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evangile

Pour que nous soyons accueillis dans sa Maison, l'enseignement de Jésus sème la division

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Maintenant, libérés du péché, vous êtes devenus les esclaves de Dieu » (Rm 6, 19-23)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères, j’emploie un langage humain, adapté à votre faiblesse.
Vous aviez mis les membres de votre corps au service de l’impureté et du désordre, ce qui mène au désordre ;
de la même manière, mettez-les à présent au service de la justice, ce qui mène à la sainteté.
    Quand vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres par rapport aux exigences de la justice.
    Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ?
En effet, ces actes-là aboutissent à la mort.
    Mais maintenant que vous avez été libérés du péché et que vous êtes devenus les esclaves de Dieu, vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle.
    Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu,c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur.

            – Parole du Seigneur.

 

PSAUME
(Ps 1, 1-2, 3, 4.6)
R/ Heureux est l’homme qui met sa foi dans le Seigneur. (Ps 39, 5a)

Heureux est l’homme
     qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
     planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
     balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

 

ÉVANGILE
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)
Alléluia. Alléluia.
J’ai tout perdu ; je considère tout cela comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ et, en lui, d’être reconnu juste.
Alléluia. (Ph 3, 8-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
    Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
    Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,mais bien plutôt la division.
    Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
    ils se diviseront :
le père contre le fils et le fils contre le père,
la mère contre la fille et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE


L'Église n'est pas une organisation humaine
- elle est humaine mais elle n'est pas seulement une organisation humaine
-… L'Église est le temple du Saint-Esprit.

Jésus a apporté le feu de l'Esprit sur la terre et l'Église est réformée par l'onction, la gratuité de l'onction de la grâce, par la puissance de la prière, par la joie de la mission, par la beauté désarmante de la pauvreté.

Mettons Dieu en premier!

(Homélie de la messe de Pentecôte, 23 mai 2021)

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« L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,39-48.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer,
alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille

De la chasteté, chap. VI ; SC 54 (Conférences VIII-XVII ; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958 ; p. 129-131)


« Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur » (Ps 39, 2 Vg)


Le remède le plus efficace pour le cœur humain, c’est la patience, selon le mot de Salomon : « L’homme doux est le médecin du cœur. » (Pr 14,30 LXX) Ce n’est pas seulement la colère, la tristesse, la paresse, la vaine gloire ou la superbe qu’elle extirpe, mais encore la volupté, et tous les vices à la fois : « La longanimité, dit encore Salomon, fait la prospérité des rois. » (Pr 25,15 LXX) Celui qui est toujours doux et tranquille, ni ne s’enflamme de colère, ni ne se consume dans les angoisses de l’ennui et de la tristesse, ni ne se disperse dans les futiles recherches de la vaine gloire, ni ne s’élève dans l’enflure de la superbe : « Il y a une paix surabondante pour ceux qui aiment le nom du Seigneur, et rien ne leur est une occasion de chute. » (Ps 118, 165 Vg) En vérité, le Sage a bien raison de dire : « L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

            Mais jusqu’à ce que nous obtenions cette paix solide et durable, nous devons nous attendre à de multiples assauts. Souvent, il nous faudra redire dans les larmes et les gémissements : « Je suis devenu misérable et je suis affligé sans mesure, tout le jour je vais accablé de tristesse, parce que mes reins ont été remplis d’illusions » (Ps 37, 7-8 Vg) (…) Jusqu’à ce que l’âme soit parvenue à l’état de la pureté parfaite, elle passera fréquemment par ces alternatives, nécessaires à sa formation ; tant qu’enfin la grâce de Dieu comble ses désirs, en l’y affermissant pour jamais. Alors, elle pourra dire en toute vérité : « Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur, et il m’a regardée. Il a exaucé ma prière, et il m’a retirée de la fosse de la misère, de la fange du bourbier ; il a dressé mes pieds sur le rocher, il a affermi mes pas ! » (Ps 39, 2-3 Vg)

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

Veillez ...

"Veillez donc, car vous ne savez pas quand doit venir le maître de la maison ; tard ? Vers minuit ? Au chant du coq ? Ou au matin ? De peur que, venant à l'improviste, il ne vous trouve endormis. Or, ce que Je vous dis, à tous, Je le dis : Veillez !"

Alors, Pierre lui pose une question, que Marc a peut-être résumée dans le passage que nous venons de lire, mais que Luc explicite.

L'apôtre, lui dit Jésus en clair, a une grande responsabilité. Il lui a été donné beaucoup, et il devra rendre compte de beaucoup, mais surtout, c'est lui qui donne la nourriture au peuple de Dieu. Qu'il ne l'oublie pas.

La place est bonne et plus d'un se laissera aller à la facilité, et même à l'ivrognerie. Mais, souligne Jésus dans le texte de Marc, cela regarde aussi chacun : "Veillez !"

Pierre dit à Jésus : Seigneur, est-ce pour nous que Tu dis cette parabole ou aussi pour tous ?

Et le Seigneur dit :
" Quel est donc l'intendant fidèle, prudent, que le maître établira sur tout son domestique pour distribuer au moment voulu la ration de froment ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera agissant de la sorte ! Vraiment, Je vous dis qu'il l'établira sur tout ce qui lui appartient.

Mais si ce serviteur dit en son coeur : Mon maître tarde à revenir et s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire, et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas ; et il le retranchera et le placera parmi les infidèles"

Cette mise en garde aux apôtres nous concerne tous. Celui qui donne la Parole du Seigneur risque : ou bien de se prendre au sérieux alors qu'il ne fait que distribuer l'étonnante Parole qui n'est pas la sienne, ou bien de profiter de la situation dans le domaine matériel, ou bien d'abuser de l'autorité spirituelle que lui confère la Parole pour devenir un tyran insupportable.

Jésus souligne à Pierre que nous pouvons user en bien ou en mal de notre liberté.

Jésus nous confie sa Parole, illuminée par la lumière de la foi. Mais nous pouvons la recevoir ou la rejeter, tel est le sens de la parabole de l'intendant fidèle ou infidèle. Jésus insiste : nous connaissons la volonté du Père, tout l'Evangile nous la cite, après la voix de notre conscience. Mais libre à nous d'y conformer, oui ou non, notre action.

