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c'est arrive ce jour

ça s'est passé un... 31 octobre

ça s'est passé un...

31 octobre

31 octobre 1512 : Inauguration de la Sixtine
Le 31 octobre 1512 est inaugurée la fresque de la chapelle Sixtine, oeuvre maîtresse de Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti)...

Suite de l'article

31 octobre 1517 : Les 95 thèses de Luther


Le 31 octobre 1517, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, en Saxe, un moine allemand affiche 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps. Sans s'en douter, Martin Luther va briser l'unité de l'Église catholique et jeter les bases du protestantisme

Excommunié trois ans plus tard, il entraîne la majorité de l'Allemagne et de ses princes à se rebeller contre le pape et se convertir à sa doctrine. Aujourd'hui, le luthérianisme est pratiqué par 65 millions de fidèles, essentiellement en Allemagne et dans les pays germaniques...

31 octobre 1664 : La bataille de Jijel
En 1664, sur ordre du jeune roi Louis XIV, un corps expéditionnaire français tente de prendre pied à Jijel, en petite Kabylie, afin de mettre fin au piratage barbaresque. L'expédition débouche sur un fiasco complet sur lequel le Roi-Soleil veillera à imposer un pudique silence...

Sur ordre du jeune roi de France Louis XIV, un corps expéditionnaire de 6 500 hommes appareille de Toulon le 2 juillet 1664. Trois semaines plus tard, il mouille devant Jijel (ou Djidjelli), en petite Kabylie, à mi-distance d'Alger et de Tunis.

Il a pour mission d'occuper le littoral afin de mettre fin au piratage exercé par les Barbaresques des régences d'Alger, Tunis et Tripoli, avec la complaisance de leur suzerain ottoman.

C'est la première tentative française de conquête de cette région appelée « Berbérie » (aujourd'hui l'Algérie). Elle va s'achever sur un fiasco que le Roi-Soleil se gardera d'ébruiter  (l'écrivain Jean Teulé rappelle le drame dans Le Montespan).

André Larané

Combat d'un vaisseau français et de deux galères barbaresques, par Théodore Gudin (1802-1880)
 

Rivalités personnelles et hostilité religieuse
L'expédition est placée sous le commandement du duc de Beaufort, cousin du roi. Sous ses ordres, le comte de Gadagne dirige l'armée et le chevalier Paul la flotte. Il est secondé par Abraham Duquesne. 

Les Français pénètrent sans difficulté dans la ville kabyle mais heurtent très vite les sentiments de la population en occupant un marabout (lieu saint musulman) et un cimetière. Révoltés, les habitants entrent en résistance et multiplient les escarmouches contre l'occupant. Ils reçoivent le soutien de janissaires venus d'Alger.

Dans le camp français, des dissensions se font jour entre le duc de Beaufort et le comte de Gadagne. Le 22 octobre, le premier est rappelé en France par son royal cousin. Dans le même temps arrivent de Toulon quatre vaisseaux chargés de ravitaillement et de troupes de renfort, sous les ordres du marquis de Martel. 

Mais c'est trop tard. Assiégés dans la ville de Jijel, les Français prennent le parti de se retirer. C'est chose faite le 31 octobre 1664. Les navires du marquis de Martel embarquent à la hâte les rescapés du siège...

Le Drame de La Lune
Parmi les navires de Jijel figure un grand et vieux vaisseau, La Lune. Il se présente le 5 novembre en rade de Toulon, chargé de près d'un millier d'hommes et faisant eau de toutes parts. Son arrivée piteuse à Toulon met en lumière le fiasco de Jijel.

Pour éviter le scandale, l'Intendant général de la Marine prend prétexte d'une épidémie de peste et ordonne à La Lune de se rendre en quarantaine aux îles d'Hyères voisines. Le rafiot n'a pas le temps d'y arriver. Il se casse littéralement en deux et coule d'un bloc avec ses passagers et son équipage à l'extrémité de la rade de Toulon. On recense tout au plus quarante survivants parmi lesquels le capitaine du navire, le commandeur de Verdille (80 ans), qui a pu s'agripper à une planche.

Menée à bien en 2013, l'exploration archéologique du vieux vaisseau a fourni de précieuses indications aux historiens sur la marine du Grand Siècle.

Changement de cap
Vingt ans après l'expédition malheureuse de Jijel, la piraterie barbaresque continue d'entretenir l'insécurité dans la Méditerranée. Depuis que les Anglais ont bombardé le port de Tripoli en 1675, elle s'en prend plus particulièrement aux navires battant pavillon français. 

Abraham Duquesne (1610, Dieppe ; 2 février 1688, Paris), par Antoine Graincourt, Cercle militaire de VersaillesLe Roi-Soleil, au sommet de sa puissance, ne supporte pas que ses navires soient ainsi menacés. Il demande à Abraham Duquesne d'en finir.

Celui-ci, devenu entretemps lieutenant général des armées navales (le titre d'amiral lui est interdit du fait de sa foi protestante), prend prétexte de la capture d'un navire français en 1682 et de la vente de son équipage sur le marché d'esclaves d'Alger.

Le 26 juin 1683, le premier bombardement du port par Duquesne et ses galiotes à bombes (mortiers) permet de libérer des esclaves et d’entamer des pourparlers avec le dey Hassan.

Mais il s'ensuit une révolution de palais qui débouche sur... la reprise de la piraterie et l'arrestation de quelques résidents français dont le consul à Alger, le père Jean Le Vacher. Celui-ci est attaché devant la bouche du canon Baba-Merzoug qui le pulvérise. Seize autres Français sont exécutés de la même façon le 28 juillet.

Duquesne réplique par un intense bombardement jusqu’à obliger le lendemain le dey à libérer d’autres esclaves et envoyer un émissaire à Louis XIV pour lui demander pardon. L'honneur est sauf.

31 octobre 1756 : Casanova s'évade des Plombs de Venise
Le 31 octobre 1756, Giovanni Jacopo Casanova (31 ans) s'évade des Plombs de Venise. C'est le début pour lui d'une longue vie d'aventurier mondain. Ses Mémoires posthumes recueilleront un très vif succès dès leur publication en 1826-1838.

31 octobre 1925 : Avènement de la dynastie iranienne des Pahlévi
Le 31 octobre 1925, la Perse se donne un nouvel empereur sous le nom de Réza chah Pahlévi (en anglais : Reza shah Pahlavi). C'est un officier de 47 ans qui a accédé à la tête du gouvernement quelques années plus tôt. Avec énergie, il a restauré des structures étatiques dans un empire qui n'était plus que l'ombre de lui-même. Il se fait couronner chah in chah (« Roi des Rois ») en lieu et place du représentant de la dynastie Qadjar...

Les religieux chiites, très influents et hostiles aux formes républicaines de gouvernement, vont lui demander de se faire couronner chah in chah (« Roi des Rois ») en lieu et place du représentant de la dynastie Qadjar. La nouvelle dynastie Pahlévi va perdurer pendant un demi-siècle, sous son autorité et celle de son fils. Elle va rendre à la Perse, devenue l'Iran, toute sa place au coeur du Moyen-Orient.

Alban Dignat
Un empire à la dérive
L'empire perse a jeté ses derniers feux sous la dynastie séfévide puis, après une longue période de déliquescence, il est tombé au XIXe siècle sous la coupe d'une dynastie d'origine turque, les Qadjars.  Il a alors végété sans même qu'une puissance européenne éprouve l'envie de s'en emparer ! Les Qdjars ont abandonné Ispahan et déplacé leur capitale à Téhéran, une ville terne, coupée du reste du monde, sans une administration digne de ce nom.

Émus par la défaite de la Russie face au Japon en 1905, quelques intellectuels nationalistes décident de se remuer. Ils imposent au souverain, le 6 août 1906, la convocation d'une assemblée nationale constituante. Un Parlement (Majlis) entre en fonction à la fin de l'année. C'est le premier Parlement du Moyen-Orient. Ainsi les Iraniens prennent-ils de vitesse leurs voisins turcs qui ne feront leur révolution qu'en 1908 !

Las, c'est le moment où Anglais et Russes s'intéressent à l'Iran. Par l'accord du 31 août 1907, ils se partagent le pays en zones d'influence et mettent un terme à l'aventure libérale. Leur intérêt pour le pays s'accroît brusquement avec la découverte le 26 mai 1908 d'un gisement de pétrole ! L'année suivante est créée l'Anglo-Iranian Oil Company. C'en est fini de l'isolement de la Perse.

Sursaut dynastique
Après la Première Guerre mondiale, un officier énergique restaure un semblant d'ordre avec le concours des Anglais et chasse les bolcheviques russes. Il exerce les fonctions de Premier ministre puis, les religieux ne voulant pas d'une république, se fait couronner le 31 octobre 1925 sous le nom de Réza chah Pahlévi.

Réza chah Pahlévi (Alasht, 16 mars 1878 - Johannesburg, 26 juillet 1944)

Grand admirateur de son contemporain, le général turc Moustafa Kémal, le nouveau souverain va, comme lui, entreprendre à marches forcées la modernisation de son pays. Ainsi embellit-il autant que faire se peut sa capitale Téhéran. Il prescrit aux citadins des costumes à l'occidentale, interdit le voile féminin, impose l'usage d'un patronyme en complément du prénom usuel.

Il met en place une administration copiée de l'Occident et un système judiciaire indépendant des juges religieux, ouvre une Université et lance la construction d'infrastructures (routes, chemins de fer...). En 1935, il change par décret royal le nom du pays, pour le tourner résolument vers l'avenir : la Perse devient l'Iran. Le 7 janvier 1937, il instaure la « journée des femmes » et prohibe le port du voile dans les lieux publics.

Dans les années 30, le chah, comme la plupart des dirigeants du Moyen-Orient, cache mal ses sympathies pour Hitler, qui a le mérite à ses yeux de s'opposer aux Anglo-Saxons et aux Russes ! Pendant la Seconde Guerre mondiale, comme il refuse à l'Angleterre et à l'URSS d'acheminer du matériel à travers l'Iran, son pays est envahi le 25 août 1941 et lui-même doit abdiquer au profit de son fils Mohammed (22 ans), lequel sera chassé à son tour par la révolution islamique de 1978.

Le régime iranien est affaibli par l'occupation étrangère, la reprise de leur autonomie par certaines tribus nomades et le réveil de mouvements religieux et politiques interdits par son père. Mais en 1946, la première résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU ordonne à l'Armée Rouge de quitter l'Iran. Le pays va-t-il enfin retrouver la place qui lui est due dans le concert des nations, eu égard à sa longue et prestigieuse Histoire ? C'est compter sans l'avidité des Anglo-Saxons, qui ambitionnent de mettre la main sur ses ressources pétrolières...

Publié ou mis à jour le : 2021-10-29 04:43:49

31 octobre 1984 : Assassinat d'Indira Gandhi
Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi, Premier ministre de l'Union indienne, est assassinée par ses propres gardes du corps, des Sikhs ralliés à la cause indépendantiste...

Une héritière en politique
Fille unique du père de l'indépendance de l'Inde, Nehru, elle n'a aucun lien avec le mahatma Gandhi, mais doit son nom à son mari, Feroze Gandhi, avocat parsi, qu'elle épouse contre la volonté de sa famille.

Née en 1917, elle s'implique dès sa jeunesse dans la lutte, organisant à 12 ans un grand rassemblement d'enfants contre l'occupation britannique ! Après sa formation à Oxford, elle accompagne son père dans ses déplacements lorsqu'il devient Premier ministre de l'Union indienne, en 1947. En 1959, elle prend la présidence du parti du Congrès.

Lorsque son père meurt en 1964, elle entre dans le gouvernement de son successeur Lal Bahadur Shastri comme ministre de l'Information et de la Communication. En janvier 1966, elle devient à son tour Premier ministre, un poste qu'elle exerce jusqu'en 1977, puis de 1980 à sa mort.

À la tête de la plus grande démocratie du monde
Indira Gandhi (1917-1984)Elle poursuit l'œuvre de son père, dont elle reprend aussi volontiers le style autoritaire. Son objectif est de moderniser l'Inde, selon des principes inspirés par le socialisme.

La « révolution verte » prend son plein essor et permet à l'Inde de devenir autosuffisante sur le plan agricole, et même exportatrice.

Elle s'emploie aussi à renforcer la position de son pays sur la scène internationale et lance en 1967 un programme destiné à le doter de l'arme atomique. Le premier essai, réussi, a lieu en 1974.

Elle mène et remporte en décembre 1971 une guerre contre le Pakistan qui contraint ce dernier à reconnaître l'indépendance du Bangladesh. En conséquence du rapprochement entre la Chine, le Pakistan et les États-Unis, Indira Gandhi resserre les liens avec l'URSS, tout en continuant à défendre le non-alignement.

Scandales, pouvoir personnel et chute
En 1975, son élection au parlement est invalidée pour une série d'irrégularités. Refusant de démissionner, elle proclame l'état d'urgence et gouverne par décrets. La presse est censurée et les opposants sont arbitrairement emprisonnés, voire torturés. Une campagne pour limiter la croissance démographique dégénère et entraîne de nombreux cas de stérilisation forcée.

Deux ans plus tard, elle convoque des élections qu'elle est certaine de remporter. Énorme erreur ! Elles tournent au désastre pour le parti du Congrès, divisé, et Indira Gandhi n'est même pas réélue au Parlement.

S. Alagarsamy, Indira Gandhi, Premier ministre avec S. Alagarsamy, homme politique indien élu à l'Assemblée législative du Tamil Nadu. Agrandissement : Indira Gandhi sur les marches du musée national d'Helsinki, le 10 juin 1983.

