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st jean chrysostome

C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Matthieu 20,1-16.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
 

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélie pour le Vendredi saint « La Croix et le larron » (in L'année en fêtes, coll. Bibliothèque; trad. M.-O. Goudet; Éd. Migne 2000, p. 277, rev.)


L'homme de la onzième heure : « Les derniers seront premiers »


Qu'a donc fait le larron, pour recevoir en partage le paradis après la croix ? (...) Alors que Pierre reniait le Christ, le larron, du haut de la croix lui rendait témoignage. Je ne dis pas cela pour accabler Pierre ; je le dis pour mettre en évidence la grandeur d'âme du larron. (...) Ce larron, alors que toute une populace se tenait autour de lui, grondant, vociférant, les abreuvant de blasphèmes et de sarcasmes, ne tint pas compte d'eux. Il n'a même pas considéré l'état misérable de la crucifixion qui était en évidence devant lui. Il parcourut tout cela d'un regard plein de foi. (...) Il se tourna vers le Maître des cieux et se remettant à lui, il dit : « Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu iras dans ton Royaume » (Lc 23,42). N'éludons pas avec désinvolture l'exemple du larron, et n'ayons pas honte de le prendre pour maître, lui que notre Seigneur n'a pas rougi d'introduire le premier dans le paradis. (...)

            Il ne lui a pas dit, comme à Pierre : « Viens, suis-moi, et je ferai de toi un pêcheur d'hommes » (Mt 4,19). Il ne lui a pas dit non plus comme aux Douze : « Vous siégerez sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël » (Mt 19,28). Il ne l'a gratifié d'aucun titre ; il ne lui a montré aucun miracle. Le larron ne l'a pas vu ressusciter un mort, ni chasser des démons ; il n'a pas vu la mer lui obéir. Le Christ ne lui a rien dit du Royaume, ni de la géhenne. Et pourtant il lui a rendu témoignage devant tous, et il a reçu en héritage le Royaume.

«Les derniers seront premiers,

et les premiers seront derniers»

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)

 

Aujourd'hui, la Parole de Dieu nous invite à comprendre que la “logique” divine va très largement au-delà de la simple logique humaine. Alors que nous, les hommes, nous calculons («ils pensaient recevoir davantage»: Mt 20,10), Dieu —qui est le Père soucieux—, tout simplement nous aime («Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon?»: Mt 20,15). Et la mesure de l'Amour c'est d'aimer sans mesure: «J'aime, parce que j'aime, j'aime pour aimer» (Saint Bernard).

Mais cela ne veut pas dire que la justice est inutile: «je vous donnerai ce qui est juste» (Mt 20,4). Dieu n’est pas arbitraire et il veut nous traiter comme des fils intelligents: il est donc logique qu'il «négocie» avec nous. En fait, à d'autres moments, les enseignements de Jésus laissent clairement entendre qu'à celui qui a le plus reçu sera le plus grand compte demandé (rappelons-nous de la parabole des talents). Enfin, Dieu est juste, mais la charité n'ignore pas la justice; elle la supère plutôt (cf. 1Co 13,5).

Une maxime populaire affirme que «la justice par la justice est la pire des injustices». Heureusement pour nous, la justice de Dieu —répétons-le, débordée par son Amour— supère nos schémas. S'il s'eut agit de simple et stricte justice, nous attendrions toujours notre rédemption. Encore pire, nous n'aurions plus aucun espoir de rédemption.

En stricte justice nous ne méritions aucune rédemption: nous serions, tout simplement, dépossédés de tout ce dont Dieu nous en a fait cadeau le moment de la création et que nous avons refusé lors du péché original. Regardons, donc, comment se porte notre capacité de jugement, comparaison et calcul lorsque nous traitons avec autrui.

En outre, s'il s'agit de parler de sainteté, nous devons partir de la base que tout est dû à la grâce. L'évidence la plus claire c'est le cas Dimas, le bon larron. Même la possibilité d'être valable auprès de Dieu est aussi une grâce (quelque chose qu'on nous donne gratuitement). Dieu est le maître, notre «propriétaire qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne» (Mt 20,1). La vigne (c'est-à-dire, la vie, le ciel…) est à Lui; quant à nous, nous sommes des invités, et pas de n'importe quelle façon: c'est un honneur pour nous de pouvoir travailler là et de pouvoir, ainsi, “gagner” le ciel.

Gardons-nous d’un regard jaloux envers notre semblable, parce que le Père est bon

Prière

Père, merci de nous montrer ta justice et de m'avoir mise à tailler ta vigne celle qui nous donne la boisson de ta promesse, de recevoir une part ton Royaume. Ta vigne est belle et pleine de la promesse d'un revenu agréable, qui non seulement nous désaltèrera mais enchantera notre palais et nos oreilles. Pour cela il suffit que nous soyons attentifs à tes oeuvres et de les respecter en prenant soin de ta Parole. Ton Fils est la véritable vigne pour atteindre ton Royaume, elle est source de notre vie. Jésus, tu es mort sur la croix par amour. Qu’ai-je donc à me plaindre ? Au vu du décalage entre ton amour et ma médiocrité, je ne peux passer ma vie à pleurer sur mes péchés.

Réflexion

 Le royaume des Cieux est semblable au domaine d’un riche propriétaire. Celui qui dès l’ouverture de son bureau embauche des saisonniers le matin pour la journée pour la récolte de sa vigne.

La vigne du Père, c’est ce monde mystérieux avec ce dynamisme mystérieux de Dieu : Celui de ses œuvres : la vie, la croissance et la fécondité.

Sa vigne c’est nous les humains, ses richesses sont le sol des planètes, celle de Notre Terre , tournant sous la puissance du soleil. Toute la création est comme nos horloges, elles évoluent avec grâce et richesse. La pluie le vent sont ses outils que nous connaissons, mais que lui seul, dirige. Comme nous le tuyau d’arrosage pour nos plantes, le climatiseur pour un notre confort que nous créons pour notre confort. Mais nous même le meilleur de nos créations sont fragiles, il suffit d’un grain de sable, et tout est à refaire ! de plus nous c’est payant. Les œuvres du Père c’est gratuit.

Notre coopération nous met en relation entre nous, ces humains impétueux et les œuvres de Dieu. Ce Royaume nous fait vivre, tous ensemble malgré et avec nos différences. Au temps voulu, notre maître de la vigne appelle ses ouvriers pour notre salaire. Quelle sera-la distribution en temps voulu ?

Pourquoi commence-t-il par le dernier, au lieu du premier ?

Les derniers ne voient pas le salaire du premier, qui reçoit le même salaire. Cependant il y a une différence notoire, celle du temps travaillé. La différence a été l’amitié, la joie des compagnons dans la journée, leurs repas les as restaurés, ce que n’ont pas eu les derniers. Cela n’empêchent pas l’incompréhension et provoque la jalousie.

Les premiers ne comprennent pas, car ils ont tant donné, qu’ils ne voient pas ce qu’ils ont reçus, et sont jaloux.

Que leur dit le père :Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?

Notre regard ne devrait-il pas être celui de la compassion, parce qu’il n’aura pas la joie d’avoir un toit, qu’avec ce salaire, il a de quoi se restaurer, de se laver pas celui d’un toit ! Alors que le premier, lui n’a pas le problème du toit !

La durée de notre pèlerinage sur terre c’est la vigne su Seigneur, elle nous la bonne direction, dans l’épreuve comme dans la chance. Les ouvriers de la dernière heure ont perdu une bonne partie de leur vie à attendre parce que personne ne les a appelés ?

Je m’émerveille et à m’enthousiasme de tes œuvres Père. Merci, Jésus, de cette belle leçon.

Emounawh

 

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Notre Seigneur bien aimé: ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’

Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 8,5-17.
 

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia :
« Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »
Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »
Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi.
Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux,
mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait.
Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit,
pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :

‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Croisée de sentiments

Reflexion

C’est un mélange de sentiments qui se croisent en cet Évangile :
d’une part, un sentiment de joie en voyant le Seigneur Jésus guérir le serviteur du centurion.

D’autre part, nous envahit aussi un sentiment de stupeur en lisant jusqu’à la fin ces versets.

Le Seigneur guérit, en effet, mais ce qui est le plus important c’est qu’il guérit ceux qui le lui demandent, car ceux-ci ont foi en lui. C’est une vérité simple, facile à comprendre mais qui est difficile à mettre en pratique.

Il nous suffit de relire les paroles du Christ : « (…) mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Ceux qui ont reçu une éducation, un suivi dans la foi, qui ont bénéficié de toutes les facilités pour croître dans la foi, se retrouveront à la fin de leur vie, eux aussi, à la porte et rencontreront le Seigneur.

Auront-ils la foi pour aller au Paradis ?
Évidence
La première lecture est très éloquente et révèle une grande vérité :
« Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? » (Gn 18, 14)

Il est bon de revenir sur ce fait qui, en soi, est très simple, concret et évident. C’est tellement évident que nous l’oublions ou que nous n’y croyons pas totalement. En effet, le Seigneur est Maître de l’univers. S’il est le Créateur, y aurait-il quelque chose qui soit hors de sa portée ?