Pour Jésus, nous sommes libres et responsables de nos actes selon notre conscience et la connaissance qu'elle apporte.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

« Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. »

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus nous demande la vigilance pour nous et en particulier pour ceux qui ont une responsabilité sur leurs frères. Quand on voulait cambrioler une maison à cette époque, on passait derrière la maison, on faisait un trou dans le mur et on prenait ce qui était dans la maison. C’étaient d’autres mœurs et d’autres habitudes. Ne pas laisser percer le mur de notre maison intérieur, c’est être attentif à l’époux qui vient. Jésus rappelle cette vigilance car nous ne savons pas à quel moment notre vie terrestre s’arrêtera, à quel moment sera la fin de notre existence. La comparaison entre le Fils de l’homme, qui nous rappelle à Lui quand Il veut, et le voleur qui se garde bien de nous prévenir de sa visite, frappe les esprits. Jésus est toujours l’invité de notre maison, dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour nous l’attendons. Nous sommes le lieu de Dieu, et nous sommes en vigilance pour que l’accusateur des frères ne fasse pas en nous ou par nous un travail de destruction. Il est le « voleur » de cet Evangile. La parole de Dieu nous donne ainsi un message bien important car elle nous fait regarder l’unité de notre vie ! Notre langue peut parler de Dieu, le bénir, l’aimer dans son amour infini, car nous sommes au service de la louange de Dieu, mais nous sommes aussi soucieux de faire une place dans notre cœur pour nos frères.

"Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ?" 

Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Jésus ne répond pas directement à la question de Pierre car elle s’adresse à tout le monde. Il fait prendre conscience que ceux qui ont été choisis par Lui pour être ses disciples, sont des hommes investis de responsabilités spirituelles importantes et ils ne doivent qu’en être plus vigilants. Ce message de Jésus s’adresse aux hommes et aux femmes de notre temps, à tous les baptisés, et à fortiori à tous ceux et celles qui exercent une responsabilité pastorale dans l’Eglise. Avec quelle humilité et en même temps avec quelle vigilance ils entendent exercer leur responsabilité. Humilité, parce sans les dons de l’Esprit Saint, sans la maternité divine de Marie, la protection de Saint Joseph, ils seraient incapables de faire face. Nous sommes le « lieu » de l’amour infini de Dieu. Nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque Dieu est au cœur de notre vie. C’est quand la Parole et l’amour infini de Dieu nous habitent que nous sommes vraiment nous-mêmes.

« Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. »

Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous demande la vigilance, car les grâces d’état qu’Il donne à tous ceux qu’Il a investis de responsabilités pastorales, sont au service de leurs frères. Nous prenons progressivement conscience de la difficulté de nos charges, des tentations et des pièges que nous tend l’Adversaire, l’esprit du mal, l’ennemi de la nature humaine. L’intendant fidèle aura une récompense qui le comblera. Pour bâtir la civilisation de l’amour, nous nous mettons au service de l’amour infini de Dieu. Suspendu à l’Esprit Saint, nous serons prêts pour l’œuvre de Dieu, elle se fera au-delà de nous-mêmes. L’Esprit Saint nous est donné pour que nous soyons tout à notre travail. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Comme il faut un bon pain pour l’Eucharistie et un vin véritable pour célébrer la Messe, ainsi notre quotidien est disponible pour que l’œuvre de Dieu se fasse au milieu de nous. Nous sommes les membres du corps du Christ pour l’édification de ce Corps qui est l’Eglise.

Prière

Seigneur accorde nous force, patience et courage, pou​​​​​​​r permettre de recevoir la  grâce d’entendre la de Notre Seigneur Jésus. Amen

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À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup »

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d’entre les morts » (Rm 6, 12-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    il ne faut pas que le péché règne dans votre corps mortel et vous fasse obéir à ses désirs.
    Ne présentez pas au péché les membres de votre corps comme des armes au service de l’injustice ;
au contraire, présentez-vous à Dieu comme des vivants revenus d’entre les morts, présentez à Dieu vos membres comme des armes au service de la justice.
    Car le péché n’aura plus de pouvoir sur vous :
en effet, vous n’êtes plus sujets de la Loi, vous êtes sujets de la grâce de Dieu.
    Alors ? Puisque nous ne sommes pas soumis à la Loi mais à la grâce, allons-nous commettre le péché ?
Pas du tout.
    Ne le savez-Vous pas?
Celui à qui vous vous présentez comme esclaves pour lui obéir, c’est de celui-là, à qui vous obéissez, que vous êtes esclaves :
soit du péché, qui mène à la mort, soit de l’obéissance à Dieu, qui mène à la justice.
    Mais rendons grâce à Dieu :
vous qui étiez esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout votre cœur au modèle présenté par l’enseignement qui vous a été transmis.
    Libérés du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 123 (124), 1-3, 4-6, 7-8)

R/ Notre secours est dans le nom du Seigneur. (Ps 123, 8a)

Sans le Seigneur qui était pour nous
– qu’Israël le redise –
sans le Seigneur qui était pour nous
quand des hommes nous assaillirent,
alors ils nous avalaient tout vivants,
dans le feu de leur colère.

Alors le flot passait sur nous,
le torrent nous submergeait ;
alors nous étions submergés
par les flots en furie.
Béni soit le Seigneur
qui n’a pas fait de nous la proie de leurs dents !

Comme un oiseau, nous avons échappé
au filet du chasseur ;
le filet s’est rompu :
nous avons échappé.
Notre secours est dans le nom du Seigneur
qui a fait le ciel et la terre.

ÉVANGILE
« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup » (Lc 12, 39-48)

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia. (cf. Mt 24, 42a.44)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    « Vous le savez bien :
si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
“Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,  on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Est-ce que je crois en cette espérance, qu'Il viendra?

Ai-je le cœur ouvert, pour entendre le son, quand il frappe à la porte?

Le chrétien est un homme ou une femme qui sait attendre Jésus et qui, pour cette raison, est un homme ou une femme d'espérance.

Au contraire, le païen
- et bien souvent, nous, chrétiens, nous comportons comme des païens
- oublie Jésus, pense à lui-même, à ses propres affaires, n'attend pas Jésus.

(Homélie à Sainte-Marthe, 21 octobre 2014)

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Soyons comme ceux qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 12,35-38.
 

Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
tertiaire dominicaine, docteur de l'Église, copatronne de l'Europe

Lettre 85 à Nicolas d’Osimo, n° 39 (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 580-581)
 

« Restez en tenue de service »


Il arrive souvent que l'homme travaille à une chose qui ne réussit pas comme il le désirait ; la tristesse et l'ennui s'emparent alors de son esprit, et il se dit à lui-même : Il vaudrait mieux renoncer à cette entreprise qui m'a pris tant de temps, sans aucun résultat, et chercher la paix et le repos de mon âme.

            L'âme doit alors résister par la faim de l'honneur de Dieu et du salut des âmes ; elle doit réfuter les propos de l'amour-propre, en disant : Je ne veux pas éviter et fuir le travail, parce ce que je ne suis pas digne de la paix et du repos ; je veux rester au poste qui m'a été confié, et rendre courageusement honneur à Dieu, en travaillant pour lui et pour le prochain. Quelquefois le démon, pour nous dégoûter de nos entreprises, nous fait dire, en voyant le trouble de notre esprit : J'offense plus Dieu que je ne le sers ; il vaudrait mieux abandonner cette affaire, non par dégoût, mais pour ne plus commettre de faute. Ô très cher Père, ne vous écoutez pas, n'écoutez pas le démon, lorsqu'il met ces pensées dans votre esprit et dans votre cœur ; mais embrassez les fatigues avec joie, avec un saint et ardent désir, et sans aucune crainte servile.

