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dialogue avec le christ

Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu

LECTURES DE LA MESSE
 
 
PREMIÈRE LECTURE


Le Seigneur rassemble toutes les nations dans la paix éternelle du royaume de Dieu (Is 2, 1-5)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Parole d’Isaïe,
– ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.

Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines.
Vers elle, afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux.
Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob !
Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. »
Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.

Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux.
De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles.
Jamais nation contre nationne lèvera l’épée ;
ils n’apprendront plus la guerre.
Venez, maison de Jacob !
Marchons à la lumière du Seigneur.

– Parole du Seigneur.

OU BIEN (Pour l'année A, où  la lecture ci-dessus a été lue la veille)

PREMIÈRE LECTURE
« Il sera la splendeur des rescapés d'Israël » (Is 4, 2-6)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Ce jour-là, le Germe que fera grandir le Seigneur sera l’honneur et la gloire des rescapés d’Israël, le Fruit de la terre sera leur fierté et leur splendeur.
          Alors, ceux qui seront restés dans Sion, les survivants de Jérusalem, seront appelés saints :
tous seront inscrits à Jérusalem pour y vivre.
          Quand le Seigneur aura lavé la souillure des filles de Sion, purifié Jérusalem du sang répandu, en y faisant passer le souffle du jugement, un souffle d’incendie,
          alors, sur toute la montagne de Sion, sur les assemblées qui s’y tiennent, le Seigneur créera une nuée pendant le jour et, pendant la nuit, une fumée avec un feu de flammes éclatantes.
Et au-dessus de tout, comme un dais, la gloire du Seigneur :
 elle sera, contre la chaleur du jour, l’ombre d’une hutte,un refuge, un abri contre l’orage et la pluie.

                        – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9)
R/ Dans la joie, nous irons  la maison du Seigneur.
  (cf. Ps 121, 1)

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur,

C'est là qu'Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur ;
c’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

ÉVANGILE
« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place au festin du royaume des Cieux » (Mt 8, 5-11)
Alléluia, Alléluia. Viens, Seigneur, notre Dieu, délivre-nous. Montre-nous ton visage et nous serons sauvés. Alléluia. (cf. Ps 79, 4)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit :
« Je vais aller moi-même le guérir. »
Le centurion reprit :
« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ;à l’un, je dis :
“Va”, et il va ;
à un autre :
“Viens”, et il vient,
et à mon esclave :
“Fais ceci”, et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient :
« Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis :
Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Dialogue avec le Christ
Seigneur, je ne suis pas digne moi non plus de te recevoir, mais viens. Viens puisque tu désires venir toi-même.

Prière
Jésus fut dans l’admiration devant la foi du centurion. Cette foi, reprenons-la à notre compte ce matin pour prier et à chaque messe pour préparer notre cœur avant de communier.
Seigneur, ouvre mon cœur à ta révélation. Accorde-moi la grâce de croire que tu es vraiment le Fils de Dieu, celui qui doit venir. Fais qu’à travers l’Écriture, à travers la prière, je te connaisse aujourd’hui un peu plus.

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Dieu respecte la liberté de l'homme. Il lui donne toujours le temps et les moyens d'accomplir la réalisation de ses oeuvres.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,1-9

 


Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

tertiaire dominicaine, docteur de l'Église,

copatronne de l'Europe

 

Le don de la conformité au Christ, chap. L, n° 80 (Le dialogue, trad. J. Hurtaud, éd. Téqui, 1976, p. 278-279)
Ma miséricorde et ma charité laisse le temps…

 


 

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Qu'il le veuille ou non, le monde me rend gloire. En vérité, la gloire que j'en retire n'est pas celle qu'il me devrait procurer, en m'aimant par-dessus toute chose, mais il n'en monte pas moins de lui, louange et gloire à mon nom.

            Dans les mondains en effet brille ma Miséricorde et l'abondance de ma Charité, qui leur laisse le temps. Au lieu de commander à la terre de les engloutir, j'attends leur retour, j'ordonne à la terre de leur donner ses fruits, au soleil de répandre sur eux sa lumière et sa chaleur, au ciel de se mouvoir, pour continuer la vie à toutes les choses que j'ai créées pour eux. J'use envers eux de miséricorde et de charité, non seulement en ne leur retirant pas ces dons à cause de leurs fautes, mais encore en les accordant au pécheur comme au juste et souvent plus au pécheur qu’au juste. Car le juste est préparé à souffrir, et je le prive des biens de la terre, pour lui donner plus abondamment les biens du ciel. Ainsi éclatent en eux, ma charité et ma miséricorde.

            D'autres fois aussi les serviteurs du monde, par les persécutions qu'ils font subir à mes serviteurs, éprouvent leur vertu, mettent en évidence leur patience et leur charité, provoquent, au milieu des souffrances, leurs humbles et continuelles prières. Prières et souffrances montent vers moi comme un hommage d'honneur et de louange à mon nom. Ainsi donc, sans le vouloir, le méchant travaille à ma gloire, alors même qu'il prétend me faire affront.

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

 

La parabole du figuier stérile nous rappelle enfin que Dieu respecte l'homme libre. Il lui donne toujours le temps et les moyens de réaliser des fruits. Oui, quel respect Jésus ne manifeste-t-Il pas envers l'homme dans cette interrogation inquiète : "Et s'il donnait du fruit ?"

 

Le figuier desséché.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9

 

 

"Il leur disait cette parabole : Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. Et il vint chercher du fruit et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Arrache-le. Pourquoi avec cela rend-Il la terre improductive ? Maître, lui répond celui-ci, laisse-le encore cette année, pour me laisser le temps de creuser autour et de mettre du fumier. Et s'il donnait du fruit... Sinon, dans l'année qui vient, Tu l'arracheras ! "

La parabole est claire. Voici bientôt trois ans que Jésus annonce le Royaume; mais ses contemporains ne veulent pas l'accueillir. Dieu, le propriétaire, commence à s'énerver. Trouvera-t-Il bientôt du fruit ?  Jésus, le Vigneron, le tempère. Qu'Il patiente encore une année. La phrase : "Et s'il donnait du fruit" dépeint à merveille sa sollicitude inquiète; et pourtant Il prévoit le dénouement :"Sinon, dans l'année qui vient, Tu l'arracheras !".

Cette parabole permet encore à Jésus et d'enseigner au moyen d'images très simples tirées de la vie rurale de tous les jours, accessibles à tous, et d'affirmer sa personnalité, Lui qui discute librement avec Dieu et arrête sa colère.

La parabole du figuier stérile nous rappelle enfin que Dieu respecte l'homme libre. Il lui donne toujours le temps et les moyens de réaliser des fruits. Oui, quel respect Jésus ne manifeste-t-Il pas envers l'homme dans cette interrogation inquiète : "Et s'il donnait du fruit ?"

Nous aurions souvent à prendre exemple sur Lui, pour agir avec plus de patience.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gabriel Adam

 

’Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut- être donnera-t-il du fruit à l’avenir.

 

« A ce moment, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. »

Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux." Jésus regroupe deux paroles et une parabole. Toutes trois, soulignent la nécessité de nous convertir. Jésus est à la fois doux et radical dans toutes ses paroles, nous ne nous lasserons jamais de l’entendre. Il réagit à une mauvaise nouvelle qu’on lui annonce et lui-même pose la question : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi pareil sort ? » La parole est ajustée à la violence dans l’actualité quotidienne, aux événements que nous vivons dans le monde. Les Galiléens sont morts à cause de la cruauté de Pilate. Jésus sait ce que nous vivons, il est au cœur de tous les événements heureux et douloureux qui se déroulent sous nos yeux. La réponse peut être interprétée en deux temps : d’une part personne ne peut dire : telle souffrance, telle mort a été pour tel homme un châtiment. D’autre part, Dieu est fidèle au Don qu’il nous a fait. Il a la grâce de la miséricorde divine, il rend à chacun selon ses œuvres. L’humanité est la vigne du Seigneur, c’est Israël, c’est chacun de nous.

« Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? »

Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Il nous faut être prêt pour le dernier passage et cela nous demande une conversion. L’accueil de Jésus bouleverse et transforme notre existence. Les dix-huit personnes ensevelies dans les décombres de la tour de Siloé à Jérusalem sont mortes parce qu’elles se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Il nous faut entendre et mettre en pratique la parole qui vient de Dieu. Ainsi nous demeurerons dans la vie pour qu’elle porte les fleurs de la paix et des fruits de joie ! Nous voulons les donner à Jésus. Dieu a besoin de notre conversion pour faire son œuvre d’amour, de tendresse, de miséricorde. Nourris des sacrements de la foi, des richesses de la Parole et de la vie fraternelle, du dévouement des frères et des sœurs en l’Église, nous avançons. La communauté célèbre le salut, vit de l’Eucharistie, de l’action de grâce, il est toujours possible de bâtir la civilisation de l’amour, de bâtir un peuple nouveau qui vit de la parole de Dieu et reçoit le don de Dieu !

"Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.

Il dit alors à son vigneron : ’Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? Mais le vigneron lui répondit : ’Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut- être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ » Nous demandons encore un petit peu de temps pour accueillir la tendresse et la miséricorde de Dieu. Jésus nous révèle les ressources de sa douceur. Il est le vigneron qui s’attelle au travail de notre conversion par sa Croix. Il bêche sa vigne et il ajoute un engrais dont il a le secret. C’est un engrais spirituel à base d’humilité, de simplicité et de courage avec une bonne dose de confiance. Nous avons pris la mesure des difficultés qui se vivent dans le monde. Nous répondons à l’attente de Jésus en annonçant la bonne nouvelle de l’Evangile. Le figuier dans la vigne, c’est la Parole de Dieu au milieu de son peuple. Elle doit être entendue, vécue pour être vivante ! Le Maître du figuier vient chercher les fruits de la charité active pour son Église. Le figuier, la Thora, la Parole de Dieu au milieu du peuple de Dieu fait son œuvre. C’est le temps de l’adoration où nous contemplons le Sauveur du monde.

Prière

Seigneur nous te demandons la grâce d’être à l’écoute de la Parole de Dieu pour que l’amour infini de Dieu brûle dans notre vie.

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J’annoncerai ton nom à mes frères et mes soeurs

J’annoncerai ton nom à mes frères et mes soeurs


 Mon Dieu, mon Dieu, ne m’ abandonner pas * mon salut est-il loin de moi, ces mots qui s’envolent.
Mon Dieu, je t'appelle dans la journée, ta réponse est dure; * la nuit, je nul repos par le tourment.
Toi ta sainteté remplie mon âme, tu t’invites dans mon esprit les hymnes des pinsons et cigales
En toi est mon espérance de la délivrance de mes peines vers toi s’échappent les peines sans déception.
Je suis un ver, pas une femme souvent raillée par les incrédules de ceux qui se présentent de ton peuple.
Ne sois pas loin mon angoisse est constante, je n'ai personne pour m'aide hors de toi.
Tel des fauves ricanant me cernent, comme des taureaux m'envahissent sans vergogne.
Tel des lions qui déchirent et rugissent ouvrant leur gueule pour me déchirer.
Mon coeur est comme la cire, il fond au milieu brulant mes espoirs.
Ma vigueur a séché comme l'argile devant son sculpteur, ma perception tu la mènes vers la poussière.
Je peux compter mes os douloureux, sentir ses déplacements.
Ces gens me voient me regardent +et pourtant ne voient que ce qu’ils pensent voir.

