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Le rêve d'Henri Chapitre 4 et 5

4. L'histoire et le village de Ryan

 

Henri est intrigué

-         Où vis votre mère ?

-         A Monpezat d’Agenais.

-         C’est un village ?

S’étonne Henri. Lui qui croyait que Ryan était un citadin !

-         Oui c’est un grand village de six cent cinquante âmes toutes l’année. Pendant la période touristique, selon les années, il double ou triple selon les années. Mère tient une auberge biologique, et elle a plusieurs chambres. Une ancienne maison de concierge sert pour loger le personnel intérimaire.

-         Les saisonniers autrement dit !

-         Oui, c’est ainsi qu’ils répertoriés.

Henri est subjugué, et constate.

-         Il est plus grand que mon village.

Intéressé, il demande

-         Se trouve-t-il ?

-         Dans le Lot et Garonne, Monpezat d’Agenais se situe dans l’arrondissement d’Agen. Ce village est historique, avec son château, son lavoir et son moulin. Toutefois ce qui amène les touristes, c’est l’église Saint-Jean-de-Balerme. Elle est du XIème siècle. Elle a été édifiée une seconde fois au XVème siècle. Elle est à côté de Monpezat, dans la Banlieue d’Agen… Notre village dépend sur le plan touristique d’Agen.

-         Pourquoi les touristes viennent-ils dans votre village ?

-         Par ce que l’histoire de Montpezat a joué un rôle important dans l’histoire de France.

-         Wahoo ! ce doit-être super de vivre dans ton village. Mon village, lui est tout petit, sans beaucoup d’âme vivante, sans histoire palpitante !

Répond ce pauvre Henri.

-         Raconte- moi l’histoire de ta commune.

Soudain, Henri s’interroge et questionne Ryan.

-         Mais au fait, pourquoi venez vous à Bordeaux, si vous étudiez à Paris et allez à Monpezat ?

S’étonne Henri

-         Parce que je rencontre Alison. Je l’ai rencontré à Agen. Elle n’y était que pour ses vacances scolaires. Seulement, ses parents à Nansouty près de la Porte de Toulouse !

-         Alors pourquoi le marché Saint Michel ? Ce quartier est à l’opposé de Nansouty !

Ryan lui réplique

-         Pour son ambiance.

Ryan est surpris par cette question. Pour lui ce quartier populaire, et le pendant du quartier des Chartrons. Saint Michel lui permet d’être près des pauvres. Cela lui permet de ne pas se laisser entraîner dans le monde de ses parents, sans pour autant le renier. C’est ce qu’il explique à Henri une nouvelle fois

-         Wahoo ! s’esclaffe à nouveau Henri.

-         Tu veux bien m’en dire plus sur Montpezat ?

-         Montpezat se situe sur une colline, comme de nombreux village de France du onzième siècle. Le portrait de Saint-Sardos est important, car il fait partie lui aussi de notre histoire.

-         Bien mais que viens faire ce portrait et l’histoire de ton village.

-         Allons-nous asseoir devant un café, je vais te raconter notre histoire.

-         A la sortie du marché, il y a une sorte d’estaminet un peu sombre. Il y a peu de client, cela permet à Ryan de raconter son village

 

5 Ryan raconte l’Histoire de Monpezat

-         Monpezat-d ’Agenais et Saint-Sardos sont deux petits villages du Lot et Garonne, situé dans le canton de Prayssas. Les anciens racontent qu’ils sont à l’origine de la guerre de cent-ans. Depuis mille cent- cinquante-deux, l’Aquitaine est sous domination anglaise depuis le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henry II Plantagenêt. En mille trois-cent-vingt, l’abbé de Sarlat, la région est sous l’interdépendance du roi de France Charles IV, ordonne au parlement de Paris, le rattachement de son abbaye du prieuré bénédictin de Saint-Sardos.

-         Pourquoi ?

Demande Henri.

-         Tout simplement parce que le duc d’Aquitaine dépend du roi d’Angleterre, Edouard II, comme je te l’ai dit précédemment. Mais Raymond Bertrand Bernard contrôlait le duché.

-         Qui-est-ce ce Raymond machin

Interroge une nouvelle fois Henri subjugué

-         Le Seigneur de Montpezat.

