Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

evangile

Malheur à ceux qui enlève la clé de la connaissance car ne sont pas entrés, et ceux qui veulent y entrer sont empêchés.

ÉVANGILE
« Cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie » (Lc 11, 47-54)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.
Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Quel malheur pour vous,
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes,
alors que vos pères les ont tués.
    Ainsi vous témoignez
que vous approuvez les actes de vos pères,
puisque eux-mêmes ont tué les prophètes,
et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
    C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit :
Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ;
parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
    Ainsi cette génération devra rendre compte
du sang de tous les prophètes
qui a été versé depuis la fondation du monde,
    depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie,
qui a péri entre l’autel et le sanctuaire.
Oui, je vous le déclare :
on en demandera compte à cette génération.
    Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi,
parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ;
vous-mêmes n’êtes pas entrés,
et ceux qui voulaient entrer,
vous les en avez empêchés. »
    Quand Jésus fut sorti de la maison,
les scribes et les pharisiens
commencèrent à s’acharner contre lui
et à le harceler de questions ;
    ils lui tendaient des pièges pour traquer
la moindre de ses paroles.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Jésus mange chez un pharisien

Jésus entre donc pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les mains.“Jésus entra et se mit à table. Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas d'abord lavé, avant de déjeuner”

 

Méditation de l'évangile du mercredi 15 octobre

 

Jésus entre donc pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les mains.

“Jésus entra et se mit à table. Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas d'abord lavé, avant de déjeuner”

Les purifications légales étaient innombrables. La piété de Jésus est d'un tout autre ordre, elle consiste pour Lui dans un amour intérieur vis-à-vis de Dieu, Père, et non en des gestes traditionnels et superficiels. Pour Lui, l'eau bénite ne remplace pas la charité.

Cette hypocrisie l'écoeure et Il le dit : “Donc vous, pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat ; mais votre intérieur est rempli de rapine et de malveillance “

Il ne mâche pas ses mots et a le courage de dire leur fait aux pharisiens, gens en place, à l'influence redoutable.

“Insensés ! Est-ce que celui qui a fait le dehors n'a pas fait le dedans aussi ?”

L'humour ne manque pas, lorsqu'Il leur conseille de se débarrasser de toute leur vaisselle pour être purs définitivement : “Toutefois, donnez le contenu en aumône et voici que tout est pur pour vous”

Jésus est hors de Lui et ses invectives traduisent son indignation devant cette religion monstrueuse à ses yeux, où les valeurs sont inversées. On offre à Dieu, au Père, “la dîme de la menthe et de la rue et de tous les légumes”, mais l'amour et la justice sont bafoués à son égard et à l'égard de nos frères.

“Mais malheur à vous, pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de tous les légumes, et qui omettez la justice et l'amour de Dieu ! Mais c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans omettre cela”

Le texte de Matthieu précise, et la liste ironique des légumes (fenouil et cumin) nécessaires pour cette “sainte cuisine”, et la liste “des points les plus graves de la loi, justice, compassion et bonne foi” parfaitement ignorés !

Jésus souligne cette démangeaison, ce prurit de toujours vouloir paraître, qui nous guette tous, gens d'église ou simples fidèles : “Malheur à vous, pharisiens, qui aimez être assis au siège d'honneur dans les synagogues, et à être salués sur les places !”. Cela sent son “grand catholique”.

Jésus, encore une fois, éclate devant l'hypocrisie, les façades blanchies qui ne cachent qu'immondices.

Cette invective à l'égard des pharisiens “sépulcres blanchis” ne manquait pas de piquant, quand on connaît la répulsion des juifs pour tout ce qui entraînait l'impureté légale. Les tombeaux étaient en tête de liste. D'où l'ironie de ces reproches :

“Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis, lesquels vus du dehors paraissent splendides, mais à l'intérieur sont pleins d'ossements de morts et de toute sortes d'immondices. De la même façon, vous aussi, votre extérieur vous donne aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais à l'intérieur vous êtes plein d'hypocrisie et d'iniquité”. .

Jésus nous libère d'une religion hypocrite et routinière où les multiples préceptes et traditions, inventés par les hommes, nous dispensent de l'amour et de la justice. Il nous met aussi en garde contre toute attitude orgueilleuse et méprisante vis-à-vis de la foi populaire.

“Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la chef de la science ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et vous avez empêché ceux qui entraient”.

La “Science”, sans l'amour, est stérile, surtout dans ce domaine de la science du salut des humbles. Pour Jésus, cette prétention de détenir la vérité absolue, avec cette morgue et ce dédain des petits, est intolérable. C'est un détournement des biens essentiels devenus une liste de détails : “Vous avez dérobé la clef de la science”.

 

Père Gabriel

Saint Grégoire de Narek
(v. 944-v. 1010)

moine et poète arménien

Le Livre de prières, n°77, I-III ; SC 78 (trad. I. Kéchichian; Éd. du Cerf 1961, p. 414-416; rev.)

« Les scribes et les pharisiens se mirent à lui en vouloir terriblement et le harcelaient »

Avec une crainte mêlée d'allégresse, j'estime souhaitable de dire ici quelque chose des souffrances que tu as endurées pour moi, toi le Dieu de tous !

 

Tu t'es tenu debout au tribunal de ta créature,

dans une nature qui était la mienne ;

Tu n'as pas parlé, ô Toi qui donnes la parole ;

Tu n'as pas élevé la voix, toi qui crées la langue ;

Tu n'as pas crié, ô Toi qui ébranles la terre ; (...)

Tu n'as pas livré à la honte celui qui te livrait aux tourments de la mort ;

Tu n'as pas opposé de résistance lorsqu'on Te liait,

et lorsqu'on te souffletait, tu ne t'es pas indigné.

Lorsqu'on crachait sur Toi, Tu n'as pas injurié,

et lorsqu'on te donnait des coups de poing,

tu n'as point frémi. Lorsqu'on se moquait de toi,

tu ne t'es pas courroucé, et lorsqu'on te bafouait,

tu n'as pas altéré ton visage (Is 50,7). (…)

Loin de te donner un instant de répit, toi la source de vie, aussitôt ils t'ont préparé, pour le porter, l'instrument de la mort. Tu l'as reçu avec magnanimité, tu l'as pris avec douceur, tu l'as soulevé avec patience ; tu t'es chargé, comme si tu étais un coupable, du bois des douleurs ! 

Homélie du Père Gilbert Adam

 

Sainte Thérèse d’Avila

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon 

"Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.

 

Thérèse a enseigné, par l’oraison, comment nous pouvons porter un bon fruit pour le Seigneur Jésus. La puissance d’amour qui habitait le cœur de Thérèse était nourrie par sa vie de foi en Jésus présent en elle. « Le Seigneur dit un jour à Thérèse : Jusqu’ici tu ne fus pas entièrement à moi ; maintenant que tu es tout à moi, sache que je suis tout à toi. » Dieu brûle d’un désir extrême de s’unir à nous ; mais il faut que nous aussi, nous prenions soin de nous unir à lui. Jésus parle de deux arbres, le bon arbre qui porte un bon fruit, le mauvais arbre qui porte du mauvais fruit. Il est impossible que nous soyons le bon arbre qui porte de temps en temps du mauvais fruit. Nous pouvons laisser notre conscience s’endormir, et faire le contraire de ce que Jésus nous a enseigné, jusqu’à être crucifié pour nous. Nous ne devons pas nous laisser arrêter par nos fragilités. Au contraire, nous nous en servons comme d’un tremplin pour aller vers le cœur de Dieu plein de miséricordieuse tendresse. Le Carmel est une grande école ou l’on apprend à rencontrer le Dieu caché, à l’intime de soi-même : "O Trinité que j’adore," disait Élisabeth de la Trinité. Nous sommes une louange de gloire, temple de l’Esprit Saint, à l’école de la Vierge Marie ! Thérèse a tenu bon.

"Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. Thérèse d’Avila, voyageait avec les moyens de transport qui la faisait beaucoup souffrir. Elle traversait son pays avec de jeunes religieuses pour fonder des monastères. Quand elle trouvait un abri dans l’auberge du pays, elle y passait la nuit dans les veilles. Sa vie était un pèlerinage, « une nuit passée dans une mauvaise auberge, » disait-elle. Elle s’est prononcée pour Jésus avec un grand amour. Quand elle avait acquis une maison dans un endroit propice, aussitôt Jésus, le Roi d’amour, était exposé dans le Saint Sacrement. Les sœurs, éclairées par Thérèse, pouvaient alors adorer leur Seigneur. C’est la puissance de Dieu qui agissait en elle comme elle agit toujours dans l’Église malgré et au travers de notre grande faiblesse. Pour rendre témoignage à son Amour et porter de bons fruits, Dieu nous donne son Esprit Saint. Il est l’Esprit Consolateur et le Maître de notre vie tout entière. L’accueillir, nous laisser être aimé par lui qui nous donne d’être nous-mêmes est notre appel. Il fait de nous ses témoins. Nous persévérons dans notre travail, dans notre famille et dans la société en témoins de Jésus.

"L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Nous demandons à Dieu la grâce de l’ardeur qui habitait le cœur de Thérèse. Aujourd’hui, elle resplendit de la beauté de Jésus qui nous demande aussi de vivre dans la lumière de l’Amour. La conscience de cet Amour change notre vie. C’est un ferment qui pénètre chaque instant de notre journée, chacune de nos relations. Nous nous laissons aimer gratuitement et sans mesure par le Dieu qui n’est qu’Amour et Miséricorde. Témoigner de cet amour est la gloire de Dieu dans notre vie. C’est le grand bonheur que nous ne pouvons pas garder pour nous. C’est dans la faiblesse humaine que se déploie la puissance de l’Amour infini de Dieu. Là est un grand mystère d’espérance. Dieu qui a ressuscité Jésus, agit dans notre faiblesse et dans notre misère. Les puissances du monde et de l’enfer peuvent se déchaîner, elles sont impuissantes face au souffle d’Amour du cœur de Dieu. Si quelqu’un se tient debout dans la foi, les yeux fixés sur Jésus le Sauveur, la force, le pouvoir du Christ agit en lui.

Nous demandons la grâce de comprendre la beauté et la puissance de l’amour infini de Dieu qui s’exerce dans notre faiblesse.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

​​​​​​​

Voir les commentaires

N'oublions pas l'amour de Jésus est gratuit et exigeant, ne perdons pas cette clé d'amour

PAROLE DU JOUR
banner parola.jpg
Date15/10/2020

LECTURE DU JOUR

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens
(Ep 1, 1-10)

Paul, apôtre du Christ Jésus
par la volonté de Dieu,
à ceux qui sont sanctifiés et habitent Éphèse,
ceux qui croient au Christ Jésus.
À vous, la grâce et la paix
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.

Béni soit Dieu, le Père
de notre Seigneur Jésus Christ !
Il nous a bénis et comblés
des bénédictions de l’Esprit,
au ciel, dans le Christ.

Il nous a choisis, dans le Christ,
avant la fondation du monde,
pour que nous soyons saints, immaculés
devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés
à être, pour lui, des fils adoptifs
par Jésus, le Christ.

Ainsi l’a voulu sa bonté,
à la louange de gloire de sa grâce,
la grâce qu’il nous donne
dans le Fils bien-aimé.

En lui, par son sang,
nous avons la rédemption,
le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce
que Dieu a fait déborder jusqu’à nous
en toute sagesse et intelligence.

Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté,
selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :

pour mener les temps à leur plénitude,
récapituler toutes choses dans le Christ,
celles du ciel et celles de la terre.

ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
(Lc 11, 47-54)

En ce temps-là, Jésus disait :
« Quel malheur pour vous,
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes,
alors que vos pères les ont tués.
Ainsi vous témoignez
que vous approuvez les actes de vos pères,
puisque eux-mêmes ont tué les prophètes,
et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit :
Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ;
parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte
du sang de tous les prophètes
qui a été versé depuis la fondation du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie,
qui a péri entre l’autel et le sanctuaire.
Oui, je vous le déclare :
on en demandera compte à cette génération.
Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi,
parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ;
vous-mêmes n’êtes pas entrés,
et ceux qui voulaient entrer,
vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison,
les scribes et les pharisiens
commencèrent à s’acharner contre lui
et à le harceler de questions ;
ils lui tendaient des pièges pour traquer
la moindre de ses paroles.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Même Jésus semble un peu implacable contre ces docteurs de la loi, parce qu’il leur dit des choses fortes. Il leur dit des choses fortes et très dures. «Vous avez emporté la clé de la connaissance, vous n’êtes pas entrés, et à ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés, parce que vous avez emportés la clé», c’est-à-dire la clé de la gratuité du salut, de cette connaissance. (…) Mais la source est l’amour; l’horizon est l’amour. Si tu as fermé la porte et que tu as emporté la clé de l’amour, tu ne seras jamais à la hauteur de la gratuité du salut que tu as reçu. (Homélie à Sainte-Marthe, 15 octobre 2015)

Voir les commentaires

Servir le Seigneur, ce n'est pas le zèle qui prend les apparences du meilleur. mais d'agir sans crainte humblement

ÉVANGILE
« Quel malheur pour vous, pharisiens ! Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous ! » (Lc 11, 42-46)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous payez la dîme
sur toutes les plantes du jardin,
comme la menthe et la rue
et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu.
Ceci, il fallait l’observer,
sans abandonner cela.
    Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues,
et les salutations sur les places publiques.
    Quel malheur pour vous,
parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas
et sur lesquels on marche sans le savoir. »

    Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit :
« Maître, en parlant ainsi,
c’est nous aussi que tu insultes. »
    Jésus reprit :
« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous,
parce que vous chargez les gens
de fardeaux impossibles à porter,
et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux
d’un seul doigt. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE

Le monde a besoin d’hommes et de femmes qui  ne soient pas fermés, mais qui soient remplis d’Esprit Saint.

La fermeture à l’Esprit Saint n’est pas seulement un manque de liberté, mais c’est un péché.

Il y a tellement de manières de se fermer à l’Esprit Saint: dans l’égoïsme de son propre avantage, dans le légalisme rigide, dans le manque de mémoire pour ce que Jésus a enseigné, dans le fait de vivre la vie chrétienne non comme un service, mais par intérêt personnel, et ainsi de suite (…).

Le monde a besoin des fruits, des dons de l’Esprit Saint. (Homélie de la solennité de la Pentecôte, 24 mai 2015)

Il est dangereux de s'opposer aux gens en place

La hargne des pharisiens ne connaît plus de borne et ils sont là à entourer Jésus pour lui poser mille questions. Ils rusent, pour le surprendre et le traîner dans la boue.

Méditation de l'évangile du mercredi 14 octobre

Devant le génie puissant et souple de Jésus, ses ennemis enragent. Il pénètre si bien leur psychologie nationale !

Il la met à nu pour leur montrer du doigt leurs vieux péchés : esprit littéral, haine du prophète, de l'Envoyé de Dieu.

Leur hargne ne connaît plus de borne et ils sont là à l'entourer pour lui poser mille questions. Ils rusent, pour le surprendre et le traîner dans la boue. Il est si dangereux de s'opposer aux gens en place.

“Et lorsqu'Il fut sortit de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à être terriblement mécontents et à le faire parler sur divers sujets, lui tendant des embûches pour surprendre quelque parole de sa bouche”

Père Gabriel

 

        Bienheureux Columba Marmion
(1858-1923)

abbé

Le bon zèle (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 533-534 ; rev.)

Le zèle amer des pharisiens

Il se rencontre des formes de mauvais zèle qui prennent les apparences du bon. C’est, par exemple, le zèle des pharisiens, stricts observateurs de la loi extérieure. Ce zèle « amer » (…) a sa source non dans l’amour de Dieu et du prochain, mais dans l’orgueil. Ceux qui en sont atteints sont remplis de l’estime déréglée de leur propre perfection ; ils ne conçoivent pas d’autre idéal que le leur ; tout ce qui ne s’y accorde pas est nécessairement blâmé ; ils veulent tout plier à leur manière de voir et de faire : de là les dissensions ; ce zèle aboutit à la haine.

