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st augustin

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

Évangile de Jésus-Christ selon

saint Luc 21,12-19.

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Augustin (354-430)

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 306
« C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie »


Veux-tu arriver à la vie où tu seras pour toujours à l'abri de l'erreur ? Qui ne le voudrait ? (...) Nous voulons tous la vie et la vérité. Mais comment y arriver ? Quel chemin suivre ? Certes, nous ne sommes pas au terme du voyage mais nous le voyons déjà (...), nous aspirons à la vie et à la vérité. C'est le Christ qui est l'une et l'autre. Par où y parvenir ? « Je suis le chemin » dit-il. Où arriver ? « Je suis la vérité et la vie. » (Jn 14,6)

            Voilà ce que les martyrs ont aimé ; voilà pour quel motif ils ont dépassé l'amour des biens présents et éphémères. Ne vous étonnez pas de leur courage ; en eux c'est l'amour qui a vaincu les souffrances. (...) Marchons sur leurs traces, les yeux fixés sur celui qui est leur Chef et le nôtre ; si nous désirons parvenir à un si grand bonheur, ne craignons pas de passer par des chemins difficiles. Celui qui nous l'a promis est véridique ; il est fidèle, il ne saurait nous tromper. (...) Pourquoi craindre les dures voies de la souffrance et de la tribulation ? Le Sauveur en personne y est passé.

            Tu réponds : « Mais c'était lui, le Sauveur ! » Sache que les apôtres y ont passé eux aussi. Tu vas dire : « C'étaient des apôtres ! » Je le sais. N'oublie pas qu'un grand nombre d'hommes comme toi y ont passé à leur suite (...) ; des femmes aussi y ont passé (...) ; des enfants, mêmes des jeunes filles ont passé par là. Comment sera-t-elle encore dure cette route que tant de passants ont aplanie ?

 

Méditation de l'Évangile  du père Gabriel

Jésus est vraiment le signe de contradiction annoncé à Marie par le vieillard Siméon. Le chrétien ne peut jamais être entièrement d'accord avec le parti politique pour lequel il milite, car il a toujours à réajuster toute idéologie à la Parole.

Vous serez persécutés

 

Le pouvoir craint Jésus, son emprise sur les cœurs et sur les intelligences. Le pouvoir de tous les temps est contre le Seigneur pour une raison d'influence.

Mais si le chrétien est toujours en butte à cet agacement du pouvoir, heureusement à toutes les générations se lèvent aussi des témoins, suscités par l'Esprit de Jésus, pour affirmer, au péril de leur vie, sa Vérité. Aujourd'hui, Lech Walesa en Pologne nous en est un exemple, tout comme Mgr Romero en Amérique du Sud.

"Mais avant tout cela, ils mettront leurs mains sur vous et vous persécuteront, vous conduisant aux synagogues et aux prisons, vous faisant comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom ; cela finira pour vous par le témoignage "

Jésus est vraiment le signe de contradiction annoncé à Marie par le vieillard Siméon. Le chrétien ne peut jamais être entièrement d'accord avec le parti politique pour lequel il milite, car il a toujours à réajuster toute idéologie à la Parole.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie.

« Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. »

Le Dieu tout puissant, créateur du ciel et de la terre, est venu habiter notre humanité ! Conçu de la Vierge Marie, né d’elle, Jésus est le Sauveur du monde. Nous contemplons ce mystère du Dieu présent qui se donne à nous. Non seulement Jésus s’est fait chair, mais il s’est fait Pain de vie ! La persécution surgit envers nous lorsque nous agissons selon la manière du Christ dans toutes les situations de notre vie. Jésus est le Roi vainqueur de la vie et de la mort par son Amour victorieux. C’est ainsi qu’il a rendu témoignage de l’Amour infini de Dieu pour nous. Nous sommes dans le rayonnement cet amour. Des liens nouveaux apparaissent alors dans notre vie, faisant surgir cette nouvelle réalité de l’Amour. Une opposition se fait jour entre l’Esprit de Dieu et celui du prince de ce monde. C’est à travers les événements et les affrontements de notre vie que nous percevons cette adversité qui prend forme sous nos yeux. Pour nous libérer, Jésus a pris un chemin d’humilité, le chemin de l’humanité. L’amour est au-delà de la vie et de la mort !

"Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense."

C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. La Parole qui naîtra en nous sera inspirée par l’Esprit Saint. Cette parole dit ce que notre cœur éprouve, ce qu’il ressent. Notre cœur aspire à la Vie en recevant l’Esprit Saint qui se donne à lui. Nous entrons ainsi dans le mystère de l’humanité divine qui nous régénère à la suite de Jésus en prenant son chemin d’amour : « On portera la main sur vous, on vous persécutera. » Il est si « mystérieux » ce rejet de Jésus par l’humanité. Ce rejet de l’amour du Christ est impossible à saisir avec notre intelligence. C’est le mystère d’iniquité qui se manifeste. Nous demandons à Marie un regard d’amour pour Jésus qui ne s’est pas défendu dans ses épreuves. Nous pouvons imaginer sa souffrance devant le rejet de son enfant ! « On vous persécutera. On vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison. » Chaque fois que Jésus rencontrait la contradiction, Marie habitait cet Amour infini. La parole vient du plus profond de notre cœur pour nous offrir dans cet Amour.

"Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous." Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.

C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. L’Esprit Saint réalise à partir de l’humanité de Jésus le salut de tous. Jésus nous invite ardemment à prendre le même chemin que lui. Il nous prie de croire que nous lui ressemblerons à l’heure où notre chemin de foi ne sera pas facile. Il nous faut comprendre qu’un humanisme nouveau est en train de naitre. « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Cette communion d’amour est notre sanctification. La terre est inadéquate à l’amour infini de Dieu. Toutes nos puissances de vie et d’amour, notre intelligence et notre cœur, sont un don reçu de Dieu. Plus la fin de notre vie approche, plus nous voulons correspondre à Jésus, lui devenir semblables. Jésus vient pour nous rassurer devant le chemin exigeant d’être ses ambassadeurs, de lui rendre témoignage. Un jour du temps, il est sorti de son Père pour nous assurer de sa prière lorsque se présentera pour nous des temps difficiles. « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. » Il ne nous faut pas nous laisser toucher par le mal et le mensonge.

 

Réflexion et Prière:

 

 Jésus avertis ses apôtres :On portera la main sur vous et l’on vous persécutera,  On oppose des réalités qui nous semble de bon sens « Mais c'était lui, le Sauveur ! » St Augustin répond: Sache que les apôtres y ont passé eux aussi. Comme à l'époque de St Augustin nous persistons : « C'étaient des apôtres ! » Et il réplique : Je le sais. Nous se sont nos religieux prêtres qui nous enseigne la Parole du Seigneur. St Augustin complète: N'oublie pas qu'un grand nombre d'hommes comme toi y ont passé à leur suite ; des femmes aussi y ont passé ; des enfants, mêmes des jeunes filles ont passé par là. Actuellement c'est toujours  d'actualité, dans le monde plus gravement dans les pays communistes, islamistes sous dominations extrémistes.  Rien a changé malgré les apparences, dû au modernisme technologique généralisé. Cette route semble aplanie, il n'en est rien, seule l'apparence le fait croire. ?

 Mais si le chrétien est toujours en butte à cet agacement du pouvoir, heureusement à toutes les générations se lèvent aussi des témoins, suscités par l'Esprit de Jésus, pour affirmer, au péril de leur vie, sa Vérité. Les Paroles de Jésus nous guident, nous consolent, nous prévient et nous promet sa protection :

Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu

Seigneur, toi qui est Notre ROI, nous te demandons la grâce de nous donner le force morale et physique pour recevoir ton pardon et nous accueillir dans ton royaume à l'heure que le Père nous a programmé.
 Emounawh

 

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Évangile de Jésus-Christ

selon saint Jean 2,13-22.
 

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Augustin (354-430)
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Discours sur les psaumes, Ps 130, 1-2
Le Temple saint, le Corps du Christ


« Le Seigneur les chassa tous du Temple. » L'apôtre Paul dit : « Le temple de Dieu est saint et ce temple, c'est vous » (1Co 3,17), c'est-à-dire, vous tous qui croyez au Christ et qui croyez au point de l'aimer (...) Tous ceux qui croient ainsi sont les pierres vivantes dont s'édifie le temple de Dieu (1P 2,5) ; ils sont comme ce bois imputrescible dont a été construite l'arche que le déluge n'a pas pu submerger (Gn 6,14). Ce temple, le peuple de Dieu, les hommes eux-mêmes, c'est l'endroit où Dieu exauce quand on l'y prie. Ceux qui prient Dieu en dehors de ce temple ne sauraient être exaucés pour la paix de la Jérusalem d'en haut, même s'ils sont exaucés pour certains biens matériels que Dieu accorde aussi aux païens. (...) Mais c'est tout autre chose d'être exaucé en ce qui concerne la vie éternelle ; cela n'est accordé qu'à ceux qui prient dans le temple de Dieu.

            Car celui qui prie dans le temple de Dieu prie dans la paix de l’Église, dans l'unité du Corps du Christ, parce que le Corps du Christ est constitué de la multitude des croyants répartis sur toute la terre. (...) Et celui qui prie dans la paix de L’Église prie « en esprit et en vérité » (Jn 4,23) ; l'ancien Temple n'en était que le symbole. En effet, c'était pour nous instruire que le Seigneur a chassé du Temple ces hommes qui ne cherchaient que leur propre intérêt, qui ne s'y rendaient que pour acheter et pour vendre. Si cet ancien Temple a dû subir cette purification, il est évident que le Corps du Christ lui aussi, le temple véritable, contient des acheteurs et vendeurs mêlés à ceux qui prient, c'est à dire des hommes qui ne cherchent que « leur propre avantage et non celui de Jésus Christ » (Ph 2,21). (...) Un temps viendra où le Seigneur mettra dehors tous ces péchés.

 

Méditation de l'évangile du

père Gabriel

 Jésus venu prier dans le Saint (cette partie du temple où l'on venait se recueillir) sent la colère monter en lui devant cette profanation. Nous ne pouvons qu'admirer la splendide vigueur du Seigneur : valse des tables et de la monnaie, valse des bancs des changeurs, seules les colombes qui l'ont racheté, trouvent grâce...

Les vendeurs du temple

Jésus nous prêche l'énergie, non seulement par ses paroles (n'est-Il pas l'homme des impératifs) mais aussi dans ses actes.

" Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :« Enlevez cela d'ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce "

Jésus est capable de s'emporter pour la gloire de Dieu. Le texte de Jean nous montre bien la fougue du Seigneur. Son action rapide et énergique, en face de ceux qui avaient transformé le temple en marché, a dû réjouir saint Jean, bouillant "Fils du tonnerre" comme l'appellera Jésus. Il décrit si bien le scène ! :

Jésus venu prier dans le Saint (cette partie du temple où l'on venait se recueillir) sent la colère monter en lui devant cette profanation. Nous ne pouvons qu'admirer la splendide vigueur du Seigneur : valse des tables et de la monnaie, valse des bancs des changeurs, seules les colombes qui l'ont racheté, trouvent grâce...Les grands prêtres et les scribes, surpris et affolés, arrivent après la bataille.

