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Le pape François restreint l’usage de la messe en latin

Le pape François restreint l’usage de la messe en latin

Le pape François a publié un motu proprio intitulé Traditionis Custodes abrogeant le motu proprio Summorum Pontificum publié par Benoît XVI en 2007, annonce le Bureau de presse du Saint-Siège le 16 juillet 2021. Désormais, l’évêque diocésain aura la « compétence exclusive » d’autoriser ou non la célébration de la messe selon le rite tridentin.

Promulgué en 2007 par Benoît XVI, le motu proprio Summorum Pontificum a donné un statut particulier à la messe en latin en distinguant le rite romain en deux formes liturgiques : ordinaire selon le missel de Paul VI, extraordinaire selon l’édition de 1962 du missel tridentin. À la demande spontanée des fidèles, chaque prêtre catholique pouvait célébrer la forme extraordinaire, sans qu’aucune autorisation du Siège apostolique soit nécessaire.

Le nouveau motu proprio du pape François modifie radicalement ce procédé. Sur le plan doctrinal, il n’est plus question de deux formes du rite romain mais d’une « unique expression de la Lex orandi* », à savoir le Missel promulgué par Paul VI et Jean Paul II, en conformité avec la réforme liturgique de Vatican II.

Rendre le pouvoir à l’évêque

À cet effet, il revient à l’évêque diocésain et à lui seul, en consultation avec le Saint-Siège, d’autoriser ou non l’usage du Missel romain de 1962 dans son diocèse. Contrairement aux dispositions prises par Benoît XVI, les prêtres devront demander une autorisation à leur évêque pour continuer de célébrer la messe en latin et ceux qui seront ordonnés après la publication de Traditionis Custodes devront faire une « requête formelle » particulière.

Dans les diocèses où un groupe de fidèles demeure attaché à la messe en latin, l’évêque aura dorénavant pour tâche de s’assurer que ces fidèles « n’excluent pas la validité et la légitimé de la réforme liturgique (…) du Concile Vatican II ». Il devra mettre à leur disposition un lieu pour la célébration de la messe, autre que « les églises paroissiales » et sans que de « nouvelles paroisses personnelles » soient érigées. Aucune précision sur les lieux que ces fidèles pourront investir n’est donnée.

Un prêtre, délégué par l’évêque et choisi pour ses compétences en latin, en liturgie et son sens de la « communion ecclésiale », sera chargé des activités pastorales et liturgiques du groupe de fidèles. Il veillera à ce que les célébrations selon le Missel de 1962 comportent des lectures en langue vernaculaire (la langue du pays, ndlr) et « aura soin de ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes ».

Enfin, le Souverain pontife confie à la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et à la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique le soin de prendre en charge les communautés qui étaient sous la responsabilité de la commission Ecclésia Dei. À noter que cette réforme entre en vigueur immédiatement.
Au nom de l’unité de l’Église

La pontife argentin a décidé de modifier ce document d’envergure après avoir commandé une enquête dirigée par la Congrégation pour la Doctrine de la foi sur l’application du Summorum Pontificum et adressée aux évêques. Les résultats ont révélé « une situation qui me préoccupe, m’attriste et me persuade de la nécessité d’intervenir », confie le pape.

À ses yeux, l’objectif pastoral de Benoît XVI et de Jean Paul II avant lui a en effet été largement « dévoyé ». Alors que cette réforme avait pour objectif de « rétablir l’unité d’un corps ecclésial aux sensibilités liturgiques diverses », elle a « été exploitée pour élargir les fossés, renforcer les divergences » et « encourager les désaccords qui blessent l’Église », regrette le Souverain pontife.

Dénonçant « une instrumentalisation » du Missel de 1962, le pape s’attriste du rejet de Vatican II par certains traditionalistes. Et de constater : « il est de plus en plus évident (…) qu’il existe un lien étroit entre le choix des célébrations selon les livres liturgiques antérieurs au Concile Vatican II et le rejet de l’Église ». « Pour défendre l’unité du Corps du Christ, je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes Prédécesseurs », explique-t-il.

 

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Doctrine de la Foi: les vaccins anti-Covid sont moralement acceptables

Doctrine de la Foi: les vaccins anti-Covid sont moralement acceptables
Une note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, approuvée par le Pape François, donne le feu vert en cette période de pandémie aux vaccins produits à partir de lignées cellulaires de deux fœtus avortés dans les années 1960.
 

Vatican News

Il est «moralement acceptable d'utiliser des vaccins anti-Covid-19 qui ont eu recours à des lignées cellulaires de fœtus avortés dans leur processus de recherche et de production». Dans le cas de la pandémie actuelle, «tous les vaccins reconnus comme cliniquement sûrs et efficaces peuvent être utilisés en restant conscient que le recours à ces vaccins ne signifie pas une coopération formelle avec l'avortement dont sont issues les cellules à partir desquelles les vaccins ont été produits». C’est la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui l’affirme dans une note signée par le préfet, le cardinal Luis Ladaria, et le secrétaire, l'archevêque Giacomo Morandi, et explicitement approuvée par le Pape François jeudi 17 décembre.

Le document de la Congrégation, publié alors que de nombreux pays s'apprêtent à mettre en œuvre des campagnes de vaccination, fait autorité. Il clarifie les doutes et les questions qui ont émergé des déclarations parfois contradictoires sur le sujet. La note «sur la moralité de l'utilisation de certains vaccins anti-Covid 19» rappelle trois prises de position antérieures sur le même sujet: celle de l'Académie pontificale pour la Vie en 2005; l'instruction Dignitas Personae de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 2008; et enfin une nouvelle note de l'Académie pontificale pour la Vie en 2017.

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi n'entend pas «juger de la sécurité et de l'efficacité» des vaccins actuels contre le Covid-19, ceci relevant de la responsabilité des chercheurs et des agences de médicaments, mais se concentre sur l'aspect moral de l'utilisation de ceux qui sont développés sur des lignées cellulaires provenant de tissus obtenus à partir de deux fœtus qui n'ont pas été spontanément avortés dans les années 1960. L'Instruction Dignitas Personae, approuvée par Benoît XVI, précise à cet égard qu'il existe «des responsabilités différenciées», car «dans les entreprises qui utilisent des lignées de cellules d’origine illicite, la responsabilité de ceux qui décident de l’orientation de la production n’est pas la même que la responsabilité de ceux qui n’ont aucun pouvoir de décision». Et donc, fait valoir la note publiée aujourd'hui reprenant l'Instruction de 2008, lorsque pour différentes raisons des vaccins «éthiquement incontestables» contre le Covid-19 ne sont pas disponibles, il est «moralement acceptable» de se faire vacciner avec ceux qui ont utilisé des lignées cellulaires de fœtus avortés.

La raison de ce consentement est que la coopération au mal de l'avortement, dans le cas de qui se fait vacciner, est «lointaine» et que le devoir moral de l'éviter «n'est pas contraignant», soutient la Congrégation, «si nous sommes en présence d'un grave danger, tel que la propagation, autrement incontrôlable, d'un agent pathogène grave» comme le virus à l’origine de la Covid-19. Il faut donc considérer, précise la Congrégation, que «dans un tel cas, tous les vaccins reconnus comme cliniquement sûrs et efficaces peuvent être utilisés en sachant avec certitude que le recours à ces vaccins ne signifie pas une coopération formelle avec l'avortement dont dérivent les cellules à partir desquelles les vaccins ont été produits».

La Congrégation précise que «l'utilisation moralement licite de ces types de vaccins, en raison des conditions particulières qui la rendent telle, ne peut constituer en soi une légitimation, même indirecte, de la pratique de l'avortement, et présuppose une opposition à cette pratique de la part de ceux qui y ont recours». Elle ne doit pas non plus impliquer une approbation morale de l'utilisation de lignées cellulaires provenant de fœtus avortés. La note demande de fait aux entreprises pharmaceutiques et aux agences gouvernementales de santé de «produire, approuver, distribuer et offrir des vaccins éthiquement acceptables qui ne créent pas de problèmes de conscience».

Mais la Congrégation, tout en rappelant que «la vaccination n'est pas, en règle générale, une obligation morale et donc qu'elle doit être volontaire», souligne également le devoir de rechercher le bien commun. Ce bien commun, «en l'absence d'autres moyens pour arrêter ou même prévenir l'épidémie, peut recommander la vaccination, notamment pour la protection des plus faibles et des plus exposés». Ceux qui, pour des raisons de conscience, refusent les vaccins produits avec des lignées cellulaires provenant de fœtus avortés, doivent cependant «prendre des mesures pour éviter, par d'autres moyens prophylactiques et un comportement approprié, de devenir des vecteurs de transmission de l'agent infectieux». Afin d'éviter «tout risque pour la santé de ceux qui ne peuvent être vaccinés pour des raisons cliniques ou autres et qui sont les plus vulnérables».

Enfin, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi définit comme «un impératif moral» de garantir des vaccins efficaces et éthiquement acceptables accessibles «même aux pays les plus pauvres et de façon non contraignante», car l’inaccessibilité aux vaccins «deviendrait une autre raison de discrimination et d'injustice».

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Mgr Gallagher : pour une alliance nouvelle entre science et humanisme

Mgr Paul Richard Gallagher (archives 2019)

Mgr Gallagher : pour une alliance nouvelle entre science et humanisme
Dans une Lectio Magistralis délivrée à l'Académie nationale des Lyncéens, (Accademia Nazionale dei Lincei) sur le thème “Fraternité, écologie intégrale et Covid-19. La contribution de la diplomatie et de la science”, le secrétaire pour les Relations avec les États a redit la nécessité d’une politique internationale «inclusive, au service de tous» ainsi que d’une collaboration scientifique «véritablement interdisciplinaire».

