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evangile

Ceux qui sont jugés dignes d'être ressuscité d’entre les morts n'ont plus ni femme ni mari, ils ont les délices de l'éternité

Évangile de Jésus-Christ selon

saint Luc 20,27-40.


En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Pacien de Barcelone

(?-v. 390)  évêque

Sermon sur le baptême, 6 ; PL 13,1093 (trad. Orval ; cf bréviaire 19e sam. )
« Vivre, c'est le Christ »


Nous ne mourrons plus désormais. Même si nous sommes détruits en notre corps, nous vivrons dans le Christ, comme lui-même l'a dit : « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11,25). Nous pouvons être certains ; le Seigneur lui-même en témoigne ; qu'Abraham, Isaac, Jacob et tous les saints de Dieu sont en vie. C'est justement de ceux-là que le Seigneur a dit : « Ils sont tous vivants ; car Dieu est le Dieu des vivants et non des morts ». Et l'apôtre Paul dit de lui-même : « Pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir m'est un gain ; mon souhait, c'est de m'en aller pour être avec le Christ » (Ph 1,21-23)...

            Voilà bien ce que nous croyons, mes frères, et « si nous mettons nos espoirs en ce siècle-ci, nous sommes les plus malheureux des hommes » (1Co 15,19). La vie de ce monde, pour les animaux domestiques ou sauvages et pour les oiseaux, est ; comme vous pouvez le constater ; plus ou moins longue que la nôtre. Ce qui est propre à l'homme, c'est ce que le Christ lui a donné par son Esprit : c'est-à-dire la vie éternelle, mais à condition que nous renoncions désormais au péché. Car la mort résulte du péché et est évitée par la vertu ; la vie est détruite par le péché et conservée par la vertu. « Le salaire du péché, c'est la mort, tandis que le don de Dieu, c'est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus Christ » (Rm 6,23).

Méditation de l'évangile du père Gabriel

La femme aux sept maris

Dieu est le Dieu des vivants et non des morts. Pour Jésus, au Ciel, nous sommes des vivants, des gens actifs au superlatif, car notre centre d'intérêt à changé du tout au tout, nous vivons d'abord pour Dieu.

Jésus va répondre sans difficulté aux sadducéens au sujet d'une femme qui, successivement, aurait épousé sept frères, selon la loi du lévirat. Ses ennemis lui posent un cas embarrassant, pensent-ils. Mais leur gouaillerie et leur plaisanterie douteuse tombent à faux devant la réaction du Christ. Sa réponse donne un aperçu tellement élevé du Ciel et de sa liberté, vis-à-vis de tout le sensible, que la question posée devient ridicule.

"La femme donc, à la résurrection, de qui sera-t-elle la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme"

"Jésus leur dit : Ne seriez-vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures ni la puissance de Dieu ? Car lorsque l'on ressuscite des morts, on n'épouse plus, on n'est plus épousée ; mais on est comme des anges dans les Cieux"

Le Ciel n'est pas du tout ce que les sadducéens imaginent. Ils sont dans un univers matérialiste qui les empêche de réaliser la Puissance de Dieu, de son amour envers nous. Il s'agit d'une nouvelle vie, celle-là même de Dieu. Rien que cela !

"Et quant à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu en ces termes : Je suis le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants"

Telle est l'espérance de la Vie Eternelle, ce n'est pas la vie terrestre continuée, mais la vie même en communion avec Dieu. Dans l'exclamation de Jésus devant leur étroitesse : "Vous êtes grandement dans l'erreur", On sent toute sa tristesse de voir des hommes enfermés dans une vision si mesquine du Ciel et du Royaume de Dieu.

Dieu est donc le Dieu des vivants et non des morts. Pour Jésus, au Ciel, nous sommes des vivants, des gens actifs au superlatif, car notre centre d'intérêt à changé du tout au tout, nous vivons d'abord pour Dieu.

On le voit ici, le rayonnement du Christ Jésus était si grand, si prenant, que ses ennemis ne peuvent échapper au désir de se mesurer avec Lui, happés, pris qu'ils se trouvent par sa Lumière même.

Ils détestent cette clarté, mais ne peuvent en nier l'éclat. Après l'échec des pharisiens sur le plan national, voici celui des sadducéens sur le plan religieux et moral.

Jésus se montre si percutant dans ses réponses que ses ennemis redoutent la discussion avec Lui. Il répond avec une telle vigueur, un tel à-propos, que bientôt personne n'ose plus l'interroger. Mais la crainte révérencielle de ses ennemis n'exclut pas la haine, malheureusement.

"Quelques-uns des scribes, prenant la parole, Lui dirent : Maître, tu as bien parlé. Car ils n'osaient plus L'interroger sur rien" .

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent,

Quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

« Donner une descendance à son frère » est une manière de « survivre » selon le « monde » quand on a pas la joie de croire, à la suite de Jésus, en la Résurrection des morts ! En suivant Jésus, celui qui croit ouvre son cœur à l’amour infini de Dieu qui ne meurt pas. Ainsi le pauvre de la première alliance qui croyait déjà en la résurrection des morts n’est pas oublié pour toujours à sa solitude, jamais ne périt l’espoir du malheureux. Il y a un bonheur selon Dieu qui peut-être vécu comme malheur pour le monde qui ne connait pas Dieu comme le manifestent les sadducéens ! Cette interprétation du sens de la vie est très mystérieuse, elle fera dire à Saint Augustin : « Deux amours mènent le monde, l’amour de Dieu jusqu’à »l’oubli« de soi ; et l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu. »L’oubli" de soi est bonheur selon Dieu car il ouvre à l’infini de l’amour.

"Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, 

puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » « Les sept ! » ce chiffre contient le sens d’une plénitude ! Mais dans cette perspective, elle est vide, sans fécondité ! La compréhension de l’énigme de la vie se réalise dans un mystère de foi en la vie et dans l’amour qui est à renouveler chaque jour. Devenus pauvres, nous pouvons nous appuyer sur Dieu seul, et aujourd’hui il nous est possible de croire en Jésus qui par sa Résurrection d’entre les morts devient notre espérance, une espérance totale et absolue : « Je sais en qui j’ai mis ma confiance. » Tenir bon dans le Christ, nous pouvons le faire à l’école de Marie, la mère de Jésus, la femme éprouvée dans sa foi, éprouvée dans son espérance, éprouvée dans son amour ; Elle a tenu bon envers et contre tout.

"Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,"

car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit. Le Dieu d’Abraham, c’est le Dieu de l’homme qui a cru envers et contre tout. Le Dieu d’Isaac préfigure Jésus quand son père va l’offrir en sacrifice pour que nous ayons la vie. Le Dieu de Jacob, c’est le Dieu de celui qui combat avec Dieu, il est plein d’espérance mais demeurera blessé à la hanche. Après ce combat, son équilibre est en Dieu et non plus en l’homme. Le Dieu vivant est le Dieu des vivants, le Dieu ce ceux pour lesquels la mort est un passage vers la vie.

Prière:

Sainte Trinité voit tes enfants malheureux parmi les hommes de ce monde. Tu rayonnes en Jésus, et la peur  change de camp, nos ennemis malgré leurs tentatives fanfaronnent. Tu nous envoie ta lumière et réchauffe nos coeurs. Les incroyants imaginent le Paradis , selon leurs critères matérialistes. C'est ce qui les empêchent de voir ta Puissance inégalable, la vie dans ton royaume est si nouvelle, si différente, que seul ceux qui ont foi en toi peut le croire.

Très Sainte Trinité, Tes jugements sont dignes et justes, à la résurrection chacun retrouvera sa famille, et nous ne prenons plus ni femme, ni mari. Nous découvrirons d'autres joies qui nous sont inconnus.