Pour Jésus, Dieu n'est pas un être lointain, mais le Père qui l'a envoyé et dont les juifs doivent respecter le Temple. C'est là, dans le silence, que l'on devrait le rencontrer, et non dans le tohu-bohu des marchands.

Face à l'autorité du Temple qui n'accomplit plus son travail, en laissant s'installer le trafic dans le sanctuaire, Jésus manifeste une liberté d'esprit absolue. Il ne mâche pas ses mots.

Les juifs lui demandent des comptes : « Les juifs donc prirent la parole et lui dirent : Quel miracle nous montres-tu pour agir de la sorte ? Jésus répondit et leur dit :  Détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai »

Devant les Princes des Prêtres, Jésus ne se démonte pas. Il répond en faisant appel à son identité profonde, et à un pouvoir que ses interlocuteurs ne saisissent pas du tout d'ailleurs..." Les juifs donc lui dirent : On a mis quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ? Mais Il parlait du Temple de son corps. Lors donc qu'Il fut ressuscité (relevé) d'entre les morts, ses disciples se souvinrent de cette prédiction, en se disant : C'est cela qu'Il disait ".

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Dédicace de la basilique du Latran

"Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. »

Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. Nous fêtons aujourd’hui la dédicace de la basilique de saint Jean de Latran, la Cathédrale de l’évêque de Rome, successeur de Pierre. Le temple est un lieu de beauté où l’on rencontre Dieu, un lieu où Dieu se fait proche et où nous acceptons de nous approcher de lui. L’Évangile de la purification du Temple est toujours très actuel : "Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce !" Dans le Temple, le commerce des hommes gêne la rencontre avec le Seigneur Dieu. Trop d’intermédiaires veulent servir à la fois Dieu et Mamôn. Durant les siècles qui ont suivi la Mort et la Résurrection de Jésus, à Rome les chrétiens étaient persécutés. C’était le temps des premiers Martyrs. Dans cette épreuve, ils se sont réfugiés dans les « caves, » les Catacombes. Les saints Mystères étaient célébrés dans ces lieux secrets, l’annonce de la Bonne Nouvelle se faisait ainsi en Secret. Dans ce contexte, le « Mystère » et « l’intériorité » étaient favorisés.

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. » 

Le temple de Salomon à Jérusalem avait été rebâti pour la communauté des pauvres, au retour d’un exil de quarante ans. Quand nous nous approchons de Dieu pour la prière, si notre cœur est encombré de marchandises et de calculs, il est comme un temple profané. Mais nous désirons sincèrement les rendez-vous d’alliance avec notre Père qui nous appelle. Sous le règne de Constantin, l’Église reçoit des bâtiments, une cathédrale, avec la possibilité de célébrer les Saints Mystères à ciel ouvert ! Le Culte chrétien devient public, reconnu, ouvert au monde. La nouvelle épreuve sera que « l’esprit du monde », en matière de pouvoir, de savoir et d’avoir entre dans les mœurs de l’Église. Il lui faut trouver une intériorité plus grande car la tentation sera de faire en Église ce qui se fait dans le monde. Nous supplions Jésus que le Père nous trouve chaque jour ouverts à sa rencontre, en attente d’un dialogue où il va nous promouvoir à notre liberté filiale. Nous sommes, avec le Christ Jésus, ce temple où habite l’Esprit de Dieu. Tous, nous entrons comme autant de pierres vivantes, dans la construction d’une vivante maison de Dieu, l’Église sainte. Jésus nous donne de vivre Dieu déjà sur la terre dans des relations d’amour toutes nouvelles : "Voyez comme ils s’aiment," disait-on des premiers chrétiens.

Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » 

Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Jésus répond par cette phrase qui pèsera si lourd dans son procès : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Jean commente : « Mais lui parlait du temple de son corps. » Le corps de Jésus, c’est sa Personne vivante, le seul lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes, entre Dieu et ceux qui l’adorent en vérité. Le Mystère du Dieu vivant est célébré au milieu des hommes, alors qu’il était jusqu’alors célébré dans le Secret. L’Église a reçu la possibilité de célébrer les Mystères du Christ en public. Les célébrations extérieures ouvrent à des possibilités de dérives ! Jésus est pour nous le Temple de la nouvelle alliance. C’est par lui et en lui que nous avons accès auprès du Père. C’est lui, qui conjointement avec le Père, nous envoie chaque jour l’Esprit Saint qui nous fait vivre.

Prière:

Ô mon Seigneur de Jésus, nous te demandons pardon. Aide-nous à faire ta volonté, et non pas devenir les marchands du temple en pierre. Mais apprends-nous à être à être digne d'édifier ton temple, et donne-nous le signe que nous marchons selon ta Parole et de vivre la bonne nouvelle.

 

Emounawh

 

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Soyez miséricordieux, ne jugez pas. Un aveugle peut-il guider un autre aveugle

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ?
Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître.
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ?
Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Augustin (354-430)


évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Explication du Sermon sur la montagne, 19

(trad. coll. Pères dans la foi, n°5, p. 134)
 

La paille et la poutre


« Comment vas-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter la paille de ton œil, alors qu'il y a une poutre dans le tien ? Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil et alors tu verras clair pour enlever la paille de l'œil de ton frère », c'est-à-dire : Chasse d'abord loin de toi la haine : ensuite tu pourras corriger celui que tu aimes. Et il dit justement « hypocrite ». Tancer les vices doit être le propre d'hommes justes et bienveillants. À le faire, les méchants usurpent un rôle ; ils font penser aux comédiens qui cachent derrière un masque leur identité. (...)

            Quand il nous faut blâmer ou corriger, veillons avec un souci scrupuleux à poser la question : N'avons-nous jamais commis cette faute ; en sommes-nous guéris ? Même si nous ne l'avons jamais commise, rappelons-nous que nous sommes humains et que nous aurions pu la commettre. Si par contre nous l'avons commise dans le passé, souvenons-nous de notre fragilité pour que la bienveillance et non la haine nous dicte reproche ou blâme. Que le coupable en devienne meilleur ou pire — car le résultat est incertain —, nous sommes du moins assurés que notre regard est demeuré pur. Mais si dans notre introspection, nous découvrons en nous le même défaut que nous prétendons reprendre, au lieu de le réprimander, pleurons avec le coupable ; ne lui demandons pas de nous obéir mais de partager notre effort.

Méditation de l'évangile
du vendredi 10 septembre

Soyez miséricordieux, ne jugez pas.

Jésus nous met en garde contre cette démangeaison qui nous fait toujours regarder notre prochain pour le juger.

Nous sommes comme le bonhomme d'Esope, le fabuliste, qui mettait ses défauts dans la besace placée sur son dos et les défauts du prochain dans celle placée devant lui.

“Pourquoi vois-tu le fétu qui est dans l'œil de ton frère, et ne remarques-tu par la poutre qui est dans ton œil à toi ?… Ou comment peux-tu faire dire à ton frère : “Mon frère, laisse-moi enlever le fétu qui est dans ton œil, tandis que tu ne regardes pas la poutre qui est dans ton œil ! Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras à enlever le fétu qui est dans l'œil de ton frère”.

Jésus nous demande donc une grande liberté d'esprit en face des cancans, des rumeurs et des jugements.

Il nous invite à créer un monde où nous saurons ignorer les défauts de nos frères ! Monde merveilleux où nous ne jugerons pas, où nous ne condamnerons pas, où nous nous pardonnerons et où nos mains seront ouvertes à tous.

Nous croyons rêver !…

“Et ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés, et ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et l'on vous donnera ; une bonne mesure, serrée, tassée, débordante, sera versée dans votre main ; car on se servira envers vous de la mesure dont vous vous servez”

Et si l'on essayait ?…

Père Gabriel

Homélies du Père Gilbert Adam
 

Jésus leur dit encore en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? »

« Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. »

Jésus nous enseigne sur ce que doit être un cœur humble. Celui qui est humble connaît la vérité sur lui-même et il l’accepte comme il la voit. Le premier obstacle à franchir pour devenir humble de cœur est de sortir de l’aveuglement de l’esprit et du cœur ! Seul, celui qui est vraiment humble guidera les autres avec désintérêt, pour leur vrai bien, dans une recherche de vérité. Il est difficile de trouver la vérité car nous sommes en chemin, nous voulons grandir dans l’amour et tout n’est pas donné dés l’origine : « Chrétien, deviens ce que tu es ! » disait Saint Augustin. Baptisés dans le Christ, recevant son corps en nourriture et abreuvés de son sang, nous sommes enveloppés et pénétrés de l’Esprit Saint. Jésus, avec la tendresse de Dieu qui nous sauve, désire pour nous et pour chacun de nos frères l’amour infini de Dieu ! Nous voulons demeurer dans cette tendresse avec cette joie divine que Dieu met dans notre existence. « Dans le cœur de l’Église, ma mère, je serai l’amour, disait Thérèse de Lisieux, ainsi, je serai tout. » Avec un peu de temps nous arriverons à la perfection de l’amour que Jésus veut pour ses disciples.

"Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? 

Jésus veut nous sortir d’un aveuglement quand il nous conseille de ne pas chercher à enlever la paille dans l’œil de notre prochain alors que nous avons une poutre dans notre propre œil. Il s’agit de chercher la vérité sur nous-mêmes, d’enlever la poutre de notre œil pour arriver à un nouveau réalisme. Jésus nous veut Lumière du monde. Quelle belle mission que la nôtre ! Par le salut de Jésus, nous sommes les dépositaires d’un trésor incroyable, l’amour infini que Dieu nous donne et qui habite en nos cœurs. La lampe qui est en chacun de nous transmet la lumière dont nous avons besoin pour éclairer notre route. Isaac, abbé du monastère de l’Étoile au 12e siècle disait : « De même que tout ce qui est au Père est au Fils et tout ce qui est au Fils est au Père de par leur unité de nature, de même l’époux a donné tous ses biens à l’épouse et il a pris en charge tout ce qui appartient à l’épouse qu’il a unie à lui-même et aussi à son Père. »

"Comment peux-tu dire à ton frère : ’Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil’, alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? 

Esprit faux ! enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’œil de ton frère." Une tentation de l’orgueilleux est de vouloir corriger les autres sans se corriger soi-même. Les autres sont un reflet de ce que nous sommes. A travers les paroles qu’ils nous adressent, leurs gestes, ce qu’ils disent de nous, ils sont un miroir, dans lequel nous voyons ce qui demeure en nous. Leurs imperfections révèlent les nôtres, le reconnaître, c’est entreprendre de nous corriger nous-mêmes. Cela requiert un effort d’humilité. C’est un long travail que nous pouvons accomplir avec l’aide de Dieu. Peuple de prêtres, de prophètes et de rois, de par notre baptême, notre confirmation, et l’Eucharistie que nous recevons, nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. « Je rends grâces à celui qui m’a donné la force, le Christ Jésus, notre Seigneur, qui m’a jugé assez fidèle pour m’appeler à son service, moi, naguère un blasphémateur, un persécuteur, un insulteur. Mais il m’a été fait miséricorde parce que j’agissais par ignorance, étranger à la foi, » dit l’Apôtre Paul.