            Ne craignez pas d'offenser Dieu, parce que l'offense consiste dans une volonté perverse et coupable. Quand la volonté n'est pas selon Dieu, il y a péché ; mais quand l'âme est privée de la consolation qu'elle éprouvait en récitant l'office et les psaumes, quand elle ne peut pas prier dans le temps, le lieu et la paix qu'elle voudrait avoir, elle ne perd pas cependant sa peine, car elle travaille pour Dieu. Elle ne doit pas s'en affecter, surtout quand elle se fatigue pour le service de l'Épouse du Christ : tout ce que nous faisons pour elle est si méritoire et si agréable à Dieu, que notre intelligence est incapable de le comprendre et de l'imaginer.

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

saint Luc 12, 35-38

Veillez ...

 Jésus nous confie sa Parole, illuminée par la lumière de la foi. Mais nous pouvons la recevoir ou la rejeter, tel est le sens de la parabole de l'intendant fidèle ou infidèle. Jésus insiste : nous connaissons la volonté du Père, tout l'Evangile nous la cite, après la voix de notre conscience. Mais libre à nous d'y conformer, oui ou non, notre action. 

"Veillez donc, car vous ne savez pas quand doit venir le maître de la maison ; tard ? Vers minuit ? Au chant du coq ? Ou au matin ? De peur que, venant à l'improviste, il ne vous trouve endormis. Or, ce que Je vous dis, à tous, Je le dis : Veillez !"

Alors, Pierre lui pose une question, que Marc a peut-être résumée dans le passage que nous venons de lire, mais que Luc explicite.

L'apôtre, lui dit Jésus en clair, a une grande responsabilité. Il lui a été donné beaucoup, et il devra rendre compte de beaucoup, mais surtout, c'est lui qui donne la nourriture au peuple de Dieu. Qu'il ne l'oublie pas.

La place est bonne et plus d'un se laissera aller à la facilité, et même à l'ivrognerie. Mais, souligne Jésus dans le texte de Marc, cela regarde aussi chacun : "Veillez !"

Pierre dit à Jésus : Seigneur, est-ce pour nous que Tu dis cette parabole ou aussi pour tous ?

Et le Seigneur dit :
" Quel est donc l'intendant fidèle, prudent, que le maître établira sur tout son domestique pour distribuer au moment voulu la ration de froment ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera agissant de la sorte ! Vraiment, Je vous dis qu'il l'établira sur tout ce qui lui appartient.

Mais si ce serviteur dit en son coeur : Mon maître tarde à revenir et s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire, et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas ; et il le retranchera et le placera parmi les infidèles"

Cette mise en garde aux apôtres nous concerne tous. Celui qui donne la Parole du Seigneur risque : ou bien de se prendre au sérieux alors qu'il ne fait que distribuer l'étonnante Parole qui n'est pas la sienne, ou bien de profiter de la situation dans le domaine matériel, ou bien d'abuser de l'autorité spirituelle que lui confère la Parole pour devenir un tyran insupportable.

Jésus souligne à Pierre que nous pouvons user en bien ou en mal de notre liberté.

Jésus nous confie sa Parole, illuminée par la lumière de la foi. Mais nous pouvons la recevoir ou la rejeter, tel est le sens de la parabole de l'intendant fidèle ou infidèle. Jésus insiste : nous connaissons la volonté du Père, tout l'Evangile nous la cite, après la voix de notre conscience. Mais libre à nous d'y conformer, oui ou non, notre action.

Pour Jésus, nous sommes libres et responsables de nos actes selon notre conscience et la connaissance qu'elle apporte.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir.

Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Jésus, tout au long de sa vie publique, donne l’exemple du service. Il le pratique avec les pauvres, les malades, les souffrants. Il forme et enseigne jour après jour ses disciples. Il fait l’éloge du service et confirme que lui-même n’est pas venu pour être servi mais pour servir : « Restez en tenue de service, gardez vos lampes allumées », ne vous laissez pas distraire par les préoccupations égoïstes ou futiles, soyez vigilants. Nous sommes les pierres vivantes de l’Église qui est son Corps. Chacun de nous est unis dans le service comme dans un corps vivant à l’intérieur duquel s’exerce divers ministères. Nous sommes toujours comme aux jours de fondation de la Communauté Chrétienne. L’Esprit Saint anime le cœur des Chrétiens pour que l’Eglise s’enracine solidement en Dieu. Il nous faut donc redoubler de prières pour que l’Esprit Saint fasse son œuvre au milieu de nous. Nous nous retrouvons ensemble pour célébrer l’Eucharistie, pour que nous recevions la vie. Ainsi la communauté vit au rythme du cœur de Dieu.

Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller.

Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. Jésus montre la relation incontournable qui existe entre cette vigilance, cette persévérance dans le service de Dieu et du prochain, et le bonheur dans la vie éternelle. Le Verbe de Dieu fait chair vient frapper à notre porte, il veut toujours entrer. Mais cela dépend de nous s’il n’entre pas toujours. Que notre porte soit ouverte à celui qui vient, afin de découvrir les richesses de la simplicité, les trésors de la paix, la douceur de la grâce, du soleil de la lumière éternelle qui nous illumine. Il est certain que cette lumière véritable brille pour tous ; mais si quelqu’un ferme ses fenêtres, il se privera lui-même de la lumière éternelle. Chacun d’entre nous est pour notre Dieu un être unique, un enfant bien-aimé. Il nous a créés pour ce bonheur éternel où Il nous comblera en permanence en répondant à ce besoin d’Amour qu’Il a creusé en nous. Nous le savons bien, le bonheur éternel qui nous est promis et proposé, dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, c’est le triomphe de l’Amour, donné, reçu et partagé.

«  S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! 

C’est par manque de fidélité au Saint Esprit que des Communautés ont été détournées de leur source. Le peuple fatigué avait commencé à se « reposer » en dehors du seul repos qui est Dieu lui-même. Il nous faut porter notre Communauté dans la prière et offrir notre vie pour qu’elle vive : « De grâce Seigneur, écoute la prière de ton peuple, donne-nous d’accomplir toujours un culte qui te rende gloire. » Le culte d’Amour que nous rendons à Dieu est pour sa gloire et pour le salut du monde. L’ouverture au monde, à tout personne de bonne volonté, s’impose à la condition que nous soyons solidement enraciné dans cœur de Jésus. Les fondateurs de l’Eglise, dès l’origine, ont reconnu l’enracinement de la communauté dans le mystère de Jésus. La communauté, voulue par l’Esprit Saint, ne peut pas sortir de son origine. Nourrie du Corps et du Sang de Jésus, de sa Parole, elle veut alors faire la volonté du Père. Elle s’étend de par le monde pour sa joie, dans le souci que les pauvres, dont la vie est éclairée par la Parole de Dieu.