Du retour en grâce à l'assassinat
C'est l'acharnement contre elle de ses adversaires qui va lui permettre de rebondir : elle est arrêtée pour avoir tenté d'assassiner des opposants et incarcérée pendant deux semaines. Mais son procès en 1979 lui permet de regagner sa popularité, alors que la coalition de ses rivaux implose. Les élections de janvier 1980 sont un triomphe pour le parti du Congrès, et Indira Gandhi redevient Premier ministre.

Son deuxième mandat est marqué par les tensions avec la communauté sikh, implantée surtout au Pendjab, au nord de l'Inde, qui revendique plus d'autonomie et commet plusieurs attentats. Adeptes d'une religion monothéiste vieille de cinq siècles seulement, les Sikhs, au nombre d'une quinzaine de millions, se sont acquis une réputation de redoutables guerriers dans leur combat contre les roitelets musulmans.

Le 5 juin 1984, l'armée indienne pénètre dans le temple sacré d'Amritsar où se sont retranchés plusieurs centaines de Sikhs, et ouvre le feu, faisant au total plusieurs centaines de morts, y compris parmi les pèlerins. Le drame est tenu secret par la presse. En vain.

C'est pour venger ce massacre que deux gardes du corps assassinent Indira Gandhi avec leurs armes de service dans le jardin de sa résidence, le 31 octobre 1984, alors qu'un cinéaste britannique, Peter Ustinov, réalise un documentaire sur le Premier ministre. En réaction, environ 3 000 Sikhs sont lynchés dans les jours qui suivent, aggravant encore les tensions religieuses.

Le fils d'Indira, Rajiv Gandhi, lui succède comme Premier ministre.

Mais il est également assassiné, par une kamikaze tamoul, le 21 mai 1991. Comme sa mère, il soutenait en effet le gouvernement du Sri-Lanka dans sa lutte contre le LTTE, les « tigres tamouls ». Aujourd'hui, sa femme, Sonia Gandhi, d'origine italienne, et son fils Rahul, poursuivent l'œuvre de la famille Nehru-Gandhi, dont les tragédies (qui incluent la mort en 1980 du fils cadet d'Indira, Sanjay, dans un accident d'avion) font des « Kennedy indiens ».

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28 octobre 1905 : mort du journaliste et humoriste Alphonse Allais

28 octobre 1905 : mort du journaliste
et humoriste Alphonse Allais

Le lendemain de la disparition de ce fils de pharmacien normand qui, débarquant à Paris à l’âge de 25 ans, était devenu collaborateur de la revue Le Chat noir et s’était alors fait promptement un nom connu de tout Paris, Le Figaro rend hommage au journaliste et humoriste né en 1853 dont on louait la plume acérée et l’humour absurde et caustique

 

Il y a des mots qui jurent d’être accouplés, et quand, hier soir, cette phrase courut le boulevard : « Allais est mort... », il ne sembla pas tout d’abord que la chose fût sérieuse, et possible ; on se demandait si ce n’était pas là une nouvelle que ce délicieux pince-sans-rire s’amusait à propager lui-même : sa dernière plaisanterie... écrit le journaliste Emile Berr le 29 octobre 1905.

Non. La nouvelle était vraie. Notre pauvre Allais était bien mort, et de la façon la plus simple et la plus lamentable du monde. Il résidait en province, depuis plusieurs années : le plus souvent, à Toulon ; de temps en temps, dans son pays, à Honfleur, près des siens ; on ne le voyait plus à Paris que rarement, quand l’y appelaient ses affaires. Il y était arrivé il y a deux jours, et était descendu dans un hôtel de la rue d’Amsterdam. Hier matin, en se levant, il se sentit indisposé. Il poussa un cri, et se rejeta sur son lit. Un domestique entra, courut à lui : il était mort d’une embolie au cœur.

Alphonse Allais lycéen

Il avait cinquante et un ans. Eut-il jamais des ambitions littéraires ? C’est douteux. Allais était un philosophe qui, je crois, n’attendait de la vie rien de considérable, et dont simplement la curiosité nonchalante s’amusait au spectacle des choses.

Le hasard de ses premières promenades à travers Paris avait conduit, il y a une vingtaine d’années, ce doux Normand parmi d’étranges clans littéraires où très vite sa glaciale bonne humeur fut goûtée. On le rencontra, en compagnie de Richepin, de Goudeau, d’Uzanne, d’André Gill, de Bouchor, chez les Hydropathes, et quelques années plus tard, chez Salis. Le fondateur du Chat-Noir [cabaret de Montmartre fondé en 1881 par Rodolphe Salis] avait pensé qu’on n’est jamais, en matière de publicité, mieux servi que par soi-même : à son illustre cabaret, Salis annexait bientôt un journal, et c’était Alphonse Allais qu’il chargeait de le rédiger. Au bout d’un mois, le petit bourgeois d’Honfleur était célèbre dans Montmartre ; au bout de six mois, la signature d’Allais était connue de tout Paris.

Du premier coup, sans nulle prétention, et comme à son insu, Allais venait de créer un genre. Il y avait eu, sans doute, avant lui, des chroniqueurs « drôles » ; mais il ne semblait pas que personne eût jamais été drôle de cette façon-là. C’était une manière neuve, un peu effarante, un peu folle, de regarder et de d’écrire ; une vision caricaturale de la vie, un parti pris de déraisonner logiquement, dont l’outrance contrastait, de la façon la plus comique, avec l’aspect même de l’écrivain : un jeune homme correctement vêtu, de mine modeste et sage, la barbe blonde et courte encadrant un visage allongé, rose, où luisaient deux petits yeux étonnés.

Peu bavard, mélancolique comme le sont la plupart des « écrivains gais », et pas bohème du tout. Ce garçon sérieux, dont chaque chronique nouvelle faisait rire Montmartre aux larmes pendant huit jours, menait, au milieu des jeunes gens dont il était devenu l’idole, la vie du plus rangé des étudiants : une chambrette à trente francs par mois, le menu modeste des restaurants de la Butte, une partie de manille après dîner suffisaient au bonheur quotidien de ce sage.

Alphonse Allais en 1900
 

Mais Paris le réclamait. Ses articles du Chat noir réunis en un volume, la Vie drôle, qui composait la première partie de ce qu’il appelait ses « œuvres anthumes », avaient eu un succès fou. Ses amis s’étaient cotisés pour faire imprimer l’ouvrage (devant l’audace de ces fantaisies, les éditeurs hésitaient !) ; en quelques semaines, huit mille exemplaires en étaient vendus. C’était l’argent qui venait enfin ; et la gloire. Le Gil Blas demandait à Allais des chroniques ; et presque aussitôt Fernand Xau, qui venait de fonder le Journal, invitait l’écrivain de la Vie drôle à créer chez lui, sous ce titre, la rubrique qu’il y aura illustrée pendant près de quinze ans.

Plus récemment, il avait été chargé de la rédaction « en chef » du Sourire ; et nous eûmes deux fois la joie de l’applaudir au théâtre : il écrivit en collaboration avec Alfred Capus la jolie comédie de l’Innocent, et avec Tristan Bernard un chef-d’œuvre de fantaisie folle, Silvérie ou les Fonds hollandais.

Il était allé habiter la province, pour s’y reposer, et se plaignait néanmoins, depuis quelque temps, du mauvais état de sa santé. Vendredi soir, Arsène Alexandre l’avait rencontré. Il lui demanda : « Vous allez mieux ? » Lui, froidement : « Non. Je mourrai demain. » Samedi matin il était mort.

 

 

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ÇA S'EST PASSÉ UN... 27 OCTOBRE

27 octobre 1806 : Napoléon Ier entre à Berlin
 

Le 27 octobre 1806, suite à ses victoires de Iéna et Auerstaedt, l'empereur Napoléon Ier entre à Berlin, capitale de la Prusse. C'est là qu'il va signer le décret instaurant le Blocus continental. La quatrième coalition, qui réunit l'Angleterre, la Russie et la Prusse, va définitivement s'effondrer l'année suivante après la défaite du tsar à Friedland et la conclusion du traité de Tilsit.


27 octobre 1870 : Bazaine capitule à Metz


Le 27 octobre 1870, le maréchal François Bazaine capitule à Metz avec son armée de 180.000 hommes, réduisant à néant les chances de sursaut de la France face à l'offensive allemande.

Il est vrai qu'il considère l'installation de la République en France comme un danger plus grand encore que la victoire ennemie et le démembrement prévisible du pays...

Ultime espoir des Français

Déclenchée par l'imprudence de Napoléon III, la guerre entre la France et la Prusse avait conduit deux mois plus tôt à la capture de l'empereur, à Sedan. L'armée de Bazaine était le dernier espoir de la France bien qu'elle fût assiégée à Metz par les Prussiens et leurs alliés allemands, lesquels assiégaient aussi Paris.

Après la capture de l'empereur, les Français, sans cesser de se battre, avaient instauré une IIIe République et Léon Gambetta avait échappé en ballon au siège de la capitale pour lever en province de nouvelles armées. Ces armées de volontaires, mal équipées et inexpérimentées, avaient du moins l'avantage du nombre, aussi longtemps que le gros des troupes ennemies était fixé autour de Metz et de Paris.

Une défection au parfum de trahison


Mais à Metz, le maréchal Bazaine refuse de se rallier au Gouvernement de la Défense nationale, par haine de la République.

Non content de demeurer inactif, voilà même qu'il entre en contact avec l'ex-impératrice Eugénie, par l'intermédiaire du général Bourbaki, peut-être dans l'espoir de restaurer l'Empire. Les négociations traînent en longueur. La disette s'installe dans la ville assiégée.

Bazaine considère l'avènement de la République comme un danger plus grand encore que la victoire ennemie et le démembrement prévisible du pays.

Il renonce en définitive à poursuivre le combat avec l'espoir d'obtenir de Bismarck le droit de se retirer au centre du pays et, une fois la paix revenue, « défendre l'ordre social contre les mauvaises passions ». La capitulation de Metz livre aux Allemands 3 maréchaux, 6 000 officiers et 173 000 soldats !

Chez les républicains, la reddition de Bazaine suscite la stupeur. Elle s'ajoute aux échecs du général Trochu dans ses tentatives de desserrer l'étau ennemi autour de la capitale. Elle réduit à néant la tentative de Léon Gambetta de résister à l'invasion. Ce dernier, qui tente d'organiser de nouvelles armées à partir de Tours, lance une proclamation où il accuse explicitement le maréchal Bazaine de trahison !

Épilogue
Bazaine, qui fut autrefois populaire en raison de ses états de service au Mexique, passe trois ans plus tard en Conseil de guerre. Condamné à mort, il est grâcié par le maréchal-président Mac-Mahon (celui qui a été battu à Sedan).

Bénéficiant d'obscures complicités, il trouvera en définitive le moyen de s'enfuir à l'étranger. Il mourra à Madrid en 1888 des suites d'un attentat commis par un individu venu de France.

André Larané
 

27 octobre 1940 : Le Manifeste de Brazzaville

De Gaulle et le Manifeste de Brazzaville
Le 27 octobre 1940, en réaction à la rencontre de Montoire, le général Charles de Gaulle lance un Manifeste de Brazzaville, capitale de l'Afrique Équatoriale Française (AEF). Par ce discours sobre et vigoureux, il affirme son autorité et annonce la constitution  d'un Conseil de Défense de l'Empire...

 

Le 27 octobre 1940, en réaction à la rencontre de Montoire, le général Charles de Gaulle lance un Manifeste de Brazzaville, capitale de l'Afrique Équatoriale Française (AEF). Par ce discours sobre et vigoureux, il affirme son autorité et annonce la constitution  d'un Conseil de Défense de l'Empire. Y figurent les principales personnalités qui l'ont déjà rejoint : le général Georges Catroux, l'amiral Muselier, le général Larminat, les gouverneurs Félix Éboué et Sautot, le colonel Philippe Leclerc de Hauteclocque, le médecin-général Sicé, le professeur René Cassin et le révérend-père Georges Thierry d'Argenlieu.

Charles de Gaulle prononçant un discours lors de l'ouverture de la Conférence de Brazzaville, le 30 janvier 1944

Pour Charles de Gaulle, ce séjour à Brazzaville est marqué aussi par la déclaration d'allégeance du général Georges Catroux, prestigieux militaire de 63 ans, général 5 étoiles, gouverneur général de l'Indochine en 1939. Démis de ses fonctions par le maréchal Pétain, il se rallie sans hésiter à la France Libre et se rend à Londres puis, sur ordre de Churchill, au Caire. D'aucuns le voient comme un rival possible de De Gaulle, simple général de brigade à titre provisoire (!), mais il va démentir ces supputations en retrouvant le chef de la France Libre à Brazzaville.

De Gaulle raconte la scène dans ses Mémoires de guerre avec une émotion non feinte : « Au repas, je levai mon verre en l'honneur de ce grand chef, à qui je portais, depuis toujours, une déférente amitié. Il répondit d'une façon très noble et très simple qu'il se plaçait sous ma direction. Eboué et tous les assistants connurent, non sans émotion, que, pour Catroux, de Gaulle était désormais, sorti de l'échelle des grades et investi d'un devoir qui ne se hiérarchisait pas. Nul ne se méprit sur le poids de l'exemple ainsi donné. »

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27 octobre 1274 : ordonnance de Philippe III le Hardi sur la profession d’avocat

27 octobre 1274 : ordonnance de
Philippe III le Hardi sur
la profession d’avocat

Fixant pour la première fois le tarif des honoraires des avocats, cette ordonnance impose à ces derniers l’obligation de plaider et conseiller avec soin, diligence et fidélité, de ne prendre et conserver les causes qu’autant et jusqu’à ce qu’elles apparaissent justes

Dès qu’il y eut des avocats, il y eut nécessite de régler la plaidoirie. À cet égard, nous trouvons au chapitre XIV, livre II des Établissements de Saint Louis, que l’avocat ne doit se charger que des causes justes et loyales, doit parler courtoisement, réfuter sans vilenie ne en fait, ne en dit. Ces établissements portent en outre que l’avocat ne doit faire nul marché avec celui pour qui il plaide, le plaid pendant, suivant la Loi quisquis, au Code de postulando.