Les Évangiles nous rapportent des cas de guérisons très impressionnants mais où l’on constate à chaque fois une foi forte et explicite des protagonistes.

Nous avons le cas de l’Évangile de ce jour mais rappelons-nous aussi, par exemple
– et chacun est libre de méditer un passage qui lui vient à l’esprit
– de la femme hémorroïsse qui, au seul fait de toucher le vêtement de Jésus, a été guérie.
Soyons nous-mêmes des témoins de l’Évangile
Ce que Jésus notre Seigneur reproche à ceux qui ont eu accès à la foi et ont eu l’occasion de la faire croître, c’est le fait d’être moites et de vivre dans une certaine tiédeur. Rappelons-nous les paroles de Dieu dans l’Apocalypse. Le chrétien est une personne qui n’est pas forcément appelée à accomplir des choses extraordinaires, qui sont remarquées de tous. Le Christ nous demande d’être fermes dans notre foi et de témoigner de cette foi par notre vie de chaque jour.
Rayonnons alors de la foi en notre Seigneur Jésus-Christ et n’ayons aucune honte de dire aux hommes la source et la cause de notre joie ! Témoignons car le Christ ne nous demande que cela !
Éveillons cette foi dans notre vie de chaque jour par la prière, l’Eucharistie, la confession et la charité !
Laissons Dieu œuvrer ensuite comme il l’entend. De notre côté, faisons ce qui nous est demandé, sans peur, tout au contraire, avec la joie de celui qui a une relation intime avec le Christ.
Dialogue avec le Christ
Esprit-Saint, donne-moi ta clairvoyance et ta force pour témoigner en tant que fils de Dieu.

 

Xavier Kerrand

Guérison du serviteur
du centurion romain

Méditation de l'Evangile du samedi 26 juin

La personne de Jésus l'avait bouleversé. Devant la maladie de son serviteur, voici qu'il envoie vers le prophète ses amis juifs pour demander une guérison à distance. Rien que cela !… Son audace et sa foi enchantent Jésus surtout lorsqu'il ose lui faire porter ce message :

Dans nos détresses, il nous est bon de regarder l'attitude du centurion de Capharnaüm et de nous en inspirer. Il a forcé l'enthousiasme de Jésus. A son merveilleux cri de confiance et à sa splendide humilité, Jésus ne veut répondre que par plus d'amour, et en l'exauçant immédiatement.

La personne de Jésus l'avait bouleversé. Devant la maladie de son serviteur, voici qu'il envoie vers le prophète ses amis juifs pour demander une guérison à distance. Rien que cela !… Son audace et sa foi enchantent Jésus surtout lorsqu'il ose lui faire porter ce message :

“Jésus se trouvait déjà loin de la maison, lorsque le centurion envoya des amis pour lui dire : Seigneur, ne te donne pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ! Aussi n'ai-je même pas osé aller à toi. Mais dis un mot et que mon serviteur soit guéri.
En effet, je suis moi-même quelqu'un de soumis à une autorité, ayant sous moi des soldats ; et je dis à celui-ci : Va ! et il va ; et à un autre : Viens ! et il vient ; et à mon serviteur : Fais ceci ! et il le fait”

Jésus admire cette foi provocante et hardie. Bien plus, cet homme qui lui donne un ordre l'enchante. Dans le domaine de la foi, Il avoue n'avoir jamais rien trouvé de semblable même en Israël, une telle audace…

“Ce qu'ayant entendu, Jésus l'admira. Et s'étant tourné vers la foule qui le suivant, Il dit : Je vous le dis : même en Israël, je n'ai pas trouvé autant de foi !”

Jésus, dans sa réponse, établit une égalité quasi algébrique entre la foi et l'accueil de Dieu face à nos demandes : “Va, qu'il te soit fait selon que tu as cru” Et il ajoute, pensant à vous et à bien d'autres : “Oui, je vous le dis : beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et prendront place avec Abraham et Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux”

Son regard dépasse le moment présent pour saisir le développement du Royaume, son Eglise ! Le centurion lui permet d'ouvrir la baie et de voir la rentrée prochaine de toutes les races de la terre, dans ce Royaume, auprès de la race choisie d'Abraham et d'Isaac.

C'était déjà notre foi que Jésus admirait dans cette multitude venue de l'Orient et de l'Occident.

Père Gabriel

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélies sur saint Matthieu, 27,1 (trad. Véricel, l'Evangile commenté, p. 98)
« Il guérit beaucoup de malades »
 


       « Le soir venu, on lui amena beaucoup de possédés ; par sa parole il en chassa les esprits, et guérit tous ceux qui étaient malades. »

Vois-tu comme la foi de la foule grandit peu à peu ? Malgré l'heure avancée, ils n'ont pas voulu quitter le Seigneur ; ils ont pensé que le soir permettait de lui amener des malades.

Songe au nombre de guérisons que les évangélistes laissent de côté ;
ils ne les racontent pas toutes une à une, mais en une seule phrase ils nous font voir un océan infini de miracles.

Pour que la grandeur du prodige ne nous entraîne pas à l'incrédulité, pour qu'on ne soit pas troublé à la pensée d'une telle foule frappée de maux si divers et guérie en un moment, l'évangile apporte le témoignage du prophète, aussi extraordinaire et aussi surprenant que les faits eux-mêmes :
« Ainsi devait s'accomplir l'oracle du prophète Isaïe : Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies » (53,4).

Il ne dit pas : « Il a détruit », mais : « Il a pris » et « Il s'est chargé », marquant ainsi, à mon avis, que le prophète parle plus du péché que des maladies du corps, ce qui est conforme à la parole de Jean Baptiste :
« Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29).

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Ceci est mon corps, ceci est mon sang, répandu pour la multitude

Évangile selon saint Marc 14, 12-16.22-26
 

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas.
Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »

 

Prière
Je t’adore, ô mon Dieu, tu es mon Seigneur. Par la présence réelle et perpétuelle de ton Fils dans le sacrement de l’autel, tu demeures souverain de nos vies tant éprouvées par les puissances des ténèbres. En toi, ô Dieu, nous jetons l’ancre et mettons tout notre effort pour maintenir le vaisseau de l’Église aux commandes de ton Esprit. Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à notre secours. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Demande
Père, tu as donné ton Fils pour nous sauver. Accorde-nous de l’accueillir dans notre vie, par le don de ton Esprit, et de le suivre d’un cœur sans partage sur le chemin d’éternité, car il est notre Berger, notre Sauveur, notre Seigneur. Amen.

Réflexion
La solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ravive et réactualise la Pâque du Christ, pour nous en faire bénéficier des fruits et des mérites jaillissant de la Passion, de la mort et de la Résurrection de notre doux et très aimé Sauveur. Par l’adoration des fidèles et la sainte communion des âmes en état de grâce, l’Église tout entière a part à la gloire de la Résurrection.
Alors que deux mille ans plus tard, nos vies rachetées par le Sang du Christ sont encore confrontées aux combats du temps présent, le Corps du Christ ressuscité dont nous sommes les membres se constitue en forteresse inébranlable du royaume de Dieu, dont le Nom est sanctifié sur la terre comme au ciel.
Est-ce que je glorifie Dieu en cherchant à l’adorer en son Eucharistie ? Est-ce que dans les temps de joie je pense à rendre grâce à Dieu ?
La narration évangélique détaillée du repas pascal de Jésus avec ses apôtres évoque le caractère transcendant de cet événement. Le repas semblait prosaïque, mais son symbolisme perce la carapace visible des faits pour marquer profondément l’histoire de cette terre de son symbolisme.
En participant à l’Eucharistie, est-ce que mon âme se laisse entraîner dans cette dynamique transcendante ?
Cette dernière soirée des apôtres avec Jésus au Cénacle a quelque chose de particulier : par les déclarations solennelles du Maître, elle résume à la fois l’histoire sainte d’Israël et elle l’achève dans l’annonce de l’Alliance en son Sang, c’est-à-dire la vie livrée et offrande pour le salut des hommes. C’est Jésus-Christ lui-même qui nous représente auprès du Père, là où nous avons failli aux promesses.
Communier au Corps du Christ est un don de grand prix et comprend de nombreuses dimensions. Don du ciel, au prix du sang du Fils unique. Le Père éternel assume la mort du Fils, là où il a épargné à Abraham celle de son fils Isaac. Don de l’ardente et confiante charité de Dieu dans une vie livrée aux mains des hommes pour leur salut, là où Dieu (le vrai, l’unique) est rejeté, son amour méprisé, ses bienfaits emmagasinés et non partagés.
La communion comporte de nombreux risques aussi : Dieu livre le don le plus sublime, le Corps de son Fils, au risque d’être profané, instrumentalisé, politisé, négligé ou ignoré. L’âme de son côté communie souvent sans se rendre compte de sa possible ambiguïté à servir deux maîtres, de se réserver un petit coin d’égoïsme où Dieu n’est pas le bienvenu… Lorsque je communie est-ce que je suis entièrement donné au Christ et aux autres ? Est-ce que je me complais dans certaines incohérences que je sais habilement justifier ?
Dialogue avec le Christ
Merci et pardon, mon Jésus, pour ta délicieuse bonté, souvent incomprise et banalisée. Merci et pardon, mon Jésus, pour ta générosité à laquelle mon cœur rugueux et étriqué répond d’un écho estompé ou déformé. Merci et pardon, mon Jésus, pour ton indulgence qui trouve mon âme parfois impétueuse et inquiète. Dis seulement une parole, Seigneur, puisque je ne suis pas digne de te recevoir. Ta Parole me sauve, m’apaise et ouvre en moi la porte de l’esprit, pour accueillir ta douce présence. Amen.

