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Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

18 décembre 1799 : mort du mathématicien Jean-Étienne Montucla

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18 décembre 1799 : mort du
mathématicien Jean-Étienne Montucla
(D’après « La Nature », paru en 1926)
Publié / Mis à jour le JEUDI 17 DÉCEMBRE 2020, par LA RÉDACTION

Forçant le respect du milieu scientifique avec la publication, en 1758, du premier volume de son Histoire des mathématiques, Jean-Étienne Montucla suit parallèlement une autre carrière en occupant des fonctions publiques de l’ordre le plus élevé, la Révolution ruinant celui qui avait été successivement membre de l’Académie royale des sciences et belles-lettres de Berlin, Censeur de la Librairie, premier Commis des Bâtiments, Arts et Manufactures, et membre de l’Institut


Jean-Étienne Montucla naquit à Lyon le 5 septembre 1725. Son père le destinait au commerce, qu’il exerçait lui-même, mais il ne lui en fit pas moins donner une brillante éducation et le confia au collège des Jésuites de Lyon, un des meilleurs de tout le royaume. Le jeune Montucla y apprit parfaitement les langues anciennes, et il semble que ce soit plus tard qu’il ait appris, par ses propres efforts, les langues modernes. Il savait parfaitement l’italien et l’anglais, et, ce qui était beaucoup plus rare, le hollandais et l’allemand ».

Quelques lignes de l’Histoire de l’ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, d’Alfred Maury, nous renseignent sur cette méconnaissance : « Jusqu’en 1780, on compta à Paris à peine 20 ou 30 Français en état de traduire une page d’allemand. Turgot fut de ce petit nombre. J’ai ouï dire à ce sujet au comte de Lasteyrie que, peu d’années avant la Révolution, cet idiome demeurait encore si inconnu, qu’ayant reçu une lettre écrite en allemand, il fut huit jours sans pouvoir découvrir personne en état de la lui traduire, malgré ses nombreuses relations. »

Jean-Étienne Montucla. Portrait publié dans son Histoire des Mathématiques (Tome 4)


Jean-Étienne Montucla. Portrait publié dans son Histoire des Mathématiques (Tome 4)
L’éducation de Jean-Étienne Montucla ne fut pas exclusivement littéraire. Les Jésuites donnaient une grande attention à l’enseignement des sciences, en particulier à celui des mathématiques. On sait — en ce qui les concerne personnellement — qu’un certain nombre de leurs missionnaires se distinguèrent comme astronomes et géographes ; qu’il nous suffise de nommer Verbiest, de Fontaney, Pézenas, Gaubil.

Le professeur de mathématiques du collège de Lyon était le père Laurent Béraud (1702-1777). C’était un homme ayant des connaissances fort étendues, puisque, non content d’occuper sa chaire de professeur, il était conservateur du médaillier de la ville de Lyon, et faisait des observations astronomiques dans un petit observatoire qui se trouvait dans le bâtiment même du collège. C’est là que Jérôme de Lalande reçut ses premières leçons d’astronomie pratique.

Si l’on avait du reste quelque doute sur le mérite de Laurent Béraud — ses observations astronomiques furent, pour la plupart, publiées dans le Journal de Trévoux, et l’Académie de Bordeaux couronna plusieurs mémoires sur des questions de physique qu’il lui soumit —, il suffirait de penser que ce n’est probablement à leurs seules qualités natives que Montucla, Bossut, Lalande, Fleurieu, ont dû leurs succès dans la carrière des sciences. Lalande, en tout cas, n’a jamais manqué une occasion de proclamer ce qu’il devait à son maître.

En sortant du collège, Montucla se rendit à Toulouse pour faire son droit — la Faculté de droit de Lyon n’avait pas encore été créée. De Toulouse, il se rendit à Paris, ce qui était tout naturel ; car, à cette époque, il n’y avait pas de comparaison possible entre les ressources intellectuelles qu’on pouvait trouver dans la capitale, et celles qu’offraient les plus grandes villes de province.