La relance post-pandémie devra se fonder sur «une nouvelle alliance entre la science et l'humanisme, qui doivent être intégrés et non séparés, voire pire encore, opposés» ainsi que sur «une approche systémique basée sur une solidarité renouvelée, exercée également dans le respect du bien commun et de l'environnement », a déclaré le diplomate dans cette longue intervention, tenue dans le cadre d’une série de colloques organisés par l’Académie des Lyncéens, la plus ancienne académie scientifique d’Europe.

Pour Mgr Gallagher, il s’agit de développer, comme le demande le Pape François dans sa dernière encyclique Fratelli Tutti, «une communauté mondiale capable de réaliser une fraternité des peuples et des nations qui vivent l'amitié sociale». Mais pour ce faire, nous avons besoin «d’une meilleure politique, inclusive, au service de tous, de portée internationale» et d'une collaboration scientifique «véritablement interdisciplinaire, ne laissant de côté aucun type de connaissance».

Crise sanitaire, alimentaire et environnementale
Dans la première partie de son discours, le secrétaire pour les Relations avec les États a examiné les nombreuses crises humanitaires auxquelles le monde est confronté aujourd'hui, «en dépit du fait que nous assistons à des progrès sans précédent dans les différents domaines de la science». Nous sommes en effet confrontés à une crise sanitaire avec plus de 50 millions de personnes touchées par le virus et plus d'un million d'êtres humains qui ont perdu la vie à cause de la Covid-19.

La pandémie a également amplifié la crise alimentaire déjà en cours. Comme le montre le rapport sur “l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde”, élaboré en juillet par les 5 agences des Nations-Unies opérant dans le domaine de la nutrition, la FAO, l'IFAD, le PAM, l'Unicef et l'OMS,  près de 690 millions de personnes souffraient de la faim en 2019. Le spectre d'une famine toujours imminente est également lié à la crise environnementale causée par le réchauffement de la planète et le changement climatique. Selon le rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), au moins un demi-million de personnes vivent dans des zones où un processus de désertification est en cours.

A cela s'ajoute la crise économique et sociale, que la pandémie amplifie, puisque «les pauvres, notamment ceux qui travaillent dans le secteur informel, ont été les premiers à voir leurs moyens de survie disparaître». En bref, pour le secrétaire pour les Relations avec les États, ces crises sont si fortement liées entre elles que l'on peut parler d'une «crise socio-sanitaire-environnementale unique et complexe».

Un temps d’épreuve qui devient le temps du choix
Mais c'est aussi pour cette raison que cette catastrophe épidémique «peut être considérée comme un remodelage social, comme un moment unificateur qui implique la perception d'une communauté d'intérêts». Et comme l'a rappelé le Pape François lors de l’exceptionnelle bénédiction Urbi et Orbi du 27 mars dernier, nous devons «saisir ce moment d'épreuve comme un moment de choix».

Mgr Gallagher a souligné que «la pandémie de Covid-19 peut représenter un véritable point de conversion (pas seulement au sens spirituel), une réelle opportunité de transformation ; cependant, elle peut aussi être un élément de perversion, de retrait individualiste, d'exploitation». La relance peut donc être comprise comme «un défi de civilisation en faveur du bien commun et un changement de perspective, qui doit placer la dignité humaine au centre de toutes nos actions». Mais cela exige «une vision claire du type de société et d'économie que nous voulons, qui s'appuie sur une réflexion approfondie sur la signification de l'économie et de ses finalités», a ajouté le secrétaire pour les Relations avec les États, citant l’encyclique Caritas in veritate de Benoît XVI.

Enfin, afin de garantir la sécurité intégrale des États et des peuples, il convient non d'augmenter les dépenses militaires, mais d'accroître la coopération mondiale, en renforçant «le multilatéralisme, en insistant également sur l'engagement en faveur du désarmement et de la maîtrise des armements, non pas comme une fin en soi, mais en vue de contribuer à la sécurité et à la paix communes, qui ne doivent pas être comprises comme une absence de guerre, mais comme une absence de peur, et donc comme la promotion du bien-être social pour le bien commun».

Tout est lié : la vision polyèdre de l'écologie intégrale
Le concept de fraternité s'élargit et se complète, dans la vision de l'encyclique Laudato Si’, avec celui d'écologie intégrale. «Tout est lié», écrit le Pape François, et l'archevêque anglais a souligné que «la défense des écosystèmes, la préservation de la biodiversité, la gestion des biens communs mondiaux ne seront jamais efficaces si elles sont séparées de questions telles que la politique et l'économie, les migrations et les relations sociales». Benoît XVI l'a déjà demandé en 2006, a rappelé Mgr Gallagher : «Nous devons convertir le modèle de développement mondial», c'est-à-dire que «nous devons adopter une nouvelle vision du monde, ancrée dans le concept d'écologie intégrale».

Le point central reste «la centralité de la personne humaine, avec la nécessité conséquente de promouvoir la culture du soin», en antithèse de la «culture du déchet» non seulement des biens, mais souvent des êtres humains. Gardant à l'esprit, comme le fait François dans Laudato Si’ que «le développement technologique et économique, qui ne laisse pas un monde meilleur et une qualité de vie tout à fait supérieure, ne peut être considéré comme un progrès».

Le pouvoir transformant de l'éducation et de la solidarité
Pour amorcer un processus de conversion, le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États a suggéré de «tirer parti du pouvoir transformant de l'éducation» et de la solidarité. La première, à long terme, peut façonner dans les nouvelles générations «une politique et une économie véritablement durables pour la qualité de la vie, au bénéfice de tous les peuples de la terre et surtout de ceux qui se trouvent dans les situations les plus défavorisées et sont en danger».

La seconde a été remise en cause par la pandémie, qui a révélé nos fragilités, montrant «la nécessité d'une nouvelle solidarité». Car ce n'est qu'en «étant unis, en faisant preuve de solidarité» que nous pouvons faire face aux situations d'urgence les plus terribles. Le Pape a écrit ceci dans Fratelli Tutti : «Aujourd'hui, aucun État-nation isolé n'est capable d'assurer le bien commun de sa population».

En conclusion, Mgr Gallagher a réitéré qu' «il est nécessaire de créer une société fraternelle qui favorise l'éducation au dialogue et permet à chacun de donner le meilleur de lui-même. L'appel à ne laisser personne en arrière doit être un avertissement afin que la dignité humaine ne soit jamais être négligée et que personne ne soit privé de l'espoir qu'un avenir meilleur puisse être bâti».

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Irak : l'indispensable reconstruction du patrimoine chrétien

Irak : l'indispensable reconstruction du patrimoine chrétien
La guerre a fait fuir des centaines de milliers de chrétiens de la région. Très peu sont revenus. A leur retour, le constat est dramatique. Les djihadistes ont détruit ou endommagé la totalité du patrimoine religieux. Aujourd’hui, l’heure est à la reconstruction. Un processus qui nécessite du temps, des efforts et de l’argent. Le photographe Pascal Maguesyan a dressé l’inventaire de ce patrimoine.
 

Jean Charles Putzolu – cité du Vatican

Pascal Maguésyan effectue son premier voyage en Irak à la rencontre des communautés chrétiennes en 2008. Il trouve des populations encore profondément marquées par les organisations terroristes. Dans la plaine de Ninive, Pascal est accueilli par des personnes éprouvées par la guerre, qui ont pour la plupart fui la capitale Bagdad et la ville de Mossoul. Elles témoignent des pressions et des persécutions subies.

A la suite de ce voyage, Pascal se consacre aux communautés chrétiennes d’orient, jusqu’à la publication aujourd’hui de l’album photo, Mesopotamia, qui recense le patrimoine chrétien de la région. Un patrimoine détruit ou vandalisé partout là où l’organisation de l’état islamique est passée.

« Lorsqu’en 2014 Daesh s’est emparé de la plaine de Nivive et de Mossoul, j’ai tout de suite compris ce qui se passait », témoigne Pascal. « J’ai compris que Daesh ne s’en prenait pas seulement aux populations civiles, qu’elles soient chrétiennes, yézidis ou autre, mais aussi aux communautés humaines et à leur patrimoine dans l’objectif stratégique d’éradiquer des civilisations ».

Il décide alors de créer l’association Mesopotamia Heritage pour inventorier le patrimoine chrétien et Yézidi.

15 ans de voyage en Mésopotamie

Pascal Maguésyan a parcouru l’Irak de long en large, filmé et photographié les monuments endommagés, contacté associations et fondations pour sensibiliser les consciences sur la nécessité de faire revivre ce patrimoine sans lequel le retour des communautés chrétiennes, déjà largement compromis, sera encore plus compliqué.

Il constate sur place que pas un édifice religieux n’a échappé aux destructions de Daesh. « Une politique systématique » dit le photographe, tout en précisant qu’à Mossoul, quelques bâtiments religieux, églises et monastères de la vielle ville notamment, ont été également victimes des bombardements de la coalition internationale lors des opérations militaires pour chasser les djihadistes et libérer la ville.

