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sermon

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

Évangile de Jésus-Christ selon

saint Luc 21,12-19.

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Augustin (354-430)

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 306
« C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie »


Veux-tu arriver à la vie où tu seras pour toujours à l'abri de l'erreur ? Qui ne le voudrait ? (...) Nous voulons tous la vie et la vérité. Mais comment y arriver ? Quel chemin suivre ? Certes, nous ne sommes pas au terme du voyage mais nous le voyons déjà (...), nous aspirons à la vie et à la vérité. C'est le Christ qui est l'une et l'autre. Par où y parvenir ? « Je suis le chemin » dit-il. Où arriver ? « Je suis la vérité et la vie. » (Jn 14,6)

            Voilà ce que les martyrs ont aimé ; voilà pour quel motif ils ont dépassé l'amour des biens présents et éphémères. Ne vous étonnez pas de leur courage ; en eux c'est l'amour qui a vaincu les souffrances. (...) Marchons sur leurs traces, les yeux fixés sur celui qui est leur Chef et le nôtre ; si nous désirons parvenir à un si grand bonheur, ne craignons pas de passer par des chemins difficiles. Celui qui nous l'a promis est véridique ; il est fidèle, il ne saurait nous tromper. (...) Pourquoi craindre les dures voies de la souffrance et de la tribulation ? Le Sauveur en personne y est passé.

            Tu réponds : « Mais c'était lui, le Sauveur ! » Sache que les apôtres y ont passé eux aussi. Tu vas dire : « C'étaient des apôtres ! » Je le sais. N'oublie pas qu'un grand nombre d'hommes comme toi y ont passé à leur suite (...) ; des femmes aussi y ont passé (...) ; des enfants, mêmes des jeunes filles ont passé par là. Comment sera-t-elle encore dure cette route que tant de passants ont aplanie ?

 

Méditation de l'Évangile  du père Gabriel

Jésus est vraiment le signe de contradiction annoncé à Marie par le vieillard Siméon. Le chrétien ne peut jamais être entièrement d'accord avec le parti politique pour lequel il milite, car il a toujours à réajuster toute idéologie à la Parole.

Vous serez persécutés

 

Le pouvoir craint Jésus, son emprise sur les cœurs et sur les intelligences. Le pouvoir de tous les temps est contre le Seigneur pour une raison d'influence.

Mais si le chrétien est toujours en butte à cet agacement du pouvoir, heureusement à toutes les générations se lèvent aussi des témoins, suscités par l'Esprit de Jésus, pour affirmer, au péril de leur vie, sa Vérité. Aujourd'hui, Lech Walesa en Pologne nous en est un exemple, tout comme Mgr Romero en Amérique du Sud.

"Mais avant tout cela, ils mettront leurs mains sur vous et vous persécuteront, vous conduisant aux synagogues et aux prisons, vous faisant comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom ; cela finira pour vous par le témoignage "

Jésus est vraiment le signe de contradiction annoncé à Marie par le vieillard Siméon. Le chrétien ne peut jamais être entièrement d'accord avec le parti politique pour lequel il milite, car il a toujours à réajuster toute idéologie à la Parole.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

« Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. »

Le Dieu tout puissant, créateur du ciel et de la terre, est venu habiter notre humanité ! Conçu de la Vierge Marie, né d’elle, Jésus est le Sauveur du monde. Nous contemplons ce mystère du Dieu présent qui se donne à nous. Non seulement Jésus s’est fait chair, mais il s’est fait Pain de vie ! La persécution surgit envers nous lorsque nous agissons selon la manière du Christ dans toutes les situations de notre vie. Jésus est le Roi vainqueur de la vie et de la mort par son Amour victorieux. C’est ainsi qu’il a rendu témoignage de l’Amour infini de Dieu pour nous. Nous sommes dans le rayonnement cet amour. Des liens nouveaux apparaissent alors dans notre vie, faisant surgir cette nouvelle réalité de l’Amour. Une opposition se fait jour entre l’Esprit de Dieu et celui du prince de ce monde. C’est à travers les événements et les affrontements de notre vie que nous percevons cette adversité qui prend forme sous nos yeux. Pour nous libérer, Jésus a pris un chemin d’humilité, le chemin de l’humanité. L’amour est au-delà de la vie et de la mort !

"Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense."

C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. La Parole qui naîtra en nous sera inspirée par l’Esprit Saint. Cette parole dit ce que notre cœur éprouve, ce qu’il ressent. Notre cœur aspire à la Vie en recevant l’Esprit Saint qui se donne à lui. Nous entrons ainsi dans le mystère de l’humanité divine qui nous régénère à la suite de Jésus en prenant son chemin d’amour : « On portera la main sur vous, on vous persécutera. » Il est si « mystérieux » ce rejet de Jésus par l’humanité. Ce rejet de l’amour du Christ est impossible à saisir avec notre intelligence. C’est le mystère d’iniquité qui se manifeste. Nous demandons à Marie un regard d’amour pour Jésus qui ne s’est pas défendu dans ses épreuves. Nous pouvons imaginer sa souffrance devant le rejet de son enfant ! « On vous persécutera. On vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison. » Chaque fois que Jésus rencontrait la contradiction, Marie habitait cet Amour infini. La parole vient du plus profond de notre cœur pour nous offrir dans cet Amour.

"Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous." Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. L’Esprit Saint réalise à partir de l’humanité de Jésus le salut de tous. Jésus nous invite ardemment à prendre le même chemin que lui. Il nous prie de croire que nous lui ressemblerons à l’heure où notre chemin de foi ne sera pas facile. Il nous faut comprendre qu’un humanisme nouveau est en train de naitre. « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Cette communion d’amour est notre sanctification. La terre est inadéquate à l’amour infini de Dieu. Toutes nos puissances de vie et d’amour, notre intelligence et notre cœur, sont un don reçu de Dieu. Plus la fin de notre vie approche, plus nous voulons correspondre à Jésus, lui devenir semblables. Jésus vient pour nous rassurer devant le chemin exigeant d’être ses ambassadeurs, de lui rendre témoignage. Un jour du temps, il est sorti de son Père pour nous assurer de sa prière lorsque se présentera pour nous des temps difficiles. « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. » Il ne nous faut pas nous laisser toucher par le mal et le mensonge.

 

Réflexion et Prière:

 

 Jésus avertis ses apôtres :On portera la main sur vous et l’on vous persécutera,  On oppose des réalités qui nous semble de bon sens « Mais c'était lui, le Sauveur ! » St Augustin répond: Sache que les apôtres y ont passé eux aussi. Comme à l'époque de St Augustin nous persistons : « C'étaient des apôtres ! » Et il réplique : Je le sais. Nous se sont nos religieux prêtres qui nous enseigne la Parole du Seigneur. St Augustin complète: N'oublie pas qu'un grand nombre d'hommes comme toi y ont passé à leur suite ; des femmes aussi y ont passé ; des enfants, mêmes des jeunes filles ont passé par là. Actuellement c'est toujours  d'actualité, dans le monde plus gravement dans les pays communistes, islamistes sous dominations extrémistes.  Rien a changé malgré les apparences, dû au modernisme technologique généralisé. Cette route semble aplanie, il n'en est rien, seule l'apparence le fait croire. ?

 Mais si le chrétien est toujours en butte à cet agacement du pouvoir, heureusement à toutes les générations se lèvent aussi des témoins, suscités par l'Esprit de Jésus, pour affirmer, au péril de leur vie, sa Vérité. Les Paroles de Jésus nous guident, nous consolent, nous prévient et nous promet sa protection :

Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu

Seigneur, toi qui est Notre ROI, nous te demandons la grâce de nous donner le force morale et physique pour recevoir ton pardon et nous accueillir dans ton royaume à l'heure que le Père nous a programmé.
 Emounawh

 

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Ceux qui sont jugés dignes d'être ressuscité d’entre les morts n'ont plus ni femme ni mari, ils ont les délices de l'éternité

Évangile de Jésus-Christ selon

saint Luc 20,27-40.


En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »
Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »
Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Pacien de Barcelone

(?-v. 390)  évêque

Sermon sur le baptême, 6 ; PL 13,1093 (trad. Orval ; cf bréviaire 19e sam. )
« Vivre, c'est le Christ »


Nous ne mourrons plus désormais. Même si nous sommes détruits en notre corps, nous vivrons dans le Christ, comme lui-même l'a dit : « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11,25). Nous pouvons être certains ; le Seigneur lui-même en témoigne ; qu'Abraham, Isaac, Jacob et tous les saints de Dieu sont en vie. C'est justement de ceux-là que le Seigneur a dit : « Ils sont tous vivants ; car Dieu est le Dieu des vivants et non des morts ». Et l'apôtre Paul dit de lui-même : « Pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir m'est un gain ; mon souhait, c'est de m'en aller pour être avec le Christ » (Ph 1,21-23)...

            Voilà bien ce que nous croyons, mes frères, et « si nous mettons nos espoirs en ce siècle-ci, nous sommes les plus malheureux des hommes » (1Co 15,19). La vie de ce monde, pour les animaux domestiques ou sauvages et pour les oiseaux, est ; comme vous pouvez le constater ; plus ou moins longue que la nôtre. Ce qui est propre à l'homme, c'est ce que le Christ lui a donné par son Esprit : c'est-à-dire la vie éternelle, mais à condition que nous renoncions désormais au péché. Car la mort résulte du péché et est évitée par la vertu ; la vie est détruite par le péché et conservée par la vertu. « Le salaire du péché, c'est la mort, tandis que le don de Dieu, c'est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus Christ » (Rm 6,23).

Méditation de l'évangile du père Gabriel

La femme aux sept maris

Dieu est le Dieu des vivants et non des morts. Pour Jésus, au Ciel, nous sommes des vivants, des gens actifs au superlatif, car notre centre d'intérêt à changé du tout au tout, nous vivons d'abord pour Dieu.

