Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

exhortation apostolique

Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri !

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 11,27-28.
 

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Pape François


Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » § 288; 24 nov. 2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)


« Heureuse celle qui a cru » (Lc 1,45)


Vierge et Mère Marie, toi qui, mue par l'Esprit, as accueilli le Verbe de la vie
dans la profondeur de ta foi humble, totalement abandonnée à l'Éternel, aide-nous à dire notre « oui »
dans l'urgence, plus que jamais pressante, de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus.

Toi, remplie de la présence du Christ, tu as porté la joie à Jean Baptiste, le faisant exulter dans le sein de sa mère (Lc 1,41).
Toi, tressaillant de joie, tu as chanté les merveilles du Seigneur (Lc 1,46s).
Toi, qui es restée ferme près de la croix avec une foi inébranlable (Jn 19,25)
et as reçu la joyeuse consolation de la résurrection, tu as réuni les disciples dans l'attente de l'Esprit afin que naisse l'Église évangélisatrice (Ac 1,14).

 

Obtiens-nous maintenant une nouvelle ardeur de ressuscités pour porter à tous l'Évangile de la vie qui triomphe de la mort.
Donne-nous la sainte audace de chercher de nouvelles voies pour que parvienne à tous
le don de la beauté qui ne se ternit pas.


Toi, Vierge de l'écoute et de la contemplation (Lc 2,19), mère du bel amour (Si 24,24 Vulg), épouse des noces éternelles (Ap 19,7),


intercède pour l'Église, dont tu es l'icône très pure,  afin qu'elle ne s'enferme jamais et jamais ne s'arrête dans sa passion pour instaurer le Royaume.

Étoile de la nouvelle évangélisation, aide-nous à rayonner par le témoignage de la communion, du service, de la foi ardente et généreuse, de la justice et de l'amour pour les pauvres, pour que la joie de l'Évangile  parvienne jusqu'aux confins de la terre et qu'aucune périphérie ne soit privée de sa lumière.

Mère de l'Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous.
Amen. Alléluia

Méditation de L'Evangile 

du père Gabriel

Ecouter la Parole de Dieu : le secret du bonheur

Ceux sont les deux chemins de la liberté chrétienne. Ils nous permettent de rentrer dans l'intimité même de Dieu en écoutant la Parole puis en la mettant en pratique dans notre vie quotidienne. Nous voici alors comme sa Mère, entrée dans sa famille, dans la Famille même de Dieu.

 

A la parole de la femme qui lui crie son admiration : " Heureux le sein qui t'a porté et les mamelles que tu as sucées " , Jésus nous indique une des grandes béatitudes :

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.»

Cette parole rejoint la spiritualité de Marie. A l'ange qui lui annonce l'Incarnation, elle répond simplement : Qu'il me soit fait selon ta Parole. Et c'était la Parole même de Dieu que l'ange Gabriel venait lui apporter.

Oui, elle fut bienheureuse, et elle le savait...Bienheureuse me proclameront toutes les générations parce que j'ai entendu, parce que j'ai accueilli en moi  la Parole même de Dieu, que je l'ai gardée neuf mois, pour la donner au monde.

Etre heureux !... Pour réaliser cela, ce  rêve vieux comme l'humanité, deux conditions pour Jésus : Ecouter la Parole de Dieu, la mettre en pratique.

Ceux sont les deux chemins de la liberté chrétienne. Ils nous permettent de rentrer dans l'intimité même de Dieu en écoutant la Parole puis en la mettant en pratique dans notre vie quotidienne. Nous voici alors comme sa Mère, entrée dans sa famille, dans la Famille même de Dieu.

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.»

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Comme Jésus disait cela, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire :

Dans le dialogue silencieux des êtres bénis de Dieu, l’Esprit Saint va donner la vie, il donne sa clarté intérieure, sa fécondité et son efficacité. C’est mue par l’Esprit Saint, que la femme de l’Evangile élève la voix et se met à crier du milieu de la foule, quand Jésus est en train de parler. Dieu se donne dans les événements de l’histoire qui renouvellent la face de la terre. C’est dans le silence éternel de la vie de Dieu que la décision de la rédemption a été prise. C’est dans l’obscurité d’une maison silencieuse de Nazareth que la force de l’Esprit Saint est descendue sur la Vierge Marie. Elle était seule en prière. C’est ainsi que l’Incarnation de Jésus, le Sauveur, s’est réalisée. La Vierge Marie, qui gardait dans son cœur chaque parole dite de la part du Seigneur Jésus, préfigure les êtres attentifs à la prière sacerdotale de Jésus qui renaît sans cesse dans chaque vie. Réunie autour de la Vierge silencieuse en prière, l’Église naissante a reçu la nouvelle effusion de l’Esprit Saint, qui lui avait été promise.

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »

Cette femme crie toute sa joie à propos de Marie qu’elle ne connaît pas. Elle se sent rejointe dans son mystère, dans sa féminité. La Bénédiction de Dieu se fait « corporelle, » c’est la bénédiction de Jésus venu dans la chair : "Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles." Cette femme est habitée par la bénédiction de Jésus, elle aime les enfants qu’elle a porté, elle est rejointe dans son être de femme : Marie, la première, a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique. Elle a accueilli le Verbe de Dieu dans sa chair. Elle avait passé toutes les années de sa vie cachée à méditer dans son cœur ce qu’elle apprenait de la Parole. Elle gardait dans son cœur les comportements et les paroles de Jésus. Nous voulons nous aussi entendre la parole de Dieu, la garder, la méditer, et faire sa volonté qui est Amour. Comme Marie, il n’est point de parole que nous n’aimions autant que celle de Jésus. Il n’est point d’enseignement que nous nous employons à méditer. Il n’est point de volonté que nous n’ayons autant le désir profond de faire. Dès que nous entrons en contact avec cette Parole de Jésus, le Verbe de Dieu, nous lui devenons semblable. 

"Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

 Nous entendons en résonance l’exclamation d’Élisabeth : « Bienheureuse, toi qui as cru dans les paroles qui te furent dites de la part du Seigneur, » et le Cantique de Marie : « Toutes les générations me diront bienheureuse. » Jésus est la Parole vivante de Dieu, la Parole qui dit son origine, il est l’Engendré du Père qui est porté par la Femme qui lui donne chair. C’est grâce à l’écoute de la Parole de Dieu que Jésus est conçu dans la chair humaine. Cette bénédiction nous fait remonter à l’origine de Jésus, l’Engendré du Père. Marie, dans son mystère, gardait toutes les Paroles de Dieu et elle les méditait dans son cœur. Nous voulons être comme elle, profondément décidé d’être tout à Jésus. Dans un profond cœur à cœur avec lui, dans une prière qui lui est adressée, nous lui demandons les grâces dont nous avons besoin et qu’il est tout prêt à nous accorder. La Bénédiction du Père rejaillit dans tout l’Évangile quand Jésus révèle l’Amour infini de Dieu qui se répand dans l’humanité. Jésus, le béni du Père, dit du bien de l’humanité. Il est le resplendissement de la Gloire de Dieu, l’épanouissement de son Amour.

 

Demandons la grâce de la Bénédiction du Dieu.

   

Voir les commentaires

Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,16-30.


En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit :

« Sûrement vous allez me citer le dicton :

“Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire :

Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

Méditation de l'Evangile

du lundi 30 août

Jésus est rejeté de la synagogue de Nazareth

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

 

Qui, sinon la Vierge Marie, a bien pu transmettre à Luc le récit de l'incident de Nazareth ? Elle aura été tellement bouleversée par cette scène que les détails en sont restés dans sa mémoire.