Prions

Seigneur, donne-nous, la grâce de veiller et de prier pour demeurer à votre service quelque soit l'heure de votre retour. Amen

Voir les commentaires

Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 10,1-9.


En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Vie anonyme byzantine de saint Luc (11e siècle)
6-7  ; PG 115, 1134-1135 (in Chaque jour tu nous parles, t. 4 septembre – novembre; trad. Orval; Éd. Abbaye d'Orval 1974; p.278-279)
Saint Luc, évangéliste et compagnon de Paul


Lorsque, après avoir abandonné les ténèbres de l'erreur pour adhérer à l'amour de Dieu, Paul se joint au nombre des disciples, Luc l'accompagne partout et devient son compagnon de voyage (Ac 16,10s). (...) Il s'accorde si bien avec lui, il lui est si familier et il partage à tel point toutes ses grâces que Paul, lorsqu'il écrit aux croyants, appelle Luc son bien-aimé (Col 4,14). Depuis Jérusalem et toute sa contrée jusqu'en Dalmatie (Rm 15,19), il a prêché avec lui l'Évangile. Depuis la Judée jusqu'à Rome, il partage avec lui les mêmes chaînes, les mêmes travaux, les mêmes peines, les mêmes naufrages. Il voulait recevoir avec lui la même couronne pour avoir pris part aux mêmes labeurs.

            Après avoir acquis avec Paul le talent de la prédication et avoir gagné et conduit tant de nations à l'amour de Dieu, Luc apparaît bien comme le disciple aimant et aimé du Sauveur ainsi que l'évangéliste qui a écrit son histoire sacrée ; car il avait jadis suivi le Maître (cf Lc 10,1), il avait recueilli les témoignages de ses premiers serviteurs (Lc 1,1) et il avait reçu l'inspiration d'en haut. C'est lui l'évangéliste qui a raconté le mystère du messager Gabriel envoyé à la Vierge pour annoncer la joie au monde entier. C'est lui qui a raconté clairement la naissance du Christ : il nous montre le nouveau-né couché dans une crèche et décrit les bergers et les anges proclamant la joie. (...) Il rapporte les enseignements donnés en paraboles en plus grand nombre que les autres évangélistes. Et de même qu'il nous fait connaître la descente du Verbe, la Parole de Dieu, sur la terre, de même il nous décrit son Ascension dans le ciel et son retour au trône du Père (24,51). (...) 

            Mais en Luc, la grâce ne se borne pas à cela. Sa langue ne se limite pas au service du seul Évangile. Après la fin des miracles du Christ, il raconte aussi les Actes des Apôtres. (...) Luc n'est pas seulement spectateur de tout cela, mais il y participe vraiment. Et c'est pourquoi il met tant de soin à nous en instruire.

Méditation de l'Évangile 

du père Gabriel

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9

Jésus nous parle de l'apôtre selon son coeur

Puis, devant l'immense détresse spirituelle des hommes, devant la pénurie d'ouvriers, retentit le cri du Seigneur-Jésus :  

« Demandez au Maître de la moisson, au Père, d'envoyer des ouvriers à sa moisson… »
Nous oublions trop que c'est le Père qui, à notre prière, envoie les ouvriers à la moisson

 

 

Jésus nous parle de l'apôtre selon son cœur et nous le décrit dans les conseils qu'Il adresse lui-même à ses disciples.

On n'annonce jamais Jésus seul. Au moment de la mission des 72 disciples, Jésus les envoie, deux par deux. Il veut qu'ils s'entendent dans ce témoignage porté sur Lui. Et, « envoyés  » ils marchaient en éclaireurs, devant Lui.

Ce ne sont pas eux qui prêchent, mais c'est le Seigneur qu'ils proclament, en toute cité et en tout lieu. C'est un des principes de Jésus; ce sont les chrétiens qui préparent sa venue en tout lieu.

« Le Seigneur désigna 72 disciples et les envoya devant Lui, deux par deux, en chaque ville et localité où Il devait Lui-même se rendre »

Puis, devant l'immense détresse spirituelle des hommes, devant la pénurie d'ouvriers, retentit le cri du Seigneur-Jésus :  « Demandez au Maître de la moisson, au Père, d'envoyer des ouvriers à sa moisson… »
Nous oublions trop que c'est le Père qui, à notre prière, envoie les ouvriers à la moisson !

« Allez, voici que Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse ni besace, ni chaussures, et ne saluez personne sur le chemin. »

Jésus décrit ici la liberté d'esprit et l'allure de celui qui veut annoncer le Royaume. Il a besoin de se libérer de toute attache et de toute possession. Inutile d'emporter un monceau de bagages ni de rechercher de multiples relations. La seule richesse que l'apôtre doit emporter dans ses bagages, c'est la Bonne Nouvelle du Royaume. L'apôtre sera pauvre dans ses relations, pauvre de puissance et d'influence, car il s'agit pour lui de s'appuyer sur Dieu et non pas sur l'amitié humaine pour annoncer le Royaume.

L'apôtre sera doux. La rudesse n'est pas une vertu apostolique. Douceur ne veut pas dire faiblesse, mais elle veut dire compréhension. « Comme un agneau parmi les loups… » Il veut l'apôtre messager de paix et non discutailleur. La rudesse est si commode !

« Et dans quelque ville que vous entriez et où l'on vous aurait reçus, mangez ce qui vous sera servi »

Il veut des gens simples, qui ne fassent pas de manières et acceptent, sans façons, ce qu'on leur offrira. D'ailleurs, comme tout travailleur, l'apôtre mérite son salaire et n'a pas à en rougir. Il n'est pas un fainéant, un inutile. Mais qu'il ne court de fête en fête, de dîner en dîner, de maison en maison !

Une autre des recommandations essentielles de Jésus aux apôtres : C'est de guérir les malades ; il y a bien des manières de guérir les malades. Il y a celle du médecin, bien utile ! Mais Jésus donne une clef toute différente aux siens :

« Guérissez les malades… et dites-leur : le Règne de Dieu est proche de vous »

Oui, le Royaume de Dieu est tout proche, il est à l'intérieur de ceux qui souffrent. Ils sont tout près de ce Royaume ! Ils brûlent. Et il suffit de le leur dire, afin qu'ils s'unissent à la Rédemption et à la croix du Seigneur et que, sarments, ils se sentent  ou sont de ce même cep planté par le Père.

 "Mon Père est le vigneron...Et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde afin qu'il porte du fruit davantage"

Ce dernier conseil donné à ses apôtres nous révèlent les préoccupations de son coeur. Le mystère de la souffrance ne nous éloigne pas du Règne de Dieu, mais nous en rend plus proche. Voilà pourquoi Il a voulu prendre lui-même le chemin de la souffrance pour l'expliquer à nos coeurs.

