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evangile

Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers 

ci-dessous Lien de la messe
PAROLE DU JOUR
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Date07/07/2020

LECTURE DU JOUR

Lecture du livre du prophète Osée
(Os 8, 4-7.11-13)

Ainsi parle le Seigneur :
Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter,
ils ont nommé des princes sans mon accord ;
avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles.
Ils seront anéantis.
Je le rejette, ton veau, Samarie !
Ma colère s’est enflammée contre tes enfants.
Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence ?
Ce veau est l’œuvre d’Israël,
un artisan l’a fabriqué,
ce n’est pas un dieu ;
ce veau de Samarie sera mis en pièces.
Ils ont semé le vent,
ils récolteront la tempête.
L’épi ne donnera pas de grain ;
s’il y avait du grain,
il ne donnerait pas de farine ;
et, s’il en donnait,
elle serait dévorée par les étrangers.
Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché ;
et ces autels ne lui servent qu’à pécher.
J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi,
il n’y voit qu’une loi étrangère.
Ils offrent des sacrifices pour me plaire
et ils en mangent la viande,
mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir.
Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes,
il fait le compte de leurs péchés.
Qu’ils retournent donc en Égypte !

ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
(Mt 9, 32-38)

En ce temps-là,
voici qu’on présenta à Jésus
un possédé qui était sourd-muet.
Lorsque le démon eut été expulsé,
le sourd-muet se mit à parler.
Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient :
« Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! »
Mais les pharisiens disaient :
« C’est par le chef des démons
qu’il expulse les démons. »

Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages,
enseignant dans leurs synagogues,
proclamant l’Évangile du Royaume
et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles
parce qu’elles étaient désemparées et abattues
comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Jésus guérit deux aveugles et d'un muet

Non seulement Jésus leur parle, mais Il les touche. Il vient en ami et non en homme extraordinaire, évitant, par une guérison instantanée, de fausser les relations entre Lui et le malade. A travers Jésus, Dieu se fait tout proche de notre malheur : Il y touche.

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

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Méditation de l'évangile du mardi 7 juillet

Et Jésus, s'éloignant de là, deux aveugles le suivirent en criant et disant : Aie pitié de nous, Fils de David !”

Deux aveugles, deux mendiants le harcelèrent de leurs cris. Il ne leur répond pas sur la route, mais les fait entrer dans la maison où Il s'arrête.

“Et quand Il fut entré dans la maison, les aveugles s'approchèrent de Lui”

Il leur parle, les interroge, crée un climat de confiance et d'intérêt pour ces gens à qui on jette quelques pièces de monnaie, mais pour qui on ne prend pas le temps de s'arrêter.

“Et Jésus leur dit : Croyez-vous que Je puisse faire cela ? Ils lui dirent : Oui Seigneur !” .

Non seulement Il leur parle, mais Il les touche. Il vient en ami et non en homme extraordinaire, évitant, par une guérison instantanée, de fausser les relations entre Lui et le malade. A travers Jésus, Dieu se fait tout proche de notre malheur : Il y touche.

“Alors Il leur toucha les yeux, en disant : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Et leurs yeux s'ouvrirent”

Jésus les respecte tant qu'Il les fait concourir à leur propre guérison en appelant à leur propre espérance. Les gestes de Dieu ! Dieu nous atteint en Jésus. Et Il continue. C'est cette présence amicale de Dieu qu'Il a voulu perpétuer dans le sacrement du pain et du vin, mais aussi par notre propre approche fraternelle.

Que de personnes, que de gens nous guéririons dans leur âme si nous les touchions, si nous étions plus abordable.


Père Gabriel

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus

(1873-1897)

 

carmélite, docteur de l'Église

Lettre 135 À Céline, 15 août 1892 (Thérèse de Lisieux par elle-même, - Scrupules et humiliations; Éd. Grasset-DDB 1997 p. 17; Éd. du Cerf-DDB 1992)

« Priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers »

Un jour que je pensais à ce que je pouvais faire pour sauver les âmes, une parole de l'Évangile m'a montré une vive lumière. Autrefois Jésus disait à ses disciples en leur montrant les champs de blés mûrs : « Levez les yeux et voyez comme les campagnes sont déjà assez blanches pour être moissonnées » (Jn 4,35), et un peu plus tard : « À la vérité la moisson est abondante mais le nombre des ouvriers est petit ; demandez donc au maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers ». Quel mystère ! Jésus n'est-il pas tout-puissant ? Les créatures ne sont-elles pas à celui qui les a faites ? Pourquoi Jésus dit-il donc : « Demandez au maître de la moisson qu'il envoie des ouvriers » ? Pourquoi ? Ah ! c'est que Jésus a pour nous un amour si incompréhensible qu'il veut que nous ayons part avec lui au salut des âmes. Il ne veut rien faire sans nous. Le créateur de l'univers attend la prière d'une pauvre petite âme pour sauver les autres âmes rachetées comme elle au prix de tout son sang. Notre vocation à nous ce n'est pas d'aller moissonner dans les champs de blés mûrs. Jésus ne nous dit pas : « Baissez les yeux, regardez les campagnes et allez les moissonner ». Notre mission [comme Carmélites] est encore plus sublime. Voici les paroles de notre Jésus : « Levez les yeux et voyez. Voyez comme dans mon Ciel il y a des places vides, c'est à vous de les remplir ; vous êtes mes Moïse priant sur la montagne (Ex 17,8s). Demandez-moi des ouvriers et j'en enverrai, je n'attends qu'une prière, un soupir de votre cœur ! »

 

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  • Homélie du Père Gilbert Adam 
  • « La moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux ! Priez donc le maître de la moisson. 
  •  
  • "Comme ils s’en allaient, on lui amena un démoniaque muet. Le démon chassé, le muet parla.

    Et les foules, étonnées, disaient : Jamais rien de semblable ne s’est vu en Israël. Mais les pharisiens disaient : C’est par le prince des démons qu’il chasse les démons !" Jésus parcourait les villes et les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume. Jésus veut le bonheur de l’homme qu’il cherche sans relâche et de tout son cœur. Un combat se livre en chacun de nous et les Pharisiens choisissent de vivre avec le menteur plutôt qu’avec Jésus. Dans nos combats, avec nos faiblesses et nos tentations, nous nous rendons compte que nous sommes confrontés aux mêmes choix qu’au temps de Jésus. La Bonne Nouvelle, c’est cet Amour nouveau qui est arrivé jusqu’à nous ! Jésus est l’homme "guérissant toute maladie et toute infirmité" ! C’est merveilleux de découvrir le cœur de Jésus qui annonce l’amour infini du Père. Cet amour du Père nous donne le cœur de Jésus qui délivre tous les souffrants. « Voyant les foules ! » Le regard de Jésus s’étend à l’infini car les foules sont fatiguées, abattues.

    "Jésus parcourait toutes les villes et les villages, il enseignait dans leurs synagogues, proclamait la bonne nouvelle du Règne et guérissait toute maladie et toute infirmité. A la vue des foules, il fut ému, car elles étaient lassées et abattues, comme des moutons qui n’ont pas de berger." Jésus peut rassasier la faim de Dieu des hommes en dépit de leurs misères, de leurs souffrances, de leur indifférence. Les hommes qui sont éloignés de Dieu en ont encore plus besoin. Le regard de Jésus n’est pas un regard extérieur de critique, un discours moralisant, c’est un regard de tendresse, de miséricorde, de compassion. « Voyant les foules ! » Nous pourrions penser que Jésus va envoyer immédiatement ses disciples en mission leur disant : "Allez ! " Non, Jésus dit : "La moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux ! Priez donc le maître de la moisson." Le cœur blessé de Jésus s’exprime ainsi devant la blessure de son peuple. Le Prophète Osée l’a annoncé dans la première lecture : Son peuple ne sait plus reconnaître Dieu, ni même les choses de Dieu ! Quand il l’a reconnu et qu’il veut marcher sur le chemin de Dieu, très vite ce chemin se perverti. Dans son cœur, ils offrent des sacrifices pour me plaire, dit Dieu mais ce qu’ils ont donné d’une main, ils l’ont récupéré de l’autre main ! Or Dieu est là, attendant que nous revenions à lui.

    ​​​​​​​

"La moisson est abondante, les ouvriers sont peu nombreux , Priez donc le maître de la moisson. » ! Les vrais ouvriers sont peu nombreux. Le regard de Jésus est un regard de compassion, de tendresse et de miséricorde ! Jésus voit mon cœur, il me propose de prêter main forte à la moisson par la prière. Nous demandons de regarder avec les yeux du Christ tellement de personnes qui sont prêtes à tomber dans ses bras si seulement quelqu’un les attirait. C’est le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui œuvrent au salut du monde. Dieu veut s’adjoindre des ouvriers. Marie est la première ouvrière qui croit que Dieu peut venir prendre corps au milieu de nous. Elle aime Jésus qui lui est donné dans l’Esprit Saint. C’est ainsi que commence le salut du monde. A la Croix, dans le regard de la Vierge Marie qui est tout près de Jésus, il n’y a que compassion ! Dans sa grande douleur, elle regarde vers le Père car Jésus est vraiment l’homme des douleurs. Aujourd’hui, quand Marie regarde un souffrants de l’humanité, c’est son Enfant qu’elle y découvre, d’une manière vraiment mystérieuse. C’est vraiment le regard caché du Père qui regarde chacun de ses enfants pour le sortir de la misère, de la détresse. Coopérer à l’œuvre de sanctification du monde, c’est demeurer dans ce regard d’amour, c’est d’abord une présence. Demeurer ainsi en Dieu, laisser Dieu demeurer en nous de cette manière est bien difficile pour nous : « Priez donc le maître de la moisson ».

Nous demandons la grâce de demeurer dans l’amour de Dieu, qui fait jaillir les sources d’eaux vives en nous.

Père Gilbert Adam

9 rue du Lavoir.
60350 Trosly-Breuil
Tel/Fax : 03 44 85 92 00
Tel : 08 77 35 13


     

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Ne pas se laisser dominer par les moqueries, seule la foi est salvatrice

PREMIÈRE LECTURE
« Je ferai de toi mon épouse pour toujours » (Os 2, 16.17b-18.21-22)

Ainsi parle le Seigneur :
    Mon épouse infidèle,
je vais la séduire,
je vais l’entraîner jusqu’au désert,
et je lui parlerai cœur à cœur.
    Là, elle me répondra
comme au temps de sa jeunesse,
au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
    En ce jour-là – oracle du Seigneur –,
voici ce qui arrivera :
Tu m’appelleras : « Mon époux »
et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
    Je ferai de toi mon épouse pour toujours,
je ferai de toi mon épouse
dans la justice et le droit,
dans la fidélité et la tendresse ;
    je ferai de toi mon épouse dans la loyauté,
et tu connaîtras le Seigneur.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 144 (145), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)
R/

Le Seigneur est tendresse et pitié !

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

D’âge en âge, on vantera tes œuvres,
on proclamera tes exploits.
Je redirai le récit de tes merveilles,
ton éclat, ta gloire et ta splendeur.

