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Messe d'ordination épiscopale, le dimanche 17 octobre 2021, basilique Saint-Pierre & Angélus

Messe d'ordination épiscopale, le dimanche 17 octobre 2021, basilique Saint-Pierre

Le Pape: «L'épiscopat est le nom d'un service, non d'un honneur»

Le Pape François a présidé dans la matinée du dimanche 17 octobre dans la basilique Saint-Pierre la messe d’ordination épiscopale de Mgr Guido Marini et Mgr Andrés Gabriel Ferrada Moreira. Dans son homélie, le Souverain pontife a rappelé de manière très précise le rôle de l’évêque : «Pensez que la proximité est la marque la plus caractéristique de Dieu», a-t-il exhorté.
Mgr Guido Marini, italien, et Mgr Andrès Garbriel Ferrada Moreira, chilien, ont reçu l'ordination épiscopales des mains du Pape François ce dimanche 17 octobre, lors d’une messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre.

Dans son homélie, le Saint Père est revenu sur le rôle que doivent tenir les nouveaux évêques et plus globalement, les évêques du monde entier. «Réfléchissez que vous avez été choisis parmi les hommes et pour les hommes, vous avez été constitués - non pour vous-mêmes, mais pour les autres - dans les choses qui concernent Dieu», leur a-t-il rappelé. 

Mission de service
Car «épiscopat» est le nom d’un service, a insisté François, «il n'y a pas de véritable épiscopat sans service - et non d'un honneur, comme le voulaient les disciples, l'un à droite, l'autre à gauche», car la tâche de l’évêque «est plus de servir que de dominer», «pour servir», a-t-il répété. «Avec ce service, vous préserverez votre vocation et vous serez de vrais bergers en servant, non pas dans les honneurs, dans le pouvoir, dans la puissance... Non, servir, toujours servir.»

Autre exhortation du Saint-Père aux évêques : «Proclamez la Parole en toute occasion, à temps et à contretemps», «admonestez, réprimandez, exhortez en toute magnanimité et doctrine, continuez à étudier».

 

Proximité avec le peuple, Dieu, les évêques et les prêtres
Pour continuer, François est revenu sur un point essentiel de la mission de l’évêque : la proximité. «Vous serez les gardiens de la foi, du service, de la charité dans l'Eglise, et pour cela vous voulez être proches de nous. Pensez que la proximité est la marque la plus caractéristique de Dieu.»

Une proximité qui est compassion et tendresse, a expliqué François : «S’il vous plaît, ne quittez pas cette proximité, rapprochez-vous toujours du peuple, rapprochez-vous toujours de Dieu, rapprochez-vous des frères évêques, rapprochez-vous des prêtres, ce sont les quatre proximités de l'évêque», a invité François, avant de détailler ces types de proximité.

«La première tâche de l'évêque est de prier et pas comme un perroquet, non ! Prier avec le cœur, prier. "Je n'ai pas le temps". Non ! Enlevez toutes les autres choses mais prier, c'est la première tâche de l'évêque. Proximité avec Dieu dans la prière», a détaillé François, puis d’inviter les évêques à la proximité entre eux. «Soyez des évêques, il y aura des discussions entre vous, mais comme des frères, proches. Ne jamais dire du mal des frères évêques, jamais.» 

«N'oubliez pas que les prêtres sont vos plus proches voisins», a encore déclaré François. «Combien de fois peut-on entendre des plaintes, qu'un prêtre dit : "J'ai appelé un évêque mais le secrétaire m'a dit que son agenda est plein, que peut-être dans 30 jours il pourrait me recevoir...". Ce n'est pas bien. Si vous apprenez qu'un prêtre vous a appelé, appelez-le le jour même ou le lendemain. Avec cela, il saura qu'il a un père. Proximité avec les prêtres, et s'ils ne viennent pas, allez les voir : proximité».

Enfin, proximité avec le peuple : «Ce que Paul a dit à Timothée : "Souviens-toi de ta mère, de ta grand-mère...". N'oubliez pas que vous avez été "retirés du troupeau", et non d'une élite qui a fait des études, a de nombreux titres et est évêque. Non : du troupeau.»

Après une franche accolade pleine d’émotion entre les ordinands, le Pape et les concélébrant, les nouveaux évêques se sont vus remettre la mitre et la crosse et l’anneau, avant de saluer et bénir leurs proches présents dans la basilique.

 

 

Qui sont les nouveaux évêques ?


Mgr Guido Marini a exercé durant 14 ans la charge de maître des célébrations pontificales, d'abord durant le pontificat de Benoît XVI, à Rome et lors de ses voyages dans le monde. Au moment de l'élection de François en 2013, il s'est mis avec dévouement au service du nouveau Pape, interprétant sa sensibilité liturgique, sobre et essentielle, avec une compréhension mutuelle qui dure depuis plus de huit ans. En janvier 2019, François lui a également confié la responsabilité du chœur de la chapelle Sixtine, le chœur musical pontifical. Mgr Marini a supervisé la réalisation de la Statio Orbis du 27 mars 2020, la prière solitaire du souverain pontife, sur une place Saint-Pierre vide et détrempée par la pluie, pour invoquer la fin de la pandémie. Mgr Guido Marini a été nommé évêque de Tortone, diocèse situé au nord de Gênes en Italie, en août 2021.

Mgr Andrés Gabriel Ferrada Moreira, 52 ans, est le nouveau secrétaire de la Congrégation pour le clergé, il fut nommé en septembre dernier. D'origine chilienne, il est prêtre depuis 1999 et a reçu son doctorat en théologie à l'Université Grégorienne en 2006. Parmi ses diverses affectations pastorales dans l'archidiocèse de Santiago du Chili, il a été directeur des études et préfet de théologie au Séminaire pontifical de la capitale chilienne Mayor de los Santos Ángeles Custodios. Mgr Ferrada Moreira est un «survivant» des abus de l’ancien prêtre chilien Fernando Karadima: il est l’un des dix prêtres qui l’ont dénoncé en 2010.

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Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri !

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 11,27-28.
 

En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Pape François


Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » § 288; 24 nov. 2013 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)


« Heureuse celle qui a cru » (Lc 1,45)


Vierge et Mère Marie, toi qui, mue par l'Esprit, as accueilli le Verbe de la vie
dans la profondeur de ta foi humble, totalement abandonnée à l'Éternel, aide-nous à dire notre « oui »
dans l'urgence, plus que jamais pressante, de faire retentir la Bonne Nouvelle de Jésus.

Toi, remplie de la présence du Christ, tu as porté la joie à Jean Baptiste, le faisant exulter dans le sein de sa mère (Lc 1,41).
Toi, tressaillant de joie, tu as chanté les merveilles du Seigneur (Lc 1,46s).
Toi, qui es restée ferme près de la croix avec une foi inébranlable (Jn 19,25)
et as reçu la joyeuse consolation de la résurrection, tu as réuni les disciples dans l'attente de l'Esprit afin que naisse l'Église évangélisatrice (Ac 1,14).

 

Obtiens-nous maintenant une nouvelle ardeur de ressuscités pour porter à tous l'Évangile de la vie qui triomphe de la mort.
Donne-nous la sainte audace de chercher de nouvelles voies pour que parvienne à tous
le don de la beauté qui ne se ternit pas.


Toi, Vierge de l'écoute et de la contemplation (Lc 2,19), mère du bel amour (Si 24,24 Vulg), épouse des noces éternelles (Ap 19,7),


intercède pour l'Église, dont tu es l'icône très pure,  afin qu'elle ne s'enferme jamais et jamais ne s'arrête dans sa passion pour instaurer le Royaume.

