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Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les  offices du jour,  la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Le blog de mim-nanou75.over-blog.com

Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

MINI REVU DE PRESSE HEBDOMADAIRE DU 10 AU 17 octobre 2018

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MINI REVU DE PRESSE HEBDOMADAIRE  DU 10 AU 17 octobre 2018
MINI REVU DE PRESSE HEBDOMADAIRE  DU 10 AU 17 octobre 2018
MINI REVU DE PRESSE HEBDOMADAIRE  DU 10 AU 17 octobre 2018

MINI REVU DE PRESSE HEBDOMADAIRE

DU 10 AU 17 octobre 2018

Monique Macalou

SOMMAIRE

 

journal

Date

Titre

Page

Journal de Paris

9.10.18

Des logements pour personnes en difficulté sur le terrain du diocèse

3

 

Ouest-France   

10.10.18

Coquillettes, tortis, coudes… Panzani rappelle plusieurs types de pâtes

Enquête deux magistrat en garde à vue

4

 

La Croix

11.10.18

Réforme des retraites, un débat serein est-il possible ?

5

 

Le monde

11.10.18

Le français, cinquième langue la plus parlée dans le monde (QUEL RECUL !)

7

 

Le Point

12.10.18

Mimi Marchand, de la prison aux gloires du showbiz

Taxe d'habitation : « L'État stigmatise les élus locaux »

8

 

Huffpost

12.10.18

Envoyé Spécial": Cet adjoint d'Anne Hidalgo craque quand il découvre les pressions exercées sur des sous-traitants de la ville

10

 

Planète.fr

12.1018

Arnaque à la fausse facture : tout un département escroqué

12

 

L’Opinion (en bref)

13.10.18

Ce que cache la retraite à point

Comment Emmanuel Macron joue avec les dames à la Francophonie

12

 

12

 

Le Parisien

13.1018

Les dérives d’un prof de maths avec ses élèves

14

 

Paris Match

13.1018

Alain Duhamel : "Macron fait de l'imprudence un risque assumé"

15

 

Marianne

13.10.13

Immigration, le débat qui gêne la gauche

20

 

20 Minutes

14.1018

«Les premiers de cordée» vantés par Emmanuel Macron ont-ils tiré les autres vers le haut?

20

 

Huffpost

14.10.18

Jamal Khashoggi: Menaces diplomatiques, enquête, enregistrements...

22

 

Journal de Paris

14.10.18

Benjamin Griveaux : « Je ne crois pas à Europa City »

23

 

Médiapart

14.10.18

Dati /hidalgo

23

 

Les échos

14.10.18

Le grand pari express séduit les investisseurs pour sa première obligation verte

24

 

JDD

14.10.18

Pour Philippe de Villiers, "Edouard Philippe sait que Macron est cuit"

25

 

Europe 1

13.10.14

LR : des proches d'Estrosi dénoncent une "fraude massive" après la victoire de Ciotti

25

 

Le Parisien

15.10.18

Baisse de la taxe d’habitation: voici ce que les Franciliens y gagnent

26

Le Parisien

14.10.18

La gare du Nord fermée le samedi 20 octobre, jour de départ en vacances

27

L’Opinion

15.10.18

Fédérations LR: les quatre leçons d’un scrutin

 Ludovic Vigogne Ludovic Vigogne

 

28

Planète.fr

15.10.18

 

29

Huffpost

15.10.18

Budget 2019 : La taxe d'habitation, un bras de fer autour du pouvoir d'achat

30

L’Obs

15.10.18

Macron termine son casting, Mélenchon renoue avec des socialistes et Hidalgo loge des SDF

31

 

Franceinfo

16.10.18

Remaniement : Françoise Nyssen et Stéphane Travert quittent le gouvernement

34

LCI

17.10.18

Perquisitions au siège de la France insoumise : l'opération était-elle abusive ou non ?

35

L’Opinion

17.10.18

Fichier polémique de Force ouvrière : Pascal Pavageau démissionne et crie à la « cabale»

36

LE JOURNAL DE PARIS

Des logements pour personnes en difficulté sur le terrain du diocèse

Sans-abri,  femmes  enceintes,  personnes  handicapées  ...

 Un  vaste  programme  immobilier  va  voir  le  jour  rue  de  Vaugirard.

LES  VIEUX  MURS  GRIS  du  110-110  bis,  rue  de  Vaugirard  (VIe).  derrière  lesquels  se  cache  un  terrain  de  7  330  m2  du  diocèse  de  Paris vont  bientôt  être  rafraîchis  dans  le  cadre  d'un  vaste  programme  immobilier.

  Un  bail  à  construction  a  été  signé  entre  l'Association  diocésaine  de  Paris  et  Résidences  Sociales  de  France.

 Des  immeubles  vont  être  totalement  réhabilités.  d'autres  plus  obsolètes  et  moins  remarquables  seront  détruits  et  une  construction  neuve  viendra  prendre  place  au  93,  rue  du  Cherche-Midi  après  démolition  d'une  ancienne  étable.  Sur  le  reste  des  bâtiments  de  cette  parcelle.  le  diocèse  mènera  un  projet  immobilier  avec  la  création  de  locaux  pastoraux,  la  rénovation  de  la  chapelle,  ainsi  qu'une  crèche  associative  d'W1e  vingtaine  de  berceaux.  ~  L'immeuble  locatif  le  long  de  la  rue  de  Vaugirard  comprendra  un  centre  d'hébergement  et  de  stabilisation  pour  SDF  (26  logements)  et  un  second  pour  femmes  enceintes  en  difficulté  (16  logements).  Le  bâtiment  de  six  étages  au  nord  de  la  parcelle.  le  long  de  la  rue  du  Cherche-Midi  lui.  abritera  une  résidence  sociale  gérée  par  l'association  Simon  de  Cyrène  destinée  aux  personnes  handicapées.  Elle  comprendra  21  logements  pour  les  résidents,  300  m2  de  surfaces  de  locaux  communs,  onze  appartements  occupés  par  les  aidants  et  trois  T2  destinés  aux  responsables  de  la  maison  vivant  sur  place.

 LE  CHANTIER  DEVRAIT  DÉBUTER  À  L'AUTOMNE  2018

  «  Avec  ce  type  de  projet.  les  congrégations  du  quartier  s'ouvrent  sur  l'extérieur»,  se  félicite  Jean- Pierre Lecoq,  maire  (LR)  du  VIe.  L'élu  a  prévu  une  réunion  auprès  des  riverains  dans  les  prochains  mois  pour  leur  présenter  les  futurs  aménagements. Une  résidence  sociale  et  deux  centres  d'hébergement  vont  notamment  être  aménagés  dans  des  bâtiments  existants Hébergement   elle  n'est  pas  de  nature,  selon  lui  a  soulevé  une  quelconque  protestation  ou  inquiétude  de  la  part  des  habitants.  «  L'association  pour  l'Amitié  gère  déjà  un  centre  installé  sur  place  et  il  n'y  a  jamais  eu  le  moindre  problème»,  note  le  maire.  «  C'est  un  beau  projet.  le  lieu  est  immense.  il  y  a  un  parc  gigantesque  avec  des  bâtiments  un  peu  en  ruine.  C'est  un  endroit  un  peu  désert,  il  vaut  mieux  que  ça  serve  et  c'est  toujours  mieux  que  des  promoteurs  immobiliers!».  confirme  Marie-Laure,  une  voisine.  «  Paris  manque  de  logements,  il  faut  bien  trouver  des  solutions.  Ça  ne  me  gêne  pas  du  tout  et  je  trouve  très  bien  que  ça  aide  des  personnes  en  difficulté>>,  abonde  Philippe,  un  autre  riverain.  Les travaux  devraient  débuter  à L’automne 2019.

OUEST France

Coquillettes, tortis, coudes… Panzani rappelle plusieurs types de pâtes

Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a publié le 28 septembre un avis de rappel de plusieurs types de pâtes de la marque Panzani. Par ailleurs, des œufs de la marque Les poulettes présentent un risque de contamination à la salmonelle.

Enquête sur les pratiques de la lutte anti-stups : deux magistrates placées en garde à vue

Deux magistrates ont été placées en garde à vue mardi à Paris par l'inspection générale de la police nationale.

Dans son enquête sur les méthodes d'infiltration controversées de la lutte antistupéfiants sous l’ancien chef de la lutte antidrogue, François Thierry, l'inspection générale de la police nationale (IGPN) a placé deux magistrates en garde à vue, mardi, à Paris. L'une d'entre elles, actuellement procureure adjointe au parquet de Paris, était toujours entendue mardi soir.

Deux magistrates ont été placées en garde à vue mardi à Paris par l'inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d'une enquête instruite à Lyon sur les pratiques controversées de la lutte antistupéfiants sous le commissaire François Thierry, a-t-on appris de sources proches du dossier.

L'une d'entre elles, Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, est sortie de garde à vue en fin de journée. La seconde, Véronique Degermann, actuellement procureure adjointe au parquet de Paris, était toujours entendue mardi soir, selon ces sources.

Selon Le Parisien qui a révélé l'information, les juges lyonnais en charge de l'enquête veulent comprendre les conditions dans lesquelles un indicateur, Sophiane Hambli, avait été temporairement extrait de prison, en avril 2012, pour être conduit dans un hôtel, dans le cadre d'une vraie-fausse garde à vue.

Trois enquêtes

L'information judiciaire lyonnaise est l'une des trois enquêtes qui s'intéressent aux méthodes de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) et à la gestion des indics sous la direction de son ancien patron, le commissaire François Thierry.

Toujours dans le cadre de cette enquête lyonnaise, M. Thierry a été placé en garde à vue lundi, à Paris, avec un autre homme, pour infraction à la législation sur les stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture, selon une source proche de l'enquête.

Le volet principal des affaires impliquant l'ex-numéro 1 de l'Ocrtis a été dépaysé lui, de Paris à Bordeaux.

Il avait été mis en examen le 24 août 2017 dans le retentissant dossier de la saisie record, le 17 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis à Paris.

Thierry affirme que les magistrats étaient au courant

La justice avait découvert que la drogue était arrivée en France dans le cadre d'une livraison surveillée opérée par l'OCRTIS avec l'aide d'un informateur important de « l'office », considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol. La drogue cachée dans des camionnettes avait été découverte au pied du luxueux appartement de cet « indic », boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris.

Dans cette affaire, M. Thierry est notamment soupçonné d'avoir favorisé l'importation de drogue en France sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire des modalités de l'opération ni du rôle-clé de cet informateur qu'il gérait en direct.

Il affirme au contraire que les magistrats, notamment ceux du parquet de Paris, étaient au courant des méthodes d'infiltration de l'Ocrtis.

 

LA CROIX

Réforme des retraites, un débat serein est-il possible ?

La question de la réforme des retraites est particulièrement sensible chez les Français.

« Faut-il supprimer les pensions de réversion ? »

La question, purement rhétorique, figurait parmi beaucoup d’autres dans un document de travail du haut-commissaire à la réforme des retraites, distribué en juin 2018 aux organisations syndicales. Totalement sortie de son contexte, elle a suscité une émotion considérable.

Il a fallu que Jean-Paul Delevoye, la ministre concernée, le premier ministre et jusqu’au président de la République affirment sur tous les tons que cette mesure n’était pas au programme pour que le calme revienne. Du moins provisoirement. Au passage, le débat sur l’évolution possible de ce dispositif généralisé en 1945 – par exemple son éventuelle extension aux couples non mariés – a été escamoté.

La société française « en état de stress maladif vis-à-vis des retraites »

Un débat serein sur les retraites serait-il donc impossible ? « Il y a énormément d’anxiété autour de ce dossier », témoigne Jean-Paul Delevoye, qui joue le rôle de démineur en chef de la réforme promise par le président de la République. « La société française est en état de stress maladif vis-à-vis des retraites », avance même l’économiste Simon Rabaté, de l’Institut des politiques publiques (1).

Les Français présenteraient sur ce point une particularité. « Parler de la retraite, c’est parler du travail, rappelle Marisol Touraine, qui a piloté la réforme de 2014 comme ministre des affaires sociales. Or, le thème de la souffrance au travail est plus présent en France que dans les pays voisins. La retraite est attendue avec impatience. C’est le temps du repos bien mérité, le moment de la vie pendant lequel on peut enfin se consacrer aux activités de son choix. »

Un enchaînement de réformes depuis vingt-cinq ans

Surtout, voilà vingt-cinq ans que les réformes s’enchaînent à un rythme accéléré, avec pour objectif affiché de sauver un système au bord de la faillite, quitte à dramatiser un peu pour faire passer des mesures impopulaires.

 « Chaque réforme a été présentée comme la dernière, celle qui allait sauver les retraites… avant qu’on ne recommence trois ou quatre ans plus tard, rappelle Simon Rabaté. Cela a miné la confiance dans la pérennité du système. »

Résultat : alors même que le régime des retraites est aujourd’hui proche de l’équilibre, « les Français ont encore un sentiment de faillite, relève régulièrement Jean-Paul Delevoye. Et les jeunes sont tous persuadés qu’ils n’auront pas de retraite ».

 « La pérennité financière du système de retraite a été assurée »

Les Français sont même plus inquiets pour leurs vieux jours que les Allemands, dont l’évolution démographique est pourtant autrement plus inquiétante.

Dans ce contexte, toute réforme est suspectée d’avoir pour but ultime de faire des économies. Et de cacher que le gouvernement, sous couvert de bâtir le système de retraite du XXIe siècle, n’a pour seul but que de récupérer quelques milliards.

Le défi pour l’exécutif : restaurer la confiance des Français

« Notre défi est de convaincre les Français que ce n’est pas notre objectif », reconnaît-on dans l’entourage de Jean-Paul Delevoye.

La tâche s’annonce d’autant plus ardue que l’exécutif a envoyé des signaux contraires ces derniers mois. « Ce n’est pas très malin d’avoir chauffé à blanc les retraités avec la hausse de la CSG et la sous-indexation des pensions », glisse un négociateur syndical. Même si les retraités actuels ne sont pas concernés par la réforme, ces deux mesures d’ordre budgétaire ont brouillé le message.

