Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Revenu des Ombres (suite)

2. La surprise

 

Un soir d'été, Nini roule sous le soleil couchant, pour retrouver ses amis dans le pré. Mais ce jour-là, ce fut avec nonchalance, sans raison particulière. Elle est dans un rêve, elle attend la fin de l'été, se sera son anniversaire, celui de sa onzième année. Elle imaginait son cadeau, ainsi que son gâteau quand...Il lui arrive cette aventure peu ordinaire. Une rencontre insolite.
En arrivant à ce virage dangereux, elle regarde cette eau miroitante du Cher. Une forme blanche gazeuse s'élève des eaux. Elle semble tendre la main vers Nini. Cette main lui semble amie, en s'élevant au-dessus de la rivière. Elle avance tranquillement sans s'arrêter. Nini stoppe et l'observe, Son étonnement la cloue sur place. Elle n'a pas peur. Bien que surprise, la curiosité l'emporte sur la raison. Cette forme lui fait signe de la suivre. Comme hypnotisée, Nini obtempère. Elle suit cette forme devenue une immense ampoule globuleuse, avec des bras lui faisant des signes amicaux. Celle-ci l'invite à traverser la route.  En suivant cette forme étrange, elle descend dans la ferme en rénovation. Elle suit un chemin de terre, celui-ci la guide "Aux blés d'or". Cette forme nébuleuse toujours devant l'encourage gentiment d'avancer. Les travaux sont presque terminés. Les nouveaux propriétaires aménageront avant la rentrée des classes.
Ils arrivent dans la cour de la ferme, une autre surprise attend Nini. La forme gazeuse se transforme en petit garçon d'une dizaine d'année! Nini fait un bond en arrière. Elle n'en croit pas ses yeux! Cette fois elle est au bord de la panique. Elle est frigorifiée. Elle suffoque, tremble. Ensuite elle ne reconnait plus les lieux. Seul le garçonnet est elle souriant avec douceur. Il semble espérer quelque chose d'elle. Son aspect bien que curieux, venu d'un autre siècle, est avenant, sécurisant. Le calme de Nini revient, ses tempes ne lui font plus mal. Ce garçonnet pourrait-être un copain. Pense-t-elle. C'est alors qu'elle voit ces drôles de vêtements. Une culotte courte déchirée retenue par des ficelles. Des sabots aux pieds et une sorte de chemise de lin, sans col. Ses cheveux mi-long bruns, ce visage innocent lui rappelle un tableau d'Ingres, que Nini a vu chez Madame, avant son déménagement. L'ancienne propriétaire de leur appartement. Madame était si gentille,.... Elle se perd dans ses souvenirs, Pourtant cela ne faisait que deux ans!... Mais ce garçonnet était habillé autrement. Son interlocuteur l'observe, il a ce regard plein de supplique. Il est hautain et charmeur à la fois, malgré sa tenue vestimentaire. La noblesse dans ses gestes et son expression dénote ses origines.
Enfin, Nini se décide:
- Bonsoir l'ami.
- Bonsoir, mon espoir.
Lui répond le gamin
- Quel est donc votre problème?
Interroge Nini
- Quel est votre nom?
Continue-t-elle. Devant cette question directe, il prend peur, et reprend sa forme gazeuse. Aussitôt, Nini, lui dit avec douceur:
- N'ayez pas peur, qu'attendez-vous de moi? Que puis je faire pour vous aider?*
- On m'appelle Riri.
- Moi c'est Nini. Pourquoi avez-vous peur?
- Parce que mon histoire vas vous faire peur. Je voudrais, retrouver ma famille, et être avec eux. Là, où je devrais être, et non au fond de ce vieux puis!
- Pourquoi maintenant?
Nini n'en revient pas. Elle se demande si elle ne rêve pas debout.  Seulement il reprend la parole et lui annonce.
Cet endroit était tranquille, de temps en temps j'apparaissais sans que personne ne me voit. Ou bien ils avaient peur de ma couche protectrice. Je ne désespérais pas de trouver un jour la personne qui m'aidera. C'était sans compter du changement de propriétaire et des travaux de transformation de la cour. Si bien, qu'actuellement cela est devenu urgent.
- Quelle est donc cette histoire.
- Nini mon amie asseyez-vous sur cette pierre. Je vais vous raconter mon histoire. Mais tout d'abord, je tiens à vous dire, vous êtes la première personne, qui me voit tel que je je suis.
- Ah! Oui?
Répond Nini estomaquée.
- Voici mon histoire.
Il observe Nini, elle lui semble de confiance. Il reprend:
- J'étais le seul survivant de ma famille. Mon père Charles de la Minaudière, fût arrêté par les sans culottes à Versailles. Mère réussit à nous cacher, mon frère l'ainé, et ma soeur dans les bagages. Moi je fus placé sous le siège du cocher, car ma taille le permettait. Nous avons quitté Versailles, sans encombre. En arrivant près de Tours, aux abord de la Loire, nous fûmes attaquées. Ce n'était pas les soldat de la révolution, mais tout simplement des brigands. La calèche de la Poste, fut une mauvaise idée. Ces individus se moquaient bien des personnes, ce qui les intéressaient c'était les bagages! Malheureusement pour mère elle a voulu défendre les bagages, ils la tuèrent. Quand ils découvrirent mon frère et ma soeur, les brigands fous de rage, ouvrirent tous les paquets en les éventrant. Ils s'emparèrent des bijoux, des armes qu'ils trouvèrent, avec tous ce qu'ils allaient pouvoir vendre sur le marché. Avant de partir, ils pendirent le cocher, pour ne pas laisser de témoins. Moi, j'ai assisté à ce spectacle horrible, sans pouvoir faire quelque chose, ni bougé tellement j'avais peur.
- Quelle horreur, cette expérience vécue! Mais, vous,  comment vous en êtes sorti?
- J'ai attendu la nuit, j'avais si peur. La Loire étant proche, je l'ai traversé à la nage. Puis continué tout droit, tout au moins c'est ce que je croyais. J'étais si fatigué, et j'avais si faim, qu'à la vue d'une masure, je courus avec toute l'énergie qui me restait. Je me suis affalé dans la cour de cette ferme.
- Oh ! Mon dieu!
S'esclaffe Nini.
- Et ensuite que s'est-il passé?
Toute captivée elle attend la suite impatiente, sans voir l'heure!
- Vous allez vous faire gronder. Dans le monde où je vis il n'y a plus la notion de l'heure et des jours, du temps en général. Mais ce n'est pas votre cas.
- Si vous n'avez pas la notion du temps, comment pouvez-vous savoir, que je vais me faire disputer?
- Lorsque je reprend forme, je connais l'heure. Je ne peux rester plus de deux heures visible. Je dois donc vous quitter. On se verra demain à quinze Heures?
- Oui mon ami, à quinze heures! à demain.
Ils se quittent Nini est dans tous ces états. De la joie, au rire, à la colère, et aussi comment cacher cet entrevue? C'est tellement extraordinaire….

à suivre
 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :