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st jean-paul ii

Ayons la force de discerner avec courage ce qui nous est difficile, dans notre vie, Selon les Saintes écritures.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59.


En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive.
Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

 

Encyclique « Dives in Misericordia » § 15; 30/10/1980 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana, rev.)


Discerner les signes de notre temps

L'Église a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde « avec de grands cris » (He 5,7) : ces « grands cris » doivent caractériser l'Église de notre temps (...), un cri qui implore la miséricorde selon les nécessités de l'homme dans le monde contemporain (...) Dieu est fidèle à lui-même, à sa paternité, à son amour ! Comme les prophètes, faisons appel à l'aspect maternel de cet amour qui, comme une mère, suit chacun de ses fils, chacune des brebis perdues, et cela même s'il y avait des millions d'égarés, même si dans le monde l'iniquité prévalait sur l'honnêteté, même si l'humanité contemporaine méritait pour ses péchés un nouveau déluge, comme la génération de Noé l'a mérité jadis.

            Ayons recours à l'amour paternel que le Christ nous a révélé par sa mission messianique, et qui a atteint son sommet dans sa croix, sa mort et sa résurrection. Ayons recours à Dieu par le Christ, nous souvenant des paroles du Magnificat de Marie, proclamant sa miséricorde « d'âge en âge » (Lc 1,50). Implorons la miséricorde divine pour l'âge contemporain (...) : élevons nos supplications, guidés par la foi, l'espérance et la charité que le Christ a implantées dans notre cœur.

            Cette attitude est également amour envers ce Dieu que l'homme contemporain a parfois repoussé loin de lui, considéré comme étranger à lui-même, en proclamant de diverses manières qu'il est inutile. Elle est amour de Dieu, dont nous ressentons profondément combien l'homme contemporain l'offense et le refuse. C'est pourquoi nous sommes prêts à crier comme le Christ en croix : « Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,24). Elle est en même temps amour des hommes, de tous les hommes, sans aucune exception ou discrimination, sans différence de race, de culture, de langue, de conception du monde, sans distinction entre amis et ennemis.

 

Méditation de l'Evangile 

du père Gabriel

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59 

 

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.

 

Savoir discerner les signes du Royaume

Nous ne croyons pas au miracle, mais nous voulons voir, disent les pharisiens, et nous après eux, donne-nous un signe.

Jésus distingue très bien les deux domaines de la science et de la foi quand Il nous dit :

"Le soir venu, vous dites : "Beau temps ! car le ciel est rouge", et le matin "De l'orage aujourd'hui ! car le ciel est rouge et menaçant..."Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes des temps !"

Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes du temps de Dieu ! Car la science observe les réalités terrestres et leurs lois, mais elle ne peut atteindre les lois du Royaume réservées à la foi et à l'amour... un tout autre domaine.

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.

Et dans le texte de Luc : "Et pourquoi de vous-mêmes ne jugez-vous pas ce qu'il serait juste de faire ?"

Il renvoie ses auditeurs à leurs propres responsabilités et leur demande de savoir juger par eux-mêmes, sans s'en remettre toujours au jugement des scribes et des pharisiens aveuglés.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

 

Saint Jean-Paul II

 

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

 

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Jean-Paul II, le pape Karol Wojtyla, nait à Wadowice le 18 mai 1920, second fils d’un père militaire et d’une mère institutrice. Il a été marqué dans sa jeunesse par la disparition de tous ses proches. Il est âgé de 9 ans quand sa mère décède. Quelques années plus tard, son frère aîné meurt prématurément. Puis son père meurt en 1941. Ces épreuves familiales ont pris place dans une Pologne atteinte par les drames du 20e siècle. Karol Wojtyla travaillera comme ouvrier dans une carrière de pierre d’abord, puis dans une usine chimique. Jean-Paul II gardera de cette expérience une grande préoccupation pour les problèmes sociaux. En 1939, la Pologne perd à nouveau son autonomie avec sa partition entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Le pape Jean-Paul II visitera la Pologne communiste dès le début de son pontificat en 1979, puis de nouveau en 1983 et en 1987. Les rassemblements populaires suscités par ses visites, son soutien explicite au syndicat Solidarnosc, auront joué un rôle décisif dans la chute du pouvoir communiste en Pologne en 1989. Son pontificat est marqué par les droits de l’homme : « La paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme […], tandis que la guerre naît de la violation de ces droits et entraîne encore de plus graves violations de ceux-ci. » L’Evangile de ces jours va bien avec la fête de Jean-Paul II. Jésus ressuscité enverra sur les disciples rassemblés des langues de feu. Jésus a voulu répandre l’incendie de l’Amour dans le monde. L’Esprit Saint a allumé la foi dans le cœur de l’humanité grâce à la Parole de Jésus portée jusqu’au bout du monde.

Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !

Jésus passe de l’image du feu à l’image de l’eau. Le baptême, est une plongée dans l’eau, en vue d’une purification. Jésus envisage une immersion dans la souffrance. Il sent venir la Passion qui va le submerger. Il sait que les grandes eaux de la mort vont l’engloutir. Lui, le Juste, va purifier le genre humain tout entier. Il a hâte que ce baptême soit accompli parce que cette plongée dans la Passion va lui permettre d’accomplir l’œuvre du Père. Sa mort va donner la vie à tous les hommes. Lorsque Jacques et Jean revendiqueront les deux places d’honneur dans son Royaume, Jésus leur demandera : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ? » Jean-Paul II est conscient que pour allumer sur la terre le feu de l’Esprit Saint il doit passer lui-même par la souffrance. Il y a répondu largement, par le feu de son Amour de Jésus depuis sa naissance, à la vie de Dieu. Aujourd’hui la parole de Jésus vient nous réveiller encore.

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. » L’engagement de Jésus jusqu’à la Croix pour le salut de l’humanité donne courage aux baptisés pour témoigner de lui partout. Jean-Paul 2 a contribué par toute sa vie à étendre le règne de Dieu. Karol Wojtyla, a écrit plusieurs compositions poétiques et théâtrales dont certaines, comme la boutique de l’orfèvre, ont eu un écho en dehors des frontières polonaises. Les activités de la culture sont un axe majeur de son pontificat. Jean-Paul II a conservé, sa vie durant, une réelle proximité avec les jeunes qui s’exprimera à travers les Journées Mondiales de la Jeunesse. Les efforts de rapprochement avec le judaïsme et le dialogue interreligieux sont des aspects situés dans la perspective du Concile. À l’égard du judaïsme, Jean-Paul II posera des gestes hautement symboliques pour favoriser le rapprochement avec l’Église catholique. Il donnera une visibilité au dialogue interreligieux à travers sa rencontre avec des jeunes musulmans au grand stade de Casablanca. Les deux rencontres de prière interreligieuse à Assise, en 1986 et en 2002 sont de belles victoires pour apporter la paix de Jésus dans l’humanité. La parole de Jésus, à l’œuvre dans notre cœur, nous conduira nous aussi à poser humblement des choix dans une société en butte à la contradiction.

 

Prions

Seigneur mets en nous, la volonté d’Amour en Dieu, pour qu'il soit notre seul amour. Qu'en lui nous soyons unifié à la Sainte Trinité. Pour que notre vie, depuis que le Père a posé sur nous son regard de tendresse. Pour que nous ayons la force de discerner avec courage ce qui nous est difficile. Amen

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Annoncer, témoigner que le Christ est vraiment ressuscité, qu'il est notre vraie et unique consolation. Veillez donc sur votre vie intérieure.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,1-3.

 

En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,
ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,
Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Discours du 29/04/1979 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes »

 

Il est particulièrement émouvant de méditer sur l'attitude de Jésus envers la femme. Il a fait preuve d'une audace surprenante pour son temps : dans le paganisme, la femme était considérée comme un objet de plaisir, une marchandise, un capital de travail ; dans le judaïsme, elle était marginalisée, avilie. Jésus a toujours manifesté la plus grande estime, le plus grand respect pour la femme, pour toute femme ; et il a été particulièrement sensible à sa souffrance. Passant outre aux barrières religieuses et sociales de son temps, il a rétabli la femme dans sa pleine dignité de personne humaine, devant Dieu et devant les hommes.

            Comment ne pas rappeler ses rencontres avec Marthe et Marie, avec la Samaritaine, avec la veuve de Naïm, avec la femme adultère, avec la femme qui souffrait d'hémorragies, avec la pécheresse dans la maison de Simon le Pharisien ? Le seul rappel de ces rencontres fait vibrer le cœur d'émotion. Et comment ne pas rappeler surtout que Jésus a voulu associer certaines femmes aux Douze, elles qui l'accompagnaient, qui le servaient, qui ont été pour lui un réconfort sur la route douloureuse jusqu'au pied de la croix ? Et après sa résurrection, Jésus apparaît aux saintes femmes et à Marie Madeleine, en la chargeant d'annoncer sa Résurrection aux disciples. Lorsqu'il s'est incarné et qu'il est entré dans notre histoire humaine, Jésus a voulu avoir une mère, la très sainte Vierge Marie ; il a ainsi élevé la femme à l'admirable et suprême dignité de Mère du Dieu Incarné, Reine immaculée du ciel et de la terre, montée au ciel.

            C'est pourquoi vous, les femmes chrétiennes, comme Marie Madeleine et les autres femmes de l'Évangile, vous devez annoncer, témoigner que le Christ est vraiment ressuscité, qu'il est notre vraie et unique consolation. Veillez donc sur votre vie intérieure.

(Références bibliques : Lc 10,38-42; Jn 4,1-42; Lc 7,11-17; Jn 8,3-9; Mt 9,20-22; Lc 7,36-50; Lc 8,2-3; Mt 28,8)    

Homélie du père Gilbert Adam

Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu.

« Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. »

Jésus est venu dans un monde rempli de suffisance qui méprise et délaisse les pauvres et qui les rejette. La connaissance de la Personne de Jésus s’acquiert dans la mesure où notre cœur est ouvert aux pauvres et aux petits. Alors nous rencontrons sa miséricorde, et nous cherchons ce qu’il convient de faire pour Lui plaire. Avec lui nous sommes disposés à accueillir le mépris des orgueilleux. Jésus est « le Pauvre, » il a rencontré des cœurs qui se sont attachés à sa personne. D’humbles femmes l’ont aimé et servi dans leur faiblesse et dans leurs affections. Jésus met l’humanité dans de toutes nouvelles relations d’amour, dans de nouveaux rapports de justice. Il proclame la bonne Nouvelle du règne de Dieu en passant à travers villes et villages, semant la révolution de l’Amour. Il se laisse acclamer par les enfants et les pauvres. Il sauve les souffrants et guérit les malades. Jésus est le Maître dont nous avons tous besoin d’être guéris pour entrer dans une nouvelle relation d’Amour. A sa suite nous sommes appelés là où l’Esprit Saint nous conduit !

« Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais 

Jésus, dans l’humilité profonde de son cœur, parcourt les chemins de notre terre souillée par le péché. Ceux qui ont compris son chemin d’humilité partagent son humble condition. Ils prennent avec eux ce qui lui est nécessaire pour lui venir en aide ! Il est né dans une crèche car il n’y avait pas de place pour Lui dans l’hôtellerie. Il n’aura pas, durant son ministère, « aucun lieu pour reposer sa tête. » Pourtant, il est le Créateur des mondes, celui qui commande au vent et à la mer. Il ordonne aux démons de sortir des hommes et ils sortent, il guérit toutes maladies et ressuscite les morts. Mais il est aussi Celui qui demande à une pauvre femme, elle-même assoiffée : « Donne-moi à boire. » A travers villes et villages, personne n’est oublié. Jésus enseigne au bord du lac ou sur les flancs de la montagne. Partout, Il prêche le royaume de Dieu et apporte la bonne nouvelle de la paix. Nous croyons en lui dans la foi, dans un amour invisible. Vivre de cet amour nous aide à être davantage croyant. Pour tenir bon dans notre vie spirituelle, il nous faut vivre de foi et d’amour, espérer davantage dans la douceur et l’humilité.

« Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources. »

La mention de Jeanne, femme de Chuzas est une source précise dont Luc a disposé ! Son mari occupait une charge importante à la cour d’Hérode Antipas, il était son intendant. Jeanne est mentionnée avec Marie de Magdala après la crucifixion de Jésus et son ensevelissement. Un même amour pour Jésus unissait ces deux femmes. Ce qu’elles ont accompli pour Jésus était dicté par leur amour commun. Ces femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée sont venues au sépulcre apporter les aromates qu’elles avaient préparés pour lui. C’est un encouragement pour nous aujourd’hui encore. Dans le combat spirituel nous mettons en œuvre la charité qui nous fait vivre dans le Christ. Nous habitons la toute petitesse du cœur qui nous émerveille dans la grâce des tous petits. Les pauvres ont besoin du contact avec Jésus qui a fondamentalement renouvelé l’humanité.

Demandons la grâce d’être attentif à la Parole de Dieu, pour que notre vie soit selon les voeux de Jésus, en passant à travers nos années, proclamait, annonçait et témoigner la Bonne Nouvelle du règne de Dieu et de son Amour.

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« Ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés » et Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

La Messe

 

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,12-16.


Bien-aimé, que personne n’ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune ; au contraire, sois pour les croyants un modèle par ta parole et ta conduite, par ta charité, ta foi et ta pureté.
En attendant que je vienne, applique-toi à lire l’Écriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire.
Ne néglige pas le don de la grâce en toi, qui t’a été donné au moyen d’une parole prophétique, quand le collège des Anciens a imposé les mains sur toi.
Prends à cœur tout cela, applique-toi, afin que tous voient tes progrès.
Veille sur toi-même et sur ton enseignement. Maintiens-toi dans ces dispositions. En agissant ainsi, tu obtiendras le salut, et pour toi-même et pour ceux qui t’écoutent.


Psaume 111(110),7-8.9.10.


Justesse et sûreté, les œuvres de ses mains,
sécurité, toutes ses lois,
établies pour toujours et à jamais,
accomplies avec droiture et sûreté !

Il apporte la délivrance à son peuple ;
son alliance est promulguée pour toujours :
saint et redoutable est son nom.

La sagesse commence avec la crainte du Seigneur.
Qui accomplit sa volonté en est éclairé.
À jamais se maintiendra sa louange.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.


En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »
Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Encyclique « Dives in Misericordia » § 13, 30 nov. 1980 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
 

« Ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés »


Parce que le péché existe dans ce monde que « Dieu a tant aimé qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3,16), Dieu qui « est amour » (1Jn 4,8) ne peut se révéler autrement que comme miséricorde. Cela correspond non seulement à la vérité la plus profonde de cet amour qu'est Dieu, mais aussi à la vérité intérieure de l'homme et du monde qui est sa patrie temporaire. (…) C'est pourquoi l'Église annonce la conversion et y appelle. La conversion à Dieu consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de cet amour « patient et doux » (cf 1Co 13,4) comme l'est Dieu Créateur et Père : l'amour auquel « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ » (2Co 1,3) est fidèle jusqu'à ses conséquences extrêmes dans l'histoire de l'alliance avec l'homme : jusqu'à la croix, la mort et la résurrection de son Fils. La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père « riche en miséricorde » (Ep 2,4).

            La connaissance authentique du Dieu de la miséricorde, Dieu de l'amour bienveillant, est une force de conversion constante et inépuisable, non seulement comme acte intérieur d'un instant, mais aussi comme disposition permanente, comme état d'âme. Ceux qui arrivent à connaître Dieu ainsi, ceux qui le voient ainsi, ne peuvent pas vivre autrement qu'en se convertissant à lui continuellement. Ils vivent donc « en état de conversion » ; et c'est cet état qui constitue la composante la plus profonde du pèlerinage de tout homme sur la terre « en état de cheminement ».

            Il est évident que l'Église professe la miséricorde de Dieu révélée dans le Christ crucifié et ressuscité non seulement par les paroles de son enseignement, mais surtout par la pulsation la plus intense de la vie de tout le peuple de Dieu. Grâce à ce témoignage de vie, l'Église accomplit sa mission propre de Peuple de Dieu, mission qui participe à la mission messianique du Christ lui-même et qui, en un certain sens, la continue.

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Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,16-30.


En ce temps-là, Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
‘L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.’
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit :

« Sûrement vous allez me citer le dicton :

“Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire :

Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
 

Méditation de l'Evangile

du lundi 30 août

Jésus est rejeté de la synagogue de Nazareth

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

 

Qui, sinon la Vierge Marie, a bien pu transmettre à Luc le récit de l'incident de Nazareth ? Elle aura été tellement bouleversée par cette scène que les détails en sont restés dans sa mémoire.

Au début, tout se passe pour le mieux. Jésus enseigne à travers le texte d'Isaïe qu'il a choisi de commenter. Il rappelle que l'Envoyé du Père, conduit par l'Esprit Saint, n'est venu qu'apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux captifs, aux aveugles que nous sommes. Et pourtant Jésus ne put faire aucun miracle dans sa patrie parce que ses concitoyens, jaloux de ses dons et de son autorité, refusèrent de lui faire confiance :

« Et Il s'étonnait de leur incrédulité » . Le manque de confiance paralyse. Son amour ne va qu'à ceux qui ont foi en Lui : « Et Il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité »

Il ne fut donc pas reçu par les siens. Il est mal reçu chez Lui, dans sa bourgade car sa Sagesse, sa Puissance lui créent des inimitiés stupides et cancanières. On ne trouve que des mots méchants et mesquins pour déprécier son père et sa mère, ses frères et sœurs : les plus pauvres du village !…« D'où lui vient cette Sagesse et ses miracles ? N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère n'a-t-elle pas nom “Marie', et ses frères “Jacques et Joseph, et Simon et Judas” ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient donc tout cela ? Et Ils se scandalisaient à son sujet »

Cela nous montre en contrepartie combien Jésus aima les siens. Ils furent tellement unis dans cette famille de Nazareth que l'on ne sépare Jésus ni de sa mère ni de son père adoptif Joseph.

Pour ses concitoyens, « Il est le fils du charpentier » , tant les silhouettes des deux hommes se sont fondues dans un même travail ! Et si l'on parle de Jésus, on ne peut pas ne pas évoquer sa mère : « Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? » Jésus, Marie, Joseph, groupe inséparable, qui évoque l'un, évoque les deux autres pour les habitants de la petite bourgade de Nazareth. Il n'a pas trahi non plus sa parenté : « Jacques, Joseph, Simon, et Judas, ses frères et sœurs » sont inséparables, eux aussi, de l'image que ses contemporains se font de Lui.

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

Ce besogneux n'est-il pas le fils du charpentier, le fils de celle que l'on appelle “Marie” Non, ce n'est pas possible qu'un simple ouvrier puisse avoir tant de génie, tant de talents ! « Et ils se scandalisaient à son sujet »

Marie se rappelle de tout cela comme si c'était hier : lorsque son fils a parlé de Naïman et de la veuve de Sarepta, tout a basculé.

