Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

st patrick

Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.


En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Méditation de l'Evangile

du jeudi 2 septembre

La pêche miraculeuse

Jésus veut amener les hommes à tout quitter pour le Royaume et se sert de leur propre métier pour les convaincre. Là où les raisonnements n'auraient rien produit, la pêche miraculeuse bouleverse Pierre et ses compagnons. Les signes de Dieu ont un retentissement spirituel bien au-delà de leur texture naturelle. Cela nous arrive sans cesse à nous-mêmes, à travers les évènements de chaque jour.

Méditation de l'évangile du jeudi 2 septembre
La pêche miraculeuse révèle aux apôtres la puissance du Seigneur. Leur vieille expérience de la mer ne les a pas trompés, ce n'était pas une nuit à prendre du poisson. Ils ont pêché toute la nuit sans rien prendre et ils le savent bien : la lune, le vent, la température n'y sont pas. Inutile d'insister. Et pourtant, ils font confiance au Maître, à sa parole.

“Et Simon répondant, dit : “Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ! Mais sur ta parole, je lâcherai les filets” On sent une petite note d'agacement envers le Rabbi.

D'où le renversement de la situation et le cri de Pierre devant cette pêche inexplicable.

“L'ayant donc fait, ils capturèrent une grande quantité de poissons et leurs filets se rompirent. Et ils firent signe à leurs associés dans l'autre barque, de venir à leur aide. Et ils vinrent. Et l'on remplit les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient…Ce que voyant, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, disant : Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur, Seigneur ! Car la stupeur l'avait envahi, lui et eux qui étaient avec lui, à cause de la pêche des poissons qu'ils avaient faite, et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, qui étaient compagnons de Simon”

Mais le but de l'œuvre n'est pas la pêche en elle-même. Jésus veut amener les hommes à tout quitter pour le Royaume et se sert de leur propre métier pour les convaincre. Là où les raisonnements n'auraient rien produit, la pêche miraculeuse bouleverse Pierre et ses compagnons.

Les signes de Dieu ont un retentissement spirituel bien au-delà de leur texture naturelle. Cela nous arrive sans cesse à nous-mêmes, à travers les évènements de chaque jour.

“Et Jésus dit à Simon : Ne crains point : désormais tu prendras des hommes”

Jésus semble s'excuser d'employer sa puissance car Il est le Dieu de la liberté et de la paix. Car la pêche miraculeuse est faite pour bien montrer à ces hommes que c'est Dieu qui agit dans leur conversion, mais elle n'est pas destinée à les effrayer.

“Et ayant ramené la barque à terre, quittant tout, ils le suivirent”.

Père Gabriel

Saint Patrick (v. 385-v. 461)
 

moine missionnaire, évêque

Confession, 38-40 ; SC 249 (trad. C. Blanc; Éd. du Cerf 1978; p. 111s rev.)
 

« Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras »
Je suis grandement redevable à Dieu, qui m'a accordé une grâce si grande que, par mon intermédiaire, « des peuples nombreux » sont nés à nouveau pour Dieu (...) : « Je t'ai établi comme une lumière parmi les nations, pour porter le salut jusqu'à l'extrémité de la terre » (...) C'est ainsi que je veux « attendre ce qu'a promis » celui qui ne fait jamais défaut, comme il en donne l'assurance dans l'Évangile : « Ils viendront de l'Orient et de l'Occident et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob ». Ainsi nous avons confiance que des croyants viendront du monde entier.

            C'est pourquoi il importe de s'adonner à la pêche comme il faut et avec vigilance, selon l'exhortation et l'enseignement du Seigneur qui dit : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d'hommes ». Il dit encore par les prophètes : « Voici que j'envoie des pêcheurs et des chasseurs en grand nombre ». C'est pourquoi il était très important de tendre nos filets, afin qu' « une grande multitude », qu'« une foule » de gens soit prise pour Dieu et que, pour baptiser et exhorter le peuple, il y ait partout des prêtres, selon la parole du Seigneur : « Allez donc maintenant instruire toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé ; et voici que moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

(Références bibliques : Ez 38,6; Is 49,6; Ac 1,4; Mt 8,11; Mt 4,19; Jr 16,16; Lc 5,6; Lc 6,17; Mt 28,19)

Homélies du Père Gilbert Adam

Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

« Or, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.

Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Jésus, poussé par les foules qui veulent le toucher, voit deux barques dont l’une appartient à Pierre. Il lui demande de monter dans sa barque ! Il se trouvait sur le bord du lac de Génésareth, la foule se pressait autour de lui pour l’écouter. Jésus annonce la Parole de Dieu, son amour pour le monde. Jésus est dans sa barque, Pierre est à côté de Jésus pour assurer la stabilité de l’embarcation. Il entend le discours mais il capte aussi la voix, la dimension corporelle de Jésus qui s’adresse à la foule. La parole de Jésus percute Pierre. La Parole, dans sa dimension charnelle, vient à lui, le rejoint à son poste de travail, dans son quotidien et touche son désir. Il est proche physiquement de lui, d’une certaine manière dans son intimité, il perçoit l’effort corporel de s’adresser à une foule. Il y a tant de possibles non explorés dans nos vies, tant d’attentes qui sont enfouies en nous. Comme Pierre, nous demandons à l’Esprit Saint la grâce d’écouter la parole de Dieu pour entrer dans sa connaissance. Marie a reçu Jésus en elle, par elle l’humanité l’a accueilli. Le message d’amour de Jésus doit passer à toute l’humanité, à toutes les nations.

"Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »

Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. Jésus s’était assis dans la barque à côté de Pierre qui est attentif à son enseignement. Pierre est un pêcheur, il sait ce qu’est la pêche. Malgré l’échec de la nuit, il écoute Jésus : « Sur ton ordre je vais jeter les filets. » Ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient. À cette vue, Pierre tomba à ses pieds en disant : "Seigneur, éloigne-toi de moi, je suis un pécheur ! » Va au large, lui avait dit Jésus, avance au-delà de tes sécurités, au-delà de tes habitudes, au-delà de tes certitudes. Pierre a fait confiance à Jésus car il est éclairé par la Parole de Dieu. Il met ses talents de pêcheur au service de Jésus. C’est une bénédiction pour Pierre que ce jeune rabbi qui enseigne les foules lui demande ce service !

A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. 

En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. Les bras de Pierre sentent les poissons qui grouillent dans les filets. Ses muscles se tendent pour les ramener dans la barque. La parole a été efficace. Ce qui devait se produire s’est produit. Pierre éprouve à la fois, attirance et effroi. Jésus le touche au plus profond de lui, et il le rend libre, désirant, pauvre, disponible ! Pierre, se jetant aux pieds de Jésus lui dit « éloigne-toi de moi, pécheur. » Dans cette prostration, Jésus propose à Pierre de le suivre. Jésus transforme le cœur de Pierre, il en fera son ami. Il sait ce qu’il y a de beau dans cet homme, il achèvera de le rendre doux et miséricordieux. C’est le mystère de chacun de nous, de nos échecs et de nos questions dans notre rapport avec Dieu et avec autres. Jésus nous rejoint dans nos profondeurs, là où Dieu nous attend. Il vient établir son règne de paix, de lumière et d’amour. Nous le regardons et nous voulons l’aimer car cette parole de Dieu est pour nous aujourd’hui.

Demandons la grâce de nous laisser séduire par Jésus pour le rejoindre et l’aimer.

Voir les commentaires

Bonne fête aux Patrick et autres fête des Saintes du jour

SAINT DU JOUR
banner santi.jpg
Date 17 mars

Le Saint du Jour est une liste quotidienne des Saints gardés dans la mémoire de l'Église. Les histoires des maîtres de la vie chrétienne de tous les temps qui comme des phares radieux orientent notre chemin.

SAINT PATRICK,

ÉVÊQUE MISSIONNAIRE EN IRLANDE
Saint Patrick, Sanctuaire de Colzate


 

Un des Saints les plus vénérés au monde, Saint Patrice ou Patrick, patron d’Irlande, réduit en esclavage alors qu’il était adolescent, grâce à la prière il eut une authentique conversion du cœur qui le porta à être un Saint missionnaire. L’Eglise célèbre sa mémoire le 17 mars.  

Un garçon qui prie
Maewin Succat, c’est le nom sous lequel Patrice fut baptisé; il naquit dans la Bretagne Romaine entre 385 et 392 dans une famille chrétienne. A l’âge de quinze ou seize ans il fut enlevé par un petit groupe de pirates qui l’amenèrent avec eux dans le nord de l’Irlande  où ils le vendirent comme esclave. Dans sa «Confession»  où il signe Patricius et où il raconte son expérience de ces années, il écrit: « L’amour pour Dieu et la peur de Lui grandirent en moi, et ainsi que la foi. En un seul jour je récitais cent prières, et la nuit presque autant. Je priais dans les bosquets et sur les montagnes aussi avant l’aurore. Ni la neige, ni la glace, ni la pluie semblaient ne pas me concerner.» Après six ans de prison, Patrice eut dans un songe la prémonition de la liberté désormais très proche et, obéissant à la vision qu’il eut dans le sommeil, il échappa à la surveillance des gardiens et parcourut à pieds les deux cents kilomètres environ qui le séparaient de la côte. Là il parvint à émouvoir des marins qui l’embarquèrent avec eux et le reconduisirent en Bretagne, où il put ré-embrasser sa famille.

Une vision
Peu d’années après, Patrice eut une autre vision, qu’il décrit toujours dans la «Confession»: « Je vis un homme qui venait vers moi, comme provenant d’Irlande; il s’appelait Vittorico, il portait des lettres avec lui, et m’en remit une.

Je fis la lecture de la première ligne: «Invocation des Irlandais». Alors que je poursuivais la lecture, il me sembla entendre la voix des gens qui habitaient près de la forêt de Vocluto(le lieu de sa prison), non loin du côté-ouest, de la mer, et il me sembla qu’ils m’imploraient, en m’appelant «jeune serviteur de Dieu», de venir chez eux». Cette vision galvanisa Patrice qui poursuivit ses études de formation et fut ordonné prêtre par Germano, évêque d’Auxerre. Son rêve d’évangéliser l’Irlande, toutefois, n’était pas encore prêt à se réaliser. Sa candidature au ministère épiscopal, en vue de son envoi en Irlande, fut contrariée par le prétexte de son impréparation supposée due à l’irrégularité de ses études; ceci resta longtemps un souci pour Patrice qui l’admet dans la «Confession»: « Je n’ai pas étudié comme les autres qui se sont nourris de manière égale du droit et de la Sainte Ecriture et qui depuis l’enfance ont perfectionné leur langue. Moi au contraire j’ai dû apprendre une langue étrangère. Certains m’accusent d’ignorance et d’avoir une langue balbutiante, mais en réalité il est dit que les langues balbutiantes apprennent rapidement à parler de paix.»

Evêque d’Irlande
Finalement, à une date imprécise entre 431 et 432, Patrice est consacré évêque d’Irlande par le pape Célestin I et arriva à Slane le 25 mars 432.L’évêque qui l’avait précédé, Palladio, était retourné chez lui découragé après moins de deux ans de mission. Patrice se trouva donc à affronter d’innombrables difficultés; le chef d’une des tribus druides chercha à le faire tuer, et pendant soixante jours il fut emprisonné, mais malgré les tribulations, Patrice continua pendant environ quarante ans son œuvre missionnaire, parvenant à convertir des milliers d’Irlandais, à introduire la vie monastique et à établir le siège épiscopal à Armagh.

Le trèfle
Selon la tradition, Saint Patrice avait l’habitude d’expliquer le mystère de la Trinité en montrant le trèfle, où trois petites feuilles sont reliées à une unique tige. Le premier témoignage écrit de ceci remonte seulement à 1726, mais la tradition pourrait avoir des racines beaucoup plus anciennes. Les portraits de Saint Patrice le représentent souvent avec une croix dans une main et un trèfle dans l’autre. C’est pour cela que le trèfle est aujourd’hui le symbole de la fête de Saint Patrice, qui se célèbre le 17 mars, jour de sa mort qui a eu lieu en 461 à Saul. Sa dépouille fut transportée et ensevelie dans la cathédrale de Down, qui depuis lors s’appela Downpatrick.

17 Mars
  
Saint Patrice

Apôtre de l'Irlande
(373-464)

Saint Patrice naquit probablement près de Boulogne-sur-Mer; on croit qu'il était le neveu de saint Martin de Tours, du côté maternel. Quoi qu'il en soit, ses parents l'élevèrent dans une haute piété. Il avait seize ans, quand il fut enlevé par des brigands et conduit providentiellement dans le pays dont il devait être l'apôtre. Patrice profita des cinq ou six ans de sa dure captivité pour apprendre la langue et les usages de l'Irlande, tout en gardant des troupeaux.

Un jour qu'il vaquait à ses occupations ordinaires, un ange lui apparut sous la forme d'un jeune homme, lui ordonnant de creuser la terre, et le jeune esclave y trouva l'argent nécessaire au rachat de sa liberté. Il passa alors en France sur un navire et se rendit au monastère de Marmoutier, où il se prépara, par l'étude, la mortification et la prière, à la mission d'évangéliser l'Irlande. Quelques années plus tard, il alla, en effet, se mettre, dans ce but, à la disposition du Pape, qui l'ordonna évêque et l'envoya dans l'île que son zèle allait bientôt transformer.

Son apostolat fut une suite de merveilles. Le roi lutte en vain contre les progrès de l'Évangile; s'il lève son épée pour fendre la tête du Saint, sa main demeure paralysée; s'il envoie des émissaires pour l'assassiner dans ses courses apostoliques, Dieu le rend invisible, et il échappe à la mort; si on présente à Patrice une coupe empoisonnée, il la brise par le signe de la Croix.

La foi se répandait comme une flamme rapide dans ce pays, qui mérita plus tard d'être appelée l'île des saints. Patrice avait peu d'auxiliaires; il était l'âme de tout ce grand mouvement chrétien; il baptisait les convertis, guérissait les malades, prêchait sans cesse, visitait les rois pour les rendre favorables à son oeuvre, ne reculant devant aucune fatigue ni aucun péril.

La prière était sa force; il y passait les nuits comme les jours. Dans la première partie de la nuit, il récitait cent psaumes et faisait en même temps deux cents génuflexions; dans la seconde partie de la nuit, il se plongeait dans l'eau glacée, le coeur, les yeux, les mains tournés vers le Ciel, jusqu'à ce qu'il eût fini les cinquante derniers psaumes.

