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c'est arrive ce jour

ça s'est passé un... 9 juin

ça s'est passé un... 9 juin

1 - ) 9 juin 721 : Les Arabes sont arrêtés à Toulouse

Le 9 juin 721, près de Toulouse, le duc Eudes d'Aquitaine inflige une sévère défaite aux musulmans. Sa victoire porte un coup d'arrêt à l'expansion de l'islam en Occident, tout juste dix ans après le franchissement du détroit de Gibraltar par les premiers musulmans...

2 - ) 9 juin 1815 : L'Acte final du Congrès de Vienne

Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Cet épais document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er et la défaite des armées françaises.

Il élabore un retour à l'ordre monarchique et aux valeurs de la religion, sans oublier parmi d'autres considérations l'interdiction de la traite des Noirs...

3 - ) 9 juin 1944 : Atrocités nazies à Tulle

Le 9 juin 1944 est un jour de grand deuil pour Tulle. Sous les yeux de la population, 99 otages, des hommes de seize à soixante ans, sont pendus aux réverbères et aux balcons de la ville par les SS de la division Das Reich.

Trois jours après le débarquement des Alliés sur les plages normandes, les troupes d'occupation allemandes veulent de la sorte terroriser la population et dissuader les maquis de la région d'entraver leurs déplacements...

1 - ) 9 juin 721 : Les Arabes sont arrêtés à Toulouse

 

L'Aquitaine en pleine gloire

Couvrant l'ensemble du bassin de la Garonne, la région que gouverne Eudes est connue des Romains sous le nom d'Aquitaine (Aquitania ou pays des eaux, en raison de ses nombreuses rivières descendant des Pyrénées). Sa population est plus proche des Basques ou des Ibères d'Espagne que des Gaulois - ou Celtes - du nord de la Loire.

Quand l'empereur romain Dioclétien redécoupe les provinces de l'empire pour mieux les défendre contre les Barbares, la région prend le nom de Novempopulanie (ou «terre des neuf peuples», par allusion aux tribus antérieures à la conquête romaine).

En 418, les barbares Wisigoths qui viennent de ravager Rome acquièrent le droit de s'établir en Aquitaine. Ils font de Toulouse leur capitale (une partie des Wisigoths s'en est allée plus tard conquérir aussi l'Espagne). Un siècle plus tard, en 506, le roi wisigoth Alaric II est battu par Clovis, roi des Francs, à Vouillé, près de Poitiers. Les Wisigoths se retirent en Espagne et l'Aquitaine entre dans la mouvance des Francs. En 587, les Basques, aussi appelés Vascons, descendent des Pyrénées et envahissent la région. Ils donnent leur nom à la Gascogne.

S'appuyant sur la redoutable cavalerie basque, les ducs d'Aquitaine ne tardent pas à s'émanciper de la tutelle franque jusqu'à devenir indépendants. Les Aquitains se qualifient de Romains pour mieux se distinguer des Francs du bassin rhénan, qu'ils appellent Barbares.

Eudes, aventurier chanceux

En 717, le duc Eudes, un guerrier d'origine obscure, intervient dans la guerre qui oppose les royaumes francs d'Austrasie (la région de Metz) et de Neustrie (la région de Noyon et Paris). Chilpéric II, roi de Neustrie, concède à son allié le titre de roi d'Aquitaine avant d'être battu à Néry par les Austrasiens, que commande le maire du palais Charles (futur Charles Martel).

Eudes connaît son heure de gloire sous les murs de Toulouse, face aux envahisseurs musulmans.

 Un peu plus tard, en 732, le duc appelle Charles et les Francs à son secours pour arrêter une nouvelle incursion musulmane.

 La bataille qui sera livrée près de Poitiers mettra définitivement un terme à la menace musulmane en Gaule.

 

2 - ) 9  juin 1815 : L'Acte final du Congrès de Vienne

 

Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Ce document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er.

Le Congrès s'amuse

Les Alliés se réunissent à Vienne sous l'égide de l'empereur et de son chancelier et ministre des Affaires étrangères, l'habile Metternich (42 ans). La France se fait représenter par le non moins habile Talleyrand (60 ans).

Talleyrand s'incline devant le partage du grand-duché de Varsovie (résurgence de l'ancienne Pologne) mais se flatte de sauver le royaume de Saxe, traditionnel allié de la France, sur lequel lorgnait la Prusse. Celle-ci se console en annexant la Rhénanie !...

De la même façon que les Polonais sont assujettis à leurs voisins sans qu'on leur demande leur avis, les Belges sont réunis à leurs frères ennemis du nord dans le royaume des Pays-Bas. Les Anglais veulent ce faisant prévenir une nouvelle annexion de la Belgique et surtout du port d'Anvers par les Français.

Les Italiens de Lombardie et de Vénétie sont quant à eux réunis dans un « royaume lombardo-vénitien », partie intégrante de l'empire d'Autriche !

Les négociations sont houleuses mais n'empêchent pas les très nombreux participants de s'amuser dans un tourbillon de fêtes qui ressuscitent pour un temps l'art de vivre de l'aristocratie du XVIIIe siècle.

Négociateurs et fêtards sont à peine troublés lorsqu'ils apprennent quele 1er mars 1815, Napoléon, l'empereur déchu, a quitté son royaume d'opérette de l'île d'Elbe et débarqué à Golfe-Juan en vue de reprendre sa place à la tête de la France.

Les anciens Alliés se remobilisent contre l'Usurpateur. La France, malgré les efforts de ses représentants, ne peut éviter une remise en cause du traité de Paris. Elle doit se préparer à la perte de quelques nouveaux territoires et à une occupation militaire que consacrera un deuxième traité de Paris.

L'Acte final

Le congrès clôt ses travaux sans même attendre la défaite définitive de Napoléon 1er à Waterloo (18 juin 1815).

– La Russie s'accroît de la plus grande partie de l'ancien grand-duché de Varsovie, transformé en un « royaume de Pologne » directement inféodé au tsar.

– La Prusse reçoit la Poméranie suédoise, la Saxe du nord et surtout la Westphalie et la plus grande partie de la Rhénanie.

– L'Autriche met la main sur la Lombardie et la Vénétie, la côte adriatique (Illyrie et Dalmatie), le Tyrol et Salzbourg.

– La mosaïque allemande est réduite de 350 États à seulement 39, réunis au sein d'une Confédération germanique sans plus de pouvoir que l'ancien Saint Empire romain germanique.

– La péninsule italienne n'est plus divisée qu'en sept États.

– L'Espagne et le Portugal retrouvent leurs souverains... mais voient leurs empires coloniaux se disloquer peu à peu.

– La Suède enlève la Norvège au Danemark, tout enconcédant aux Norvégiens une très large autonomie.

– L'Angleterre s'assure des bases stratégiques : Malte en Méditerranée, Heligoland dans la mer Baltique, Le Cap à la pointe de l'Afrique. Elle s'enrichit de quelques îles à épices enlevées aux Hollandais (Tobago, Ceylan, aujourd'hui Sri Lanka) et aux Français (Sainte-Lucie, île de France, aujourd'hui Maurice).

À ces tractations territoriales, l'Acte final du Congrès de Vienne ajoute quelques proclamations de principe importantes : libre circulation sur les fleuves internationaux que sont le Rhin et la Meuse, condamnation de la traite des Noirs

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L'Europe en 1815, après le congrès de Vienne
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Le congrès de Vienne reconstruit l'Europe, profondément déstabilisée par les guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Le nouvel ordre européen, placée sous la protection de la Sainte Alliance des grandes monarchies se maintiendra tel quel ou presque pendant un demi-siècle.

3 - ) 9 juin 1944 : Atrocités nazies à Tulle

Le massacre de Tulle

  Le 9 juin 1944 est un jour de grand deuil pour Tulle.

Sous les yeux de la population, 99 otages, des hommes de seize à soixante ans, sont pendus aux réverbères et aux balcons de la ville par les soldats de la Panzerdivision SSDas Reich.

Trois jours après le dépbarquement des Alliés sur les plages de Normandie, les troupes d'occupation veulent de la sorte terroriser la population et dissuader les maquis de la région d'entraver leurs déplacements.

André Larané
Les « maquisards » s'emparent de Tulle

Enclavée dans une cuvette au coeur du Massif Central, la petite préfecture de la Corrèze était jusque-là surtout connue pour ses dentelles et sa manufacture d'armes, laquelle travaillait depuis l'année précédente pour le IIIe Reich. Mais à l'heure du débarquement allié, elle avait aussi un rôle stratégique du fait de sa situation à proximité de deux voies majeures de communication majeures, l'une Est-Ouest (Lyon-Bordeaux), l'autre Sud-Nord (Toulouse-Paris).

Aussi la Résistance était-elle très active dans la région : désorganisation du trafic ferroviaire du réseau téléphonique, attaques de convois... La division SS Das Reich du général Heinz Lammerding, établie à Montauban après avoir combattu sur le front de l'Est, avait pris en charge la lutte contre les maquis corréziens en attendant d'intervenir contre le débarquement imminent. Elle bénéficiait dans cette besogne du concours d'Henri « Lafont », le chef de la Gestapo française, et de ses hommes. 

Dans la région de Tulle, le commandant des FTP (Francs-Tireurs-Partisans, communistes), Jacques Chapou, dit « Kléber », décide de son propre chef de s'emparer de Tulle avec plusieurs centaines d'hommes. C'est la première initiative de ce genre, jamais les résistants ne s'étant hasardés jusque-là à attaquer un centre urbain (trop de risques pour un gain aléatoire). La ville est occupée par quelques centaines de soldats allemands et à peu près autant de miliciens et de supplétifs de la police (GMR, Groupes Mobiles de Réserve). 

L'attaque débute le 7 juin à l'aube. Les policiers et miliciens français obtiennent le droit d'évacuer la ville avec leurs armes. Les Allemands, quant à eux, se replient dans la manufacture d'armes, dans l'École normale de jeunes filles et dans une école communale. À la gare ferroviaire, ils massacrent les dix-huit gardes-voies, qui avaient renoncé à suivre les maquisards. 

Le lendemain 8 juin, les assaillants concentrent leurs tirs sur l'École normale et mettent le feu à l'édifice. Les Allemands finissent par se rendre dans l'après-midi, dans la plus grande confusion, au milieu des explosions de grenades et des tirs de fusils. Ils ont en définitive 149 tués et quarante blessés. Certains Allemands, blessés, auraient été achevés par les résistants et ceux-ci auraient aussi retiré du lot de prisonniers une dizaine d'hommes identifiés comme des membres du redoutable SD (Sicherheitsdienst, service de sécurité de la SS), les auraient conduits vers le cimetière et abattus.

Jacques Chapou juge la victoire acquise, la prise de la manufacture et de l'école le lendemain ne devant plus être qu'une formalité. À ceux qui s'inquiètent d'un retour en force de la division Das Reich, il répond en riant que celle-ci doit juger plus urgent de gagner la Normandie où vient d'avoir lieu le débarquement. Las, dès le soir, de premiers chars allemands font leur entrée à Tulle en trois lieux différents. Les maquisards, faute d'artillerie et d'armes en nombre suffisant, se replient aussitôt.

Répression allemande

Le 9 juin au matin, la ville est investie par les Allemands. Par mesure de sécurité et en prévision d'éventuelles représailles, ils s'empressent de parquer dans la cour de la manufacture un total de trois mille hommes, le reste de la population restant cloîtrée chez elle.

L'officier Aurel Kowatsch prend contact avec le préfet du département, lequel fait valoir que les blessés allemands de l'École normale ont été pour la plupart correctement pris en charge dans l'hôpital. S'étant concerté avec son supérieur, le général Lammerding, arrivé en fin de matinée, il renonce donc à brûler la ville comme il en aurait eu d'abord l'intention. Mais voilà que les Allemands découvrent les corps de quarante des leurs qui auraient été délibérément suppliciés par les maquisards. C'est en tout cas ce qu'affirme un SS survivant des combats de la veille, Walter Schmald.

Ils décident de sévir en conséquence et ordonnent la pendaison de cent vingt otages. C'est tout de même moins que le quota que Lammerding avait lui-même fixé, inspiré de son expérience sur le front de l'Est : trois otages exécutés pour chaque soldat blessé, dix otages exécutés pour chaque soldat tué !  

Heinz Lammerding (27 août 1905, Dortmund - 13 janvier 1971, Bad Tölz)Les SS font dans la cour de la manufacture un premier tri de quatre cents hommes, renvoyant les autres chez eux, puis un tri ultime sous la supervision de Walter Schmald, non dénué de sadisme.

Les pendaisons débutent vers 16 heures. Sous les yeux des autres prisonniers et également de quelques notables de la ville, dont le maire, les malheureux sont conduits par groupes de dix au pied des noeuds coulants, encadrés par deux Allemands. Ils sont poussés à tour de rôle sur une échelle ou un escabeau et meurent pour la plupart dans une terrible agonie. L'effet est terrifiant aussi pour les femmes et les enfants qui observent la scène derrière les volets. 

Sans raison apparente, les SS s'arrêtent au 99e supplicié. Les autres otages sont transférés vers Limoges d'où 149 gagneront le camp de déportation de Dachau. 101 n'en reviendront pas. Pour Lammerding, l'objectif est atteint car une bonne partie de la population qui, la veille, applaudissait aux exploits des maquisards, les vomit désormais et n'est pas loin de leur attribuer la responsabilité du drame.

Le lendemain, un détachement de la même division SS entre dans la cité d'Oradour sur d'Oradour-sur-Glane... 

Certains participants du drame ont été jugés après la guerre et condamnés à quelques années de prison. Condamné par contumace, Heinz Lammerding a pu quant à lui se reconvertir en chef d'entreprise prospère à Munich et finir ses jours sans plus de tracas.

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ça s'est passé un... 8 juin...

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ça s'est passé un... 8 juin...

1 - ) 8 juin 632 : Mort du prophète Mahomet

Le 8 juin 632 (le 13 du mois deRabi' premier, selon le calendrier arabe), Mahomet s'éteint à Médine.

Le Prophète de l'islam décède suite à une fièvre douloureuse. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort...

2 - ) 8 juin 793 : Première incursion des Vikings

Le 8 juin 793, des hommes venus du nord sur de longs bateaux pillent le monastère de l'île anglaise de Lindisfarne. Leur bref passage suscite l'épouvante jusqu'à la cour du roi des Francs, le futur Charlemagne. D'autres incursions vont suivre au siècle suivant. Elles vont faire connaître partout le nom desVikings... suite de l'article

8 juin 1783 : Éruption dramatique du Laki

Le 8 juin 1783, le volcan islandais Laki entre en éruption. Les conséquences pour toute l'Europe en sont dramatiques... suite de l'article

8 juin 1936 : Institution des congés payés

Le 8 juin 1936, le gouvernement de Front Populaire institue les congés payés.

1- ) 8 juin 632 : Mort du prophète Mahomet

 

 Manomet s'éteint à Médine le 8 juin 632 (le 13 du mois de Rabi' premier, selon le calendrier arabe).

Le Prophète de l'islam décède suite à une fièvre douloureuse. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort.