Résolution
Une visite silencieuse au Saint-Sacrement ce jour ou durant la semaine.

Père Jaroslav de Lobkowicz, LC

 

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
 

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélie 24 sur la 1e lettre aux Corinthiens, 2 ; PG 61, 199 (in La messe, coll. Lettres chrétiennes, Icthus, t. 9; trad. Jeannin et A. Hamman; Éd. Le Centurion-Grasset 1964; p. 170-172 rev.)


« Ceci est mon sang…, répandu pour la multitude »
Les amants de ce monde prouvent leur générosité en donnant de l'argent, des vêtements, des cadeaux divers ; personne ne donne son sang. Le Christ, lui, le donne ; il prouve ainsi la tendresse qu'il nous porte et l'ardeur de son amour. Sous l'ancienne Loi (…) Dieu acceptait de recevoir le sang des sacrifices, mais c'était pour empêcher son peuple de l'offrir aux idoles, et c'était déjà la preuve d'un très grand amour. Mais le Christ a changé ce rite (…) ; la victime n'est plus la même : c'est lui-même qu'il offre en sacrifice.

             « Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps du Christ ? » (1Co 10,16). (…) Qu'est-ce que ce pain ? Le corps du Christ. Que deviennent ceux qui y communient ? Le corps du Christ : non pas une multitude de corps mais un corps unique. De même que le pain, composé de tant de grains de blé, n'est qu'un pain unique où les grains disparaissent, de même que les grains y subsistent mais qu'il est impossible de les distinguer dans la masse si bien unie, ainsi nous tous, ensemble et avec le Christ, nous ne faisons qu'un tout. (…) Maintenant, si nous participons tous au même pain, et si tous nous sommes unis à ce même Christ, pourquoi ne montrons-nous pas un même amour ? Pourquoi ne devenons-nous pas un en cela aussi ? 

             C'est ce que l'on voyait au temps des débuts : « Toute la multitude de ceux qui croyaient n'avaient qu'un cœur et qu'une âme » (Ac 4,32). (…) Le Christ est venu te chercher, toi qui étais si loin de lui, pour s'unir à toi ; et toi, tu ne veux pas être un avec ton frère ? (…) Tu te sépares violemment de lui, après avoir obtenu du Seigneur une si grande preuve d'amour –- et la vie ! En effet, il n'a pas seulement donné son corps, mais, comme notre chair, tirée de la terre, avait perdu la vie et était morte par le péché, il y a introduit pour ainsi dire, une autre substance, comme un ferment : c'est sa chair à lui, sa chair de même nature que la nôtre mais exempte de péché et pleine de vie. Et il nous l'a donnée à tous, afin que, nourris par ce banquet de cette chair nouvelle (…) nous puissions entrer dans la vie immortelle.

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Simon-Pierre réponds Jésus: A qui irions-nous? Tu as la Parole de vérité et de la vie Éternelle !

ÉVANGILE


« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 60-69)


Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur,
sont esprit et elles sont vie.
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus avait donné un enseignement
dans la synagogue de Capharnaüm.
Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude !
Qui peut l’entendre? »
Jésus savait en lui-même
que ses disciples récriminaient à son sujet.
Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme
monter là où il était auparavant !…
C’est l’esprit qui fait vivre,
la chair n’est capable de rien.
Les paroles que je vous ai dites sont esprit
et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement
quels étaient ceux qui ne croyaient pas,
et qui était celui qui le livrerait.
Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit
que personne ne peut venir à moi
si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent
et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit :
« Seigneur, à qui irions-nous ?
Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons,
et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

La confession de foi de Pierre

Heureusement, la réponse massive de Simon-Pierre redonne visage à l'amitié profonde qui unit ces douze à Jésus. Ils n'envisagent même pas de quel côté ils pourraient se tourner, si Jésus venait à leur manquer. Ils le considèrent et l'aiment comme la source de la Vie Eternelle !

Méditation de l'évangile du samedi 24 avril

Combien fut douloureux à Jésus cet abandon de disciples aimés, compagnons des marches à travers toute cette Palestine !

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en retournèrent et cessèrent de l'accompagner.

Et jaillit cette dernière question à l'intention des Douze, qui montre toute l'angoisse de son coeur : “Jésus dit donc aux Douze : Et vous aussi, voulez-vous vous en aller ?”

Heureusement, la réponse massive de Simon-Pierre redonne visage à l'amitié profonde qui unit ces douze à Jésus. Ils n'envisagent même pas de quel côté ils pourraient se tourner, si Jésus venait à leur manquer. Ils le considèrent et l'aiment comme la source de la Vie Eternelle !

“Simon-Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu possèdes des paroles de Vie Eternelle ; et nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu !”

Oui, ils ont raison, ce sont des amis fidèles, les seuls. Ne les a-t-Il pas choisis lui-même, ses Douze ? Et pourtant, dans cette si belle amitié, une faille. On sent dans la réserve de Jésus, comme dans le commentaire de Jean, cette stupeur devant l'amitié trahie !

“Jésus leur répondit : N'est-ce pas Moi qui vous ai choisis tous les douze ? Et pourtant l'un de vous est un démon ! Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; car il devait Le trahir, lui, un des Douze”

“Et ils ne marchaient plus avec Lui…”

Est-ce que je marche avec Toi, Seigneur, sur tous mes chemins, bons ou mauvais ?

Père Gabriel

Saint Jean Chrysostome

(v. 345-407)


prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélies sur l'évangile de Matthieu, n°82 ; PG 58, 743 (trad. Orval rev.)


« Mes paroles sont esprit et vie »

 

« Prenez et mangez, dit Jésus, ceci est mon corps qui est rompu pour vous » (cf 1Co 11,24). Pourquoi les disciples n'ont-ils pas été troublés en entendant ces mots ? C'est parce que le Christ leur avait déjà dit beaucoup de grandes choses à ce sujet (Jn 6). (...) Faisons pleinement confiance à Dieu, nous aussi. Ne lui faisons pas d'objections, même si ce qu'il dit paraît contraire à nos raisonnements et à ce que nous voyons. Que sa parole soit plutôt maîtresse de notre raison et de notre vue elle-même. Ayons cette attitude face aux mystères sacrés : n'y voyons pas seulement ce qui tombe sous nos sens, mais tenons surtout compte des paroles du Seigneur. Sa parole ne peut pas nous tromper, alors que nos sens nous égarent facilement ; elle n'est jamais prise en défaut, mais eux défaillent très souvent. Lorsque le Verbe dit : « Ceci est mon corps », fions-nous à lui, croyons et contemplons-le avec les yeux de l'esprit. (...)

            Combien de gens disent aujourd'hui : « Je voudrais voir le Christ en personne, son visage, ses vêtements, ses chaussures ». Eh bien, dans l'eucharistie c'est lui que tu vois, que tu touches, lui que tu reçois ! Tu désirais voir ses vêtements ; et c'est lui-même qui se donne à toi non seulement pour le voir, mais pour le toucher, le manger, l'accueillir dans ton cœur. Que personne donc ne s'approche avec indifférence ou avec mollesse ; mais que tous viennent à lui animés d'un amour brûlant.

«Tu as les paroles de la vie éternelle»

Abbé Jordi PASCUAL i Bancells
(Salt, Girona, Espagne)

 

Aujourd'hui nous venons de lire dans l'Évangile le discours de Jésus sur le Pain de Vie, Lui-même qui va se donner à nous comme nourriture pour nos âmes et pour notre vie chrétienne. Et, comme il arrive souvent, nous avons pu observer deux réactions bien différentes, et même opposées, de la part de ceux qui l'écoutaient.

Pour certains, son langage est trop dur, incompréhensible pour leur mentalité fermée à la Parole salvifique et vivifiante du Seigneur, et saint Jean ajoute —un peu tristement— «qu'à partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui» (Jn 6,66).

L'évangéliste nous donne un indice pour comprendre l'attitude de ces personnes. Ils ne croyaient pas, et ils n'étaient guère disposés à accepter les enseignements de Jésus, trop souvent incompréhensibles pour eux.

