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Revenu des ombres 3. la vérité (suite)

3. la vérité


 

Ce matin-là, le bonheur de Nini est à son comble. Pourtant la veille, elle a été privée de son dessert préféré. Elle est rentrée à vingt et une heure. Sa fierté, c'est d'avoir gardé secret son nouvel ami. Elle avait promis de rentrer pour dix-neuf heures ? Ses parents avaient été dans l'inquiétude avec cette route si dangereuse, pourtant si peu circulée.

Ce matin-là, elle est toute fébrile, et même joyeuse, plus que de coutume. Toutes ses obligations, elle les fait sans rechigner, dans l'appartement, c'est moins contraignant, plus confortable, mais... Ici, c'est la liberté sans confort. Nini, malgré son âge, sait que la vie est belle, et qu'il faut en profiter. Au début de l'après-midi, elle prend sa bicyclette, son chapeau de paille, son quignon de pain pour les poissons, les oiseaux, qu'elle va rencontrer. Et trois pêches qu'elle a cueillies le matin. Et la voilà partie vers son premier rendez-vous.  

En arrivant, elle va s'assoir sur le muret du puit. C'est à dire quelques pierres qui restaient encore debout, Derrière elle, intervient une voix masculine aimable lui dit :

- Mademoiselle, vous ne devriez pas, vous asseoir à cet emplacement, c'est dangereux.

- Je ne fais rien de mal

Répond Nini.

- Effectivement, seulement ce vieux puit est dangereux ma chère petite.

Un homme d'un certain âge en salopette bleue était venu chercher des outils, pour une autre maison à rénover. Intrigué, il interroge Nini.

- Que fais-tu dans cette cour ?

- je viens nourrir des oiseaux, et jouer avec eux.

- Ne sois pas imprudente, le vieux puits s'éboule de temps en temps. Et puis il y a une légende, concernant ce puits.

- Ah, oui ? vous pouvez me la raconter.

S'excite Nini soudain captivée.

- Oui bien sûr !

- Alors ?

Interroge Nini frémissante de curiosité.

- Doucement petite.

Rabroue, l'homme en souriant, tout amusé de cette gamine solitaire et curieuse comme toute les gamines de son âge.

- Eh bien voilà, on raconte qu'à chaque pleine lune proche du quatorze juillets, le fantôme du puit apparaît. Il se promène dans la cour, puis s'en retourne dans le puits.

- Pourquoi ?

- Dans cette région, il y a eu très souvent des crimes, de la révolution jusqu'à Napoléon3. Depuis il n'y en a plus eu.

- Comment est-il ce fantôme ?

- Il parait que c'est une lueur blanche, sans forme, ni homme, ni femme....

Il s'arrête observe Nini intrigué. Qui est donc cette gamine qui n'a pas peur des histoires de fantôme ? Il reprend la parole.

- De toute façon, en fin août, on va remplir se puits de tous les gravats de la cour. Lorsqu’il sera rempli, on le fermera avec une chappe de béton. Ce puit ne sera plus dangereux.

- Promis, je ferai attention…Merci Monsieur.

Une fois l'homme parti, Riri apparait à ces côtés.

- Bonjour ma belle !

Fit-il d'une voix enjouée.

- Eh bien, je constate que les adultes t’aiment bien ?

Nini rougit, pourtant lui répond souriante.

- Bonjour, je suis heureuse de vous revoir. Il m'a raconté une drôle d'histoire.

- Ce monsieur vous a raconté la vérité. Excepté qu'il ignore que c'est moi qui apparais, car je voudrais que l'on retrouve mon corps, et être exhumé avec ma famille.


Précédemment, nous avions discuté de la première partie de mon histoire. Je voudrais finir de vous la narrer. Hier je vous ais relater les faits qui m'ont fait venir ici. Maintenant, je vous raconte la suite des évènements.

- Je suis tout ouï mon ami !

- Les habitants de cette ferme m'ont secouru. Ils m'ont soigné, lavé. Enlevé mes beaux habits. Ils m'ont habillé avec des vêtements propres de paysan et ils me dirent/ Comment vous appelez-vous ?

         Henry, Madame.

         Bien nous t'appellerons Riri, pour tous, vous serez le fils de ma pauvre soeur décédée. Vous serez, notre neveu que l'on a recueilli. Pour tout le monde vous serez le petit Riri des Moreau. Trop chétif pour les travaux durs, vous n'irez pas dans les champs. Vous vous occuperez des animaux de la ferme dans la cour. Dans les champs, ce n'est pas seulement trop dur pour vous, mais surtout dangereux. Il n'y a pas seulement des brigands dans le secteur.

