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dialogue

À l’heure même, l’enfant fut guéri..« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance »

Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 17,14-20.


En ce temps-là, un homme s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux,
il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau.
Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. »
Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »
Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri.
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier :
- « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
Jésus leur répond :
- « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne :
“Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »

Méditation de l'Evangile du samedi 7 août 2021

La guérison du petit épileptique

Dans le dialogue qui s'engage entre Lui et le père du petit épileptique, Jésus, avant tout, redonne espoir à cet homme désemparé par la maladie de son fils, en l'engageant sur le chemin de la foi.M

Dans le dialogue qui s'engage entre Lui et le père du petit épileptique, Jésus, avant tout, redonne espoir à cet homme désemparé par la maladie de son fils, en l'engageant sur le chemin difficile de la foi. Jésus interroge donc le père.

"Combien de temps y a-t-il que cela a commencé de lui arriver ? Et le père de l'enfant dit : depuis sa petite enfance ! Et souvent il l'a jeté soit dans le feu, soit dans l'eau pour le faire périr"

Au père désemparé qui lui demande alors de l'aider, devant la si grave maladie de son fils :

"Mais si tu peux quelque chose, viens à notre aide, par pitié pour nous" . Jésus enseigne le chemin de la vraie liberté spirituelle. Car tout est possible à celui qui fait le choix de croire en Jésus.

"Jésus lui dit : si tu peux !... Tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l'enfant disait en criant : je crois ! Viens en aide à mon incrédulité !"

La foi, comme le fait remarquer le père, est tout autant suscitée par Dieu que par nous, alors que Jésus, de son côté, fait remarquer à cet homme qu'elle dépend aussi de notre choix et de notre liberté. Il y a là un échange de balles remarquable entre eux.

L'homme n'est pas un robot, peut-être mieux, mais si, dans le domaine spirituel de la foi, l'impulsion de Dieu reste première, elle ne nous manque d'ailleurs jamais; à nous d'y répondre.

Père Gabriel

 

Saint Thomas More (1478-1535)
 

homme d'État anglais, martyr

Dialog of Comfort against Tribulation, I, 2 (trad.©Evangelizo.org)


« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance » (Mc 9,24)


Personne ne peut se donner à lui-même la vertu de la foi (…)  ; la foi est le don gratuit de Dieu. Comme le dit saint Jacques : « Les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut ; ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières » (1,17). Quand nous ressentons donc que notre foi est bien faible, prions celui qui nous la donne de la fortifier (…)  : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance » (Mc 9,24), et avec les apôtres : « Seigneur, augmente notre foi » (Lc 17,5). Et puis méditons les paroles du Christ quand il dit que, si nous ne voulons pas permettre à notre foi de tiédir et même de se refroidir complètement, ou de perdre sa force par la dispersion de notre esprit dans les futilités de ce monde, il faut nous retirer dans une petite pièce au fond de notre maison (Mt 6,6) et y ramasser notre foi, en cessant d'accorder de l'importance aux illusions de ce monde.

            Et comme la graine de moutarde, qui par sa nature est brûlante, il faut semer la foi dans le jardin de notre cœur, après en avoir arraché toutes les mauvaises herbes. Elle grandira tellement que les oiseaux du ciel, c'est-à dire les saints anges, viendront demeurer en notre âme et qu'elle portera le fruit des vertus sur ses branches (Mt 13,31s). Alors, confiants en la parole de Dieu, nous aurons une assurance ferme en ses promesses et nous pourrons chasser de notre cœur une montagne d'afflictions (Mt 17,20), tandis que si notre foi est faible et chancelante, elle ne déplacera même pas une taupinière.

Homélies du Père Gilbert Adam

À l’heure même, l’enfant fut guéri.

Quand ils eurent rejoint la foule, un homme s’approcha de lui, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau.

Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Jésus a emmené avec lui, sur la montagne, Pierre, Jacques et Jean. Devant eux, il a été transfiguré, et les trois apôtres ont entr’aperçu la gloire de Jésus, leur compagnon de chaque jour. En redescendant de la montagne, ils retrouvent la foule et les autres disciples dans une grande confusion. En l’absence de leur maître, les disciples ont voulu guérir en son nom un enfant souffrant, mais ils n’ont pas réussi. Quand la foule voit Jésus, elle est stupéfaite ! Un homme dans la foule dit à Jésus : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet. » Pour obtenir cette guérison, il aurait fallu une relation intense à Dieu ! Cette relation qui nous est donnée nous transfigure pour que nous agissions au Nom de Dieu. Si les disciples avaient eu de la foi « gros comme une graine de moutarde », ils transporteraient les montagnes dans la mer et auraient obtenu la guérison. Nous avons une foi bien plus petite que la graine de moutarde, et nous demandons à Jésus d’augmenter notre foi. La foi est un don de Dieu. Baptisés dans le Christ, nous avons reçu ce don. La foi a été semée en nous, elle est déjà à l’œuvre dans notre vie. En croissant par la prière, les sacrements, et la charité, elle deviendra un grand arbre, qui s’enracinera et en grandissant elle nous configurera à Jésus.

"Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »

Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. A la demande de Jésus, on amène l’enfant auprès de lui. Jésus remet un climat de confiance, d’abandon et de foi qui va permettre à Dieu de faire son œuvre. Jésus pénètre la souffrance de cet homme, la porte est ouverte à l’action de Dieu. Jésus interpelle l’esprit mauvais : « Esprit qui rend muet et sourd, sors de cet enfant je te l’ordonne et n’y rentre plus jamais. » C’est alors la délivrance des infections diaboliques et la guérison de la maladie de l’enfant. Jésus le prend par la main et il le remet debout, il nous demande de nous mettre à son école. La question de savoir comment venir en aide à l’humanité tourmentée est toujours posée. C’est en étant guéris nous-mêmes que nous pouvons entrer en harmonie avec le don de Dieu. La Passion et la Résurrection de Jésus qui sauve le monde est toujours efficace, moyennant notre Foi. Mais il nous manque cette foi là ! "Ce peu de foi" nous permettrait, à l’aide de Jésus et dans sa Passion, de changer des situations si difficiles. Dans une foi confiante, nous demandons la grâce de la prière, la grâce d’être les amis de Jésus qui peuvent accomplir en lui, son œuvre de guérison.

Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »

Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. » Il n’y a pas de duplicité ni de complicité avec le mal en Jésus qui interpelle vivement l’esprit mauvais ! Nous voulons croire à l’immensité du don que Dieu nous a fait afin de pouvoir en vivre. Tout nous est donné par Dieu ! L’humanité ne peut pas suivre le plan d’amour de Dieu et en même temps entrer dans des discussions humaines vaines. C’est la foi qui nous fait devenir « sauveurs » avec Jésus, l’unique Sauveur. La foi se fortifie en faisant des expériences de foi, des actes de foi. Nous avons du mal à voir la main de Dieu, nous avons peur de ce qui peut nous arriver, nous ne nous sentons pas capables de vivre et de dire à Jésus que nous voulons avoir confiance en Lui ! Nous savons qu’Il nous aime, et si nous avons confiance, que tout se passera bien. Jésus permet ces épreuves pour qu’il en surgisse un bien meilleur. Notre foi est une expérience de vie, fortifiée, elle deviendra une manière d’affronter la vie mieux encore et elle approfondira notre relation avec Dieu.