À l'instant de mourir, il a achevé par les armes l'unification de la péninsule arabe. Mais bien qu'il ait eu neuf femmes légitimes, il ne laisse aucun fils survivant susceptible de lui succéder à la tête des croyants.

Mahomet offre l'image d'un homme énergique mais aussi pénétré de sa mission divine.

Il se défend d'être poète et se juge incapable d'inventer par lui-même quoi que ce soit de comparable au Coran. Il se reconnaît faillible et ne se veut en rien différent des autres hommes. C'est un guerrier qui ne rechigne pas à donner la mort. Il aime les femmes et ne s'en cache pas. Il consacre par ailleurs beaucoup de temps à la prière et dédaigne les richesses de ce monde.

Le premier calife

Abou Bekr (ou Abou-Bakr) remplace le messager d'Allahau terme d'une brève lutte de succession. Il prend le nom de khalîfa (calife), d'un mot arabe qui veut dire lieutenantou remplaçant. Ce premier calife a 59 ans. Il figure parmi les plus anciens compagnons de Mahomet. Il est aussi le père de Aïcha (ou Aïsha).

Aïcha
Aïcha est la femme préférée du prophète et c'est dans ses bras qu'il est mort. D'après son propre témoignage, Mahomet l'épousa quelques mois avant l'Hégire, alors qu'il avait passé la cinquantaine et qu'elle-même avait 6 ans.
Le prophète attendit toutefois qu'elle ait... 9 ans pour user de ses droits d'époux (en foi de quoi les disciples de l'ayatollah Khomeiny ont abaissé à 9 ans l'âge légal du mariage dans l'Iran moderne - la mesure a été depuis lors abrogée - !). Le mariage d'Aïcha est relaté dans l'un des textes officiels de la tradition islamique, le hâdith 67 39.

Abou Bekr n'appartient à aucune des grandes familles de La Mecque, ce qui lui vaut d'être accepté par toutes. Seul Ali, le gendre du prophète, déplore l'élection d'Abou Bekr. Ses ressentiments causeront plus tard la scission entre les musulmans orthodoxes de confession sunnite et ceux de confession chiite.

Avec l'aide de l'énergique chef de guerre Khalid ibn al-Walid, Abou Bekr maintient l'unité de la communauté musulmane, menacée par les rivalités de clans et quelques faux prophètes. Et dès 633, un an après la mort de Mahomet, ses disciples ont déjà conquis et soumis la totalité de la péninsule arabe. Prolongeant la tradition guerrière de leurs ancêtres, ils tournent leurs ambitions vers les empires perse et byzantin limitrophes.

Le monde musulman au VIIème siècle après Mahomet

Le monde musulman après Mahomet
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Mahomet soumet à son autorité la péninsule arabe en une dizaine d'années. Après sa mort, en 632, ses successeurs ou remplaçants (califes en arabe) entraînent leurs troupes à la conquête du Moyen-Orient et de la rive sud de la mer Méditerranée...

2 - ) 8 juin 793 : Première incursion des Vikings

 

Le 8 juin 793, des hommes venus du nord sur de longs bateaux pillent le monastère de l'île anglaise de Lindisfarne. En quelques heures, ils remplissent leurs bateaux d'un riche butin : objets d'art, métaux précieux, esclaves...

Leur brève incursion suscite l'épouvante jusqu'à la cour du roi des Francs, le futur Charlemagne. Il est vrai qu'ils ne font pas les choses à moitié.

Peu nombreux, ils tombent sur leur proie par surprise puis pillent et tuent avec des raffinements de cruauté. En mutilant horriblement leurs victimes, en incendiant tout sur leur passage, ils entretiennent autour d'eux une réputation de violence qui enlève à quiconque l'envie de leur résister autrement que par la fuite.

Terreur et guerre psychologique

Ces guerriers d'un genre nouveau sont désignés par leurs contemporains comme les hommes du nord (Nortmanni ou Normands dans les langues germaniques de l'époque). Eux-mêmes s'appellent Vikings, ce qui signifie «guerriers de la mer» dans leur langue, le norrois (le radical vik signifiant port comme dans Reikjavik). Ils appartiennent à des peuples apparentés aux Germains qui habitent la Scandinavie (aujourd'hui, Danemark, Suède et Norvège).

C'est par un abus de langage que l'on désigne l'ensemble de ces peuples du nom que ceux-ci donnaient à la minorité de mauvais garçons qui choisissaient l'aventure maritime, le pillage et la guerre !

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces peuples ont atteint un haut degré de civilisation. Ils pratiquent l'élevage et l'agriculture dans un réseau de villages paisibles. Ils maîtrisent très bien la métallurgie du fer et sont de bons forgerons. Ils jouissent d'une organisation sociale solide et cultivent la poésie épique en se racontant les mythes de leurs dieux et de leurs héros.

Les Vikings sont quelques poignées de mauvais garçons réfractaires à cette existence. Ils se retrouvent dans les ports et là, bénéficiant d'un savoir-faire multiséculaire dans la navigation, ils empruntent des bateaux et partent en quête d'aventures et de gloire.

«À la différence des Hongrois et des Sarrasins, leurs contemporains, les Vikings ne sont pas seulement des pillards. Ce sont aussi des civilisateurs. A preuve l'abondance du vocabulaire nautique qu'ils nous ont légué,» note l'historien Régis Boyer. «Leur mauvaise réputation, en partie usurpée, vient de ce qu'ils s'attaquaient en priorité aux lieux désarmés, à savoir les églises et les monastères, qu'ils pillaient et brûlaient. Et qui lésaient-ils de la sorte ? Avant tout les clercs, autrement dit les personnes qui avaient à charge d'écrire les chroniques de leur temps».

ça s'est passé un... 8 juin...ça s'est passé un... 8 juin...

Mythologie nordique
Après sa mort au combat, un guerrier rejoint le Walhalla (paradis), monté sur Sleipnir, un cheval mythique à huit pattes (gravure)Les Vikings pratiquent une religion polythéiste (*) organisée autour de trois divinités principales :
- Odin, dieu principal (équivalent de Zeus chez les Grecs et Jupiter chez les Romains),
- Thor, son fils, dieu du tonnerre (dont on retrouve le nom dans le mot anglais thursday, le jour de Thor, ou jeudi),
- Freyr, le dieu de la fertilité et des récoltes (que l'on retrouve dans le mot anglais friday, le jour de Freyr, ou vendredi).
À ces divinités bienfaisantes s'oppose le mauvais génie Loki, qui provoquera la fin du monde.
Les Vikings croient en une vie après la mort. Les guerriers morts au combat sont appelés à rejoindre le Walhalla (ou paradis), où les attendent de belles Walkyries. La gravure ci-dessus représente l'arrivée d'un guerrier au Walhalla. Il est monté sur Sleipnir, le cheval à 8 jambes du dieu Odin.
Sacrifice religieux chez les Vikings (pierre de Stora Hammar)

Knörr, knarr, Langskip et drakkar
Les bateaux des Vikings sont connus sous leur nom norrois de knörr (on écrit aussi knarr). Ils ont une apparence fragile. Non pontés, à fond plat, dotés d'une grande voile carrée, ils n'en sont pas moins capables d'affronter les océans et de remonter les fleuves. Leur proue représente une figure d'animal (bélier, bison, grue....) qui donne son nom au navire.
Les plus allongés de ces bateaux (une vingtaine de mètres de long sur cinq de large) sont appelés Langskip. Ils transportent une vingtaine d'hommes et éventuellement des chevaux.
Selon l'historien Régis Boyer, le mot drakkar par lequel les Français désignent les bateaux vikings aurait été inventé à l'époque romantique, par allusion au dragon de la proue et avec deux k pour faire plus exotique !!!

Multiplication des raids

Malgré son succès, le raid des Vikings à Lindisfarne reste longtemps sans suite. C'est seulement après la mort de l'empereur Charlemagne, en 814, que, profitant de la division des Francs, les Vikings multiplient leurs incursions en Occident. Ils occupent une moitié de l'Irlande et envahissent l'Angleterre en 865.

Sur le continent, des Vikings venus du Danemark occupent l'archipel de la Frise, au nord des Pays-Bas actuels, à la fin du IXe siècle. Mais ils sont défaits par le roi de Germanie Arnoul de Carinthie le 1er septembre 901 à Louvain.

Plus au sud, ils remontent la Seine et la Loire. Ils attaquent Paris en 845 avec leur violence coutumière. Quelques rares seigneurs francs sont en état de leur résister. Parmi eux Robert le Fort, ancêtre des futurs rois de France. En 886, les Vikings tentent une nouvelle fois de piller Paris mais ils sont repoussés après un long siège grâce à l'énergie du comte Eudes, fils de Robert le Fort, et de Gauzlin (ou Josselin), abbé de Saint-Germain des Prés et évêque de la ville (son succès vaudra à Eudes d'être couronné roi par ses pairs, les seigneurs de Francie occidentale).

Leurs épouvantables bateaux (knörr) atteignent même les rivages italiens après avoir franchi le détroit de Gibraltar.

À la même époque, d'autres guerriers normands, les Varègues, ou gens de l'Est, traversent la mer Baltique. Ils dominent et séduisent les habitants du cru, des Slaves qui appellent les nouveaux venus du nom de «Rus», d'après le vieux norrois «Rothsmenn» (de rothr, ramer) qui désigne les marins suédois qui remontaient les rivières à la rame... De là le nom de la future Russie !

Un des chefs varègues, Riourik (ou Riurik), fonde en 860 la principauté de Novgorod, entre les villes actuelles de Saint-Pétersbourg et Moscou. Son fils Oleg le Sage fonde en 879 une nouvelle principauté à Kiev, plus au sud (aujourd'hui capitale de l'Ukraine). Cette principauté sera à l'origine de l'État russe et c'est de la descendance de Riourik et Oleg que sortiront les premiers tsars !

Descendant les fleuves russes, certains Varègues en viennent à mettre le siège devant Constantinople, la prestigieuse capitale de l'empire byzantin !

Ce n'est pas tout. Au cours du même siècle, des Vikings de Norvège atteignent l'Islande (un nom qui signifie «île de glace»). Ils entament la colonisation de l'île en 874 et mettent en place ce qui serait le premier Parlement du monde, à savoir une assemblée annuelle, le Althing, où chaque homme libre pouvait réclamer justice et faire valoir ses droits. Leurs 200.000 descendants constituent aujourd'hui l'une des nations les plus prospères et les plus pacifiques du monde.

Toujours plus fort : l'Amérique !

En 982, le chef viking Éric (ou Erik) le Rouge est contraint de s'enfuir d'Islande à la suite d'un meurtre commis par son père. Il navigue vers l'ouest. Bénéficiant d'une mer dégagée, sans glaces flottantes du fait de l'«optimum médiéval», il accède à une grande île chargée de glace avec quelques maigres prairies sur les littoraux. Il la baptise Groenland, un nom qui signifie «terre verte», histoire d'y attirer des colons !

Le fils d'Éric le Rouge, Leif Ericsson, introduit le christianisme dans la petite colonie du Groenland et part à son tour à l'aventure vers l'ouest avec un petit équipage de 35 hommes. Cela lui vaut d'atteindre une nouvelle terre en l'an 1000 qu'il baptise selon l'endroit Helluland («pays des pierres plates»), Markland («pays des forêts») ou Vinland («pays de la vigne»). Cette terre, qu'il n'arrivera pas à coloniser durablement, ne serait rien d'autre que le Labrador actuel, une grande presqu'île au nord du fleuve Saint-Laurent. Leif Ericsson serait ainsi le premier Européen à avoir atteint l'Amérique !

L'Europe viking

En Europe, pendant ce temps, les farouches Vikings se sont assagis mais n'ont rien perdu de leurs qualités ni de leur courage. En 911, d'après la chronique, le roi carolingien Charles le Simple négocie à Saint-Clair-sur-Epte, à l'ouest de Paris, un traité avec un chef viking connu sous le nom de Rollon (plus facile à prononcer que la version danoise, Hrolfr).

Le Carolingien offre au Viking les territoires situés à l'embouchure de la Seine à condition qu'il empêche toute nouvelle incursion de ses compatriotes. C'est ainsi que Rollon devient comte de Rouen après avoir reçu le baptême dans la cathédrale de Rouen. Qui plus est, le nouveau comte reçoit en mariage Gisèle, la fille du roi carolingien, et très vite ses compagnons et lui-même adoptent les coutumes et la langue de leur nouveau pays.

Un siècle et demi plus tard, son lointain descendant, le duc de Normandie Guillaume le Bâtard, part à la conquête de l'Angleterre. De lui descendent tous les rois d'Angleterre jusqu'à nos jours.

Entre-temps, dans les années 1030, les fils de Tancrède de Hauteville, un descendant des farouches Vikings de Rollon, se rendent en pèlerinage à Jérusalem... Sur le chemin du retour, ils débarquent en Italie du sud. La région est alors sous la domination théorique des Byzantins et en proie à des dissensions entre seigneurs ! Avec leurs hommes, les Normands chassent les Byzantins de la péninsule et y établissent leur propre domination.

En 1061, Robert Guiscard de Hauteville traverse le détroit de Palerme et chasse les musulmans de Sicile. Ses successeurs à la tête du royaume de Sicile s'allieront plus tard à la famille des Hohenstaufen et donneront au Saint Empire romain germanique un étonnant empereur en la personne de Frédéric II, mort en 1250.

Bibliographie

La France s'honore d'un excellent spécialiste des Vikings et de la Scandinavie en la personne de Régis Boyer, ancien professeur de l'Université Panthéon-Sorbonne (Paris IV). Son ouvrage le plus connu est disponible en collection de poche : Les Vikings, Histoire et civilisation (Perrin, Tempus).

Gallimard Jeunesse a publié un intéressant livre destiné aux adolescents (et à leurs parents) : Sur les traces des Vikings, par Yves Cohat et Estelle Girard (octobre 2003, 128 pages, 10 euros).

8 juin 1783 : Éruption dramatique du Laki

Les pluies de cendre

Exceptionnelle, cette éruption l'est par la lave vomie mais surtout par les énormes quantités de gaz dégagées dans l'atmosphère.

La quantité de sulfates dans l'air connaît un pic dramatique et tous les êtres vivants en sont affectés : 80% des moutons islandais périssent dans l'année, la famine tue un cinquième de la population de l'île, ramenant celle-ci à 40.000 habitants.

Mais les problèmes ne se limitent pas à l'Islande : poussé par les vents, le nuage volcanique atteint l'Europe continentale dans les jours et les semaines qui suivent.

On en constate même les effets en Asie et en Amérique du nord ! Affolée par le brouillard dense, qui prend parfois une couleur sang, et les pluies de cendre, la population panique et recourt aux superstitions pour prévenir la catastrophe.

Les gaz qui sèment la mort

L'étude des registres paroissiaux montre qu'il y avait de quoi paniquer : la surmortalité dans les mois qui suivent est de l'ordre d'un tiers. Les éruptions, car il s'agit plus d'une série d'éruptions que d'une seule éruption, s'atténuent en octobre, avant de cesser en février 1784.