Très Sainte Trinité, avec confiance nous te demandons la grâce de l'espérance inconditionnelle en ton amour. Par Jésus ton Fils adoré pour les siècles des siècles amen.

 

Emounawh 

20 novembre 2020

 

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La résurrection est le fondement de la foi chrétienne!

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Maintenant je me rappelle le mal que j’ai fait à Jérusalem : tous mes malheurs viennent de là, et voici que je meurs dans un profond chagrin » (1 M 6, 1-13)

Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,  le roi Antiocos parcourait le haut pays.
Il apprit alors qu’il y avait en Perse une ville, Élymaïs, fameuse par ses richesses, son argent et son or ;
    son temple, extrêmement riche, contenait des casques en or, des cuirasses et des armes, laissés là par Alexandre, fils de Philippe et roi de Macédoine, qui régna le premier sur les Grecs.
    Antiocos arriva, et il tenta de prendre la ville et de la piller, mais il n’y réussit pas, parce que les habitants avaient été informés de son projet.
    Ils lui résistèrent et livrèrent bataille, si bien qu’il prit la fuite et battit en retraite, accablé de chagrin, pour retourner à Babylone.
    Il était encore en Perse quand on vint lui annoncer la déroute des troupes qui avaient pénétré en Judée ;
    Lysias, en particulier, qui avait été envoyé avec un important matériel, avait fait demi-tour devant les Juifs ;
ceux-ci s’étaient renforcés grâce aux armes, au matériel et au butin saisis sur les troupes qu’ils avaient battues ;
    ils avaient renversé l’Abomination qu’Antiocos avait élevée à Jérusalem sur l’autel ;
enfin, ils avaient reconstruit comme auparavant de hautes murailles autour du sanctuaire
et autour de la ville royale de Bethsour.

    Quand le roi apprit ces nouvelles, il fut saisi de frayeur et profondément ébranlé.
Il s’écroula sur son lit et tomba malade sous le coup du chagrin, parce que les événements n’avaient pas répondu à son attente.
    Il resta ainsi pendant plusieurs jours, car son profond chagrin se renouvelait sans cesse.
Lorsqu’il se rendit compte qu’il allait mourir, il appela tous ses amis et leur dit :
« Le sommeil s’est éloigné de mes yeux ; l’inquiétude accable mon cœur,
    et je me dis :
À quelle profonde détresse en suis-je arrivé ?
Dans quel abîme suis-je plongé maintenant ?
J’étais bon et aimé au temps de ma puissance.
    Mais maintenant je me rappelle le mal que j’ai fait à Jérusalem :
tous les objets d’argent et d’or qui s’y trouvaient, je les ai pris ;
j’ai fait exterminer les habitants de la Judée sans aucun motif.
    Je reconnais que tous mes malheurs viennent de là, et voici que je meurs dans un profond chagrin sur une terre étrangère. »

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 9a, 2-3, 4.6, 16.19)

R/ J'exulterai de joie pour ta victoire, Seigneur. (Ps 9a, 15b)

De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâce,
je dirai tes innombrables merveilles ;
pour toi, j’exulterai, je danserai,
je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.

Mes ennemis ont battu en retraite,
devant ta face, ils s’écroulent et périssent.
Tu menaces les nations, tu fais périr les méchants,
à tout jamais tu effaces leur nom.

Ils sont tombés, les païens, dans la fosse qu’ils creusaient ;
aux filets qu’ils ont tendus, leurs pieds se sont pris.
Mais le pauvre n’est pas oublié pour toujours :
jamais ne périt l’espoir des malheureux.

ÉVANGILE
« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-40)

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ; il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.
    Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
    de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
    Finalement la femme mourut aussi.
    Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

    Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
    Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
    Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
    Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »
    Alors certains scribes prirent la parole pour dire :
« Maître, tu as bien parlé. »
    Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

            – Acclamons la Parole de Dieu

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


La résurrection est le fondement de la foi chrétienne!
S'il n'y avait aucune référence au Paradis et à la vie éternelle, le christianisme se réduirait à une éthique, une philosophie de vie.

Au contraire, le message de la foi chrétienne vient du ciel, est révélé par Dieu et va au-delà de ce monde.

Croire en la résurrection est essentiel, afin que chaque acte de notre amour chrétien ne soit pas éphémère et une fin en soi, mais devienne une graine destinée à fleurir dans le jardin de Dieu, et à produire des fruits de vie éternelle. 

 

Angélus du 6 novembre 2016

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De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits,

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes » (1 M 4, 36-37.52-59)
Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,  Judas et ses frères déclarèrent :
« Voilà nos ennemis écrasés, montons purifier le Lieu saint et en faire la dédicace. »
    Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion.
    Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, de grand matin,  les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit.
    On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales.
C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané.
    Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.
    Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce.
    Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d’or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles et y replacèrent des portes.
    Il y eut une grande allégresse dans le peuple, et l’humiliation infligée par les païens fut effacée.
    Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date,dans la joie et l’allégresse.

            – Parole du Seigneur.

CANTIQUE
(1 Ch 29, 10, 11abc, 11de-12a, 12bcd)
R/ Nous voici pour célébrer l'éclat de ton nom, Seigneur ! (cf. 1 Ch 29, 13)

Béni sois-tu, Seigneur,
Dieu de notre père Israël,
depuis les siècles et pour les siècles !

À toi, Seigneur, force et grandeur,
éclat, victoire, majesté,
tout, dans les cieux et sur la terre !

À toi, Seigneur, le règne,
la primauté sur l’univers :
la richesse et la gloire viennent de ta face !

C’est toi, le Maître de tout :
dans ta main, force et puissance ;
tout, par ta main, grandit et s’affermit.

ÉVANGILE
« De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits » (Lc 19, 45-48)
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,  entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs.
Il leur déclarait :
    « Il est écrit :
Ma maison sera une maison de prière.
Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
    Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner.
Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ;
en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

            – Acclamons la Parole de Dieu

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Les chefs du Temple, les grands prêtres, dit l'Évangile, et les scribes, avaient un peu changé les choses.

Ils étaient entrés dans un processus de dégradation et avaient rendu le Temple "sale".

Ils avaient sali le Temple!

Le Temple est une image de l'Église.

L'Église subira toujours la tentation de la mondanité et la tentation d'un pouvoir qui n'est pas celui que Jésus-Christ veut pour elle! Jésus ne dit pas:
«Non, cela ne se fait pas. Faites-le dehors.»

Il dit :
«Vous avez fait une tanière de voleurs ici!»

Et lorsque l'Église entre dans ce processus de dégradation, la fin est très laide.

Très laide!

(Homélie à Sainte-Marthe du 20 novembre 2015)

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De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits »

LES LAUDES

 

INTRODUCTION
V/ Seigneur, ouvre mes lèvres,
R/ et ma bouche publiera ta louange.


ANTIENNE INVITATOIRE
Rendons grâce à Dieu : éternel est son amour.

PSAUME INVITATOIRE(PSAUME 94)
Venez, exultons pour le Seigneur,
jubilons en Dieu notre salut,
présentons-nous devant Lui en l’acclamant,
avec des psaumes, chantons notre joie.

Car le Seigneur est le grand Dieu,
le grand Roi au-dessus de tous les dieux,
en sa main sont les gouffres de la terre,
et les sommets des montagnes sont à Lui.
À Lui, la mer, c’est Lui qui l’a faite,
et ses mains ont façonné la terre ferme.

Venez, adorons-Le, prosternons-nous,
à genoux devant le Seigneur qui nous a faits.
Car c’est Lui notre Dieu
et nous, le peuple de son pâturage,
et les brebis guidées par sa main.

