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L'héritage de l'enfant loup Chapitre 3

3

L’enquête commence

Ce qui intriguait l’inspecteur Caribou, c’était comment avait pu vivre cet enfant ? Qui sont ces malheureux squelettes ? Depuis combien de étaient-ils morts ? Comment ont-ils pu rester dans ce lieu en l’absence de tout humain, pas même trouvé par des animaux ?

L’inspecteur Caribou chargé de l’affaire vient d’être nommé à Voiturera. C’est sa toute première enquête officielle. Il arrive de la région parisienne, où il y a fait son stage avant sa nomination. Il n’est pas préparé au monde paysan, malgré qu’il soit originaire de la région. Crésodus est sa ville natale, non loin de Voiturera. Ses parents ont quitté leur petite ville pour Saint Denis en région parisienne. Pour les habitants de Crésodus c’est : « c’est un Gas de la ville ! » et en plus « il a l’accent pointu des parisiens ! » Il a une drôle d’allure avec sa veste en cuir, sa moustache à la gauloise, qu’il caresse machinalement lorsqu’il réfléchit. « Il est baraqué ! » disent ses cinq gendarmes collaborateurs. Pour les paysans, ils sont impressionnés, « c’est une armoire à glace ! » avec ses deux mètres cinq, et quatre-vingt-dix-huit kilos. Sa taille lui permet d’être respecté de tous sans beaucoup d’effort dans sa vie privée, dans son personnel et aussi de la population. Seuls les petits caïds narcissiques insignifiants provoquent l’inspecteur de temps en temps pour gagner des points vis-à-vis de « leurs petites mains » C’était le cas en région parisienne, et également dans ce bled, car ils imitent les « parigots ! » à chaque tentative, ils sont enfermés et déférés au juge d’instruction.

Un brave cultivateur l’interpelle, pour lui raconter une histoire stupéfiante, concernant probablement, l’enfant loup trouvé dans les bois.

  • Monsieur l’inspecteur, je dois vous révéler le secret du village.
  • Vous êtes monsieur ?

Interroge l’inspecteur d’une voix traînante.

  • Graindorge Gabriel, monsieur l’inspecteur.

L’inspecteur sort son calpin de la poche intérieure de sa veste en peau de vache marron.

  •  Je vous écoute
  • Pas ici. Il y a trop de monde derrière les fenêtres.

Réplique mystérieusement le berger

  • Rejoignez-moi dans ma bergerie sur la route communale N°975 ? C’est en haut de la colline, que vous voyez sur votre gauche.

Tout en parlant Graindorge laisse ses mains dans ses poches laisse ses mains dans ses poches. Il ne lui indigne pas le chemin. Il n’en faut pas plus pour intriguer l’inspecteur.

Une heure plus tard, Caribou retrouve Graindorge dans sa bergerie. Le chien du berger tout joyeux l’accueille l’inspecteur. Le vieux Gabriel en attendant la visite du policier a préparé un bon café.

L’inspecteur entre dans la pièce principale, servant de cuisine, salle à manger, salon, et son coin atelier dans une alcôve. Elle est propre et sent bon la campagne en ce jour d’été. Deux tasses de porcelaine des années trente l’attendent sur la toile cirée de la table.

  • Une petite poire du pays pour accompagner le café ?
  • Oui, merci, mais je suis en service, juste une petite goutte dans le café.

Graindorge heureux sourit. Il pense : « ce gaillard est respectueux de nos coutumes. C’est un jeunot comme il faut ». Conclut-il

  • On m’appelle Gaby
  • Alors Gaby, que vouliez-vous me dire.

Interroge Caribou en s’asseyant devant sa tasse.et en sortant une nouvelle fois son calpin.

  • Ben voilà

Fait Gaby en se raclant la gorge sur un air mystérieux.

  • Mais il vaut mieux que nous allions dans ma chambre.

Dit-il en fermant la porte à clé et les volets. Ils entrèrent da la pièce attenante, c’était une chambre avec un bureau et deux fauteuils de jardin blanc. Sur le côté, une bibliothèque dans l’angle. Il se met à rire en voyant la surprise du « gamin »

  • Hé oui, je ne suis pas un illettré, comme le crois les habitants du village
  • Vous êtes même un lettré

Répond Caribou, en parcourant du regard les livres.

  • Chut, c’est en faisant croire que je ne sais pas lire, que je peux vous parler. S’ils avaient su que je lis et écrit, à l’heure actuelle je serais mort. Mais revenons à nos moutons, si j’ose dire.

Continu en souriant Gaby.

  • Asseyez-vous dans l’un des fauteuils.

Une impression étrange parcourt l’esprit de Caribou. Il range son calepin, et vu le personnage qu’il a devant lui, il préfère enregistrer ce qui va être la déposition du vieil homme. Gaby commence ainsi.