Jésus va répondre sans difficulté aux sadducéens au sujet d'une femme qui, successivement, aurait épousé sept frères, selon la loi du lévirat. Ses ennemis lui posent un cas embarrassant, pensent-ils. Mais leur gouaillerie et leur plaisanterie douteuse tombent à faux devant la réaction du Christ. Sa réponse donne un aperçu tellement élevé du Ciel et de sa liberté, vis-à-vis de tout le sensible, que la question posée devient ridicule.

"La femme donc, à la résurrection, de qui sera-t-elle la femme ? Car les sept l'ont eue pour femme"

"Jésus leur dit : Ne seriez-vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Ecritures ni la puissance de Dieu ? Car lorsque l'on ressuscite des morts, on n'épouse plus, on n'est plus épousée ; mais on est comme des anges dans les Cieux"

Le Ciel n'est pas du tout ce que les sadducéens imaginent. Ils sont dans un univers matérialiste qui les empêche de réaliser la Puissance de Dieu, de son amour envers nous. Il s'agit d'une nouvelle vie, celle-là même de Dieu. Rien que cela !

"Et quant à la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce qui vous a été dit par Dieu en ces termes : Je suis le Dieu d'Abraham, et le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants"

Telle est l'espérance de la Vie Eternelle, ce n'est pas la vie terrestre continuée, mais la vie même en communion avec Dieu. Dans l'exclamation de Jésus devant leur étroitesse : "Vous êtes grandement dans l'erreur", On sent toute sa tristesse de voir des hommes enfermés dans une vision si mesquine du Ciel et du Royaume de Dieu.

Dieu est donc le Dieu des vivants et non des morts. Pour Jésus, au Ciel, nous sommes des vivants, des gens actifs au superlatif, car notre centre d'intérêt à changé du tout au tout, nous vivons d'abord pour Dieu.

On le voit ici, le rayonnement du Christ Jésus était si grand, si prenant, que ses ennemis ne peuvent échapper au désir de se mesurer avec Lui, happés, pris qu'ils se trouvent par sa Lumière même.

Ils détestent cette clarté, mais ne peuvent en nier l'éclat. Après l'échec des pharisiens sur le plan national, voici celui des sadducéens sur le plan religieux et moral.

Jésus se montre si percutant dans ses réponses que ses ennemis redoutent la discussion avec Lui. Il répond avec une telle vigueur, un tel à-propos, que bientôt personne n'ose plus l'interroger. Mais la crainte révérencielle de ses ennemis n'exclut pas la haine, malheureusement.

"Quelques-uns des scribes, prenant la parole, Lui dirent : Maître, tu as bien parlé. Car ils n'osaient plus L'interroger sur rien" .

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent,

Quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.

« Donner une descendance à son frère » est une manière de « survivre » selon le « monde » quand on a pas la joie de croire, à la suite de Jésus, en la Résurrection des morts ! En suivant Jésus, celui qui croit ouvre son cœur à l’amour infini de Dieu qui ne meurt pas. Ainsi le pauvre de la première alliance qui croyait déjà en la résurrection des morts n’est pas oublié pour toujours à sa solitude, jamais ne périt l’espoir du malheureux. Il y a un bonheur selon Dieu qui peut-être vécu comme malheur pour le monde qui ne connait pas Dieu comme le manifestent les sadducéens ! Cette interprétation du sens de la vie est très mystérieuse, elle fera dire à Saint Augustin : « Deux amours mènent le monde, l’amour de Dieu jusqu’à »l’oubli« de soi ; et l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu. »L’oubli" de soi est bonheur selon Dieu car il ouvre à l’infini de l’amour.

"Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, 

puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » « Les sept ! » ce chiffre contient le sens d’une plénitude ! Mais dans cette perspective, elle est vide, sans fécondité ! La compréhension de l’énigme de la vie se réalise dans un mystère de foi en la vie et dans l’amour qui est à renouveler chaque jour. Devenus pauvres, nous pouvons nous appuyer sur Dieu seul, et aujourd’hui il nous est possible de croire en Jésus qui par sa Résurrection d’entre les morts devient notre espérance, une espérance totale et absolue : « Je sais en qui j’ai mis ma confiance. » Tenir bon dans le Christ, nous pouvons le faire à l’école de Marie, la mère de Jésus, la femme éprouvée dans sa foi, éprouvée dans son espérance, éprouvée dans son amour ; Elle a tenu bon envers et contre tout.

"Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,"

car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit. Le Dieu d’Abraham, c’est le Dieu de l’homme qui a cru envers et contre tout. Le Dieu d’Isaac préfigure Jésus quand son père va l’offrir en sacrifice pour que nous ayons la vie. Le Dieu de Jacob, c’est le Dieu de celui qui combat avec Dieu, il est plein d’espérance mais demeurera blessé à la hanche. Après ce combat, son équilibre est en Dieu et non plus en l’homme. Le Dieu vivant est le Dieu des vivants, le Dieu ce ceux pour lesquels la mort est un passage vers la vie.

Prière:

Sainte Trinité voit tes enfants malheureux parmi les hommes de ce monde. Tu rayonnes en Jésus, et la peur  change de camp, nos ennemis malgré leurs tentatives fanfaronnent. Tu nous envoie ta lumière et réchauffe nos coeurs. Les incroyants imaginent le Paradis , selon leurs critères matérialistes. C'est ce qui les empêchent de voir ta Puissance inégalable, la vie dans ton royaume est si nouvelle, si différente, que seul ceux qui ont foi en toi peut le croire.

Très Sainte Trinité, Tes jugements sont dignes et justes, à la résurrection chacun retrouvera sa famille, et nous ne prenons plus ni femme, ni mari. Nous découvrirons d'autres joies qui nous sont inconnus.

Très Sainte Trinité, avec confiance nous te demandons la grâce de l'espérance inconditionnelle en ton amour. Par Jésus ton Fils adoré pour les siècles des siècles amen.

 

Emounawh 

20 novembre 2020

 

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Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 17,26-37.
 

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme.
On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr.
Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;
mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ;
cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière.
Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.
Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée.
Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. »
[…]
Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint John Henry Newman (1801-1890)
cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre

Sermon « The Incarnation », PPS, vol. 2 n°3 (trad.©Evangelizo.org)
« Le jour où le Fils de l'homme se révèlera »

 

Notre Seigneur et Sauveur a accepté de vivre dans un monde qui l'a désavoué ; il y a vécu pour mourir pour lui au moment fixé. Il y est venu comme le prêtre désigné pour offrir le sacrifice pour ceux qui ne prenaient part à aucun acte d'adoration. (...) Il est mort, et il est ressuscité le troisième jour, Soleil de justice (Ml 3,20), montrant toute la splendeur qui avait été cachée par les nuages du matin. Il est ressuscité et est monté à la droite de Dieu, pour plaider par ses blessures sacrées en faveur de notre pardon, pour régner et conduire son peuple racheté, et pour déverser sur lui de son côté transpercé les plus grandes bénédictions. Il y est monté pour descendre au moment fixé et juger le monde qu'il a racheté. (...) Il a élevé avec lui la nature humaine (...), car un homme nous a rachetés, un homme a été exalté par-dessus toute créature, faisant un avec notre Créateur, et un homme jugera les hommes au dernier jour (Ac 17,31).

            Cette terre est si privilégiée que notre juge ne sera pas un étranger, mais celui qui est notre semblable, qui soutiendra nos intérêts et sympathisera pleinement avec toutes nos imperfections. Lui qui nous a aimés jusqu'à mourir pour nous est miséricordieusement désigné pour fixer la mesure et la valeur finales de son propre ouvrage. Celui qui a appris par sa propre faiblesse à prendre la défense du faible, celui qui veut récolter tout le fruit de sa Passion, séparera le froment de la paille, en sorte qu'il ne tombera pas un grain à terre (cf Mt 3,12). Celui qui nous a fait participer à sa propre nature spirituelle, de qui nous avons tiré le sang vital de nos âmes, celui qui est notre frère, décidera de ses frères. En ce second avènement, puisse-t-il se souvenir de nous dans sa miséricorde et sa tendre pitié, lui, notre seul espoir, lui, notre seul salut !

 

Méditation de l'évangile du jour par père Gabriel

Souvenez-vous de Noé et de la femme de Loth

Jésus nous avertit : la mort vient sans prévenir, à nous de le savoir. Mais l'heure de l'Espérance, résolue dans la mort, est laissé au jugement du Père. Inutile donc de nous inquiéter ou de recourir aux extra-lucides.

 

.."Souvenez-vous de la femme de Loth ! Celui qui chercherait à sauvegarder sa vie, la perdrait ; et celui qui la perdra, la conservera"

Pour Jésus, les chemins de la liberté chrétienne passent par le choix de la vie éternelle, au risque de nous faire perdre la vie.

Jésus se donne comme le Maître de l'absolu, et du radicalisme, en face du royaume de Dieu toujours à conquérir de haute lutte. Il faut choisir la vraie vie et ne pas imiter la femme de Loth, car elle fut l'exemple de l'attachement qui tue. Elle se retourna pour voir sa maison en flamme, et elle resta pétrifiée. Si elle avait su tout perdre, elle y aurait trouvé la vie.

Les chemins de la liberté chrétienne passent par le détachement.

..."Et comme, Il arriva aux jours de Noé, ainsi en sera-t-Il aux jours du FIls de l'homme"

Semblablement, comme Il arriva aux jours de Loth, Il en sera de même au jour où le Fils de l'homme doit être révélé : "Ce Fils de l'homme qui commande à toutes les époques de l'homme".

"Alors deux se trouveront dans les champs : un est pris et un est laissé ; deux femmes moudront à la meule : une est prise et une est laissée"

"Je vous le dis, cette nuit-là deux seront sur la même couche : l'un sera pris, l'autre sera laissé"

Jésus nous avertit : la mort vient sans prévenir, à nous de le savoir. Mais l'heure de l'Espérance, résolue dans la mort, est laissé au jugement du Père. Inutile donc de nous inquiéter ou de recourir aux extra-lucides.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.

Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme.

On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr. Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera. Nous avançons dans l’année liturgique, le retour de Jésus est proposé à notre méditation. L’Evangile nous manifeste les différentes étapes qui nous mènent au salut, le terme de notre histoire individuelle et collective. Jésus veut nous rassurer, il bannit de notre cœur toute fausse crainte. La joie de sa rencontre est première en tout. Chercher à sauver ses biens ou essayer d’échapper à cette venue serait une grave erreur. Il nous faut reconnaître nos « idoles » et choisir Dieu en vérité. Tout ce que Dieu nous donne est si merveilleux que cela nous conduit à la contemplation de son Amour. Dieu est éminemment beau, mais le diable-séducteur a les apparences du beau, la véritable beauté est subtile à saisir. "Et pourtant, ces hommes ne méritent qu’un blâme léger ; car ils ne s’égarent peut-être qu’en cherchant Dieu avec le désir de le trouver." Il faut beaucoup de douceur et d’humilité pour être en relation avec Dieu. Dieu qui nous a fait nous attire, mais notre attachement à nos idées propres fait que nous ne pensons pas à Dieu qui vient au moment où nous ne l’attendons pas ! Nous demandons la grâce d’un état de vigilance, un état de prière.

En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière.

Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. En évoquant l’histoire de Noé et de Loth, Jésus ne stigmatise pas la perversion des gens mais il nous reproche de vivre immergés dans le monde présent sans aucun souci du Royaume. Le concile Vatican II nous demande de prêter grande attention aux signes des temps. Si notre grand bonheur est de servir Dieu, celui qui est sur la terrasse, habité par le désir de Dieu le suit immédiatement. Il ne rumine ni son chagrin ni quelques contrariétés. S’il prévoit de bonnes affaires, il ne sera pas concerné par le passage de Dieu. Être disponible à la volonté de Dieu, ne vouloir que lui seul est notre but. « Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. » L’intelligence de l’Évangile nous dit la différence entre « l’icône, » qui en tout nous oriente vers Dieu et « l’idole, » qui retourne tout ce qu’elle touche sur elle même. Notre nature est bonne et tout ce que Dieu nous donne peut servir la grâce pour devenir meilleure. Un bon pain peut être transsubstantié et devenir le Corps de Jésus. Si nous sommes icône de Dieu, nous sommes appel de Dieu, désir de Dieu.

Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. 

 Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. » Beaucoup d’événements nous rappellent que notre vie sur terre ne se prolongera pas indéfiniment. Les maladies et les épreuves nous montrent notre fragilité et nous signalent que notre fin peut survenir à chaque instant. Jésus nous engage à nous montrer responsables, sans aucune peur, dans notre pèlerinage. La routine quotidienne peut voiler notre vue. La vigilance s’accorde bien avec la confiance de la foi : « Mon âme te désire, mon Dieu. Quand viendras-tu vers moi ? » L’Esprit de Dieu souffle pour une envolée plus grande vers Dieu, pour être en attente du Dieu qui vient. Tout dépend en effet de la disposition de notre cœur, si nous n’avons qu’un seul souci, la gloire de Dieu, la volonté de Dieu, alors tout est brûlé à l’autel de Jésus. Nous ne nous laissons pas affecter par les contraintes qui se succèdent au cours d’une journée, mais nous revenons toujours à l’essentiel.

Pière:

Père fait nous la grâce de faire en nous ta volonté, pas seulement pour notre petite personne, pour la mission que tu nous a confié. Amen

Emounawh

12 novembre 2021

 

 

 

 

 

 

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 Femme, te voici délivrée de ton infirmité. Ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ?

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,10-17.


 

En ce temps-là, Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat.
Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser.
Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »
Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu.
Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. »
Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ?
Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »
À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Homélie attribuée à Eusèbe d'Alexandrie

(fin du 5ème siècle)
Sermon sur le dimanche, 16, 1-2 ; PG 86, 416-421 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 251)
« Ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ? »


La semaine comporte évidemment sept jours : Dieu nous en a donné six pour travailler, et il nous en a donné un pour prier, nous reposer et nous libérer de nos péchés. Si donc nous avons commis des fautes durant ces six jours, nous pouvons les réparer le dimanche et nous réconcilier avec Dieu.

            Rends-toi donc de grand matin à l'église de Dieu, approche-toi du Seigneur pour lui confesser tes péchés, apporte-lui ta prière et le repentir d'un cœur contrit. Sois présent pendant toute la sainte et divine liturgie, achève ta prière, ne sors pas avant le renvoi de l'assemblée. Contemple ton Seigneur, tandis qu'il est partagé et distribué sans être détruit. Et si ta conscience est pure, avance-toi et communie au corps et au sang du Seigneur. (...)

            Ce jour t'a été offert pour la prière et pour le repos. « Voici donc le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie » (Ps 117,24). Rendons gloire à celui qui est ressuscité en ce jour, ainsi qu'au Père et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

 

Méditation de l'Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,10-17.

du père Gabriel

 

Guérison de la femme courbée

 

Or, intervint le chef de la synagogue, indigné que Jésus eût guéri le jour du sabbat…C'est bien l'esprit et la lettre, l'amour en face du règlement tracassier… Jésus, en plus, a le chic pour trouver des images lumineuses ou des comparaisons savoureuses comme celles de son âne que l'on mène à boire, même le jour du sabbat !

 

Dans la guérison de la femme courbée depuis dix-huit ans, on retrouve de nouveau tout le problème de la foi vivante. Jésus guérit cette femme ; le miracle est évident.

“L'ayant vue, Jésus l'appela et lui dit : “Femme, tu es guérie de ton infirmité”. Et Il lui imposa les mains. Et aussitôt, elle se redressa puis elle rendit gloire à Dieu”

Sa foi, à elle, n'est pas à mettre en doute. Le signe de sa guérison la fait éclater de reconnaissance. Elle loue Dieu.

Par contre, si le chef de la synagogue a bien enregistré le miracle, pour lui, il n'est que le signe de la folie de ce prophète qui ose guérir un jour de sabbat, dans la synagogue !…

“Or, intervint le chef de la synagogue, indigné que Jésus eût guéri le jour du sabbat. Et Il disait au peuple : Il y a six jours pendant lesquels on doit travailler. Venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat”

Devant la réponse de Jésus, il y a deux groupes parmi tous ces témoins du miracle : le peuple, la foule, qui se joignent à l'enthousiasme de la miraculée, et le chef de la synagogue et les savants, confus mais furieux. Pour eux, le miracle n'est pas un signe de Dieu. Ils sont totalement étrangers à la lumière de la foi.

“Et pendant qu'Il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient confus. Et toute la foule se réjouissait des miracles accomplis par Lui”

C'est bien l'esprit et la lettre, l'amour en face du règlement tracassier… Jésus, en plus, a le chic pour trouver des images lumineuses ou des comparaisons savoureuses comme celles de son âne que l'on mène à boire, même le jour du sabbat !

Les vieilles chouettes hypocrites en sont toutes éblouies, et le peuple jubile.

Père Gabriel

Homélie du Père Gilbert Adam

 Femme, te voici délivrée de ton infirmité. 

« Jésus était en train d’enseigner dans une synagogue, le jour du sabbat. Voici qu’il y avait là une femme, possédée par un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans ; elle était toute courbée et absolument incapable de se redresser. Quand Jésus la vit, il l’interpella et lui dit : « Femme, te voici délivrée de ton infirmité. »
 

Et il lui imposa les mains. À l’instant même elle redevint droite et rendait gloire à Dieu. En guérissant cette femme, Jésus ne viole pas la loi, il ne fait qu’appliquer le commandement le plus important, qui est celui de l’amour et de la compassion que l’on se doit, selon la loi, de pratiquer en tout temps. Le respect du sabbat est une chose importante, mais le respect du commandement de l’amour donne le cadre de la pratique de tous les autres commandements. Aussi celui qui pèche, c’est d’abord celui qui viendrait à manquer d’aimer son prochain, c’est-à-dire à ne pas faire pour lui, ce qu’il aimerait que l’on fasse pour lui, dans les mêmes circonstances. Jésus fait un miracle de résurrection pour cette femme, il la remet debout ! Dieu vient en aide à tous ceux qui crie vers le ciel ! Il est le défenseur des veuves, celles qui n’ont plus le soutien d’un cœur, d’une épaule, d’un bras qui protégeait leur vie. A l’isolé, à celui qui a perdu son équilibre de vie, qui est dans la nuit, Dieu donne une maison. C’est en prenant notre condition humaine que Jésus, ami des hommes, nous manifeste l’action de Dieu.

"Alors le chef de la synagogue, indigné de voir Jésus faire une guérison le jour du sabbat, prit la parole et dit à la foule : « Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat." 

 Le chef de synagogue s’en prend à la foule ! Lorsqu’on a quelque chose à dire de déplaisant à une personne qui nous en impose, on le lui fait savoir en prenant un bouc émissaire, la foule va jouer le rôle de bouc émissaire ! Nous connaissons, par expérience, cette façon d’opérer le rejet, la discrimination et les persécutions ! Les victimes sont les paratonnerres de la colère du monde, nous ne devons pas nous étonner, mais nous attrister de ce fait ! Le chef de la synagogue s’indigne, pourtant le Sabbat est jour de joie qui éclate dans le Peuple ! Avec cette femme, remise debout, tendrement aimée du cœur de Dieu, nous devenons à la suite de Jésus, des êtres attentifs les uns aux autres. Dans cette adoption filiale, notre cœur est dégagé de lui-même, il est mû par l’Esprit Saint, et il deviendra de plus en plus amour. Notre vie est une vie selon la conduite de l’Esprit Saint. Nous entrons dans la toute petitesse de Jésus, dans sa grande pauvreté.   

"Le Seigneur lui répliqua : « Hypocrites ! Chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache-t-il pas de la mangeoire son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Alors cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée voici dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de ce lien le jour du sabbat ?" 