On dira ta force redoutable ;
je raconterai ta grandeur.
On rappellera tes immenses bontés ;
tous acclameront ta justice.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

ÉVANGILE
« Ma fille est morte à l’instant ; mais viens, et elle vivra » (Mt 9, 18-26)

En ce temps-là,
    tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste,
voilà qu’un notable s’approcha.
Il se prosternait devant lui en disant :
« Ma fille est morte à l’instant ;
mais viens lui imposer la main,
et elle vivra. »
    Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples.

    Et voici qu’une femme
souffrant d’hémorragies depuis douze ans
s’approcha par derrière
et toucha la frange de son vêtement.
    Car elle se disait en elle-même :
« Si je parviens seulement à toucher son vêtement,
je serai sauvée. »
    Jésus se retourna et, la voyant, lui dit :
« Confiance, ma fille !
Ta foi t’a sauvée. »
Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.

    Jésus, arrivé à la maison du notable,
vit les joueurs de flûte
et la foule qui s’agitait bruyamment.
Il dit alors :
    « Retirez-vous.
La jeune fille n’est pas morte : elle dort. »
    Mais on se moquait de lui.
Quand la foule fut mise dehors,
il entra, lui saisit la main,
et la jeune fille se leva.
    Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

La guérison de la femme malade

 

Il en va de même pour Jaïre. Devant la détresse de l'homme qui abandonne la lutte, à l'annonce de la mort de sa fille, Jésus dépasse la mort, et lui dit de folles paroles d'espérance pour lui rendre courage.

« Retirez-vous. La jeune fille n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui.

Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.

Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

 

Méditation de l'évangile du lundi 6 juillet

“Pendant qu'Il se rendait chez Jaïre, la foule l'étouffait. Et une femme atteinte d'un flux de sang depuis douze ans, et qui, ayant dépensé tout son avoir en médecine, n'avait pu être guérie par personne, s'étant approchée par derrière, toucha la houppe de son vêtement. Et aussitôt son flux de sang s'arrêta”

Malade, ruinée, voilà celle qui vient vers Lui ? Il la guérit et provoque exprès les siens en leur disant : “Qui m'a touché ?” Tous s'en défendant, Pierre et ceux qui étaient avec Lui dirent : “Maître, la foule t'entoure et te presse”. Jésus dit : “Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti qu'une vertu était sortie de moi”

Etonnant rappel, seul notre contact avec Jésus nous guérit et guérira tous ceux qui nous entourent. Le contact avec Jésus à travers sa parole et dans l'Eucharistie produit le miracle de la foi qui guérit. C'est Lui seul qui guérit, nous l'oublions; aussi faut-il mettre Jésus sur le chemin de toutes misères et à son contact “une vertu sortira de Lui pour guérir”.

La femme se voyant découverte vint toute tremblante et, tombant à ses pieds, raconta devant tout le peuple pourquoi elle l'avait touché et comment elle avait été guérie aussitôt. Il lui dit : “Ma fille, ta foi t'a sauvée : va en paix”

Il en va de même pour Jaïre. Devant la détresse de l'homme qui abandonne la lutte, à l'annonce de la mort de sa fille, Jésus dépasse la mort, et lui dit de folles paroles d'espérance pour lui rendre courage.

“Comme Il parlait encore avec la femme au flux de sang, quelqu'un de chez le chef de la synagogue se présente, disant : Ta fille est morte ; n'importune plus le Maître. Jésus entendit et s'adressa à lui : Ne crains pas; fais seulement un acte de foi, et elle sera sauvée”

Nos situations ne le laissent pas indifférent. Il entend et réagit jusque contre la mort, pour nous témoigner combien Dieu, le Père, comprend nos angoisses qu'Il a voulu vivre en Jésus. “Lorsqu'on eut fait sortir la foule, Il entra, la prit par la main, et la petite fille se leva. Et le bruit qui s'en fit se répandit dans toute cette contrée”

Il est si proche (tout à l'écoute) de nos déroutes de parents, écrasés par la mort physique ou spirituelle de nos enfants !

Père Gabriel

              St Charles de Foucauld

            (1858-1916)

 

ermite et missionnaire au Sahara

Retraite faite à Nazareth 1897 (Œuvres, Seuil 1958, p. 521)

« Ta foi t'a sauvée »

La foi, c'est ce qui fait que nous croyons du fond de l'âme (...) toutes les vérités que la religion nous enseigne, le contenu de la Sainte Écriture par conséquent et tous les enseignements de l'Évangile, tout ce qui nous est proposé par l'Église enfin. Le juste vit vraiment de cette foi (Rm 1,17), car elle remplace pour lui la plupart des sens de la nature. Elle transforme tellement toutes choses qu'à peine les anciens sens peuvent-ils servir à l'âme ; elle ne perçoit par eux que de trompeuses apparences ; la foi lui montre les réalités.

            L'œil lui montre un pauvre ; la foi lui montre Jésus (cf Mt 25,40). L'oreille lui fait entendre des injures et des persécutions ; la foi lui chante : « Réjouissez-vous et jubilez de joie » (cf Mt 5,12). Le toucher nous fait sentir des coups de pierre reçus ; la foi nous dit : « Soyez dans une grande joie d'avoir été jugés dignes de souffrir quelque chose pour le nom du Christ » (cf Ac 5,41). Le goût nous fait sentir l'encens ; la foi nous dit que le véritable encens « sont les prières des saints » (Ap 8,4).

            Les sens nous séduisent par les beautés créées ; la foi pense à la beauté incréée et prend en pitié toutes les créatures qui sont un néant et une poussière à côté de cette beauté-là. Les sens ont horreur de la douleur ; la foi la bénit comme la couronne de mariage qui l'unit à son Bien-aimé, comme la marche avec son Époux, la main dans sa main divine. Les sens se révoltent contre l'injure ; la foi la bénit : « Bénissez ceux qui vous maudissent » (Lc 6,28) (...); elle la trouve douce car c'est partager le sort de Jésus. (...) Les sens sont curieux ; la foi ne veut rien connaître : elle a soif de s'ensevelir et voudrait passer toute sa vie immobile au pied du tabernacle.

 

Homélie Père Gilbert Adam

 

Sainte Maria Goretti
Jésus entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva.

" Tandis que Jésus leur parlait ainsi, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »

Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Nous fêtons aujourd’hui Maria Goretti. Maria, troisième d’une famille de sept enfants, alors que son père est mort, aide sa mère Assunta dans la rude tâche de la famille orpheline. Assunta confie la garde des petits à Marietta, qui n’est alors âgée que de neuf ans. Maria Goretti ne put apprendre à lire, car la pauvreté et l’éloignement du village l’empêchèrent de fréquenter l’école. La petite fille d’une maturité précoce devint très vite une parfaite ménagère. Maria se presse pour recevoir Jésus dans le Saint Sacrement, elle ne tient pas compte des difficultés et des distances à parcourir. « Je ne puis à peine attendre le moment où demain j’irai à la communion, » dit-elle l’après-midi même où elle allait sceller de son sang sa fidélité à Jésus son Époux divin. Elle s’appliquait à la récitation quotidienne du chapelet. Jésus, aimé de cette enfant, est tout disponible pour elle. Il attend beaucoup d’elle et il l’accueille avec douceur et humilité. Jésus fait son œuvre de salut en chacun de nous. Aujourd’hui encore nous entrons dans la démarche de foi en Jésus qui nous sauve. Nous croyons qu’il peut nous sauver malgré notre faiblesse. L’humanité souffre, comme cette petite fille qui va donner sa vie à Jésus, et comme cette pauvre femme de l’Evangile qui s’en va, perdant sa vie.

"Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Ceux qui s’approchent de Jésus avec une grande foi trouvent en lui leur secours. Maria est en grand danger. Les Serenelli sont les proches voisins de la famille Goretti. Leur fils Alessandro se laisse entraîner par des camarades corrompus et des lectures pernicieuses. Il vient aider la famille Goretti. Maria l’accueillait reconnaissante, trop pure pour se méfier. Ce jeune homme ne tarde pas à lui tenir des propos abjects, en lui défendant de les répéter, mais Maria avoue tout à sa mère. Avertie d’un danger qu’elle ignorait, elle promit de ne jamais céder. Alessandro devient de plus en plus pressant, mais prudente, Maria s’enfuyait de sa présence. Furieux de cette résistance, ce garçon guettait le départ d’Assuntala pour pouvoir réaliser ses desseins pervers. L’occasion se présenta un matin et Alessandro se précipita brutalement sur Maria, alors seule et sans défense. Brandissant sous ses yeux un poinçon dont la lame était acérée lui fit cette menace : « Si tu ne cèdes pas, je vais te tuer ! » Maria s’écria : « Non ! C’est un péché, Dieu le défend ! Vous iriez en enfer ! » Déchaîné par la passion, l’assassin se jette sur sa proie et la laboure de quatorze coups de poinçon. Mais Jésus, le maître de la vie a soutenu Maria. La mort n’empêche pas l’espérance qui naît de la foi. Dieu a vaincu la mort, et il est le garant de notre espérance.

"Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région. Lorsque qu’Assunta fut mise au courant du drame, Maria gisait mourante à l’hôpital. Le prêtre, lui rappelant la mort de Jésus en croix et le coup de lance, lui dit : « Et toi, Maria, pardonnes-tu ? “Oh, oui ! murmura Maria sans hésitation, pour l’amour de Jésus, qu’il vienne avec moi au Paradis.” Alessandro condamné à une peine de trente ans de prison rêva que Maria lui offrait des lys qui se transformaient en lumières scintillantes. Ce rêve lui fit réaliser le mal qu’il avait fait et il se repentit. Avec Assunta ils assistèrent aux cérémonies de canonisation de Marietta. Ce fut la première fois qu’une mère assistait à la canonisation de sa fille. Nous aussi cherchons à "sauver" notre vie en donnant un sens à notre existence. La femme hémorroïsse fut « sauvée » nous dit l’Evangile. C’est Jésus qui nous sauve de la mort et nous donne la force dans l’épreuve. Il nous faut toucher Jésus comme Maria et l’annoncer car Il est notre Vie. C’est le véritable trésor qui demeure, car Jésus nous donne la Vie.

Père Gilbert Adam

9 rue du Lavoir.
60350 Trosly-Breuil
Tel/Fax : 03 44 85 92 00
Tel : 08 77 35 13 96

 
 
 
 

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Ce que dit le Seigneur, c’est la paix pour son peuple.

PREMIÈRE LECTURE
« Je ramènerai les captifs de mon peuple et je les planterai sur leur sol » (Am 9, 11-15)

Ainsi parle le Seigneur :
    Ce jour-là, je relèverai la hutte de David, qui s’écroule ;
je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines,
je la rebâtirai telle qu’aux jours d’autrefois,
    afin que ses habitants prennent possession
du reste d’Édom et de toutes les nations
sur lesquelles mon nom fut jadis invoqué,
– oracle du Seigneur, qui fera tout cela.
    Voici venir des jours
– oracle du Seigneur –
où se suivront de près laboureur et moissonneur,
le fouleur de raisins et celui qui jette la semence.
Les montagnes laisseront couler le vin nouveau,
toutes les collines en seront ruisselantes.
    Je ramènerai les captifs de mon peuple Israël ;
ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront ;
ils planteront des vignes et en boiront le vin ;
ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits.
    Je les planterai sur leur sol,
et jamais plus ils ne seront arrachés
du sol que je leur ai donné.
Le Seigneur ton Dieu a parlé.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 84 (85), 9, 11-12, 13-14)
R/

Ce que dit le Seigneur,
c’est la paix pour son peuple.