Je te demande la grâce de savoir comment venir en aide à l’humanité tourmentée.

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Le Saint-Siège craint «une compromission» du dialogue israélo-palestinien

La vieille ville palestinienne d'Hébron en Cisjordanie, au sud de Jérusalem, le 15 mai 2020.

Le Saint-Siège craint «une compromission» du dialogue israélo-palestinien
Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, s’est entretenu aujourd’hui par téléphone avec Saeb Erekat, négociateur en chef et secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine, a informé la Salle de Presse du Saint-Siège, le 20 mai. Le contexte au Proche-Orient est tendu depuis les récentes annonces du nouveau gouvernement israélien d'annexer des pans de la Cisjordanie, conformément au controversé «plan de paix» américain.
 

Lors de cette conversation téléphonique qui s’est tenue ce mercredi 20 mai, l’homme politique palestinien, Saeb Erekat, a souhaité informer le Saint-Siège «des récents développements dans les territoires palestiniens et de la possibilité que la souveraineté israélienne soit appliquée unilatéralement à une partie de ces zones, ce qui saperait davantage le processus de paix».

Que la paix règne en Terre Sainte

Le Saint-Siège a réaffirmé que le respect du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies est «un élément indispensable» pour que les deux peuples puissent vivre côte à côte dans deux États, avec des frontières internationalement reconnues avant 1967. 

Le Saint-Siège, qui suit la situation de près, a souhaité exprimer «sa préoccupation» quant aux éventuels actes qui pourraient compromettre davantage le dialogue, en espérant «que les Israéliens et les Palestiniens puissent retrouver, et bientôt, la possibilité de négocier un accord directement, avec l'aide de la communauté internationale», et que «la paix puisse enfin régner en Terre Sainte, si chère aux juifs, aux chrétiens et aux musulmans».

L’annexion de la vallée du Jourdain, projet du nouveau gouvernement

«Il est temps» d'annexer des pans de la Cisjordanie occupée, a déclaré dimanche dernier le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant le Parlement réuni pour un vote de confiance sur son gouvernement d'union avec son ancien rival Benny Gantz.

L'accord de partage du pouvoir entre les deux hommes prévoit l'annonce, à partir du 1er juillet, d'une stratégie pour appliquer le projet américain de résolution du conflit israélo-palestinien. Rejeté par les Palestiniens, ce plan prévoit notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par l'Etat hébreu.

Lors de ses vœux devant le corps diplomatique en janvier dernier, le Saint-Père avait réitéré «l'urgente nécessité pour l'ensemble de la communauté internationale de reconfirmer, avec courage et sincérité, et dans le respect du droit international, son engagement à soutenir le processus de paix israélo-palestinien»

 

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En novembre Prions avec le Pape pour le dialogue et la réconciliation au Moyen Orient

Novembre: le Pape prie pour la réconciliation au Moyen-Orient
Le Saint-Père invite les catholiques en ce mois de novembre à prier pour cette région du monde qui est le berceau des trois religions monothéistes, et où différentes communautés religieuses partagent encore un même espace de vie, afin qu’y surgisse un esprit de dialogue, de rencontre et de réconciliation.
 

«Prions pour qu'un esprit de dialogue, de rencontre et de réconciliation naisse au Moyen-Orient». Telle est l’intention de prière du Pape en ce mois de novembre.

Dans la vidéo réalisée chaque mois par le Réseau de prière mondial du Pape, le Saint-Père invite les chrétiens du monde à prier pour cette région peuplée de 93% de musulmans, de 5% de chrétiens et de 2% de juifs, qui résident surtout en Israël.

Au Moyen-Orient, «la coexistence et le dialogue entre les trois religions monothéistes reposent sur des liens spirituels et historiques». Il rappelle que «de ces terres, nous avons reçu la Bonne Nouvelle de Jésus, ressuscité par amour».

Les liens perdurent puisqu’aujourd'hui encore «de nombreuses communautés chrétiennes, ainsi que des communautés juives et musulmanes, travaillent ici pour la paix, la réconciliation et le pardon». C’est pour ces hommes et ces femmes et pour cet élan de paix que le Pape souhaite prier ce mois-ci, invitant les catholiques à s’intéresser «à la diversité des traditions culturelles et religieuses du Moyen-Orient», précise le père Frédéric Fornos, sj, le directeur du Réseau mondial de prière du Pape.

05 novembre 2019, 16:15

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Page info du Vatican

Le cardinal Pietro Parolin et les confimands dans la co-cathédrale de Pristina

Au Kosovo, le cardinal Parolin salue
la vitalité de la communauté catholique
Du 8 au 10 juin dernier, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, s’est rendu au Kosovo, à la rencontre de la communauté catholique du diocèse de Prizren-Pristina. Sur cette terre multiconfessionnelle, où le christianisme est implanté depuis le premier siècle, cette visite fut un «moment de grâce particulier», comme en témoigne un prélat du diocèse.

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Cette visite pastorale du cardinal Parolin répondait à l’invitation de Mgr Dodë Gjergji, évêque de Prizren-Pristina, et voulait manifester la sollicitude du Saint-Siège envers la communauté catholique du Kosovo. Le premier temps marquant fut la messe de la solennité de la Pentecôte, célébrée dans la capitale Pristina, en la nouvelle église co-cathédrale sainte Teresa de Calcutta – les parents de cette dernière sont nés en territoire kosovar, et la religieuse albanaise est chère au cœur des catholiques du pays.  

Un encouragement à bâtir l’unité, malgré les blessures passées

Au cours de la cérémonie qu’il présidait, le cardinal Parolin a administré à 42 jeunes le sacrement de la confirmation. Dans son homélie, il a assuré que le Pape François est «spirituellement proche du peuple kosovar, et en particulier, de la communauté catholique de cette terre, qui, y compris dans les moments les plus difficiles et parfois tourmentés de son histoire, n’a jamais perdu la conscience de faire partie, aussi petite fût-elle, de la grande Église universelle». Le secrétaire d’État du Saint-Siège a fait part de sa joie de «constater la fraîcheur de l’enthousiasme avec lequel cette communauté catholique vit sa foi dans le Christ et s’en fait le témoin convaincu et courageux, forte aussi de sa tradition historique». Il a ainsi rappelé que le christianisme avait commencé à s’enraciner dans la région dès le premier siècle, mentionnant au passage les premiers martyrs chrétiens de la ville voisine d’Ulpiana, Floro et Lauro, ayant vécu à l’époque du règne de l’empereur Hadrien (117-138). Le diocèse de Prizren-Pristina fut quant à lui fondé au Ve siècle.

Aux jeunes confirmands, le cardinal Parolin a souhaité que l’Esprit-Saint les aide à partager leur «riche héritage spirituel, y compris avec ceux qui appartiennent à d’autres confessions religieuses, afin de grandir dans la connaissance réciproque et de faire éclore de nouvelles énergies de fraternité et de paix». Il les a incités à être des «constructeurs d’unité dans la diversité». «Même si la paix dans cette région est une réalité désormais stable, les blessures de la tragédie qui s’y est déroulée vers la fin du vingtième siècle ne sont pas encore complètement guéries et soulignent l’exigence profonde de pardon et de réconciliation qu'une âme chrétienne ne peut pas ne pas entendre», a-t-il poursuivi, en référence à la guerre du Kosovo achevée il y a vingt ans, le 10 juin 1999.