 « Pour convaincre les Français, très échaudés, que la réforme n’a pas de visées budgétaires, il va falloir commencer par dire ce qu’elle ne sera pas, pronostique un expert, spécialiste des questions sociales. Et notamment qu’il n’est pas question, par exemple, de reculer l’âge de la retraite. Sinon, c’est foutu. »

 « Il ne faut pas avoir d’agenda caché, ajoute Simon Rabaté. Pour éviter d’avoir à changer les paramètres d’âge ou de durée de cotisation tous les deux ou trois ans, il faut intégrer au cœur du nouveau système, c’est-à-dire dans la formule du calcul des droits, des ajustements automatiques par rapport à l’allongement de l’espérance de vie. Si c’est bien l’un des buts de la réforme, alors il faut le dire et l’expliquer. »

Créer des conditions d’acceptation pour toutes les Françaises et tous les Français

La création du futur système universel a par ailleurs pour but d’harmoniser des droits qui diffèrent aujourd’hui selon les régimes. Par exemple, les pensions de réversion sont soumises à des conditions de ressources dans le régime général, pas dans la fonction publique.

 « Pour qu’une réforme structurelle soit acceptée, notamment quand il s’agit d’harmoniser des droits, il faut y mettre de l’argent, affirme Marisol Touraine. Sinon, il y a des perdants. » « Une des conditions d’acceptation de la réforme sera de créer des droits nouveaux », ajoute Frédéric Sève, qui suit le dossier pour la CFDT.

Ce que pourrait être le futur système de retraite

Les ateliers citoyens organisés par le haut-commissaire, ainsi que les contributions postées sur la plateforme citoyenne, montrent que les Français adhèrent largement au principe énoncé par le président de la République, selon lequel un euro cotisé devra donner les mêmes droits à chacun. « Cette idée leur plaît, assure un proche du dossier. Pour que la réforme soit acceptée, il faudra donc apporter la preuve qu’elle répond bien à cet objectif. »

 « Si l’on en croit les contributions des citoyens, la crédibilité de la réforme se jouera sur le fait qu’elle va vraiment concerner tout le monde, et surtout les parlementaires ! », souligne-t-on dans l’équipe de Jean-Paul Delevoye. Le souci d’équité arrive très vite derrière : « Beaucoup de gens souhaitent que la pénibilité soit bien prise en compte dans le futur système », ajoute cet interlocuteur.

 « 20 millions de Français vont sortir leur calculette ! »

Enfin, les Français ne se contenteront pas de grands principes. « Le jour où la réforme sera précisée, 20 millions de Français vont sortir leur calculette ! », pronostique Marisol Touraine. Pour s’assurer, entre autres, que leurs droits acquis aujourd’hui sous forme de trimestres ne seront pas rabotés au moment de leur conversion en points !

Dans l’idéal, il faudrait que des systèmes d’information soient capables d’offrir à chacun une simulation. « Rassurer les gens avec des cas types, ce serait bien mais cela représente une véritable prouesse technique », souligne un expert.

Reste à se donner le temps de la pédagogie. « Les retraites sont source d’énormément d’incompréhension et de convictions erronées, s’inquiète la sociologue Anne-Marie Guillemard. L’idée même de répartition n’est pas claire dans toutes les têtes. Le débat a été trop longtemps capté par les experts, à l’occasion de réformes qui se sont succédé sans cohérence et sans évaluation. Il y faudrait plusieurs années. » Un temps dont ne dispose pas pour le moment le gouvernement. Même si le calendrier a été desserré, un projet de loi est toujours prévu pour l’été prochain.

La réforme des retraites se précise

Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a présenté mercredi 10 octobre l’architecture de son projet, à l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux. De nombreuses questions restent à trancher lors de la prochaine phase de concertation, qui va durer six mois

L’architecture d’ensemble du futur système universel de retraites par répartition a commencé mercredi 10 octobre à sortir du brouillard, à l’issue d’une rencontre multilatérale entre Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, et les organisations syndicales et patronales. Première confirmation : le futur système universel va bel et bien remplacer à terme les 42 régimes existants (régimes de base et complémentaires obligatoires). Tous les assurés – salariés du privé, fonctionnaires, indépendants, agriculteurs, etc. – cotiseront pour ce nouveau régime dans la limite haute de trois plafonds de la sécurité sociale, soit 120 000 € bruts annuels. Un niveau qui rend caduques les régimes complémentaires – notamment l’Agirc-Arrco – voués à disparaître. La simplification est radicale : un seul dossier par assuré et une seule pension versée. Les règles de calcul des pensions seront les mêmes pour tous, quel que soit le statut. En clair, à revenu égal, un salarié du privé aura la même retraite que les fonctionnaires

LE MONDE

Le français, cinquième langue la plus parlée dans le monde

L’Afrique est destinée à devenir l’espace comptant le plus de locuteurs en français, selon un rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie.

A u niveau mondial, la langue de Molière se porte plutôt bien, du moins en termes de diffusion. Mais elle pourrait faire beaucoup mieux. Le français est aujourd’hui la cinquième langue la plus parlée dans le monde, avec 300 millions de locuteurs, après le chinois, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. !

« Une progression de 10 % depuis 2014 », se félicite le nouveau rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui doit être présenté par la secrétaire générale sortante, Michaëlle Jean, lors de l’ouverture du 17e sommet à Erevan, jeudi 11 octobre. Il y a quatre ans, le français était en sixième position.

« Présente sur les cinq continents, la langue française a toutes les caractéristiques d’une langue mondiale », souligne ce texte, relevant qu’elle est la langue officielle de 32 Etats et gouvernements, ainsi que dans la plupart des organisations internationales. Mieux encore : à en croire cette enquête, le français est aussi la quatrième langue la plus utilisée sur Internet et même la troisième en termes de trafic.

Cette augmentation est avant tout le résultat de la croissance démographique. « Le centre de gravité de la francophonie continue de se déplacer vers le sud, prolongeant une tendance mesurée depuis 2010 où l’on voit que sur les 22,7 millions de francophones qui sont venus grossir cette planète de la francophonie, 68 % se trouvent en Afrique subsaharienne et 22 % en Afrique du Nord », analyse le rapport.

 « Francophonie ouverte »

Lors de son discours devant l’Académie française, le 20 mars, le président Emmanuel Macron s’était fait le héraut d’une « francophonie ouverte », misant sur le plurilinguisme, tout en reconnaissant que « la France n’est qu’une partie de la francophonie agissante », « consciente de ne pas porter seule le destin du français ».

L’Afrique est destinée à devenir l’espace où il y aura le plus de locuteurs en français, du moins en valeur absolue. Les pourcentages de ceux qui utilisent quotidiennement cette langue restent pourtant souvent assez faibles. A peine 13 % au Niger et 17 % au Mali comme au Tchad. Mais ils sont 26 % au Sénégal, 33 % en Côte d’Ivoire, 51 % en République démocratique du Congo (RDC) et même 59 % au Congo-Brazzaville. Au Maghreb, le français est utilisé quotidiennement par 52 % des Tunisiens, mais seulement par 35 % des Marocains et 33 % des Algériens.

Au sein de l’Union européenne, le français est la première langue de seulement 12 % des citoyens, contre 16 % pour l’allemand et 13 % pour l’anglais avant le Brexit. En revanche, selon le rapport de l’OIF, « le français demeure la deuxième langue étrangère la plus apprise dans le premier cycle de l’enseignement secondaire des Etats membres, avec 26,1 % du total des élèves qui l’apprennent, contre 96,2 % l’anglais, 16,8 % l’allemand et 12,6 % l’espagnol ».

Le Point en bref

Mimi Marchand, de la prison aux gloires du showbiz

La biographie non autorisée de la reine des paparazzis et conseillère officieuse du couple Macron sort chez Grasset. Extraits en avant-première.

C'est une marchande de secrets, qu'elle les dévoile ou, encore plus précieux, les protège. Un fantôme à la voix rauque et à l'allure de grand-mère presque respectable, qui fournit la moitié des sujets de la presse people avec des photos plus ou moins volées, sans que son nom n'apparaisse jamais dans les ours. Un phœnix aux mille vies, qui passe d'un mari braqueur à un autre policier, des starlettes aux grands patrons, de la case prison au cœur du pouvoir. C'est le personnage le plus sulfureux de la Macronie, à côté de laquelle Alexandre Benalla ferait figure d'enfant de chœur.

Taxe d'habitation : « L'État stigmatise les élus locaux »

Président du Comité des finances locales, André Laignel dénonce la suppression de la taxe d'habitation. Et relativise les hausses décidées par  

 6 000 communes.

Par Marc Vignaud

C'est une information sortie dans Le Parisien mercredi 10 octobre. En 2018, près de 6 000 communes ont augmenté la taxe d'habitation, notait un rapport parlementaire publié cet été sans pour autant en donner la liste. Cette annonce risquait de brouiller la promesse présidentielle de diminuer cet impôt de 30 % cette année pour 80 % des Français, avant sa disparition totale d'ici 2022. Soucieux de bien montrer qu'il n'avait rien à voir dans ces hausses, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, s'est expliqué ce jeudi dans Le Figaroet a publié le nom des communes concernées (cliquez ici). L'avis d'imposition que les contribuables sont en train de recevoir mentionnera d'ailleurs bien que la hausse a été décidée par les collectivités locales et non pas par l'État. André Laignel, premier vice-président (PS) de l'Association des maires de France et président du Comité des finances locales, répond au ministre dans une interview au Point. Le maire d'Issoudin, qui n'a pas augmenté sa propre taxe d'habitation, dénonce la stigmatisation des élus locaux par le gouvernement.

Le Point : Comment expliquez-vous que plus de 6 000 communes aient augmenté la taxe d'habitation en 2018 alors que l'État la baisse de 30 % pour 80 % des Français… ?

André Laignel : Si l'État avait vraiment voulu baisser les impôts, il aurait dû commencer par baisser les impôts de l'État et non pas s'attaquer à ceux des collectivités ! Vouloir focaliser l'attention sur environ 15 % de municipalités qui augmentent la taxe d'habitation revient à stigmatiser les élus locaux qu'il considère comme de simples sous-traitants de la politique gouvernementale. Ça devient une habitude de ce gouvernement de remettre en cause la démocratie locale. Il faut savoir qu'il y a moins d'augmentation de taxe d'habitation cette année que l'an dernier !

C'est la presse qui a déterré ces chiffres qui émanent, à l'origine, d'un rapport parlementaire, pas le gouvernement !

Qui les a donnés à la presse, à votre avis ? Seul Bercy les avait !

…Pour se dédouaner de ces hausses qui peuvent brouiller la promesse fiscale d'Emmanuel Macron !

D'abord, je rappelle que la suppression annoncée de la taxe d'habitation s'est faite sans aucune concertation avec les représentants des maires et intercommunalités. Ensuite, je le répète, si l'État veut faire un cadeau fiscal, il n'a pas à le faire avec les ressources fiscales des collectivités locales. Les mauvais projets entraînent de mauvais résultats.

L'État a tout de même promis de compenser à l'euro près la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français prévue d'ici 2020, afin de ne pas impacter les finances des communes et intercommunalités.

C'est vrai pour cette année. Est-ce que ce le sera dans la durée ? Permettez-moi d'avoir des doutes. Il existe un principe constitutionnel : la libre administration des collectivités territoriales. Il est donc légitime que les collectivités, à commencer par les communes, décident de lever – ou pas – l'impôt en fonction des besoins de leur population et de modernisation de leur territoire ! Dénoncer cette liberté, c'est remettre en cause cette liberté constitutionnelle.

Après la disparition de la taxe d'habitation pour 100 % des Français d'ici 2021 ou 2022, l'État envisage de transférer aux communes et intercommunalités le produit de la taxe foncière sur les propriétés bâties, ainsi qu'une partie de la taxe sur la valeur ajoutée des entreprises. N'est-ce pas une garantie du dynamisme de vos recettes ?

Nous n'en voulons pas. Le Comité des finances locales, qui rassemble toutes les strates de collectivités de tous bords politiques, a voté à l'unanimité pour une autre solution : le maintien de la compensation de la taxe d'habitation par l'État via dégrèvement, car c'est le seul moyen d'en garantir le montant dans la durée.

Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas retenu cette option du dégrèvement comme il le fait pourtant jusqu'en 2020, selon vous ?

Parce qu'il a l'intention de réduire la voilure du financement des collectivités locales après 2020 !

Bercy explique qu'il ne peut pas maintenir un dégrèvement pour un impôt qui n'existera plus…

Si, c'est possible. La vérité, c'est que cette réforme d'Emmanuel Macron était une réforme électorale démagogique qui n'avait absolument pas été étudiée. La suppression de la taxe d'habitation va coûter 26 milliards d'euros au total, peut-être un petit peu moins, si on décide de la maintenir sur les résidences secondaires. Aucun financement clair n'a été prévu en face. Elle sera donc payée par d'autres impôts par nos concitoyens, via une augmentation de CSG, par exemple.

On entend beaucoup les collectivités se plaindre de la baisse des dotations de l'État aux collectivités locales alors qu'elles restent stables, ce qui n'était pas le cas pendant le mandat de François Hollande…

C'est une évolution en trompe-l'œil. La seule chose qui est stable, c'est la dotation globale de fonctionnement. Mais il y a plein d'autres baisses de crédits pour nos territoires. Par exemple, on leur fait payer la reconstruction de Saint-Martin qui devrait être financée par la solidarité nationale, c'est-à-dire sur le budget de l'État. Certaines dotations comme la dotation à l'investissement local sont, par ailleurs, baissées. L'État diminue également le financement des contrats aidés pour 850 millions d'euros qui étaient très utiles aux services publics locaux et à la vie associative locale. Les crédits au logement social vont être amputés de 800 millions d'euros comme ceux des agences de l'eau pour plusieurs centaines de millions. Au total, ce sont plus de 2 milliards d'euros qui sont ponctionnés sur les crédits destinés aux territoires !

Vous reconnaissez donc que les contrats aidés étaient des subventions déguisées au budget des collectivités locales…

Ce n'était pas une subvention déguisée, mais un moyen d'insertion. Aujourd'hui, on a supprimé ces emplois et ça a augmenté la pauvreté.

Les maires qui ont augmenté la taxe d'habitation n'ont-ils pas profité de la baisse financée par l'État pour renflouer leurs caisses ?

Sur 35 140 maires, je ne dis pas qu'un n'a pas raisonné ainsi ! Mais l'immense majorité d'entre eux n'a pas augmenté la taxe d'habitation. D'autres l'ont fait dans des proportions très modestes, sauf pour deux exemples dans toute la France (dont Grand-Charmont, dans le Doubs qui a passé la plus grosse augmentation, de 30,20 %, NDLR). Même le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a été obligé de souligner que l'augmentation moyenne de taxe d'habitation dans les 6 000 communes concernées atteint 0,47 %, c'est-à-dire moins que l'an dernier.