Aujourd'hui écoutez donc sa voix,
n'endurcissez pas vos cœurs comme à Mériba,
comme au jour de Massa dans le désert,
où vos pères m'ont tenté et éprouvé
alors qu'ils avaient vu mes œuvres.

Quarante ans cette génération m'a irrité,
et j'ai dit : c'est un peuple au cœur égaré ;
ces gens-là n'ont pas connu mes chemins
c'est pourquoi j'ai juré dans ma colère :
ils n'entreront pas dans mon repos.

Rendons gloire au Père Tout-Puissant,
à son Fils Jésus-Christ, le Seigneur,
à l'Esprit qui habite en nos cœurs,
pour les siècles des siècles. Amen.

ANTIENNE
De ma faute, Seigneur, purifie-moi.

PSAUME : 50
3 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
4 Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

5 Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
6 Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
7 Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

8 Mais tu veux au fond de moi la vérité ;
dans le secret, tu m’apprends la sagesse.
9 Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ;
lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

10 Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
11 Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.

12 Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
13 Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

14 Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
15 Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

16 Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.
17 Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

18 Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
19 Le sacrifice qui plaît à Dieu,
   c’est un esprit brisé ; *
tu ne repousses pas, ô mon Dieu,
   un cœur brisé et broyé.

20 Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
21 Alors tu accepteras de justes sacrifices,
   oblations et holocaustes ; *
alors on offrira des taureaux sur ton autel.

ANTIENNE
Dieu juste et sauveur, pas d'autre Dieu que toi !

PSAUME : CANTIQUE D'ISAÏE (IS 45)
15 Vraiment tu es un Dieu qui se cache,
Dieu d'Israël, Sauveur !

16 Ils sont tous humiliés, déshonorés, *
ils s'en vont, couverts de honte,
   ceux qui fabriquent leurs idoles.

17 Israël est sauvé par le Seigneur,
   sauvé pour les siècles. *
Vous ne serez ni honteux ni humiliés
   pour la suite des siècles.

18 Ainsi parle le Seigneur, le Créateur des cieux, +
lui, le Dieu qui fit la terre et la forma,
   lui qui l'affermit, *
qui l'a créée, non pas comme un lieu vide,
   qui l'a faite pour être habitée :

« Je suis le Seigneur : *
il n'en est pas d'autre !

19 « Quand j'ai parlé, je ne me cachais pas
   quelque part dans l'obscurité de la terre ; *
je n'ai pas dit aux descendants de Jacob :
   Cherchez-moi dans le vide !

« Je suis le Seigneur qui profère la justice,
qui annonce la vérité !

20 « Rassemblez-vous, venez, approchez tous,
survivants des nations !

« Ils sont dans l'ignorance,
   ceux qui portent leurs idoles de bois, *
et qui adressent des prières
   à leur dieu qui ne sauve pas.

21 « Déclarez-vous, présentez vos preuves,
tenez conseil entre vous :
qui donc l'a d'avance révélé
et Jadis annoncé?

« N'est-ce pas moi, le Seigneur ?
Hors moi, pas de Dieu ;
de Dieu juste et sauveur,
pas d'autre que moi !


22 « Tournez-vous vers moi : vous serez sauvés, *
tous les lointains de la terre !

« Oui, je suis Dieu : il n'en est pas d'autre ! +
23 Je le jure par moi-même ! *
De ma bouche sort la justice,
   la parole que rien n'arrête.

« Devant moi, tout genou fléchira, +
toute langue en fera le serment ; *
24 Par le Seigneur seulement – dira-t-elle de moi –
   la justice et la force ! »

Jusqu'à lui viendront humiliés,
tous ceux qui s'enflammaient contre lui.
25 Elle obtiendra, par le Seigneur, justice et gloire,
toute la descendance d'Israël.

ANTIENNE
Dieu nous a faits et nous sommes à lui.

PSAUME : 99
1 Acclamez le Seigneur, terre entière,
2 servez le Seigneur dans l'allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

3 Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

4 Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

5 Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge.


PAROLE DE DIEU : (EP 4, 29-32)
Aucune parole mauvaise ne doit sortir de votre bouche ; mais, s’il y en a besoin, dites une parole bonne et constructive, bienveillante pour ceux qui vous écoutent. En vue du jour de votre délivrance, vous avez reçu en vous la marque du Saint-Esprit de Dieu : ne le contristez pas. Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.


RÉPONS
R/ Celui qui aime son frère demeure dans la lumière.

V/ Comme je vous ai aimés,
aimez-vous les uns les autres. R/

V/ Vous saurez que vous aimez le Père
si vous gardez ma Parole. R/

ANTIENNE DE ZACHARIE
La lumière a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.

CANTIQUE DE ZACHARIE (LC 1)
Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, *
qui a visité et racheté son peuple !

Il nous a suscité une force de salut *
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l’avait dit par la bouche des Saints *
par ses prophètes, depuis les temps anciens,

salut qui nous arrache à nos ennemis, *
à la main de tous ceux qui nous haïssent,

miséricorde qu’Il montre envers nos pères, *
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham *
de nous accorder que sans crainte

délivrés de la main de nos ennemis +
nous le servions dans la sainteté et la justice, *
en sa présence tout au long de nos jours.

Et toi, petit enfant, tu seras appelé *
prophète du Très Haut :

Tu marcheras devant, à la face du Seigneur, *
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple la science du salut *
en la rémission de ses péchés ;

grâce à la miséricorde du Cœur de notre Dieu, *
l’Astre levant venu d’en Haut nous a visités,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres +
et l’ombre de la mort, *
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

INTERCESSION
Par sa mort sur la croix, le Christ a sauvé le genre humain. Bénissons-le :


R/ Béni sois-tu, ô Christ, notre Sauveur !


Du ciel, tu es descendu comme la lumière.


De Marie, tu es né comme le germe divin.


De la croix, tu es tombé comme le fruit.


Au ciel tu es monté, prémices des vivants.


Tu te présentes au Père comme l’offrande parfaite.

NOTRE PÈRE
Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

ORAISON
Seigneur, tu demandes à ton Église d'être le lieu où l'Évangile est annoncé en contradiction avec l'esprit du monde. Donne à tes enfants assez de foi pour ne pas déserter mais témoigner de toi devant les hommes en prenant appui sur ta parole. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

PRIÈRE SCOUTE : PRIÈRE DE ST IGNACE
Seigneur Jésus,
Apprenez-nous à être généreux,
A vous servir comme vous le méritez,
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser sans attendre d'autre récompense
Que celle de savoir
Que nous faisons votre Sainte Volonté.
Amen.

Messe

 

PREMIÈRE LECTURE
« Ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes » (1 M 4, 36-37.52-59)
En ces jours-là, Judas et ses frères déclarèrent :
« Voilà nos ennemis écrasés,  montons purifier le Lieu saint et en faire la dédicace. »
    Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent à la montagne de Sion.
    Le vingt-cinquième jour du neuvième mois, de grand matin,
    les prêtres offrirent le sacrifice prescrit par la Loi sur le nouvel autel qu’ils avaient construit.
    On fit la dédicace de l’autel au chant des hymnes, au son des cithares, des harpes et des cymbales.
C’était juste l’anniversaire du jour où les païens l’avaient profané.
    Le peuple entier se prosterna la face contre terre pour adorer, puis ils bénirent le Ciel qui avait fait aboutir leur effort.
    Pendant huit jours, ils célébrèrent la dédicace de l’autel, en offrant, dans l’allégresse, des holocaustes, des sacrifices de communion et d’action de grâce.
    Ils ornèrent la façade du Temple de couronnes d’or et de boucliers, ils en restaurèrent les entrées et les salles et y replacèrent des portes.
    Il y eut une grande allégresse dans le peuple, et l’humiliation infligée par les païens fut effacée.
    Judas Maccabée décida, avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, que l’anniversaire de la dédicace de l’autel serait célébré pendant huit jours chaque année à cette date, dans la joie et l’allégresse.