Maintenir vivante la foi chrétienne

L’après-midi, le cardinal Parolin s’est rendu à Prizren, au sud du pays, afin de procéder à la re-consécration de la cathédrale dédiée à la Bienheureuse Vierge Marie Auxiliatrice, au terme d’importants travaux de restauration. Une célébration à laquelle était présent Teodosije, évêque de l’éparchie de Raška et Prizren (circonscription de l’Église orthodoxe serbe). Le représentant de la communauté islamique locale, l’imam Trnava, est quant à lui venu à la réception qui s’en est suivi.

Dans son homélie, le cardinal Parolin a redit «l’attention» du Saint-Siège envers la communauté chrétienne locale, saluant sa «contribution précieuse à la croissance morale et spirituelle du peuple kosovar». «C’est une communauté dynamique, a-t-il poursuivi, insérée depuis des siècles dans un contexte multi-religieux et multiculturel, en une terre qui est un carrefour de cultures et de peuples, qui a été capable de maintenir vivantes les valeurs de la foi et de la vie chrétienne y compris à des époques particulièrement difficiles, quand la liberté religieuse était de fait interdite». Il a souligné que le rite de consécration permettait de «faire mémoire de la foi héritée de vos pères, de l’évidence de leur sacrifice et de leur confiante prière». Et dans le même temps, il confie aux générations actuelles et futures «le grand devoir d’édifier, au moyen de l’action de l’Esprit-Saint, une communauté de croyants toujours plus vivante et vitale, devenant elle-même “temple du Dieu vivant” (2 Cor, 6,16)».

Dernier jour de visite

Le lendemain, 10 juin, le secrétaire d’État du Saint-Siège a rencontré les autorités civiles à Pristina. Concernant les vingt ans de la fin de la guerre du Kosovo, le cardinal Parolin a assuré que le Pape et le Saint-Siège suivent le processus de démocratisation de la région et continuent d’apporter leur contribution à la réconciliation. Puis le prélat a terminé sa visite pastorale par un temps de partage avec les prêtres, religieux, catéchistes et collaborateurs paroissiaux du diocèse de Prizren-Pristina. Mgr Lush Gjergji, vicaire général émérite du diocèse, a assuré à nos confrères de la rédaction italienne que le Pape François «est suivi ici [au Kosovo, ndlr] avec attention non seulement par les chrétiens mais par tous, pour son courage spirituel et pour son choix de la simplicité et de la pauvreté son regard dirigé d’abord vers les pays qui sont en périphéries, comme le nôtre». Il a également estimé que cette visite du cardinal Parolin «a été pour nous un moment de grâce particulier, en la fête de Pentecôte, un don de Dieu, mais aussi du Pape François et de l’Église universelle, qui se montre solidaire avec notre petit troupeau et cherche à nous renforcer dans la foi et dans l’engagement pour la société».

11 juin 2019, 12:45
Document du Vatican sur le genre: soutien au dialogue et refus des idéologies radicales
Le Dicastère en charge des écoles et universités catholiques a publié ce lundi 10 juin 2019 un document intitulé "Il les créa homme et femme. Pour un chemin de dialogue sur la question du genre dans l'éducation". Son objectif est de guider les familles et les éducateurs dans l’approche des transformations profondes qui marquent les relations entre garçons et filles, dans le contexte de la multiplication des études liées à la question du genre.
 

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Le document (lien vers le texte intégral en pdf) dresse tout d’abord le constat d’une «urgence éducative» au sujet des «thèmes de l’affectivité et de la sexualité», en remarquant la diffusion de plus en plus fréquente de parcours éducatifs «véhiculant des conceptions de la personne et de la vie prétendument neutres, mais qui en réalité reflètent une anthropologie contraire à la foi et à la juste raison», dans un contexte de «désorientation anthropologique» qui prétend voir dans la différence homme-femme le simple effet d’un «conditionnement historico-culturel».

La Congrégation pour l’Éducation catholique explique que «la vision anthropologique chrétienne considère la sexualité comme une composante fondamentale de la personnalité, une de ses façons d’être, de se manifester, de communiquer avec les autres, de ressentir, d’exprimer et de vivre l’amour humain». C’est à partir de ce postulat que ce dicastère a élaboré ce document articulé autour de trois verbes : «écouter», «raisonner» et «proposer».

 Les études sur le genre remettent en question l’altérité sexuelle

Le document met en lumière la différence entre l’idéologie du genre (appelée aussi aussi gender theory) et les diverses recherches sur le genre (gender studies) menées par les sciences humaines. Tandis que l’idéologie prétend, comme l’observe le pape François, «répondre à des aspirations parfois compréhensibles» mais cherche à «s’imposer comme une pensée unique qui détermine même l’éducation des enfants», il ne manque pas de recherches sur le genre«qui s’efforcent d’approfondir de manière appropriée la façon dont on vit dans les diverses cultures la différence sexuelle entre homme et femme. C’est en relation avec ces recherches qu’il est possible de s’ouvrir à l’écoute, au raisonnement et à la proposition.»

Le document trace un bref rappel historique des évolutions récentes dans les mentalités, au XXe siècle et au XXIe siècle, qui ont progressivement fait émerger l’idée que, «dans les relations interpersonnelles, seule compterait l’affection entre individus, indépendamment de la différence sexuelle et de la procréation, considérées comme négligeables pour la construction de la famille». Le nouveau modèle qui se diffuse correspond à «une vision purement contractuelle et volontariste». Depuis les années 1990 particulièrement, de plus en plus de chercheurs détachent la question du sexe de celle du genre, laissant la voie à une «dimension fluide, flexible, nomade», qui s’exprime notamment dans les thèmes du polyamour et de l’identité queer, qui sont de plus en plus présents dans les médias et dans le monde culturel.

Ces phénomènes, qui pouvaient pourtant sembler marginaux il y a peu, commencent à avoir une traduction juridique : «on en appelle à la reconnaissance publique de la liberté de choix du genre ainsi que de la pluralité d’unions en opposition au mariage entre homme et femme, considéré comme un héritage de la société patriarcale. On voudrait donc que chaque individu puisse choisir sa propre condition et que la société se limite à garantir ce droit, y compris par une aide matérielle, sans quoi on verrait se développer des formes de discrimination sociale vis-à-vis des minorités. La revendication de tels droits est entrée dans le débat politique actuel. Ils ont été accueillis dans plusieurs documents internationaux et insérés dans certaines législations nationales», est-il expliqué.

