hommes sous l'appellation commune « Double-Dix » (10-10 pour dix octobre).

Il est jour de fête nationale à Taïwan et également honoré en Chine populaire. Les deux gouvernements, bien qu'antagonistes, continuent en effet de se réclamer l'un et l'autre de Sun Yat-sen, le père de la République.

10 octobre 1927 : Premier vol entre la France et le Sénégal
Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

Suite de l'article

10 octobre 1944 : Projet de partage des Balkans
Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand...

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10 octobre 2015 : Un double attentat fait cent morts à Ankara
Cinq mois plus tôt, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-nationaliste) avait perdu la majorité parlementaire et de nouvelles élections avaient été programmées en novembre, faute de pouvoir constituer un gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan avait convoqué de nouvelles élections en novembre.

En attendant, il relance la guerre contre l'État islamique (Daech) suite à un attentat islamiste à Suruç, le 20 juillet 2015. Il rompt aussi la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) après que celui-ci a revendiqué l’assassinat de deux policiers turcs le 22 juillet 2015. Cette détermination lui vaut le soutien des populations rurales conservatrices et des chefs religieux.

C’est dans ce contexte que, dans la capitale, deux attentats meurtriers frappent le 10 octobre 2015, à Ankara, une manifestation pacifique pro-kurde en faveur de la réconciliation civile... Les autorités en accusent l'État islamique. Trois semaines plus tard, le parti du président Erdogan remporte une victoire écrasante aux législatives avec 49% des suffrages et 316 sièges sur 550 à la Grande Assemblée nationale.

10 octobre 1927 : Premier vol entre la France et le Sénégal
Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

 

Une aventure toulousaine
 

L'aviation, tout juste née au début du siècle, fait ses premières armes pendant la Grande Guerre !

À la faveur de celle-ci, grâce aux commandes de l'État, beaucoup de constructeurs acquièrent une taille industrielle.

Parmi eux, Pierre-Georges Latécoère. Né en 1883 à Bagnères-de-Bigorre, cet ingénieur des Arts et Métiers a transformé la fabrique de wagons paternelle en fabrique d'avions.

Il construit à Montaudran, dans la banlieue de Toulouse, une usine immense, aujourd'hui à l'abandon...

La fin de la guerre le réjouit comme tout un chacun mais l'oblige à réviser sa stratégie industrielle.

Il décide comme quelques autres pionniers d'employer ses avions au transport du courrier, en concurrence avec le bateau et le train.

Des concurrents comme Henri Farman et Pierre de Fleurieu ne l'ont pas attendu pour défricher les dessertes vers l'Angleterre et l'Europe centrale. Qu'à cela ne tienne, l'avionneur décide de tirer parti de sa situation à Toulouse pour lancer des lignes postales par-dessus les Pyrénées vers l'Afrique française : le Maroc et mieux encore le Sénégal, et pourquoi pas vers l'Amérique du Sud.

On retient de lui cette formule, en septembre 1918 : « J'ai fait tous les calculs. Ils confirment l'opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste plus qu'une chose à faire : la réaliser ». C'est ainsi que naît la société des Lignes Latécoère.

Le 8 mars 1918, le capitaine d'industrie atterrit au Maroc et signe avec le résident général, le maréchal Hubert Lyautey en personne, une convention pour la mise en place de huit vols mensuels entre Toulouse et Rabat.

Lui-même paie de sa personne en participant aux premiers vols et notamment au franchissement des Pyrénées, une épreuve qui paraît encore à beaucoup hors de portée des petits appareils de l'époque.

Les premiers avions n'ayant qu'une autonomie d'environ 400 km, l'industriel doit négocier des terrains d'atterrissage le long de la côte espagnole. Le plus difficile reste le recrutement de pilotes suffisamment fous pour tenter l'exploit, assez dociles pour se soumettre aux contraintes d'un service régulier.

Les chevaliers du ciel
À la tête des Lignes Latécoère, rebaptisées en 1921 Compagnie générale d'entreprises aéronautiques, l'industriel place alors un animateur inspiré, Didier Daurat, ancien pilote de guerre. Il s'est forgé un impératif qu'il fait partager à toute son équipe : « Le courrier doit passer ». C'est ainsi que des jeunes hommes de grande valeur vont risquer leur vie et souvent la perdre pour transmettre au plus vite par-dessus les déserts et les océans de banales lettres d'affaires ou d'amour !

Didier Daurat a l'art de recruter des hommes de talent et de caractère, anciens pilotes de guerre ou jeunes aviateurs comme Vanier et Vachet, puis un peu plus tard Mermoz.

Il les discipline en leur imposant un passage à l'atelier comme simple mécano avant de leur permettre de voler enfin.

En 1926, un autre pilote appelé à une grande notoriété rejoint l'équipe. Né en 1900 dans une famille bourgeoise de la région lyonnaise, avide d'aventures et de rêves, il a nom Antoine de Saint-Exupéry.

Il est bientôt nommé chef de place à Cap-Juby, en Mauritanie, sur la route aérienne de Rabat à Dakar. Face au désert, il va concevoir son premier roman à succès, Courrier Sud, publié en 1929.

Avec Jean Mermoz, leader reconnu de l'équipe, Saint-Exupéry et les autres pilotes, Vanier, Vachet Guillaumet... naît très vite le mythe des « chevaliers du ciel », nouveaux héros d'une ère de progrès et de paix.

Bientôt, on ne désigne plus les liaisons France-Amérique du sud que sous le nom de : « La Ligne », comme s'il n'en existait pas d'autres !

« Ce que j'ai fait, aucune bête ne l'aurait fait »
Les drames bouleversent l'opinion. Ainsi des accidents mais aussi des sauvetages héroïques. En 1926, Mermoz, contraint à un atterrissage forcé au cours d'un vol Casablanca-Dakar, est capturé par les Maures. Ceux-ci l'abandonnent en plein désert après s'être vu promettre une rançon de mille pesetas ! Le pilote va rejoindre par ses propres moyens le poste d'escale de Cap-Juby.

En 1930 survient l'accident terrible d'Henri Guillaumet... Né en1902, il a été affecté par Didier Daurat au franchissement des Andes. Le pilote, discret, expérimenté et endurant, a toutes les qualités pour cet exploit régulier qui nécessite de franchir des pics et des cols à plus de 6000 mètres en profitant au mieux des courants d'air.

Lors de sa 92e traversée, le vendredi 13 juin 1930, son Potez 25 est balayé par une tempête de neige et s'écrase à 3000 mètres d'altitude. Après deux jours à attendre en vain les secours, le pilote, frigorifié, écrit sur la carlingue : « N'ayant pas été repéré, je pars vers l'est. Adieu à tous. Ma dernière pensée sera pour ma femme ».

Il franchit ainsi dans des conditions épouvantables plusieurs cols, avec une obsession : que, s'il vienne à mourir, l'on retrouve son corps, faute de quoi sa veuve ne pourrait toucher la prime d'assurance !

Enfin, contre toute attente, il reconnaît un semblant de sentier et quelque chose qui ressemble à du crottin. Il serait donc près d'un village. Il tombe d'épuisement cependant qu'approche une paysanne sur son mulet... Il est sauvé.

Son ami Saint-Exupéry, qui attendait dans la ville argentine de Mendoza le résultat des recherches, se précipite vers le village en question. Les deux hommes tombent dans les bras l'un de l'autre.

L'écrivain rapporte cette confidence exprimée avec une sincère modestie : « Ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait ». Et celle-là également : « Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas » (Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes).

Henri Guillaumet a été tué aux commandes de son appareil dans les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale ; Saint-Ex a disparu au cours d'une mission dans les derniers mois de la même guerre.

Le grand défi
Latécoère, cependant, malgré l'estime que suscitent dans le public les exploits de ses pilotes, peine à faire face aux défis techniques et aux concurrents anglais, espagnols, allemands...

Le 3 décembre 1926, il s'envole pour Rio et rencontre Marcel Bouilloux-Lafont, un entrepreneur d'origine française, né à Angoulême en 1871, qui a fait fortune en Amérique latine. Latécoère lui vend le 11 mars 1927 ses parts dans la compagnie et celle-ci devient le mois suivant la Compagnie Générale Aéropostale, plus connue sous le nom d'Aéropostale.

Bouilloux-Lafont n'a pas moins d'ambition et d'audace que son ami. Il veut établir au plus vite des liaisons régulières entre la France et l'Amérique latine. L'objectif est sinon aisé, du moins raisonnable, considérant que la même année, Charles Lindbergh réussit la traversée de l'Atlantique nord.

Pour commencer, le 10 octobre 1927, Mermoz et Négrin réussissent le premier vol sans escale entre Toulouse et Saint-Louis du Sénégal. Reste à faire le grand saut transatlantique vers Natal, à la pointe du Brésil. Dans un premier temps, l'Aérospostale met en exploitation des avisos (petits navires rapides) qui font la navette en quatre jours. À leur arrivée au port, à Natal comme à Saint-Louis-du-Sénégal, leurs sacs de courrier sont transférés sur des avions.

Mais cette solution ne satisfait pas Bouilloux-Lafont qui plaide auprès de l'administration pour pouvoir mettre en service des avions au-dessus de l'océan. Mais le ministère français de l'Air, au nom du règlement, impose le recours à des hydravions, moins performants. À Mermoz revient une nouvelle fois l'honneur d'inaugurer la ligne : le 12 mai 1930, il s'envole de Saint-Louis pour Natal, soit un vol de plus de 3000 kilomètres en 21 heures.

Bientôt, l'Aéropostale réussit à organiser des vols de nuit entre Toulouse et Buenos-Aires. C'est le triomphe. Triomphe éphémère s'il en est...

La chute
Marcel Bouilloux-Lafont s'est beaucoup endetté pour développer La Ligne et sa fortune a aussi souffert du krach de Wall Street. Plus grave, il doit faire face à la concurrence de la Lufthansa allemande sur les liaisons avec l'Amérique du Sud et, plus grave encore, aux pressions « amicales » de l'administration française en faveur d'un rapprochement franco-allemand, diplomatie oblige.

L'entrepreneur se scandalise de cette idée qui reviendrait à céder à ses rivaux allemands le fruit de ses efforts et des sacrifices de ses pilotes. Mais il n'aura pas le dernier mot. En février 1932, il est accusé, ainsi que son fils, de malversations. Déstabilisé, il doit lâcher l'Aéropostale. Celle-ci est mise en liquidation judiciaire le 31 mars 1931.

Bernard Marck (Histoire de l'aviation, Flammarion, 2001) raconte comment cette cabale aurait été montée de toutes pièces par un faussaire, Serge Colin, rétribué par le ministère français de l'Intérieur.

Le 30 août 1933 naît la compagnie Air France suite au regroupement de diverses compagnies dont l'Aéropostale. D'emblée, celle-ci abandonne à ses concurrents américains et allemands la plupart des lignes sud-américaines créées par Bouilloux-Lafont et n'en conserve que le tronçon principal. C'est la fin d'une légende.

Côté construction aéronautique, les usines Latécoère vont poursuivre leur activité jusqu'à nos jours en se spécialisant dans la conception de sous-ensembles. Quant à la conception d'avions, elle va prendre un nouvel élan à Toulouse dans les années 1960 (Caravelle, Concorde, Airbus) et, pour l'occasion, on va relever le nom de l'Aéropostale, transformé en Aérospatiale.

Bibliographie
On peut lire la biographie complète d'Emmanuel Chadeau : Mermoz (Perrin, 2000).

10 octobre 1944 : Projet de partage des Balkans
Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand...

Leurs ministres des affaires étrangères Anthony Eden et Viatcheslav Molotov avaient déjà dû en parler lors de la signature du traité anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942...

André Larané
L'« accord des pourcentages »

Partage des Balkans à Moscou entre Churchill et Staline (octobre 1944), archives nationales de LondresMal inspiré et sans doute usé par l'âge et les déceptions, le Premier ministre britannique croit possible de s'accorder avec le dictateur sur un partage d'influence dans cette région sensible d'Europe centrale.

Churchill tient surtout à maintenir la Grèce dans la sphère occidentale, en dépit de l'influence qu'y joue le parti communiste.

Aussi griffonne-t-il sur un papier :
1) Roumanie : Russie 90%, les autres 10%,
2) Grèce : Grande-Bretagne (en accord avec les États-Unis) 90%, Russie 10%,
3) Yougoslavie : 50/50%,
4) Hongrie : 50/50%,
6) Bulgarie : Russie 75%, les autres 25%
.

Signifiant son accord d'un trait de crayon bleu, Staline paraphe le document.

Le lendemain, Eden et Molotov, ministres des affaires étrangères britannique et soviétique, affinent les pourcentages... Mais l'évolution des rapports de force sur le terrain va rendre caduc l'« accord des pourcentages ».