De l'autre côté, nous voyons la réaction des Apôtres, représentée par saint Pierre: «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller? Tu as les paroles de la vie éternelle, et nous croyons» (Jn 6,68-69). Les douze ne sont pas plus malins que les autres; ni meilleurs; ni même plus experts dans les Ecritures; mais ils sont certainement plus simples, plus confiants, plus ouverts à l’Esprit, plus dociles.

De temps en temps, dans les Évangiles, nous les surprenons à se tromper ou à avoir bien du mal à comprendre Jésus; à discuter de qui est le plus important d'entre eux; ou, même, à corriger leur Maître, lorsqu'il leur annonce sa passion; mais nous les trouvons toujours à ses côté, fidèles. Leur secret: ils l'aimaient vraiment.

Saint Augustin l'exprime ainsi: «Ce ne sont pas les bonnes mœurs qui laissent leurs empreintes dans l'âme, mais les bons amours (...). Voici en vérité l'amour: obéir et croire à celui qu'on aime». À la lumière de cet Évangile nous pouvons nous demander: où ai-je placé mon amour? Quelle foi et quelle obéissance ai-je dans mon Seigneur et dans ce que l'Église nous apprend? Avec quelle docilité, quelle simplicité et quelle confiance est-ce que je vis les choses de Dieu?
 

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Père nous te remercions d'avoir révéler aux petits ton immense mansuétude et ton enseignement

OFFICE DES LAUDES
INTRODUCTION
V/ Seigneur, ouvre mes lèvres,
R/ et ma bouche publiera ta louange.
ANTIENNE INVITATOIRE

Adorons le Seigneur, c’est lui qui nous a faits.

PSAUME INVITATOIRE : (94)

1 Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
2 Allons jusqu'à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

3 Oui, le grand Dieu, c'est le Seigneur,
le grand roi au-dessus de tous les dieux :
4 il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui ;
5 à lui la mer, c'est lui qui l'a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries.

6 Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
7 Oui, il est notre Dieu ; +
nous sommes le peuple qu'il conduit,
le troupeau guidé par sa main.

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? +
8 « Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
9 où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.

10 « Quarante ans leur génération m'a déçu, +
et j'ai dit : Ce peuple a le cœur égaré,
il n'a pas connu mes chemins.
11 Dans ma colère, j'en ai fait le serment :
Jamais ils n'entreront dans mon repos. »

HYMNE : Ô FILS UNIQUE, JÉSUS CHRIST

A. Rivière — CNPL

Ô Fils unique, Jésus Christ,
Nous contemplons en ton visage
La gloire dont tu resplendis
Auprès de Dieu avant les siècles.

Les tiens ne t’ont pas reconnu,
Et les ténèbres te repoussent ;
Mais donne à ceux qui t’ont reçu
De partager ta plénitude.

Toi qui habites parmi nous,
Ô Verbe plein de toute grâce,
Enseigne-nous la vérité,
Transforme-nous en ton image.

À toi, la gloire, ô Père saint,
À toi, la gloire, ô Fils unique,
Avec l’Esprit consolateur,
Dès maintenant et pour les siècles.
ANTIENNE

Dieu qui es bon, Dieu qui pardonnes, prends pitié de nous, sauve-nous !

PSAUME : 85

1 Écoute, Seigneur, réponds-moi,
car je suis pauvre et malheureux.
2 Veille sur moi qui suis fidèle, ô mon Dieu,
sauve ton serviteur qui s’appuie sur toi.

3 Prends pitié de moi, Seigneur,
toi que j’appelle chaque jour.
4 Seigneur, réjouis ton serviteur :
vers toi, j’élève mon âme !

5 Toi qui es bon et qui pardonnes,
plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent,
6 écoute ma prière, Seigneur,
entends ma voix qui te supplie.

7 Je t’appelle au jour de ma détresse,
et toi, Seigneur, tu me réponds.
8 Aucun parmi les dieux n’est comme toi,
et rien n’égale tes œuvres.

9 Toutes les nations, que tu as faites,
   viendront se prosterner devant toi *
et rendre gloire à ton nom, Seigneur,
10 car tu es grand et tu fais des merveilles,
toi, Dieu, le seul.

11 Montre-moi ton chemin, Seigneur, +
que je marche suivant ta vérité ;
unifie mon cœur pour qu’il craigne ton nom.

12 Je te rends grâce de tout mon cœur,
Seigneur mon Dieu,
toujours je rendrai gloire à ton nom ;
13 il est grand, ton amour pour moi :
tu m’as tiré de l’abîme des morts.

14 Mon Dieu, des orgueilleux se lèvent contre moi, +
des puissants se sont ligués pour me perdre :
ils n’ont pas souci de toi.

15 Toi, Seigneur,
   Dieu de tendresse et de pitié, *
lent à la colère,
   plein d’amour et de vérité !

16 Regarde vers moi,
prends pitié de moi.
Donne à ton serviteur ta force,
et sauve le fils de ta servante.

17 Accomplis un signe en ma faveur ; +
alors mes ennemis, humiliés, *
verront que toi, Seigneur,
   tu m’aides et me consoles.

ANTIENNE

Qui demeure dans l’amour ne craindra pas au jour du jugement.

CANTIQUE D'ISAÏE (IS 33)

13 Écoutez ce que j'ai fait, gens des lointains ;
gens d'alentour, sachez quelle est ma force !

14 Dans Sion, les pécheurs sont terrifiés ;
un tremblement saisit les pervers :
« Qui de nous résistera ? c'est un feu dévorant !
Qui de nous résistera ? c'est une fournaise sans fin ! »

15 Celui qui va selon la justice et parle avec droiture, +
qui méprise un gain frauduleux,
   détourne sa main d'un profit malhonnête, *
qui ferme son oreille aux propos sanguinaires
   et baisse les yeux pour ne pas voir le mal,

16 Celui-là habitera les hauteurs, *
hors d'atteinte, à l'abri des rochers.
Le pain lui sera donné ;
les eaux lui seront fidèles.

ANTIENNE

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles !

PSAUME : 97

1 Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

2 Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
3 il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël ;
la terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.

4 Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez ;
5 jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
6 au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

7 Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
8 que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie,
9 à la face du Seigneur, car il vient
   pour gouverner la terre, *
pour gouverner le monde avec justice
   et les peuples avec droiture !

PAROLE DE DIEU : (JB 1, 21; 2, 10B)
Sorti nu du ventre de ma mère, nu j’y retournerai. Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté : que le nom du Seigneur soit béni. Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l’accepterions-nous pas aussi ?
RÉPONS

R/ Rassasie-nous de ton amour au matin,

 

* Que nos jours s’emplissent de joie.

 

V/ Rends-nous en joie tes jours de châtiment. *

 

V/ Vienne sur nous la douceur du Seigneur. *

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. R/

ANTIENNE DE ZACHARIE

Bénissez le Seigneur : il se souvient de son amour en faveur de son peuple.

CANTIQUE DE ZACHARIE (LC 1)

68 Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël,
qui visite et rachète son peuple.

69 Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

70 comme il l'avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

71 salut qui nous arrache à l'ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

72 amour qu'il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

73 serment juré à notre père Abraham
   de nous rendre sans crainte,

74 afin que, délivrés de la main des ennemis, +
75 nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé
   prophète du Très-Haut : *
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
   et tu prépareras ses chemins

77 pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

78 grâce à la tendresse, à l'amour de notre Dieu,
quand nous visite l'astre d'en haut,

79 pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
   et l'ombre de la mort, *
pour conduire nos pas
   au chemin de la paix.

INTERCESSION

Bénissons le Christ qui aime l’Église et s’est livré pour elle :


R/

Regarde ton peuple, Seigneur.

 

Béni sois-tu, Pasteur de ton Église, pour la vie que tu lui donnes :
— que cette grâce soit notre joie.

 

Béni sois-tu, Gardien du troupeau : 
— garde tes disciples dans la fidélité à ton nom.

 

Béni sois-tu, Chef du peuple choisi : 
— entraîne-le dans l’amour de ta loi.

 

Béni sois-tu, Pain de la vie :
— rends-nous forts pour accomplir l’œuvre du Père.

 
NOTRE PÈRE
ORAISON

Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tandis que nous célébrons l’anniversaire de saint Bonaventure, de mettre à profit les richesses de son enseignement, et de prendre en exemple sa brûlante charité.