Il ne donnait au sommeil qu'un temps très court, étendu sur le rocher, avec une pierre pour oreiller, et couvert d'un cilice, pour macérer sa chair même en dormant. Est-il étonnant qu'au nom de la Sainte Trinité, il ait ressuscité trente-trois morts et fait tant d'autres prodiges? Il mourut plus que nonagénaire, malgré ses effrayantes pénitences.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

St JEAN SARKANDER

PRÊTRE ET MARTYR


Saint Jean Sarkander
Sauver une petite ville du massacre et pillage, et finir en prison, accusé de complicité avec l’envahisseur. C’est l’histoire du jésuite Jean Sarkander,1576-1620. En réalité ce martyre a eu lieu en haine de la foi, à l’œuvre de la majorité protestante.  

C’est le 20 décembre 1576 que naît, à Skoczów, en Silésie, Jean Sarkander. Jeune, il fréquente le collège des Jésuites à Olomouc, l’Université de Prague et la faculté de théologie de Graz. Son destin est le mariage, mais la fiancée meurt avant les noces. Après ce deuil, il complète les études en théologie, et à 32 ans il est ordonné prêtre. En 1616 il est nommé curé à Holesov. C’est alors le début d’une période de tensions marquée par la révolte des nobles de Bohème, en majorité protestantes, contre l’Empire d’Autriche. Les Jésuites laissent Holesov et peu après, en 1619, Jean Sarkander se rend en pèlerinage à Czestochowa.

Le martyrs
Après avoir passé cinq mois en Pologne, il retourne à Holesov au moment où la Moravie est le théâtre des invasions et pillages de la part des troupes polonaises. Holesov est épargnée parce que les fidèles en procession eucharistique, conduite par Jean Sarkander, vont à la rencontre des soldats polonais. Le prêtre morave est accusé d’espionnage pour le compte du roi polonais, qui était intervenu avec ses troupes en soutien à l’empereur d’Autriche. Jean subit des interrogatoires, accompagnés de tortures cruelles et prolongées. Après un mois de souffrances, il meurt, à 46 ans, en prison, le 17 mars 1620.

La canonisation
Une autre date significative est celle du 21 mai 1995, jour de la canonisation de Jean Sarkander. Dans l’homélie, le pape Jean-Paul II souligne que la figure de saint Jean Sarkander «allume une lumière exceptionnelle surtout à la fin de sa vie, lorsqu’il est emprisonné et reçoit du Seigneur la grâce du martyre». «Dans une période de turbulences, il se pose comme signe de la présence de Dieu, de sa fidélité au milieu des contradictions de l’histoire». «Sa canonisation, a conclu le pape Wojtyla à cette occasion, honore avant tout tous ceux qui , non seulement en Moravie et Bohème, mais dans toute l’Europe de l’Est, ont préféré la privation des biens, la marginalisation, la mort, plutôt que se plier à l’oppression et à la violence».

Autres Fêtes du Jour


Saint Agricole
Evêque de Chalon-sur-Saône (✝ 580)
Bienheureuse Bárbara Maix
fondatrice des religieuses du Coeur Immaculé de Marie (✝ 1873)
Bienheureux Conrad
ermite (✝ 1620)
Saint Gabriel Lalemant
martyr au Canada (✝ 1649)
Sainte Gertrude de Nivelles
abbesse (✝ 659)
Saint Jan Sarkander
prêtre et martyr (✝ 1620)
Saint Joseph d'Arimathie
Membre du Sanhédrin (Ier siècle)
Bx Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno
fondateur de la congrégation des mercédaires de la Charité (✝ 1905)
Saint Macaire de Koliazino (✝ 1483)
martyrs à Alexandrie(✝ v. 352)
Saint Paul
Martyr dans l'île de Chypre (✝ 760)
Saint Théostericte
(VIIIe siècle)

Voir les commentaires

Jésus libère la Parole, et jamais il ne nous abandonne quelque soit nos difficultés

PREMIÈRE LECTURE
« Il a délivré le malheureux de la main des méchants » (Jr 20, 10-13)

Moi Jérémie,
    j’entends les calomnies de la foule :
« Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
« Peut-être se laissera-t-il séduire...
Nous réussirons,
et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
    Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

    Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
toi qui vois les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c'est à toi que j’ai remis ma cause.

    Chantez le Seigneur, louez le Seigneur :
il a délivré le malheureux de la main des méchants.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Ps 68 (69), 8-10, 14.17, 33-35)
R/

Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi.