Un plan caduc

Le 3 décembre 1944, le Parti communiste grec (EAM-ELAS) tente de s'emparer d'Athènes. Un corps expéditionnaire britannique intervient. C'est le début d'une atroce guerre civile (tortures et meurtres de civils, femmes et enfants en grand nombre). Cessez-le-feu le 14 janvier 1945. Lâchés par l'URSS, les communistes sont écrasés. La victoire reste aux partis pro-occidentaux.

En Yougoslavie, par contre, c'est au chef des communistes, Josip Broz Tito, que va revenir la totalité du pouvoir, Churchill ayant commis l'erreur de le soutenir plutôt que les résistants royalistes ou démocratiques, au moins aussi efficaces contre les Allemands.

La Hongrie et la Roumanie vont tomber tout entières sous la coupe des communistes locaux, inféodés aux « libérateurs » soviétiques.

Lorsque s'ouvrira la conférence de Yalta, le 4 février 1945, peu avant l'effondrement du IIIe Reich, Staline aura déjà l'Europe centrale à sa botte.

 

10 octobre 2015 : Un double attentat fait cent morts à Ankara
Cinq mois plus tôt, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-nationaliste) avait perdu la majorité parlementaire et de nouvelles élections avaient été programmées en novembre, faute de pouvoir constituer un gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan avait convoqué de nouvelles élections en novembre.

En attendant, il relance la guerre contre l'État islamique (Daech) suite à un attentat islamiste à Suruç, le 20 juillet 2015. Il rompt aussi la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) après que celui-ci a revendiqué l’assassinat de deux policiers turcs le 22 juillet 2015. Cette détermination lui vaut le soutien des populations rurales conservatrices et des chefs religieux.

C’est dans ce contexte que, dans la capitale, deux attentats meurtriers frappent le 10 octobre 2015, à Ankara, une manifestation pacifique pro-kurde en faveur de la réconciliation civile... Les autorités en accusent l'État islamique. Trois semaines plus tard, le parti du président Erdogan remporte une victoire écrasante aux législatives avec 49% des suffrages et 316 sièges sur 550 à la Grande Assemblée nationale.

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ça s'est passé un... 9 octobre

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9 octobre
Événements


9 octobre 43 av. J.-C. : Fondation de Lyon

Le 9 octobre de l'an 43 av. J.-C., un légat romain du nom de Lucius Munatius Plancus, ancien officier de César, proconsul en Gaule, fonde la Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum (son nom la désigne comme la ville du dieu gaulois Lug).

Située sur la colline de Fourvière, au-dessus du confluent du Rhône et de la Saône, la colonie romaine est promise à un destin exceptionnel.

Par la volonté des empereurs romains, elle ne tarde pas à devenir la capitale commune aux trois provinces de la «Gaule chevelue». Sous le nom de Lyon, c'est aujourd'hui la deuxième métropole de France avec plus d'un million d'habitants. De son prestigieux passé, elle conserve de beaux monuments... Notons que l'archevêque de son diocèse porte encore le titre de «primat des Gaules».

Une Colonie romaine

Au cours des mois qui suivent l' assassinat de César, ses généraux se rebellent contre le Sénat. Celui-ci, pour occuper Lépide et Plancus, qui commandent les légions de Gaule, leur ordonne de fonder une colonie sur la colline qui domine le confluent de la Saône et du Rhône.

Il s'agit de remplacer Colonia Julia Vienna (aujourd'hui Vienne, Isère), colonie fondée par Jules César plus au sud, sur le territoire des Allobroges, et victime d'une révolte gauloise.

Le choix du nouveau lieu s'explique par la présence de nombreuses routes en relation avec les différentes régions de la Gaule. Des Gaulois sont déjà installés à proximité, dans un village du nom de Condate, sur la « presqu'île », entre la colline de la Croix-Rousse et l'actuelle place Bellecour.

C'est à Lucius Munatius Plancus que revient en définitive le travail. Le 9 octobre de l'an 43 av. J.-C., il trace le decumanus, axe est-ouest de la future ville, sur l'emplacement de l'actuel musée gallo-romain. Le site bénéficie d'un panorama superbe sur la vallée des deux fleuves et les Alpes.

Lug représnté sur le chaudron de Günderstrup, Copenhague, musée national du Danemark.La ville porte d'abord le nom de Colonia Copia Felix Munatia, bientôt modifié en Copia Lugdunum. Le nom Lugdunum, que portent plusieurs villes d'origine gauloise, renvoie au suffixe celte dunum, qui évoque une éminence fortifiée (comme dans Châteaudun), et au dieu Lug, auquel un culte était rendu sur la colline de Fourvière. Les trouvailles archéologiques laissent penser que ce culte prenait entre autres la forme de très importants banquets. Lugdunum, plus tard transformé en Lyon, signifierait donc en gaulois : la « colline du dieu Lug ».

La colonie romaine orne ses monnaies d'un génie à côté d'un corbeau sur une motte, d'après un calembour héraldique, de lukos (corbeau en latin !), et dunum (colline) !

Lugdunum, capitale des Gaules

Sous le règne d' auguste, héritier de Jules César, son gendre Agrippa divise la « Gaule chevelue ».

C'est à dire la Gaule conquise par César, en trois provinces : LyonnaiseAquitaineBelgique. Sur le littoral méditerranéen, la Narbonnaise, plus anciennement romanisée, demeure province sénatoriale.

En 16 et en 14 av. J.-C., l'empereur Auguste, de passage en Gaule, fait construire à Lugdunum le premier théâtre des Gaules, aux dimensions modestes (4500 places). La ville devient la capitale commune aux trois Gaules. Plusieurs empereurs y séjournent et le futur empereur Claude, fils de Drusus, beau-fils d'Auguste, et d'Antonia, fille de Marc-Antoine, y naît le 1er août de l'an 10 av. J.-C..

Le sanctuaire des trois Gaules

La nouvelle cité reçoit une parure monumentale particulièrement riche : d'abord le théâtre puis le sanctuaire des Trois Gaules, inauguré par Drusus le 1er août de l'an 12 avant JC, ainsi qu'un amphithéâtre associé à ce sanctuaire et construit en 19 de notre ère, enfin l'odéon, petit théâtre réservé à la musique et la récitation poétique, érigé peu après le milieu du IIe siècle.

Si la plupart de ces monuments se retrouvent dans d'autres villes romaines, le sanctuaire des Trois Gaules tient une place à part. Il s'agit d'un très imposant autel entouré de tribunes.

Sur ces gradins sont gravés les noms des soixante peuples gaulois qui envoient chaque année, le 1er août, des délégués pour le culte rendu à Rome et Auguste, mais aussi pour discuter des problèmes politiques des Gaules.

Notons que 27 de ces peuples ont pour centre urbain un actuel chef-lieu de département. Ce n'est pas le fait du hasard mais simplement de la perspicacité des révolutionnaires de 1790 qui ont voulu donner aux nouveaux départements une solide cohésion géographique, économique et humaine. Ils ont ainsi, retrouvé sans le savoir les anciens pays gaulois (et les comtés carolingiens) : Paris pour les ParisiiVannes pour les Vénètes, Rodez pour les Rutènes, Cahors pour les CadurquesBourges pour les Bituriges, Reims pour les Rèmes...

Deux ou trois générations plus tard, en 48 de notre ère, l'empereur Claude, natif de Lyon, accorde aux notables de sa ville le droit de cité et l'accès au prestigieux Sénat romain. Sa décision est gravée dans le marbre... et celui-ci sera retrouvé en 1528 dans le jardin d'un marchand. Sous le nom de « Tables claudiennes », ce précieux témoignage de la paix romaine figure aujourd'hui dans le musée gallo-romain de Fourvière.

9 octobre 1890 :

Et Clément Ader inventa l'avion...


Le 9 octobre 1890, dans le parc du banquier Péreire, à Gretz (Seine-et-Marne), Clément Ader s'envole à bord d'un engin volant d'un nouveau type qu'il appelle du mot avion...

Le 9 octobre 1890, dans le parc du château de Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne), propriété du banquier Péreire, Clément Ader (49 ans) s'élève au-dessus du sol à bord d'un engin à moteur.

Baptisé Éole, cet engin en forme de chauve-souris permet à l'inventeur français d'accomplir un bond de 50 mètres, à quelques dizaines de centimètres du sol.

Le lieu de l'exploit, au milieu de l'actuel terrain de golf Clément Ader, est aujourd'hui classé. Il rappelle en effet le véritable début de l'aviation, quand un homme a réussi à s'envoler à bord d'un engin à moteur plus lourd que l'air.

Fabienne Manière
Éole, le premier avion

Éole, chauve-souris géante, présente une longueur de 4,6 mètres et une envergure de 13,7 mètres. Ses ailes articulées en soie élastique, sur une armature en bois, ont une surface totale de 29,2 m2. Avec une masse à vide de 167 kg et une charge utile de 85 kg (poids du pilote), il présente une masse au décollage de 252 kg. L'engin est équipé d'un moteur à vapeur, avec un brûleur à alcool et deux couples de cylindres d'une puissance totale de 20 CV ainsi que d'une hélice en bambou à quatre pales de 2,6 mètres.

Les débuts cafouilleux de l'aviation

Avant Clément Ader, les hommes n'avaient réussi à s'envoler qu'à bord de montgolfières ou aérostats (ballons remplis d'un gaz plus léger que l'air ambiant et dont le poids total était inférieur au poids d'un même volume d'air). Leur technique se fondait sur le vieux principe d'Archimède (« tout corps plongé dans un fluide - eau, air... - reçoit de bas en haut une poussée égale au poids du fluide ainsi déplacé »).

En 1840, un industriel anglais ingénieux, William Henson, est le premier à tenter de surmonter cette limite théorique. Il conçoit un engin volant dont le poids serait compensé par une force ascensionnelle produite par l'énergie mécanique (moteur à vapeur + hélice). Assisté par un savant de ses amis, John Stringfellow, il dépose un brevet le 29 septembre 1842. En 1847, les deux inventeurs tentent de faire décoller leur « machine aérienne à vapeur », dénommée Ariel. Bien que la piste d'envol soit un plan incliné, ils n'y réussissent pas et, découragés, renoncent à toute autre tentative.

Parmi les autres précurseurs de l'aviation figure Jean-Marie Le Bris. Ce marin breton conçoit en 1856 une « barque ailée » sans moteur (en fait, un planeur).

Faisant tirer son engin par un cheval, face au vent, il arrive à se hisser au-dessus du sol. L'événement se déroule près du village de Tréfeuntec, non loin de Douarnenez.

Les essais de Jean-Marie Le Bris sont décrits en 1863 par Gabriel de La Landelle. Et celui-ci invente pour l'occasion le mot aviation, promis à un succès mondial, à partir du latin avis, qui signifie oiseau.

Un autre marin breton, Félix du Temple, réalise un modèle réduit motorisé, avec un mouvement d'horlogerie mû par la vapeur et actionnant une hélice. Un essai a lieu à Toulon. L'engin prend son élan sur un plan incliné avec un jeune homme à son bord. Modeste succès.

Un ingénieur imaginatif

L'heure de Clément Ader a sonné. Né à Muret, au sud de Toulouse, le 2 avril 1841, il aurait dès l'âge de 14 ans tenté de voler avec un costume d'oiseau ! Devenu ingénieur, il devient conducteur de travaux aux Ponts et Chaussées puis aux Chemins de fer du Midi.

En 1868, il dépose un brevet pour améliorer le cerclage de fer des vélocipèdes par un bandage en caoutchouc (l'ancêtre du pneumatique) mais l'idée de voler comme les oiseaux ne le quitte pas.

Dans les années 1880, dans son atelier de la rue Jasmin, à Paris, il construit patiemment son futur aéroplane. Pour cela, il acquiert deux roussettes des Indes (variété de chauve-souris géante) et observe leur vol pendant de longues heures.

Première tentative d'envol

Le 19 avril 1890, Clément Ader dépose un brevet d'invention ayant pour titre : « Appareil ailé pour la navigation aérienne dit : Avion  ». Il invente pour l'occasion le mot avion, en s'inspirant du mot aviation de Gabriel de La Landelle.

Le brevet décrit l'appareil qui va voler le 9 octobre suivant : « L'avion N° 1 portant le nom d'Éole, et monté par Monsieur Ader son inventeur, a perdu terre et s'est soutenu dans l'air sur ses ailes en rasant le sol sur une distance d'environ cinquante mètres avec le seul recours de sa force motrice », lit-on dans un compte-rendu daté de ce jour.

Après son essai de Gretz-Armainvilliers, l'inventeur améliore son engin et renouvelle la tentative l'année suivante au camp militaire de Satory, près de Versailles. Mais le vent déporte Éole II. C'est un échec.

Clément Ader intéresse le ministère de la Guerre à son projet et obtient quelques crédits contre la promesse d'emporter deux hommes à 300 mètres d'altitude.