Au début, tout se passe pour le mieux. Jésus enseigne à travers le texte d'Isaïe qu'il a choisi de commenter. Il rappelle que l'Envoyé du Père, conduit par l'Esprit Saint, n'est venu qu'apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux captifs, aux aveugles que nous sommes. Et pourtant Jésus ne put faire aucun miracle dans sa patrie parce que ses concitoyens, jaloux de ses dons et de son autorité, refusèrent de lui faire confiance :

« Et Il s'étonnait de leur incrédulité » . Le manque de confiance paralyse. Son amour ne va qu'à ceux qui ont foi en Lui : « Et Il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité »

Il ne fut donc pas reçu par les siens. Il est mal reçu chez Lui, dans sa bourgade car sa Sagesse, sa Puissance lui créent des inimitiés stupides et cancanières. On ne trouve que des mots méchants et mesquins pour déprécier son père et sa mère, ses frères et sœurs : les plus pauvres du village !…« D'où lui vient cette Sagesse et ses miracles ? N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère n'a-t-elle pas nom “Marie', et ses frères “Jacques et Joseph, et Simon et Judas” ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient donc tout cela ? Et Ils se scandalisaient à son sujet »

Cela nous montre en contrepartie combien Jésus aima les siens. Ils furent tellement unis dans cette famille de Nazareth que l'on ne sépare Jésus ni de sa mère ni de son père adoptif Joseph.

Pour ses concitoyens, « Il est le fils du charpentier » , tant les silhouettes des deux hommes se sont fondues dans un même travail ! Et si l'on parle de Jésus, on ne peut pas ne pas évoquer sa mère : « Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? » Jésus, Marie, Joseph, groupe inséparable, qui évoque l'un, évoque les deux autres pour les habitants de la petite bourgade de Nazareth. Il n'a pas trahi non plus sa parenté : « Jacques, Joseph, Simon, et Judas, ses frères et sœurs » sont inséparables, eux aussi, de l'image que ses contemporains se font de Lui.

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

Ce besogneux n'est-il pas le fils du charpentier, le fils de celle que l'on appelle “Marie” Non, ce n'est pas possible qu'un simple ouvrier puisse avoir tant de génie, tant de talents ! « Et ils se scandalisaient à son sujet »

Marie se rappelle de tout cela comme si c'était hier : lorsque son fils a parlé de Naïman et de la veuve de Sarepta, tout a basculé.

La rage s'est emparée de ses concitoyens et ils en sont venus aux voies de fait. « En entendant ces paroles, tous dans la synagogue furent remplis de colère, et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville et le conduisirent jusqu'au sommet de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour le précipiter »

Ils sont subjugués par cet homme. Cette finale, avec son verbe rejeté en fin de phrase, nous laisse sous l'impression qu'Il les domine totalement et s'échappe quand Il veut : « Mais Lui, passant au milieu d'eux, s'en allait ! »

Père Gabriel

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Exhortation apostolique « Christifideles laici / Les Fidèles laïcs », § 13-14 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle »


Le Concile Vatican II présente le baptême en ces termes : « Les baptisés, par la régénération et l'onction du Saint-Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle » (LG 10). L'Esprit Saint oint le baptisé ; il imprime sur lui un sceau indélébile, et il le constitue temple spirituel (2Co 1,21s; 1Co 3,16), c'est-à-dire qu'il le remplit de la sainte présence de Dieu grâce à l'union et à la conformité avec Jésus Christ. Fort de cette onction spirituelle, le chrétien peut, à sa manière, répéter les paroles de Jésus : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction ». (...)

            « La mission du Christ, prêtre, prophète, roi, se poursuit dans l'Église. Tous, le Peuple de Dieu tout entier, participent à cette triple mission. » Les fidèles laïcs participent à la fonction sacerdotale par laquelle Jésus s'est offert lui-même sur la croix et continue encore à s'offrir dans la célébration de l'eucharistie (…) : « Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d'esprit et de corps, s'ils sont vécus dans l'Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie (…), tout cela devient ‘offrandes spirituelles agréables à Dieu par Jésus Christ’ (1P 2,5) ; et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l'oblation du corps du Seigneur pour être offertes en toute dévotion au Père » (LG 34). (…)

            La participation à la fonction prophétique du Christ (…) habilite et engage les fidèles laïcs à recevoir l'Évangile dans la foi, et à l'annoncer par la parole et par les actes. (…) Ils vivent la royauté chrétienne tout d'abord par le combat spirituel qu'ils mènent pour détruire en eux le règne du péché (Rm 6,12), ensuite par le don de soi pour servir (…) Jésus lui-même, présent en tous ses frères, surtout dans les plus petits (Mt 25,40). Mais les fidèles laïcs sont appelés en particulier à redonner à la création toute sa valeur originelle. En liant la création au bien véritable de l'homme par une activité soutenue par la grâce, ils participent à l'exercice du pouvoir par lequel Jésus ressuscité attire à lui toutes choses et les soumet (…) au Père, « afin que Dieu soit tout en tous » (Jn 12,32; 1Co 15,28)

Homélie du Père Gilbert Adam

L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.

« Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. »
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. La parole de Jésus est une « parole de grâce. » En lui, la grâce et la bienveillance de Dieu se sont rendues visibles avec puissance. Dieu qui avait promis de sauver l’homme parce qu’il l’aime, l’a sauvé en vivant dans la chair humaine en Jésus. Il ne lui a pas suffit de nous donner le Salut : il s’est donné lui-même comme Sauveur. Nous voulons contempler le Sauveur, avoir le cœur occupé à regarder Jésus ! Alors sa lumière rend notre visage plus lumineux, comme celui de Marie sa mère. Les habitants de son village se referment sur ce qu’ils connaissent de lui. Le message de Jésus n’est pas selon le désir des habitants de Nazareth. "C’est le fils de Joseph" disent-ils. Ils veulent se saisir de lui pour que Jésus accomplisse leur volonté. Ce qu’ils attendent, c’est un Messie puissant, le souci des pauvres n’est pas leur priorité !

« Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. » 

Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. Jésus élargit la perspective des habitants de Nazareth en citant les prophètes Élie et Élisée avec lesquels cela se passait déjà ainsi. Il vient combler l’intérieur de nos vies, là, il veut grandir encore en nous. Mais il rencontre une incompréhension chez les habitants de Nazareth. La Parole de Jésus nous demande une grande disponibilité et une abnégation de nous-mêmes, une renonciation à notre volonté propre. Il faudrait que notre seul désir soit de faire la volonté de Dieu, d’être au diapason de l’Esprit Saint. Nous voulons pour cela nous mettre à l’école de Dieu. Que la Parole opère en nous son chemin.

En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.

Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. Si Jésus trouvait la foi à Nazareth il pourrait apporter le salut. Jésus était rempli d’Esprit Saint, mais les siens sont remplis de colère. Celle-ci les empêche d’accepter le cadeau qu’il veut leur offrir. La dureté de leur cœur, causée par une prétention religieuse, est cruelle. Jésus, passant au milieu d’eux, ira son chemin. Il ne reste pas la proie de la méchanceté des hommes. Piégé par le Satan dans le désert, il ne restera pas dans un chemin de mort. L’Esprit Saint fait l’œuvre de Dieu en nous, il a éclairé le chemin de Marie.

Prière

Seigneur Jésus, permet de nous donner la grâce d’être avec toi, sous la protection de l’Esprit Saint pour accomplir la volonté de Dieu.

Voir les commentaires

Publié depuis Overblog et Facebook et Twitter
PREMIÈRE LECTURE
« La pluie fait germer la terre » (Is 55, 10-11)

Ainsi parle le Seigneur :
    « La pluie et la neige qui descendent des cieux
n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre,
sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer,
donnant la semence au semeur
et le pain à celui qui doit manger ;
    ainsi ma parole, qui sort de ma bouche,
ne me reviendra pas sans résultat,
sans avoir fait ce qui me plaît,
sans avoir accompli sa mission. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 64 (65), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14)
R/

Tu visites la terre et tu l’abreuves, Seigneur,
tu bénis les semailles.

Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau,
tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.