La rage s'est emparée de ses concitoyens et ils en sont venus aux voies de fait. « En entendant ces paroles, tous dans la synagogue furent remplis de colère, et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville et le conduisirent jusqu'au sommet de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour le précipiter »

Ils sont subjugués par cet homme. Cette finale, avec son verbe rejeté en fin de phrase, nous laisse sous l'impression qu'Il les domine totalement et s'échappe quand Il veut : « Mais Lui, passant au milieu d'eux, s'en allait ! »

Père Gabriel

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Exhortation apostolique « Christifideles laici / Les Fidèles laïcs », § 13-14 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle »


Le Concile Vatican II présente le baptême en ces termes : « Les baptisés, par la régénération et l'onction du Saint-Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle » (LG 10). L'Esprit Saint oint le baptisé ; il imprime sur lui un sceau indélébile, et il le constitue temple spirituel (2Co 1,21s; 1Co 3,16), c'est-à-dire qu'il le remplit de la sainte présence de Dieu grâce à l'union et à la conformité avec Jésus Christ. Fort de cette onction spirituelle, le chrétien peut, à sa manière, répéter les paroles de Jésus : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction ». (...)

            « La mission du Christ, prêtre, prophète, roi, se poursuit dans l'Église. Tous, le Peuple de Dieu tout entier, participent à cette triple mission. » Les fidèles laïcs participent à la fonction sacerdotale par laquelle Jésus s'est offert lui-même sur la croix et continue encore à s'offrir dans la célébration de l'eucharistie (…) : « Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d'esprit et de corps, s'ils sont vécus dans l'Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie (…), tout cela devient ‘offrandes spirituelles agréables à Dieu par Jésus Christ’ (1P 2,5) ; et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l'oblation du corps du Seigneur pour être offertes en toute dévotion au Père » (LG 34). (…)

            La participation à la fonction prophétique du Christ (…) habilite et engage les fidèles laïcs à recevoir l'Évangile dans la foi, et à l'annoncer par la parole et par les actes. (…) Ils vivent la royauté chrétienne tout d'abord par le combat spirituel qu'ils mènent pour détruire en eux le règne du péché (Rm 6,12), ensuite par le don de soi pour servir (…) Jésus lui-même, présent en tous ses frères, surtout dans les plus petits (Mt 25,40). Mais les fidèles laïcs sont appelés en particulier à redonner à la création toute sa valeur originelle. En liant la création au bien véritable de l'homme par une activité soutenue par la grâce, ils participent à l'exercice du pouvoir par lequel Jésus ressuscité attire à lui toutes choses et les soumet (…) au Père, « afin que Dieu soit tout en tous » (Jn 12,32; 1Co 15,28)

Homélie du Père Gilbert Adam

L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.

« Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. »
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. La parole de Jésus est une « parole de grâce. » En lui, la grâce et la bienveillance de Dieu se sont rendues visibles avec puissance. Dieu qui avait promis de sauver l’homme parce qu’il l’aime, l’a sauvé en vivant dans la chair humaine en Jésus. Il ne lui a pas suffit de nous donner le Salut : il s’est donné lui-même comme Sauveur. Nous voulons contempler le Sauveur, avoir le cœur occupé à regarder Jésus ! Alors sa lumière rend notre visage plus lumineux, comme celui de Marie sa mère. Les habitants de son village se referment sur ce qu’ils connaissent de lui. Le message de Jésus n’est pas selon le désir des habitants de Nazareth. "C’est le fils de Joseph" disent-ils. Ils veulent se saisir de lui pour que Jésus accomplisse leur volonté. Ce qu’ils attendent, c’est un Messie puissant, le souci des pauvres n’est pas leur priorité !

« Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. » 

Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. Jésus élargit la perspective des habitants de Nazareth en citant les prophètes Élie et Élisée avec lesquels cela se passait déjà ainsi. Il vient combler l’intérieur de nos vies, là, il veut grandir encore en nous. Mais il rencontre une incompréhension chez les habitants de Nazareth. La Parole de Jésus nous demande une grande disponibilité et une abnégation de nous-mêmes, une renonciation à notre volonté propre. Il faudrait que notre seul désir soit de faire la volonté de Dieu, d’être au diapason de l’Esprit Saint. Nous voulons pour cela nous mettre à l’école de Dieu. Que la Parole opère en nous son chemin.

En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.

Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. Si Jésus trouvait la foi à Nazareth il pourrait apporter le salut. Jésus était rempli d’Esprit Saint, mais les siens sont remplis de colère. Celle-ci les empêche d’accepter le cadeau qu’il veut leur offrir. La dureté de leur cœur, causée par une prétention religieuse, est cruelle. Jésus, passant au milieu d’eux, ira son chemin. Il ne reste pas la proie de la méchanceté des hommes. Piégé par le Satan dans le désert, il ne restera pas dans un chemin de mort. L’Esprit Saint fait l’œuvre de Dieu en nous, il a éclairé le chemin de Marie.

Prière

Seigneur Jésus, permet de nous donner la grâce d’être avec toi, sous la protection de l’Esprit Saint pour accomplir la volonté de Dieu.

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Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Jean 6,60-69.


En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :
« Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit :
« Cela vous scandalise ?
Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !...
C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta :
« Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner.
Alors Jésus dit aux Douze :
« Voulez-vous partir, vous aussi ? »
Simon-Pierre lui répondit :
« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Méditation de l'évangile du dimanche 22 août

Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle

Son amitié souffre, car Il parle de ce mystère de l'amitié, poussé si loin dans ce partage du pain et du vin, de ce mystère d'union et de communion au Pain de Vie descendu du Ciel, et ses paroles scandalisent ! Et pourtant ces paroles ne sont pas les siennes, mais celles de Celui qui l'a envoyé, le Père...

Après le miracle de la multiplication des pains, Jésus explique longuement aux juifs de la synagogue de Capharnaüm que le vrai Pain de Vie, c'est Lui. Beaucoup des siens n'y comprennent rien.

"L'ayant donc entendu, beaucoup de ses disciples dirent : Cette parole est dure !... Peut-on seulement l'écouter ?"

On sent toute la tristesse du Seigneur dans ces interrogations amicales adressés aux siens, car Il perçoit nettement qu'Il est totalement incompris.

"Jésus, sachant lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit : Cela vous scandalise ? Que sera-ce donc si vous voyez le Fils de l'homme montant où Il était d'abord ? C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien".

Son amitié souffre, car Il parle de ce mystère de l'amitié, poussé si loin dans ce partage du pain et du vin, de ce mystère d'union et de communion au Pain de Vie descendu du Ciel, et ses paroles scandalisent ! Et pourtant ces paroles ne sont pas les siennes, mais celles de Celui qui l'a envoyé, le Père...

"Il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas. Car Jésus savait dès le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le trahirait"

Mais il faut être si attentif à cet esprit du Père, à cette voix du Père en nous, pour comprendre cette amitié de Dieu ! soupire-t-il...

"Et Il disait : C'est pour cela que je vous ai dit que personne ne peut venir à Moi, si cela ne lui est donné par le Père"

Combien lui fut douloureux cet abandon de disciples aimés, compagnons des marches à travers toute cette Palestine !

"Dès ce moment, beaucoup de ses disciples cessèrent de Le suivre et n'allaient plus avec Lui..."

Père Gabriel

 

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle » (Jn 6,54)

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Encyclique « Ecclesia de Eucharistia », 18-19 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

Celui qui se nourrit du Christ dans l'eucharistie n'a pas besoin d'attendre l'au-delà pour recevoir la vie éternelle : il la possède déjà sur terre, comme prémices de la plénitude à venir, qui concernera l'homme dans sa totalité. Dans l'eucharistie en effet, nous recevons également la garantie de la résurrection des corps à la fin des temps : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6,54). Cette garantie de la résurrection à venir vient du fait que la chair du Fils de l'homme, donnée en nourriture, est son corps dans son état glorieux de Ressuscité. Avec l'eucharistie, on assimile pour ainsi dire le « secret » de la résurrection. C'est pourquoi saint Ignace d'Antioche définit avec justesse le pain eucharistique comme « remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir ».

            La tension eschatologique suscitée dans l'eucharistie exprime et affermit la communion avec l'Église du ciel. Ce n'est pas par hasard que, dans les anaphores orientales ou dans les prières eucharistiques latines, on fait mémoire avec vénération de Marie, toujours vierge, Mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ, des anges, des saints apôtres, des glorieux martyrs et de tous les saints. C'est un aspect de l'eucharistie qui mérite d'être souligné : en célébrant le sacrifice de l'Agneau, nous nous unissons à la liturgie céleste, nous associant à la multitude immense qui s'écrie : « Le salut est donné par Dieu, lui qui siège sur le Trône, et par l'Agneau » (Ap 7,10). L'eucharistie est vraiment un coin du ciel qui s'ouvre sur la terre. C'est un rayon de la gloire de la Jérusalem céleste, qui traverse les nuages de notre histoire et qui illumine notre chemin.

Homélies du Père Gilbert Adam

Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu.

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent :

« Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »

Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ! C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Jésus nous fait participer à la prise de conscience si douloureuse de la trahison de Judas. Il ne cherche à retenir personne, il ne force aucune liberté pour aller avec lui vers le Royaume. Au contraire, il délie ses plus proches disciples de tout ce qui pourrait les aliéner. Jésus nous ramène dans la perspective de nous donner entièrement. Pour entrer et durer sur le chemin de l’amour offert et reçu, nous devons découvrir que ce chemin d’Amour est pour nous le vrai chemin de la vie, de la vie en plénitude. En fin de compte, ce qui nous paraît difficile, est pour nous un chemin de l’apprentissage de l’amour véritable. Le véritable amour se donne dans la toute petitesse et la grande pauvreté. Le défi de notre vie est de demeurer dans cet amour qui nous régénère sans cesse.