Mais toi, Seigneur, tu n’es pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
Préserve ma vie de l'épée, arrache-moi aux griffes des êtres sans honneurs ;
Sauve-moi de la gueule de l’hyène et de la corne d’ivoire qui veut m’embrocher ! +
Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue sur les réseaux sociaux.
Vous qui craignez notre Père, louez le Seigneur, + glorifiez-le, vous tous redoutez-le.
Le Père ne Dédaigne pas le pauvre, il écoute le malheureux dans sa misère 
Il ne se voile pas la face devant lui, pour mieux entendre nos plaintes.
Tu es ma louange pour l’éternité; devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent, la vie et la joie seront
La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque nations se prosternera devant lui :
Il reconnaitront, au Seigneur sa royauté, son pouvoir sur les nations
Tous ceux qui festoyaient s'inclinent, ils plient devant lui et reçoivent miséricorde.

Et moi, je vis pour lui et en lui; après mon départ et on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
 On proclamera sa justice au peuple du futur, toute son œuvre sera acclamé
La terre entière e souviendra des miracles et de son amour
Les peuples acclameront les Seigneur des Seigneurs à son retour
En lui et par lui est l’espèrance de l’Eternité
En ces jour-là les désespérés, les malheureux, les fidèles crieront de joies.
Les moqueurs, ceux qui ricanent dans ces jours difficiles
Ceux qui méprisent hautains de ceux qui savent tout sans savoir,
Eux qui n’ont pas veillés verront la puissance de la justice du Père Éternel.
Seigneur voit mes larmes de douleurs, d’espoir, qui sortent de mes entrailles,
Mes larmes sont à la fois brulantes et douces, car ma confiance en vous,
Vous est acquise pour toujours, que ta volonté soit faite selon tes ordres.
Emounawh 
29 août 2021.



 

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Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même » (Jean 13, 16-20)

ÉVANGILE

« Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même » (Jean 13, 16-20)
Alléluia. Alléluia.

Jésus Christ, témoin fidèle,
premier-né d’entre les morts,
tu nous aimes, et par ton sang
tu nous délivres du péché.
Alléluia. (cf. Ap 1, 5ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Après avoir lavé les pieds de ses disciples,
Jésus parla ainsi :
« Amen, amen, je vous le dis :
un serviteur n’est pas plus grand que son maître,
ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.
Sachant cela, heureux êtes-vous,
si vous le faites.
Ce n’est pas de vous tous que je parle.
Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis,
mais il faut que s’accomplisse l’Écriture :
Celui qui mange le pain avec moi
m’a frappé du talon.
Je vous dis ces choses dès maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez que moi, JE SUIS.
Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ;
et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Le dernier repas
            

” Celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m'a envoyé “. Ce qui brûle le cœur de Jésus, vis-à-vis des siens, c'est cet amour infini, venu de la Trinité, car les intentions de son Père à son égard, voici ce dont Il rêve de faire bénéficier ses amis fidèles, ceux qui sont restés. Et son amour est tellement grand à leur égard que c'est ce même amour dont le Père l'aime, qu'Il veut voir se déverser à grands flots et à gros bouillons sur ses amis.

 

Méditation de l'évangile du jeudi 29 avril
Au début du repas pascal, Luc, aussi bien que Jean, souligne la violence de l'amour que Jésus porte au siens.

« J'ai tant désiré manger avec vous cette Pâque avant de souffrir ! Car Je vous dis que Je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle trouve son accomplissement dans le Royaume de Dieu. »

Et Jean : « Or, avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima extrêmement ».

En définitive, venu du Père, c'est dans ce Père qu'Il nous voit. Tout prêt de retourner vers son Père, Il passe tout naturellement de sa famille divine, qu'Il va réintégrer, à ses amis qu'Il va quitter, mais qu'Il veut introduire et inviter à la table divine.

Jésus est un ami fidèle. Il se souvient du jour de la multiplication des pains où, après le discours sur le Pain de Vie, les amis d'un jour le quittent. Il se souvient de sa question brûlante aux Douze : « Et vous, voulez-vous me quitter ? » Ils sont restés… et Il ne l'oublie pas : « Quand à vous, vous êtes ceux qui, dans mes épreuves, êtes demeurés constamment avec Moi »

Ce qui brûle son cœur, vis-à-vis des siens, c'est cet amour infini, venu de la Trinité, car les intentions de son Père à son égard, voici ce dont Il rêve de faire bénéficier ses amis fidèles, ceux qui sont restés.

Et son amour est tellement grand à leur égard que c'est ce même amour dont le Père l'aime, qu'Il veut voir se déverser à grands flots et à gros bouillons sur ses amis.

« Et Moi, selon que mon Père a disposé d'un Royaume en ma faveur, J'en dispose en votre faveur. »

Et pour bien montrer que nous serons chez Lui, dans notre vraie famille, dans la famille de Dieu, près de Lui, Il nous invite à sa table.

« Je dispose donc de ce Royaume en votre faveur, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon Royaume. » Qui invite-t-on à sa table, sinon ses amis, ses intimes ? Ses amis, ses disciples d'ailleurs le respectaient et l'aimaient, lui décernant les noms de Maître et Seigneur.

” Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous dites bien, car Je le suis. “
Et Pierre, s'il résiste à Jésus quand celui-ci veut lui laver les pieds, change d'avis devant la menace d'une séparation.

Si je ne te lave pas les pieds, tu n'auras pas de part avec Moi. Simon Pierre lui dit : Seigneur, pas seulement les pieds, mais encore les mains et la tête.

On ne peut pas être plus enthousiaste !

Père Gabriel

« Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie,

il me reçoit moi-même »

Prière
Viens,  Seigneur ressuscité ! Envoie-moi ton Esprit Saint, ton Esprit de force, d’humilité et d’amour.

Demande
Seigneur Jésus, apprends-moi à être au service de mes frères.

Réflexion
« Je sais quels sont ceux que j’ai choisis. »
Jésus vient de laver les pieds de ses apôtres, ceux qu’il avait choisis. Ses apôtres sont précieux aux yeux de Jésus : il a prié pour eux, il a voulu leur révéler l’amour de son cœur d’une manière toute particulière. Il les a choisis, il les a aimés, il les a accompagnés, il a répondu à leurs questions. L’Évangile nous laisse voir que Jésus était proche d’eux et disponible pour parler avec eux. Il leur a tout donné, indépendamment de leurs réponses. Jésus est fidèle à ses promesses et à ses appels.
Ces versets nous rappellent discrètement que dans le groupe des apôtres à qui Jésus a lavé les pieds, figurait celui qui allait devenir un traître. Jésus lui a lavé les pieds à lui aussi. Il lui a tout donné. Tel est l’amour miséricordieux du Seigneur : il s’agenouille devant toute personne faible, meurtrie par les addictions, la convoitise, la jalousie. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Mc 2, 17)
Forts de cette confiance et de cette compassion, osons regarder en face notre propre faiblesse, nos addictions, nos jalousies… et laissons-nous laver les pieds par Jésus, afin qu’à notre tour nous puissions venir en aide dans notre entourage à ceux qui sombrent, eux aussi, dans la faiblesse.
« Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. »
Nous nous trouvons dans le dernier grand discours de Jésus lors du repas du Jeudi Saint. Jésus vient de s’agenouiller devant ses disciples pour leur laver les pieds un à un. Il est bon de contempler cet évènement à la lumière du temps pascal : lui, « Mon maître et Seigneur », lui, le Créateur de tout l’univers ; lui, celui qui « est » ; lui, le Fils de Dieu mort et ressuscité pour moi, s’est agenouillé devant ses apôtres et leur a lavé les pieds, sans faire de différence. Ce geste en dit plus long que tout discours. Ce geste est devenu aussi pour un bon nombre de baptisés le fondement, la source et le sommet de leur charité. Et aujourd’hui, dans cet Évangile qui m’est donné, le Seigneur me dit : « Heureux es-tu, si tu le fais (toi aussi) ». À la suite de tant de chrétiens qui sont sortis d’eux-mêmes pour laver les pieds de leurs frères, quels pieds suis-je appelé à laver dans mon quotidien ?
Dialogue avec le Christ
Mon Seigneur et mon Dieu, toi qui es ! Viens poser ton regard sur moi aujourd’hui et donne-moi la grâce de poser à mon tour mon regard sur celui qui en aura le plus besoin.

Résolution
Donne-moi, Seigneur, de répondre à ton appel d’agir comme toi. Aujourd’hui, je tâcherai de me détacher de mon temps, de mes plans, pour être au service de mes frères.

Chantal de Baillenx, consacrée de Regnum Christi

Homélie père Gilbert Adam 

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos.

« En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Nous fêtons aujourd’hui Catherine de Sienne qui vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne. L’Évangile choisi pour la fête de Catherine la fait exulter en étroite union avec Jésus. Là, elle trouve force et lumière pour faire face aux réalités de la vie. Jésus exulte de joie, dans l’espérance, il crie vers son Père sa louange. Ce qui provoque son admiration et son étonnement joyeux, c’est la pédagogie mise en œuvre par son Père pour le salut des hommes. Jésus a rencontré le refus des scribes, de tous ceux qui s’imaginent posséder la vérité. Au contraire, les petits et les pauvres acceptent de bon cœur de s’ouvrir à l’espérance qu’il leur apporte. Jésus laisse éclater sa joie de voir les humbles se laisser attiré par Dieu et se rallier à son dessein d’amour. Cette simplicité du cœur est une richesse de l’esprit et une clarté du regard. C’est la « science d’amour » qui est à la base de la fidélité et de la grandeur d’âme. La contemplation de Dieu dans la foi est là pour nous permettre de pénétrer dans le mystère de la Parole. C’est ainsi que nous pouvons apprendre la vraie charité. Le service envers l’autre a besoin de l’affection de notre cœur, de la lumière de Dieu. Jésus trouvait sa joie et son bonheur dans la soumission à son Père, dans leur unité d’Amour. Le principal souci de Catherine était l’unité d’Amour, l’unité de l’Église. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. La spiritualité de Catherine de Sienne se manifestait par le don des larmes, signe d’une grande sensibilité et d’une belle tendresse. Elle invitait les prêtres et le Pape, qu’elle appelait le doux Christ sur terre, à être fidèles à leur responsabilités dans un constant amour de l’Église.

« Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

S’il n’y a qu’un seul salut et que ce salut vient par la foi au Christ vivant, les chrétiens sont de niveaux de culture différents. C’est la réalité de ce qui s’inscrit jour après jour dans le livre de notre vie que Dieu seul peut ouvrir ou fermer. Quel que soit le degré de notre culture, le brillant ou l’obscurité de notre situation, la vie quotidienne est faite de petites choses ou pèse le poids de notre amour, de notre charité. Le bon plaisir de notre Père est que les plus humbles gardent toutes leurs chances face au Règne de Dieu qui vient déjà sur la terre. Aux yeux de Jésus, le savoir-faire doit se mettre au service d’une réponse de foi, il doit devenir le service d’un croyant qui aime. Il nous faut dire notre foi et rendre compte de l’espérance qui est en nous. Les moments de prière, d’écoute de Dieu dans l’activité quotidienne, exerce notre charité. L’Eglise annonce la Parole et réalise cette Parole qui est charité et vérité. Il nous faut être dépouillés de nous mêmes pour suivre le Christ pauvre. Le Royaume de Dieu est cet amour de Dieu reçu dans la pauvreté qui nous désapproprie de nous-mêmes. Jésus vient à notre table, il s’invite « Pain de Vie. » Nous préparons notre cœur pour lui par la prière et le désir de le rencontrer.

« « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Jésus nous donne humblement de le connaître car nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et c’est le Père qui révèle son Fils en nous. Il nous le révèle comme le Serviteur qui a souffert, comme le crucifié qui est glorifié. Personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Nous ne pouvons regarder le Père qu’avec les yeux de Jésus. Nous ne pouvons parler au Père qu’avec les paroles révélées par Jésus son Fils. C’est ce regard qui touche Dieu, ce sont ces paroles qui le rejoignent. Les humbles et les hommes de bonne volonté sont ceux qui acceptent de se mettre à l’école de Jésus. Il nous donne la joie du Royaume, l’allégresse de ceux qui se savent aimer et pardonnés. Le joug de Jésus ne blesse pas, son fardeau est léger parce qu’il nous libère progressivement du poids de notre égoïsme et de notre agressivité. Nous passons notre vie à chercher le repos, nous pouvons le trouver en servant et en aimant. Catherine de Sienne est pour nous un modèle d’harmonie pour entrer dans le repos de Jésus, dans l’humilité et la douceur de la croix, sa priorité est toujours la fidélité au Saint Esprit.

Nous demandons la grâce de nous unir au cœur de Jésus afin d’aimer Dieu et le prochain comme le Christ.

 

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 Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire… Toutes les nations seront rassemblées devant lui. 

ÉVANGILE
« Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Alléluia. (Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
  « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
  Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
  il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
  Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
  Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
  j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
  Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
  tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
  tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
  Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’ 

          Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
  Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
  j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
  Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
  Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

          Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

          – Acclamons la Parole de Dieu.

2 Novembre: Commémoration de tous les fidèles défunts

«Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne»

Abbé Agustí BOADAS Llavat OFM  (Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, l'Évangile remémore l'événement le plus remarquable du monde chrétien: la mort et la résurrection de Jésus. Faisons donc nôtre, aujourd'hui, la prière du Bon Larron: «Jésus, souviens-toi de moi» (Lc 23,42). «L'Église ne prie pour les saints comme elle le fait pour les défunts, qui dorment dans le Seigneur, mais elle se recommande aux prières des ceux-là et prie pour ceux-ci», disait saint Augustin dans un Sermon.


Une fois par an, au moins, les chrétiens nous demandons sur le sens de notre vie et sur celui de notre mort et résurrection. C'est le jour de la commémoration de tous les fidèles défunts, sur laquelle saint Augustin nous a montré sa différenciation par rapport a la fête de la Toussaint.

Les souffrances de l'Humanité sont les mêmes que celles de l'Église et, sans doute, elles ont en commun que toute souffrance humaine renferme en quelque sorte une privation de la vie. C'est pour cela que la mort d'un être bien-aimé peut constituer une douleur si indicible que, même la foi, ne peut pas l'apaiser. Ainsi donc, les hommes ont toujours voulu vénérer les défunts.

La mémoire, en effet, c'est en peu comme si les absents pussent être présents, en perpétuant sa vie parmi nous. Mais les mécanismes psychologiques et sociaux des hommes, avec le temps, amortissent les souvenirs. Et si cela peut humainement mener vers l'angoisse, pour nous, chrétiens, grâce à la résurrection, nous amène la paix. L'avantage d'y croire c'est qu'elle nous permet de confier que, malgré l'oubli, nous allons les retrouver dans l'autre vie.

Un deuxième avantage d'y croire c'est que, en remémorant nos défunts, nous prions par eux. Nous le faisons profondément, en intimité avec Dieu, chaque fois que nous prions ensemble dans l'Eucharistie: nous ne sommes pas seuls devant le mystère de la mort et la vie, car nous le partageons comme membres du Corps du Christ. Mieux encore: en repérant la croix, suspendue entre le Ciel et la Terre, nous savons qu'on établit une communion entre nous et nos défunts. C'est pour cette raison que saint François d'Assis a proclamé reconnaissant: «Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle».

Prière

Aujourd’hui, nous commémorons les fidèles défunts. Par l’intermédiaire de la communion des saints, lien d’amour entre les fidèles qui sont déjà en possession de la patrie céleste, ceux qui sont admis à expier au purgatoire et ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre, demandons les grâce divines qui permettent à tous les membres de cette communion d’être plus efficacement purifiés des peines du péché.

Demande

Aujourd’hui, plus spécialement face aux restrictions que nous traversons, demandons la grâce de manifester l’amour et la reconnaissance que nous devons au Seigneur qui a donné sa vie pour que nous ne formions qu’un seul corps mystique avec lui.

Réflexion

Seigneur, que je sache reconnaître les biens dont chacun a besoin aujourd’hui, sur cette terre, devant moi et avec moi, et marcher selon ton désir pour mon prochain.

  1. « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire… Toutes les nations seront rassemblées devant lui. »
    Ce sera le moment de vérité absolue ; toutes les nations seront rassemblées devant lui et chacun de nous sera jugé pour sa part. Le critère sera celui de la charité fraternelle qui aura permis de venir en aide à chacun, de lui porter secours, le soutenir aux moments difficiles, lui dire l’amour du Créateur, lui sourire et le réconforter même si lui-même ne manifeste pas une seule goutte de charité. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Personne ne vient au monde sans que tu le saches, le prennes avec toi et en toi pour le réconforter de ton amour insondable !

     

  2. « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu ? (…) »
    Cette question sera posée par les justes ouverts aux besoins des uns et des autres mais aussi par ceux qui seront restés indifférents ou même contestataires face aux besoins d’attention et de soutien matériel ou même simplement affectifs. Le jour où nous serons rassemblés devant toi pour ce jugement dernier concernant l’ouverture de notre cœur aux nécessités de nos semblables, saurons-nous regarder en face ce qui a fait la trame de nos jours passés dans la joie, dans la sérénité mais bien souvent aussi dans la peur, l’angoisse, le besoin matériel, la douleur, la souffrance, la solitude ; cette vie nécessitant souvent une longue patience… Aujourd’hui en particulier, face à notre Sauveur et Rédempteur, alors que s’ouvre pour nous l’espérance d’une récompense de notre charité, ne craignons-nous pas un rejet éternel, loin de Dieu et de tout le bonheur pour lequel nous avons été créés ?
     
  3. « Il séparera les hommes les uns des autres (…) »
    En 1945, Georges Bernanos parlait du « grand malheur de notre société moderne ». Donc, il y a près de 80 ans, il semble que l’espérance d’une vie commune partagée entre contemporains n’était plus envisagée : « La malédiction de cette société moderne, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance (…) » (Georges Bernanos, L’espérance est un risque à courir, conférence, 1945) Les choses ont-elles beaucoup changé aujourd’hui ? Le confinement que nous avons été appelés à vivre n’a-t-il pas fermé nos relations avec nos semblables ? Avons-nous su comprendre leurs différents besoins ?
Dialogue avec le Christ

Seigneur, tu es là à chaque instant. Nous sommes dans ta main. Alors que le peuple s’était éloigné de toi, le prophète Isaïe affirmait à Jacob que le peuple avait du prix aux yeux de Dieu, il était dans sa main comme s’il était son unique souci. « Je dirai au nord : ‘’Donne !’’ et au midi : ‘’Ne retiens pas ! Fais revenir mes fils du pays lointain, mes filles des extrémités de la terre, tous ceux qui se réclament de mon nom, ceux que j’ai créés, façonnés pour ma gloire, ceux que j’ai faits !’’ » (Is 43, 6-7)

Résolution

Remercier notre Père céleste et lui demander la grâce de nous sentir responsables les uns des autres et de savoir recourir à cet amour divin qui ne nous abandonnera jamais.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés
Saint Éphrem
 
(v. 306-373)

diacre en Syrie, docteur de l'Église

Hymnes sur le Paradis V, 12-15 (SC 137; trad. R. Lavenant; Éd. du Cerf 1968; p. 76 rev.)

« Toute la création gémit en travail d'enfantement... Nous gémissons nous aussi dans l'attente de la rédemption de nos corps » (Rm 8, 22-23)

La contemplation du Paradis m'a ravi par sa paix et sa beauté. Là demeure la beauté sans tache, là réside la paix sans tumulte. Heureux qui méritera de le recevoir, sinon par justice, du moins par bonté ; sinon à cause des œuvres, du moins par pitié ! (...)

 

Quand mon esprit est revenu aux rives de la terre, mère des épines, se sont présentés à moi des douleurs et des maux de tous genres. J'ai appris ainsi que notre région est une prison. Et pourtant les captifs qui y sont enfermés pleurent quand ils en sortent. Je me suis étonné aussi de ce que les enfants pleurent quand ils sortent du sein ; ils pleurent alors qu'ils sortent des ténèbres vers la lumière, d'un espace étroit vers le vaste univers. De même la mort est pour les hommes une sorte d'enfantement. Ceux qui naissent pleurent en quittant l'univers, mère des douleurs, pour entrer dans le Paradis de délices.

Ô toi, Seigneur du Paradis, prends-moi donc en pitié ! S'il n'est pas possible d'entrer dans ton Paradis, rends-moi digne du moins des pâturages à son entrée. Au centre du Paradis est la table des saints, mais à l'extérieur les fruits de son enclos tombent comme des miettes pour les pécheurs qui, même là, vivront par ta bonté.

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Seigneur celui qui va au Seigneur n'aura jamais soif ni faim

Évangile selon saint Matthieu 14, 13-21

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Méditation

La Multiplication des pains Regnum-Christi

 

Prière

Jésus, je viens chercher ma nourriture dans cette méditation de l’Évangile. Nourris-moi de ta Parole !