Il construit un nouvel engin, baptisé Avion III, avec deux moteurs à vapeur de 40 chevaux et se lance sur la piste le 14 octobre 1897, à Satory, en présence de deux généraux. Hélas, un coup de vent le déporte sur le côté. C'est un nouvel échec  (on peut encore voir Avion III au Conservatoire national des Arts et Métiers, à Paris).

L'inventeur renonce à poursuivre ses essais et se retire dans ses vignes en suivant de loin les progrès de l'aviation à laquelle il a donné un nom. Il est vrai que ses orientations techniques avaient peu de chance de déboucher sur un réel succès.

Dans les années 1890, en parallèle avec les essais plus ou moins heureux de Clément Ader, deux Allemands, les frères Otto et Gustav Lilienthal, réalisent des planeurs en s'inspirant, comme Ader, du vol des oiseaux.

Leurs travaux, comme ceux de Clément Ader, vont inspirer deux Américains, les frères Wright. Grâce à leur savoir-faire technique et à leur détermination, l'aviation va enfin prendre son essor.

9 octobre 1945 : Création de l'École nationale d'administration (ENA)


L’École nationale d'administration (ENA) a été créée à la Libération par une ordonnance du 9 octobre 1945 prise par le Gouvernement provisoire de la République présidé par Charles de Gaulle, à l'initiative de Michel Debré, alors maître des requêtes au Conseil d'État. Elle a pour objectif de « refondre la machine administrative française », en démocratisant le recrutement des hauts fonctionnaires, grâce à l’instauration d’un concours d’accès unique à la Fonction publique, sans passe-droits ni favoritisme...

 

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ça s'est passé un... 6 octobre

ça s'est passé un...
6 octobre

6 octobre 1927
Sortie du premier film parlant

Le 6 octobre 1927 sort aux États-Unis le film Jazz singer (Le chanteur de jazz), réalisé par Alan Crosland.

Il s'agit du premier film parlant, chantant et musical, avec en vedette le comédien Al Jolson. L'acteur, un juif originaire de Russie, apparaît grimé en Noir.

Le film exploite un procédé de sonorisation appelé Vitaphone. La bande sonore comporte tout juste 354 mots !

Mais le succès est immédiat et permet aux producteurs, les frères Warner, d'échapper à une faillite.

Les autres professionnels du cinéma restent réservés... Ils s'inquiètent de l'impossibilité d'exploiter les films parlants hors des pays anglophones (le doublage est encore inconnu).

Plusieurs vedettes du muet seront incapables de s'adapter au parlant. C'est le cas de Buster Keaton. D'autres, comme Charlie Chaplin, se reconvertiront non sans difficulté.

L'avènement du parlant consacrera aussi de nouveaux réalisateurs comme Howard Hawks aux États-Unis et, en France, Marcel Pagnol ou Sacha Guitry.

 

6 octobre 1973 :

La guerre du Kippour et ses armes


Le 6 octobre 1973, l'armée égyptienne franchit le canal de Suez à la faveur de la fête juive du Yom Kippour ou du Grand Pardon. Elle prend à revers les troupes israéliennes qui stationnent dans le Sinaï depuis juin 1967.

La Syrie lance au même moment 3 divisions blindées et 1000 chars sur le plateau du Golan, également occupé par les Israéliens depuis 1967. En quatre jours, elle s'empare du mont Hermon et de la ville de Qunaytra…

Les Israéliens ripostent, non sans mal. Peu après, les pays arabes exportateurs de pétrole décrètent un embargo sur les livraisons aux pays amis d’Israël comme les Pays-Bas. Ils relèvent très fortement le prix du baril, provoquant le premier « choc pétrolier ». Il s’ensuit dans le monde développé un ralentissement brutal de la croissance économique et une accélération de l’inflation.

Son armée ne compte pas moins de 1 500 chars, 222 bombardiers et près de 300 000 hommes. Elle prend à revers les troupes israéliennes qui stationnent dans le Sinaï depuis leur victoire triomphale de juin 1967.

Les alliés syriens de l'Égypte (100 000 hommes) lancent au même moment 3 divisions blindées et 1000 chars sur le plateau du Golan, également occupé par les Israéliens depuis 1967. En quatre jours, ils s'emparent du mont Hermon et de la ville de Qunaytra.

 

Le pari osé de Sadate
Ayant succédé à la tête de l'Égypte au prestigieux Nasser, le président Anouar el-Sadate a pris l'initiative de la guerre pour venger les Arabes de leurs humiliations passées et consolider sa légitimité auprès de ses concitoyens.

C'est la quatrième fois que se heurtent les armées arabes et israéliennes après la guerre de 1948, consécutive à la proclamation de l'indépendance de l'État d'Israël par l'ONU, l'opération israélo-franco-britannique de Suez en 1956 et la guerre des Six Jours en 1967.

Le Premier ministre israélien Golda Meir, le général de division Rehavam Zeevi et le DM Moshe Dayan lors d'un vol en hélicoptère militaire pendant la guerre du Kippour.

 Golda Meir, Richard Nixon et Henri Kissinger devant la Maison Blanche le 1er novembre 1973.

Le gouvernement israélien est dirigé par Golda Meir, femme de grande énergie qui a pris une part essentielle à la lutte pour l'indépendance. Le ministre de la Guerre est le général Moshé Dayan, auréolé par la victoire-éclair des Six Jours. Craignant l'opprobre internationale, le gouvernement n'a pas voulu prévenir l'offensive égyptienne.

Quand survient celle-ci, les Israéliens éprouvent du coup la plus grande peur de leur Histoire mais ils reprennent rapidement leurs esprits et jettent toutes leurs forces dans la bataille (275 000 soldats). Ils ripostent aux Syriens avec leurs chars, anéantissent l'aviation ennemie et s'engagent sur la route de Damas, la capitale syrienne.

Sur le front sud, le 15 et le 16 octobre, les troupes blindées du général Ariel Sharon repassent le canal de Suez dans l'autre sens et établissent une tête de pont qui menace la vallée du Nil et Le Caire. Plus sérieusement, ils encerclent la troisième armée égyptienne qui s'était trop vite aventurée de l'autre côté du canal, dans la péninsule du Sinaï. La plupart des chars égyptiens sont détruits. Les pertes humaines du côté arabe ne sont pas chiffrées. Quant aux Israéliens, ils ont à déplorer 3 000 morts, un chiffre important au regard de leur population.

Le 23 octobre, l'Égypte accepte le cessez-le-feu après que l'ONU, à New York, eût appelé les belligérants à négocier (résolution 338 du Conseil de sécurité).

La Syrie l'accepte à son tour le lendemain... Seul l'Irak refuse toute négociation. A vrai dire, il n'a pas grand chose à craindre des Israéliens vu l'éloignement du front.

Le 11 novembre, Israéliens et Égyptiens signent un accord au kilomètre 101 suite auquel ils reviennent sur leurs positions d'avant le conflit.

Malgré la défaite des armées égyptienne et syrienne sur le terrain, Sadate peut se flatter d'avoir gagné son pari. Il a fait peur aux Israéliens et mobilisé les peuples arabes en sa faveur. Il va tirer parti de son relatif triomphe pour engager la tête haute des négociations de paix avec l'ennemi juré (Camp David, 1978)... Elles lui coûteront la vie !...

La guerre du Kippour, montage photographique, octobre 1973.

Les aspects inédits de la guerre du Kippour
La guerre du Kippour a vu pour la première fois l'utilisation de l'arme du pétrole. Le 17 octobre 1973, onze pays arabes exportateurs de pétrole annoncent un embargo sur leurs livraisons aux pays alliés d'Israël, parmi lesquels les États-Unis, le Portugal, l'Afrique du Sud... et les Pays-Bas, membre de la Communauté européenne, pour faire pression sur eux.

Les gouvernements de la Communauté (aujourd'hui, l'Union européenne) se sont bien gardés d'afficher leur solidarité avec celui des Pays-Bas... témoignant ainsi de la fragilité de la diplomatie occidentale face aux enjeux économiques et de politique intérieure (le sacro-saint « prix de l'essence à la pompe » !). Il n'empêche que la guerre et le blocus du pétrole ont débouché sur le premier « choc pétrolier » de l'Histoire, avec une hausse brutale du prix du baril.

D'un point de vue militaire, la guerre du Kippour apparaît comme un « conflit charnière » entre un mode de combat qui est le fruit de la seconde guerre mondiale et celui né de l'application systématique des nouvelles technologies à l'outil militaire. Pour la première fois depuis 1945, un théâtre d'opérations mécanisé de haute intensité donne un aperçu de ce qu'aurait pu être un affrontement majeur entre l'OTAN et le Pacte de Varsovie.

Les trois semaines de cette guerre ont véritablement bouleversé la perception du combat dit « technologique » et les enseignements que l'on peut en tirer sont transposables sur de nombreuses autres batailles. Il va de soi que nous n'avons pu traiter de tous les concepts ; seuls les plus importants ont fait l'objet d'une courte analyse.

- Les missiles : ces armes devenues banales
La guerre du Kippour a vu se généraliser l'emploi des missiles. L'efficacité de ceux-ci est en outre loin d'avoir atteint les résultats fabuleux affichés par les belligérants. Pourtant, la banalisation des missiles a changé la perception du combat aéroblindé (synergie entre le combat aérien et blindé pour optimiser les résultats finaux).

Guerre du Kippour, photographie mise à disposition du public par l'Armée de défense d’Israël.

- La guerre électronique plus présente que jamais

Sans la maîtrise des technologies permettant de développer le renseignement de types électronique et électromagnétique que sont la détection, le brouillage des missiles, l'identification des engins ennemis par infrarouge et les radiotélécommunications, il n'eut pas été possible de gagner cette guerre pour les Israéliens. Eux qui n'avaient pas toujours utilisé ces techniques à bon escient, surtout au début de la guerre du Kippour, en ont tiré les leçons au Liban, en juin 1982.

- L'apparition des drones
Les drones de type Teledyne Ryan-124 Firebee (BQM-34-A), véhicules aériens sans pilote, jouèrent un rôle efficace dans la guerre du Kippour. Ils servirent principalement aux opérations de reconnaissance et de surveillance, ainsi qu'aux opérations à haut risque. Technologie nouvelle au début des années 1970, les Israéliens étaient les seuls à avoir utilisé ces engins. Leur nombre n'était pas impressionnant et beaucoup furent détruits par les Égyptiens et les Syriens. Mais ils étaient en amont d'un processus d'information par l'image.

- L'omniprésence des avions de reconnaissance
Contrairement aux aviateurs arabes, les Israéliens menèrent de nombreuses missions de reconnaissance aérienne dans les quartiers généraux et sensibles égyptiens et syriens. L'aviation israélienne utilisa des 6 RF-4 Phantom. Ces bijoux technologiques, pour l'époque, réalisaient chacun deux missions de reconnaissance chaque jour. Aucun d'entre eux ne semblait avoir été perdu. Ce qui prouva leur efficacité de discrétion.

Néanmoins, les laps de temps entre les survols des objectifs mobiles et les analyses des photographies prises à la suite de ceux-ci s'étaient révélés beaucoup trop longs, car les cibles avaient pu se mouvoir en quelques heures. C'est là une première erreur. Enfin, et plus grave encore, les Israéliens confiaient généralement l'analyse des résultats des missions de bombardements aux mêmes pilotes, plutôt qu'à des spécialistes de l'infanterie ou à des appareils de reconnaissance. Voilà ce qui peut expliquer que l'aviation de reconnaissance israélienne ne disposait pas toujours d'informations de premier ordre.

- Les satellites de reconnaissance
En 1973, les Américains avaient placé sur orbite deux satellites de reconnaissance. Le premier, un Big-Bird, était en vol orbital depuis le 13 juillet 1973 ; le second, un KH-8, avait été lancé le 27 septembre 1973, à la suite des rapports rédigés par la CIA qui voyait d'un mauvais oeil les actions arabes menées contre Israël. Selon toute vraisemblance, les Américains n'auraient pas lancé d'autres satellites. Le rôle de ces engins fut donc minime dans le camp américain. Cependant, les photographies d'une qualité inconnue auparavant prises par ceux-ci permirent d'éviter certains conflits, principalement près du canal de Suez.

Contrairement aux États-Unis, l'URSS voulut innover dans le secteur des satellites espions pour déjouer les plans de l'ennemi. Les satellites russes avaient donc surtout servi à prolonger un peu plus le combat, le temps que les deux grandes puissances puissent s'accorder sur les termes d'un cessez-le-feu acceptable par l'ensemble des parties au conflit. -

Bibliographie
Principal ouvrage de référence : P. Razoux, La guerre israélo-arabe d'octobre 1973. Une nouvelle donne militaire au Proche-Orient, Paris, 1999.