Les aspects positifs des études sur le genre

Cependant, dans une dialectique très nuancée, le document discerne toutefois des aspects positifs dans le développement des études de genre, et identifie des points de rencontre qui peuvent aider l’Église catholique à mieux transmettre le message de l’Évangile. «Il n’est pas rare, en effet, que les projets éducatifs aient l’exigence acceptable et appréciable de lutter contre toute expression de discrimination injuste. Ceux-ci poursuivent une action pédagogique, avant tout par la reconnaissance des retards et des manquements. En effet, on ne peut nier qu’au cours des siècles des formes de subordination injustes ne se soient présentées», indique le texte, reprenant des termes utilisés par le Pape François le 5 octobre 2017 lors de son discours devant l’Académie pontificale pour la Vie. «Elles ont tristement marqué l’histoire et ont eu une influence même à l’intérieur de l’Église. Cela a comporté des rigidités et des fixités qui ont retardé la nécessaire et progressive inculturation du message authentique par lequel Jésus proclamait l’égale dignité de l’homme et de la femme, donnant lieu à des accusations d’un certain masculinisme plus ou moins camouflé derrière des motivations religieuses.»

Un point de rencontre est «l’éducation des enfants et des jeunes à respecter toute personne dans sa condition particulière et différente, afin que personne, à cause de ses conditions personnelles (handicap, race, religion, tendances affectives, etc.) ne puisse devenir l’objet de brimades, violences, insultes et discriminations injustes. Il s’agit d’une éducation à la citoyenneté active et responsable, où toutes les expressions légitimes de la personne sont accueillies avec respect», salue le texte.

Un autre point de développement de la compréhension anthropologique concerne «les valeurs de la féminité» qui ont été mises en évidence par la réflexion sur le genre, notamment une capacité particulière d’attention à l’autre, et de s’engager dans des choses concrètes, éloignées des abstractions sur lesquelles les hommes ont plus souvent tendance à se focaliser.

Les limites des théories du genre

Le document met en relief ensuite plusieurs «points critiques qui se présentent dans la vie réelle». Avec les théories du genre les plus radicales, identité sexuelle et famille deviennent des dimensions de la “liquidité” et de la “fluidité” post-modernes, fondées sur une liberté mal comprise du sentir et du vouloir plutôt que sur la vérité de l’être». À travers «l’utopie du “neutre”», on ôte à la fois «la dignité humaine de la constitution sexuellement différente et la qualité personnelle de la transmission générative de la vie», en détruisant ainsi le fondement anthropologique de la famille, s’alarme le document, en s’appuyant à plusieurs reprises sur les textes de saint Jean-Paul II dédiés à la “théologie du corps”.

Une critique raisonnée

L’analyse philosophique montre elle aussi que «la différence sexuelle masculine/féminine est constitutive de l’identité humaine. Les philosophies gréco-latines posent l’essence comme élément transcendant qui recompose et harmonise la différence entre féminin et masculin dans l’unicité de  la personne humaine».

La «formation de l’identité» est précisément fondée sur l’altérité sexuelle. Cette altérité est remise en cause par l’évolution des techniques médicales (PMA, GPA…) qui «comporte des manipulations d’embryons humains, des fragmentations de la parentalité, l’instrumentalisation et/ou la marchandisation du corps humain, et réduit l’enfant à un objet de technologie scientifique». Face à cette instrumentalisation, les écoles doivent être des lieux d’éveil de la raison, ouverte à la dimension transcendante. Les situations concrètes vécues par les personnes doivent être prises en compte afin d’éviter que le dialogue entre foi et raison ne devienne «un exercice intellectuel stérile», indique le document.

Le rôle de l’Église dans l’éducation à l’altérité

Dans la troisième partie de ce document, articulée autour du verbe «proposer», il est indiqué que «l’Église – mère et éducatrice – non seulement écoute mais aussi, forte de sa mission originaire, s’ouvre à la raison et se met au service de la communauté humaine, en lui offrant ses propositions. Il est évident, en effet, que, sans une clarification satisfaisante de l’anthropologie sur laquelle se fonde la signification de la sexualité et de l’affectivité, il n’est pas possible de structurer de manière correcte un parcours éducatif cohérent avec la nature de l’homme comme personne», est-il expliqué.

Le premier pas de cette clarification anthropologique consiste à reconnaître que «l’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté», rappelle le document en citant le discours de Benoît XVI au Bundestag à Berlin, le 22 septembre 2011. C’est là le cœur de cette écologie de l’homme qui part de la «reconnaissance de la dignité particulière de l’être humain» et de la nécessaire relation de sa vie «avec la loi morale inscrite dans sa propre nature», poursuit le texte en citant l’encyclique du Pape François, Laudato Si’.

Toute cette réflexion a pour base les textes bibliques. L’anthropologie chrétienne plonge en effet ses racines dans le récit des origines tel qu’il apparaît dans le livre de la Genèse où il est écrit que «Dieu créa l’homme à son image […], il les créa homme et femme». Cette altérité est fondatrice de toutes les autres. «Dans la configuration de sa propre manière d’être, féminine ou masculine, ne se rejoignent pas seulement des facteurs biologiques ou génétiques, mais de multiples éléments qui ont à voir avec le tempérament, l’histoire familiale, la culture, les expériences vécues, la formation reçue, les influences des amis, des proches et des personnes admirées, ainsi que d’autres circonstances concrètes qui exigent un effort d’adaptation», poursuit ce document en s’appuyant sur des réflexions de Jean-Paul II.

Tout ce qui fonde l’identité corporelle fonde donc aussi la capacité à entrer en relation, notamment au sein du couple. «La valorisation de son propre corps dans sa féminité ou dans sa masculinité est aussi nécessaire pour pouvoir se reconnaître soi-même dans la rencontre avec celui qui est différent, et s’enrichir réciproquement», indique le paragraphe 151 de Laudato Si’.

Le primat de la famille sur les institutions étatiques

«La famille, en tant que société naturelle où réciprocité et complémentarité entre homme et femme se réalisent pleinement, précède l’ordre sociopolitique de l’État et la libre activité législative de celui-ci doit en tenir compte et lui donner une juste reconnaissance », est-il indiqué. C’est dans la famille que se situe la base de l’éducation, et que l’enfant doit vivre sa première confrontation à l’altérité féminine et masculine qui l’aidera à progresser dans sa maturité affective.

À l’action éducative de la famille se joint celle de l’école, qui interagit de manière subsidiaire. Forte de sa fondation évangélique, «l’école catholique prend l’aspect d’une école pour la personne et d’une école des personnes». Dans ce cadre, «l’éducation à l’affectivité a besoin d’un langage adapté et mesuré. 

Il est donc nécessaire d’aider les élèves à développer «un sens critique face à l’invasion de propositions, face à la pornographie incontrôlée et à la surcharge d’excitations qui peuvent mutiler la sexualité». Face à un «bombardement de messages ambigus et vagues», qui peuvent provoquer une «désorientation émotive et l’empêchement de la maturité psycho-relationnelle», «il faut les aider à reconnaître et à rechercher les influences positives, en même temps qu’ils prennent de la distance par rapport à tout ce qui déforme leur capacité d’aimer», indique le document en citant le paragraphe 251 de Amoris Laetitia.

Reconstruire l’alliance éducative entre la famille, l’école et la société

À cette époque de remise en question du «pacte éducatif», il est urgent de bien remettre au centre des débats le «principe de subsidiarité». «Toutes les autres personnes qui prennent part au processus éducatif ne peuvent agir qu’au nom des parents, avec leur consentement et même, dans une certaine mesure, parce qu’ils en ont été chargés par eux. En agissant ensemble, famille, école et société peuvent élaborer des parcours d’éducation à l’affectivité et à la sexualité destinés au respect du corps de l’autre et des temps de sa maturation sexuelle et affective, en tenant compte des spécificités physiologiques et psychologiques, ainsi que des phases de développement et de maturation neurocognitives des filles et des garçons afin de les accompagner dans leur croissance de manière saine et responsable». Cet objectif nécessite d’offrir une formation adéquate aux éducateurs eux-mêmes, en tenant compte des apports de la littérature et des sciences humaines.