Donc, les gens vont bien, dans leur ensemble, profiter de la baisse de la taxe d'habitation décidée par le gouvernement.

Mais bien sûr ! Certains pourraient seulement constater une baisse d'un peu moins de

 30 %. 28 %, 24 %...

HUFFPOST

Cet adjoint d'Anne Hidalgo craque quand il découvre les pressions qui pèsent sur des sous-traitants de la ville.

POLITIQUE - Christophe Najdovski a moyennement apprécié d'être mis en face des dures réalités qu'implique la sous-traitance du contrôle au stationnement par les journalistes d'"Envoyé Spécial". Adjoint d'Anne Hidalgo en charge des transports à la mairie de Paris, l'élu EELV a perdu ses nerfs quand il a découvert les pressions exercées sur les employés de Streeteo, entreprise en charge des infractions au stationnement payant sanctionnées par FPS (forfait post-stationnement) dans la capitale.

Course au chiffre, manipulations, pressions sur les employés pour remplir les objectifs fixés par la municipalité... Le magazine d'Elise Lucet lève le voile sur les pratiques douteuses du sous-traitant.

Alors, quand le journaliste de l'émission demande des comptes à Christophe Najdovski, ce dernier a du mal à cacher son exaspération. "On ne peut avoir l'oeil sur tout", se défend d'abord l'élu EELV, promettant que des "instances" de contrôle existent pour suivre le sort de ces employés portant les couleurs de la municipalité. Mais après avoir découvert des SMS que des employés de Streeteo ont reçu en pleine nuit pour leur reprocher leur manque de résultats, l'adjoint d'Anne Hidalgo a littéralement explosé.

"Évidemment que je peux pas être au courant de tout. Enfin merde quoi, vous faites chier!", s'est-il emporté (vidéo ci-dessous).

Des explications qui n'ont pas du tout convaincu l'élue d'opposition Danielle Simonet. "Non, vous ne pouvez ignorer que Streeteo est une entreprise de voyou ! Il faut rompre le contrat et remunicipaliser le contrôle du stationnement ", a accusé sur Twitter l'élue insoumise.

PLANETE .FR

Arnaque à la fausse facture : tout un département escroqué

Près de 800 000 euros ont été détournés par un escroc. Le département du Nord vient tout juste de découvrir le pot aux roses !

Arnaque à la fausse facture : il s’est fait passer pour un agent départemental

C’est une histoire digne d’Arsène Lupin. Dans le Nord, au mois d'août, un homme a détourné une enveloppe de 800 000 euros à la collectivité. Via des échanges téléphoniques et courriels, l’individu s'est fait passer pour un employé départemental auprès de l'entreprise de BTP, NGE, selon le 20 Minutes. Grâce aux informations qu'il a réussi à glaner, l'escroc a alors pu élaborer une fausse facture pour des travaux routiers près de Valenciennes, d'un montant de 800 000 euros.

L'arnaqueur a ensuite changé de casquette pour se faire, cette fois, passer pour le comptable de cette entreprise de BTP. Avec cette nouvelle identité, il a envoyé par mail ladite facture au service financier du département et ainsi pu obtenir le déblocage de l’argent. Ce n’est qu'en septembre dernier, lorsque NGE demande le règlement de la facture que la collectivité avait déjà payé, que l’arnaque est découverte !

Arnaque à la fausse facture : "tout était crédible"

Pour le département, c'est un coup dur. "Cette facture correspondait aux travaux effectués et aux coûts réels. Tout était crédible", raconte Jean-René Lecerf président du département du Nord à La Voix du Nord, soulignant que cette affaire n’est pas le fait de "petits malfrats" mais bien de "bandes organisées". Selon 20 minutes, l'arnaqueur serait d'ailleurs membre d'une organisation d'envergure internationale "basée en Israël".

Vent debout, l'opposition a demandé un audit du processus comptable. "Le règlement sur la facture de l’escroc a nécessité un changement de RIB", une procédure normalement "très encadré" raconte ainsi Didier Manier, conseiller départemental du Nord (PS), avant d'ajouter : "Lors de la réception de la facture, un contact direct aurait dû être pris. (…) La procédure de mandatement passe par un certain nombre de points de contrôle. Il en existe par exemple 23 au Département de Seine-Saint-Denis. Est-ce le cas dans le Nord ?" 

Une enquête à l’inspection générale des services du département a été ouverte et la brigade financière de la police judiciaire de Lille doit également faire toute la lumière sur cette affaire.

Vidéo : Attention à cette arnaque aux faux livrets bancaires !

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L’OPINION

Ce que cache la future retraite à points

Fin des régimes spéciaux, équité privé-public, mais aussi possibilité d’ajuster le système en temps réel pour assurer son équilibre financier... Si elle va jusqu’au bout, la réforme Macron constituera une remise à plat totale. Autant dire qu’elle ne passera pas comme une lettre à la poste

Signe du degré de sensibilité du sujet, le gouvernement a décidé pour la deuxième fois consécutive de décaler de quelques mois la réforme des retraites. Il s’agit de se donner du temps pour la pédagogie…

 

Et de ne dévoiler les mesures les plus sensibles qu’après les élections professionnelles de fin d’année chez les cheminots et les fonctionnaires, puis le scrutin européen de mai. La loi ne pourra donc pas être adoptée à l’été 2019, comme envisagé jusqu’ici.

La réforme des retraites, largement théorisée dans le programme du candidat Macron, est en train de prendre corps. Le Président l’a souvent répété, il veut une retraite plus juste, plus équitable, plus lisible, des principes résumés dans le slogan « un euro cotisé donne les mêmes droits » à tous, quel que soit le statut. Il veut construire un régime universel, qui doit remplacer les 42 régimes existants – dont ceux, très contestés, des cheminots ou des agents de la RATP.

 « C’est une réforme ambitieuse, qui va concerner tout le monde et qui comporte donc potentiellement un maximum de risques sociaux comme politiques », analyse Raymond Soubie, président de la société de conseil Alixio et ancien « M. Social » de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Ces risques, Emmanuel Macron semble bien décidé à les endosser. Mais la période est de moins en moins propice. « Le gouvernement a moins confiance en lui. Avant l’été, il osait tout, mais désormais, avec les mauvais retours sondagiers, on le sent plus en dedans », note Frédéric Sève, secrétaire national chargé des retraites à la CFDT.

C’est pourtant dans ce contexte que Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire aux retraites, va dévoiler mercredi aux partenaires syndicaux

Comment Emmanuel Macron joue avec les dames à la Francophonie

Le chef de l’Etat participe jeudi et vendredi au sommet des dirigeants de l’OIF à Erevan avec l’ambition de relancer l’organisation

L’Arménie accueille, les 11 et 12 octobre 2018, le 17e sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sur le thème du « Vivre ensemble ».

Une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus pour cet évènement qui devrait désigner une nouvelle secrétaire générale. Emmanuel Macron y plaidera en faveur du multilatéralisme et pour une francophonie plus portée vers la jeunesse, le numérique, l’économie, la promotion de la langue et de la culture.

A la Francophonie, Emmanuel Macron use d’un savant art de la politique pour placer ses dames, quitte parfois à les mettre dans l’embarras. Deux mois après son arrivée au pouvoir, le 31 juillet 2017, il reçoit à l’Elysée Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’OIF (francophonie). « Le chef de l’Etat s’est rendu compte qu’elle ne correspondait pas à la personne qu’il cherchait pour le job », se souvient l’un des proches du président. Très vite, les cellules diplomatiques de l’Elysée et du Quai d’Orsay se mettent en quête d’un remplaçant(e). Le nom de Louise Mukishiwabo sort rapidement du lot parmi les candidatures. Double avantage : cette candidature permet de coller à l’ambitieux agenda de réformes que porte le Rwanda en Afrique (numérique, éducation, économie...) et de remettre l’Afrique au cœur de l’OIF tout en se débarrassant des oripeaux de la Françafrique. Moussa Faki, président de la Commission de l’Union africaine, est alors sollicitée pour vendre cette candidature au continent. Et, selon Jeune Afrique, des personnalités comme Maurice Levy, ex-patron de Publicis, sont chargées de convaincre un Paul Kagamé, assez surpris par une telle initiative.

Ces dernières semaines, l’Élysée a envoyé des émissaires pour faire du lobbying dans les présidences

LE PARISIEN

Les dérives d’un prof de maths avec ses élèves

Mis en examen pour corruption de mineurs, agression sexuelle et non dénonciation de crime, William S., prof dans un lycée privé hors contrat du XVIe arrondissement de Paris, imposait à ses élèves des relations malsaines.

William S. n’a aucun doute : c’était le meilleur enseignant du lycée. Professeur de mathématiques à Ipecom, un lycée privé hors contrat du très chic XVIe arrondissement parisien, il se vante d’avoir développé avec ses élèves filles des « relations privilégiées », n’hésitant pas à boire des verres, aller au restaurant ou même en boîte de nuit avec certaines d’entre elles.

« Je les écoute, je les conseille, je leur remonte le moral, j’essaye de les motiver », invoque cet homme lors de sa garde à vue, justifiant cette proximité par sa présence dans « un lycée pour enfants précoces ». « C’est comme une relation de grand frère », ajoute-t-il.

En fait de relations privilégiées, la trentaine d’élèves (actuelles ou anciennes) entendues par les policiers du commissariat du XVIe décrivent un homme « malsain », « manipulateur », « dragueur » et multipliant les allusions sexuelles en classe. En mars dernier, ce père de famille de 48 ans, qui enseignait depuis une quinzaine d’années à Ipecom avant d’être licencié, a été mis en examen pour corruption de mineur, agression sexuelle et non dénonciation de crime. Certains faits présumés remonteraient à 2015. William S. a été placé sous contrôle judiciaire.

 

Des « conseils » assumés par le professeur

C’est en enquêtant sur une affaire de tentative de viol entre lycéens que les policiers remontent jusqu’à William S. En janvier, une adolescente de 16 ans porte plainte contre son petit ami qui a tenté de lui imposer une relation non consentie. Un autre adolescent, Maxime*, élève à Ipecom, a assisté à cette scène humiliante qui a été filmée et largement diffusée au lycée. Fin janvier, les deux garçons sont interpellés. En exploitant leur téléphone, les enquêteurs découvrent un SMS troublant envoyé par Maxime à son comparse : « Ne t’inquiète pas j’ai discuter (sic) avec mon prof de math, on ne risque rien, elle ne parlera pas car elle aura peur que ses parents voient la vidéo. »

Les policiers du XVIe décident alors de s’intéresser à ce curieux enseignant. Le 25 janvier, il est interpellé dans l’enceinte du lycée. En garde à vue, le professeur ne semble pas prendre la mesure des faits qui lui sont reprochés, qu’il nie dans leur globalité. A travers ses auditions, on découvre un homme incapable de respecter la distance nécessaire entre un enseignant et ses élèves.

 « Je veux dire qu’elle est moche»

S’il explique ne pas avoir vu la fameuse vidéo dégradante – c’est le volet non-dénonciation de crime de l’enquête –, il assume parfaitement les « conseils » prodigués à Maxime. « Pour moi, il n’y avait aucun crime dans ce qu’il faisait, pour moi, le seul truc, c’est qu’ils aient publié la vidéo », explique-t-il, réfutant la moindre erreur.

L’enquête va ainsi démontrer que William S. entretient avec Maxime une relation pour le moins inadéquate. « On discute, on échange un peu sur tout. Les filles, c’est son domaine. [Maxime] a besoin de plaire […] », explique-t-il. Un jour, il lui explique qu’il « s’amuserait mieux » avec telle fille plutôt qu’avec une autre. « Quand vous dites : Y je ne la touche même pas avec une canne, vous voulez dire quoi ? » relance l’enquêteur stupéfait. « Je veux dire qu’elle est moche », répond sans ambages le prof de maths.

 « Il demandait des photos de moi toute nue »

Mais c’est surtout avec ses élèves filles, avec lesquelles il échange quantité de messages via des applications mobiles, que les relations sont les plus inappropriées. « Il a toujours des propos en rapport avec le sexe, on a l’impression que c’est un obsédé, témoigne une ancienne lycéenne. Il fait toujours des allusions. Il me parlait des culs des filles de la classe, qu’elles soient majeures ou mineures […] Parfois il faisait des allusions devant toute la classe sur la taille de mes seins. » Une autre, qui a porté plainte, s’épanche : « Il demandait des photos de moi toute nue. Il m’a envoyé une photo de son sexe en disant Tiens je t’en envoie une. C’était pour me montrer que ce n’était pas compliqué et pour m’inciter à faire des photos de moi nue ? »

Devant les enquêteurs, l’enseignant minimise les faits. Souvent, il ne se souvient plus s’il a effectivement quémandé des photos inconvenantes. Même s’il admet avoir eu des relations sexuelles avec deux anciennes élèves, majeures au moment des faits, il nie catégoriquement toute corruption de mineur, plaidant la mauvaise interprétation, voire la théorie du complot.

« Tout l’enjeu du dossier sera de faire le tri entre ce qui relève de la morale et de l’infraction pénale », relève un de ses proches. Contactée, son avocate n’a pas souhaité s’exprimer.

La directrice du lycée, où la réputation de William S. était manifestement un secret de polichinelle parmi les élèves, n’a pas donné suite à nos appels. Devant les enquêteurs, elle s’est dit « sidérée ».