Christophe Burgeon, doctorant et agrégé en histoire

 

 

6 octobre 1981 :
Anouar el-Sadate meurt en plein triomphe

Le 6 octobre 1981, tandis qu'il assiste dans un stade du Caire à un défilé militaire à l'occasion de la fête nationale, le « raïs » Anouar el-Sadate est assassiné par des soldats islamistes...

Le 6 octobre 1981, tandis qu'il assiste dans un stade du Caire à un défilé militaire à l'occasion de la fête nationale, Anouar el-Sadate est assassiné par des soldats islamistes. Le raïs (mot arabe qui signifie « chef » et désignait autrefois un dignitaire ottoman) a 63 ans. Sa mort cause une immense émotion dans le monde entier. Elle fait craindre pour le processus de paix qu'il a engagé trois ans plus tôt avec Israël.

Fort heureusement, le général Hosni Moubarak, qui lui succède, va préserver la paix avec autant d'habileté qu'il en mettra à affermir son pouvoir à la tête de l'Égypte.

De la victoire…
Anouar el-Sadate (25 décembre 1918 - 6 octobre 1981)Jeune officier, Anouar el-Sadate a été affilié aux Frères musulmans, mouvance islamiste très bien implantée en Égypte.

Mais en 1952, il s'en détache et rejoint le groupe nationaliste des « officiers libres », auquel participe son ami Gamal Abdel Nasser, futur président de l'Égypte. Celui-ci meurt en pleine gloire le 28 septembre 1970... après avoir essuyé deux défaites cuisantes face à Israël.

Sadate, en sa qualité de vice-président,  succède sans difficulté au prestigieux raïs à la tête de l'Égypte. Il prend l'initiative d'attaquer l'armée israélienne le 6 octobre 1973, à la faveur de la fête juive du Yom Kippour, pendant laquelle se recueillent beaucoup d'Israéliens.

D'abord victorieuse, son armée venge les Arabes de leurs humiliations passées.

Après avoir éprouvé la plus grande peur de leur Histoire, les Israéliens reprennent leurs esprits et repoussent avec succès les attaques des Égyptiens et de leurs alliés syriens. Les troupes du général Ariel Sharon repassent même le canal de Suez dans l'autre sens.

... à la chute
Avec la guerre du Kippour, par laquelle il a mis fin au mythe de l'invincibilité de l'armée israélienne, Anouar el-Sadate s'acquiert un immense prestige dans son pays et l'ensemble du monde arabe. 

Sans renier officiellement l'héritage nassérien, il s'éloigne en douceur de l'Union soviétique et se rapproche de l'Occident. Il libéralise l'économie. Il relance aussi la chasse aux Frères musulmans et aux islamistes. Surtout, il renonce aux envolées panarabistes, faisant passer le sort de l'Égypte au premier plan de ses préoccupations. 

Fort de sa demi-victoire sur Israël, il engage des négociations de paix avec Israël.

Sadate, Begin et Carter lors de la signature du traité de paix israélo-égyptien en 1979.Avec un grand courage, il se rend à Jérusalem en novembre 1977 et prononce un mémorable discours devant la Knesset, le Parlement d'Israël. Puis, en octobre 1978, il conclut les accords de Camp-David avec le Premier ministre israélien Menahem Begin, sous l'égide du président américain Jimmy Carter.

Le traité de paix est signé le 26 mars de l'année suivante et le Prix Nobel de la paix récompense fort justement les deux ennemis de toujours, Begin et Sadate (ce dernier, cependant, ne se rend pas à Oslo pour recevoir le prix).

Mais Anouar el-Sadate va se confronter à l'incompréhension de ses concitoyens et de la majorité des Arabes. Il doit aussi affronter la montée de l'intégrisme islamique, encouragé par la victoire de Khomeiny en Iran.

Le 3 septembre 1981, il fait arrêter 150 opposants islamistes. Parmi eux figure le frère d'un des soldats appelés à défiler devant le raïs un mois plus tard, dans le stade où, pour des raisons de sécurité, a été cantonnée la parade militaire.

L'assassinat d'Anouar el-Sadate (6 octobre 1981)

Tandis que le président, debout, salue le passage des avions Mirage, un camion s'arrête devant la tribune, en simulant une panne. Un lieutenant en sort et lance une grenade fumigène. C'est le signal de l'assaut : des complices sortent du camion et courent vers la tribune en tirant à l'arme automatique et en criant : « Mort au pharaon ! »

Onze personnes sont tuées, y compris l'ambassadeur de Cuba ; 38 sont blessées, parmi lesquelles le président qui meurt peu après son arrivée à l'hôpital. Toute l'attention des gardes se porte sur le vice-président Hosni Moubarak, blessé à la main : il est extrait de la tribune en toute hâte car la continuité de l'État repose sur lui.

Le drame s'est déroulé sous l'oeil du public et des caméras, dans une pagaille indescriptible. Anouar el-Sadate a été assassiné huit ans jour pour jour après le déclenchement de la guerre du Kippour qui lui avait apporté la légitimité et la gloire.

André Larané

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ça s'est passé un... 3 octobre

ça s'est passé un...3 octobre


3 octobre 610 : Héraclius devient empereur de Byzance
Le général Héraclius prend le pouvoir à Constantinople le 3 octobre 610 dans une période très critique de l'Empire romain d'Orient. La capitale elle-même est menacée au nord par les Avars (ou Avares), des Barbares qui ont traversé le Danube, et au sud par les Perses sassanides...

Sous son règne, l'Empire romain d'Orient se transforme en Empire «byzantin». Ce qualificatif dérive de l'ancien nom grec de la capitale (Byzance). Lui-même renonce au titre d'imperator pour celui de « basileus » par lequel les Grecs désignaient habituellement le Grand Roi des Perses.

Héraclius raffermit l'empire mais ne peut empêcher la conquête de la Syrie et de l'Égypte par les disciples de Mahomet, son contemporain. L'avènement d'Héraclius et l'Hégire (622) marquent la fin véritable de l'empire romain et de l'Antiquité.

Le général Héraclius prend le pouvoir à Constantinople le 3 octobre 610 dans une période très critique de l'Empire romain d'Orient. La capitale elle-même est menacée au nord par les Avars (ou Avares), des Barbares qui ont traversé le Danube, et au sud par les Perses sassanides.

Dans le même temps, des tribus slaves s'infiltrent de façon paisible dans les régions dépeuplées de la péninsule grecque où elles adoptent très vite la langue locale (de ces Slaves descendent beaucoup d'habitants de la Grèce actuelle).

De Constantinople à Byzance
L'empire romain d'Orient, dernier vestige de l'ancien empire romain, est sur le point de succomber à ces différentes agressions quand survient Héraclius. Ce général très doué de 35 ans est le fils de l'exarque, c'est-à-dire du gouverneur, qui dirige à Carthage les provinces grecques d'Afrique du nord.

Héraclius débarque avec ses troupes sur les rives du Bosphore, renverse le tyran Phocas, le met à mort ainsi que sa famille. Il prend sa place sur le trône de Constantinople.

Sous son règne, l'Empire romain d'Orient se transforme en Empire «byzantin». Ce qualificatif dérive de l'ancien nom grec de la capitale (Byzance).

L'antique administration des provinces, fondée sur la séparation des pouvoirs civil et militaire, est abolie au profit d'une nouvelle entité, le thème. Le thème est dirigé par un stratège qui regroupe entre ses mains tous les pouvoirs. Enfin, à la cour du nouvel empereur, la langue grecque se substitue au latin.

Héraclius lui-même supprime les titres de césar et auguste hérités de la Rome antique. Il renonce à l'emploi du terme latin imperator dont nous avons fait empereur et qui désignait à Rome la personne dotée du commandement militaire suprême, l'imperium. L'empereur se donne le titre de «basileus» par lequel les Grecs désignaient habituellement le Grand Roi des Perses.

Constantinople et l'empire byzantin
 


Alexandre le Grand unifie brièvement le Moyen-Orient, de la péninsule des Balkans à l'Indus, ce qui ne se reproduira plus jamais dans l'Histoire...

Après lui, Rome et Byzance vont à leur tour occuper la région mais sans jamais dépasser l'Euphrate, à l'Est. Au-delà perdure l'antique civilisation perse... Les cavaliers arabes mûs par leur foi en l'islam vont balayer cet ordre antique en quelques décennies...

3 octobre 1226 : Apothéose de Saint François d'Assise
Pendant la nuit du 3 au 4 octobre 1226, François d'Assise meurt en odeur de sainteté dans une simple cabane de roseaux...

L'année précédente, presque aveugle, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant qu'il fait monter vers le Père de toute la Création un chant d'amour qui est aussi le premier grand poème en langue italienne : le Cantique de frère Soleil ou Cantique des Créatures...

Saint François d'Assise meurt nu à même le sol près de la petite chapelle de la Portioncule, dans la nuit du 3 au 4 octobre 1226. Par sa joie de vivre, son amour de la Création, son humilité, il reste l'une des figures les plus attachantes de l'histoire du christianisme.

Saint Francois prêchant aux oiseaux (Giotto, basilique d'Assise)

L'année précédente, presque aveugle, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, il avait fait monter vers le Père de toute la Création un chant d'amour qui est aussi le premier grand poème en langue italienne : le Cantique de frère Soleil ou Cantique des Créatures.

Le Cantique de frère Soleil ou Cantique des créatures


1 - Très haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;

2 A toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n'est digne de te nommer.

3 Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;

4 il est beau, rayonnant d'une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

5 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

6 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l'air et pour les nuages,
pour l'azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

7 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

8 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

9 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

10 Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :

11 heureux s'ils conservent la paix,
car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

12 Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre soeur la Mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.

13 Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
Heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

14 Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le

 

Voeu de pauvreté


Né 44 ans plus tôt dans la famille d'un riche drapier d'Assise, en Italie centrale (Ombrie) sous le nom de Giovanni Bernardone, il est surnommé Francesco (Français) par son père, coutumier des voyages en France. Ce surnom, dont nous avons fait François, sera appelé à une immense diffusion.

L'enfant mène joyeuse vie dans sa ville natale et ne rêve que plaies et bosses dans le contexte des guerres entre cités italiennes. Comme tout bourgeois de son époque, il aspire à la noblesse et à la chevalerie.

Saint François (par Cimabue, 1240 - 1302)À vingt ans, le 12 décembre 1202, il participe à une

cavalcade contre la cité voisine de Pérouse. La petite troupe se fait tailler en pièces à Collestrada, sur les bords du Tibre. Lui-même est fait prisonnier. Il sera libéré un an plus tard grâce à l'intervention de son père.

Là-dessus, il tombe malade puis part en pèlerinage à Rome. En chemin, il rencontre un lépreux et voit en songe le Christ qui lui demande de « réparer sa maison qui tombe en ruine ». François pense qu'il s'agit de la chapelle où il prie, Santa Maria degli Angeli.

Il vend un cheval et des tissus qui sont à son père pour acheter des matériaux en vue de réparer la chapelle. Son père le déshérite et l'assigne en justice. Qu'à cela ne tienne. François en appelle à l'évêque et se dépouille devant lui de ses luxueux habits pour « suivre nu le Christ nu ». L'évêque le recouvre de son manteau, signifiant par là qu'il l'accueille dans la communauté de l'Église.

En rupture avec les us de son époque, le jeune homme fait voeu de pauvreté sans être relié à un monastère. « On va plus vite au ciel d'une cabane que d'un palais », confie-t-il.

Des disciples le rejoignent dans son ermitage de la Portioncule, près de la chapelle de Santa Maria degli Angeli, et, avec eux, il va prêcher et mendier dans les villes. François exige le renoncement personnel et collectif à la propriété : « Si nous possédions des biens, il nous faudrait les défendre ! » Par la vertu de son exemple, il développe chez les humbles gens la piété et la dévotion à l'enfant Jésus.

À une époque où l'étude est encore considérée comme un luxe, François s'en méfie : « Le Seigneur m'a dit qu'il voulait faire de moi un autre fou dans le monde et Dieu ne veut pas nous conduire par une autre science que celle-là ». Toutefois, il se garde d'exiger des autres l'humilité qu'il s'impose à lui-même. Libre aux marchands et aux puissants de vivre dans le luxe.

L'ordre des « frères mineurs »
Très vite, le petit groupe de disciples grandit. D'une douzaine au début, les voilà près de cinq mille ! Encouragé par son ami de toujours, Frère Élie, dit Élie de Cortone, François se décide à organiser sa communauté et fonde l'ordre des « frères mineurs » sans être lui-même prêtre, chose rarissime dans l'histoire de l'Église.

Il se rend avec ses compagnons à Rome où il obtient du pape Innocent III l'approbation de sa règle, en 1210, après que la Curie (le gouvernement pontifical) l'eût obligé à réécrire sa copie en y mettant moins de contraintes.

D'autres ordres se réclament bientôt du Pauvre d'Assise : les capucins, les conventuels et le tiers-ordre de saint François, sans parler de la communauté des Clarisses, ordre féminin fondé par Claire en 1212 sous le nom des « pauvres dames » .