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix
pour son peuple et ses fidèles ;
qu’ils ne reviennent jamais à leur folie !

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.

ÉVANGILE
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? » (Mt 9, 14-17)

En ce temps-là,
    les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant :
« Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons,
tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
    Jésus leur répondit :
« Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil
pendant le temps où l’Époux est avec eux ?
Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ;
alors ils jeûneront.
    Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve
sur un vieux vêtement,
car le morceau ajouté tire sur le vêtement,
et la déchirure s’agrandit.
    Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ;
autrement, les outres éclatent,
le vin se répand,
et les outres sont perdues.
Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves,
et le tout se conserve. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

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Ce Saint doute du disciple Thomas ! Sommes-nous des St Thomas en herbe?

PREMIÈRE LECTURE
« Intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres » (Ep 2, 19-22)

Frères,
vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage,
vous êtes concitoyens des saints,
vous êtes membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction
qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ;
et la pierre angulaire, c'est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s'élève harmonieusement
pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments d'une même construction
pour devenir une demeure de Dieu par l'Esprit Saint .

- Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 116, 1, 2)
R/

Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile.

ou :

Alléluia.

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays ! 

Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

ÉVANGILE
« Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 24-29)

L'un des Douze, Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
n'était pas avec eux
quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d'eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d'être incrédule,
sois croyant. »
Thomas lui dit alors :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m'as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

- Acclamons la parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Thomas : mon Seigneur et mon Dieu

 

Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”
 Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît. La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

 

Méditation de l'Evangile du vendredi 3 juillet

Jésus reproche à ses amis de n'avoir pas cru à sa résurrection à travers le témoignage des saintes femmes. Il leur reproche leur incrédulité et leur dureté de cœur. Dureté de cœur vis-à-vis des saintes femmes et de Lui-même.

“Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”

Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît.

Les apôtres ont refusé de croire « des femmes », les témoins choisis par Lui, et c'est pourquoi Jésus souligne et leur incrédulité et leur dureté de cœur.

Lorsque Thomas a constaté par lui-même la réalité du corps de Jésus, le Seigneur lui dit :

 « Parce que tu M'as vu, tu as cru ? Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. »

La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

Père Gabriel

 

 

Saint Antoine de Padoue
(v. 1195-1231)

 

franciscain, docteur de l'Église

Dimanche de l’octave de Pâques (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 44-45, rev.)

Saint doute du disciple Thomas !

Thomas dit aux douze : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20,25) Thomas signifie “abîme”, car par son doute il a acquis une connaissance plus profonde et est devenu plus ferme dans sa foi. (…) Ce ne fut pas par hasard mais par une disposition divine que Thomas était absent et ne voulut pas croire à ce qu’il avait entendu. Admirable dessein ! Saint doute du disciple !

             « Si je ne vois pas, dit-il, dans ses mains » (Jn 20,25). Il voulait voir réédifiée la tente de David qui était tombée et dont Amos avait dit : « En ce jour, je relèverai la tente branlante de David qui est tombée et réparerai les brèches de ses murs » (Am 9,11). David désigne la divinité ; la tente, le corps même du Christ dans lequel il y eut, comme dans une tente, la divinité, tombée, anéantie dans la mort et la Passion. Les brèches des murs désignent les plaies des mains, des pieds et du côté. Ce sont ces plaies que le Seigneur réédifia dans sa Résurrection. C’est d’elles que Thomas dit : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

             Le Seigneur compréhensif ne voulut pas laisser dans le doute son disciple sincère qui allait devenir un vase d’élection. Il ôta donc de son esprit, et par un geste de bonté, la fumée du doute, comme il ôta à Paul l’aveuglement de l’infidélité. « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,27-28)

Homélie du Père Gilbert Adam
Saint Thomas  « La paix soit avec vous ! »

"Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.

Les disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Nous nous trouvons dans les mêmes questions que Thomas quand nous sommes éprouvés. Il nous faudra reprendre courage et nous replonger dans la vie avec ses épreuves. Marie-Madeleine aussi était très éprouvée quand Jésus fut crucifié. Elle voulait faire des onctions sur le corps mort de Jésus. Ce touché, ce concret du corps est précieux pour Jésus ressuscité qui vient alors vers Marie-Madeleine et qui lui dit : « Marie. » A partir de ce moment, la vie de Marie-Madeleine repart, elle peut avancer encore avec un nouveau courage. La relation à Dieu se réalise avec toute notre personne, dans une communion d’amour au cœur des réalités terrestres. L’experience de Thomas sera un témoignage pour l’Église naissante. Avec Thomas, nous passons du monde sensible au monde spirituel.

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
 Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Trois aspects sont présents dans ce récit : la présence corporelle de Jésus dans sa résurrection, l’activation de la relation entre la foi et vue de Jésus, la confession de foi nouvelle du disciple. Quand nous nous sommes enfermés en nous-mêmes, nous avons besoin de laisser Jésus toucher nos plaies. Dans sa Présence, nous pouvons guérir par la foi. Il nous est nécessaire d’entendre la Parole de Jésus : « Avance ton doigt ici, regarde mes mains, » pour reprendre courage dans les épreuves. Nous sommes invités à regarder Thomas dans sa démarche de foi à partir des réalités sensibles de Jésus. Le sensible devient le lieu de la révélation. Quand il s’agit de la Résurrection, nous sommes au cœur de la foi. Les amis de Jésus avaient témoigné de la vie de Jésus après sa mort. « Huit jours plus tard, » c’est pour nous le jour où la communauté célèbre l’Eucharistie.

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
 Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Corps et sens sont nécessaires pour arriver à l’affirmation de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Le lien entre la foi pascale et la vision de Jésus s’explicite. Croire, c’est "voir" et connaître. Thomas a vu le Christ, il a cru en lui, mais sa "vision" dépasse de beaucoup une simple expérience physique. Thomas est le disciple qui fait appel à tous ses sens pour vivre l’expérience de Jésus ressuscité. Cette expérience appelle l’intelligence. C’est avec tous ses sens que Thomas désire cette connaissance de Jésus. Notre foi s’appuye sur la foi des apôtres qui l’ont vu et qui l’ont touché après sa Résurrection. C’est alors qu’apparaissent la vérité des faits et des gestes de Jésus. Les apôtres ont mangé et bu avec lui. Saint Jean le redit : « Ce que nous avons vu, ce que nous avons touché, » nous vous l’annonçons. Avec Thomas, nous entrons dans un régime d’éternité où notre foi nous permet de voir « ailleurs » et « autrement. » « Bienheureux ceux qui sans avoir vu ont cru. »

Nous demandons la grâce que notre foi en Jésus mort et ressuscité s’intensifie.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

 

 

Voir les commentaires

Ce Saint doute du disciple Thomas ! Sommes-nous des St Thomas en herbe?

PREMIÈRE LECTURE
« Intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres » (Ep 2, 19-22)

Frères,
vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage,
vous êtes concitoyens des saints,
vous êtes membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction
qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ;
et la pierre angulaire, c'est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s'élève harmonieusement
pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments d'une même construction
pour devenir une demeure de Dieu par l'Esprit Saint .

- Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 116, 1, 2)
R/

Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile.

ou :

Alléluia.

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays ! 

Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

ÉVANGILE
« Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 24-29)

L'un des Douze, Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
n'était pas avec eux
quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d'eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d'être incrédule,
sois croyant. »
Thomas lui dit alors :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m'as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

- Acclamons la parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Thomas : mon Seigneur et mon Dieu

 

Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”
 Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît. La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

 

Méditation de l'Evangile 

Jésus reproche à ses amis de n'avoir pas cru à sa résurrection à travers le témoignage des saintes femmes. Il leur reproche leur incrédulité et leur dureté de cœur. Dureté de cœur vis-à-vis des saintes femmes et de Lui-même.

“Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”

Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît.

Les apôtres ont refusé de croire « des femmes », les témoins choisis par Lui, et c'est pourquoi Jésus souligne et leur incrédulité et leur dureté de cœur.

Lorsque Thomas a constaté par lui-même la réalité du corps de Jésus, le Seigneur lui dit :

 « Parce que tu M'as vu, tu as cru ? Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. »

La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

Père Gabriel

 

 

Saint Antoine de Padoue
(v. 1195-1231)

 

franciscain, docteur de l'Église

Dimanche de l’octave de Pâques (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 44-45, rev.)

Saint doute du disciple Thomas !

Thomas dit aux douze : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20,25) Thomas signifie “abîme”, car par son doute il a acquis une connaissance plus profonde et est devenu plus ferme dans sa foi. (…) Ce ne fut pas par hasard mais par une disposition divine que Thomas était absent et ne voulut pas croire à ce qu’il avait entendu. Admirable dessein ! Saint doute du disciple !

             « Si je ne vois pas, dit-il, dans ses mains » (Jn 20,25). Il voulait voir réédifiée la tente de David qui était tombée et dont Amos avait dit : « En ce jour, je relèverai la tente branlante de David qui est tombée et réparerai les brèches de ses murs » (Am 9,11). David désigne la divinité ; la tente, le corps même du Christ dans lequel il y eut, comme dans une tente, la divinité, tombée, anéantie dans la mort et la Passion. Les brèches des murs désignent les plaies des mains, des pieds et du côté. Ce sont ces plaies que le Seigneur réédifia dans sa Résurrection. C’est d’elles que Thomas dit : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

             Le Seigneur compréhensif ne voulut pas laisser dans le doute son disciple sincère qui allait devenir un vase d’élection. Il ôta donc de son esprit, et par un geste de bonté, la fumée du doute, comme il ôta à Paul l’aveuglement de l’infidélité. « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,27-28)

Homélie du Père Gilbert Adam
Saint Thomas  « La paix soit avec vous ! »

"Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.

Les disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Nous nous trouvons dans les mêmes questions que Thomas quand nous sommes éprouvés. Il nous faudra reprendre courage et nous replonger dans la vie avec ses épreuves. Marie-Madeleine aussi était très éprouvée quand Jésus fut crucifié. Elle voulait faire des onctions sur le corps mort de Jésus. Ce touché, ce concret du corps est précieux pour Jésus ressuscité qui vient alors vers Marie-Madeleine et qui lui dit : « Marie. » A partir de ce moment, la vie de Marie-Madeleine repart, elle peut avancer encore avec un nouveau courage. La relation à Dieu se réalise avec toute notre personne, dans une communion d’amour au cœur des réalités terrestres. L’experience de Thomas sera un témoignage pour l’Église naissante. Avec Thomas, nous passons du monde sensible au monde spirituel.