Une approche réaliste et non pas idéologique

Le document précise que «la voie du dialogue – qui écoute, raisonne et propose – apparaît comme le chemin le plus efficace pour une transformation positive des inquiétudes et des incompréhensions en une ressource pour le développement d’un contexte relationnel plus ouvert et plus humain. Au contraire, l’approche idéologisée des délicates questions du genre, bien que déclarant le respect des diversités, risque de considérer les différences elles-mêmes de manière statique et de les maintenir isolées et réciproquement imperméables.»

Sur le plan de la politique éducative, «un État démocratique ne peut, en effet, réduire la proposition éducative à une pensée unique, en particulier dans une matière si délicate qui touche la vision fondamentale de la nature humaine et le droit naturel de la part des parents à un libre choix éducatif, toujours selon la dignité de la personne humaine».

Les écoles catholiques ont donc un rôle central à jouer, pour que «les jeunes ne soient pas seulement aimés, mais sachent aussi qu’ils sont aimés» (saint Jean Bosco). La Congrégation pour l’Éducation catholique encourage «les enseignants chrétiens, qu’ils travaillent dans des écoles catholiques ou dans des écoles publiques, à stimuler chez les élèves l’ouverture à l’autre comme visage, comme personne, comme frère et sœur à connaître et à respecter, avec son histoire, ses qualités et ses défauts, ses richesses et ses limites. L’enjeu est de coopérer à la formation de jeunes ouverts et intéressés par la réalité qui les entoure, capables de soin et de tendresse», conclut le document en citant un discours prononcé par le Pape François le 5 janvier 2018 devant l’Association italienne des Instituteurs catholiques.

10 juin 2019, 11:24
Cardinal Versaldi: «Dialoguer sur le genre sans renoncer à notre identité»
Le préfet de la Congrégation catholique présente le nouveau document intitulé “Homme et femme il les créa”, qui répond à l’urgence éducative autour de la question du genre.
 

Andrea Tornielli – Cité du Vatican

 

«Sur le genre, nous devons trouver des voies de dialogue, sans tomber dans les slogans et dans les extrémismes. Mais nous devons le faire en partant de notre identité et en sachant traduire par des arguments de raison aussi la lumière qui vient de la foi, parce qu’il y a beaucoup de confusion, et dans les écoles, une pensée unique risque de s’imposer comme scientifique. Nous respectons tout le monde, mais nous demandons d’être respectés.» Le cardinal Giuseppe Versaldi, préfet de la Congrégation pour l’Éducation catholique, explique à Vatican News le sens du document “Homme et femme il les créa”, publié ce lundi par son dicastère.

«Éminence, quel est l’objectif de ce document ?

Il est important de s’arrêter sur le sous-titre : “Pour une voie de dialogue sur la question du genre dans l’éducation”. Il ne s’agit pas d’un document doctrinal, mais plutôt méthodologique : comment éduquer les jeunes générations pour affronter ces thèmes dans une temps marqué par beaucoup de confusion. Nous assistons au risque que s’impose dans les écoles comme scientifique une pensée unique que nous ne pouvons pas accepter. Dans le même temps, nous devons être capables de dialoguer, de nous renouveler, et de valoriser ce qui a émergé de bon dans les recherches sur le genre.

Comment ce nouveau texte est-il né ?

Les occasions et la stimulation pour le préparer sont venues des visites ad limina des évêques du monde entier et aussi des voyages que nous avons accompli, surtout dans les écoles et les universités. Une idéologie du genre est en effet en train de se diffuser et l’enseignement de l’Église est étiqueté comme rétrograde. Il était donc nécessaire de chercher à mettre en place un dialogue éducatif sur ce thème.

Sur quelles bases avez-vous travaillé ?

Nous avons cherché à le faire sur le plan de la raison, avec des arguments rationnels, et non pas avec des slogans. Pour nous, la raison est illuminée par la foi et la foi n’est pas opposée à la raison. Sur le thème du genre, il est toujours possible de proposer le dialogue sur la base d’arguments qui n’exigent pas l’adhésion à la foi catholique, à travers trois attitudes : écouter, raisonner et proposer. Il y a des arguments rationnels qui clarifient la centralité du corps comme subjectivité qui communique l’identité de l’être. À cette lumière, on comprend la donnée biologique de la différence sexuelle entre homme et femme. La formation de l’identité se base sur l’altérité, et, dans la famille, la confrontation avec la mère et le père permet à l’enfant d’élaborer sa propre identité sexuelle. Le genre “neutre” ou “troisième genre” apparaît au contraire comme une construction fictive.

Quels sont les points de rencontre ?

Nous devons avant tout distinguer entre l’idéologie du genre, qui est présentée comme scientifique et qui se diffuse aussi dans les écoles, et les recherches sur le genre. Alors que nous n’acceptons pas l’idéologie, nous reconnaissons des points de rencontre dans les recherches sur le genre, pour grandir dans la compréhension réciproque. Je cite deux exemples : l’égale dignité entre homme et femme, après les formes d’injuste subordination qui ont marqué des siècles de notre histoire. Il y a ensuite l’éducation des enfants et des jeunes à respecter toute personne dans sa condition particulière et différente : handicap, race, religion, tendances affectives, en combattant toute forme de harcèlement et de discrimination injuste. Un autre point important concerne les valeurs de la féminité mis en évidence dans la réflexion sur le genre : on s’est beaucoup arrêtés sur l’aspect physique de la sexualité, en mettant au second plan les aspects culturels qui approfondissent la nature, mais sans s’y opposer. Cet approfondissement de la féminité est par ailleurs bien fondé dans les documents des derniers Papes.

Et quels sont les aspects plus critiques ?

Les théories du genre, en particulier les plus radicales, s’éloignent des données naturelles en arrivant à une option totale pour la décision du sujet émotif. Ainsi, l’identité sexuelle et en conséquence aussi la famille deviennent “liquides” et “fluides”, fondées sur la désir du moment plutôt que sur la vérité de l’être. On veut annuler la différence sexuelle, en la rendant insignifiante pour le développement de la personne.

À quel résultat espérez-vous arriver avec ce nouveau texte ?

En proposant le chemin du dialogue, fondé sur les arguments de raison, nous respectons les positions éloignées des nôtres, et nous demandons du respect. Nous ne choisissons pas les élèves des écoles et des universités catholiques, ce sont les familles et les étudiants qui choisissent ces écoles, en sachant qu’elles sont catholiques. Nous ne pouvons pas renoncer à notre identité en adhérant à une pensée unique qui voudrait abolir la différence sexuelle en la réduisant à une simple donnée lié aux circonstances culturelles et sociales. Nous devons éviter deux extrémismes : celui de la pensée unique et de l’idéologie qui procède par slogan, et celui selon lequel seulement ceux qui partagent la foi catholique et pensent comme nous devraient venir dans nos écoles. Nous devons chercher des voies de dialogue et répondre à l’urgence éducative sur ces thèmes. Le document est une contribution en ce sens.»