Lorsque l'effet immédiat s'estompe, les conséquences à moyen terme prennent le relais. Elles sont d'autant plus graves qu'une autre gigantesque éruption a lieu au Japon du 9 mai au 5 août 1783. Très mortifère elle aussi, elle contribue vraisemblablement à perturber le climat.

Après avoir élevé la température dans les premiers jours, les nuages volcaniques, en empêchant le rayonnement solaire de toucher la terre, provoquent un hiver exceptionnellement froid en Europe. La Seine est totalement gelée le 1er février 1784. Et lorsqu'intervient la fonte des neiges, les rivières sortent de leur lit à travers tout le continent : de Caen à Prague, les inondations sont catastrophiques. À Paris, elles durent un mois et demi. Partout, les autorités doivent intervenir pour secourir les malheureux.

Un volcan révolutionnaire ?

Il est difficile de mesurer avec certitude les dégâts provoqués par ces éruptions : on évalue à plusieurs dizaines de milliers le nombre de morts en Europe. Si on peut mettre l'activité du Laki en relation avec les phénomènes climatiques extrêmes de 1783-1784, on est moins certain de son impact sur les années qui suivent : caractérisées par un «mini-dérèglement climatique», elles alternent sécheresses et grands froids, récoltes exceptionnelles et disettes.

De là à attribuer au volcan islandais le déclenchement de la Révolution, comme le proposent certains, il y a un pas qu'on se gardera de franchir : dans d'autres pays, les mêmes phénomènes n'entraînent pas les mêmes effets.

Notons qu'un autre volcan, indonésien celui-là, le Tambora, aura, en 1815 et dans les années suivantes, des conséquences moins dramatiques et plus souriantes concernant l'art et la littérature...

Extrait du registre paroissial de Morfontaine (Meurthe et Moselle)
Texte écrit le 31 décembre 1783 par le curé, M. Mathieu
Nos successeurs ne trouveront pas icy sans intérêt les désastres et les phénomènes de cette année 1783, dont les annalles du monde n’offrent rien de semblable pour leur étendue et leur singularité. L’Europe, depuis son midy jusqu’au nord austral, c’est-à-dire depuis la Sicile jusqu’à l’Islande, a éprouvé d’horibles tremblemens de terre dont les foyers ont été les monts Etna et Héclat ; le premier a détruit toutes les villes, bourgs et villages, vignobles et plantations quelconques des deux Calabres et d’une grande partie de la Sicile, dont Messines, l’une de ses capitalles, ne montre en ce moment que des ruines. Dans l’autre point, il s’est élevée une isle brûlante au millieu de ces mers presque toujours glacées. Les calamitées de ces mouvemens convulsifs sont au dessus de toutes expressions dans les Calabres et la Sicile.
L’Europe entière a vu successivement et avec un égal étonnement un brouillard sec qui, pendant une grande partie des mois de juin et juillet, interceptoit les rayons du soleil et de la lune et donnoit à ces deux flambeaux une couleur de sang ; et beaucoup d’épidémies affligeantes, grandes sécheresses, cependant bonne récolte, mais peu abondante.
In futuram rei memoriam.
Signé illisible,
curé de Morfontaine

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ça s'est passé un... 6 juin...

ça s'est passé un... 6 juin...

1 - ) 6 juin 1391 : L'Espagne découvre l'intolérance

Le 6 juin 1391, à Séville, deux synagogues sont converties en églises. L'affaire s'accompagne de nombreux meurtres et de rapines contre la communauté juive de la ville...

2 - ) 6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie

Le 6 juin 1944, à l'aube, 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approchent des côtes normandes avec pas moins de 130.000 hommes, sous la protection de plus de 10.000 avions. Cette opération aéronavale du nom d’« Overlord » (suzerain en français), la plus gigantesque de l'Histoire, était attendue par tous les Européens qui, en Europe occidentale, luttaient contre l'occupation nazie.

Le débarquement est placé sous le commandement du général américain Dwight Eisenhower, assisté des généraux Omar Bradley et George Patton ainsi que du maréchal britannique Bernard Montgomery. L'Abwehr (services secrets allemands) et le feld-maréchal Erwin Rommel, commandant des forces allemandes de Normandie, sont induits en erreur sur le lieu du débarquement par l'opération «Fortitude».

Deux mois après le Jour J («D Day» en anglais) et le débarquement sur les plages aux noms codés Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno(troupes canadiennes) et Sword (troupes britanniques), 2 millions d'hommes, 438.000 véhicules et 3 millions de tonnes de matériels ont déjà foulé le sol français et entamé leur progression vers Berlin…

1 - ) 6 juin 1391 : L'Espagne découvre l'intolérance

e 6 juin 1391, à Séville, deux synagogues sont converties en églises. C'est le début d'une première vague de violences contre les juifs de la péninsule avant leur expulsion définitive un siècle plus tard....

La populace contre les juifs
L'affaire s'accompagne de nombreux meurtres et de rapines contre la communauté juive de la ville. Les violences s'étendent très vite à Tolède, Valence.... Les rois de la péninsule tentent de s'opposer aux mouvements populaires. Ils sanctionnent lourdement les fauteurs de troubles mais rien n'y fait.

Deux mois plus tard, le 5 août, à Barcelone, les émeutes atteignent leur paroxysme. Des marins castillans, qui avaient déjà pris part aux émeutes de Séville et Valence, mettent le feu au quartier juif et tuent une centaine d'habitants. Les survivants se réfugient dans le château royal voisin de leur quartier.

Plusieurs responsables des violences sont arrêtés, ce qui a l'effet de déclencher une émeute populaire. Le château royal est assiégé et ses archives brûlent. Le tocsin sonne. Les juifs sont extraits de leur refuge et contraints au baptême. 300 s'y refusent et sont exécutés.

L'Espagne catholique découvre l'intolérance et la haine alors même qu'elle triomphe des musulmans qui ont conquis la péninsule 700 ans plus tôt. Le temps est loin (1150) où Alphonse VII de Castille se proclamait «roi des trois religions» (christianisme, islam et judaïsme). Il était alors habituel que les armées cessent de combattre du jeudi soir au lundi matin pour respecter les jours de repos des uns et des autres !

À mesure que les rois chrétiens d'Espagne repoussent les musulmans et conquièrent de nouvelles terres, les habitants musulmans ou juifs sont invités à se convertir....

 

Conversions douteuses

Après les malheurs du XIVe siècle (Grande Peste, guerre de Cent Ans et autres guerres, Grand Schisme de l'Église catholique), les esprits sont troublés dans la péninsule comme dans le reste de l'Europe occidentale. Cela explique en bonne partie les poussées de haine.

Le peuple des villes s'échauffe contre les juifs, nombreux dans toutes les villes, et surtout contre les conversos, musulmans ou juifs convertis au catholicisme, que l'on soupçonne non sans raison d'être restés fidèles à leur première croyance.

Les conversos juifs sont surnommés de façon méprisante marranes (du mot arabe moharannah ou mouharramah, qui signifie interdit ou impur et en est venu à désigner les porcs).

En 1478, les souverains espagnols importent le tribunal de l'Inquisition pour s'assurer de la sincérité des marranes. Ceux qui refusent d'abjurer sont brûlés. Ceux qui se rallient pleinement à la foi catholique sont épargnés.

Sur la peinture ci-contre, qui date du XVe siècle, on reconnaît des marranes voués aux flammes et d'autres qui, ayant accepté de se convertir, ont été coiffés d'un chapeau conique en signe de reconnaissance.

Juifs et musulmans restés fidèles à leur foi sont purement et simplement expulsés après la prise de Grenade, l'année même de la découverte de l'Amérique, en 1492.

Un siècle plus tard, le 22 septembre 1609, le roi Philippe III, un soliveau, se laisse convaincre par son favori, le duc de Lerma, d'expulser aussi les Morisques (musulmans convertis au catholicisme).

Plus de 500.000 (sur une population totale de huit millions d'habitants) doivent quitter précipitamment la péninsule... et abandonner leurs biens au duc de Lerma et à ses partisans. Beaucoup périssent dans l'exode. C'est une catastrophe économique pour l'Espagne et le début d'un irréversible déclin.

De l'antijudaïsme à l'antisémitisme

En quittant le Moyen Âge et en entrant dans la Renaissance, l'Espagne passe insensiblement de l'antijudaïsme médiéval, qui reproche aux juifs d'être responsables de la mort du Christ mais leur permet de se racheter par la conversion, à l'antisémitisme moderne, qui leur reproche de simplement exister. Elle ouvre la voie aux horreurs du XXe siècle européen.

6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie

 

Le 6 juin 1944, à l'aube, une armada de 4266 navires de transport et 722 navires de guerre s'approche des côtes normandes. Elle s'étale sur un front de 35 kilomètres et transporte pas moins de 130.000 hommes, Britanniques, Étasuniens ou Canadiens pour la plupart. Plus de 10.000 avions la protègent.

Baptisé du nom de code « Overlord » (suzerain en français), cette opération aéronavale demeure la plus gigantesque de l'Histoire, remarquable autant par les qualités humaines de ses participants que par les prouesses en matière d'organisation logistique et d'innovation industrielle et technique. Elle était attendue depuis plus d'une année par tous les Européens qui, sur le continent, luttaient contre l'occupation nazie.

Les Anglo-Saxons s'entendent pour en finir

Après des victoires fulgurantes sur tous les fronts de 1939 à 1941, les Allemands ont éprouvé leur premier revers à El-Alamein, en octobre 1942, face aux Anglais (et des Français), et dès lors, n'ont plus cessé de perdre du terrain, essuyant leur plus grave défaite à Stalingrad, face aux Soviétiques.

Les Anglo-Saxons (Américains et Britanniques) débarquent en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 et, du 14 au 24 janvier 1943, le président américain Franklin Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill tiennent conférence à Casablanca sur la poursuite de la guerre.

Ils se mettent d'accord pour exiger une reddition sans condition de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon et dressent des plans pour hâter la fin de la guerre avec l'aide de leur nouvel allié, l'URSS de Staline.

Priorité aux attaques périphériques

Churchill veut privilégier les attaques périphériques plutôt qu'une attaque directe sur l'Allemagne. Il convainc Roosevelt de lancer un débarquement en Italie.

C'est ainsi que le 10 juillet 1943, les Anglo-Saxons prennent pied en Sicile... avec la complicité de la Mafia new-yorkaise .

 Ils remontent lentement la péninsule italienne avec le concours efficace du général français Alphonse Juin et de ses Français Libres, parmi lesquels de nombreux Nord-Africains. Le général Henri Giraud et la Résistance française en profitent pour libérer la Corse.

Mais cette stratégie qui privilégie les attaques périphériques atteint rapidement ses limites. Bien que chancelant, le régime nazi se montre plus terrifiant que jamais et redouble d'énergie dans la répression des mouvements de résistance et l'extermination des Juifs.

À l'Est, les Soviétiques progressent irrésistiblement au prix d'immenses sacrifices et malgré une résistance acharnée de la Wehrmacht. À la fin 1943, ils atteignent le Dniepr et la ville de Kiev, en Ukraine. Mais ils peinent à poursuivre leur avancée malgré le matériel fourni par les États-Unis.

Staline réclame à ses alliés Churchill et Roosevelt d'ouvrir sans tarder un second front sur le continent européen pour le soulager.

Les trois chefs d'État alliés se rencontrent pour la première fois à Téhéran, du 28 novembre au 1er décembre 1943. C'est là qu'ils discutent des modalités du débarquement de Normandie. C'en est fini des attaques périphériques.

L'Allemagne est désormais la cible principale.

Les prémices du Jour J en vidéo
Dès la fin 1943, le débarquement est préparé dans le plus grand secret en Angleterre. Celle-ci devient un immense camp retranché avec partout des camps militaires, des aéroports de fortune... et 3.500.000 hommes venus de tous les pays alliés mais aussi des pays occupés. Ils sont entraînés intensivement en prévision du Jour J (« D Day » en anglais).
Les prémices du Débarquement et de la bataille de Normandie, Henri Turenne, 1960, INA (Institut National de l'Audiovisuel)Le plus qualifié pour diriger l'opération serait le général américain George Marshall mais le président Roosevelt veut le garder à ses côtés.
Le commandement revient donc à l'un de ses adjoints, le général Dwight Eisenhower, dit « Ike », un Texan de 54 ans préféré au général George Patton, jugé trop impulsif.

La Normandie plutôt que le Pas-de-Calais

Une tentative de débarquement à Dieppe, au nord de la Seine, le 19 août 1942, s'est soldée par le sacrifice d'une division canadienne. Ce drame a prouvé qu'il était vain de vouloir s'emparer des grands ports du Nord de la France.

Dwight Eisenhower et ses adjoints, les généraux américains Omar Bradley et George Patton ainsi que le maréchal britannique Bernard Montgomery, décident donc de débarquer en Normandie, au sud de la Seine. L'objectif est d'installer une tête de pont sur ces plages puis de s'emparer du port en eau profonde de Cherbourg, à la pointe du Cotentin, afin d'intensifier les débarquements d'hommes et de matériels.

Le général Dwight Eisenhower s'entretient avec un parachutiste avant le Jour JLes longues plages de sable qui s'étendent entre l'estuaire de la Seine et la presqu'île du Cotentin - plus précisément entre l'Orne, la rivière qui traverse Caen, et la Vire, la rivière qui traverse Saint-Lô - se prêtent à un débarquement rapide et sont moins bien défendues que les ports du nord.

Les marécages de l'arrière-pays du Cotentin ont toutefois été inondés par les Allemands dès janvier 1944 et les plages protégées par des pieux, tranchées, mines, « hérissons tchèques »  et autres pièges. Les falaises de craie qui les bordent sont hérissées de batteries et casemates allemandes (blockhaus).

Ces fortifications font partie du fameux « mur de l'Atlantique » (Atlantikwall en allemand).

Il a été construit en toute hâte par l'Organisation Todt, mobilisant 450.000 soldats et travailleurs sur 6000 kilomètres, de la Norvège aux Pyrénées (avec une extension sur le littoral méditerranéen) et placé en novembre 1943  sous le haut commandement du prestigieux feld-maréchal Erwin Rommel. Il est le premier à employer l'expression : « Le jour le plus long » pour qualifier le débarquement que tout le monde attend.

Fort de 500.000 obstacles en tous genres, 6,5 millions de mines et 13.000 points fortifiés, gardé par un total de 1,8 millions soldats, 3.300 canons et 1300 chars, le « mur de l'Atlantique » demeure inachevé dans la partie normande, là même où aura lieu le débarquement allié et, à vrai dire, les gradés allemands eux-mêmes ne croient pas vraiment qu'il puisse arrêter un débarquement éventuel.

Ils en auraient été d'autant moins convaincus s'ils avaient su que les Alliés détenaient depuis deux ans déjà les plans détaillés des fortifications de Cherbourg à Honfleur, grâce à l'action d'éclat d'un peintre en bâtiment, Robert Douin (celui-ci sera fusillé le jour même du débarquement dans la prison de Caen, ainsi qu'une centaine d'autres résistants).