MARGOT, VICTIME PRÉSUMÉE : « Il s’attaquait à des élèves vulnérables »

Margot* a mis du temps à réaliser qu’elle était une victime potentielle de son ancien professeur. « La situation était compliquée, admet cette jeune fille de 20 ans qui s’est constituée partie civile. Monsieur S. m’a draguée et j’étais flattée par les efforts qu’il faisait pour moi. Il a notamment mis tout son poids pour obtenir mon passage en Terminale S l’an dernier. Il avait du pouvoir et, en même temps, il m’intimidait. »

La jeune fille, désormais scolarisée dans un autre établissement après avoir raté son bac, décrit un processus habile de conditionnement : « Il s’attaque souvent à des élèves vulnérables et naïves, ce qui était mon cas à l’époque. Il y va très progressivement. Il se montre d’abord compréhensif, à l’écoute et, quand il a gagné votre confiance, un jeu de séduction s’installe. Vous êtes sous emprise et il vous teste pour voir jusqu’où vous êtes prête à aller. »

Pendant de longs mois, Margot et William S. s’échangent quantité de messages. « Il me faisait des compliments sur mon physique, j’avais l’impression de me sentir unique. Je suis rentrée dans le jeu », développe la lycéenne. Puis les échanges deviennent de plus en plus crus. « Il était extrêmement intrusif. Il posait des questions sur ma vie sexuelle ou celle de mes amies, poursuit-elle. Un jour, pendant un cours particulier, il m’a dit qu’il pensait que j’étais une fille qui ne se masturbait pas. » L’adolescente découvre aussi qu’elle n’est pas la seule à entretenir un tel lien avec son prof : « On en parlait entre filles, il y avait même une certaine concurrence… »

Après l’interpellation de William S., Margot s’attendait à être contactée par les enquêteurs. Il lui a fallu encore plusieurs mois pour porter plainte. En revanche, elle déplore l’attitude de la direction du lycée qui n’a jamais pris de ses nouvelles. « Nous sommes scandalisés que ce professeur ait pu agir aussi longtemps, appuient Mes Bernard Benaiem et Caroline Wassermann, les avocats de Margot et de son petit ami. Nous nous interrogeons sur l’aveuglement de la direction du lycée. »

 

*Les prénoms des élèves ont été modifiés

PARIS MATCH

Alain Duhamel : "Macron fait de l'imprudence un risque assumé"

Alain Duhamel a connu ses huit présidents et chroniqué six décennies de vie politique, dont onze campagnes présidentielles. Pour Paris Match, il fait ses tops et ses flops de la Ve République.

Paris Match. On célèbre le 60e anniversaire de la Ve République. Quel est le secret de sa longévité ?

Alain Duhamel. Elle est la première Constitution thérapeutique de l’histoire de France. Cette Constitution est la quinzième en deux siècles. La France détient le record d’Europe – et du monde – de l’instabilité constitutionnelle. On a tout rejeté : la monarchie absolue et la monarchie constitutionnelle, l’empire autoritaire et l’empire libéral, la République parlementaire et le régime d’assemblées. Cette Constitution tient grâce à la prééminence de l’exécutif sur le législatif. Une idée du général de Gaulle, déjà au cœur de son discours de Bayeux, en 1946.

Alain Duhamel : "Macron fait de l'imprudence un risque assumé"

Le 4 octobre 2018, au Conseil constitutionnel. Le président Macron et deux de ses prédécesseurs : Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy. Le 4 octobre 2018, au Conseil constitutionnel. Le président Macron et deux de ses prédécesseurs : Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy.

A connu ses huit présidents et chroniqué six décennies de vie politique, dont onze campagnes présidentielles. Pour Paris Match, il fait ses tops et ses flops de la Ve République.

Paris Match. On célèbre le 60e anniversaire de la Ve République. Quel est le secret de sa longévité ?

Alain Duhamel. Elle est la première Constitution thérapeutique de l’histoire de France. Cette Constitution est la quinzième en deux siècles. La France détient le record d’Europe – et du monde – de l’instabilité constitutionnelle. On a tout rejeté : la monarchie absolue et la monarchie constitutionnelle, l’empire autoritaire et l’empire libéral, la République parlementaire et le régime d’assemblées. Cette Constitution tient grâce à la prééminence de l’exécutif sur le législatif. Une idée du général de Gaulle, déjà au cœur de son discours de Bayeux, en 1946.

Opposé à la IVe République, le Général a tout de suite compris, quand il est revenu au pouvoir, qu’on ne pourrait pas régler la question de la guerre d’Algérie sans changer de Constitution. Il avait la certitude que l’autorité de la République devait être incarnée par le chef de l’Etat. La Ve devait lutter contre les maladies politiques des Constitutions précédentes : l’instabilité, l’impuissance et les divisions. Et il a choisi délibérément le mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours, qui permet de former des majorités parlementaires plus facilement, plutôt que de conserver la proportionnelle, qui favorise l’émiettement. Le Général s’est présenté en chirurgien constitutionnel.

Est-ce grâce à sa souplesse que cette Constitution [modifiée 24 fois] a fini par faire consensus ?

Pas seulement. La Ve résiste à l’épreuve du temps et des circonstances parce qu’elle repose à la fois sur la force et sur la souplesse. La force, ce sont les moyens dont dispose le président de la République. Aucun autre chef d’Etat démocratique au monde, même le président américain, ne dispose dans son pays de moyens constitutionnels aussi puissants. Mais aussi la souplesse : ce qui est extraordinaire avec ces institutions, et c’est pour cela que je les bénis, c’est qu’elles se sont adaptées sans la moindre difficulté. D’abord à la grande alternance de 1981 – et Dieu sait si l’on avait annoncé que ça ne marcherait pas ! – et même à la majorité relative, sous le gouvernement Rocard.

Les Français se sont attachés à la fonction présidentielle…

Absolument. Il faut dire aussi que l’histoire de la Ve République est celle d’un renforcement continu de l’autorité présidentielle. De révision en révision, la pente a été celle de la présidentialisation du régime. D’abord en 1962, avec l’élection du président au suffrage universel direct. Puis en 1981, avec l’élection de François Mitterrand, son plus féroce procureur, qui l’a intégralement repris. D’une certaine façon, et c’est presque comique, Mitterrand va devenir le deuxième père de la Ve en offrant aux institutions la bénédiction de la gauche. Enfin, il y a eu le référendum de 2000, c’est-à-dire le quinquennat complété l’année suivante par le rétablissement du calendrier plaçant les législatives dans le sillage de la présidentielle.

Une 25e révision constitutionnelle est en cours. Bloquée pour l’instant à l’Assemblée nationale, est-elle indispensable ?

D’abord, il y a un engagement d’Emmanuel Macron de diminuer le nombre de députés et d’introduire une dose de proportionnelle. Il a les moyens de les faire adopter. Je crois qu’il y parviendra. Je pense depuis longtemps qu’une petite dose de proportionnelle est une bonne chose, parce que la sous-représentation du Rassemblement national et de La France insoumise est une anomalie. Quant à la réduction du nombre de parlementaires, elle a sa cohérence car elle va de pair avec l’interdiction du cumul des mandats. Chaque parlementaire va avoir un poids nettement accru. Cela implique qu’on leur donne des moyens supplémentaires.

Les Français tiennent-ils enfin la Constitution qui correspond le mieux à leur tempérament ?

C’est exactement ça. De Gaulle l’a imaginée en fonction du tempérament politique des Français. Depuis 1981, tout pouvoir exécutif sortant a été battu. La seule nuance, c’est Sarkozy succédant à Chirac. Cela aurait été une instabilité épouvantable s’il n’y avait pas eu les institutions de la Ve pour sauvegarder la continuité du pouvoir.

Le quinquennat est une adaptation à l’accélération du temps.

Les souhaits de VIe République semblent retombés…

Il y a dix ans, ils étaient plus forts. Entre Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, il y avait à la gauche de la gauche un appétit de parlementarisation. L’idée était populaire aussi chez les écologistes. Près de 25 % des Français y étaient favorables. Aujourd’hui, c’est résiduel.

Le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral ont-ils tué l’esprit de la Ve ?

Non. Je crois au contraire que la logique a été poussée jusqu’au bout. Le quinquennat est un pas de plus vers la présidentialisation. La marge personnelle du Premier ministre a nettement diminué. Il est le premier exécutant du président. Avec le quinquennat et le calendrier législatif, on a toutes les chances que la majorité parlementaire soit l’extension de la majorité présidentielle.

Supprimons donc le poste de Premier ministre comme le suggère François Hollande…

Je ne suis pas tellement pour la suppression du Premier ministre. On est un peuple tellement passionné, tellement instable que le système doit avoir le maximum de capacités d’adaptation. Un Premier ministre responsable devant l’Assemblée et un droit de dissolution pour le président de la République sont deux amortisseurs en cas de difficultés, comme en mai 1968 ou en novembre 1995.

Nicolas Sarkozy, François Hollande et maintenant Emmanuel Macron ont vite été rattrapés par l’impopularité. Pourquoi la Ve dévore-t-elle ses présidents ?

La raison numéro un, c’est la durée de la crise économique et sociale. Cette impopularité correspond exactement avec l’enracinement de la crise, sous Valéry Giscard d’Estaing. Il a été populaire jusqu’à ce que les gens mesurent les effets de l’augmentation du chômage. Ensuite, tout président a été contesté au bout de douze à dix-huit mois. Malgré les alternances, les Français ont le sentiment que les choses ne s’améliorent jamais. C’est parfois injuste. Finalement, la force et le succès de la Constitution permettent au pouvoir de résister à la déception et, parfois même, à la colère.

Le temps utile pour présider semble de plus en plus court. Faut-il revenir au septennat ?

L’idée du septennat unique est séduisante. L’inconvénient, c’est qu’il y aura forcément des élections législatives et que le président perdra, compte tenu de son impopularité. Ce septennat unique est donc un leurre, car on reviendra inévitablement à la cohabitation.

Avec le quinquennat, le président semble en campagne permanente…

Non, il n’est pas en campagne permanente, il est la cible permanente. Le quinquennat est une adaptation à l’accélération du temps. Aujourd’hui, gouverner est devenu une gageure. Au bout d’un an, soit on renonce à être courageux pour se faire réélire, soit on est courageux en sachant que diminuent, à chaque réforme, les chances de se faire réélire. Le dilemme n’est pas agréable. S’y ajoute la crise de la société politique : rejet des hommes politiques, hémorragie des militants dans les partis, démission des maires dans des proportions très inquiétantes et pression quotidienne des réseaux sociaux, de l’information continue qui crée au jour le jour une dramaturgie mettant en accusation le pouvoir. Cela peut prendre des proportions démesurées et absurdes, comme l’affaire Benalla qui est le contraire d’une affaire d’Etat.

Sur le plan institutionnel, Macron n’est pas au niveau du Général. En politique étrangère, il se met en revanche dans son sillage

Dans sa tentative de représidentialisation de la fonction, Emmanuel Macron est-il tombé dans le piège de la dérive monarchique ?

Il a le goût de l’autorité et la certitude que le président ne peut gouverner qu’à condition de mener les réformes au pas de charge, quoi qu’il en coûte en termes de popularité. C’est une façon de “regaulliser” au maximum. Le problème, c’est que Macron n’est ni l’homme du 18 juin 1940 ni celui du 4 octobre 1958. De Gaulle a relevé deux fois la France. Cela lui donnait une marge d’autonomie par rapport aux autres.

Dans la pratique de la Ve, quel trait dominant attribuez-vous à chacun des huit présidents ?

De Gaulle, c’est le prestige. Pompidou, l’ambition industrielle. Giscard, la modernisation de la société. Mitterrand, la tentative du socialisme. Chirac, disons, le bon républicain. Sarkozy, l’énergie. Hollande – le seul à ne s’en être jamais pris à l’information ni à la justice –, l’esprit démocratique. Macron, l’audace.

Emmanuel Macron tente de mettre ses pas dans ceux du général de Gaulle. Le parallèle est-il pertinent ?

Non. Sur le plan institutionnel, Macron n’est pas au niveau du Général. En politique étrangère, il se met en revanche dans son sillage. Sa façon de se poser en contradicteur du président des Etats-Unis et de privilégier l’autonomie de la France au sein du camp occidental relève vraiment de la tradition gaullienne.

De quel président se rapproche-t-il le plus ?

D’aucun. C’est un prototype. Macron inaugure une présidence qui cherche à réformer une société en pleine crise et, en même temps, s’astreint à supporter l’instantanéité des contestations. Il commet des erreurs, en particulier celle de se montrer cassant et distant avec les corps intermédiaires, des syndicats aux élus locaux.

Jospin est le seul homme de gauche à avoir gouverné cinq ans dans l’histoire

Macron serait-il un Sarkozy qui ose ?

Nicolas Sarkozy a eu la malchance d’être confronté à trois crises : bancaire, financière, puis monétaire. Ça fait beaucoup. Il a été un président dynamique. Emmanuel Macron est un président audacieux et parfois téméraire. C’est le président le plus réformateur depuis de Gaulle.

Plus réformateur que Giscard ?

Oui, parce que Giscard a beaucoup modernisé la société en bien. Son septennat est celui qui mérite le plus d’être revalorisé historiquement. Mais en matière économique et sociale, il a été plus prudent. Macron fait de l’imprudence un risque assumé. On voit bien que, malgré son impopularité actuelle, il ne ralentit pas le rythme des réformes.

Quel Premier ministre, parmi les 22 qui ont occupé la fonction, a le mieux trouvé sa place ?

Jospin, et pas seulement grâce à la cohabitation. Il est le seul homme de gauche à avoir gouverné cinq ans dans l’histoire.

Quelle est votre personnalité préférée de la Ve ?

Raymond Barre.

La moins aimée ?

Dominique de Villepin.

La plus surcotée ?

Philippe Séguin ou Jean-Pierre Chevènement.

La plus sous-cotée ?

Lionel Jospin.

Celle que vous avez admirée en secret ?

Le général de Gaulle, car je n’étais pas gaulliste.

La plus prestigieuse ?

De Gaulle.

 « Journal d’un observateur », d’Alain Duhamel, éd. L’Observatoire. Alain Duhamel a connu ses huit présidents et chroniqué six décennies de vie politique, dont onze campagnes présidentielles.

MARIANNE

Immigration, le débat qui gêne la gauche

Les uns font du sans-frontiérisme le cœur des valeurs de gauche, les autres parlent régulation et luttent contre le dumping social pour conserver le lien avec les classes populaires. Et Jean-Luc Mélenchon joue les équilibristes.

Ces derniers temps, le moyen le plus facile de provoquer une rixe entre deux militants de gauche consiste à leur parler… d'immigration.

Longtemps consensuel à la gauche du PS, le sujet envenime depuis début septembre

Le débat entre les partis hostiles au néolibéralisme. Le 2 octobre, la discorde s'est même invitée à la réunion du groupe parlementaire de La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, où Clémentine Autain a passé un moment difficile. « Elle s'est faite sévèrement recadrer », relate un cadre du mouvement. En cause, un appel lancé, le 26 septembre, par trois médias -Politis, Mediapart et Regards, dont la députée de Seine-Saint-Denis est codirectrice de la publication - « pour l'accueil des migrants ». Ce plaidoyer pour un accueil large de tous les immigrés a, en effet, mis en lumière les positionnements contradictoires au sein de LFI. Les désaccords qui subsistent parmi ses cadres renforcent une impression de flottement, alors qu'un semblant de front de la gauche « non mélenchoniste » est en train de germer en vue des élections européennes de mai 2019.

 « Le moment peut être inconfortable », a d'ailleurs reconnu Jean-Luc Mélenchon dans un billet de blog du 29 septembre, où il accuse « la direction du PCF, le NPA et autres » de tenter de diaboliser sa position. Tout a commencé en Allemagne, cet été, avec Sahra Wagenknecht, coprésidente du groupe parlementaire de Die Linke, un parti de gauche radicale allié à La France insoumise. Le 4 août, elle dévoile la plate-forme d'un nouveau mouvement politique intitulé Aufstehen. L'originalité de son discours ? Un attachement revendiqué aux frontières, afin de limiter l'immigration dans son pays et redonner aux classes populaires le goût de la gauche.

20 MINUTES

« Les premiers de cordée » vantés par Emmanuel Macron ont-ils tiré les autres vers le haut?

CROISSANCE La politique fiscale du gouvernement est questionnée sur sa capacité à réduire les inégalités…

Emmanuel Macron a vanté à plusieurs reprises la bonne santé des « premiers de cordée » comme une condition nécessaire à la réussite du pays.

Les allégements fiscaux en faveur des ménages les plus aisés traduisent cette philosophie.

Certains experts sont critiques sur la capacité de cette politique à créer une société plus juste.

Le gouvernement doit attendre la semaine prochaine avec impatience. En plus du remaniement qui n’en finit pas, une série d’indicateurs et de rapports sont venus questionner la politique menée contre les inégalités. Mardi, l’Insee annonçait que le taux de pauvreté en 2017 était resté stable (autour de 14 % de la population), notamment en raison de mesures défavorables aux ménages modestes, comme la baisse des 5 euros d’APL.

Ce jeudi, c’est au tour de l’Observatoire des inégalités de publier un rapport sur l’état de la pauvreté en France. « L’élitisme social français laisse trop de concitoyens sur le bord de la route, alors que la République leur promet monts et merveilles. Ceux qui pensent qu’on en fait trop, que l’on doit s’extasier sur une poignée de ''premiers de cordées'', doivent l’assumer clairement », assènent les auteurs, reprenant une expression d’Emmanuel Macron.

Cailloux et alpinisme

Le 15 octobre 2017, en pleine explication de sa politique fiscale, le chef de l’État avait lâché ces quelques phrases : « Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent. Et il ne faut pas être jaloux d’eux (…). Je ne crois pas au ruissellement, je crois à la cordée (…) Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole (..) Je veux qu’il y ait des hommes et des femmes qui réussissent pour tirer les autres (…) Ils doivent aussi s’engager dans la société, en créant de l’emploi, de l’activité. »

La métaphore alpine de la cordée venait étayer l’argumentaire du chef de l’État à propos de deux mesures d’allègement fiscal : la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF, remplacé par un impôt sur l’immobilier), et la création de la « flat-tax ». Ce prélèvement forfaitaire sur les revenus du capital (plus-values, dividendes) était censé « libérer du capital pour l’économie française », selon les propres mots de Bruno Le Maire, bénéficier à l’investissement des PME, et alimenter la croissance de l’économie française.

Un an plus tard, les « premiers de cordée » ont-ils joué leur rôle ? Les économistes sont loin de s’accorder sur ce point. Prenons la « flat-tax » : la semaine dernière, Les Echos révèlait qu’elle a incité les entrepreneurs… à se verser plus de dividendes. Selon le quotidien économique, Bercy anticipe « un scénario de rattrapage sur plusieurs années des bénéfices non distribués depuis 2014 ».

Pour Rayan Nezzar, qui enseigne l’économie à Paris-Dauphine, ce n’est pas un mauvais signal. « Le niveau des dividendes revient à celui d’avant-crise, c’est un signe de reprise économique. Par ailleurs, on ne peut pas juger, au bout de quelques mois seulement, l’effet d’une mesure fiscale. Si vous n’avez pas d’abord la confiance des investisseurs et une vision claire, vous ne pouvez rien bâtir », explique celui qui a participé à l’élaboration du programme économique d’Emmanuel Macron.

Même raisonnement pour Éric Pichet, professeur à Kedge Business School. « Nous étions le seul pays riche à imposer les valeurs mobilières au barème, jusqu’à un taux de 65 %, argumente-t-il. Nous sommes désormais dans la moyenne. Avant d’investir, les particuliers veulent être sûrs que l’imposition sera stable et raisonnable. » Bref, il suffirait d’attendre, et l’argent devrait emprunter la route voulue par le gouvernement.

L’investissement déjà élevé

Mais certains experts émettent de sérieux doutes sur un tel raisonnement. Dans une note publiée fin septembre, la Fondation Jean-Jaurès estime que loin de favoriser l’investissement, la politique fiscale du gouvernement envers les « premiers de cordée » risque surtout de ne déboucher sur aucune contrepartie, et de creuser les inégalités.

Pour les économistes de ce think-tank classé à gauche, la réforme de la fiscalité ne mènera pas à un accroissement significatif de l’épargne, censée alimenter l’investissement. « Si les ménages concernés épargnaient intégralement les réductions d’impôt, cette réforme engendrerait 4,5 milliards d’euros d’épargne supplémentaire. Il s’agirait d’un surcroît d’épargne (0,3 point) relativement modeste au regard des fluctuations habituelles du taux d’épargne », note la Fondation Jean-Jaurès. Par ailleurs, l’étude remarque aussi que le taux d’investissement en France est élevé et que « les entreprises françaises (…) ne souffrent pas de problème de financement ».

Dernier point problématique : les auteurs remarquent que « tous les placements financiers sont favorisés par la réforme, et pas seulement ceux qui sont destinés au renforcement des fonds propres des entreprises ». Autrement dit, ceux qui détiennent des obligations ou de l’or sont aussi avantagés que ceux qui veulent investir dans les PME.

Un pari gagnant ?

Pour Eric Pichet, il faut regarder hors des frontières de l’Hexagone pour comprendre la politique menée par le gouvernement : « La stratégie d’Emmanuel Macron va porter ses fruits à moyen et long terme car c’est une stratégie de compétitivité fiscale internationale. » Le chef de l’État n’avait pas dit autre chose lors de son discours au Forum économique mondial de Davos, en janvier 2018 : « Il faut rendre la France plus compétitive, plus novatrice pour pouvoir financer justement un système juste. »

Le président fait donc le pari, qu’à terme, sa politique réduira les inégalités. Il a d’ailleurs promis d’en faire « sa priorité » lorsque la France prendra la tête du G7 en 2019. Un objectif mis en doute par Oxfam. Dans son rapport, l’ONG note que si la France a encore un « filet de sécurité solide » qui permet de combattre les inégalités, « la protection sociale universelle et les retraites sont régulièrement remises en cause (…) La France pourrait ainsi dégringoler dans le classement relatif aux dépenses sociales ».

HUFFPOST

Jamal Khashoggi : Menaces diplomatiques, enquête, enregistrements... le point sur la disparition du journaliste

Pendant que l'Arabie saoudite dément avoir tué ce journaliste dissident, l'affaire devient mondiale et pourrait avoir de sérieuses conséquences.

Dissident, l'affaire devient mondiale et pourrait avoir de sérieuses conséquences.

Menaces diplomatiques, hypothèses... le point sur la disparition de Khashoggi.

INTERNATIONAL - Digne d'un polar, cette affaire tragique a provoqué une onde de choc à l'échelle internationale. La disparition mystérieuse de Jamal Khashoggi, journaliste dissident originaire d'Arabie saoudite, a obligé les États-Unis à hausser le ton contre Ryad, accusée par le pouvoir turc d'avoir assassiné cet homme gênant pour le pouvoir saoudien.

Donald Trump, qui a plusieurs fois montré à l'international sa capacité à aller très loin dans la menace, a envisagé ce samedi 13 octobre un "châtiment terrible" contre son alliée, s'il était prouvé que l'Arabie saoudite était responsable de la mort du journaliste, comme l'écrivent de nombreux journalistes abreuvés par les services de renseignement turcs, depuis plusieurs jours.

Dans la presse turque et internationale, les détails les plus glauques sur l'exécution présumée du dissident ont été mis à jour, et l'agence de presse Reuters a relayé l'hypothèse selon laquelle l'Apple Watch de Jamal Khashoggi aurait permis au défunt d'enregistrer son exécution. Alors que plusieurs versions s'affrontent et que Ryad continue de nier farouchement, Le HuffPost revient point par point sur cette affaire, qui pourrait avoir de sérieuses répercussions diplomatiques.

Qui est Jamal Khashoggi?

Jamal Khashoggi est un journaliste saoudien chevronné, critique envers la politique de son pays. Depuis plus d'un an, il avait choisi l'exil et s'était installé à Washington, en raison de la "répression insupportable" dont il faisait l'objet chez lui. C'est notamment depuis la capitale des États-Unis qu'il continuait à décrypter dans les colonnes du Washington Post les turpitudes de son pays d'origine. Alors de passage en Turquie pour des raisons administratives, Jamal Khashoggi disparaît mystérieusement le 2 octobre à Istanbul, date à laquelle il s'est rendu au consulat d'Arabie saoudite. Le pouvoir turc, au sein duquel le journaliste comptait pas mal de relations, affirme qu'il n'en est jamais ressorti, et donc, qu'il y a été exécuté. De son côté, Ryad jure qu'il a bien quitté les lieux, et qu'il a disparu après.

Journal de Paris

Benjamin Griveaux : « Je ne crois pas à Europa City »

Grand Paris Tourisme

Le porte-parole du gouvernement s’est déclaré, jeudi 11 octobre 2018 « à titre personnel », « très sceptique » sur la pertinence du modèle d’Europa City. Devant plusieurs centaines de dirigeants d’entreprises, réunis à l’invitation des Medef Paris, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, Benjamin Griveaux s’est exprimé également sur les mobilités alternatives et l’ouverture du commerce le dimanche

MEDIAPART

Anne Hidalgo ouvre la mairie de Paris aux SDF

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, annonce la création de places d'hébergement dans la capitale pour les sans-abris, notamment au sein de l'Hôtel de Ville qui accueillera cinquante à cent femmes à compter de fin novembre.

PARIS (Reuters) - La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, annonce la création de places d'hébergement dans la capitale pour les sans-abris, notamment au sein de l'Hôtel de Ville qui accueillera cinquante à cent femmes à compter de fin novembre.

LES ECHOS

LE GRAND PARIS EXPRESS SÉDUIT LES INVESTISSEURS POUR SA PREMIÈRE OBLIGATION VERTE

Grand Paris Express Tunnelier SGP

La Société du Grand Paris (SGP) chargée du projet de supermétro francilien, a levé 1,75 milliard d'euros pour sa première émission d'obligations vertes à 10 ans.

La demande des investisseurs a été deux fois plus forte. La SGP pourrait émettre jusqu'à 35 milliards d'euros pour financer ce colossal chantier.

Désengorger la capitale et son métro, faciliter les transports de banlieue à banlieue et réduire le trafic auto en Île-de-France : une telle mission ne pouvait que séduire les investisseurs intéressés par les projets de développement durable. La Société du Grand Paris (SGP), qui pilote le déploiement et le financement du Grand Paris Express, le futur supermétro francilien, a annoncé jeudi 11 octobre avoir réussi sa première émission d'obligations vertes, à 10 ans, pour un montant de 1,75 milliard d'euros.

Les fonds levés « serviront exclusivement au financement du métro automatique du Grand Paris Express », précisent la SGP et ses banques dans un communiqué. Chantier colossal dont le coût dépassera les 35 milliards d'euros, le futur métro, entièrement électrique, doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 27 millions de tonnes d'ici à 2050, promet l'établissement public dans sa présentation aux investisseurs.

 « La première émission inaugurale de la Société du Grand Paris, plus importante émission verte d'une agence française, est une grande réussite. Elle a en effet suscité un intérêt deux fois supérieur au montant émis, témoignant ainsi de l'intérêt des investisseurs, notamment internationaux, pour le Grand Paris Express » s'est félicité Thierry Dallard, le président du directoire de la Société du Grand Paris, cité dans le communiqué.

Premier émetteur 100% vert

Ces "green bonds" constituent la première tranche d'un programme de "Green Euro Medium Term Notes" (EMTN), d'un montant de 5 milliards d'euros, qui permet à l'émetteur de revenir sur le marché sans la contrainte de republier à chaque fois toute la documentation nécessaire. Ces obligations vertes qui suivent le cadre des Green Bond Principles, ont bénéficié d'une certification de la Climate Bond Initiative et d'un avis externe de Sustainalytics. Surtout, elles feront l'objet d'un rapport de suivi annuel.

 « La Société du Grand Paris sera un émetteur régulier sur les marchés obligataires, de l'ordre de 3 milliards d'euros par an. Nous prévoyons de n'émettre que des green bonds, nous sommes le premier émetteur au monde à mettre en place un programme d'emprunt 100% vert. Notre programme sera au fur et à mesure augmenté pour atteindre 35 milliards d'euros en 2030 » nous confie Vincent Gaillard, le directeur financier de la SGP.

La SGP bénéficie d'une très bonne note de crédit (Aa2/Prime 1 chez Moodys) du fait de son statut d'Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

"Un niveau de demande exceptionnel"

L'opération a été menée par six banques, BNP Paribas étant coordinateur global, co-chef de file de l'obligation verte et arrangeur du programme Green Euro Medium Term Note, avec Crédit Agricole en co-chef de file, coordinateur global et conseiller en structuration, au côté de Barclays, HSBC, Natixis et SG CIB. Le livre d'ordres a été clos mercredi à la mi-journée avec « plus de 3,6 milliards d'euros de demande. »

 « Cette première obligation verte a bénéficié d'un niveau de demande exceptionnel composé de plus de 150 investisseurs de référence » soulignent la SGP et les banques dans leur communiqué commun.

Les titres ont été distribués à 49% à des investisseurs français, suivis de néerlandais, et de scandinaves, principalement auprès d'assureurs et de fonds de pension, de banques privées et de gestionnaires d'actifs.

SGP obligation verte Grand Paris Express distribution

 [Distribution de l'obligation verte de la SGP par profil et origine des investisseurs. Crédits : SGP/ banques]

Le 28 septembre, la Société du Grand Paris avait annoncé un contrat de financement de 500 millions d'euros signé avec la Banque européenne d'investissement (BEI), destiné à la construction de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express, et portant à 2,5 milliards d'euros l'engagement total de la BEI. La SGP a également un programme d'émissions monétaires de titres négociables à court terme (NeuCP), d'un montant de 3 milliards d'euros.