10 juin 2019, 19:10

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Un cadeau encore meilleur

Évangile selon saint Jean 16, 5-11

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement. En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi. En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus. En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

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Prière

Seigneur, envoie ton Esprit créateur et renouvelle en moi ta grâce. Que ton Esprit transforme en joie toute tristesse qui se trouve en mon cœur afin que je sois un témoin de ta lumière auprès des autres. Amen.

Demande

Donne-moi la grâce de ne pas me décourager dans les moment difficiles.

Réflexion

1. Le Seigneur s’en va dans notre intérêt

Après-demain nous célébrerons la fête de l’Ascension et quelques jours plus tard celle de la Pentecôte. Dans ce contexte liturgique, l’Évangile d’aujourd’hui nous offre le passage dans lequel Jésus annonce à ses disciples que son départ est proche, tout en leur promettant qu’il leur enverra son Esprit.

Jésus arrive au terme de sa vie et doit s’en aller vers le Père. Il sait pertinemment que cette nouvelle va attrister ses disciples et ses mots le confirment : « la tristesse remplit votre cœur ». En effet, pour eux, Jésus est le Messie, ils ont tout laissé pour le suivre. Que vont-ils devenir sans lui ? Comment ne pas se mettre à la place des disciples et comprendre combien la perte d’une personne chère qui donne sens à notre vie peut être difficile.

Cependant Jésus ne les a pas choisis pour les abandonner. Il ne laisse rien au hasard et, s’il s’en va, ce n’est pas sans raison. Les paroles de Jésus : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille », bien que surprenantes, en sont la preuve. Il s’agit avant tout d’une parole d’espérance et d’une promesse d’avenir pour ses apôtres. Mais c’est aussi un message pour tout chrétien, Jésus ne nous abandonne jamais même si parfois on a l’impression d’être laissés seuls.

En effet Jésus doit s’en aller, il doit retourner auprès de son Père mais c’est pour nous offrir quelque chose d’encore mieux. Il veut nous donner son Esprit.

2. Il enverra le Défenseur

Il n’y a donc plus de motif à la tristesse. Le cadeau que Jésus nous laisse est immense, il fait don de son Esprit qu’il appelle le Défenseur. C’est lui qui non seulement nous défend du mal mais nous inspire et illumine toute notre vie. Il est aussi le sanctificateur qui nous guide sur le droit chemin. Et c’est cet Esprit que nous recevons le jour de notre baptême et que nous célébrons le jour de la Pentecôte.

Ce texte nous enseigne donc que Jésus donne toujours plus que ce que nous demandons ou que nous pouvons espérer. Même s’il est vrai qu’il s’en est allé, il ne nous a pas laissés seuls. En effet il nous a non seulement donné son Esprit mais il est resté présent parmi nous dans l’Eucharistie. Renouvelons notre confiance totale en Dieu car il ne nous abandonne jamais et ne nous laissera jamais tomber. Il est toujours à nos côtés pour nous donner le meilleur et dépassera toujours nos espérances.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, apprends-moi à te faire confiance même lorsque je ne sens pas ta présence et que je me sens seul. Tu es toujours avec moi, tu es à mes côtés et tu me donnes toujours ce dont j’ai besoin même quand je ne le demande pas. Merci, Seigneur !

Résolution

Prendre un moment le soir afin de remercier le Seigneur pour tous les bienfaits qu’il m’a accordés pendant la journée.

Frère Jean-Baptiste Ribes, LC
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés

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Seigneur Jésus, enseigne-moi à vivre avec ton Esprit et à l’aimer.

Dimanche 26 mai 2019
 

Évangile selon saint Jean 14, 23-29

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

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Prière

Seigneur Jésus, envoie-nous ton Esprit.

Demande

Aimer le Saint-Père et son collège épiscopal.

Réflexion

1. Contexte

Nous sommes au sixième dimanche de Pâques et nous attendons le Paraclet, qu’il descende sur nous, que le Père nous l’envoie. L’ensemble de la liturgie de la Parole est donc centré sur l’attente de cet Esprit que le Seigneur Jésus nous a promis. Que nous dira-t-il aujourd’hui ? Quel aspect veut-il nous transmettre ? Dans la première lecture, nous voyons que l’Esprit Saint parle par les apôtres et eux nous enseignent inspirés par lui. La deuxième lecture fait référence aux fondations de la Ville sainte, fondations qui reposent sur les apôtres, dans laquelle on n’entre qu’en passant « par les apôtres ». Enfin, le psaume nous invite à louer le Seigneur pour son « gouvernement ». L’Évangile nous rappelle une vérité de grande importance pour notre vie quotidienne : vivre à l’écoute de l’Esprit Saint car il nous guide dans la vérité tout entière.

2. « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci qui s’imposent. » (Ac 15, 28)

Les apôtres cheminent dans la volonté de Dieu car, par le baptême, ils ont reçu l’Esprit Saint et par lui ils voient où le Seigneur veut les conduire. Le collège des apôtres, dont la tête est Pierre, envoie, dicte, ordonne, prêche, enseigne, sanctifie le peuple de Dieu parce qu’envoyé par Dieu et poussé par l’Esprit Saint. Les apôtres gouvernent et prêchent : ils peuvent le faire car ils sont en communion avec le Seigneur par le biais de l’Esprit qui habitent en eux et qu’eux-mêmes écoutent et suivent. Dans le livre de l’Apocalypse nous lisons : « La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau. » (Ap 21, 14).

3. Par le biais de l’Esprit Saint, nous sommes amenés à aimer les œuvres de Dieu, et notamment son Église, « temple de l’Esprit Saint » (Catéchisme de l’Église catholique, 809) « Mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » C’est un des aspects que le Christ veut que l’Esprit nous enseigne : l’amour de son Église, de ses pasteurs, de tous ses membres.

Dialogue avec la Sainte Trinité

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. » (Jn 14, 23) Seigneur Jésus, enseigne-moi à vivre avec ton Esprit et à l’aimer.

Résolution

Répéter cette oraison jaculatoire tout au long de la journée : « Ô Esprit de Dieu, viens en moi et aide-moi à aimer l’Église. »

Xavier Kerrand
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés

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« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.

Évangile selon saint Jean 15, 1-8

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

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Prière

Seigneur Jésus, j’ai tellement de mal à comprendre ce que signifie ta Résurrection ! J’ai tellement de mal à comprendre que tu es vivant, que tu es présent, que tu es plus proche de moi que ce que je peux imaginer. Pourtant, c’est précisément parce que tu es vivant que je peux te parler aujourd’hui. Sainte Vierge Marie, aidez-moi à profiter de ce moment d’intimité avec votre Fils !

Demande

Seigneur, unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom ! (cf. Ps 85, 11)

Réflexion

1. L’Évangile d’aujourd’hui me situe au cœur du discours de Jésus lors de la dernière Cène. Ce discours-fleuve, qui remplit un peu plus de quatre chapitres de l’Évangile de saint Jean, s’articule en cercles concentriques où trois thèmes reviennent constamment : la gloire, le départ et l’amour. Aujourd’hui, à la lisière du troisième cercle, c’est le thème de l’amour que je rencontre en premier. Et cet amour du Père, je le trouve exprimé sous la forme d’une image surprenante, celle de la vigne.