C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.
Réponds-moi, Seigneur,
     car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

DEUXIÈME LECTURE
« Le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure » (Rm 5, 12-15)

Frères,
    nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et que par le péché est venue la mort ;
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
étant donné que tous ont péché.
    Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
mais le péché ne peut être imputé à personne
tant qu’il n’y a pas de loi.
    Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
la mort a établi son règne,
même sur ceux qui n’avaient pas péché
par une transgression semblable à celle d’Adam.
Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

    Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute.
En effet, si la mort a frappé la multitude
par la faute d’un seul,
combien plus la grâce de Dieu
s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme,
Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » (Mt 10, 26-33)

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
    « Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
    Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
    Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
    Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Le chrétien ne doit pas perdre l’espérance en pensant avoir été abandonné. Jésus rassure les siens en disant : « Vos cheveux mêmes sont tous comptés ! » (Mt 10, 30). Comme pour dire qu’aucune des souffrances de l’homme, pas même les plus petites et cachées, ne sont invisibles aux yeux de Dieu. Dieu voit, et il protège sûrement ; et il donnera son rachat. (Audience générale, 28 juin 2017)

Dans les difficultés et les persécutions

L'amitié de Jésus pour nous est incassable et efficace. Il ne trahit jamais ceux qui se donnent à Lui. Aussi ceux qui sont là, ses amis, ses disciples peuvent être tranquilles, Jésus ne les abandonnera pas.

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

 

Méditation de l'évangile du dimanche 21 juin

Les disciples de Jésus doivent s'attendre aux difficultés et à l'opposition : … Aucun disciple n'est au-dessus du Maître, ni aucun serviteur au-dessus de son Seigneur. C'est assez que son disciple soit comme son Maître, et le serviteur comme son Seigneur. S'il ont appelé le Maître de maison Beelzéboul, combien plus ceux de sa maison !

Jésus nous rend courage dans la lutte pour le Royaume. Les ennemis ne manquent pas, mais nous sommes ses amis, et Il ne trahit jamais ses amis. Sachons-le.

… « Or, Je vous le dis à vous, mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps et après cela ne sauraient rien faire de plus… »

Nous n'avons donc rien à craindre des hommes puissants, comme ces pharisiens eux-mêmes; le seul que nous devons craindre, c'est Dieu. Et quand on prête attention à l'infinie délicatesse de sa Providence paternelle on est tranquille, on se rit des menées et des dires de gens tels que pharisiens et docteurs de la Loi.

« Est-ce que cinq passereaux ne se vendent pas pour deux as ? Et aucun d'entre eux n'est en oubli devant Dieu. Mais même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez pas ; vous valez mieux que beaucoup de passereaux »

Et Il poursuit :

… « Je vous les dis : quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu »

Au milieu même des persécutions, des épreuves, ne perdons donc pas espoir, bien au contraire, car c'est à ces moments-là qu'Il est tout près de nous.

« Et lorsqu'on vous amènera aux synagogues, ou devant les magistrats et les autorités, ne cherchez pas avec inquiétude comment vous défendre ni ce qu'il faudra dire; car le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faut dire »

Son amitié pour nous est incassable et efficace.

Jésus ne trahit jamais ceux qui se donnent à Lui. Aussi ceux qui sont là, ses amis, ses disciples peuvent être tranquilles, Jésus ne les abandonnera pas.

Beaucoup hésitaient, tremblaient devant les scribes et les pharisiens qui détenaient l'autorité…« Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes , le Fils de l'homme, le confessera aussi devant les anges de Dieu : mais quiconque me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. »


Père Gabriel

Saint Patrick (v. 385-v. 461)
 

moine missionnaire, évêque

Confession, § 43- 47 (Confession et Lettre à Coroticus, SC 249; trad. C. Blanc; Éd. du Cerf 1978, p. 119s, rev.)

« Ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits »

Je n'ai pas commencé ce travail de moi-même, mais c'est le Christ Seigneur qui m'a ordonné de venir passer auprès des Irlandais païens le reste de mes jours — si le Seigneur le veut et s'il me préserve de toute voie mauvaise. (...) Mais je n'ai pas confiance en moi-même « tant que je demeure dans ce corps de mort » (2P 1,13 ;Rm 7,24). (...) Je n'ai pas mené une vie parfaite comme d'autres fidèles, mais je le confesse à mon Seigneur et je ne rougis pas en sa présence. Car je ne mens pas : depuis que je l'ai connu dans ma jeunesse, l'amour de Dieu a grandi en moi, ainsi que sa crainte, et jusqu'à présent, par la grâce du Seigneur, « j'ai gardé la foi » (2Tm 4,7).