Voyez avec quelle âpreté les Pharisiens, animés de ce zèle, poursuivaient le Seigneur, lui posant des questions insidieuses, lui tendant des pièges et des embûches, cherchant non à connaître la vérité, mais à prendre le Christ en défaut. Voyez comme ils le pressent, comme ils le provoquent à condamner la femme adultère : « Moïse nous ordonne de lapider cette femme ; vous, Maître, que dites-vous ? » (Jn 8,5). Voyez comme ils lui reprochent d’opérer des guérisons le jour du sabbat (Lc 6,7) ; comme ils font grief aux disciples de froisser des épis le jour du repos (Mt 12,2) ; comme ils se scandalisent de voir le divin Maître prendre ses repas avec des pécheurs et des publicains (Mt 9,2) ; autant de manifestations de ce « zèle amer » où il entre si souvent de l’hypocrisie.

Homélie du Père Gilbert Adam

« Quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous aimez avoir le premier siège dans les synagogues et être salués sur les places publiques ! »

"Mais quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous payez la dîme de la menthe, de la rue et de toutes les plantes potagères, et vous négligez la justice et l’amour de Dieu ! C’est cela qu’il fallait pratiquer, sans omettre le reste."

Jésus attire l’attention des pharisiens sur les pratiques cultuelles et sur la justice. Nous voyons le danger de ne plus agir que selon le faire, sans ouverture vers l’être, vers l’amour de Dieu. La plus terrible réalité de l’homme serait de ne plus exister que par une attitude extérieure, figée, froide. Ces errances provoquent la tristesse dans notre cœur et ne mènent à rien. Ces actions extérieures nous emmènent à la jalousie, à la colère, à l’envie, aux division. Il nous faut laisser tomber toutes ces fausses obligations qui nous tiennent et nous tuent. C’est une maladie de ne plus s’appliquer à l’exigence de l’appel intérieur de la vie. Nous voulons recevoir gratuitement la Source d’eau vive qui coule du Cœur de Dieu et qui nous réchauffe au plus intime de nous-mêmes. Vivre de Dieu qui habite en nous pour devenir un être nouveau est notre appel ! L’Esprit Saint renouvelle en nous constamment le don de Dieu. Que de fois nous aurions envie de nous laisser aller à la tristesse. Que la paix de Dieu soit vraiment notre soutien ! La patience conduit à la persévérance, la persévérance conduit l’espérance et l’espérance conduit à la charité.

« Quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous aimez avoir le premier siège dans les synagogues et être salués sur les places publiques !

 Jésus sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. Il parle fort pour nous réveiller et nous faire changer de vie. Il nous dit clairement que ce qui compte c’est la justice et l’Amour de nos frères. Jésus ne peut pas accepter que nous puissions nous servir de la parole de Dieu pour nous faire honorer en choisissant les meilleures places. Au contraire, nous devons nous mettre au service de la Parole et de son Royaume, dans l’humilité. Comme Jésus s’est abaissé pour nous sauver, nous voulons nous faire petits devant nos frères. Jésus reproche aux docteurs de la loi d’avoir fait de la religion une "chose" lourde à porter. De demander aux autres de faire les choses qu’ils ne font pas eux-mêmes. C’est l’image du « moi » égoïste, jouisseur, accapareur si difficile à gérer en nous, et qui veut la première place ! Nous redisons que nous choisissons Dieu, que nous voulons vivre de son amour. Si nous ne sommes pas vigilants, nous nous laissons aller à un vent de mensonge. L’humilité est un lieu si vital dans notre vie, c’est vraiment le lieu le plus important. Nous savons que sans l’Esprit Saint nous ne gouvernons pas notre vie ! Seul l’Esprit Saint a vraiment le pouvoir de gouverner notre vie dans la Paix.

"Quel malheur pour vous ! Vous êtes comme les tombeaux que rien ne signale, et sur lesquels on marche sans le savoir !" 

Les Pharisiens sont encore parmi nous. Nous succombons à l’hypocrisie et au manque de sincérité. Cela entraîne une dissonance, une fracture entre ce que nous croyons, nos paroles et nos actions. Les souffrances et les amertumes de notre vie viennent de l’indécision avec laquelle nous nous donnons à Dieu. Du don total et sans hésitation, de notre don définitif à Dieu, jaillissent le bonheur et la paix. C’est dans un plus grand engagement, dans l’amour pour la personne de Jésus notre Sauveur, que se donne la Vie. Jésus nous sauve par sa Passion, sa mort et sa Résurrection, son amour pour nous est sans limites. Nous voulons répondre à cet amour, grandir dans un amour brûlant qui nous fera vaincre toutes les incohérences de notre vie chrétienne. C’est notre personne spirituelle qui unifie notre vie et nous fait sortir des tombeaux. L’être le plus profond en nous doit prendre toute sa place. Nous voulons nous situer en Dieu. Notre combat est de nous couper sans cesse de tout ce qui n’est pas selon le plan d’amour de Dieu. Nous faisons alors l’expérience de l’arbre planté près du ruisseau. Il y a des printemps, des étés, des automnes et des hivers. Ce sont aussi les étapes de notre vie spirituelle. Notre détermination est d’être cet arbre planté près du ruisseau de la foi, de l’espérance et de la charité, triple jaillissement de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit Saint en nous.

Nous demandons à l’Esprit Saint la grâce de demeurer à la Source intérieure qui nous renouvelle et nous donne de faire de notre vie un feu de joie et d’amour.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

M’écrire

Voir les commentaires

Rester humble, et souffrir dans l'âme pour sauver nos frères et soeurs en suivant notre Seigneur Jésus

PREMIÈRE LECTURE
« Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises » (Ga 5, 18-25)

Frères,
    si vous vous laissez conduire par l’Esprit,
vous n’êtes pas soumis à la Loi.
    On sait bien à quelles actions mène la chair :
inconduite, impureté, débauche,
    idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité,
jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme,
    envie, beuveries, orgies
et autres choses du même genre.
Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait :
ceux qui commettent de telles actions
ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
    Mais voici le fruit de l’Esprit :
amour, joie, paix, patience,
bonté, bienveillance, fidélité,
    douceur et maîtrise de soi.
En ces domaines, la Loi n’intervient pas.
    Ceux qui sont au Christ Jésus
ont crucifié en eux la chair,
avec ses passions et ses convoitises.
    Puisque l’Esprit nous fait vivre,
marchons sous la conduite de l’Esprit.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 1, 1-2, 3, 4.6)
R/

Qui marche à ta suite, Seigneur,
aura la lumière de la vie

Heureux est l’homme
     qui n’entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
     planté près d’un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu’il entreprend réussira.
Tel n’est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
     balayée par le vent.
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.

ÉVANGILE
« Quel malheur pour vous, pharisiens ! Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous ! » (Lc 11, 42-46)

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous payez la dîme
sur toutes les plantes du jardin,
comme la menthe et la rue
et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu.
Ceci, il fallait l’observer,
sans abandonner cela.
    Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues,
et les salutations sur les places publiques.
    Quel malheur pour vous,
parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas
et sur lesquels on marche sans le savoir. »

    Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit :
« Maître, en parlant ainsi,
c’est nous aussi que tu insultes. »
    Jésus reprit :
« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous,
parce que vous chargez les gens
de fardeaux impossibles à porter,
et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux
d’un seul doigt. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Voir les commentaires

 Donnez en aumônes ce que vous avez, et tout sera pur pour vous, ce qui rend « impurs, » c’est la « cupidité. »

ÉVANGILE
« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.» (Lc 11, 37-41)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    pendant que Jésus parlait,
un pharisien l’invita pour le repas de midi.
Jésus entra chez lui et prit place.
    Le pharisien fut étonné
en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions
précédant le repas.
    Le Seigneur lui dit :
« Bien sûr, vous les pharisiens,
vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat,
mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis
de cupidité et de méchanceté.
    Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur
n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?
    Donnez plutôt en aumône ce que vous avez,
et alors tout sera pur pour vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Là où il y a de la rigidité, il n’y pas l’Esprit de Dieu, parce que l’Esprit de Dieu est liberté.

Et ces gens voulaient avancer en enlevant la liberté de l’Esprit de Dieu et la gratuité de la rédemption: «Pour être justifié, tu dois faire cela, cela, cela, et cela…».

La justification est gratuite.

La mort et la résurrection du Christ sont gratuites.

Ça ne se paye pas, ça ne s’achète pas: c’est un don!

Et eux ne voulaient pas faire cela.