Le maréchal Rommel inspecte le mur de l'Atlantique avant le Débarquement de juin 1944

Intox

Curieusement, Hitler lui-même attend avec impatience le débarquement. Il croit pouvoir le repousser aisément et, de la sorte, mettre hors jeu les Anglo-Saxons avant de reporter toutes ses forces contre l'Armée rouge ! Sur la foi de l'Abwehr (les services secrets allemands), il est convaincu qu'il aura lieu au nord de la Seine, à l'endroit le plus étroit de la Manche et à 300 kilomètres seulement du centre industriel de la Ruhr.

Un char gonflable dans le Kent (opération Fortitude, printemps 1944)Les Alliés font de leur mieux pour l'en convaincre. Ils montent pour cela l'opération « Fortitude » (courage en français), avec, face au Pas-de-Calais, dans la campagne du Kent, une impressionnante concentration de blindés en baudruche gonflable et d'avions en contreplaqué conçus avec le concours de l'illusionniste Jasper Maskelyne et de son Magic Gang (la Bande des Magiciens).

Ils laissent croire au rassemblement d'un million d'hommes sous le commandement du prestigieux général Patton.

Cette intoxication s'avère à tel point réussie que Hitler persistera à croire jusqu'en juillet 1944 que le véritable débarquement aura lieu dans le Nord. Cela permettra aux Alliés de n'affronter que 17 divisions allemandes sur les 50 présentes dans la région, les autres attendant dans le Nord un deuxième débarquement qui ne viendra jamais.

Les divisions blindées sont maintenues en réserve à l'intérieur des terres afin qu'elles puissent intervenir sur un point de la côte ou un autre. Les escadrilles de la Luftwaffe sont quant à elles trop occupées à faire la chasse aux bombardiers alliés pour s'occuper de la protection du littoral.

Les forces allemandes de Normandie totalisent près de 300.000 hommes sous le commandement de Rommel.

Comme le temps est mauvais sur la côte normande dans les premiers jours de juin et exclut toute tentative de débarquement, Rommel prend la liberté d'une virée automobile en Allemagne pour fêter l'anniversaire de sa femme (compromis dans un attentat contre Hitler, il va être contraint au suicide le 10 octobre 1944).

Le maréchal Gerd von Rundstedt commande les armées allemandes de l'OuestMais Rommel n'a pas prévu que le temps allait subitement se mettre au beau dans la nuit du 5 au 6 juin. Cette nuit-là, il n'y a sur les falaises du littoral que 50.000 soldats de laWehrmacht  pour faire face à l'armada alliée. Parmi eux une moitié de non-Allemands et en particulier beaucoup de Slaves engagés de force, les Osttruppen, dont la valeur guerrière n'est pas la première qualité.

Qui plus est, plusieurs officiers supérieurs ont, comme Rommel, profité du mauvais temps pour aller faire une virée, qui à Paris qui à Rennes. Au château de La Roche-Guyon, sur les bords de la Seine, le général Hans Speidel, chef d'état-major de l'armée de Normandie, rumine avec quelques confidents sa détestation du Führer !

Quant à celui-ci, dans sa résidence bavaroise du Berghof, il s'est couché tard après une longue soirée entre amis et a demandé expressément à ne pas être réveillé !

À Paris, le commandant en chef des forces de l'Ouest Gerd von Rundstedt demeure persuadé, comme Hitler, que le véritable débarquement aura lieu dans le Pas-de-Calais. Quand, le soir du 5 juin, il reçoit de premières informations sur les brouillages des radars et la multiplication des messages codés à destination des résistants normands, il refuse de les prendre en considération.

Débarquement à haut risque

La préparation du débarquement a été jusqu'à la dernière minute pleine d'aléas.

Le 27 avril 1944, un incident dramatique fait douter de la capacité des troupes et de la faisabilité de l'opération : de jeunes Américains à l'entraînement sur la plage de Slapton Sands, au sud de l'Angleterre sont attaqués par des vedettes allemandes venues de Cherbourg et, dans la panique, 120 sont tués par les Allemands... mais 300 par des tirs amis !

Début juin, en raison de la tempête qui sévit sur la Manche, le général Dwight Eisenhower doit reporter le débarquement du 4 au 6 juin. Si la tempête persiste, il faudra un nouveau report de deux semaines...

– Le 5 juin, à 4h15, le général est informé par le colonel James Stagg, responsable de son service météo, d'une accalmie de 36 heures au-dessus de la Manche. Après quelques minutes de réflexion, il décide d'engager sans délai l'opération Overlord tout en rédigeant un communiqué pour le cas où l'opération échouerait.

– Dans la nuit du 5 au 6 juin, le débarquement commence par une immense opération aéroportée qui ferait passer les films de James Bond pour d'aimables bluettes. Au début de la nuit, les Alliés larguent d'abord de faux parachutistes, des mannequins gonflables qui crépitent et explosent en touchant le sol. Ils ont pour effet d'affoler les troupes allemandes et de les disperses dans l'arrière-pays !

Pathfinders ou éclaireurs anglo-saxons, avec leur parachutage au-dessus du Cotentin (5 juin 1944)Vers minuit, trois cents éclaireurs (pathfinders) sont parachutés pour de bon derrière les marais du littoral, sur la presqu'île du Cotentin. Ils balisent les terrains d'atterrissage destinés aux planeurs qui les suivent.

23.500 parachutistes de trois divisions aéroportées (2395 avions et 867 planeurs) sont lâchés derrière les lignes allemandes. 

La 6th British Airborne Division a pour mission de s'emparer du canal de l'Orne, à l'Est, près des plages où doivent débarquer les Britanniques. Les 101st et 82nd Airborne doivent quant à elles dégager la plage baptisée Utah, sur la presqu'île du Cotentin, et couper la route nationale qui relie Caen à Cherbourg via Sainte-Mère-Église.

Un incendie accidentel se déclare à 22h30 dans une maison de ce village et sa lueur va guider les avions vers leur objectif.

Mais certains parachutistes de la division 82nd Airborne tombent par erreur au centre du village, où ils sont mitraillés par les Allemands avant d'avoir touché terre. L'un d'eux, John Steele, relativement chanceux, reste accroché au clocher pendant deux heures avant d'être capturé par des soldats ennemis.

Planeurs alliés abandonnés dans le bocage normand après la nuit du 6 juin 1944D'une manière générale, l'opération aéroportée frôle le fiasco : du fait de la tempête, les planeurs et les parachutistes atterrissent plus ou moins loin de leurs objectifs et souvent dans les marais, les arbres ou les talus. Ce désordre a aussi pour effet bienvenu de désorganiser les garnisons allemandes qui ne savent plus où donner de la tête (*).

Dans le même temps, des hommes-grenouilles cisaillent les barbelés posés par les Allemands en mer.

À l'intérieur des terres, les réseaux de résistance s'activent. Ils ont été avertis du débarquement par des messages codés de la radio anglaise, la BBC.

Parmi eux deux vers de Verlaine, diffusés sur les ondes en deux temps ; le premier quelques jours avant le jour J (D-Day en anglais), le second quelques heures avant :
« Les sanglots longs des violons de l'automne
Blessent mon coeur d'une langueur monotone

Au matin du Jour J, à 5h30, les avions alliés et une demi-douzaine de cuirassés bombardent les fortifications des plages et des falaises. Une heure plus tard débute l'opération amphibie sous les ordres de l'amiral britannique Bertram Ramsay.

Cinq divisions (deux américaines, deux britanniques et une canadienne) commencent à débarquer sur autant de plages aux noms codés. De l'ouest vers l'est,Utah et Omaha (troupes américaines), Gold (troupes britanniques), Juno (troupes canadiennes) et Sword(troupes britanniques et détachement français).

Les hommes progressent sur les plages sous le feu des Allemands qui tirent du haut des blockhaus, ces derniers étant eux-mêmes pilonnés par les cuirassés alliés depuis le large.

La résistance de la Wehrmacht est rude, en particulier sur les falaises d'Omaha Beach, en dépit de la médiocrité des troupes.

Overlord (Herodote.net)
Utah Beach :

Casemate allemande près de Utah Beach (Les-Dunes-de-Varraville, Calvados), juin 1944

 

La défense d'Utah, à l'est de Sainte-Mère-Église, est assurée par un lieutenant de 23 ans, Arthur Jahnke, qui a sous ses ordres 75 hommes, en général de jeunes gens polonais ou baltes enrôlés de force.

Ces soldats mal armés et peu motivés se rendent sans trop de résistance. Le soir même du 6 juin, 23.000 hommes ont pu débarquer sur la plage au prix de seulement 200 victimes. Le plus dur pour eux sera la traversée des marais dans l'arrière-pays, avec leur barda de 34 kilos.

Pointe du Hoc :

Entre Utah et Omaha, un commando de 225 hommes du 2e bataillon de Rangers, sous les ordres du lieutenant-colonel James E. Rudder, escalade avec grappins, échelles et cordes la pointe du Hoc, une falaise de quarante mètres de haut. Du fait d'un retard de quarante minutes sur le planning, ils montent à l'assaut bien après le lever du jour, sans bénéficier de l'effet de surprise, et doivent supporter le feu ennemi.

On leur a demandé de détruire à titre préventif une batterie de cinq canons de longue portée mais quand les survivants du commando arrivent à l'endroit en question, c'est pour s'apercevoir que les cinq canons ont été démontés et mis à l'abri par crainte des bombardements ! Deux Rangers les découvrent par inadvertance à quelques dizaines de mètres de la batterie et les détruisent à la grenade.

Deux jours plus tard, après avoir repoussé une contre-attaque allemande, le commando ne comptera plus que 90 hommes en état de combattre.

Prise des fortifications allemandes au-dessus de la falaise d'Omaha Beach (6 juin 1944)
Omaha Beach :

 

 

Les Alliés éprouvent leurs plus grandes difficultés sur la plage Omaha. Les bombardiers qui devaient frapper préventivement les défenses allemandes ont craint de toucher les barges qui se dirigeaient vers la côte et, du coup, ont largué leurs bombes trop loin à l'intérieur des terres et manqué leurs objectifs.

Les soldats de la première vague sont fauchés par la mitraille dans les barges de débarquement ou sur la plage. Les survivants piétinent plusieurs heures sur le sable. Les opérations de débarquement sont interrompues et le repli est même un instant envisagé par le général Bradley, au risque de compromettre toute l'opérationOverlord !

Deux hommes sauvent la mise : le général Norman Cota (51 ans) et le colonel George A. Taylor (45 ans). À peine débarqués à 8h15, ils rassemblent leurs hommes en défiant le feu ennemi et l'on prête au second les mots suivants : « Il y a deux sortes d'hommes sur cette plage : ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir. Foutons le camp d'ici ». Avec les soldats du génie, ils finissent par ouvrir une brèche dans les défenses et pénétrer dans l'arrière-pays.

Là-dessus, les destroyers qui, au large, avaient pour mission de protéger la flotte de débarquement, dirigent leurs canons vers les casemates allemandes. Sur le coup de midi, la plage Omaha est enfin pacifiée.

Scène du débarquement à Omaha Beach, le 6 juin 1944, par le photographe de guerre Franck Capa (DR)
Gold Beach :

 

 

Les 25.000 Britanniques de la première vague d'assaut arrivent à débarquer sur cette plage sans rencontrer trop de résistance. Se dirigeant vers l'intérieur des terres, ils ont qui plus est la satisfaction d'être acclamés par les villageois.

Juno Beach :

Les Canadiens débarquent à Juno Beach le 6 juin 1944

Les 13.000 Canadiens auxquels a été dévolue la plage Juno débarquent avec quelques dizaines de minutes de retard, à partir de 7h55. Retard fatal : la marée qui commence à remonter recouvre les pièges et les mines enfouis dans le sable. Plusieurs barges sont touchées. Les hommes n'en arrivent pas moins à débarquer et traverser la plage. Se dirigeant vers l'intérieur, ils se heurtent à une division de Panzerque le général von Runstedt a pu enfin mettre en service, avec l'agrément du Führer.

Sword Beach :

 

 

Les Britanniques arrivent sans trop de mal à débarquer sur la plage Sword et dès 7h30, celle-ci est dégagée. Au son de la cornemuse, la brigade du commandant écossais Lord Lovat se dirige sans attendre vers le pont de Bénouville, sur l'Orne, rebaptisé du nom de code Pegasus Bridge. Il a été neutralisé avec brio, dans la nuit, par un groupe de parachutistes de la 6st British Airborne et il importe de le garder intact pour faciliter la pénétration des troupes vers l'intérieur du pays.

À noter la présence de 177 fusiliers-marins des Forces Françaises Libres sous le commandement du capitaine de corvette Philippe Kieffer parmi les troupes qui ont débarqué à Sword. Ce commando français s'illustre dans la prise du casino de Riva-Bella, à Ouistreham, transformé par les Allemands en forteresse.

Prise du pont de Bénouville-sur-Orne, nom de code Pegasus Bridge, par les parachutistes de la 6e Airborne (6 juin 1944)
 
Une tête de pont cher payé.

La chance sourit en définitive aux Alliés. Pendant toute la journée, ils n'ont eu à affronter que deux avions de chasse allemands. Quant aux redoutables Panzers ou chars d'assaut allemands, ils sont inexplicablement restés en réserve à l'intérieur des terres, mis à part une contre-attaque au petit matin sur Sainte-Mère-Église.

C'est ainsi qu'à la fin de la journée, malgré les cafouillages et les fautes du commandement, 135.000 hommes ont déjà réussi à poser le pied sur le sol français.

Le cimetière américain de Colleville-sur-mer (DR)Les émouvants cimetières blancs des falaises témoignent encore aujourd'hui du prix de ces actions héroïques, sanglantes et souvent désordonnées.

Les Américains déplorent 3.400 tués et disparus, les Britanniques 3.000, les Canadiens 335 et les Allemands 4.000 à 9.000. Les trois cinquièmes des pertes alliées se sont produites sur la plageOmaha. Mais, au total, les pertes des Alliés s'avèrent beaucoup moins importantes que le général Eisenhower ne le craignait.

Au soir du 6 juin, les Alliés ont finalement réussi à établir cinq têtes de pont sur une centaine de kilomètres du littoral normand.

Ils n'ont pas atteint tous les objectifs fixés par l'état-major, en particulier la prise de Caen, confiée aux Britanniques de Montgomery, mais leur implantation est solide et ils peuvent mettre en place toute la logistique indispensable à une offensive de longue haleine.