Demande

Père, donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

 

Réflexion
  1. C’est dans un lieu « désert » que se trouve Jésus. Il y a là une claire allusion à un autre épisode de l’histoire du peuple d’Israël. La sortie d’Égypte était loin derrière et la traversée du désert pour atteindre la terre promise se faisait longue. Le peuple se plaignait à Moïse que Dieu les ait fait sortir d’Égypte pour les laisser mourir de faim dans le désert. Mais Dieu est fidèle. Il entendit leur cri et fit en sorte qu’une fine couche de pain apparaisse chaque matin sur le sol. Les Hébreux appelèrent ce pain « manne ». On trouve ce récit dans le livre de l’Exode.
     
  2. Ici, c’est Jésus qui va nourrir la foule en lui donnant du pain. Jésus est même plus grand que Moïse, puisque c’est lui-même qui fait apparaître le pain. Mais il ne le fait pas immédiatement. D’abord, il sollicite ses disciples. Il les met à l’épreuve en quelque sorte. Les disciples sont déroutés. Sans doute la foi leur manque. Alors Jésus lève les yeux, bénit les pains, les rompt et les donne aux disciples pour qu’ils en apportent aux gens. La prière et le geste de Jésus préfigurent le don du pain eucharistique. Les verbes « bénir » et « rompre le pain » sont répétés à chaque messe.
     
  3. Et si Jésus veut avoir besoin de ses disciples pour faire parvenir ce pain aux foules, c’est qu’il leur confie déjà un ministère. Malgré leur manque de foi, malgré leurs hésitations, Jésus choisit d’agir par la médiation de ses disciples, une médiation eucharistique qu’ils auront ensuite à poursuivre après sa mort et sa Résurrection. Ce sont bien eux qui – aujourd’hui encore – nous donnent l’Eucharistie qui rend la présence de Jésus réelle et actuelle.
    Après que tous ont mangé, les disciples rapportent douze corbeilles, le chiffre des douze tribus, donc le chiffre d’Israël. C’est vers tout Israël que Jésus est envoyé. Avant d’être le Messie des nations, il est le Messie des Juifs. Jésus disait d’ailleurs qu’il a été envoyé d’abord aux brebis perdues de la maison d’Israël, ensuite seulement et par l’entremise des Juifs, il a rejoint les païens. Telle est la pédagogie que Dieu a mise en place dès les premiers moments de l’histoire de son peuple Israël.
    Israël commença à exister comme peuple dès qu’il fut libéré du joug égyptien et Dieu prit soin de lui au désert en lui donnant la manne. Désormais, en Jésus, Dieu convoque un nouveau peuple qui réunit les Juifs et les païens, afin de les libérer définitivement du joug de l’esclavage du péché et afin de les nourrir du pain eucharistique, le pain qui fait vivre éternellement.
Dialogue avec le Christ

Jésus, tu me nourris chaque dimanche de ton pain eucharistique, ce pain que tu es toi-même, ce pain qui refait mes forces de semaine en semaine et qui me fait vivre éternellement. Loué sois-tu pour le grand don de toi-même !

Résolution

Relire le chapitre 16 du livre de l’Exode à la lumière de la multiplication des pains, afin de mieux comprendre comment Jésus accomplit les Écritures bibliques.

Emanuelle Pastore, consacrée de Regnum Christi
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés
Saint Athanase (295-373)

évêque d'Alexandrie, docteur de l'Église

24ème lettre festale pour Pâques (Lire la Bible avec les Pères. 2, Le Cycle de Moïse ; trad. Sœur Isabelle de la Source ; Médiaspaul 1990 p. 31 rev.)

« Un endroit désert, à l’écart »

Chacun des saints a dû fuir « la voie large et spacieuse » (Mt 7,13), pour demeurer seul, à part, et là, vivre dans la vertu : Élie, Élisée (…), Jacob (…). Le désert et l'abandon des tumultes de la vie procurent à l'homme l'amitié de Dieu ; ainsi Abraham, quand il est sorti du pays des Chaldéens, a été appelé « ami de Dieu » (Jc 2,23). Le grand Moïse aussi, lors de son départ du pays d'Égypte (…) a parlé avec Dieu face à face, a été sauvé des mains de ses ennemis et a traversé le désert. Tous ceux-là sont l'image de la sortie des ténèbres vers la lumière admirable, et de la montée vers la ville qui est au ciel (He 11,16), la préfiguration du vrai bonheur et de la fête éternelle. Quant à nous, nous avons auprès de nous la réalité que des ombres et des symboles annonçaient, je veux dire l'image du Père, notre Seigneur Jésus Christ (Col 2,17; 1,15). Si nous le recevons comme nourriture en tout temps, et si nous marquons de son sang les portes de nos âmes, nous serons libérés des travaux de Pharaon et de ses inspecteurs (Ex 12,7; 5,6s). (…) Maintenant nous avons trouvé le chemin pour passer de la terre au ciel (…). Autrefois, par l'intermédiaire de Moïse, le Seigneur précédait les fils d'Israël dans une colonne de feu et de nuée ; maintenant, il nous appelle lui-même en disant : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ; de celui qui croit en moi, sortiront des fleuves d'eau vive jaillissant jusqu'à la vie éternelle » (Jn 7,37s). Que chacun se prépare donc avec un ardent désir à se rendre à cette fête ; qu'il écoute le Sauveur l'appeler, car c'est lui qui nous console tous et chacun en particulier. Que celui qui a faim vienne à lui : il est le vrai pain (Jn 6,32). Que celui qui a soif vienne à lui : il est la source d'eau vive (Jn 4,10). Que le malade vienne à lui : il est le Verbe, la Parole de Dieu, qui guérit les malades. Si quelqu'un est accablé par les fardeaux du péché et s'en repent, qu'il se réfugie à ses pieds : il est le repos et le port du salut. Que le pécheur ait confiance, car il a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11,28).

Homélie du Père Gilbert Adam
Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »

Quand Jésus apprit cela, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.

En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. La souffrance de Jésus est activée par la nouvelle de la mort de Jean le Baptiste. Nous pouvons imaginer combien le regard de Jésus est blessé par le martyre de Jean le Baptiste. Quand Jésus plonge son regard dans cette marée humaine, c’est le regard d’un enfant, comme quand il descendait dans le fleuve du Jourdain. L’humanité blessée dont le regard n’est pas pur, l’humanité meurtrie, troublée retrouve une espérance dans le regard de Jésus. C’est le regard d’un enfant, avec tout ce qu’il peut contenir de découverte, d’attente, de questionnement aussi. Jésus est déjà devant sa Passion. Jean Baptiste, le Précurseur, avait annoncé les événements à venir ! Il a subi les violences du « monde » quand il est venu en aide aux pauvres de Jésus, « Il en on fait tout ce qu’ils ont voulu dira Jésus. » Nous pouvons donc imaginer l’angoisse qui étreint Jésus, mais sa tendresse miséricordieuse est toujours à l’œuvre. Déjà se profile la tache des apôtres qui devront continuer son œuvre. Jésus a pitié de cette foule qui vient à sa rencontre, ils sont là, désirant écouter sa parole, recevant de lui une régénération vitale pour leur vie en souffrance. Jésus aime ce peuple et il reconnaît l’image de Dieu dans cette humanité et ces personnes qui le reconnaissent.

 

Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » 

Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Il y a quelque chose de très bouleversant dans cet Evangile. Jésus entretient un véritable cœur à cœur avec ses disciples quand il regarde l’humanité dans la faim, il établit des liens ! Les disciples ont bien vu que les provisions s’épuisaient : Cela faisait trois jours qu’ils sont là avec cette foule. Nous sommes toujours confronté au ce manque fondamental de l’humanité ! L’angoisse n’est pas loin et la panique peut prendre le relais aujourd’hui encore. Il y a un mystère de connivence dans cette humanité et Jésus, le fils de l’homme. Jésus sait ce qu’Il va faire, mais Il veut la coopération de ses apôtres qui devront continuer son œuvre de salut. Le rôle des apôtres dans la distribution du pain est nécessaire. L’essentiel de l’action de Jésus est cachée aux yeux de tous. Les disciples, malgré leur fatigue, servent ces gens qui leur paraissaient d’abord encombrants. Ils regardent maintenant et voient combien Jésus est bon.

Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. Ils mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta les restes des morceaux : sept corbeilles ! 
Ce miracle annonce la nouvelle Création ou Dieu sera tout en tous. C’est ainsi qu’est annoncée aussi l’eucharistie ! Le Seigneur Jésus nourrira son peuple dans la détresse. Il ne fuira pas devant l’adversité mais il s’offrira avec son Corps et son Sang pour que nous ayons la vraie vie. Le peuple qui marche dans les ténèbres est éclairé par la Parole de Vérité et il est nourri du Pain de la vie. "Que chacun se prépare donc avec un ardent désir à se rendre à cette fête ; qu’il écoute le Sauveur l’appeler, car c’est lui qui nous console tous et chacun en particulier. Que celui qui a faim vienne à lui : il est le vrai pain. Que celui qui a soif vienne à lui : il est la source d’eau vive. Que le malade vienne à lui : il est le Verbe, la Parole de Dieu, qui guérit les malades. Si quelqu’un est accablé par les fardeaux du péché et s’en repent, qu’il se réfugie à ses pieds : il est le repos et le port du salut. Que le pécheur ait confiance, car il a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos, » dit Saint Athanase

Nous demandons la grâce d’une confiance de plus en plus grande vis à vis de Jésus

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L'eucharistie c'est l'acte rédempteur de Notre Seigneur et époux

Prière

Seigneur, tu es l’époux de nos âmes et chaque instant passé avec toi doit être une fête, une rencontre pleine de joie et d’amour. Fais que ce moment de prière soit une vraie rencontre avec toi en ton cœur.

Demande

Renouveler notre amour afin qu’il soit toujours neuf.

Réflexion
  1. Cet Évangile commence par un petit débat sur la question du jeûne. Le Christ, loin de l’exclure, défend ses disciples qui apparemment ne le pratiquent pas encore. Le jeûne a toujours été recommandé par l’Église et de nombreux saints en ont fait une arme pour se rapprocher du Seigneur. Aujourd’hui cette pratique de se priver volontairement d’un bien par esprit de pénitence a perdu un peu de sa saveur. Pourtant nous pourrions très facilement trouver de nouvelles façons de jeûner. Nos téléphones, ordinateurs et autres écrans peuvent nous faire perdre de vue l’essentiel par les multiples distractions qu’ils proposent. Jeûner de ces choses peut, par exemple, se révéler très bénéfique pour l’âme.
     
  2. Mais alors, pourquoi le Christ ne demande-t-il pas à ses apôtres de jeûner sans cesse comme il leur demande de prier sans cesse par exemple ? Tout simplement parce qu’encore une fois le Seigneur fait très attention de ne pas confondre la fin et les moyens. Le Christ nous demande avant tout la conversion du cœur et non pas certaines pratiques extérieures plus ou moins bien exécutées. Le jeûne est un moyen, pas une fin en soi. On peut pratiquer le jeûne et être très loin du Christ, cela s’appelle un régime… Mais si ma volonté d’offrir ce sacrifice est né de mon amour profond pour l’époux de mon âme, alors ce jeûne peut m’aider à fortifier ma foi et ma relation avec le Christ.
     