Philippe le Hardi, par une ordonnance du 27 octobre 1274, régla que les salaires ou honoraires des avocats, seraient proportionnés au procès et au mérite de ce dernier, sans pouvoir néanmoins excéder 30 livres, qui était une somme considérable en ce temps-là. L’ordonnance ajoutait encore que les avocats, en prêtant serment tous les ans, jureraient de ne rien prendre au-delà de ces 30 livres directement ni indirectement, et que ceux qui auraient violé ce serment seraient notés de parjure et d’infamie, et exclus de plein droit de la fonction d’avocat, sauf au juge à les punir suivant la qualité du méfait.

Miniature extraite d’une édition du XVe siècle (2e ou 3e quart) du Livre de Jehan Boccace
[écrivain florentin du XIVe siècle] des cas des nobles hommes et femmes,
traduit de latin en français par moi Laurent de Premierfait, clerc du diocèse de Troyes

Philippe de Beaumanoir, dans ses Coutumes de Beauvaisis, écrites vers l’an 1283, où il traite les matières suivant l’ordre judiciaire qui s’observait alors, chap. V page 33, dit que les avocats peuvent prendre de la partie le salaire convenu, pourvu qu’ils ne passent pour une querelle, c’est-à-dire une cause, 30 livres suivant l’établissement du roi Philippe III ; que s’ils ne font point de marché avec ceux pour qui ils plaident, ils doivent être payés par journées, selon leur état, et que la cause est grande ou petite : car il n’est pas raisonnable, dit-il, qu’un avocat qui va à un cheval, ait aussi grande journée que celui qui va à deux chevaux, ou à trois, ou à plus, ni que celui qui fait peu ait autant que celui qui fait assez ; ni que celui qui plaide une petite cause ait autant que pour une grande. Que si le salaire n’a pas été convenu, et qu’il y ait à ce sujet contestation entre l’avocat et la partie, l’estimation doit être faite par le juge, selon ce qui lui paraît raisonnable.

Philippe le Bel, par une ordonnance de l’an 1291, défendit aux avocats de commettre aucune fraude au sujet de leurs salaires, et même d’exiger à l’occasion d’une affaire difficile un paiement plus considérable pour d’autres causes afin d’éviter la taxe. Philippe le Bel répétait plus explicitement les mêmes règles que celles édictées par Philippe le Hardi, en y ajoutant la défense de solliciter des intérêts frustratoires, de refuser des remises convenables, d’alléguer des faits faux

Dans des Lettres du 19 mars 1314, par lesquelles Louis Hutin confirma les privilèges de la province de Normandie, il ordonna qu’aucun avocat ne recevrait pour la plus grande cause au plus que 30 livres que dans les moindres causes, le salaire serait réglé par le juge, selon la qualité de la cause, l’usage du tribunal, les facultés du client et le mérite de l’avocat, et que chaque année les avocats feraient serment d’observer ce règlement. Le même prince rappela ce règlement dans d’autres Lettres qu’il donna l’année suivante, pour la même province.

L’ordonnance ou règlement fait par le Parlement, en 1344, concernant les avocats, porte entre autres choses que pour leur salaire, quelque grande que soit la cause, ils-ne recevront pas plus de 30 livres parisis ; qu’ils ne pourront recevoir au-delà en fraude de cette taxe, mais qu’ils pourront recevoir moins ; que pour les causes de moindre importance, et pour les plus petites, ils recevront beaucoup moins, selon la qualité de la cause et la condition des personnes ; enfin, qu’ils ne feront aucun pacte avec leurs clients pour se faire céder quelque portion de ce qui fait l’objet du procès. Le même règlement défend aux procureurs de faire aucun marché ou forfait, pour conduire une affaire, au préjudice du salaire des avocats.

Du Moulin, dans la compilation qu’il a faite des anciennes ordonnances et règlements, en rapportant celui-ci, suppose que l’honoraire des avocats ne pouvait excéder 10 livres tournois. Bouchel, en sa Bibliothèque, au mot avocat, dit aussi que par l’ancien serment que faisaient les avocats, ils promettaient de ne pas prendre plus de 10 livres, quelque grande que fût la cause.

Charles VII, dans une ordonnance du mois d’avril 1453, article 45, pour obvier aux fraudes, feintes, et recèlement que pourraient faire les procureurs, tant pour le salaire des avocats, qu’autres dépenses, ordonne que les parties ou procureurs « ne feront paiement aux avocats pour écritures, salvations ou contredits, avant la cause plaidée ou dument introduite (...) et que les salaires des avocats, tant pour plaidoiries, écritures, qu’autrement, seront modérés honnêtement eu égard aux ordonnances et observances anciennes, et pauvreté du peuple, de sorte que personne n’ait sujet de s’en plaindre. »

Cependant Brodeau, sur l’article 125 de la Coutume de Paris, fait mention d’un règlement du Parlement en 1465, qui ordonnait, conformément aux précédents règlements, que les avocats ne pourraient recevoir plus de 50 livres pour la conduite d’une cause.

Gravure sur bois de Pierre le Rouge extraite de
La danse macabre des hommes et des femmes (1486)


On trouve même plusieurs exemples d’honoraires d’avocats ayant été arbitrés en justice à des sommes plus fortes, eu égard au mérite du travail. Charles Du Moulin, en son Commentaire sur la règle de verisimili notitia, n°53, rapporte que du temps de Charles VII, la Cour taxa à Me Maréchal, ancien avocat, « la somme de 60 livres parisis pour des salvations très brièves ».

Dans la taxe des dépens au Parlement, la plaidoirie de l’avocat ne passe que pour trois livres sur une demande, et six livres sur un appel. Si la cause dure plusieurs audiences, on augmente la taxe de trois livres pour chaque audience. Les écritures passent aussi en taxe sur le pied de vingt sols le rôle. Mais ce règlement observé pour la taxe des dépens, n’empêche pas que les avocats ne puissent recevoir davantage, selon l’importance de la cause.

Les anciennes ordonnances ont qualifié de salaire la récompense que l’on donne aux avocats ; c’est ainsi que l’on qualifiait alors la récompense de tous les arts libéraux : mais dans la suite on a donné le nom d’honoraire à ce que les avocats reçoivent pour récompense de leur travail.

Les avocats s’engageaient par un serment à observer toutes les obligations qui leur étaient imposées relativement aux juges, aux plaideurs, à la partie adverse et à son défenseur. Philippe le Hardi, dans son ordonnance de 1274, article 4, veut que ce serment soit prêté sur les saints évangiles et renouvelé chaque année. Philippe le Bel, dans son ordonnance de 1291, répéta cette disposition, et établit de pus que ce lui qui se refuserait au serment, serait interdit du barreau jusqu’à ce qu’il l’eût prêté.

 

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26 octobre 1671 : découverte par Cassini d’un satellite de Saturne baptisé Japet

26 octobre 1671 : découverte par Cassini
d’un satellite de Saturne
baptisé Japet

Jean-Dominique Cassini, à qui Louis XIV venait de confier la direction de l’Observatoire de Paris, a la joie de découvrir cette nouvelle lune : ce troisième satellite de Saturne par la taille, après Titan et Rhéa, fut appelé Japet (Iapetus), nom d’un Titan, fils d’Ouranos et de Gaia et père d’Atlas, Prométhée et Épiméthée dans la mythologie grecque.

Images composite des deux hémisphères de Japet capturées par Cassini
respectivement en 2004 et 2007. © Crédit photo : www.futura-sciences.com
et Nasa, JPL, Space Science Institut

Quelle ne fut pas la surprise des observateurs de ne plus voir cet astre lors d’observations ultérieures, puis de le voir à nouveau, et ainsi de suite ! En fait, il était visible du côté ouest de la planète, mais invisible du côté est. Cassini a rapidement réalisé que Japet devait tourner autour de Saturne comme la Lune autour de la Terre et présenter toujours la même face à la planète. En raison des effets de marée, la période de révolution du satellite est égale à sa période de rotation et le même hémisphère est toujours tourné vers l’avant.

Cassini a alors imaginé que la face avant était noire et sombre, et la face arrière brillante et blanche. Ce n’est qu’en 1705, en utilisant un nouveau télescope, que Cassini finit par apercevoir Japet du côté est. Il constata alors qu’il était beaucoup moins lumineux de ce côté-là, ce qui confortait son explication. Plus de trois siècles plus tard, les photographies des sondes Voyager et Cassini ont confirmé que cette interprétation était la bonne.

Japet est devenu au XXe siècle un objet de prédilection des auteurs de science-fiction. Plusieurs ont considéré cet astre unique dans le système solaire comme un lieu de rendez-vous ou un point de repère. Certains lui ont même attribué le rôle d’une boîte aux lettres où des extraterrestres auraient déposé des messages à notre intention. Ces auteurs trouvaient cet endroit si remarquable qu’ils imaginaient que nous irions sur place dès que nous en aurions les moyens techniques !

Cette grande lune de Saturne a une orbite assez inhabituelle. Le plan de sa trajectoire est incliné de 18,5° sur l’équateur de Saturne. Les anneaux sont donc bien visibles de sa surface. Par contre, sur le sol des autres gros satellites qui sont dans le plan équatorial de Saturne, on ne peut apercevoir les anneaux que par la tranche. Japet est donc le meilleur endroit pour apprécier la beauté de la planète et des anneaux. Vue de Japet, la planète Saturne a quatre fois la taille apparente de la Lune vue de la Terre.

Hormis l’immense partie sombre qui couvre 40 % de sa surface et qui, en hommage au découvreur, a été baptisée Cassini Regio, les formations remarquables portent le nom des personnages de la Chanson de Roland, comme les cratères Charlemagne, Baligant ou encore Roland.

Saturne vue par la sonde Cassini le 13 septembre 2017. La sonde se dirigeait vers
la planète pour son plongeon final. © Crédit photo : www.futura-sciences.com
et Nasa, JPL-Caltech, SSI, Jason Major

Lors du survol de Japet le 22 août 1981, la sonde Voyager 2 nous a montré que Jean-Dominique Cassini ne s’était pas trompé. Ce satellite, couvert de cratères d’impact, possède une face avant très sombre et une face arrière glacée et six fois plus brillante. Les pôles sont eux aussi très brillants. Ce satellite ressemble à une énorme balle de tennis dont les deux sections seraient de nature différente. La partie noire réfléchit en de nombreux endroits moins de 5 % de la lumière, tandis que la partie la plus blanche, qui réfléchit plus de 60 % de la lumière, est aussi brillante que le satellite Europe.

En fait, tous les satellites du système solaire sont dissymétriques, à commencer par la Lune qui présente à la Terre un hémisphère relativement lisse alors que la face cachée est criblée de cratères. Cette dissymétrie se manifeste quelquefois entre la face avant et la face arrière, et parfois entre la face tournée vers la planète et la face cachée. L’origine en est souvent mal comprise. Ce caractère est plus ou moins marqué d’un astre à l’autre. Japet est un exemple extrême avec une partie brillante en moyenne six fois plus lumineuse que la partie sombre.

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24 octobre 1870 Crémieux francise les juifs d'Algérie

24 octobre 1870
Crémieux francise les juifs d'Algérie



Le 24 octobre 1870, en pleine guerre franco-prussienne, un décret supprime le régime militaire sous lequel est placé l'Algérie. Dans une perspective d'assimilation, il lui substitue un régime civil et surtout donne la citoyenneté française aux 37 000 juifs d'Algérie.

Dans la foulée, les colons originaires d'Europe (Italie, Espagne, Malte...) sont aussi francisés en bloc. Quant aux musulmans d'Algérie, ils sont maintenus dans le statut d'indigène. C'est le début d'une fracture douloureuse et irréductible entre les deux communautés...

André Larané


L'une des premières décisions de la République
 

Adolphe Crémieux (30 avril 1796, Nîmes ; 10 février 1880, Paris), Nadar, 1856, Getty Musum. Agrandissement : Portrait d'Adolphe Crémieux, Lecomte du Nouÿ, 1878, Paris, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme

.Le décret concernant les juifs d'Algérie est promulgué à Tours, où s'est réfugié le gouvernement de la Défense nationale qui a succédé à l'Empire après la défaite de Sedan. Il peut être considéré comme l'une des premières grandes mesures de la IIIe République.

Sa paternité en revient au ministre de la Justice, Isaac Adolphe Crémieux, l'un des chefs du parti républicain. C'est le fils d'un commerçant juif de Nîmes.

Juriste et philanthrope de 74 ans, il bénéficie d'une grande réputation d'intégrité dans le pays.

En 1863, suite à l'émotion soulevée par l'affaire Mortara, il a participé à la création de l'« Alliance israélite universelle » et a été porté à sa présidence, avec l'objectif de protéger les juifs où qu'ils soient.

Du royaume arabe à la colonie
Dans les années 1860, prenant acte de la fin de la conquête de l'Algérie, Napoléon III préconisait l'instauration d'un royaume arabe sous protectorat français, un peu comme il en ira plus tard avec le royaume du Maroc. Lui-même aurait eu le titre de « roi des Arabes ».

Par le senatus-consulte (décret impérial) du 14 juillet 1865, d'une grande générosité, les musulmans d'Algérie se voient reconnaître la nationalité française sans qu'il leur soit nécessaire de renoncer à la loi coranique : « L'indigène musulman est Français, néanmoins il continuera d'être régi par la loi musulmane. Il peut sur sa demande être admis à jouir des droits du citoyen ; dans ce cas il est régi par les lois civiles et politiques de la France ». La nationalité fait d'eux des sujets français mais non des citoyens ; elle ne leur accorde pas le droit de vote.