PREMIÈRE LECTURE
« Le ciseau se glorifie-t-il aux dépens de celui qui s’en sert pour tailler ? » (Is 10, 5-7.13-16)

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Malheureux ! Assour, l’instrument de ma colère,
le bâton de mon courroux.
    Je l’envoie contre une nation impie,
je lui donne mission contre un peuple qui excite ma fureur,
pour le mettre au pillage et emporter le butin,
pour le piétiner comme la boue des chemins.
    Mais Assour ne l’entend pas ainsi,
ce n’est pas du tout ce qu’il pense :
ce qu’il veut, c’est détruire,
exterminer quantité de nations.
    Car le roi d’Assour a dit :
« C’est par la vigueur de ma main que j’ai agi,
et par ma sagesse, car j’ai l’intelligence.
J’ai déplacé les frontières des peuples,
j’ai pillé leurs réserves ;
fort entre les forts, j’ai détrôné des puissants.
    J’ai mis la main sur les richesses des peuples,
comme sur un nid.
Comme on ramasse des œufs abandonnés,
j’ai ramassé toute la terre,
et il n’y a pas eu un battement d’aile,
pas un bec ouvert,
pas un cri. »
    Mais le ciseau se glorifie-t-il
aux dépens de celui qui s’en sert pour tailler ?
La scie va-t-elle s’enfler d’orgueil
aux dépens de celui qui la tient ?
Comme si le bâton faisait mouvoir la main qui le brandit,
comme si c’était le bois qui brandissait l’homme !
    C’est pourquoi le Seigneur Dieu de l’univers
fera dépérir les soldats bien nourris du roi d’Assour,
et au lieu de sa gloire s’allumera un brasier,
le brasier d’un incendie.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 93 (94), 5-6, 7-8, 9-10, 14-15)

R/ Le Seigneur ne délaisse pas son peuple. (Ps 93, 14a)

C’est ton peuple, Seigneur, qu’ils piétinent,
et ton domaine qu’ils écrasent ;
ils massacrent la veuve et l’étranger,
ils assassinent l’orphelin.

Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas,
le Dieu de Jacob ne sait pas ! »
Sachez-le, esprits vraiment stupides ;
insensés, comprendrez-vous un jour ?

Lui qui forma l’oreille, il n’entendrait pas ?
il a façonné l’œil, et il ne verrait pas ?
il a puni des peuples et ne châtierait plus,
lui qui donne aux hommes la connaissance ?

Le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n’abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.

ÉVANGILE
« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25-27)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus prit la parole et dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
    Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
    Tout m’a été remis par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

Le père révèle son mystère aux petits
La Vierge Marie a tressailli de joie, en Dieu son Sauveur, ce Dieu qui se penche vers sa petite servante… rien qu'une pauvre petite servante ! Mais Il a su pourtant réaliser en elle, ce Dieu, de si grandes choses !

 

personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler.
 

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Méditation de l'évangile du mercredi 15 juillet

La Vierge Marie a tressailli de joie, en Dieu son Sauveur, ce Dieu qui se penche vers sa petite servante… rien qu'une pauvre petite servante ! Mais Il a su pourtant réaliser en elle, ce Dieu, de si grandes choses ! Et Il a méprisé les grands, les orgueilleux, mais élevé les humbles, rassasié de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. Oui, Marie crie sa joie devant ce Dieu merveilleux pour les pauvres, les blessés de la vie.

Et voici que Jésus, à son tour, tressaille de joie dans l'Esprit-Saint et laisse éclater au grand jour cette même joie, comme sa Mère, avec le même enthousiasme : “Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, pour avoir caché ces choses-là aux sages et aux habiles, et les avoir révélées aux petits. Oui, Père, aux petits, car tel a été ton bon plaisir !”

Ce qui réjouit le coeur de Jésus, le fait vibrer, c'est que les humbles, les pauvres, les petits sont pris en affection par le Père et conduits vers les splendeurs du Royaume. Et c'est Lui, Jésus, et Lui seul, Fils de Dieu et fils de Marie, qui fait connaître le Père à qui il lui plaît : aux humbles ; “Tout m'a été transmis par mon Père. Comme personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et Celui à qui le Fils voudrait le révéler”

C'est près de Lui et près du Père que nous trouverons, à l'intérieur, l'explication de notre destinée, toujours si dramatique, devant la souffrance et la mort.


Père Gabriel

                 Saint Jean Chrysostome
(v. 345-407)

 

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Sermons sur l'évangile de Matthieu, n° 38, 1

« Tu l'as révélé aux tout-petits »

 

« Je proclame ta louange, dit Jésus, parce que tu as caché cela au sages et aux savants. » Comment ! Se réjouit-il de la perte de ceux qui ne croient pas en lui ? Pas du tout : que les desseins de Dieu pour le salut des hommes sont admirables ! Quand ils s'opposent à la vérité, refusent de la recevoir, Dieu ne les force jamais, il les laisse faire. Leur égarement les pousse à retrouver le chemin ; rentrant en eux-mêmes, ils recherchent avec empressement la grâce de l'appel à la foi qu'ils avaient d'abord méprisée. Quant à ceux qui y sont restés fidèles, leur ferveur se montre ainsi encore plus forte. Le Christ se réjouit donc de ce que ces choses sont révélées à certains, mais se désole de ce qu'elles sont cachées à d'autres ; cela se voit quand il pleure sur la ville (Lc 19,41). C'est dans le même esprit que saint Paul écrit : « Rendons grâce à Dieu ! Vous qui étiez esclaves du péché, vous avez obéi maintenant de tout votre cœur à l'enseignement de l'Évangile » (Rm 6,17). (...)

De quels sages Jésus veut-il parler ici ? Des scribes et des pharisiens. Il dit cela pour encourager ses disciples en leur montrant de quels privilèges ils ont été jugé dignes ; eux qui sont de simples pêcheurs, ils ont reçu des lumières que les sages et les savants ont dédaignées. Ceux-ci ne sont sages que de nom ; ils se croient sages mais ce sont de faux érudits. C'est pourquoi le Christ ne dit pas : « Tu l'as révélé aux insensés », mais « aux petits », c'est-à-dire des gens simples et sans détour. (...) Ainsi il nous enseigne à renoncer à la folie des grandeurs et à rechercher la simplicité. Saint Paul va plus loin : « Si quelqu'un pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage » (1Co 3,18).

Homélie du Père Gilbert Adam


 

« Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

"En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits."

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Dieu se révèle dans son Amour, mais il continue à demeurer caché à notre regard. Il apparait toujours autre que ce que nous pensions, que ce que nous découvrons. Le Seigneur du ciel et de la terre manifeste sa richesse, sa prodigalité, sa générosité, la richesse de son cœur en nous donnant Jésus et l’Esprit Saint. Il est au-delà de ce que nous percevons des richesses de son Don, au-delà de la beauté qui se répand de Lui. Pour le connaître, nous acceptons de changer notre angle d’approche. Il est celui qui nous pouvons reconnaître à travers sa création. Cette rencontre demande pour nous un cœur de pauvre, un cœur de tout petit. Le message de l’amour infini de Dieu est donné aux plus petits de son Peuple. Dieu réalise son œuvre dans l’humilité, il éclaire les cœurs de l’intérieur, par le feu de son Amour qui les embrase de toutes parts. Jésus, qui a pris notre nature humaine, l’a unie indissolublement à sa divinité sans que l’humanité en soit altérée. C’est l’alliance étonnante du don de Dieu dans l’humilité, en chacune de ses créatures.

« Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. » 
Dieu réalise son œuvre d’amour dans l’humilité. La grandeur infinie de Dieu se donne dans la toute petitesse et la plus grande faiblesse. La bonté de Dieu se manifeste ainsi. C’est une force douce, comme toute vraie force, qui conduit chacune de ses créatures libres à se développer, à croître pour aller vers Lui. La Bonté de Dieu donne la croissance par sa petitesse même. Celui qui est appelé à croître le plus est le petit. A chacun de nous de trouver le chemin pour renouer avec la petitesse, l’humilité, pour pouvoir le recevoir dans un don gratuit. La joie de se savoir comblé par l’autre nous est donnée par la bonté de Dieu. Jésus, le Fils unique, le réalise parfaitement et il en rend grâce à Dieu son Père. Il en proclame la louange. C’est dans la pauvreté de la nature humaine que Jésus vient délivrer son peuple. Mû par l’Esprit Saint, Jésus a cette exclamation étonnante qui développe le mystère de la filiation divine : « Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. »

« Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. » 
Une nouvelle dimension du Père nous est donnée, il ne fait rien par lui-même, il s’en remet à un autre. Il laisse l’autre exister. Le Père fait ainsi avec son Fils qui nous dit que Tout lui a été confié par le Père. Dieu sait se retirer pour que nous puissions advenir à la vie. Il se révèle comme celui que nous pouvons aimer parfaitement tant il nous aime délicatement, respectueusement. Jésus manifeste l’humanité embrasée de l’amour infini de Dieu, illuminée de la gloire infinie du Père. Il ouvre un nouvel univers de relations pour ses frères et sœurs en lui. Notre Père donne à chacun d’être son fils tendrement aimé. Il nous fait entrer dans ce secret insondable du cœur de notre Dieu. Chacun est conduit à reconnaitre la « Seigneurie » du Père. Il ne s’impose pas par la force, mais trouve son bonheur dans le fait de donner, de s’abandonner et d’autoriser l’autre à être. Marie, la première en chemin, a porté Jésus, le plus petit des enfants des hommes. Dans son oui à la Croix, elle donne naissance à une multitude de frères sauvés par Jésus.

Nous demandons à Dieu la grâce d’habiter la douceur et l’humilité de son cœur.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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Le Fils que les vignerons ont rejeté, jeté hors de la vigne et tué, est devenu la pierre angulaire du nouveau temple de Dieu.