Tu couronnes une année de bienfaits,
sur ton passage, ruisselle l’abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.

Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !

DEUXIÈME LECTURE
« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 18-23)

Frères,
    j’estime qu’il n’y a pas de commune mesure
entre les souffrances du temps présent
et la gloire qui va être révélée pour nous.
    En effet la création attend avec impatience
la révélation des fils de Dieu.
    Car la création a été soumise au pouvoir du néant,
non pas de son plein gré,
mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir.
Pourtant, elle a gardé l’espérance
    d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation,
pour connaître la liberté
de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
    Nous le savons bien,
la création tout entière gémit,
elle passe par les douleurs d’un enfantement
qui dure encore.
    Et elle n’est pas seule.
Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ;
nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint,
mais nous attendons notre adoption
et la rédemption de notre corps.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-23)

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
    Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
    Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
    Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
    D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
    Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
    D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
    D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
    Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

    Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent :
« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
    Il leur répondit :
« À vous il est donné de connaître
les mystères du royaume des Cieux,
mais ce n’est pas donné à ceux-là.
    À celui qui a, on donnera,
et il sera dans l’abondance ;
à celui qui n’a pas,
on enlèvera même ce qu’il a.
    Si je leur parle en paraboles,
c’est parce qu’ils regardent sans regarder,
et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
    Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe :
Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.
Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
    Le cœur de ce peuple s’est alourdi :
ils sont devenus durs d’oreille,
ils se sont bouché les yeux,
de peur que leurs yeux ne voient,
que leurs oreilles n’entendent,
que leur cœur ne comprenne,
qu’ils ne se convertissent,
– et moi, je les guérirai.

    Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient,
et vos oreilles puisqu’elles entendent !
    Amen, je vous le dis :
beaucoup de prophètes et de justes
ont désiré voir ce que vous voyez,
et ne l’ont pas vu,
entendre ce que vous entendez,
et ne l’ont pas entendu.

    Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
    Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre,
le Mauvais survient
et s’empare de ce qui est semé dans son cœur :
celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
    Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux,
c’est celui qui entend la Parole
et la reçoit aussitôt avec joie ;
    mais il n’a pas de racines en lui,
il est l’homme d’un moment :
quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole,
il trébuche aussitôt.
    Celui qui a reçu la semence dans les ronces,
c’est celui qui entend la Parole ;
mais le souci du monde et la séduction de la richesse
étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
    Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre,
c’est celui qui entend la Parole et la comprend :
il porte du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

OU LECTURE BREVE

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Parabole du semeur : Bonne terre ou rocaille dans nos cœurs

Pour nous parler de la Parole qui tombent dans nos cœurs, Jésus a su trouver cette extraordinaire image du semeur qui lance sa semence. Là encore, il souligne notre extraordinaire liberté. Le terrain reçoit la semence, mais selon qu'il est pierrailles, broussailles ou bonne terre, le germe croîtra en moisson ou bien sera étouffé.

 

124667-parabole-du-semeur-bonne-terre-ou-rocaille-dans-nos-coeurs

Méditation de l'évangile du dimanche 12 juillet


Le peuple aime à l'entendre. Jésus se repose chez Simon-Pierre et le voilà qui sort de la maison et s'assoit au bord de la mer. Une telle foule se rassemble pour l'écouter, et qu'il grimpe alors dans une barque et parle de là à tous les gens, assis sur le rivage.

” Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.”

Ses contemporains se précipitaient littéralement sur Lui pour l'entendre. Si bien que pour leur échapper ce jour-là, Il se voit obliger de monter dans une barque. Et c'est de là qu'Il va enseigner et raconter la parabole du semeur.

” Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait : Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.

Les juifs diront souvent parmi le peuple : “Il n'enseignait pas comme les scribes”. Jésus reprochent aux scribes et aux docteurs de la Loi de parler un langage incompréhensible et de fermer ainsi le chemin du royaume aux simples. Les paraboles du Seigneur constitueront , au contraire, un enseignement clair et facilement abordables pour les gens les plus simples.

Ainsi pour nous parler de la Parole qui tombent dans nos coeurs, Il a su trouver cette extraordinaire image du semeur qui lance sa semence. Là encore, il souligne notre extraordinaire liberté. Le terrain reçoit la semence, mais selon qu'il est pierrailles, broussailles ou bonne terre, le germe croîtra en moisson ou bien sera étouffé.

Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout. Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu'elle n'avait pas d'humidité. Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l'étouffèrent. Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »

Le semeur lance largement la semence.C'est notre terre qui manque à la semence. Jésus nous fait remarquer que La semence est la Parole de Dieu et que ceux sont nos coeurs qui la reçoivent dans une terre aride ou bien préparée.

A nous de répondre à l'Espérance de Dieu et de donner une abondante moisson.


Père Gabriel

 

Pape François
 
Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » § 174-175 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« L’homme qui entend la Parole et la comprend porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un »

Toute l'évangélisation est fondée sur la Parole de Dieu, écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée. La Sainte Écriture est source de l'évangélisation. Par conséquent, il faut se former continuellement à l'écoute de la Parole. L'Église n'évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. Il est indispensable que la Parole de Dieu « devienne toujours plus le cœur de toute activité ecclésiale » (Benoît XVI). La Parole de Dieu écoutée et célébrée, surtout dans l'eucharistie, alimente et fortifie intérieurement les chrétiens et les rend capables d'un authentique témoignage évangélique dans la vie quotidienne. Nous avons désormais dépassé l'ancienne opposition entre Parole et sacrement. La Parole proclamée, vivante et efficace, prépare à la réception du sacrement et dans le sacrement cette Parole atteint son efficacité maximale. L'étude de la Sainte Écriture doit être une porte ouverte à tous les croyants. Il est fondamental que la Parole révélée féconde radicalement la catéchèse et tous les efforts pour transmettre la foi. L'évangélisation demande la familiarité avec la Parole de Dieu et cela exige que les diocèses, les paroisses et tous les groupements catholiques proposent une étude sérieuse et persévérante de la Bible, et aussi en encouragent la lecture priante personnelle et communautaire. Nous ne cherchons pas à tâtons dans l'obscurité, nous ne devons pas non plus attendre que Dieu nous adresse la parole, parce que réellement « Dieu a parlé, il n'est plus le grand inconnu mais il s'est montré lui-même » (Benoît XVI). Accueillons le trésor sublime de la Parole révélée

Homélie du Père Gilbert Adam

 

Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.

"Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage."

Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Jésus, le Verbe de Dieu, a « quitté » le sein du Père pour habiter le sein de la femme ! Elle mit au monde un fils ! Jésus, le fils de Marie, était le « Grain de blé » qui vient dans le monde pour y apporter la paix de sa présence, de son amour. De la barque des hommes, il fait résonner la parole de Dieu dans un monde d’iniquité, un monde orageux. La Parole de Dieu est la semence de vie qui a porté du fruit au centuple. Elle est reçue au nom de toute l’humanité par Marie. Non seulement Marie a entendu la Parole, mais elle l’a comprise, elle la gardait et la méditait en son cœur. Nous surabondons de joie, parce que nous savons que Jésus est avec nous, et qu’il nous introduit dans son Royaume.

«  Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » 
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Nous pouvons, nous aussi, avoir tellement de soucis avec les richesses de ce monde que nous en oublions l’essentiel. Le cœur humain rencontre en lui bien des obstacles face à la Parole : Dispersion, agitation, paresse, dureté, doutes qui l’assaillent. Cependant Dieu veille et sème, il donne sa grâce en abondance. En mourant sur la croix, Jésus va porter du fruit pour la multitude. Toute l’humanité pourra le recevoir et elle en sera régénérée ! Elle peut alors devenir un immense champ de blé moissonné pour les noces de l’Agneau.

"Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas." 
Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai. Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. La vie du croyant grandit en paix, joie et douceur si la terre de son cœur est disposée à se laisser faire par la Parole de Dieu. Le cœur du peuple de Dieu s’éclaircit, il comprend la parole par cette expérience qui est donnée. Chacun est témoin que là ou se trouve la sécheresse, rien ne pousse. Il suffit qu’arrive la pluie qui est la bénédiction de Dieu et la vie reprend ! Alors on chante et on danse, la vie est devant nous. Ainsi la parole de Dieu est dans son peuple et elle portera du fruit. Nous nous retrouvons dans cette foule qui a porté un « fruit » au-delà de toute espérance en Jésus. Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’on pas entendu. »

Nous demandons la grâce de ne pas étouffer les paroles que Dieu nous adresse, mais de les faire grandir dans la prière quotidienne. 
18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. 19 Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. 20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; 21 mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. 22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. 23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

 

 

Voir les commentaires

Rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules » (Mt 14,19)

PREMIÈRE LECTURE
« Ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus » (Ac 5, 34-42)

En ces jours-là,
comme les Apôtres étaient en train de comparaître
devant le Conseil suprême,
intervint un pharisien nommé Gamaliel,
docteur de la Loi, qui était honoré par tout le peuple.
Il ordonna de les faire sortir un instant,
puis il dit :
« Vous, Israélites,
prenez garde à ce que vous allez faire à ces gens-là.
Il y a un certain temps, se leva Theudas
qui prétendait être quelqu’un,
et à qui se rallièrent quatre cents hommes environ ;
il a été supprimé,
et tous ses partisans ont été mis en déroute et réduits à rien.
Après lui, à l’époque du recensement,
se leva Judas le Galiléen
qui a entraîné beaucoup de monde derrière lui.
Il a péri lui aussi,
et tous ses partisans ont été dispersés.
Eh bien, dans la circonstance présente, je vous le dis :
ne vous occupez plus de ces gens-là, laissez-les.
En effet, si leur résolution ou leur entreprise vient des hommes,
elle tombera.
Mais si elle vient de Dieu,
vous ne pourrez pas les faire tomber.
Ne risquez donc pas
de vous trouver en guerre contre Dieu. »
Les membres du Conseil se laissèrent convaincre ;
ils rappelèrent alors les Apôtres
et, après les avoir fait fouetter,
ils leur interdirent de parler au nom de Jésus,
puis ils les relâchèrent.
Quant à eux, quittant le Conseil suprême,
ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes
de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
Tous les jours, au Temple et dans leurs maisons,
sans cesse, ils enseignaient et annonçaient la Bonne Nouvelle :
le Christ, c’est Jésus.

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(26 (27), 1, 4, 13-14)
R/

J’ai demandé une chose au Seigneur :
habiter sa maison.
ou : Alléluia !

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

ÉVANGILE
« Il en distribua aux convives, autant qu’ils en voulaient » (Jn 6, 1-15)

En ce temps-là,
Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée,
le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait,
parce qu’elle avait vu les signes
qu’il accomplissait sur les malades.
Jésus gravit la montagne,
et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Jésus leva les yeux
et vit qu’une foule nombreuse venait à lui.
Il dit à Philippe :
« Où pourrions- nous acheter du pain
pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve,
car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit :
« Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas
pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge
et deux poissons,
mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit :
« Faites asseoir les gens. »
Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit.
Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains
et, après avoir rendu grâce,
il les distribua aux convives ;
il leur donna aussi du poisson,
autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim,
il dit à ses disciples :
« Rassemblez les morceaux en surplus,
pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers
avec les morceaux des cinq pains d’orge,
restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

À la vue du signe que Jésus avait accompli,
les gens disaient :
« C’est vraiment lui le Prophète annoncé,
celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever
pour faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira dans la montagne,
lui seul.

– Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

La première multiplication des pains

Jésus ne peut voir la souffrance physique sans guérir; Il ne peut voir la misère morale sans enseigner. Les hommes restent là, avachis, couchés comme des bestiaux, dans un état de laisser-aller et de passivité, s'ils ne sont pas secoués par l'enseignement de Jésus. Tout l'enseignement de Jésus est dans ce sens de l'effort et de l'homme debout.

Jésus savait qu'ils allaient venir l'enlever
pour faire de lui leur roi ;
alors de nouveau il se retira dans la montagne,
lui seul.
 

116242-la-premiere-multiplication-des-pains

 
Méditation de l'Evangile du vendredi 24 avril

Jésus, fuyant Hérode ou voulant tout simplement s'écarter un peu pour parler tranquillement avec les siens, peut difficilement échapper aux foules qu'Il a conquises. Sa parole a soulevé un tel enthousiasme que les foules se lancent à sa poursuite, à pied, de toutes les cités des bords du lac, pour aller le relancer jusque dans le désert.

“A la nouvelle de la mort de Jean-Baptiste, Jésus s'éloigne du lieu où Il était, s'embarque pour se retirer dans un lieu désert, à l'écart. Et les foules l'ayant appris le suivirent, à pied, venant des villes”

Et Marc de préciser et de bien remarquer que tous ces gens courent après Lui :

“Et on les vit s'en aller, et plusieurs comprirent où ils allaient. Et ils y accoururent par terre, de toutes les villes, et ils les devancèrent. Et, en sortant de la barque, Il vit une foule nombreuse. Et Il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et Il se mit à les instruire longuement”.

C'est bien Lui ! Il s'échappe un moment avec les Douze, de retour de leur course apostolique. Il s'était réfugié dans un endroit bien tranquille et désert, Bethsaïde. Du moins, le croyait-Il. Devant la foule qui le poursuit et qu'Il voit si abandonnée dans le domaine spirituel, adieu le repos : et Il les reçoit; Il les enseigne; Il leur parle du Royaume de Dieu; Il les guérit et les captive à tel point que le soir tombe qu'ils sont toujours là, dans ce lieu désert. Ce sera l'occasion de la première multiplication des pains.

“Or, comme le jour commençait à baisser, les Douze s'approchèrent et Lui dirent : congédie la foule afin qu'ils aillent dans les bourgs et les hameaux des environs, pour trouver un gîte et de la nourriture… “

Ce qui l'émeut et le bouleverse, ce n'est pas tant leur fatigue physique que cette démission qu'Il n'admet jamais chez l'homme. Car Il décèle chez eux comme une lassitude de ne trouver personne à qui se confier, personne pour les enseigner : “Ils étaient comme des brebis sans pasteur”.

Jésus ne peut voir la souffrance physique sans guérir; Il ne peut voir la misère morale sans enseigner. Les hommes restent là, avachis, couchés comme des bestiaux, dans un état de laisser-aller et de passivité, s'ils ne sont pas secoués par l'enseignement de Jésus. Tout l'enseignement de Jésus est dans ce sens de l'effort et de l'homme debout.

Car “l'homme aux impératifs” nous entraîne toujours sur des chemins où il nous faut dire “non” à nos désirs excessifs ou instinctifs.

“Si ton oeil te scandalise… Si tu regardes une femme au point de la désirer…Va, vends tous tes biens… Laisse-là tes filets… Lève-toi, suis-Moi…Va, ne pèche plus…Procurez-vous, non la nourriture périssable, mais la nourriture qui demeure pour la vie éternelle…”


Père Gabriel

Pape François
 
Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » §46-49 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules » (Mt 14,19)

L'Église « en sortie » est une Église aux portes ouvertes (…); l'Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. (…) Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n'importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est « la porte », le baptême. L'eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un remède généreux et un aliment pour les faibles. (…) L'Église n'est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.

            Si l'Église entière assume ce dynamisme missionnaire, elle doit parvenir à tous, sans exception. Mais qui devrait-elle privilégier ? Quand quelqu'un lit l'Évangile, il trouve une orientation très claire ; pas tant « les amis et voisins riches, » mais surtout « les pauvres et les infirmes », ceux qui sont souvent méprisés et oubliés, « ceux qui n'ont pas de quoi te le rendre » (Lc 14,12s). Aucun doute ni aucune explication qui affaibliraient ce message si clair ne doivent subsister ; aujourd'hui et toujours, « les pauvres sont les destinataires privilégiés de l'Évangile » (Benoît XVI). (…) Il faut affirmer sans détour qu'il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres. Ne les laissons jamais seuls.

            Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus Christ. (…) Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c'est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l'amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. (…) Dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt ; « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16; Mc 6, 37; Lc 9,13).

  • Homélie du Père Gilbert Adam
    Le vendredi 24 avril 2020iCal
    2e semaine de Pâques : Vendredi de la 2e semaine de Pâques

« Après cela, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.

Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Jésus a pitié de ses brebis, il les conduit sur de verts pâturages, il les rassasie, et il va chercher celle qui est perdue. Le discours sur le Pain de vie prend ses racines dans le miracle de la multiplication des pains : À partir de cinq pains et de deux poissons, Jésus nourrit une foule nombreuse. Ce signe que Jésus accomplit nous montre qu’il a un pouvoir sur la nature. Cette transformation se fait par la puissance de l’amour de Dieu qui opère aujourd’hui dans la multiplication des pains. Le chemin de la vie divine est ouvert, c’est la vie du Père qui est donnée et nous comprenons mieux la Parole de Jésus. Nous entrons dans son mystère pour prendre corps en lui, comme l’enfant bien aimé du Père. Jésus qui a rejoint son Père dans le royaume est encore plus proche de nous, il est plus intime à nous-mêmes que nous ne le sommes. Il nous fait exister en lui, par lui et pour Lui.

"Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. La foule pouvait survivre à une nuit de jeûne, mais la faim est le signe d’une nécessité plus haute. La faim, comme la soif, renvoient à des nécessités naturelles : manger, boire, sans quoi nous mourrons. Mais elles renvoient aussi à des nécessités vitales d’ordre spirituel, elles révèlent le sens de notre existence humaine devant Dieu. Jésus comble de biens les affamés, la multiplication des pains est signe d’une réalité plus haute : Jésus vient apporter une autre nourriture. Il est celui qui vient combler la faim existentielle de l’être humain ; celui qui vient désaltérer sa soif d’aimer et d’être aimé. La perspective de la communion fraternelle s’annonce, la lumière du don et du partage est donnée. Après la multiplication des pains, Jésus reprochera à la foule de ne pas avoir compris le sens du miracle : « En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. » Dans le discours sur le pain de vie qui suit la multiplication des pains, Jésus dira : « Je suis le pain de la vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim, qui croit en moi n’aura jamais soif. »

"Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. A partir du don des cinq pains et des deux poissons de l’enfant, nous percevons la nourriture qui va nourrir la foule pour la transformer en action de grâce. A partir de cette nourriture pour la vie terrestre, Jésus nous entraine à sa vie divine, il demeure avec nous pour toujours. Il nous rassemble tous ensemble pour former un Peuple nouveau que l’Esprit Saint anime. Les miracles proclament le Royaume de Dieu qui vient, ils accompagnent la Parole, l’éclairent et la confirment. Nous recevons dans ce signe l’amitié de Jésus pour nous, une promesse. Nous découvrons un chemin à parcourir ensemble au cours duquel l’amitié s’épanouira, s’approfondira, il montre une direction, un sens à notre vie. La vie que Jésus nous donne, c’est la vie éternelle, la guérison qu’il nous procure, c’est le salut éternel, et le Pain dont il nous nourrit, c’est lui-même.

Nous demandons la grâce d’être ressuscites avec Jésus.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

Voir les commentaires

Le Pape pour une Église au visage amazonien

Le Pape publie son exhortation post-synodale Querida Amazonia

Querida Amazonia, l'Exhortation du Pape pour une Église au visage amazonien
L'exhortation post-synodale sur l'Amazonie a été rendue publique. Le document trace de nouvelles voies d'évangélisation, pour la protection de l'environnement et le salut des pauvres. François espère un nouvel élan missionnaire et encourage le rôle des laïcs dans les communautés ecclésiales.
 

Alessandro Gisotti – Cité du Vatican

«L’Amazonie bien aimée se présente au monde dans toute sa splendeur, son drame et son mystère». C’est par ces mots que commence l'exhortation apostolique post-synodale, Querida Amazonia. Le Souverain pontife, dans les premiers points, explique «le sens de cette Exhortation» parsemée de références aux documents des conférences épiscopales des pays de l'Amazonie mais aussi aux poèmes d'auteurs liés à l'Amazonie. Le Pape souligne qu'il souhaite «exprimer les résonances» que le Synode a provoquées en lui ; et précise qu'il n'entend pas remplacer ou répéter le Document final qu'il invite à lire «dans son intégralité», en espérant que toute l'Église se laissera «enrichir et questionner» par ce dernier et que l'Église en Amazonie s'engagera «pour son application». François partage ses «rêves pour l'Amazonie», dont le sort doit concerner tout le monde car cette terre est aussi «la nôtre». Il formule «quatre grands rêves» : que l'Amazonie «lutte pour les droits des plus pauvres»«préserve cette richesse culturelle»«préserve jalousement l'irrésistible beauté naturelle», et enfin, que les communautés chrétiennes soient «capables de se donner et de s'incarner en Amazonie».

Le rêve social : l'Église aux côtés des opprimés

Le premier chapitre de Querida Amazonia est consacré au «rêve social» et souligne qu'«une vraie approche écologique» est aussi une «approche sociale». Tout en appréciant le «bien-vivre» des indigènes, il met en garde contre le «conservatisme» qui ne se préoccupe que de l'environnement. Sur un ton vibrant, François parle d’«injustice et de crime». Il rappelle que Benoît XVI avait déjà dénoncé «la dévastation de l’environnement en Amazonie». Les peuples originels, prévient-il, sont soumis à l’«asservissement» de la part des pouvoirs locaux et extérieurs. Pour le Pape, les opérations économiques qui alimentent la dévastation, les meurtres, et la corruption, méritent le nom d'«injustice et de crime». Et comme Jean-Paul II, il réaffirme que la mondialisation ne doit pas devenir un nouveau colonialisme.

Que les pauvres soient entendus sur l'avenir de l'Amazonie

Face à une telle injustice, le Souverain pontife demande de «s’indigner et de demander pardon». Pour François, il faut des «réseaux de solidarité et de développement». Il appelle tout le monde, y compris les dirigeants politiques, à s'engager. Puis, le Pape s'arrête sur la question du «sens communautaire». Il rappelle que pour les peuples amazoniens, les relations humaines «sont imprégnées de la nature environnante». C'est pourquoi, écrit-il, ils vivent un véritable «déracinement» lorsqu'ils sont «contraints d'immigrer en ville». La dernière partie du premier chapitre est consacrée aux «institutions dégradées» et au «dialogue social». Le Pape dénonce le mal de la corruption qui empoisonne l'État et ses institutions. Il espère que l'Amazonie deviendra «un lieu de dialogue social» avant tout «avec les derniers». Que la voix des pauvres, avertit le Pape, soit «la voix la plus forte» sur l'Amazonie. 

Non à l'indigénisme fermé, la nécessité d'une rencontre interculturelle

L'Exhortation poursuit sur la «rencontre interculturelle». Même les «cultures prétendument plus évoluées», observe François, peuvent apprendre des ethnies qui ont «développé un trésor culturel en étant liées à la nature». La diversité n'est donc pas «une frontière» mais «un pont». Le Pape dit non à un «indigénisme complètement fermé». La dernière partie de ce chapitre concerne les «cultures menacées» et les «peuples à risque», avec une recommandation pour tout projet concernant l'Amazonie : «il faut inclure la perspective des droits des peuples». Ceux-ci, précise le Saint-Père, «peuvent difficilement rester intacts» si l'environnement dans lequel ils sont nés et se sont développés «se détériore».