Une fragile reconstruction

L’Irak écrit aujourd’hui une nouvelle page de son histoire, et de nombreuses communautés sur place prônent toujours le « vivre ensemble ». Environ un tiers des chrétiens déplacés dans la plaine de Ninive est revenu s’installer dans sa communauté d’origine ; un autre tiers est toujours au Kurdistan, et reste donc déplacé ; le dernier tiers a quitté l’Irak, parfois de façon définitive, pour s’installer dans d’autres pays, dans le Golfe, en Europe ou aux Etats-Unis. Concernant Mossoul, la situation est quelque peu différente. Une cinquantaine de familles seulement est revenue en ville, dans la partie orientale de Mossoul essentiellement, mais pas dans la vieille ville. « On est très loin du compte », affirme Pascal Maguésyan. « Il y avait des dizaines de milliers de chrétiens à Mossoul avant la chute du régime de Saddam Hussein, avant Al Qaeda, avant Daesh ».

Pour favoriser le retour des chrétiens, l’importance du patrimoine apparait fondamentale, car l’église ou le monastère sont les lieux de rassemblement par excellence de ces communautés. Elles ont donc nécessairement besoin de restaurer ou de reconstruire ces édifices si elles veulent replanter leurs racines, se ressouder et se reconnecter à leur village et à leur terre.

Soir de fête, sous la protection des NPU (Unités de Protection de la Plaine de Ninive), au couvent restauré Mart Barbara de Karamlesse. Photo Pascal Maguesyan / Mesopotamia. Mai 2019Soir de fête, sous la protection des NPU (Unités de Protection de la Plaine de Ninive), au couvent restauré Mart Barbara de Karamlesse. Photo Pascal Maguesyan / Mesopotamia. Mai 2019
 

Dans la plaine de Ninive, les chrétiens sont assez nombreux pour prendre en charge financièrement la rénovation de leurs lieux de culte, bien qu’aidés aussi par des bailleurs de fonds internationaux, des ONG et le milieu associatif. Grace à ces efforts combinés, et aux manches retroussées des communautés locales, 80 à 90 pour cent du patrimoine chrétien et Yézidi de la plaine de Ninive est aujourd’hui en voie de reconstruction.

Pour la ville de Mossoul, encore une fois, la situation est différente. Dans la vieille ville, qui renferme la plus grande partie du patrimoine chrétien, la sécurité n’est malheureusement toujours pas garantie. Il y a par ailleurs des difficultés d’ordre administratif, clanique et politique, qui freinent les projets de remise sur pied des lieux de culte. Par conséquent, à ce jour, seuls 10 pour cent des travaux de restauration ont été engagés. Ainsi, l’église syriaque catholique Mar Touma a retrouvé ses trois autels, l’autel centrale et les deux autels latéraux du sanctuaire. Autre exemple, l’église Al Bichara, de Mossoul est, a été intégralement reconstruite, avec le presbytère et une résidence étudiante, et inaugurée en décembre 2019. Des chantiers menés à terme grâce au travail de la communauté syriaque catholique locale qui revient, et au soutien financier de plusieurs fondations et associations. A côté de ces deux exemples positifs, il reste à Mossoul au moins une dizaine d’églises à reconstruire et pour lesquelles les dossiers sont toujours en attente dans des tiroirs.

Le soutien des jeunes musulmans

A Mossoul, les jeunes musulmans aussi se mobilisent pour favoriser le retour des chrétiens « la ville n’est pas la même sans vous, revenez ! » dit Mohamed aux familles qui ont fui la ville et ses violences fondamentalistes. Mohamed Essam, avec d’autres jeunes musulmans, a fondé une association de bénévoles dont l’objectif est d’aider à la restauration des édifices historiques de Mossoul. Lorsque le journaliste de l’agence Asianews l’a rencontré, il était en train d’aider au déblayage des débris dans l’église syro-catholique de Saint Thomas, détruite et saccagée par les djihadistes dès leur prise de contrôle de la ville au cours de l’été 2014. Les combattants de l’Etat islamique s’en sont d’ailleurs pris aussi bien aux églises qu’aux mosquées. Pascal Maguésyan a une explication pour ce paradoxe « Daesh est une organisation totalitaire, rien ne peut exister avant sa vision de l’Islam radical, et rien n’existera plus après, que cela soit le patrimoine yézidi, le patrimoine chrétien, le patrimoine juif, et même parmi le patrimoine musulman, dont une partie est d’influence architecturale Perse, Mongole, Jalili, ou autre. Ces influences culturelles ne peuvent avoir droit de citer dans la vision totalitaire de Daesh ».

Mohamed n’a pas oublié les atrocités commises par les combattants du califat autoproclamé: « Nous voulons changer la perception qu’ont les gens de la région et du monde de la ville de Mossoul. Nous voulons que les chrétiens fassent partie de cette terre parce qu’ils ont eux aussi une histoire ici, riche et précieuse », affirme le cofondateur des «Bras de Mossoul».

Au cours de ses périples, Pascal a observé un changement dans la perception qu’ont les irakiens de leur patrimoine. Si par le passé ils remplaçaient sans trop se poser de question de vieilles bâtisses à l’architecture particulière par des nouvelles constructions souvent insignifiantes en béton armé, le passage de Daesh a révélé aux irakiens la valeur historique, architecturale et culturelle de leur patrimoine. Il en découle un début de réflexion sur la nécessité de reconstruire à l’identique ou dans le respect du bâti ancien.

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Christ-Roi: «La vie est le temps des choix forts, décisifs, éternels»

Christ-Roi: «La vie est le temps des choix forts, décisifs, éternels»
Réaliser de grands rêves pour vivre dans la gloire de Dieu, avoir le courage de choisir le bien et donner sa vie selon le critère de l’amour. Le Pape François a centré son homélie sur «les choix de vie et les choix banals» qui s’imposent à toute existence, lors de la messe de remise de la Croix des JMJ, en la Basilique Saint-Pierre, dimanche 22 novembre, solennité du Christ-Roi.

En présence de fidèles et de jeunes des JMJ, le Pape François a débuté son homélie par «les dernières volontés de Jésus sur la Croix», interrogeant l’assemblée de la manière suivante: «Chacun peut se demander ‘’Est-ce que je les mets en pratique? Est-ce que je fais quelque chose pour celui qui se trouve dans le besoin? Ou bien fais-je seulement du bien aux personnes chères et aux amis? Est-ce que j’aide quelqu’un qui ne peut pas me le rendre? Suis-je ami d’une personne pauvre?’’»

Rêver en grand

 «Je suis là, dit Jésus à toi aussi, jeune qui cherche à réaliser les rêves de la vie», a relevé le Primat d’Italie, avant de lancer un appel à ne jamais renoncer «aux grands rêves», et à ne pas se contenter «de ce qui est dû»

 

«Le Seigneur ne veut pas que nous rétrécissions les horizons, il ne nous veut pas garés sur les côtés de la vie, mais en marche vers de grands objectifs, avec joie et audace. Nous ne sommes pas faits pour rêver des vacances ou de la fin de semaine, mais pour réaliser les rêves de Dieu en ce monde», a bien insisté François à l’égard des jeunes et fidèles du monde entier.  

Les œuvres de miséricorde sont les plus belles
Et parmi les œuvres d’une vie, le Pape est clair: celles de miséricorde sont les plus belles. «Si tu as des rêves de vraie gloire, non pas la gloire du monde qui va et vient, mais de la gloire de Dieu, telle est la route», a recommandé l’évêque de Rome, confiant le moyen d’y arriver. «Avec de grands choix».

En effet, au moment du jugement dernier, Dieu se base sur nos choix, a rappelé le Souverain pontife. «Il semble presque ne pas juger. Il tire seulement les conséquences de nos choix, il les met au jour et les respecte. La vie, alors, est le temps des choix forts, décisifs, éternels.»

«Nous devenons nos choix»
Le Saint-Père a poursuivi déconseillant la médiocrité: «Des choix banals mènent à une vie banale, des grands choix rendent grande la vie».

En effet, nous devenons ce que nous choisissons, en bien ou en mal, a-t-il alerté.. «Si nous choisissons de voler nous devenons des voleurs, si nous choisissons de penser à nous-mêmes nous devenons égoïstes, si nous choisissons de haïr nous devenons colériques, si nous choisissons de passer des heures devant le téléphone portable nous devenons dépendants», a détaillé le Successeur de Pierre, indiquant la voie à suivre: «Si nous choisissons Dieu, nous devenons chaque jour plus aimés et si nous choisissons d’aimer nous devenons heureux.»

«On ne possède la vie qu’en la donnant»
Un critère, celui de l’amour. «Jésus sait que si nous vivons fermés et indifférents nous restons paralysés, mais si nous nous dépensons pour les autres, nous devenons libres. Le Seigneur de la vie nous veut pleins de vie et nous donne le secret de la vie: on ne la possède qu’en la donnant», a affirmé François, notant une kyrielle d’obstacles à surmonter.

La crainte, l’insécurité, les questions sans réponse, en sont quelques-uns. «Cependant, l’amour demande d’aller plus loin, de ne pas rester accrochés aux pourquoi de la vie en attendant qu’une réponse arrive du Ciel. Non, l’amour pousse à passer des pourquoi au pour qui, du pourquoi je vis au pour qui je vis, du pourquoi il m’arrive ceci au pour qui puis-je faire du bien. Pour qui?», a exhorté le Souverain pontife.