(Homélie à Sainte-Marthe, 15 mai 2020) 

Jésus mange chez un pharisien

Jésus entre donc pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les mains.“Jésus entra et se mit à table. Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas d'abord lavé, avant de déjeuner”

 

Méditation de l'évangile du mardi 13 octobre

Jésus entre donc pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les mains.

“Jésus entra et se mit à table. Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas d'abord lavé, avant de déjeuner”

Les purifications légales étaient innombrables. La piété de Jésus est d'un tout autre ordre, elle consiste pour Lui dans un amour intérieur vis-à-vis de Dieu, Père, et non en des gestes traditionnels et superficiels. Pour Lui, l'eau bénite ne remplace pas la charité.

Cette hypocrisie l'écoeure et Il le dit : “Donc vous, pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat ; mais votre intérieur est rempli de rapine et de malveillance “

Il ne mâche pas ses mots et a le courage de dire leur fait aux pharisiens, gens en place, à l'influence redoutable.

“Insensés ! Est-ce que celui qui a fait le dehors n'a pas fait le dedans aussi ?”

L'humour ne manque pas, lorsqu'Il leur conseille de se débarrasser de toute leur vaisselle pour être purs définitivement : “Toutefois, donnez le contenu en aumône et voici que tout est pur pour vous”

Jésus est hors de Lui et ses invectives traduisent son indignation devant cette religion monstrueuse à ses yeux, où les valeurs sont inversées. On offre à Dieu, au Père, “la dîme de la menthe et de la rue et de tous les légumes”, mais l'amour et la justice sont bafoués à son égard et à l'égard de nos frères.

“Mais malheur à vous, pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de tous les légumes, et qui omettez la justice et l'amour de Dieu ! Mais c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans omettre cela”

Le texte de Matthieu précise, et la liste ironique des légumes (fenouil et cumin) nécessaires pour cette “sainte cuisine”, et la liste “des points les plus graves de la loi, justice, compassion et bonne foi” parfaitement ignorés !

Jésus souligne cette démangeaison, ce prurit de toujours vouloir paraître, qui nous guette tous, gens d'église ou simples fidèles : “Malheur à vous, pharisiens, qui aimez être assis au siège d'honneur dans les synagogues, et à être salués sur les places !”. Cela sent son “grand catholique”.

Jésus, encore une fois, éclate devant l'hypocrisie, les façades blanchies qui ne cachent qu'immondices.

Cette invective à l'égard des pharisiens “sépulcres blanchis” ne manquait pas de piquant, quand on connaît la répulsion des juifs pour tout ce qui entraînait l'impureté légale. Les tombeaux étaient en tête de liste. D'où l'ironie de ces reproches :

“Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis, lesquels vus du dehors paraissent splendides, mais à l'intérieur sont pleins d'ossements de morts et de toute sortes d'immondices. De la même façon, vous aussi, votre extérieur vous donne aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais à l'intérieur vous êtes plein d'hypocrisie et d'iniquité”. .

Jésus nous libère d'une religion hypocrite et routinière où les multiples préceptes et traditions, inventés par les hommes, nous dispensent de l'amour et de la justice. Il nous met aussi en garde contre toute attitude orgueilleuse et méprisante vis-à-vis de la foi populaire.

“Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la chef de la science ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et vous avez empêché ceux qui entraient”.

La “Science”, sans l'amour, est stérile, surtout dans ce domaine de la science du salut des humbles. Pour Jésus, cette prétention de détenir la vérité absolue, avec cette morgue et ce dédain des petits, est intolérable. C'est un détournement des biens essentiels devenus une liste de détails : “Vous avez dérobé la clef de la science”.

Père Gabriel

Saint Raphaël Arnáiz Barón
(1911-1938)

moine trappiste espagnol

Écrits spirituels, 04/03/1938 (trad. A. Rodriguez, o.p. ; éds. Cerf 2008, p. 374-375, rev.)

« Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous »

 

Dieu se trouve dans le cœur détaché, dans le silence de la prière, dans la souffrance comme sacrifice volontaire, dans le vide du monde et de ses créatures... Dieu est dans la croix et, tant que nous n'aimerons pas la croix, nous ne le verrons pas, nous ne le sentirons pas... Taisez-vous, les hommes, qui n'arrêtez pas de faire du bruit !

Ah, Seigneur, que je suis heureux dans ma retraite ! Comme je t'aime dans ma solitude ! Comme je voudrais t'offrir ce que je n'ai plus, car je t'ai tout donné ! Demande-moi, Seigneur... Mais que puis-je te donner ? Mon corps, tu l'as déjà, il est à toi ; mon âme, Seigneur, vers quoi soupire-t-elle, si ce n'est vers toi, pour qu'à la fin tu finisses par la prendre ? Mon cœur est aux pieds de Marie, pleurant d'amour, et sans plus rien vouloir que toi. Ma volonté..., par hasard, Seigneur, je désire ce que tu ne désires pas ? Dis-le moi ; dis-moi, Seigneur, quelle est ta volonté et je mettrai la mienne à l'unisson. J'aime tout ce que tu m'envoies et me donnes, aussi bien la santé que la maladie, aussi bien être ici qu'être là, aussi bien être une chose qu'une autre ; ma vie..., prends-la, Seigneur, quand tu voudras. Comment ne pas être heureux ainsi ?

Si le monde et les hommes savaient... Mais ils ne sauront pas : ils sont très occupés avec leurs intérêts, ils ont le cœur très plein de choses qui ne sont pas Dieu. Le monde vit beaucoup pour une fin terrestre ; les hommes rêvent de cette vie, dans laquelle tout est vanité, et ainsi, ils ne peuvent pas trouver le vrai bonheur qui est l'amour de Dieu. Peut-être qu'on arrive à comprendre ce bonheur, mais pour le ressentir il y en a très peu qui renoncent à eux-mêmes et prennent la croix de Jésus... (Mt 16,24), même parmi les religieux... Seigneur, quelles choses me permets-tu !...

Ta sagesse sait ce qu'elle fait. Moi, tiens-moi dans ta main, et ne permets pas que mon pied glisse, car, sans toi, qui viendra à mon aide ? Et « si tu ne bâtis la maison... » (Ps 126,1) Ah, Seigneur, comme je t'aime !... Jusqu'à quand, Seigneur !...

 

Homélie du Père Gibert Adam
« Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous »
"Tandis que Jésus parlait, un pharisien l’invite à déjeuner chez lui. Il entra et se mit à table. Le pharisien vit avec étonnement qu’il n’avait pas fait les ablutions rituelles avant le déjeuner."

 

Le Seigneur lui dit : Vous, les pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapacité et de méchanceté. La Parole de Jésus est très actuelle. Jésus se préoccupe de la purification intérieure de notre cœur. Les pharisiens insistent sur les purifications rituelles extérieures. Toutes les purifications extérieures sont relativisées face à l’amour nouveau que Jésus est venu instaurer ! Jésus veut resituer toutes les « purifications. » Il y a un danger à appartenir à une élite qui s’abrite derrière des intérêts religieux puissants. L’Alliance nouvelle de Dieu est gravée dans notre cœur, elle est un don gratuit de Dieu. Elle nous donne la véritable humilité. Elle est plus difficile à exercer que les purifications rituelles extérieures. Il nous faut regarder l’intérieur de notre cœur plutôt que les apparences extérieures de notre vie. L’aumône est le remède qui nous décentre de nous même. Elle nous tourne vers les autres, et nous incite à constater la souffrance de notre prochain en tentant de la soulager.

"Mais le Seigneur lui dit : Gens déraisonnables ! celui qui a fait le dehors n’a–t–il pas fait aussi le dedans ?" 

Jésus nous demande de vivre dans l’amour. Il rappelle au Pharisien qu’une abondance de règles peut jeter la confusion et rendre les hommes aveugles. Une adhésion servile aux règlements peut devenir une idolâtrie si nous l’utilisons comme une méthode de glorification de soi. Les pratiques extérieures d’ablution doivent rejoindre la préparation à l’amour de Dieu et du prochain. Le Pharisien écoutait Jésus avec une vive attention. Le monde a besoin de beaucoup d’amour pour prendre soin des pauvres et de ceux qui souffrent. Jésus nous invite à creuser l’amour de Dieu que nous vivons par la foi en l’enracinant dans notre cœur qui est sa demeure. A l’origine, l’amour de Dieu se donne au cœur de Marie pour le transformer. C’est cet amour qui la purifie dés sa conception. Marie est attirée par Dieu, silencieuse, elle est à son service, toute attentive à Celui qui vit au plus intime de son être. Le Don part du cœur de Dieu et transforme le cœur humain.

« Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » 

Dieu envoie Jésus qui agrandit notre capacité d’amour. Il peut agir à son gré chez nous, comme dans sa demeure. Jésus se donne entièrement quand nous nous donnons entièrement. Ce qui nous rend « impurs, » c’est la « cupidité. » Elle fausse notre regard et nous fait voir en l’autre un rival que nous traitons avec « méchanceté. » Tout ce que nous gardons égoïstement pour nous-mêmes, voilà ce qui nous rend impurs, et nous accuse devant Dieu. Nous faisons don de tout ce que nous recevons de Dieu. A travers lui, nous faisons alliance avec tous nos frères en humanité. En faisant alliance avec Dieu, nous faisons alliance avec le plus petit des enfants des hommes. Marie, qui a porté Jésus à travers le peuple de Dieu, préfigurait l’Église qui annonce le mystère de Dieu. Quand nous célébrons l’Alliance que Dieu établit avec nous par l’Eucharistie, Jésus manifeste son sacrifice, l’amour qu’il désire voir à l’œuvre dans notre vie.

Nous demandons la grâce d’être renouvelés par une ardente charité.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

​​​​​​​

Voir les commentaires

La parole de Dieu: juge nos actions selon les intentions et les pensées du cœur, pas ce qui est visible auux yeux de tous.

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité » (Ga 5, 1-6)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères,
    c’est pour que nous soyons libres
que le Christ nous a libérés.
Alors tenez bon,
ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.
    Moi, Paul, je vous le déclare :
si vous vous faites circoncire,
le Christ ne vous sera plus d’aucun secours.
    Je l’atteste encore une fois :
tout homme qui se fait circoncire
est dans l’obligation de pratiquer la loi de Moïse tout entière.
    Vous qui cherchez la justification par la Loi,
vous vous êtes séparés du Christ,
vous êtes déchus de la grâce.
    Nous, c’est par l’Esprit, en effet,
que de la foi nous attendons la justice espérée.
    Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur,
ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non,
mais c’est la foi, qui agit par la charité.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 118 (119), 41.43, 44-45, 47-48)

R/ Que vienne à moi, Seigneur, ton amour. (Ps 118, 41a)

Que vienne à moi, Seigneur, ton amour,
et ton salut, selon ta promesse.
N’ôte pas de ma bouche la parole de vérité,
car j’espère tes décisions.

J’observerai sans relâche ta loi,
toujours et à jamais.
Je marcherai librement,
car je cherche tes préceptes.

Je trouve mon plaisir en tes volontés,
oui, vraiment, je les aime.
Je tends les mains vers tes volontés, je les aime,
je médite sur tes ordres.

ÉVANGILE
« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.» (Lc 11, 37-41)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    pendant que Jésus parlait,
un pharisien l’invita pour le repas de midi.
Jésus entra chez lui et prit place.
    Le pharisien fut étonné
en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions
précédant le repas.
    Le Seigneur lui dit :
« Bien sûr, vous les pharisiens,
vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat,
mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis
de cupidité et de méchanceté.
    Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur
n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?
    Donnez plutôt en aumône ce que vous avez,
et alors tout sera pur pour vous. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Voir les commentaires

Les œuvres charitable au nom du Seigneur, sans la vrai miséricorde ne servent à rien.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Le signe de Jonas, le vrai, est celui qui nous donne l’assurance d’être sauvés par le sang du Christ. Tant de chrétiens pensent qu’ils seront sauvés uniquement grâce à ce qu’ils font, à leurs œuvres. Les œuvres sont nécessaires mais elles sont une conséquence, une réponse à cet amour miséricordieux qui nous sauve. Mais les œuvres seules, sans cet amour miséricordieux, ne servent à rien. (Homélie à Sainte-Marthe, 14 octobre 2013) 

«Cette génération est une génération mauvaise: elle demande un signe»

Abbé Raimondo M. SORGIA Mannai OP(San Domenico di Fiesole, Florencia, Italie)

Aujourd'hui, la voix douce –mais sévère– du Christ met en garde ceux qui sont convaincus d'avoir déjà leur “ticket” pour le Paradis, parce qu'ils disent: «Jésus, comme tu es beau!». Le Christ a payé le prix de notre salut sans exclure qui que ce soit, mais il faut remplir certaines conditions élémentaires. Entre autres, celle de ne pas prétendre que le Christ fasse tout, nous rien. Ce serait non seulement une sottise, mais un mauvais orgueil. C'est pourquoi le Seigneur emploie aujourd'hui le mot “mauvais”: «Cette génération est une génération mauvaise: elle demande un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas» (Lc 11,29). Il l'appelle “mauvaise” parce qu'elle subordonne son éventuelle et condescendante adhésion à la condition de voir des miracles spectaculaires.

Jésus n'accepta jamais d'agir ainsi, même devant ses compatriotes de Nazareth, qui exigeaient qu'Il garantisse sa mission de prophète et de Messie par de prodigieux miracles, à savourer assis dans un fauteuil de cinéma. Mais c'est impossible: le Seigneur offre son salut à ceux-là seuls qui se soumettent à Lui par une obéissance qui naît de la foi, qui espère et se tait. Dieu requiert cette foi antécédente (qu'Il a mise en nous comme semence de grâce).

Contre cette caricature de foi, la reine de Saba se lèvera, elle qui vint des confins de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, alors que «il y a ici bien plus que Salomon» (Lc 11,31). Un proverbe dit: «Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre». Le Christ, condamné à mort, ressuscitera trois jours plus tard: à qui Le reconnaît, Il propose le salut; aux autres –quand Il reviendra comme Juge– il ne restera plus qu'à entendre la condamnation pour leur incrédulité obstinée. Prenons les devants: acceptons-Le avec foi et amour. Nous Le reconnaîtrons et Il nous reconnaîtra comme siens. Le serviteur de Dieu Don Albérione disait: «Dieu ne gaspille pas l'électricité: il éclaire les lampes nécessaires, toujours au bon moment»

Saint Claude la Colombière
(1641-1682)

jésuite

Réflexions chrétiennes (Écrits spirituels, coll. Christus n° 9, éd. DDB, 1982, p. 490.492 ; rev.)

Des raisons de croire ?

Les mauvais chrétiens manquent de foi, et ils ne le désavouent pas ; mais ils prétendent s’en excuser sur ce qu’ils manquent de raison de croire. De là vient qu’ils n’est rien de si commun à la bouche de plusieurs que ce discours : « Si j’avais vu un miracle, je serais un saint ». « Génération mauvaise et adultère ! Elle réclame un signe ! » (Mt 12,39), les méchants cherchent des miracles.

Ce qui est en cela de plus admirable, c’est que, quoiqu’ils en aient vu plusieurs, qu’il s’en fasse à leurs yeux chaque jour, qu’ils en soient, pour ainsi dire, tout environnés, ils ne cessent pas d’en chercher encore, comme les scribes et les pharisiens, ils en voulurent voir dans le ciel, après en avoir vu sur la terre. Mais ni les morts ressuscités durant la vie du Sauveur, ni l’éclipse du soleil à la mort, ne les rendirent fidèles ; leur envie en devint plus forte, leur haine plus envenimée ; l’une et l’autre alla jusqu’à la fureur, mais leur infidélité n’en fut pas guérie. Et ainsi en serait-il à l’égard de ceux qui, vivant mal, attendent des miracles pour croire : « Même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus » (Lc 16,31). (…)

Toutes les difficultés qui arrêtent les incrédules, toutes les contradictions qu’ils rencontrent dans les dogmes de la foi, tout ce qu’ils y trouvent d’apparentes contrariétés, tout ce qui leur paraît nouveau, surprenant, contraire au sens commun, contraire à la raison, inconcevable, impossible, tous leurs arguments, toutes leurs démonstrations prétendues, tout cela, bien loin de m’ébranler, m’affermit davantage, me rend inébranlable dans ma religion. (…) Tous les nouveaux doutes sont pour moi de nouvelles raisons de croire.​​​​​​​

Homélie du Père Gilbert Adam

« Cette génération… cherche un signe ; il ne lui sera pas donné d’autre signe que le signe de Jonas. »