PREMIÈRE LECTURE
« Les dons promis, si précieux, nous sont accordés, pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine » (2 P 1, 2-7)

Bien-aimés,
    que la grâce et la paix
vous soient accordées en abondance
par la vraie connaissance de Dieu
et de Jésus notre Seigneur.
    Sa puissance divine nous a fait don
de tout ce qui permet de vivre avec piété,
grâce à la vraie connaissance de celui qui nous a appelés
par la gloire et la force qui lui appartiennent.
    De la sorte nous sont accordés les dons promis,
si précieux et si grands,
pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine,
et que vous échappiez à la dégradation
produite dans le monde par la convoitise.
    Et pour ces motifs, faites tous vos efforts
pour joindre à votre foi la vertu,
à la vertu la connaissance de Dieu,
    à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi,
à la maîtrise de soi la persévérance,
à la persévérance la piété,
    à la piété la fraternité,
à la fraternité l’amour.

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 90 (90), 1-2, 14-15ab, 15c-16)
R/

Mon Dieu, je suis sûr de toi !

Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut
et repose à l’ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

« Puisqu’il s’attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m’appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.

« Je veux le libérer, le glorifier ;
de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu’il voie mon salut. »

ÉVANGILE
« Ils se saisirent du fils bien-aimé, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne » (Mc 12, 1-12)

En ce temps-là,
    Jésus se mit à parler en paraboles
aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens :
« Un homme planta une vigne,
il l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir
et y bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
        Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons
pour se faire remettre par eux
ce qui lui revenait des fruits de la vigne.
        Mais les vignerons se saisirent du serviteur,
le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides.
        De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ;
et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.
        Il en envoya encore un autre,
et celui-là, ils le tuèrent ;
puis beaucoup d’autres serviteurs :
ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.
        Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé.
Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
        Mais ces vignerons-là se dirent entre eux :
“Voici l’héritier :
allons-y ! tuons-le,
et l’héritage va être à nous !”
         Ils se saisirent de lui, le tuèrent,
et le jetèrent hors de la vigne.
        Que fera le maître de la vigne ?
Il viendra,
fera périr les vignerons,
et donnera la vigne à d’autres.
        N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ?
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
        c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
 »
    Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus,
mais ils eurent peur de la foule.
– Ils avaient bien compris en effet
qu’il avait dit la parabole à leur intention.
Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Les mauvais vignerons

L'interrogation du maître de la vigne : « Que ferai-je ? J'enverrai mon Fils Bien-Aimé ; peut-être le respecteront ils ? » nous introduit au cœur même des préoccupations de l'amour de Dieu qui va jusqu'à envoyer son propre Fils.

 

En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu'il parlait d'eux.
Tout en cherchant à l'arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu'elles le tenaient pour un prophète.
 

Méditation de l'évangile du lundi 1er Juin

Jésus, dans la parabole des mauvais vignerons, retrace à grands traits toute l'histoire du monde.

« Le chef de famille qui plante la vigne c'est Dieu, Père attentif, qui entoure sa vigne d'un mur et d'une clôture, y creuse un pressoir et y bâtit une tour »

Israël la reçoit en dépôt. Mais l'histoire d'Israël, c'est surtout la longue histoire des prophètes persécutés, maltraités et tués. L'interrogation du maître de la vigne :

« Que ferai-je ? J'enverrai mon Fils Bine-Aimé; peut-être le respecteront-ils ? » nous introduit au cœur même des préoccupations de l'amour de Dieu qui va jusqu'à envoyer son propre Fils.

Jésus se met ainsi tout à fait à part et ne méconnaît nullement la place unique qu'Il tient  dans l'histoire du salut du monde.

Jésus, à ce moment du récit, est partie prenante et c'est sa lutte actuelle avec les princes des prêtres et les pharisiens qu'Il nous décrit.

« Mais, en le voyant, les vignerons délibèrent entre eux, disant : C'est l'héritier, tuons-Le afin que l'héritage soit à nous. Et L'ayant jeté hors de la vigne, ils Le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne ? »

Il est bien noté, au début de la parabole, que Jésus s'adresse au peuple qui est là.

« Et Il se mit à dire au peuple cette parabole : Un homme planta une vigne ».

Mais au moment où Jésus conclut : « Que fera donc le maître de la vigne ? Le maître de la vigne viendra et fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d'autres ».

A ce moment-là, ce sont les princes des prêtres et les scribes qui réagissent : « Ce qu'ayant entendu et compris, ils dirent : A Dieu ne plaise ! »

Jésus en profite pour s'affirmer et, les regardant, Il leur dit : « Que signifie donc ceci qui est écrit : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissent est devenue le faîte de l'angle. Quiconque tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera sera en miettes… »

Du coup, ils ont si bien compris que « les scribes et les grands prêtres cherchèrent à mettre les mains sur Lui à ce moment même. Ils craignirent le peuple. Ils avaient compris, en effet, qu'Il avait dit cette parabole pour eux. »

Ainsi, dans la parabole des mauvais vignerons, Jésus met l'accent sur le meurtre du Fils Bien-Aimé. Dieu prend le risque de mourir… et de ressusciter, en tant que Fils de l'homme; car la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue pierre d'angle. Jésus ne se fait pas d'illusions sur le rôle  qu'Il joue, qu'Il a joué et qu'Il jouera dans l'histoire religieuse d'Israël et du monde.

Pour l'instant, craignant les foules qui L'adorent, ses ennemis temporisent. Cet attachement Le sauve, car ses ennemis qui ne sont pas des braves, attendront d'avoir une milice bien armée pour L'arrêter, la nuit, loin du peuple, à Gethsémani.


Père Gabriel

 

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
 

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

11ème homélie sur la 2ème lettre aux Corinthiens, 2-3, PG 61, col. 89-91 (Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes; J-R Bouchet; Éd. du Cerf 1994, p. 349-350; rev.)

« Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé»

« Le Christ nous a confié le ministère de la réconciliation » (Cf. 2Co 5,18). Paul fait ressortir la grandeur des apôtres en nous montrant quel ministère leur a été confié, en même temps qu'il manifeste de quel amour Dieu nous a aimés. Après que les hommes eurent refusé d'entendre celui qu'il leur avait envoyé, Dieu n'a pas fait éclater sa colère, il ne les a pas rejetés. Il persiste à les appeler par lui-même et par les Apôtres. (...)

            « Dieu a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation » (Cf. 2Co 5,19). Nous venons donc, non pour une œuvre pénible, mais pour faire de tous les hommes des amis de Dieu. Puisqu'ils n'ont pas écouté, nous dit le Seigneur, continuez à les exhorter jusqu'à ce qu'ils en viennent à la foi. C'est pourquoi Paul ajoute : « Nous sommes les ambassadeurs du Christ ; c'est Dieu lui-même qui vous adresse un appel par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : réconciliez-vous avec Dieu. » (...)

            Que pourrait-on comparer à un si grand amour ? Après que nous avons payé ses bienfaits par des outrages, loin de nous châtier, il nous a donné son Fils pour nous réconcilier avec lui. Or, loin de vouloir se réconcilier, les hommes l'ont fait mourir. Dieu a envoyé d'autres ambassadeurs pour les exhorter et, après cela, il se fait lui-même suppliant par eux. C'était toujours lui qui demandait : « Réconciliez-vous avec Dieu ». (...) Il ne dit pas : « Réconciliez Dieu avec vous ». Ce n'est pas lui qui nous repousse ; c'est vous qui refusez d'être ses amis. Est-ce que Dieu peut éprouver un sentiment de haine ?

Homélie du Père Gilbert

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !

« Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde."

Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Jésus vient de chasser les vendeurs du temple, c’est à la suite de ces événements qu’il raconte cette parabole. Elle est semblable au autre parabole de la vigne du premier Testament. Le maître de la vigne prit la précaution de l’entourer d’une haie qui symbolise la Loi que Dieu a donnée à son peuple pour le protéger de l’idolâtrie. Dieu a tout fait pour son peuple. Il lui a tout donné, l’alliance, la loi, le temple, les sacrifices et le culte. Israël a tout pour se souvenir des grâces de Dieu, persévérer dans la foi et être fidèle à l’alliance conclue. Le propriétaire de la vigne part pour un long voyage, il loue sa vigne à des vignerons. Dieu a confié son peuple à ses vignerons chargés d’en prendre soin et de lui en restituer le produit. Le plant de choix de la vigne, c’est l’humanité. Le même combat revient sans cesse pour nous, nous pouvons accaparer le Don de Dieu. L’appropriation de la création, des biens de l’humanité, de l’humanité elle-même pour soi-même, est toujours actuelle. Or nous ne nous appartenons pas, nous appartenons à Dieu.

« Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. »
 Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. La parabole illustre la perversité et la méchanceté des vignerons. Dieu leur envoya des serviteurs pour recueillir le produit de sa vigne. Les fruits qu’il voulait recueillir auprès de son peuple étaient la conversion, la foi, l’obéissance, la piété. Le premier serviteur fut renvoyé à vide. Un autre fut frappé et outragé. Un troisième, tué. Jésus dit aux chefs d’Israël ce que leurs prédécesseurs ils avaient fait aux prophètes. Cette parabole illustre l’infinie patience de Dieu et la perversité des chefs du peuple. Cette patience est sans limites. La méchanceté des vignerons augmente avec chaque nouveau serviteur qu’il leur envoie. L’Amour de Dieu dépasse toutes les bornes de l’incrédulité, de l’injustice et de l’ingratitude. Dans une civilisation individualiste qui s’est approprié les dons de Dieu, nous pouvons témoigner du Dieu qui est Amour, grâce à Jésus.

« Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. »
 Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Jésus est envoyé comme les prophètes, il dévoile aux membres du sanhédrin ce qu’ils vont lui faire, mettant leurs desseins à nu devant la foule des pèlerins réunis dans le temple. Ils vont le tuer, craignant de perdre leur influence auprès du peuple, jaloux de leurs privilèges et surtout fondamentalement hostiles à son enseignement. Ils décident donc de se débarrasser de lui une fois pour toutes, pour garder le produit de la vigne. Jésus affirme que l’histoire du Royaume de Dieu ne s’achève pas avec sa mort et son rejet. Une nouvelle alliance sera conclue et un nouveau temple construit dont Jésus sera la pierre angulaire. Le Fils que les vignerons ont rejeté, jeté hors de la vigne et tué, est devenu la pierre principale, la pierre angulaire du nouveau temple de Dieu. Sa mort n’a pas été sa fin. Il est ressuscité victorieux, en Rédempteur du monde et Prince de la vie, devenant le fondement de l’Eglise chrétienne. Nous voulons conformer notre vie à la vie de Jésus, reconnaître que tout vient de Lui. Notre foi en Jésus le Sauveur du monde est plus précieuse que l’or le plus pur ! Dieu nous a fait don de si grandes richesses !

Nous demandons la grâce de comprendre cette parole pour que la véritable Vigne qui est le Christ donne tout son Fruit.

02 ;04 De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. 05 ;09 Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. 10 N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : 11 c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! » 12 Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.

 

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Prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.

Première lettre de saint Jean 4,7-10.

7Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. 8Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. 9Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.
10Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.

 

Psaume 72(71),1-2.3-4.7-8.

1Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.
2Qu'il gouverne ton peuple avec justice, qu'il fasse droit aux malheureux !
3Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice !
4Qu'il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu'il sauve les pauvres gens, qu'il écrase l'oppresseur !
7En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu'à la fin des lunes !
8Qu'il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,34-44.

34En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
35Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive.
36Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »
37Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
38Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. »
39Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte. 40Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante.
41Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous.
42Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
43Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons.
44Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église

Homélies sur la 1ère lettre aux Corinthiens, n°24, 4  ; PG 61, 204 (trad. Delhougne, Les Pères commentent,  p. 383)
 
« Prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : Ceci est mon corps, donné pour vous » (Lc 22,19)
Le Christ, pour nous attirer à l'aimer davantage, nous a donné sa chair en nourriture. Allons donc à lui avec beaucoup d'amour et de ferveur. (...)
Ce corps, les mages l'ont adoré quand il était couché dans une mangeoire. (...)
Ceux-là, voyant l'enfant, le Christ, dans une mangeoire, sous un pauvre toit, tout en ne voyant rien de ce que vous voyez, s'avancèrent avec un très grand respect. Vous ne le voyez plus dans une mangeoire, mais sur l'autel. Vous ne voyez plus une femme qui le tient dans ses bras, mais le prêtre qui l'offre, et l'Esprit de Dieu, avec toute sa générosité, plane au-dessus des offrandes. Non seulement vous voyez le même corps que voyaient les mages, mais en outre vous connaissez sa puissance et sa sagesse, et vous n'ignorez rien de ce qu'il a accompli. (...)
Réveillons-nous donc, et réveillons en nous la craintede Dieu. Montrons beaucoup plus de piété que ces étrangers, afin de ne pas avancer n'importe comment vers l'autel. (...)

            Cette table fortifie notre âme, rassemble notre pensée, soutient notre assurance ; elle est notre espérance, notre salut, notre lumière, notre vie. Si nous quittons la terre après ce sacrifice, nous entrerons avec une parfaite assurance dans les parvis sacrés, comme si nous étions protégés de tous côtés par une armure d'or. Mais pourquoi parlerdu futur ? Dès ce monde, le sacrement transforme la terre en ciel. Ouvrez donc les portes du ciel, et alors vous verrez ce que je viens de dire. Ce qu'il y a de plus précieux au ciel, je vous le montrerai sur la terre. Ce que je vous montre, ce n'est ni les anges, ni les archanges, ni les cieux des cieux, mais celui qui est leur maître. Vous voyez ainsi d'une certaine façon sur la terre ce qu'il y a de plus précieux. Et non seulement vous le voyez, mais vous le touchez, vous le mangez. Purifiez donc votre âme, préparez votre esprit à recevoir ces mystères.

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Bonne Fête aux:Aimée et à toutes les Saintes âme du 13 septembre

Vendredi 13 septembre 2019

Bonne Fête aux:  Aimé
Dictons
Septembre humide, pas de tonneaux vides.

Saint Aimé

évêque de Sion (✝ v. 690)

ou Amé de Sion (et non de Sens).
Il s'acquitta de ce ministère pastoral avec grand soin, veillant assidûment sur son peuple, et en particulier les plus pauvres et les moins instruits. Il connut la disgrâce et l'exil à Péronne, puis dans un monastère de Flandre. Il accepta cela comme une grâce de Dieu.
- Paroisse Saint-Morand-Saint-Amé à Douai, nos saints patrons
Depuis plus d'un millénaire, Saint Maurand et Saint Amé se trouvent réunis dans la prière des douaisiens qui se confièrent à eux tout au long de leur histoire et de leurs épreuves. Maurand et Amé restent liés aux origines de la ville de Douai, vers la fin du VIIe siècle. Maurand, fils de Sainte Rictrude et notable de Douai, jouissait d'une autorité qui lui avait été conférée par le roi. A ce titre, on lui confie la garde d'un prisonnier, Amé, évêque exilé de sa ville de Sion en raison de sa participation à un complot politique. Amé, condamné à une vie de pénitent, purge sa peine dans la cellule d'une abbaye, conformément aux lois de l'époque. Maurand se laisse impressionner par la vie exemplaire de ce prisonnier: il éprouve à l'égard d'Amé une telle estime qu'il finit par lui confier la responsabilité de ce monastère, celui-là même où il avait été condamné à la réclusion.
A la mort de Maurand, c'est Amé qui reprend la direction du monastère. C'est ainsi que Maurand et Amé furent unis dans la vénération des moines comme leurs communs protecteurs et que cette vénération fut transmise aux douaisiens. En plébiscitant largement Saint Maurand Saint Amé comme patrons de leur paroisse nouvelle, les chrétiens de Douai centre ont manifesté le désir de garder à la source de leur vie chrétienne un puissant triptyque évangélique: un proscrit accueilli; un pénitent rentre en grâce; un prisonnier révèle à son geôlier un chemin de sainteté.

Un internaute nous signale que, lors des invasions normandes, les reliques de saint Amé ont été transférées à Douai, dont il est devenu l'un des patrons. C'est grâce à la vie de sainte Rictrude, écrite par Hucbald de Saint-Amand, au Xe siècle, que nous connaissons relativement bien saint Amé.
Au monastère de Bruel sur la Lys, dans le pays de Thérouanne, vers 690, le trépas de saint Amé, évêque de Sion en Suisse. Envoyé en exil sur l'ordre du roi Théodoric III, il mourut là quelques années plus tard.