Demandons la grâce de vivre au rythme de l’Esprit Saint pour que toutes nos capacités soient inspirées par l’Esprit de Dieu.

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Bonne fête aux Augustin et aux Saintes Âmes du 28 août

Saint Augustin

voir article spécifique

 

Saint Junípero Serra
 

Prêtre franciscain missionnaire en Californie

Junípero, au siècle Miquel Josep, Serra, naît le 24 novembre 1713 à Petra sur l'île de Majorque aux Baléares.

Il entra chez les Franciscains le 14 septembre 1730. Excellent aux études il enseigna la philosophie, avant même d'être ordonné prêtre. Il obtint également un doctorat en théologie de l'université de Palma.
Junípero Serra part pour le Nouveau Monde en 1749. Il a alors 36 ans et enseigne d'abord la philosophie au collège de Mexico. Mais, de cœur, Serra est un pionnier et un missionnaire. C’est à l’âge de 55 ans que ce petit homme, pas particulièrement robuste et marchant à l'aide d’une canne (séquelle d’une vieille blessure), accepte la tâche de coordonner les activités missionnaires dans la région.
Il faut d'abord reprendre les missions de la Baja California passées sous l'administration des Franciscains lorsque les jésuites furent expulsés d'Espagne et de toutes les colonies espagnoles par Charles III (en 1768).

Avec le groupe de 15 franciscains dont il est supérieur il fonde également des nouveaux postes : San Barnabé, près de Monterrey, au nord de la colonie de Nouvelle-Espagne (l'actuel Mexique). De là, il visite les peuples aborigènes de la Californie, région encore inexplorée. En quelques années, les Franciscains fondent 21 missions. L'une d'elles fait l'objet d'une attention particulière du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Bucareli. C’est, principalement à dos de mule qu’il couvrira les 750 miles pour rejoindre le site de sa première mission, San Diego, qu’il atteint en 1769. De cette date jusqu’à sa mort, 15 ans plus tard, il aura fondé 9 autres missions (10 au total sur un ensemble, à terme, de 21).

Le 15 décembre 1774, le Vice-roi Antonio Maria de Bucareli adresse au Père Junipero Serra une lettre où il lui propose de participer à une expédition vers une baie d'importance stratégique, en Californie centrale, sous le commandement du capitaine de marine Juan Bautista de Anza. C'est ainsi qu'un premier camp militaire est établi en ce lieu et les Pères Palou et Cambon y célèbrent la messe pour la première fois devant une modeste cabane, la mission Dolorès. Le lieu recevra le nom de San Francisco en l'honneur de saint François d'Assise.
Il meurt le 28 août 1784 à Monterey, en Californie, après avoir fondé de nombreuses missions dans le Nouveau monde.

Junípero Serra a été béatifié le 25 septembre 1988 par St Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et proclamé Saint le 23 septembre 2015, au Sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) lors de son voyage apostolique aux États-Unis.
En canonisant Junípero Serra, le Pape François a donné à l'Église nord-américaine son premier Saint hispanique.

Autres Fêtes du Jour


Saint Alexandre  patriarche de Constantinople (✝ v. 336)
Bienheureux Alphonse-Marie du Saint-Esprit  prêtre polonais et martyr (✝ 1944)
Saint Ambroise de Saintes  évêque (Ve siècle)
Bienheureux Charles-Arnaud Hanus  prêtre et martyr sur l'île Madame (✝ 1794)
Saint Edmond Arrowsmith  Jésuite anglais (✝ 1628)
Saint Ermel  évêque vénéré près de Givet dans les Ardennes (VIIe siècle)

Saint Ezéchias  roi de Juda (VIIe siècle av. J.-C.)
Sainte Florence de Carthagène  Vierge à Séville (VIIe siècle)
Bienheureux Guillaume Dean et 7 compagnon  Martyrs en Angleterre (✝ 1588)
Saint Hermès  Martyr à Rome (IIe siècle)
Bienheureux Jean-Baptiste, Arthur et Aurèle  martyrs espagnols (✝ 1936)
Sainte Joachima de Vedruna de Mas  fondatrice de l'institut des Carmélites de la charité (✝ 1854)
Saint Julien de Brioude  Martyr (✝ v. 304)
Saint Juniper  franciscain missionnaire en Californie (✝ 1784)
Bienheureuse Linda  (✝ 930)
Saint Luan  Moine en Irlande (✝ 622)
Vénérable Manuel Aparici Navarro  prêtre espagnol (✝ 1964)
Saint Moïse l'Ethiopien  anachorète en Egypte (✝ 400)
Saint Pelage  martyr à Constance en Allemagne (IIIe siècle)
Saint Restitut  évêque de Carthage (✝ v. 350)
Saint Sabas de Pskov  (✝ 1495)
Sainte Sousannik  martyre en Géorgie (✝ v. 475)
Saint Vicine  évêque de Sarsina en Italie (IVe siècle)
Saint Vivien  évêque de Saintes (Ve siècle)

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Saint Augustin (+430)

Saint Augustin (+430)

Né à Thagaste en Afrique du Nord, le fils de sainte Monique connaît une jeunesse dissipée. Professeur de rhétorique à Carthage, il se met en ménage, à 18 ans, avec une femme qui lui donnera un fils, Adéodat. Il adhère alors aux thèse manichéennes qui enseignent l’existence de deux dieux antagonistes : le dieu bon, créateur des esprits, et le dieu mauvais, créateur de la matière. Cette doctrine d’origine orientale satisfait à peu près ses interrogations intellectuelles mais ne répondent absolument pas à la soif spirituelle qui continue de s’exprimer en lui. Lassé des lamentations de sa mère et pour y échapper, il quitte l’Afrique du Nord et s’embarque pour l’Italie. Exerçant son métier d’enseignant à Rome puis à Milan, il est frappé par la prédication de l’évêque Ambroise. Un soir d’été 386, dans son jardin de Milan, son esprit s’ouvre à la Révélation chrétienne. Il a rencontré celui qu’il cherchait. Son coeur inquiet trouve enfin le lieu de son repos. A la suite de cette conversion subite et radicale, il se fait baptiser par saint Ambroise. De retour en Afrique, il fonde une petite communauté contemplative mais se voit bientôt appelé comme prêtre puis comme évêque à Hippone. Sa vie devient un combat continuel contre les déviations de la foi (donatisme, pélagianisme) au milieu des raids barbares de cette fin de l’empire romain. Le sac de Rome en 410 lui inspire un de ses écrits les plus célèbres avec ses “Confessions” : “la Cité de Dieu”. Il meurt durant le siège de sa ville, Hippone, par les Vandales.

Aime et ce que tu veux, fais-le ! Si tu te tais, tais-toi par amour. Si tu parles, parle par amour. Si tu corriges, corrige par amour. Si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour, de cette racine ne peut naître que le Bien.

 

Augustin est l'un des plus grands génies qui aient paru sur la terre et l'un des plus grands saints dont Dieu ait orné son Église. Moine, pontife, orateur, écrivain, philosophe, théologien, interprète de la Sainte Écriture, homme de prière et homme de zèle, il est une des figures les plus complètes que l'on puisse imaginer. Ce qu'il y a de plus admirable, c'est que Dieu tira cet homme extraordinaire de la boue profonde du vice pour l'élever presque aussi haut qu'un homme puisse atteindre ; c'est bien à son sujet qu'on peut dire : « Dieu est admirable dans ses saints ! »  
Augustin naît à Tagaste, en Afrique, l'an 354, et, s'il reçut de la part de sa sainte mère, Monique, les leçons et les exemples de la vertu, il reçut les exemples les plus déplorables de la part d'un malheureux père, qui ne se convertit qu'au moment de la mort. À l'histoire des égarements de cœur du jeune et brillant étudiant se joint l'histoire des égarements étranges de son esprit ; mais enfin, grâce à trente années de larmes versées par sa mère, Dieu fit éclater invinciblement aux yeux d'Augustin les splendeurs de la vérité et les beautés seules vraies de la vertu, et le prodigue se donna tout à Dieu : « Le fils de tant de larmes ne saurait périr ! » avait dit un prêtre vénérable à la mère désolée. Parole prophétique, qui renferme de grands enseignements pour les nombreuses Moniques des Augustins modernes.  

C'est à Milan, sous l'influence d'Ambroise, qu'Augustin était rentré en lui-même. La voix du Ciel le rappela en Afrique où, dans une retraite laborieuse et paisible, avec quelques amis revenus à Dieu avec lui, il se prépara aux grandes destinées qui l'attendaient. Augustin n'accepta qu'avec larmes l'évêché d'Hippone, car son péché était toujours sous ses yeux, et l'humilité fut la grande vertu de sa vie nouvelle. Il fut le marteau de toutes les hérésies de son temps ; ses innombrables ouvrages sont un des plus splendides monuments de l'intelligence humaine éclairée par la foi, et ils demeurent comme la source obligée de toutes les études théologiques et philosophiques.  

Si les écrits d'Augustin sont admirables par leur science, ils ne le sont pas moins par le souffle de la charité qui les anime ; nul cœur ne fut plus tendre que le sien, nul plus compatissant au malheur des autres, nul plus sensible aux désastres de la patrie, nul plus touché des intérêts de Dieu, de l'Église et des âmes. Il passa les dix derniers jours de sa vie seul avec Dieu, dans le silence le plus absolu, goûtant à l'avance les délices de l'éternité bienheureuse.

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 9 janvier 2008

 

Saint Augustin 

Chers frères et sœurs,

Après les grandes festivités de Noël, je voudrais revenir aux méditations sur les Pères de l'Eglise et parler aujourd'hui du plus grand Père de l'Eglise latine, saint Augustin:  homme de passion et de foi, d'une très grande intelligence et d'une sollicitude pastorale inlassable, ce grand saint et docteur de l'Eglise est souvent connu, tout au moins de réputation, par ceux qui ignorent le christianisme ou qui ne le connaissent pas bien, car il a laissé une empreinte très profonde dans la vie culturelle de l'Occident et du monde entier. En raison de son importance particulière, saint Augustin a eu une influence considérable et l'on pourrait affirmer, d'une part, que toutes les routes de la littérature chrétienne latine mènent à Hippone (aujourd'hui Annaba, sur la côte algérienne), le lieu où il était Evêque et, de l'autre, que de cette ville de l'Afrique romaine, dont Augustin fut l'Evêque de 395 jusqu'à sa mort en 430, partent de nombreuses autres routes du christianisme successif et de la culture occidentale elle-même.