            Que rie donc et que m'insulte qui voudra ; moi, je ne me tairai pas et je ne cacherai pas « les signes et les merveilles » (Dn 6,27) que le Seigneur m'a montrés, bien des années avant qu'ils ne soient accomplis, lui qui connaît toutes choses. C'est pourquoi je devrais rendre sans cesse grâces à Dieu, qui a si souvent pardonné ma sottise et ma négligence, et aussi de ce qu'il ne se soit pas une seule fois irrité contre moi, qui ai été donné comme évêque. Le Seigneur « a eu pitié » de moi « en faveur de milliers et de milliers d'hommes » (Ex 20,6), parce qu'il voyait que j'étais disponible. (...) En effet nombreux étaient ceux qui s'opposaient à cette mission ; ils parlaient même entre eux derrière mon dos et disaient : « Pourquoi celui-là se jette-t-il dans une entreprise périlleuse chez des étrangers qui ne connaissent pas Dieu ? » Ce n'est pas par malice qu'ils s'exprimaient ainsi ; moi-même, je l'atteste : c'est à cause de ma rusticité qu'ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi j'ai été nommé évêque. Et moi, je n'ai pas été prompt à reconnaître la grâce qui était en moi. Maintenant tout cela est devenu clair pour moi.

            Maintenant donc j'expose simplement à mes frères et à mes compagnons de service qui m'ont cru, pourquoi « j'ai prêché et continue de prêcher » (2Co 13,2), en vue de fortifier et de confirmer votre foi. Puissiez-vous ambitionner, vous aussi, des buts plus élevés et accomplir des œuvres plus excellentes. Ce sera ma gloire, car « un fils sage est la gloire de son père » (Pr 10,1)

Homélie du Père Gilbert Adam

Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

« Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. 



 


 

Notre humanité, si elle n’y prend pas garde, peut se laisser prendre par « l’extérieur, » au détriment d’une vie intérieure du cœur et de l’esprit. La crainte d’être rejeté des hommes engendre en nous la peur, elle insinue entre nous un climat de méfiance. La « crainte des hommes » n’a pas sa source en Dieu. Quand la peur prend notre vie humaine, elle devient dangereuse : « Craignez celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps, » dit Jésus. L’Esprit Saint, pour nous guérir, nous donne le don de crainte. Une crainte spirituelle qui aime la beauté de Dieu et reconnaît que Dieu est à l’origine de tout. La « crainte de Dieu » nous libère de l’orgueil de croire que nous serions les seuls maîtres. Le message de Jésus est un message d’amour qui part d’un cœur qui se sait aimé par le Père et qui aime. Nous vivons de l’amour de Dieu dans la nuit de la foi pour soutenir le combat de notre vie. C’est ainsi que l’humanité est enrichie par le mystère de l’amour divin, toujours plus grand, plus bienveillant.

Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Le cœur de Jésus bat au rythme de l’Amour infini de Dieu. Cet amour nous est communiqué par la victoire de l’Amour de Jésus qui se vit à la Croix. Ce combat s’est vécu dans le cœur de Jésus à l’agonie. Le cœur de Marie était vigilant à la Croix, comme à Cana, pour que nous soyons délivrés. « L’amour de ta maison m’a perdu, » dit le psaume. C’est le mystère de celui qui aime vraiment, jusqu’au bout. Le Seigneur Jésus est victorieux de tout mal à la croix, il nous faut vraiment croire à sa victoire. "Si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude." Cette grâce qui nous est donnée par Jésus nous comble de tendresse. Le combat qui s’est vécu en Jésus, nous pouvons encore le "sentir" à l’intérieur de nous. Le même Seigneur qui était attaqué dans son amour est encore combattu en nous.

Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. Nous vivons de l’amour infini de Dieu. Cet Amour, c’est le Saint Esprit qui nous est donné pour que l’amour de Dieu « vive » dans notre cœur humain. Ainsi la victoire de l’Amour vainqueur nous est acquise. Nous ne laissons pas la crainte des hommes envahir notre existence et notre cœur. Nous voulons mettre notre confiance en Dieu qui est la source de tout bien. C’est par l’amour infini de Dieu que nous sommes sauvés. Les violences qui sont en nous ont été vaincues. La victoire de l’amour de Dieu prend tout notre cœur, notre esprit, notre vie de baptisé. L’humanité est déjà victorieuse dans le Christ. Nous rendons grâce pour la victoire de l’Amour.

Nous demandons que Jésus nous montre combien il est là, doux et humble de cœur, en chacune de nos vies.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

Voir les commentaires

Bonne fête aux Patrick et aux Saintes âmes du 17 mars

SAINT DU JOUR
banner santi.jpg
Date 17 mars

Le Saint du Jour est une liste quotidienne des Saints gardés dans la mémoire de l'Église. Les histoires des maîtres de la vie chrétienne de tous les temps qui comme des phares radieux orientent notre chemin.

Saint Siège

SAINT PATRICK, ÉVÊQUE MISSIONNAIRE EN IRLANDE

20171113_Diocesi di Bergamo_1R20525a_Santuario di san Patrizio, Colzate_PATRIZIO.jpg

Un des Saints les plus vénérés au monde, Saint Patrice ou Patrick, patron d’Irlande, réduit en esclavage alors qu’il était adolescent, grâce à la prière il eut une authentique conversion du cœur qui le porta à être un Saint missionnaire. L’Eglise célèbre sa mémoire le 17 mars. 

