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Le Journal de Kiwi (suite)

MARDI 22 SEPTEMBRE 2009
 
À deux heures et demie j’ai grondé Serge, parce qu’il voulait venir dans notre chambre. Maman me dit sèchement,cependant à voix basse
  • Tais-toi ! ce n’est que Serge qui va travailler. Il veut nous dire au revoir. Il ne faut pas t’en faire un ennemi. Sinon nous ne pourront plus manger. C’est lui qui fait les courses. Soit gentille avec lui.
C’est curieux, nous quittons l’appartement plus tard, que les autres jours. Maman peste contre les travaux, qui ont bouché le passage clouté. Elle voulait traverser. On a dû suivre le trottoir jusqu’au magasin, qui a des chariots devant la vitrine. Là nous avons traversé le Boulevard. Nous avons fait un grand tour. Puis nous nous sommes retrouvées dans un terrain avec de l’herbe des bancs et des poubelles. Que c’est tranquille ! Il n’y a eu que deux vélos, qui sont passés sur l’allée centrale.
J’ai rempli ma mission et maman a ramassé. Elle m’a complimenté et une petite caresse en passant. C’est chouette cet endroit. Elle m’a dit, on y reviendra. En arrivant à la grille, je découvre, qu’elle est ouverte. C’est chouette, je tire maman, mais elle me retient. Qu’est-ce qu’elle est forte !
Tout se passe comme d’habitude. Mais voilà qu’elle s’invente à passer sur le sol  un truc avec un manche, qui fait du bruit. Je me blottis dans le fond du caisson. En voyant ma réaction, elle continue mais me parle avec douceur. Elle a terminé et appui sur un bouton noir. Elle me l’apporte en me disant :
N’aie pas peur, regarde, sent, tu vois ce n’est pas dangereux. C’est nécessaire pour nettoyer. Ce n’est pas fait pour battre, mais pour nettoyer te sol.
Je sens. J’hésite. Finalement je reconnais qu’elle a raison. Pourtant je reste vigilante.On sonne à la porte. Maman me dit avec douceur
  • Va  dire bonjour à Serge.
Je la regarde, je ne sais pas ce qu’elle veut me dire.  Est-ce qu’il m’aime ? Elle interpelle son mari et lui dit :
  • Viens lui dire bonjour.
  • Bonjour Kiwi. Me dit Serge.
Comme je ne bouge pas, il dit :
  • Elle ne m’aime pas ! dit-il tristement.
  • Si mais elle croit que tu ne l’aime pas !
  • Va au-devant d’elle. Caresse là. Au retour des courses présentent lui les bonnes choses que tu apportes pour elle. Qu’elle sache que c’est toi qui apportes le repas pour commencer.
  • Quand on mange et que tu lui donnes un petit morceau de viande ou pâté ou fromage, donne le lui directement, ne passe pas par moi. Qu’elle sache que toi ou moi c’est identique. Mais soit patient. Cela ne peut venir comme une baguette magique.
À midi cela c’est passé comme elle avait dit. En dernier, elle m’a donné un morceau de beefsteack haché. Je le lui aie pris dans la main. Elle était contente. C’est la première fois que j’accepte de prendre dans sa main.
C’est la galère je dois encore sortir. En sortant le chien du quatrième aboi, il est encore sur le balcon. Il y a de grands hommes noirs qui me tiennent la porte pour sortir. J’ai peur d’eux pour ne pas changer. Puis j’entends des claquements, la terreur me reprend. C’est un ado qui envoie son ballon sur le mur du bâtiment d’en face. Maman marmonne.
  • Quel abruti ce gamin.
Quand il voit maman, il s’arrête prend son ballon et avance d’abord en faisant sauté le ballon. En voyant le regard de maman, il s’arrête de jouer au ballon. Il passe à côté de nous. Puis on arrive sur le boulevard. Devant ma terreur, elle est dans l’obligation de me tirer avec fermeté. Elle ajoute en même temps.
  • Je te promets, si tu fais tes petits besoins et on rentre. On ne peut pas faire autrement, tu n’as rien à craindre.
Elle en a de bien bonne ! C’est une sacré foule d’ado comme elle dit. Ils sont tous noir ou arabe. Des blanches traînent avec eux. Et il n’y a rien à craindre!? Ils sont nombreux et forment des petits attroupements. Ils discutent, gesticulent, certains crient, d’autres rient. Je veux rentrer. J’accepte d’aller un peu plus loin et je vois, que c’est pareil un peu plus loin. Alors comme maman a promis, je fais ma petite affaire et je veux courir pour rentrer. Maman se fâche, elle me gronde, et retient ma laisse.
  • Doucement, oui nous rentrons, mais doucement. La course attire le danger. Tu marches calmement et tout ira bien.
Elle en a de bien bonne ! Marcher calmement, quand on a la trouille. Elle ne sait pas, elle, ce que c’est d’être obligé de courir. De se sentir piéger par des humains, qui veulent vous coincer, pour vous vendre et vous manger ! Ils ont la même odeur que là-bas ! Et elle me dit qu’ici c’est différent, de mon pays d’origine !
Même dans la cour, il y a des hommes ! Ils rentrent chez eux ,d’après maman. Elle n’arrête pas de me retenir. J’ai mal, j’ai l’impression de m’étrangler, mais je veux rentrer très vite. Un autre homme noir nous dépasse et nous ouvre la porte. Il semble connaître maman. Ils se parlent. On entre dans la cage montante. Elle me présente et elle me dit
  • Regarde bien c’est un voisin lui aussi.
Qu’est-ce qu’il y a comme voisin ! Maintenant, je sais trois choses, les mots : habitants de la maison, les amis, et les voisins. Tous les autres se sont des inconnus à laquelle je ne dois pas prêter attention en apparence. Hé bée ! Ce n’est pas une mince affaire pour moi ! Enfin on arrive. Elle me fait des câlins et enlève tout de suite mon harnais, me félicite pour mon courage malgré ma peur. Qu’est-ce , qu’elle m’en dit des choses !
Enfin nous allons au lit. Je me couche à côté d’elle. Et là elle me dit.
  • Serge ne dort pas, va lui dire bonne nuit !
Ça ne va pas sa tête ! Il ne m’aime pas et elle veut que je lui fasse des bisous, ça non je reste là.
  • Il t’aime, mais il croit que tu ne l’aime pas. Et toi tu crois qu’il ne t’aime pas. Il va falloir cesser de vous faire la tête. Sans lui pas de manger, car ces lui qui apporte de quoi faire le repas !
On verra çà demain. C’est à voir
à suivre
 
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