Répond Ryan sans se formaliser des questions. Henri semble être un enfant a qui on raconte une histoire. Ryan aurait voulu avoir un petit frère comme Henry.

-         Je continue Henri ?

-         Oui, excuse-moi

-         Bon, en même temps, le parlement accède à la demande de l’abbé et envoie sur place un sergent charger d’implanter un poteau aux armes du roi de France, Charles IV. Celui-ci octroie à Saint Sardos le caractère de bastide, lieu où tout immigrant est libre. Inquiets de voir leurs meilleurs éléments susceptibles de les quitter pour profiter de ce statut, les Seigneurs locaux, sous la conduite de Raymond Bernard brûlent Saint Sardos et pendent le représentant du roi de France à son poteau le seize octobre mille-trois-cent-vingt-trois.

-         Je vous sers ?

Intervient le patron du bar.

-         Un café pour moi

Commande Ryan

-         Et pour vous ?

-         Une bière en bouteille.

Répond Henri. Ryan reprend son récit. Il est si heureux de pouvoir captiver son ami.

-         La rumeur voulait que le Sénéchal d’Aquitaine, Ralph basset, est derrière cette attaque. Au vu du déroulement de la situation, il convoque tous les protagonistes à Toulouse le vingt-trois janvier mille-trois-cent-vingt-quatre. C’était devenu une affaire d’états. Édouard II envoie son frère le comte de Kent, il espère calmer le jeu tout en profitant de l’occasion, pour retarder l’hommage lige au roi de France pour les terres d’Aquitaine.

-         Que veut-dire hommage lige ?

-         L’hommage lige est un rituel venu de la féodalité médiévale. Par ce rituel, un homme libre, c’est-à-dire le vassal se joint à un autre homme libre. Celui-ci devient son suzerain. Lorsque c’est un puissant li », à son souverain, cet hommage est rendu à la limite des domaines de l’un et l’autre, au cours d’une cérémonie pratiquement boudeuse.

-         Hé bien que c’était compliqué à cette époque !

-         Oui, je peux continuer ?

-         Oh ! oui, Monsieur Ryan !

-         L’intransigeance est telle, Charles IV charge son oncle de faire valoir ses droits sur le duché. Charles de Valois à la tête de sept mille hommes prend Agen. Il brûle Montpezat, poursuit faute de résistance anglaise, son offensive au-delà de Saint-Sardos au point d’obliger le sénéchal à se rendre le 22 septembre à la Réole. Le Duché d’Aquitaine se voit réduit à une bande de quinze kilomètres de larges allant de Saintes à la Côte Basque. Il y eut des négociations. Elles s’ouvrent entre les deux pays sous Edouard II. Le trente et un mai mille-trois-cent-vingt-sept ils signent le traité. En définitive, le roi d’Angleterre cède tous les territoires conquis pendant la guerre de Saint-Sardos et prêtera l’hommage lige. Pour le reste. Edouard III succède à Edouard II, et Philippe VI de Valois prend la suite de Charles IV. Finalement, la date butoir du quinze décembre mille trois cent trente est fixé d’un commun accord. L’hommage lige, n’est toujours pas au rendez-vous.

Sous la domination de son amant Mortimer, Isabelle de France, demande la restitution de Saint Sardos. La colère de Philippe VI ne se fait pas attendre. Il envoie son frère Charles piller Saintes.

À la suite de ce fait, Edouard III déclare rendre hommage lige. Seulement, les évènements d’Écosse l’en dissuadent. En effet le roi David II, auquel la France doit assistance au terme du traité de Corbeil est renversé par un allié du roi d’Angleterre, dont il est le soutient.

À l’affaire de Saint Sardos, vient s’ajouter l’affaire d’Écosse et, Edouard III comprend que la meilleure façon de défendre l’Aquitaine est d’attaquer le Valois par le Nord. Il ouvre également un front en Flandre, comté faisant partie du royaume de France. Il ajoute, l’embargo sur l’exportation des laines anglaises. L’économie flamande en est dépendante. Pour ne pas passer pour un félon en appuyant ouvertement la révolte des Flamands, contre le comte de Flandre…

-         Que viennent faire les Flamands avec Monpezat ?