Saint François et l'islam
En 1212, François prend la direction du Maroc en vue de convertir le souverain almohade ! La Reconquista de l'Espagne est bien engagée avec la victoire des chrétiens à La Navas de Tolosa et le Pauvre d'Assise, qui a conservé l'exaltation de la jeunesse, voit le moment venu de convertir les musulmans par la prédication et l'exemple plutôt que par la force. Mais il tombe malade sur le chemin, en Espagne, et doit regagner l'Italie...

En septembre 1219, infatigable, il part à nouveau à la rencontre des musulmans, comme quelques autres de ses disciples. Cette fois, il débarque en Terre sainte, à Saint-Jean d'Acre, puis de là, rejoint la cinquième croisade, à Damiette, dans le delta du Nil. Profitant d'une trêve, le saint franchit les lignes simplement accompagné d'un disciple et se fait conduire auprès du sultan d'Égypte Mélik el-Kâmil (Al-Kamel).

Celui-ci, neveu de Saladin et dont le père avait manqué d'épouser la soeur de Richard Coeur de Lion, est un homme d'ouverture à l'esprit chevaleresque. Il organise une confrontation verbale entre François et des théologiens de l'islam, puis, rempli d'estime pour l'homme d'Église, le fait reconduire dans son camp.

Joie de vivre
La joie de vivre et l'amour de la nature caractérisent sa prédication et ses écrits. Ses compagnons nous le présentent comme un homme aimant la vie et riant tant et plus, à mille lieues de l'image que l'on se fait d'un saint.

On lui attribue la création des premières crèches vivantes de Noël : en 1223, avec la permission du pape Honorius III, il reconstitue à Greccio la Nativité dans une étable avec des personnages vivants, dans la tradition des scénographies médiévales. C'est aussi un poète. Son Cantique des créatures ou Cantique de frère Soleil est le premier grand poème en langue italienne.

En septembre 1224, en prière au Mont Alverne, à 100 km au nord-ouest d'Assise, il reçoit les stigmates de la Passion de Jésus (cinq plaies sur les mains, les pieds et le côté, qui rappellent les blessures du Christ sur la croix).

Saint Francois recevant les stigmates de la Passion (Giotto, basilique d'Assise)

Ferveur Populaire
François est canonisé par le pape Grégoire IX deux ans seulement après sa mort et, un siècle plus tard, le peintre Giotto l'immortalise sur les murs de la basilique construite en son honneur sur les hauteurs d'Assise. Il le représente prêchant aux oiseaux ou apprivoisant le loup de Gubbio.

Saint Francois prêchant aux oiseaux (Giotto, basilique d'Assise)Sa vie donne aussi naissance à un récit naïf, les Fioretti di San Francesco. Plus proche de la légende que de l'Histoire, il a inspiré en 1950 un film atypique au cinéaste italien Roberto Rossellini.

Saint François d'Assise est l'un des saints les plus populaires de l'Occident chrétien. Sa personnalité radicale en appelle aux croyants comme aux non-croyants.

Pour le philosophe Nietzche, il aurait été le seul chrétien authentique à part le Christ lui-même.

Aujourd'hui, c'est sous le patronage de saint François que les catholiques placent la protection de la Nature.

Les ordres franciscains sont toujours prospères et estimés comme l'atteste l'immense popularité du moine Francesco Forgione (le Padre Pio, 1887-1968), récemment canonisé... et le nom de François adopté par Jorge Bergoglio lors de son accession à la papauté.

 

3 octobre 1940 : Premier statut des Juifs


Soucieux de se concilier les bonnes grâces de l'occupant, le gouvernement de Vichy, dirigé par le Maréchal Pétain, promulgue dès le 3 octobre 1940 un premier statut des juifs. Il exclut les Français identifiés comme Juifs de la plupart des fonctions publiques et de nombreuses autres professions. En dépit de son aspect scandaleux, il passe à peu près inaperçu. Il est vrai que les Français se battent au même moment dans les difficultés du quotidien et très peu connaissent des juifs concernés par le statut...

Aux premiers mois de l'Occupation, le gouvernement de Vichy édicte un statut des Juifs. La loi est publiée au Journal officiel le 18 octobre 1940 mais est datée du 3 octobre. Elle vise à dissuader les Allemands d'intervenir dans les affaires intérieures de la France, quelques jours après qu'ils aient publié une ordonnance pour le recensement des juifs en zone occupée.  

Ce premier statut des Juifs exclut les Français identifiés comme juifs de la plupart des fonctions publiques et de nombreuses autres professions. En dépit de son aspect scandaleux, il passe à peu près inaperçu. Il est vrai que les Français se confrontent au même moment aux difficultés du quotidien et dans la presse, peu de journaux s'intéressent à la question juive, à l'exception notable du Matin, quotidien collaborationniste et proche des nazis...

Alain Michel

Un avatar de l'antisémitisme français
Assommée par la défaite, la France s'est abandonnée en juillet 1940 à une coalition de jeunes technocrates issus d'une grande banque d'affaires, la banque Worms, et de politiciens impatients de rompre avec la politique antérieure et de revenir à ce qu'ils considèrent comme des valeurs nationales menacées : la terre, la patrie, la religion etc. Les nouveaux dirigeants aspirent à réformer les institutions, reconstruire le pays et préparer la revanche par le biais d'une hypothétique « Révolution nationale ». Ils appartiennent à la droite comme à la gauche. Dans le gouvernement présidé par le Maréchal Pétain, le vice-président du Conseil Pierre Laval est lui-même un ancien député socialiste, de même que le ministre de l'Intérieur Adrien Marquet, ancien maire de Bordeaux. L'un et l'autre ont évolué vers la Collaboration par pacifisme.

Raphaël Alibert (17 février 1887, Saint-Laurent-Lolmie ; 5 juin 1963, Paris)Parmi ces hommes, plusieurs s'avouent antisémites, dans le droit fil des idées nauséeuses exprimées à la fin du siècle précédent par Édouard Drumond dans La France juive et reprises par l'Action française. C'est au moins le cas de Raphaël Alibert, un juriste proche du mouvement de Charles Maurras et appelé à devenir ministre secrétaire d'État à la Justice dans le premier gouvernement de Vichy. La défaite et l'occupation allemande font son affaire. Le 1er juillet 1940, il aurait confié au ministre du Travail Charles Pomaret à propos des juifs : « Je leur prépare un texte aux petits oignons ». Mais ce témoignage tardif, publié en 1968, est sujet à caution d'autant que l'on n'a gardé aucune trace du supposé projet de statut par Alibert.

En attendant, dès juillet 1940, sitôt les pleins pouvoirs octroyés à Pétain et à son gouvernement,  Pierre Laval et Adrien Marquet prennent contact avec Otto Abetz, représentant du IIIe Reich dans la zone occupée, pour savoir ce qu'attendent les Allemands et se montrer conciliant envers eux. Il serait ainsi question de créer un parti unique, d'interdire la franc-maçonnerie et d'exclure les juifs de la fonction publique. À sa manière roublarde, Laval se garde de promettre quoi que ce soit. Son gouvernement a bien assez de soucis pour ne pas en rajouter avec la question juive et les nazis eux-mêmes s'en tiennent encore à la mise hors-la-loi ou à l'expulsion de leurs Juifs sans qu'il soit question de les exterminer (la Solution finale n'émergera qu'à l'automne 1941).

Le gouvernement de Vichy n'en conduit pas moins pendant l'été 40 une campagne contre les étrangers et ceux qui auraient été trop rapidement naturalisés, les communistes qui ont fait allégeance à Staline et approuvé le pacte germano-soviétique, les francs-maçons réputés hostiles aux valeurs nationales, les politiciens et les fonctionnaires responsables de la défaite...

C'est ainsi que, par un décret-loi du 22 juillet 1940, le Garde des Sceaux Alibert engage la révision de tous les décrets de naturalisation depuis la précédente loi du 10 août 1927, à laquelle il était reproché d'avoir trop grandement facilité les naturalisations (cette loi sera mise à profit dans les années ultérieures pour dénaturaliser 7 000 juifs français). Le 13 août 1940, une loi interdit les associations secrètes, autrement dit la franc-maçonnerie. Trois jours plus tard, le 16 août 1940, une nouvelle loi interdit l’exercice de la médecine aux praticiens étrangers, à ceux qui ont acquis la nationalité française après 1927 et à ceux qui, nés en France, sont de père étranger.

Enfin, le 27 août 1940, le gouvernement abroge le décret-loi Marchandeau du 21 avril 1939 qui réprimait les injures à connotation raciale ou religieuse (et donc la propagande antisémite).

Affiche conforme à l'ordonnance allemande du 27 septembre 1940C'est enfin au Conseil des ministres du 10 septembre 1940 que le gouvernement s'entretient pour la première fois des Juifs suite à une communication du général Benoît de La Laurencie, délégué général du gouvernement français auprès des autorités d'occupation à Paris, qui fait part de l'intention des Allemands de recenser les Juifs de la zone occupée.

À Vichy, on s'émeut de ce projet qui viole la convention d'armistice, met en cause l'unité du territoire national et ignore le fait qu'en France, on ne distingue pas les citoyens selon la religion ou autrement. Le ministre des Affaires étrangères Paul Baudoin rédige une protestation qui est remise le 25 septembre à la commission d'armistice, à Wiesbaden. 

Faisant fi de la protestation, les Allemands promulguent leur ordonnance le 27 septembre 1940 : ils exigent que les commerçants juifs de la zone occupée placent l'écriteau « Juif » sur leur devanture et demandent à l'administration de la zone occupée de recenser les Juifs avant le 20 octobre suivant. N'y trouvant rien à redire, la plupart des fonctionnaires s'exécutent, y compris même le jeune préfet d'Eure-et-Loir, Jean Moulin...

À Vichy, le Conseil de cabinet se réunit le 30 septembre pour débattre de l'ordonnance, en vue du Conseil des ministres du lendemain. Paul Baudoin notera dans son Journal : « Le Conseil de cabinet, de 17 heures à 19 heures, est consacré à l’étude du statut des Juifs qui doit être discuté au Conseil des ministres de demain. Il est maintenant évident que le seul moyen d’empêcher l’application par les Allemands en zone occupée de mesures draconiennes antijuives – la Délégation générale à Paris nous aannoncé qu’elles étaient imminentes – est d’édicter un certain nombre de mesures beaucoup plus modérées et conçues dans un autre esprit, qui seront applicables à toute la France » (cité par Alain Michel).

Au Conseil des ministres du 1er octobre, on commence du coup à réfléchir à un texte relatif aux Juifs et destiné à couper l'herbe sous le pied des Allemands, en leur enlevant tout motif d'intervenir dans les affaires intérieures de la France ! On est ici au coeur de l'ambiguïté de Vichy : jusqu'où peut-on aller pour sauver ce qui l'être de l'intégrité de la nation et du peuple français ?

Conformément aux règles fixées avec l'occupant, le projet de statut est présenté aux Allemands et reçoit leur imprimatur le 8 octobre mais c'est seulement le 18 octobre 1940 qu'il est publié au Journal officiel, signe des longues hésitations du gouvernement de Vichy.

Projet de loi portant statut des juifs avec annotations de la main du Maréchal Pétain (2 octobre 1940)La loi portant statut des juifs exclut les Français identifiés comme Juifs de la plupart des fonctions publiques et de nombreuses autres professions.

L'article premier définit les Juifs à la façon des nazis : « Est regardé comme juif, pour l'application de la présente loi, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même est juif. » Mais tout en évoquant la « race » sans plus de précision, il ne fait pas référence à la religion du fait de la loi française de séparation des Églises et de l'État qui ne reconnaît pas les religions. En cela, le texte se distingue des lois nazies de Nuremberg. De manière quelque peu kafkaïenne, il reste muet sur ce qui fait qu'un parent, grand-parent ou conjoint est identifié comme juif !

Dans le prolongement de ce premier texte, les préfets de la zone non occupée se voient accorder dès le 4 octobre le droit d'« interner les étrangers de race juive en cas de surplus dans l'économie nationale ». Enfin, une autre loi abolit quatre jours plus tard, le 7 octobre 1940, le décret Crémieux du 24 octobre 1870 qui avait accordé la nationalité française aux juifs d'Algérie. Ceux-ci redeviennent dès lors des sujets ou des citoyens de seconde zone.

Comme il était cependant prévisible, la bonne volonté de Vichy ne freine pas les Allemands. Le 18 octobre 1940, par une « ordonnance d'Aryanisation », ceux-ci placent sous séquestre les entreprises et les biens des Juifs de la zone occupée qui ont fui ou auraient été arrêtés.