 À ces paroles de Jésus, tous ses adversaires furent remplis de honte, et toute la foule était dans la joie à cause de toutes les actions éclatantes qu’il faisait. Les adversaires de Jésus, virulents contre sa conduite, nous disent comment nous nous montrons violents comme eux, nous aussi. Un examen rapide de notre vie révèle que nous sommes conduis alors par la jalousie. En ce qui concerne l’amour d’une personne ou d’un bien, nous montrons à quel point, lorsqu’il s’agit de notre intérêt, de nous-mêmes, nous n’hésitons pas à braver bien des interdits ! Mais nous sommes timorés pour nous engager pour le bien des autres. C’est la Puissance de l’Amour infini de Dieu qui a fait naître Jésus dans notre chair. Le Fils unique de Dieu, né de la Vierge Marie, le Sauveur des hommes, vient à notre aide en faisant de nous des enfants de Dieu. Cette adoption filiale nous fait entrer dans notre mystère, dans notre identité véritable. Devant l’œuvre de Salut de Jésus qui sera crucifié pour nous, nous sommes heureux de ce salut et nous vivons de sa Résurrection. Nous sommes devenus par sa Croix et sa Résurrection héritiers de l’amour infini de Dieu qui ne nous manquera jamais. Nous voulons demeurer dans cette sollicitude de l’amour fraternel, confiants comme l’enfant qui se tourne vers son Père. La vraie compassion consiste à faire pour les autres, ce que l’on aimerait que les autres fassent pour nous dans la même situation. L’Esprit Saint se joint à notre esprit pour nous faire crier vers Dieu, tous ensemble, pour lui dire notre reconnaissance.

Prière 

Nous demandons à Dieu la grâce de la confiance, que son amour nous transforme pour que nous demeurions dans l’Amour.

 

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Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,13-16.


En ce temps-là, Jésus disait :
« Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre.
D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement.
Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non ! Jusqu’au séjour des morts tu descendras !
Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint John Henry Newman (1801-1890)
cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre

Sermon « Christ hidden from the world », PPS vol. 4, n°16 (trad. Evangelizo.org)
« Celui qui vous écoute m'écoute ; celui qui vous rejette me rejette »


L'Église est appelée le corps du Christ. Elle est maintenant ce qu'était son corps matériel lorsqu'il était visible sur terre. Elle est l'instrument de sa puissance divine. C'est d'elle que nous devons approcher pour obtenir de lui le bien. Et c'est elle qui, si quelqu'un l'insulte, fait naître sa colère. Mais qu'est-ce que l'Église, à vrai dire, sinon une entité humble qui provoque parfois l'insulte et l'impiété chez les hommes qui ne vivent pas de la foi ? Elle est un « vase d'argile » (2 Co 4,7). (...)

            Nous savons que les meilleurs de ses ministres sont imparfaits et faillibles, soumis aux tendances mauvaises comme tous leurs frères. Et pourtant c'est d'eux que le Christ a dit, en ne parlant pas seulement des apôtres mais des soixante-dix disciples (auxquels les ministres chrétiens sont sûrement égaux, quant à leurs charges) : « Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous méprise me méprise, et celui qui me méprise méprise Celui qui m'a envoyé ».

            En plus, il a fait des pauvres, des faibles et des affligés les témoins et les agents de sa présence. Et là encore, il est naturel que la même tentation nous guette de les négliger et de les traiter avec irrévérence. Ce que le Christ était, ses disciples en ce monde le sont aussi, et de même que sa condition obscure et faible portait les hommes à l'insulter et à le maltraiter, ainsi les mêmes caractéristiques chez les témoins de sa présence portent les hommes à l'insulter maintenant. (...) En tous temps donc le Christ est en ce monde — mais non ostensiblement, pas plus maintenant qu'aux jours de sa vie corporelle.

Méditation du Père Gabriel

Jésus et les enfants : L'enfance spirituelle

Il est vrai que depuis ce jour où Jésus s'est fâché parce que les apôtres empêchaient les enfants de venir jusqu'à Lui, une grande Espérance nous a été révélée au sujet de la vie spirituelle. Dieu, ce jour-là, a cessé d'être un Dieu de crainte pour devenir Le Père

 

“Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu'il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement”.

Les apôtres agacés par tous ces parents qui viennent offrir leurs enfants afin que le Prophète les bénissent, vont fournir l'occasion à Jésus de nous dire cette chose extraordinaire :

« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »

Le terme employé par Marc est celui de l'offrande. Jésus se fâche contre ses apôtres qui veulent maintenir les enfants loin de lui. Le texte de Matthieu, lui, semble indiquer presqu'une routine dans l'attitude de Jésus à l'égard des enfants et de la confiance de leurs parents

Ensuite, on présenta des enfants à Jésus pour qu'il leur impose les mains en priant

Comme si c'était ainsi son habitude de témoigner ainsi aux enfants ces gestes d'affection ,de tendresse et de confiance, devant lesquels recule d'ordinaire le respect humain d'un homme. Il rend ainsi à l'enfant toute sa grandeur.

Le monde chrétien considère l'enfant avec des yeux tout autres que le monde païen. Depuis ce jour où Jésus a refusé de les laisser bousculer par les apôtres, ils sont devenus pour nous le modèle de la confiance envers le Père.

Car Il est vrai que depuis ce jour où Jésus s'est fâché parce que les apôtres empêchaient les enfants de venir jusqu'à Lui, une grande Espérance nous a été révélée au sujet de la vie spirituelle. Dieu, ce jour-là, a cessé d'être un Dieu de crainte pour devenir Le Père.

Nulle, mieux que Thérèse de Lisieux, n'a compris ce message, nulle n'a mieux su nous le transmettre. Simplifions notre vie spirituelle en suivant le conseil de Jésus.

Jésus dit à ces apôtres : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. »

Si Thérèse de Lisieux, en début de ce siècle, a conquis tant de coeur, c'est que les chrétiens avaient oublié le Dieu de l'Evangile pour se fabriquer une idole au coeur de pierre.

Le message de Thérèse fut comme l'eau vive d'un torrent qui rafraîchit la chrétienté toute entière. Dieu redevenait le Père et les chrétiens des enfants. (En quinze jours, les 2000 cahiers de la première édition de ” L'Histoire d'une âme ” se dispersèrent comme graine au vent)

Pour Jésus, les chemins de la liberté passent par l'enfance spirituelle, ce qui demande le choix de la simplicité et de laisser au vestiaire notre tenue d'emprunt.

Car nous ne sommes pas des “grands” devant Dieu, mais des enfants.

Homélie du père Gilbert Adam

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

« Jésus dit : Amen, je vous le dis, si vous ne faites pas demi–tour pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux. »

« A ce moment même, les disciples vinrent demander à Jésus : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ? »

Jésus, d’une manière très frappante, enseigne ses disciples sur celui qui est le plus grand. Si vous voulez être le plus grand dans le royaume céleste, vous devez chercher à être le dernier. Quiconque se rendra humble comme cet enfant, sera le plus grand dans le royaume des cieux ! C’est révolutionnaire. Les normes qui ont cours dans le royaume des cieux sont opposées à celles du monde. Toute notre façon de penser doit donc s’inverser ! Pour s’élever, il faut s’abaisser. Cela exige une réorientation complète de notre vie. L’humilité est indispensable pour atteindre la grandeur dans le royaume des cieux. L’humilité, c’est l’esprit qui cherche à s’abaisser plutôt qu’à s’élever ! Thérèse est docteur de l’Eglise, nous voulons nous mettre à l’école de « la plus petite » qui est si « grande. » Thérèse a merveilleusement commenté l’Evangile de ce jour, elle a révélé cette Parole, elle en a fait son Nom : Thérèse "de l’enfant" Jésus. Dans sa courte vie, mue par l’Esprit Saint, elle a manifesté l’abandon de l’enfant. Devenir enfant de Dieu est un long travail de l’Esprit saint qui ne va pas de soi. Thérèse a compris que dans la toute petitesse, et dans l’immense pauvreté qu’elle ressentait en elle, il lui faudrait l’aide l’Esprit Saint.

« Jésus appela un enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : Amen, je vous le dis, si vous ne faites pas demi–tour pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux. » 

Poussés par l’orgueil, les disciples interrogent Jésus sur les places de choix dans son Royaume. Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux, demandent-ils. Cette question surgit peu de temps après l’annonce, par Jésus, de sa mort prochaine. Il leur avait révélé qu’il subirait toutes sortes de mauvais traitements qui l’entraîneront jusqu’à la mort et qu’il ressusciterait le troisième jour. Jésus utilise l’exemple d’un enfant pour dire qui est le Chrétien authentique. Jésus met cet enfant "debout au milieu d’eux." Jésus est un grand pédagogue qui prend un petit enfant et le met debout en face de lui : « être debout », devant le rabbi, c’est être talmîd, c’est être « appreneur, » il est clair que le message de Jésus est bien celui-ci : « le plus savant dans le Royaume des Cieux est celui qui redevient comme un petit enfant. » Devenir un petit enfant est un travail de confiance et d’abandon de toute une vie. Il nous faut en effet nous adapter au don de Dieu qui correspond au Don que Dieu nous fait dans toute notre existence, dans les joies comme dans toutes les épreuves de la vie. Thérèse a dit d’elle même : « Je suis un bébé qui a un visage de vieillard. » Dieu a une perspective bien différente de celle des hommes sur la notion de grandeur.