            – Parole du Seigneur.

 

PSAUME
(1 Ch 29, 10, 11abc, 11de-12a, 12bcd)
R/ Nous voici pour célébrer l'éclat de ton nom, Seigneur !

Béni sois-tu, Seigneur,
Dieu de notre père Israël,
depuis les siècles et pour les siècles !

À toi, Seigneur, force et grandeur,
éclat, victoire, majesté,
tout, dans les cieux et sur la terre !

À toi, Seigneur, le règne,
la primauté sur l’univers :
la richesse et la gloire viennent de ta face !

C’est toi, le Maître de tout :
dans ta main, force et puissance ;
tout, par ta main, grandit et s’affermit.

 

ÉVANGILE
« De la maison de Dieu, vous avez fait une caverne de bandits » (Lc 19, 45-48)
En ce temps-là,
    entré dans le Temple,
Jésus se mit à en expulser les vendeurs.
Il leur déclarait :
    « Il est écrit :
Ma maison sera une maison de prière.
Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
    Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner.
Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables,
cherchaient à le faire mourir,
    mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ;
en effet, le peuple tout entier,
suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES
Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

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Que notre coeur reconnaisse la Parole de Jésus avec confiance, pour recevoir la promesse.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 19,41-44.


En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Isaac le Syrien (7e siècle)
moine près de Mossoul

Discours ascétiques, 1ère série, n° 60 (trad. Touraille, DDB 1981, p. 323)
Pleurer avec le Christ


Ne méprise pas le pécheur, car nous sommes tous coupables. Si pour l'amour de Dieu tu t'élèves contre lui, pleure plutôt sur lui. Pourquoi le méprises-tu ? Méprise ses péchés, et prie pour lui, afin d'être pareil au Christ, qui ne s'est pas irrité contre les pécheurs mais a prié pour eux (cf Lc 23,34). Ne vois-tu pas comment il a pleuré sur Jérusalem ? Car nous aussi plus d'une fois nous avons été joués par le diable. Pourquoi mépriser celui qui comme nous a été joué par le diable qui se moque de nous tous ? Pourquoi, toi qui n'es qu'un homme, mépriser le pécheur  ? Est-ce parce qu'il n'est pas juste comme toi ? Mais où est ta justice, dès lors que tu n'as pas l'amour ? Pourquoi n'as-tu pas pleuré sur lui ? Au contraire tu le persécutes. C'est par ignorance que certains s'irritent contre les autres, eux qui croient avoir le discernement des œuvres des pécheurs.

 

Méditation de l'Évangile du père Gabriel

Cette entrée à Jérusalem est extraordinaire pour ses apôtres. On sent toute leur admiration pour Jésus, tout leur bonheur de Le traiter enfin en Roi et en Messie, tel un triomphateur entrant dans sa capitale. Depuis le temps qu'ils attendent ce moment !

Jésus à Jérusalem

 

Malgré la hargne de ses ennemis, Jésus organise sa rentrée triomphale à Jérusalem et ne se laisse pas impressionner par eux. Il témoigne d'une entière liberté d'action. Il envoie donc deux de ses disciples devant Lui, chercher l'ânon et préparer son entrée à Jérusalem. Ils obéissent sans sourciller à ses ordres, pour le moins extravagants :

"Allez au bourg qui est en face. Quand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est jamais assis. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu'un vous demande : Pourquoi le détachez-vous ? Vous direz de la sorte : Le Seigneur en a besoin"

Cette entrée à Jérusalem est extraordinaire pour ses apôtres. On sent toute leur admiration pour Jésus, tout leur bonheur de Le traiter enfin en Roi et en Messie, tel un triomphateur entrant dans sa capitale. Depuis le temps qu'ils attendent ce moment !

"Et, jetant leurs manteaux sur l'ânon, ils firent monter Jésus"

Ce fut du délire et une explosion de joie de la part de tous ceux qui, depuis trois ans, avaient vu ses miracles, bénéficié de sa bonté :

"Et comme Il approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la troupe des disciples, transportés de joie, se prirent à louer Dieu d'une voix forte pour tous les miracles qu'ils avaient vus, disant : Béni Celui qui vient, Lui, le Roi au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire dans les hauteurs !"

Et dans la foule, un grand nombre étendirent leurs manteaux sur le chemin. Et d'autres coupèrent des branches aux arbres. Et ils en jonchaient le chemin. Et les foules qui Le précédaient et celles qui Le suivaient, criaient : Hosanna, au Fils de David ! Béni, Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des Cieux !"

C'est vraiment le grand cri de l'espérance de tout un peuple, juste avant la Passion. Jésus Lui-même laisse cet enthousiasme éclater.

Quant aux pharisiens, ils sont furieux de son succès auprès du peuple : "Et quelques pharisiens mêlés à la foule Lui dirent : Maître, mets tes disciples à la raison !".Jésus leur répond avec une liberté de langage totale : "Je vous le dis : si ceux-ci se taisent, les pierres crieront"."

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Dédicace des Basiliques Saint Pierre et Saint Paul

« Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

« Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. »

Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. C’est au XIe siècle qu’apparaît dans le martyrologe de Saint-Pierre l’annonce de la dédicace de la basilique, au 18 novembre. Au siècle suivant, les calendriers du Latran et du Vatican ajoutent au même jour la dédicace de Saint-Paul. Jésus a vaincu la mort et le mal, il apaisera la tempête qui secoue encore notre barque. Les épreuves, les tempêtes, et finalement la mort physique ne sont pas épargnées aux croyants. Les eaux sont le symbole des forces du mal et de la mort. La réalité quotidienne est d’affronter les vents contraires et la mer agitée. Jésus domine ces forces du mal, cet évènement est une annonce de la résurrection à venir. Jésus ressuscité est le signe de notre victoire, signe posé dans l’histoire des hommes. Les disciples, pour marcher sur les eaux, ne doivent pas attendre la fin de la tempête qui durera jusqu’à la fin des temps. La présence de Dieu est une présence délicate et ténue qui ne s’impose pas par la force, elle se déploie dans une faiblesse apparente. A la suite de Jésus, les Apôtres Pierre et Paul continuent le même combat.

"En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.

Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Lorsque Pierre suit Jésus sur les eaux agitées, le vent souffle, mais Pierre ne s’en effraye pas, confiant dans la Parole et l’exemple de Jésus. Mais dès que Pierre prend en considération les forces contraires, il prend peur, et il coule. Jésus doit le saisir par la main pour le sauver de la noyade. La délicatesse de Dieu dans sa présence à nos côtés est remarquable. Il ne s’impose pas face aux puissances de la mort et du mal. Nous suivons Jésus à la suite des apôtres malgré notre pauvreté et notre petitesse. Nous marchons sur les eaux de l’adversité avec la grâce de Jésus, avec la force de l’Esprit Saint. Depuis deux mille ans, la puissance de Dieu est donnée à tous ceux qui mettent leur confiance en Jésus.

« Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. »

Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » En invitant Pierre à le suivre, Jésus l’invite à participer à sa victoire sur la mort et le mal. Nous faisons confiance à la Parole de Jésus, à son invitation à participer dès ici-bas à sa victoire. Jésus le premier a traversé la mort sans être englouti par les eaux. La puissance de vie de Jésus ne s’impose pas avec fracas sur les puissances de mort. Jésus marche sur les eaux. Il est le maître de la vie, il connaît la puissance de vie qui l’habite. Il laisse la mer et le vent se déchaîner car ils ne peuvent rien contre lui. Ainsi, Jésus nous assure que nous aussi, avec lui, nous traverserons les eaux de la mort. Nous aurons, nous aussi, à marcher sur des eaux agitées et à affronter des vents contraires. C’est quand Jésus sera monter dans notre barque que nous serons vainqueur avec lui. Nous comprenons que Pierre ait douté de sa capacité à résister aux éléments qui se déchaînaient contre lui. En Jésus réside la plénitude de la divinité, et rien ne peut l’engloutir. Marcher sur les eaux, signifie pour nous la rencontre de Jésus dans le quotidien au temps de l’Eglise.

Prière:

Seigneur ne pleure plus, pardonne nos petitesse à cause de nos doutes. Tu as pitié de Jérusalem à cause de leur comportement, car ils ne t'ont pas reconnu. Pourtant certains sont amour, à cause d'eux prend pitié, accorde leur le pardon. Parce que nous avons confiance en toi, en ta tendresse, que nous acceptons les missions que tu nous donne à chacun de nous.
Parce que nous t'aimons, nous ne craigons pas d'agir en ton nom.

Seigneur !écoute-nous, exauce nous.

Emounawh

18 novembre 2021

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Ah ! si tu reconnait en ce jour ce qui donne la paix, bénit soit-tu

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Nous suivrons l’Alliance de nos pères » (1 M 2, 15-29)
Lecture du premier livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là,  les hommes envoyés par le roi Antiocos pour contraindre les gens à l’apostasie arrivèrent dans la ville de Modine pour y organiser des sacrifices.
    Beaucoup en Israël allèrent à eux ; Mattathias et ses fils vinrent à la réunion.
    Les envoyés du roi prirent la parole pour dire à Mattathias :
« Tu es un chef honoré et puissant dans cette ville, soutenu par des fils et des frères.
    Avance donc le premier, et exécute l’ordre du roi, comme l’ont fait toutes les nations,
les hommes de Juda et ceux qui sont restés à Jérusalem.
Alors, toi et tes fils, vous serez les amis du roi.
Toi et tes fils, vous serez comblés d’argent, d’or et de cadeaux nombreux. »
    Mattathias répondit d’une voix forte :
« Toutes les nations qui appartiennent aux États du roi peuvent bien lui obéir en rejetant chacune la religion de ses pères, et se conformer à ses commandements ;
    mais moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l’Alliance de nos pères.
    Que le Ciel nous préserve d’abandonner la Loi et ses préceptes !
    Nous n’obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion,
ni à droite ni à gauche. »

    Dès qu’il eut fini de prononcer ces paroles, un Juif s’avança en présence de tout le monde pour offrir le sacrifice, selon l’ordre du roi, sur cet autel de Modine.
    À cette vue, Mattathias s’enflamma d’indignation et frémit jusqu’au fond de lui-même ; il laissa monter en lui une légitime colère, courut à l’homme et l’égorgea sur l’autel.
    Quant à l’envoyé du roi, qui voulait contraindre à offrir le sacrifice, Mattathias le tua à l’instant même, et il renversa l’autel.
    Il s’enflamma d’ardeur pour la Loi comme jadis Pinhas contre Zimri.
    Alors Mattathias se mit à crier d’une voix forte à travers la ville :
« Ceux qui sont enflammés d’une ardeur jalouse pour la Loi, et qui soutiennent l’Alliance, qu’ils sortent tous de la ville à ma suite. »
    Il s’enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la ville.
    Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s’en allèrent vivre au désert.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 49 (50), 1-2, 5-6, 14-15)
R/ À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu. (cf. Ps 49, 23cd)

Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant jusqu’au soleil couchant.
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.

« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d’un sacrifice mon alliance.
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge, c’est Dieu !

« Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »

ÉVANGILE
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! » (Lc 19, 41-44)
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
    « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix !
Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
    Oui, viendront pour toi des jours 
où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Mais où est le danger ?
Se laisser glisser lentement parce que c'est une chute avec anesthésie, on ne s'en rend pas compte, mais lentement on glisse, on relativise les choses et on perd la fidélité à Dieu.

Et combien de fois oublions-nous le Seigneur pour entrer en négociation avec d'autres dieux:
l'argent, la vanité, l'orgueil.

Mais cela se fait lentement et s'il n'y a pas la grâce de Dieu, tout est perdu.

 

(Homélie à Sainte-Marthe du 13 février 2020)

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La parabole des talents Faites-les fructifier

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 19,11-28.
 

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.
Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”
Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”
Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”
À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge.
En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ;
alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”
On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !
– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Pape François
Audience générale du 05/06/2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
«
Faites-les fructifier »


Je voudrais m'arrêter aujourd'hui sur la question de l'environnement, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire en diverses occasions. (…) Lorsque nous parlons d'environnement, de la création, ma pensée va aux premières pages de la Bible, au livre de la Genèse, où l'on affirme que Dieu a établi l'homme et la femme sur terre afin qu'ils la cultivent et qu'ils la gardent (2,15). Cela suscite en moi les questions suivantes : Que signifie cultiver et garder la terre ? Cultivons-nous et gardons-nous vraiment la création ? Ou bien est-ce que nous l'exploitons et nous la négligeons ? Le verbe « cultiver » me rappelle à l'esprit le soin que l'agriculteur prend de sa terre afin qu'elle porte du fruit et que celui-ci soit partagé : combien d'attention, de passion et de dévouement !

            Cultiver et garder la création est une indication de Dieu donnée non seulement au début de l'histoire, mais à chacun de nous ; cela fait partie de son projet ; cela signifie faire croître le monde avec responsabilité, en le transformant afin qu'il soit un jardin, un lieu vivable pour tous. Benoît XVI a rappelé à plusieurs reprises que ce devoir qui nous a été confié par Dieu Créateur exige de saisir le rythme et la logique de la création. Au contraire, nous sommes souvent guidés par l'orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, d'exploiter ; nous ne la « gardons » pas, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont il faut prendre soin. Nous sommes en train de perdre l'attitude de l'émerveillement, de la contemplation, de l'écoute de la création ; et ainsi, nous ne sommes plus capables d'y lire ce que Benoît XVI appelle « le rythme de l'histoire d'amour de Dieu avec l'homme ». Pourquoi est-ce le cas ? Parce que nous pensons et vivons de façon horizontale, nous nous sommes éloignés de Dieu, nous ne lisons pas ses signes.

            Mais « cultiver et garder » ne comprend pas seulement le rapport entre nous et l'environnement (…), cela concerne également les relations humaines (...) Nous vivons actuellement un moment de crise ; nous le voyons dans l'environnement, mais surtout (…), la personne humaine aujourd'hui est en danger, voilà l'urgence de l'écologie humaine !

 

Méditation de l'Evangile du père Gabriel

Les talents nous sont offerts. Nous avons l'Espérance du Royaume entre les mains. Mais seuls ceux qui choisissent le Seigneur pour Roi, sans annexer pour eux-mêmes le pouvoir, seuls ceux qui ne capitalisent pas leurs talents, en les serrant dans le mouchoir de leur vie terrestre, entreront dans le Royaume des Cieux.

La parabole des talents

Comme Jésus monte à nouveau vers Jérusalem (vers sa Passion, pour Lui, vers la Royauté, pensent beaucoup), la foule trépigne car elle croit pressentir le Règne de Dieu tout proche. Jésus leur raconte alors la parabole des mines et des talents pour détromper leur espérance terrestre, y soulignant cette opposition qui bientôt Le conduira à la croix :

"Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous." Ce sera le cri des princes des prêtres à Pilate : "Nous n'avons pas d'autre roi que César !"