À Paris, Jean-Étienne Montucla fréquenta assidûment la maison hospitalière de Jombert, voisine du fameux café Procope. Jombert était alors le grand éditeur des livres de mathématiques, auxquels il joignait les livres relatifs à l’Art militaire, à l’Architecture et aux Beaux-Arts. Ce fut pour le jeune Lyonnais l’occasion de faire de nombreuses connaissances dans le monde des savants et des artistes.

Entre autres productions que Montucla confia aux presses de Jombert, il faut citer l’édition revue, corrigée et augmentée des Récréations mathématiques et physiques d’Ozanam, encore un Lyonnais, ou à peu près, car Ozanam (1640-1717), était né à Bouligneux, en Bresse.

Mais venons à son grand ouvrage. Il y avait préludé dès 1754 en publiant son Histoire des Recherches sur la Quadrature du Cercle, ce fameux problème qui a occupé inutilement tant de chercheurs, et dont les Académies, avec raison du reste, ne veulent plus entendre parler. En 1758, parut la première édition de l’Histoire des Mathématiques. Nous ne pouvons analyser ici cet ouvrage qui retrace l’histoire de la science, depuis l’origine jusqu’au temps de Newton et de Leibniz. Mais voici l’appréciation qu’en donne le mathématicien Auguste-Savinien Leblond (1760-1811) :

« L’Histoire des Mathématiques parut en 1758. Elle assura à son auteur une place distinguée dans le monde savant, et si la modestie avec laquelle il s’annonça lui-même ne permet pas d’exiger partout de lui un style également riche et recherché, on ne peut que vanter l’extrême clarté et la précision vraiment admirable avec laquelle il a su traiter les matières qui en paraissaient le moins susceptibles. C’est là, sans doute, ce qu’il fallait dans un ouvrage destiné avant tout à donner des choses et non des expressions, à rassembler des idées et non à les peindre.

« Ce genre de mérite est principalement recommandable dans les livres de sciences : les hommes de tous les pays sont appelés à les lire ; ils doivent donc être dépouillés de tout l’appareil de langage, pour ne briller que de la force logique et de l’éloquence des choses, les deux premiers éléments de la langue universelle. »

L’étranger n’avait pas attendu la publication de cet ouvrage pour reconnaître le mérite de son auteur ; le 5 juillet 1755, l’Académie royale de Berlin nomma Montucla son associé. En France, il n’arriva pas aussi vite au fauteuil académique. Il ne fit point partie de l’ancienne Académie des sciences, et c’est quand l’Institut fut créé qu’il fut associé à cette compagnie.

C’est sans doute pendant la première partie de sa vie que Montucla s’occupa d’études scientifiques, tout à fait différentes de celles qui absorbèrent la plus grande partie de sa carrière.

Parmi les collaborateurs de l’Encyclopédie se trouvait un utilitaire distingué, le comte d’Hérouville de Claye, auteur de beaux travaux topographiques. D’Hérouville, qui devait devenir lieutenant général, c’est-à-dire général de division, et inspecteur général de l’infanterie, conçut le projet d’une histoire de la guerre à toutes les époques. C’était un projet très vaste (il ne semble pas du reste qu’il ait été mené à bonne fin) pour lequel il lui fallait des collaborateurs actifs et instruits. Diderot nous apprend que Montucla fut un de ceux qu’il s’adjoignit.

Montucla était intimement lié avec les encyclopédistes et, en particulier, avec d’Alembert. Quand ce dernier eut des difficultés avec l’Académie de Lyon, on voit Montucla, fidèle à son ami, se retirer de cette société. Cependant, l’auteur de l’Histoire des Mathématiques n’écrivit point à l’Encyclopédie.

Mais, tout en se livrant avec ardeur aux études scientifiques, il suivait parallèlement une autre carrière. Il était chargé de fonctions publiques, de l’ordre le plus élevé. En 1761, il fut emmené à Grenoble par l’intendant de la généralité qui avait cette ville pour chef-lieu, et fut le secrétaire de ce magistrat. En 1763, il se maria, et la jeune fille qu’il épousa s’appelait Mlle Romand. Son bonheur conjugal fut bientôt interrompu, pour un temps assez court, d’ailleurs, par un événement qui laissa de tristes souvenirs dans nos annales coloniales.