Penser à faire le bien plutôt qu’à se sentir bien
Non pour soi, car «la vie est déjà pleine de choix que nous faisons pour nous-mêmes»; les diplômes, les amis, une maison, les passe-temps et centres d’intérêts. «Nous risquons ainsi de passer des années à penser à nous-mêmes sans commencer à aimer», prévient le Pape, ornant sa réflexion de la maxime du poète et dramaturge romantique italien, Alessandro Manzoni: «On devrait penser plus à faire le bien, qu’à se sentir bien: et ainsi on finirait aussi par se sentir mieux» (Les fiancés, chap. XXXVIII, 1827).

Consommation, divertissement, droits sans devoir
Selon François, d’autres obstacles minent cette capacité «à faire de grands choix», comme «la fièvre de la consommation, qui empoisonne le cœur de choses superflues»; «l’obsession du divertissement, qui semble être l’unique voie pour s’évader des problèmes alors qu’il n’en est qu’un report»; «se fixer sur les droits à réclamer, en oubliant le devoir d’aider».

L’émotion au lieu du sacrifice
Et puis, «il y a la grande illusion sur l’amour qui semble être quelque chose à vivre à coup d’émotions et de like, alors qu’aimer est avant tout don, choix et sacrifice», a-t-il assuré. Choisir revient donc «à ne pas se faire domestiquer par l’homologation, ne pas se laisser anesthésier par les mécanismes des consommations qui désactivent l’originalité, à savoir renoncer aux apparences et au paraître».

Choisir la vie, fuir la banalité
«Choisir la vie, c’est lutter contre la mentalité du utiliser-et-jeter et du tout-et-tout-de-suite.», a ajouté le Pape, prodiguant un ultime conseil pour discerner les choix d’une vie. Deux questions se posent: «Qu’est-ce qui me va de faire?», celle-ci trompe, «parce qu’elle insinue que l’important c’est de penser à soi-même et satisfaire toutes les envies et les pulsions qui viennent».

L’autre, la bonne, «suggérée par l’Esprit Saint», est la suivante: «Qu’est ce qui te fait du bien?» «Qu’est-ce qui me va de faire ou qu’est ce qui me fait du bien? De cette recherche intérieure, peuvent naître des choix banals ou des choix de vie».

La Croix des JMJ, une flamme olympique de la foi
Le passage de relais de la Croix des JMJ entre jeunes Panaméens et Portugais, qui devait se tenir lors du Dimanche des Rameaux, se tient finalement ce dimanche 22 novembre, en la fête du Christ-Roi. L’occasion de se pencher sur cette tradition instaurée par saint Jean-Paul II.
 

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Tout comme le relais de la flamme olympique est devenu un rituel préparatoire aux Jeux olympiques, celui de la Croix des JMJ est devenu une occasion de créer une chaîne de fraternité à travers les pays choisis pour l’organisation des Journées Mondiales de la Jeunesse.

L’origine remonte à 1983: dans le cadre de l’Année Sainte de la Rédemption, le Pape Jean-Paul II avait souhaité qu’une croix, symbole de la foi, soit dressée près de l’autel majeur de la Basilique Saint-Pierre, de sorte que tous les pélerins, visiteurs et téléspectateurs puissent bien la voir. Selon son désir, une grande Croix en bois de plus de 3 mètres de hauteur (3,80 m) est alors installée près de l’autel.

À la fin de cette Année Sainte, après la fermeture de la Porte Sainte, s’adressant aux jeunes du Centre International des Jeunes San Lorenzo à Rome, le Pape, à travers eux, confie cette croix à la jeunesse du monde entier: «Très chers jeunes, à la fin de l’Année Sainte, je vous confie le signe de cette Année Jubilaire: la Croix du Christ! Portez-la dans le monde comme signe de l’amour du Seigneur Jésus pour l’humanité et annoncez à tous qu’il n’y a de salut et de rédemption que dans le Christ mort et ressuscité»

 

Les jeunes accueillent ce souhait du Pape. Ils portent la croix au Centre San Lorenzo, qui devient alors sa demeure habituelle, chaque fois qu’elle revient d’un pèlerinage dans le monde.

Premières pérégrinations en 1984
La Croix de l’Année Sainte (nom qui lui est alors attribué) fait son premier pèlerinage en juillet 1984, à Munich en Allemagne pour le Katholikentag (Journée des Catholiques). Cette simple croix de bois, sans signe distinctif particulier, devient un symbole de la volonté du Pape, qui veut inviter les jeunes à suivre Jésus dans la simplicité et le dépouillement. Lors de la célébration eucharistique de clôture, en présence de 120 000 personnes rassemblées dans le stade de la ville, la Croix est placée à côté de l’autel de façon à être vue de tous. Puis les jeunes portent la Croix à Lourdes, à Paray-le-Monial, et dans d’autres villes de France.

Elle revient en Allemagne en septembre 1984, puis en janvier 1985, en réponse au souhait du Saint Père, un groupe de jeunes Allemands porte la Croix à Prague, en Tchécoslovaquie. Ce premier passage du rideau de fer qui divisait alors l’Europe se veut alors un encouragement personnel de Jean-Paul II, le Pape polonais, à son ami tchécoslovaque le cardinal Tomasek, lui aussi grand défenseur de la liberté religieuse face au totalitarisme communiste.

L’année 1985 est proclamée par l’ONU l’Année Internationale de la Jeunesse. Dimanche des Rameaux, 300 000 jeunes participent à une rencontre avec le Pape sur la place Saint-Pierre et la Croix est avec eux. Cette année-là, elle est aussi portée dans différentes parties d’Europe: Italie, France, Luxembourg, Irlande, Écosse, Malte et Allemagne; partout elle est conduite en pèlerinage, protagoniste du Chemin de Croix dans les rues de chaque ville qui l’accueille et présente aux différents rassemblements de jeunes.

Toujours en 1985 le Pape Jean-Paul II annonce qu’à partir du Dimanche des Rameaux suivant, il y aurait chaque année une Journée Mondiale de la Jeunesse. Les Journées Mondiales de la Jeunesse sont célébrées depuis lors chaque année au niveau diocésain, et à partir de 1987, tous les deux ou trois ans, dans le cadre de cette célébration, se tient une grande Rencontre Mondiale des Jeunes avec le Pape, chaque fois dans une ville d’un continent différent.

En 1986, la Croix est présente à la célébration de la première Journée Mondiale de la Jeunesse dans le diocèse de Rome, qui a lieu à la Basilique de Saint-Jean-de-Latran, le Dimanche des Rameaux. Par ailleurs, cette année-là, la Croix circule de nouveau en Italie, en France et en Suisse.

Les premiers voyages hors d’Europe
En 1987, a lieu la IIe Journée Mondiale de la Jeunesse, célébrée à Buenos Aires (Argentine), rassemblant pour la première fois des jeunes du monde entier. C’est aussi la première fois que la Croix entre sur le continent américain, où elle se rend quelques jours avant les célébrations. Puis la Croix revient en Europe pour quelques rencontres de jeunes en Allemagne, puis en France et en Grèce. Elle est présente au Synode des Évêques sur les Laïcs, qui a lieu à Rome cette année-là, du 1er au 30 octobre.

En 1988, après la célébration de la IIIe Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, le Dimanche des Rameaux, la Croix est portée en Allemagne, puis en France, et elle traverse de nouveau l’Atlantique, et cette fois pour se rendre à Steubenville aux États-Unis.

En 1989, la Croix fait le tour des diocèses des Pays-Bas ; en août elle se rend en Espagne, à Saint-Jacques-de-Compostelle, où se tient la IVe Journée Mondiale de la Jeunesse, cette fois sous une forme mondiale et désormais en été. Au mois d’octobre, la Croix part pour le Continent asiatique, pour la première fois, à l’occasion du Congrès Eucharistique International de Séoul, en Corée du Sud.

En 1990, la Croix est portée à la célébration de la Ve Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, le Dimanche des Rameaux. Elle repart deux fois pour le continent américain: au Mexique et aux États-Unis. En outre, elle circule de nouveau en France, en Allemagne et en Italie.

En août 1991, à l’occasion de la VIe Journée Mondiale de la Jeunesse, les jeunes portent la Croix à Czestochowa (Pologne) où elle participe à la nouvelle Rencontre Mondiale avec le Pape. Ensuite, la Croix circule en Allemagne et en Suisse.

La transmission de la croix d’un pays à l’autre, une tradition instituée en 1992
C’est à l’occasion du Dimanche des Rameaux 1992, au cours de la célébration de VIIe Journée Mondiale de la Jeunesse du Diocèse de Rome, qu’est instituée la tradition du passage de la Croix des JMJ des jeunes du pays précédent à ceux du pays suivant. La Croix est alors confiée aux jeunes des États-Unis, pays d’accueil des JMJ de Denver. Avant de commencer son voyage à travers les diocèses américains, la Croix fait un détour par Australie. 

En 1993, la Croix circule dans de nombreux diocèses des États-Unis, présidant les célébrations, les rassemblements, les rencontres et les pèlerinages réalisés dans ces régions. Elle est ensuite portée à Denver pour la Rencontre mondiale organisée pour cette VIIIe  Journée Mondiale de la Jeunesse. Aux jeunes rassemblés, le Saint-Père dit: «Suivez la Croix “pèlerine” ; allez à la recherche de Dieu, parce que vous pouvez le trouver même au cœur d’une ville moderne». La Croix continue à voyager à travers les États-Unis jusqu’à la fin de l’année.

Le Dimanche des Rameaux 1994, au cours des célébrations de la IXe Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, sur la Place Saint-Pierre, une délégation de jeunes des États-Unis transmet la Croix à une délégation de jeunes des Philippines. La Croix s’envole alors vers cet archipel, où elle entreprend un long pèlerinage à travers 79 diocèses du pays, se déplaçant tantôt en bateau, tantôt portée sur les épaules des jeunes ou encore par tout autre moyen de transport possible.