Jésus ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Jésus nous redit : C’est moi qui vous ai choisis et établis dans l’amour de Dieu. Nous découvrons ce cadeau de Dieu en nous, avec la capacité d’aimer et d’être aimé. Nous avons été choisi pour participer librement à l’amour de Dieu, cette capacité nous rend plus heureux. C’est ainsi que l’amour peut-être un commandement. Car le Christ nous demande de mettre en œuvre ce qu’il nous a déjà donné, de pouvoir faire ce qui nous rend heureux. Nous avons cette capacité, même si c’est difficile. Jésus nous donne le commandement de l’amour. Il est la voie de notre réussite humaine. Nous aimons et nous sommes plus heureux en aimant. Nous portons du fruit et un fruit qui demeure toujours. Nous croyons que Dieu est à l’origine de notre vie, qu’il est Celui qui nous attire sans cesse dans son amour. Il veut que nous soyons heureux. Par notre attitude de respect et d’amour, par notre attitude d’accueil et de bienveillance pour les autres, nos frères en humanité, Dieu nous donne vie.

Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Quand aimer devient difficile, nous nous tournons vers Jésus : « À qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! » Les crises, dans notre vie, mettent en lumière l’origine divine de l’amour. Entrer dans l’amour à la suite de Jésus, c’est se laisser dépouiller des fausses images de Dieu, de soi, et des autres. Pierre comprend que l’amour de Jésus est tout différent dans son regard d’amour, après son reniement. Avant l’agonie du jardin des oliviers, Jésus avait dit, en prenant le pain : « Ceci est mon corps livré pour vous » et en prenant la coupe de vin : « Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. » Il nous donne une nouvelle vie. Pierre prend conscience que le véritable amour se donne dans la toute petitesse et la grande pauvreté. Le don de la chair et du sang de Jésus répond à l’amour de Marie qui l’a reçu en lui donnant son corps comme abri et son sang comme nourriture. C’est en croyant à l’amour infini de Dieu pour elle, en écoutant sa Parole, en s’abandonnant à sa volonté d’amour sur elle, qu’elle a pu accomplir ce don d’elle-même.

De nos jours, nous répondons toujours à Jésus : « Seigneur, vers qui nous pourrions aller ? Tu as les Paroles de la vie éternelle . »

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Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi je suis le pain vivant qui est descendu du ciel

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,41-51.


En ce temps-là, les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? »
Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous.
Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes : ‘Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.’ Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi.
Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ;
mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Méditation de l'évangile du dimanche

 

Moi, je suis le pain vivant

Le sacrifice a toujours été l'acte essentiel de toutes les religions. Il visait à rendre sacrées, privilégiées, les relations entre l'homme et Dieu. Le sacrifice de Jésus n'y échappe pas, mais il rejoint Dieu, non dans l'offrande d'une victime extérieure à nous-mêmes, mais dans une acceptation parfaite de la volonté de Dieu à notre égard, jusque dans notre mort.

« C'est Moi qui suis le Pain Vivant descendu du Ciel. Si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra à jamais. Et le pain que Je donnerai, c'est ma chair livrée pour la vie du monde

Ce Pain Vivant qui apporte une vie nouvelle à l'homme, c'est « la chair livrée » pour la vie du monde. L'allusion à sa mort est nette. C'est cette chair livrée à la volonté du Père dans la mort qui achemine l'homme au-delà de la vie terrestre, vers la vie éternelle.

Il y a déjà, posée là, toute l'acceptation par Jésus de la condition humaine, condition de créature finie et mortelle, s'abandonnant à la volonté du Père.

Jésus, dans la communion à sa chair livrée, à son sang versé, nous invite à venir puiser près de Lui la force d'accepter, comme Lui, notre propre condition d'homme mortel. Il nous demande d'avoir confiance en son Père, qui l'amène et le conduit, Lui le Fils de l'homme, vers sa propre résurrection, gage de la nôtre.

Mais ses paroles sont ” Esprit ” et sans la foi, elles nous rebuteraient, comme elles ont rebutèrent les juifs ses contemporains.

Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.

Jésus , dans le banquet eucharistique nous invite à dévorer cette chaire livrée, à boire ce sang versé, symbole de son abandon au Père dans la mort. Elle nous invite donc à Le rejoindre totalement dans cette acceptation de ce que nous sommes : des hommes mortels, qui croient, comme Lui, à l'amour du Père.

La communion reste donc la plus géniale invention de l'amitié et du coeur d'un Dieu à notre égard. Dans la confiance, uni au Fils de l'homme, à travers les épreuves comme à travers les joies, nous voilà en marche vers la Résurrection, fortifiés par ce pain super nourrissant dont nous parle le Père.

Père Gabriel

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » Chap. 1, § 11; 17 avril 2003 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)
 

« Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie »
« La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus » (1Co 11,23) a institué le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang. (…) L'Église a reçu l'eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, aussi précieux qu'il soit parmi bien d'autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut. Celle-ci ne reste pas enfermée dans le passé, puisque « tout ce que le Christ est, et tout ce qu'il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l'éternité divine et surplombe ainsi tous les temps » (CEC 1085).

            Quand l'Église célèbre l'eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi « s'opère l'œuvre de notre rédemption » (Vatican II LG 3). Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus Christ ne l'a accompli et n'est retourné vers le Père qu'après nous avoir laissé le moyen d'y participer comme si nous y avions été présents. Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d'une manière inépuisable. Telle est la foi dont les générations chrétiennes ont vécu au long des siècles. Cette foi, le magistère de l'Église l'a continuellement rappelée avec une joyeuse gratitude pour ce don inestimable. Je désire encore une fois redire cette vérité, en me mettant avec vous, chers frères et sœurs, en adoration devant ce Mystère : Mystère immense, Mystère de miséricorde. Qu'est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous ? Dans l'eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va « jusqu'au bout » (Jn 13,1), un amour qui ne connaît pas de mesure.

Homélies du Père Gilbert Adam

 

Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit.

Les Juifs récriminaient contre Jésus parce qu’il avait déclaré : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »

Ils disaient : « Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant : “Je suis descendu du ciel” ? » C’est de l’identité de Jésus que partent les murmures des juifs. Jésus vient de Dieu, il va tenter de se définir d’une double manière. D’une part par rapport à son Père, il vient de Dieu et lui seul l’a vu, et, d’autre part, par rapport aux hommes, il est celui qui se donne aux hommes pour leur transmettre la vie. Jésus se donne pour vaincre le mystère d’iniquité du monde, du mal répandu dans le monde. Nous rendons grâce à Dieu qui vient au secours de notre souffrance et nous libère par le Christ. Isaïe le signalait : « Comme une brebis on l’a conduit à l’abattoir, comme un agneau muet devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. A cause de son humiliation, sa condamnation a été levée. » C’est ce que n’ont pas compris ceux qui récriminent. Jésus nous donne de tout récapituler en lui. Au cœur du monde en recherche, l’Esprit Saint rassemble toute personne qui est attirée par Dieu. L’humanité est totalement transformée dans le Christ Jésus. Dieu comble toutes les dimensions de notre vie pour que nous soyons régénérés en lui. L’Esprit Saint est à l’œuvre pour bâtir la civilisation de l’Amour. La bienveillance qui nous est donnée transforme fondamentalement l’univers.

Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous.

Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Jésus leur dit, vous ne me connaissez pas, vous ignorez ma véritable origine : « Je suis celui qui vient de Dieu. » Jésus écarte l’objection des juifs, mais il en soulève une plus grande encore qui constitue pour eux un insoutenable blasphème : il se dit le Fils de Dieu. « Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. » Le Verbe est Fils, il se reçoit du Père. Reçu dans la foi, le sacrifice du Christ pacifiera toute l’humanité. La misère du monde sera transfigurée par la Passion de Jésus. Au cœur même de la création, le blé et le raisin, le pain et le vin, vont contribuer à la transformation de l’univers dans l’eucharistie. La Passion du Christ dans l’eucharistie se vit en présence de toute l’humanité et surtout des plus souffrants qui peuvent offrir leur vie avec le Christ : « J’achève en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Église. » L’Église célèbre ce mystère dans une humanité en guerre, elle y infuse un nouvel Amour. Ainsi transformé, le monde est récapitulé dans le Corps du Christ Eucharistique. Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.

Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement

 Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Jésus nous redit l’unité entre lui et notre Dieu. Ayant tout reçu du Père, il manifeste ce qu’il a reçu. Le Père, a tout donné à son Fils. Le Verbe est tourné vers le père, il nous plonge dans le mystère du Père. L’Amour du Père est comme le Secret et le motif de l’incarnation du Verbe. Jésus annonce le mystère de son sacrifice. Ce mystère est célébré en mémorial pour le salut du monde. C’est ainsi que nous sommes introduits dans la perspective du Pain de Vie. La veille de sa passion, Jésus prit du pain et dit : « Prenez, mangez, c’est mon corps. Il prend du vin et dit : "Prenez, buvez, c’est mon sang." C’est bien le sang du Christ qui a été répandu sur la croix une fois pour toute et pour le salut de tous. C’est bien sa chair meurtrie qui sera donnée pour que le monde ne vive plus d’une passion meurtrière mais d’une passion d’amour. "Dans sa chair, il a tué la haine," pour que nous ayons la vie.

Demandons la grâce de devenir l’enfant bien aimé du Père, d’être entraînés dans l’Amour infini de Dieu.

43 45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. 46 Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. 47 Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. 48 Moi, je suis le pain de la vie. 49 Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; 50 mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. 

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En ouvrant le cœur à l'amour de Dieu, on ouvre à l'amour nos frères et soeurs capable de construire l'avenir selon notre Dieu.