Rarement une civilisation ne rencontra un aussi grand esprit, qui sache en accueillir les valeurs et en exalter la richesse intrinsèque, en inventant des idées et des formes dont la postérité se nourrirait, comme le souligna également Paul VI:  "On peut dire que toute la pensée de l'Antiquité conflue dans son œuvre et que de celle-ci dérivent des courants de pensée qui parcourent toute la tradition doctrinale des siècles suivants" (AAS, 62, 1970, p. 426). Augustin est également le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres. Son biographe Possidius dit qu'il semblait impossible qu'un homme puisse écrire autant de choses dans sa vie. Nous parlerons de ces diverses œuvres lors d'une prochaine rencontre. Aujourd'hui, nous réserverons notre attention à sa vie, que l'on reconstruit bien à partir de ses écrits, et en particulier des Confessions, son extraordinaire autobiographie spirituelle, écrite en louange à Dieu, qui est son œuvre la plus célèbre. Et à juste titre, car ce sont précisément les Confessions d'Augustin, avec leur attention à la vie intérieure et à la psychologie, qui constituent un modèle unique dans la littérature occidentale, et pas seulement occidentale, même non religieuse, jusqu'à la modernité. Cette attention à la vie spirituelle, au mystère du "moi", au mystère de Dieu qui se cache derrière le "moi", est une chose extraordinaire sans précédent et restera pour toujours, pour ainsi dire, un "sommet" spirituel.

Mais pour en venir à sa vie, Augustin naquit à Taghaste - dans la province de Numidie de l'Afrique romaine - le 13 novembre 354, de Patrice, un païen qui devint ensuite catéchumène, et  de Monique, fervente chrétienne. Cette femme passionnée, vénérée comme une sainte, exerça sur son fils une très grande influence et l'éduqua dans la foi chrétienne. Augustin avait également reçu le sel, comme signe de l'accueil dans le catéchuménat. Et il est resté fasciné pour toujours par la figure de Jésus Christ; il dit même avoir toujours aimé Jésus, mais s'être éloigné toujours plus de la foi ecclésiale, de la pratique ecclésiale, comme cela arrive pour de nombreux jeunes aujourd'hui aussi.

Augustin avait aussi un frère, Navigius, et une sœur, dont nous ignorons le nom et qui, devenue veuve, fut ensuite à la tête d'un monastère féminin. Le jeune garçon, d'une très vive intelligence, reçut une bonne éducation, même s'il ne fut pas un étudiant exemplaire. Il étudia cependant bien la grammaire, tout d'abord dans sa ville natale, puis à Madaure et, à partir de 370, la rhétorique à Carthage, capitale de l'Afrique romaine:  maîtrisant parfaitement la langue latine, il n'arriva cependant pas à la même maîtrise du grec et n'apprit pas le punique, parlé par ses compatriotes. Ce fut précisément à Carthage qu'Augustin lut pour la première fois l'Hortensius, une œuvre de Cicéron qui fut ensuite perdue et qui marqua le début de son chemin  vers  la conversion. En effet, le texte cicéronien éveilla en lui l'amour pour la sagesse, comme il l'écrira, devenu Evêque, dans les Confessiones:  "Ce livre changea véritablement ma façon de voir", si bien qu'"à l'improviste toute espérance vaine perdit de sa valeur et que je désirai avec une incroyable ardeur du cœur l'immortalité de la sagesse" (III, 4, 7).

Mais comme il était convaincu que sans Jésus on ne peut pas dire avoir effectivement trouvé la vérité, et comme dans ce livre passionné ce nom lui manquait, immédiatement après l'avoir lu, il commença à lire l'Ecriture, la Bible. Mais il en fut déçu. Non seulement parce que le style latin de la traduction de l'Ecriture Sainte était insuffisant, mais également parce que le contenu lui-même ne lui parut pas satisfaisant. Dans les récits de l'Ecriture sur les guerres et les autres événements humains, il ne trouva pas l'élévation de la philosophie, la splendeur de la recherche de la vérité qui lui est propre. Toutefois, il ne voulait pas vivre sans Dieu et il cherchait ainsi une religion correspondant à son désir de vérité et également à son désir de se rapprocher de Jésus. Il tomba ainsi dans les filets des manichéens, qui se présentaient comme des chrétiens et promettaient une religion totalement rationnelle. Ils affirmaient que le monde est divisé en deux principes:  le bien et le mal. Et ainsi s'expliquerait toute la complexité de l'histoire humaine. La morale dualiste plaisait aussi à saint Augustin, car elle comportait une morale très élevée pour les élus:  et pour celui qui y adhérait, comme lui, il était possible de vivre une vie beaucoup plus adaptée à la situation de l'époque, en particulier pour un homme jeune. Il devint donc manichéen, convaincu à ce moment-là d'avoir trouvé la synthèse entre rationalité, recherche de la vérité et amour de Jésus Christ. Il en tira également un avantage concret pour sa vie:  l'adhésion aux manichéens ouvrait en effet des perspectives faciles de carrière. Adhérer à cette religion qui comptait tant de personnalités influentes lui permettait également de poursuivre une relation tissée avec une femme et d'aller de l'avant dans sa carrière. Il eut un fils de cette femme, Adéodat, qui lui était très cher, très intelligent, et qui sera ensuite très présent lors de sa préparation au baptême près du lac de Côme, participant à ces "Dialogues" que saint Augustin nous a légués. Malheureusement, l'enfant mourut prématurément. Professeur de grammaire vers l'âge de vingt ans dans sa ville natale, il revint bien vite à Carthage, où il devint un maître de rhétorique brillant et célèbre. Avec le temps, toutefois, Augustin commença à s'éloigner de la foi des manichéens, qui le déçurent précisément du point de vue intellectuel car ils étaient incapables de résoudre ses doutes, et il se transféra à Rome, puis à Milan, où résidait alors la cour impériale et où il avait obtenu un poste de prestige grâce à l'intervention et aux recommandations du préfet de Rome, le païen Simmaque, hostile à l'Evêque de Milan saint Ambroise.

A Milan, Augustin prit l'habitude d'écouter - tout d'abord dans le but d'enrichir son bagage rhétorique - les très belles prédications de l'Evêque Ambroise, qui avait été le représentant de l'empereur pour l'Italie du Nord, et le rhéteur africain fut fasciné par la parole du grand prélat milanais et pas seulement par sa rhétorique; c'est surtout son contenu qui toucha toujours plus son cœur. Le grand problème de l'Ancien Testament, du manque de beauté rhétorique, d'élévation philosophique se résolvait, dans les prédications de saint Ambroise, grâce à l'interprétation typologique de l'Ancien Testament:  Augustin comprit que tout l'Ancien Testament est un chemin vers Jésus Christ. Il trouva ainsi la clef pour comprendre la beauté, la profondeur également philosophique de l'Ancien Testament et il comprit toute l'unité du mystère du Christ dans l'histoire et également la synthèse entre philosophie, rationalité et foi dans le Logos, dans le Christ Verbe éternel qui s'est fait chair.

Augustin se rendit rapidement compte que la lecture allégorique des Ecritures et la philosophie néoplatonicienne pratiquées par l'Evêque de Milan lui permettaient de résoudre les difficultés intellectuelles qui, lorsqu'il était plus jeune, lors de sa première approche des textes bibliques, lui avaient paru insurmontables.

A la lecture des écrits des philosophes, Augustin fit ainsi suivre à nouveau celle de l'Ecriture et surtout des lettres pauliniennes. Sa conversion au christianisme, le 15 août 386, se situa donc au sommet d'un itinéraire intérieur long et tourmenté dont nous parlerons dans une autre catéchèse, et l'Africain s'installa à la campagne au nord de Milan, près du lac de Côme - avec sa mère Monique, son fils Adéodat et un petit groupe d'amis - pour se préparer au baptême. Ainsi, à trente-deux ans, Augustin fut baptisé par Ambroise, le 24 avril 387, au cours de la veillée pascale, dans la cathédrale de Milan.

Après son baptême, Augustin décida de revenir en Afrique avec ses amis, avec l'idée de pratiquer une vie commune, de type monastique, au service de Dieu. Mais à Ostie, dans l'attente du départ, sa mère tomba brusquement malade et mourut un peu plus tard, déchirant le cœur de son fils. Finalement de retour dans sa patrie, le converti s'établit à Hippone pour y fonder précisément un monastère. Dans cette ville de la côte africaine, malgré la présence d'hérésies, il fut ordonné prêtre en 391 et commença avec plusieurs compagnons la vie monastique à laquelle il pensait depuis longtemps, partageant son temps entre la prière, l'étude et la prédication. Il voulait uniquement être au service de la vérité, il ne se sentait pas appelé à la vie pastorale, mais il comprit ensuite que l'appel de Dieu était celui d'être un pasteur parmi les autres, en offrant ainsi le don de la vérité aux autres. C'est à Hippone, quatre ans plus tard, en 395, qu'il fut consacré Evêque. Continuant à approfondir l'étude des Ecritures et des textes de la tradition chrétienne, Augustin fut un Evêque exemplaire dans son engagement pastoral inlassable:  il prêchait plusieurs fois par semaine à ses fidèles, il assistait les pauvres et les orphelins, il soignait la formation du clergé et l'organisation de monastères féminins et masculins. En peu de mots, ce rhéteur de l'antiquité s'affirma comme l'un des représentants les plus importants du christianisme de cette époque:  très actif dans le gouvernement de son diocèse - avec également d'importantes conséquences au niveau civil - pendant ses plus de trente-cinq années d'épiscopat, l'Evêque d'Hippone exerça en effet une grande influence dans la conduite de l'Eglise catholique de l'Afrique romaine et de manière plus générale sur le christianisme de son temps, faisant face à des tendances religieuses et des hérésies  tenaces et sources de division telles que le manichéisme, le donatisme et le pélagianisme, qui mettaient en danger la foi chrétienne dans le Dieu unique et riche en miséricorde.

Et c'est à Dieu qu'Augustin se confia chaque jour, jusqu'à la fin de sa vie:  frappé par la fièvre, alors que depuis presque trois mois sa ville d'Hippone était assiégée par les envahisseurs vandales, l'Evêque - raconte son ami Possidius dans la Vita Augustini - demanda que l'on transcrive en gros caractères les psaumes pénitentiels "et il fit afficher les feuilles sur le mur, de sorte que se trouvant au lit pendant sa maladie il pouvait les voir et les lire, et il pleurait sans cesse à chaudes larmes" (31, 2). C'est ainsi que s'écoulèrent les derniers jours de la vie d'Augustin, qui mourut le 28 août 430, alors qu'il n'avait pas encore 76 ans. Nous consacrerons les prochaines rencontres à ses œuvres, à son message et à son parcours intérieur.

* * *

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins francophones. Je salue en particulier les jeunes du lycée d’enseignement agricole privé, de Saint-Maximin. Que saint Augustin soit pour vous tous un modèle dans votre recherche de Dieu et qu’il vous aide à approfondir votre foi! Avec ma Bénédiction apostolique.