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
 Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Trois aspects sont présents dans ce récit : la présence corporelle de Jésus dans sa résurrection, l’activation de la relation entre la foi et vue de Jésus, la confession de foi nouvelle du disciple. Quand nous nous sommes enfermés en nous-mêmes, nous avons besoin de laisser Jésus toucher nos plaies. Dans sa Présence, nous pouvons guérir par la foi. Il nous est nécessaire d’entendre la Parole de Jésus : « Avance ton doigt ici, regarde mes mains, » pour reprendre courage dans les épreuves. Nous sommes invités à regarder Thomas dans sa démarche de foi à partir des réalités sensibles de Jésus. Le sensible devient le lieu de la révélation. Quand il s’agit de la Résurrection, nous sommes au cœur de la foi. Les amis de Jésus avaient témoigné de la vie de Jésus après sa mort. « Huit jours plus tard, » c’est pour nous le jour où la communauté célèbre l’Eucharistie.

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
 Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Corps et sens sont nécessaires pour arriver à l’affirmation de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Le lien entre la foi pascale et la vision de Jésus s’explicite. Croire, c’est "voir" et connaître. Thomas a vu le Christ, il a cru en lui, mais sa "vision" dépasse de beaucoup une simple expérience physique. Thomas est le disciple qui fait appel à tous ses sens pour vivre l’expérience de Jésus ressuscité. Cette expérience appelle l’intelligence. C’est avec tous ses sens que Thomas désire cette connaissance de Jésus. Notre foi s’appuie sur la foi des apôtres qui l’ont vu et qui l’ont touché après sa Résurrection. C’est alors qu’apparaissent la vérité des faits et des gestes de Jésus. Les apôtres ont mangé et bu avec lui. Saint Jean le redit : « Ce que nous avons vu, ce que nous avons touché, » nous vous l’annonçons. Avec Thomas, nous entrons dans un régime d’éternité où notre foi nous permet de voir « ailleurs » et « autrement. » « Bienheureux ceux qui sans avoir vu ont cru. »

Nous demandons la grâce que notre foi en Jésus mort et ressuscité s’intensifie.

Voir les commentaires

Ce Saint doute du disciple Thomas ! Sommes-nous des St Thomas en herbe?

PSAUME
(Ps 116, 1, 2)
R/

Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile.

ou :

Alléluia.

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays ! 

Son amour envers nous s'est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

ÉVANGILE
« Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 24-29)

L'un des Douze, Thomas
(dont le nom signifie : Jumeau),
n'était pas avec eux
quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt à l'endroit des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d'eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d'être incrédule,
sois croyant. »
Thomas lui dit alors :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m'as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

- Acclamons la parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Thomas : mon Seigneur et mon Dieu

Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”
 Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît. La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

 

Méditation de l'Evangile 

Jésus reproche à ses amis de n'avoir pas cru à sa résurrection à travers le témoignage des saintes femmes. Il leur reproche leur incrédulité et leur dureté de cœur. Dureté de cœur vis-à-vis des saintes femmes et de Lui-même.

“Enfin Il apparut aux Onze eux-mêmes, pendant qu'ils étaient à table. Et Il leur reprocha leur incrédulité et leur dureté de cœur, parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui L'avaient vu ressuscité des morts.”

Jésus souligne là l'essentiel de la foi à son message et à sa personne, comme l'essentiel de la foi en sa résurrection : c'est à travers des témoins qu'elle naît.

Les apôtres ont refusé de croire « des femmes », les témoins choisis par Lui, et c'est pourquoi Jésus souligne et leur incrédulité et leur dureté de cœur.

Lorsque Thomas a constaté par lui-même la réalité du corps de Jésus, le Seigneur lui dit :

 « Parce que tu M'as vu, tu as cru ? Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. »

La grande espérance du chrétien reste du domaine de la foi ; elle n'est pas une démonstration d'ordre purement rationnel.

Père Gabriel

 

 

Saint Antoine de Padoue
(v. 1195-1231)

 

franciscain, docteur de l'Église

Dimanche de l’octave de Pâques (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 44-45, rev.)

Saint doute du disciple Thomas !

Thomas dit aux douze : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jn 20,25) Thomas signifie “abîme”, car par son doute il a acquis une connaissance plus profonde et est devenu plus ferme dans sa foi. (…) Ce ne fut pas par hasard mais par une disposition divine que Thomas était absent et ne voulut pas croire à ce qu’il avait entendu. Admirable dessein ! Saint doute du disciple !

             « Si je ne vois pas, dit-il, dans ses mains » (Jn 20,25). Il voulait voir réédifiée la tente de David qui était tombée et dont Amos avait dit : « En ce jour, je relèverai la tente branlante de David qui est tombée et réparerai les brèches de ses murs » (Am 9,11). David désigne la divinité ; la tente, le corps même du Christ dans lequel il y eut, comme dans une tente, la divinité, tombée, anéantie dans la mort et la Passion. Les brèches des murs désignent les plaies des mains, des pieds et du côté. Ce sont ces plaies que le Seigneur réédifia dans sa Résurrection. C’est d’elles que Thomas dit : « Si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

             Le Seigneur compréhensif ne voulut pas laisser dans le doute son disciple sincère qui allait devenir un vase d’élection. Il ôta donc de son esprit, et par un geste de bonté, la fumée du doute, comme il ôta à Paul l’aveuglement de l’infidélité. « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20,27-28)

Homélie du Père Gilbert Adam
Saint Thomas  « La paix soit avec vous ! »

"Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.

Les disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Nous nous trouvons dans les mêmes questions que Thomas quand nous sommes éprouvés. Il nous faudra reprendre courage et nous replonger dans la vie avec ses épreuves. Marie-Madeleine aussi était très éprouvée quand Jésus fut crucifié. Elle voulait faire des onctions sur le corps mort de Jésus. Ce touché, ce concret du corps est précieux pour Jésus ressuscité qui vient alors vers Marie-Madeleine et qui lui dit : « Marie. » A partir de ce moment, la vie de Marie-Madeleine repart, elle peut avancer encore avec un nouveau courage. La relation à Dieu se réalise avec toute notre personne, dans une communion d’amour au cœur des réalités terrestres. L’experience de Thomas sera un témoignage pour l’Église naissante. Avec Thomas, nous passons du monde sensible au monde spirituel.

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux.
 Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Trois aspects sont présents dans ce récit : la présence corporelle de Jésus dans sa résurrection, l’activation de la relation entre la foi et vue de Jésus, la confession de foi nouvelle du disciple. Quand nous nous sommes enfermés en nous-mêmes, nous avons besoin de laisser Jésus toucher nos plaies. Dans sa Présence, nous pouvons guérir par la foi. Il nous est nécessaire d’entendre la Parole de Jésus : « Avance ton doigt ici, regarde mes mains, » pour reprendre courage dans les épreuves. Nous sommes invités à regarder Thomas dans sa démarche de foi à partir des réalités sensibles de Jésus. Le sensible devient le lieu de la révélation. Quand il s’agit de la Résurrection, nous sommes au cœur de la foi. Les amis de Jésus avaient témoigné de la vie de Jésus après sa mort. « Huit jours plus tard, » c’est pour nous le jour où la communauté célèbre l’Eucharistie.

Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
 Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Corps et sens sont nécessaires pour arriver à l’affirmation de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Le lien entre la foi pascale et la vision de Jésus s’explicite. Croire, c’est "voir" et connaître. Thomas a vu le Christ, il a cru en lui, mais sa "vision" dépasse de beaucoup une simple expérience physique. Thomas est le disciple qui fait appel à tous ses sens pour vivre l’expérience de Jésus ressuscité. Cette expérience appelle l’intelligence. C’est avec tous ses sens que Thomas désire cette connaissance de Jésus. Notre foi s’appuye sur la foi des apôtres qui l’ont vu et qui l’ont touché après sa Résurrection. C’est alors qu’apparaissent la vérité des faits et des gestes de Jésus. Les apôtres ont mangé et bu avec lui. Saint Jean le redit : « Ce que nous avons vu, ce que nous avons touché, » nous vous l’annonçons. Avec Thomas, nous entrons dans un régime d’éternité où notre foi nous permet de voir « ailleurs » et « autrement. » « Bienheureux ceux qui sans avoir vu ont cru. »

Nous demandons la grâce que notre foi en Jésus mort et ressuscité s’intensifie.

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Jésus réprimanda le vent et dit à la mer : Silence ! Tais-toi ! Et le vent s'abattit et il se fit un grand calme”.

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Messe à Lourdes Pourquoi êtes vous si craintifs, homme de peu de Foi

PAROLE DU JOUR
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Date30/06/2020

LECTURE DU JOUR

Lecture du livre du prophète Amos
(Am 3, 1-8 ; 4, 11-12)

Écoutez cette parole que le Seigneur prononce
contre vous, fils d’Israël,
contre tout le peuple qu’il a fait monter du pays d’Égypte :
« Je vous ai distingués, vous seuls,
parmi tous les peuples de la terre ;
aussi je vous demanderai compte
de tous vos crimes. »
Deux hommes font-ils route ensemble
sans s’être mis d’accord ?
Est-ce que le lion rugit dans la forêt
sans avoir de proie ?
Le lionceau va-t-il crier du fond de sa tanière
sans avoir rien pris ?
L’oiseau tombe-t-il dans le filet posé à terre
sans y être attiré par un appât ?
Le piège se relève-t-il du sol
sans avoir rien attrapé ?
Va-t-on sonner du cor dans une ville
sans que le peuple tremble ?
Un malheur arrive-t-il dans une ville
sans qu’il soit l’œuvre du Seigneur ?
– Car le Seigneur Dieu ne fait rien
sans en révéler le secret
à ses serviteurs les prophètes.
Quand le lion a rugi,
qui peut échapper à la peur ?
Quand le Seigneur Dieu a parlé,
qui refuserait d’être prophète ?

« J’ai tout détruit chez vous,
comme Dieu a détruit Sodome et Gomorrhe ;
vous étiez comme un tison
sauvé de l’incendie.
Et vous n’êtes pas revenus à moi !
– oracle du Seigneur.

C’est pourquoi, voici comment je vais te traiter, Israël !
Et puisque c’est ainsi que je vais te traiter,
prépare-toi, Israël, à rencontrer ton Dieu. »

ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
(Mt 8, 23-27)

En ce temps-là,
comme Jésus montait dans la barque,
ses disciples le suivirent.
Et voici que la mer devint tellement agitée
que la barque était recouverte par les vagues.
Mais lui dormait.
Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent
en disant :
« Seigneur, sauve-nous !
Nous sommes perdus. »
Mais il leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs,
hommes de peu de foi ? »
Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer,
et il se fit un grand calme.
Les gens furent saisis d’étonnement et disaient :
« Quel est donc celui-ci,
pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

PAROLES DU SAINT PÈRE

C’est la peur. Quand vient en mer un grand bouleversement, la barque est recouverte par les vagues. «Sauve-nous Seigneur, nous sommes perdus !» disent-ils. La peur ! Cela aussi est une tentation du démon: avoir peur d’aller de l’avant sur le chemin du Seigneur. (Sainte Marthe, 2 juillet 2013)

 

Silence ! Tais toi

“Et réveillé, Jésus réprimanda le vent et dit à la mer : Silence ! Tais-toi ! Et le vent s'abattit et il se fit un grand calme”On a plaisir alors à le voir se lever, les yeux encore pleins de sommeil, et commander les forces qui nous écrasent, la mer et les vents : Deux mots et tout rentre dans l'ordre.