Voilà donc ce que Jésus met dans la bouche de ses concitoyens, car c'est Lui, évidemment, le Roi qui part pour un pays lointain, le pays de son Père, et toute la parabole n'est que la prédiction de sa Passion, de sa mort, de sa Résurrection et de son lointain retour glorieux. Car Il reviendra. Mais va s'installer d'abord, après son départ, après sa mort, une longue période d'attente.

Non, le retour du Seigneur n'est pas pour demain et n'a rien à voir avec une royauté terrestre, immédiate, qui donnerait l'autonomie à Israël.

Le Royaume de Dieu est parmi nous bien sûr, mais tout autre. Il débute par une période de lutte, dont le Roi semble absent. Retourné près du Père, Il est invisible. C'est le temps de la Foi. Et pourtant, Il a donné ses consignes avant de partir :

"Ayant appelé dix serviteurs qu'il avait, il leur donna dix mines et leur dit : faites-les valoir jusqu'à ce que je revienne" Le mot de Jésus emprunté à la langue du négoce veut dire : "Faites de bonnes affaires".

Les talents nous sont offerts. Nous avons l'Espérance du Royaume entre les mains. Mais seuls ceux qui choisissent le Seigneur pour Roi, sans annexer pour eux-mêmes le pouvoir, seuls ceux qui ne capitalisent pas leurs talents, en les serrant dans le mouchoir de leur vie terrestre, entreront dans le Royaume des Cieux.

Il s'agit toujours de choisir les chemins difficiles de la liberté chrétienne. Ces chemins ne sont ni ceux du pouvoir ni ceux de la richesse, mais ceux du don de soi-même.

Dans l'ordre surnaturel et du Royaume, notre faible activité humaine, appuyée sur l'amour envers ce Roi lointain, et sur la confiance sans faille de son retour, cette activité se voit comblée par la réponse royale :

"Au lieu de dix mines gagnées, voici dix villes à gouverner".

Notre train-train quotidien sera transformé en gloire éternelle, si nous avons su rester fidèle au roi lointain, dans la foi :

"Un homme de noble origine s'en alla vers un pays lointain, dans le dessein de recevoir la royauté et de revenir"

Mais celui qui refusera l'amour dans le quotidien perdra irrémédiablement tout car non seulement la seule récompense valable, la vision de Dieu lui échappera, mais il maudira cette vie terrestre vide et mal employée. La phrase de Jésus, dans sa forme passive, indique la stupeur de celui qui réalise brusquement le vide de sa vie et voit que l'essentiel, par sa faute, lui file entre les doigts.

"Je vous le dis : à quiconque possède, on donnera ; mais à qui n'a rien, on enlèvera même ce qu'il a..."

Je trouve d'ailleurs mal traduite la phrase : "Mais à qui n'a rien, on enlèvera même ce qu'il a". Dieu apparaît, dans le texte français, comme un tyran sadique qui se réjouit de ruiner encore davantage le malheureux à qui échappe la Vie Eternelle. Mais le sens est tout autre dans le texte originel de Jésus : le passif "est enlevé" ne s'applique pas à Dieu, mais à celui qui, dans un retour sur lui-même se rend bien compte que "lui est enlevé", même la consolation du bonheur terrestre qu'il croyait posséder.

En effet, les plaisirs, les biens, le pouvoir, tout cela n'est vraiment rien que du vent face à la Vie Eternelle qui lui échappe de par sa propre faute. Et cela, il ne le voit que trop clairement.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

“Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”

"En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu."

Comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même. Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.” A quelques jours de la fête du Christ-Roi de l’univers, cette parole de Dieu nous concerne particulièrement. La liturgie, de jours en jours, nous propose de faire fructifier les dons que nous avons reçus. C’est vers la Passion de son amour que Jésus nous entraine ! Près de Jérusalem, à quelques jours des Rameaux, certains crieront : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Le lendemain nous entendrons aussi : « À mort, crucifie-le ! » Ainsi Tout ce qui est donné à vivre nous entraine vers le Royaume de Dieu et le fait advenir si nous consentons à accomplir en nous l’œuvre de Dieu. Dans cette parabole, chacun reçoit une pièce d’or. Dieu donne des dons à tous, que seuls, certains feront fructifier. Au baptême nous recevons tous le don de la foi, de l’espérance et de la charité. Il nous appartient de faire en sorte que ces dons grandissent, s’épanouissent et portent du fruit. Enfants de Dieu et héritiers du Royaume du ciel, nous nous efforçons de développer ces dons en maintenant notre cœur fixé sur les choses du ciel. Nous mettons notre confiance dans la divine Providence, en aimant Dieu et en montrant cet amour par la charité envers notre prochain.

"Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”

 Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté. Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.” Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.” Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.” À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.” Dieu fait don du même salut, de la même Parole, du même Esprit Saint, sans parler des grâces variées qu’il dispense à chacun. Mais tous n’ont pas le même zèle pour faire valoir ces dons à la gloire de leur Maître absent. Car le secret du service, c’est l’amour éprouvé pour Celui que l’on sert. Plus cet amour est grand, plus grand est le dévouement. Nous sommes le Corps du Christ, devenir ce que nous sommes est notre appel. C’est Jésus lui-même, dans son mystère, qui est le « Moyen » de réaliser notre vie, pour devenir l’enfant du Père par adoption. Une mine a été confiée à chacun de nous, sa valeur est proportionnelle à notre « activité » dans l’Amour.

"Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge."

En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”… Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Servir le Roi de gloire dans l’Esprit Saint, c’est porter un fruit qui demeure dans la charité, à la suite de Jésus. Il nous offre sa vie dans le mystère de la Croix ! Jésus est envoyé par le Père, fortifié dans l’Esprit Saint, encouragé par Marie pour que nous ayons la vie. En attendant qu’il revienne, nous voulons vivre en fidélité aux valeurs du Royaume et témoigner qu’il est notre Roi dès maintenant. Marie est un modèle pour nous, elle accompagne Jésus jusqu’à la croix, elle est la banque dont parle Jésus. Elle était préfigurée par la mère des martyrs d’Israël qui accompagne ses fils qui vont donner leur vie. « Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé. C’est le Créateur du monde qui façonne l’enfant à l’origine. Et elle dit pour le dernier : Je t’ai porté neuf mois dans mon sein, je t’ai allaité pendant trois ans, je t’ai nourri. Je t’en conjure, regarde le ciel ». Cette belle méditation nous est proposée pour que nous devenions une bonne terre qui va donner un bon fruit, pour que nous conformions notre visage au visage de Jésus dans notre marche vers le Père.

Prière:

Ô Seigneur toi qui est amour, mets en nous l'amour qui permet de vivre selon Ta Loi et selon l'Enseignement de Notre Seigneur et Roi, afin que nous faisions fructifier le ou les dons que tu nous as mis en nous. Les plaisirs, les biens, le pouvoir, tout cela n'est que du vent face à la Vie Eternelle, soutient nous pour qu'elle ne nous échappe pas, à cause de nos fautes. 