Étoile de la nouvelle évangélisation, aide-nous à rayonner par le témoignage de la communion, du service, de la foi ardente et généreuse, de la justice et de l'amour pour les pauvres, pour que la joie de l'Évangile  parvienne jusqu'aux confins de la terre et qu'aucune périphérie ne soit privée de sa lumière.

Mère de l'Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous.
Amen. Alléluia

Méditation de L'Evangile 

du père Gabriel

Ecouter la Parole de Dieu : le secret du bonheur

Ceux sont les deux chemins de la liberté chrétienne. Ils nous permettent de rentrer dans l'intimité même de Dieu en écoutant la Parole puis en la mettant en pratique dans notre vie quotidienne. Nous voici alors comme sa Mère, entrée dans sa famille, dans la Famille même de Dieu.

 

A la parole de la femme qui lui crie son admiration : " Heureux le sein qui t'a porté et les mamelles que tu as sucées " , Jésus nous indique une des grandes béatitudes :

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.»

Cette parole rejoint la spiritualité de Marie. A l'ange qui lui annonce l'Incarnation, elle répond simplement : Qu'il me soit fait selon ta Parole. Et c'était la Parole même de Dieu que l'ange Gabriel venait lui apporter.

Oui, elle fut bienheureuse, et elle le savait...Bienheureuse me proclameront toutes les générations parce que j'ai entendu, parce que j'ai accueilli en moi  la Parole même de Dieu, que je l'ai gardée neuf mois, pour la donner au monde.

Etre heureux !... Pour réaliser cela, ce  rêve vieux comme l'humanité, deux conditions pour Jésus : Ecouter la Parole de Dieu, la mettre en pratique.

Ceux sont les deux chemins de la liberté chrétienne. Ils nous permettent de rentrer dans l'intimité même de Dieu en écoutant la Parole puis en la mettant en pratique dans notre vie quotidienne. Nous voici alors comme sa Mère, entrée dans sa famille, dans la Famille même de Dieu.

« Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique.»

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Comme Jésus disait cela, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire :

Dans le dialogue silencieux des êtres bénis de Dieu, l’Esprit Saint va donner la vie, il donne sa clarté intérieure, sa fécondité et son efficacité. C’est mue par l’Esprit Saint, que la femme de l’Evangile élève la voix et se met à crier du milieu de la foule, quand Jésus est en train de parler. Dieu se donne dans les événements de l’histoire qui renouvellent la face de la terre. C’est dans le silence éternel de la vie de Dieu que la décision de la rédemption a été prise. C’est dans l’obscurité d’une maison silencieuse de Nazareth que la force de l’Esprit Saint est descendue sur la Vierge Marie. Elle était seule en prière. C’est ainsi que l’Incarnation de Jésus, le Sauveur, s’est réalisée. La Vierge Marie, qui gardait dans son cœur chaque parole dite de la part du Seigneur Jésus, préfigure les êtres attentifs à la prière sacerdotale de Jésus qui renaît sans cesse dans chaque vie. Réunie autour de la Vierge silencieuse en prière, l’Église naissante a reçu la nouvelle effusion de l’Esprit Saint, qui lui avait été promise.

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »

Cette femme crie toute sa joie à propos de Marie qu’elle ne connaît pas. Elle se sent rejointe dans son mystère, dans sa féminité. La Bénédiction de Dieu se fait « corporelle, » c’est la bénédiction de Jésus venu dans la chair : "Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles." Cette femme est habitée par la bénédiction de Jésus, elle aime les enfants qu’elle a porté, elle est rejointe dans son être de femme : Marie, la première, a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique. Elle a accueilli le Verbe de Dieu dans sa chair. Elle avait passé toutes les années de sa vie cachée à méditer dans son cœur ce qu’elle apprenait de la Parole. Elle gardait dans son cœur les comportements et les paroles de Jésus. Nous voulons nous aussi entendre la parole de Dieu, la garder, la méditer, et faire sa volonté qui est Amour. Comme Marie, il n’est point de parole que nous n’aimions autant que celle de Jésus. Il n’est point d’enseignement que nous nous employons à méditer. Il n’est point de volonté que nous n’ayons autant le désir profond de faire. Dès que nous entrons en contact avec cette Parole de Jésus, le Verbe de Dieu, nous lui devenons semblable. 

"Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

 Nous entendons en résonance l’exclamation d’Élisabeth : « Bienheureuse, toi qui as cru dans les paroles qui te furent dites de la part du Seigneur, » et le Cantique de Marie : « Toutes les générations me diront bienheureuse. » Jésus est la Parole vivante de Dieu, la Parole qui dit son origine, il est l’Engendré du Père qui est porté par la Femme qui lui donne chair. C’est grâce à l’écoute de la Parole de Dieu que Jésus est conçu dans la chair humaine. Cette bénédiction nous fait remonter à l’origine de Jésus, l’Engendré du Père. Marie, dans son mystère, gardait toutes les Paroles de Dieu et elle les méditait dans son cœur. Nous voulons être comme elle, profondément décidé d’être tout à Jésus. Dans un profond cœur à cœur avec lui, dans une prière qui lui est adressée, nous lui demandons les grâces dont nous avons besoin et qu’il est tout prêt à nous accorder. La Bénédiction du Père rejaillit dans tout l’Évangile quand Jésus révèle l’Amour infini de Dieu qui se répand dans l’humanité. Jésus, le béni du Père, dit du bien de l’humanité. Il est le resplendissement de la Gloire de Dieu, l’épanouissement de son Amour.

 

Demandons la grâce de la Bénédiction du Dieu.

   

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Rapport de la CIASE: la réaction du Pape François

 

Rapport de la CIASE:

la réaction du Pape François
 

Dans un communiqué publié mardi 5 octobre, quelques heures après la présentation du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Église de France, le Saint-Siège évoque la «douleur» du Pape et toute sa proximité avec les victimes de ces crimes.
«Le Saint-Père a été informé de la sortie du rapport de la Ciase, à l’occasion de ses rencontres, ces jours derniers, avec les évêques français en visite ad limina. Et c’est avec douleur qu’il a pris connaissance de son contenu», a informé dans une déclaration Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

«Ses pensées se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer. Elles se tournent aussi vers l’Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité et unie à la souffrance du Seigneur pour ses enfants les plus vulnérables, elle puisse entreprendre la voie de la rédemption», affirme encore Matteo Bruni.

«Par ses prières, le Pape confie au Seigneur le Peuple de Dieu qui est en France, tout spécialement les victimes, pour qu’Il leur accorde le réconfort et la consolation et afin que, avec la justice, puisse s’accomplir le miracle de la guérison».

Jean-Marc Sauvé remet le rapport de la CIASE au président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le 5 octobre 2021 à Paris.  (AFP or licensors)

 

Rapport accablant de la CIASE sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l’Eglise en France
Après 32 mois d’enquête, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église a présenté son rapport ce mardi 5 octobre à Paris, livrant une estimation de 216 000 personnes victimes d’abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres et religieux catholiques en France depuis 1950. La conférence de présentation s’est tenue en présence, notamment, du nonce apostolique, Mgr Celestino Migliore.
Cyprien Viet - Cité du Vatican

Le président de la Commission, Jean-Marc Sauvé, a brièvement introduit la conférence de présentation (diffusée sur la chaîne KTO) en évoquant la lettre d’une victime, reconnaissant que le travail intense mené par les 21 membres de la CIASE a pu être parfois «déstabilisant et décourageant» mais qu’il donnait l’espérance d’un nouveau départ, d’un «autre rapport à cette histoire blessée». 