​​​​​​​

Voir les commentaires

Notre Père nous invite à la noce de Jésus, nous sommes tous invités, seuls répondent les amoureux du Père, de Jésus et du Saint Esprit

ÉVANGILE
« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.
    Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
‘Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?’
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
‘Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE

La bonté de Dieu n’a pas de limites et ne discrimine personne: c’est pourquoi le banquet des dons du Seigneur est universel, pour tous. A tous est donnée la possibilité de répondre à son invitation, à son appel; personne n’a le droit de se sentir privilégié ou de revendiquer une exclusivité. Tout cela nous pousse à vaincre l’habitude de nous placer confortablement au centre, comme le faisaient les chefs des prêtres et les pharisiens. Cela ne doit pas se faire; nous devons nous ouvrir aux périphéries, en reconnaissant que même les exclus, même ceux qui sont rejetés et méprisés par la société sont l’objet de la générosité de Dieu. (Angélus, 12 octobre 2014)

 Les invités à la noce

Jésus en profite pour raconter à ses contemporains une parabole transparente… “Le Royaume des Cieux peut être comparé à un roi qui fit un festin de noces pour son fils, et il invita beaucoup de monde” L'allusion est claire. C'est l'histoire d'Israël, et, au-delà d'Israël, celle de toute l'humanité, invitée sous le chapiteau des Cieux, à la noce du Fils Bien-Aimé. Le Roi, c'est donc Yahvé, et le Fils, Jésus lui-même.


Méditation de l'évangile du dimanche 11 octobre

Jésus, invité chez l'un des principaux pharisiens, vient de donner un conseil pour le moins inattendu :

“Toi, lorsque tu donnes un repas, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; et tu seras heureux de ce qu'ils ne sont pas en état de te le rendre, car on te le rendra lors de la Résurrection des justes”

Cet appel de Jésus a bouleversé l'un des convives, car même un pharisien peut ouvrir son coeur à la Parole. Aussi celui-ci s'exclame-t-il : “Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu !”

Jésus en profite pour raconter à ses contemporains une parabole transparente… “Le Royaume des Cieux peut être comparé à un roi qui fit un festin de noces pour son fils, et il invita beaucoup de monde”

L'allusion est claire. C'est l'histoire d'Israël, et, au-delà d'Israël, celle de toute l'humanité, invitée sous le chapiteau des Cieux, à la noce du Fils Bien-Aimé. Le Roi, c'est donc Yahvé, et le Fils, Jésus lui-même.

Les invités n'ont pas voulu reconnaître l'Heure, l'Heure du Seigneur. En effet, après deux mille ans, la préparation s'achève, les temps sont révolus. Mais Israël décline l'invitation.

“Et il envoya son serviteur, à l'heure du dîner, dire aux invités : Venez, car c'est déjà prêt. Et tous ensemble se prirent à s'excuser”

Pauvres raisons humaines qui sentent le mercantilisme et l'égoïsme. Mais en fait tous s'esquivent et personne ne se dérange.

Devant ce premier refus, rappel de l'opposition rencontrée par les prophètes tout au long de l'Histoire, Dieu redouble de tendresse vis-à-vis de son peuple. Jésus souligne cette tendresse en décrivant tout le soin mis à la préparation de ce festin.

“Dites aux invités, voici que j'ai préparé mon déjeuner; les boeufs et les animaux gras ont été immolés ; et tout est prêt. Venez aux noces”

Vaine tendresse, car bientôt, allant plus loin que leurs pères, ils iront jusqu'à tuer le serviteur du roi.

Jésus met en pratique le conseil que Lui-même donnait aux invités. C'est à tous les hommes qu'Il veut voir annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume et transmise l'invitation du Père. Personne n'est exclu; bons ou mauvais : tous sont conviés…

“Et les serviteurs du roi, étant sortis sur les routes, ramassèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, mauvais et bons. Et la salle de noce fut remplie de convives qui se mirent à table”

Jésus, comme dans la parabole de l'ivraie, ne rétrécit pas l'accueil de Dieu. Il est offert aux bons comme aux mauvais, et la salle de noce est comble. Le texte de Luc précise que Dieu force tous les vagabonds à entrer chez Lui, dans sa maison, afin de la remplir.

“Va sur les chemins et vers les clôtures; et force-les d'entrer, afin que ma maison soit pleine”

Ce n'est certes pas là une image étriquée d'un ciel réservé à quelque élite spirituelle. Et c'est justement aux pharisiens, qui se croyaient justes, qu'Il tient ces propos. Ce sont les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux (les pécheurs) qu'Il appelle. Car, s'il n'a exclu personne, Il sait bien que les gens en place, que les gens riches, que les gens heureux ont toujours des excuses pour ne pas répondre à ses avances…

“Car Je vous affirme qu'un de ces hommes qui avait été invités ne goûtera à mon dîner !”

Israël laisse le pas aux païens du monde entier. Cela ne veut pas dire que l'on entre automatiquement dans le Royaume des Cieux. Non. Il faut être revêtu de la robe nuptiale pour prendre part au banquet.

Nous sommes des êtres libres. Dieu invite, propose, sollicite et attend notre oui. Dieu nous aime. Il ne collectionne pas des robots… car pour Lui, nous ne sommes pas des automates. Les invités refusent très consciemment, et ici de mettre l'habit de rigueur, et là de quitter leurs préoccupations :

“Le roi envoya ses serviteurs pour appeler les invités au festin des noces. Mais ils ne voulaient pas venir”

Pour aller vers Dieu, il est nécessaire de  se convertir, de se retourner vers Lui, de rompre avec nous-même. Il faut changer de veste et s'endimancher.

La parabole est si claire pour les contemporains de Jésus que :

Les pharisiens s'étant retirés tinrent conseil pour Le prendre au piège de leurs questions, Le prendre en défaut sur une parole, pour Le livrer au pouvoir et à l'autorité du gouverneur”

Ils allaient bientôt mettre à mort le Serviteur du Roi.


Père Gabriel

    Saint Grégoire le Grand
(v. 540-604)

pape et docteur de l'Église

Homélies sur l'Évangile, n°38

« Heureux les invités aux noces de l'Agneau » (Ap 19,9)

Avez-vous compris qui est ce roi, père d'un fils qui est lui-même roi ? C'est celui dont le psalmiste disait : « Dieu, donne au roi ton jugement, au fils du roi ta justice » (71,1). (...) « Il célébrait les noces de son fils. » Le Père a donc célébré les noces du roi son Fils, quand il lui a uni l'Église dans le mystère de l'Incarnation. Et le sein de la Vierge Mère a été la chambre nuptiale de cet Époux. C'est pourquoi un psaume dit encore : « Du soleil il a fait sa tente, et lui-même est comme un époux qui sort de son pavillon de noces » (Ps 18,5-6). (...)

 

Il a donc envoyé ses serviteurs pour inviter ses amis à de telles noces. Il les a envoyés une première fois et une deuxième fois, c'est-à-dire d'abord les prophètes, puis les apôtres, pour annoncer l'Incarnation du Seigneur. (...) Par les prophètes il a annoncé comme future l'Incarnation de son fils unique, et par les apôtres il l'a prêchée une fois accomplie. (...)

« Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce. » Aller à son champ, c’est s'adonner sans retenue aux tâches d'ici-bas. Aller à son commerce, c'est rechercher avidement son profit dans les affaires de ce monde. L'un et l'autre négligent de penser au mystère de l'Incarnation du Verbe, la Parole de Dieu, et d'y conformer leur vie. (...) Plus grave encore, certains, non contents de mépriser la bienveillance de celui qui les appelle, le persécutent. (...) Toutefois, le Seigneur ne laissera pas de places vides au festin des noces du roi son Fils. Il envoie chercher d'autres convives, car la parole de Dieu, bien qu'elle reste encore méconnue de beaucoup, trouvera bien un jour où se reposer. (...)​​​​​​​

 

Mais vous, frères, qui par la grâce de Dieu êtes déjà entrés dans la salle du festin, c'est-à-dire dans la sainte Église, examinez-vous bien attentivement, de peur qu'à son entrée, le roi ne trouve quelque chose à reprendre dans le vêtement de votre âme.​​​​​​​

Homélie du Père Gilbert Adam

Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus.