  3. Le jeûne n’est pas une formule magique, comme cette pièce de tissus neuve qui ne peut être recousue sur un vieux tissu pour le rendre neuf à nouveau. Un cœur froid et loin de Dieu pourra pratiquer tous les jeûnes possibles et imaginables, il transformera sa vie dans un pharisaïsme qui cherche avant tout à accomplir des normes. Mais ce n’est pas là la vocation du chrétien. Croire que l’on peut arriver à la sainteté par l’accomplissement de normes extérieures est du « bricolage spirituel » similaire à la « pose [d’] une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement ». Le Christ nous donne un cœur nouveau et un esprit nouveau. C’est de ce cœur et de cet esprit que doivent naître nos désirs de sacrifices et d’offrandes pleines d’amour pour le Seigneur.
Dialogue avec le Christ

Seigneur, accorde-moi la grâce de renouveler mon cœur : non par la recherche de bricolages spirituels, par des expériences extérieures qui m’encouragent pour un moment mais ensuite me laissent encore plus vide, mais par la patiente et profonde transformation en toi qui progresse chaque jour dans le silence de la prière et l’offrande pleine d’amour de mes croix de chaque jour.

Résolution

Rechercher dans mon cœur ce que je désire offrir aujourd’hui au Seigneur.

Frère Jérôme Dejoie, LC
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés
Saint Jean-Paul II (1920-2005)
 

pape

Lettre apostolique « Mulieris dignatatem », §26-27 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

L'eucharistie : le don que donne le Christ/Époux à l'Église/Épouse

Dans l'eucharistie s'exprime avant tout sacramentellement l'acte rédempteur du Christ-Époux envers l'Église-Épouse. (...) Le Concile Vatican II a renouvelé dans l'Église la conscience de l'universalité du sacerdoce. Dans la Nouvelle Alliance, il n'y a qu'un seul sacrifice et un seul prêtre, le Christ. Tous les baptisés, les hommes comme les femmes, participent à ce sacerdoce unique, car ils doivent « offrir leur personne et leur vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu » (Rm 12,1), porter témoignage du Christ sur toute la surface de la terre, et « rendre compte devant tous ceux qui le demandent de l'espérance qui est en eux » d'une vie éternelle (1P 3,15). (...) Tous les membres de l'Église (...) participent non seulement à la mission sacerdotale, mais encore à la mission prophétique et royale du Christ Messie.

            Cette participation entraîne en outre l'union organique de l'Église, comme Peuple de Dieu, avec le Christ. Le « grand mystère » évoqué par la lettre aux Éphésiens (5,32) s'y exprime en même temps : l'Épouse unie à son Époux, unie parce qu'elle vit de sa vie, unie parce qu'elle participe à sa triple mission (...), unie de manière à répondre par un don désintéressé de soi au don inexprimable de l'amour de l'Époux, le Rédempteur du monde. Cela concerne toute l'Église, les femmes comme les hommes, et évidemment cela concerne aussi ceux qui participent au sacerdoce ministériel, qui est par nature un service. Dans le cadre du « grand mystère » du Christ et de l'Église, tous sont appelés à répondre — comme une épouse — par le don de leur vie au don inexprimable de l'amour du Christ qui seul est, comme Rédempteur du monde, l'Époux de l'Église.

Homélie du Père Gilbert Adam
Sainte Élisabeth de Portugal
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.

« Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. »

« Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Ces paroles de Jésus nous sont données quand nous célébrons la fête de Sainte Élisabeth de Portugal. Nous trouvons dans sa vie de quoi raviver notre espérance. Certes la « culture » du temps d’Élisabeth n’est pas celle d’aujourd’hui, les contraintes de ce temps sont différentes, mais nous en avons d’autres ! Dès l’âge de douze ans, Élisabeth fut donnée en mariage à Denis, un homme violent et sanguinaire. Rapidement, il la délaissa et il l’accusait de son délaissement, alors qu’elle poussait l’abnégation jusqu’à élever ses enfants adultérins. C’était un querelleur invétéré qui tuait jusqu’à ses propres enfants ou bien encore querellait ses parents. Élisabeth multipliait jeûnes et prières ainsi que ses interventions auprès des intéressés pour les réconcilier. "Dieu unique en la Sainte Trinité, je désire t’aimer plus que personne ne t’a jamais aimé, et malgré ma misère et ma petitesse, j’ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans l’abîme de ta miséricorde — mon Dieu et mon Créateur." dira plus tard sainte Faustine. Sainte Élisabeth était la femme chrétienne qui se tournait vers Jésus, passait du temps à prier avec une confiance et un amour infini.

« Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout »
.
 Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers vers le Père : La vie des saints nous montrent combien Jésus est la Source qui vient de Dieu. Tous ceux qui sont fidèles à l’Esprit Saint veillent à ce que les flots d’Amour du cœur de Dieu s’étendre jusqu’aux extrémités du monde. « Malgré ma grande misère, je n’ai peur de rien, mais je garde l’espoir de chanter éternellement mon chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable ; tant qu’elle est en vie, elle peut devenir une grande sainte, car grande est la puissance de la grâce divine, dit encore sainte Faustine. » C’est à nous de ne pas résister à l’action divine. L’expérience de chaque jour révèle combien le combat est sérieux. Nous le comprenons mieux quand nous fêtons sainte Élisabeth de Portugal et que nous regardons sa vie. Élisabeth renonça au pouvoir pour se mettre à l’école de Saint François d’Assise dans la pauvreté. Elle n’était pas à l’abri des soucis du monde. Cette femme puisait a la source, dans l’Eucharistie, le Pain des forts, tout ce dont elle avait besoin pour vivre. La guerre sévissait dans la famille, entre son fils et son petit-fils. Elle se met en marche pour les réconcilier et meurt sur la route.

Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
 Nous avons aussi des tunnels à traverser, des orages à affronter ! Si nous sommes fidèles, l’Esprit Saint viendra à notre secours pour nous montrer la route à prendre, le chemin qui est de Dieu. Comme Élisabeth nous nous trouvons dans des obscurités, des combats et des situations impossibles. Nous demandons à l’Esprit Saint d’aimer et de demeurer ainsi à la source de notre appel. Que tout ce que nous avons à vivre soit plongé dans la Passion de Jésus et dans sa Résurrection. Dans l’Eucharistie, nous recevons Jésus qui se donne avec tout son Amour. « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole, mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. » C’est le mystère de Jésus que nous vivons sur notre terre en cheminant avec Marie, avec Elisabeth.

Nous demandons la grâce que l’Esprit Saint nous soit donné pour suivre Jésus et faire en tout ce que Dieu veut.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

 


 

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Nous ne prions pas pour que tu nous retires du monde, mais pour que tu nous gardes du Mauvais.

PREMIÈRE LECTURE
« Je vous confie à Dieu, lui qui a le pouvoir de construire l’édifice et de donner à chacun l’héritage » (Ac 20, 28-38)

En ces jours-là,
Paul faisait ses adieux aux Anciens de l’Église d’Éphèse.
Il leur disait :
« Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau
dont l’Esprit Saint vous a établis responsables,
pour être les pasteurs de l’Église de Dieu,
qu’il s’est acquise par son propre sang.
Moi, je sais qu’après mon départ, des loups redoutables
s’introduiront chez vous
et n’épargneront pas le troupeau.
Même du milieu de vous surgiront des hommes
qui tiendront des discours pervers
pour entraîner les disciples à leur suite.
Soyez donc vigilants,
et souvenez-vous que, durant trois ans, nuit et jour,
je n’ai cessé, dans les larmes,
de reprendre chacun d’entre vous.
Et maintenant, je vous confie à Dieu
et à la parole de sa grâce,
lui qui a le pouvoir de construire l’édifice
et de donner à chacun l’héritage
en compagnie de tous ceux qui ont été sanctifiés.
Je n’ai convoité
ni l’argent ni l’or ni le vêtement de personne.
Vous le savez bien vous-mêmes :
les mains que voici ont pourvu à mes besoins
et à ceux de mes compagnons.
En toutes choses, je vous ai montré
qu’en se donnant ainsi de la peine,
il faut secourir les faibles
et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus,
car lui-même a dit :
Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »

Quand Paul eut ainsi parlé,
il s’agenouilla
et pria avec eux tous.
Tous se mirent à pleurer abondamment ;
ils se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient ;
ce qui les affligeait le plus,
c’est la parole qu’il avait dite :
« Vous ne verrez plus mon visage. »
Puis on l’accompagna jusqu’au bateau.

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 67 (68), 29-30, 33.34c.35a, 36)
R/

Royaumes de la terre,
chantez pour le Seigneur.

ou :

Alléluia !

Ton Dieu l’a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t’apporter leurs présents.

Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur.
Voici qu’il élève la voix, une voix puissante ;
rendez la puissance à Dieu.

Redoutable est Dieu dans son temple saint,
le Dieu d’Israël ;
c’est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !

ÉVANGILE
« Qu’ils soient un comme nous-mêmes » (Jean 17, 11b-19)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi :
« Père saint,
garde mes disciples unis dans ton nom,
le nom que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux,
je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné.
J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu,
sauf celui qui s’en va à sa perte
de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi,
je parle ainsi, dans le monde,
pour qu’ils aient en eux ma joie,
et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole,
et le monde les a pris en haine
parce qu’ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde,
mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde,
de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité :
ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde,
moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même,
afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

»

Prière

Seigneur Jésus, je veux m’imaginer près de toi, au milieu de tes disciples. Tu es au Cénacle ; la dernière Cène est déjà terminée. Avant de te lever pour te diriger vers le Jardin des oliviers, d’où commencera le chemin douloureux vers ta mort, tu regardes tes disciples réunis autour de toi. Tu sais que le temps de leur formation à tes côtés est terminé, que le moment de sortir du nid et de voler de leurs propres ailes est arrivé et qu’eux aussi, l’épreuve les attend. Ils ont encore beaucoup à apprendre et tu continueras à les guider, mais ce ne sera plus la même chose. Tu sens la tristesse de la séparation. Avant de les laisser, tu tournes ton Cœur vers ton Père, ce Cœur brûlant d’amour pour eux. Et en signe d’adieux, tu leur permets d’être témoins de ta prière, dévoilant le mystère de ta relation avec le Père où ils sont eux aussi portés.

Demande

Seigneur, accorde-moi de pénétrer en ton cœur !