Une membre de la Commission, Alice Casagrande, spécialiste des questions de protection de l’enfance, a raconté le climat humain très éprouvant des auditions de victimes, revenant notamment sur les larmes d’un septuagénaire, et sur la «colère incandescente d’une femme». «Seul le calme de Jean-Marc Sauvé lui a permis de ne pas se consumer», a-t-elle remarqué, en soulignant l’importance d’un travail commun avec les victimes. Les membres de la CIASE ont d’abord été des écoutants, plus que des experts.

S’exprimant au nom des victimes, François Devaux, victime du père Preynat dans le diocèse de Lyon et cofondateur de l’association La Parole Libérée, a délivré un discours rempli de souffrance et de colère, mais aussi de reconnaissance vis-à-vis du travail de la Commission, saluant leur «sacrifice pour le bien commun». «C’est de l’enfer dont vous revenez, vous, membres de la Commission. Vous avez étudié les détails les plus sombres, les plus abjects, que l’homme sait engendrer dans ses névroses.»  Il a appelé l’Église à de profondes réformes, exprimant son sentiment de trahison face aux silences et aux «dysfonctionnements systémiques» auxquels il a été confronté dans son combat.

Une estimation de 216 000 personnes agressés par des clercs
Tout en reconnaissant que ce rapport (qui compte 485 pages, et plus de 2 000 pages d’annexes) ne peut pas être exhaustif, le président de la CIASE en a présenté le contenu en délivrant un grand nombre de données précises qui ont pu être collectées en croisant plusieurs disciplines, de la médecine à la théologie, en passant par la sociologie, l’anthropologie, la psychiatrie ou encore le droit civil et canonique. L’enquête a surtout permis d’entrer en relation avec des milliers de victimes.

Comme cela avait déjà été communiqué dans la presse, la CIASE a délivré une estimation de 2 900 à 3 200 prêtres et religieux impliqués dans des faits de pédocriminalité en France entre 1950 et 2020. Mais cette fourchette représente une évaluation a minima: un vaste sondage en population générale estime à 216 000 au total (avec une marge d’erreur de 50 000) le nombre de personnes vivant actuellement en France ayant subi un agression sexuelle commise par des prêtres et religieux catholiques, dont un tiers de viols. En incluant les agressions commises par des laïcs (notamment en milieu scolaire), cette estimation monte à 330 000 personnes.

Jean-Marc Sauvé a précisé que dans l’ensemble de la société française, cinq millions et demi de personnes (14,5% des femmes et 6,4% des hommes) ont subi des agressions sexuelles avant l’âge de 18 ans. Les familles et les cercles amicaux demeurent les premiers lieux d’agression, mais la prévalence des agressions en milieu ecclésial catholique demeure élevée, y compris sur des périodes récentes, et 80% de ces abus concernent des garçons.

L’appel à des «actions vigoureuses»
En dénonçant la mentalité corporatiste de l’Église catholique qui a longtemps cherché à étouffer ces affaires (notamment en faisant du silence des victimes une condition à l’octroi d’indemnisations), Jean-Marc Sauvé a appelé à des «actions vigoureuses», notamment la reconnaissance des actes passés et des mesures préventives dans la formation et le discernement vocationnel. Il a mis en garde contre une sacralisation excessive de la personne du prêtre. Le rapport de la CIASE présente 45 recommandations précises, avec notamment un renforcement des mécanismes de contrôle interne, une meilleure définition du rôle de l’évêque afin d’éviter qu’il ne soit à la fois juge et partie, et une meilleure implication des laïcs dans la gouvernance de l’Église.

Appelant à un «travail de vérité, de pardon et de réconciliation », Jean-Marc Sauvé a souligné que l’Église catholique est «une composante essentielle de la société» et qu’elle doit œuvrer à «rétablir une alliance qui a été mise à mal». «Notre espérance ne peut pas et ne sera pas détruite. L’Eglise peut et doit tout faire pour rétablir ce qui été abîmé et reconstruire ce qui a été brisé», a-t-il conclu en saluant le courage des victimes.

L’Église en France en tirera les conséquences
Les deux mandants du rapport étaient présents et ont pris la parole. Dans son discours, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la conférence épiscopale a reconnu l’ampleur «effarante» de ces violences sexuelles au sein de l’Église. La voix des victimes «nous bouleverse, nous accable», a-t-il reconnu en saluant notamment la franchise et la «parole vraie» de François Devaux. Le président de la CEF a promis que les évêques allaient prendre le temps d’étudier le rapport et en tirer les conséquences. Le sujet sera central lors de leur assemblée plénière de novembre.

Pour sa part, la présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France (Corref), Sœur Véronique Margron a dit son «infini chagrin», sa «honte absolue» face à des «crimes contre l’humanité du sujet intime, croyant, aimant». Les 45 recommandations de la CIASE constituent cependant un «signe d’exigeante confiance en l’Église», qui devra travailler avec les autres institutions, et notamment les autres Églises. Citant Bernanos, elle a conclu en expliquant que la plus haute forme de l’espérance est le «désespoir surmonté». 

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Bonne fête aux François et autres fêtes de ce jour 4 octobre

Saint François d'Assise
fondateur de l'ordre des Frères mineurs (✝ 1226)

 

Né à Assise au foyer de Pierre Bernardone et de Dame Pica, François vit d'abord une jeunesse folle. Participant à la guerre entre Assise et Pérouse, il est fait prisonnier. Plus tard, parti pour une autre guerre, il entend une voix lui dire: "Pourquoi sers-tu le serviteur et non le maître?" C'est pour lui le début d'une nouvelle existence. Rentré à Assise, "le roi de la jeunesse" se tourne vers les pauvres et les lépreux. Il a 24 ans. Dans la chapelle de Saint Damien, il entend le grand crucifix lui dire: "Répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines." Le voilà transformé en maçon. Pour réparer la chapelle, il dépense l'argent de son père qui l'assigne devant l'évêque. Il se dépouille alors de tous ses vêtements en déclarant qu'il n'a d'autre père que celui qui est aux cieux.
Un matin, il entend l'évangile de l'envoi en mission des disciples. Appliquant l'Évangile à la lettre, il parcourt la campagne, pieds nus et une corde pour ceinture, en annonçant: "Que le Seigneur vous donne sa paix." Des compagnons lui viennent et il leur rédige une Règle faite de passages d'Évangile. Quand ils seront douze, ils iront à Rome la faire approuver par le Pape Innocent III.
Saint François d'Assise, sculpture de Martin Damay, reproduction interdite Parallèlement, Claire Favarone devient la première clarisse.
Pour les laïcs, il fonde un troisième Ordre, appelé aujourd'hui "la Fraternité séculière." Il envoie ses frères de par le monde et lui-même rencontre le sultan à Damiette pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. A son retour, il trouve l'Ordre en grandes difficultés d'unité. Il rédige une nouvelle Règle et se retire, épuisé, sur le mont Alverne où il reçoit les stigmates du Christ en croix. Il connaît ainsi dans son cœur l'infini de l'amour du Christ donnant sa vie pour les hommes. En 1226, au milieu de très grandes souffrances, il compose son "Cantique des Créatures" et le 3 octobre, "nu, sur la terre nue", il accueille "notre sœur la mort corporelle."
Ce cantique a été composé par François d'Assise deux ans avant sa mort et achevé par frère Pacifique.