Débarquement sur le port artificiel d'Arromanches après le 6 juin 1944 (Overlord)

Une logistique innovante
Le débarquement de Normandie a été préparé pendant deux ans et a donné lieu à une mobilisation industrielle et technologique sans précédent.
Barges de débarquement Higgins Boats sur les plages de Normandie en juin 1944 (DR)Les navires de transport de troupes étant inaptes à accoster sur les plages, on a prévu de faire débarquer les soldats à marée basse grâce à des barges d'assaut spéciales construites à La Nouvelle-Orléans par l'industriel Andrew Jackson Higgins. Ces « Higgins Boats » s'ouvrent à l'avant pour libérer 36 hommes de troupe en tout juste 19 secondes.
On a conçu aussi des tanks amphibies avec hélices et enveloppe étanche, les « Hobart's Funnies » du général Hobart. Ces engins ont permis d'ouvrir le passage aux soldats sur les plages d'Utah, Gold, Juno et Sword. Mais à Omaha, sous l'effet des vagues, 27 des 29 chars amphibies ont immédiatement coulé et leur absence a mis en difficulté le débarquement.
Le Premier ministre Winston Churchill, puits d'idées sans fond, a aussi imaginé avec l'amiral Mountbatten un port artificiel afin de faire suivre le matériel et le ravitaillement indispensables à la poursuite de l'offensive, une fois les têtes de pont assurées.
C'est ainsi qu'en face du village Arromanches-les-Bains, près de Gold, à quelques kilomètres de Bayeux, plusieurs dizaines de vieux navires surnommés gooseberries (indésirables en français) ont été coulés dès le 6 juin pour constituer une digue de fortune. Plus au large, des radeaux métalliques appelés bombardons ont constitué des brise-lames flottants.
Caissons Phoenix autour du port artificiel d'Arromanches en juin 1944 (doc : musée d'Arromanches)La digue a été renforcée dans les jours suivants par d'énormes caissons en béton de 7000 tonnes, les « Mulberry Harbours ». Ces caissons dont la longueur pouvait atteindre 65 mètres avaient été préfabriqués sur les bords de la Tamise puis remorqués jusqu'en Normandie pour être mis en eau et coulés devant la plage.
Pour l'accostage des navires à l'intérieur du port artificiel ainsi créé, on aménagea des pontons flottants avec des flotteurs coulissant le long de piliers ancrés au fond de l'eau. Ce principe innovant a été repris plus tard par les compagnies pétrolières pour l'aménagement de plate-formes offshore. Les pontons étaient reliés à la plage par des passerelles métalliques posées sur des barges.
Cette logistique impeccable a permis aux Alliés de débarquer en dix jours 557.000 hommes, 81.000 véhicules et 186.000 tonnes de matériels divers.
À la fin juillet, ils ont débarqué pas moins de 1.500.000 hommes, aidés de manière non négligeable par les actions de la Résistance française (celle-ci a saboté en particulier plusieurs centaines de voies ferrées, bloquant l'arrivée de renforts allemands).
À la fin août, deux millions d'hommes, 438.000 véhicules et trois millions de tonnes de matériels avaient déjà débarqué sur le sol français.

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Dès le lendemain du débarquement, les Américains du général Bradley font leur jonction à Isigny, entre Utah et Omaha. Mais une grande déception vient de l'Anglais Montgomery qui échoue à prendre Caen dans la journée comme il s'y était engagé. Ses troupes, peu motivées, se laissent même surprendre par une contre-offensive des blindés allemands du colonel Meyer près de la cité normande.

De ce fait, pendant plusieurs jours, les Alliés vont piétiner sur une tête de pont profonde d'à peine une dizaine de kilomètres. Faute de mieux, leur aviation pilonne les villes de la région au motif de désorganiser les communications ennemies. Ces bombardements sans véritable nécessité stratégique vont causer au total 14.000 victimes dans la population civile, dont 2.500 dans les premières heures du débarquement.

La 1ère armée américaine du général Bradley se lance vers Cherbourg. Elle entre dans la ville en ruines le 26 juin, mais les Alliés n'en tireront aucun profit car le port a été rendu inutilisable par les Allemands.

Le général George S. Patton en Normandie (11 novembre 1885, San Gabriel, Californie -
21 décembre 1945, Heidelberg, Allemagne)De son côté, Montgomery, qui piétine toujours devant Caen, se résout en désespoir de cause à faire une nouvelle fois appel à l'aviation. Le 6 juillet 1944, la capitale historique de la Normandie est littéralement pulvérisée par deux mille tonnes de bombes. Cela ne facilite pas pour autant l'avance des Britanniques. Leurs blindés sont bloqués par les gravats ! Et tandis que la population civile de la ville a été meurtrie, les soldats allemands, qui n'ont subi que très peu de pertes, vont résister jusqu'à la fin juillet.

Du fait de cet échec, les Alliés désespérent de sortir de la presqu'île du Cotentin.

Les Américains vont débloquer la situation à partir de Cherbourg en engageant à la fin juillet une offensive vers la Bretagne. C'est l'opération Cobra.

Ils doivent au passage briser la résistance de Saint-Lô et surtout affronter les difficultés du bocage normand avec ses hauts talus, ses haies épaisses et ses chemins creux, qui freinent la progression des blindés et privent les hommes de toute visibilité. 

Le centre de la ville de Falaise en août 1944Le général George Patton, libéré de son rôle d'épouvantail dans l'opération Fortitude, prend la tête de la 3e Armée. À la vitesse de l'éclair, ses chars arrivent enfin à ouvrir une brèche dans le front à Avranches, au sud-ouest, sur la baie du mont Saint-Michel, le 31 juillet.

Sur ordre de Hitler, les VIIe et Ve Armées blindées allemandes venues de la vallée de la Seine tentent dans un ultime sursaut contre Mortain, au sud de la Manche, d'enfoncer un coin entre la 1ère Armée américaine et la 3e Armée. Mais elles se font piéger dans la« poche » de Falaise.

Les combats, particulièrement meurtriers et parfois au corps à corps, mettent aux prises les Allemands et les Polonais de la 1ère division blindée du général Maczeck. Les premiers perdent plus de six mille hommes, tués au combat ou par les bombardements aériens, et laissent 50.000 prisonniers aux Alliés. Les seconds comptent pas moins de 1.500 tués. 

Le 21 août 1944, au terme de la bataille, le gros des troupes allemandes, soit cent mille hommes, arrivent néanmoins à s'en sortir et refluer vers l'Allemagne.

La « guerre des haies » aura duré près de huit semaines. La Normandie est complètement libérée le 12 septembre 1944 avec la prise du Havre, au nord de l'estuaire de la Seine, une semaine après que le port aura été réduit en cendres par l'aviation.

Soldats allemands pendant la guerre des haies en Normandie (été 1944)

La libération de Paris ne sera presque qu'une formalité avec l'entrée des chars de la 2e DB (division blindée) du général Leclerc le 25 août. Rattachée à la IIIe armée américaine du général Patton, elle a quitté son camp d'entraînement au Maroc en avril 1944 pour l'Angleterre et, sur les instances du général de Gaulle, a pu débarquer en Normandie le 1er août.

Un mois encore et la plus grande partie de la France sera libérée (certaines poches de résistance ne se rendront qu'après la capitulation de l'Allemagne).

Stratégies divergentes

Sur le front principal, celui de l'Est, les Soviétiques ont, au début de l'année 1944, franchi le Dniepr et envahi la Roumanie et la Bulgarie. Staline profite du répit apporté par le débarquement pour lancer  une offensive puissante contre la Wehrmacht, le 22 juin 1944, troisième anniversaire de l'invasion de l'URSS. C'est l'opération Bagration, du nom d'un général russe des guerres napoléoniennes.

À la grande surprise de Hitler, qui s'attendait à des offensives périphériques vers la Finlande ou la Galicie, elle est lancée contre l'armée allemande du Centre, en Biélorussie, autour de Minsk. Avec l'appui efficace des partisans qui sabotent les communications ennemies à l'arrière, les Soviétiques progressent avec rapidité et les Allemands voient venir avec terreur le moment où ils vont pénétrer à l'intérieur de l'Allemagne historique...

Sur le « second front », à l'ouest, très vite se fait jour un conflit d'idées entre les deux têtes de l'offensive alliée, Montgomery et Eisenhower. Le Britannique préconise une attaque frontale sur le cœur industriel de l'Allemagne, la Ruhr, en vue d'en finir avant Noël 1944.

L'Américain est partisan d'un front plus large et d'une progression plus méthodique. On le soupçonne de vouloir empêcher les Britanniques de s'attribuer l'honneur de la victoire afin de faciliter la réélection du président Roosevelt en novembre 1944.

Montgomery tente de mettre son plan en œuvre en attaquant les Pays-Bas. Le dimanche 17 septembre, il lance une grande offensive aéroportée sur le pont d'Arnhem, dernier pont sur le Rhin avant la Ruhr.

Les Allemands, prévenus, contre-attaquent. C'est un échec sanglant avec 3.000 rescapés sur les 11.000 hommes engagés (en souvenir de ce drame, les paras britanniques portent un ruban noir à l'arrière de leur béret). Dès lors, d'aucuns songent sérieusement à limoger « Monty », lequel bénéficie d'une popularité surfaite depuis sa victoire d'El-Alamein.

En décembre, Anglais et Américains se rallient finalement à l'idée d'une percée dans les Ardennes, où le général allemand Gerd Von Rundstedt a lancé une contre-offensive de la dernière chance. Pas moins de 750.000 hommes engagés des deux côtés. Il faudra encore cinq mois de combats avant que l'Allemagne ne capitule. À l'autre bout de l'Eurasie, le Japon, quant à lui, résistera jusqu'à la capitulation du 2 septembre 1945.

Non, ce n'est pas le Débarquement qui eu raison du nazisme
Overlord est aujourd'hui la bataille la mieux connue de la Seconde Guerre mondiale du fait de sa puissance technologique... et par la grâce d'Hollywood, qui en a tiré un film remarquable, Le jour le plus long (1962, Darryl Zanuck), d'après le livre éponyme de Cornelius Ryan.
Le Débarquement soulagea incontestablement les Soviétiques, qui avaient rejoint trois ans plus tôt les Britanniques dans la guerre contre Hitler et en supportaient l'effort principal. Il hâta sans conteste de plusieurs mois la capitulation de l'ennemi commun.
Le jour le plus long (1962)Mais les véritables tournants de la guerre furent les batailles d'El-Alamein, Stalingrad et Koursk, après lesquelles la chute du nazisme n'était plus devenue qu'une question de temps. Il est vrai que les cinéastes les ont très peu mises en valeur.
Le Débarquement fut au demeurant assez peu meurtrier si on le compare à certaines journées d'août 1914 ou de la bataille de Stalingrad. Rappelons aussi que les Américains ont perdu 200.000 soldats au total sur l'ensemble des fronts du Pacifique et de l'Europe. C'est... cent fois moins que les Soviétiques (vingt millions de victimes civiles et militaires).
Mais il est vrai que le sacrifice des jeunes Américains et leur héroïsme magnifique suscitent davantage d'empathie que celui des Soviétique endurcis par les horreurs de la guerre de partisans face aux nazis.

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ça s'est passé un... 5 juin

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5 juin 1240 : Victoire des Russes sur les Suédois

Le 5 juin 1240, à la tête des troupes de la république voisine de Novgorod, le jeune prince russe Alexandre vainc les Suédois, au bord de la Neva. Cette première victoire vaut au vainqueur le surnom de Nevski et va contribuer à l'émergence de l'empire russe.

5 juin 1316 : Louis X le Hutin meurt sans héritier direct

Le roi Louis X le Hutin meurt le 5 juin 1316 à Vincennes d'avoir bu de l'eau glacée après une partie de jeu de paume qui l'avait mis en nage. Son épouse Clémence de Hongrie est enceinte de leur premier enfant... En attendant la naissance de l'héritier espéré, Philippe, frère du défunt roi, assume la régence. L'enfant naît le 15 novembre 1316. C'est un garçon. Il devient aussitôt roi sous le nom de Jean 1er Posthume. Mais il n'aura pas le temps de savourer son titre ; il meurt quatre jours plus tard !

Qui se douterait des désordres qui vont s'ensuivre en l'absence, pour la première fois depuis trois siècles, d'une succession masculine en ligne directe ?...

5 juin 1568 : Exécution des comtes d'Egmont et de Hoorn

Le 5 juin 1568, le duc d'Albe, vice-roi des Pays-Bas, fait exécuter les comtes d'Egmont et de Hoorn sur la Grand ‘Place de Bruxelles sous le prétexte qu'une agression aurait été perpétrée par les calvinistes contre des lieux catholiques.

Fidèles sujets du roi d'Espagne Philippe II, les condamnés avaient cosigné trois ans plus tôt à Breda le « compromis des Nobles » par lequel les nobles néerlandais, qualifiés de « gueux » par les représentants du roi d'Espagne, protestaient contre les excès de la répression anti-calviniste.

Leur exécution, qui vient après bien d'autres, marque le début de la « Guerre de Quatre-Vingts ans ». Celle-ci va entraîner l'Union d'Utrecht et déboucher sur la reconnaissance par l'Espagne, en 1648, de l'indépendance de la République des Provinces-Unies.

5 juin 1662 : Fête du Carrousel

Le 5 juin 1662, le jeune roi Louis XIV donne une grande fête dans le jardin des Tuileries, en son palais parisien. Plusieurs milliers de spectateurs contemplent les savantes évolutions de cinq quadrilles...

En souvenir de cet événement, le lieu porte encore aujourd'hui le nom de « Carrousel » (le carrousel désigne un spectacle équestre). Il est orné d'un bel arc de triomphe.

5 juin 1799 : Humboldt s'embarque pour l'aventure

Le 5 juin 1799, le naturaliste allemand Alexander von Humboldt et son compagnon français, le botaniste Aimé Bonpland appareillent à La Corogne à destination de l'Amérique du sud. C'est le début d'une exploration très compl ète du Nouveau Monde, de sa faune, de sa flore, de sa géologie et des moeurs de ses indigènes.

5 juin 1862 : La France s'implante en Indochine

Le 5 juin 1862, par le traité de Saigon (aujourd'hui Hochiminh-ville), l'empereur du Vietnam Tu Duc cède la Cochinchine à la France. Il officialise ainsi la présence française en Indochine...

5 juin 1968 : Attentat mortel contre Robert Kennedy

Le sénateur américain Robert Kennedy (43 ans) est touché de deux balles tirées à bout portant par un jeune Palestinien, Sirhan Sirhan, alors qu'il sortait d'un hôtel de Los Angeles où il venait de remporter les primaires démocrates de Californie pour les prochaines élections présidentielles.

Bob Kennedy s'était fait connaître comme général attorney (ministre de la Justice) sous la présidence de son frère John Kennedy. Il était donné favori pour les élections présidentielles de la fin de l'année.

5 juin 1981 : Révélation du Sida

Le 5 juin 1981, une revue scientifique évoque une mystérieuse pneumonie. On découvrira un peu plus tard qu'il s'agit en réalité de l'apparition d'un nouveau virus, le HIV. C'est le début d'une effroyable épidémie, le sida (« syndrome immunitaire de déficience acquise »)

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ça s'est passé un... 4 juin

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4 juin 1783 : Première montgolfière (sans passager)
Le 4 juin 1783 s'envole la première montgolfière (sans passager à bord). À Annonay, près de leur papeterie, les frères Montgolfier réussissent pour la première fois à faire voler un objet fabriqué de main d'homme. L'heure des vols habités est proche.
4 juin 1859 : Napoléon III risque tout à Magenta
Le 4 juin 1859, un mois après avoir déclaré la guerre à l'Autriche, l'empereur Napoléon III et son allié, le roi de Piémont-Sardaigne affrontent l'ennemi à Magenta, à l'ouest de Milan.