JOURNAL DE PARIS

Pour Philippe de Villiers, "Edouard Philippe sait que Macron est cuit"

Le patron du Puy du Fou, Philippe de Villiers, mise désormais davantage sur Edouard Philippe que sur Emmanuel Macron.

Déçu par son "ami" Emmanuel Macron, Philippe de Villiers en est sûr, le chef de l'État ne sera pas au second tour de l'élection présidentielle de 2022, empêché par un autre candidat : Édouard Philippe.

En privé, le patron du Puy du Fou tresse des lauriers au Premier ministre : "Il est bon, intelligent, il sait prendre de la hauteur", et surtout, complète-t-il, "il sait que Macron est cuit". Philippe de Villiers, qui a reçu à plusieurs reprises Emmanuel Macron en Vendée, a dit vendredi être "très déçu" par le chef de l'Etat, l'enjoignant de "se reprendre" et de "regarder le choc identitaire" s'il veut être réélu.

Evoquant le clivage entre "nationalistes" et "progressistes" mis en avant par Emmanuel Macron, Philippe de Villiers, qui n'a plus de mandat politique, a estimé sur Europe 1 que le Premier ministre hongrois national-conservateur Viktor Orban ou le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini étaient "du côté du bon sens et du peuple". Pour un "progressiste", un "populiste c'est quelqu'un qui n'a pas les mêmes idées mais engrange plus de voix que lui", selon l'ancien député conservateur.

"Je ne reconnais plus Emmanuel Macron", a cinglé Philippe De Villiers

"On a eu des conversations importantes sur des sujets lourds à l'époque, la fonction présidentielle, symbolique, la verticalité régalienne, 'habitez le corps du roi', lui disais-je au sens des légistes du Moyen-Age. Et puis je lui ai dit 'attention, il y a un danger de désintégration et la France peut mourir', et à chaque fois il se tournait vers sa femme, Brigitte, et il disait 'il a raison'", a raconté Philippe de Villiers.

"Il y a eu les premiers pas, il a reçu Poutine, il a reçu Trump", s'est félicité Philippe de Villiers. "Et puis patatras : il y a eu la Fête de la musique, il y a eu le doigt d'honneur, et puis ces apostrophes, ces anathèmes contre Orban, et je me dis : qui est cet homme ? Je ne le reconnais plus". "Moi je lui dis : Emmanuel, reprends-toi. Je vais te dire sur quoi tu seras jugé : ou bien tu regardes le choc identitaire et tu rétablis la France en France [...] et tu seras réélu. Sinon tu seras balayé", a lancé l'ancien chef de file du Mouvement pour la France.

EUROPE 1

LR : des proches d'Estrosi dénoncent une "fraude massive" après la victoire de Ciotti dans les Alpes-Maritimes.

Des élus proches de Christian Estrosi dénoncent de "multiples irrégularités" dans le scrutin organisé samedi dans les Alpes-Maritimes pour l'élection du président de la fédération locale des Républicains, remportée par Éric Ciotti.

La rivalité entre Christian Estrosi et Éric Ciotti prend encore de l'ampleur. Dans un texte envoyé à la presse dimanche, la députée Marine Brenier, la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone et l'élu régional Pierre-Paul Leonelli affirment que "le chiffre de la participation exceptionnellement élevé, à plus de 70% sur Nice" à l'occasion des élections au sein de la fédération locale des Républicains, les laisse "tout particulièrement interrogatifs".

"De nombreux militants nous ont fait part de multiples irrégularités tout au long du processus électoral et de difficultés pour voter", écrivent-ils également.

Selon eux, cela "rend cette participation très étonnante et nous laisse penser qu'une fraude massive a été organisée." L'entourage d’Éric Ciotti a réagi dimanche en indiquant que "les élections se sont parfaitement déroulées sous l'autorité indépendante de Jean Leonetti", le maire LR d'Antibes qui avait été désigné par le parti comme le référent départemental pour ce scrutin.

Les proches de Ciotti tous élus

Samedi soir, Éric Ciotti avait indiqué à sa permanence que "la très forte participation au scrutin démontre que notre parti est résolument engagé sur le chemin de la reconquête" et que "les militants Républicains fidèles à nos valeurs ont décidé aujourd'hui de clarifier la ligne de notre famille politique en m'élisant président de notre fédération".

Ce soir s’achève le processus des élections internes, je passe le relais en remerciant les cadres et les militants qui m’ont accompagné au long de toutes ces années.

 Christian Estrosi

Concernant les élections de différents délégués de circonscriptions, toutes les candidates et tous les candidats parrainés par Éric Ciotti, et qui étaient notamment opposés à des fidèles de Christian Estrosi, dont les trois signataires du texte envoyé à la presse, ont été élus. Christian Estrosi avait pour sa part décidée de ne pas se représenter à la présidence de la fédération, poste qu'il occupait depuis plusieurs années.

LE PARISIEN

Baisse de la taxe d’habitation : voici ce que les Franciliens y gagnent

L’entrée en vigueur de la suppression de 30 % de cet impôt local rend du pouvoir d’achat.

 Voici ce que les Franciliens y gagnent. Mais la mesure fait aussi des déçus.

Bien sûr, il faut se méfier des « moyennes » et de leurs illusions trompeuses. Qui peuvent cacher, au cas par cas, des hausses cruelles dans certaines communes. Mais, « en moyenne », selon les chiffres de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) que Le Parisien-Aujourd’hui en France publie en exclusivité, la baisse de 30 % de la taxe d’habitation (TH) en 2018 - pour les 80 % de Français concernés - atteint un montant de 189,60 € en Île-de-France.

Un chiffre qui donne également une idée de la moyenne de la baisse pour l’ensemble du pays (la DGFiP n’ayant publié aucune donnée pour l’heure). Et, par ricochet, du gain de pouvoir d’achat des contribuables concernés.

A y regarder de plus près, c’est dans l’Essonne et le Val-de-Marne que la taxe d’habitation fond le plus, en valeur, avec respectivement -221€ et -212€. Et c’est à Paris et dans les Hauts-de-Seine que la baisse est la moins marquée, avec respectivement -125€ et -180 €. Dans les principales préfectures d’Ile-de-France, la baisse moyenne s’échelonne de -236 € à Argenteuil (Val-d’Oise) à -125 € à Paris, en passant par -146 € à Nanterre (Hauts-de-Seine) et -190 € à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Pour le gouvernement, ces chiffres de prélèvements obligatoires en moins sont l’occasion de reprendre la main, après une fin de semaine agitée sur le front de l’impôt. Car l’entrée en vigueur effective, cet automne, de la mesure emblématique d’Emmanuel Macron, a été parasitée par la politique de nombreux maires sur le terrain. Plus de 6 000 communes ont en effet voté l’augmentation de leur taux de taxe d’habitation en 2018. Réduisant d’autant la baisse annoncée par le gouvernement et impatiemment attendue par les contribuables.

 «Le compte n’y est pas !»

Coup de bambou sur les administrés, par exemple, à Etampes, dans l’Essonne. La ville a augmenté son taux de taxe d’habitation de 12,99 %. Résultat ? « Le compte n’y est pas ! pestent Jean-Paul et Christine, deux quinquagénaires qui ne « retrouvent pas la ristourne promise par le gouvernement » en bas de leur avis de taxe d’habitation.

 « Un tiers de notre taxe soi-disant économisée ? !, s’agace Jean-Paul. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient, nous avons été naïfs. » Et la note est encore plus douloureuse pour les habitants de la commune qui n’étaient pas concernés par la baisse promise à 8 Français sur 10. Eux se retrouvent impactés plein pot par l’augmentation du taux communal. Comme Sophie, jointe au téléphone : « la hausse décidée par la municipalité nous coûte environ 200 € supplémentaires ».

 «Nous passons de 984 € en 2017 à 1 053 € en 2018»

D’autres communes ont fait le même choix. Parmi celles qui en ont le plus profité dans l’Hexagone : Maizières-lès-Metz (Moselle), + 18,02 % ; Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), + 15,02 % ou encore Sassenage (Isère), + 11,98 %. Au Chesnay (Yvelines), la hausse du taux communal atteint presque 10 % (+ 9,96 %). Nathalie, 65 ans, une habitante, était au-dessus des plafonds pour faire partie des 80 % d’heureux élus concernés par la baisse promise. Mais elle se serait bien passée, en revanche, d’une augmentation de son impôt local.

 « Nous passons de 984 € en 2017 à 1 053 € en 2018 », lâche-t-elle dépitée. Pour capitaliser sur sa mesure phare, l’Elysée va encore devoir communiquer. Au risque de se fâcher un peu plus avec les maires qui l’accusent de leur faire porter le chapeau.

LE PARISIEN

La gare du Nord fermée le samedi 20 octobre, jour de départ en vacances !

En raison de travaux gigantesques sur les aiguillages, toutes les circulations seront progressivement interrompues le samedi 20 octobre. Des moyens exceptionnels sont mis en place par la SNCF pour prendre en charge les voyageurs. Explications.

La date du 20 octobre est marquée en lettres rouges sur tous les agendas de la SNCF.

 Et pour cause : comme l’explique Guillaume Marbach, le directeur de Réseau Ile-de-France, le chantier prévu ce jour à la gare du Nord est «colossal. Des opérations de cette ampleur, la SNCF n’en réalise qu’une ou deux par an » assure-t-il. Une opération XXL préparée depuis des mois.

 

Il s’agit en fait de la troisième et dernière phase de «raccordement » de l’ensemble des lignes franciliennes à la nouvelle «super tour de contrôle » des aiguillages d’où il sera possible, dès le 21 octobre, de gérer, chaque jour, depuis ce même endroit la circulation de 1 300 trains des lignes B, D, H et K, soit 10% du trafic national.

Concrètement, que cela va-t-il changer pour le 1,7 million d’usagers quotidiens de ces quatre lignes ?

 «Cela va nous permettre d’avoir une vision d’ensemble des lignes depuis un même site et ainsi mieux gérer les perturbations. Cette tour de contrôle va regrouper au même endroit des agents qui avant étaient répartis sur 13 postes d’aiguillage différents», détaille Guillaume Marbach. «Par ailleurs, pour le RER B, on pourra exploiter la ligne par segment et donc empêcher qu’un problème survenu à un endroit précis n’essaime sur toute la ligne ».

Un bond technologique d’un coût de 125 M€, prévu depuis huit ans ( !) qui va mobiliser 300 agents de maintenance et qui doit absolument être bouclé dans un délai maximal de 19 heures. Aucun plantage n’est permis, c’est pourquoi, comme au théâtre, il y aura quelques jours plus tôt une «répétition générale » afin de s’assurer que pas une seconde ne sera perdue le jour J.

Un trafic perturbé dès 5 heures du matin

Malgré cette préparation, les répercussions pour les voyageurs seront très importantes, puisqu’un tel chantier nécessite l’arrêt progressif de toutes les circulations. Et ce dès 5 heures du matin, avec l’arrêt du trafic sur le RER D entre les gares de Lyon et du Nord, sur la ligne H entre gare du Nord et Saint-Denis, et sur la K, jusqu’à Compans.

À partir de 8 h 45, il n’y aura plus de train sur le RER B entre Châtelet et Le Bourget et la gare Stade de France, sur le D, ne sera plus desservi. À 1h45, le RER B sera complètement à l’arrêt, tout comme la ligne K.

Enfin à 20 h 15, plus aucun train ne roulera, ni sur le RER D nord, ni sur les TER Picardie ni sur les grandes lignes. «Mais les billets n’ont de toute façon pas été mis en vente », précise Cécile Derville, la directrice de la gare du Nord. Du côté des TGV l’impact est moindre, seuls six trains sont supprimés ».

Des bus de substitution pour les usagers

Alors comment faire pour se déplacer, ce premier samedi des vacances scolaires? «Nous allons mettre en place quatre «hubs » de report : Front Populaire (ligne 12), Bobigny-Pablo Picasso (ligne 5), Le Raincy (RER E), Saint-Denis Université (ligne 13), depuis lesquels partiront des bus de remplacement. Par ailleurs, en partenariat avec la RATP, les lignes 4, 5 et 13 du métro vont être renforcées, tout comme un certain nombre de lignes de bus.

Et parce que beaucoup d’usagers risquent tout de même de se trouver désorientés, plus de 1 100 gilets rouges seront présents dans les gares pour orienter les voyageurs, tandis qu’une salle de crise spéciale pour les étrangers, comptant aller ou partir de Roissy, sera mise en place. «C’est du jamais vu, même pendant les grèves du printemps nous n’avions pas mis autant de monde sur le terrain », assure Cécile Derville.

Sauf accident, le trafic doit reprendre dans son intégralité, dès dimanche, 5 heures.

L’OPINION

Fédérations LR: les quatre leçons d’un scrutin

 Ludovic Vigogne Ludovic Vigogne 14 octobre 2018 à 18h43

Nouvelle génération, confirmation des barons, un candidat qui prône l’ouverture d’un dialogue avec le RN élu...

Les élections pour renouveler les cadres du parti de Laurent Wauquiez donnent une nouvelle géographie de celui-ci

Les adhérents des Républicains étaient appelés à renouveler leurs cadres locaux ce week-end. Comme d’habitude, c’étaient les présidences des 104 fédérations départementales que compte le parti qui suscitaient le plus gros enjeu. Il y avait plus d’un candidat dans seulement 23 d’entre elles. Le précédent scrutin avait eu lieu en janvier 2016.

Il n’y a jamais d’élection dont on ne peut tirer des enseignements. Celles pour la présidence des fédérations départementales des Républicains, qui ont eu lieu ce week-end, n’échappent pas à la règle, bien au contraire (même si la participation n’est pas connue). Tour d’horizon en quatre leçons.

1. Un renouvellement réel. Sur 104 fédérations départementales, seuls 46 présidents sortants ont été reconduits à l’occasion de ce scrutin (le précédent datait de janvier 2016). Dans 57 autres cas, les présidents sortants ne se représentaient pas ou la fédération était sans leader à la suite des multiples soubresauts de 2017 (les défaites présidentielles puis législatives et l’attraction Macronistes ont suscité un nombre de départs importants). Un seul a été battu.