Saint François d'Assise est le patron:

de l'Ecologie

de tous les louveteaux.
 

Savez-vous pourquoi ? C'est à cause d'un épisode de sa vie : le loup de Gubbio.
La figure du saint italien évoque un art de vivre et une manière d'être chrétien. Le pape Grégoire IX l'a canonisé en 1228. Amoureux de la nature, Jean Paul II l'a fait patron de l'écologie en 1979. Il inspire aussi les non-violents. (Église catholique en France)
Prière de Saint François d'Assise: Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix...
"Jean-Paul II, en 1979, un an après son accession au pontificat, évoque la volonté du Créateur de voir l'homme être en communion avec la nature et non en position d'exploiteur ou de destructeur. Il désigne saint François d'Assise comme patron des écologistes, sorte de bénédiction à une époque où on les regardait souvent de travers." 
- la sauvegarde de la création - Église catholique en France
Le 4 octobre, mémoire de saint François d'Assise. Après une jeunesse légère, il choisit de vivre selon l'Évangile, en servant le Christ, découvert principalement dans les pauvres et les abandonnés, et en se faisant pauvre lui-même. Il attira à lui et rassembla des compagnons, les Frères Mineurs. Sur les routes, jusqu'en Terre sainte, il prêcha à tous l'amour de Dieu, cherchant par sa parole et ses gestes à suivre le mieux possible le Christ, et voulut mourir sur la terre nue, en 1226.

Martyrologe Romain

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures, spécialement messire frère Soleil, par qui tu nous donnes le jour, la lumière ; il est beau, rayonnant d'une grande splendeur, et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole...

Bx Franz Xavier Seelos
Prêtre rédemptoriste

François Xavier Seelos naît le 11 janvier 1819 à Füssen, en Bavière (Allemagne). Il fut baptisé le jour même dans l'église paroissiale de saint Mang.

Désirant être prêtre dès son enfance, il entra au séminaire diocésain, en 1842, après ses études de philosophie. Ayant connu les missionnaires de la Congrégation du très Saint Rédempteur, fondée pour l'évangélisation des plus abandonnés, il décida d'en faire partie et d'exercer son ministère auprès des immigrés de langue allemande présents aux États-Unis.
Reçu dans la Congrégation le 22 novembre 1842, il partit l'année suivante du Havre, en France, pour rejoindre New York le 20 avril 1843.

Son noviciat accompli et ses études théologiques achevées, il fut ordonné prêtre le 22 décembre 1844 dans l'église rédemptoriste de Saint Jacques à Baltimore, dans le Maryland.
Après l'ordination, il travailla pendant neuf ans dans la paroisse sainte Philomène à Pittsburg, en Pennsylvanie, d'abord comme vicaire de saint Jean Neumann, supérieur de la communauté, et puis en qualité de supérieur et curé pendant les trois dernières années. Il fut aussi en même temps maître des novices.

Il se consacra à la prédication missionnaire avec Neumann. Sa disponibilité et son affabilité naturelle dans l'accueil et la compréhension des besoins des personnes le firent tout de suite connaître comme un confesseur expérimenté et un guide spirituel, si bien que les gens venaient à lui même au-delà de la paroisse. Les fidèles le décrivaient comme le missionnaire au sourire permanent et au cœur généreux, spécialement envers les gens dans le besoin et les marginaux.
Fidèle au charisme rédemptoriste, il s'exprimait toujours par un style de vie et un langage simples. Ses prédications, riches en contenu biblique, étaient toujours écoutées et comprises même par les personnes les plus ignorantes. La catéchèse aux enfants fut une caractéristique constante de son apostolat. Ce fut une activité que non seulement il privilégia, mais qu'il pensait fondamentale pour la croissance chrétienne de la communauté paroissiale.

En 1854, il fut transféré de Pittsburg à Baltimore, puis à Cumberland et à Annapolis, toujours engagé dans le ministère paroissial et exerçant aussi la responsabilité de formateur comme préfet des étudiants rédemptoristes. Dans ce rôle aussi, il ne démentit pas les principales caractéristiques de pasteur affable et inocula chez les futurs missionnaires rédemptoristes l'enthousiasme, l'esprit de sacrifice et le zèle apostolique pour le bien spirituel et temporel du peuple.
En 1860, l’évêque Michael O'Connor di Pittsburgh le proposa à sa succession.Mais ayant obtenu du Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) d'être dispensé d'une telle responsabilité, de 1863 à 1866, il s'adonna à temps plein à l'activité missionnaire itinérante, prêchant en anglais et allemand dans les états du Connecticut, Illinois, Michigan, Missouri, New Jersey, New York, Ohio, Pennsylvanie, Rhode Island et Wisconsin.

Après une période d'activité paroissiale à Détroit au Michigan, il fut nommé, en 1866, à la communauté de New Orléans, en Louisiane. Là aussi, comme curé de l'église de l'Assomption, il fut reconnu comme un pasteur toujours joyeusement disponible et singulièrement soucieux des plus pauvres et des abandonnés. Mais dans les plans de Dieu son ministère à New Orléans devait être bref. Au mois de septembre, exténué par les visites aux malades de la fièvre jaune, il contracta lui aussi la maladie. Après avoir supporté la maladie, pendant plusieurs semaines, avec patience et sérénité, il passa à la vie éternelle le 4 octobre 1867 à l'âge de 48 ans et 9 mois.

François Xavier Seelos a été béatifié le 9 avril 2000, sur la place Saint-Pierre, par saint Jean-Paul II (Karol Józef  Wojtyła, 1978-2005).

Autres Fêtes du Jour


Saint Amoun  Fondateur de Nitrie, à l'ouest du delta du Nil (IVe siècle)
Vénérable Ante Antić  prêtre capucin croate (✝ 1965)
Saint Audacte et Callisthène  martyr et sa fille (IVe siècle)
Sainte Aure  Abbesse à Paris (✝ 666)
Sainte Domnine  martyre en Syrie (✝ 302)
Saint Etienne de Serbie  (✝ 1540)
Bx François-Xavier Seelos  prêtre de la Congrégation du Très Saint Rédempteur (✝ 1867)
Saint Gouria  évêque de Kazan (✝ 1563)
Saint Hiérothée  évêque d'Athènes (Ier siècle)
Saint Jean Lampadiste  (Xe siècle)
Bx Joseph, Henri, Alfred  martyrs de la guerre civile espagnole (✝ 1936)
Saint Madalvé  évêque de Verdun (✝ v. 777)
Saint Pétrone  Evêque de Bologne (✝ 450)
Saint Quintin  martyr (VIe siècle)
Saint Vladimir de Novgorod  (✝ 1050)

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«Notre fidélité au Seigneur dépend de notre volonté de servir»

Angelus: «Notre fidélité au Seigneur
dépend de notre volonté de servir»


Commentant l'Évangile de Saint Marc, le Pape François est revenu sur le sens du "service". Un mot essentiel qui doit guider nos vies car le service est la voie tracée par Jésus.
Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Avant de réciter la prière de l'Angélus, le Pape s'est arrêté sur l'Évangile dominical (Mc 9, 30-37) où les disciples de Jésus, sur le chemin de Jérusalem, se disputent pour savoir qui «était le plus grand parmi eux». Jésus leur répond: «Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous». Une phrase lapidaire par laquelle Jésus «inaugure un bouleversement» a relevé François: «il renverse les critères qui marquent ce qui compte vraiment. La valeur d'une personne ne dépend plus du rôle qu'elle joue, du succès qu'elle a, du travail qu'elle accomplit, de l'argent qu'elle a en banque ; non, la grandeur et le succès, aux yeux de Dieu, ont une autre unité de mesure : le service».