Les alliés franco-sardes l'emportent difficilement et Napoléon III manque d'être fait prisonnier avec son état-major. Son armée arrive malgré tout à prendre la ville au terme d'une bataille qui laisse 9.000 morts sur le terrain. Trois jours plus tard, elle entre à Milan et le général de Mac-Mahon est fait maréchal et duc de Magenta.

Le champ de bataille de Magenta, par Fattori Giovanni (musée d'art moderne de Florence)

Trois semaines plus tard, à Solférino,l'empereur des Français, peu porté à la guerre, décide d'arrêter les frais...

4 juin 1900 : Exposition des oeuvres de Rodin
Le 4 juin 1900 sont exposées les oeuvres d'Auguste Rodin. Vilipendé quelques années plus tôt à propos de la statue de Balzac qui figure aujourd'hui sur le boulevard Raspail (à Paris), le sculpteur est enfin honoré comme il le mérite. Mais son réalisme continue de faire peur. À preuve la polémique sur la statue de Victor Hugo, que certains le soupçonnent d'avoir moulé sur nature.

4 juin 1958 : De Gaulle : « Je vous ai compris »

Le 4 juin 1958, du balcon du Gouvernement Général d'Alger, le général de Gaulle lance à la foule : « Je vous ai compris. Je sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c'est celle de la rénovation et de la fraternité. Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France, et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie, il n'y a qu'une seule catégorie d'habitants : il n'y a que des Français à part entière, des Français à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs... »

Ce cri va semer d'amères illusions chez les Français d'Algérie, ceux-là mêmes qui l'ont ramené au pouvoir. Il les laisse croire à sa résolution de conserver l'Algérie à la France.

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ça s'est passé un... 3 juin

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1 - ) 3 juin 1800 : Une nouvelle capitale pour les États-Unis

2 - ) 3 juin 1942 : La bataille de Midway

3 - ) 3 juin 1944 : De Gaulle chef du gouvernement provisoire

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1 - ) 3 juin 1800 : Une nouvelle capitale pour les États-Unis

Le 3 juin 1800, John Adams, deuxième président des États-Unis d'Amérique, quitte Philadelphie pour Washington. La nouvelle capitale du pays est implantée au bord de la rivière Potomac, sur le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central. Son plan d'urbanisme est l'œuvre de Pierre Charles L'Enfant, un Français qui a combattu pour l'indépendance du pays.

Le « triangle fédéral » est constitué par le Mémorial de George Washington, le Capitole, où siège le Congrès (Chambre des représentants et Sénat), la Maison Blanche, où réside le Président. Le nom officiel de cette dernière, jamais employé, est Exécutive Mansion.

L'année suivante, en mars 1801, Thomas Jefferson devient le premier président à y prendre ses fonctions. La ville ne compte encore que trois mille habitants.

ça s'est passé un... 3 juin

Une capitale sortie du néant

La Convention a décidé le 21 février 1787 de donner une vraie capitale au pays. Par souci d'équilibre, elle choisit de l'implanter entre les États du Nord et ceux du Sud, au contact du Maryland et de la Virginie. Elle détache pour cela un territoire marécageux sur les bords de la rivière Potomac et en fait le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central.
Le plan d'urbanisme de Washington est l'œuvre de Pierre Charles L'Enfant. Cet architecte français, qui s'est battu à Saratoga aux côtés de La Fayette et des insurgés américains, décide de construire une ville « royale », à l'image de Versailles.
Washington, ainsi nommée en l'honneur du premier président des États-Unis (mort en 1799), présente un plan géométrique avec des rues en damier coupées par des avenues obliques qui débouchent sur des places circulaires.
Tous les bâtiments administratifs originels s'inscrivent dans le Triangle fédéral formé par le Capitole - où siègent le Congrès -, la Maison-Blanche et le Mémorial de Georges Washington (un obélisque de 169 mètres de haut).
La résidence présidentielle, sur Pennsylvanie Avenue NW, est inaugurée en 1800 sous le nom officiel d'Exécutive Mansion (le Manoir présidentiel). Mais ce nom sera très vite délaissé au profit de White-House (Maison-Blanche). Partiellement brûlée par les Anglais en 1812, elle est reconstruite dans le style néo-classique géorgien.

Capitale prestigieuse, ville souffreteuse

La ville de Washington (700.000 habitants) se distingue des autres villes américaines par ses constructions relativement basses et entrecoupées de vastes espaces verts. Mais sa périphérie, peuplée de laissés-pour-compte, a des aspects autrement plus déplaisants.
Le district de Columbia, du fait de son statut de capitale fédérale et de l'absence de ségrégation, a attiré dès le début du XXe siècle de nombreux Noirs du Sud. Ceux-ci représentent aujourd'hui près des deux tiers de la population et leurs conditions de vie restent dans l'ensemble très médiocres. Il s'ensuit que la municipalité manque cruellement de ressources et vit sous perfusion financière

2 - ) 3 juin 1942 : La bataille de Midway

Du 3 au 6 juin 1942, les flottes japonaise et américaine s'affrontent près de l'île de Midway, au cœur du Pacifique.

Pour la première fois dans une bataille navale, l'aviation fait figure de vedette. Les Japonais perdent leurs quatre porte-avions. Abasourdis six mois plus tôt par le choc de Pearl Harbor, les Américains redressent la tête et entament une contre-offensive victorieuse.

La bataille de la dernière chance

Après leur attaque surprise de Pearl Harbor, les Japonais avaient effectué une progression foudroyante dans le Pacifique et l'Insulinde. S'emparant des Philippines, de Singapour, des îles Salomon et de l'Indonésie, ils en étaient arrivés à menacer Calcutta (Inde) et à bombarder Port-Darwin (Australie). Mais pendant ce temps, les Américains, dotés d'une écrasante supériorité industrielle et militaire, s'étaient mis en ordre de bataille.

Le 15 avril 1942, le général Douglas MacArthur prend le commandement en chef des opérations du Pacifique. Trois jours plus tard, le 18 avril 1942, le colonel Doolittle effectue un raid audacieux sur Tokyo avec des bombardiers qui ont décollé depuis des porte-avions. Ce fait d'armes inquiète fortement l'amiral Yamamoto, qui commande la flotte japonaise.

La prise de la base de Midway, à 1150 milles marins au nord-ouest d'Honolulu, lui apparaît dès lors indispensable pour maîtriser le Pacifique central et repousser les Américains à l'Est du 180e méridien. La situation devient d'autant plus préoccupante pour les Japonais qu'ils échouent dans leur attaque contre Port-Moresby, capitale de la Nouvelle-Guinée, lors de la bataille de la mer de Corail, les 7 et 8 mai 1942.

Cette bataille navale est la première de l'Histoire qui fasse exclusivement appel aux avions de l'aéronavale. Elle stoppe la progression des Japonais dans le Pacifique Sud et lève la menace sur l'Australie.

Information, désinformation

Mais les Américains captent des messages ultra-secrets, rédigés dans le code«Pourpre» que les Japonais croyaient inviolable. Ces messages leur dévoilent les visées de l'amiral Yamamoto sur Midway.

C'est ainsi que l'amiral Chester Nimitz place sa flotte aux aguets au nord-est de l'île, sous le commandement de l'amiral Fletcher, spécialiste de l'aéronavale. Cette force se compose de trois porte-avions : le Hornet et l'Enterprise, revenus du raid sur Tokyo, ainsi que le Yorktown, de retour de la bataille de la mer de Corail après réparations.

Entre temps, trois escadres japonaises convergent vers Midway : une force d'attaque composée de quatre porte-avions avec escorte sous le commandement de l'amiral Nagumo.

Celui-là même qui a effectué l'attaque contre Pearl Harbor. Les porte-avions ont aussi participé à cette première attaque de la guerre du Pacifique. Il s'agit de l'Akagi, du Kaga, du Soryu et du Hiryu.

La seconde escadre est une force d'invasion de 5.000 hommes de troupe, transports et escorte et la troisième, à 300 milles nautiques en arrière, est un corps de bataille composé de cuirassés dont le fameux Yamato sur lequel se trouve l'amiral Yamamoto lui-même.

La reconnaissance aérienne américaine, à partir de Midway, ne repère la flotte ennemie que très tardivement dans la soirée du 3 juin et encore n'est-ce que la force d'invasion sans les porte-avions.

 

À l'aube du 4 juin, les Japonais lancent des vagues de bombardiers et de chasseurs sur Midway. La chasse américaine basée sur terre, totalement surclassée, est décimée et la contre-attaque par les bombardiers et torpilleurs de la base est un échec total. Elle se solde par de lourdes pertes. Mais les résultats de ces premiers bombardements ayant été jugés insuffisants, une deuxième vague est décidée.

Les Japonais arment leurs avions en vue d'une attaque terrestre. Mais la flotte américaine de Nimitz et Fletcher a repéré les positions de l'ennemi et sait maintenant où le frapper. Une escadrille d'avions-torpilleurs attaque les navires japonais mais les canons antiaériens et les chasseurs nippons abattent les assaillants jusqu'au dernier sans endurer aucun coup au but.

Malgré le succès de la riposte, l'amiral Nagumo hésite à poursuivre l'offensive, ayant eu vent de la présence de porte-avions ennemis à portée de vol. D'un côté, ses avions sont prêts pour une attaque terrestre, de l'autre, la flotte adverse est dans les parages, prête à contre-attaquer. Que faire ?

Nagumo hésite toujours entre une attaque terrestre et une bataille navale. Un deuxième assaut d'avions-torpilleurs américains s'avère tout aussi désastreux pour eux. Tous sont abattus sans aucun coup au but.

Une défaite cuisante

L'amiral choisit dès lors l'option navale. On réarme à la va-vite les chasseurs en version navale, en laissant traîner les bombes terrestres dans les hangars des entre-ponts, et l'on rassemble les avions sur les ponts, prêts au lancement. C'est alors que la chance, qui jusqu'alors a boudé les Américains, change de camp.

Des escadrilles de bombardiers américains, qui se sont glissés entre les nuages jusqu'au-dessus de la flotte japonaise, plongent en piqué sur celle-ci avant que les chasseurs nippons aient eu le temps de prendre de l'altitude. La surprise est totale et quand les Japonais reprennent leurs esprits, les avions ennemis sont déjà repartis.

Trois porte-avions sont en feu, ravagés par les explosions des bombes oubliées dans les entre-ponts. Deux coulent rapidement et un troisième sombre le lendemain à l'aube. Il en reste un dernier, le Hiryu, intact. Yamamoto décide de l'engager sans tarder. L'amiral croit que les Américains n'alignent que deux porte-avions. Il ne sait pas que le Yorktown, endommagé pendant la bataille de la mer de Corail, est présent.

Les avions de reconnaissance nippons cherchent longtemps l'escadre ennemie et ne la trouvent que dans l'après-midi du 5 juin. Une attaque est aussitôt lancée au cours de laquelle le Yorktown est sérieusement touché.

Mais la réplique ne tarde pas, les bombardiers en piqué américains surprennent leHiryu dans les mêmes conditions que les porte-avions de la veille. Le navire sombre durant la nuit.

Yamamoto n'ayant plus d'avions ni de porte-avions se voit forcé d'annuler l'opération Midway.

Le 6 juin, les avions américains poursuivent le reste de la flotte en retraite, qui n'a plus de protection aérienne, mais elle obtient peu de résultats: seulement un croiseurdésemparé (se dit d'un navire qui ne peut plus se déplacer par ses propres moyens).

La pièce n'est pas entièrement jouée. LeYorktown a été gravement endommagé et on l'a évacué car on le croit perdu. Mais il flotte encore. Il s'apprête à rentrer au port sur ses propres machines, assisté par un destroyer, quand un sous-marin japonais qui passait par-là envoie les deux navires par le fond.

Au total, outre leurs quatre porte-avions et un croiseur lourd, les Japonais ont perdu à Midway 332 avions. Leurs pertes humaines s'élèvent à 3500 hommes, y compris beaucoup de pilotes chevronnés. Les Américains déplorent quant à eux la perte d'un porte-avions (le Yorktown), d'un destroyer, de 147 avions et de 300 hommes.

Une diversion pour rien

En marge de la bataille principale, qui se solde par une défaite irrémédiable pour l'aéronavale japonaise, une quatrième escadre japonaise réussit quant à elle sa mission. Elle attaque et prend les îles d'Attu et de Kiska, dans l'archipel des Aléoutiennes, dans les eaux glacées du Pacifique Nord.

L'opération lui est facile car ces îles ne sont pas défendues, n'ayant pas le moindre intérêt stratégique. Il y a seulement sur Attu une dizaine de militaires non armés qui s'occupent de la station météorologique. Cet archipel de pêcheurs de crabes est loin de tout (plusieurs jours de mer) et inutilisable sur le plan militaire la moitié de l'année à cause du mauvais temps.

L'attaque a été conçue comme une diversion pour disperser les forces américaines, mais celles-ci ne sont pas tombées dans le panneau.

Le tournant de la Seconde Guerre mondialeAvec la bataille de Midway, la guerre du Pacifique amorce un tournant radical. Le Japon, qui subit là sa première défaite, perd définitivement l'initiative... seulement six mois après son entrée en guerre. Quatre mois plus tard, c'est au tour de son alliée, l'Allemagne hitlérienne, de subir à El-Alamein sa première défaite.

3 - ) 3 juin 1944 : De Gaulle chef du gouvernement provisoire

Le 3 juin 1944, à quelques jours du débarquement allié en Normandie, le général de Gaulle constitue officiellement à Alger le gouvernement provisoire de la République française et en devient naturellement le chef. C'est l'ultime étape avant l'éviction du« régime de Vichy ».

Un an plus tôt, Charles de Gaulle avait quitté son exil londonien et s'était installé à Alger, qui venait d'être débarrassée des autorités vichystes par les troupes anglo-saxonnes. Il avait constitué le 3 juin 1943 un Comité français de libération nationale-co-présidé par lui-même et le général Henri Giraud.

Dans les mois suivants, avec l'appui de résistants comme Jean Moulin et Georges Bidault, le chef de la France Libre avait surmonté son conflit de préséance avec le général Giraud, en qui les Américains voyaient un interlocuteur plus malléable, et était enfin devenu le chef incontesté de la Résistance. C'est ainsi qu'il avait pu transformer le Comité en gouvernement provisoire.

 

 

« Une certaine idée de la France »
« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a, en moi, d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle ».
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre (Plon, 1954).

ça s'est passé un... 3 juin
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Fausses prophéties
Lucide sur les questions de stratégie, de Gaulle l'est moins en ce qui concerne la géopolitique. Dans son ouvrage : Vers l'Armée de métier, qui paraît un an après l'accès de Hitler au pouvoir, il se risque ainsi à prophétiser imprudemment la Fin de l'Histoire : « Quel profit réel et durable procureraient à présent des annexions démesurées, quand on n'a plus, pour fixer les allogènes aux empires, ni droit divin, vassalité, servage, ni diètes à corrompre, clercs à effrayer, noblesse à séduire, mais seulement la violence ? Après d'intenses bouillonnements, le monde s'est cristallisé.
Un peu plus loin, l'officier affiche sa vision de l'empire colonial : « Les mille liens tissés entre la Métropole et ses possessions d'outre-mer ne cessent de se multiplier . Certes, s'il nous est donné de poursuivre notre oeuvre jusqu'à ce point du progrès où la sagesse vient aux élites et le loyalisme aux foules, on verra des populations, actuellement mal résignées, accepter franchement l'union. Mais, jusque-là, restons les maîtres, sous peine que tout soit perduquestion coloniale, même au regard de l'époque. Elles sont publiées en effet quelques mois avant que les Britanniques n'accordent à leur principale colonie, les Indes, une très large autonomie annonciatrice de leur indépendance.