 

La leçon de saint Augustin sur la véritable laïcité

Chers frères et sœurs,

Après la pause des exercices spirituels de la semaine dernière nous revenons aujourd'hui à la grande figure de saint Augustin, duquel j'ai déjà parlé à plusieurs reprises dans les catéchèses du mercredi. C'est le Père de l'Eglise qui a laissé le plus grand nombre d'œuvres, et c'est de celles-ci que j'entends aujourd'hui brièvement parler. Certains des écrits d'Augustin sont d'une importance capitale, et pas seulement pour l'histoire du christianisme, mais pour la formation de toute la culture occidentale:  l'exemple le plus clair sont les Confessiones, sans aucun doute l'un des livres de l'antiquité chrétienne le plus lu aujourd'hui encore. Comme différents Pères de l'Eglise des premiers siècles, mais dans une mesure incomparablement plus vaste, l'Evêque d'Hippone a en effet lui aussi exercé une influence étendue et persistante, comme il ressort déjà de la surabondante traduction manuscrite de ses œuvres, qui sont vraiment très nombreuses.

Il les passa lui-même en revue quelques années avant de mourir dans les Retractationes et, peu après sa mort, celles-ci furent soigneusement enregistrées dans l'Indiculus ("liste") ajouté par son fidèle ami Possidius à la biographie de saint Augustin Vita Augustini. La liste des œuvres d'Augustin fut réalisée avec l'intention explicite d'en conserver la mémoire alors que l'invasion vandale se répandait dans toute l'Afrique romaine et elle compte plus de mille trois cents écrits, numérotés par leur auteur, ainsi que d'autres "que l'on ne peut pas numéroter, car il n'y a placé aucun numéro". Evêque d'une ville voisine, Possidius dictait ces paroles précisément à Hippone - où il s'était réfugié et où il avait assisté à la mort de son ami - et il se basait presque certainement sur le catalogue de la bibliothèque personnelle d'Augustin. Aujourd'hui, plus de trois cents lettres ont survécu à l'Evêque d'Hippone et presque six cents homélies, mais à l'origine ces dernières étaient beaucoup plus nombreuses, peut-être même entre trois mille et quatre mille, fruit de quarante années de prédication de l'antique rhéteur qui avait décidé de suivre Jésus et de parler non plus aux grandes cours impériales, mais à la simple population d'Hippone.

Et encore ces dernières années, la découverte d'un groupe de lettres et de plusieurs homélies a enrichi notre connaissance de ce grand Père de l'Eglise. "De nombreux livres - écrit Possidius - furent composés par lui et publiés, de nombreuses prédications furent tenues à l'église, transcrites et corrigées, aussi bien pour réfuter les divers hérétiques que pour interpréter les Saintes Ecritures, en vue de l'édification de saints fils de l'Eglise. Ces œuvres - souligne son ami Evêque - sont si nombreuses que difficilement un érudit a la possibilité de les lire et d'apprendre à les connaître" (Vita Augustini, 18, 9).

Parmi la production d'Augustin - plus de mille publications subdivisées en écrits philosophiques, apologétiques, doctrinaux, moraux, monastiques, exégétiques, anti-hérétiques, en plus des lettres et des homélies - ressortent plusieurs oeuvres exceptionnelles de grande envergure théologique et philosophique. Il faut tout d'abord rappeler les Confessiones susmentionnées, écrites en treize livres entre 397 et 400 pour louer Dieu. Elles sont une sorte d'autobiographie sous forme d'un dialogue avec Dieu. Ce genre littéraire reflète précisément la vie de saint Augustin, qui était une vie qui n'était pas refermée sur elle, dispersée en tant de choses, mais vécue substantiellement comme un dialogue avec Dieu, et ainsi une vie avec les autres. Le titre Confessiones indique déjà la spécificité de cette autobiographie. Ce mot confessiones, dans le latin chrétien développé par la tradition des Psaumes, possède deux significations, qui toutefois se recoupent. Confessiones indique, en premier lieu, la confession des propres faiblesses, de la misère des péchés; mais, dans le même temps, confessiones signifie louange de Dieu, reconnaissance à Dieu. Voir sa propre misère à la lumière de Dieu devient louange à Dieu et action de grâce, car Dieu nous aime et nous accepte, nous transforme et nous élève vers lui-même. Sur ces Confessiones qui eurent un grand succès déjà pendant la vie de saint Augustin, il a lui-même écrit:  "Elles ont exercé sur moi une profonde action alors que je les écrivais et elles l'exercent encore quand je les relis. Il y a de nombreux frères à qui ces œuvres plaisent" (Retractationes, II, 6):  et je dois dire que je suis moi aussi l'un de ces "frères". Et grâce aux Confessiones nous pouvons suivre pas à pas le chemin intérieur de cet homme extraordinaire et passionné de Dieu. Moins connues, mais tout aussi importantes et originales sont les Retractationes, composées en deux livres autour de 427, dans lesquelles saint Augustin, désormais âgé, accomplit une œuvre de "révision" (retractatio) de toute son œuvre écrite, laissant ainsi un document littéraire original et précieux, mais également un enseignement de sincérité et d'humilité intellectuelle.
Le De civitate Dei - une œuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l'histoire - fut écrit entre 413 et 426 en vingt-deux livres. L'occasion était le sac de Rome accompli par les Goths en 410. De nombreux païens encore vivants, mais également de nombreux chrétiens, avaient dit:  Rome est tombée, à présent le Dieu chrétien et les apôtres ne peuvent pas protéger la ville. Pendant la présence des divinités païennes, Rome était caput mundi, la grande capitale, et personne ne pouvait penser qu'elle serait tombée entre les mains des ennemis. A présent, avec le Dieu chrétien, cette grande ville n'apparaissait plus sûre. Le Dieu des chrétiens ne protégeait donc pas, il ne pouvait pas être le Dieu auquel se confier. A cette objection, qui touchait aussi profondément le cœur des chrétiens, saint Augustin répond par cette œuvre grandiose, le De civitate Dei, en clarifiant ce que nous devons attendre ou pas de Dieu, quelle est la relation entre le domaine politique et le domaine de la foi, de l'Eglise. Aujourd'hui aussi, ce livre est une source pour bien définir la véritable laïcité et la compétence de l'Eglise, la grande véritable espérance que nous donne la foi.

Ce grand livre est une présentation de l'histoire de l'humanité gouvernée par la Providence divine, mais actuellement divisée par deux amours. Et cela est le dessein fondamental, son interprétation de l'histoire, qui est la lutte entre deux amours:  amour de soi "jusqu'à l'indifférence pour Dieu", et amour de Dieu "jusqu'à l'indifférence pour soi" (De civitate Dei, XIV, 28), à la pleine liberté de soi pour les autres dans la lumière de Dieu. Cela, donc, est peut-être le plus grand livre de saint Augustin, d'une importance qui dure jusqu'à aujourd'hui. Tout aussi important est le De Trinitate, une œuvre en quinze livres sur le noyau principal de la foi chrétienne, écrite en deux temps:  entre 399 et 412 pour les douze premiers livres, publiés à l'insu d'Augustin, qui vers 420 les compléta et revit l'œuvre tout entière. Il réfléchit ici sur le visage de Dieu et cherche à comprendre ce mystère du Dieu qui est unique, l'unique créateur du monde, de nous tous, et toutefois, précisément ce Dieu unique est trinitaire, un cercle d'amour. Il cherche à comprendre le mystère insondable:  précisément l'être trinitaire, en trois Personnes, est la plus réelle et la plus profonde unité de l'unique Dieu. Le De doctrina Christiana est, en revanche, une véritable introduction culturelle à l'interprétation de la Bible et en définitive au christianisme lui-même, qui a eu une importance décisive dans la formation de la culture occidentale.

Malgré toute son humilité, Augustin fut certainement conscient de son envergure intellectuelle. Mais pour lui, il était plus important d'apporter le message chrétien aux simples, plutôt que de faire des œuvres de grande envergure théologique. Cette profonde intention, qui a guidé toute sa vie, ressort d'une lettre écrite à son collège Evodius, où il communique la décision de suspendre pour le moment la dictée des livres du De Trinitate, "car ils sont trop difficiles et je pense qu'ils ne pourront être compris que par un petit nombre; c'est pourquoi il est plus urgent d'avoir des textes qui, nous l'espérons, seront utiles à un grand nombre" (Epistulae, 169, 1, 1). Il était donc plus utile pour lui de communiquer la foi de manière compréhensible à tous, plutôt que d'écrire de grandes œuvres théologiques. La responsabilité perçue avec acuité à l'égard de la divulgation du message chrétien est ensuite à l'origine d'écrits tels que le De catechizandis rudibus, une théorie et également une pratique de la catéchèse, ou le Psalmus contra partem Donati. Les donatistes étaient le grand problème de l'Afrique de saint Augustin, un schisme volontairement africain. Ils affirmaient:  la véritable chrétienté est africaine. Ils s'opposaient à l'unité de l'Eglise. Le grand Evêque a lutté contre ce schisme pendant toute sa vie, cherchant à convaincre les donatistes que ce n'est que dans l'unité que l'africanité peut également être vraie. Et pour se faire comprendre des gens simples, qui ne pouvaient pas comprendre le grand latin du rhéteur, il a dit:  je dois aussi écrire avec des fautes de grammaire, dans un latin très simplifié. Et il l'a fait surtout dans ce Psalmus, une sorte de poésie simple contre les donatistes, pour aider tous les gens à comprendre que ce n'est que dans l'unité de l'Eglise que se réalise réellement pour tous notre relation avec Dieu et que grandit la paix dans le monde.

Dans cette production, destinée à un plus vaste public, revêt une importance particulière le grand nombre des homélies souvent prononcées de manière improvisée, transcrites par les tachygraphes au cours de la prédication et immédiatement mises en circulation. Parmi celles-ci, ressortent les très belles Enarrationes in Psalmos, fréquemment lues au moyen-âge. C'est précisément la pratique de la publication des milliers d'homélies d'Augustin - souvent sans le contrôle de l'auteur - qui explique leur diffusion et leur dispersion successive, mais également leur vitalité. En effet, en raison de la renommée de leur auteur, les prédications de l'Evêque d'Hippone devinrent immédiatement des textes très recherchés et servirent de modèles, adaptés à des contextes toujours nouveaux.

La tradition iconographique, déjà visible dans une fresque du Latran remontant au VI siècle, représente saint Augustin avec un livre à la main, certainement pour exprimer sa production littéraire, qui influença tant la mentalité et la pensée des chrétiens, mais aussi pour exprimer également son grand amour pour les livres, pour la lecture et la connaissance de la grande culture précédente. A sa mort il ne laissa rien, raconte Possidius, mais "il recommandait toujours de conserver diligemment pour la postérité la bibliothèque de l'église avec tous les codex", en particulier ceux de ses œuvres. Dans celles-ci, souligne Possidius, Augustin est "toujours vivant" et ses écrits sont bénéfiques à ceux qui les lisent, même si, conclut-il, "je crois que ceux qui purent le voir et l'écouter quand il parlait en personne à l'église, ont pu davantage tirer profit de son contact, et surtout ceux qui parmi les fidèles partagèrent sa vie quotidienne" (Vita Augustini, 31). Oui, il aurait été beau pour nous aussi de pouvoir l'entendre vivant. Mais il est réellement vivant dans ses écrits, il est présent en nous et ainsi nous voyons aussi la vitalité permanente de la foi pour laquelle il a donné toute sa vie.