" Il faut que le fils de l'homme souffre beaucoup "

Ce ne sont pas les raisonnements qui nous aident dans la maladie, mais l'amitié d'un Dieu qui a su souffrir.

Il y a, enfin et surtout, une étonnante unité entre l'apôtre et le Seigneur, car l'apôtre puise sa force et sa vitalité jusque dans la Trinité à travers Jésus :

" Ceux qui vous écoutent m'écoutent, celui qui vous rejette me rejette ; or, celui qui me rejette rejette Celui qui m'a envoyé. Mais celui qui vous reçoit me reçoit. Celui qui me reçoit reçoit Celui qui m'a envoyé."

Etonnant destin !

Père Gabriel​​​​​​​

Homélie du père Gilbert Adam

Saint Luc

“Paix à cette maison.”

« Après cela, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. »

Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Nous fêtons saint Luc, l’évangéliste de la douceur et de la bonté de Dieu. Jésus envoie ses « soixante-douze disciples » deux par deux. L’envoi de Jésus est un appel à toutes les bonnes volontés ! Nous « prions le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Dans le mystère de l’Annonciation à Marie, Jésus nous a donné les accents de son amour unique. Il nous dit encore aujourd’hui : prier et aller. Nous sommes envoyés vers les autres de la part de Dieu. Ainsi se développe en nous une grande liberté, nous ne cherchons pas à obtenir un résultat par nous-mêmes dans la mission. Nous attestons de l’action de Dieu dans notre action même. Chacun de nous est un envoyé, porteur de la Bonne Nouvelle, un artisan de paix : "Si votre paix est reçue, entrez et restez !" Dieu fait son œuvre et nous ne sommes pas inquiets si nous ne sommes pas reçus, "votre paix reviendra sur vous." Nous annonçons la Parole de Dieu que nous avons reçue, la Bonne Nouvelle qui réconforte. Jésus n’est jamais loin, Il se manifeste en tous ceux qui annoncent le Royaume. Nous vivons en lui, dans la lutte pour le Royaume, dans le combat quotidien, Jésus est présent.

« Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »

Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Jésus ne nous cache pas les oppositions et les persécutions qui nous attendent. Il exige que nous entrions dans son combat les mains nues, que nous renoncions aux sécurités humaines et aux moyens extraordinaires. Pour la mission, il nous faut être libres de tout, sauf de l’amour qui a saisi notre cœur. L’amour qui nous brûle et que nous voulons communiquer est l’expression de la Croix de Jésus qui reste notre seul orgueil. Le véritable disciple participe toujours à la croix, il est configuré à la Croix de Jésus. Suivre Jésus résolument, c’est suivre l’Agneau envoyé parmi les hommes : Agneau muet devant celui qui le tond ; Agneau docile qu’on mène à l’abattoir ; Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ; Agneau égorgé ; Agneau de la Pâque ; Agneau des noces éternelles qui nous invite à son festin. Jésus nous interpelle par une parole libre et libérante. Ainsi se tissent de nouvelles relations de liberté, des relations dans lesquelles peuvent s’ébaucher des collaborations fructueuses. Le Règne de Dieu est tout proche, l’Amour infini de Dieu est venu jusqu’à nous. Nous annonçons cet amour à ceux qui cherchent la lumière.

"Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous."

 Comme Jean-Baptiste, nous préparons sa venue dans le cœur des hommes en désignant Jésus : "Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." Nous nous effaçons devant celui qui est le seul envoyé, l’envoyé du Père, dans l’Esprit Saint. Nous nous mettons en présence de Dieu et nous lui demandons son secours, car c’est lui le maître d’œuvre. Nous demeurons dans la disponibilité de celui qui a promis d’être avec nous tous les jours. Il nous est demandé d’être d’humbles serviteurs, disposés à faire tout ce que le Seigneur nous dira. Ainsi Dieu travaille en chacune de nos actions, il aime cette part de pauvreté en nous qui lui permet d’agir. Nous sommes transformés quand nous nous ouvrons à cet amour divin. Cet amour donné et reçu nous unifie, il nous tourne vers les autres. C’est l’Incarnation de Dieu, la venue de l’Esprit Saint dans la « pâte » humaine qui continue en nous l’enfantement d’un monde nouveau. Le travail de la Rédemption se poursuit dans le monde. Nous demeurons dans la paix, sous le regard de Dieu, dans la fraternité nouvelle que Jésus est venu nous apporter.

Prière

Seigneur permet nous de recevoir la grâce d’être les témoins de la « Bonne Nouvelle. » Amen

 

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« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Lc 10, 1-9)

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Luc est seul avec moi » (2 Tm 4, 10-17b)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé,
    Démas m’a abandonné par amour de ce monde, et il est parti pour Thessalonique.
Crescent est parti pour la Galatie, et Tite pour la Dalmatie.
    Luc est seul avec moi.
Amène Marc avec toi, il m’est très utile pour le ministère.
    J’ai envoyé Tychique à Éphèse.
    En venant, rapporte-moi le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpos.
Apporte-moi aussi mes livres, surtout les parchemins.

    Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal.
Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres.
    Toi aussi, prends garde à cet individu, car il s’est violemment opposé à nos paroles.

    La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu :
tous m’ont abandonné.
Que cela ne soit pas retenu contre eux.
    Le Seigneur, lui, m’a assisté.
Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 144 (145), 10-11, 12-13ab, 17-18)
R/ Que tes fidèles, Seigneur, disent la gloire de ton règne. (cf. Ps 144, 12)

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits,

Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

ÉVANGILE
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Lc 10, 1-9)
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis du milieu du monde, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité  où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
    S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


En envoyant les 72 disciples, Jésus leur donne des instructions précises, qui expriment les caractéristiques de la mission.

Ces impératifs montrent que la mission est fondée sur la prière; qu'elle est itinérante:
elle n'est pas statique, elle est en voyage; qu'elle exige le détachement et la pauvreté; qu'elle apporte la paix et la guérison, signes de la proximité du Royaume de Dieu; qu'elle n'est pas prosélytisme, mais annonce et témoignage.

(Angélus du 7 juillet 2019)

 

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Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 10,35-45.


Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)
théologien dominicain, docteur de l'Église

 

Conférence sur le Credo, 6 (Livre des jours – Office romain des lectures ; trad. P. Roguet; Éd. Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame ; © AELF Paris 1976 ; 28 janv.)


« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur »


Quelle nécessité y avait-il à ce que le Fils de Dieu souffre pour nous ? Une grande nécessité, que l'on peut résumer en deux points : nécessité de remède à l'égard de nos péchés, nécessité d'exemple pour notre conduite. (...) Car la Passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie. (...) Si tu cherches un exemple de charité : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). (...) Si tu cherches la patience, c'est sur la croix qu'on la trouve au maximum. (...) Le Christ a souffert de grands maux sur la croix, et avec patience, puisque « couvert d'insultes il ne menaçait pas » (1P 2,23), « comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvrait pas la bouche » (Is 53,7). (...) « Courons donc avec constance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix » (He 12,1-2).

            Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. Car un Dieu a voulu être jugé sous Ponce Pilate et mourir. (...) Si tu cherches un exemple d'obéissance, tu n'as qu'à suivre celui qui s'est fait obéissant au Père « jusqu'à la mort » (Ph 2,8). « De même que la faute commise par un seul, c'est-à-dire Adam, a rendu tous les hommes pécheurs, de même tous deviendront justes par l'obéissance d'un seul » (Rm 5,19). Si tu cherches un exemple de mépris pour les biens terrestres, tu n'as qu'à suivre celui qui est le « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (1Tm 6,15 ; Col 2,3) ; sur la croix il est nu, tourné en dérision, couvert de crachats, frappé, couronné d'épines, et enfin, abreuvé de fiel et de vinaigre.

 

Méditation de l'évangile

du père Gilbert

La demande démesurée des fils de Zébédée

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45

Pour Jésus, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfant et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

A travers l'Evangile, Jésus s'attaque très souvent aux deux racines du péché, source de tant de désordres dans notre société : la cupidité et un appétit démesurés de pouvoir et de puissance. D'ailleurs, l'Evangile est remplie de son opposition courageuse face aux prétentions des gens en place, qui tentent de mille manières de s'assujettir leurs semblables. Rappelons-nous ses démêlés avec les pharisiens, les scribes, les docteurs de la Loi, les sadducéens, les hérodiens ….

Il le souligne à diverses reprises à ses contemporains, on peut même se servir des traditions religieuses pour exercer un empire tyrannique sur les âmes. Jésus ne se génera pas pour dénoncer cette imposture et libérer les coeurs. Ses guérisons le jour du sabbat sont une provocation calculée devant de tels abus de pouvoir.

” Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat “

Ne faisons pas de Jésus un anarchiste, ce serait ridicule. Il est Roi et Il le sait. Il est Seigneur et Maître.

” Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous dites bien car je le suis.”

Il possède autorité et pouvoir, mais Il en use toujours au bénéfice des pêcheurs, des malades, des mal-aimés. Son pouvoir est bénéfique.

Jésus connaît donc ce que représente le pouvoir : un service dont malheureusement  nous pouvons abuser en le détournant à notre profit personnel. Il a su éviter la griserie du pouvoir. Le soir de la multiplication des pains, les siens ont voulu le faire roi, mais Il a su calmer les foules, forcer les apôtres à embarquer, et à travers la mer, abandonner aussi leurs rêves de gloire. Aussi, lorsque les fils de Zébédée, Jacques et Jean, appuyés par leur mère, viendront Lui demander les premières places dans son Royaume, l'accueil sera-t-il assez frais :

“Vous ne savez pas ce que vous demandez”.

Le Royaume de Dieu n'est pas une affaire de réussite humaine, les introductions, les recommandations, rien de tout cela ne joue plus ici. C'est le Père qui, dans son amour, prédestine les hommes à cet amour insensé, et les plus petits, les plus déshérités sont les préférés de son coeur. Aussi n'exaucera-t-Il pas la demande de cette mère ambitieuse :

“Mais quant à être assis à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; c'est pour ceux à qui cela est destiné par mon Père”.

Que ses fils ne se donnent donc pas à Lui pour les premières places, car à ses yeux, rien n'est plus ambigu que le pouvoir. Par contre, Il les engage sur la voie mystérieuse, choisie pour le Fils de l'homme, la voie du service et de la souffrance acceptée :

“En effet, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour le salut d'une multitude”.

Luc ajoute cette précision au texte de Marc : “Il y eut aussi une rivalité parmi eux : lequel d'entre eux pourrait passer pour le plus grand”

Nous connaissons cette comédie des “grands” dans le monde politique. Les “grands” et ceux qui voudraient bien l'être. Jésus à cette occasion va redire aux siens ce que Lui pense de cette fameuse grandeur et excellence personnelle. Dans un geste amical, Il les rassemble près de Lui et leur parle :

“Les rois des nations s'en rendent les maîtres. Leurs princes reçoivent le nom de “bienfaiteurs”

Je ne sais si ses apôtres ont perçu l'ironie impitoyable de ses paroles. Il y a un humour noir à nous dire que ceux qui pressurent les peuples en sont appelés “bienfaiteurs”.

Jésus s'inscrit donc en faux contre la sagesse des malins. Il livre alors aux siens ses principes d'action. Ils vont à l'encontre de la loi du plus fort ; à l'encontre de l'orgueil qui veut dominer, s'imposer, exploiter.

“Quant à vous, n'agissez pas ainsi, mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune et que le chef soit comme celui qui sert”.

Face au pouvoir que l'on exerce, sa Sagesse à Lui c'est de servir les autres. Il s'oppose donc à la mentalité courante, à toute manière de s'imposer. Lui, le Fils se fait le serviteur de tous. ” En effet, au milieu de vous, Je suis comme celui qui sert”.

Pour Lui, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfants et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

Il n'y a pas de communauté chrétienne possible, si nous ne demandons pas à Dieu de cette attitude tyrannique que nous adoptons souvent vis à vis de nos frères. Prétention ridicule où notre moi se veut toujours premier et “roi-bienfaiteur”

Rappelons-nous l'humour du Seigneur, laissons tomber nos grandeurs et soyons simplement “celui que sert”.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Jésus disaient : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »

Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jacques et Jean suivent Jésus. Jean est le disciple que Jésus aimait, Jacques sera le premier Apôtre martyr. Il y a une relation forte entre les deux frères ! Moyennant la complicité de leur mère, ils cherchent une place dans le Royaume ! Ils se sentent en harmonie avec les paroles et les gestes de Jésus, ils ont vraiment envie d’être tout proches de lui, et ils le manifestent. La réponse de Jésus, d’un grand réalisme, est importante pour nous : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Jésus introduit un paramètre que les Apôtres n’avaient pas imaginé : Celui de la souffrance de sa Passion. Dans leur générosité, les deux Apôtres répondent : "Oui, nous le pouvons." Jésus confirme que ce sera bien ainsi. Mais Jésus ajoute : « Quant à siéger à ma droite et à ma gauche », c’est mon Père qui le donne. Jésus se situe en humble serviteur, il n’a pas le pouvoir de dire qui sera à sa droite et à sa gauche dans son Royaume.

"Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »" 

Ils lui disaient : Nous le pouvons. Jésus répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. » Jésus est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu dit l’apôtre Jean. Le monde ne reçoit pas les pauvres, les souffrants et les petits qui sont les prophètes du Royaume. Suivre Jésus, c’est porter les cris de l’humanité, c’est se laisser déranger ! La coupe de Jésus nous aide à regarder la coupe de nos frères, elle est très amère. Le Royaume de l’amour est totalement gratuit. Jésus dit : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » C’est entrer dans le mystère de la compassion pour suivre Jésus rejeté et bafoué qui prend sur Lui la souffrance de l’humanité avec Marie. Dieu n’a pas créé la souffrance, elle est là, à cause de la jalousie du menteur. Marie, la mère de Jésus, sera touchée par la souffrance de Jésus d’une manière unique, elle est la première qui a été baptisée dans la Passion de Jésus. La compassion de son cœur est sa réponse à l’amour infini de Dieu.

Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean.

Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Marie sera la première à nous indiquer le chemin de Jésus, à participer à sa Croix. La première, elle est entrée dans la faiblesse ! Tout a commencé pour elle par la joie du Don de Jésus à Noel, dans la toute petitesse et dans une pauvreté extrême. La joie de Marie nous est présentée dans son Oui à l’Amour, d’une manière que nous ne pouvons pas concevoir. Jésus prend la comparaison du monde pour les autres Apôtres qui s’indignent : « Regardez le monde, ne faites pas comme lui. » Marie va devenir la mère du Fils unique de Dieu, elle va s’offrir avec lui ! Marie participe ainsi à l’enfantement d’un monde nouveau. Dieu est dans une joie étonnante de nous donner la vie, Mais il lui faut passer par la douleur de Jésus : « La femme qui enfante, est dans la douleur, mais quand l’enfant est né, elle est toute à la joie de l’enfant qui est né. » Nous devons faire ce passage jusqu’à la joie du Père, à la résurrection de Jésus.

Prions

Seigneur donne-nous le courage et la grâce de suivre Jésus dans les mystères joyeux, dans les mystères douloureux et jusque dans sa gloire. Amen

 

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Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours » (Is 53, 10-11)
Lecture du livre du prophète Isaïe

Broyé par la souffrance, le Serviteur a plu au Seigneur.
S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours :
par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
    Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera.
Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)
R/ Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! (Ps 32, 22)

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

DEUXIÈME LECTURE
« Avançons-nous avec assurance vers le Trône de la grâce » (He 4, 14-16)
Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
    En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
    Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 35-45)
Alléluia. Alléluia.
Le Fils de l’homme est venu pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Alléluia. (cf. Mc 10, 45)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent :
« Maître, ce que nous allons te demander,nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
    Il leur dit :
« Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
    Ils lui répondirent :
« Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
    Jésus leur dit :
« Vous ne savez pas ce que vous demandez.
Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
    Ils lui dirent :
« Nous le pouvons. »
Jésus leur dit :
« La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
    Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »

    Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
    Jésus les appela et leur dit :
 « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
    Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
    Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
    car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE
« Le Fils de l’homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,  42-45)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Vous le savez :
ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtresles grands leur font sentir leur pouvoir.
    Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi.
Celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur.
    Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
    car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Jésus sait que Jacques et Jean sont animés d'un grand enthousiasme pour lui et pour la cause du Royaume, mais il sait aussi que leurs attentes et leur zèle sont pollués par l'esprit du monde. (...)

Jésus prédit qu'ils boiront sa coupe et recevront son baptême, c'est-à-dire qu'eux aussi, comme les autres

Apôtres, partageront sa croix quand leur heure viendra.

Mais - conclut Jésus
– «ce n'est pas à moi d'accorder la place à ma droite ou à ma gauche, mais c’est pour ceux pour qui elle a été préparée».

Comme pour dire : suivez-moi maintenant et apprenez le chemin de l'amour "à perte", et le Père céleste fournira la récompense.

Le chemin de l'amour est toujours "à perte", car aimer signifie laisser de côté l'égoïsme, l'autoréférence, pour servir les autres.

(Angélus du 21 octobre 2018)

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Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,8-12


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu.
Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné.
Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz.
Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Passion des saintes Félicité et Perpétue

(début 3e siècle)
§ 2-3 (Les premiers martyrs de l'Église; coll. Pères dans la foi n°12; trad. A.-G. Hamman; Éd. DDB 1979, p. 71 rev.)
« Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »


On a arrêté des jeunes gens qui étaient catéchumènes : Revocatus et Félicité, tous les deux esclaves, Saturninus et Secundulus, avec eux se trouvait Vibia Perpétue. Elle était de naissance noble, elle avait reçu une éducation brillante et avait fait un beau mariage. Perpétue avait encore son père et sa mère, deux frères — dont l'un était également catéchumène — et un enfant pas encore sevré. Elle avait environ vingt-deux ans. Elle a raconté elle-même toute l'histoire de son martyre. La voici, écrite de sa main et d'après ses impressions :

            « Nous étions encore avec nos gardes quand déjà mon père essayait de me convaincre. Dans sa tendresse, il s'efforçait d'ébranler ma foi.

— Père, lui dis-je, vois-tu le vase qui traîne par terre, cette cruche ou bien cette autre chose ?

— Je le vois, dit mon père.

— Peut-on lui donner un autre nom que celui qu'il porte ? lui dis-je.

— Non, répondit-il.

— Eh bien, moi de même, je ne peux pas me donner un autre nom que mon vrai nom : je suis chrétienne.

            « Mon père a été exaspéré par cette parole, il s'est jeté sur moi pour m'arracher les yeux. Il s'est contenté de me maltraiter et est parti, avec les arguments du démon, vaincu. Pendant plusieurs jours, je n'ai plus revu mon père ; j'en ai remercié Dieu, cette absence m'a été un soulagement. C'est précisément pendant ce court laps de temps que nous avons été baptisés. L'Esprit Saint m'a inspirée de ne rien demander à l'eau sainte, sinon la force de résister physiquement.

            « Quelques jours plus tard, nous avons été transférés dans la prison de Carthage. J'en ai été épouvantée : jamais je ne m'étais trouvée dans de pareilles ténèbres (...) ; j'étais dévorée d'inquiétude à cause de mon enfant. (...) Je réconfortais mon frère, en lui recommandant mon fils. Je souffrais beaucoup de voir les miens souffrir à cause de moi. Durant de longs jours, ces inquiétudes m'ont torturée. J'ai fini par obtenir que mon enfant demeure avec moi en prison. Aussitôt il a repris des forces, et j'ai été délivrée de la peine et des soucis qu'il m'avait causés. D'un coup, la prison s'est changée pour moi en palais, et je m'y trouvais mieux que partout ailleurs. »

 

Méditation de l'Evangile     

du père Gabriel

Le temps des persécutions

« Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père, parlant en vous ». Je sais, le texte s'adresse plutôt aux amis de Jésus, au moment de la persécution. Mais dans cette détresse spirituelle où vous voyez sombrer vos amis, vos enfants, n'ayez crainte, l'Esprit de Jésus sera là aussi pour inventer, en vous, les paroles à prononcer.