Le rêve écologique : combiner le souci de l'environnement et celui de l'homme

Le troisième chapitre, «Un rêve écologique», est celui qui est le plus étroitement lié à l'encyclique Laudato Si’. Dans l'introduction, il est souligné qu'en Amazonie, il existe une relation étroite entre l'être humain et la nature. Prendre soin de nos frères comme le Seigneur prend soin de nous, écrit le Pape, «est la première écologie dont nous avons besoin». La protection de l'environnement et la prise en charge des pauvres sont «inséparables». François se penche ensuite sur le «rêve fait d'eau», citant Pablo Neruda et d'autres poètes locaux sur la force et la beauté du fleuve Amazone. Avec leurs poèmes, écrit-il, ils «nous aident à nous libérer du paradigme technocratique et consumériste qui détruit la nature».

A l'écoute du cri de l'Amazonie, que le développement soit durable

François estime qu’il est urgent d'écouter «le cri de l'Amazonie», et rappelle que l'équilibre planétaire dépend de la santé de cette vaste région. Il y a, écrit-il, de puissants intérêts pas uniquement au niveau local, mais également internationaux. La solution n'est donc pas «l'internationalisation» de l'Amazonie, mais plutôt l’accroissement de «la responsabilité des gouvernements nationaux». Le développement durable, poursuit-il, exige que les habitants soient toujours informés des projets qui les concernent et souhaite la création d'un «système normatif» avec des «limites infranchissables». Il appelle en conséquence à la «prophétie de la contemplation». En écoutant les peuples originels, souligne-t-il, on peut aimer l'Amazonie «et pas seulement l'utiliser» ; on peut y trouver «un lieu théologique, un espace où Dieu lui-même se montre et appelle ses enfants». La dernière partie du troisième chapitre s’intitule «éducation et habitudes écologiques». Le Pape souligne que l'écologie n'est pas une question technique, mais qu'elle comporte toujours «un aspect éducatif».

Le rêve ecclésial : développer une Église à visage amazonien

Le dernier chapitre, le plus substantiel, est consacré «plus directement» aux pasteurs et aux fidèles catholiques et se concentre sur le «rêve ecclésial». Le Pape invite à «développer une Église au visage amazonien» à travers une «grande annonce missionnaire», une «annonce indispensable en Amazonie». Pour le Saint-Père, il ne suffit pas d'apporter un «message social». Ces peuples ont «le droit à l'annonce de l'Evangile», écrit-il, sinon «toute structure ecclésiale se transformera en une ONG». Une partie importante est donc consacrée à l'inculturation. Reprenant Gaudium et Spes, François parle de «l'inculturation» comme d'un processus qui «porte à sa plénitude à la lumière de l’Évangile» ce qu’il y a de bon dans les cultures amazoniennes.

Une nouvelle inculturation de l'Évangile en Amazonie

François approfondit la question en soulignant les «chemins d'inculturation en Amazonie». Les valeurs présentes dans les communautés d'origine, écrit-il, doivent être prises en compte «dans l'évangélisation». Et dans les deux paragraphes suivants, il s'attarde sur l’«inculturation sociale et spirituelle», pour souligner qu’étant donnée la pauvreté de nombreux habitants de l'Amazonie, l'inculturation doit avoir «une odeur fortement sociale». Parallèlement, cependant, la dimension sociale doit être intégrée à la dimension «spirituelle».

Des sacrements accessibles à tous, en particulier aux pauvres

L'Exhortation indique les «points de départ pour une sainteté amazonienne» qui ne doit pas copier les «modèles des autres régions». Elle souligne qu'«il est possible de recueillir d’une certaine manière un symbole autochtone sans le qualifier nécessairement d’idolâtrie». On peut valoriser, peut-on lire ensuite, un mythe «chargé de sens spirituel» sans nécessairement le considérer comme «une erreur païenne». Il en va de même pour certaines fêtes religieuses qui, bien qu'elles nécessitent un «processus de purification»«contiennent une signification sacrée».

Un autre passage significatif de Querida Amazonia porte sur l'inculturation de la liturgie. Le Souverain pontife note que le concile Vatican II avait déjà appelé à un effort d'«inculturation de la liturgie chez les peuples autochtones». Il rappelle également, dans une note, que lors du synode, «la proposition d'élaborer un rite amazonien» a germé. Les sacrements, exhorte François, «doivent être accessibles surtout aux pauvres». L'Église, poursuit-il rappelant Amoris laetitia, ne peut pas être transformée en «douane».

Les évêques d'Amérique latine envoient des missionnaires en Amazonie

À cela s'ajoute le thème de «l'inculturation de la ministérialité» auquel l'Église doit apporter une réponse «courageuse». Pour le Pape, «une plus grande fréquence de la célébration de l'eucharistie» doit être garantie. À cet égard, il rappelle qu'il est important de «déterminer ce qui est plus spécifique au prêtre». La réponse, lit-on, se trouve dans le sacrement de l'Ordre Sacré qui établit que seul le prêtre peut présider l'eucharistie. Comment, alors, «assurer ce ministère sacerdotal» dans les régions éloignées ? François exhorte tous les évêques, en particulier ceux d'Amérique latine, «à être plus généreux», en orientant ceux qui «montrent une vocation missionnaire» à choisir l'Amazonie et les invite à revoir la formation des prêtres.

Favoriser un protagonisme des laïcs dans les communautés

Après les sacrements, Querida Amazonia se penche sur les «communautés pleines de vie» dans lesquelles les laïcs doivent assumer «des responsabilités importantes». Pour le Pape, en effet, il ne s'agit pas «seulement de faciliter une plus grande présence des ministres ordonnés». Un objectif «très limité» si l'on ne suscite pas une «nouvelle vie dans les communautés». De nouveaux «services laïcs» sont donc nécessaires. Ce n'est qu'à travers «un rôle important des laïcs», rappelle-t-il, que l'Église pourra répondre aux «défis de l'Amazonie». Pour le Souverain pontife, les personnes consacrées occupent également une place spécifique, tandis qu'il rappelle le rôle des communautés de base qui ont défendu les droits sociaux et encourage en particulier l'activité du REPAM et des «équipes missionnaires itinérantes».

De nouveaux espaces pour les femmes, mais sans cléricalisation

Le Pape a consacré un espace à part à la force et au don des femmes. Il reconnaît qu'en Amazonie, certaines communautés ne se sont maintenues que «grâce à la présence de femmes fortes et généreuses». Il avertit cependant qu'il ne faut pas réduire «l'Église à des structures fonctionnelles». Si tel était le cas, de fait, elles ne se verraient attribuer un rôle que si elles avaient accès à l’Ordre Sacré. Pour le Pape, la cléricalisation des femmes doit être rejetée, en accueillant plutôt une modalité de contribution féminine qui prolonge «la force et la tendresse de Marie». Il encourage l'émergence de nouveaux services pour les femmes, qui - avec la reconnaissance publique des évêques - influencent les décisions pour les communautés.

Lutte commune des chrétiens pour défendre les pauvres de l'Amazonie

Il faut «élargir des horizons au-delà des conflits» estime François, et se laisser interpeller par l'Amazonie pour «surmonter des perspectives limitées» qui «demeurent enfermées dans des aspects partiels». Le quatrième chapitre se termine sur le thème de la «cohabitation œcuménique et interreligieuse» au profit de laquelle le Pape invite les croyants à «trouver des espaces pour discuter et pour agir ensemble pour le bien commun»«Comment ne pas lutter ensemble ?» - demande François. Comment ne pas prier ensemble et travailler côte à côte pour défendre les pauvres de l'Amazonie ?

Confions l'Amazonie et ses peuples à Marie

François conclut Querida Amazonia par une prière à la Mère de l'Amazonie. «Mère, regarde les pauvres de l’Amazonie», récite un passage de sa prière, «parce que leur maison est en cours de destruction pour des intérêts mesquins. (...) Touche la sensibilité des puissants parce que même si nous sentons qu’il est tard tu nous appelles à sauver ce qui vit encore».