Réflexion

1. « J’ai veillé sur eux. »

On perçoit derrière ces paroles l’amour profond et sincère du Christ pour ses disciples. En ces trois années d’échange et de vie commune, il s’est attaché à eux. Oui, il aime avec un cœur divin, mais aussi avec un cœur humain, un cœur qui bat, qui pleure, qui saigne. Il se préoccupe d’eux. Il ne veut pas qu’ils s’égarent. Il sait qu’ils sont libres et qu’ils peuvent choisir de rejeter son amour et de l’abandonner – comme celui qui l’a trahi. Devant ce sentiment d’impuissance face à la liberté de ceux que l’on aime, il fait ce qu’ont fait des milliers de pères et de mères pour leurs enfants qui grandissent et qui commencent à prendre leurs propres décisions : il prie.

2. « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. »

Le Christ sait ce qui l’attend : il sera livré aux mains de ceux qui le ridiculiseront, qui le tortureront et qui le condamneront à mort. Il sait aussi que si ses disciples sont fidèles à leur Maître, ils rencontreront le même sort. Tel maître, tel disciple. Loin de lui de les priver d’une telle gloire et d’une telle joie que d’être unis à lui jusqu’au bout ! Si le monde ne l’a pas accueilli, il ne les accueillera pas eux non plus. Mais s’il a montré l’amour du Père et a sauvé le monde en se livrant à lui, ses disciples trouveront eux aussi leur plénitude, non en abandonnant le monde qui les persécute, mais en y étant les signes de l’amour du Père. « Père, ne les retire pas du monde, des persécutions, de la souffrance car tout cela les rendra semblables à moi, mais garde-les de celui qui veut les séparer de moi. »

3. « (…) pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. »

Dans ce Cœur, brûle le désir de les voir heureux, profondément comblés, débordants de joie. Par sa vie, par sa Parole, il leur a révélé le Nom de Dieu et, par ce Nom, qui est Dieu : Abba, « Papa » ! Ce Nom est son trésor, la source de toute sa joie. Même lorsqu’il se dirige vers la mort par obéissance à son Père, sa joie est d’être Fils. Il ne l’échangerait pour rien au monde. Il désire que ses disciples prennent part à cette joie, qu’ils soient fils dans le Fils, non seulement dans la vie future, mais dès ici-bas, fils au milieu des frères.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, lorsque tu parles avec ton Père, tu ouvres le ciel. Aujourd’hui, tu me places tout proche de toi pour que je puisse, moi aussi, lever les yeux vers le Père. Tu m’introduis dans la relation avec lui. Envoie ton Esprit ! Qu’il habite en moi et qu’il prie en moi : Notre Père, qui es au cieux…

Résolution

Comment vivre aujourd’hui comme un fils du Père ? En acceptant une croix à la suite de mon Maître ? En pardonnant ou en me réconciliant avec mon frère ou ma sœur, fils ou fille de notre Père ? En élevant mon regard vers le Père durant la journée ?

Frère André Blanchette, LC
Méditations: Regnum Christi 
Saint Jérôme (347-420)
 

prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l'Église

Sur Jonas, II 2,9 ; SC 43 (Sur Jonas, trad. fr. P. Antin, éd. Cerf, 1956, p. 90-91; rev.)

« Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » (Jn 17,19)

« Ceux qui s’attachent à des vanités inutilement perdront la miséricorde qui leur est offerte »(cf. Jonas 2,9 LXX). Dieu par nature est miséricordieux, et prêt à sauver par clémence ceux qu’Il ne peut sauver par justice. Mais nous, par notre vice, nous gâchons et nous perdons la miséricorde préparée et s’offrant d’elle-même. (…) Bien que soit offensée la Miséricorde, c’est-à-dire Dieu Lui-même, car « Dieu est miséricordieux et bon, patient et plein de pitié » (cf. Ps 144,8 LXX) cependant elle n’abandonne pas ceux qui s’attachent à des vanités , elle ne les maudit pas  ; mais elle attend qu’ils reviennent, tandis qu’eux abandonnent délibérément la miséricorde qui est là, devant eux. « Ceux qui s’attachent à des vanités inutilement perdront la miséricorde qui leur est offerte »(cf. Jon 2,9 LXX). Dieu par nature est miséricordieux, et prêt à sauver par clémence ceux qu’Il ne peut sauver par justice. Mais nous, par notre vice, nous gâchons et nous perdons la miséricorde préparée et s’offrant d’elle-même. (…) Bien que soit offensée la Miséricorde, c’est-à-dire Dieu Lui-même, car « Dieu est miséricordieux et bon, patient et plein de pitié » (cf. Ps 144,8 LXX) cependant elle n’abandonne pas ceux qui s’attachent à des vanités , elle ne les maudit pas  ; mais elle attend qu’ils reviennent, tandis qu’eux abandonnent délibérément la miséricorde qui est là, devant eux. (…)

            « Mais moi, avec les accents de la louange et de l’action de grâce, je t’offrirai un sacrifice. Les vœux que j’ai faits, je m’en acquitterai envers Toi, Seigneur, en signe de salut. »(cf. Jon 2,10 LXX) (…) Moi, qui ai été dévoré pour le salut d’une multitude, je t’offrirai un sacrifice aux accents de la louange et de l’action de grâce en m’offrant moi-même. Car « le Christ, notre Pâque, a été immolé »(1 Cor 5,7). Pontife véritable et agneau, il s’est offert pour nous. ― Et je te rendrai grâces, dit-il, comme je t’ai rendu grâces en disant : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre »(cf. Mt 11,25) et je m’acquitte des vœux que j’ai formés pour le salut de tous, afin que « tout ce que tu m’as donné ne périsse pas à jamais »(cf. Jean 6,39).

            Nous voyons ce que, dans sa passion, le Seigneur a promis pour notre salut. Ne rendons pas Jésus menteur et soyons purs et détachés de tout péché, pour qu’il nous offre à Dieu à qui il nous a voués.
(…)

            « Mais moi, avec les accents de la louange et de l’action de grâce, je t’offrirai un sacrifice. Les vœux que j’ai faits, je m’en acquitterai envers Toi, Seigneur, en signe de salut. »(cf. Jon 2,10 LXX) (…) Moi, qui ai été dévoré pour le salut d’une multitude, je t’offrirai un sacrifice aux accents de la louange et de l’action de grâce en m’offrant moi-même. Car « le Christ, notre Pâque, a été immolé »(1 Cor 5,7). Pontife véritable et agneau, il s’est offert pour nous. ― Et je te rendrai grâces, dit-il, comme je t’ai rendu grâces en disant : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre »(cf. Mt 11,25) et je m’acquitte des vœux que j’ai formés pour le salut de tous, afin que « tout ce que tu m’as donné ne périsse pas à jamais »(cf. Jean 6,39).

            Nous voyons ce que, dans sa passion, le Seigneur a promis pour notre salut. Ne rendons pas Jésus menteur et soyons purs et détachés de tout péché, pour qu’il nous offre à Dieu à qui il nous a voués.

Homélie du Père Gilbert Adam

Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais

 

« Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. »

Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. La Bonne Nouvelle de Jésus, c’est qu’il veille toujours sur nous. Jésus est le premier Défenseur contre le "fils de perdition," le Menteur, celui qui ment dés l’origine. Quand Jésus repart vers le Père, la vérité de sa Parole est confirmée par sa vie : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé. » Jésus donne sa vie pour ses brebis. Il manifeste l’Amour infini de Dieu pour nous dans le don qu’Il fait de Lui-même. Jésus nous donne l’Esprit Saint parce que seul l’Esprit Saint, en s’unissant à notre esprit, peut nous révéler les mystères de la Foi. Seul l’Esprit du Seigneur rassemble dans l’unité le Peuple de Dieu dispersé. Il constitue avec les croyants un Corps dont la tête est le Christ qui est déjà dans les cieux. Baptisés, nous recherchons Jésus là où il se donne, au plus intime de nous-mêmes. Renais de l’eau et de l’Esprit à une vie nouvelle, nous sommes en lui, dans le Christ. Nous implorons la venue de l’Esprit saint sur nous-mêmes et sur toute l’Eglise. Jésus nous envoie alors un autre Défenseur, l’Esprit Saint. C’est l’Amour que Jésus a pour son Père, l’Esprit Saint qui nous rappellera toutes choses.

« Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. » Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. En se révélant à nous par son Incarnation et en révélant notre destinée finale par son Ascension, Jésus nous invite à proclamer qu’il est Seigneur. Par sa vie sur terre, par sa mort et par sa descente aux enfers, le Christ Jésus a tout visité et il entraîne tout vers le Père. Tous ceux qui ont reçu la visite du Fils du Père sont appelés à reconnaître et à témoigner de lui qui est venu dans la chair. Au ciel, sur terre et aux enfers, toute langue atteste l’œuvre de Dieu pour le salut des hommes. Jésus nous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Dans les combats, dans les difficultés que nous allons rencontrer, la Lumière de la Parole de Dieu nous éclaire, elle éclaire tous les évènements. Nous ne prenons pas les armes de l’adversaire qui sont le mensonge et la violence. Elles ne nous donneraient pas la victoire, ce serait le loup qui l’emporterait. Nous sommes désarmés et nous acceptons de l’être puisque Jésus nous désarme et nous envoie pauvres au combat pour la Vérité dans la Charité. C’est Dieu qui est notre Défenseur.

« De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. » Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. Jésus a pris sur lui ce qui blessait l’homme au plus profond de lui-même, le péché et la mort. A l’Annonciation, par l’Incarnation du Verbe, l’humanité et la divinité sont à jamais liées. Par l’Ascension de Jésus, un Homme-Dieu est accueilli au sein même de la Trinité Sainte. Le mouvement ascendant de Jésus donne à notre humanité blessée par le péché, le partage de la vie trinitaire. Le mouvement descendant de Jésus pour nous chercher nous ouvre à la Résurrection de la chair. Jésus a ouvert la porte du ciel à tous ceux qui, par lui, retrouve la communion avec le Père. L’apôtre dira : « Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau où l’Esprit Saint vous a placés comme responsables… Je sais que des loups féroces s’introduiront chez vous. » La victoire de l’Amour est assurée par la douceur, la patience, l’humilité, qui sont les fruits de l’Esprit Saint. C’est toute notre réalité charnelle qui s’en trouve modifiée.

Nous demandons la grâce de demeurer dans l’amour de Jésus. »

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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A qui Irai-je Seigneur? Tu as la Parole de Vérité et de la vie Eternelle dans ton royaume

PREMIÈRE LECTURE
« L’Église se construisait, réconfortée par l’Esprit Saint » (Ac 9, 31-42)

En ces jours-là,
l’Église était en paix
dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ;
elle se construisait
et elle marchait dans la crainte du Seigneur ;
réconfortée par l’Esprit Saint,
elle se multipliait.