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ça s'est passé un... 2 juin

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2 juin 1559 : Henri II promulgue l'édit d'Écouen

Le 2 juin 1559, le roi de France Henri II promulgue l'édit d'Écouen en vue de réprimer plus sévèrement l'hérésie calviniste, en rapide expansion dans le royaume. Par cet édit d'un caractère inédit, il ordonne à tous ses sujets d'abattre les huguenots sans autre forme de justice !

L'édit d'Écouen, en violant le droit, marque une rupture par rapport aux persécutions antérieures, qui s'inscrivaient dans un cadre légal, ce qu'exprimera avec force le poète calviniste Agrippa d'Aubigné...

Le 10 juin 1559, Henri II se rend au Parlement de Paris pour tenir un lit de justice en vue de faire enregistrer l'édit. Le conseiller Anne du Bourg, calviniste déclaré, proteste publiquement en pleine séance contre le caractère inique de ce texte. Cela lui vaut d'être arrêté et mis en jugement. Après la mort tragique du roi, le duc François de Guise, conseiller de son successeur, obtiendra sa condamnation à mort et Anne du Bourg sera pendu et brûlé en place de Grève, à Paris, le 23 décembre 1559. Ce sera un prélude aux guerres de religion.

2 juin 1946 : Naissance de la République italienne

Le 2 juin 1946, les Italiens sont convoqués à un référendum pour définir les nouvelles institutions du pays après l'aventure fasciste. Par la même occasion, ils sont appelés à élire une assemblée constituante.

Prenant les devants, le roi Victor-Emmanuel III, qui s'est discrédité en amenant Mussolini au pouvoir, tente de sauver la couronne en abdiquant au profit de son fils Humbert II le 9 mai 1946. Mais ce geste ne suffit pas à réhabiliter la monarchie et les citoyens se prononcent à 54% pour la République. Celle-ci est officiellement instaurée le 18 juin suivant.

L'assemblée constituante qui sort des urnes s'avère dominée par trois partis qui vont dès lors régenter la vie politique italienne pendant le demi-siècle suivant. Il y a d'abord la Démocratie chrétienne (Democrazia cristiana) dirigée par Alcide De Gasperi, qui recueille 35% des voix, puis le parti socialiste de Pietro Nenni (20% des voix) et le parti communiste de Palmiro Togliatti (19%).

Le 2 juin est depuis lors fête nationale chômée en Italie.

2 juin 1793 : Arrestation des Girondins

 

 

Le 2 juin 1793, 80.000 Parisiens en colère assiègent l'Assemblée. Le sans-culotte Hanriot, à la tête de la garde nationale, menace les députés de la Convention.

Il réclame la destitution et l'arrestation des députés girondins, que l'on appelle ainsi parce que plusieurs sont originaires du département de la Gironde

Le 2 juin 1793, 80.000 Parisiens en colère assiègent l'assemblée de la Convention. Il s'agit essentiellement de gardes nationaux en armes.

Ils réclament la destitution et l'arrestation des députés girondins, que l'on appelle ainsi parce que plusieurs sont originaires du département de la Gironde. Groupés autour de Brissot et Vergniaud, ils sont de leur vivant plus connus sous le nom de Brissotins.

La Révolution au tournant

Leur crime ?

 Après la victoire de Valmy (20 septembre 1792) et l'instauration de la République, les Girondins, adeptes d'un pouvoir décentralisé, auraient souhaité arrêter le cours de la Révolution.

Mais au printemps 1793, une succession de défaites militaires ranime la crainte de l'invasion. Les Vendéens se soulèvent de leur côté pour échapper à la levée en masse. La disette et l'inflation réapparaissent de plus belle.

Au contraire des Girondins, les députés de la Montagne (ainsi appelés parce qu'ils siègent en haut de l'Assemblée) préconisent des mesures draconiennes. Robespierre, leur chef, craint qu'une interruption du processus révolutionnaire n'entraîne une restauration la monarchie.

Les Montagnards font voter une loi sur le cours forcé de l'assignat et ils obtiennent le lancement d'un «emprunt forcé» sur les riches. Ils créent aussi un Tribunal révolutionnaire et un Comité de Salut public.

Paris contre la France

Les Montagnards bénéficient du soutien des sans-culottes parisiens, de la Commune de Paris et du club des Jacobins, ainsi que des bourgeois enrichis par la vente des biens nationaux. Leurs mesures extrêmes leur rallient aussi le mouvement parisien des Enragés de Jacques Roux. Sur les murs de Paris, les révolutionnaires affichent de vibrantes proclamations comme : Unité et indivisibilité de la République. Liberté, égalité, fraternité ou la mort.

Les Girondins, bien que tenant les rênes du gouvernement, sont acculés par les groupes de pression parisiens et impuissants à mobiliser leurs propres partisans, pour la plupart en province.

Ils tentent de faire mettre en accusation Jean-Paul Marat, un agitateur populaire qui sait mieux que quiconque manoeuvrer les sans-culottes des sections parisiennes.

De façon prévisible, celui-ci est acquitté par le Tribunal révolutionnaire qu'il a lui-même fondé. Il fait un retour triomphal à l'assemblée le 24 avril 1793.

Les Girondins mettent alors sur pied, à la Convention, une Commission des Douzechargée d'enquêter sur des pétitions contre eux-mêmes, qui circulent dans les sections parisiennes de sans-culottes.

Les Montagnards tentent une première fois, le 31 mai, d'organiser une insurrection populaire autour de l'Assemblée pour abattre leurs rivaux. Mais l'insurrection n'aboutit qu'à la suppression de la Commission des Douze.

L'insurrection du 2 juin, préparée avec soin par Marat, met en branle les sections parisiennes de sans-culottes et la garde nationale qui encerclent l'assemblée. Comme les députés sortent pour adjurer les manifestants de rentrer dans leurs sections, le sans-culotte Hanriot, à la tête de la garde nationale, menace de faire tirer les canonniers sur eux.

Les sans-culottes menacent les députés girondins le 31 mai 1793 (musée Carnavalet, Paris)

Penauds, les élus s'inclinent. Ils reprennent place dans les travées de l'assemblée et votent la mise en état d'arrestation de 29 des leurs, ainsi que l'exige l'insurrection parisienne. Les Girondins, arrêtés et retenus à leur domicile, s'enfuient et tentent sans succès de soulever les provinces. Mais la plupart seront rattrappés et guillotinés.

Les Montagnards ayant enfin les mains libres, ce sera pendant 13 mois la Terreur. voire la Grande Terreur, sous la dictature du Comité de Salut public, un gouvernement de sept membres dirigé avec autorité par Maximilien de Robespierre.

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ça s'est passé un... 1er juin

ça s'est passé un... 1er juin

1- 1er juin 195 av. J.-C. : Mort du premier empereur Han

2 - 1er juin 1794 : Le Vengeur livre son dernier combat

3 - 1er juin 1879 : Mort tragique du Prince impérial

1 - 1er juin 195 av. J.-C. : Mort du premier empereur Han
 

Le 1er juin de l'an 195 avant notre ère, l'empereur Gaozu, de son vrai nom Liu Bang (ou Lieou Pang) meurt dans son palais de Tch'ang-ngan (aujourd'hui Xi'an), à 52 ans. Il est le fondateur de la prestigieuse dynastie chinoise des Han.

La fin piteuse de la dynastie Qin

Meneur d'hommes, aimant l'alcool et les femmes, ce fils de paysan devient officier de police dans une circonscription rurale, sous le règne du Premier Empereur.

Après la mort de celui-ci, le voilà en charge de convoyer une colonne de prisonniers. Se payant d'audace, il libère ceux-ci et se met à leur tête. Aspergeant de sang son tambour, il prend le rouge pour emblème et, très vite, avec son armée improvisée, se taille un fief dans sa région natale.

Il se met sous les ordres d'un prince de l'ancienne aristocratie, Xiang Yu, aussi brutal et retors que lui est généreux et habile. Les deux associés volent de victoire en victoire et atteignent en février 206 la capitale impériale, Xianyang.

Le pâle héritier du Premier Empereur, un dénommé Zi Yin, leur fait sa soumission et Xiang Yu s'empresse de le faire exécuter ainsi que tout son entourage. Ses soldats mettent à sac la capitale, y compris la riche bibliothèque du Premier Empereur. Le mausolée de celui-ci est également profané !

Le retour à l'unité

Xiang Yu et Liu Bang s'octroient chacun une principauté mais très vite en viennent à s'affronter. Leur guerre va durer cinq longues années. Liu Bang a pris soin d'occuper la haute vallée de la Wei, berceau de la précédente dynastie. Il en fortifie les cols d'accès, bénéficiant ainsi d'un refuge inexpugnable. Il s'attache partout les populations par son humanité, à la différence de son rival qui sème partout la désolation.

Un bouillon fraternel
L'historien René Grousset rapporte, entre autres anecdotes, que Xiang Yu s'est emparé du père de Liu Bang. Il menace celui-ci, s'il ne se soumet pas, de le mettre à bouillir et d'en boire le bouillon, selon une sympathique coutume héritée de la Chine féodale !
À cette menace, Liu Bang répond sans se démonter que « Xiang Yu et lui sont deux anciens frères d'armes et, à ce titre, son père est devenu le sien ; s'il veut absolument le faire bouillir, qu'il ne manque pas de lui réserver une tasse de bouillon ! » Décontenancé, Xiang Yu élargit son prisonnier.

Acculé malgré d'ultimes prouesses guerrières, Xiang Yu se tranche la gorge.

Liu Bang, le fils de paysan, se retrouve en moins de cinq ans sans rival. Empereur ! Il restaure l'oeuvre de Qin Shi Huangdi et rétablit l'ordre dans le pays. Mais à la différence de son illustre prédécesseur, il redouble d'habileté dans le maniement des hommes. Ainsi ménage-t-il les lettrés confucéens, sans leur épargner ses sarcasmes. Il récompense aussi les chefs qui l'ont aidé à prendre le pouvoir en leur octroyant des fiefs mais les leur enlève sous un prétexte ou un autre de sorte que les guerriers se transforment en inoffensive noblesse de cour.

Gaozu érige une nouvelle capitale impériale à une quinzaine de kilomètres de l'ancienne Xianyang, à Chang'an, et poursuit la guerre contre les ennemis de l'extérieur, notamment les Huns. En 200 av. J.-C., comme il est cerné par ceux-ci, il fait envoyer à leur roi le portrait d'une beauté chinoise. Séduit, le barbare laisse l'empereur se retirer et, deux ans plus tard, reçoit en guise de cadeau l'une des plus jolies filles de son harem, « perdrix chinoise » livrée à l'« oiseau sauvage du nord » !

Comme l'empereur tient les médecins en aussi peu d'estime que les lettrés, il néglige de faire soigner une blessure de guerre. Cela lui vaut de mourir prématurément à 52 ans.

Une dynastie prestigieuse entre toutes

Gaozu et ses descendants vont se succéder sur le trône chinois presque sans interruption pendant quatre siècles, jusqu'en 220 après JC. Le plus prestigieux de ces souverains est Wudi, dont le long règne s'étire de 140 à 87 av. J.-C.

Leur dynastie est connue sous le nom de Han. Les Chinois lui conservent une reconnaissance éternelle et continuent de s'en réclamer. Aujourd'hui encore, ils se dénomment officiellement « fils des Han » ou tout simplement « Han ».

Remarquable parallèle : à la même époque que les Han, dans le bassin méditerranéen, une république de soldats laboureurs, Rome, abattait une oligarchie commerçante, Carthage, et fondait un empire dont se réclament encore les Européens.

2 - 1er juin 1794 : Le Vengeur livre son dernier combat

Le 1er juin 1794, au plus fort de la Révolution, une escadre française livre un combat désespéré à la flotte anglaise, au large de Brest.

Une marine mal en point

Depuis la chute de la monarchie, l'ancienne marine royale souffre d'un grave délabrement matériel. Les officiers qui n'ont pas émigré ont pour la plupart perdu toute compétence et les équipages ne connaissent plus de discipline.

L'amiral Louis Thomas Villaret de Joyeuse, qui commande l'escadre de Brest, ne dispose que de 23 vaisseaux et 16 frégates, avec des équipages et des officiers de très médiocre valeur.

Il figure parmi les rares officiers de qualité de l'Ancien Régime qui se sont mis au service de la Révolution. Il s'est illustré sous les ordres du bailli de Suffren.

En ce jour fatidique du 13 prairial An II (selon le calendrier révolutionnaire), il doit assurer le passage d'un gigantesque convoi de 170 vaisseaux chargés de blé en provenance d'Amérique. La cargaison est attendue avec impatience en France pour soulager la disette qui menace...

Construction d'une légende

Les 33 vaisseaux anglais de l'amiral Howe, bien équipés et bien commandés, mettent hors de combat la moitié de l'escadre française et 5.000 hommes. Ce succès reste connu en Angleterre sous le nom de «The glorious First of June» !

Néanmoins, le convoi qui amenait du blé d'Amérique réussit à se réfugier dans le port. La Révolution est une nouvelle fois sauvée de justesse.

Les premiers rapports expédiés aux députés de la Convention font état de la perte d'un navire, le Vengeur, qui aurait coulé avec tout son équipage criant à pleine gorge :«Vive la Patrie, vive la République». Les Conventionnels s'enflamment. Le poète André Chénier écrit des vers dithyrambiques :

«Lève-toi, sors des mers profondes,
Cadavre fumant du Vengeur
Toi qui vis le Français vainqueur
Des Anglais, des feux et des ondes...,»

Dans les faits, l'équipage du navire a été secouru par l'ennemi et près de 400 marins et officiers seront libérés quelques mois plus tard. Cela ne changera rien à la légende
.

La véritable fin du Vengeur
Au cours du combat, le Vengeur perd deux mâts, un tiers de son équipage et finit par embarquer l'eau de mer par les sabords de sa batterie basse dont les mantelets ont été arrachés lors de son violent contact avec le HMS Brunswick. Le capitaine Jean-François Renaudin le juge perdu et se rend.
Trois navires anglais envoient des chaloupes : l'Alfred (Capt John Bazely) recueille une centaine de marins ; le cotre Rattler (Lt John Winne), une quarantaine et le Culloden(Capt Isaac Schomberg), 127. Les blessés sont abandonnés sur le Vengeur et des marins refusent de le quitter, par patriotisme ou parce qu'ils espèrent être secourus par des navires français et éviter la captivité.
Le capitaine Renaudin embarque sur le Culloden. Le capitaine Schomberg le fait conduire dans la Grande Chambre et lui fait servir une collation. Rien de scandaleux à cela : les officiers des deux camps se respectaient mutuellement et il n'était pas rare que le vaincu demande à son vainqueur une attestation comme quoi il s'était battu avec courage et que seul l'état de son navire l'avait obligé à la reddition, ceci pour se dédouaner plus tard devant une Cour martiale. Il est toutefois choquant que Renaudin ait abandonné son navire encore à flot et se soit attablé tandis qu'une partie de son équipage était encore en péril. Le nom de Renaudin est encore gravé sur l'Arc de Triomphe de l'Étoile (Paris).