* * *

Je salue les pèlerins francophones, en particulier les nombreux jeunes des écoles, collèges et lycées de France, notamment ceux de Fénelon Sainte-Marie et de Gerson. Je vous encourage à fréquenter saint Augustin, afin qu'il vous ouvre à l'intelligence des Ecritures et qu'il fortifie votre attachement au Christ. Avec ma Bénédiction apostolique.

 

© Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana

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Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Matthieu 25 : 1-13.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

 

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Méditation de l'Evangile
du vendredi 27 août

La parabole des dix vierges

Veillez et priez, voilà ses conseils et son magnifique programme de dignité morale : paraître devant le Fils de l'homme, debout la lampe à la main . Et cette image de la lampe suggère au Seigneur cette extraordinaire parabole des dix vierges, parabole de la liberté, face à la tendresse de Dieu. En fait, Dieu veut qu'il y ait une intimité très grande entre nous et Lui. Il est l'époux que le cortège des vierges attend.

 

Dans l'introduction de la parabole des dix vierges, les sages et les folles, Jésus nous invite à prier afin d'être prêts au moment de la mort, à l'heure de Dieu, que nous ignorons.

Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l'homme.

Veillez et priez, voilà ses conseils et son magnifique programme de dignité morale : paraître devant le Fils de l'homme, debout la lampe à la main . Et cette image de la lampe suggère au Seigneur cette extraordinaire parabole des dix vierges, parabole de la liberté, face à la tendresse de Dieu. En fait, Dieu veut qu'il y ait une intimité très grande entre nous et Lui. Il est l'époux que le cortège des vierges attend.

Jésus nous regarde comme des êtres libres, responsables de notre destin spirituel. L'huile de nos lampes, pour le banquet des noces éternelles, ne vient que de nous et de notre propre initiative.

C'est ce que le Seigneur nous laisse entendre :

Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre.

Alors, toutes ces vierges s'éveillèrent et arrangèrent leur lampe. Les imprudentes dirent aux prudentes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent".

Les prudentes répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”

Notre âme est en attente de Dieu comme une vierge libre, toute orientée vers son époux. Toute notre ardeur de recherche, dans notre nuit terrestre, dirige la lumière de notre espérance et de notre amour vers Dieu, époux de notre âme. Pour Jésus, l'amour est un don personnel, personne ne peut alimenter cette flamme, elle ne brûle que si nous aimons.

Voilà l'époux, allez au devant de Lui. Les vierges folles qui n'ont pas d'amour ne peuvent attendre de secours de leurs compagnes prévoyantes. L'amour n'appartient qu'à celui qui l'a payé du don de lui-même.

Ce n'est pas que les vierges prudentes soient égoïstes, mais l'huile qui brille dans leurs lampes et illumine le chemin qui conduit au Christ, c'est leur amour. C'est leur amour qui ne va qu'à l'époux et ne peut se livrer à un autre.

A nous d'acheter cette huile, nous sommes des êtres debout, libres de notre destin surnaturel.

Père Gabriel

Saint Augustin (354-430)
 

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 93
« Toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe »


« Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre. » Quel est ce cri, sinon celui dont l'apôtre Paul a dit : « En un moment, en un clin d'œil, au son de la dernière trompette » ? « Car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront impérissables, et nous serons changés » (1Co 15,52). Après ce cri qui retentira au milieu de la nuit qu'arrivera-t-il ? « Toutes se sont levées. » Qu'est-ce à dire ? « Viendra l'heure, dit le Seigneur lui-même, où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu et en sortiront » (Jn 5,28). (...)

            Que veulent dire ces paroles : « Elle n'avaient pas pris d'huile avec elles dans leurs vases » ? Dans leur vase, c'est-à-dire dans leur cœur. (...) Les vierges insensées qui n'ont pas emporté d'huile avec elles ont cherché à plaire aux hommes par leur continence et par leurs bonnes œuvres que symbolisent les lampes. Or, si le motif de leurs bonnes œuvres c'est de plaire aux hommes, elles ne portent pas d'huile avec elles. Pour vous, portez cette huile avec vous ; portez-la dans votre intérieur où pénètre le regard de Dieu ; portez là le témoignage d'une bonne conscience. (...) Si vous évitez le mal et si vous faites le bien pour recueillir les louanges des hommes, nous n'avez pas d'huile dans l'intérieur de votre âme. (...)

            Avant que ces vierges se soient endormies, il n'est pas dit que leurs lampes soient éteintes. Les lampes des vierges sages brillaient d'un éclat vif, alimentées par l'huile intérieure, par la paix de la conscience, par la gloire secrète de l'âme, par la charité qui l'embrase. Les lampes des vierges insensées brillaient également, et pourquoi brillaient-elles ? Parce que leur lumière était entretenue par les louanges des hommes. Lorsqu'elles se sont levées, c'est-à-dire à la résurrection des morts, elles ont commencé à disposer leurs lampes, c'est-à-dire à préparer le compte qu'elles devaient rendre à Dieu de leurs œuvres. Mais alors il n'y a plus personne pour les louer. (...) Elles cherchent, comme elles l'ont toujours fait, à briller avec l'huile d'autrui, à vivre des louanges des hommes : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent ».

Homélies du Père Gilbert Adam

"Jésus s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »

« Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi, qu’une grande foule. »

Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme." Sainte Monique que nous fêtons aujourd’hui, est une femme dont la supplication évoque celle de la femme cachée, affligée de l’Evangile. Cette femme pleure, elle ne dit rien ! Dans sa souffrance, elle est devenue muette. Elle est d’une grande beauté qui conduit au silence. C’est dans ce silence que le Seigneur Jésus la rejoint. Jésus n’attend pas d’être appelé pour consoler les affligés, ceux qui souffrent. Il avance dans la relation avec son peuple, et à travers elle se manifeste quelque chose de son être. Personne n’a parlé à Jésus de la peine de cette veuve qui portait son seul enfant au tombeau. Il vient là où il y a beaucoup de peine, de tristesse et de pleurs. A Naïm, Jésus s’ouvre à cette situation limite, il éprouve de la pitié pour cette femme, elle n’est pas loin de la situation que Marie, sa propre mère, va devoir vivre. Ainsi, Jésus nous enseigne à être proche de ceux qui sont tristes, pleurant car ils ont perdu un enfant, un parent, un ami ou une personne qu’ils ont beaucoup aimée. L’amour véritable est la raison pour laquelle Jésus est allé à la ville de Nain avec ses disciples.

"En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » 

Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère." Cette rencontre a déjà une saveur de Pentecôte. Jésus ne laisse pas s’effondrer dans un sentiment d’impuissance et d’abandon cette femme écrasée par la perte de son unique fils. Il est présent à sa vie, il est ouvert à ce qui lui advient. Il la console et la réconforte dans sa grande peine. La première chose qu’il demande à cette mère, c’est de ne pas pleurer. Elle ne doit pas se laisser submerger ni se laisser enfoncer dans la détresse, le néant, le vide : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Le mort est rendu à la vie. C’est le signe que la mort peut être traversée, dépassée. C’est le grand signe de la Résurrection qui doit advenir. Jésus devra passer par la mort pour nous en libérer. Marie sa mère connaîtra l’épreuve de cette traversée pour nous aider à porter la nôtre. Avec l’aide de l’Esprit Saint, nous devons refuser la peur et demeurer en Jésus qui bénit nos chemins. Cette Parole éclaire la fête de sainte Monique qui a fait de sa vie une offrande agréable à Dieu pour son fils Augustin. Elle a été exaucée.

"La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »

Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins." Ce fils unique relevé d’entre les morts est l’annonce de la résurrection de Jésus. Jésus accomplit sa mission de Sauveur dans la fragilité humaine. La puissance de son être divin donne à la fragilité humaine de manifester le rayonnement de son Amour infini. La tendresse humaine renouvelle en nous la valeur de la vie. La puissance, la beauté d’une vie de compassion se déroule ainsi dans le Seigneur Jésus. Jésus a touché le cercueil du jeune homme de sa main pour indiquer que la puissance de vie rendue à ce jeune homme est communiquée par le corps. Cette femme veuve, mère d’un fils unique, est l’icône de la Vierge Marie. Dans nos épreuves, nous avons besoin de ce reflet d’amour pour nous rapprocher de Dieu. La prière pour les morts est une belle preuve que l’amour est plus fort que la mort. L’Esprit Saint vit dans l’âme humaine, et sa présence emplit le corps humain. L’Évangile nous appelle à être remplis de compassion pour les affligés.

Demandons la grâce de la prière d’intercession à l’exemple de Marie qui gardait tout dans son cœur.

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Attention à l'enseignement des scribes, et à nos serments, Christ appelle à voir la lumière sur nous-même

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Matthieu 23,13.15-22.


En ce temps-là, Jésus disait :
« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux devant les hommes ; vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent entrer !
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand c’est arrivé, vous faites de lui un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous !
Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : “Si l’on fait un serment par le Sanctuaire, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’or du Sanctuaire, on doit s’en acquitter.”
Insensés et aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ? ou bien le Sanctuaire qui consacre cet or ?
Vous dites encore : “Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter.”
Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’offrande ? ou bien l’autel qui consacre cette offrande ?
Celui donc qui fait un serment par l’autel fait un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus ;
celui qui fait un serment par le Sanctuaire fait un serment par le Sanctuaire et par Celui qui l’habite ;
et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône de Dieu et par Celui qui siège sur ce trône. 

Méditation de l'Evangile

du lundi 23 août

Attention à l'enseignement des scribes

On peut fermer aux hommes les chemins de l'Espérance, si notre religion devient si mesquine que tous nous vomissent. Écoutons les paroles de Jésus aux pharisiens et aux scribes qui tarissent les sources de la vraie Vie :

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le Royaume des Cieux : car vous n'entrez pas vous-mêmes et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient »

Et Jésus note que nos manières de prier, de parler des choses saintes, d'acquitter les préceptes peuvent être si révoltantes qu'elles détournent à jamais de Dieu.

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous dévorez les biens des veuves et faites semblant de prier longuement… vous dites : Si quelqu'un jure par le sanctuaire, il est tenu…
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, et qui avez passé sur les points plus graves de la loi : la justice, la compassion et la bonne foi… »

Nous risquons plus ou moins, dans une religion devenue routinière, d'être pour nos frères ces scribes et ces pharisiens qui leur ferment les portes du Royaume, les portes de la Grande Espérance.