Ce n’est pas la première fois que Jésus parle de la vigne. Il en avait déjà parlé dans les paraboles des deux fils, des vignerons homicides et des ouvriers de la dernière heure, mais la vigne n’y tenait qu’un rôle secondaire. L’important, c’était le travail qu’on pouvait y réaliser et les fruits qu’on pouvait y produire. Mais aujourd’hui, dans l’intimité du Cénacle, le Seigneur utilise l’image de la vigne pour parler à ses disciples de ce qu’il a le plus à cœur : l’amour de Dieu, l’amour entre le Père et le Fils auquel tous les hommes sont appelés à prendre part. L’image de la vigne explique les deux dimensions du commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » : la dimension verticale de l’amour de Dieu pour les hommes, et la dimension horizontale de l’amour entre les hommes.

2. Pourquoi suis-je né ? Quel est le but de ma vie ? Eh bien, comme le dit la première phrase du Catéchisme de l’Église catholique : « Dieu […] a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse . » Si je suis créé, c’est pour aimer. Si j’existe, c’est pour prendre part à l’amour infini qui resplendit au cœur de la Trinité. Mais comment faire pour entrer dans la Trinité ? Comment faire pour vivre en Dieu ? Depuis le péché originel, la force centrifuge de l’égoïsme me fait vivre replié sur moi-même, brûlant de satisfaire mes propres désirs. Pour transformer la force centrifuge de l’égoïsme en force centripète de l’amour, Dieu lui-même s’est fait homme, il est mort, ressuscité et monté au ciel, et ainsi l’homme se trouve en Dieu, au sein même de la Trinité. Depuis le jour de mon baptême, une nouvelle vie coule dans mes veines, la vie du Christ. C’est grâce à sa présence en moi que je peux, à mon tour, vivre en Dieu.

Tout cela est loin, très loin de notre façon habituelle de penser. Le Christ savait que ses apôtres allaient avoir du mal à le comprendre. C’est pourquoi il s’est servi de l’image de la vigne. Depuis le jour de mon baptême, Dieu vit en moi. Ou plutôt, je suis comme une petite tige qui a commencé à pousser sur la grande vigne du Christ. Sa sève coule en moi, il me fait croître lentement, la petite tige devient un sarment qui s’enroule là où il peut, qui grimpe le long des murs, sur une treille ou autour d’un arbre. Il me laisse grandir dans la direction que je veux. Mais il me met en garde contre deux dangers : l’indépendance et la stérilité. Ces deux problèmes sont étroitement liés : si je me coupe de la vigne, je serai forcément stérile. Et si je ne porte pas de fruit, c’est probablement parce que la sève ne circule pas bien, parce que j’ai déjà commencé à me séparer du Christ. Mais si je reste uni au Christ, si je ne refuse pas sa grâce, alors il vit en moi et moi en lui. Cette union intime avec lui reste encore cachée sur terre, mais, au ciel, elle s’épanouira complètement. Pour l’instant, c’est dans l’obscurité que je participe à l’amour infini de Dieu.

3. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous aimés. »

Jusqu’ici, j’ai médité la deuxième partie de cette phrase : « comme je vous ai aimés », l’amour de Dieu pour moi. Mais il y a aussi l’autre partie de la phrase : « aimez-vous les uns les autres ». Le péché originel avait non seulement coupé le lien avec Dieu, mais il avait aussi rompu l’unité du genre humain. Comme l’explique saint Augustin, « Adam lui-même est donc répandu maintenant sur toute la surface de la terre. Jadis concentré en un seul lieu, il est tombé, et, se brisant en quelque sorte, il a rempli de ses débris le monde entier . » (In Psalm. 95, n° 15). En d’autres termes, le péché originel nous a tous isolés ; la même force centrifuge qui nous sépare de Dieu nous éloigne aussi les uns des autres. La Passion et la Résurrection de Jésus n’ont pas seulement rétabli le lien entre Dieu et moi, mais aussi entre moi et tous les autres hommes qui font partie du Corps du Christ.

Je ne suis pas le seul sarment sur la vigne, il y en a des milliers d’autres. Certains sarments sont plus longs et peuvent porter une dizaine de petites grappes, d’autres, plus courts, n’en portent que deux ou trois, mais de meilleure qualité. Nous ne sommes pas isolés, chacun sur un pied de vigne différent, mais nous faisons tous partie de la même plante, c’est la même sève qui coule en nous. Comme l’explique Henri de Lubac : « Le lien personnel de chaque disciple avec Jésus – il demeure en moi et moi en lui – n’est pas au détriment de l’unité totale – qu’ils soient un […]. » (Catholicisme, Cerf, Paris 1983, p. 21) Faire partie de la vigne, cela ne veut pas seulement dire que je suis uni au Christ, mais cela signifie aussi que je suis uni de façon intime avec tous les membres de son corps, avec tous les membres de l’Église.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, c’est toi qui donnes vie à tout, c’est toi qui donnes force et pouvoir à tout ce qui existe. Tu m’aimes avec tendresse, avec un amour dont tu nous as déjà donné les preuves. Ton amour est tellement délicat que tu ne l’imposes jamais, même si ton désir pour moi est plus profond que mon désir pour toi ! (d’après une prière de Mère Teresa)

Résolution

Ce soir, pendant mon examen de conscience, je relirai ce passage de l’Évangile en me demandant comment il a influencé ma journée.

Frère Benoît Terrenoir, LC
Méditations: Regnum Christi 
Texte de l’Évangile et informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés

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Les adieux de Jésus ne sont qu'un au revoir, la promesse d'éternité à ses disciples

Samedi 18 mai 2019
 

Évangile selon saint Jean 14, 7-14

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi !

Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

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Prière

À l’heure où le Seigneur retourne vers son Père, il dit remonter nous préparer une place auprès de celui qui l’a envoyé. Il remonte mais il ne laisse pas ses disciples seuls : il annonce l’envoi de l’Esprit Saint, « il vous enseignera tout » (Jn 14, 26). C’est le moment où le Sauveur accomplit définitivement son œuvre rédemptrice permettant à l’homme pécheur de rencontrer le Père dans les mains duquel il veut nous remettre.

Demande

Seigneur, tu es le chemin et tu veux que nous te suivions. Tu sais que nous ne pouvons aller tout seuls là où tu vas. Tu veux que nous portions du fruit dans ce monde que le péché a ravagé mais ce fruit ne sera bon que s’il vient de ton Esprit. Seigneur, rends-moi docile à recevoir la grâce qui me permettra de suivre ton chemin.

Réflexion

Philippe voudrait bien savoir comment reconnaître ce Père miséricordieux dans l’enchaînement des événements quotidiens. Ce besoin est très réellement le nôtre aussi. Nous avons besoin de retrouver ce qui nous relie à Dieu dans nos habitudes quotidiennes.

1. « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. »

Ici, Philippe, le disciple, manifeste un besoin très présent et très juste. Voir le Père, voir celui dont nous cherchons à connaître la volonté chaque jour pour l’accomplir comme l’accomplissent au ciel tous ceux qui sont morts, les saints et aussi les pécheurs après leur jugement particulier quand ils ont quitté la terre. Comme eux tous, nous avons besoin de découvrir le Père comme origine, comme vie jaillissante, comme générosité, comme don qui sans cesse peut renouveler toute chose.