 

 

Méditation de l'Evangile du mardi 30 juin

Les siens, les Douze, le suivent , ne le lâchant pas d'une semelle. Ils ne peuvent se détacher de Celui qui les a captivés par ses paroles, étonnés par ses gestes de puissance et de bonté. Qu'Il aille sur les chemins pierreux de la Judée ou de la Galilée, ou qu'Il monte en barque, ils sont toujours prêts à l'accompagner. Au moment de la tempête apaisée, c'est Lui qui veut passer de l'autre côté du lac, en donne l'ordre, et les siens, comme un seul homme, le suivent.

“Et Jésus, voyant des foules nombreuses autour de Lui, donna l'ordre de s'en aller à l'autre rive… Et lorsqu'Il fut monté dans une barque, ses disciples le suivirent”

J'aime regarder Jésus dans le récit de la tempête apaisée. On se trouve devant un homme à la conscience tranquille, bien équilibré. La mer déchaînée et en furie ne l'empêche pas de dormir paisiblement sur le coussin du barreur. Sortant du sommeil, aux cris des siens, au milieu des éléments en rage, au milieu des hommes du bord affolés, on le voit se lever :

“Alors se levant” paisible, immensément grand dans son calme, Il commande au vent et à la mer démontée, et ramène l'absolue tranquillité. Cette vision de force a si vivement impressionné les apôtres qu'ils ont conservé l'image inoubliable de ce contraste : une mer en furie et Lui, le Maître qui dort. Marc nous laisse la même impression :

“Et il se produisit un grand tourbillon de vent. Et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que la barque était déjà remplie. Or Lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Et ils l'éveillent et lui disent : “Maître, tu ne te soucies pas ce que nous périssons”

Toujours Il exige la confiance, même et surtout quand la situation semble perdue ! Il reproche aux apôtres leur peur de la tempête ; parce qu'Il était là, et il n'y avait rien à craindre en sa présence.

“Et réveillé, Il réprimanda le vent et dit à la mer : Silence ! Tais-toi ! Et le vent s'abattit et il se fit un grand calme. Et Il leur dit : Pourquoi êtes-vous peureux ? N'avez-vous pas encore la foi ?”

On a plaisir alors à le voir se lever, les yeux encore pleins de sommeil, et commander les forces qui nous écrasent, la mer et les vents, d'un mot. D'ailleurs, cette puissance de Jésus sur les éléments est simple, exempte de simagrées magiques, et pourtant si étrange ! Deux mots et tout rentre dans l'ordre.

Ses contemporains sont stupéfaits de sa puissance sur les éléments déchaînés, spécialement ses apôtres. Eux, les rudes et durs marins de la Galilée, connaissent leur lac, ses vents et ses orages ! Comment cet homme peut-il subitement calmer cette sauvagesse en furie ? Cela leur échappe complètement :

“Quel est donc celui-ci pour que même les vents et la mer lui obéissent ?”

La vue, le contact perpétuel de Jésus posent sans cesse cette question à leur esprit et à leur coeur : “Mais qui est donc cet homme ?”

Jusqu'au jour où jaillira l'affirmation incroyable dans la bouche d'un juif, de la part de Pierre : “Tu es le Fils de Dieu !


Père Gabriel

Saint Alphonse-Marie de Liguori

(1696-1787)

 

évêque et docteur de l'Église

De quoi faut-il s’entretenir avec Dieu ? (Manière de converser avec Dieu, trad. de l'italien, coll. du Laurier, pub. sous la dir. de P. Richard, éd. Le Laurier, 1988, p. 12-13 ; rev.)

En vous, Seigneur, je me confie !
 

Il ne déplaît point à Dieu que, parfois, vous vous plaigniez doucement à lui. Ne craignez pas de lui dire : « Pourquoi, Seigneur, vous êtes-vous retiré au loin ? (cf. Ps 9, 22 LXX) Vous savez bien que je vous aime et que je n’aspire qu’à votre amour. Par charité, secourez-moi, ne m’abandonnez pas. »

            Si la désolation se prolonge et que votre angoisse soit extrême, unissez votre voix à celle de Jésus, de Jésus mourant accablé sur la croix ; dites, en implorant la pitié divine : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » (Mt 27,46). Mais profitez de cette épreuve, d’abord pour vous abaisser davantage, en vous répétant qu’on ne mérite point de consolations quand on a offensé Dieu ; puis, pour aviver davantage votre confiance, en vous rappelant que, quoi qu’il fasse ou permette, Dieu n’a en vue que votre bien et qu’ainsi « toutes choses coopèrent au bien » (cf. Rm 8,28) de votre âme. Plus le trouble et le découragement vous assiègent, plus vous devez vous armer d’un grand courage et vous écrier : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, qui craindrais-je » (Ps 26,1). Oui, Seigneur, c’est vous qui m’éclairez, c’est vous qui me sauverez ; en vous je me confie, « en vous j’ai mon espoir : je ne serai pas confondu à jamais » (Ps 30,2 LXX).

            Établissez-vous ainsi dans la paix, certain que « nul n’a espéré dans le Seigneur et n’a été confondu » (Si 2,11 Vg), nul ne s’est perdu alors qu’il avait placé sa confiance en Dieu.

Homélie du Père Gilbert Adam

 

« Jésus monta dans le bateau, et ses disciples le suivirent. Alors survint sur la mer une tempête si forte que le bateau était recouvert par les vagues. Et lui, il dormait. »
 

« Jésus lui, dormait. »

Nous pouvons nous identifier dans la situation de la tempête apaisée par Jésus. Notre marche est une longue traversée vers le Royaume, comme une barque qui navigue sur la mer du temps, au milieu d’épreuves qui nous arrivent de manière inattendue, en nous inspirant de la crainte. Si nous croyons que Jésus est dans notre propre barque, cela ne devrait-il pas nous mettre dans une grande sérénité ? Chaque épreuve dans notre vie, quand elles se "dressent" à l’improviste, comme les vagues de la mer, devient pour nous une occasion pour nous « reposer » sur le Cœur de Jésus. La barque demeure le symbole de l’Eglise, aujourd’hui encore dans la tempête. Le "bateau" est en danger, recouvert par les vagues. Cette barque représente aussi chacun de nous, la maison de Dieu dont nous avons la grâce et la responsabilité ! Elle est envahie par les flots du doute et du désespoir bien souvent ! Or Jésus est là, dans la barque de notre vie et il peut dormir. Nous n’avons rien d’autre à faire que de réveiller Jésus qui dort en pareil danger.

"Les disciples vinrent le réveiller, en disant : Seigneur, sauve–nous, nous sommes perdus ! Il leur dit : Pourquoi êtes–vous si peureux, gens de peu de foi ? Alors il se leva, rabroua les vents et la mer, et un grand calme se fit." La raison de fond du peu de foi des Apôtres, c’est qu’ils étaient encore loin de la vraie connaissance des projets de Jésus. Si nous le connaissions mieux, notre foi serait plus solide, parce qu’elle reposerait sur une connaissance vivante de la présence mystérieuse de Jésus dans notre vie. La connaissance et l’amour de Jésus requièrent toutefois de l’attention et du temps à consacrer au Seigneur Jésus ! La foi doit s’enraciner sur une connaissance profonde du Christ, elle doit être vécue, jour après jour, il est nécessaire de l’approfondir sans cesse. Pour vivre, il nous faut mourir avec Jésus à ce monde de ténèbres et de violence pour ressusciter avec lui à la vraie vie. Si Jésus est endormi dans la barque de notre âme ensevelie par la tempête, c’est en le réveillant que nous allons revivre. Le ciel est à l’intérieur même de la mort, il est désormais en nous, il ne demande qu’à rayonner ! Le sommeil du Christ est le signe d’un mystère, le cœur de chaque fidèle est une barque naviguant sur la mer ; elle ne peut pas sombrer si l’esprit entretient de bonnes pensées de Paix.

Etonnés, ils se disaient : Quelle sorte d’homme est–il, celui–ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? Ces paroles sont très actuelles pour nous, elles ont le pouvoir de chasser toute crainte qui monte dans nos cœurs devant l’inconnu, à l’improviste, devant ce qui semble indomptable. Jésus, dans sa Présence, change radicalement notre vie si nous croyons en lui ! L’épreuve elle-même, supportée dans la foi, ne nous fait pas sombrer dans l’abîme de l’inquiétude et du désespoir, mais elle nous purifie et nous sanctifie. Dans le Tabernacle, Jésus est là comme quelqu’un qui dort, mais sa toute-puissance ne s’endort jamais, elle suscite en nous qui l’adorons, des vagues d’amour et de paix qui vont s’opposer et calmer toutes les « vagues » du mal. Nous pourrions croire, que devant le danger, il faut vite calmer le vent et la tempête extérieure ! C’est à la tempête intérieure que Jésus va s’adresser. Le salut est dans la relation qui est établie entre lui, Jésus, et nous. Le calme extérieur, obtenu après par Jésus, sera le signe que la tempête intérieure est dépassée ! C’est la Pâque, le Passage du Seigneur de la Vie. Le salut est dans cette relation qui fait jaillir le ciel sur la terre.

Nous demandons la grâce d’être cette « humanité de surcroit » avec laquelle jésus continue son œuvre de salut.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?

Messe du 29 juin 2020 Paroisse Coeur-Immaculé-de-Marie, Asbestos

Livre des Actes des Apôtres 12,1-11.

1À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. 2Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. 3Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. 4Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. 5Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. 6Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. 7Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains. 8Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » 9Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. 10Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. 11Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »

Psaume 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9.

2Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres.
3Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m'entendent et soient en fête !
4Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. 5Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre.
6Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage.
7Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.
8L'ange du Seigneur campe à l'entour pour libérer ceux qui le craignent. 9Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge !

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.16b.17-18.

6Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. 7J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. 8Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.
16bΤous m’ont abandonné. 17Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; 18le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.

13En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » 14Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » 15Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » 16Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 17Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. 18Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. 19Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Saint Bernard (1091-1153)
 

moine cistercien et docteur de l'Église

Premier sermon pour la fête des saints Pierre et Paul, 1,3,5 (Chaque jour tu nous parles, t.3 Pentecôte-fin août; trad. Orval; Éd. Abbaye d'Orval, 1974, p. 294-295 rev.)

« J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22,32)

[Le Christ] Médiateur (...) « n'a pas commis de péché et sa bouche n'a pas prononcé de mensonge » (1P 2,22). Comment oserais-je m'approcher de lui, moi pécheur, très grand pécheur, dont les péchés sont plus nombreux que le sable de la mer ? Il est tout ce qu'il y a de plus pur, et moi, de plus impur... C'est pour cela que Dieu m'a donné ces apôtres, qui sont des hommes et des pécheurs, et de très grands pécheurs, qui ont appris en eux-mêmes et par leur propre expérience à quel point ils devaient être miséricordieux envers les autres. Coupables de grandes fautes, ils accorderont aux grandes fautes un pardon facile et ils nous rendront la mesure qui a servi pour eux (cf Lc 6,38).