En janvier 1995, a lieu à Manille une nouvelle Rencontre Mondiale des jeunes avec le Pape, à l’occasion de la Xe Journée Mondiale de la Jeunesse. La Croix est portée dans la ville quelques jours avant la célébration. Au cours de la Veillée du samedi soir, le Saint-Père rappelle le sens de ce pèlerinage: « La Croix pèlerine passe d’un Continent à l’autre et les jeunes venus de tous les coins du monde se rassemblent pour témoigner ensemble que Jésus-Christ est le même pour chacun, et que son message est toujours le même. En lui il n’existe pas de division, ni de rivalité ethnique, ni de discrimination sociale. Tous sont frères et sœurs dans la seule et unique famille de Dieu ». Après la Journée Mondiale, la Croix revient en Italie, où elle se rend dans plusieurs villes et lieux de pèlerinage.

Une pérégrination mémorable en France
La Croix est ensuite confiée par un groupe de jeunes Philippins à un groupe de jeunes français le Dimanche des Rameaux de l’année 1996, au cours de la célébration de la XIe Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, sur la Place Saint-Pierre. Quelques heures plus tard, les jeunes Français portent la Croix dans leur pays, où elle fait son entrée triomphale dans la cathédrale de Chartres, et où le soir même, en sa présence, est célébrée la Messe des Rameaux. Ce nouveau pèlerinage la porte à visiter 90 diocèses et mouvements, ainsi que l’Allemagne et les Pays-Bas. Elle se rend notamment à Berlin où le Saint-Père tient une rencontre avec les jeunes de la capitale. La Croix reste là toute la nuit avec les jeunes recueillis en prière.

En 1997, la Croix poursuit son pèlerinage en France avec des petits détours en Autriche et en Belgique, elle arrive à Paris en août pour la XIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, qui attire, à la surprise générale des Français et des organisateurs eux-mêmes, plus d’un million de pèlerins lors du rassemblement final sur l’hippodrome de Longchamp.

La ferveur italienne
En 1998, au cours de la célébration de la XIIIe Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, sur la Place Saint-Pierre, une délégation de jeunes Français remet la Croix à une délégation de jeunes Italiens, en vue de la Rencontre mondiale prévue à Rome à l’occasion du Grand Jubilé de l’An 2000. Dans son homélie du Dimanche des Rameaux, Jean-Paul II dit: « Chers jeunes, le message de la Croix vous est aujourd’hui reproposé. C’est à vous, qui serez les adultes du troisième millénaire, qu’est confiée cette Croix qui sera remise d’ici peu par un groupe de jeunes Français à une délégation de la jeunesse de Rome et d’Italie. De Rome à Buenos Aires; de Buenos Aires à Saint-Jacques-de-Compostelle; de Saint-Jacques-de-Compostelle à Czestochowa; de Jasna Góra à Denver; de Denver à Manille; de Manille à Paris; cette Croix a pérégriné avec les jeunes, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre. Votre choix, jeunes chrétiens, est clair : découvrir dans la Croix du Christ le sens de votre existence et la source de votre enthousiasme missionnaire».

Après cette célébration, la Croix commence à parcourir tout le territoire italien. Ce parcours de deux ans culmine entre le 15 et le 20 août 2000 avec ce rassemblement historique organisé à Rome pour la XVe JMJ. La Croix est la protagoniste d’un imposant Chemin de Croix qui, partant du Forum Romain arrive au Colisée, voyant des milliers de jeunes s’approcher du Sacrement de la Réconciliation au Circo Massimo, et plus de deux millions de personnes participer à la Messe de clôture célébrée par le Saint-Père à Tor Vergata.

Une vaste épopée à travers l’Amérique du Nord
En 2001, à nouveau sur la Place Saint-Pierre pour la célébration de la XVIe Journée Mondiale de la Jeunesse du diocèse de Rome, une délégation de jeunes Italiens remet la Croix à un groupe de jeunes du Canada. Après avoir traversé l’Atlantique une nouvelle fois, la Croix commence son long pèlerinage dans l’immense territoire canadien: voyageant sur des avions privés ou de ligne, traînée par des chiens de luge, transportée par grue, sur des tracteurs, sur des bateaux à voile et de pêche, elle visite paroisses, prisons de jeunes, écoles, universités, monuments nationaux, centres commerciaux, rues du centre, parcs et quartiers de vie nocturne.

En 2002, la Croix poursuit son voyage au Canada, avec un petit détour par les États-Unis en février, lorsqu’elle est portée à New York au “Ground Zero”, en signe d’espérance pour le peuple américain après la tragédie du 11 septembre 2001. Puis la Croix retourne au Canada. Le 28 avril, un groupe de jeunes de l’Ontario et du Québec (appelés “portageurs”), part avec la Croix de la Cathédrale Marie Reine du Monde de Montréal, pour la porter à pied jusqu’à Toronto, pour un pèlerinage de 43 jours : partout où elle s’arrête, au cours de ce long voyage, la Croix attire énormément de gens en prière, qui viennent la toucher et l’embrasser avec ferveur.

À Toronto, la Croix reste avec les jeunes pour la XVIIe Journée Mondiale de la Jeunesse, où elle est placée au centre de toutes les célébrations principales de ce dernier rassemblement mondial de la jeunesse avec Jean-Paul II. Après les JMJ de Toronto, la Croix retourne en Europe, où elle voyage en République Tchèque jusqu’à la fin de l’année.

Un tour d’Europe avec l’icône de Marie
Du 21 mars au 5 avril 2003 la Croix se rend en Irlande, revenant à temps à Rome pour le Dimanche des Rameaux, lorsque les jeunes Canadiens la confient aux jeunes d’Allemagne, pays hôte de la Rencontre mondiale de 2005. À la fin de la messe des Rameaux, Jean-Paul II donne aux jeunes une reproduction de l’Icône de Marie Salus Populi Romani: «À la délégation venue d’Allemagne, je confie aujourd’hui l’Icône de Marie. Désormais, avec la Croix, elle accompagnera les Journées Mondiales de la Jeunesse. Elle sera le signe de la présence maternelle de Marie aux côtés des jeunes, appelés, comme l’apôtre Jean, à l’accueillir dans leur vie». Cette reproduction de l’Icône, dont l’originale est conservée en la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, occupait une place de choix durant les célébrations des JMJ 2000 à Tor Vergata.

La Croix et l’Icône, désormais commencent alors un vaste pèlerinage à travers différents pays d’Europe en route vers l’Allemagne. Elles visitent la Norvège, l’Espagne, le Luxembourg, l’Autriche, la Pologne, la Slovaquie, la République Tchèque, la Slovénie, la Hongrie, la Roumanie, la Croatie, la Bosnie et Herzégovine, la Suède, la Lituanie, le Danemark, le Portugal, la France, l’Irlande, les Pays-Bas et la Suisse. Pendant la visite en Espagne, la Croix et l’Icône sont présentes lors de la canonisation de plusieurs saints espagnols et lors d’un grand rassemblement de 600 000 jeunes avec Jean-Paul II à Madrid.

Le voyage à travers l’Europe continue en 2004. La Croix et l’Icône se rendent en Angleterre, au Pays de Galles, en Écosse, Italie, Belgique, Bulgarie et à nouveau en Bosnie et Herzégovine. Le 4 avril, jour de la fête des Rameaux, la Croix et l’Icône commencent leur pèlerinage dans les diocèses d’Allemagne en entrant par la Porte de Brandebourg à Berlin. Cet événement est retransmis sur les écrans géants installés à Place Saint-Pierre pour la célébration à Rome de la XIXe Journée Mondiale de la jeunesse. Le Pape Jean-Paul II parle de la Croix dans son homélie. Il rappelle aux jeunes que 20 années s’étaient déjà écoulées depuis qu’il avait confié la Croix de l’Année Sainte aux jeunes du monde. Il leur dit alors: «Depuis ce moment, la Croix continue à traverser de nombreux pays, en préparation aux Journées mondiales de la Jeunesse. Au cours de ses pèlerinages, elle a parcouru les continents : comme un flambeau passé de main en main, elle a été transportée de pays en pays ; elle est devenue le signe lumineux de la confiance qui anime les jeunes générations du troisième millénaire. Aujourd'hui, elle se trouve à Berlin! »

Le pèlerinage en Allemagne continue en 2005 et il se termine par une marche de 40 jours de Dresde à Cologne où la Croix et l’Icône participent à la XXe Journée Mondiale de la Jeunesse. Elles sont présentes quand les jeunes venus du monde entier rencontrent le nouveau Pape Benoît XVI, enfant du pays élu à la succession de Jean-Paul II en avril. Après les célébrations, la Croix repart pour Rome car elle nécessite d’urgentes réparations, après ces longs mois de pérégrinations.

La plongée vers l’Afrique et l’Océanie
Le Dimanche des Rameaux 2006, une délégation de jeunes Allemands remet la Croix et l’Icône à leurs homologues australiens. La Croix et l’Icône commencent leur long voyage vers l’Australie en passant d’abord par l’Afrique. En 2006, elles visitentle Sénégal, la Guinée Bissau, la Gambie, le Ghana, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, le Malawi et la Zambie. D’innombrables obstacles sont surmontés afin que le plus grand nombre possible de jeunes Africains puisse prier en présence de la Croix et de l’Icône.