Le projet se heurte à l'opposition violente des colons européens. Ces derniers, qui se situent du côté de la gauche républicaine, seront parmi les plus ardents à combattre Napoléon III et à se réjouir de sa chute.

La IIIe République, qui succède au Second Empire, prend le contrepied de la politique napoléonienne en intégrant plus étroitement l'Algérie à la France. Mais avec le décret Crémieux, qui abroge le senatus-consulte de 1865, elle établit une discrimination inédite entre les juifs, élevés au rang de citoyens français, et les musulmans.

- les Juifs :
Une partie des juifs sont établis en Afrique du Nord depuis la première diaspora, au Ve siècle av. J.-C. Ils sont à l'origine d'une langue aujourd'hui perdue, le judéo-berbère. Les autres sont originaires d'Espagne d'où ils ont été chassés en 1492. De là leur appellation de juifs sépharades (d'après le nom de l'Espagne en langue hébraïque).

La « francisation » des uns et des autres avait débuté dès le lendemain de la prise d'Alger, avec le concours actif des israélites de la métropole et du Consistoire central de France. Celui-ci obtient dès 1832 le droit de fonder en Algérie des écoles mixtes, avec enseignement donné en français.

Suite à l'ordonnance du 9 novembre 1845, les juifs d'Algérie se font représenter par des consistoires, comme en France. La loi du 16 juin 1851 soumet aussi au droit français toutes les transmissions de biens les concernant.

Famille de juifs algériens (XIXe siècle)

- les musulmans :
Les musulmans, très majoritaires, sont issus des populations kabyles, des envahisseurs arabes ou encore des esclaves enlevés sur les côtes européennes jusqu'au XVIIIe siècle et convertis de force. Ils restent globalement fidèles à leurs coutumes et en particulier au droit coranique.

Exacerbation des tensions communautaires
Le décret Crémieux offre la citoyenneté pleine et entière aux juifs d'Algérie sous réserve du renoncement à la loi mosaique et à ses prescriptions contraires au droit civil en matière matrimoniale (ce renoncement avait déjà été entériné sous le Premier Empire par les consistoires métropolitains). 

Pétri de bonnes intentions et de préoccupations électorales moins avouables, notamment à Oran où les israélités sont nombreux, le décret s'avère porteur de semences empoisonnées. Il consacre en Algérie la rupture entre les colonisés (exclusivement musulmans) et les colonisateurs, qui viennent d'Europe et auxquels s'assimilent désormais les juifs. Pour ne rien arranger, le gouvernement suspend le 19 décembre 1870 un senatus-consulte de 1863 qui gelait le dépeçage des terres des tribus. 

Dès l'année suivante, encouragé par la défaite de la France face à la Prusse, un notable musulman, le bachagha El Mokrani, soulève 250 tribus kabyles contre le gouvernement français. Sa révolte conduit le 8 avril 1871 à la proclamation de la guerre sainte par le grand maître d'une confrérie musulmane, Cheikh El-Haddad. Mokrani est tué le 5 mai 1871 par les troupes françaises, ce qui n'empêche pas un tiers de la population musulmane d'entrer en rébellion. La Kabylie ne sera enfin soumise que le 13 septembre 1871.

Constatant les dégâts du décret Crémieux, le chef du gouvernement provisoire, Adolphe Thiers, en propose l'abrogation le 21 juillet 1871 mais son projet est repoussé sous la pression du banquier Alphonse de Rothschild.

En France, où toute forme d'antisémitisme avait disparu sous la Restauration monarchiste et le Second Empire, le décret entraîne paradoxalement une mise en lumière des juifs. L'antisémitisme apparaît avec force sous la IIIe République, à la faveur du scandale de Panama, qui précèdera de peu l'affaire Dreyfus.

Les colons européens d'Algérie se montrent plus réceptifs que quiconque aux discours antisémites. C'est ainsi qu'en 1898, en pleine affaire Dreyfus, ils élisent Édouard Drumont, éditeur du journal antisémite La Libre Parole et auteur de La France juive, comme député d'Alger.

L'antisémitisme va qui plus est se renforcer chez les musulmans d'Algérie qui assimileront leurs compatriotes juifs à des renégats. 90 ans plus tard, l'incendie de la synagogue d'Alger, en 1960, et l'assassinat du chanteur Raymond Leyris, beau-père d'Enrico Macias, à Constantine, en 1961, pousseront les 140 000 juifs algériens vers l'exil en métropole (tout comme leurs coreligionnaires tunisiens et marocains). 

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ça s'est passé un... 20 octobre

ça s'est passé un...

20 octobre

20 octobre 1587 : Victoire d'Henri de Navarre à Coutras

Le 20 octobre 1587, à Coutras, non loin de Périgueux, l'armée protestante, commandée par Henri III de Navarre, bat à plate couture l'armée catholique du roi de France Henri III en dépit d'effectifs inférieurs. Depuis le début des guerres de religion, 25 ans plus tôt, c'est la première victoire des protestants dans une bataille rangée. Ils la doivent à l'énergie de leur chef, le roi de Navarre, héritier de la couronne de France et futur Henri IV A              lban Dignat
 

Écharpe blanche, drapeau blanc
À la bataille de Coutras, pour la première fois, Henri de Navarre et ses compagnons protestants se dotèrent d'une écharpe blanche. La légende veut que ce soit la « Grande Corisande », Diane d'Andoins, maîtresse du roi de Navarre, qui ait suggéré à celui-ci ce signe de reconnaissance. Les hagiographes du futur roi Henri IV feront plus tard la confusion entre l'écharpe et un panache qu'aurait porté le roi, notamment à la bataille d'Ivry...
Le blanc, sans doute choisi pour s'opposer au rouge, couleur des troupes espagnoles et catholiques, ou par référence à une forme de pureté évangélique, va ainsi devenir la couleur du clan protestant, puis, quand Henri montera sur le trône, l'une des couleurs de référence de la monarchie française.

Le goût amer de la guerre civile

Après un début de bataille qui donne l'avantage aux catholiques, Henri de Navarre fait donner l'artillerie et la cavalerie, gardées en réserve. L'armée royale fléchit. C'est dès lors un corps-à-corps dans lequel Henri de Navarre fait montre d'un courage remarquable. En à peine deux heures, la bataille se solde par la mort de 2000 catholiques, parmi lesquels le chef de l'armée royale, le duc de Joyeuse, l'un des favoris du roi Henri III, et son frère Saint-Sauveur.

Pierre Jerome Lordon, L'entrée d'Henri III de Navarre à Libourne après la bataille de Coutras, 1827.En bon politique, soucieux de préparer la réconciliation future entre les deux clans ennemis, Henri III de Navarre (futur Henri IV) organise dès le lendemain, à Libourne, sur la Dordogne, de grandioses funérailles pour les victimes des deux camps. Il libère les prisonniers et renvoie la dépouille de Joyeuse au roi de France avec un message de sincère contrition : « Je suis bien marri qu'en cette journée je ne pus faire de différence des bons et naturels Français d'avec les partisans et adhérents de la Ligue... Croyez, mon cousin, qu'il me fâche fort du sang qui se répand... ».

La défaite achève de discréditer le roi légitime Henri III aux yeux des ligueurs catholiques. Ceux-ci vont se rallier aux Guise et le chasser de Paris. Quelques mois plus tard, il sera assassiné par un moine.

 
20 octobre 1740 : Avènement tumultueux de Marie-Thérèse

Le 20 octobre 1740, l'empereur Charles VI, héritier des Habsbourg, meurt en laissant la succession à sa fille aînée, Marie-Thérèse. Son avènement est aussitôt contesté par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et va gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche...

Celui-ci a gouverné en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg (grand-duché d'Autriche, royaumes de Bohème et de Hongrie...). Comme ses prédécesseurs depuis trois siècles, il a assumé également la fonction symbolique d'empereur du Saint Empire romain germanique (on dit aussi : empereur électif d'Allemagne).

N'ayant que des filles pour lui succéder, Charles VI a prévu par la « Pragmatique Sanction » du 19 avril 1713 que son héritage pourrait revenir à l'aînée de celles-ci, Marie-Thérèse. L'ordonnance impériale doit éviter le morcellement de ses États héréditaires. Mais elle n'est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial...

Marie-Thérèse devient donc archiduchesse d'Autriche et reine de Hongrie, mais ne peut en tant que femme se faire élire à la suite de son père à la tête du Saint Empire romain germanique. C'est donc pour son mari le grand-duc François III de Lorraine-Teschen qu'elle revendiquera ce titre.

L'avènement de Marie-Thérèse à la tête de l'Autriche et de son mari à la tête de l'Empire sont aussitôt contestés par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche...

Une mère comblée
François de Lorraine et Marie-Thérèse de Habsbourg avec leur nombreuse progéniture (Martin Van Meylens le Jeune, 1755, musée de Versailles)
En 29 ans de mariage, Marie-Thérèse a donné le jour à seize enfants. C'est mieux que la douce Marie Leszczinska, épouse du roi de France Louis XV, qui s'était arrêtée à dix enfants. Parmi les enfants de Marie-Thérèse : les futurs empereurs Joseph II et Léopold II, ainsi que Marie-Antoinette, future reine de France (elle figure dans le berceau de l'arrière-plan sur le portrait ci-dessous), Ferdinand, duc de Modène, Marie-Caroline, reine de Naples...

 
20 octobre 1805 : Napoléon victorieux des Autrichiens à Ulm

Le 20 octobre 1805, cinq jours après la prise du village bavarois de Michelsberg par la Grande Armée, Napoléon 1er reçoit la capitulation de l'armée autrichienne du général Karl Mack retranchée dans la ville voisine d'Ulm.

Cette capitulation ne manque pas de surprendre les observateurs car le général autrichien avait tous les atouts pour affronter les Français avec succès avant que ceux-ci ne le prennent au piège dans la ville. Il semble qu'il ait été trompé par les informations communiquées par un espion alsacien à la solde de l'empereur, Charles Schulmeister...

 
20 octobre 1827 : La bataille de Navarin

Le 20 octobre 1827, dans la rade du port grec de Navarin, la flotte turco-égyptienne est attaquée sans préavis et détruite par une escadre anglo-franco-russe sous le commandement de l'amiral de Rigny...

Naissance du droit d'ingérence
Au XIXe siècle, de la chute de Napoléon Ier, en 1815, à la Grande Guerre de 1914, les Occidentaux, forts de leur bonne conscience, se coalisèrent plusieurs fois pour des raisons officiellement humanitaires (l'adjectif lui-même a été inventé par le poète Alphonse de Lamartine en 1839). Ce fut la naissance du « droit d'ingérence ». La bataille de Navarin en fut la première manifestation...

Bataille de Navarin, Ivan Aïvazovsky (1817-1900)
Les Occidentaux interviennent à reculons
La Grèce s'étant soulevée en 1821 contre l'occupant turc, les armées du sultan Mahmoud II ripostent de façon impitoyable. En Europe, la guerre ne laisse pas indifférent. Eugène Delacroix peint Les massacres de Scio. Le poète anglais Lord Byron s'engage aux côtés des révoltés grecs et meurt à Missolonghi, une place forte assiégée par les Turcs.

Mais les gouvernements occidentaux répugnent à suivre la fraction libérale de la bourgeoisie dans ses appels à secourir les insurgés. Aucun ne souhaite amener la Grèce à l'indépendance. Les Français privilégient l'émancipation de l'Égypte, dirigée par le très francophile Méhémet Ali. Les Russes, quant à eux, voudraient prendre la place des Turcs dans les Balkans. Enfin, les Anglais, qui se méfient autant des premiers que des seconds, se portent garants de l'intégrité de l'empire ottoman.

Unis dix ans plus tôt au sein d'une Sainte Alliance, ces gouvernements répugnent à bouleverser l'ordre établi mais tentent une médiation pour calmer leur opinion publique.

À Londres, sans prendre la peine de consulter la Turquie, ils publient le 6 juillet 1827 un protocole qui préconise une simple « autonomie de la Grèce dans le cadre de la suzeraineté turque ». Ils ajoutent une note dans laquelle ils demandent au sultan de mettre fin aux exactions contre les Grecs.

Bévue ou provocation
Le sultan n'en faisant qu'à sa tête, les Occidentaux ne peuvent faire moins que d'envoyer une escadre dans les eaux grecques avec mission de surveiller la flotte turco-égyptienne. Il n'est pas question de l'affronter ni de créer l'irréparable.

Mais à Navarin, pour des raisons mystérieuses, l'escadre européenne passe à l'attaque et envoie par le fond la flotte du sultan. Il semble que l'amiral anglais commandant l'escadre, favorable à l'insurrection grecque, ait voulu de la sorte obliger les Occidentaux à intervenir.

Bataille de Navarin (Louis Garneray, 1827)


L'« Homme malade de l'Europe »
Le gouvernement britannique présente ses regrets au sultan. Mais dans la foulée, un corps expéditionnaire français débarque en Morée, le Péloponnèse actuel, et en chasse l'armée égyptienne conduite par Ibrahim pacha, le fils du vice-roi d'Égypte Méhémet Ali. La Turquie est d'autre part agressée sur le Danube et en Arménie par la Russie qui veut profiter de l'aubaine.

La prise d'Andrinople, aux portes d'Istamboul, le 20 août 1829, oblige le sultan à engager des pourparlers de paix. Par le traité d'Andrinople du 14 septembre 1829, il se résout à reconnaître l'indépendance de la Grèce. Celle-ci est confirmée un peu plus tard à Londres. La Moldavie, la Valachie et la Serbie, principautés chrétiennes des Balkans sous domination turque, deviennent autonomes.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, Méhémet Ali, bien que vaincu, réclame la Syrie pour prix de son intervention aux côtés du sultan. Sans attendre la permission de Mahmoud II, son fils Ibrahim pacha envahit la Palestine et la Syrie. Il défait les Turcs à Konya le 21 décembre1832 et menace Istamboul si bien que le sultan n'a plus d'autre issue que de faire appel... à son ennemi intime, le tsar Nicolas 1er !