« C’est pourquoi quiconque se rendra humble comme cet enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. »

Jésus est humble, il consent à s’abaisser. Le Fils de Dieu, par qui toute chose a été créée, est libre à l’égard du monde entier. Jésus ne possède rien, son abnégation à l’égard de toute chose est totale. Il renonce à son droit divin pour accomplir le désir de nous sauver. Il nous montre en quoi consiste la vraie grandeur pour entrer dans le Royaume des cieux. Jésus déclare que l’humilité est indispensable, en accomplissant la volonté de notre Père qui est dans les cieux. Il nous faut "faire demi-tour," c’est une inversion totale d’attitude, prendre un chemin resserré en devenant un enfant. C’est accepter d’être au bas de la position sociale, comme un modèle à imiter, qui ne cherche pas les faveurs. Les petits enfants ne connaissent pas la malice, ils sont inexpérimentés dans l’exercice du mal. Un enfant a besoin que Dieu intervienne dans sa vie, pour la transformer entièrement. Jésus nous propose de "répéter" dans notre vie, sa vie de Fils du Père. C’est une qualité du petit enfant d’être essentiellement dans la répétition de ce qu’il apprend. Le « petit père chéri » de Thérèse est devenu, dans sa maladie, l’icône du visage de Jésus crucifié ! Thérèse, trop petite pour porter cette épreuve, s’est plongée dans la Passion de Jésus. Elle s’est laissé guider par l’Esprit Saint, elle en a modifié son Nom : elle s’est appelée "Thérèse de l’Enfant Jésus et de la sainte Face."

Sainte Thérèse demandons d'obtenir pour nous la grâce de la conversion de nos coeurs pour trouver la petitesse et la pauvreté de Jésus pour toute notre vie.

 

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Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après mal parler de moi ;celui qui n’est pas contre nous est pour nous

 

Lettre de saint Jacques 5,1-6.


Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent.
Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites,
votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours !
Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.
Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre.
Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance.


Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 9,38-43.45.47-48.


En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Augustin (354-430)
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

3e Sermon sur le psaume 36, CCL 38, 372 (Lectionnaire monastique, t. 3; trad. Privée; Solesmes-Cerf 1994; p. 1005 rev.)
« Celui qui vous donnera un verre d'eau au nom de votre appartenance au Christ...ne restera pas sans récompense »


Donne les biens de ce monde et reçois les biens éternels. Donne la terre et reçois le ciel. Mais à qui donner ? (...) Écoute l'Écriture te dire comment prêter au Seigneur : « Celui-là prête au Seigneur, qui a pitié du pauvre » (Pr 19,17). Assurément Dieu n'a pas besoin de toi ; mais un autre en a besoin. Ce que tu donnes à l'un, un autre le reçoit. Car le pauvre n'a pas de quoi te rendre ; il le voudrait, mais il ne trouve rien ; seule demeure en lui sa volonté bienveillante de prier pour toi. Mais quand un pauvre prie pour toi, c'est comme s'il disait à Dieu : « Seigneur, j'ai reçu un prêt, sois ma caution ». Dès lors, si le pauvre auquel tu as affaire est insolvable, il a un bon garant, car Dieu te dit : « Donne avec assurance, c'est moi qui suis le répondant. (...) C'est moi qui rendrai, c'est moi qui reçois, c'est à moi que tu donnes ».

            Crois-tu que Dieu te dise : « C'est moi qui reçois, c'est à moi que tu donnes » ? Oui, assurément, si le Christ est Dieu, et là il n'y a pas de doute. Car il a dit : « J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ». Et comme on lui demande : « Quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim ? », il veut montrer qu'il est réellement le garant des pauvres, qu'il répond pour tous ses membres. (...) Il déclare : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes disciples, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25,35s).

Méditation

Père Gabriel

Jean à qui Jésus a donné le nom de “fils du tonnerre” est intolérant, et Jésus, très calmement rétablit la vérité. Il témoigne d'une grande ouverture d'esprit face à l'intransigeance et à l'étroitesse des siens. Jésus nous enseigne ainsi humour et tolérance.

Combien notre esprit est éloigné de celui du Christ-Jésus, dans nos luttes fraternelles entre chrétiens : nous ressemblons fort à Jean disant à Jésus :

“Maître, nous avons vu quelqu'un qui, en ton Nom, chassait les démons ! Et nous l'empêchions, parce qu'il ne marche pas avec nous. Mais Jésus leur dit : n'empêchez personne d'agir ainsi ; car celui qui n'est pas contre nous est pour nous ”
Jésus n'a pas d'œillères. Il voit large et grand …

Jean à qui Jésus a donné le nom de “fils du tonnerre” est intolérant, et Jésus, très calmement rétablit la vérité. Il témoigne d'une grande ouverture d'esprit face à l'intransigeance et à l'étroitesse des siens.

Jésus nous enseigne ainsi humour et tolérance;

Cela aussi c'est l'espérance d'un monde où les hommes s'estimeraient et se supporteraient, sans être toujours à se lancer à la tête les épithètes de “droite” et de “gauche”, d'athée ou de croyant, de blanc ou de noir, de vieux ou de blanc-bec.

Homélie du père Gilbert Adam

Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »

"Jésus répondit : « Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;

Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Je suis venu apporter un feu sur la terre, dit Jésus, et comme je voudrais qu’il soit répandu sur tout l’univers." Le feu que Jésus apporte sur la terre est celui de l’Amour, de l’extension de l’Amour nouveau de Dieu. Pour nous manifester clairement cet amour, Jésus s’est fait petit enfant car lui comprend la réalité de l’amour : "Laissez les petits enfants venir à moi, dit-il. Si vous ne devenez semblables à eux, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu." Il nous faut donc devenir comme des tous petits enfants, à l’école de Jésus. "Mon poids, c’est mon amour," disait St Augustin. Ma valeur, c’est l’amour qui est dans mon cœur. Recevoir cette appartenance à l’Amour dans la foi en Jésus, peut nous aider à vivre notre existence à sa suite. C’est ainsi que Jésus ramène chacun à la question essentielle de sa vie. Y a-t-il en moi des obstacles qui m’empêchent d’aimer, d’aller vers Jésus ? C’est « au nom de Jésus » que nous sommes établis. L’Eglise attentive à ce message ouvre ses portes à l’autre, qui lui aussi, est mû par l’Esprit de Dieu qui est Amour.

Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

 Jésus poursuit avec le verre d’eau donné en son Nom à l’un de ces petits qui sont ses frères. Un tout petit a le désir d’être aimé et d’aimer, il comprend le langage de l’amour. Dieu nous fait passer de l’amour naturel à un amour surnaturel. Dès lors, la relation nécessaire aux petits et aux pauvres devient l’axe principal pour la construction de la communauté. C’est ainsi que Jésus indique comment se constitue, à partir de modestes actions posées en lien avec Lui, les nouveaux groupements humains selon son cœur. Un nouveau corps se constitue par Jésus à partir de ces relations ténues. La Parole de Dieu nous remet devant la grandeur, la hauteur et la profondeur de l’amour de Dieu. C’est dans l’intimité de notre cœur qu’il s’épanouit. Vivre de cet Amour est la mission des Chrétiens ! Jésus s’est fait petit et il est devenu l’agonisant. C’est dans sa faiblesse et dans sa pauvreté, qu’il nous manifeste son amour.

Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui, qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.

Et si ta main t’entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s’éteint pas. Il nous faut renoncer au pouvoir, au jugement ! Nous demandons à Jésus de nous rendre pauvre comme il l’est. Dans la nouvelle communion inaugurée par Jésus s’introduit pour chacun de nous l’obligation du grand respect pour l’autre. Tout notre être et toute notre vie doit « passer » par l’amour nouveau que Dieu nous donne. Notre trésor est la foi en cet amour de Jésus qui s’approfondit sans cesse. Nous honorons les serviteurs discrets qui aident ceux qui appartiennent au Christ. Notre manière d’être va influencer les autres, car nous sommes reliés les uns aux autres très profondément. Peuple de Dieu, nous sommes un peuple royal, une nation sainte, un peuple prophétique mû par l’Esprit Saint, pour annoncer le mystère de l’Amour de Dieu aux tout petits ! Quand nous aimons en vérité, nous devenons petits, pauvres et vulnérables.

Nous demandons la grâce de comprendre combien dans notre vie, tout est relatif au plus grand amour de Dieu.

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Les disciples ne comprenaient pas ces paroles, le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,43b-45.


En ce temps-là, comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant :

le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)
évêque de Ravenne, docteur de l'Église

Sermon 108 ; PL 52, 499 (in Sacerdoce des baptisés, sacerdoce des prêtres, coll. Pères dans la foi, n°46; trad. J.-E. Bernard; Éd. Migne 1991; p. 119)

« Les disciples ne comprenaient pas ces paroles »


Écoutez ce que demande le Seigneur : « Si vous ignorez en moi la divinité, reconnaissez au moins mon humanité. Voyez en moi votre corps, vos membres, vos entrailles, vos os, votre sang. Et si ce qui appartient à Dieu vous inspire de la crainte, est-ce que vous n'aimez pas ce qui est à vous ? (...) Mais peut-être que l'énormité de ma Passion, dont vous êtes cause, vous couvre de honte ? Ne craignez pas. Cette croix a été mortelle non pour moi mais pour la mort. Ces clous ne me pénètrent pas de douleurs, mais d'un amour encore plus profond envers vous. Ces blessures ne provoquent pas des gémissements, mais elles vous font entrer davantage dans mon cœur. L'écartèlement de mon corps vous ouvre mes bras comme un refuge, il n'augmente pas mon supplice. Mon sang n'est pas perdu pour moi, mais gardé pour votre rançon (Mc 10,45).

            « Venez donc, retournez à moi et reconnaissez votre Père en voyant qu'il vous rend le bien pour le mal, l'amour pour les outrages, et pour de si grandes blessures une si grande charité. »

Méditation 

Pour rentrer dans ce mystère de Jésus, nous devons méditer et méditer encore ces paroles de Jésus :« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup… » Il fut le seul à porter le mystère de la souffrance, ses apôtres ne peuvent le comprendre. Il y a une logique divine de la souffrance ; pour le Christ, elle aboutit à la Résurrection

 

« Tu es le Christ ! » vient de lancer Pierre comme un coup de clairon, annonçant l'assaut et le départ pour l'établissement du Royaume ; et la réponse du Christ tombe froide et incompréhensible : pas de propagande.