Martyrologe romain

Saint Aimé

Ermite à Remiremont - Premier Abbé du Saint-Mont (✝ v. 629)

ou Amé.
Né à Grenoble, il fut d'abord moine à Saint Maurice en Valais puis à Luxeuil. Il rencontra le comte Romaric lors d'une prédication à Metz. Celui-ci lui donna un grand domaine et, ensemble, ils y fondèrent deux abbayes, l'une d'hommes, l'autre de femmes (Remiremont - Romarici Mons) Il y établit l'office perpétuel.
Il passa ses dernières années dans une grotte, au fond d'une crevasse où on lui descendait la nourriture au bout d'une corde.
vitrail - saint Amé - diocèse de Saint-DiéLa localité voisine conserve sa mémoire : 88120 Saint Ame ainsi que 88200 Remiremont.
Voir aussi sur le site internet du diocèse de Saint-Dié , le début de l'évangélisation du pays de Remiremont:
"Amé ou Aimé naît à Grenoble vers 570. Adolescent, il entre à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune (Suisse). Il y vit pendant trente ans en moine exemplaire, puis se retire comme ermite dans une grotte. Saint Eustase le décide à l'accompagner à Luxeuil.
D'une mission prêchée à Metz, il ramène Romaric. Vers 620, Amé et Romaric gagnent le Mont Habend (futur Saint Mont). Sous la règle de Saint Colomban, ils y fondent deux monastères de moines et de moniales. 'La louange perpétuelle' est assurée par sept chœurs de religieuses. Amé en est le premier abbé.
Il meurt le 13 septembre 629. Romaric, devenu prêtre, lui succède. Il s'éteint à son tour le dimanche 8 décembre 653. Adelphe devient le 3e abbé. C'est le début de l'évangélisation du pays de Remiremont. Le 13 novembre 1049, le pape lorrain Saint Léon IX canonise les 'Corps Saints' par la translation de leurs reliques."
A lire aussi: Saint Amé (Amatus) (vers 560 - vers 628) Moine du monastère de Luxeuil - Ermite au monastère de Saint Maurice d'Agaune (Valais, Suisse) Fondateur avec Romaric du monastère du Mont Habend près de Remiremont (Vosges). (site internet des amis de saint Colomban)
Dans les Vosges, au monastère de Remiremont, vers 629, saint Amé, prêtre et abbé. Célèbre par ses austérités, ses jeûnes et son amour de la solitude, il gouverna dignement le monastère qu'il avait construit à Habend avec saint Romaric.

Martyrologe romain

Dieu ami des humbles
tu as appelé les saints Amé, Romaric et Adelphe
à mener une vie fraternelle
dans la prière et le partage ;
Fais-nous la grâce de vivre comme eux
attentifs les uns aux autres,
à l'écoute de l'Esprit que tu nous a donné.

Saint Jean Chrysostome
Évêque et Docteur de L'église
(v. 344-407)

J

ean, surnommé Chrysostome, c'est-à-dire Bouche d'Or, à cause de la force et de la beauté de son éloquence, naquit à Antioche, vers l'an 344. Veuve à vingt ans, sa mère n'épargna rien pour lui donner une brillante éducation. Doué d'un génie supérieur, objet de l'admiration universelle, incliné au plaisir, Jean fut ramené à la réalité des choses et conquis à la perfection de l'Évangile par l'amitié fidèle d'un jeune homme de son âge, qui fut saint Basile. Noble exemple de l'apostolat qu'un véritable ami peut exercer dans son entourage ! L'amitié des deux jeunes gens ne fit que s'accroître par l'union désormais parfaite des pensées et des aspirations.
Devenu clerc de l'église d'Antioche, Chrysostome renonce complètement aux vanités du siècle ; il ne paraît qu'avec une tunique pauvre ; la prière, la méditation, l'étude de l'Écriture Sainte, partagent son temps. Il jeûne tous les jours et prend sur le plancher de sa chambre le peu de sommeil qu'il accorde à son corps, après de longues veilles. S'élevant par degré dans les fonctions ecclésiastiques, il devient l'œil, le bras, la bouche de son évêque. Son éloquence est si grande que toute la ville accourt à ses premières prédications où il y a souvent jusqu'à cent mille auditeurs à l'entendre.

À trente ans, Chrysostome fuit, dans la vie monastique, l'épiscopat auquel, plus tard, il ne pourra échapper. C'est en 398, qu'il est emmené de force à Constantinople et sacré patriarche de la ville impériale. Son zèle, l'indépendance de son langage ne furent égalés que par sa charité ; son éloquence séduisante, qui brillait alors de tout son éclat, attirait les foules autour de sa chaire ; il ranimait la foi au cœur des fidèles et convertissait une multitude de personnes. L'éloquence de l'orateur dévoilait le cœur d'un père, d'un apôtre et d'un saint.

Dieu permit que la croix vienne achever en Chrysostome l'œuvre de la perfection. Le courage invincible du Pontife, sa liberté à flétrir les désordres de la cour, lui valurent l'exil. En quittant Constantinople, il fit porter à l'impératrice cette fière réponse : « Chrysostome ne craint qu'une chose : ce n'est ni l'exil, ni la prison, ni la pauvreté, ni la mort, c'est le péché. » Il mourut en exil, victime des mauvais traitements de ses ennemis. Bien qu'il ne porte pas le titre de martyr, il en a tout le mérite et toute la gloire.

Saint Lidoire

Evêque de Tours (✝ 371)

Saint Lidoire fondateur de la première cathédrale de Tours qui vit le sacre de saint Martin et le 'miracle du globe de feu' (*).
A découvrir:
saint Lidoire fondateur de la première cathédrale de Tours.
Liste des Évêques de Tours.
(*) à lire dans la légende dorée de Jacques de Voragine.
À Tours, en 371, saint Lidoire, évêque. De son temps, les chrétiens étaient assez nombreux pour qu'il pût construire la première église dans les murs de la ville.

Saint Marcellin de Carthage

Martyr en Tunisie (✝ 413)

Quand les empereurs romains persécutaient les chrétiens, beaucoup sacrifièrent leur vie ou leur liberté pour la foi. Mais il y en eut, même des prêtres, qui renièrent le Christ, la mort dans l'âme sans doute, mais par peur ou par faiblesse de caractère. Quand revint la paix de l'Église, on se posa la question suivante: fallait-il réintégrer dans l'Église et dans le sacerdoce ceux qui avaient abjuré leur foi sous la menace? Les donatistes (du nom de leur meneur, Donat) jugeaient que non. Quand l'Église choisit de faire miséricorde, ils firent sécession. Un siècle plus tard, la guerre civile entre catholiques et donatistes durait toujours dans la province d'Afrique. L'empereur Honorius chargea alors le légat impérial Marcellin d'organiser une conférence contradictoire entre les deux partis. C'était un homme très cultivé et ce fut pour répondre à ses questions que saint Augustin écrivit plusieurs de ses ouvrages comme "De la rémission des péchés". La conférence de 410 à Carthage, que Marcellin préside avec équité malgré les pressions, condamne les donatistes. Ils ne lui pardonneront pas. Peu après, ils accusèrent le fidèle fonctionnaire romain de complot contre l'empereur. Malgré les intervention de saint Augustin, son ami qui lui dédie "la Cité de Dieu", le légat sera exécuté à Carthage en 413.
À Carthage, en 413, saint Marcellin, martyr. Tribun, légat de l'empereur Honorius, ami de saint Augustin et de saint Jérôme, homme de grande piété, il fut impliqué dans la révolte du comte d'Afrique Hilarien et condamé comme criminel d'État ; en réalité, il était poursuivi par les donatistes en raison de sa défense de la foi catholique et fut mis à mort, alors qu'il était innocent.

Martyrologe romain

Saint Nectaire

évêque d'Autun (VIe siècle)

 

ou Nectarius.
Evêque d'Autun, successeur d'Agrippin, et ami de saint Germain de Paris qu'il nomma abbé de Saint Symphorien d'Autun.

13 Septembre
  
Saint Maurille

Évêque d'Angers
(336-426)

Saint Maurille
Saint Maurille

Saint Maurille, né aux environs de Milan, fut attiré à Tours par les vertus de saint Martin, auprès duquel il exerça pendant plusieurs années les fonctions de chantre aux divins offices; puis, élevé à la prêtrise, il se dévoua au salut des âmes. Son zèle le conduisit près d'Angers, où, par ses prières, il fit descendre le feu du ciel sur un temple païen, et construisit ensuite à la place une église de Jésus-Christ. Il bâtit même à côté un monastère; bientôt vint se fixer alentour une population qui donna naissance à la ville de Chalonne.

A la mort de l'évêque d'Angers, Maurille lui succéda, par le choix de saint Martin lui-même. Au jour de sa consécration, une colombe descendit visiblement sur sa tête. Quelques années plus tard, un fait étrange arriva. Pendant la consécration de la Messe célébrée par le pontife, on apporta en toute hâte un enfant mourant, pour qu'il reçut la Confirmation; le Saint attendit la fin du Sacrifice, mais pendant ce temps l'enfant mourut, et Maurille en conçut un si grand chagrin, qu'il s'enfuit sans avertir personne et s'embarqua pour l'Angleterre, où il se gagea comme jardinier chez un riche seigneur.

Ses diocésains, dont la douleur était inconsolable, le firent si bien rechercher, qu'on découvrit sa retraite; mais il refusa de revenir au milieu de son troupeau, disant: "Je ne puis; car ayant perdu sur mer les clefs des reliques de ma cathédrale, que j'avais emportées par mégarde, j'ai fait serment de ne plus paraître à Angers avant de les avoir retrouvées. – Les voici, lui dirent les envoyés; pendant notre traversée, un poisson fut jeté sur le pont du navire par la vague, et dans son ventre on a trouvé ces clefs." Maurille obéit à la Volonté du Ciel. A son retour, il se fit conduire au tombeau de l'enfant, et, les yeux baignés de larmes, il demanda à Dieu de lui rendre la vie. Le petit ressuscité reçut, à cause de cette seconde naissance, le nom de René, et fut le successeur de Maurille sur le siège d'Angers.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

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