Or, il arriva que Pierre, parcourant tout le pays,
se rendit aussi chez les fidèles qui habitaient Lod.
Il y trouva un homme du nom d’Énéas,
alité depuis huit ans parce qu’il était paralysé.
Pierre lui dit :
« Énéas, Jésus Christ te guérit,
lève-toi et fais ton lit toi-même. »
Et aussitôt il se leva.
Alors tous les habitants de Lod et de la plaine de Sarone
purent le voir,
et ils se convertirent en se tournant vers le Seigneur.
Il y avait aussi à Jaffa
une femme disciple du Seigneur nommée Tabitha,
ce qui se traduit : Dorcas (c’est-à-dire : Gazelle).
Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait.
Or, il arriva en ces jours-là
qu’elle tomba malade et qu’elle mourut.
Après la toilette funèbre,
on la déposa dans la chambre haute.
Comme Lod est près de Jaffa,
les disciples, apprenant que Pierre s’y trouvait,
lui envoyèrent deux hommes avec cet appel :
« Viens chez nous sans tarder. »
Pierre se mit en route avec eux.
À son arrivée on le fit monter à la chambre haute.
Toutes les veuves en larmes s’approchèrent de lui ;
elles lui montraient les tuniques et les manteaux
confectionnés par Dorcas
quand celle-ci était avec elles.
Pierre mit tout le monde dehors ;
il se mit à genoux et pria ;
puis il se tourna vers le corps, et il dit :
« Tabitha, lève-toi ! »
Elle ouvrit les yeux et, voyant Pierre,
elle se redressa et s’assit.
Pierre, lui donnant la main, la fit lever.
Puis il appela les fidèles et les veuves
et la leur présenta vivante.
La chose fut connue dans toute la ville de Jaffa,
et beaucoup crurent au Seigneur.

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(115 (116b), 12-13, 14-15, 16ac-17)
R/

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?

ou :

Alléluia !

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple !
Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?
Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

ÉVANGILE
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 60-69)

En ce temps-là,
Jésus avait donné un enseignement
dans la synagogue de Capharnaüm.
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude !
Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même
que ses disciples récriminaient à son sujet.
Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme
monter là où il était auparavant !…
C’est l’esprit qui fait vivre,
la chair n’est capable de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit
et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement
quels étaient ceux qui ne croyaient pas,
et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit
que personne ne peut venir à moi
si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent
et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit :
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons,
et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 
Prière

Seigneur, l’enseignement que tu donnes à ceux qui se sont rassemblés pour t’écouter leur paraît difficile à entendre et à comprendre. Mais, Seigneur, qu’en est-il de nous, tes disciples d’aujourd’hui, alors que par le saint sacrifice de la messe tu nous fais participer à ton sacrifice et nous communiques ta vie divine ?

Demande

Avec peu de choses, Seigneur, tu accomplis de grandes œuvres : accorde-moi la grâce de comprendre qu’il n’y a rien de plus important que de recevoir la sainte Eucharistie qui communique ta divinité à mon humanité. Oui, Seigneur, permets-moi de te remercier de cet amour toujours accordé à celui qui te cherche vraiment mais humblement.

Réflexion

Après la multiplication des pains, la foule rassasiée cherche à venir plus près de Jésus qui connaît la véritable raison de la démarche du peuple : il sait que les gens veulent que leur faim soit rassasiée. Mais la foule veut être rassasiée de nourriture terrestre alors que Jésus lui propose la nourriture qui ouvre à la vie éternelle.

1. « Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »

Pour les auditeurs, cette parole est incompréhensible. Beaucoup se mirent à discuter fort entre eux : elle est rude, cette parole ! Que veut-il dire ? Que veut-il dire quand il parle de vie éternelle ? Celui-ci n’est qu’un homme qui habite notre village de Nazareth, nous connaissons sa famille. C’est le fils de Joseph ! Il se séparèrent en plusieurs groupes et se dispersèrent plutôt que de continuer à l’écouter.

2. « Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Cette question montre la grande difficulté que représente la foi. C’est un don de Dieu qui procède de la rencontre entre Dieu, qui offre cette vie, et l’ouverture du cœur de l’homme qui est invité à l’accueillir. Une grande partie de la foule s’en est allée mais les apôtres, qui décident d’imiter Pierre et les Douze, choisissent de rester.

3. « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle (…) nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Et là, les apôtres se mettent à suivre le Christ qui savait que tous ses apôtres et ses disciples finiraient par le suivre, sauf « celui qui le livrerait ».

À nous, aujourd’hui, lorsque nous le recevons dans l’Eucharistie, le Seigneur communique sa vie divine. À nous de répondre par notre foi en adhérant à la promesse que le Seigneur nous adresse : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » (Jn 6, 51) Seigneur, ouvre nos cœurs, notre sensibilité et notre amour.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, ce passage d’Évangile me permet d’entrevoir ta bonté et ta miséricorde : tu ne forces personne, tu nous laisses libres et nous pouvons même ne revenir à toi qu’à la dernière minute. Le saint Curé d’Ars disait que l’on ne peut jamais affirmer que celui qui s’est suicidé est en enfer. Personne ne sait ce qui s’est passé entre lui et le Seigneur à l’ultime instant de son dernier souffle. La grâce de Dieu sera toujours là pour être reçue.

Résolution

Approfondir avec l’aide et la grâce du Seigneur ce que représente le pain eucharistique : une nourriture qui fait que le Christ vient en moi pour que je sois avec lui et en lui, toujours.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi
Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444)
 

évêque et docteur de l'Église

Commentaire sur l’évangile de Jean, 4, 4 ; PG 73, 613 (Les Pères commentent l'évangile; Coll. liturgique sous la direction de H. Delhougne, o.s.b.; trad. A.-M. Roguet, o.p.; Ed. Brepols 1991; p. 282 rev.)

« Tu as les paroles de la vie éternelle »

« À qui donc irions-nous ? », demande Pierre. Il veut dire : « Qui nous instruira comme toi des mystères divins ? », ou encore : « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Elles ne sont pas intolérables, comme le disent d'autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie sans fin, la vie impérissable. Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui. (…)

            L'Ancien Testament aussi nous apprend qu'il faut suivre le Christ, toujours unis à lui. Effectivement, au temps où les Israélites, libérés de l'oppression égyptienne, se hâtaient vers la Terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre. Celui qui donne sa Loi ne leur permettrait pas d'aller n'importe où, à leur gré. En effet, sans guide, à coup sûr ils se seraient complètement égarés (…) ; les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd'hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ, car c'est lui qui s'est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu (Ex 13,21; 26,1s). (…)

             « Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26). (…) Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne se fait pas dans un sens matériel, mais plutôt par les œuvres de la vertu. Les disciples les plus sages s'y sont fermement engagés de tout leur cœur (…); avec raison ils disent : « Où irions-nous ? » En d'autres termes : « Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Au contraire, nous dirons : ‘Qu'elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !' » (Ps 118,103)

 

Homélies du Père Gilbert Adam 

  • Le samedi 2 mai 2020iCal
    3e semaine de Pâques : Samedi de la 3e semaine de Pâques

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »

Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Jésus va jusqu’au bout de l’Incarnation, à la fois dans le concret de la vie humaine, et par le Don de lui-même. Sa parole est d’un réalisme surprenant pour qui adhère au mystère de l’Incarnation. Jésus vient du Père, il est né de la Vierge Marie. Il a pris la chair humaine et il vit de l’Esprit Saint, l’Amour infini de Dieu. La vérité de Jésus nous ouvre un quotidien nouveau ou nous pouvons comprendre que l’homme ne vit pas que de pain, mais de ce qui sort de bouche de Dieu. L’Eucharistie nous offre vraiment le Corps du Christ né de la Vierge Marie ; Il est le Pain du Père, le Pain de Vie. La coupe de vin est vraiment le Sang du Christ donné pour que nous ayons la vie. La vie nous est donnée, elle nous donne de nous rencontrer dans la foi en la vie, la foi en Dieu : « C’est l’Esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. » La foi est un lâcher prise, elle est la naissance à l’autre. Jésus sait déjà qui est celui qui ne croit pas. Mystérieusement Jean signale la trahison de Judas !

"Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait."

 Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » Le mystère de la vie peut advenir en nous sans que nous en recherchions l’Auteur ! Mais il n’y a rien de durable dans notre vie sans un abandon réel à la volonté de notre Père. Si j’accepte de recevoir l’Auteur de ma vie, je me reconnais fils, existant de lui. « Cela nous est donné par le Père, » dit Jésus. Jésus a insisté jusqu’au bout sur le réalisme de la foi. Nous pouvons vivre une dépossession de nous même dans l’espérance que Dieu nous donne de l’avenir. C’est l’acceptation de ne pas vivre seul mais à partir d’un autre, l’attente de quelqu’un qui nous sauve. Cela se traduit par une ouverture au pauvre. Il s’agit de la réalité de Jésus venu dans la chair humaine. L’apôtre Jean qui a reçu Marie chez lui nous annonce le Don de Jésus par sa vie. Il y va de la réalité de Jésus à la croix qui réalise le don de son corps et de son sang, le don de sa vie. Nous recevons tout de lui, nous n’avons plus rien par nous-mêmes, mais nous espérons tout du Christ qui nous fait entrer dans un nouvel univers.

« À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. »
 

 Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » La certitude de Pierre est ouverture au Mystère de Dieu qui se laisse accueillir pauvrement en Jésus. La foi eucharistique ne sera pas entamée dans le reniement de Pierre qui a manqué d’espérance. Après le reniement, Jésus croisera le regard de Pierre qui se mettra à pleurer. Pierre a été nourri le Jeudi Saint du corps et du sang de Jésus, il se référera sans cesse à ce que Jésus a fait dans sa vie : « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle. » Au matin de la résurrection, au soir d’Emmaüs, c’est avec le pain partagé que nous sommes appelés à l’action de grâce. La puissance de l’amour infini de Dieu en Jésus est désormais à l’œuvre dans le cœur de l’Église, dans le cœur des Apôtres. La puissance de l’Esprit Saint agit dans l’Église qui continue l’œuvre de Jésus. C’est ainsi que nous voulons nous remettre à Dieu de tout notre être pour entrer dans le mystère de l’Eucharistie, le mystère du don de nous-même à la suite de Jésus. C’est le lieu de notre foi.

Nous demandons la grâce d’être confortés dans notre foi eucharistique pour reconnaître Jésus qui vient à nous et qui nous donne son Esprit Saint.

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Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous »

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises » (Jc 4, 1-10)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Bien-aimés,
    d’où viennent les guerres,
d’où viennent les conflits entre vous ?
N’est-ce pas justement de tous ces désirs
qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
    Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien,
alors vous tuez ;
vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins,
alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
Vous n’obtenez rien
parce que vous ne demandez pas ;
    vous demandez, mais vous ne recevez rien ;
en effet, vos demandes sont mauvaises,
puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.
    Adultères que vous êtes !
Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde
rend ennemi de Dieu ?
Donc celui qui veut être ami du monde
se pose en ennemi de Dieu.
    Ou bien pensez-vous que l’Écriture parle pour rien
quand elle dit :
Dieu veille jalousement
sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous ?

    Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ?
C’est ce que dit l’Écriture :
Dieu s’oppose aux orgueilleux,
aux humbles il accorde sa grâce.