3 - 1er juin 1879 : Mort tragique du Prince impérial

Le 1er juin 1879, le Prince impérial(23 ans), fils unique de l'empereur déchu Napoléon III, meurt en Afrique australe, en combattant les Zoulous.

Il est le fils unique de l'ex-empereur Napoléon III et de sa femme, née Eugénie de Montijo.

Bonheur interrompu

Né le 16 mars 1856, pendant que triomphe son père au Congrès de Paris qui met fin à la guerre de Crimée, le Prince devient le garant de la pérennité de l'Empire français. Acclamé à sa naissance, «Loulou», comme le surnomme affectueusement sa mère, passe une jeunesse heureuse.

Mais après la chute de l'Empire, en 1870, il doit suivre sa famille en Angleterre à Camden Place, près de Chislehurst, dans le Kent. Il poursuit de brillantes études à l'Académie militaire de Woolwich d'où il sortira septième en qualité de lieutenant.

A la mort de son père, le 8 janvier 1873, il devient un symbole pour le parti bonapartiste en France, «L'Appel du Peuple». Pendant plusieurs longues années, l'héritier de l'Empire mène la vie dorée d'un prince en exil.

Fatal courage

Le 22 janvier 1879, plus de huit cents soldats de Sa Majesté sont massacrés en moins d'une heure par les Zoulous, à Isandhlwana. Le drame soulève une immense émotion au Royaume-Uni et le Prince impérial n'y est pas insensible. Désireux de servir son pays d'accueil et la reine Victoria qui l'a pris en affection, il demande à rejoindre l'armée britannique en Afrique du sud. L'autorisation de départ lui est accordée le 24 février 1879.

Échappant aux fièvres, le prince est affecté à l'état-major comme officier adjoint. Le 1er juin 1879, il part avec quelques hommes en mission de reconnaissance vers Ulinda et le campement du roi zoulou Cetawayo. Faisant halte près d'un«kraal»(fortin), la petite troupe est bientôt assaillie par des dizaines d'ennemis.

Les Anglais réussissent à s'enfuir cependant que le prince chute de cheval et doit seul faire face aux Zoulous.

Il s'écroule percé de dix-sept coups de sagaie, tous reçus par devant. Son corps sans vie, retrouvé le lendemain, retournera à Camden Place puis sera inhumé avec les honneurs près de son père, à Farnborough, dans le Hampshire.

Au milieu de l'étendue caillouteuse d'Itelezi, une pierre tombale blanche signale le lieu où le prince est tombé. Elle se découvre de très loin du fait des grands chênes qui l'entourent. Ces arbres ont été plantés en 1880 par l'ex-impératrice Eugénie, qui n'a pas craint d'affronter les difficultés du voyage pour honorer la mémoire de son fils, premier Bonaparte mort au combat (d'autres tomberont pour la France pendant la Première Guerre mondiale).

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ça s'est passé un... 31 mai

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31 mai 1793 : Mise en accusation de la Gironde

Le 31 mai 1793, à l'appel de Robespierre, des sans-culottes parisiens guidés par Varlet et Roux encerclent la Convention et réclament la mise en accusation des députés de la Gironde qui gouvernent le pays. Ils leur reprochent leur incapacité à faire face à l'invasion étrangère et les soupçonnent de préparer le retour de la monarchie. 3 jours plus tard, les chefs girondins, au nombre de 22, seront arrêtés et envoyés à la guillotine. À la faveur de ce coup d'État parisien, les députés de la Montagne prendront le pouvoir et installeront la Grande Terreur.

31 mai 1910 : Fondation de l'Union sud-africaine

Le 31 mai 1910 est fondée l'Union sud-africaine, qui consacre le rapprochement entre les anciens ennemis de la guerre des Boers.

31 mai 1916 : Bataille du Jutland

Le 31 mai 1916, au plus fort de la Grande Guerre, une bataille navale oppose dans le Jutland, au large du Danemark, 37 navires britanniques à 21 allemands. Ces derniers, sous le commandement de l'amiral von Scheer, évitent l'encerclement et obligent la Royal Navy, commandée par l'amiral Jellicoe, à rompre le combat. Les pertes sont lourdes des deux côtés et le résultat indécis.

 

La Royal Navy sort quelque peu humiliée de cette bataille navale, la plus importante du conflit. Il n'en reste pas moins que la marine allemande, fragilisée, devra à partir de là renoncer à gagner la haute mer. Elle se cantonnera à la guerre sous-marine.

Guerre sous-marine

À la fin de l'année 1914, les Européens en guerre les uns contre les autres avaient perdu l'espoir d'une fin rapide du conflit. Les Anglais et les Français tentent le tout pour le tout et entreprennent un blocus maritime de l'Allemagne et de l'Autriche.

Forte de sa supériorité maritime, la flotte britannique se saisit des navires des pays neutres à destination de l'Allemagne. Mais cette dernière riposte en proclamant la guerre sous-marine contre les navires de commerce ennemis, à l'instigation de l'amiral Alfred von Tirpitz, le créateur de la Kriegsmarine. Elle dispose pour ce faire d'environ 25 sous-marins ou U-Boat contre 85 britanniques et 76 français (ce type d'engin est apparu au début du XXe siècle).

Les Allemands, toutefois, ne veulent pas prendre le risque de provoquer l'entrée en guerre des pays neutres et en particulier des États-Unis. Leurs sous-marins ont ordre de seulement neutraliser les navires qui entrent dans les eaux territoriales britanniques. C'est le cas du Lusitania, repéré près des côtes irlandaises par un sous-marin U20

Le capitaine du sous-marin a déjà attaqué plusieurs cargos et n'a qu'une torpille de faible puissance à envoyer sur le Lusitania. Ainsi fait-il. Il est surpris par une deuxième explosion qui suit la première, beaucoup plus violente. Il en fait état dans son journal de bord et des survivants du paquebot en témoigneront plus tard également...

Le paquebot sombre avec une surprenante rapidité, en un quart d'heure à peine, sans laisser à l'équipage le temps de mettre toutes les chaloupes à l'eau. Sur ses 1959 passagers, 1198 disparaissent dans le naufrage. Parmi eux 128 Américains. L'émotion est immense outre-Atlantique... 

Mensonge avéré

Les Allemands arguent de la légitimité de leur action en affirmant haut et fort que le paquebot transportait des munitions. Cela pouvait d'ailleurs expliquer la double explosion et le naufrage très rapide du navire. Cela pouvait aussi justifier qu'il soit attaqué dans le droit de la guerre. Mais les Anglais le nient farouchement et il faudra attendre 1972 pour que les archives démontrent leur mauvaise foi.

Il est établi aujourd'hui que le Lusitania convoyait des munitions en contrebande, dont cinquante tonnes d'obus et de grandes quantités de poudres et explosifs divers. Il était au surplus armé de douze canons. Les munitions avaient été vraisemblablement embarquées à l'insu des gouvernements anglais et américain, sans doute par des agents des services secrets qui ont agi pa excès de zèle en pensant qu'aucun sous-marin n'oserait attaquer un navire transportant des passagers civils.

Fuite en avant

Sitôt après le naufrage, le président américain Woodrow Wilson agite la mort de nombreux concitoyens dans le naufrage du Lusitania  pour menacer l'Allemagne et exiger réparation.

Le gouvernement de Berlin, embarrassé, sanctionne le capitaine du sous-marin incriminé et décide le 27 août 1915 de suspendre la guerre sous-marine.

Trop tard. L'opinion publique américaine, qui était précédemment neutraliste, compte tenu de ce que les États-Unis comptent des citoyens originaires de tous les pays d'Europe, commence à pencher en faveur d'un engagement militaire contre les Puissances centrales, aux côtés de l'Entente franco-anglo-russe.

Seize mois plus tard, alors que le conflit européen s'éternise, les Allemands, mis en difficulté, décident de relancer la guerre sous-marine et cette fois choisissent d'attaquer les navires à destination des îles britanniques où qu'ils se trouvent et quel que soit leur pavillon. 

Le gouvernement des États-Uni attise le ressentiment de ses concitoyens à l'égard de l'Allemagne avec un slogan quelque peu usurpé : «Remember the Lusiania» ! Avec son entrée en guerre en avril 1917 débute le dernier acte de la Grande Guerre.

31 mai 1929 : Plan Young

 

Le 31 mai 1929, une commission interalliée réunie à Paris met sur pied un plan pour le rééchelonnement sur 59 ans (jusqu'en 1988) du reliquat des réparations de guerre dues par l'Allemagne au titre du traité de Versailles. Il prend le nom de plan Young, d'après l'un des membres américains de la Commission. Les négociations aboutissent malgré le refus des États-Unis de lier le remboursement des dettes alliées au paiement des réparations allemandes (Anglais et Français ne voyaient pas de raison de rembourser aux Américains leurs emprunts de guerre dès lors que les Allemands ne leur versaient pas leur dû).

Le plan Young se substitue au précédent plan, dit plan Dawes (1924). Il va néanmoins échouer du fait du krach d'octobre 1929 et de l'entrée en crise de l'économie allemande.

Trois ans plus tard, une nouvelle conférence, à Lausanne, du 16 juin au 9 juillet 1932, réduit le montant des réparations à cinq milliards de marks, payables après un moratoire de trois ans. Avec l'arrivée d’Hitler au pouvoir l'année suivante, il ne sera plus question de réparations allemandes… jusqu'en 1980, avec le règlement du solde par la République Fédérale Allemande.

 

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ça s'est passé un... 30 mai

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1 - 30 mai 1631 : Sortie du premier numéro de La Gazette

30 mai 1943 : Le Chant des Partisans

Le 30 mai 1943, dans un hôtel de la banlieue de Londres, l'écrivain-journaliste Joseph Kessel, son neveu Maurice Druon, la musicienne Anna Marly et quelques amis composent un chant qui deviendra sous le nom de Chant des Partisants l'hymne de la Résistance française au nazisme et à l'occupation allemande.

À Londres, où se retrouvent, pendant la Seconde Guerre mondiale,les chefs de la résistance, on cherche un indicatif musical pour l'émission Honneur et Patrie de la BBC. Emmanuel d'Astier de la Vigerie rêve d'un chant qui deviendrait la Marseillaise de la Résistance. «On ne gagne la guerre qu'avec des chansons... Il faut un chant qui ait l'air de venir des maquis», dit-il.

Il se trouve qu'une jeune musicienne d'origine russe, Anna Marly, interprète avec succès dans les clubs de la ville une complainte où il est question de lutte et de corbeau. L'écrivain-journaliste Joseph Kessel est séduit. Il réunit la musicienne, son neveu Maurice Druon et quelques amis dans un hôtel de la banlieue de Londres et, le 30 mai 1943, le petit groupe livre un texte sur un cahier d'écolier : Les Partisans : chant de la Libération.

Ce texte parachuté par les aviateurs britanniques va devenir le Chant des Partisans, l'hymne officiel de la Résistance française à l'occupation allemande (source : Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes).

Le chant des partisans

Ci-dessous les paroles de ce chant au rythme saccadé, sourd et brutal :
Ami entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines.
Ami entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne,
Ohé partisans
Ouvriers et paysans
C'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes.

Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades.
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades.
Ohé ! les tueurs
À la balle et au couteau
Tuez vite !
Ohé ! saboteur
Attention à ton fardeau.
Dynamite.

C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères.
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère.
Il y a des pays
Où les gens au creux des lits
Font des rêves.
Ici, nous vois-tu
Nous on marche et nous on tue
Nous on crève.

Ici, chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe
Ami, si tu tombes,
Un ami sort de l'ombre
À ta place.
Demain du sang noir
Sèchera au grand soleil
Sur les routes.
Sifflez compagnons,
Dans la nuit, la liberté
Nous écoute.

Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays qu'on
Enchaîne !
Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux sur nos Plaines !

30 mai 1967 : Le Biafra fait sécession du Nigeria

Colonie britannique jusqu'au 1er octobre 1960, le Nigeria, le plus peuplé des États africains, doit faire face le 30 mai 1967 à la sécession de sa région du Sud-Est (77.000 km2).

Les Ibos, habitants de cette région forestière, essentiellement animistes ou chrétiens, se plaignent d'être tenus en sujétion par les habitants du Nord sahélien, les musulmans haoussas. Des officiers ibos tentent de prendre le pouvoir en 1966 mais le perdent rapidement.

En désespoir de cause, le colonel Ojukwu proclame l'indépendance de sa région sous le nom de Biafra. Il s'ensuit une guerre civile de trente mois qui va faire un million de victimes et aboutir à la victoire du Nigeria et de son chef, le général Gowon. Elle donne lieu aux premières interventions d'urgence et aboutit à la création de Médecins sans Frontières par Bernard Kouchner et Jean-Christophe Ruffin.

Après la guerre, la découverte de pétrole dans le delta du Niger relance les luttes d'influence au Nigeria. Elle aggrave l'oppression qui pèse sur les habitants de l'ancien Biafra.

1 - 30 mai 1631 : Sortie du premier numéro de La Gazette

Le 30 mai 1631 paraît le premier numéro de La Gazette. Cette feuille hebdomadaire tire son nom d'une monnaie (gazetta) qui équivalait à Venise au prix d'un journal. Son concepteur est un médecin et philanthrope originaire de Loudun, Théophraste Renaudot. Il a par ailleurs créé un « Bureau et Registre d'adresses » (une agence pour l'emploi avant la lettre !) et le premier MONT-DE-PIETE français (aujourd'hui appeléCrédit municipal)...

Le premier journaliste

Le fondateur de La Gazette, Théophraste Renaudot (45 ans), est un médecin philanthrope qui bénéficie de la protection du Premier ministre, le cardinal Richelieu. Richelieu.

Il a déjà à son actif la création d'un bureau d'assistance aux pauvres à Paris, sur l'île de la Cité. Ce «Bureau et Registre d'adresses» publie les offres d'emploi des particuliers ainsi que des annonces marchandes (c'est le début des agences pour l'emploi et de la publicité !).

Réformateur visionnaire, Théophraste Renaudot en arrive de fil en aiguille à l'idée de La Gazette.

Le journal compte quatre à douze pages selon les semaines. Il s'agit de communiqués officiels et de nouvelles de l'étranger.

Richelieu et le roi Louis XIII lui confient des articles où ils expliquent leur politique étrangère, notamment leur alliance avec les protestants allemands dans la Guerre de Trente Ans. Le tirage de La Gazette atteint bientôt... 800 exemplaires.

Racheté par le gouvernement au siècle suivant, l'hebdomadaire disparaîtra dans l'indifférence générale pendant la Première Guerre mondiale.

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