Un garçon qui prie

Maewin Succat, c’est le nom sous lequel Patrice fut baptisé; il naquit dans la Bretagne Romaine entre 385 et 392 dans une famille chrétienne. A l’âge de quinze ou seize ans il fut enlevé par un petit groupe de pirates qui l’amenèrent avec eux dans le nord de l’Irlande  où ils le vendirent comme esclave. Dans sa «Confession»  où il signe Patricius et où il raconte son expérience de ces années, il écrit: « L’amour pour Dieu et la peur de Lui grandirent en moi, et ainsi que la foi. En un seul jour je récitais cent prières, et la nuit presque autant. Je priais dans les bosquets et sur les montagnes aussi avant l’aurore. Ni la neige, ni la glace, ni la pluie semblaient ne pas me concerner.» Après six ans de prison, Patrice eut dans un songe la prémonition de la liberté désormais très proche et, obéissant à la vision qu’il eut dans le sommeil, il échappa à la surveillance des gardiens et parcourut à pieds les deux cents kilomètres environ qui le séparaient de la côte. Là il parvint à émouvoir des marins qui l’embarquèrent avec eux et le reconduisirent en Bretagne, où il put ré-embrasser sa famille.

Une vision

Peu d’années après, Patrice eut une autre vision, qu’il décrit toujours dans la «Confession»: « Je vis un homme qui venait vers moi, comme provenant d’Irlande; il s’appelait Vittorico, il portait des lettres avec lui, et m’en remit une.

Je fis la lecture de la première ligne: «Invocation des Irlandais». Alors que je poursuivais la lecture, il me sembla entendre la voix des gens qui habitaient près de la forêt de Vocluto(le lieu de sa prison), non loin du côté-ouest, de la mer, et il me sembla qu’ils m’imploraient, en m’appelant «jeune serviteur de Dieu», de venir chez eux». Cette vision galvanisa Patrice qui poursuivit ses études de formation et fut ordonné prêtre par Germano, évêque d’Auxerre. Son rêve d’évangéliser l’Irlande, toutefois, n’était pas encore prêt à se réaliser. Sa candidature au ministère épiscopal, en vue de son envoi en Irlande, fut contrariée par le prétexte de son impréparation supposée due à l’irrégularité de ses études; ceci resta longtemps un souci pour Patrice qui l’admet dans la «Confession»: « Je n’ai pas étudié comme les autres qui se sont nourris de manière égale du droit et de la Sainte Ecriture et qui depuis l’enfance ont perfectionné leur langue. Moi au contraire j’ai dû apprendre une langue étrangère. Certains m’accusent d’ignorance et d’avoir une langue balbutiante, mais en réalité il est dit que les langues balbutiantes apprennent rapidement à parler de paix.»

Evêque d’Irlande

Finalement, à une date imprécise entre 431 et 432, Patrice est consacré évêque d’Irlande par le pape Célestin I et arriva à Slane le 25 mars 432.L’évêque qui l’avait précédé, Palladio, était retourné chez lui découragé après moins de deux ans de mission. Patrice se trouva donc à affronter d’innombrables difficultés; le chef d’une des tribus druides chercha à le faire tuer, et pendant soixante jours il fut emprisonné, mais malgré les tribulations, Patrice continua pendant environ quarante ans son œuvre missionnaire, parvenant à convertir des milliers d’Irlandais, à introduire la vie monastique et à établir le siège épiscopal à Armagh.

Le trèfle

Selon la tradition, Saint Patrice avait l’habitude d’expliquer le mystère de la Trinité en montrant le trèfle, où trois petites feuilles sont reliées à une unique tige. Le premier témoignage écrit de ceci remonte seulement à 1726, mais la tradition pourrait avoir des racines beaucoup plus anciennes. Les portraits de Saint Patrice le représentent souvent avec une croix dans une main et un trèfle dans l’autre. C’est pour cela que le trèfle est aujourd’hui le symbole de la fête de Saint Patrice, qui se célèbre le 17 mars, jour de sa mort qui a eu lieu en 461 à Saul. Sa dépouille fut transportée et ensevelie dans la cathédrale de Down, qui depuis lors s’appela Downpatrick.

 

SAINT JEAN SARKANDER PRÊTRE ET MARTYR

Sauver une petite ville du massacre et pillage, et finir en prison, accusé de complicité avec l’envahisseur. C’est l’histoire du jésuite Jean Sarkander,1576-1620. En réalité ce martyre a eu lieu en haine de la foi, à l’œuvre de la majorité protestante.  

Saint Jean Sarkander

C’est le 20 décembre 1576 que naît, à Skoczów, en Silésie, Jean Sarkander. Jeune, il fréquente le collège des Jésuites à Olomouc, l’Université de Prague et la faculté de théologie de Graz. Son destin est le mariage, mais la fiancée meurt avant les noces. Après ce deuil, il complète les études en théologie, et à 32 ans il est ordonné prêtre. En 1616 il est nommé curé à Holesov. C’est alors le début d’une période de tensions marquée par la révolte des nobles de Bohème, en majorité protestantes, contre l’Empire d’Autriche. Les Jésuites laissent Holesov et peu après, en 1619, Jean Sarkander se rend en pèlerinage à Czestochowa.