ÉVANGILE
« Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? » (Lc 12, 54-59)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    Jésus disait aux foules :
« Quand vous voyez un nuage monter au couchant,
vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir,
et c’est ce qui arrive.
    Et quand vous voyez souffler le vent du sud,
vous dites qu’il fera une chaleur torride,
et cela arrive.
    Hypocrites !
Vous savez interpréter
l’aspect de la terre et du ciel ;
mais ce moment-ci,
pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?
    Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes
ce qui est juste ?
    Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat,
pendant que tu es en chemin
mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui,
afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge,
que le juge ne te livre à l’huissier,
et que l’huissier ne te jette en prison.
    Je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Quel est le message que le Seigneur veut me donner avec ce signe des temps?

Pour comprendre les signes des temps, le silence est avant tout nécessaire : faire silence et observer.

Ensuite, réflechir à l'intérieur de soi.

Un exemple : pourquoi y-a-t-il autant de guerres en ce moment ? Pourquoi s'est-il passé quelque chose? Et prier… Silence, réflexion et prière.

C'est seulement ainsi que l'on pourra comprendre les signes des temps, ce que Jésus veut nous dire. (Santa Marta, 23 ottobre 2015)

Savoir discerner les signes du Royaume

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.


Méditation du vendredi 23 octobre

Nous ne croyons pas au miracle, mais nous voulons voir, disent les pharisiens, et nous après eux, donne-nous un signe.

Jésus distingue très bien les deux domaines de la science et de la foi quand Il nous dit :

“Le soir venu, vous dites : “Beau temps ! car le ciel est rouge”, et le matin “De l'orage aujourd'hui ! car le ciel est rouge et menaçant…“Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes des temps !”

Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes du temps de Dieu ! Car la science observe les réalités terrestres et leurs lois, mais elle ne peut atteindre les lois du Royaume réservées à la foi et à l'amour… un tout autre domaine.

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.

Et dans le texte de Luc : “Et pourquoi de vous-mêmes ne jugez-vous pas ce qu'il serait juste de faire ?”

Il renvoie ses auditeurs à leurs propres responsabilités et leur demande de savoir juger par eux-mêmes, sans s'en remettre toujours au jugement des scribes et des pharisiens aveuglés.


Père Gabriel

Saint Jean-Paul II
(1920-2005)

pape

Lettre Apostolique « Novo millennio innuente » § 33 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

Les signes des temps où nous sommes

Le fait que l'on enregistre aujourd'hui, dans le monde, malgré les vastes processus de sécularisation, une exigence diffuse de spiritualité, qui s'exprime justement en grande partie dans un besoin renouvelé de prière, n'est-il pas un « signe des temps » ? Les autres religions, désormais amplement présentes dans les territoires d'ancienne chrétienté, proposent aussi leurs réponses à ce besoin, et elles le font parfois avec des modalités attrayantes. Nous qui avons la grâce de croire au Christ, révélateur du Père et Sauveur du monde, nous avons le devoir de montrer à quelles profondeurs peut porter la relation avec lui.

La grande tradition mystique de l'Église, en Orient comme en Occident, peut exprimer beaucoup à ce sujet. Elle montre comment la prière peut progresser, comme un véritable dialogue d'amour, au point de rendre la personne humaine totalement possédée par le Bien-Aimé divin, vibrant au contact de l'Esprit, filialement abandonnée dans le cœur du Père. On fait alors l'expérience vivante de la promesse du Christ : « Celui qui m'aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l'aimerai, et je me manifesterai à lui » (Jn 14,21). (...)

Oui, chers frères et sœurs, nos communautés chrétiennes doivent devenir d'authentiques écoles de prière, où la rencontre avec le Christ ne s'exprime pas seulement en demande d'aide, mais aussi en action de grâce, louange, adoration, contemplation, écoute, affection ardente, jusqu'à une vraie « folie » du cœur. Il s'agit donc d'une prière intense, qui toutefois ne détourne pas de l'engagement dans l'histoire: en ouvrant le cœur à l'amour de Dieu, elle l'ouvre aussi à l'amour des frères et rend capable de construire l'histoire selon le dessein de Dieu.

Homélie du Père Gilbert

"Jésus disait encore aux foules : Quand vous voyez un nuage se lever à l’ouest, vous dites aussitôt : « La pluie vient. » Et cela arrive."

« Hypocrites, vous savez apprécier l’aspect de la terre et du ciel ; comment pouvez–vous ne pas savoir apprécier ce temps–ci ? »

Les apôtres sont privilégiés car Jésus les enseigne quotidiennement et il répond à leurs questions chaque fois qu’il en est besoin. Il leur demande de regarder, dans leur vie quotidienne, les signes qui leur permettront de diriger leur vie et de porter un jugement sur les réalités du monde. Ces signes observés dans la réalité humaine sont compris comme porteurs de questions existentielles. Il nous faut y reconnaître des signes de réalités divines, quel est le dessein de Dieu sur l’humanité. Jésus s’appuie sur les réalités du quotidien pour nous dire l’amour de Dieu, sa tendresse pour nous. Il est venu jusqu’à nous, il nous apporte un amour fondamentalement nouveau. Sa venue est un don surabondant de l’amour du Père qui nous est donné gratuitement. La présence de Jésus est pour nous le « signe » de l’Amour infini de Dieu. "L’homme au cœur pur, aux mains innocentes" est celui qui sait que tout vient de Dieu et qui se situe fraternellement avec ses frères. Recevoir le don de Dieu, consiste à accueillir le don surabondant de son amour gratuit donné en Jésus Christ.

« Vous savez discerner parmi les signes des temps, » mais au milieu de vous se tient le Fils de l’homme, et vous ne savez pas l’accueillir ! « Lorsque tu vas avec ton adversaire devant un chef, tâche en chemin de te dégager de lui, de peur qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te fasse mettre en prison." Ce conseil a toujours été repris par les responsables des premières communautés chrétiennes. Nous sommes frappés par les appels au bon sens, à la raison, au réalisme du jugement. La recherche de la vérité est la recherche de Jésus qui a dit : « Je suis la Vérité. » Elle exige le bon sens de la raison humaine. Si nous avons l’humilité de regarder les faits et de nous en servir pour diriger notre vie, nous serons dans une belle Sagesse. Pour reconnaître les signes des temps, il nous faut croire que c’est le même et unique Esprit de Dieu qui agit dans l’univers et dans le cœur des hommes. Jésus prend, dans l’existence humaine, l’expérience du conflit pour nous aider à avancer. Il nous faut régler nos différents avant d’arriver chez le juge, sinon le juge prendra nos biens et nous nous retrouverons dépouillés. Jésus nous situe par rapport à Dieu à qui tout appartient, nous pouvons tout lui remettre dans une attitude d’adoration car tout vient de Dieu et tout repart vers Lui.

« Et pourquoi ne jugez–vous pas par vous–mêmes de ce qui est juste ? » Les idéologies actuelles veulent imposer une vérité qui n’est pas la réalité ! Il est à la portée de chacun de raisonner justement. Jésus a exulté de joie en remerciant son Père de faciliter la tâche aux petits et aux humbles plutôt qu’à ceux qui, aux yeux du monde, passent pour des sages et des savants. Les Béatitudes des cœurs purs, des assoiffés de justice, des miséricordieux, sont mues par l’Esprit Saint. Avec beaucoup d’humilité, nous savons que nous appartenons à Dieu, et nous voulons demeurer dans son cœur surabondant d’amour. Recevoir l’Amour de Dieu avec confiance et abandon, c’est être sauvé et garder le respect des uns vis-à-vis des autres, c’est accomplir ce qui est à notre portée. Nous nous ajustons dans l’humilité et la douceur à Dieu qui nous donne tout ce que nous lui demandons. Dans la surabondance de son amour Il nous fait miséricorde et nous pouvons faire miséricorde à frères.

Nous demandons à Jésus la grâce de nous apprendre la voie de l’Amour, de l’abandon et de la douceur.

 

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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« Il y eut un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le Dragon » (Ap 12,7)

ÉVANGILE
« Vous verrez les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jn 1, 47-51)

Alléluia. Alléluia.
Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur :
à lui, haute gloire, louange éternelle !
Alléluia. (Dn 3, 58)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
    lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui,
il déclara à son sujet :
« Voici vraiment un Israélite :
il n’y a pas de ruse en lui. »
    Nathanaël lui demande :
« D’où me connais-tu ? »
Jésus lui répond :
« Avant que Philippe t’appelle,
quand tu étais sous le figuier,
je t’ai vu. »
    Nathanaël lui dit :
« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !
C’est toi le roi d’Israël ! »
    Jésus reprend :
« Je te dis que je t’ai vu sous le figuier,
et c’est pour cela que tu crois !
Tu verras des choses plus grandes encore. »
    Et il ajoute :
« Amen, amen, je vous le dis :
vous verrez le ciel ouvert,
et les anges de Dieu monter et descendre
au-dessus du Fils de l’homme. »

     – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Jésus est le Fils de Dieu : il est donc éternellement vivant, tout comme son Père est éternellement vivant. C'est la nouveauté que la grâce allume dans le cœur de ceux qui s'ouvrent au mystère de Jésus: la certitude non pas mathématique, mais encore plus forte, intérieure, d'avoir rencontré la Source de la Vie, la Vie elle-même faite chair, visible et tangible au milieu de nous. Une foi que le bienheureux Paul VI, alors qu'il était encore archevêque de Milan, exprimait par cette admirable prière : «Ô Christ, notre seul médiateur, Tu nous es nécessaire pour vivre en communion avec Dieu le Père; pour devenir avec Toi, qui es notre seul Fils et Seigneur, ses enfants adoptifs; pour être régénérés dans l'Esprit Saint» (Lettre Pastorale de 1955). (Angélus du 29 juin 2018)

Jésus rencontre Nathanaël

            

Pour chacun de nous d'ailleurs, avec la même acuité, un jour le regard de Jésus plonge dans l'âme et nous donne notre nom, notre définition que Lui seul connaît et nous révèle. Le regard de Jésus pénètre. Il rentre loin dans les cœurs et juge de leur valeur d'un seul coup

 

Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'homme. »

 

Méditation de l'Evangile du mardi 29 septembre

Jésus a une manière de parler qui témoigne d'une certitude intérieure qui bouleverse ses interlocuteurs. Car dans cette première rencontre avec Pierre, Jésus plonge son regard dans l'âme de Simon.