Le tsar installe ses troupes sur le Bosphore et n'accepte de les en retirer qu'en échange de la fermeture du détroit à tout autre navire de guerre que les navires russes.

La rivalité entre Turcs et Égyptiens relance la concurrence entre Britanniques et Français. En 1840, le jeune Adolphe Thiers est à deux doigts de déclarer la guerre à Londres pour préserver les intérêts de l'Égypte, alliée traditionnelle de la France. Il faut toute la sagesse du roi Louis-Philippe 1er pour éviter cette nouvelle catastrophe.

L'heure de la curée sonne pour l'empire ottoman que l'on qualifiera plus tard d'« Homme malade de l'Europe ». Comme l'empire chinois, à l'autre extrémité de l'Eurasie, la Turquie est victime de sa propre faiblesse et de l'expansion européenne.

 

 
 
20 octobre 1914 : Première bataille d'Ypres

Dans le cadre de la « course à la mer », la VIe armée allemande tente une première offensive dans les Flandres, sur le saillant d'Ypres. Mais cette première offensive dans les Flandres est repoussée le 20 octobre 1914 par le corps expéditionnaire britannique du général John French (il sera fait 1er comte d'Ypres).

 
20 octobre 1952 : La révolte des Mau-Mau au Kenya

Le 20 octobre 1952, l’État d’urgence est déclaré au Kenya suite à la révolte des Mau-Mau, une société secrète composée de Kikouyous insurgés contre l'oppresseur. Sévèrement réprimée, elle amène le gouvernement britannique à réfléchir sur le statut du pays.

Contrairement à de nombreux pays d'Afrique, l'indépendance du Kenya ne s'est pas faite de manière tout à fait pacifique...

L'origine de la colère
Les Kikouyous et les Kambas sont les principales populations bantoues qui habitent le Kenya. Après avoir lutté contre les Massaï et été soumis à l’influence des Arabes puis des Portugais, le pays tombe aux mains des Britanniques lorsque le sultan d’Oman concède les droits de la zone côtière à la British East Africa Company en 1887. En 1895, le Kenya devient un protectorat britannique.

Le Royaume-Uni colonise le territoire et construit un chemin de fer entre Mombasa, sur la côte, et Kisumu, au bord du lac Victoria. Cette innovation permet un constat de taille : une grande partie des terres traversées par le chemin de fer est fertile.

Des milliers de colons européens s’installent alors, expulsant au passage les agriculteurs kikouyous ou les employant comme main-d’œuvre bon marché, notamment pour la culture du café. Le Kenya devient une colonie de la Couronne en 1920.

La population africaine exploitée se réunit en une organisation de défense fondée en 1925 par des intellectuels éduqués par les missionnaires protestants : la Kikuyu Central Association. Après la Seconde Guerre mondiale, elle est dissoute par son président, Jomo Kenyatta, qui crée la KAU (Kenyan African Union). Son programme : abolir les barrières raciales et appliquer l’égalité en matière de droits politiques.

Pour la majorité des membres de la Kikuyu Association, ce n’est pas suffisant. Les Blancs leur ont laissé moins d’un quart des terres cultivables ! Ils adhèrent alors à une société secrète connue sous le nom de Mau-Mau, ancrée sur le fonds culturel traditionnel et sur des pratiques de sorcellerie.

La révolte éclate
En mai 1952, les Mau-Mau commencent à assassiner ceux des Kikouyous qui ne voulaient pas les rejoindre. En novembre, les premiers meurtres d’Européens sont commis.

La révolte des Mau-Mau, source : Atlas historique de l'Afrique, éditions du Rocher, 2018 de Bernard Lugan.Le 20 octobre 1952, l’État d’urgence est proclamé et des renforts militaires envoyés.

En juin 1953, 7 500 Britanniques, 5 000 soldats africains des King’s African Rifles et 21 000 policiers sont déployés.

À la fin des l’année 1955, la révolte est définitivement écrasée. Seuls quelques centaines de Mau-Mau se sont réfugiés dans les zones les plus impénétrables de la forêt de montagne.

La guerre s’achève officiellement en octobre 1956 avec la capture et la pendaison de Dedan Kimathi, le principal chef Mau-Mau.

Le bilan fait état de 32 civils et 63 soldats tués chez les Européens, 26 civils et 12 soldats tués chez les Asiatiques, 100 policiers, 1 800 civils et 10 000 Mau-Mau chez les Africains.

Fiers de leur victoire et désormais soucieux du sort du pays, les Britanniques négocient les modalités de l’indépendance avec Jomo Kenyatta, emprisonné pour avoir mené la révolte alors même qu'il dénonçait la violence des Mau-Mau.

Deux coalitions ethniques donnent jour à deux nouveaux partis : la Kanu (Kenya Africain National Union) dirigée par Jomo Kenyatta et la Kadu (Kenya African Democratic Union).

Le 1er juin 1963 Jomo Kenyatta est désigné Premier ministre. Surnommé « le Javelot flamboyant », le leader kikouyou devient le chef du nouvel État.

Le Kenya devient pleinement indépendant le 12 décembre 1963 et adopte un régime républicain. Tout en restant dans le Commonwealth.

20 octobre 2011 : La mort de Kadhafi clôt le « printemps arabe »

Après quatre décennies de pouvoir sans partage, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi voit son autorité contestée par les habitants de Benghazi. La guerre civile s'installe.

Traqué par ses opposants, qui ont reçu l'appui des Occidentaux, le dictateur résiste à Syrte, avec le dernier carré de ses fidèle, jusqu'à ce qu'une attaque aérienne de l'OTAN frappe sa ville natale, le 20 octobre 2011. 

En fuite et blessé, il est abattu par ses ennemis.

Pour la Libye, cette « libération » est le début d'un cauchemar aussi effroyable que la dictature antérieure, sinon davantage.

Les déboires du « printemps arabe »
Inspirés par l'exemple de la Tunisie, les peuples de l'Égypte, du Yémen, du Bahreïn, de la Syrie et de la Libye se sont soulevés à leur tour. Tandis que les Égyptiens ont pu chasser sans trop de mal le vieil autocrate Hosni Moubarak, il n'en a pas été de même des autres.

Au Bhareïn, petit émirat du Golfe à majorité chiite mais gouverné par un souverain sunnite, la contestation est sauvagement réprimée le 15 mars 2011 avec le concours de l'armée séoudienne.

En Syrie, où les minorités religieuses (chrétiens et Alaouites, musulmans apparentés aux chiites) appréhendent la dictature de la majorité sunnite, le gouvernement alaouite de Bachar El-Assad  réprime la rébellion  sans état d'âme, entraînant le pays dans le chaos (200 000 morts et plusieurs millions de personnes déplacées ou exilées).

Au Yémen, à la pointe de la péninsule arabique, des immolations par le feu, suivant l'exemple tunisien, débouchent sur de massives manifestations de rues. Le vieux président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, dont 21 à la tête du Yémen réunifié, quitte le pouvoir en février 2012. Son successeur, confronté à une rébellion chiite soutenue par l'Iran, doit s'enfuir en Arabie séoudite. Celle-ci engage aussitôt son armée au Yémen dans une guerre sans merci. 

Rien de tel en Libye où une révolte éclate dès le 13 février 2011 à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, province orientale rivale de la Tripolitaine, laquelle demeure grosso modo fidèle à Mouammar Kadhafi. Celui-ci déclenche une véritable guerre contre la rébellion en faisant appel à des mercenaires africains. En suivant la côte méditerranéenne, ses troupes envahissent la Cyrénaïque en multipliant les exactions contre les populations civiles.

Des Libyens sous un graffiti représentant Kadhafi, avant la prière du vendredi, à Benghazi, DR 

Une intervention occidentale mal avisée à Benghazi
En France et à l'ONU, on s'alarme du risque que la population de Benghazi ne soit massacrée en cas de victoire des kadhafistes. Le président français Nicolas Sarkozy se laisse convaincre par l'intellectuel Bernard-Henri Lévy d'intervenir activement. Le 10 mars 2011, il reconnaît le gouvernement rebelle de Benghazi et, le 17 mars 2011, son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé convainc le Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser une zone d'exclusion aérienne autour de la capitale de la Cyrénaïque. Ainsi est votée la résolution 1973.

En attendant que les avions de l'OTAN soient opérationnels, l'aviation française donne aussitôt la chasse aux colonnes blindées kadhafistes. Rapidement, l'OTAN déborde le cadre de la mission confiée par l'ONU et traque les kadhafistes jusqu'en Tripolitaine, permettant aux insurgés de lancer une contre-offensive laborieuse mais victorieuse.

La Russie, membre du Conseil de sécurité, qui a autorisé du bout des lèvres l'intervention en Libye, manifeste son irritation devant l'initiative de l'OTAN, qui outrepasse le cadre de sa mission. Ses représentants promettent - mais un peu tard - qu'on ne les y reprendra plus !

Au bout de plusieurs mois de combats indécis et au prix de quelques milliers de morts, les opposants s'emparent de Tripoli. Les Occidentaux rejettent le projet d'une exfiltration du dictateur et de son remplacement par un gouvernement de transition. 

En désespoir de cause, Kadhafi quitte Syrte avec un convoi de plusieurs véhicules civils en direction du Niger. Avertis de sa fuite, les alliés disposent sur le parcours des miliciens de l'organisation rebelle Misrata. Des avions de l'OTAN se mettent en chasse du convoi et attaquent celui-ci. Le dictateur se réfugie dans une buse en béton. Il en est extrait par les miliciens de Misrata et sauvagement assassiné.

Fiasco
Après ce succès de la coalition démocratique, l'anarchie s'installe. Les Occidentaux fuient le désordre qu'ils ont contribué à créer. Du fait de l'insécurité générale, la production pétrolière s'effondre de 1,5 million de barils/jour en 2011 à 200 000 en 2014. Le pays devient la proie de chefs de bande locaux qui tentent de s'approprier les ressources pétrolières ou spéculent sur le transit des migrants africains vers l'Europe. 

Par ailleurs, les mercenaires africains de l'ancien dictateur, touaregs et autres, se replient vers le désert avec armes et bagages et ne tardent pas à déstabiliser les pays du Sahel, du Mali à la Centrafrique, obligeant la France à intervenir une nouvelle fois en catastrophe.

La chute de Kadhafi restera dans l'Histoire contemporaine comme l'un plus beaux exploits de Gribouille, ce héros de la comtesse de Ségur qui, pour échapper à la pluie, se jetait dans la rivière.

 

Naissances

 
Stanislas Leszczynski

20 octobre 1677 à Lviv (Ukraine) - 23 février 1766 à Lunéville

Biographie Stanislas Leszczynski

Éphémère roi de Pologne et dernier duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski fut aussi l'arrière-grand-père de trois rois de France... Il a traversé son siècle sans le comprendre ni le dominer. Et pourtant, les occasions d'agir ne lui manquèrent pas mais toujours il leur tourna le dos, par négligence ou par manque de courage, préférant cultiver ses passions intimes, la gourmandise, la musique, l'architecture, les fêtes et la chasse...

John Henri Palmers

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ça s'est passé un... 14 octobre

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14 octobre

14 octobre 719 : Les Francs refont leur unité
Le 14 octobre 719, à Néry, près de Senlis, une bataille met aux prises les Francs d'Austrasie et leurs rivaux, les Francs de Neustrie. Le vainqueur de la journée ne va pas tarder à faire parler de lui sous le nom de Charles Martel. Fort de sa victoire sur les Neustriens, il unifie définitivement sous sa coupe les royaumes mérovingiens issus de Clovis et poursuivra une glorieuse carrière en mettant au pas les peuples d'outre-Rhin (Saxons, Bavarois, Thuringiens et Frisons), en stoppant à Poitiers les incursions arabes, enfin en ouvrant la voie à Charlemagne, son petit-fils.

14 octobre 1066 : Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre
Le 14 octobre 1066, à Hastings, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, défait les troupes du roi d'Angleterre Harold. La victoire du duc marque la naissance de l'Angleterre moderne.

À noter qu'après le débarquement de Guillaume, toutes les tentatives de conquête de l'Angleterre échoueront...

14 octobre 1468 : Entrevue orageuse à Péronne
Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI échappe de peu à un mauvais coup lors de son entrevue avec son rival, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, à Péronne. Le duc consent à le libérer sur une intervention de son chambellan, Philippe de Commynes, lequel entrera ensuite au service du roi (il restera dans la postérité comme l'auteur de la formule : « La fin justifie les moyens »). En sens inverse, le cardinal Balue, aumônier du roi, est emprisonné pour avoir trahi ce dernier au profit du duc...

 


14 octobre 1543 : Barberousse s'invite chez François 1er
Le 14 octobre 1543, le corsaire turc Barberousse (Kheir ed-Din) ancre dans la rade de Toulon avec 200 galères et 30.000 hommes.

Une alliance sans précédent
Dix-huit ans plus tôt, en 1525, le roi de France François Ier a été battu et capturé à Pavie par les troupes de l'empereur Charles Quint.

Khair el-Din Barberousse (1476-1546). Agrandissement :
Portrait de barberousse au musée des Beaux-Arts d'Alger

.Il demande aussitôt à sa mère, Louise de Savoie, de solliciter l'aide du sultan Soliman II le Magnifique. Il veut de cette façon contrecarrer les ambitions italiennes de son rival.

L'année suivante, le sultan écrase une armée hongroise à Mohacs. Il met fin à l'indépendance du royaume de Hongrie mais échoue à s'emparer de Vienne, la capitale des Habsbourg, la famille de Charles Quint.