« Et Il leur enjoignit de ne rien dire de Lui à personne » Et ce qu'Il annonce c'est la souffrance, rien que de la souffrance et la mort pour Lui.

« Et Il commença à leur enseigner que le Fils de l'homme devait beaucoup souffrir et être rejeté par les anciens, et par les grands prêtres et par les scribes, et être mis à mort et ressusciter après trois jours ».

Souffrance qui est sagesse, sagesse divine !

« Et Il disait ces choses ouvertement. Et Pierre, le prenant à partie, se mit à le réprimander. Mais Lui, s'étant retourné à voyant ses disciples, réprimanda Pierre et lui dit : « Arrière de moi, Satan ! Car tes sentiments ne sont pas ceux de Dieu mais ceux des hommes »

« Tu ne goûtes pas les choses de Dieu »

Souffrance qui rentre si profondément dans son mystère, dans tout le mystère du Christ, que tous ceux qui veulent adhérer à Lui, être soudés à Lui, qui veulent le continuer et emboîter leurs pas dans ses pas, doivent souffrir. Mais comme Lui, en conformité avec la volonté du Père.

« Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive. »

Mais la souffrance pour Lui est liée indéfectiblement à la Résurrection :

« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, soit mis à mort et qu'Il ressuscite le troisième jour »

Pour rentrer dans ce mystère de Jésus, nous devons méditer et méditer encore ces paroles de Jésus :

« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup… »

Il fut le seul à porter le mystère de la souffrance, ses apôtres ne peuvent le comprendre. Il y a une logique divine de la souffrance ; pour le Christ, elle aboutit à la Résurrection.

La souffrance prise à bras le corps, la mort empoignée, ” Ma Vie nul ne la prend, c'est Moi que la donne “ renversent le problème même de la souffrance et de la mort et dans la foi nous éclaire sur le tragique de la destinée de l'homme.

D'où ses expressions :
« Je suis le Chemin, Je suis la Porte, Je suis la Résurrection et la vie. »

Jésus établit donc une connexion solide entre sa mission et sa passion. Sa manière de parler montre de façon aveuglante la relation entre l'une et l'autre. Voici d'ailleurs ce qu'Il affirme :

« Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup… Qu'Il soit mis à mort, et qu'Il ressuscite le troisième jour. »

Père Gabriel

 

 

Homélie du père Gilbert Adam

le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. 

« Comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples : « Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes."

Jésus prend ses disciples à part et il a une expression très forte : « Mettez- vous bien en tête ce que je vous dis là. Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Jésus perçoit bien que pour ses proches c’est difficile de regarder la réalité en face : Le rejet du fils de l’homme. Les paroles de Jésus restent voilées malgré des évidences, malgré une multitude d’explications, il n’y a rien à faire. Jésus sait bien que ses disciples ne comprennent pas, il faudra la Croix et cela est très souffrant. "Tu comprendras plus tard," dira-t-il à Pierre qui refuse de se faire laver les pieds. Jésus fait des miracles, ressuscite les morts. Nous avons très envie de lui dire : "Seigneur, reste avec nous". Nous sommes si bien dans l’euphorie de ce qui se vit et qui est si beau. Jésus qui fait tellement de bonheur au milieu de nous. Il rassemble dans la paix, mais il va souffrir. Il sera vendu, trahi, immolé. Il va être traîné devant les tribunaux comme un malfaiteur ! C’est ce chemin de douleur qui rejoindra toute l’humanité dans la douleur. Jésus va rejoindre toute personne dans la souffrance. Il rejoindra toute l’humanité dans la profondeur de sa détresse.

« Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, » 

 Ces paroles choquantes, Jésus les dit à ceux qui l’accompagnent, à ceux qu’il a choisis. Jésus ne fait que redire ce que les prophètes ont exprimés en d’autres termes : "vous écoutez sans rien comprendre… vous voyez sans rien voir." Malgré ce qu’il voit venir, il ne recule en rien pour faire connaître son Royaume. Nous entendons aussi cette Parole et nous acceptons de le suivre sur ce chemin. Un éducateur, un papa ou une maman qui prendrait son enfant à part et qui lui dirait : « Écoute bien ce que je te dis, fais-le rentrer dans ta tête » montrerait la gravité de la situation ! Jésus annonce que le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. C’est la deuxième annonce de la passion qui manifeste combien Jésus rejoint l’humanité dans sa détresse pour la sauver. Dieu n’est pas absent de nos cris, de nos souffrances, de nos meurtrissures, il les portera sur sa Croix. Mais la souffrance de l’humanité et sa détresse nous angoisse !

" si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole."

Jésus refuse que nous soyons aveugles. Il nous informe que le suivre sur notre chemin de croyants comportera des difficultés fortement ressenties. Nous sommes appelés pour ne rien préférer au Christ ni pour prendre un autre chemin que le sien. « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle, apporter aux opprimés la libération. » Seule la Résurrection nous fera saisir l’amplitude du Salut opéré par Jésus. Désormais toute solitude, toute détresse et tout manque de soutien sera habité par Dieu. La communauté chrétienne est une communauté ouverte, elle prend soin désormais de toute détresse, de toute souffrance, elle répond au cri du pauvre avec la compassion de Marie, la mère de compassion. Toute l’humanité, qui est notre famille, est appelée à la vie.

Demandons à Notre Père la grâce de nous venir en aide, que nous soyons proche de ceux qui ont besoin de notre aide pouffrent.

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Qui est cet homme appelé Jésus ?La rencontre avec Jésus apporte paix et confiance en nous.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,7-9.


En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, entendit parler de tout ce qui se passait et il ne savait que penser. En effet, certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts.
D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Augustin (354-430)
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermons sur la première lettre de saint Jean, I, 3; SC 75 (trad. P. AGAËSSE; Éd. du Cerf 1961, p. 117)
Le désir de voir le Christ
Saint Jean écrit : « Nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons » (1 Jn 1, 2-3). Soyez bien attentifs : « Nous vous annonçons ce que nous avons vu et entendu ». Eux, ils ont vu le Seigneur lui-même présent dans la chair, ils ont entendu de la bouche du Seigneur ses paroles et ils nous les ont annoncées. Et nous, sans doute avons-nous entendu, mais nous n'avons pas vu. Sommes-nous donc moins heureux que ceux qui ont vu et entendu ? Pourquoi alors est-ce que Saint Jean ajoute : « Nous vous l'annonçons à vous aussi pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous » ? Eux, ils ont vu ; nous, nous n'avons pas vu, et cependant nous sommes en communion avec eux, car nous avons la même foi.

            Au disciple qui a demandé à toucher pour croire (...) le Seigneur a dit, pour nous consoler, nous qui ne pouvons pas toucher mais qui pouvons atteindre le Christ par la foi : « Heureux ceux qui ne voient pas et qui croient » (Jn 20,29). C'est de nous dont il parle, c'est nous qu'il désigne. Que s'accomplisse donc en nous cette béatitude que le Seigneur a promise ! Tenons fermement à ce que nous ne voyons pas ; ceux qui ont vu nous l'annoncent pour que nous soyons en communion avec eux et que nous ayons « la plénitude de la joie » (v. 4).

Méditation de l'évangile du jeudi 23 septembre

Qui est cet homme appelé Jésus ?

Avons-nous été, nous-mêmes, provoqués par la personnalité de Jésus ? Ou lisant l'Evangile, est-ce que la personne de Jésus nous a atteints ? Sa manière de parler est si étrange. Cet homme qui remet les péchés, cet homme l'Agneau de Dieu, annoncé par Jean-Baptiste

“Le roi Hérode entendit parler de Jésus, car son nom devenait célèbre ; et l'on disait :  Jean-Baptiste est ressuscité des morts et c'est pour cela que le pouvoir des miracles opère en lui. Et d'autres disaient : c'est un prophète comme les autres prophètes. Hérode en ayant donc entendu parler, disait : c'est Jean que j'ai fait décapiter qui est ressuscité !”

“Et il cherchait à le voir”

Jésus est pour tous un mystère : quel est donc cet homme ? Hérode et ses contemporains se le demandent et adoptent des solutions de la dernière extravagance.

A toutes les époques, le nom de Jésus pose question. Dans les maisons comme les nôtres, à la Fondation d'Auteuil, beaucoup de nos adolescents s'interrogent sur Jésus.

Avons-nous été, nous-mêmes, provoqués par la personnalité de Jésus ? Ou lisant l'Evangile, est-ce que la personne de Jésus nous a atteints ? Sa manière de parler est si étrange. Cet homme qui remet les péchés,

Cet homme qui se donne pour l'Envoyé de Dieu qu'Il n'appelle pas Dieu d'ailleurs, mais Père.

Cet homme qui parle de la mort comme d'un sommeil et qui ressuscite des morts;

Cet homme qui respecte le pouvoir mais qui ne le craint pas et ose même le braver lorsqu'Il trahit sa mission;

Cet homme entouré d'amis, hommes et femmes, trahi par un ami très cher;

Cet homme qui veut pleinement faire la volonté de son Père dans toute sa condition d'homme mortel, jusqu'à la mort, montre à ses amis la porte de la Vraie Vie.

Oui, quel est donc cet homme ?

Père Gabriel

 

Homélie du Père Gilbert Adam

Saint Pio de Pietrelcina
il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.

Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ; 

Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.