« Et la masse du peuple L'écoutait avec plaisir »

Le peuple ne se trompe pas, il sait reconnaître ceux qui l'aiment jusqu'à la moelle, et ceux qui le méprisent.

Père Gabriel

Saint Augustin (354-430)
 

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Confessions, VII, 10


Le Christ nous appelle à voir la lumière sur nous-même


Averti par mes lectures à faire un retour sur moi-même, je suis entré dans le fond de mon cœur, sous ta conduite. Je l'ai pu parce que tu t'es fait mon soutien. J'y suis entré, et j'ai vu, de je ne sais quel œil, plus haut que ma pensée, une lumière immuable. Ce n'était pas la lumière ordinaire que perçoivent les yeux du corps, ni une lumière du même genre mais plus puissante, plus éclatante, remplissant tout de son immensité. Non, ce n'était pas cela, mais une lumière différente, très différente de tout cela.

            Elle n'était pas non plus au-dessus de ma pensée comme l'huile surnage au-dessus de l'eau, ni comme le ciel s'étend au-dessus de la terre. Elle était au-dessus parce que c'est elle-même qui m'a fait ; et moi au-dessous, parce que je suis son ouvrage. Pour la connaître, il faut connaître la vérité ; et celui qui la connaît, connaît l'éternité ; c'est la charité qui la connaît. Ô éternelle vérité, vraie charité, chère éternité ! Tu es mon Dieu, et je soupire après toi jour et nuit.

            Quand j'ai commencé à te connaître, tu m'as élevé vers toi pour me montrer que j'avais encore bien des choses à comprendre et combien j'en étais encore incapable. Tu m'as fait voir la faiblesse de mes regards, en lançant sur moi ta splendeur, et j'ai frémi d'amour et d'effroi. J'ai découvert que j'étais loin de toi, dans la région de la dissemblance, et ta voix me venait, comme des hauteurs : « Je suis le pain des grands ; grandis, et tu me mangeras. Et ce n'est pas toi qui me changeras en toi, comme cela se passe pour la nourriture de ta chair ; mais toi, tu seras changé en moi ».

Homélies du Père Gilbert Adam

« Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le Royaume des cieux devant les hommes.

« Vous-mêmes n’y entrez pas, et ceux qui essayent d’y entrer, vous ne leur permettez pas d’entrer ! »

Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand vous y avez réussi, vous en faites un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous ! Il nous faut beaucoup de foi pour demeurer au niveau du mystère, pour demeurer dans l’amour. « Demeurez en moi, comme moi je demeure en mon Père dit Jésus. » Que vous, "vous demeuriez en mon nom." Que de raison de vaciller dans l’espérance dans un entourage si confus ! Il nous faut tout remettre entre les mains de Dieu sans cesse et cesser de tout marchander en tout temps ! Que ce soit au niveau de notre santé comme de ce qui est à accomplir, il nous faut revenir au choix de Dieu. C’est Dieu qui nous a choisis et qui nous a mis ensemble pour le fêter et l’honorer. Si nous sommes attentifs, nous nous recevons différents les uns les autres et nous accomplirons l’œuvre de Dieu qui nous émerveille.

Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : ’Si l’on fait un serment par le Temple, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’or du Temple, on doit s’en acquitter.

Insensés et aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ? ou bien le Temple par lequel cet or devient sacré ? Vous dites encore : ’Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter.’ Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’offrande ? ou bien l’autel par lequel cette offrande devient sacrée ?" Nous sommes dans la nuit de la foi et souvent dans l’épreuve, c’est alors que l’extérieur peut prendre le pas sur notre « intérieur. » Si nous n’y prenons garde, dans cette nuit de la foi, les ombres et les cauchemars risquent de prendre la place de l’essentiel. C’est notre épreuve qui est sérieuse. Il nous faut marcher dans la lumière, cette toute petite lumière qui vacille bien souvent dans l’orage de notre vie intérieure, communautaire, dans le monde et dans l’Église.

Celui qui fait un serment par l’autel fait donc un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus.

Celui qui fait un serment par le Temple fait un serment par le Temple et par Celui qui l’habite ; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône divin et par Celui qui siège sur ce trône." Qu’il est difficile d’extraire de notre cœur le mal de l’hypocrisie ! Heureusement le Seigneur Jésus dénonce dans cet Evangile ce qui n’est pas une bonne nouvelle ! Ne pas aller à l’essentiel, c’est s’arrêter à la périphérie de notre être pour s’y perdre. Remplacer le mystère de l’amour infini de Dieu par des considérations toutes humaines est en effet un vrai malheur. Aller à l’essentiel, c’est rendre grâce à Dieu en tout ! « À tout instant, nous rendons grâce à Dieu à cause de vous, » dit l’apôtre. Nous voulons apprendre à rendre grâce et dans nos relations, être présents les uns aux autres. Non seulement nous sommes situés dans la foi, mais nous voulons encore que notre foi grandisse encore !

Demandons à Notre Père la grâce de prendre le chemin de l’espérance, le chemin de Jésus.

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Les pauvres sont toujours devant nous ; si nous leur confions nos trésors, nous ne les perdrons pas. St Augustin

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Jean 12,24-26.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l’honorera. »

 

Méditation

«Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur»

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)


Aujourd'hui, l'Église à travers la liturgie de l'eucharistie qui célèbre la fête du martyr romain saint Laurent, nous rappelle qu'«Il existe un témoignage de cohérence que chaque chrétien doit être capable de porter chaque jour, y compris à travers la souffrance et les grands sacrifices» (Saint Jean Paul II)

La loi morale est sainte et inviolable. Cette affirmation, contraste vraiment avec le milieu relativiste qui règne de nos jours, où nous adaptons les exigences éthiques sans difficulté à notre convenance ou à nos défaillances personnelles. Nous ne trouverons jamais personne qui va nous dire «Je suis corrompu»; ou «Je n'ai pas de conscience»; «Je suis une personne sans vérité»… celui qui le dirait se discréditerait lui-même immédiatement.

En définitive, la question serait plutôt: de quelle morale, de quelle conscience et de quelle vérité est-ce que nous parlons? Il est évident que la paix et une saine cohabitation sociale ne peuvent se baser sur une morale “à la carte”, où chacun choisit ce qui lui plaît, sans prendre en compte les inclinations ou les aspirations que notre Créateur a mis à notre disposition dans la nature de chacun d'entre nous. Cette soi-disant morale, loin de nous conduire par des chemins “sûrs” vers des prairies vertes comme le souhaite le Bon Pasteur (cf Ps 23,1-3) nous conduit irrévocablement vers les sables mouvants du “relativisme moral” où tout peut se négocier et se justifier.

Les martyrs sont les témoins irréfutables de la sainteté de la loi morale: il y a des exigences basiques d'amour qui n'admettent pas d'exceptions ni d'adaptations. C'est clair, «dans la Nouvelle Alliance nous retrouvons de nombreux témoignages de disciples du Christ qui (…) ont accepté les persécutions et la mort plutôt que de faire le geste païen de brûler de l'encens devant la statue de l'empereur» (Saint Jean Paul II).

Dans la Rome de l'empereur Valérien, le diacre «saint Laurent a aimé le Christ dans sa vie et l'a imité dans sa mort» (Saint Augustin). Et, une fois de plus, s'accomplissent les paroles «celui qui hait sa vie sur terre, la gardera pour la vie éternelle» (Jn 12,25). La mémoire de saint Laurent, restera toujours, heureusement pour nous, comme un signe pour nous faire comprendre qu'aller à la suite du Christ mérite bien de donner sa vie plutôt que d'accepter des interprétations frivoles de son chemin.
 

Saint Augustin (354-430)


évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 302, pour la fête de saint Laurent


« L'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours » (Ps 111,9)
Saint Laurent était diacre à Rome. Les persécuteurs de l'Église lui demandaient de livrer les trésors de l'Église ; c'est pour obtenir un vrai trésor dans le ciel qu'il a souffert des tourments dont on ne peut entendre le récit sans horreur : il a été étendu sur un gril sur un feu. (...) Cependant, il a triomphé de toutes les douleurs physiques par la force extraordinaire qu'il puisait dans sa charité et dans le secours de Celui qui le rendait inébranlable : « C'est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre » (Ep 2,10).

            Voici ce qui a provoqué la colère des persécuteurs (...) Laurent a dit : « Faites venir avec moi des chariots sur lesquels je puisse vous apporter les trésors de l'Église. » On lui a donné des chariots ; il les a chargés de pauvres et les a fait revenir, en disant : « Voici les trésors de l'Église. »

            Rien n'est plus vrai, mes frères ; dans les besoins des pauvres se trouvent les grandes richesses des chrétiens, si nous comprenons bien comment faire fructifier ce que nous possédons. Les pauvres sont toujours devant nous ; si nous leur confions nos trésors, nous ne les perdrons pas.     

Suivre Jésus c’est marcher dans la lumière et vivre
L’homme de bien a pitié, il partage


PSAUME 111 5 
L’homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste.
ÉVANGILE
« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera » (Jn 12, 24-26)

Réflexions
Jésus nous a dit :
Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement, La puissance de Dieu donne les grâces abondamment, il fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, il fournira la graine ; la multipliera, et donnera la croissance dans nos accomplissement avec justice. (2 Corinthiens 9, 6-10) Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie… Jn 8, 12 )si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit…Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.     Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
C’est une merveilleuse nouvelle, pour ceux qui peuvent donner, mais celui qui n’a plus rien, que peut-il donner ? Donner ce qu’il a perdu ? Pourquoi a-t-il tout perdu, alors qu’il a beaucoup donné ! avoir le toit et le pain sans complément, que peut-il donner ? s’il n’a rien d’autre ? 
Donner sans compter, sans calcul pour la gloire c’est héroïque. Dans les camps de concentrations, il y a eu ces actions : les déportés n’avaient que des planches pour couchette et des morceaux de pain dans de l’eau. St Maximilien Kolbe, partageait sa maigre pitance à ces compagnons, et priait pour eux. Mais peut-ton faire dans notre monde de fausse lumière, de surabondance en tout, qui laisse ceux qui ont tout perdu dans l’oubli, le mépris parce qu’ils sont des perdants. Si nous n’avons plus rien à donner que des dettes, que peut-on faire ?
Se tourner vers Dieu, prier sincèrement comme un enfant qui regrette ne pas avoir été prévoyante. Demander pardon sans hypocrisie, sachant que le Seigneur sait ce qui est dans notre cœur, dans notre esprit. Il sait si la sincérité cache le calcul d’un détournement pour briller en société, ou si c’est pour rester dans l’ombre de la crainte de l’opprobre. Pourquoi est-on en colère dans ce cas ?
C’est vrai lorsque l’on donne c’est un cadeau de Dieu, car il nous donne la joie du don. Mais ce don est-il fait dans l’amour et le respect de celui qui le reçoit ? La manière de donner doit respecter ceux qui reçoivent ce don. Ne pas montrer sa supériorité sociétale, l’orgueil conduit à des actes et paroles blessantes. Partager ce n’est pas un acte anodin, le Seigneur en est conscient sa récompense vient en temps voulu selon ce que nous sommes et ce qui a été établi à chacun de nous. Il en va de même pour ceux qui reçoivent ces dons. Il ne s’agit pas de rendre allégeance envers les donateurs, mais d’être respectueux envers leurs bienfaiteurs, et faire avec le cœur et respect ce que le Seigneur commande.
L’important est de s’en remettre au Seigneur, de suivre ses enseignements et de prier.