"Jésus se mit de nouveau à leur parler et leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils.

Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” Nous sommes invités au festin des noces de l’Agneau. Au cours des siècles, Dieu a invité son peuple à entrer en alliance avec lui, à partager son amour. Malheureusement, les hommes ont souvent répondu à l’invitation divine par de l’indifférence, du mépris et le rejet des prophètes. Dieu ouvre son invitation à des noces nouvelles dans la nouvelle Alliance. C’est une joie pour chacun de nous et un motif de reconnaissance pour Dieu notre Père. La célébration des noces sur la terre est préfiguratif de ce que nous pouvons imaginer du Royaume des cieux. Ce bonheur du ciel dépassera tout ce que nous pourrions en saisir, c’est la fête du bonheur d’être heureux ensemble. Tous les événements de notre vie nous préparent à ces noces, la liturgie nous y prépare en l’annonçant : "Heureux, les invités au festin des noces de l’Agneau." La construction de la communauté chrétienne est le signe, ou tous ensemble, « épouse du Christ, » nous nous préparons aux noces du Fils bien-aimé.

"Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. 

Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Cette invitation nous concerne particulièrement, nous qui avons entendu l’invitation de Jésus, et qui sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie. « Heureux sommes nous d’être invités au repas du seigneur ! » Nous connaissons bien cette invitation que le prêtre annonce après « l’Agneau de Dieu. » Elle est adressée à des foules innombrables, la foule de ceux qui ont revêtu le vêtement des bonnes œuvres. Chacune de nos eucharisties est comme une annonce et une anticipation de ce grand repas de noces. Ce sont les noces du fils du roi, du fils bien-aimé du Père, les noces du Christ qui épouse l’humanité. Nous commençons par bâtir, déjà sur la terre, une communauté nouvelle ou l’humanité vit selon le rythme de l’Esprit Saint pour préparer le Royaume de l’amour, de la justice et de la paix. Ainsi notre vie nous prépare à la rencontre nuptiale : « Heureux les invités au festin des noces de l’Agneau. » l’Eucharistie est un repas extraordinaire préparé par le Dieu qui nous sauve.

"Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” 

Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » Tous nous sommes invités sans distinction, sans privilège d’origine. Mais on ne peut pas s’approcher du Seigneur Dieu sans chercher à lui plaire, c’est-à-dire à nous revêtir du Christ, en accomplissant comme lui ce qui plaît au Père. Le vêtement de noce est le symbole des œuvres de notre conversion. Le livre de l’Apocalypse nous dit que le vêtement de lin dont sont revêtus les saints, ce sont leurs bonnes actions. Nous ne pouvons pas participer aux noces de l’agneau sans chercher à revêtir notre cœur de tendresse, de bonté, d’humilité et de douceur, de patience. « Vous avez revêtu le Christ », dira l’Apôtre. Le vêtement de noces est l’appartenance de l’épouse qui se donne à son Époux. Selon certaines coutumes de l’époque, à l’invitation pour les noces, on donnait à chacun un vêtement qui était le signe de ralliement, le plus pauvre recevait son vêtement. Encore nous faut-il accueillir le Christ, revêtir son plus grand amour quand nous sommes conviés aux noces de l’Agneau.

Nous demandons la grâce de nous préparer à la rencontre avec Jésus le Christ.

 

 

Voir les commentaires

Nous sommes tous appeler à vivre dans le royaume de Dieu, il suffit de lui répondre OUI à sa loi.

 

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Le Seigneur préparera un festin ; il essuiera les larmes sur tous les visages » (Is 25, 6-10a)

Lecture du livre du prophète Isaïe

    Le Seigneur de l’univers
préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,
un festin de viandes grasses et de vins capiteux,
un festin de viandes succulentes et de vins décantés.
    Sur cette montagne, il fera disparaître
le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples
et le linceul qui couvre toutes les nations.
    Il fera disparaître la mort pour toujours.
Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages,
et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple.
Le Seigneur a parlé.

    Et ce jour-là, on dira :
« Voici notre Dieu,
en lui nous espérions, et il nous a sauvés ;
c’est lui le Seigneur,
en lui nous espérions ;
exultons, réjouissons-nous :
il nous a sauvés ! »
    Car la main du Seigneur
reposera sur cette montagne.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ J’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
 (Ps 22, 6cd)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi,
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

DEUXIÈME LECTURE
« Je peux tout en celui qui me donne la force » (Ph 4, 12-14.19-20)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens

Frères,
    je sais vivre de peu,
je sais aussi être dans l’abondance.
J’ai été formé à tout et pour tout :
à être rassasié et à souffrir la faim,
à être dans l’abondance et dans les privations.   
Je peux tout
en celui qui me donne la force.
    Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires
quand j’étais dans la gêne.
    Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse,
magnifiquement,
dans le Christ Jésus.

    Gloire à Dieu notre Père
pour les siècles des siècles. Amen.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-14)

Alléluia. Alléluia.
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia. (cf. Ep 1, 17-18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.
    Le roi entra pour examiner les convives,
et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce.
    Il lui dit :
‘Mon ami, comment es-tu entré ici,
sans avoir le vêtement de noce ?’
L’autre garda le silence.
    Alors le roi dit aux serviteurs :
‘Jetez-le, pieds et poings liés,
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

    Car beaucoup sont appelés,
mais peu sont élus. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

ÉVANGILE
« Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22, 1-10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Jésus se mit de nouveau à parler
aux grands prêtres et aux pharisiens,
et il leur dit en paraboles :
    « Le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui célébra les noces de son fils.
    Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités,
mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
    Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :
‘Voilà : j’ai préparé mon banquet,
mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ;
tout est prêt : venez à la noce.’
    Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent,
l’un à son champ, l’autre à son commerce ;
    les autres empoignèrent les serviteurs,
les maltraitèrent et les tuèrent.
    Le roi se mit en colère,
il envoya ses troupes,
fit périr les meurtriers
et incendia leur ville.
    Alors il dit à ses serviteurs :
‘Le repas de noce est prêt,
mais les invités n’en étaient pas dignes.
    Allez donc aux croisées des chemins :
tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce.’
    Les serviteurs allèrent sur les chemins,
rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent,
les mauvais comme les bons,
et la salle de noce fut remplie de convives.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Voir les commentaires

Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique

ÉVANGILE
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ! – Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu ! » (Lc 11, 27-28)

Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent !
Alléluia. (Lc 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme Jésus était en train de parler,
une femme éleva la voix au milieu de la foule
pour lui dire :
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle,
et dont les seins t’ont nourri ! »
    Alors Jésus lui déclara :
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la gardent ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Quelle grâce quand un chrétien devient vraiment un «christo-phore», c’est-à-dire un «porteur de Jésus» dans le monde! En particulier pour ceux qui traversent des situations de deuil, de désespoir, de ténèbres et de haine. Et on comprend cela à tant de petits détails: à la lumière qu’un chrétien conserve dans le regard, à l’air de sérénité qui n’est pas même entamé dans les moments les plus compliqués, à l’envie de recommencer à aimer même quand on a fait l’expérience de nombreuses déceptions.

A l’avenir, quand on écrira l’histoire de notre époque, que dira-t-on de nous? Que nous avons été capables d’espérance, ou bien que nous avons mis notre lumière sous le boisseau?

Si nous sommes fidèles à notre baptême, nous diffuserons la lumière de l’espérance, le baptême est le début de l’espérance, cette espérance de Dieu, et nous pourrons transmettre des raisons de vie aux générations futures. (Audience générale, 2 août 2017)

Qui sont mes frères?

Oui., Dieu est un Père, mais seule la foi nous permet, (et non dans les belles paroles) d'entrer dans le mystère de la vie humaine et d'en accepter l'apparente fatalité destructive : un cancer, un deuil brutal, une fatalité écrasante,.. C'est portant là, au coeur de notre mystère, que Jésus affirme être notre frère

 Ma mère et mes frères
sont ceux qui écoutent la parole de Dieu,
et qui la mettent en pratique. »
 


Méditation de l'Evangile du samedi 10 octobre

Luc nous décrit une scène étonnante. Jésus est rentré dans la maison de son ami Pierre, à Capharnaüm. Ce ne sera guère du repos. Il sait bien qu'annoncer la Bonne Nouvelle est avant tout une affaire de contact. Et revenu à la maison, Il ne s'abandonne pas au confort de son intérieur. La foule le relance aussitôt, et Il ne prend même pas le temps d'avaler une bouchée de pain.