Nous fêtons Padre Pio aujourd’hui. Il est né à Pietrelcina et prend le nom de Pio à son entrée chez les capucins de Morcone. Prêtre, il réside dans sa famille pour raison de santé. En septembre 1916, il est envoyé au couvent de San Giovanni Rotondo. Il y restera jusqu’à sa mort. Les stigmates que portait le Padre Pio, attirèrent l’attention des autorités ecclésiastiques. Le Saint-Office lui interdit tout exercice du ministère, à l’exception de la messe qu’il pouvait célébrer en privé dans la chapelle du couvent. Ces mesures furent rapportées progressivement. On permit à Padre Pio de pouvoir de nouveau célébrer la messe dans l’église. Il est autorisé à nouveau de confesser les hommes, puis les femmes. C’est ainsi que se déroule la mission de Padre Pio ! Jésus donne mission à ses apôtres et ils sont configurés à lui dans leur vie. A travers leurs actions, Jésus nous donne son Amour. La vie d’intimité avec le Christ Jésus est notre première implication. Comme les apôtres ont été les intimes de Jésus, c’est par cet Amour que nous transmettons la Parole de Dieu. L’Amour de Dieu, la Bonne Nouvelle est transmise par notre vie d’abord. Padre Pio était uni à Jésus dans la confiance, l’amour et dans l’humilité du service.

Jésus leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. 

Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez. A la suite de Jésus, Padre Pio vivait d’abord la vérité de sa vie au quotidien. Le moment le plus fort de son activité apostolique était la célébration de la messe. La vie de Jésus dans son agonie, dans sa Passion et dans sa Résurrection resplendissait si fort dans l’Eucharistie. Padre Pio s’appuyait uniquement sur l’amour de Dieu. Ce ministère sacerdotal attira autour du premier prêtre stigmatisé un vaste rayonnement. On accourait de tous les coins de la terre pour l’approcher, lui confier d’innombrables lettres et lui donner le fardeau de tant de problèmes. Ce qui importe le plus pour la Mission, c’est d’avoir la Parole en son cœur à tel point qu’elle ne puisse qu’en déborder. La parole de Dieu s’annonçait tout simplement et les gens étaient libres d’y adhérer ou non. Ce que Dieu désire avant tout ce sont des cœurs libres, des cœurs ouverts.

Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »

 Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons. La vie du Padre Pio est inséparable du chapelet, signe de sa tendresse envers Marie, la mère de Jésus. Le Padre Pio s’engagea beaucoup pour soulager les souffrances et les misères de nombreuses familles. C’est Paul VI qui demanda qu’il puisse exercer son ministère en toute liberté, alors qu’il subissait une nouvelle vague de persécutions. Décédé le 23 septembre 1968, son corps repose dans l’église de S. Maria delle Grazie à S. Giovanni Rotondo. Jean-Paul II signa le décret introduisant la cause de béatification du Padre Pio. Savoir accueillir les gens que l’on rencontre comme ils sont, et remercier pour l’accueil reçu, est la grâce que nous demandons en cette fête. C’est ainsi que nous pouvons retrouver le chemin de la liberté.

La rencontre avec Jésus apporte paix et confiance en nous. Ceci répond à nos diverses questions, et nous tranquillise en permettant de nous apporter la Paix en nous.

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La folie de Dieu est plus sage que tous les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que tous les hommes » (1Co 1,25).

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,1-6.ho
 

En ce temps-là, Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ;
il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez.
Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »
Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélies sur 1ère lettre aux Corinthiens, n°4 ; PG 61, 34-36
« Ta majesté suprême est proclamée par la bouche des enfants, des tout petits » (Ps 8,3)
« La folie de Dieu est plus sage que tous les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que tous les hommes » (1Co 1,25). Oui, la croix est une folie, une faiblesse — apparente seulement (...). La doctrine de la croix a gagné les esprits au moyen de prédicateurs ignorants, et cela dans le monde entier. Elle a ouvert une école où il ne s'agissait pas de questions banales, mais de Dieu et de la vraie foi, de la vie selon l'Évangile, de la résurrection et du jugement futur. La croix a donc transformé en philosophes des gens simples et illettrés. Voilà comment la folie de la croix est plus sage que la sagesse des hommes. (...)

            Comment est-elle plus forte ? Parce qu'elle s'est répandue dans le monde entier, qu'elle a soumis tous les hommes à son pouvoir et qu'elle a résisté aux innombrables adversaires qui voulaient faire disparaître le nom du Crucifié. Au contraire, ce nom s'est répandu avec plus d'éclat. (...) Ses ennemis ont péri, ont disparu ; les vivants qui combattaient un mort ont été réduits à l'impuissance (...) En effet, ce que des publicains et des pêcheurs ont pu réussir par la grâce de Dieu, les philosophes, les orateurs, les rois, bref la terre entière, dans toute son étendue, n'a même pas été capable de l'imaginer. (...) C'est en pensant à cela que l'apôtre Paul disait : « La faiblesse de Dieu est plus forte que toute la sagesse des hommes ». Autrement, comment ces douze pêcheurs, pauvres et ignorants, auraient-ils pu imaginer une telle entreprise ?

Sermon

«Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies»

Abbé Jordi CASTELLET i Sala
(Sant Hipòlit de Voltregà, Barcelona, Espagne)

Aujourd'hui, nous vivons dans une époque où de nouvelles maladies mentales atteignent une portée insoupçonnée, comme jamais on ne l'avait vu dans le cours de l'histoire. Le rythme de vie actuel qui augmente le niveau de stress, la course pour acheter et faire croire qu'on possède plus que ce que possède le voisin, le tout arrosé d'une forte dose d'individualisme, construit une personne isolée du reste des mortels. Cette solitude à laquelle nous sommes obligés, par convenances sociales, par la pression au travail, par certaines conventions qui rendent esclaves, font que plusieurs tombent dans la dépression, la névrose, l'hystérie, la schizophrénie ou autres déséquilibres qui marquent profondément le futur de ces personnes.

«Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies» (Lc 9,1). Ce sont ces maux, que nous pouvons identifier dans l'Évangile comme des maladies mentales.

La rencontre avec le Christ, une personne complète et réalisée, apporte un équilibre et une paix qui peut tranquilliser les esprits et permettre à la personne de se rencontrer de nouveau avec elle-même, lui apportant clarté et lumière dans sa vie, bien pour instruire et enseigner, éduquer les jeunes et les personnes âgées, et remettre les personnes sur le droit chemin de la vie.

Les Apôtres «allèrent de village en village, annonçant la bonne nouvelle» (Lc 9,6). C'est aussi notre mission: vivre et méditer l'Évangile, la parole de Jésus, afin de la laisser faire son œuvre en nous. Ainsi, peu à peu, nous pourrons retrouver le chemin à suivre et la liberté à réaliser. Comme l'a écrit saint Jean-Paul II, «la paix doit se réaliser à travers la vérité (…); elle doit se faire dans la liberté».

Que ce soit Jésus-Christ lui-même, qui nous appelle à la foi et au bonheur éternel, qui nous remplie de son espérance et de son amour, Celui qui nous a donné une vie nouvelle et un futur inépuisable.

Homélies du Père Gilbert Adam

Jésus les envoya prêcher le royaume de Dieu, et guérir les malades.

Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies.

 Il les envoya proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons ». Après avoir pris avec Lui les douze qu’Il avait choisis, l’heure est venue pour Jésus de les envoyer à sa suite pour qu’à leur tour, ils proclament et manifestent le règne de Dieu. Son exemple nous invite à prendre des gens avec nous pour les former et les envoyer pour qu’ils deviennent à leur tour missionnaires. La mission mise en œuvre par Jésus repose sur notre pratique de sa Parole et des gestes de son cœur. Jésus convoque aussi les soixante douze. « Il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ; il les envoya proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons. » C’est la mission de tout chrétien. Ce pouvoir et cette autorité sont de Dieu, de son amour. La guérison est l’action de son amour victorieux dans notre vie. Devenir guérissant, c’est former ensemble une communauté de frères et de sœurs qui s’aiment. Chaque jour, la parole de Dieu nous est donnée pour réaliser ce mystère. Convoqués par Jésus nous nous rassemblons pour écouter la Parole de Dieu.

Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux tuniques. 

Dans quelque maison que vous entriez, restez-y ; et c’est de là que vous partirez. Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. Cet appel à une vie dans la foi et à la dépendance de Dieu pourvoit à la sécurité et aux besoins de tous. C’est selon les ressources de Celui qui l’envoie que l’envoyé doit dépendre pour tous ses besoins pratiques. C’est la validation concrète de la réalité de l’appel de Dieu à l’égard de celui qui est envoyé. Dieu nous suit dans nos projets et c’est Lui-même qui, au départ, en est la source. Entre ce que Dieu attend de nous et ce que nous pouvons réaliser il y a un grand écart. Ainsi ce n’est pas nous qui sommes les maîtres. Les dissensions et les divisions sont encore chez nous, la haine n’est pas encore très éloignée. Il nous faut nous laisser convertir et sauver par le Christ. La miséricorde de Dieu nous sera donnée et nous pourrons ouvrir la porte de notre cœur. Dieu vient nous toucher et nous guérir des blessures profondes qui sont encore en nous.

Ils partirent, et ils allèrent de village en village, annonçant la bonne nouvelle et opérant partout des guérisons.

La bonne nouvelle que les Douze sont chargés de proclamer est l’expression de la grâce et de la main tendue de Dieu pour ceux à qui elle s’adresse. C’est le passage de Jésus par la croix qui nous sauve. Il vient pour nous transformer, changer quelque chose dans notre vie. Jésus veut que ceux qui en sont les bénéficiaires soient conscients des conséquences pour leurs vies devant Dieu de l’offre qui leur est faite à ce moment précis. Alors envoyés par Lui, nous pouvons prendre la décision de bâtir une Communauté nouvelle, construire dans la paix la civilisation de l’amour. Les disciples manifestent leur lien à Jésus par les guérisons opérées, ils sont signes du Royaume de Dieu. C’est en toute connaissance de cause que l’Evangile est la vérité et que ceux qui se décident à y adhérer. Jésus dit : "N’emportez rien pour la route," Dieu seul sera votre lumière ; Seul Dieu sera votre bonheur ; Votre joie sera en lui seul. Là où vous trouvez l’hospitalité, demeurez. Faites communauté ! Accueillis, demeurez, et la grâce vous sera donnée. La parole de Dieu sera annoncée, parole vivante car elle vit en chacun de nos cœurs. « Ils partirent, ils allèrent de village en village. »

Demandons à Notre Père la grâce d’être sauvés, Poivement le soleil, la vie, l’amour, la joie, la paix rayonnent en chacun de nous et au milieu de nous.