En 1765, nous avions fait une perte irréparable, celle du Canada. Choiseul s’imagina, bien à tort, qu’un moyen de la réparer était de coloniser les régions équinoxiales de l’Amérique appartenant à la France. Citons à ce propos quelques lignes de l’Histoire de France d’Henri Martin : « L’entreprise, si chanceuse dans tous les cas, fut conduite avec une imprudence déplorable. On ne prit pas la peine d’étudier ces belles et dangereuses contrées où la puissante fécondité de la nature recèle tant de pièges pour l’homme. On attira, par de brillantes promesses, des cultivateurs de diverses provinces, et surtout des Allemands et des Alsaciens, plus disposés, selon les tendances des races teutoniques à l’émigration, que les paysans de langue française ; on les embarqua pèle-mêle avec bon nombre d’enfants perdus des grandes villes, propres, tout au plus, à des industries de luxe impossibles dans une colonie naissante, on les jeta sur les rives du Kourou et les îlots du Salut, dans la saison des pluies diluviales du tropique, sans avoir fait les préparatifs nécessaires pour les recevoir.

« Au lieu des maisons en bois qui leur étaient promises, on les entassa dans de mauvais hangars ; les vivres qui leur arrivèrent étaient avariés ; la mortalité se mit entre ces malheureux, et leurs tristes campements ne furent bientôt plus que des cimetières. Sur environ 12 000, peut-être 2 000 au plus échappèrent, ils communiquèrent le fléau qui les dévorait aux anciens colons de Cayenne, qui furent décimés, et presque détruits à leur tour (1763-1764). Vers le même temps, une pareille tentative, sur une moindre échelle, coûta la vie à quelques centaines de pauvres gens qu’on voulut établir, sans précautions, à Sainte-Lucie. »

Quand on connut, à Paris, ce désastre, il fallut bien aviser à y remédier et tâcher de sauver les colons survivants. En conséquence, Choiseul envoya à Cayenne Étienne-Francois Turgot, chevalier de Malte et frère du futur ministre de Louis XVI, pour soulager les malheureux colons dans la mesure du possible. Turgot demanda que Montucla lui fût adjoint en qualité de secrétaire, et, à ce titre, on joignit celui d’astronome du roi.

On pensait, sans doute avec raison, que les leçons d’astronomie pratique que le père Béraud avait pu lui donner l’auraient préparé suffisamment pour qu’il pût déterminer la longitude et la latitude d’un lieu donné, et lever la carte du pays. Mais les malheurs de l’expédition ne laissèrent pas à l’astronome le temps de joindre ses propres travaux à ceux qu’il avait si bien décrits.

Premier tome de l'Histoire des mathématiques de Jean-Étienne Montucla, paru en 1758
 

Premier tome de l’Histoire des mathématiques de Jean-Étienne Montucla, paru en 1758
On sait la suite : Turgot commença par faire arrêter l’intendant Thibault de Chanvalon qui, par ses prévarications, avait, pour une grande part, causé le désastre qu’il s’agissait de réparer. Mais quand, après quatre mois de séjour et trois de maladie, il revint en France rendre compte de ce qu’il avait vu ainsi que de ses actes personnels, il arriva bien à faire punir l’intendant, mais les bureaux du Ministère, furieux de n’avoir pu étouffer l’affaire, se vengèrent sur lui. Étienne Turgot fut exilé par lettre de cachet. À partir de ce jour, il se consacra exclusivement aux études de botanique, qui l’avaient toujours intéressé depuis sa jeunesse et, digne frère du grand Turgot, refusa la pension de 12 000 livres qu’on lui offrait en récompense de ses services passés.