« Et ils viennent à la maison, et la foule s'y assemble de nouveau, de sorte qu'ils ne pouvaient même pas prendre de nourriture, Lui et ses apôtres »

Il se néglige au point de paraître complètement fou aux yeux de sa parenté.

« Et les siens, l'ayant appris, sortirent pour se saisir de Lui. Car on disait : Il est hors de Lui. Et sa mère et ses frères arrivent. Et se tenant dehors, ils l'envoyèrent demander.

Et la foule était assise autour de Lui. Et on lui dit : Voici dehors ta mère et tes frères qui te cherchent »

Ce qui est étonnant de vie, c'est ce double mouvement, et de la foule qui enserre Jésus, et des parents agacés, qui veulent le rejoindre. C'est aussi cette maison de Pierre, si bien décrite, je la vois bondée par une foule qui adore entendre sa Parole. Ils sont tous là, en cercle, autour de Lui, tout ouïe, tout oreille. Je les imagine, tassés comme harengs en caque, dans la petite cour intérieure de la demeure de Pierre, et Jésus qui promène sur eux son regard et leur donne l'étonnante réponse qui bouleverse à jamais les rapports entre Dieu et nous :

« Et répondant, Il dit : Qui est ma mère et qui sont mes frères ? »

Et jetant un regard sur ceux qui étaient en cercle autour de lui, Il dit :

” Voici ma mère et mes frères. Quiconque fait la volonté de Dieu”

Nous sommes un peu choqués à première vue par l'affirmation de Jésus :“Qui est ma mère, qui sont mes frères” ?

“Et, étendant la main vers ses disciples, il dit : ” Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère.”

Nous sommes choqués à cause de la Vierge Marie. Mais, en fait, qui mieux qu'elle a su écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique ! Luc , d'ailleurs, nous apporte une notation précise qui nous rappelle l'Annonciation :

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

N'est-ce- pas ce qui s'est accompli à la lettre en Marie ? Rappelons-nous le message de l'ange :

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur; que tout m'advienne selon ta parole. »

Le royaume de Dieu est ainsi offert, non pas simplement aux intimes du Seigneur, mais à tous ceux qui, avec courage, se contente de faire la volonté de Dieu dans le terrible quotidien. Jésus manifeste ici, comme toujours, une entière liberté d'esprit et d'action vis à vis de sa famille terrestre. Ce qui compte pour Lui, c'est de se conduire en Fils de Dieu, en se conformant à la volonté du Père.

Oui, Dieu est un Père, mais seule la foi nous permet, (et non dans les belles paroles) d'entrer dans le mystère de la vie humaine et d'en accepter l'apparente fatalité destructive. Car, que dire devant un cancer, un deuil brutal, une fatalité écrasante, comme la destruction de notre amour humain, conjugal ou familial ? C'est pourtant là, au coeur de notre mystère, que Jésus affirme être notre frère.


Père Gabriel

.

Saint Bernard (1091-1153)

moine cistercien et docteur de l'Église

5e Sermon pour l’Avent 1-3 (Livre des jours – Office romain des lectures ; Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame; © AELF Paris 1976; 1er mercredi de l' Avent; p. 14-15, rev.)

« Sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur » (Lc 2,51)

« Si quelqu'un m'aime, il gardera mes paroles, et mon Père l'aimera et nous viendrons à lui » (Jn 14,23). Ailleurs, j'ai lu : « Qui craint Dieu fera le bien » (Si 15,1). Mais je perçois qu'ici Jésus exprime quelque chose de plus en disant de celui qui l'aime : « Il gardera mes paroles ». Mais où les gardera-t-il ? Dans son cœur, sans aucun doute. Comme dit le prophète : « Dans mon cœur je conserve tes ordres pour ne point faillir envers toi » (Ps 118,11). (...)

Voici comment il te faut garder la parole de Dieu : en effet, « Heureux ceux qui la gardent » (Lc 11,28). Qu'on la fasse donc entrer dans ce qu'on peut appeler les entrailles de l'âme ; qu'elle passe dans les mouvements de ton cœur et dans ta conduite. Consomme ce qui est bien, et ton âme y trouvera avec joie de quoi s'y nourrir largement. N'oublie pas de manger ton pain pour ne pas laisser ton cœur se dessécher ; de bonne et grasse nourriture rassasie ton âme . Si de la sorte tu t'es mis à garder en toi la parole de Dieu, sans nul doute qu'elle ne te garde aussi. Le Fils viendra à toi, avec le Père ; il viendra, le grand prophète qui rétablira Jérusalem et « qui fera toutes choses nouvelles » (Ac 3,22; Jl 4,1; Ap 21,5).

Homélie du Père Gilbert Adam

« Heureuse, la mère qui t’a porté dans ses entrailles »

Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule

Cette femme défend Jésus pris à partie au milieu d’une foule hostile. Elle parle d’une autre femme, Marie, la mère de Jésus, et propose une béatitude supplémentaire. "Heureuse la femme qui t’a porté et allaité !" Elle souligne ainsi le bonheur de Marie. Ce faisant, elle rend indirectement hommage à Jésus son enfant. Jésus réplique en déplaçant la béatitude : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ! » Cette femme est surprise, saisie d’admiration par la réponse de Jésus. Elle magnifie encore plus la mère qui l’a porté. Marie a porté Jésus dans ses entrailles, elle est bienheureuse disait déjà Élisabeth. Marie a en effet le bonheur d’avoir un enfant comme Jésus ! L’émerveillement de cette femme porte sur la maternité qui est profondément enracinée dans la nature humaine. Elle est capable de Dieu et elle le rayonne. Jésus ouvre la route d’une démarche toute intérieure, en lien avec la Parole de Dieu. Si nous acceptons de recevoir la Parole de Dieu, si nous la gardons dans notre vie par la foi, elle la transforme et elle la glorifie.

La femme lui dit : « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! »

 Jésus opère un déplacement : Ce n’est pas une seule personne qui est heureuse, mais tous ceux qui écoutent la Parole. C’est un bonheur ouvert, sans limite, pour la multitude. Jésus s’intéresse au bonheur de celle qui est en face de lui. Il lui dit que le vrai bonheur est dans l’écoute de la Parole de Dieu. C’est cette écoute qui permet d’accéder à la vie spirituelle, à la vraie vie. Marie a reçu une grâce dans le choix de Dieu, elle l’a accepté : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu. » Jésus situe l’événement dans l’ordre de la grâce. Nous sommes remis devant la réalité de Marie, la transformation que la foi a opéré dans sa vie. Marie a reçu la Parole divine : « Le Verbe s’est fait chair ! » La parole de Dieu conduit à Celui qui la prononce : Jésus. Cette Parole vivante de Dieu nous transporte dans l’amour de Dieu. La foi ne s’acquiert pas par nos efforts, nous nous y préparons pour être accordé au Don de Dieu. Jésus révèle le secret de Marie à toute l’humanité. La vie de la grâce est un don gratuit de Dieu. Jésus est donné, il est reçu dans la foi, à chaque instant, pour transformer notre vie.

Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

 Jésus opère un déplacement, le bonheur de Dieu se transmet par son Verbe et non par une filiation naturelle. « Entendre » la parole de Dieu, c’est observer la Loi, les commandements. L’observance de la Parole, c’est s’occupez des autres, les aidez à guérir, à trouver de quoi manger, à s’intégrer dans la société. C’est le bonheur de l’amour donné. Vous serez heureux lorsque vous aurez compris que cet amour est le plus important. L’Évangile nous propose de transformer notre vie pour qu’elle devienne une vie de foi, d’espérance et d’Amour. Baptisés dans le Christ, nous sommes capables d’entrevoir ce que nous avons à faire pour être renouvelés avec la force et la lumière que donne la foi. Marie a accueilli la Parole de Dieu avec un cœur profondément croyant. Dans sa foi elle a accueilli Jésus, la Parole de Dieu faite chair. Cette Parole vivante l’a transformée en profondeur. Jésus lui a donné le Saint Esprit, le nouvel Amour.

Nous demandons la grâce de vivre de la Foi pour entrer dans le secret de l’amour infini de Dieu.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

Voir les commentaires