Emounawh

 

Homélies du Père Gilbert Adam

Fête de : Saint Laurent


Là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur.

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Nous fêtons Saint Laurent, martyr qui était au service des pauvres. Il les a situé comme la richesse de l’Église. Au service de l’Eglise Laurent s’est offert à la suite de Jésus. Jésus nous révèle le sens de la vie véritable. Elle est relation et don de soi. Jésus attend que nous mourions à nous-mêmes pour vivre en lui. Avec la réalité du grain de blé la Parole nous redit combien le don de notre vie portera du fruit dans la patience. Aimer sa vie et la garder jalousement pour soi peut nous perdre. Comme une graine notre cœur est invité à faire mourir en lui tout égoïsme en brisant ses enveloppes d’autosatisfaction. La vie de notre humanité se déploie en s’ouvrant à l’autre, en se donnant. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul ! Le processus de la germination du grain de blé et de la croissance des jeunes plants nous éclaire. Le grain traverse une période de désintégration dans une nuit noire, sans lumière. Mais pendant ce temps, il reçoit une nourriture qui l’aide à se transformer et à entrer dans une phase de croissance. Quelques jours avant sa mort, Jésus annonce à ses disciples son départ en utilisant l’image du grain de blé qui tombe en terre.

« Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. 

Jésus nous attire à sa suite, par son exemple et par sa Parole vivante et vivifiante. Les martyrs de Jésus sont les témoins qui manifestent le courage d’être tout entier à son service ! Saint Laurent a témoigné du plus grand amour de Jésus. A sa suite nous reconnaissons qu’aimer notre vie, c’est la perdre. C’est au service de nos frères et de nos sœurs que nous vérifions notre intention. La vie de Jésus, le Verbe fait chair, est Parole de Dieu. En célébrant l’Eucharistie nous faisons mémoire du Don total de lui-même et nous puisons là notre lumière et notre force. Dieu nous comble de toutes ses grâces, disposant pour nous de tout le nécessaire pour que nous soyons dans l’abondance pour toute sorte d’œuvres bonnes. « Il a répandu ses bienfaits, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure pour toujours. » Il nous aide à quitter nos manières individuelles de penser pour nous écouter les uns les autres.

« Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »
Jésus donne sa vie pour nous sauver. Il nous mène au Père pour que notre vie soit vie éternelle. Nous demandons la grâce de le suivre en le laissant changer nos cœurs. Le Père nous donne l’Esprit Saint, la force et la lumière de Dieu, pour vaincre la haine et les ténèbres du monde qui nous renferment sur nous-mêmes. Il nous donne tout ce qui est nécessaire pour que notre vie soit, comme celle de Jésus, une surabondance. "Celui qui fournit de la semence au semeur et du pain pour la nourriture, vous fournira la semence, la multipliera et fera croître le produit de votre justice." Jésus nous aide à accepter notre enfouissement en vue du bonheur des autres. Il nous donne la grâce de le suivre dans le quotidien, il change nos cœurs et nous aide à devenir les sarments de la vigne dont il est le cep. Que nous soyons ces sarments qui portent beaucoup de « fruits d’amour, » afin de glorifier notre Père qui est aux cieux.

Seigneur donne nous la grâce d’être fidèles à la Parole de Jésus.

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Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,22-36.


Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! »
Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! »
Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth.
Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Méditation de l'Evangile du mardi 3 août 2021

Jésus marche sur les eaux

*"Ne craignez pas !" *

Il est le Dieu de l'amour, non celui de la crainte.

L'amitié que Jésus porte aux siens est particulièrement sensible dans le récit de la tempête apaisée dans la nuit qui suivit la multiplication des pains. Tout était noir. Jésus, devinant l'action des siens, décidés à le faire roi en manœuvrant la foule, encore sous le coup du prodige, bouscule les évènements et prend de court ses apôtres.

Il les force à s'embarquer, nous disent Marc et Matthieu; et Jean, dans un raccourci, nous les montre déjà en mer, dans l'obscurité. Inquiets de l'absence de Jésus et aux prises avec une mer déchaînée.

"Et déjà l'obscurité s'était faite, et Jésus n'était pas encore venu auprès d'eux, et la mer se soulevait au souffle d'un grand vent"

Rien de mieux, que cette coïncidence soulignée, des ténèbres qui les gagnent, et de l'absence de Jésus ne peut nous faire mieux saisir la place qu'occupait Jésus dans le cœur et la vie de ces hommes. Lui absent, tout était ténèbres et tempête. Lui présent, tout était lumière. On sent dans ces deux versets l'attente de Jésus dans le soir de la part des siens !

Marc et Matthieu, de leur côté, ont noté les réactions de Jésus : Il vient donc de contraindre ses apôtres à voir s'effondrer le rêve du royaume terrestre et à s'embarquer. Il est seul, seul à comprendre la vanité du pouvoir et le sens du Royaume, seul à prier le Père pour eux et pour cette foule qu'Il vient de congédier. Mais ses yeux ne quittent pas ses amis. De la montage Il les suit. Il les voit s'arc-bouter sur les rames, chassés vers la côte par la tempête et, n'y tenant plus, Il les rejoint sur le lac, car Il les aime et veut les tirer de cette mauvaise passe.

"A la quatrième veille de la nuit, vers 22 heures, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer ! Et en le voyant marcher sur la mer ils furent troublés, disant : c'est un fantôme. Et de peur, ils poussèrent des cris" Apeurés, à en pousser des cris devant cette marche nocturne sur le lac, ils se calment aussitôt à la seule affirmation de son identité. Il leur parle en disant :"Courage, c'est Moi, ne craignez rien !"

Sa voix, le simple timbre de sa voix suffit pour effacer la terrifiante vision, ramener le calme et la confiance.

Cette voix provoque aussi chez Pierre une audace folle qui le lance sur la mer : »Seigneur, si c'est Toi, ordonne-moi d'aller vers Toi sur les eaux. Il dit : viens !"  À son apôtre apeuré qui s'enfonce dans les flots, Jésus, dans un geste amical, ne tend que sa main et ne lui fait qu'un reproche : «  Homme de peu de foi ! Pourquoi as-tu douté ? »

*"Ne craignez pas !" *Il est le Dieu de l'amour, non celui de la crainte.

Père Gabriel

 

Seigneur ordonne moi de venir vers toi …

Réflexion

Moïse fut le préféré du Père, car son humilité, sa simplicité et sa foi ont touché le père, et s’est montré à lui directement, provoquant la jalousie de la sœur et du frère de son épouse. S’ils avaient eu foi et confiance au Père, ils eurent été fier et heureux d’être de la famille du Grand Prophète. Au lieu de cela, ils ont provoqué la colère de Dieu. Comme Caïn leur cœur était dur, et il subirent la colère de Dieu. Ils durent demander à Moïse, d’intervenir pour guérir Miryam de sa lèpre blanche ! quelle humiliation pour ces orgueilleux et jaloux ! Être dans l’obligation de demander l’intervention au beau-frère qu’ils avaient critiqués ! Et Moïse a pardonné et est intervenu pour la guérison de Miryam !

Emounawh

Saint Augustin (354-430) Sermon attribué, Appendice n° 192 ; PL 39, 2100  « Ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau »

Quand Pierre, plein d'audace, s'avance sur la mer, ses pas chancellent, mais son affection s'affermit (...) ; ses pieds s'enfoncent, mais il s'attache à la main du Christ. La foi le soutient tandis qu'il sent les flots s'ouvrir ; troublé par la tempête, il se rassure dans son amour pour le Sauveur. Pierre marche sur la mer porté plus par son affection que par ses pieds. (...)

        Il ne regarde pas sur quoi se poseront ses pieds ; il ne voit que la trace des pas de celui qu'il aime. De la barque, où il était en sûreté, il a vu son Maître et, guidé par son amour, il descend dans la mer. Il ne voit plus la mer, c'est Jésus seul qu'il voit.

        Mais dès qu'il est troublé par la force du vent, étourdi par la tempête, la crainte commence à voiler sa foi (...), l'eau se dérobe sous ses pas. La foi faiblit, et l'eau faiblit comme elle. Il crie alors : « Seigneur, sauve-moi ! »  Aussitôt, Jésus, étendant la main, le délivre et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? As-tu si peu de foi que tu n'as pas pu persévérer pour venir jusqu'à moi ? Pourquoi n'as-tu pas eu assez de foi pour arriver jusqu'au but en t'appuyant sur elle ? Sache-le désormais, cette foi seule te soutenait sur les flots. » Ainsi, mes frères, Pierre doute un instant, il va périr, mais il se sauve en invoquant le Seigneur. (...) Or, ce monde est une mer dont le démon soulève les vagues et où les tentations multiplient les naufrages ; nous ne pouvons-nous sauver qu'en criant vers le Sauveur, qui étendra la main pour nous prendre. Invoquons-le donc sans cesse.

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Bonjour citoyens, citoyennes, et mes frères et sœurs Bon 14 Juillet

 

Père, Seigneur du ciel et de la terre :

ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-27.

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.

Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.

Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

 

Saint Augustin (354-430)

évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 34 ; CCL 41, 423-426.

« Père..., je proclame ta louange »

      Nous sommes invités à « chanter au Seigneur un chant nouveau »  (Ps 149,1). C'est l'homme nouveau qui connaît ce chant nouveau. Le chant est joie et, si nous y regardons de plus près, il est amour. Celui qui sait aimer la vie nouvelle connaît ce chant nouveau. C'est pourquoi il faut que nous soyons avertis de ce qu'est la vie nouvelle pour pouvoir chanter ce chant nouveau. Tout ici appartient au même Royaume : homme nouveau, chant nouveau, Alliance nouvelle. L'homme nouveau chantera un chant nouveau et il appartiendra à l'Alliance nouvelle. (…)

      Tu diras : « Moi, je le chante ». Tu chantes, oui tu chantes, je t'entends. Mais prenez garde que votre vie ne porte témoignage contre votre langue. Chantez de la voix, chantez par le cœur, chantez par votre bouche, chantez par votre conduite, « chantez au Seigneur un chant nouveau ». Tu te demandes ce que tu chanteras pour celui que tu aimes (…), et tu cherches quelles louanges lui chanter ? « Sa louange est dans l'assemblée des saints » (Ps 149,1 Vulg). La louange à chanter, c'est le chantre lui-même. Tu veux chanter des louanges à Dieu ? Sois toi-même ce que tu chantes. Tu es sa louange si tu vis bien.  

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