A cette occasion, la nouvelle génération en a profité pour s’imposer. Députée depuis 2012, Virginie Duby-Muller, 39 ans, a succédé à Bernard Accoyer à la présidence de la fédération LR de Haute-Savoie. Dans l’Ain, Damien Abad, 38 ans, a pris la place du député Xavier Breton. Elu au Palais Bourbon depuis juin 2017, très bien vu de Laurent Wauquiez, Fabien di Filippo, 32 ans, a été élu à la tête de la fédération de Moselle, auparavant occupée par le sénateur François

PANETE.FR

Maxi promotions, prélèvements mensuels sur la carte bancaire de l’enseigne, faux rabais…

Voici les arnaques qui peuvent survenir dans les grandes surfaces. 

France Info révélait en 2015 que des détenteurs de la carte bancaire Pass Carrefour auraient été prélevés chaque mois à leur insu.

Une arnaque qui interroge sur les pratiques parfois douteuses des commerçants. En voici quelques-unes qui ont pu tromper les consommateurs pour ne plus se faire avoir.

Les faux formats économiques

Publicité

Qui n’a jamais voulu prendre la boite de céréales ou de pâtes proposée au format éco ? Pourtant, cette pseudo-promotion est loin d’en être une. En regardant les prix au kilo sur les deux formats de boites, classique ou éco, on se rend compte qu’il sera par exemple moins cher de prendre deux boites classiques plutôt qu’une au format économique.

"Dans mon hypermarché Auchan, je constate qu’il est moins cher d’acheter deux paquets de céréales Special K de 375 g (5,73 euros le kilo) qu’un paquet de 600 g (6,50 euros le kilo)", expliquait ainsi une lectrice de la revue 60 millions de consommateurs.

Des prélèvements mensuels sur les cartes bancaires

France Info a de son côté révélé que des détenteurs de la carte bancaire Pass Carrefour seraient prélevés de 3,75 euros chaque mois sans avoir été avertis. "Certains clients de l'enseigne ont eu la désagréable surprise de découvrir qu'on leur avait fait prendre à leur insu une assurance des moyens de paiement", expliquait la radio.

Un problème qui serait survenu après qu’ils ont répondu à une enquête de satisfaction. Renseignez-vous bien avant de prendre ce type de carte dans une enseigne commerciale.

Les faux rabais

La période des soldes est souvent propice aux rabais. Mais derrière ces promotions se cachent parfois des arnaques. En juillet dernier, la revue 60 millions de consommateurs publiait ainsi la photo envoyée par un consommateur qui montrait qu’un canapé convertible de Conforama annoncé à 548 euros en solde coûtait pourtant à l’origine le même prix.

La nouvelle étiquette annonçait en effet une réduction de 30%, avec un prix de départ de 779 euros. Une simple erreur d’étiquetage, selon l’enseigne, qui laisse pourtant planer le doute sur ce type de pratiques.

Des "maxi promos" qui n’en sont pas

En 2011, le Journal du Net avait mis en garde les consommateurs face aux possibles arnaques sur les "maxi promotions". C’était le cas notamment sur un pot de Nutella, affiché à 3,16 euros pour 750 grammes et 3,94 pour un pot en maxi promo de 825 grammes. Selon le calcul du JDN, pour seulement 10% de produit en plus, le prix était supérieur de 24%. Une arnaque vraisemblablement courante dans les grandes surfaces.

HUFFPOST

Budget 2019 : La taxe d'habitation, un bras de fer autour du pouvoir d'achat

Le budget 2019 examiné à partir de lundi promet de rendre six milliards d'euros aux Français, un chiffre contesté par l'opposition

C'est devenu l'obsession des ministres et de la majorité. Alors que les prélèvements obligatoires ont franchi le seuil symbolique des 1000 milliards d'euros en 2017, que la politique d'Emmanuel Macron est taxée d'inégalitaire, le gouvernement veut démontrer qu'il sait diminuer la pression fiscale pour restituer du pouvoir d'achat à des Français gagnés par un sentiment de ras-le-bol généralisé.

C'est tout l'enjeu du budget 2019 qui doit être débattu à l'Assemblée nationale à compter de ce lundi 15 octobre. Si l'objectif prioritaire du projet de loi de finances (PLF) reste l'allègement de la fiscalité sur le capital pour l'orienter vers l'investissement et la réduction des déficits, les deux ministres titulaires de Bercy, Bruno Le Maire (Economie) et Gérald Darmanin (Comptes publics), entendent bien ériger leur copie en "budget du pouvoir d'achat".

À la clé, une promesse censée résonner à l'oreille des contribuables : la restitution de près de six milliards d'euros pour les ménages, la "plus grande baisse" d'impôts depuis 2008, selon le ministre des Comptes publics, portée notamment par la suppression par étapes de la taxe d'habitation.

Le pouvoir d'achat doit bondir de 1,7% en fin d'année

Programmée pour ce mois d'octobre, la première ristourne de cette taxe impopulaire, signifiée en gras sur la feuille d'imposition de chaque ménage, devait justement servir de rampe de lancement à une vaste entreprise de reconquête de l'opinion pour porter ses premiers fruits d'ici la fin de l'année. Après avoir reculé de 0,5% en début d'année, le pouvoir d'achat devrait bondir de 1,7% au quatrième trimestre, sous le double effet de la baisse de la taxe d'habitation et de la suppression du reliquat de cotisations d'assurance chômage pour les salariés.

Encore faut-il que les Français prennent acte de ce coup de pouce fiscal. En matière de pouvoir d'achat, le ressenti des consommateurs pèse au moins autant que les statistiques. Problème : l'augmentation de la taxe d'habitation dans certaines communes a eu pour effet d'effacer le gain de pouvoir d'achat promis par l'exécutif. La polémique qui s'en est suivie entre le gouvernement et les élus locaux pointés du doigt par le mot-clé #Balance Ton Maire# n'a fait qu'éclipser encore d'avantage les retours positifs espérés sur cette première baisse, en ouvrant un débat sur la compensation des baisses des dotations aux communes.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement voit ses efforts en matière de redistribution parasités par des signaux contraires. En début d'année, la baisse des cotisations sur les assurances maladie et chômage, présentée comme un coup de pouce salarial, avait été totalement occultée par la polémique autour de l'augmentation de la CSG, qui avait frappé de plein fouet les retraités, et par la hausse des prix du pétrole.

Le budget 2019, ses gagnants, ses perdants

Il n'est d'ailleurs pas dit que le phénomène ne se reproduise pas en 2019. Sur le papier, le gouvernement a beau jeu de marteler ses efforts en matière de redistribution d'espèces sonnantes et trébuchantes. Gérald Darmanin met ainsi en avant "la deuxième tranche de suppression de la taxe d'habitation, le plein effet des baisses de cotisations sociales, la mesure de correction de la contribution sociale généralisée (geste fiscal pour 300.000 retraités, ndlr), le coup de pouce aux heures supplémentaires".

Des mesures qui auront un effet structurel sur les statistiques du pouvoir d'achat mais qui ne bénéficieront pas à tous les contribuables dans les mêmes proportions. L'Institut des politiques publiques (IPP) parie sur une hausse du revenu disponible de près de 1% pour les 60% de "ménages intermédiaires", c'est-à-dire les classes moyennes, mais aussi une perte nette de 0,5% à 1% pour les 20% de ménages les moins fortunés.

En additionnant d'autres mesures, l'enveloppe dédiée au pouvoir d'achat pourrait même être moins importante que prévu. L'Observatoire français de la conjoncture économique (OFCE) a évalué à 3,5 milliards le gain de pouvoir d'achat l'an prochain pour les ménages, en incluant notamment le quasi-gel des pensions de retraites et des allocations. L'IPP estime que le gain de pouvoir d'achat retomberait même à 1,2 milliard d'euros si l'on prend en compte la hausse des taux de cotisation pour les retraites complémentaires des salariés du privé.

Face aux chiffres affichés par le gouvernement, les oppositions de droite comme de gauche entendent bien se faire les porte-paroles du ressenti des Français pour dénoncer "l'arnaque" de ce budget 2019. D'autant que l'entrée en vigueur du prélèvement à la source en début d'année prochaine fait peser la menace d'un choc psychologique chez les contribuables, qui verront leur salaire mensuel directement amputé de leurs impôts.

L’OBS

Au menu du Réveil politique : l'épilogue prochain du feuilleton du remaniement, le PS n'a plus d'aile gauche, Royal boude les européennes...

  1. L’événement du jour : le remaniement
  2. Alors, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ? Attendu depuis la démission de Gérard Collomb, il y a quinze jours, le remaniement pourrait être annoncé ce lundi 15 octobre. Edouard Philippe va passer la matinée à Nantes pour défendre la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté – manière de montrer que le gouvernement est encore au travail –, mais le Premier ministre sera de retour à Paris pour déjeuner avec le président de la République. Et caler les derniers "détails" ?
  3. Citons en trois. Premier sujet : qui pour succéder à Gérard Collomb ? Au petit jeu des pronostics et des confidences des proches de l’exécutif, c’est Christophe Castaner qui tient la corde pour le très stratégique poste de ministre de l’Intérieur. Ce très proche d’Emmanuel Macron a du mal à trouver sa place depuis l’accession au pouvoir de son champion : déjà à la tête du parti La République en Marche (LREM) et secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, certains l’imaginaient prendre la tête de liste aux élections européennes de mai 2019. S’il est effectivement nommé à Beauvau, le sera-t-il avec un bon connaisseur de la maison à ses côtés, comme l’ancien patron de la police nationale Frédéric Péchenard ? Laurent Wauquiez le croit manifestement, puisqu’il a envoyé un SMS aux cadres des Républicains (LR) leur donnant des arguments pour critiquer cette éventuelle nomination, en soulignant que Péchenard est actuellement vice-président chargé de la sécurité auprès de… Valérie Pécresse à la région Ile-de-France. Manque de chance : Wauquiez a aussi envoyé ce SMS par erreur à l'intéressé, a raconté "l’Express".
  4. Deuxième question à régler : quels poids dans ce nouveau gouvernement pour le centre droit ? Ces derniers jours, en coulisses et dans les médias, des figures comme Jean-Pierre Raffarin, ont plaidé pour que ce nouveau gouvernement soit l’occasion de mettre en scène une coalition avec le centre droit, en faisant entrer par exemple des députés "Agir" au gouvernement (comme Franck Riester). Une option qui scellerait un accord pour les prochaines européennes, voire les municipales, et élargirait la majorité. Elle permettrait aussi à Edouard Philippe de se renforcer en faisant entrer quelques amis supplémentaires dans son équipe. Mais Emmanuel Macron le voudra-t-il ?
  5. Troisième sujet sur la table : y aura-t-il effectivement un nouveau ministère des Territoires ou de l’Aménagement du territoire ? "Ce serait une bonne manière de régler les mauvaises relations de l’Etat avec les collectivités territoriales", expliquait ce week-end à "l’Obs" un ancien ministre…qui ne serait pas contre reprendre du service. "Il faut désigner aux élus un interlocuteur, Jacqueline Gourault [ministre déléguée à l'Intérieur, NDLR] n’a pas cette délégation", disait le même. Le radical Jacques Mézard, dont c’était aussi le rôle au ministère de la Cohésion des territoires, avait ces derniers jours semblés acter son départ et son retour vers le Sénat. 
  6. La recomposition : Mélenchon renoue avec des socialistes
  7. Ils se sont tant aimés, puis tant éloignés. Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon s’est à nouveau rapproché d’anciens amis de la gauche du Parti socialiste, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienneman, qui ont tous deux quitté le PS. Dans cette affaire, le changement d’attitude de "Méluche" à l’égard du PS est spectaculaire : pendant longtemps, l’ancien sénateur socialiste n’a pas eu de mots assez durs contre ceux qui étaient restés membres du Parti socialiste. Il leur tend désormais la main. "Le PS n’a plus d’aile gauche […]. C’est la fin d’un cycle de quarante ans", a déclaré, dimanche, lors du "Grand Rendez-vous" Europe 1 - CNews - "Les Echos", l’ancien candidat à la présidentielle, adoptant aussitôt un discours prévenant :
  8. "Pour autant, la suite ne se construira pas sans la culture socialiste et sans la culture communiste… Tous les socialistes qui en ont par-dessus la tête du vaisseau fantôme ont maintenant un lieu d’atterrissage."
  9. Objectif : siphonner le PS et si possible achever de le tuer. Derrière Emmanuel Maurel et Marie Noëlle Lienneman, Mélenchon compte en effet voir arriver des "centaines, des milliers sans doute" de personnes dans l’orbite insoumise. Après le vote des communistes, qui ont mis leur direction en minorité, il pense aussi récupérer quelques troupes bienveillantes vis-à-vis de La France insoumise (LFI) du côté du PCF. Au final, Mélenchon veut faire de LFI l’unique force d’opposition de gauche.
  10. Pas question en revanche d’amnistier tout le monde. Dans " le Journal du Dimanche", Julien Dray, un autre ancien compagnon de route, faisait un pas vers Mélenchon, se disant prêt lui aussi à quitter le PS. "Nous ne sommes pas la mer des Sargasses [une mer qui n’a pas de côtes]", a prévenu le député de Marseille.
  11. Le débat : Besancenot répond à Mélenchon sur l’immigration
  12. Décidément, la gauche n’en finit plus de s’interroger sur son rapport à l’immigration. Lors de sa rentrée à Marseille, fin août, Jean-Luc Mélenchon avait fait évoluer sa ligne en lançant "honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salaires ". Dans une tribune publiée en exclusivité par "l’Obs" (dans la nouvelle rubrique "Des idées et des actes", chaque dimanche), Olivier Besancenot lui répond.
  13. Le leader des Insoumis dit qu’il refuse de faire de l'immigration une question centrale des européennes ? "Qui, dans les rangs de la gauche, a décidé de donner de la visibilité à cette question ? Ceux qui ont sciemment décidé de donner le change en modulant leurs discours, en bazardant les répertoires idéologiques et en brouillant les positionnements politiques en la matière ? La toute récente organisation de Madame Wagenknecht en Allemagne, qui dit vouloir en finir avec 'la bonne conscience de la gauche sur la culture de l'accueil' ? Djordje Kuzmanovic, ex-conseiller de Jean-Luc Mélenchon, qui propose d''assécher les flux migratoires' ?", écrit l’ancien facteur, figure du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et candidat à la présidentielle en 2002 et en 2007. Il livre aussi sa vision des choses : "Dans le capitalisme mondialisé, la règle d'or de l'économie de marché n'a pas changé : c'est encore le capital, et non l'immigration – même 'instrumentalisée' –, qui fait pression sur les salaires des travailleurs français ou étrangers."
  14. La proposition : Hidalgo veut loger des SDF
  15. Elle est attaquée de toutes parts, lâchée par son premier adjoint. La maire de Paris Anne Hidalgo veut montrer qu’elle a toujours la main et de la suite dans les idées. Dans "le Journal du Dimanche", elle a annoncé dimanche son intention d’ouvrir les mairies de la capitale aux sans-abris cet hiver. Dans l’Hôtel de Ville, c’est une halte dédiée aux femmes qui sera ouverte.
  16.  En son temps, Bertrand Delanoë avait aussi marqué les esprits en ouvrant une crèche municipale dans ces locaux.
  17. En février, près de 3.000 sans-abris avaient été dénombrés dans les rues de Paris lors d'un recensement inédit organisé par la mairie. Anne Hidalgo veut en loger la moitié et compte sur l’Etat pour les 1.500 autres. Une manière de soigner son profil de femme de gauche. Et de rappeler Emmanuel Macron à son engagement de sortir tous les SDF de la rue.
  18. Le refus : Royal n’a pas envie des européennes
  19. Manifestement, Ségolène Royal se voyait plus ministre que tête de liste du PS aux européennes. Olivier Faure, le patron des socialistes, l’avait approchée en ce sens. "Mon état d'esprit est loin d'être celui du retour aux combats électoraux. Ce n'est ni mon objectif ni mon état d'esprit ni mon envie", a déclaré sur LCI la finaliste de la présidentielle 2007. Ces derniers jours, elle avait en revanche multiplié les conseils à Macron sur le remaniement.
  20. L’affaire (bis) : l’enregistrement douteux du poulain de Wauquiez
  21. C’est une histoire, révélée par le "Journal du Dimanche", qui fait très mauvais genre à LR. Dans une conversation enregistrée à son insu, Aurane Reihanian, protégé de Laurent Wauquiez, discutait de la meilleure façon de "choper les codes" des adhérents qui devaient voter ce week-end pour choisir le nouveau président des Jeunes LR. Des " propos sortis de leur contexte ", a tenté de justifier ce jeune qui parle déjà comme ses aînés. Cela ne l’a pas empêché de l’emporter. Son rival malheureux, Charles-Henri Alloncle, a déposé un recours devant la Haute autorité de son parti.
  22. L'invitation : Marion Maréchal invite Zemmour
  23. C'est une information révélée par "l'Obs" ce week-end : Éric Zemmour, en tournée pour la promotion de son livre "Destin français" (Albin Michel), fera un arrêt à Lyon. L'essayiste préféré de la droite dure sera l'invité le 14 novembre de L'ISSEP, l'école fondée par Marion Maréchal.