L'année suivante, sous la direction de l'amiral François Darlan, le gouvernement de Vichy va entrer dans une collaboration beaucoup plus active avec les nazis. Il va s'ensuivre le 2 juin 1941 la promulgation d'un statut des Juifs bien plus rigoureux que le premier, à l'initiative du sinistre Commissaire général aux Questions juives Xavier Vallat. La stigmatisation des Juifs atteindra son paroxysme avec la rafle du Vél d'Hiv (16-17 juillet 1942), suite à la mise en oeuvre par les nazis de la Solution finale.

Le statut des Juifs expliqué par l'historien Alain Michel
Alain Michel (Jérusalem) a débattu le 1er octobre 2020 sur le premier statut des Juifs, sa genèse et sa portée véritable. Instructif.

 

3 octobre 1990 : L'Allemagne réunifiée


Le 3 octobre 1990, onze mois après la chute du Mur, la République Fédérale Allemande et la République Démocratique Allemande célèbrent officiellement leur réunion en un seul État.

Fête Nationale
L'anniversaire de ce jour est depuis lors fête nationale en Allemagne.

 

3 octobre 2019 : L'attentat de la Préfecture de Police atteint l'État de plein fouet


Le 3 octobre 2019, un employé de la Préfecture de Police de Paris a égorgé quatre fonctionnaires et en a blessé un autre avant d’être lui-même abattu par un policier...

L’enquête a révélé que l’homme, un Martiniquais de 45 ans, avait été recruté quinze ans plus tôt par la Direction du Renseignement comme adjoint administratif pour des tâches d’exécution (catégorie C de la fonction publique). Il avait pu obtenir une habilitation « Secret défense » lui donnant accès à des informations en lien avec l’islam radical.Lui-même s'était converti à l’islam salafiste en 2008 et avait épousé en 2014 une immigrée marocaine. Il n'avait jamais été inquiété malgré des signes récurrents de radicalisation.

Ce énième attentat islamiste témoigne d’une spectaculaire progression de la menace terroriste à plusieurs titres. D’abord parce qu’il atteint l’État en frappant au cœur même de l’organisme en charge de la sécurité des citoyens. Ensuite parce qu'il met en évidence la fragilité des administrations et entreprises publiques (ministères, police, Mairie de Paris, RATP…) et les faiblesses des dispositifs de surveillance comme ici, où le tueur avait pu franchir les portiques de détection des métaux avec son arme, un couteau en céramique, sans être inquiété.

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29 septembre 1399 Richard II abdique

29 septembre 1399
Richard II abdique

 

Richard II est le dernier roi de la dynastie des Plantagenets, qui s'est installée en Angleterre deux siècles et demi plus tôt, avec le couronnement d'Henri II et Aliénor.

Il est le petit-fils du roi Édouard III, le vainqueur de Crécy, et le fils du Prince Noir Édouard de Woodstock, qui a de son côté vaincu les Français à Poitiers.

Son père étant mort prématurément, il n'a que dix ans quand il monte sur le trône à la mort d'Édouard III, le 21 juin 1377. Il n'en aura que trente-deux quand il va abdiquer le 29 septembre 1399, sous la pression des barons anglais et des représentants des Communes, au terme d'un règne aussi troublé que fascinant.

Un règne troublé
 

Le couronnement de Richard II (miniature extraite des Anciennes et Nouvelles chroniques d'Angleterre)Lorsque Richard II monte sur le trône, la situation du royaume est critique.

Sous l'effet des contre-offensives victorieuses de Du Guesclin, l'Angleterre a perdu la plupart des provinces qu'elle avait conquises en France pendant la première période de la guerre de Cent Ans.

Cela fait beaucoup de revenus en moins pour la noblesse.

Le nouveau roi, n'ayant que dix ans à son avènement, doit laisser la régence à son oncle, Jean de Gand, un baron avide et détesté du peuple.

Il va lever de nouvelles taxes pour pallier l'appauvrissement de la noblesse. C'est l'origine de violentes secousses sociales et politiques.

La révolte paysanne de Wat Tyler

Le couronnement de Richard II (miniature extraite des Anciennes et Nouvelles chroniques d'Angleterre)À l'été 1381, dans le Kent, dans le Sussex et dans d'autres régions d'Angleterre, les paysans se soulèvent pour différentes raisons : taxe inique, oppression seigneuriale.... Ils se répètent les vers d'un poète révolutionnaire ô combien en avance sur son temps, John Ball. Celui-ci écrit en particulier ce verset séditieux :

« Quand Adam bêchait et Eve filait
Qui était le gentilhomme ? »

« When Adam delved and Eve span,
Who was then a gentleman? »

Un soldat du Kent dénommé Wat Tyler prend la tête des paysans. Londres est assiégée et pillée après bien d'autres villes. Mais le jeune roi joue d'astuce.

Richard II rencontre Wat Tyler dans la prairie de Mile End le 14 juin 1381 et s'engage tout à la fois à affranchir les derniers serfs du royaume et accorder des hausses de salaires aux manouvriers. Il promet en sus une amnistie aux insurgés. Le lendemain cependant, des insurgés reprennent les pillages. Les représentants du roi demandent un nouveau rendez-vous à Wat Tyler pour s'en expliquer. Comme le chef rebelle se fait insolent, il est tué par le maire de Londres, Sir William Walworth.

La révolte va dès lors tourner court. Une dizaine de jours plus tard, l'ordre seigneurial est rétabli. John Ball est lui-même exécuté à Saint Adams le 15 juillet 1381.

France-Angleterre, même combat
On peut noter qu'au même moment, de l'autre côté de la Manche, le jeune roi de France Charles VI se trouve aussi placé sous la détestable tutelle de ses oncles avec les mêmes conséquences sociales.

La révolution culturelle de Wyclif

Comme si les révoltes sociales ne suffisaient pas, l'establishment anglais doit aussi supporter la contestation religieuse. Celle-ci vient d'un vénérable docteur en théologie d'Oxford, John Wyclif.

Dans ses prédications, il n'hésite pas à contester la présence effective du Christ dans l'hostie lors de la communion eucharistique. Il s'interroge aussi sur le sacrement de la pénitence et la pratique des indulgences.

John Wyclif finit ses jours en paix en 1384 grâce à des protecteurs haut placés. Mais ses idées qui ont un parfum d'hérésie sont condamnées à titre posthume en 1415 au concile de Constance. La condamnation vient trop tard ! L'entourage tchèque de la reine Anne de Bohême, première épouse du roi Richard II, a déjà véhiculé ces idées à Prague où elles ont inspiré un autre prédicateur de talent, Jan Hus.

Jan Hus, moins chanceux que Wyclif, est brûlé vif à Constance. Mais un siècle plus tard, l'Allemand Martin Luther marche sur ses traces avec davantage de succès. Ses prédications provoquent en effet une scission durable dans l'Église catholique.

Les Contes de Cantorbery

 

Le règne de Richard II est marqué par des événements plus souriants comme la publication des Contes de Cantorbery, un ouvrage grivois inspiré par le Decameron de l'Italien Boccace.

L'auteur est Geoffrey Chaucer, un immense écrivain qui donne à la langue anglaise ses lettres de noblesse. Il meurt en 1400 (comme Richard II). C'est le premier homme de lettres inhumé à l'abbaye de Westminster.

 

 

 

 

Pouvoir absolu
Fort de son succès face à Wat Tyler, le jeune Richard II ne tarde pas à se séparer de Jean de Gand et à gouverner par lui-même. Tout paraît lui sourire. Mais il a le tort de mal s'entourer et se laisse griser par la gloire. Plusieurs barons menés par Thomas de Woodstock, duc de Gloucester, lui imposent de se séparer de ses favoris en 1388.

Richard II prend sa revanche huit ans plus tard, en 1396, après son remariage avec Isabelle de France, la fille du roi Charles VI : il se débarrasse de la tutelle des barons et du Parlement et fait exécuter plusieurs barons dont le duc de Gloucester. Il dépouille aussi de son héritage le fils de Jean de Gand, son cousin Henri Bolingbroke, duc de Lancastre, et le condamne à l'exil.

Henri se réfugie en France où le parti anti-anglais dirigé par le duc Louis d'Orléans l'aide à constituer une armée.

Le roi brusque pendant ce temps son opinion publique en tentant de se rapprocher de la France et en levant de nouveaux impôts en vue de conquérir l'Irlande.

Cette guerre va lui être fatale : pendant qu'il combat en Irlande, son cousin Bolingbroke revient d'exil à la tête de son armée. Revenant en hâte d'Irlande, le roi est fait prisonnier par traîtrise et livré à son rival. Il est interné dans la Tour de Londres. Les représentants des Communes, qui lui en veulent d'avoir limité leurs prérogatives, exigent son abdication.

Il meurt en captivité l'année suivante dans le château de Pontefract, au sud-est de Leeds, sans doute assassiné sur ordre de son successeur. Shakespeare lui a consacré en 1595 une tragédie, Richard II, où il met en scène l'enchaînement fatal qui l'entraîna dans le malheur.

Henri de Lancastre devient roi sous le nom d'Henri IV et fonde la dynastie des Lancastre, en-dehors de toute règle dynastique. Son fils va relancer la guerre contre la France et à l'issue de celle-ci, les descendants des différents enfants d'Édouard III en reviendront à s'affronter dans la guerre des Deux-Roses.

L'Angleterre en gestation
 


L'État issu de Guillaume le Bâtard se singularise par la primauté du droit sur l'arbitraire, dans les relations entre le souverain et les différentes classes sociales.
Cette société de confiance est à l'origine de la puissance anglaise...

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ça s'est passé un... 27 septembre

ça s'est passé un...
27 septembre

 

27 septembre 52 av. J.-C. : Vercingétorix se rend à César devant Alésia
C'est aux alentours du 27 septembre de l'an 52 av. J.-C. que Vercingétorix, jeune chef gaulois, se rend à Jules César. Sa reddition met fin au siège de l'oppidum d'Alésia par les Romains et à la résistance gauloise.

Après la terrible guerre des Gaules, qui a sévi près de sept ans, l'ensemble des peuples établis entre le Rhin et les Pyrénées passe sous la rude domination de Rome… Ce faisant, ils évitent une invasion par les peuples germains, plus pressants que jamais sur la rive droite du Rhin.

27 septembre 1529 : Soliman échoue devant Vienne
Le 27 septembre 1529, le sultan ottoman Soliman le Magnifique (Suleyman) met le siège devant Vienne, capitale des Habsbourg, pour soutenir la candidature de Jean Zapolya à la succession de Louis II sur le trône de Hongrie, contre Ferdinand d'Autriche, frère de Charles Quint.

La résistance des habitants et celle des vingt mille soldats de sa garnison ont raison de sa détermination et il doit bientôt se retirer.

27 septembre 1540 : Fondation de la Compagnie de Jésus
Le 27 septembre 1540, le pape Paul III signe la bulle qui porte fondation de la Compagnie de Jésus.

Cet ordre, consacré à l'évangélisation et à l'éducation, est issu de la rencontre en 1529, à l'Université de Paris, d'un étudiant savoyard, Pierre Favre, d'un jeune noble navarrais, François de Jassu y Xavier (François-Xavier), et d'un vieux routier basque de 37 ans, boiteux de surcroît, Íñigo de Loyola (Ignace de Loyola).

Ils partagent la même chambre au Collège de Navarre.

Avec quelques autres étudiants désireux comme eux de vouer leur vie au Christ, ils entraînent leur corps et leur esprit par quelques exercices spirituels mis au point par Ignace de Loyola.

Ysaline Homant
Une obéissance aveugle au pape
Le 15 août 1534, les jeunes gens assistent à la chapelle de Montmartre à une messe de leur ami Pierre Favre, récemment ordonné prêtre. À cette occasion, ils font le voeu d'aller à Jérusalem en pèlerinage.

Mais à Venise, empêchés de se rendre à Jérusalem, ils tournent leurs pas vers Rome et proposent leurs services au pape. L'Europe et la France sont à ce moment-là secouées par la Réforme protestante de Luther.

C'est ainsi qu'est fondée la Compagnie de Jésus. Ses membres, les Jésuites, sont des prêtres qui s'obligent à accepter les traditionnels vœux monastiques (chasteté...) ainsi qu'à obéir en toutes choses au pape et à leur supérieur. Ce dernier, qui porte le titre de général de la Compagnie de Jésus, est élu à vie comme le pape et dispose d'un pouvoir sans limites.

Du fait de leur énergie, de leur compétence intellectuelle, de leur détermination et de leur discipline toute militaire, les Jésuites deviennent le bras armé de la Contre-Réforme catholique, en Autriche, en Allemagne, en France, en Amérique du sud...

La Compagnie de Jésus joue un rôle majeur pendant plusieurs siècles dans le développement du catholicisme et le renforcement de l'autorité papale.

Elle diffuse avec succès le catholicisme jusqu'aux extrémités du monde connu.

François-Xavier obtient des conversions massives en Inde, autour de Goa, où repose aujourd'hui sa dépouille, et également au Japon. Matteo Ricci se fait introduire à la cour de l'empereur de Chine, à Pékin, et obtient également de prometteurs succès.