De quoi d’autre aurions-nous besoin ? Créé par Dieu, tout homme porte, même inconsciemment, le désir de connaître son origine, de retrouver le chemin de la maison du Père pour « rentrer chez lui ». Au 2e siècle, saint Ignace d’Antioche, alors qu’il subissait le martyr, disait entendre en lui la voix d’une eau vive lui susurrant : «Viens vers le Père ! »

2. « Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi. »

Ici, Seigneur, tu affirmes que tu es l’égal du Père. Et ce que tu dis est vrai : celui dont tu parles est véritablement celui dont tu es sorti (cf. Jn 8, 42), tu es son Fils et lui et toi êtes consubstantiels. L’évangéliste veut ouvrir nos intelligences, notre cœur et notre méditation à cet Esprit Saint que « le monde ne peut recevoir car il ne le voit pas et ne le connaît pas » (Jn 14, 17) mais que tu vas demander au Père d’envoyer d’auprès de lui et de toi (cf. Jn 15, 26).

Oui, si tu nous parles ainsi du Père c’est que tu es son intime. Tu es dans le Père et le Père est en toi : le voir et le connaître sont intimement liés et demandent la même sincérité d’abandon à sa volonté, la même communion à son intimité divine. Voir Dieu avec les yeux de la chair, avec nos yeux humains n’est que rêve sans fondement mais nous devons savoir et pouvoir communier à son mystère ; et le seul chemin pour le faire est celui que l’Esprit Saint indiquera.

Père, Fils, Esprit Saint : Trinité divine, mystère insondable que nous ne pourrons pénétrer que le jour où « je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu » (1 Co 13, 12).

3. « Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. »

Seigneur, Matthieu nous raconte cet épisode au cours duquel tu maudis un figuier qui ne pourra plus jamais porter de fruit. À cette vue, les apôtres sont stupéfaits et terrorisés : tu en profites pour leur montrer la puissance de la foi, celle qui n’hésite pas : « Amen, je vous le dis : si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, vous ne ferez pas seulement ce que j’ai fait au figuier ; vous pourrez même dire à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, et cela se produira. » (Mt 21, 21)

Tu confirmes cet enseignement par cette promesse : « Tout ce que vous demanderez dans votre prière avec foi, vous l’obtiendrez. » (Mt 21, 22)

Celui qui est descendu du ciel, celui qui a été envoyé par le Père est la Voie, la Vérité et la Vie. Il n’y a aucun autre nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés. Dans ce monde qui te refuse, qui te nie et te rejette, il me faut une foi « à déplacer les montagnes », une foi qui n’hésite pas.

Dialogue avec le Christ

Seigneur, accorde-nous une foi qui sauve, qui ne vacille pas et qui s’appuie sur toi. Seigneur, je confie cette foi à Marie, ta sainte Mère et je sais qu’elle veillera et intercédera pour que je ne m’éloigne pas de toi malgré les tempêtes les plus redoutables.

Résolution

Prier une neuvaine à Marie dans cette intention.

Cécile Beaure d'Augères, consacrée de Regnum Christi

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Le cardinal Parolin et son dialogue avec la Chine

Le cardinal Parolin revient sur les avancées du dialogue avec la Chine
Le Secrétaire d'État du Saint-Siège a accordé un entretien au journal chinois "Global Times", quelques mois après la signature de l'Accord provisoire sur la nomination des évêques.
 

Le cardinal Pietro Parolin remarque deux signes positifs dans les relations sino-vaticanes : «Les dernières célébrations pascales se sont déroulées pacifiquement dans toute la Chine, et la participation d’une représentation vaticane à l’Exposition internationale d’horticulture à Pékin a attiré une attention positive», souligne-t-il dans un entretien aux journalistes Francesco Sisci et Zhang Yu.

Il rappelle que l’Accord provisoire sur la nomination des évêques en Chine, signé le 22 septembre 2018, n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ. «Les canaux de communication sont en train de fonctionner. Il y a des éléments qui montrent une augmentation de la confiance entre les deux parties», explique-t-il.

«La Chine et le Saint-Siège ne sont pas en en train de discuter sur la théorie de leurs systèmes respectifs, ni ne veulent ré-ouvrir des questions qui appartiennent désormais à l’histoire. Nous sommes, au contraire, en train de chercher des solutions pratiques pour la vie de personnes concrètes, qui désirent pratiquer sereinement leur foi, et offrir une contribution positive à leur pays », précise-t-il.

Face aux critiques et aux oppositions, le Secrétaire d’État du Saint-Siège reconnaît que certaines sont légitimes et dignes d’être écoutées avec respect, puisque personne n’a de «baguette magique» en main, et que tous les problèmes ne sont pas résolus, mais il regrette certaines critiques liées à des préjugés, qui semblent faites «seulement pour conserver de vieux équilibres géopolitiques». «Nous sommes engagés pour chercher des solutions durables, qui soient acceptables et respectueuses de tous», affirme le cardinal Parolin.

Matteo Ricci, un modèle d'inculturation

Il salue la «féconde expérience de Matteo Ricci qui a su se faire authentiquement chinois, à l’enseigne des valeurs de l’amitié humaine et de l’amour chrétien». Cette figure peut donc être un point d’appui pour une pleine intégration du christianisme à la culture chinoise.

Concernant les grands défis globaux qui peuvent faire l’objet d’un dialogue entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, le cardinal Parolin évoque notamment «la lutte contre la pauvreté, les urgences environnementales et climatiques, les migrations, l’éthique du développement scientifique, du progrès économique et social des peuples». Mais au centre de ces défis globaux doit figurer «la dignité de la personne», à commencer par «la reconnaissance concrète de ses droits fondamentaux, y compris celui à la liberté religieuse».

Le souvenir personnel des amitiés tissées avec des responsables chinois

Sur un plan plus personnel ,le cardinal Parolin évoque les souvenirs du dialogue qu’il avait pu nouer dès les années 2000, avec des représentants chinois, à l’époque où il était sous-secrétaire pour les Relations avec les États. «Je me souviens en particulier d’une journée entière passée à Assise avec la délégation chinoise, un dimanche de printemps: les fascinants lieux franciscains et le climat qui s’était créé entre nous m’avait ouvert le cœur à une grande espérance, qui m’a soutenu tout au long des années suivantes et qui encore aujourd’hui me soutient. Nous en avons vu les premières réalisations, et, avec la grâce de Dieu, nous en verrons d’ultérieures, au bénéfice de toute la communauté chinoise, que j’embrasse fraternellement,- en premier lieu ceux qui ont le plus souffert et souffrent –, et de toute la population de ce pays», rappelle-t-il.

«En travaillant tous ensemble, je suis sûr que nous pourrons surmonter les défiances et construire un monde plus sûr et prospère. Avec les mots du Pape François, nous dirons que c’est seulement unis que nous pouvons vaincre la mondialisation de l’indifférence, en œuvrant comme des artisans de paix créatifs, et des tenaces promoteurs de fraternité», insiste le cardinal Parolin.

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