Maël Thierry

FRANCEINFO

Remaniement : Françoise Nyssen et Stéphane Travert quittent le gouvernement, Franck Riester récupère la Culture et Didier Guillaume l'Agriculture

La nouvelle équipe ministérielle devait initialement être connue lundi, mais les inondations qui ont endeuillé l'Aude ont conduit le Premier ministre à se rendre sur place, et à reporter d'au moins une journée toute annonce.

Cette fois-ci, c'est la bonne. Après deux semaines de discussions et de supputations, l'Elysée a annoncé, mardi 16 octobre, la composition du nouveau gouvernement, censé apporter un "second souffle" au quinquennat d'Emmanuel Macron, très bas dans les sondages après un été et une rentrée chaotique.

 Le délégué général de La République en marche Christophe Castaner remplace Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. Suivez en direct le remaniement avec franceinfo.

Les inondations dans l'Aube ont retardé l'annonce. La nouvelle équipe ministérielle devait initialement être connue lundi, selon plusieurs sources gouvernementales, mais les inondations qui ont endeuillé l'Aude ont conduit le Premier ministre Édouard Philippe à se rendre sur place et à reporter d'au moins une journée toute annonce.

Christophe Castaner à l'Intérieur ? Selon plusieurs médias, l'actuel ministre chargé des Relations avec le Parlement et chef du parti présidentiel La République en marche est pressentie pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. D'après l'AFP, il pourrait être épaulé par un expert, sur le modèle de Jean-Michel Blanquer à l'Education.

Lutte d'influence entre Macron et Philippe. Si l'exécutif a récusé toute tension entre le président, soucieux de promouvoir ses fidèles, et son Premier ministre, non membre de La République en marche et qui pousse des familiers du centre-droit juppéiste dont il est issu, les entourages des deux hommes ont néanmoins reconnu "des discussions" entre eux

HUFFPOST

Remaniement : Christophe Castaner à l'Intérieur et 8 nouveaux entrants au gouvernement

C'est la fin d'un long suspense. Le remaniement tant attendu après la démission surprise de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur, pour lequel Emmanuel Macron a pris le temps de la réflexion, a eu lieu ce mardi 16 octobre.

Il y a finalement quatre sortants en plus de Gérard Collomb : Jacques Mézard, François Nyssen, Stéphane Travert et Delphine Gény-Stephann.

Remaniement ministériel : L'annonce des nouveaux membres du gouvernement

Fin du suspense pour le remplacement de Gérard Collomb à l'Intérieur et pour les autres ministres.

'est la fin d'un long suspense. Le remaniement tant attendu après la démission surprise de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur, pour lequel Emmanuel Macron a pris le temps de la réflexion, a eu lieu ce mardi 16 octobre.

Attendu pour lundi, après un dernier week-end de consultation, l'entourage présidentiel avait fait savoir qu'il était reporté de quelques heures pour ne pas interférer dans le travail d'aide aux victimes après les intempéries dans l'Aude et que les passations de pouvoir n'interviennent pas ce lundi après-midi.

Il y a finalement quatre sortants en plus de Gérard Collomb Jacques Mézard, Françoise Nyssen, Stéphane Travert et Delphine Gény-Stephann.

Il y a huit entrants : les ministres Franck Riester (Culture), Didier Guillaume (Agriculture), Marc Fesneau (Relations avec le Parlement et les secrétaires d'Etat Emmanuelle Wargon (Transition écologique), Christelle Dubos (Solidarité), Agnès Pannier-Runacher (Economie), Gabriel Attal (Jeunesse), et Laurent Nunez (Intérieur).

 

Voici les principaux mouvements :

 

Christophe Castaner remplace Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur. Il est secondé par Laurent Nunez, actuel patron de la DGSI.

 

Jacqueline Gourault remplace Jacques Mézard au ministère de la Cohésion des Territoires. Elle est secondée par Julien Denormandie et Sébastien Lecornu qui sont promus ministres délégués.

 

Didier Guillaume remplace Stéphane Travert au ministère de l'Agriculture.

 

Marc Fesneau remplace Christophe Castaner comme ministre chargé des Relations avec Le Parlement.

 

Le gouvernement Philippe III compte 34 membres (plus le premier ministre). Il y a 17 hommes et 17 femmes.

LCI

Perquisitions au siège de la France insoumise : l'opération était-elle abusive ou non ?

RETOUR SUR PROCÉDURE - Depuis plus d'une journée, Jean-Luc Mélenchon et ses proches répètent dans les médias et sur les réseaux sociaux leur indignité devant "l'opération politique" qu'ils jugent avoir subie, mardi 16 octobre, notamment au siège du mouvement, quand d'autres estiment que le leader de LFI est allé trop loin. Qu'en est-il exactement ?

Jusqu'où va l'insoumission de Jean-Luc Mélenchon ? Depuis le mardi 16 octobre, militants, sympathisants et dirigeants de la France insoumise s'indignent d'une seule voix contre la manière faite au mouvement et son cofondateur, Jean-Luc Mélenchon. Selon le député des Bouches-du-Rhône et ses alliés, les perquisitions observées, notamment à son domicile et au siège de la France insoumise, ont tout de "l'acte politique", diligenté par le gouvernement.

Voilà pour l'accusation globale, assortie de multiples reproches quant au non-respect de la procédure pénale. Des accusations qui interviennent alors que la France insoumise fait l'objet de deux enquêtes, l'une sur le financement de la dernière campagne présidentielle, l'autre sur des soupçons d'emplois fictifs sur ses assistants parlementaires au Parlement européen.

Une "opération de déstabilisation politique" ?

Le principal reproche formulé par la France insoumise vient du fait que, ces affaires en étant au stade de l'enquête préliminaire, c'est le parquet, dépendant du ministère de la Justice, qui a requis la perquisition - contrairement aux perquisitions des sièges du FN et du Modem dans les mêmes affaires, qui s'étaient faites dans le cadre d'une instruction judiciaire. "Cela atteste qu'il s'agit d'une opération de déstabilisation politique", assure le coordinateur du mouvement Manuel Bompard dans un message sur les comptes sociaux du mouvement. Sauf qu'en l'espèce, et le parquet l'a rappelé dans un message à la presse le lendemain des perquisitions, c'est un juge des libertés et des détentions, qui les a autorisées. Ce qui exclut l'idée d'une influence politique dans le traitement de l'affaire, explique une source judiciaire à LCI : "Ce juge est statutairement indépendant".

Avocat pénaliste, Me Frédéric Caulier confie à LCI "ne pas imaginer un seul instant que le parquet ou le juge d'instruction aient pris cette décision à la légère et sans revoir plusieurs fois leur plan d'action". Le fait que ce soit un juge de cet acabit qui soit à l'origine vient aussi contredire Jean-Luc Mélenchon quand il s'indigne de n'avoir pas été prévenu de la perquisition à venir : "Il peut l'effectuer en dépit de l'assentiment exprès des personnes concernées". De la même façon, perquisitionner le domicile d'un homme politique, fut-il président d'un groupe parlementaire d'opposition, ou le siège du mouvement auquel est affilié ce groupe, ne pose pas de problème, selon le code de procédure pénale.

Cela ne satisfera par les partisans des insoumis, qui jugent encore très durement le traitement judiciaire d'Alexandre Benalla, qui n'avait pas vu son domicile perquisitionné... faute d'avoir les clés, ou l'absence d'enquête visant La République en Marche, elle aussi épinglée pour ses frais de campagne (à la différence près que la Commission des comptes de campagne ont estimé qu que les comptes de l'ancien candidat Macron ne comportaient pas "d'irrégularités"). Les cadres insoumis se sont plaints du nombre de policiers dépêchés - une centaine sur une quinzaine de lieux - pour l'opération. "C'est à la police d'adapter ses effectifs en fonction de la taille des lieux et des difficultés qu'elle peut anticiper", poursuit notre source judiciaire, qui ne peut s'empêcher de constater que l'effectif prévu n'était pas démesuré au vu du désordre constaté une fois sur place. Tout comme le fait que le leader de la France insoumise ait été empêché d'entrer dans les locaux : "Si le procureur ou le policier estiment qu'il y a un risque de déperdition des preuves, aucun problème pour ce blocage", précise Me Caulier. La présence du procureur repoussé par Jean-Luc Mélenchon n'obéit toutefois pas à une règle générale. Au contraire, c'est, nous dit-on, extrêmement rare et aurait tendance à montrer une certaine prévenance de la justice devant un dossier hautement explosif, et qu'on ne laisse pas être traité par les seuls policiers.

L’OPINION

Fichier polémique de Force ouvrière : Pascal Pavageau démissionne et crie à la «cabale»

Le secrétaire général était dans la tourmente depuis les révélations de documents occultes par Le Canard enchaîné. RTL révèle que le patron de Force ouvrière a quitté ses fonctions.

« A tous les adhérents, je m’excuse de lâcher, mais c’est trop dur. J’ai résisté tant que j’ai pu ». C’est ainsi que le secrétaire général de Force ouvrière a annoncé à ses collaborateurs qu’il démissionnait. Pascal Pavageau a donc décidé de rendre les armes et de quitter ses fonctions depuis les lourdes révélations qui entachent sa réputation.

 « Aujourd’hui, je rends le mandat que vous m’avez confié à 96 % il y a tout juste six mois », écrit-il dans un courriel aux adhérents de FO. « Je rends le mandat parce que j’y suis contraint face à la violence et à la haine de certains qui exigent de moi des sacrifices que personne ne devrait avoir à vivre : vivre à genoux, une laisse autour du cou, sans plus aucune ambition pour FO », ajoute-t-il dans ce courrier aux accents très personnels. Pour Pascal Pavageau, la divulgation du fichier contenant des appréciations personnelles ou politiques, ou des éléments de vie privée (santé, orientation sexuelle) sur les cadres du syndicat, est une « cabale » menée pour nourrir des  « ambitions personnelles ». Il dit que la Confédération a porté plainte pour le vol du fichier qui se trouvait sous la responsabilité de sa directrice des ressources humaines.

 « Alors, à vous “camarades”, qui de l’interne ont décidé, au-delà des pressions, des fouilles, des vols, de recourir à de telles méthodes, soyez fiers. Soyez fiers du mal que vous m’avez fait ainsi qu’à l’Organisation en choisissant de faire passer vos intérêts personnels, votre petit pouvoir ou votre aigreur avant tout  », écrit-il.

En fonction depuis avril dernier, le responsable de Force ouvrière devait faire face depuis plusieurs jours à la révélation par Le Canard enchaîné de ce document explosif. Il s’agit d’un fichage des cadres du syndicat. Les noms accompagnés de la photo de 126 d’entre eux figurent dans ce fichier et sont accompagnés de commentaires sur leurs opinions publiques ou politiques. Des inscriptions comme « niais » ou « influençable » sont également annotées sur les bords de ce fichier. Selon les révélations du Canard enchaîné, c’est l’équipe de Pascal Pavageau qui a créé ce fichier. « Pour moi, c’était un mémo, de l’ordre de la prise de notes, mais je n’avais jamais vu ni avalisé le résultat, qui est truffé d’âneries, de raccourcis », avait alors voulu justifier Pascal Pavageau.

Mea culpa. Ce mercredi matin, après plusieurs jours d’arrêt maladie qui lui ont sans doute permis de prendre sa décision, il a décidé d’expliquer son choix dans un mail. « Visiblement, la cabale ne s’arrêtera pas là. Je savais qu’en acceptant le mandat de secrétaire général, tous mes actes seraient passés au crible, mais jamais à ce point », commence-t-il avant de s’excuser, « Pour l’ensemble de ces documents et ces erreurs de fonctionnement qui ternissent l’image de notre Organisation ainsi que mes actions, je vous présente sincèrement mes excuses ». Néanmoins, il se demande pourquoi les responsables de FO qui étaient au courant de ce document ne sont pas venus le voir en personne et ont préféré prévenir la presse.

Selon les informations de franceinfo, Pascal Pavageau aurait déjà quitté son bureau et licencié ses trois collaboratrices engagées dans son cabinet.

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