Le tour en Afrique continue en 2007, avec le Botswana, l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Mozambique et Madagascar. De nombreuses aventures peuvent être narrées à propos du voyage de la Croix et de l’Icône sur la remorque d’un camion tout au long des routes de l’Afrique. Des foules viennent les acclamer avec des chants et des danses et cela attire des personnes d’autres Églises et d’autres religions. Les rencontres avec la Croix et l’Icône sont une belle occasion pour encourager les jeunes à devenir une “génération non-violente”. Ils organisent des marches pour la paix. Dans les pays qui avaient subi des guerres tribales et des génocides, l’appel “plus jamais” retentit clair et fort quand ils se réunissent tous ensemble autour de la Croix et de l’Icône.

Après l’intense et riche tour en Afrique, le long voyage vers l’Australie continue avec de courtes étapes en Asie pour arriver jusqu’en Océanie. Elles visitent la Corée, les Philippines, Guam, les Îles Marshall, Chuuk (en Micronésie), Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Îles Salomon, Timor Est, Kiribati, Samoa, les Samoa américaines, Tahiti, Tonga, Fidji, la Nouvelle-Calédonie, l’archipel des Vanuatu et la Nouvelle-Zélande. Pour des pays aussi éloignés les uns des autres et du reste du monde, l’impression principale des jeunes est que la Croix et l’Icône les a rapprochés du monde extérieur.

Durant ce séjour en des territoires parfois peu connus, ces symboles des JMJ  ont souvent été accueillis par des groupes de jeunes vêtus dans leurs habits traditionnels et qui leur jetaient des fleurs. Ils ont voyagé sur des bateaux à travers les jungles et ont été portés en procession autour des différentes îles. Ils ont contribué à la réconciliation là où il y avait des tensions (notamment au Timor), et ont réconforté des jeunes qui avaient récemment fait l’expérience d’un terrible tremblement de terre et tsunami (Îles Salomon).

Au mois de juillet 2007 la Croix et l’Icône arrivent en Australie et commencent leur pèlerinage dans le pays hôte de la prochaine JMJ. Les jeunes du JCI (Journey of the Cross and Icon) tiennent un journal dans lequel ils annotent tous les détails du pèlerinage, en commençant par l’arrivée à Sydney et la cérémonie de remise par les Néo-Zélandais au cours de laquelle de jeunes Maoris et Aborigènes Australiens exécutent leurs cérémonies rituelles respectives. Les pages du Journal parlent de mer et de désert, de chaud et de froid, de conversions et d’émotions, de communautés isolées et d’accueils chaleureux.

Le pèlerinage en Australie continue en 2008 et s’achève par une marche de 15 jours dans l’archidiocèse de Sydney jusqu’à la XXIIIe Journée Mondiale de la Jeunesse avec le Pape Benoît XVI et les jeunes du monde entier. La Croix prend aussi part au Chemin de Croix qui a lieu dans les rues et le port de Sydney. Le Pape parle des symboles de la JMJ dans son discours pendant la Veillée du samedi soir. Il dit: «Rassemblés devant cette Croix qui a tant voyagé et devant l’Icône de Marie, sous la splendide constellation de la Croix du Sud, nous prions. Ce soir, je prie pour vous et pour les jeunes du monde entier ». Il posa aux jeunes cette question : « En tant que témoins du Christ, quelle est notre réponse à un monde divisé et fragmenté ? Comment pouvons-nous offrir l’espérance de la paix, de la guérison et de l’harmonie à ces “stations”, lieux de conflit, de souffrance et de tension, où vous avez choisi de vous arrêter avec cette Croix de la journée Mondiale de la Jeunesse ? » Après la Journée Mondiale de la Jeunesse, la Croix et l’Icône s’envolent directement pour Rome. Après une visite à Lourdes en France dans le cadre du Jubilé des apparitions de Marie à Bernadette, elles retournent à Rome pour quelques réparations.

Le retour en Europe
Le Dimanche des Rameaux de l’année 2009 est l’occasion de la nouvelle remise de la Croix et de l’Icône. La Croix et l’Icône partent pour l’Espagne où elles reçoivent un accueil chaleureux dans la cathédrale de Madrid. Puis, avant de continuer le pèlerinage en Espagne, la Croix s’envole pour l’Italie et la Pologne pour les célébrations du XXVe anniversaire de la remise de la Croix de l’année Sainte aux jeunes par Jean-Paul II. Elle visite aussi la ville de l’Aquila en Italie détruite par un violent tremblement de terre. Puis la Croix et l’Icône repartent pour l’Espagne, en commençant le pèlerinage par l’archidiocèse de Madrid.

La Croix et l’Icône passent l’année 2010 à visiter l’Espagne et ses îles y compris les Canaries. Elles font aussi deux brèves visites à Lourdes et à Fatima. Partout où elles passent de très belles cérémonies sont organisées.

Le pèlerinage continue en Espagne en 2011 jusqu’au moment de la XXVIe Journée Mondiale de la Jeunesse à Madrid. La Croix et l’Icône sont présentes à tous les événements, notamment le Chemin de Croix à travers les rues de Madrid. C’est cette fois-ci aussitôt après la messe finale que la remise des symboles a lieu, et ceux-ci sont transférés des mains des jeunes espagnols à celles des jeunes brésiliens. Benoît XVI leur dit : «Chers amis, avant de nous dire au revoir, et pendant que les jeunes d’Espagne remettent à ceux du Brésil la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, en tant que Successeur de Pierre, je confie à tous ceux qui sont présents ici cette grande tâche : apportez la connaissance et l’amour du Christ au monde entier. Il demande que vous soyez ses apôtres en ce XXIe siècle et les messagers de sa joie. Puissiez-vous ne pas le décevoir!»

À la rencontre des immensités brésiliennes
En septembre 2011, la Croix et l’Icône commencent leur tour du Brésil. Les jeunes de Sao Paulo les accueillent avec enthousiasme et partent pour un nouveau pèlerinage dénommé “Bote Fé”.

Le tour du Brésil se poursuit en 2012. Il traverse aussi les frontières pour visiter deux sanctuaires mariaux en Uruguay. Le Brésil est si vaste et les diocèses si nombreux que la Croix et l’Icône ne peuvent rester que deux ou trois jours dans chaque diocèse. Ces journées sont riches de célébrations, cérémonies, visites aux écoles, aux institutions, aux malades, aux prisonniers, à ceux qui cherchent à sortir des dépendances et à tant d’autres qui obtiennent réconfort en touchant la Croix.

En 2013 le “Bote Fé” poursuit son tour du Brésil et arrive jusqu’à Rio de Janeiro pour la XXVIIIe Journée Mondiale de la Jeunesse. Le Pape François, qui vit alors son premier voyage apostolique, parle de la Croix des JMJ au cours du Chemin de Croix à Copacabana. Il rappelle aux jeunes que la Croix leur a été donnée par Jean-Paul II en 1984. Et il leur dit : « Depuis lors, la Croix a parcouru tous les Continents et a traversé les secteurs les plus variés de l’existence humaine, en restant presque imprégnée des situations de vie de beaucoup de jeunes, qui l’ont vue et l’ont portée. Chers frères, personne ne peut toucher la Croix de Jésus sans y laisser quelque chose de lui-même et sans porter quelque chose de la Croix de Jésus dans sa vie. Alors que vous accompagnez le Seigneur, ce soir, je voudrais que trois questions résonnent dans vos cœurs : qu’avez-vous laissé sur la Croix, vous, chers jeunes du Brésil, en ces deux ans durant lesquels elle a sillonné votre immense pays ? Et qu’est-ce que la Croix de Jésus a laissé en chacun de vous ? Et, enfin, qu’est-ce que cette croix enseigne à notre vie ? »

Une immersion dans les fractures de l’Europe orientale
La Croix et l’Icône sont de nouveau à Rome pour le Dimanche des Rameaux 2014, et elles sont remises aux jeunes de la Pologne par les jeunes Brésiliens. Elles vont célébrer Pâques à Poznan. Au mois de juin le pèlerinage passe la frontière pour aller dans d’autres pays de l’Europe centrale et orientale. Le reste de l’année sera consacré aux visites de la Croix et de l’Icône en Biélorussie, Lituanie, Lettonie, Russie, Ukraine, Moldavie, Roumanie, Hongrie, Slovaquie et République Tchèque. La Croix et l’Icône ont parcouru de longues distances pendant cette année-là, portant avec elles un message de paix. Ce message a été particulièrement ressenti en Ukraine, où la prière des jeunes s’est transformée en un cri en faveur de la paix et un signe de solidarité avec leurs pairs de la partie orientale du pays, frappé par la guerre du Donbass.

Entre 2015 et 2016, la Croix et l’Icône traversent la Pologne d’un bout à l’autre jusqu’à la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cracovie en juillet 2016. Ici encore, la Croix joue un rôle de premier plan pendant la célébration de Chemin de Croix de la JMJ. En effet, pendant que cette créative et émouvante liturgie se déroulait, la Croix était transportée à travers le parc Błonia par différents groupes de jeunes représentant l’universalité de l’Église et les souffrances qui persistent dans le monde d’aujourd'hui.

Un signe d'espérance pour la jeunesse du XXIe siècle
La Croix et l’Icône reviennent à Rome après la JMJ et participent à différentes rencontres qui se sont tenues dans la salle Paul VI, y compris l’audience du Saint-Père avec les victimes du tremblement de terre qui a dévasté le centre de l’Italie en 2016. Puis, le Dimanche des Rameaux 2017, à Place Saint-Pierre, les jeunes Polonais les remettent à une délégation de jeunes du Panama. La Croix et l’icône ont traversé l’Atlantique, cette fois-ci pour entreprendre un pèlerinage autour de l’Amérique centrale et dans les pays voisins, notamment le Mexique, avec en point d’orgue les JMJ de Panama en janvier 2019.