Mets en nos cœurs la responsabilité pour devenir le jardinier de la planète afin que la vie soit vitale pour tous. Que nous affronterions unis, en urgence contre tous les dangers de la Terre et de l'univers. Amen

17 novembre 2021

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Pourquoi n'as-tu pas mis mon argent à la Banque

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Le Créateur du monde vous rendra l’esprit et la vie » (2 M 7, 1.20-31)
Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là, sept frères avaient été arrêtés avec leur mère.
À coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiocos voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.
    Leur mère fut particulièrement admirable et digne d’une illustre mémoire :
voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, elle le supporta vaillamment parce qu’elle avait mis son espérance dans le Seigneur.
    Elle exhortait chacun d’eux dans la langue de ses pères ; cette femme héroïque leur parlait avec un courage viril :
    « Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles.
Ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit et la vie, qui ai organisé les éléments
dont chacun de vous est composé.
    C’est le Créateur du monde qui façonne l’enfant à l’origine, qui préside à l’origine de toute chose.
Et c’est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l’esprit et la vie, parce que, pour l’amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence. »

    Antiocos s’imagina qu’on le méprisait, et soupçonna que ce discours contenait des insultes.
Il se mit à exhorter le plus jeune, le dernier survivant.
Bien plus, il lui promettait avec serment de le rendre à la fois riche et très heureux s’il abandonnait les usages de ses pères :
il en ferait son ami et lui confierait des fonctions publiques.
    Comme le jeune homme n’écoutait pas, le roi appela la mère, et il l’exhortait à conseiller l’adolescent pour le sauver.

    Au bout de ces longues exhortations, elle consentit à persuader son fils.
    Elle se pencha vers lui, et lui parla dans la langue de ses pères,trompant ainsi le cruel tyran :
« Mon fils, aie pitié de moi :
je t’ai porté neuf mois dans mon sein, je t’ai allaité pendant trois ans, je t’ai nourri et élevé jusqu’à l’âge où tu es parvenu, j’ai pris soin de toi.
    Je t’en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre avec tout ce qu’ils contiennent :
sache que Dieu a fait tout cela de rien, et que la race des hommes est née de la même manière.
    Ne crains pas ce bourreau, montre-toi digne de tes frères et accepte la mort, afin que je te retrouve avec eux au jour de la miséricorde. »

    Lorsqu’elle eut fini de parler, le jeune homme déclara :
« Qu’attendez-vous ? Je n’obéis pas à l’ordre du roi, mais j’écoute l’ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse.
    Et toi qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux,
tu n’échapperas pas à la main de Dieu. »

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 16 (17), 1.2b, 5-6, 8.15)
R/ Au réveil, je me rassasierai de ton visage, Seigneur. (Ps 16, 15)

Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière :
mes lèvres ne mentent pas.
Tes yeux verront où est le droit.

J’ai tenu mes pas sur tes traces :
jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

Garde-moi comme la prunelle de l’œil ;
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

ÉVANGILE
« Pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? » (Lc 19, 11-28)
Alléluia. Alléluia.
C’est moi qui vous ai choisis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, dit le Seigneur.
Alléluia. (cf. Jn 15, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole :
il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu
allait se manifester à l’instant même.
    Voici donc ce qu’il dit :
« Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain
pour se faire donner la royauté et revenir ensuite.
    Il appela dix de ses serviteurs,
et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ;
puis il leur dit :
“Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
    Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire :
“Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”

    Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
    Le premier se présenta et dit :
“Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.”
    Le roi lui déclara :
“Très bien, bon serviteur !
Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”
    Le second vint dire :
“La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.”
    À celui-là encore, le roi dit :
“Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
    Le dernier vint dire :
“Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge. En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.”
    Le roi lui déclara :
“Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais :
tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ?
À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
    Et le roi dit à ceux qui étaient là :
“Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.”
    On lui dit :
“Seigneur, il a dix fois plus !
    – Je vous le déclare :

on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.
    Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »

    Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Cultiver la mémoire:
la mémoire du salut, la mémoire du peuple de Dieu, la mémoire qui a rendu forte la foi de ce peuple persécuté par cette colonisation idéologico-culturelle.

La mémoire est ce qui nous aide à surmonter tout système éducatif pervers.

Et puis, la maman. La maman qui parlait "dans la langue des pères" :
elle parlait en dialecte.

Et il n'y a pas de colonisation culturelle qui puisse venir à bout du dialecte.

(Homélie à Sainte-Marthe du 23 novembre 2017)

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Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 19,1-10.

 

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)


tertiaire dominicaine, docteur de l'Église,
copatronne de l'Europe

Lettre 119 au prieur des religieux olivétains, n° 73 (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 750-752)
« Zachée courut et grimpa sur un sycomore »


Voici un doux remède lorsque le cœur est bas et petit, il faut faire comme Zachée, qui n'était pas grand, et qui monta sur un arbre pour voir Dieu. Son zèle lui mérita d'entendre cette douce parole : Zachée, allez à votre maison, car aujourd'hui j'ai besoin de manger avec vous.

            Nous devons faire ainsi lorsque nous sommes bas, lorsque nous avons le cœur étroit et peu de charité ; il faut monter sur l'arbre de la très sainte Croix, et là nous verrons, nous toucherons Dieu, là nous trouverons le feu de son ineffable charité, l'amour qui l'a fait courir jusqu'aux opprobres de la Croix, qui l'a exalté, et lui a fait désirer avec l'ardeur de la faim et de la soif l'honneur de son Père et notre salut. (…) Si nous le voulons, si notre négligence n'y met pas d'obstacle, nous pourrons, en montant sur l'arbre de la Croix, accomplir en nous cette parole, sortie de la bouche de la Vérité : « Quand je serai levé en haut, j'attirerai tout à moi » (Jn 12,32). Il faudrait un cœur dur comme le diamant pour n'être pas attendri par un si grand amour. Dès que le cœur est blessé de cette flèche, il monte de toutes ses forces, et non seulement l'homme se purifie, mais l'âme, pour laquelle Dieu a fait toute chose, se dépouille de ses imperfections. (…)

            Montez sur cet arbre très saint, où sont les fruits mûrs de toutes les vertus que porte le corps du Fils de Dieu ; courez avec ardeur. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus amour.

 

Méditation de l'Evangile du père Gabriel


Dieu nous attend. D'où l'extraordinaire invitation faite à Zachée et à travers lui à nous tous, par le Seigneur : « Zachée, descends vite, car il faut qu'aujourd'hui Je demeure dans ta maison »

 

Le regard de Jésus transperce et transforme. Dans l'histoire de Zachée, il est noté que, lorsque celui-ci grimpe sur un sycomore :

« Jésus levant les yeux, lui dit : Zachée, descends vite, car il faut qu'aujourd'hui Je demeure dans ta maison »

Avec quel plaisir Jésus lève les yeux vers cet homme perché sur son arbre et que sa recherche du Christ avait à ce point grandi. Regard plein de bonté, d'ironie sans doute, mais si engageant que rapidement voici Zachée aux pieds du Maître :

« Et Zachée se hâta de descendre et reçut Jésus avec joie »

L'appel de Jésus s'adresse à tous ceux qui le cherchent : « Zachée, descends vite, car il faut qu'aujourd'hui Je demeure dans ta maison ». On rejoint ici le prologue de Jean, au chapitre 1 de son Évangile, au verset 9 : « La lumière, la Vraie, celle qui éclaire tout homme, entrant dans le monde. » « Oui, le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. »

Dieu nous attend. D'où l'extraordinaire invitation faite à Zachée et à travers lui à nous tous, par le Seigneur : « Zachée, descends vite, car il faut qu'aujourd'hui Je demeure dans ta maison »

Jésus a donc transformé la vie de cet homme. D'un homme riche et méprisé il s'est fait un ami. Ce percepteur aura désormais le courage de choisir le difficile chemin de la liberté et de se compromettre en compagnie du Prophète ; il renonce même à la fortune acquise avec tant d'âpreté !