Cet événement, secondaire en apparence, eut des conséquences sérieuses ; car, le contrôle général étant devenu vacant en 1769, il fut question d’y appeler l’intendant de Limoges, mais Choiseul s’y opposa et le dépit lui fit déclarer que le grand économiste n’avait pas une « tête ministérielle ». Maynon d’Invau fut donc remplacé par l’abbé Terray, celui de tous les ministres des Finances de l’ancienne monarchie qui a laissé les plus mauvais souvenirs.

Quant à Montucla, il ne put que seconder Turgot dans ses efforts pour réparer des malheurs dont il n’était pas cause. Toutefois, il recueillit des échantillons de certains végétaux précieux qu’il remit aux botanistes après son retour en France. Il ne semble pas que la relation qu’il avait écrite de son voyage ait été publiée.

En somme, son absence dura quinze mois. Peu après son retour, l’amitié du célèbre graveur Cochin, qu’il avait jadis connu chez Jombert, lui valut la place de premier Commis des Bâtiments du Roi. Cette administration était une sorte de ministère des Beaux-Arts, et sa direction était un des postes les plus enviés, car elle donnait l’occasion d’avoir de fréquents rapports personnels avec le souverain, les rois de France ayant généralement été, comme on sait, de grands bâtisseurs.

Quand Montucla entra en charge, le directeur des Bâtiments était de Marigny, frère de Madame de Pompadour, propriétaire du magnifique hôtel qui devint le palais de l’Élysée. Montucla vécut en bons termes avec son premier directeur. Plus tard, l’abbé Terray remplaça Marigny, et les fonctions du premier Commis perdirent beaucoup de leur importance, sans qu’il s’en plaignît. Peu après la mort de Louis XV, la direction des Bâtiments fut confiée à d’Angivilliers, homme sensé et honnête, qui donna toute sa confiance à son premier Commis, dont il appréciait les lumières.

Ainsi, quand Cassini IV voulut réunir les documents qui lui permettraient de reconstituer l’histoire de l’Observatoire de Paris, c’est Montucla que d’Angivilliers chargea de les rechercher. Ses recherches, par malheur, demeurèrent infructueuses. Dans les Mémoires pour servir à l’Histoire des Sciences, que Cassini IV publia en 1810, on voit que Montucla fut son plus précieux auxiliaire quand il s’agit de sauver le superbe édifice de Perrault, car l’Observatoire tombait littéralement en ruines. Lorsque, en 1787, Louis XVI commanda la belle statue de Cassini Ier, nul doute qu’il n’ait été inspiré, directement ou non ; par le premier Commis des Bâtiments.

Montucla resta en place pendant vingt-cinq ans, et ses travaux scientifiques s’en ressentirent, car il était trop consciencieux pour leur sacrifier les devoirs de ses fonctions. Le seul ouvrage qu’il ait publié, à cette époque de sa vie, est sa traduction de la relation du voyage d’exploration qu’avait fait, à travers l’Amérique septentrionale, encore bien peu connue, l’officier anglais Carver. Dans la préface de cet ouvrage, nous apprenons que l’auteur avait entendu, de la bouche de Turgot lui-même, cette prédiction, qui se réalisa avant que vingt années se fussent écoulées, que la conquête du Canada par les Anglais aurait pour conséquence nécessaire la perte de leurs colonies américaines.

Mais la Révolution vint ; elle eut entre autres résultats fâcheux, celui de faire perdre sa place à Montucla. En vrai philosophe, il reprit ses travaux intellectuels et prépara une seconde édition de son grand ouvrage. Chose singulière, il ne semble pas que les travaux administratifs ou scientifiques de Montucla aient pu le préparer à devenir un chef d’atelier ; n’oublions pas d’ailleurs que, en 1792, il était âgé de soixante-sept ans. Et, pourtant, Savinien Leblond nous apprend que « ses concitoyens vinrent le chercher dans son cabinet pour les diriger dans la foudroyante fabrication dont la France offrit pendant six mois un immense atelier ». Il est regrettable que Leblond ne nous donne pas plus de détails sur ce point, et Biot, dans son Essai sur l’Histoire générale des Sciences pendant la Révolution française, ne nomme pas Montucla parmi les savants qui, avec Monge. Berthollet, Guyton de Morveau, Fourcroy, Chaptal, organisèrent les ateliers où la défense nationale alla chercher des ressources.