François Ier ne veut pas rester sur cet échec. Il songe à utiliser la flotte du corsaire Barberousse en vue d'une nouvelle intervention en Italie. C'est ainsi que le Turc attaque en août 1543 la ville de Nice, qui appartient au duché de Savoie, allié de Charles Quint. La ville basse est conquise après plusieurs assauts mais le château résiste à trois semaines de siège.

Après ce coup de main, Barberousse et ses hommes sont invités à hiverner à Toulon. Pendant plusieurs mois, sur ordre du roi de France, la ville est mise à la disposition de ces corsaires musulmans venus d'Alger et qualifiés de Barbaresques. La plus grande partie de la population habituelle est évacuée et la cathédrale Sainte-Marie-Majeure est même transformée en mosquée.

Tout cela pour rien. Perdant l'envie de combattre pour le roi de France, Barberousse se fait payer son départ au prix fort au printemps suivant. Il poursuit la guerre de course pendant quelques temps encore avant de se retirer dans son palais d'Istamboul où la mort le rattrape en 1546, à 70 ans.

François Ier meurt l'année suivante sans avoir rien obtenu de son conflit avec Charles Quint pour la domination de l'Italie.

14 octobre 1670 : Le Bourgeois gentilhomme
Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme devant le roi Louis XIV et sa cour...

14 octobre 1806 : La Prusse s'incline à Iéna
Le 14 octobre 1806, les Prussiens sont battus à Iéna et Auerstaedt, en Saxe, par les armées napoléoniennes...

La quatrième coalition

Après sa mémorable victoire à Austerlitz sur les armées austro-russes et l'élimination de l'Autriche, Napoléon 1er engage des négociations avec l'Angleterre et la Russie tout en caressant l'espoir de s'entendre avec la Prusse sur un partage d'influence en Allemagne. Le 15 décembre 1805, par un traité signé au palais de Schonbrünn, près de Vienne, avec le chef du gouvernement prussien, Haugwitz, il permet à celui-ci d'annexer le Hanovre, possession anglaise, mais lui impose de céder Neuchâtel et le duché de Clèves à la France ainsi qu'Ansbach à la Bavière.

Comme les « philosophes » français du siècle précédent, l'empereur croit aux vertus de la monarchie prussienne. Il feint d'ignorer les diatribes antifrançaises répandues par la reine Louise, épouse du pâlichon Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern. Sur les marches de l'ambassade de France à Berlin, les officiers prussiens se plaisent à aiguiser leur sabre en guise de provocation.

L'opinion prussienne s'indigne qui plus est de l'exécution à Nuremberg, le 25 août 1806, du libraire Palm, coupable d'avoir fait circuler des brochures antifrançaises..

Ainsi que les Français pouvaient s'y attendre, le gouvernement de Berlin forme contre eux une quatrième coalition avec la Russie et l'Angleterre. Le 26 août 1806, il lance un ultimatum à Napoléon en exigeant un retour de ses troupes au-delà du Rhin. L'ultimatum expire le 8 octobre suivant. Aussitôt débutent les opérations militaires...

Brève campagne

Napoléon à Iéna, 14 octobre 1806 (1810, Horace Vernet, château de Versailles)De Bayreuth, l'empereur s'engage sans attendre en Saxe avec 135 000 hommes répartis en trois colonnes. Il descend à vive allure la vallée de la Saale et, le 13 octobre 1806, atteint Iéna (une ville universitaire aujourd'hui en Thuringe).

Les Prussiens et leurs alliés ont trois armées à opposer à Napoléon : 60 000 hommes sous le commandement de Frédéric-Guillaume III et du vieux duc de Brunswick (71 ans), 50 000 sous le commandement du prince de Hohenlohe (des Saxons et des Prussiens), enfin 30 000 sous celui du général  Erns von Rüchel.

Brunswick et le prince de Hohenlohe ont regroupé leurs deux armées à Weimar en vue d'attaquer les Français sur le flanc. Mais ils prennent peur et se séparent. Le prince de Hohenlohe reste à Weimar tandis que le roi et le duc de Brunswick tentent de gagner Leipzig par le nord.

Napoléon, qui pense avoir le gros des troupes ennemies en face de lui, occupe dans la nuit du 13 au 14 octobre le plateau de Landgrafenberg et se prépare à la bataille. Il dépêche par ailleurs ses maréchaux Ney  vers le sud et Davout vers le nord. 

Près d'Iéna, Napoléon écrase sans coup férir l'armée du prince de Hohenlohe. Le général von Rüchel arrive trop tard pour lui éviter la retraite.

Mais c'est le maréchal Davout qui va remporter la bataille décisive à Auerstaedt, à vingt kilomètres plus au nord. Là, il affronte avec 28.000 hommes seulement l'armée du roi de Prusse et du duc de Brunswick, au total près de 60.000 hommes. Le duc est mortellement blessé d'un coup de fusil aux yeux et, découragé, le roi Frédéric-Guillaume III ordonne peu après la retraite.

Le total des pertes est de 7 000 tués et blessés pour la Grande Armée et environ 15 000 tués et blessés côté prussien.

La campagne de Saxe s'est ainsi conclue en une journée sur un nouveau succès français. Dans les deux jours qui suivent, la cavalerie, et notamment la brigade du général Lasalle, taille en pièces les restes de l'armée ennemie près de Weimar. 

Les maréchaux entrent à Berlin le 27 octobre 1806 (Charles Meynier, 1810, châteaux de Versailles et Trianon)

« Un sentiment indéfinissable, mélange de douleur, d’admiration, de curiosité, agitait la foule qui se pressait sur son passage » (21e Bulletin de la Grande Armée).

Triomphe éphémère

Dans la ville d'Iéna, le philosophe Friedrich Hegel, qui a vu passer l'Empereur à la tête de son armée, en a été très impressionné. Il a cru discerner dans son épopée « la fin de l'Histoire » (il aura le temps de s'apercevoir de son erreur) : « J'ai vu l'Empereur, cette âme du monde, sortir de la ville pour aller en reconnaissance », écrit-il.

Napoléon Ier entre à Berlin en triomphateur le 27 octobre 1806, cependant que le roi et la reine se réfugient en Prusse orientale. C'en est apparemment fini de la résistance prussienne. Seule la Russie lui résiste encore sur le continent.

Gerhard Johann von Scharnhorst (Bordenau an der Leine, Hanovre, 12 juin 1755 - Prague, 28 juin 1813)Dans les faits, les leçons de la déroute militaire seront tirées par le général Gerhard von Scharnhorst, assisté du général August von Gneisenau, ainsi que par leur élève Karl von Clausewitz.

Nommé président de la Commission de réorganisation militaire l'année suivante puis ministre de la Guerre, Scharnhorst, qui est issu d'un milieu paysan très pauvre, renforce la discipline et l'impose aux plus hauts gradés. Il ouvre l'accès au corps des officiers à tous les citoyens par voie d'examen.

Il contourne la limitation d'effectifs à 42 000 hommes imposée par la convention d'évacuation de septembre 1808 en formant des réserves, les « Krümper », par un système de rotation rapide (un dispositif similaire sera repris par Hitler dans les années 1930).

Reprenant du service pendant la campagne d'Allemagne, il meurt de ses blessures le 28 juin 1813. Mais ses efforts seront couronnés de succès un demi-siècle plus tard avec la victoire de l’armée prussienne sur son homologue autrichienne à Sadowa, suivie de ses victoires sur l’armée française en 1870.Les noms de Scharnhorst et Gneisenau restent connus pour avoir été donnés à deux croiseurs de la marine allemande qui s’illustrèrent pendant la Première Guerre mondiale à la bataille de Coronel.

14 octobre 1809 : Paix de Schönbrunn
Le 14 octobre 1809, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche François 1er signent la paix de Vienne ou « paix de Schönbrunn » qui met fin à la cinquième coalition européenne. Il fait suite à la bataille de Wagram. Le traité se solde par la cession de Salzbourg, de Berchtesgaden et du district de l'Inn à la Bavière alliée de la France ; de Cracovie et de Lubin au grand-duché de Varsovie, réminiscence de l'ancienne Pologne ; de Parnopol à la Russie ; de Trieste et de la côte dalmate à la France. L'Autriche doit également verser une indemnité de 85 millions de francs et s'engage à limiter ses forces armées à 150.000 hommes.

Erwin Rommel
15 novembre 1891 à Heidenheim (Allemagne) - 14 octobre 1944 à Herrlingen (Allemagne)

Feld-maréchal allemand, très populaire en raison de ses victoires en Libye, à la tête de l'Africakorps, Erwin Rommel est soupçonné par Hitler de complicité dans l'attentat manqué du 20 juillet 1944 et sommé de se suicider...
Marcel Aymé
29 mars 1902 à Joigny - 14 octobre 1967 à Paris

L'écrivain Marcel Aymé fut un observateur à la fois cruel et tendre de la France de l'entre-deux-guerres comme des années noires de l'Occupation et de l'après-guerre.

Il a reçu le prix Renaudot dès 1929 pour son roman La Table-aux-Crevés et le prix Chantecler en 1939 pour ses Contes du chat perché, avec Delphine et Marinette pour héroïnes.

Dans La jument verte (1933) ou encore La Vouivre (1943), il a réinventé la France rurale en cultivant le mariage du réalisme et du fantastique, avec une langue pleine de verve et de bons mots.

Les ambiguïtés de l'Occupation et de la Libération ressortent de son recueil de nouvelles Le vin de Paris (1947), dont la plus connue est Traversée de Paris, adaptée au cinéma par Claude Autant-Lara, ainsi que d'Uranus (1948), un roman également adapté au cinéma. Au théâtre, il a créé Clérambard (1950).

 
 
 

 

 

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ça s'est passé un... 10 octobre

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10 octobre

 

10 octobre 19 av. J.-C. : Mort de Germanicus
Le 10 octobre de l'an 19 ap. J.-C., Germanicus, neveu et fils adoptif de l'empereur Tibère, meurt en Syrie à 34 ans. On soupçonne Pison, le gouverneur de Syrie, de l'avoir empoisonné sur ordre de l'empereur. Celui-ci aurait été jaloux de la séduction naturelle de l'héritier présomptif et de ses succès militaires en Germanie (d'où son surnom).

10 octobre 680 : Les musulmans se déchirent à Kerbela
Le 10 octobre 680, à Kerbela (ou Kerbala), en Mésopotamie, des soldats arabes massacrent une petite troupe conduite par Al-Hussein (ou Husayn), l'un des petits-fils du Prophète de l'islam. Le drame survient moins de cinquante ans après la mort de Mahomet. Il va en résulter une scission irrévocable de l'islam entre sunnites et chiites.

Une fête au goût de sang
Les chiites commémorent chaque année le drame de Kerbela à l'occasion de la fête de l'Achoura, le 10e jour du mois musulman de mouharram. Cette commémoration donne lieu à de grands pèlerinages dont le principal se déroule comme il va de soi à Kerbela (Irak actuel). En Iran, des troupes d'acteurs rejouent sur les places le drame de Kerbela et l'on peut voir des pèlerins manifester leur douleur en se flagelleant jusqu'au sang.

10 octobre 954 : Mort de Louis IV d'Outremer
Louis IV d'Outremer meurt d'une chute de cheval le 10 octobre 954, à 33 ans. Son fils Lothaire (13 ans) est sacré à Reims par l'archevêque Artaud le 12 novembre 954. Comme son père et Raoul de Bourgogne, il doit son trône au comte de Paris Hugues le Grand.

 

10 octobre 1793 :

« Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix »
Le 10 octobre 1793, à l'instigation de Saint-Just (27 ans), la Convention proclame dans un décret : « Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix ». Ce décret fait suite à la proclamation du 5 septembre qui a mis « la Terreur à l'ordre du jour » et à la loi des suspects du 17 septembre.

10 octobre 1903 : Mise en vente de l'aspirine
L''aspirine est mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903. C'est l'aboutissement d'une très longue recherche qui remonte aux Sumériens.

Ces derniers avaient observé que l'écorce de saule calmait les douleurs. Le Grec Hippocrate avait validé leur observation mais il avait fallu attendre le XIXe siècle pour découvrir le principe actif à l'origine de cette propriété : l'acide acétylsalicylique. 

Le chimiste allemand Felix Hoffmann part en quête d'un composé équivalent mais plus facile à synthétiser. Ce sera l'acide spirique, extrait de la spirée ou reine-des-prés. Le laboratoire Dreser, qui emploie Hoffmann, dépose un brevet à Munich le 6 mars 1899 et confie à l'entreprise Bayer la commercialisation de l'aspirine.

Sitôt sur le marché, ce médicament anti-fièvre et antalgique (atténuateur de la douleur) recueille un immense succès. L'aspirine suscite en Allemagne le développement d'une puissante industrie pharmaceutique. Elle a aussi les honneurs du traité de Versailles (1919), une clause de celui-ci faisant tomber son brevet dans le domaine public (en France exclusivement !).

Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre opportunément qu'elle peut aussi prévenir les accidents vasculaires. Et la voilà repartie pour une deuxième vie...

10 octobre 1911 : Insurrection républicaine en Chine du sud
À Canton (Chine du sud), le 10 octobre 1911, une rébellion militaire met fin à la dynastie mandchoue, vieille de 250 ans, et débouche sur la proclamation de la République chinoise. Le premier président en est le démocrate et socialiste Sun Yat-sen, qui a fondé le parti du Guomindang.

Depuis sa mort, en 1925, ses héritiers n’en finissent pas de se disputer la Chine : d’un côté les communistes, de l’autre les nationalistes conduits par Tchang Kaï-chek, successeur de Sun Yat-sen à la tête du Guomindang...