Ce mot «service», qui semble parfois «un peu fané, abimé par l’usure», a poursuivi le Pape, l'Évangile lui donne un sens concret: servir n'est pas une expression de courtoisie mais bien faire comme Jésus, qui, résumant sa vie en quelques mots, a dit qu'il était venu «non pour être servi, mais pour servir» (Mc 10,45). 

Ressentir la présence de Dieu dans le service
Si nous voulons suivre Jésus, «nous devons suivre le chemin qu'il a lui-même tracé, le chemin du service, a ainsi expliqué le Saint-Père. Notre fidélité au Seigneur dépend de notre volonté de servir. Il y a souvent un prix à payer, ça "a le goût de la croix". Plus nous servons, plus nous ressentons la présence de Dieu a t-il encore souligné, «surtout lorsque nous servons ceux qui n'ont rien à donner en retour, les pauvres, en embrassant leurs difficultés et leurs besoins avec une tendre compassion: nous découvrons alors que nous sommes à notre tour aimés et embrassés par Dieu».

Pour illustrer ce qu'est le service, Jésus fait un geste rappelé par saint Marc: il prend un enfant et le place au milieu des disciples, au centre, à l'endroit le plus important. «L'enfant de l'Évangile ne symbolise pas tant l'innocence que la petitesse, a encore expliqué François, parce que les petits, comme les enfants, dépendent des autres, des adultes, ils ont besoin de recevoir. Jésus embrasse cet enfant et dit que celui qui accueille un petit l'accueille (cf. v. 37). «Voici avant tout qui servir : ceux qui ont besoin de recevoir et n'ont rien à donner en retour», a souligné le Pape. 

Le service des plus petits 
C'est ainsi en accueillant les marginalisés et ceux qui sont délaissés que nous accueillons Jésus, a résumé le Pape, «et dans un petit, dans un pauvre que nous servons, nous aussi nous recevons la tendre étreinte de Dieu». François a ainsi invité à se demander si «moi, à la suite de Jésus, je m'intéresse à ceux qui sont les plus délaissés? Ou, comme les disciples, cette fois-là, est-ce que je recherche la satisfaction personnelle?», invitant par ailleurs à «consacrer du temps à un petit». La Vierge Marie, a t-il conclu, peut nous aider à comprendre «que servir ne nous diminue pas, mais nous fait grandir. Et qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir».

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« Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. »

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,25-27.


Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Rupert de Deutz (v. 1075-1130)
moine bénédictin

Commentaire sur l'évangile de Jean, 13 ; PL 169, 789 (trad. Tournay rev.)
 

« Voici ta mère »
 

« Femme, voici ton fils. Voici ta mère. » De quel droit le disciple que Jésus aimait est-il fils de la mère du Seigneur ? De quel droit celle-ci est-elle sa mère ? C'est qu'elle avait mis au monde, sans douleur alors, la cause du salut de tous, lorsqu'elle avait donné naissance dans sa chair au Dieu fait homme. Maintenant c'est avec une grande douleur qu'elle enfante, debout au pied de la croix.

     À l'heure de sa Passion, le Seigneur lui-même avait justement comparé les apôtres à une femme qui enfante, en disant : « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, parce qu'un être humain est né dans le monde » (Jn 16,21). Combien plus un tel fils a-t-il pu comparer une telle mère, cette mère debout au pied de la croix, à une femme qui enfante ? Que dis-je, comparer ? Elle est vraiment femme et vraiment mère et, en cette heure, elle a de vraies douleurs d'enfantement. Elle n'avait pas eu la peine d'enfanter dans la douleur comme les autres femmes lorsque son enfant lui était né ; c'est maintenant qu'elle souffre, qu'elle est crucifiée, qu'elle a de la tristesse comme celle qui enfante, parce que son heure est venue (cf Jn 13,1 ; 17,1). (...) 

      Quand cette heure aura passé, quand ce glaive de douleur aura entièrement traversé son âme qui enfante (Lc 2,35), alors elle non plus « elle ne se souviendra plus de son angoisse, parce qu'un homme sera né dans le monde » — l'homme nouveau qui renouvelle tout le genre humain et règne sans fin sur le monde entier, vraiment né, au-delà de toute souffrance, immortel, premier né d'entre les morts. Si, dans la Passion de son fils unique, la Vierge a ainsi mis au monde notre salut à tous, elle est bien notre mère à tous.

Catéchèse du pape François

Homélie du 15/09/2021


Dans le Temple de Jérusalem, les bras de Marie se tendent vers ceux du vieux Siméon qui peut accueillir Jésus et le reconnaître comme le Messie envoyé pour le salut d'Israël. Dans cette scène, nous contemplons Marie : elle est la Mère qui nous donne son Fils Jésus. C'est pourquoi nous l'aimons et la vénérons. Et dans ce Sanctuaire national de Šaštin, le peuple slovaque accourt avec foi et dévotion parce qu'il sait que c'est elle qui nous donne Jésus. Dans le “logo” de ce Voyage Apostolique, on voit une route dessinée à l'intérieur d'un coeur surmonté de la Croix : Marie est la route qui nous introduit dans le Coeur du Christ qui a donné sa vie par amour pour nous.

A la lumière de l'Evangile que nous avons écouté, nous pouvons regarder Marie comme un modèle de foi. Et nous reconnaissons trois caractéristiques de la foi : la route, la prophétie, la compassion.

Avant tout, la foi de Marie est une foi qui se met en route. La jeune fille de Nazareth, à peine reçue l'annonce de l'Ange, « se mit en route vers la région montagneuse » (Lc 1, 39), pour aller visiter et aider Elisabeth, sa cousine. Elle n'a pas considéré comme un privilège le fait d'avoir été appelée à devenir la Mère du Sauveur. Elle n'a pas perdu la joie simple de son humilité par le fait d'avoir reçu la visite de l'Ange. Elle n'est pas restée immobile à se contempler elle-même entre les quatre murs de sa maison. Au contraire, elle a vécu ce don reçu comme une mission à accomplir ; elle a senti l'exigence d'ouvrir la porte et de sortir de la maison ; elle a donné vie et corps à l'impatience avec laquelle Dieu veut atteindre tous les hommes pour les sauver par son amour. C'est pourquoi Marie se met en route : au confort des habitudes, elle préfère les incertitudes du voyage, à la tranquillité de la maison, la fatigue de la route, à la sécurité d'une religiosité paisible le risque d'une foi qui se met en jeu en se faisant don d'amour pour l'autre.

L'Evangile d'aujourd'hui nous fait aussi voir Marie en route : vers Jérusalem où, avec son époux Joseph, elle présente Jésus dans le Temple. Et toute sa vie sera une marche à la suite de son Fils, comme première disciple, jusqu'au Calvaire, au pied de la Croix. Marie marche toujours.