Fatales jalousies
Au Japon, cependant, le gouvernement impérial, méfiant à l'égard des influences étrangères, expulse les missionnaires et persécute les nouveaux convertis.

En Europe même, les succès des Jésuites suscitent des jalousies dans les ordres rivaux, chez les franciscains notamment. Il s'ensuit une condamnation du compromis tissé par les Jésuites entre les rites traditionnels chinois et la foi chrétienne. Cette « querelle des Rites » brise l'élan missionnaire en Chine.

Au XVIIIe siècle, en Amérique, indignés par les exactions des colons européens, les Jésuites organisent les Indiens du Paraguay en colonies agricoles indépendantes, à la façon antique, ce qui leur vaut en haut lieu des haines fatales à leur Compagnie.

Celle-ci est abolie par décret dans les années 1760 au Portugal, en Autriche, en France et en Espagne. Le 21 juillet 1773, le pape Clément XIII se rend aux arguments des cardinaux français et espagnols qui l'ont élu et par le bref Dominus ac Redemtor, prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus.

Elle renaîtra de ses cendres, plus active que jamais, après la tourmente révolutionnaire, sous le pontificat de Grégoire XVI.

 

27 septembre 1748 : Abolition des galères
Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l'institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale...

Depuis 1560, où une ordonnance de Charles IX avait institué une peine de réclusion d'un minimum de dix ans, les condamnés étaient enchaînés à leur banc. À leurs côtés, les engagés volontaires n'étaient pas enchaînés. Quand la galère coulait, ceux-ci pouvaient tenter de survivre si, du moins, ils savaient nager... Les condamnés quant à eux coulaient avec l'épave. Les uns et les autres formaient... la chiourme.

Naissance de la Royale
Les galères s'étaient multipliées au siècle précédent, sous le règne de Louis XIV. Le Roi-Soleil avait manifesté sa volonté de dominer les mers comme le continent et il avait confié à son ministre Colbert le soin de créer une marine digne de ce nom, rivale des marines anglaise et hollandaise.

Colbert avait d'abord acheté des navires à l'étranger avant de lancer une industrie navale en France même. Dès 1677, la France comptait 116 vaisseaux dont douze de premier rang, avec 74 à 120 canons. Au total plus de 6000 canons.

Les galères royales basées à Toulon étaient au nombre d'une quarantaine. Ces bateaux longs et bas, à un pont et deux mâts, étaient armés de canons à l'avant. À l'arrière, ils étaient surmontés du carrosse ou tabernacle, où se tenaient les officiers.

Chaque galère était placée sous le commandement de quatre officiers d'épée (des gentilshommes). Ils avaient sous leurs ordres une centaine de soldats, appelés bas-officiers, qui faisaient office de geôliers. Parmi eux les argousins, qui ferraient les galériens, et les pertuisaniers, qui surveillaient ceux-ci lors des corvées.

Les rameurs étaient des... esclaves turcs achetés sur les marchés de Livourne, de Gênes ou de Malte, ainsi que des condamnés de droit commun. À ceux-là s'ajoutaient de malheureux vagabonds, des huguenots ou encore des faux-saulniers, coupables de contrebande sur le sel. Ils dormaient ordinairement sur leur banc et vivaient dans une puanteur à peine supportable.

Saint Vincent de Paul s'était indigné mais en vain du sort de ces hommes. Leur malheur était le prix à payer pour la gloire de la « Royale », surnom encore actuel de la marine française.

27 septembre 1808 : Napoléon et Alexandre au congrès d'Erfurt
Du 27 septembre au 14 octobre 1808 se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l'initiative de Napoléon 1er. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche brillent par leur absence. Les fêtes s'enchaînent. Talma et la Comédie-Française jouent devant un «parterre de rois»

 

 

Derrière la fête, les complots
L'ambiance est quelque peu gâchée par les nouvelles de l'insurrection espagnole. Tout l'édifice européen laborieusement mis en place par Napoléon semble ébranlé. Le « Blocus continental » destiné à ruiner l'Angleterre risque de rester lettre morte. Et déjà l'Autriche relève la tête. 

Napoléon Ier veut aller en personne en Espagne combattre l'insurrection mais il a besoin d'assurer ses arrières avec le concours du tsar dont il s'est fait un allié à Tilsit. Dès le 27 septembre, une entrevue secrète est ménagée entre les deux souverains. Elle débouche sur une convention secrète en date du 12 octobre par laquelle l'empereur demande au tsar de s'engager à ses côtés contre l'Autriche si celle-ci reprend la guerre.

Mais ses efforts sont ruinés par Talleyrand. Après la rencontre de Tilsit, celui-ci a troqué son portefeuille de ministre des Relations Extérieures contre un titre ronflant mais vain de grand chambellan. Lucide, il est conscient de l'impasse dans laquelle s'engage Napoléon et préfèrerait, dans l'intérêt de la France et de l'équilibre européen, qu'il se rapproche de l'Autriche.

À défaut de le convaincre, il pousse Alexandre à lui résister. Arrivé à Erfurt un jour avant l'Empereur des Français, accueille le tsar par ces mots : « Sire, que venez-vous faire ici ? C'est à vous de sauver l'Europe, et vous n'y parviendrez qu'en tenant tête à Napoléon. Le peuple français est civilisé, son souverain ne l'est pas ; le souverain de Russie est civilisé, son peuple ne l'est pas ; c'est donc au souverain de la Russie d'être l'allié du peuple français » (d'après des confidences de Talleyrand à Metternich, rapportées par celui-ci dans ses Mémoires).

Après la fête, la guerre
Napoléon ne semble se douter de rien. Après le congrès, il part pour l'Espagne. L'Autriche, comme il pouvait s'y attendre, reprend les armes sans que la Russie s'y oppose. Napoléon repasse à la hâte le Rhin et écrase une nouvelle fois les Autrichiens à Wagram le 6 juillet 1809. 

Il sait dès lors à quoi s'en tenir concernant le tsar mais tente une nouvelle fois de l'amadouer en demandant un mois plus plus tard l'une de ses soeurs en mariage. Le tsar se dérobe et Talleyrand en profite pour arranger le mariage de l'empereur avec une archiduchesse autrichienne, Marie-Louise.

Les relations entre Paris et Saint-Pétersbourg commencent à sérieusement se dégrader, d'autant que le tsar voit monter les protestations des commerçants contre le blocus continental qui les empêche de commercer avec les Anglais et dans le même temps s'irrite de la renaissance d'une Pologne indépendante.

Pour s'assurer de la fermeture des ports du continent au commerce anglais, Napoléon annexe de proche en proche tous les États vassaux à la France. C'est le cas de la Hollande, des villes de la Hanse puis le 10 décembre 1810 du duché d'Oldenbourg dont le souverain n'est autre que le beau-frère du tsar. La guerre entre la Russie et la France apparaît inéluctable mais Napoléon, au regret de devoir la mener, va encore patienter dix-huit mois avant de s'y résoudre.

27 septembre 1822 : Champollion déchiffre les hiéroglyphes
Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, qui a fait à l'archéologie le sacrifice de sa santé et de sa jeunesse, perce le secret des hiéroglyphes.

Grâce aux inscriptions trilingues de la pierre de Rosette, il devance son rival anglais Thomas Young

Rivalité franco-britannique
Né à Figeac, dans le département du Lot, ce surdoué apprend très tôt de nombreuses langues anciennes et, poussé par la nécessité, devient professeur d'histoire. 

Il se passionne bientôt pour la civilisation des pharaons, mise à la mode par l'expédition en Égypte de Bonaparte, en 1798-1799.

En 1798, des soldats français découvrent à Rosette, dans le delta du Nil, une pierre noire gravée de trois textes dont l'un en grec ancien, un autre en démotique, une écriture égyptienne tardive, et le troisième en hiéroglyphes.

Jean-François Champollion (1790-1832)La pierre est embarquée sur un navire à destination de la France mais les Anglais l'interceptent et la transportent à Londres, au British Museum.

Elle va dès lors exciter la curiosité des savants, en particulier du jeune Champollion et d'un Anglais de quinze ans son aîné, Thomas Young. Young déchiffre la version démotique et découvre que les cartouches en hiéroglyphes contiennent les noms de divers pharaons.

Jean-François va plus loin. Il observe que le texte hiéroglyphique contient trois fois plus de signes que le texte grec ne compte de mots. Il en déduit que les hiéroglyphes (on en recense environ 5 000) ne sont pas seulement des idéogrammes, contrairement aux préjugés ambiants. Ils peuvent aussi dans un même texte servir de signe phonétique comme nos lettres de l'alphabet.

C'est ainsi qu'il déchiffre les noms de Cléopâtre, Ramsès et Thoutmosis le 14 septembre 1822. L'émotion le fait alors sombrer dans un état d'inconscience. Il révèle un peu plus tard sa découverte dans une lettre à l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres.

Jean-François Champollion meurt de surmenage à 42 ans, au milieu des honneurs, après avoir enfin visité l'Égypte, le pays de ses rêves.

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ça s'est passé un... 13 septembre

ça s'est passé un...

13 septembre

 

13 septembre 490 av. J.-C. : Petite victoire des Athéniens à Marathon
Le 13 septembre de l'an 490 av. J.-C., les Athéniens remportent à Marathon une victoire décisive sur les Perses.

Selon un récit tardif de Plutarque, le général Miltiade aurait envoyé un messager annoncer la victoire aux habitants d'Athènes. Le messager serait mort d'épuisement en arrivant sur l'Agora, au pied de l'Acropole, après 4 heures de course. Il aurait tout juste eu le temps de prononcer un seul mot avant de s'effondrer : « Nenikamen » (on écrit parfois « Nenikikame »), ce qui veut dire : « Nous avons gagné ». 

Coureur grecCe récit est une déformation du récit d'Hérodote (Histoires, VI, 105-106), lequel rapporte qu'un messager du nom de Philippidès aurait été envoyé à Sparte, avant la bataille, pour  solliciter l'aide de la cité. 

Il est à l'origine de l'épreuve la plus prestigieuse des Jeux Olympiques modernes. Le premier marathon olympique est remporté à Athènes en 1896 par le berger Spiridon Louis (24 ans) sur les 40 kilomètres qui séparent l'antique champ de bataille du stade d'Athènes. À l'occasion des Jeux de Londres, en 1908, sa distance a été portée à 42,195 kilomètres afin que les coureurs puissent partir de la cour du château royal de Windsor.

Aujourd'hui encore, dans la plaine de Marathon, on honore le tumulus sous lequel reposent 192 soldats athéniens. Sous un autre tumulus reposeraient 6400 Perses. Sans doute les plus anciens cimetières militaires de l'Histoire...

L'affaire se résout par une modeste charge militaire mais elle n'en suscite pas moins une grande émotion dans toute la Grèce et va bouleverser l'équilibre géopolitique de la région... Il n'est pas interdit de comparer cette bataille à la canonnade de Valmy (1792), elle aussi modeste mais d'une immense portée politique !

Désordres en Asie mineure
 

Guerrier, frise murale de PersépolisTout commence une génération plus tôt, en 522 av. J.-C., lorsque Darius 1er succède à Cyrus le Grand et Cambyse sur le trône des Achéménides, issu du clan royal des Axamanisiya.

Le « Grand Roi » des Perses et des Mèdes doit faire face dès son avènement à une grave crise de succession. Ses difficultés encouragent les cités grecques d'Asie mineure à rejeter la tutelle perse.

Les Athéniens traversent la mer Égée et se portent à leur secours. Ils débarquent en Asie mineure et brûlent la ville de Sardes.

C'est plus que n'en peut supporter Darius 1er. Après avoir battu les Athéniens près de la rivière Halys, il brûle à son tour Milet et déporte ses habitants en Mésopotamie. Puis il envoie sa flotte vers la Grèce sous le commandement de son gendre Mardonios. Mais la flotte est détruite par la tempête en 492 av. J.-C., non loin du Mont Athos. 300 navires et 20 000 hommes sont portés disparus.

Les Perses en quête de vengeance
La deuxième tentative est la bonne. Sous le commandement des généraux Datis et Artapherne, les Perses et leurs alliés, les Mèdes, débarquent dans la plaine de Marathon, plaine côtière de dix kilomètres de long sur cinq de large, à 35 km d'Athènes environ, de l'autre côté de la presqu'île de l'Attique.

Ils ont été guidés là par un Athénien, Hippias, fils de l'ancien tyran Pisistrate. Ostracisé par ses concitoyens, il a trouvé refuge auprès du « Grand Roi » et s'est mis à son service...