    Soumettez-vous donc à Dieu,
et résistez au diable : il s’enfuira loin de vous.
    Approchez-vous de Dieu,
et lui s’approchera de vous.
Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ;
esprits doubles, purifiez vos cœurs.
    Reconnaissez votre misère,
prenez le deuil et pleurez ;
que votre rire se change en deuil
et votre joie en accablement.
    Abaissez-vous devant le Seigneur,
et il vous élèvera.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 54 (55), 7-8, 9-10ab, 10cd-11ab, 23)

R/ Décharge ton fardeau sur le Seigneur :
il prendra soin de toi.
 (Ps 54, 23ab)

J’ai dit : « Qui me donnera des ailes de colombe ?
Je volerais en lieu sûr ;
loin, très loin, je m’enfuirais
pour chercher asile au désert. »

J’ai hâte d’avoir un abri
contre ce grand vent de tempête !
Divise-les, Seigneur,
mets la confusion dans leur langage !

Car je vois dans la ville
discorde et violence :
de jour et de nuit, elles tournent
en haut de ses remparts.

Décharge ton fardeau sur le Seigneur :
il prendra soin de toi.
Jamais il ne permettra
que le juste s’écroule.

ÉVANGILE
« Le Fils de l’homme est livré. Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous » (Mc 9, 30-37)

Alléluia. Alléluia.
Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté !
Par elle, le monde est crucifié pour moi,
et moi pour le monde.
Alléluia. (Ga 6, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
    car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
    Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.

    Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
    Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand.
    S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
    Prenant alors un enfant,
il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit :
    « Quiconque accueille en mon nom
un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille,
mais Celui qui m’a envoyé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897)
 

carmélite, docteur de l'Église
 

Prière 20, 16 juillet 1897

(Œuvres complètes, Éd. Cerf - DDB 1997; p. 975-976)

« Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous »

Jésus ! (...) Quelle n'est pas votre humilité, ô divin Roi de Gloire, de vous soumettre à tous vos prêtres sans faire aucune distinction entre ceux qui vous aiment et ceux qui sont, hélas ! tièdes ou froids dans votre service. À leur appel vous descendez du ciel ; ils peuvent avancer, retarder l'heure du saint sacrifice, toujours vous êtes prêt. Ô mon Bien-Aimé, sous le voile de la blanche hostie, que vous m'apparaissez doux et humble de cœur ! (Mt 11,29)

Pour m'enseigner l'humilité vous ne pouvez vous abaisser davantage ; aussi je veux, afin de répondre à votre amour, désirer que mes sœurs me mettent toujours à la dernière place et bien me persuader que cette place est la mienne. (...)

Je le sais, ô mon Dieu, vous abaissez l'âme orgueilleuse, mais à celle qui s'humilie vous donnez une éternité de gloire ; je veux donc me mettre au dernier rang, partager vos humiliations afin « d'avoir part avec vous » (Jn 13,8) dans le royaume des Cieux.

Mais, Seigneur, ma faiblesse vous est connue ; chaque matin je prends la résolution de pratiquer l'humilité et le soir je reconnais que j'ai commis encore bien des fautes d'orgueil. À cette vue je suis tentée de me décourager mais, je le sais, le découragement est aussi de l'orgueil. Je veux donc, ô mon Dieu, fonder sur vous seul mon espérance ; puisque vous pouvez tout, daignez faire naître en mon âme la vertu que je désire. Pour obtenir cette grâce de votre infinie miséricorde je vous répéterai bien souvent : « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre ! »

 

Prière

Seigneur, apprends-moi à te faire confiance. Si souvent, comme les disciples dans l’Évangile d’aujourd’hui, je ne comprends pas et je ne sais pas comment agir. Je suis comme un petit enfant qui a besoin de l’aide et du soutien de ses parents. Aide-moi à ne jamais douter de toi et à accepter avec humilité mes petites croix de chaque jour.

Demande

Ne pas chercher à tout comprendre, mais à « vivre d’amour » dans l’imitation de Jésus.

Réflexion

1. « Les disciples ne comprenaient pas. »

Ils avaient beau essayer de comprendre et de mettre en pratique les enseignements de Jésus, ils avaient encore besoin de la venue du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte afin de pouvoir devenir les apôtres que nous connaissons aujourd’hui. En effet, après plus de deux ans passés avec Jésus, ils ne comprenaient toujours pas. Dans le passage qui précède l’Évangile d’aujourd’hui, nous retrouvons les disciples qui se retrouvent incapables d’expulser un démon, et aujourd’hui, nous écoutons Jésus qui leur dit clairement ce qui va se produire à Jérusalem, sur sa mort et sa Résurrection, mais eux ne comprennent pas, et cela nous rappelle les paroles de Jésus aux disciples d’Emmaüs : « Comme votre cœur est lent à comprendre. »

Dans ce passage de l’Évangile, Jésus annonce pour la deuxième fois à ses disciples sa Passion prochaine. Dans notre vie aussi, la croix est une réalité quotidienne, et nous aussi sommes lents à comprendre et à accepter cette croix dans notre vie. Quelle est ma croix ? Est-ce que je l’accepte et est-ce que je l’offre avec amour ? Ou bien est-ce que je ne cesse de me plaindre et de refuser cette croix ? Bien souvent, les chemins de Dieu seront incompréhensibles pour moi et viendront des moments de grande difficulté. Jésus m’enseigne que je dois m’abandonner entre ses mains et ne pas toujours chercher à comprendre, mais plutôt à aimer. Jésus lui-même au jardin des Oliviers a demandé à son Père d’éloigner de lui le calice de la Passion, « mais que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne ! »

2. Les disciples font donc tout le contraire de l’enseignement de Jésus. Celui-ci leur parle de la croix et de la souffrance et eux discutent pour savoir qui sera le plus grand. Tant de fois nous recherchons l’honneur et la gloire alors que Jésus nous enseigne tout le contraire : « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » En fin de compte la vie spirituelle est très simple, le Seigneur nous appelle à devenir comme des petits enfants et à lui faire confiance en acceptant de prendre notre croix et de le suivre. Cependant, comme nous le dit Jésus, le chemin de croix ne s’arrête pas à la croix mais trouve tout son sens dans la Résurrection. Dans les moments de difficultés, nous avons souvent de mal à comprendre et à accepter ce paradoxe dans notre vie, mais la clef se trouve dans la confiance, et pour le savoir, il faut en faire l’expérience, l’expérience du don de soi, l’expérience qu’il y plus de joie à donner qu’à recevoir.

Dialogue avec le Christ

Confiance, confiance et confiance ! Aide-moi Seigneur à ne pas avoir peur de la croix, à ne pas avoir peur de ne pas comprendre où tu m’emmènes ou ce que tu veux exactement de moi. J’ai confiance en toi, Seigneur, et je sais que tu veux mon bien. « Apprends-moi à être généreux, à donner sans compter, à combattre sans soucis des blessures, à travailler sans chercher le repos, à me dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir que je fais ta sainte volonté. » (Prière scoute)

Résolution

Chaque fois que viendra un moment de difficulté aujourd’hui, répéter dans mon cœur : « Seigneur, j’ai confiance en toi ! »

Frère George de La Cotardière
 Regnum Christi 
informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés

 

Mardi de la 7e semaine, année paire
Homélie du Père Gilbert Adam

Jc. 4, 1-10 Ps. 54 Mc. 9, 30-37

  • Le mardi 25 février 2020iCal
    semaine 7 : Mardi de la 7e semaine, année paire

"En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

« Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. » Jésus annonce que le Messie est livré aux mains des hommes. Cela déclenche une interrogation entre Jésus et ses disciples et entre les disciples eux-mêmes. Ce groupe a du mal à communiquer, à échanger. Jésus enseigne qu’il va souffrir : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprennent pas, ils n’osent plus interroger Jésus, ils se replient sur eux-mêmes. Ils ne se retrouvent qu’entre eux, loin des autres qu’ils rencontraient sur les chemins de jadis, ils se retrouvent également loin de Jésus qui les guidait et qu’ils suivaient de bon cœur. Jésus est « livré, » c’est l’expression que nous utilisons dans la célébration eucharistique : « La nuit même ou il fut livré. » Jésus connaît la décision qui est prise à son égard par les gouvernants religieux et civils. Jésus, qui sait ce qu’il y a dans l’homme porte ce rejet, et il est proche de ses disciples : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. » Nous pouvons imaginer l’angoisse dans laquelle il se trouve. Quand nous sommes dans une situation difficile, nous trouvons des amis avec qui partager ce qui nous habite.

« Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand."

 S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Jésus connaît notre faiblesse, cette volonté désespérée de survivre par nous-mêmes. De même, dans ce contexte de crise, nous comprenons le surgissement de la question qui habite les disciples : Savoir qui est le plus grand. Les disciples sont désemparés, le groupe recherche ce qui lui permettrait de subsister, de garder sa hiérarchie, c’est une question de survie. En fait, en faisant cela, ils abandonnent Jésus, ils cherchent ailleurs leur salut. La Passion a déjà commencé. Jésus commence à être séparé, à être tué "spirituellement" par les siens. A la maison, lieu reconnu de tout le groupe, où ont été vécues l’amitié, la joie, l’espérance, Jésus reprend ce qui donne la vie à chaque personne et au groupe : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Il ouvre un chemin nouveau de service qui permet de sauver toute l’humanité. Le service n’exclut personne, l’offrande libre de soi est la réponse qui sauve, qui arrête la violence. Jésus, le premier, l’unique, le fils du Père, va devenir le dernier de tous, il ira jusqu’à se faire "Pain de vie."

« Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. » 

Nous comprenons combien Jésus est vulnérable dans sa marche, combien il est sensible. Il se reçoit à la manière d’un enfant sans défense, il reçoit tout ce que l’humanité lui fait subir. Jésus donne ainsi un nouvel enseignement concret : « Prenant alors un enfant, il l’embrasse. » L’enfant est réceptif à l’amour que nous lui portons. Jésus embrasse cet enfant, il l’accueille tendrement, il entre en relation avec lui. Nous aimons la candeur d’un enfant, sa simplicité. Jésus est l’enfant du Père : « Celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais accueille celui qui m’a envoyé. » Nous demandons la grâce de nous ouvrir, de nous recevoir de l’autre, de faire confiance. Nous reconnaissons que nous ne pouvons pas nous sauver seul. L’Esprit-Saint, la lumière de Dieu accompagne Jésus vers son Père, il n’a rien à craindre. Jésus veut nous entraîner à sa suite dans cette vulnérabilité, dans cette petitesse de l’Amour infini. Il nous faut accueillir ce que nous sommes. « Ne craignez pas les hommes qui tuent le corps. Craignez plutôt celui qui a le pouvoir de tuer non seulement le corps mais l’âme. » Jésus nous montre ainsi le chemin, il nous indique comment le prendre.

Nous demandons la grâce de la petitesse de Jésus, que l’Esprit-Saint nous soit donné pour que nous n’ayons pas peur de le suivre.

 

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