Et ce regard pénètre si avant qu'il définit l'apôtre et lui donne ce nom qui signifie tout l'être, ce nom que seul Dieu connaît et peut trouver.

Pour chacun de nous d'ailleurs, avec la même acuité, un jour le regard de Jésus plonge dans l'âme et nous donne notre nom, notre définition que Lui seul connaît et nous révèle. Le regard de Jésus pénètre. Il rentre loin dans les cœurs et juge de leur valeur d'un seul coup. Son regard pénètre au-delà de l'homme présent, pour atteindre toute la vie et en définit le rôle providentiel : “Tu t'appelleras Cephas, ce qui signifie : Pierre”.

Après André, Jean, Pierre, il en sera de même pour Philippe, conquis d'emblée par le Seigneur. « Le lendemain, Jésus résolut de partir pour la Galilée. Il va trouver Philippe et Jésus lui dit : suis-moi. Or, Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre »

« Philippe va trouver Nathanaël et lui dit : Celui de qui ont écrit Moïse dans la loi et les Prophètes, nous l'avons trouvé ! C'est Jésus, fils de Joseph, Jésus de Nazareth. Et Nathanaël lui dit : De Nazareth peut-il venir quelque chose de bon ? Philippe lui dit : Viens et vois ! »

Philippe lui aussi traduit sa découverte à Nathanaël avec enthousiasme, reprenant le vieux mot d'Archimède qui explose ici comme un cri de joie et de libération : “Eurêka” -“Nous l'avons trouvé !”. Ils ont découvert, en effet, Celui-là même dont Moïse a écrit dans la Loi, et dont les Prophètes nous ont entretenus. Pour un juif, pétri de toute cette attente, rendue plus lancinante depuis l'occupation romaine, quel beau jour que celui de cette rencontre où le Grand Prophète a laissé tomber ces mots à son égard : ” Accompagne-moi ! “

Jean, André, Pierre, Philippe, Nathanaël font tous partie du groupe de Jean-Baptiste puisque Jésus les rencontre avant de regagner la Galilée. Tous ces jeunes hommes vont quitter Jean-Baptiste pour s'engager avec cet homme dont le regard et les paroles les ont bouleversés. Pour eux, il réalise l'Espérance d'Israël; et leurs sentiments se résument bien dans le cri d'André adressé à son frère : “Nous avons trouvé le Messie !”


Père Gabriel

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

pape

Audience générale du 23/07/1986 (trad. DC n° 1924 p. 798)

« Il y eut un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le Dragon » (Ap 12,7)

Dans la perfection de leur nature spirituelle, les anges sont appelés dès le début, en vertu de leur intelligence, à connaître la vérité et à aimer le bien qu'ils connaissent d'une manière beaucoup plus pleine et parfaite qu'il n'est possible à l'homme. Cet amour est l'acte d'une volonté libre (...), qui signifie la possibilité de faire un choix pour ou contre le Bien, c'est-à-dire Dieu lui-même. Il faut répéter ici ce que nous avons déjà rappelé en son temps à propos de l'homme : en créant les êtres libres, Dieu a voulu que, dans le monde, se réalise cet amour véritable qui n'est possible que sur la base de la liberté. Il a donc voulu que la créature, constituée à l'image et la ressemblance de son Créateur (Gn 1,26), puisse, de la manière la plus pleine possible, se rendre semblable à lui, Dieu, qui « est amour » (1Jn 4,16). En créant ces purs esprits comme des êtres libres, Dieu, dans sa Providence, ne pouvait pas ne pas prévoir la possibilité du péché des anges. Mais, précisément parce que la Providence est une Sagesse éternelle qui aime, Dieu saurait tirer de l'histoire de ce péché (...) le bien définitif de tout le cosmos créé.

De fait, comme le dit clairement la Révélation, le monde des purs esprits apparaît divisé en bons et mauvais... Comment comprendre une telle opposition ? (...) Les Pères de l'Église et les théologiens n'hésitent pas à parler d'« aveuglement » produit par une surévaluation de la perfection de leur être propre, poussée au point de voiler la suprématie de Dieu qui exigeait à l'inverse un acte de soumission docile et obéissante. Tout cela semble exprimé de manière concise par les mots : « Je ne te servirai pas ! » (Jr 2,20), qui manifestent le refus radical et irréversible de prendre part à l'édification du Règne de Dieu dans le monde créé. Satan, l'esprit rebelle, veut son propre règne, non pas celui de Dieu, et s'érige en premier adversaire du Créateur, en opposant à la Providence, en antagoniste de la sagesse aimante de Dieu. De la rébellion et du péché de Satan, comme aussi de ceux de l'homme, nous devons tirer une conclusion et accueillir la sage expérience de l'Écriture qui affirme : « L'orgueil est la cause de la ruine » (Tb 4,13).

Homélie du Père Gilbert Adam

 

Les Saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël
vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.

Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nous fêtons les saints Archanges qui aident l’humanité dans son combat pour la vie, pour la lumière et pour l’amour. Le ciel n’est pas fermé pour Nathanaël et l’Évangile marque l’ouverture du ciel à la terre. Le figuier évoque la Parole de Dieu. Avec Moïse et Aaron, les Paroles de Dieu montent et descendent du Sinaï qui touche la terre et atteint le ciel. Dans la grâce, Nathanaël reconnaît en Jésus le messie roi, et Jésus accepte son acte de foi. Il lui dit : « Amen, amen, je te le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’Homme. » La lumière advient dans les ténèbres, Dieu a donné ordre à ses anges de nous garder, de nous conduire sur les chemins de la Paix. Les anges sont pour nous des médiateurs qui nous guident sur les chemins du ciel. Ils agissent en toute pureté et par seule charité. Dans le combat de notre vie, les Anges sont des alliés très puissants que pouvons appeler à notre secours. Ils sont des guerriers qui agissent à notre demande. Ils respectent la liberté dans laquelle nous sommes crées et nous protègent invisiblement d’une manière très surprenante.

"Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! »Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Jésus proclame la présence des anges et leur relation avec Lui. Les anges sont dans la gloire céleste où ils louent en permanence le Fils de l’Homme, le Fils de Dieu. Ils l’entourent et sont à son service. Pour que la Vierge Marie soit libre dans son consentement à l’Annonciation, Dieu envoie l’Archange Gabriel. La conception virginale du Fils de Dieu en Marie fut le commencement de notre salut. Les archanges « montent et descendent » devant le Fils de l’Homme, qu’ils servent. Ils rendent gloire à la Sainte Trinité. Raphaël, le guérisseur de Tobit, se met en route pour accompagner son fils, le jeune Tobie. Au retour, il guérira de sa cécité le vieux Tobit. Michel mène le combat contre les anges rebelles et les expulse du ciel. Ces bienheureux esprits montent par la contemplation de Dieu et ils descendent pour avoir soin de nous et pour nous garder dans tous nos chemins. Ils montent vers Dieu pour jouir de sa présence ; ils descendent vers nous pour obéir à ses ordres, car il leur a commandé de prendre soin de nous. Toutefois, en descendant vers nous, ils ne sont pas privés de la gloire qui les rend heureux, ils voient toujours le visage du Père.

"Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. » Notre cœur est le réceptacle d’un grand combat, nous voulons, avec le secours des Anges, demeurer avec Jésus. Nous sommes le théâtre des bons et des mauvais esprits. Nous voulons discerner leurs présences en examinant les pensées de notre cœur et l’effet de leurs actions. Nous demeurons dans le Christ Jésus, qui, dans sa chair, pour nous, a tué la haine. Nous savons qu’une parole désagréable peut faire du mal, qu’un geste non contrôlé peut provoquer la violence que nous ne voulons pas. Par nos paroles et par nos gestes, nos attitudes nous voulons nous mettre dans la lumière de Dieu pour que son œuvre d’Amour se réalise en nous. Nous voulons demeurer dans la Parole vivante de Jésus. « Monter et descendre, » nous rappelle le rêve de Jacob, qui endormi sur une pierre lors de son voyage de retour en Mésopotamie, voit les anges qui « descendent et montent. » Un mystérieux escalier relie la terre et le ciel, pendant que Dieu lui-même, transmet à Jacob son message. Plus nous sommes petits, plus les archanges sont pour nous des protecteurs du ciel très efficaces. Les anges nous sont donnés pour nous consolider, pour nous aider dans notre combat spirituel.

Nous demandons à Dieu la grâce de nous aider à devenir des artisans de paix, de vie et d’amour

 

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Abandonner la haine, pardonner toujours, Le Père vous traitera en pécheur si vous ne pardonne pas à vos semblables du fond du cœur. 