            L'apôtre Pierre a commis un grand péché, peut-être même n'y en a-t-il pas de plus grand. Il en a reçu un pardon aussi prompt que facile, à tel point qu'il n'a rien perdu du privilège de sa primauté. Et Paul, qui avait déchaîné une fureur sans borne contre l'Église naissante, est amené à la foi par l'appel du Fils de Dieu lui-même. En retour de tant de maux, il est comblé de si grands biens qu'il devient « l'instrument choisi pour porter le nom du Seigneur devant les nations, les rois et les enfants d'Israël » (Ac 9,15)...

            Pierre et Paul sont nos maîtres : ils ont pleinement appris du seul Maître de tous les hommes les chemins de la vie, et ils nous instruisent encore aujourd'hui.

Simon, Fils de Jean, m'aimes-tu ?

« Jésus lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Pierre fut contristé … Seigneur, Tu connais toutes choses, Tu sais bien que je t'aime ! » Jésus offre ainsi son amitié à Pierre, efface le triple reniement et provoque sa triple profession de foi, de plus en plus véhémente, pour l'établir de nouveau le pasteur universel.

Méditation de l'évangile du lundi 29 juin


Après le déjeuner au bord du lac de Tibériade où Jésus a préparé Lui-même le poisson grillé et le pain pour le soir, se place le dialogue entre Pierre et son Seigneur.

« Simon, Fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? Pierre lui dit : oui Seigneur, Tu sais bien que je T'aime ! Jésus dit : Paix mes agneaux. »

« Il lui redit une seconde fois : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Il Lui dit : oui Seigneur, Tu sais bien que je t'aime ! Il lui dit : sois le pasteur de mes brebis. »

« Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? Pierre fut contristé … Seigneur, Tu connais toutes choses, Tu sais bien que je t'aime ! »

Jésus offre ainsi son amitié à Pierre, efface le triple reniement et provoque sa triple profession de foi, de plus en plus véhémente, pour l'établir de nouveau le pasteur universel.

Dans cet entretien pathétique, tout est suggéré plutôt qu'exprimé. Les douloureux événements d'un passé encore tout proche sont laissés dans la pénombre. Pas de reproche direct. Ce sont des questions délicates, des allusions discrètes, des petites phrases chargées de sens qui font explosion dans l'âme sans la blesser.

Quel art vraiment divin de pénétrer dans les cœurs pour en manier les secrets ressorts ! Quelle grâce séduisante et aussi quelle fermeté !

En méditant cette scène évangélique, on se sent enveloppé soi-même par le charme de Jésus et l'on comprend que les hommes qu'Il a ainsi réprimandés l'aient aimé jusqu'à mourir pour Lui.


Père Gabriel

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Jésus admire cette foi provocante et hardie, Sincèrement du fond du coeur, avons-nous cette foi?

Jésus admire cette foi provocante et hardie, Sincèrement du fond du coeur, avons-nous cette foi?

PAROLES DU SAINT PÈRE

La foule, marquée par des souffrances physiques et des pauvretés spirituelles, constitue, pour ainsi dire, «l’environnement de vie» où se réalise la mission de Jésus, faite de paroles et de gestes qui guérissent et consolent. Jésus n’est pas venu apporter le salut dans un laboratoire; il ne prêche pas dans un laboratoire, séparé des gens: il est au milieu de la foule! Au milieu du peuple! Pensez que la plus grande partie de la vie publique de Jésus s’est passée sur la route, parmi les gens, pour prêcher l’Evangile, pour guérir les blessures physiques et spirituelles. (Angélus 4 février 2018)

OFFICE DES LAUDES
INTRODUCTION
V/ Seigneur, ouvre mes lèvres,
R/ et ma bouche publiera ta louange.
ANTIENNE INVITATOIRE

Écoutons la voix de notre Dieu, entrons dans le repos qu’il a promis.

PSAUME INVITATOIRE : (94)

1 Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
2 Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

3 Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
4 il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
5 à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

6 Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
7 Oui, il est notre Dieu ; +
nous sommes le peuple qu'il conduit,
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? +
8 « Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
9 où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

10 « Quarante ans leur génération m'a déçu, +
et j'ai dit : Ce peuple a le cœur égaré,
il n'a pas connu mes chemins.
11 Dans ma colère, j'en ai fait le serment :
Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

HYMNE : NUÉE DE FEU

D. Rimaud — CNPL

Nuée de feu
Sur ceux qui marchent dans la nuit,
Tu es venu
pour montrer le chemin vers Dieu,
Et ton calvaire ouvrit le ciel.
Ô viens, Seigneur Jésus !
Présence de ton Père ;
Que nous chantions pour ton retour :

R/ Béni soit au nom du Seigneur,
Celui qui vient sauver son peuple.

Royal époux
Promis aux noces de la croix,
Tu es venu
réjouir les enfants de Dieu,
Et tu changeas notre eau en vin.
Ô viens, Seigneur Jésus !
Tendresse pour la terre ;
Que nous chantions pour ton retour : R/

Ô Fils de Dieu
Sur qui repose l’Esprit-Saint,
Tu es venu
comme un feu qui consume tout,
Et l’univers s’embrase en toi.
Ô viens, Seigneur Jésus !
Demeure de la Gloire ;
Que nous chantions pour ton retour : R/
ANTIENNE

Il est bon de rendre grâce au Seigneur, d’annoncer dès le matin son amour.

PSAUME : 91

2 Qu'il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
3 d'annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits,
4 sur la lyre à dix cordes et sur la harpe,
sur un murmure de cithare.

5 Tes œuvres me comblent de joie ;
devant l'ouvrage de tes mains, je m'écrie :
6 « Que tes œuvres sont grandes, Seigneur !
Combien sont profondes tes pensées ! »

7 L'homme borné ne le sait pas,
l'insensé ne peut le comprendre :
8 les impies croissent comme l'herbe, *
ils fleurissent, ceux qui font le mal,
mais pour disparaître à tout jamais.

9 Toi, qui habites là-haut,
tu es pour toujours le Seigneur.
10 Vois tes ennemis, Seigneur,
   vois tes ennemis qui périssent, *
et la déroute de ceux qui font le mal.

11 Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d'huile nouvelle ;
12 j'ai vu, j'ai repéré mes espions,
j'entends ceux qui viennent m'attaquer.

13 Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
14 planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.

15 Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
16 pour annoncer : « Le Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! »

ANTIENNE

Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau, mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau.

CANTIQUE D'EZÉKIEL (EZ 36)

24 Je vous prendrai du milieu des nations, +
je vous rassemblerai de tous les pays,
je vous conduirai dans votre terre.

25 Je répandrai sur vous une eau pure,
   et vous serez purifiés ; *
de toutes vos souillures, de toutes vos idoles,
   je vous purifierai.

26 Je vous donnerai un cœur nouveau,
je mettrai en vous un esprit nouveau.

J'ôterai de votre chair le cœur de pierre,
je vous donnerai un cœur de chair.

27 Je mettrai en vous mon esprit, +
je ferai que vous marchiez selon mes lois, *
que vous gardiez mes préceptes
   et leur soyez fidèles.

28 Vous habiterez le pays
   que j'ai donné à vos pères : +
vous, vous serez mon peuple, *
et moi, je serai votre Dieu.

PSAUME : 8

R/ 2 Ô Seigneur, notre Dieu,
   qu'il est grand ton nom
   par toute la terre !

Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
3 par la bouche des enfants, des tout-petits :
rempart que tu opposes à l'adversaire,
où l'ennemi se brise en sa révolte.

4 À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
5 qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

6 Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur ;
7 tu l'établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds :

8 les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
9 les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.

R/ 10 Ô Seigneur, notre Dieu,
   qu'il est grand ton nom
   par toute la terre !

PAROLE DE DIEU : (2 P 3, 13-14)
Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix.
RÉPONS

R/ Christ est notre lumière, notre soleil levant !

 

V/ Qui regarde vers lui resplendira
sans ombre ni trouble au visage. R/

 

V/ Il vient nous visiter,
en lui la joie de notre cœur. R/

ANTIENNE DE ZACHARIE

Sur nous se lèvera le Soleil de justice, le Christ notre Dieu.

CANTIQUE DE ZACHARIE (LC 1)

68 Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui visite et rachète son peuple.

69 Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

70 comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

71 salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

72 amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

73 serment juré à notre père Abraham
   de nous rendre sans crainte,

74 afin que, délivrés de la main des ennemis, +
75 nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé
   prophète du Très-Haut : *
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
   et tu prépareras ses chemins

77 pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

78 grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,
quand nous visite l'astre d'en haut,

79 pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
   et l'ombre de la mort, *
pour conduire nos pas
   au chemin de la paix.

INTERCESSION

En union avec Marie, Mère de Dieu, et tous les saints, nous supplions le Seigneur :


R/

Délivre-nous, Seigneur.

 

Par le mystère de ta sainte incarnation,

Par ta venue en ce monde,

 

Par ta naissance et ton épiphanie,

Par ton baptême et ton jeûne au désert,

 

Par ta croix et ta passion,

Par ta mort et ta mise au tombeau,

 

Par ta résurrection du séjour des morts,

Par ton admirable ascension,

 

Par la venue du Saint-Esprit consolateur,

Au jour du jugement,

 
NOTRE PÈRE
ORAISON

Dieu éternel et tout-puissant, tu es la lumière de toutes les lumières, et le jour qui ne finit pas ; dès le matin de ce jour nouveau nous te prions : que la clarté de ta présence, en chassant la nuit du péché, illumine nos cœurs.

Coeur Immaculé de Marie

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« Le cœur du peuple crie vers mon Seigneur, sur la muraille de la fille de Sion » (Lm 2, 2.10-14.18-19)

Lecture du livre des Lamentations

Le Seigneur a englouti sans pitié
tous les pâturages de Jacob ;
dans son emportement, il a détruit les forteresses
de la fille de Juda ;
il a jeté à terre et profané
le royaume et ses princes.
    Les anciens de la fille de Sion,
assis par terre, se taisent,
ils ont couvert leur tête de poussière
et revêtu des toiles à sac ;
elles inclinent la tête vers la terre,
les vierges de Jérusalem.
    Mes yeux sont usés par les larmes,
mes entrailles frémissent ;
je vomis par terre ma bile
face au malheur de la fille de mon peuple,
alors que défaillent petits enfants et nourrissons
sur les places de la cité.
    À leur mère ils demandent :
« Où sont le froment et le vin ? »
alors qu’ils défaillent comme des blessés
sur les places de la ville
et qu’ils rendent l’âme
sur le sein de leur mère.
    Que dire de toi ? À quoi te comparer,
fille de Jérusalem ?
À quoi te rendre égale pour te consoler,
vierge, fille de Sion ?
Car ton malheur est grand comme la mer !
Qui donc te guérira ?
    Tes prophètes ont de toi des visions
vides et sans valeur ;
ils n’ont pas dévoilé ta faute,
ce qui aurait ramené tes captifs ;
ils ont de toi des visions,
proclamations vides et illusoires.
    Le cœur du peuple crie vers le Seigneur.

Laisse couler le torrent de tes larmes,
de jour comme de nuit,
muraille de la fille de Sion ;
ne t’accorde aucun répit,
que tes pleurs ne tarissent pas !

    Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit
au début de chaque veille ;
déverse ton cœur comme l’eau
devant la face du Seigneur ;
élève les mains vers lui
pour la vie de tes petits enfants
qui défaillent de faim
à tous les coins de rue.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 73 (74), 1-2abd, 3-4, 5-7, 20-21)

R/ N’oublie pas sans fin
la vie de tes pauvres.
 (Ps 73, 19b)

Pourquoi, Dieu, nous rejeter sans fin ?
Pourquoi cette colère sur les brebis de ton troupeau ?
Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l’origine,
la montagne de Sion où tu fis ta demeure.

Dirige tes pas vers ces ruines sans fin,
l’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ;
dans le lieu de tes assemblées, l’adversaire a rugi
et là, il a planté ses insignes.

On les a vus brandir la cognée, comme en pleine forêt,
quand ils brisaient les portails à coups de masse et de hache.
Ils ont livré au feu ton sanctuaire,
profané et rasé la demeure de ton nom.

Regarde vers l’Alliance : la guerre est partout ;
on se cache dans les cavernes du pays.
Que l’opprimé échappe à la honte,
que le pauvre et le malheureux chantent ton nom !

ÉVANGILE
« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob » (Mt 8, 5-17)

Alléluia. Alléluia.
Le Christ a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.
Alléluia. (Mt 8, 17)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    comme Jésus était entré à Capharnaüm,
un centurion s’approcha de lui et le supplia :
    « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé,
et il souffre terriblement. »
    Jésus lui dit :
« Je vais aller moi-même le guérir. »
    Le centurion reprit :
« Seigneur, je ne suis pas digne
que tu entres sous mon toit,
mais dis seulement une parole
et mon serviteur sera guéri.
    Moi-même qui suis soumis à une autorité,
j’ai des soldats sous mes ordres ;
à l’un, je dis : “Va”, et il va ;
à un autre : “Viens”, et il vient,
et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
    À ces mots, Jésus fut dans l’admiration
et dit à ceux qui le suivaient :
« Amen, je vous le déclare,
chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
    Aussi je vous le dis :
Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident
et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob
au festin du royaume des Cieux,
    mais les fils du Royaume seront jetés
dans les ténèbres du dehors ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
    Et Jésus dit au centurion :
« Rentre chez toi,
que tout se passe pour toi selon ta foi. »
Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.

    Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison,
il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
    Il lui toucha la main,
et la fièvre la quitta.
Elle se leva,
et elle le servait.

    Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés.
D’une parole, il expulsa les esprits
et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit,
    pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Il a pris nos souffrances,
il a porté nos maladies.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Guérison du serviteur du centurion romain

Jésus admire cette foi provocante et hardie. Bien plus, cet homme qui lui donne un ordre l'enchante. Dans le domaine de la foi, Il avoue n'avoir jamais rien trouvé de semblable même en Israël, une telle audace…

la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Il a pris nos souffrances,
 il a porté nos maladies.

 

Méditation de l'Evangile du samedi 27 juin

Dans nos détresses, il nous est bon de regarder l'attitude du centurion de Capharnaüm et de nous en inspirer. Il a forcé l'enthousiasme de Jésus. A son merveilleux cri de confiance et à sa splendide humilité, Jésus ne veut répondre que par plus d'amour, et en l'exauçant immédiatement.

La personne de Jésus l'avait bouleversé. Devant la maladie de son serviteur, voici qu'il envoie vers le prophète ses amis juifs pour demander une guérison à distance. Rien que cela !… Son audace et sa foi enchantent Jésus surtout lorsqu'il ose lui faire porter ce message :

“Jésus se trouvait déjà loin de la maison, lorsque le centurion envoya des amis pour lui dire : Seigneur, ne te donne pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ! Aussi n'ai-je même pas osé aller à toi. Mais dis un mot et que mon serviteur soit guéri.

En effet, je suis moi-même quelqu'un de soumis à une autorité, ayant sous moi des soldats ; et je dis à celui-ci : Va ! et il va ; et à un autre : Viens ! et il vient ; et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait”

Jésus admire cette foi provocante et hardie. Bien plus, cet homme qui lui donne un ordre l'enchante. Dans le domaine de la foi, Il avoue n'avoir jamais rien trouvé de semblable même en Israël, une telle audace…

“Ce qu'ayant entendu, Jésus l'admira. Et s'étant tourné vers la foule qui le suivant, Il dit : Je vous le dis : même en Israël, je n'ai pas trouvé autant de foi !”

Jésus, dans sa réponse, établit une égalité quasi algébrique entre la foi et l'accueil de Dieu face à nos demandes : “Va, qu'il te soit fait selon que tu as cru”.  Et il ajoute, pensant à vous et à bien d'autres : “Oui, je vous le dis : beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et prendront place avec Abraham et Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux”

Son regard dépasse le moment présent pour saisir le développement du Royaume, son Eglise ! Le centurion lui permet d'ouvrir la baie et de voir la rentrée prochaine de toutes les races de la terre, dans ce Royaume, auprès de la race choisie d'Abraham et d'Isaac.

C'était déjà notre foi que Jésus admirait dans cette multitude venue de l'Orient et de l'Occident.


Père Gabriel

Saint Augustin (354-430)
 

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 231, SC 116 (Sermons pour la Pâque; trad. S. Poque; Éd. du Cerf 1966, p. 257-259, rev.)

« Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir »

 

Que cherches-tu ? Le bonheur. (...) Tu cherches une bonne chose, mais mais elle ne se trouve pas ici. (…) En venant ici d'un autre pays, le Christ n'a pu trouver que ce qu'il y a ici en abondance : peine, douleur et mort ; voilà ce que tu as ici, voilà ce qu'il y a ici en abondance. Il a mangé avec toi ce qui se trouvait en abondance dans la pauvre maison de ton malheur. Il y a bu du vinaigre, il y a goûté du fiel, voilà ce qu'il a trouvé dans ta pauvre maison.

            Mais il t'a invité à sa table magnifique, à sa table du ciel, à sa table des anges où il est lui-même le pain (Ps 77,25; Jn 6,34). Descendant chez toi et trouvant le malheur dans ta pauvre maison, il n'a pas dédaigné de s'asseoir à ta table, telle qu'elle était, et il t'a promis la sienne. (…) Il a pris ton malheur, il te donnera son bonheur. Oui, il te le donnera.  Il nous a promis sa vie.

            Et ce qu'il a fait est encore plus incroyable : il nous a donné en gage sa propre mort. C'est comme s'il nous disait : « Je vous invite à ma vie, là où personne ne meurt, là où se trouve le vrai bonheur, là où la nourriture ne se corrompt pas, là où elle redonne force et ne fait pas défaut.  Voyez où je vous invite : au pays des anges, à l'amitié du Père et de l'Esprit Saint, à un repas éternel, à mon amitié fraternelle. Enfin, je vous invite à moi-même, à ma propre vie. Vous ne voulez pas croire que je vous donnerai ma vie ? Prenez en gage ma mort ».

 

 

Homélie du Père Gilbert Adam

Vous êtes la lumière du monde.

« Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. En fêtant saint Cyrille d’Alexandrie, nous sommes reportés dans les premiers siècles de l’Église encore indivise. Les premiers siècles sont d’abord des siècles de persécutions. Si l’on se déclarait chrétien, on était assuré d’être martyrs. Jésus a donné sa vie pour nous sur la Croix. Les Chrétiens ont donné de beaux exemples de martyrs, de témoignages d’Amour. L’Église a dû combattre aussi pour la vérité, à l’intérieur de son propre Corps. Saint Cyrille d’Alexandrie s’est levé d’une manière généreuse et amoureuse. Il n’était pas un sel qui s’était affadi ! Avec un tempérament particulièrement prononcé, il s’est fait l’invincible défenseur de Marie, Mère de Dieu. L’Évangile reste discret sur le mystère de la Vierge Marie. Le combat de Cyrille d’Alexandrie, alors que certains disaient que Marie etait la mère de l’homme Jésus, fut d’affirmer que Marie est la Mère de Dieu puisque Jésus est Dieu. Le Père engendre éternellement son Fils dans l’Esprit Saint, c’est le mystère du Dieu Amour, qui, parce qu’il est amour, s’abaisse sans cesse. Dans cet abaissement même, il est élevé dans toute sa grandeur : « Dieu est amour. » L’Esprit Saint recouvre Marie de son ombre à l’Annonciation, Jésus est engendré par l’Esprit Saint dans le sein de Marie.

« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. 
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Le mystère de l’humanité, en Marie, participe à l’œuvre de Dieu. C’est donc de la maternité divine de Marie dont il s’agit pour saint Cyrille d’Alexandrie. En Dieu, toute paternité est contenue, c’est de Dieu que tout vient, que tout arrive, et c’est en Lui et pour lui que tout s’épanouit. Quand Jésus est donné à Marie à l’Annonciation, l’ange dit à Marie : "L’Esprit Saint viendra sur toi et la Puissance du Très Haut te couvrira de son ombre". l’Écriture dit l’admiration des bergers quand les anges leur apparaissent : "Allez donc voir un enfant emmailloté, dans une crèche, c’est lui le Sauveur." Dieu se rend visible à nos yeux, il prend notre nature humaine. Joseph et Marie sont tous deux porteurs d’un mystère incroyable. Marie sait, et Joseph qui a obéi à Dieu, contemple dans cet enfant « quelque chose » d’incomparable. Dieu est une « surabondance » d’amour qui veut se communiquer et donner à sa petite créature les secrets qu’Il porte, selon ce qu’elle peut en saisir. Dieu notre Père engendre éternellement son Unique. L’Esprit Saint, l’Engendrement du Père, « s’accomplit » dans le sein de la Vierge Marie.

Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
 Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. Dieu nous fait participer à la puissance de son amour infini, de sa Vie et de sa Lumière. Par amour, Il nous fait participer à son mystère. Cyrille d’Alexandrie a vu, par une grâce extraordinaire, l’enjeu de la maternité divine de Marie. Certes, au plan humain, il est déjà étonnement beau de donner chair à un petit être qui louera le Seigneur pendant toute son existence. Les parents savent qu’il faudra que ce petit être soit baptisé dans le Christ pour recevoir la vie divine. Derrière la maternité divine de Marie, se révèle la paternité et la maternité spirituelle. Dieu est le seul qui engendre dans son mystère de Dieu, mais Il introduit sa petite créature, malgré sa petitesse, dans un mystère d’enfantement de vie spirituelle. A partir de son consentement, Marie l’Immaculée, dans l’Esprit Saint, sera le lieu où le Fils Unique est engendré. A partir de ce premier engendrement du Fils unique, l’Église enfantera les membres de son Corps mystique à la vie divine, dans l’Esprit Saint. Elle deviendra en effet Mère dans l’Esprit Saint, elle donnera la vie divine dans les Sacrements du Christ. Quand elle célèbre le Sacrement de l’Eucharistie, l’Église fait advenir Jésus, Pain de vie, au milieu de nous. Si Dieu s’est abaissé si bas, c’est pour nous élever si haut, c’est pour nous « diviniser. »

Nous demandons la grâce de comprendre et d’aimer le mystère de Marie « Mère de Dieu »

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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Jean n'était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage » (Jn 1,8)

PREMIÈRE LECTURE
« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais » (Jr 1, 4-10)

Au temps du roi Josias,
la parole du Seigneur me fut adressée :
« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t’ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les nations. »
Et je dis :
« Ah ! Seigneur mon Dieu !
Vois donc : je ne sais pas parler,
je suis un enfant ! »
Le Seigneur reprit :
« Ne dis pas : “Je suis un enfant !”
Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ;
tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras.
Ne les crains pas,
car je suis avec toi pour te délivrer
– oracle du Seigneur. »
Puis le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche.
Il me dit :
« Voici, je mets dans ta bouche mes paroles !
Vois : aujourd’hui, je te donne autorité
sur les nations et les royaumes,
pour arracher et renverser,
pour détruire et démolir,
pour bâtir et planter. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 70 (71), 1-2, 5-6ab, 7-8, 15ab.17)
R/

Seigneur mon Dieu,
toi, mon soutien dès avant ma naissance.