Dès la création de l’Institut, Montucla fut appelé à en faire partie. Il n’avait point appartenu à l’ancienne Académie des sciences, pour des raisons que nous ignorons, mais son biographe nous apprend qu’il avait eu « les secondes voix à la dernière nomination de l’Académie, pour la place de correspondant qui fut donnée à Dietrich ». Pour le dire en passant, il s’agit du célèbre baron de Dietrich, né à Strasbourg en 1748, décapité le 28 décembre 1793, et dans le salon duquel Rouget de Lisle chanta pour la première fois la Marseillaise. Dietrich était surtout un minéralogiste et un chimiste, Montucla un mathématicien ; mais, alors, on était moins scrupuleux sur les étiquettes qu’on ne l’est à présent — Montucla fit partie de l’Institut en qualité d’associé, et, parce qu’il résidait à Versailles, il ne pouvait en être autrement.

Il ne semble pas que la vie de Montucla, passée dans une sphère élevée peu accessible au grand public, remplie en outre par des travaux scientifiques et historiques hors de la portée du plus grand nombre, ait pu le rendre populaire. Il l’était cependant et, apparemment, ne s’en doutait pas.

« On sait, nous dit Leblond, que dans l’an II toutes les administrations avaient été chargées de dresser des listes complètes de ce qui restait de gens ayant cultivé les sciences ou propres aux emplois. Tous venaient se faire inscrire, et Montucla semblait craindre d’être aperçu. La voix d’un ouvrier se fit entendre, et ce nom cher aux Sciences fut placé par toute la section en tète d’une foule insignifiante, trop inepte pour soupçonner même le contraste qui en résultait. »

Quoi qu’il en soit, la Révolution avait eu pour Montucla cette conséquence qu’il était complètement ruiné, les fonctions qu’il exerçait ayant été supprimées. On voulut le nommer professeur de mathématiques dans une École centrale de Paris, mais le mauvais état de sa santé ne lui permit pas d’accepter.

La seule ressource dont il disposait dans les deux dernières années de sa vie était un bureau de la loterie nationale. À la mort de l’illustre physicien de Saussure, la pension dont celui-ci jouissait fut accordée à Montucla, qui ne put en profiter. Il mourut le 18 décembre 1799, d’une rétention d’urine, résultat d’une vie trop sédentaire.

Outre sa veuve, il laissait une fille mariée depuis 1783, et un fils employé dans les bureaux du ministère de l’Intérieur. Nous ignorons si les enfants de Montucla ont eu des descendants. En tout cas, il serait intéressant de savoir quel a été le sort de ses papiers où devait se trouver une correspondance précieuse échangée avec tous les savants de l’Europe.

Les dernières années de Montucla furent bien tristes, il n’y a pas à en douter ; elles l’auraient été davantage, si le travail n’eût été là pour le consoler. La première édition de son Histoire des Mathématiques s’arrêtait à la fin du XVIIe siècle, à l’époque de Newton et de Leibniz. Jérôme de Lalande était un de ceux qui insistaient le plus auprès de l’auteur pour qu’il complétât son ouvrage. Il se vante quelque part de l’y avoir forcé, et nous devons lui en être reconnaissants.

Quand Jean-Étienne Montucla mourut, les deux premiers tomes de la nouvelle édition étaient imprimés. Ils comprenaient l’Histoire des Mathématiques jusqu’à l’année 1700, et étaient beaucoup plus étendus que les volumes primitifs. Il y avait aussi les 300 premières pages du volume suivant qui étaient imprimées, mais le reste de la copie n’était point achevé. Avec son dévouement habituel à la science, Lalande résolut de ne pas laisser incomplète l’œuvre de son ami. S’aidant des notes laissées par celui-ci, il parvint à publier les deux derniers volumes en 1802. Le quatrième est presque entièrement consacré à l’histoire de l’astronomie et de la navigation.

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