En cette année 2020, la pandémie de Covid-19 a empêché l’organisation de la transmission de la Croix aux jeunes Portugais lors de la messe des Rameaux, le 5 avril 2020, célébrée à huis-clos, mais cette tradition se tient ce dimanche 22 novembre. Cette transmission de la Croix marque donc une étape symbolique importante vers les JMJ de Lisbonne, qui ne se tiendront pas à l’été 2022 comme prévu initialement, mais à l’été 2023. Ce sera la première fois que le Portugal accueille cet évènement mondial, 10 ans après un autre pays lusophone, le Brésil. Le parcours de la Croix va donc pouvoir reprendre son cours, comme un signe d’espérance pour la jeunesse du XXIe siècle en quête de sens et de racines.

(Source: Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie)

Christ-Roi : le Pape va clore l’année liturgique
Le Pape François célébrera ce dimanche 22 novembre en la basilique Saint-Pierre une messe pour la remise de la Croix des JMJ aux jeunes du Portugal qui organiseront le prochain rassemblement. Cette cérémonie se déroulera lors de la solennité du Christ Roi de l’Univers qui marque la fin de l’année liturgique.
 

Vatican News

Cette solennité fut instaurée en 1925 par Pie XI par la lettre encyclique Quas primas. Le Pape est alors préoccupé par les évolutions d’un monde portant encore les séquelles de la Première Guerre mondiale. Il conçoit cette nouvelle solennité comme une réponse face à l’athéisme et au laïcisme triomphants, «une protestation contre la perte du pouvoir de l’Église sur la société» selon les termes de frère Patrick Prétot, théologien et professeur à l’Institut supérieur de Liturgie de l’Institut catholique de Paris.

L’Église célébrait aussi en cette année 1925, le 16e centenaire du premier Concile œcuménique de Nicée, qui avait proclamé l'égalité et l'unité du Père et du Fils, et par là même la souveraineté du Christ.

Évolution après Vatican II

La solennité prit un autre sens au cours du XXe siècle, après le concile Vatican II qui valorise sa dimension éminemment eschatologique. Elle est ainsi déplacée du dernier dimanche d’octobre au dernier dimanche de novembre, au terme de l’année liturgique dont elle constitue en quelque sorte le couronnement. Elle appelle ainsi, selon Benoît XVI, à tourner son regard vers l’avenir, «vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ», comme il l’expliqua dans son homélie du 25 novembre 2012, lors du dernier Consistoire de son pontificat.

Les fidèles célèbrent en ce dimanche celui qui n’exerce pas un pouvoir de domination mais qui révèle sa royauté en s’offrant lui-même cloué sur une croix. Les textes liturgiques de ce dernier dimanche parlent tous de ce règne éternel et de ce qu’il suppose, quelle que soit l’année, A, B ou C. Cette année, c’est l’Évangile selon saint Matthieu (25, 31-46) qui évoque le Fils de l’homme qui siégera sur «son trône de gloire» et qui parle explicitement de «roi» qui «séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs».

Cette année, la célébration sera inédite puisqu’à son issue, une délégation du Panama, dernier pays hôte des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ), passera le témoin à un groupe de jeunes Portugais qui accueilleront en 2022 le prochain rassemblement. Normalement la remise de la Croix des JMJ et la copie de l’icône de Maria Salus populi romani a lieu lors du dimanche des Rameaux, mais en raison de la pandémie de Covid-19, cette tradition a été décalée de quelques mois.

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Nous sommes les pierres vivantes du temple spirituel et Jésus est le temple de la promesse.

PAROLE DU JOUR
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Date09/11/2020

LECTURE DU JOUR

Lecture du livre du prophète Ézékiel
(Ez 47, 1-2.8-9.12)

En ces jours-là,
au cours d’une vision reçue du Seigneur,
l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison,
et voici : sous le seuil de la Maison,
de l’eau jaillissait vers l’orient,
puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient.
L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison,
au sud de l’autel.
L’homme me fit sortir par la porte du nord
et me fit faire le tour par l’extérieur,
jusqu’à la porte qui fait face à l’orient,
et là encore l’eau coulait du côté droit.
Il me dit :
« Cette eau coule vers la région de l’orient,
elle descend dans la vallée du Jourdain,
et se déverse dans la mer Morte,
dont elle assainit les eaux.
En tout lieu où parviendra le torrent,
tous les animaux pourront vivre et foisonner.
Le poisson sera très abondant,
car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre,
et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.
Au bord du torrent, sur les deux rives,
toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ;
leur feuillage ne se flétrira pas
et leurs fruits ne manqueront pas.
Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux,
car cette eau vient du sanctuaire.
Les fruits seront une nourriture,
et les feuilles un remède. »

ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
(Jn 2, 13-22)

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu nous donner
pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Nous avons ici, selon l’évangéliste Jean, la première annonce de la mort et de la résurrection du Christ: son corps, détruit sur la croix par la violence du péché, deviendra avec la Résurrection le lieu du rendez-vous universel entre Dieu et les hommes. Et le Christ Ressuscité est justement le lieu du rendez-vous universel — de tous ! — entre Dieu et les hommes. C’est pourquoi son humanité est le vrai temple, où Dieu se révèle, parle, rencontre. (Angélus, 8 mars 2015)

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Séisme en mer Égée: le témoignage de l’archevêque de Smyrne

Séisme en mer Égée: le témoignage de l’archevêque de Smyrne
Un bilan provisoire fait état de 28 morts après le fort séisme en mer Égée, ressenti particulièrement en Turquie et en Grèce. L’archevêque de Smyrne, ville turque fortement touchée, espère que cette épreuve vécue par les deux pays contribue à les rapprocher, après les fortes tensions de ces derniers mois.

Vatican News

Le bilan du tremblement de terre en mer Égée, qui a frappé les côtes turques et plusieurs îles grecques, continue donc de s’aggraver. On compte désormais au moins 28 morts et plus de 800 blessés. Une centaine de personnes ont pu être sauvées des décombres. Quelque 5 000 sauveteurs participent à la recherche des survivants.

Le séisme, dont la magnitude a été évaluée à 7 sur l'échelle de Richter par l'Institut de géophysique américain (USGS) et 6,6 par les autorités turques, s'est produit vendredi après-midi en mer Égée, au sud-ouest d'Izmir, troisième plus grande ville de Turquie, et près de l'île grecque de Samos.

La secousse a été si puissante qu'elle a été ressentie jusqu'à Istanbul et Athènes et a provoqué un mini-tsunami qui a inondé les rues de Seferihisar, ville turque située près de l'épicentre, et balayé les côtes de Samos.

L'amorce d'un dégel entre la Grèce et la Turquie?

Face à cette catastrophe, la Grèce et la Turquie ont décidé de mettre leurs différends de côté en annonçant être prêtes à s’aider l’une l’autre. «Je viens d'appeler le président Erdogan pour lui présenter mes condoléances pour les pertes tragiques en vies humaines causées par le tremblement de terre qui a frappé nos deux pays», a tweeté le Premier ministre grec Kiriakos Mitsotakis. «Ce sont des temps où nos peuples ont besoin d'être unis», a-t-il ajouté. Une main tendue acceptée par Recep Tayyip Erdogan: «Même la Turquie est toujours prête à aider la Grèce à panser ses plaies. Faire preuve de solidarité dans les moments difficiles est plus précieux que bien des choses», a affirmé le président turc, également sur Twitter.

Interrogé par nos confrères de la section italophone de Vatican News, l’archevêque de Smyrne, Mgr Lorenzo Piretto, dit espérer que ce drame puisse porter en lui les prémices d’un «dégel» entre les deux pays, dont les démêlés territoriaux ont régulièrement fait les titres de l’actualité ces derniers mois.

La Caritas prête à aider

L’archevêque italien témoigne des dégâts importants dans la ville de Smyrne (ou Izmir) : «Les deux quartiers les plus touchés ont été Bayraklı et Bornova. Des maisons sont également tombées. Nos églises ont toutes été un peu endommagées. En particulier, la cathédrale et l'église St Polycarpe, où je me trouve. Nous avons une ancienne statue, apportée d'Arménie par les dominicains en 1718, qui est tombée et dont un bras s'est cassé. Une partie du toit du clocher s'est également effondrée».

À ce stade, les besoins matériels ne sont pas encore clairement définis, observe l’archevêque, qui promet l’aide de la Caritas locale. «Nous trouverons un moyen d'aider les gens, quelle que soit leur nationalité ou leur religion», assure-t-il.

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Les évêques centrafricains lancent un appel à l’unité nationale

Photo prise à l'extérieur de l'hôpital pédiatrique de Bangui, en décembre 2018.

Les évêques centrafricains lancent un appel à l’unité nationale
La situation du pays, où des élections doivent se tenir en décembre, reste extrêmement précaire compte tenu de la présence de nombreux groupes armées. Depuis le renversement de François Bozizé en 2013, et malgré la signature d’un accord de paix en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, la République centrafricaine n’est pas parvenue à sortir de la violence.
 

Dans ce long texte de 18 pages, les évêques de ce pays s’attristent du fait que 70 à 80% du territoire demeurent sous le contrôle des groupes armés qui «sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières».

«Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. Ils s’opposent à la restauration effective de l’autorité de l’État par les conquêtes de nouvelles localités et les attaques armées contre les institutions de l’État», dénoncent les évêques, parmi lesquels le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, qui est devenu le porte-parole de son peuple sur la scène internationale.

Un message directement adressé aux miliciens

L’épiscopat s’adresse aux milices armées avec fermeté : «Depuis décembre 2012, vous tenez le pays en otage. En signant l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, en février 2019, vous avez accepté de disparaitre pour rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Aujourd’hui, satisfaits du statu quo, vous faites parfois semblant de désarmer vos combattants alors que vous renforcez vos positions.»

L’épiscopat centrafricain dresse la liste des priorités que les acteurs politiques doivent prendre en considération: «la promotion humaine, la consolidation des institutions de l’Etat, la mise en œuvre du programme du Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR), l’opérationnalisation de la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation (CVJRR), la mise en valeur et la gestion rationnelle des ressources naturelles, le renforcement de la coopération internationale.» Ils saluent les efforts menés depuis mars 2016 pour instaurer un réel système judiciaire et des institutions crédibles.

Combattre les maux dont souffre la population

Néanmoins les maux qui affligent le pays persistent et les évêques en établissent une liste glaçante : «ethnicisme, tribalisme, régionalisme, clanisme, corruption, népotisme, clientélisme, détournement, bradage des biens publics ou privés appartenant aux appauvris de la guerre, déplacés, réfugiés, veuves et orphelins…»

«Quand on parcourt la République Centrafricaine, il est terrifiant de rencontrer des villages entiers contraints à l’abandon par leurs populations ou incendiés par des criminels impunis, s’attristent les évêques. L’état d’insécurité rend des milliers de maisons inhabitables. Des familles préfèrent vivre en exil ou rester sur des sites des déplacés qui sont parfois situés à une centaine de mètres de chez eux. Les victimes attendent désespéramment d’être rétablies dans leurs droits. A quand les réparations maintes fois promises ? Que dire à ces jeunes qui risquent de passer toute leur jeunesse dans des sites de déplacés dans leur propre pays? A quand la réparation des crimes? Quels leaders pourront sortir le peuple centrafricain de l’oppression, de la misère, de l’ignorance?»

En développant une méditation sur l’exemple de Moïse, les évêques soulignent que le pays a besoin de «leaders charismatiques» et d’un appui de la communauté internationale pour «cette partie du monde que Dieu a aussi choisi de sauver par l’ouverture de la Porte sainte du Jubilé de la Miséricorde le 29 novembre 2015 en la cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Bangui», qui avait donné lieu à une visite historique du Pape François.

Un processus électoral pour rétablir la confiance

Ils invitent à renforcer l’Autorité Nationale des Élections et à éviter toute interférence avec d’autres échelons administratifs. Parmi les priorités sur lesquelles tous les partis en lice devraient s’engager figurent notamment «l’unité nationale», «le respect des droits humains»«la justice sociale et la réparation des victimes» ou encore la coopération internationale. Dans le cadre de ce processus électoral et de reconstruction de l’État, les acteurs internationaux sont invité à êtres «neutres, impartiaux, honnêtes et indépendants».

Les évêques adressent aussi un message vibrant d’hommage et d’encouragement aux femmes centrafricaines, dont l’action politique est soulignée : «Vous êtes la matrice bénie de Dieu, mères nourricières de la société, véritables actrices résolues de la paix. Sans la poursuite de votre engagement civique, moral et spirituel auprès de vos familles, du leadership politique, économique et social, notre pays manquerait d’humanité dans la conduite du destin commun», soulignent-ils.

Les catholiques du pays sont exhortés à se montrer exemplaires : «Ne cédez pas à la division, à l’incivisme, à la corruption et au rejet de l’autre. Soyez rassembleurs, fidèles à la Parole du Christ qui nous éclaire et nous rend libres en toutes circonstances comme des modèles de témoignage de la présence de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre dans l’amour.»

«La République Centrafricaine, pays effondré, se trouve dans une période délicate de son destin, nécessitant un leadership avisé et courageux, humaniste et responsable face aux enjeux nationaux, régionaux, continentaux et internationaux auxquels nous appartenons. Nous avons plus que besoin de rassembler les compétences, les talents, les expertises des Centrafricains à travers le monde pour bâtir une société de réussite qui nous fera sortir durablement de l’échec auquel nous assistons depuis plusieurs décennies», concluent les évêques

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Pape rappelle qu’une conversion écologique de l'économie est nécessaire

Les partiicpants au forum Ambrosetti, écoutant ici une intervention du ministre italien des Affaires étrangères, Luigi di Maio.

Le Pape rappelle qu’une conversion écologique de l'économie est nécessaire
Le Pape François a adressé un message pour les banquiers et les gestionnaires participant au Forum "European House - Ambrosetti", organisé au bord du lac de Côme, au nord de l’Italie.

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Pour sortir de la crise, une «conversion écologique de notre économie» est nécessaire, afin qu'elle devienne vraiment une expression de «soin» de la «maison du monde» qui «n'exclut pas mais inclut, ne sacrifie pas la dignité humaine aux idoles de la finance, ne génère pas de violence et d'inégalité, n'utilise pas l'argent pour dominer mais pour servir», a écrit le Pape François dans le message aux responsables financiers réunis jusqu'au 5 septembre à Cernobbio, dans la province de Côme en Lombardie, pour la 46ème édition du Forum Ambrosetti.

Le Pape cite son exhortation apostolique Evangelii gaudium, un document programmatique du pontificat, pour indiquer la voie qui nous aidera à mieux sortir de l'urgence sanitaire, économique et sociale provoquée par la pandémie de Covid-19, «qui tourmente encore l'humanité entière».

Abandonner le «paradigme technocratique»

Le Pape insiste sur le fait que le «paradigme technocratique», marqué «par la logique de la domination des choses», doit être abandonné comme seule approche des problèmes, car ce mode de raisonnement part du principe erroné que «la quantité d'énergie et de moyens utilisés est illimitée, que sa régénération immédiate est possible et que les effets négatifs des manipulations de la nature peuvent être facilement absorbés», explique-t-il, citant son encyclique sociale Laudato si’. La technique, explique le Pape François, doit être mise «au service d'un autre type de modèle de développement, plus sain, plus humain, plus social et plus intégral».

La pandémie de coronavirus, rappelle le Souverain Pontife, nous a montré «la grandeur de la science, mais aussi ses limites», car la plus grande aide est venue du «surplus de générosité et de courage, mis en pratique par de nombreuses personnes». Cette période a également «mis en crise l'échelle des valeurs qui place l'argent et le pouvoir au sommet» et «nous a obligés à nous passer du superflu et à aller à l'essentiel». Ainsi, «elle a fait tomber les fragiles motivations qui sous-tendaient un certain modèle de développement». C'est pourquoi «nous sommes invités à vivre le présent en discernant ce qui est nécessaire de ce qui ne l'est pas».

Humaniser les rythmes de production et de consommation

Le Pape rèpète à ces professionnels de la finanche que le profit authentique consiste en une richesse à laquelle chacun a accès : «Ce que je possède vraiment, c'est ce que je sais donner», avait-il déclaré lors d'une audience générale en 2018.

En discernant les signes des temps, le Pape nous demande maintenant de vivre une «conversion écologique » pour «ralentir un rythme inhumain de consommation et de production, pour apprendre à comprendre et à contempler la nature, pour renouer avec notre environnement réel». Il nous invite «à être créatifs, comme des artisans, à tracer des voies nouvelles et originales pour le bien commun»

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La Journée Missionnaire Mondiale sera célébrée en octobre

La Journée Missionnaire Mondiale sera célébrée en octobre
La congrégration pour l’Evangélisation des peuples confirme, dans une note, que cette Journée dédiée à la mission sera célébrée cette année par toute l’Église universelle le 18 octobre prochain.
 

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En réponse à certaines demandes, la congrégation pour l'Évangélisation des peuples confirme dans une note que la célébration de la Journée Missionnaire Mondiale 2020 sera célébrée cette année au niveau universel, le dimanche 18 octobre, sans variations de calendrier. Le texte précise que dans de nombreux diocèses, la préparation est déjà en cours depuis un certain temps et que «l'animation missionnaire du Peuple de Dieu reste primordiale».

Une foi missionnaire

La foi, en effet, est par nature missionnaire et la célébration de la Journée Missionnaire Mondiale «sert à maintenir vivante en chaque fidèle cette dimension essentielle de la foi chrétienne». La congrégation soulignant «le sens de la communion et de la coresponsabilité des évêques», rapelle que la collecte organisée le 18 octobre est en faveur des Œuvres Pontificales Missionnaires, «qui œuvrent dans un contexte universel pour un soutien équitable des Églises dans les territoires de mission», conclut la note.

Le Saint-Siège a rendu public le 31 mai dernier le message du Pape à l’occasion de cette Journée Missionnaire Mondiale, instituée en 1926 et célébrée le troisième dimanche d’octobre.

«En cette année, marquée par les souffrances et les défis causés par la pandémie de COVID-19, le cheminement missionnaire de toute l’Eglise se poursuit à la lumière de la parole que nous trouvons dans le récit de la vocation du prophète Isaïe : ‘Me voici : envoie-moi ! ‘ (Is 6, 8)», expliquait François qui rappelait dans ce texte que «la mission est une réponse, libre et consciente, à l’appel de Dieu».

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