12 février 2020, 12:00

Voir les commentaires

Rejeté de la Synagogue, n'est-il pas le charpentier? D'où vient-il? Sommes-nous méfiant par l'incroyance

Sainte Agathe

 

Née au III e siècle à Catane en Sicile, dans une famille noble, Agathe était d'une grande beauté et honorait Dieu avec ferveur.

Elle subit le martyre sous la persécution de l'empereur Dèce. La tradition, à laquelle les Siciliens restent ardemment attachés, veut que Agathe, issue de l'aristocratie de Catane ou de Palerme, ait refusé les avances du consul Quintianus.

Bien que consul, Quintien est homme de basse extraction. Il souhaitait par-dessus tout l'épouser, pensant qu'il pourrait ainsi gagner en respect mais aussi jouir de la beauté et de la fortune d'une telle épouse.

Agathe ayant refusé ses avances, Quintien l'envoya dans un lupanar tenu par une certaine Aphrodisie qu'il chargea de lui faire accepter ce mariage et de renoncer à 'son dieu'. La tenancière ayant échoué, Quintien fit jeter Agathe en prison et la fit torturer.

Parmi les tortures qu'elle endura, on lui arracha les seins à l'aide de tenailles. Elle déclarait à son tortionnaire : “Oublies-tu ta mère et les seins qui t'ont allaité ?”

Mais elle fut guérie de ses blessures par l'apôtre Saint Pierre qui la visita en prison. Jetée dans un brasier, elle fut brûlée vive.

D'autres tortures finirent par lui faire perdre la vie et sa mort fut accompagnée d'un tremblement de terre qui ébranla toute la ville.

Un an après sa mort, l'Etna entra en éruption, déversant un flot de lave en direction de Catane. Les habitants s'emparèrent du voile qui recouvrait la sépulture d'Agathe et le placèrent devant le feu qui s'arrêta aussitôt, épargnant ainsi la ville.

Depuis, on invoque son nom pour se protéger des tremblements de terre, des éruptions volcaniques ou des incendies.

L'intercession des saints, au Canon de la Messe ( Prière Eucharistique I ), mentionne ensemble Agathe, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie.

Par suite, Sainte Agathe sera invoquée en faveur des nourrices et contre les douleurs causées par le feu.

De Sicile, le culte de la jeune martyre, si impressionnante de courage et de fidélité pour le Christ, se répandit jusqu'à Rome et même Constantinople

LECTURES DE LA MESSE
PREMIÈRE LECTURE
« C’est moi qui ai péché, c’est moi qui suis coupable ; mais ceux-là, le troupeau, qu’ont-ils fait ? » (2 S 24, 2.9-17)

Lecture du deuxième livre de Samuel

En ces jours-là,
    le roi David dit à Joab, le chef de l’armée, qui était près de lui :
« Parcourez toutes les tribus d’Israël, de Dane à Bershéba,
et faites le recensement du peuple,
afin que je connaisse le chiffre de la population. »
    Joab donna au roi les chiffres du recensement :
Israël comptait huit cent mille hommes capables de combattre,
et Juda cinq cent mille hommes.
    Mais après cela, le cœur de David lui battit
d’avoir recensé le peuple,
et il dit au Seigneur :
« C’est un grand péché que j’ai commis !
Maintenant, Seigneur,
daigne passer sur la faute de ton serviteur,
car je me suis vraiment conduit comme un insensé ! »
    Le lendemain matin, David se leva.
Or la parole du Seigneur avait été adressée au prophète Gad,
le voyant attaché à David :
    « Va dire à David : Ainsi parle le Seigneur :
Je vais te présenter trois châtiments ;
choisis l’un d’entre eux,
et je te l’infligerai. »
    Gad se rendit alors chez David et lui transmit ce message :
« Préfères-tu qu’il y ait la famine dans ton pays
pendant sept ans ?
Ou bien fuir devant tes adversaires lancés à ta poursuite,
pendant trois mois ?
Ou bien la peste dans ton pays
pendant trois jours ?
Réfléchis donc, et vois
ce que je dois répondre à celui qui m’a envoyé. »
    David répondit au prophète Gad :
« Je suis dans une grande angoisse…
Eh bien ! tombons plutôt entre les mains du Seigneur,
car sa compassion est grande,
mais que je ne tombe pas
entre les mains des hommes ! »
    Le Seigneur envoya donc la peste en Israël
dès le lendemain jusqu’à la fin des trois jours.
Depuis Dane jusqu’à Bershéba,
il mourut 70 000 hommes.
    Mais lorsque l’ange du Seigneur
étendit la main vers Jérusalem pour l’exterminer,
le Seigneur renonça à ce mal,
et il dit à l’ange exterminateur :
« Assez ! Maintenant, retire ta main. »
L’ange du Seigneur se trouvait alors
près de l’aire à grain d’Arauna le Jébuséen.
    David, en voyant l’ange frapper le peuple,
avait dit au Seigneur :
« C’est moi qui ai péché, c’est moi qui suis coupable ;
mais ceux-là, le troupeau, qu’ont-ils fait ?
Que ta main s’appesantisse donc sur moi
et sur la maison de mon père ! »

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 31 (32), 1-2, 5, 6, 7)

R/ Enlève, Seigneur,
l’offense de ma faute.
 (cf. Ps 31, 5c)

Heureux l’homme dont la faute est enlevée,
et le péché remis !
Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense,
dont l’esprit est sans fraude !

Je t’ai fait connaître ma faute,
je n’ai pas caché mes torts.
J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
      en confessant mes péchés. »
Et toi, tu as enlevé
l’offense de ma faute.

Ainsi chacun des tiens te priera aux heures décisives ;
même les eaux qui débordent ne peuvent l’atteindre.
Tu es un refuge pour moi, mon abri dans la détresse ;
de chants de délivrance, tu m’as entouré.

ÉVANGILE
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays » (Mc 6, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus se rendit dans son lieu d’origine,
et ses disciples le suivirent.
    Le jour du sabbat,
il se mit à enseigner dans la synagogue.
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :
« D’où cela lui vient-il ?
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
    N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
    Jésus leur disait :
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays,
sa parenté et sa maison. »
    Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit seulement quelques malades
en leur imposant les mains.
    Et il s’étonna de leur manque de foi.
Alors Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Jésus est rejeté de la synagogue de Nazareth

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

Et il s'étonna de leur manque de foi.  Alors Jésus parcourait les villages d'alentour en enseignant.
 

107532-jesus-est-rejete-de-la-synagogue-de-nazareth


Méditation de l'Evangile du mercredi 5 février


Qui, sinon la Vierge Marie, a bien pu transmettre à Luc le récit de l'incident de Nazareth ? Elle aura été tellement bouleversée par cette scène que les détails en sont restés dans sa mémoire.

Au début, tout se passe pour le mieux. Jésus enseigne à travers le texte d'Isaïe qu'il a choisi de commenter. Il rappelle que l'Envoyé du Père, conduit par l'Esprit Saint, n'est venu qu'apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux captifs, aux aveugles que nous sommes. Et pourtant Jésus ne put faire aucun miracle dans sa patrie parce que ses concitoyens, jaloux de ses dons et de son autorité, refusèrent de lui faire confiance :

« Et Il s'étonnait de leur incrédulité » . Le manque de confiance paralyse. Son amour ne va qu'à ceux qui ont foi en Lui : « Et Il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité »

Il ne fut donc pas reçu par les siens. Il est mal reçu chez Lui, dans sa bourgade car sa Sagesse, sa Puissance lui créent des inimitiés stupides et cancanières. On ne trouve que des mots méchants et mesquins pour déprécier son père et sa mère, ses frères et sœurs : les plus pauvres du village !…« D'où lui vient cette Sagesse et ses miracles ? N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère n'a-t-elle pas nom “Marie', et ses frères “Jacques et Joseph, et Simon et Judas” ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient donc tout cela ? Et Ils se scandalisaient à son sujet »

Cela nous montre en contrepartie combien Jésus aima les siens. Ils furent tellement unis dans cette famille de Nazareth que l'on ne sépare Jésus ni de sa mère ni de son père adoptif Joseph.