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
Toi, mon soutien dès avant ma naissance,
Tu m'as choisi dès le ventre de ma mère.

Pour beaucoup, je fus comme un prodige ;
tu as été mon secours et ma force.
Je n'avais que ta louange à la bouche,
tout le jour, ta splendeur.

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.

DEUXIÈME LECTURE
« Sur le salut, les prophètes ont fait porter leurs interrogations et leurs recherches » (1 P 1, 8-12)

Bien-aimés,
vous aimez Jésus Christ sans l’avoir vu ;
en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi,
vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire,
car vous allez obtenir le salut des âmes
qui est l’aboutissement de votre foi.
Sur le salut,
les prophètes ont fait porter
leurs interrogations et leurs recherches,
eux qui ont prophétisé
pour annoncer la grâce qui vous est destinée.
Ils cherchaient quel temps et quelles circonstances
voulait indiquer l’Esprit du Christ, présent en eux,
quand il attestait par avance les souffrances du Christ
et la gloire qui s’ensuivrait.
Il leur fut révélé
que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous,
qu’ils étaient au service de ce message,
annoncé maintenant par ceux qui vous ont évangélisés
dans l’Esprit Saint envoyé du ciel ;
même des anges désirent se pencher
pour scruter ce message.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Ta femme mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean » (Lc 1, 5-17)

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée,
un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie.
Sa femme aussi était descendante d’Aaron ;
elle s’appelait Élisabeth.
Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu :
ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur
de façon irréprochable.
Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile
et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge.

Or, tandis que Zacharie,
durant la période attribuée aux prêtres de son groupe,
assurait le service du culte devant Dieu,
il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres,
pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute la multitude du peuple était en prière au-dehors,
à l’heure de l’offrande de l’encens.
L’ange du Seigneur lui apparut,
debout à droite de l’autel de l’encens.
À sa vue, Zacharie fut bouleversé
et la crainte le saisit.
L’ange lui dit :
« Sois sans crainte, Zacharie,
car ta supplication a été exaucée :
ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils,
et tu lui donneras le nom de Jean.
Tu seras dans la joie et l’allégresse,
et beaucoup se réjouiront de sa naissance,
car il sera grand devant le Seigneur.
Il ne boira pas de vin ni de boisson forte,
et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ;
il fera revenir de nombreux fils d’Israël
au Seigneur leur Dieu ;
il marchera devant, en présence du Seigneur,
avec l’esprit et la puissance du prophète Élie,
pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants,
ramener les rebelles à la sagesse des justes,
et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Et à présent que l’événement s’accomplit, à présent qu’Elisabeth et Zacharie font l’expérience que «rien n’est impossible à Dieu» (Lc 1, 37), leur joie est grande. La page de l’Evangile d’aujourd’hui (Lc 1, 57-66. 80) annonce la naissance et se concentre ensuite sur le moment de l’imposition du nom de l’enfant. Elisabeth choisit un nom étranger à la tradition familiale et elle dit: «Il s’appellera Jean» (v. 60), don gratuit et désormais inattendu, parce que Jean signifie «Dieu a fait grâce». Et cet enfant sera un héraut, un témoin de la grâce de Dieu pour les pauvres qui attendent son salut avec une foi humble. (Angélus 24 juin 2018)

 

Jean-Baptiste l'envoyé de Dieu

Dans son chant de reconnaissance, la perspective envisagée par Zacharie est le salut d'Israël, du Peuple, non pas une grâce personnelle. C'est la même note spirituelle que celle de la Vierge Marie dans le chant du Magnificat dont voici les paroles :“Il a secouru Israël son serviteur, pour se souvenir de la miséricorde comme il avait dit à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais”

»

 

Méditation de l'Evangile du mercredi 24 juin 

L'épreuve, chez Zacharie, ne supprime pas la joie au moment de la naissance de son fils. Sa reconnaissance explose librement.

“Les amis faisaient des signes au père de l'enfant pour savoir comment il voulait qu'il s'appelât. Et ayant demandé une petite tablette, il écrivit pour dire : Jean est son nom. Et tous de s'étonner. Or, aussitôt, sa bouche s'ouvrit, et sa langue se délia, et parlait, bénissant Dieu.”

L'épreuve devient la source de vie de tout le peuple.

Il est d'ailleurs dit de Jean-Baptiste : “Et tous les voisins d'Elisabeth et de Zacharie furent saisis de crainte; et dans toute la montagne de Judée, toutes ces choses étaient l'objet d'entretiens. Et tous ceux qui en avaient entendu parler y prenaient garde en leur coeur, en disant : Que sera cet enfant ? En effet la main du Seigneur était avec lui”

Sa vocation est une prédestination. Elle remonte jusqu'à l'enfant, jusqu'à ses parents. Cette prédestination n'est pas le jeu cruel d'un hasard. Non, Dieu prépare, dans l'amour de tous et un chacun, son Envoyé, pour crier la délivrance à son peuple.

Quelle merveilleuse mission que de partir ainsi en éclaireur, préparer les chemins du Seigneur et de sa venue.

Dans son chant de reconnaissance, la perspective envisagée par Zacharie est le salut d'Israël, du Peuple, non pas une grâce personnelle. C'est la même note spirituelle que celle de la Vierge Marie dans le chant du Magnificat dont voici les paroles :

“Il a secouru Israël son serviteur, pour se souvenir de la miséricorde comme il avait dit à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais”

Et voici celles de Zacharie : “Béni soit le Seigneur, parce qu'Il est venu parmi nous, qu'il a opéré la délivrance de son peuple, et qu'il nous a suscité une puissance de salut, dans la Maison de David son serviteur”

Il est encore dit de Jean-Baptiste : “Or l'enfant croissait et se fortifiait en esprit et il était dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël”.

La croissance importante est celle de l'Esprit, l'Esprit nous rapproche de Dieu et nous assimile à Lui.

Père Gabriel

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735)
 

moine, docteur de l'Église

Homélie II, 20 ; CCL 122, 328 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 487 rev.)

« Jean n'était pas la lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage » (Jn 1,8)

Que la naissance de Jean soit commémorée quand les jours diminuent, et celle du Seigneur lorsqu'ils commencent à augmenter, comporte une signification symbolique. En effet, Jean a lui-même révélé le secret de cette différence. Les foules le prenaient pour le Messie en raison de ses vertus remarquables, tandis que certains considéraient le Seigneur non comme le Messie mais comme un prophète, à cause de la faiblesse de sa condition dans notre chair. Et Jean a dit : « Il faut que lui il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30). Le Seigneur a vraiment grandi car, alors qu'on le considérait comme un prophète, il a fait connaître aux croyants du monde entier qu'il était le Messie. Jean a décru et diminué car lui qu'on prenait pour le Messie est apparu non comme le Messie, mais comme l'annonciateur du Messie.

            Il est donc normal que la clarté du jour commence à diminuer à partir de la naissance de Jean, puisque la réputation de sa divinité allait s'évanouir et son baptême bientôt disparaître. Il est également normal que la clarté des jours les plus courts recommence à grandir dès la naissance du Seigneur : en vérité, il est venu sur terre pour révéler à tous les païens la lumière de sa connaissance dont, auparavant, les juifs seuls possédaient une partie, et pour répandre partout dans le monde le feu de son amour

Homélie du Père Gilbert Adam

 

          Nativité de Saint Jean Baptiste
Que sera donc cet enfant ? En effet,
la main du Seigneur était avec lui.
 
« Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. »

Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. La nativité de Jean Baptiste nous est donnée comme un évènement unique. Il nait d’un couple âgé, stérile. « Elisabeth mit au monde un fils. » Cette expression commune est riche d’un sens profond. Le bonheur de cette naissance est une perle pour nous tous, la joie d’exister est redonnée à la terre des hommes. Il fait sortir chacun de l’épaisseur du quotidien, de l’habituel, pour le projeter dans la volonté de Dieu. Il est la « voix qui crie dans le désert. » Il fait tomber de chacun ce qui l’empêche de voir la beauté de Dieu. A Hérode, Jean Baptiste dira : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère pour épouse. » Dés sa conception, Jean Baptiste relance la question de l’existence, il la ramène à Dieu. Par lui, la Liberté intérieure nous est redonnée dans l’Esprit Saint. Il en est ainsi dans notre vie, l’Esprit Saint agit dans notre faiblesse. Jean Baptiste sera cet homme dont la vie, dans l’histoire du salut, marque l’importance de la faiblesse de l’humanité qui va à la rencontre de Dieu.

« Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. »
 Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. Un souffle intérieur, échangé entre Elisabeth et Zacharie dans leur intimité, porte cette décision qui vient d’en haut : "Il s’appellera Jean." Le monde reçoit celui que personne n’espérait plus. Il se réjouit, mais tend aussitôt à faire sien cet enfant, à se l’approprier. Alors une rupture surgit à l’énoncé de son Nom : « Il s’appellera Jean, » dit sa mère. La naissance de Jean Baptiste est la Beauté d’un recommencement, d’une promesse. La Bonne Nouvelle nous entraine toujours en avant, elle nous sort de nous-mêmes, elle nous conduit à la vie véritable. C’est dans la faiblesse et la pauvreté de cet enfant que Dieu agira pour le salut du monde ! L’Esprit prophétique est un esprit d’humilité, c’est aussi un esprit de force. Il est un esprit de droiture et de justice. C’est en lui que notre "oui est oui" et que notre "non est non".

« La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. » 
Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. La vie de Jean le Baptiste est un appel à la vie. A son école, chacun peut redécouvrir son propre chemin. « Que sera donc cet enfant ? » Il ira, jusqu’au péril de sa vie, pour dire le droit. Jean Baptiste laissera tomber les certitudes provisoires pour être pure attente de « Celui qui vient. » Il ira à la limite de l’humain. L’Esprit Saint qui l’anime au plus profond, le conduira au désert. Le prophète annonce Dieu, il ne se met pas en avant. Ce qu’il doit dire, il le dit avec la force de la vérité, et il s’efface. "Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui," dira Jésus. "Et toi, petit enfant, on t’appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu’il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés." Les pauvres annoncent Jésus sans le savoir !

Nous demandons la grâce de demeurer en Dieu et de témoigner de Jésus par notre vie

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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