Le « Double-Dix »
L'anniversaire du 10 octobre est encore commémoré chaque année par plus d'un milliard d'hommes sous l'appellation commune « Double-Dix » (10-10 pour dix octobre).

Il est jour de fête nationale à Taïwan et également honoré en Chine populaire. Les deux gouvernements, bien qu'antagonistes, continuent en effet de se réclamer l'un et l'autre de Sun Yat-sen, le père de la République.

10 octobre 1927 : Premier vol entre la France et le Sénégal
Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

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10 octobre 1944 : Projet de partage des Balkans
Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand...

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10 octobre 2015 : Un double attentat fait cent morts à Ankara
Cinq mois plus tôt, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-nationaliste) avait perdu la majorité parlementaire et de nouvelles élections avaient été programmées en novembre, faute de pouvoir constituer un gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan avait convoqué de nouvelles élections en novembre.

En attendant, il relance la guerre contre l'État islamique (Daech) suite à un attentat islamiste à Suruç, le 20 juillet 2015. Il rompt aussi la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) après que celui-ci a revendiqué l’assassinat de deux policiers turcs le 22 juillet 2015. Cette détermination lui vaut le soutien des populations rurales conservatrices et des chefs religieux.

C’est dans ce contexte que, dans la capitale, deux attentats meurtriers frappent le 10 octobre 2015, à Ankara, une manifestation pacifique pro-kurde en faveur de la réconciliation civile... Les autorités en accusent l'État islamique. Trois semaines plus tard, le parti du président Erdogan remporte une victoire écrasante aux législatives avec 49% des suffrages et 316 sièges sur 550 à la Grande Assemblée nationale.

10 octobre 1927 : Premier vol entre la France et le Sénégal
Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

 

Une aventure toulousaine
 

L'aviation, tout juste née au début du siècle, fait ses premières armes pendant la Grande Guerre !

À la faveur de celle-ci, grâce aux commandes de l'État, beaucoup de constructeurs acquièrent une taille industrielle.

Parmi eux, Pierre-Georges Latécoère. Né en 1883 à Bagnères-de-Bigorre, cet ingénieur des Arts et Métiers a transformé la fabrique de wagons paternelle en fabrique d'avions.

Il construit à Montaudran, dans la banlieue de Toulouse, une usine immense, aujourd'hui à l'abandon...

La fin de la guerre le réjouit comme tout un chacun mais l'oblige à réviser sa stratégie industrielle.

Il décide comme quelques autres pionniers d'employer ses avions au transport du courrier, en concurrence avec le bateau et le train.

Des concurrents comme Henri Farman et Pierre de Fleurieu ne l'ont pas attendu pour défricher les dessertes vers l'Angleterre et l'Europe centrale. Qu'à cela ne tienne, l'avionneur décide de tirer parti de sa situation à Toulouse pour lancer des lignes postales par-dessus les Pyrénées vers l'Afrique française : le Maroc et mieux encore le Sénégal, et pourquoi pas vers l'Amérique du Sud.

On retient de lui cette formule, en septembre 1918 : « J'ai fait tous les calculs. Ils confirment l'opinion des spécialistes : notre idée est irréalisable. Il ne nous reste plus qu'une chose à faire : la réaliser ». C'est ainsi que naît la société des Lignes Latécoère.

Le 8 mars 1918, le capitaine d'industrie atterrit au Maroc et signe avec le résident général, le maréchal Hubert Lyautey en personne, une convention pour la mise en place de huit vols mensuels entre Toulouse et Rabat.

Lui-même paie de sa personne en participant aux premiers vols et notamment au franchissement des Pyrénées, une épreuve qui paraît encore à beaucoup hors de portée des petits appareils de l'époque.

Les premiers avions n'ayant qu'une autonomie d'environ 400 km, l'industriel doit négocier des terrains d'atterrissage le long de la côte espagnole. Le plus difficile reste le recrutement de pilotes suffisamment fous pour tenter l'exploit, assez dociles pour se soumettre aux contraintes d'un service régulier.

Les chevaliers du ciel
À la tête des Lignes Latécoère, rebaptisées en 1921 Compagnie générale d'entreprises aéronautiques, l'industriel place alors un animateur inspiré, Didier Daurat, ancien pilote de guerre. Il s'est forgé un impératif qu'il fait partager à toute son équipe : « Le courrier doit passer ». C'est ainsi que des jeunes hommes de grande valeur vont risquer leur vie et souvent la perdre pour transmettre au plus vite par-dessus les déserts et les océans de banales lettres d'affaires ou d'amour !

Didier Daurat a l'art de recruter des hommes de talent et de caractère, anciens pilotes de guerre ou jeunes aviateurs comme Vanier et Vachet, puis un peu plus tard Mermoz.

Il les discipline en leur imposant un passage à l'atelier comme simple mécano avant de leur permettre de voler enfin.

En 1926, un autre pilote appelé à une grande notoriété rejoint l'équipe. Né en 1900 dans une famille bourgeoise de la région lyonnaise, avide d'aventures et de rêves, il a nom Antoine de Saint-Exupéry.

Il est bientôt nommé chef de place à Cap-Juby, en Mauritanie, sur la route aérienne de Rabat à Dakar. Face au désert, il va concevoir son premier roman à succès, Courrier Sud, publié en 1929.

Avec Jean Mermoz, leader reconnu de l'équipe, Saint-Exupéry et les autres pilotes, Vanier, Vachet Guillaumet... naît très vite le mythe des « chevaliers du ciel », nouveaux héros d'une ère de progrès et de paix.

Bientôt, on ne désigne plus les liaisons France-Amérique du sud que sous le nom de : « La Ligne », comme s'il n'en existait pas d'autres !

« Ce que j'ai fait, aucune bête ne l'aurait fait »
Les drames bouleversent l'opinion. Ainsi des accidents mais aussi des sauvetages héroïques. En 1926, Mermoz, contraint à un atterrissage forcé au cours d'un vol Casablanca-Dakar, est capturé par les Maures. Ceux-ci l'abandonnent en plein désert après s'être vu promettre une rançon de mille pesetas ! Le pilote va rejoindre par ses propres moyens le poste d'escale de Cap-Juby.

En 1930 survient l'accident terrible d'Henri Guillaumet... Né en1902, il a été affecté par Didier Daurat au franchissement des Andes. Le pilote, discret, expérimenté et endurant, a toutes les qualités pour cet exploit régulier qui nécessite de franchir des pics et des cols à plus de 6000 mètres en profitant au mieux des courants d'air.

Lors de sa 92e traversée, le vendredi 13 juin 1930, son Potez 25 est balayé par une tempête de neige et s'écrase à 3000 mètres d'altitude. Après deux jours à attendre en vain les secours, le pilote, frigorifié, écrit sur la carlingue : « N'ayant pas été repéré, je pars vers l'est. Adieu à tous. Ma dernière pensée sera pour ma femme ».

Il franchit ainsi dans des conditions épouvantables plusieurs cols, avec une obsession : que, s'il vienne à mourir, l'on retrouve son corps, faute de quoi sa veuve ne pourrait toucher la prime d'assurance !

Enfin, contre toute attente, il reconnaît un semblant de sentier et quelque chose qui ressemble à du crottin. Il serait donc près d'un village. Il tombe d'épuisement cependant qu'approche une paysanne sur son mulet... Il est sauvé.

Son ami Saint-Exupéry, qui attendait dans la ville argentine de Mendoza le résultat des recherches, se précipite vers le village en question. Les deux hommes tombent dans les bras l'un de l'autre.

L'écrivain rapporte cette confidence exprimée avec une sincère modestie : « Ce que j'ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l'aurait fait ». Et celle-là également : « Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas » (Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes).

Henri Guillaumet a été tué aux commandes de son appareil dans les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale ; Saint-Ex a disparu au cours d'une mission dans les derniers mois de la même guerre.

Le grand défi
Latécoère, cependant, malgré l'estime que suscitent dans le public les exploits de ses pilotes, peine à faire face aux défis techniques et aux concurrents anglais, espagnols, allemands...

Le 3 décembre 1926, il s'envole pour Rio et rencontre Marcel Bouilloux-Lafont, un entrepreneur d'origine française, né à Angoulême en 1871, qui a fait fortune en Amérique latine. Latécoère lui vend le 11 mars 1927 ses parts dans la compagnie et celle-ci devient le mois suivant la Compagnie Générale Aéropostale, plus connue sous le nom d'Aéropostale.

Bouilloux-Lafont n'a pas moins d'ambition et d'audace que son ami. Il veut établir au plus vite des liaisons régulières entre la France et l'Amérique latine. L'objectif est sinon aisé, du moins raisonnable, considérant que la même année, Charles Lindbergh réussit la traversée de l'Atlantique nord.

Pour commencer, le 10 octobre 1927, Mermoz et Négrin réussissent le premier vol sans escale entre Toulouse et Saint-Louis du Sénégal. Reste à faire le grand saut transatlantique vers Natal, à la pointe du Brésil. Dans un premier temps, l'Aérospostale met en exploitation des avisos (petits navires rapides) qui font la navette en quatre jours. À leur arrivée au port, à Natal comme à Saint-Louis-du-Sénégal, leurs sacs de courrier sont transférés sur des avions.

Mais cette solution ne satisfait pas Bouilloux-Lafont qui plaide auprès de l'administration pour pouvoir mettre en service des avions au-dessus de l'océan. Mais le ministère français de l'Air, au nom du règlement, impose le recours à des hydravions, moins performants. À Mermoz revient une nouvelle fois l'honneur d'inaugurer la ligne : le 12 mai 1930, il s'envole de Saint-Louis pour Natal, soit un vol de plus de 3000 kilomètres en 21 heures.

Bientôt, l'Aéropostale réussit à organiser des vols de nuit entre Toulouse et Buenos-Aires. C'est le triomphe. Triomphe éphémère s'il en est...

La chute
Marcel Bouilloux-Lafont s'est beaucoup endetté pour développer La Ligne et sa fortune a aussi souffert du krach de Wall Street. Plus grave, il doit faire face à la concurrence de la Lufthansa allemande sur les liaisons avec l'Amérique du Sud et, plus grave encore, aux pressions « amicales » de l'administration française en faveur d'un rapprochement franco-allemand, diplomatie oblige.

L'entrepreneur se scandalise de cette idée qui reviendrait à céder à ses rivaux allemands le fruit de ses efforts et des sacrifices de ses pilotes. Mais il n'aura pas le dernier mot. En février 1932, il est accusé, ainsi que son fils, de malversations. Déstabilisé, il doit lâcher l'Aéropostale. Celle-ci est mise en liquidation judiciaire le 31 mars 1931.

Bernard Marck (Histoire de l'aviation, Flammarion, 2001) raconte comment cette cabale aurait été montée de toutes pièces par un faussaire, Serge Colin, rétribué par le ministère français de l'Intérieur.

Le 30 août 1933 naît la compagnie Air France suite au regroupement de diverses compagnies dont l'Aéropostale. D'emblée, celle-ci abandonne à ses concurrents américains et allemands la plupart des lignes sud-américaines créées par Bouilloux-Lafont et n'en conserve que le tronçon principal. C'est la fin d'une légende.

Côté construction aéronautique, les usines Latécoère vont poursuivre leur activité jusqu'à nos jours en se spécialisant dans la conception de sous-ensembles. Quant à la conception d'avions, elle va prendre un nouvel élan à Toulouse dans les années 1960 (Caravelle, Concorde, Airbus) et, pour l'occasion, on va relever le nom de l'Aéropostale, transformé en Aérospatiale.

Bibliographie
On peut lire la biographie complète d'Emmanuel Chadeau : Mermoz (Perrin, 2000).

10 octobre 1944 : Projet de partage des Balkans
Le 10 octobre 1944, à Moscou, Churchill et Staline scellent en tête-à-tête le sort des pays balkaniques après la chute du IIIe Reich allemand...

Leurs ministres des affaires étrangères Anthony Eden et Viatcheslav Molotov avaient déjà dû en parler lors de la signature du traité anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942...

André Larané
L'« accord des pourcentages »

Partage des Balkans à Moscou entre Churchill et Staline (octobre 1944), archives nationales de LondresMal inspiré et sans doute usé par l'âge et les déceptions, le Premier ministre britannique croit possible de s'accorder avec le dictateur sur un partage d'influence dans cette région sensible d'Europe centrale.

Churchill tient surtout à maintenir la Grèce dans la sphère occidentale, en dépit de l'influence qu'y joue le parti communiste.

Aussi griffonne-t-il sur un papier :
1) Roumanie : Russie 90%, les autres 10%,
2) Grèce : Grande-Bretagne (en accord avec les États-Unis) 90%, Russie 10%,
3) Yougoslavie : 50/50%,
4) Hongrie : 50/50%,
6) Bulgarie : Russie 75%, les autres 25%
.

Signifiant son accord d'un trait de crayon bleu, Staline paraphe le document.

Le lendemain, Eden et Molotov, ministres des affaires étrangères britannique et soviétique, affinent les pourcentages... Mais l'évolution des rapports de force sur le terrain va rendre caduc l'« accord des pourcentages ».

Un plan caduc

Le 3 décembre 1944, le Parti communiste grec (EAM-ELAS) tente de s'emparer d'Athènes. Un corps expéditionnaire britannique intervient. C'est le début d'une atroce guerre civile (tortures et meurtres de civils, femmes et enfants en grand nombre). Cessez-le-feu le 14 janvier 1945. Lâchés par l'URSS, les communistes sont écrasés. La victoire reste aux partis pro-occidentaux.

En Yougoslavie, par contre, c'est au chef des communistes, Josip Broz Tito, que va revenir la totalité du pouvoir, Churchill ayant commis l'erreur de le soutenir plutôt que les résistants royalistes ou démocratiques, au moins aussi efficaces contre les Allemands.