Pour ses concitoyens, « Il est le fils du charpentier » , tant les silhouettes des deux hommes se sont fondues dans un même travail ! Et si l'on parle de Jésus, on ne peut pas ne pas évoquer sa mère : « Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? » Jésus, Marie, Joseph, groupe inséparable, qui évoque l'un, évoque les deux autres pour les habitants de la petite bourgade de Nazareth. Il n'a pas trahi non plus sa parenté : « Jacques, Joseph, Simon, et Judas, ses frères et sœurs » sont inséparables, eux aussi, de l'image que ses contemporains se font de Lui.

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

Ce besogneux n'est-il pas le fils du charpentier, le fils de celle que l'on appelle “Marie” Non, ce n'est pas possible qu'un simple ouvrier puisse avoir tant de génie, tant de talents ! « Et ils se scandalisaient à son sujet »

Marie se rappelle de tout cela comme si c'était hier : lorsque son fils a parlé de Naïman et de la veuve de Sarepta, tout a basculé.

La rage s'est emparée de ses concitoyens et ils en sont venus aux voies de fait. « En entendant ces paroles, tous dans la synagogue furent remplis de colère, et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville et le conduisirent jusqu'au sommet de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour le précipiter »

Ils sont subjugués par cet homme. Cette finale, avec son verbe rejeté en fin de phrase, nous laisse sous l'impression qu'Il les domine totalement et s'échappe quand Il veut : « Mais Lui, passant au milieu d'eux, s'en allait ! »


Père Gabriel

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

pape

Exhortation apostolique « Redemptoris custos », 22 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

« N’est-il pas le charpentier ? »

Une des expressions quotidiennes de l'amour dans la vie de la Sainte Famille à Nazareth est le travail. (…) Celui qui était appelé le « fils du charpentier » (Mt 13,55) avait appris le travail de son père putatif. Si, dans l'ordre du salut et de la sainteté, la famille de Nazareth est un exemple et un modèle pour les familles humaines, on peut en dire autant, par analogie, du travail de Jésus aux côtés de Joseph le charpentier. (…) Le travail humain, en particulier le travail manuel, prend un accent spécial dans l'Évangile. Il est entré dans le mystère de l'Incarnation en même temps que l'humanité du Fils de Dieu, de même aussi qu'il a été racheté d'une manière particulière. Grâce à son atelier où il exerçait son métier en même temps que Jésus, Joseph a rendu le travail humain proche du mystère de la rédemption.

            Dans la croissance humaine de Jésus « en sagesse, en taille et en grâce » (Lc 2,52), une vertu a eu une part importante : la conscience professionnelle, le travail étant un bien de l'homme qui transforme la nature et rend l'homme en un certain sens plus homme.

            L'importance du travail dans la vie de l'homme demande qu'on en connaisse et qu'on en assimile les éléments afin d'aider tous les hommes à s'avancer grâce à lui vers Dieu, Créateur et Rédempteur, à participer à son plan de salut sur l'homme et le monde, et à approfondir dans leur vie l'amitié avec le Christ, en participant par la foi de manière vivante à sa triple mission de prêtre, de prophète et de roi. Il s'agit, en définitive, de la sanctification de la vie quotidienne, à laquelle chacun doit s'efforcer en fonction de son état.

Prière

Ce jour-là, Jésus, tu t’es étonné du manque de foi de tes proches. Je veux redire en ce jour que je crois fermement tout ce que tu as révélé et que la sainte Église nous propose de croire parce que tu es la vérité même et que tu ne peux ni te tromper ni nous tromper.

Demande

Jésus, augmente en moi la foi !

Réflexion

1. Jésus vient dans sa patrie

Même si l’Évangile ne le précise pas, il s’agit probablement du village de Nazareth (cf. Lc 4), dans lequel vivent encore ses proches parents : sa mère, ses frères, ses sœurs. Précisons dès maintenant que la notion de « frères et sœurs » peut renvoyer à un ensemble bien plus large que la stricte famille proche « frères du même père et de la même mère ». Précisons également que Jésus est connu ici comme le constructeur ou l’artisan (ce qui a donné le charpentier). De plus, Jésus est qualifié ici uniquement par rapport à sa mère. Il est le fils de Marie. En ne mentionnant pas son père, l’évangéliste Marc laisse planer une ombre de mystère sur l’origine et donc sur l’identité de Jésus. Car c’est bien de cela dont il est question dans ce texte : qui est-il donc ce Jésus que nous pensions connaître, mais qui nous surprend, nous étonne, voire nous choque ? Oui, il choque ceux qui sont le mieux placés pourtant pour savoir qui il est. Car, nous dit Marc, il lui a été donné une sagesse telle, qu’elle ne peut être simplement humaine. De plus, de ses mains émane une force, littéralement « une puissance » dit le texte grec, qui lui permet de guérir les malades. C’est souvent ceux qui se trouvent le plus près de Jésus, comme sa famille ici dans l’Évangile, qui ont pourtant bien du mal à le connaître en vérité.

2 Transposons cela à notre réalité : il ne suffit pas de « penser » connaître Jésus ; il ne suffit pas d’être prêtre, religieuse ou chrétien convaincu et pratiquant pour le connaître vraiment. Marc met ironiquement le doigt sur la prétention de certains à penser qu’ils connaissent Jésus parce qu’ils connaissent son village, son métier, sa famille… parce qu’ils baignent dans la religion depuis tout petits. En fait, Jésus n’a d’autre objectif que de nous conduire à la vraie connaissance de lui-même afin que nous devenions ses disciples authentiques, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui le suivent dans la foi.

Comment Jésus se fait-il connaître aux siens ? Dans les versets de ce jour, Jésus se présente comme un prophète, c’est-à-dire une réalité que ses auditeurs sont aptes à comprendre. Nombre de prophètes de l’Ancien Testament avaient reçu sagesse et puissance pour manifester la gloire de Dieu. Jésus se situe donc dans la lignée des grands prophètes. Il nous invite, nous lecteurs du XXIe siècle, à nous interroger sur notre capacité à le découvrir et à le reconnaître comme prophète aujourd’hui. Oui, car Jésus, à travers sa sagesse et sa puissance, est à l’œuvre dans le présent de nos vies, comme il l’était jadis à Nazareth, à condition que nous ayons « foi » en lui. Avoir la foi implique parfois de renoncer à nos certitudes et d’accepter de se laisser surprendre sans cesse par la nouveauté que Jésus est capable de faire dans nos vies. Croire, c’est déjà le voir d’une certaine façon. C’est savoir reconnaître sa sagesse et sa puissance dans ma vie quotidienne.

Dialogue avec le Christ

Aie pitié de moi, Jésus, simple chrétien qui cherche à te suivre dans la foi. Je m’abandonne à ta sagesse et à ta puissance. Ravive en moi la foi, l’espérance et la charité lorsque je tombe dans l’ennui ou la tentation de ne plus te chercher. Augmente ma soif de te connaître en vérité. Jésus, donne-moi de te voir à l’œuvre dans ma vie !

Résolution

Prendre quelques minutes pour faire le point sur le Jésus que je connais. Qui est-il pour moi ? Que représente-t-il dans ma vie ? Qu’est-ce qui me fascine de sa personne ?

Emanuelle Pastore, consacrée de Regnum Christi
informations liturgiques: © AELF - Paris - Tous droits réservés

Voir les commentaires