« Or Zachée, debout, dit en face du Seigneur : Voici, Seigneur, que je donne aux pauvres la moitié de mes biens. Si j'ai fait tort à quelqu'un en quelque chose, je rends quatre fois autant »

Voilà l'Espérance et la Liberté que nous apporte le Seigneur.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

« Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. »
Entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. Et voici un homme appelé du nom de Zachée ; c’était un chef de publicains, et qui était riche. Et il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait à cause de la foule, car il était petit de taille.

Il courut donc en avant et monta sur un sycomore pour voir Jésus, qui devait passer par là. Pour chacun de nous, ce que Jésus veut nous dire chaque jour, c’est que le salut est venu pour nous. Zachée, le publicain, était vraiment en quête de son Seigneur : « Il cherchait à voir qui était Jésus. » Au milieu des soucis de son métier, fatigué du mépris des autres, dégoûté de tant d’années perdues à frauder la justice, Zachée n’avait plus qu’une idée, qu’un visage, qu’un nom en tête : Jésus. Devant Jésus, il pourrait s’expliquer ; avec Jésus il pourrait recommencer sa vie. Jésus, à chaque moment de notre vie, nous propose une rencontre nouvelle, comme pour Zachée, qui lui aussi est un vrai fils d’Abraham. Jésus sait lire, bien au-delà de tout ce que l’on peut dire sur cet homme qui a un cœur et qui veut aimer. Peut-être avait-il mal orienté ses énergies et ses affections, mais il voulait voir Jésus. Le cri de Jésus rejoint son cœur : « Zachée, descends vite ! » Alors Zachée revient à ce qui est essentiel dans sa vie, à l’origine de son premier amour. Avec Zachée, l’Evangile qui nous est donné nous propose de recommencer, de nous remettre en route pour un amour nouveau.

Arrivé en cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite, car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi. »

Et vite il descendit et le reçut avec joie. Ce que voyant, tous murmuraient et disaient : « Il est allé loger chez un homme pécheur ! » Notre misère c’est d’avoir perdu courage et de traîner notre vie en nous résignant à des compromis. Zachée savait reconnaître ses limites et il agissait en conséquence. Avec sa petite taille, il aurait pu, perdu dans la foule, se tenir pour battu. L’espérance le rend inventif, qu’importe le handicap : pour voir Jésus, il trouvera bien une astuce ! Il nous faut transformer nos impuissances en désir car nous avons peur d’être seuls, d’être petits aux yeux de tous, et cela nous paralyse. La joie de Jésus est peinée par la contestation qui jaillit autour de lui. La joie de Zachée est contagieuse pour ses amis. Reconnu dans son être profond, regardé avec la vraie dimension de son cœur, Zachée entre dans une vie de partage et d’amour. Nous avons nous aussi à entrer dans cette joie, chaque jour, nous choisissons Jésus qui nous appelle pour demeurer chez nous. Alors nous expérimentons l’amour de notre première rencontre avec Jésus, la merveille de cette vie avec Dieu.

« Zachée, debout, dit au Seigneur : « Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai extorqué quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. »

Et Jésus lui dit : « Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Ce qui importe, jour après jour, c’est d’accueillir Jésus avec joie. C’est ce que Zachée nous apprend. Nous avons beaucoup reçu, de quel trésor sommes-nous en quête ? Jésus s’invite parmi nous dans sa maison de prière, il nous donne part à son Corps et à son Sang. Nous lui offrons notre volonté de conversion avec toutes les maladresses de notre cœur. Il vient nous chercher et sauver en nous ce qui déjà était perdu. Nous lui offrons-lui nos mains ouvertes, pour qu’il y dépose sa joie. Grace à cette Bonne Nouvelle, nous sommes remis devant notre propre histoire. Dans la vie chrétienne, le temps et les épreuves risquent de nous affadir sans même que nous nous en rendions compte. La Parole de Dieu attire notre attention pour nous remettre debout et amplifier l’ardeur de notre amour. Jésus s’invite chez nous, il lui suffit de voir qu’il est attendu, il lui suffit de rencontrer notre regard et d’y lire, avec notre détresse, une petite lueur de foi et de sincérité.

Prière:

Esprit-Saint par ta grâce donne-nous la force d’être éternellement avec Jésus, et de respecter sa loi en gardant l'humilité pour ne pas avoir de jugement  contraire à l'enseignement de Jésus. Amen.

Emounawh

16 novembre 2021

 

 

 

 

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Dieu nous a aimés, il a envoyé son Fils comme Pardon pour nos péchés

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« En choisissant de mourir pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé le noble exemple d’une belle mort » (2 M 6, 18-31)
Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là, Éléazar était l’un des scribes les plus éminents.
C’était un homme très âgé, et de très belle allure.
On voulut l’obliger à manger du porc en lui ouvrant la bouche de force.
    Préférant avoir une mort prestigieuse plutôt qu’une vie abjecte, il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice, après avoir recraché cette viande, comme on doit le faire quand on a le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger, même par amour de la vie.

    Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège le connaissaient de longue date.
Ils le prirent à part et lui conseillèrent de faire apporter des viandes dont l’usage était permis, et qu’il aurait préparées lui-même.
Il n’aurait qu’à faire semblant de manger les chairs de la victime pour obéir au roi ; en agissant ainsi, il échapperait à la mort et serait traité avec humanité grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux.
    Mais il fit un beau raisonnement, bien digne de son âge, du rang que lui donnait sa vieillesse, du respect que lui valaient ses cheveux blancs, de sa conduite irréprochable depuis l’enfance, et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu.
Il s’exprima en conséquence, demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts :
    « Une telle comédie est indigne de mon âge.
Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar, à 90 ans, adopte la manière de vivre des étrangers.
    À cause de cette comédie, par ma faute, ils se laisseraient égarer eux aussi ;
et moi, pour un misérable reste de vie, j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur.
    Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant.
    C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage, 
je me montrerai digne de ma vieillesse et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse
pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d’une belle mort. »
Sur ces mots, il alla tout droit au supplice.

    Pour ceux qui le conduisaient, ces propos étaient de la folie ;
c’est pourquoi ils passèrent subitement de la bienveillance à l’hostilité.
    Quant à lui, au moment de mourir sous les coups, il dit en gémissant :
« Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien :
alors que je pouvais échapper à la mort, j’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. »

    Telle fut la mort de cet homme.
Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 3, 2-3, 4-5, 6-7)
R/ Le Seigneur est mon soutien ! (Ps 3, 6b)

Seigneur, qu’ils sont nombreux mes adversaires,
nombreux à se lever contre moi,
nombreux à déclarer à mon sujet :
« Pour lui, pas de salut auprès de Dieu ! »

Mais toi, Seigneur, mon bouclier,
ma gloire, tu tiens haute ma tête.
À pleine voix je crie vers le Seigneur ;
il me répond de sa montagne sainte.

Et moi, je me couche et je dors ;
je m’éveille : le Seigneur est mon soutien.
Je ne crains pas ce peuple nombreux
qui me cerne et s’avance contre moi.

ÉVANGILE
« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)
Alléluia. Alléluia.
Dieu nous a aimés, il a envoyé son Fils comme Pardon pour nos péchés.
Alléluia. (1 Jn 4, 10b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
    Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
    Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
    Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui allait passer par là.
    Arrivé à cet endroit,
Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
    Vite, il descendit
et reçut Jésus avec joie.
    Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
    Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
    Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
    En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


Si vous avez un peu de temps aujourd'hui, prenez la Bible, le deuxième livre des Maccabées, et lisez cette histoire d'Eléazar. Cela vous fera du bien, cela vous donnera du courage, et cela vous donnera aussi la force et le soutien pour poursuivre votre identité chrétienne, sans compromis. (Homélie à Sainte-Marthe du 17 novembre 2015)

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