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Celui qui accueille en mon nom un enfant, c'est moi qu'il accueille et celui qui m'a envoyé»

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 9,30-37.


En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)
évêque

Sermon 58 ; PL 57, 363 (in Le mystère de Pâques, coll. Ichtus, Lettres chrétiennes 10; trad. F. Quéré-Jaulmes; Le Centurion-Grasset, 1965; p. 259 rev.)


« Celui qui accueille en mon nom un enfant,

c'est moi qu'il accueille »


Nous, tous les chrétiens, sommes le corps du Christ et ses membres, dit l'apôtre Paul (1Co 12,27). À la résurrection du Christ, tous ses membres ont ressuscité avec lui, et tandis qu'il passait des enfers à la terre, il nous fait passer de la mort à la vie. Le mot « pâque » en hébreu veut dire passage ou départ. Ce mystère n'est-il pas le passage du mal au bien ? Et quel passage ! Du péché à la justice, du vice à la vertu, de la vieillesse à l'enfance. Je parle ici de l'enfance qui tient à la simplicité, non à l'âge. Car les vertus, elles aussi, ont leurs âges. Hier la décrépitude du péché nous mettait sur notre déclin. Mais la résurrection du Christ nous fait renaître dans l'innocence des tout-petits. La simplicité chrétienne fait sienne l'enfance.

      L'enfant est sans rancœur, il ne connaît pas la fraude, il n'ose pas frapper. Ainsi, cet enfant qu'est le chrétien ne s'emporte pas si on l'insulte, il ne se défend pas si on le dépouille, il ne rend pas les coups si on le frappe. Le Seigneur exige même qu'il prie pour ses ennemis, qu'il abandonne tunique et manteau aux voleurs, et qu'il présente l'autre joue à ceux qui le giflent (Mt 5,39s).

      L'enfance du Christ dépasse l'enfance des hommes. (...) Celle-ci doit son innocence à sa faiblesse, celle-là à sa vertu. Et elle est digne de plus d'éloges encore : sa haine du mal émane de sa volonté, non de son impuissance.

Méditation de l'évangile

du dimanche 19 septembre

Devenez comme des petits enfants
            Jésus aime tellement les enfants qu'Il nous les donne en modèle et qu'Il nous demande de leur ressembler pour entrer dans le royaume de Dieu. 

” Ils vinrent à Capharnaüm. Quand Il fut dans la maison, Il les interrogeait : sur quoi discutiez-vous en route ? Mais ils gardaient le silence car, sur la route, ils avaient discuté pour savoir qui était le plus grand”  

Jésus oppose les deux choix offerts à notre liberté : ou bien le choix de l'ambition, être ou paraître le plus grand : ou bien le choix du Fils de Dieu : devenir un enfant pour hériter d'un autre Royaume que celui de la terre, et abandonner tout pouvoir fondé sur la violence et la domination de nos frères.

Jésus met en garde ses disciples contre l'ambition, forme subtile de l'amour du pouvoir car, au début, l'ambition se confond avec le légitime désir de promotion et la recherche du bien commun. Elle se confond aussi avec l'agressivité, instinct nécessaire à toute survie. Mais bien vite l'ambition nous entraîne vers un désir du pouvoir qui, lui, n'est pas toujours innocent.

La sagesse de Jésus s'oppose à celle du monde qui se révolte contre cette humilité chrétienne. Car au fond, pour cette sagesse humaine, Jésus mutile l'homme, car il s'opposerait au complet développement d'une certaine personnalité plus animale que spirituelle. A chaque siècle, la bête humaine piaffe et blasphème l'homme-Dieu qui a voulu et qui veut toujours la museler et laisser le Dieu-charité tout envahir. Car seul Jésus vient mettre un peu d'esprit fraternel dans notre terrible monde “des grands”.

 ” Car ils discutaient sur la route pour savoir qui était le plus grand. Et Il leur dit : si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous, et le serviteur de tous”.

Il sait que le désir du pouvoir (avec le désir de la richesse)) reste le plus grand obstacle à l'établissement du royaume. Tout au long des siècles les hommes ont été prêts à toutes les bassesses, à toutes les cruautés, pour s'emparer de l'un et de l'autre.

Ces deux désirs brûlent au coeur de chacun de nous. Personne n'échappe à leurs sollicitations, aussi bien dans sa vie professionnelle que familiale. C'est à nous -tout autant qu'aux Douze- que s'adressent ses paroles. Sommes-nous le serviteur de tous ? Recevons-nous l'enfant pauvre comme s'il était le Seigneur en personne ou le Père en personne ?

Jésus aime tellement les enfants qu'Il nous les donne en modèle et qu'Il nous donne comme condition “sine qua non” pour entrer dans le royaume de Dieu, de leur ressembler.

“Et ayant appelé un petit enfant, Il le plaça au milieu d'eux et leur dit : en vérité, Je vous le dis : si vous ne changez pas et si vous ne devenez pas comme les petits enfants vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Celui donc qui se fera comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux”.

Tout désir de “grandeur” devient dérisoire devant de telles paroles. Jésus renverse l'échelle des valeurs et place en premier ce qui est le plus méprisé parmi les hommes.

 “Car le plus petit qui soit parmi vous tous, celui-là est grand”. Thérèse de Lisieux nous le redira avec vigueur.

Son geste de tendresse envers les enfants traversera les siècles.

 “Puis, ayant pris un enfant, Il le plaça au milieu d'eux, et l'ayant embrassé, Il leur dit : quiconque reçoit un de ces enfants à cause de mon Nom me reçoit; et qui me reçoit, ce n'est pas moi qu'Il reçoit, mais Celui qui m'a envoyé” .

C'est la seule explication de la charité. Recevoir nos frères, c'est recevoir Jésus. Ce n'est pas une substitution. Ils sont le Seigneur parmi  nous.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. »

Marc. 9, 30-37

En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache.

Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Jésus fait route à travers la Galilée, il se fait le plus discret possible, et il instruit ses disciples des projets de Dieu sur lui. Après cette deuxième annonce de la passion, ses disciples craignent de l’interroger, comme si cette révélation de la passion prochaine était pour eux un secret impossible à porter, comme si les souffrances à venir projetaient déjà leur ombre, l’ombre de l’échec sur leur vie quotidienne avec Jésus. Seul le service humble de l’humilité active, nous permet à longueur de vie d’accueillir le présent. L’Évangile nous donne en son début la naissance de Jésus qui a commencé sa vie humaine lié à sa mère Marie ! C’est dans une grande dépendance à son Père des cieux que Jésus va terminer son pèlerinage au milieu de nous. Il instruit ses Apôtres en leur disant : "Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes." Jésus donne à ses disciples l’attitude qui est à prendre, celle d’un petit enfant qui demeure dans la dépendance de l’Amour : "Demeurer dans mon amour." Un petit enfant demeure avant tout dans l’amour de ses parents, c’est dans cet amour qu’il va se développer. La Parole évoque donc cet amour qui se donne au début et la fin de la vie. Si nous demeurons dans cet amour, Jésus peut nous dire les secrets de son message.

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.

S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Les disciples se taisent, gênés, car ils avaient tourné le dos à la passion de Jésus. Comme pour oublier le chemin des souffrances, ils avaient fait des projets de grandeur et avaient commencé à se comparer entre eux. Jésus répond par la vraie grandeur qui est de se faire le dernier de tous, de se placer au-dessous de tous, non pas pour se faire remarquer par une humilité voyante, mais en se mettant en position de servir tous ses frères. Nous sommes dans l’enfantement d’une humanité toute nouvelle, Jésus nous libère : "La femme qui enfante est dans la douleur." A la suite de Jésus, l’Église enfante, elle aussi, un monde nouveau dans la douleur. Les Apôtres sont mis devant une nouvelle attitude : se mettre à l’école d’un tout petit enfant. Or les disciples recherchaient qui est le premier parmi eux ! Nous cherchons nous aussi à être le premier pour être indépendants. Or, c’est une erreur de ne vouloir dépendre de personne, c’est devenir esclave de ses passions et de son ambition. Pour Jésus, la dépendance à son Père, est le lieu de sa fécondité, Il va donner la Vie à chacun de nous.

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille.

Et celui qui m’accueille ne m’accueille pas moi, mais Celui qui m’a envoyé. » Quand on ne se soucie plus d’être le plus grand, on s’ouvre à l’accueil. Accueillir un frère au nom de Jésus c’est lui faire place dans notre vie, en nous référant à la personne de Jésus et à son œuvre, à ce que Jésus est pour ce frère. Dans la pensée de Jésus, l’enfant est une parabole vivante : on l’accueille sans regarder s’il le mérite, avant même qu’il puisse le mériter, simplement parce qu’il a besoin d’être accueilli. Tel est bien l’accueil que Jésus nous demande pour le plus petit, pour le plus insignifiant des frères qu’il nous envoie. « Quiconque m’accueille, dit Jésus, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » Il y a un changement de cap fondamental pour l’humanité, le Fils de l’homme est livré, ils le tueront, dit Jésus ! Il choisit de nous sauver par ce Chemin de petitesse, jusqu’à crier : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?" Cependant il demeurera dans la confiance de son Père. Cette parole nous ouvre un chemin royal. Demeurer dans ce mystère de l’amour ne peut se révéler que dans une pauvreté totale et une désappropriation de soi la plus grande possible. C’est le mystère de l’Amour infini du Père et du Fils, dans l’amour qui est l’Esprit Saint, qui donne visage et sens à tout, que nous nous retrouvons en Dieu.

Demandons la grâce de demeurer dans l’amour, de Notre Père et de notre Maître et Seigneur et de nous mettre à l’école des tout-petits et des plus pauvres.​​​​​​​

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