La Vierge est ainsi un modèle de la foi de ce peuple slovaque : une foi qui se met en marche, toujours animée par une dévotion simple et sincère, toujours en pèlerinage à la recherche du Seigneur. Et, en marchant, vous surmontez la tentation d'une foi statique qui se contente de quelques rites ou de vieilles traditions. Au contraire, vous sortez de vous-mêmes, vous portez dans vos sacs les joies et peines, et vous faites de la vie un pèlerinage d'amour vers Dieu et vers les frères. Merci pour ce témoignage ! Et s'il vous plaît, restez en marche !

La foi de Marie est une foi prophétique. Par sa vie, la jeune fille de Nazareth est une prophétie de l'oeuvre de Dieu dans l'histoire, de son action miséricordieuse qui renverse les logiques du monde en élevant les humbles et en abaissant les superbes (cf. Lc 1, 52). Représentante de tous les “pauvres de Jahweh” qui crient vers Dieu et attendent la venue du Messie, Marie est la Fille de Sion annoncée par les prophètes d'Israël (cf. So 3, 14-18). La Vierge concevra le Dieu avec nous, l'Emmanuel (cf. Is 7, 14). En tant que Vierge Immaculée, Marie est l'icône de notre vocation : comme elle, nous sommes appelés à être saints et immaculés dans l'amour (cf. Ep 1, 4), en devenant image du Christ.

La prophétie d'Israël culmine en Marie parce qu'elle porte dans ses entrailles la Parole de Dieu faite chair, Jésus qui réalise pleinement et définitivement le dessein de Dieu. Siméon dit à la Mère le concernant : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction » (Lc 2, 34).

N'oublions pas ceci : on ne peut pas réduire la foi au sucre qui adoucit la vie. Jésus est un signe de contradiction. Il est venu apporter la lumière là où il y a les ténèbres, en faisant sortir les ténèbres à découvert et les contraignant à se rendre. C'est pourquoi les ténèbres luttent toujours contre lui. Celui qui accueille le Christ et s'ouvre à lui ressuscite ; celui qui le refuse s'enferme dans l'obscurité et se détruit lui-même. Jésus a dit à ses disciples qu'il n'était pas venu apporter la paix, mais un glaive (cf. Mt 10,34) : en effet, sa Parole, comme un glaive à deux tranchants, entre dans notre vie et sépare la lumière des ténèbres en nous demandant de choisir. Devant Jésus, on ne peut rester tiède et “jouer sur les deux tableaux”. L'accueillir signifie accepter qu'il dévoile mes contradictions, mes idoles, les suggestions du mal ; et qu'il devienne pour moi la résurrection, celui qui toujours me relève, qui me prend par la main et me fait recommencer.

La Slovaquie a besoin de ces prophètes encore aujourd'hui. Il ne s'agit pas d'être hostiles au monde, mais d'être des “signes de contradiction” dans le monde. Des chrétiens qui sachent montrer, par leur vie, la beauté de l'Evangile ; qui soient des tisseurs de dialogue là où les positions se durcissent ; qui fassent resplendir la vie fraternelle là où, souvent dans la société, on se divise et on est hostile ; des chrétiens qui répandent le bon parfum de l'accueil et de la solidarité, là où prévalent souvent les égoïsmes personnels et collectifs ; qui protègent et préservent la vie là où règnent des logiques de mort.

Enfin, Marie est la Mère de la compassion. Sa foi est compatissante. Celle qui s'est définie “la servante du Seigneur” (cf. Lc 1, 38) et qui, avec une sollicitude maternelle, s'est préoccupée de ne pas faire manquer de vin aux noces de Cana (cf. Jn 2, 1-12), a partagé avec son Fils la mission du salut jusqu'au pied de la Croix. A ce moment-là, dans la douleur déchirante vécue au Calvaire, elle a compris la prophétie de Siméon : « Et toi, ton âme sera traversée d'un glaive » (Lc 2, 35). La souffrance du Fils mourant qui prenait sur lui les péchés et les souffrances de l'humanité l'a transpercée elle aussi. Jésus déchiré dans sa chair, Homme des douleurs défiguré par le mal (cf. Is 53, 3) ; Marie, déchirée dans son âme, Mère compatissante qui recueille nos larmes et nous console en même temps, en nous montrant dans le Christ la victoire définitive.

Et la Vierge des Douleurs, sous la croix, reste simplement. Elle est sous la croix. Elle ne s'enfuit pas, ne tente pas de se sauver elle-même, elle n'utilise pas d'artifices humains ni d'anesthésiants spirituels pour échapper à la souffrance. C'est l'épreuve de la compassion : rester sous la croix. Rester le visage baigné de larmes, mais avec la foi de celle qui sait qu'en son Fils, Dieu transforme la douleur et triomphe de la mort.

Et nous aussi, en regardant la Vierge, Mère des Douleurs, nous nous ouvrons à une foi qui se fait compassion, qui devient partage de la vie avec ceux qui sont blessés, avec ceux qui souffrent et ceux qui sont obligés de porter de lourdes croix sur leurs épaules. Une foi qui ne demeure pas abstraite, mais qui nous fait entrer dans la chair et nous rend solidaire avec ceux qui sont dans le besoin. Cette foi, avec le style de Dieu, humblement et sans clameurs, allège la douleur du monde et irrigue de salut les sillons de l'histoire.

Chers frères et soeurs, que le Seigneur vous garde toujours dans l'émerveillement et la gratitude pour le don de la foi ! Et que la Vierge Marie très sainte vous obtienne la grâce que votre foi demeure toujours en marche, qu'elle ait le souffle de la prophétie et qu'elle soit riche de compassion.

Méditation de l'Evangile
du mercredi 15 septembre

Jésus confie sa mère à Jean

Jésus reprend envers sa mère l'expression employée au joyeux temps des noces de Cana : « Femme ! »  Avec tout le respect que le Seigneur pouvait mettre dans ce mot en pensant à cette créature merveilleuse, à qui Dieu confie chaque jour l'avenir du monde, et ici, son avenir spirituel.  

« Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, la femme de Cléophas, et Marie Magdala. Jésus donc, voyant sa mère et, tout près, le disciple qu'Il préférait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Ensuite, Il dit au disciple : voilà ta mère. Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui »

Le regard de Jésus se porte sur ceux qui l'entourent de leur amitié, au moment où, dans l'angoisse, Il se sent glisser vers la mort.

Et le voilà qui parle en chef et confie sa mère à son ami, et Jean à sa mère. D'ailleurs, à travers Lui, ce sont tous les hommes qu'Il confie à sa mère, selon la pensée des chrétiens de tous les siècles.

Dans une situation aussi dramatique que celle de sa mort, Jésus n'arrête pas l'espérance, Il a encore le courage, à cet instant, vis-à-vis de sa mère, de changer le cours des choses et d'étendre sa maternité à toute l'humanité.

En effet, parlant du haut de la croix, quelques heures avant sa mort, sinon quelques minutes, Jésus parle avec son autorité coutumière. S'il n'emploie pas l'impératif, sa manière de parler reste directe et sans hésitation.

Il sait ce qu'Il veut, Il le dit clairement, dans une forme verbale où l'intonation lui permet d'introduire toutes les nuances des sentiments humains, bien mieux que de longues phrases : « Femme ! ».

Il reprend alors envers sa mère l'expression employée au joyeux temps des noces de Cana : « Femme ! »

Avec tout le respect que le Seigneur pouvait mettre dans ce mot en pensant à cette créature merveilleuse, à qui Dieu confie chaque jour l'avenir du monde, et ici, son avenir spirituel.