Dans les situations difficiles, ne cherchez pas ce que vous direz à tel ou telle. Mais vous qui vivez en union avec l'Esprit de Jésus, confiez-vous à cet Esprit qui vous illuminera de l'intérieur et vous suggèrera les paroles de la Sagesse de Dieu.

Loin d'éteindre la mèche qui fume encore, vos mots, vos pauvres mots, inspirés par Lui, rallumeront la lumière dans la nuit des cœurs. Dans cette nuit, tous les hommes attendent la Lumière !

« Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père, parlant en vous ».

Je sais, le texte s'adresse plutôt aux amis de Jésus, au moment de la persécution. Mais dans cette détresse spirituelle où vous voyez sombrer vos amis, vos enfants, n'ayez crainte, l'Esprit de Jésus sera là aussi pour inventer, en vous, les paroles à prononcer.

Celui qui a fait le choix du Seigneur et de sa vérité possèdera la liberté intérieure; car l'Esprit-Saint l'envahira, et dans la paix lui donnera toute réponse.

Jésus est un ami fidèle. Il prévoit les coups durs des temps de persécutions qui nous trouveront désarmés devant les malins et les puissants du jour. Mais c'est son Esprit, l'Esprit du Père qui, à ces moments-là, nous animera.« Ne craignez pas », aime-t-Il à nous redire.

Dans un certain sens nous sommes, face à toutes les idéologies de notre époque, affrontés à une persécution latente et sournoise. Nos enfants, nos amis, nous-mêmes avons grand besoin de la Lumière de cet Esprit du Père afin de rester fidèles aux valeurs du Royaume, aux principes de Jésus : “ Ne crains pas, petit troupeau ” . C'est encore une de ses paroles.

Père Gabriel

Homélie du Père Gilbert Adam

Sainte Marguerite-Marie

Demeurez dans mon amour.

"Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Jésus a fait battre le cœur humain de l’Amour de Dieu, il s’offre ainsi à l’humanité. En chacun de nous, le désir d’être aimé et d’aimé à l’infini vient de notre origine. Dès que nous rencontrons un cœur qui aime, les difficultés de notre vie s’estompent, les soucis s’évaporent, c’est enfin la conversion du cœur. Tout comme la vigne nourrit les sarments par la sève, Jésus ne cesse de répandre en nous son Amour. Cet Amour est tellement surabondant qu’il ne demande qu’à se répandre autour de nous. Jésus nous donne le vertige, puisqu’il nous demande de nous aimer les uns les autres, comme lui nous a aimés. Il nous a aimé comme le Père l’a aimé. Nous voulons vivre dans la profondeur insondable de l’Esprit Saint qui nous aime. Jésus sait que son amour nous fait agir. Il n’attend pas que nous soyons parfaits pour nous aimer, c’est son amour qui réalise notre perfection. L’amour fait fondre les duretés de notre cœur, toutes les résistances à l’amour. Il nous établit dans l’amour. Cet amour est paix, joie, douceur, silence. Jésus est Amour, dans une douceur incroyable et avec une grande humilité il nous révèle l’Amour du Père pour nous. Sainte Marguerite-Marie nous fait pénétrer dans cet amour du Christ Jésus venu dans notre chair.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Dans le monde, le verbe « aimer » se réduit au sentiment d’amour qui est volatil et inconstant. Dans le mystère de Jésus, l’Amour est un don de soi, un acte qui engage toute notre personne. C’est un acte de volonté capable de dépasser les sentiments les plus contradictoires qui peuvent nous assaillir. Jésus, dans son humanité, nous aime de l’Amour infini du Père. Il exprime le don total de lui-même, la volonté du Père. Notre lien avec lui nous prépare à vivre de cet amour dans le quotidien, pour que l’autre vive, pour qu’il puisse se trouver. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus manifeste son cœur à Marguerite Marie. Elle a compris que sa vocation était de vivre dans cet amour. Marie l’a guéri de la maladie, elle a été saisie par l’amour de Jésus : « Si tu m’es fidèle, je ne te quitterai point, je t’apprendrai à me connaître et je me manifesterai à toi. » Marguerite Marie est entrée dans les épreuves, la patience de Dieu, son amour infini est venu à bout de tous les obstacles de sa vie.

"Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure.

Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. Quand Jésus voit venir Judas entouré des soldats romains au jardin des Oliviers, il nous est difficile de comprendre ce qu’il a pu ressentir à cet instant. Il a néanmoins aimé Judas jusqu’au bout. Comme le Père l’a aimé, il l’a aimé jusqu’à donner sa vie pour lui sur la croix. Jésus dit à Marguerite-Marie : « Mon cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier, ne pouvant plus contenir les flammes de mon ardente charité, il faut que je les répande par ton moyen et qu’elles se manifestent à eux pour les enrichir de mes précieux trésors. » L’amour de Dieu est vraiment le seul Amour qui peut nous guérir, nous faire entrer dans sa joie. Cet amour privilégié de Jésus est comme le soleil sur les perles précieuses, plus la perle rayonne, plus elle fait rayonner sur les autres cette lumière. Notre vie, comblée ou douloureuse, laisse alors un passage à la vraie vie.

Prière

 Esprit Saint accorde-nous  la grâce d’être établis dans la tendresse, la douceur et d’humilité de Notre Seigneur Jésus.

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Espérant contre toute espérance, il a cru, et l’Esprit Saint vous enseignera à l'heure qu'il vous est nécessaire pour entendre et suivre la Parole

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Espérant contre toute espérance, il a cru » (Rm 4, 13.16-18)
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritagea été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi.
    Voilà pourquoi on devient héritier par la foi :
c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham,non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous.
    C’est bien ce qui est écrit :
J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.
Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas.
    Espérant contre toute espérance, il a cru ;
ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole :
Telle sera la descendance que tu auras !

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 104 (105), 6-7, 8-9, 42-43)
R/ Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance.
ou : Alléluia ! (Ps 104, 8a)

Vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis,
le Seigneur, c’est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l’univers.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac,

Il s’est ainsi souvenu de la parole sacrée
et d’Abraham, son serviteur ;
il a fait sortir en grande fête son peuple,
ses élus, avec des cris de joie !

ÉVANGILE
« L’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire » (Lc 12, 8-12)
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b.27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
    « Je vous le dis :
Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu.
    Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
    Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné.
    Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz.
    Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE


L'Esprit Saint ne vient pas pour "se faire des clients", il vient signaler l'accès au Père, rappeler l'accès au Père, celui que Jésus a ouvert, celui que Jésus nous a fait voir.

Il n'y a pas de spiritualité du Fils seul, de l'Esprit Saint seul :
le centre est le Père.

Le Fils est envoyé par le Père et retourne au Père.

Le Saint-Esprit est envoyé par le Père pour rappeler et enseigner l'accès au Père.

(Homélie à Sainte-Marthe, 17 mai 2020)

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