ÉVANGILE
« Je ne te dis pas de pardonner jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois » (Mt 18, 21-35)

Alléluia. Alléluia.
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres,
comme je vous ai aimés. »
Alléluia. (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :
« Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi,
combien de fois dois-je lui pardonner ?
Jusqu’à sept fois ? »
    Jésus lui répondit :
« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,
mais jusqu’à 70 fois sept fois.
    Ainsi, le royaume des Cieux est comparable
à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
    Il commençait,
quand on lui amena quelqu’un
qui lui devait dix mille talents
(c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
    Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser,
le maître ordonna de le vendre,
avec sa femme, ses enfants et tous ses biens,
en remboursement de sa dette.
    Alors, tombant à ses pieds,
le serviteur demeurait prosterné et disait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai tout.’
    Saisi de compassion, le maître de ce serviteur
le laissa partir et lui remit sa dette.

    Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons
qui lui devait cent pièces d’argent.
Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant :
‘Rembourse ta dette !’
    Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait :
‘Prends patience envers moi,
et je te rembourserai.’
    Mais l’autre refusa
et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
    Ses compagnons, voyant cela,
furent profondément attristés
et allèrent raconter à leur maître
tout ce qui s’était passé.
    Alors celui-ci le fit appeler et lui dit :
‘Serviteur mauvais !
je t’avais remis toute cette dette
parce que tu m’avais supplié.
    Ne devais-tu pas, à ton tour,
avoir pitié de ton compagnon,
comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’
    Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux
jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

    C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera,
si chacun de vous ne pardonne pas à son frère
du fond du cœur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Savoir pardonner

       Jésus nous demande une liberté d'esprit absolue vis-à-vis des péchés de nos frères. Il nous demande d'être comme le Père céleste, ce Père des Miséricordes toujours prêt à pardonner et à oublier.

Méditation de l'Evangile du dimanche 13 septembre
 

 
Cette idée du Christ-Jésus que nous sommes tous frères, membres d'une même famille, celle de Dieu, cette pensée avait bien frappé ses disciples. Pierre, en effet, lorsqu'il demande à Jésus combien de fois il devait pardonner à son prochain, appelle ce prochain son frère.

“Seigneur, si mon frère a péché contre moi, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu'à sept fois ? … Jésus lui dit : Je ne te dis pas : jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois”

Quelles conséquences, si dans la vie pratique, ces idées de Jésus animaient notre manière de vivre et d'agir !

Pardonner sans limite, c'est un des principes de Jésus. Cela rejoint l'histoire de la brebis perdue (pour qui on lâche tout), ou bien celle du fils prodigue.

La bonté de Jésus et son pardon n'ont pas de limites : “Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, Pierre, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois”. Quel contraste avec nos cœurs et l'ardeur de la haine. Il nous faut faire effort contre nous pour apprendre à pardonner et à nous en donner la force. La Sagesse de Jésus se montre bien différente de la sagesse du monde.

Abandonner la haine, toujours pardonner, quand la vengeance serait si douce et qu'elle est à la portée de la main, ne peut être un commandement dicté par un cœur humain. Seul celui de l'Homme crucifié pour les autres pouvait faire cette obligation à tous ceux qu'Il faisait siens : “Je ne te dis pas jusqu'à sept fois…”

Jésus nous demande une liberté d'esprit absolue vis-à-vis des péchés de nos frères. Il nous demande d'être comme le Père céleste, ce Père des Miséricordes toujours prêt à pardonner et à oublier. Nous savons facilement dire : “J'ai pardonné”, mais nous ajoutons trop facilement : “mais je ne puis oublier”. Ce n'est pas tout à fait la ligne de conduite demandée par Jésus.

Contrairement à nos attitudes, celles de Jésus sont d'oubli et de pardon. Nous avons trop bonne mémoire. Dieu est patient, nous ne le sommes guère.


Père Gabriel

                                        Saint Jean-Paul II
(1920-2005)

pape

Encyclique « Dives in misericordia », § 14 (trad. copyright Libreria Editrice Vaticana)

« Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois »

 

Le Christ souligne avec insistance la nécessité de pardonner aux autres : lorsque Pierre lui demande combien de fois il devrait pardonner à son prochain, il lui indique le chiffre symbolique de « soixante-dix fois sept fois », voulant lui montrer ainsi qu'il devrait savoir pardonner à tous et toujours.

Il est évident qu'une exigence aussi généreuse de pardon n'annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, le pardon, ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. (...) La réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l'offense sont conditions du pardon. (...)

La miséricorde toutefois a la force de conférer à la justice un contenu nouveau, qui s'exprime de la manière la plus simple et la plus complète dans le pardon. Le pardon en effet manifeste qu'en plus des processus (...) caractéristiques de la justice, l'amour est nécessaire pour que l'homme s'affirme comme tel. L'accomplissement des conditions de la justice est indispensable surtout pour que l'amour puisse révéler son propre visage. (...) L'Église estime à juste titre que son devoir, que le but de sa mission, consistent à assurer l'authenticité du pardon.

Homélie du Père Gilbert Adam

Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

"Alors Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »

Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Pierre réfléchit au pardon, pardonner « jusqu’à sept fois, » n’était pas si mal ! Il se montre généreux. Jésus, en multipliant le chiffre de Pierre par 10 et par 7, rend ce chiffre illimité. Ainsi le pardon ne peut être restreint par aucune limite. Nous savons que le premier mouvement de celui qui a subi un tort est le plus souvent de se venger. Jésus reprend la fidélité de Dieu : « Un bref instant je t’avais abandonnée mais sans relâche, avec tendresse, je vais te rassembler.(Isaïe ») C’est avec une amitié sans fin que Dieu manifeste sa tendresse, qu’il nous rachète. Pour Jésus, l’amitié de Dieu est sans fin et sans limite. Notre malheur est de nous considérer comme les maîtres du monde et de faire tout tourner autour de nous comme si en nous étions le centre. Or le centre du monde c’est Dieu. Il nous faut, avec Pierre, opérer un décentrement pour nous mettre dans une attitude d’adoration fondamentale. Nous recevons tout de Dieu, et nous sommes heureux de nous recevoir nous-même de Dieu. Cet amour de Dieu est transformant, guérissant pour notre vie, il nous apprend le pardon.

"Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Jésus illustre la miséricorde de Dieu par une parabole. Il a dû prendre cette histoire dans les coutumes d’alors. Il s’agit d’un chef oriental ou d’un romain qui gouverne un pays colonisé. Ce ministre avait une dette énorme : 10 000 talents : C’était ce qu’il fallait pour faire vivre une famille pendant 30 millions de jours. Devant le Créateur nous sommes devant le don de la vie et de l’amour, nous sommes toujours en dette. Mais l’amour est un don gratuit que rien ne peut acheter, il n’appelle que la reconnaissance. L’attitude de Dieu envers nous ne se base pas sur la justice, l’amour ne peut être que miséricordieux. Dans le cœur de Dieu, le pardon ne connaît pas d’attente ni de demi-mesure, il est immédiat et total.

"…Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Devant la supplication de son compagnon qui lui devait cent pièces d’argent. "Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Le pardon est un geste d’amour qui nous transforme, il ne s’achète pas. Jésus nous dit que le temps de l’histoire qui nous est donnée est une grande remise des dettes. Ce n’est pas le temps du jugement et du châtiment. Nos dettes sont limitées et elles sont pardonnables. Jésus nous fait dire dans le Notre Père : "Pardonne-nous nos torts envers Toi comme nous-mêmes avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous." La pitié nous situe à notre juste place devant notre frère qui demande pardon pour pouvoir vivre. Un horizon de reconnaissance s’ouvre devant nous pour savourer les bonnes choses qui nous sont données. Cette parole est infiniment précieuse car celui qui l’a dit ne peut la dire sans se l’appliquer à lui-même. Pierre prend au sérieux le rôle qu’il va jouer dans la communauté. Dieu nous a disposés pour recevoir la grâce d’un tel don ! Il nous transforme à son image afin que nous devenions ce que nous sommes. Nous pouvons le rejoindre dans l’amour et nous répandre en amour en le laissant passer devant, établis dans l’amour.

Nous demandons la grâce d’entendre pour que notre cœur soit rempli de bienveillance, de douceur, d’humilité, de tendresse, les uns vis-à-vis des autres.

Mt:18 : 28- Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” 29 Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” 30 Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. 31 Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. 

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Le Père a envoyé Jésus porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays

ÉVANGILE
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays » (Lc 4, 16-30)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi ;
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia. (Lc 4, 18ac)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

          En ce temps-là,
   Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
Selon son habitude,
il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
et il se leva pour faire la lecture.
  On lui remit le livre du prophète Isaïe.
Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
  L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce que le Seigneur m’a consacré par
 l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,

  annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.
  Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
  Alors il se mit à leur dire :
« Aujourd’hui s’accomplit
ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »
  Tous lui rendaient témoignage
et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.
Ils se disaient :
« N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »
  Mais il leur dit :
« Sûrement vous allez me citer le dicton :
“Médecin, guéris-toi toi-même”,
et me dire :
“Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm :
fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »
   Puis il ajouta :
« Amen, je vous le dis :
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
  En vérité, je vous le dis :
Au temps du prophète Élie,
lorsque pendant trois ans et demi
le ciel retint la pluie,
et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre,
il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
  pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles,
mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon,
chez une veuve étrangère.
  Au temps du prophète Élisée,
il y avait beaucoup de lépreux en Israël ;
et aucun d’eux n’a été purifié,
mais bien Naaman le Syrien. »

          À ces mots, dans la synagogue,
tous devinrent furieux.
         Ils se levèrent,
poussèrent Jésus hors de la ville,
et le menèrent jusqu’à un escarpement
de la colline où leur ville est construite,
pour le précipiter en bas.
         Mais lui, passant au milieu d’eux,
allait son chemin.

           – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Selon les habitants de Nazareth, Dieu est trop grand pour s'abaisser et parler à travers un homme aussi simple! C'est le scandale de l'Incarnation : l'événement déconcertant d'un Dieu fait chair, qui pense avec un esprit humain, travaille et agit avec des mains humaines, aime avec un cœur humain, un Dieu qui lutte, mange et dort comme l'un de nous. Le Fils de Dieu renverse tout schéma humain : ce ne sont pas les disciples qui ont lavé les pieds du Seigneur, mais c'est le Seigneur qui a lavé les pieds des disciples. C'est un motif de scandale et d'incrédulité non seulement à cette époque, mais à toutes les époques, aujourd'hui aussi!(Angélus du 8 juillet 2018)

 

Jésus est rejeté de la synagogue de Nazareth

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

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Méditation de l'Evangile du lundi 31 août

Qui, sinon la Vierge Marie, a bien pu transmettre à Luc le récit de l'incident de Nazareth ? Elle aura été tellement bouleversée par cette scène que les détails en sont restés dans sa mémoire.

Au début, tout se passe pour le mieux. Jésus enseigne à travers le texte d'Isaïe qu'il a choisi de commenter. Il rappelle que l'Envoyé du Père, conduit par l'Esprit Saint, n'est venu qu'apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux captifs, aux aveugles que nous sommes. Et pourtant Jésus ne put faire aucun miracle dans sa patrie parce que ses concitoyens, jaloux de ses dons et de son autorité, refusèrent de lui faire confiance :

« Et Il s'étonnait de leur incrédulité » . Le manque de confiance paralyse. Son amour ne va qu'à ceux qui ont foi en Lui : « Et Il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité »

Il ne fut donc pas reçu par les siens. Il est mal reçu chez Lui, dans sa bourgade car sa Sagesse, sa Puissance lui créent des inimitiés stupides et cancanières. On ne trouve que des mots méchants et mesquins pour déprécier son père et sa mère, ses frères et sœurs : les plus pauvres du village !…« D'où lui vient cette Sagesse et ses miracles ? N'est-ce pas le fils du charpentier ? Sa mère n'a-t-elle pas nom “Marie', et ses frères “Jacques et Joseph, et Simon et Judas” ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient donc tout cela ? Et Ils se scandalisaient à son sujet »

Cela nous montre en contrepartie combien Jésus aima les siens. Ils furent tellement unis dans cette famille de Nazareth que l'on ne sépare Jésus ni de sa mère ni de son père adoptif Joseph.

Pour ses concitoyens, « Il est le fils du charpentier » , tant les silhouettes des deux hommes se sont fondues dans un même travail ! Et si l'on parle de Jésus, on ne peut pas ne pas évoquer sa mère : « Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie ? » Jésus, Marie, Joseph, groupe inséparable, qui évoque l'un, évoque les deux autres pour les habitants de la petite bourgade de Nazareth. Il n'a pas trahi non plus sa parenté : « Jacques, Joseph, Simon, et Judas, ses frères et sœurs » sont inséparables, eux aussi, de l'image que ses contemporains se font de Lui.

Mais malheureusement, comme les contemporains d'Elie ou d'Élisée, ses concitoyens passeront auprès du médecin divin, sans en profiter parce qu'ils ne croient pas en Lui. Ce qui les étrangle : c'est la jalousie, l'envie… Sa doctrine, ils l'admirent, mais la petite interrogation acidulée notée par les trois synoptiques est révélatrice !« D'où lui vient tout cela ? » N'est-ce pas choquant ?

Ce besogneux n'est-il pas le fils du charpentier, le fils de celle que l'on appelle “Marie” Non, ce n'est pas possible qu'un simple ouvrier puisse avoir tant de génie, tant de talents ! « Et ils se scandalisaient à son sujet »

Marie se rappelle de tout cela comme si c'était hier : lorsque son fils a parlé de Naïman et de la veuve de Sarepta, tout a basculé.

La rage s'est emparée de ses concitoyens et ils en sont venus aux voies de fait. « En entendant ces paroles, tous dans la synagogue furent remplis de colère, et s'étant levés, ils le poussèrent hors de la ville et le conduisirent jusqu'au sommet de la colline sur laquelle leur ville était bâtie pour le précipiter »

Ils sont subjugués par cet homme. Cette finale, avec son verbe rejeté en fin de phrase, nous laisse sous l'impression qu'Il les domine totalement et s'échappe quand Il veut : « Mais Lui, passant au milieu d'eux, s'en allait ! »

Père Gabriel

       Saint Jean-Paul II (1920-2005)

pape

    Lettre apostolique « Novo Millenio Inuente », § 4 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« C'est aujourd'hui »

 

« Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu, Maître de tout » (Ap 11,17)...

Cette dimension de louange est de première importance. C'est en effet de là que part toute réponse authentique de foi en la révélation de Dieu dans le Christ. Le christianisme est grâce ; c'est la surprise d'un Dieu qui, non content de créer le monde et l'homme, s'est mis à la hauteur de sa créature et « après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1,1-2).

   En ces jours ! Oui, le Jubilé nous a fait sentir que deux mille ans d'histoire ont passé sans atténuer la fraîcheur de cet « aujourd'hui » par lequel les anges ont annoncé aux bergers l'événement merveilleux de la naissance de Jésus à Bethléem : « Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur » (Lc 2,11). Deux mille ans ont passé mais plus que jamais reste vivante la proclamation que Jésus a faite de sa propre mission dans la synagogue de Nazareth devant ses compatriotes stupéfaits, s'appliquant à lui-même la prophétie d'Isaïe : « Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit ». Deux mille ans ont passé, mais les pécheurs qui ont besoin de miséricorde –- et qui n'en a pas besoin ? –- trouvent toujours une consolation dans cet « aujourd'hui » du salut qui, sur la croix, a ouvert les portes du Règne de Dieu au larron repenti : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23,43).

Homélie du Père Gilbert Adam
L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.

On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. La mission de Jésus manifeste des guérisons de malades, Jésus parle aux foules, il libère des possédés. Mais cette mission nous dit des histoires plus dérangeantes. Aujourd’hui, on le chasse de la synagogues. Dès le début de sa mission Jésus est en butte à la critique et au rejet. L’onction de Dieu est une couronne d’épines sur le bois de la croix. Quand Jésus a dit oui à sa mission il a dit oui à tout cela. Certes, il est venu ouvrir un chemin de paix en sacrifiant sa propre vie. Il est venu dire la Vérité qui conduit à la Vie, mais certains ne l’ont pas entendu parce qu’ils ne voulaient pas l’entendre. Nous voulons entendre la parole de Dieu mais pouvons-nous accepter Jésus comme le Fils de Dieu ? Il nous montre le bon chemin, mais ses paroles nous dérangent dans la conception de la vie du monde. Dans l’assistance de la synagogue de Nazareth se trouve peut-être Marie, sa mère. Jésus tombe alors sur le passage du livre d’Isaïe. Son mystère est dévoilé : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. »

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. 
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » Tous lui rendaient témoignage ; et ils s’étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : ’Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays’ » Jésus commente dans la synagogue de Nazareth le texte d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Ces paroles ont une signification qui dépasse le moment présent. L’Esprit Saint habite l’intérieur du Christ dans la plénitude. « Cette parole de l’Écriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » Ces paroles de l’Évangile ont une actualité qui est éternelle et elles sont toujours d’actualité. Quand nous écoutons la Parole de Dieu, nous la recevons comme une Parole qui a le pouvoir de nous transformer. Dieu parle à notre cœur. Tout ce qu’Il dit est profondément rempli de sagesse et d’amour. La parole de Dieu est une source inépuisable de vie. Ces paroles sortent du cœur de Dieu. Jésus vient dans son pays avec un cœur profondément ouvert, désireux de donner le don de Dieu. Jésus n’attend que la foi de ceux qui le reçoivent, pour agir. Or les habitants de Nazareth ne reçoivent pas son message ! La parole de Dieu donnée par Jésus reçoit une interprétation différente par ses concitoyens, ce n’est pas la volonté du Père qu’ils attendent mais la leur. « Il a fait des miracles ailleurs, pourquoi pas chez nous ! » Annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres correspond pour eux de se débarrasser des Romains !

Jésus ajouta : Amen, je vous le dis : aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. 
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. » A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin. Chaque jour, quand nous entendons l’Evangile, nous demandons de dire ce que disait Marie : « qu’il me soit fait selon votre parole. » Dieu nous répond : "Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit." Pour que cette Parole soit efficace sur nous, il faut nous détacher de tout préjugé. Nous constatons l’humanité de Jésus, mais ils nous croire en sa divinité. A chaque fois que nous écoutons la Parole de Dieu, nous savons que c’est Dieu Lui-même qui nous parle. Ce qui se passe à Nazareth se passe encore dans nos vies et dans nos familles aujourd’hui ! Jésus est le don de Dieu, il annonce la Bonne Nouvelle et nous ne le recevons pas toujours. L’Esprit Saint manifeste qu’il y des malentendus dans nos familles et dans nos communautés. Chacun croit posséder le don de Dieu, or Jésus viens annoncer le Père et son Royaume et il nous faudrait chercher la volonté du Père. La visibilité de Jésus annonce l’invisibilité du Père. Aujourd’hui, l’image que nous donnons de Jésus en vivant comme lui, annonce le mystère de Dieu venu chez nous. Dans la force de l’Esprit Saint, nous vivons en lui, comme les premiers témoins, nous mettons en scène la profondeur de Dieu, son secret d’amour et son mystère.

Nous demandons à Jésus la grâce de le rejoindre sans cesse dans le cœur de notre Père.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

 

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