Phalange athénienne et hoplites (vase du VIIe siècle de la Villa Giulia, Rome)

Les envahisseurs sont 100.000 selon la tradition, plus vraisemblablement 20 000. Parmi eux les redoutables Immortels, troupe d'élite du Roi des Rois. Ils ne trouvent en face d'eux que l'armée des citoyens d'Athènes, au nombre de 10 000. Les autres cités grecques ont fait défection, à l'exception de Platées, en Béotie, qui a envoyé un millier d'hommes.

D'après le récit d'Hérodote (Histoires, VI, 102-119), les stratèges ont envoyé à Sparte un messager du nom de Philippidès pour quérir leur soutien. Il aurait parcouru les deux cents kilomètres qui séparent les deux cités en une journée. Les Spartiates se montrèrent disposés à combattre aux côtés des Athéniens mais devaient, selon leur loi, attendre la pleine lune pour se mobiliser...

À Marathon, les dix stratèges se divisèrent entre les partisans d'une action immédiate, conduits par Miltiade, et les partisans de la temporisation, désireux d'attendre leurs alliés. C'est finalement le polémarque Callimaque, commmandant des armées désigné par le sort, qui les départagea en prenant le parti de Miltiade. Les stratèges, chargés de commander à tour de rôle, jour après jour, se désistent l'un après l'autre en sa faveur. Le quatrième jour, enfin, Miltiade choisit de lancer l'attaque.

Les Athéniens et leurs alliés platéens surmontent leur faiblesse numérique. Ils évitent le traditionnel corps à corps désordonné des batailles antiques et se mettent en rang, puis ils chargent les Perses au pas de course, sans se laisser impressionner par leurs impressionnantes armures et leurs flèches.

Aristophane décrira la charge dans Les Guêpes : « Courant avec la lance, avec le bouclier, nous sommes allés à leur rencontre, tout emplis d'une forte colère, en nous mordant la lèvre de fureur. Sous la nuée de flèches, on ne pouvait plus voir le soleil ».

Le centre de l'armée athénienne, trop mince, est enfoncé par les Perses. Mais les Platéens, sur l'aile gauche, et les Athéniens commandés par Callimaque, sur l'aile droite, ont raison de leurs adversaires. Ils réussissent à envelopper l'armée perse et même à se rapprocher des navires perses et les menacer.

Décontenancés par cette nouvelle manière de faire (la première bataille rangée de l'Histoire), les envahisseurs rembarquent sans demander leur reste. Mais c'est avec l'intention de contourner l'Attique par le cap Sounion et de débarquer à Athènes, en profitant de ce qu'elle est sans défense !

Miltiade les prend de vitesse. Avec les héros de Marathon, il traverse l'Attique à marche forcée et arrive à Athènes tandis que la flotte ennemie apparaît au large. Se voyant devancés, les Perses renoncent à poursuivre leur offensive et rebroussent chemin.

Le premier marathon
Selon un récit tardif de Plutarque (1er siècle de notre ère), Miltiade aurait sans attendre envoyé un messager annoncer la victoire aux habitants d'Athènes, voulant à la fois les rassurer et les mettre en garde contre un débarquement de la flotte perse près de la ville.
Le messager meurt d'épuisement en arrivant sur l'Agora, au pied de l'Acropole, après quatre heures de course. Il aurait tout juste eu le temps de prononcer un mot avant de s'effondrer : « Nenikamen » (on écrit parfois « Nenikikame »), ce qui veut dire : « Nous avons gagné ».
Ce récit est une déformation du récit d'Hérodote (Histoires, VI, 105-106), lequel rapporte qu'un messager du nom de Philippidès aurait été envoyé à Sparte, avant la bataille, pour solliciter l'aide de la cité. La postérité a confondu le messager de Miltiade avec Philippidès.
Le souvenir de ce coureur est à l'origine de l'épreuve la plus prestigieuse des Jeux Olympiques de l'ère moderne, le marathon.

Le soldate de Marathon, Philippidès annonce la victoire (Luc-Olivier Merson, 1869, coll. part.)

Retentissement
La bataille de Marathon marque la fin de la première guerre médique. Bien que de faible importance par les effectifs engagés et la portée militaire, elle a un retentissement moral considérable.

Le tombeau de Darius 1er, dans une falaise de 22 mètres de haut, est décoré de bas-reliefs évoquant le Dieu Ahura-MazdaLa Grèce est sauvée grâce à Athènes et la cité asseoit son hégémonie sur ses voisines en prenant la tête de la confédération de Délos, du nom d'une île sacrée où sont conservés les trésors communs à la confédération.

Sous l'impulsion de Thémistocle, le chef du parti populaire, Athènes va aussi se préparer à un nouvel affrontement avec les Perses.

En Perse, cependant, Xerxès succède à son père Darius 1er en 486 av. J.-C. Il prend le temps de réprimer une révolte en Égypte avant de reprendre la guerre contre la Grèce. Cette seconde guerre médique s'achèvera encore au désavantage des Perses à Salamine.

Le premier cimetière militaire de l'Histoire
Aujourd'hui encore, dans la plaine de Marathon, on honore le tumulus sous lequel reposent 192 soldats athéniens. Sous un autre tumulus reposeraient 6400 Perses. Sans doute s'agit-il des plus anciens cimetières militaires de l'Histoire.

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ça s'est passé un... 6 septembre

ça s'est passé un...
6 septembre

 


6 septembre 1522 : Le tour du monde de Magellan et Del Caño
Le 6 septembre 1522, au coucher du soleil, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. À son bord, 18 hommes épuisés, conduits par le basque Sébastian Del Cano (un ancien bagnard).

C'est tout ce qui reste des 5 caravelles et des 265 marins qui ont quitté l'Espagne trois ans auparavant, en direction de l'ouest, sous la direction de Fernand de Magellan...

 

6 septembre 1689 : Traité sino-russe de Nertchinsk
Le 6 septembre 1689, par le traité de Nertchinsk, les Chinois rejettent les Russes bien au-delà du fleuve Amour. Grâce à l'artillerie mise au point avec le concours des missionnaires jésuites, l'empereur Kangxi (ou K'ang-hi) a pu quatre ans plus tôt s'emparer du fort russe d'Albazin, sur le fleuve Amour.

6 septembre 1901 : McKinley assassiné !
Le 6 septembre 1901, le président américain William McKinley (58 ans) arrive à Buffalo, dans l'État de New York, pour inaugurer la Pan-American Exposition.

Avocat originaire de l'Ohio, d'abord élu à la Chambre des Représentants, McKinley s'est signalé le 1er octobre 1890 par la mise au vote d'une grande loi protectionniste qui porte son nom, le « McKinley Tariff » : elle porte à 50% en moyenne les tarifs douaniers sur les importations.

McKinley est élu une première fois à la présidence des États-Unis en novembre 1896 sous l'étiquette républicaine. Il engage contre l'Espagne une guerre très profitable qui marque le début de l'impérialisme américain et lui vaut une réélection triomphale.

C'est donc l'esprit serein, impeccablement vêtu comme à son habitude, qu'il se rend à Buffalo. Après un discours d'inauguration, il assiste en fin d'après-midi à une fête au Temple de la Musique et serre les mains du public quand il tombe en arrière, frappé de deux balles en pleine poitrine.

L'assassin est un ouvrier anarchiste au chômage d'origine polonaise, Leon Czolgosz (28 ans), qui voyait dans le Président un « ennemi du peuple ». Il sera électrocuté le 29 octobre suivant.

McKinley en s'écroulant, murmure à son secrétaire : « My wife, be careful, Cortelyou, how you tell her - oh, be careful » (« Ma femme, faites attention en lui disant la nouvelle, Cortelyou, faites attention »). Il meurt après une semaine d'agonie. Le vice-président Théodore Roosevelt (42 ans), qui lui succède, va poursuivre sa « diplomatie du gros bâton » (« Speak softly and carry a big stick » ; en français : « Parlez avec douceur mais portez un gros bâton »).

6 septembre 1914 : La première bataille de la Marne
Le 6 septembre 1914, un mois après la percée allemande en Belgique, le général Joseph Joffre et le général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris, lancent sur le flanc ennemi la VIe armée du général Maunoury. Celle-ci oblige les généraux von Kluck et von Bülow à battre en retraite vers l'Aisne.

Grâce à cette contre-offensive de la Marne, les Français échappent à une défaite sans rémission (une seconde bataille de la Marne aura lieu à la fin de la guerre, en juillet 1918).

Un désastre imminent
 

Défait dans la « bataille des frontières » (14-24 août) faute d'avoir su anticiper les intentions ennemies, le commandant en chef des armées du nord et du nord-est, Joseph Joffre (62 ans) organise toutefois une retraite générale en bon ordre...

Et déjà la propagande se met en branle pour atténuer l'impact du drame sur les esprits, avec, le 28 août, un communiqué du grand quartier général signé de Joffre qui énonce : « la situation de la Somme aux Vosges est restée ce qu'elle était hier », une façon de révéler sans le dire que l'ennemi avait franchi la frontière !

Le 30 août, Paris connaît le premier bombardement aérien de l'Histoire : un modeste monoplan allemand survole la ville et largue une banderole avec la mention : « Parisiens, rendez-vous, les Allemands sont à vos portes » ainsi que quelques bombes qui ont fait deux morts !

Les Français voient se profiler le spectre d'une nouvelle défaite comme en 1870.

Joseph Maunoury, Maréchal de France à titre posthume ( 17 décembre

1847, Maintenon ; 28 mars 1923, Artenay)Les civils du nord de la France suivent les troupes sur les routes de l'exode. Cinq cent mille Parisiens les imitent et quittent la capitale, qui ne compte plus que 1,8 million d'habitants.

Le gouvernement lui-même donne le mauvais exemple en partant pour Bordeaux le 3 septembre et en laissant les clés de la capitale au général Joseph Gallieni (65 ans), gouverneur militaire.

Celui-ci rassemble toutes les troupes disponibles et constitue hâtivement une sixième armée, sous le commandement du général Maunoury, pour assurer la défense de Paris. Les Allemands sont à ce moment-là à Chelles, à 30 kilomètres au nord-est.

Le péché d'orgueil allemand
Alors survient la faute. Les Allemands, sûrs de leur victoire, retirent deux divisions pour les envoyer vers le front russe où se livre la bataille de Tannenberg. Du coup, le général Alexander von Kluck, qui commande la Ière armée allemande, à l'extrémité de l'aile droite, renonce à contourner Paris par l'ouest et encercler la capitale. Il infléchit sa marche vers la Marne et l'Ourcq, au sud-est. Erreur fatale. En présentant son flanc à l'ennemi, l'armée allemande se met en position de faiblesse.

Le 31 août, un officier de cavalerie français, le capitaine Lepic, constate au cours d'une reconnaissance au nord-ouest de Compiègne, que l'avant-garde de von Kluck a infléchi sa marche vers Meaux, à l'est de Paris. Le 4 septembre, un avion de reconnaissance confirme ses observations.

Le coup d'oeil de Gallieni
Gallieni, aussitôt informé, y voit l'opportunité d'une contre-offensive de la dernière chance. Il convainc Joffre de lancer sur le flanc ennemi une contre-attaque avec la VIe armée de Maunoury, à peine formée.

L'invasion est stoppée net par cette contre-offensive de la Marne, du 6 au 9 septembre, avec des pertes énormes des deux côtés et au prix d'un effort surhumain de la part des fantassins français, épuisés par la retraite. Les Français, soulagés, échappent à une défaite sans rémission.

Les Ière et IIe armées allemandes de von Kluck et von Bülow battent à leur tour en retraite vers l'Aisne, où elles vont s'enterrer dans de solides tranchées pour ne plus reculer. Les Français, faute de pouvoir les déloger, font de même.

Les troupes allemandes et françaises tentent de se déborder l'une l'autre par l'ouest. C'est la « course à la mer ». Mais personne n'arrive à percer le front. Le front franco-allemand se stabilise dans la boue, de la mer du nord aux Vosges, sur 750 km.

On ne sait pas encore que cette situation va durer quatre longues et terribles années !... Notons qu'un morceau de la Belgique reste hors de portée des Allemands grâce à la résistance héroïque des Belges sur le front de l'Yser (16-31 octobre), sous le commandement du « roi-chevalier » Albert Ier.

Charge à la baïonnette des fantassins français (septembre 1914)

Le mythe des « taxis de la Marne »
La chronique retient la réquisition des taxis parisiens sur ordre de Gallieni, le 6 septembre 1914, afin de suppléer au manque de trains.

En l'espace d'une nuit, 630 taxis partis de l’esplanade des Invalides acheminent à une vitesse moyenne de 25 km/h trois mille soldats des 103e et 104e R.I. jusqu’à Silly-le-Long et Nanteuil-le-Haudouin, à une centaine de kilomètres de Paris.

Les chauffeurs seront très correctement rémunérés par l'administration pour leur disponibilité. Magnifiée par la presse, cette opération somme toute très anecdotique va symboliser aux yeux des Français l'engagement de la Nation aux côtés de ses soldats.

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