Demande Henri. Interrompant le récit de Ryan. Ryan découvre qu’ils ne sont plus seuls. Ils sont entourés des clients de cet estaminets. Ils écoutent tous un verre à la main. Le patron intervient en disant :

-         Monsieur et votre ami, vos consommations sont gratuites, car vous avez attiré des clients consommateurs. Continuez, c’est tellement rare d’avoir un érudit sur notre histoire régionale, dans mon établissement !

-         Merci Monsieur

Répond Ryan ravi. Le patron de l’Estaminet ajoute :

-         Je vous offre l’apéritif.

-         Soit, avec plaisir nous acceptons mon ami et moi.

Répond une nouvelle fois Ryan

-         J’en étais à ….

-         La révolte des flamands et je vous disais que viens faire les flamands dans cette histoire ?

-         Pour cette raison, Edouard III, a dû se résigner à revendiquer pour lui-même le trône de France. Tout cela parce qu’il est le petit-fils par sa mère de Philippe Le Bel ! Ce qu’il fit en mai de l’an mille trois cent trente-huit. Ce fut d’abord, es escarmouches locales, suivit de guerre féodale, l’affaire de Saint Sardos et Montpezat d’Agenais aboutissaient à une guerre de succession : cette guerre si célèbre dura cent ans. D’où son nom : la guerre de cent ans.

Après une gorgée de kir Royal, Ryan grisé par ce succès reprend.

-         Beaucoup plus tard, la révolution nationalise tous les biens du clergé en octobre mille-sept-cent-quatre-vingt-dix. Enfin pour faire bonne mesure, ceux des émigrés !

-         Déjà des problèmes avec eux.

S’esclaffe un des consommateurs ?

 Ryan continue sans avoir entendue, semble-t-il. Pourtant il répond tranquillement.

-         Oui leurs biens ont été nationalisés en mille sept cent- quatre-vingt-onze, ceux de la couronne de France en mille sept cent quatre vingt douze également.  Le bien patrimoine national s’est enrichi grâce à la nationalisation de tous les biens royaux, et des biens des royalistes et également ceux du clergé. Ils les ont distribués ou vendus aux révolutionnaires. Certains domaines ont été livrés à la vindicte populaire. Le vandalisme, mot inventé par l’abbé Grégoire en Octobre mille sept cent quatre-vingt-quatorze, pour définir la destruction rageuse du peuple.

-         D’où vient ce mot ?

Demande Henri

-          Le mot vandalisme est venu des tribus turques appelé Vandale, ils détruisaient, violaient, incendiaient après avoir pillé les villages chrétiens !

-         Continuait

Leur réclame les spectateurs, en voyant Ryan s’arrêter.

-         Le vandalisme entraîna des réactions, en particulier chez les romantiques (Chateaubriand, Victor Hugo qui publie en Mille hui cent vingt-cinq deux pamphlets Guerre aux démolisseurs). La sauvegarde passe par un travail d’inventaire. À partir de Mille sept cent quatre-vingt-quinze, le conseil des Bâtiments civil complète l’inventaire des châteaux que Louis XVI avait commencé. Le Baron et Charles Nodier publient leurs « voyages pittoresques et romantique dans l’ancienne France, etc…

-         Maintenant que reste-t-il de ce patrimoine dans notre région ?

Lance une voix féminine

-         Très peu de chose

Répond Ryan

-         Mais encore ?

Intervient une nouvelle fois cette voix. Henri tourne la tête en direction de cette voix. Une jeune femme blonde aux cheveux long sourit. Son regard d’un bleu marin pétille d’une joie malicieuse. Ryan continu imperturbable.

-         Un château en ruine, son moulin, et le lavoir. Également l’église Saint-Jean-de-Balerme.

Il ajoute.

-         Maintenant c’est un village touristique et moderne. Ce village à fait du Grenelle avant Grenelle. Merci pour votre écoute.

-         C’est déjà fini ?

-         Oui, nous devons déjeuner et aller à nos occupations réciproques.

-         Que c’est dommage.

Les clients de l’estaminet opinent de la tête….

à suivre

 

 

 

 

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