Toute femme enfante l'homme, mais Marie enfante le Fils de l'homme, le premier-né de cette multitude de fils qu'elle reçoit aujourd'hui au pied de la croix, et qui seront des Fils de Dieu, à l'image de son Fils, le Seigneur Jésus.

Jésus n'est pas enfermé dans ses problèmes. Il est libre, de la liberté même de Dieu, et, mourant, Il pense à sa mère pour la confier à Jean son ami, Il pense aux hommes pour les confier à sa mère.

Notre liberté intérieure ne peut-elle pas s'inspirer de celle de Jésus pour arriver avec Lui à relativiser nos propres problèmes et penser davantage à ceux de nos frères ?

Père Gabriel

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Angélus : attention à la «religiosité des apparences»

Angélus :

attention à la «religiosité des apparences»


Devant une place Saint-Pierre remplie de fidèles, le Saint-Père, depuis la fenêtre du palais apostolique a livré sa traditionnelle prière de l’Angélus. Il a offert une méditation sur le «risque d’une religiosité des apparences».
Vatican News

Le Pape François, en ce dimanche 29 août, a commenté l’épisode de l’Évangile selon saint Marc, dans lequel les scribes et les pharisiens sont étonnés par l’attitude de Jésus : «Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes» (Mc 7, 1-8.14-14. 21-23).
Nous aussi, a concédé le Souverain Pontife, «nous pouvons nous demander : pourquoi Jésus et ses disciples négligent-ils ces traditions ?», car «Après tout, ce ne sont pas de mauvaises choses, mais de bonnes habitudes rituelles, un simple lavage avant de prendre de la nourriture.» Mais alors pourquoi Jésus ne leur prête-t-il pas attention ? a continué François, «Parce qu'il est important pour Lui de ramener la foi au centre. Et pour éviter un risque, qui vaut pour ces scribes comme pour nous : observer les formalités extérieures en mettant au second plan le cœur de la foi.»

Le mal naît de l'intérieur
Le Pape François est ainsi revenu sur un écueil à éviter, «la religiosité des apparences», avant de développer ce phénomène : «paraître bon à l'extérieur, tout en négligeant de purifier le cœur. Il y a toujours la tentation de "contenter Dieu" par une dévotion extérieure, mais Jésus ne se satisfait pas de cette adoration. Il ne veut pas de choses extérieures, il veut une foi qui atteint le cœur.»

En effet, dans l’Évangile selon saint Marc, immédiatement, Jésus rappelle la foule pour lui dire une grande vérité : «"Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur." (v. 15). Au contraire, c'est "du dedans, du cœur" (v. 21) que naissent les choses mauvaises.» Des paroles qui sont révolutionnaires estiment François, «car dans la mentalité de l'époque, on pensait que certains aliments ou contacts extérieurs rendaient impur. Jésus renverse la perspective : ce n'est pas ce qui vient de l'extérieur qui est mauvais, mais ce qui naît de l'intérieur.»

Ne pas blâmer les autres pour ses propres fautes 
Un enseignement qui peut aussi concerner chacun d’entre nous, a poursuivi le Souverain pontife, «Nous pensons souvent que le mal vient principalement de l'extérieur : du comportement des autres, de ceux qui pensent du mal de nous, de la société. Combien de fois nous blâmons les autres, la société, le monde, pour tout ce qui nous arrive ! C'est toujours la faute des "autres" : des gens, des gouvernants, de la malchance. Les problèmes semblent toujours venir de l'extérieur», et nous passons alors notre temps à «distribuer des blâmes, mais passer du temps à blâmer les autres, c'est perdre du temps. Vous vous mettez en colère, vous êtes amer et vous écartez Dieu de votre cœur.» Attention à ne pas se comporter comme ces personnes de l’Evangile, «qui se plaignent, se scandalisent, font polémique». «On ne peut être vraiment religieux en se plaignant : la colère, le ressentiment et la tristesse ferment les portes à Dieu.»

Il faut savoir «s’accuser soi-même»,
c’est le début du cheminement de la foi, a expliqué François.  

Ainsi, «Demandons aujourd'hui au Seigneur de nous libérer de blâmer les autres. Demandons dans la prière la grâce de ne pas perdre de temps à polluer le monde avec des plaintes, car ce n'est pas chrétien.» Au contraire, a conclu François, «Jésus nous invite à regarder la vie et le monde depuis notre cœur. Si nous regardons à l'intérieur, nous trouverons presque tout ce que nous détestons à l'extérieur.» Le Pape a invité chacun à demander à Dieu de purifier les cœurs, «car il existe un moyen infaillible de vaincre le mal : commencer par le vaincre en soi.»

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Se vacciner est un moyen de promouvoir le bien commun

«Se vacciner est un moyen de promouvoir le bien commun»
Dans un nouveau message vidéo, le Pape François lance un appel à se faire vacciner. Un message enregistré en particulier pour les populations d'Amérique Latine.
 

Le Pape François invite une nouvelle fois à la vaccination face au Covid 19. Dans un message vidéo enregistré en espagnol, le Saint-Père s'adresse en particulier aux populations d'Amérique Latine, où de nombreuses personnes n'ont toujours pas reçu d'injection vaccinale. Le Pape s'associe en effet à un message conjoint lancé par plusieurs hautes personalités de l'Église latino-américaine: les cardinaux Hummes, archevêque émérite de Sao Paulo, le cardinal Oscar Maradiagua, archevêque de Tegucigalpa, le cardinal Carlos Aguiar Retes archevêque de Mexico, le cardinal Rosa Chavez, évêque auxiliaire de San Salvador ainsi que Mgr Miguel Cabrejos archevêque de Trujillo au Pérou et actuel président du Celam.

«Dans un esprit fraternel, je m'associe à ce message d'espérance pour un meilleur avenir» explique le Pape dans ce message. «Grâce à Dieu et au travail de nombreuses personnes, nous disposons aujourd'hui de vaccins pour nous protéger du Covid-19. Ils donnent l'espoir de mettre fin à la pandémie, mais seulement s'ils sont accessibles à tous et si nous travaillons ensemble» poursuit le Saint-Père. 

Un acte d'amour

«Vacciner, avec des vaccins autorisés par les autorités compétentes, est un acte d'amour», souligne François, «Et contribuer à ce que la plupart des gens soient vaccinés est un acte d'amour». L'amour est également social et politique explique le Pape, « il est universel, toujours débordant de petits gestes de charité personnelle capables de transformer et d'améliorer les sociétés».

«Se vacciner est un moyen simple mais profond de promouvoir le bien commun et de prendre soin les uns des autres, poursuit le Souverain Pontife dans son message,  notamment des plus vulnérables». «Je demande à Dieu, conclut le Saint-Père, que chacun de nous puisse apporter son petit grain de sable, son petit geste d'amour. Aussi petit soit-il, l'amour est toujours grand. Contribuez par ces petits gestes à un avenir meilleur».

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Angélus de l’Assomption et comment suivre l'angelus du dimanche

Comment suivre l’Angélus du Pape François?
Chaque dimanche, Vatican News vous offre la possibilité de suivre en direct la prière de l’Angélus présidée par le Saint-Père à travers notre site internet et les réseaux sociaux.
 

Chaque dimanche à midi précises, heure de Rome, depuis la fenêtre du Palais Apostolique donnant sur la Place Saint-Pierre, le Pape propose une brève méditation de l’Évangile du jour, suivie de la récitation de la prière de l’Angélus. Le Saint-Père salue ensuite les groupes de pèlerins présents sur la place, donnant le lieu d’origine de quelques-uns d’entre eux, et ajoute éventuellement un message relatif à un thème de l’actualité sur lequel il souhaite attirer l’attention.