- C'était de brave gens alors !

- Oh que oui ! Ils ne m'ont jamais demandé mon nom véritable ! Ils avaient compris, que j'étais de la noblesse, comme ils disaient. Ils m'ont caché, nourrit, choyé comme ils le pouvait. Avec eux, j'ai appris la vie paysanne. J'ai soigné les animaux de la basse-cour, et appris à cultiver les légumes du jardin qui leur était alloué. Quand les soldats passé pour le contrôle, ils n’y voyaient que du feu !

Et Riri se mit à rire gentiment à ce souvenir.

- C'était formidable cher ami.

- Oui, mais cela ne dura pas. Soudain un jour, des brigands sont venus saisir une dîme à mes parents nourriciers. Vous appelez cela du rackette je crois.  Malheureusement pour moi, je les ai reconnus. Ils avaient tué ma mère, mon frère et ma soeur quelques années plus tôt. J'ai crié. Ma terreur était telle, que je ne pouvais faire que courir dans la cour en criant," assassin, assassins ". Ils tirèrent et m'embrochèrent avec leur baïonnette. Ils me jetèrent dans le puits. Il ne savait pas qui j'étais, puisqu'ils ne m'avaient pas vu. Mais ils avaient compris, que j'ai été témoin de l'un de leurs nombreux méfaits !

- Les Moreau que sont-ils devenus ?

S'inquiète Nini.

- Mam Moreau et Fanny ont toutes deux été violées et tuées. Leurs corps sont restées dans la cuisine. Ces voyous sont rapidement sortis dans la cour, mes cris avaient alertés les gens des champs. Ils se sont battus avec ruses et ont remporté la bataille malgré le fait qu'ils n'avaient que des faux, des pelles et des couteaux ! Après la bataille, ils m'ont cherché, mais hélas, j'étais déjà dans le monde où je suis. Ils m'ont cherché et jamais trouvé ! Le puits est profond, l'eau vient d'une rivière souterraine, à l'époque elle était claire. J'y suis depuis ce temps, car un anneau de métal à retenu mon corps à cause de la baïonnette, que j'ai entraîné dans ma chute. C'est pourquoi j'erre dans la nuit des temps

- Personne n'est venu à votre secours ?

- Personne n'a pu me voir. Pourtant certains ont essayé, mais c'était de faux médium. Plus à la recherche de célébrité et préoccupé à amasser un magot, qu'à la vérité de mon histoire. C'est la raison, de mon apparence nébuleuse protectrice.

- Ecrit mon histoire et envoi la, au descendant de mes oncles.

- Oui, mais, Je suis trop jeune, pour être prise au sérieux !

- Eux te croiront, cat tu vas leur donner des détails qu’eux seuls connaissent.

- Mais quels sont ces détails ?

- D'abord leur adresse, Monsieur et Madame de la Minaudière. Ils sont dans le château ancestral celui de Lussac.

- Ils ne me croiront pas !

- Il va falloir écrire mon histoire comme une grande rédaction, que vous aimeriez publier. Et ne rien dire à vos parents. Car ils vous empêcheront de l'envoyer.

- Soit ! On se reverra malgré tout, n'est-ce pas ?

- Jusqu'à ce que mon corps soit dans la sépulcre familiale officielle. Je vous attendrai. Vous n’aurez qu'à chanter "Rossignol de mes amours" tout doucement ; et je serai là. Venez chaque jour que vous pourrez. Merci d'avance.

- Et après ?

Interroge Nini le coeur gros.

- Nous, nous verrons plus, mais je vous protègerai de là ou je serai. Quand votre jour sera venu, vous me rejoindrez si vous le désirez.

- Comment cela ?

- Si votre désir n'est pas de me rejoindre, mais de nous retrouver en tant qu'amis, je serai heureux de vous accueillir également.

Avant de partir, il lui fit un baisemain et avant de s'en aller, il lui dit :

- N'oubliez pas c'est urgent. Sinon je suis condamné à errer dans la nuit jusqu'à la fin des temps.

- Oui mon ami, je n'oublierai pas, ce détail important.

Nini est désarçonnée. Elle ne sait plus, où elle en est. En mettant sa main dans sa poche, elle retrouve le morceau de pain, qu'elle avait oubliée de donner à ses amis. Alors, elle court, puis pédale à la vitesse que ses petites jambes, le lui permettent vers son pré préféré. Elle a tant de chose à raconter à ses amis équidés ! Eux, elle peut leur faire confiance. Ils l'écouteront, et ne dévoileront jamais leurs entretiens aux humains ! Pense-t-elle avec raison.

 

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