La Hongrie et la Roumanie vont tomber tout entières sous la coupe des communistes locaux, inféodés aux « libérateurs » soviétiques.

Lorsque s'ouvrira la conférence de Yalta, le 4 février 1945, peu avant l'effondrement du IIIe Reich, Staline aura déjà l'Europe centrale à sa botte.

 

10 octobre 2015 : Un double attentat fait cent morts à Ankara
Cinq mois plus tôt, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-nationaliste) avait perdu la majorité parlementaire et de nouvelles élections avaient été programmées en novembre, faute de pouvoir constituer un gouvernement, le président Recep Tayyip Erdogan avait convoqué de nouvelles élections en novembre.

En attendant, il relance la guerre contre l'État islamique (Daech) suite à un attentat islamiste à Suruç, le 20 juillet 2015. Il rompt aussi la trêve avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) après que celui-ci a revendiqué l’assassinat de deux policiers turcs le 22 juillet 2015. Cette détermination lui vaut le soutien des populations rurales conservatrices et des chefs religieux.

C’est dans ce contexte que, dans la capitale, deux attentats meurtriers frappent le 10 octobre 2015, à Ankara, une manifestation pacifique pro-kurde en faveur de la réconciliation civile... Les autorités en accusent l'État islamique. Trois semaines plus tard, le parti du président Erdogan remporte une victoire écrasante aux législatives avec 49% des suffrages et 316 sièges sur 550 à la Grande Assemblée nationale.

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ça s'est passé un... 9 octobre

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9 octobre
Événements


9 octobre 43 av. J.-C. : Fondation de Lyon

Le 9 octobre de l'an 43 av. J.-C., un légat romain du nom de Lucius Munatius Plancus, ancien officier de César, proconsul en Gaule, fonde la Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum (son nom la désigne comme la ville du dieu gaulois Lug).

Située sur la colline de Fourvière, au-dessus du confluent du Rhône et de la Saône, la colonie romaine est promise à un destin exceptionnel.

Par la volonté des empereurs romains, elle ne tarde pas à devenir la capitale commune aux trois provinces de la «Gaule chevelue». Sous le nom de Lyon, c'est aujourd'hui la deuxième métropole de France avec plus d'un million d'habitants. De son prestigieux passé, elle conserve de beaux monuments... Notons que l'archevêque de son diocèse porte encore le titre de «primat des Gaules».

Une Colonie romaine

Au cours des mois qui suivent l' assassinat de César, ses généraux se rebellent contre le Sénat. Celui-ci, pour occuper Lépide et Plancus, qui commandent les légions de Gaule, leur ordonne de fonder une colonie sur la colline qui domine le confluent de la Saône et du Rhône.

Il s'agit de remplacer Colonia Julia Vienna (aujourd'hui Vienne, Isère), colonie fondée par Jules César plus au sud, sur le territoire des Allobroges, et victime d'une révolte gauloise.

Le choix du nouveau lieu s'explique par la présence de nombreuses routes en relation avec les différentes régions de la Gaule. Des Gaulois sont déjà installés à proximité, dans un village du nom de Condate, sur la « presqu'île », entre la colline de la Croix-Rousse et l'actuelle place Bellecour.

C'est à Lucius Munatius Plancus que revient en définitive le travail. Le 9 octobre de l'an 43 av. J.-C., il trace le decumanus, axe est-ouest de la future ville, sur l'emplacement de l'actuel musée gallo-romain. Le site bénéficie d'un panorama superbe sur la vallée des deux fleuves et les Alpes.

Lug représnté sur le chaudron de Günderstrup, Copenhague, musée national du Danemark.La ville porte d'abord le nom de Colonia Copia Felix Munatia, bientôt modifié en Copia Lugdunum. Le nom Lugdunum, que portent plusieurs villes d'origine gauloise, renvoie au suffixe celte dunum, qui évoque une éminence fortifiée (comme dans Châteaudun), et au dieu Lug, auquel un culte était rendu sur la colline de Fourvière. Les trouvailles archéologiques laissent penser que ce culte prenait entre autres la forme de très importants banquets. Lugdunum, plus tard transformé en Lyon, signifierait donc en gaulois : la « colline du dieu Lug ».

La colonie romaine orne ses monnaies d'un génie à côté d'un corbeau sur une motte, d'après un calembour héraldique, de lukos (corbeau en latin !), et dunum (colline) !

Lugdunum, capitale des Gaules

Sous le règne d' auguste, héritier de Jules César, son gendre Agrippa divise la « Gaule chevelue ».

C'est à dire la Gaule conquise par César, en trois provinces : LyonnaiseAquitaineBelgique. Sur le littoral méditerranéen, la Narbonnaise, plus anciennement romanisée, demeure province sénatoriale.

En 16 et en 14 av. J.-C., l'empereur Auguste, de passage en Gaule, fait construire à Lugdunum le premier théâtre des Gaules, aux dimensions modestes (4500 places). La ville devient la capitale commune aux trois Gaules. Plusieurs empereurs y séjournent et le futur empereur Claude, fils de Drusus, beau-fils d'Auguste, et d'Antonia, fille de Marc-Antoine, y naît le 1er août de l'an 10 av. J.-C..

Le sanctuaire des trois Gaules

La nouvelle cité reçoit une parure monumentale particulièrement riche : d'abord le théâtre puis le sanctuaire des Trois Gaules, inauguré par Drusus le 1er août de l'an 12 avant JC, ainsi qu'un amphithéâtre associé à ce sanctuaire et construit en 19 de notre ère, enfin l'odéon, petit théâtre réservé à la musique et la récitation poétique, érigé peu après le milieu du IIe siècle.

Si la plupart de ces monuments se retrouvent dans d'autres villes romaines, le sanctuaire des Trois Gaules tient une place à part. Il s'agit d'un très imposant autel entouré de tribunes.

Sur ces gradins sont gravés les noms des soixante peuples gaulois qui envoient chaque année, le 1er août, des délégués pour le culte rendu à Rome et Auguste, mais aussi pour discuter des problèmes politiques des Gaules.

Notons que 27 de ces peuples ont pour centre urbain un actuel chef-lieu de département. Ce n'est pas le fait du hasard mais simplement de la perspicacité des révolutionnaires de 1790 qui ont voulu donner aux nouveaux départements une solide cohésion géographique, économique et humaine. Ils ont ainsi, retrouvé sans le savoir les anciens pays gaulois (et les comtés carolingiens) : Paris pour les ParisiiVannes pour les Vénètes, Rodez pour les Rutènes, Cahors pour les CadurquesBourges pour les Bituriges, Reims pour les Rèmes...

Deux ou trois générations plus tard, en 48 de notre ère, l'empereur Claude, natif de Lyon, accorde aux notables de sa ville le droit de cité et l'accès au prestigieux Sénat romain. Sa décision est gravée dans le marbre... et celui-ci sera retrouvé en 1528 dans le jardin d'un marchand. Sous le nom de « Tables claudiennes », ce précieux témoignage de la paix romaine figure aujourd'hui dans le musée gallo-romain de Fourvière.

9 octobre 1890 :

Et Clément Ader inventa l'avion...


Le 9 octobre 1890, dans le parc du banquier Péreire, à Gretz (Seine-et-Marne), Clément Ader s'envole à bord d'un engin volant d'un nouveau type qu'il appelle du mot avion...

Le 9 octobre 1890, dans le parc du château de Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne), propriété du banquier Péreire, Clément Ader (49 ans) s'élève au-dessus du sol à bord d'un engin à moteur.

Baptisé Éole, cet engin en forme de chauve-souris permet à l'inventeur français d'accomplir un bond de 50 mètres, à quelques dizaines de centimètres du sol.

Le lieu de l'exploit, au milieu de l'actuel terrain de golf Clément Ader, est aujourd'hui classé. Il rappelle en effet le véritable début de l'aviation, quand un homme a réussi à s'envoler à bord d'un engin à moteur plus lourd que l'air.

Fabienne Manière
Éole, le premier avion

Éole, chauve-souris géante, présente une longueur de 4,6 mètres et une envergure de 13,7 mètres. Ses ailes articulées en soie élastique, sur une armature en bois, ont une surface totale de 29,2 m2. Avec une masse à vide de 167 kg et une charge utile de 85 kg (poids du pilote), il présente une masse au décollage de 252 kg. L'engin est équipé d'un moteur à vapeur, avec un brûleur à alcool et deux couples de cylindres d'une puissance totale de 20 CV ainsi que d'une hélice en bambou à quatre pales de 2,6 mètres.

Les débuts cafouilleux de l'aviation

Avant Clément Ader, les hommes n'avaient réussi à s'envoler qu'à bord de montgolfières ou aérostats (ballons remplis d'un gaz plus léger que l'air ambiant et dont le poids total était inférieur au poids d'un même volume d'air). Leur technique se fondait sur le vieux principe d'Archimède (« tout corps plongé dans un fluide - eau, air... - reçoit de bas en haut une poussée égale au poids du fluide ainsi déplacé »).

En 1840, un industriel anglais ingénieux, William Henson, est le premier à tenter de surmonter cette limite théorique. Il conçoit un engin volant dont le poids serait compensé par une force ascensionnelle produite par l'énergie mécanique (moteur à vapeur + hélice). Assisté par un savant de ses amis, John Stringfellow, il dépose un brevet le 29 septembre 1842. En 1847, les deux inventeurs tentent de faire décoller leur « machine aérienne à vapeur », dénommée Ariel. Bien que la piste d'envol soit un plan incliné, ils n'y réussissent pas et, découragés, renoncent à toute autre tentative.

Parmi les autres précurseurs de l'aviation figure Jean-Marie Le Bris. Ce marin breton conçoit en 1856 une « barque ailée » sans moteur (en fait, un planeur).

Faisant tirer son engin par un cheval, face au vent, il arrive à se hisser au-dessus du sol. L'événement se déroule près du village de Tréfeuntec, non loin de Douarnenez.

Les essais de Jean-Marie Le Bris sont décrits en 1863 par Gabriel de La Landelle. Et celui-ci invente pour l'occasion le mot aviation, promis à un succès mondial, à partir du latin avis, qui signifie oiseau.

Un autre marin breton, Félix du Temple, réalise un modèle réduit motorisé, avec un mouvement d'horlogerie mû par la vapeur et actionnant une hélice. Un essai a lieu à Toulon. L'engin prend son élan sur un plan incliné avec un jeune homme à son bord. Modeste succès.

Un ingénieur imaginatif

L'heure de Clément Ader a sonné. Né à Muret, au sud de Toulouse, le 2 avril 1841, il aurait dès l'âge de 14 ans tenté de voler avec un costume d'oiseau ! Devenu ingénieur, il devient conducteur de travaux aux Ponts et Chaussées puis aux Chemins de fer du Midi.

En 1868, il dépose un brevet pour améliorer le cerclage de fer des vélocipèdes par un bandage en caoutchouc (l'ancêtre du pneumatique) mais l'idée de voler comme les oiseaux ne le quitte pas.

Dans les années 1880, dans son atelier de la rue Jasmin, à Paris, il construit patiemment son futur aéroplane. Pour cela, il acquiert deux roussettes des Indes (variété de chauve-souris géante) et observe leur vol pendant de longues heures.

Première tentative d'envol

Le 19 avril 1890, Clément Ader dépose un brevet d'invention ayant pour titre : « Appareil ailé pour la navigation aérienne dit : Avion  ». Il invente pour l'occasion le mot avion, en s'inspirant du mot aviation de Gabriel de La Landelle.

Le brevet décrit l'appareil qui va voler le 9 octobre suivant : « L'avion N° 1 portant le nom d'Éole, et monté par Monsieur Ader son inventeur, a perdu terre et s'est soutenu dans l'air sur ses ailes en rasant le sol sur une distance d'environ cinquante mètres avec le seul recours de sa force motrice », lit-on dans un compte-rendu daté de ce jour.

Après son essai de Gretz-Armainvilliers, l'inventeur améliore son engin et renouvelle la tentative l'année suivante au camp militaire de Satory, près de Versailles. Mais le vent déporte Éole II. C'est un échec.

Clément Ader intéresse le ministère de la Guerre à son projet et obtient quelques crédits contre la promesse d'emporter deux hommes à 300 mètres d'altitude.

Il construit un nouvel engin, baptisé Avion III, avec deux moteurs à vapeur de 40 chevaux et se lance sur la piste le 14 octobre 1897, à Satory, en présence de deux généraux. Hélas, un coup de vent le déporte sur le côté. C'est un nouvel échec  (on peut encore voir Avion III au Conservatoire national des Arts et Métiers, à Paris).

L'inventeur renonce à poursuivre ses essais et se retire dans ses vignes en suivant de loin les progrès de l'aviation à laquelle il a donné un nom. Il est vrai que ses orientations techniques avaient peu de chance de déboucher sur un réel succès.

Dans les années 1890, en parallèle avec les essais plus ou moins heureux de Clément Ader, deux Allemands, les frères Otto et Gustav Lilienthal, réalisent des planeurs en s'inspirant, comme Ader, du vol des oiseaux.

Leurs travaux, comme ceux de Clément Ader, vont inspirer deux Américains, les frères Wright. Grâce à leur savoir-faire technique et à leur détermination, l'aviation va enfin prendre son essor.

9 octobre 1945 : Création de l'École nationale d'administration (ENA)


L’École nationale d'administration (ENA) a été créée à la Libération par une ordonnance du 9 octobre 1945 prise par le Gouvernement provisoire de la République présidé par Charles de Gaulle, à l'initiative de Michel Debré, alors maître des requêtes au Conseil d'État. Elle a pour objectif de « refondre la machine administrative française », en démocratisant le recrutement des hauts fonctionnaires, grâce à l’instauration d’un concours d’accès unique à la Fonction publique, sans passe-droits ni favoritisme...

 

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