L’ensemble de l’Angélus est retransmis en direct et commenté en français. Voici les adresses des plateformes sur lesquelles vous pouvez vous connecter pour le suivre:

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Angélus de l’Assomption :

Marie, un modèle d’humilité


En ce dimanche 15 août 2021, Solennité de l’Assomption, le Pape François a axé sa méditation sur l’humilité de la Vierge Marie.
Cyprien Viet – Cité du Vatican

 

«L'humilité est le secret de Marie. C'est l'humilité qui a attiré le regard de Dieu sur elle», a expliqué l’évêque de Rome. «L'œil humain recherche la grandeur et est ébloui par ce qui est ostentatoire. Dieu, en revanche, ne regarde pas les apparences mais le cœur».

«Dieu ne nous exalte pas pour nos dons, nos richesses ou nos compétences, mais pour notre humilité. Dieu élève ceux qui s'abaissent, ceux qui servent. Marie, en effet, ne s'attribue rien de plus que le "titre" de servante : elle est "la servante du Seigneur" (Lc 1,38). Elle ne dit rien d'autre d'elle-même, elle ne cherche rien d'autre pour elle-même», a souligné le Pape François, invitant chacun à un examen de conscience :

«Aujourd'hui, nous pouvons donc nous demander : quel est mon degré d'humilité? Est-ce que je cherche à être reconnu par les autres, à m'affirmer et à être loué, ou est-ce que je pense à servir? Est-ce que je sais écouter, comme Marie, ou est-ce que je veux juste parler et recevoir de l'attention? Est-ce que je sais me taire, comme Marie, ou est-ce que je suis toujours en train de bavarder? Est-ce que je sais faire marche arrière, désamorcer les querelles et les disputes, ou est-ce que j'essaie simplement de me mettre en avant?»

Rester humble pour garder le sens de Dieu
«Il est essentiel d'être pauvre en esprit, c'est-à-dire d'avoir besoin de Dieu. Celui qui est imbu de lui-même ne laisse pas de place à Dieu, mais celui qui reste humble permet au Seigneur d'accomplir de grandes choses», a expliqué le Pape.

Le poète Dante écrivait que la Vierge Marie est «plus humble et plus haute qu'une créature» (Paradis XXXIII, 2), a rappelé François, en montrant que c’est dans la vie ordinaire qu’elle a réalisé sa vocation, sans rien d’extraordinaire en apparence, mais «le regard de Dieu est toujours resté sur elle, admirant son humilité, sa disponibilité, la beauté de son cœur jamais touché par le péché».

Prier Marie avec la simplicité d’un enfant
«Pour nous, pour vous, qui vivez les mêmes journées, fatigantes et souvent difficiles, c'est un grand message d'espérance. Marie vous rappelle aujourd'hui que Dieu vous appelle aussi à ce destin glorieux», a expliqué le Pape argentin, très marqué par la piété mariale dans son parcours familial et vocationnel. «Fêtons-la aujourd’hui avec l'amour des enfants, animés par l'espérance d'être un jour avec elle, au Ciel!», a-t-il demandé aux fidèles.

«Et prions-la maintenant, afin qu'elle nous accompagne sur notre chemin de la Terre vers le Ciel. Elle nous rappelle que le secret du cheminement est contenu dans le mot humilité. Et que la petitesse et le service sont les secrets pour atteindre le but»,

a conclu le Pape François.

 

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Le Pape encourage les religieux à relever le défi de l'inculturation

Le Pape encourage les religieux à relever le défi de l'inculturation


Le Pape a adressé un message vidéo pour le Congrès de la vie religieuse en Amérique latine et aux Caraïbes, organisé en ligne du 13 au 15 août. Il revient dans son intervention sur des thèmes qui lui sont chers, notamment l'inculturation et le sens de l'humour dans la vie communautaire.
Cette réunion a pour thème "Vers une vie religieuse intercongrégationnelle, interculturelle et itinérante". En rappelant «l’importance du défi de l'inculturation de la foi  pour la vie consacrée», François martèle que «l'unité n'est pas l'uniformité, mais l'harmonie multiforme».

L’harmonie, vécue grâce à l’Esprit Saint, conduit à «assumer les différences et valoriser les particularités, dans un esprit  d'interculturalité saine et ouverte». Les religieux ont ainsi un rôle fondamental à jouer pour le «développement d'une théologie inculturée, adaptée à la réalité locale et vecteur d'évangélisation. N'oublions pas qu'une foi qui n'est pas inculturée n'est pas authentique», insiste le Pape argentin.

«Entrez dans la vie du peuple fidèle, entrez dans le respect de ses coutumes, de ses traditions, en cherchant à réaliser la mission d'inculturation de la foi et d'évangélisation de la culture», exhorte François, revenant ainsi sur des thèmes souvent abordés au long de son pontificat, notamment lors du Synode sur l’Amazonie.
Le refus de l’inculturation mène la mission à l’échec
Le Pape émet aussi un sévère avertissement sur la stérilité de certaines attitudes d’imposition de modèles culturels au nom, prétendument, de la diffusion du christianisme. «Lorsque cette inculturation n'a pas lieu, la vie chrétienne, et plus encore la vie consacrée, aboutit aux positions gnostiques les plus aberrantes et ridicules. Nous l'avons vu, par exemple, dans la mauvaise utilisation de la liturgie. Ce qui compte, c'est l'idéologie et non la réalité des gens, et ceci n'est pas l'Évangile», regrette l’évêque de Rome. 

«La vie consacrée est experte en communion ; la vie consacrée est itinérante, elle est promotrice de la fraternité», explique le Pape, qui regrette de voir certaines communautés s’enfoncer, au contraire, dans l’angoisse de l’avenir et la nostalgie d’un passé idéalisé. «Combien de fois fait-on le calcul du nombre de religieux ou de religieuses dans ma congrégation, ou évaluons-nous les courbes décroissantes. C'est une tentation de survie. Il faudrait renoncer au critère des nombres, et au critère de l'efficacité, qui pourraient vous transformer en disciples craintifs, tournés vers le passé et abandonnés à la nostalgie.»

«Cette nostalgie est en fait le chant des sirènes de la vie religieuse», avertit le Pape, qui incite au contraire à «marcher avec le Seigneur sur les chemins de l’espérance», en rejoignant le «saint peuple fidèle de Dieu» là où il est, avec respect et dans la joie.
La joie et l’humour ouvrent un chemin vers la sainteté
«La paix, la joie, le sens de l'humour» sont des dimensions fondamentales dans la vie religieuse. «Il est si triste de voir des hommes et des femmes consacrés qui n'ont aucun sens de l'humour, qui prennent tout au sérieux. S'il vous plaît. Être avec Jésus, c'est être joyeux, c'est aussi avoir la capacité de ce sens de l'humour qui donne la sainteté», insiste le Pape en renvoyant à la lecture de son exhortation apostolique Gaudete et exsultate.
«Que Dieu vous bénisse et que l'Esprit Saint vous accorde la lumière de sa grâce afin que vous soyez toujours des hommes et des femmes de rencontre et de fraternité. Que la Sainte Vierge veille sur vous. Elle connaît la rencontre, la fraternité, la patience, l'inculturation. Elle sait tout cela. Qu'elle veille sur vous», conclut François, en demandant aux religieux de prier pour lui.

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