  • Cela fait huit ans, un jeune couple de touristes accompagné d’un bébé à visité le village en posant beaucoup de questions gênantes aux plus vieux d’entre nous. Ils ne m’ont jamais interrogé. Une nuit de juillet, ils ont disparu sans laisser de trace.
  • Qui les a vus pour la dernière fois ?
  • D’après Salomon, la veille de leur disparition, ils sont allés vers les bois, pour voir cette fameuse légende, que certains vieux villageois racontent à leurs petits-enfants.
  • Concrètement, que voulaient-ils savoir ?
  • Ils recherchaient une petite fille, placée pendant la guerre chez les Plumeau. Or ils ont été dénoncés par des français collabos ! Des miliciens ont embarqué toute la famille et les enfants se trouvant chez eux.
  • Comment savez-vous qu’ils ont été dénoncés par des « collabos » ?
  • Après la guerre, le FFI a trouvé le courrier des dénonciations, chez un milicien retranché dans un bâtiment de sa ferme. La porcherie, fut également sa sépulture... Après l’avoir abattu, ils ont fouillé sa maison.
  • Qui était-il
  • Valtrape Georges le secrétaire de la milice du secteur (pseudonyme).
  • Il y avait d’autres documents.
  • Oui, notamment l’absence de deux enfants, lors de l’arrestation des Plumeau.
  • Comment cela ?
  • Myriam, la petite fille, que ce couple recherchait était allé jouait avec son ami Jean-Marc le voisin de la famille d’accueille des enfants juifs à l’orée de ce bois…. Pendant leurs jeux, les miliciens ont emmené tous les membres de la maison.
  • Qu’est-il arrivé ensuite 

L’inspecteur Caribou est de plus en plus captivé. Cependant il n’oublie pas que cette histoire est sûrement la clef du mystère de l’enfant loup.

  • Les enfants avaient emmené leur goûté, un simple quignon de pain au blé noir, que la grand-mère Plumeau avait confectionné. Au retour chez Jean-Marc Pluvier, Myriam voulait reprendre sa bicyclette. La famille de Jean-Marc, lui apprirent l’arrestation de sa famille d’accueil. Ils ont eu des difficultés à la persuadée de rester avec eux en attendant une solution. Le Pluvier m’ont demandés de prendre Myriam en charge pour sa sécurité.
  • Qu’avez-vous fait ?
  • J’ai pris la petite et je l’ai emmené chez mon cousin Alphonse. Il était passeur pour l’Algérie.
  • Pour l’Algérie ?

S’esclaffe Caribou !

  • Oui, il faisait des allers-retours en avion pour le courrier postal. Il transportait des messages et aussi des clandestins pour la résistance. J’ai eu beaucoup de difficulté pour le persuader, car c’était une petite fille. Enfin il céda, il me promit qu’il dénicherait une famille là-bas.
  • A son retour que vous a-t-il dit ?
  • Qu’il l’a placé chez des colons français, et lui ont donné leur nom
  • Vous savez lequel ?
  • Je me rappelle qu’il lui a été donnée le prénom de Marie-France. Le nom de famille, je ne m’en souviens plus Je n’ai rein noté, dans le cas ou j’aurai été pris. De plus me croyant illettré, c’était ma couverture.
  • Pourquoi ce jeune couple la cherchait-elle ?
  • D’après Salomon, c’était une question d’héritage, et le plaisir de revoir leur nièce. Les parents de la petite Myriam sont morts à Ravenne Berghem. La seule survivante de la famille serait Myriam.
  • Qui sont-ils pour cette enfant ?
  • La jeune femme était la plus jeune sœur de la mère de Myriam, elle-même mise dans une famille d’accueil du côté de Foix.
  • Les corps trouvés, se serait ce jeune couple disparu, et le bébé qui les accompagnait ?

Demande Gaby

  • Cela se pourrait !
  • Hé ben çà alors ! oh ben merde alors !
  • Chut ! ne dites rien. Il faut que tout soit vérifié.
  • Qu’est devenu Jean-Marc ?
  • Sa famille les Bellavoine l’ont envoyé à Beau-Village chez leurs cousins. Depuis je ne l’ai jamais revu. Tout ce que je sais, lui aussi n’est jamais revenu. Le père Bellavoine fut arrêté trois mois avant la fin de la guerre.

Caribou soulève son sourcil gauche étonné et dit.

  • Qui l’a arrêté ?
  • Les gendarmes français !
  • Pourquoi
  • Je ne sais pas.
  • Au revoir Monsieur Graindorge. Il  se peut que j’ai besoin de vous pour des précisions.

L’inspecteur retrouve sa voiture, en s’y installant il prend quelques minutes pour se reprendre. Il est abasourdi par ce témoignage. Pour lui son enquête avance plus vite que prévu, il en est heureux. Cependant, il y a plusieurs pistes, celle-ci est en plus. Il espère beaucoup sur le médecin légiste pour éliminer plusieurs pistes. Maintenant, il faut retrouver Myriam devenue Marie-France en Algérie ! Il garde l’espoir. Ce pilote postal semble être toujours en vie.

 

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