Le martyre

Après avoir passé cinq mois en Pologne, il retourne à Holesov au moment où la Moravie est le théâtre des invasions et pillages de la part des troupes polonaises. Holesov est épargnée parce que les fidèles en procession eucharistique, conduite par Jean Sarkander, vont à la rencontre des soldats polonais. Le prêtre morave est accusé d’espionnage pour le compte du roi polonais, qui était intervenu avec ses troupes en soutien à l’empereur d’Autriche. Jean subit des interrogatoires, accompagnés de tortures cruelles et prolongées. Après un mois de souffrances, il meurt, à 46 ans, en prison, le 17 mars 1620.

La canonisation

Une autre date significative est celle du 21 mai 1995, jour de la canonisation de Jean Sarkander. Dans l’homélie, le pape Jean-Paul II souligne que la figure de saint Jean Sarkander «allume une lumière exceptionnelle surtout à la fin de sa vie, lorsqu’il est emprisonné et reçoit du Seigneur la grâce du martyre». «Dans une période de turbulences, il se pose comme signe de la présence de Dieu, de sa fidélité au milieu des contradictions de l’histoire». «Sa canonisation, a conclu le pape Wojtyla à cette occasion, honore avant tout tous ceux qui , non seulement en Moravie et Bohème, mais dans toute l’Europe de l’Est, ont préféré la privation des biens, la marginalisation, la mort, plutôt que se plier à l’oppression et à la violence».

 

Liste des Fêtes du Jour
Saint Agricole  Evêque de Chalon-sur-Saône (✝ 580)
Bienheureuse Bárbara Maix  fondatrice des religieuses du Coeur Immaculé de Marie (✝ 1873)
Bienheureux Conrad  ermite (✝ 1620)
Saint Gabriel Lalemant  martyr au Canada (✝ 1649)
Sainte Gertrude de Nivelles  abbesse (✝ 659)
Saint Jan Sarkander  prêtre et martyr (✝ 1620)
Saint Joseph d'Arimathie  Membre du Sanhédrin (Ier siècle.)
Bienheureux Juan Nepomuceno Zegrí y Moreno  fondateur de la congrégation des mercédaires de la Charité (✝ 1905)
Saint Macaire de Koliazino  (✝ 1483)
martyrs à Alexandrie  (✝ v. 352)
Saint Paul  Martyr dans l'île de Chypre (✝ 760)
Saint Théostericte  (VIIIe siècle)

Voir les commentaires

« Nous sommes des serviteurs quelconques »

« Nous sommes des serviteurs quelconques »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,5-10.

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. »
« Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Saint Patrick (v. 385-v. 461)

moine missionnaire, évêque

Confession, 12-14 ; SC 249 (trad. SC p. 83 rev.)

« Nous sommes des serviteurs quelconques »

Moi qui étais d'abord un rustre fugitif et sans instruction, moi « qui ne sais pas prévoir l'avenir », je sais cependant une chose avec certitude : c'est qu'« avant d'être humilié » j'étais comme une pierre gisant dans une boue profonde. Mais il est venu, « celui qui est puissant », et dans sa miséricorde il m'a pris ; il m'a hissé vraiment bien haut et m'a placé au sommet du mur. C'est pourquoi je devrais élever la voix très fort, afin de rendre quelque chose au Seigneur pour ses bienfaits ici-bas et dans l'éternité, bienfaits si grands que l'esprit des hommes ne peut pas les compter.

            Soyez donc dans l'admiration, « grands et petits qui craignez Dieu » ; et vous, seigneurs et beaux parleurs, écoutez et examinez attentivement. Qui m'a suscité, moi l'insensé, du milieu de ceux qui passent pour sages, experts de la loi, « puissants en paroles » et en toutes choses ? Qui m'a inspiré plus que d'autres, moi le rebut de ce monde, pour que « dans la crainte et le respect » (…) je fasse loyalement du bien au peuple vers lequel l'amour du Christ m'a porté et à qui il m'a donné, pour que, si j'en suis digne, je le serve toute ma vie avec humilité et vérité ?

            C'est pourquoi, « selon la mesure de ma foi » en la Trinité, je dois reconnaître et (…) proclamer le don de Dieu et sa « consolation éternelle ». Je dois répandre sans crainte mais avec confiance le nom de Dieu en tout lieu, afin que, même après ma mort, je laisse un héritage à mes frères et à mes enfants, à tant de milliers d'hommes que j'ai baptisés dans le Seigneur.

(Références bibliques : Eccl 4,13 Vulg; Ps 118,67; Lc 1,49; Ap 19,5; Lc 24,19; He 12,28; Rm 12,6; 2Th 2,16) 

Voir les commentaires