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CE PÈRE, MON COMPLICE

 

Ce père mon complice

Mes souvenirs en délice

Pourtant tant de souffrances

Ta fin fut délivrance

 

Ce père mon complice

Fut souvent la police

C’était la loi familiale

Ne pas y déroger

Était passage obligé

 

Qui pouvait mieux me comprendre

Contre ce carcan sans se méprendre,

Cet enchainement doux certes

 Mais d’implacables découvertes.

 

Ces beaux rêves jamais réalisés

Cette guerre monstrueuse caractérisée,

Le séparant de son foyer brisé,

De sa fille ainée si aimée prisée.

 

Comment n’ai-je pas compris son bagne,

Sa souffrance dans cette campagne

Où seule le choix de sa compagne,

L’unique vœu exaucé l’accompagne

 

Avant l’horreur de cette sale guerre

Il a connu les lois familiales de naguère

Ce fils ainé se devait être modèle sans haine

Apprendre la charge du domaine

 

Il lui fut inculqué toutes les ficelles

Du travail dur d’une terre fertile

D’une gestion  sévère par la maternelle

Rien ne l’épargné tout lui est hostile

 

Seule l’école lui a ouvert l’horizon

En deux ans il obtient son certificat

Il rêve de planche sur le gazon

De fantaisies d’homme délicat.

 

Sa charge d’ainé le lui interdit

Pour avoir un peu de liberté

Il propose un compromis inédit

Dans ce monde de propriété

 

Dans ce village être boucher

C’eut été une aubaine

Il devait rester au domaine

L’ainé n’avait qu’un droit bûcher

 

Parfois j’oublié que lui aussi,

A  dû subir cette omerta

Son père le comprenait lui aussi

Cette loi apprise sur le tas!

 

Lui ce fut la Grande Guerre

Son œil perdu son bras inerte

Grand père par amour devint partenaire

Prisonnier de ce domaine austère

 

À l’amour que ne fait-il pas?

Ce doit être la répétition

Elle s’établi à chaque génération

Ce renouvellement se fait pas à pas

 

Le fils du facteur épouse la riche héritière

Ils eurent quatre fils avec la propriétaire

Mon père lui voulu la bonne de son père

Le chantage au suicide fit céder la rentière

 

La grand-mère  gardienne du bienséant

Aimait la bonne, pas celle devenue ma mère

Ce fut la seule concession pour ce mécréant

Que fut la vie si dure pour mon père

 

Cette loi que je transgressais allègrement

Qui m’amena tellement de rage en moi

Ce père mon complice dans mes émois

Je l’ai jugé en gamine dans son élément

 

Sa richesse l’a condamné au purgatoire

Je ne pouvais savoir sa vraie souffrance

Et ce fut là mon plus grand désespoir

De  ma vie douloureuse et mon exigence

 

L’histoire se répète toujours

J’ai accepté un mariage arrangé

Pour avoir la liberté du berger

Ce fut mon premier calvaire

 

Ma mère veillait à la bienséance

Moi la petite dernière l’espiègle

J’allais apporter la révolution

Il m’en a coûté fort cher

 

Ma liberté il ne fut que supplice.

 Ce père adoré mon complice

M’a toujours  pardonné, aimé

Son comportement me désarmait

 

Il est si  facile de  condamné

Pourtant je me souviens

Dans les coulisses du théâtre

Ce bonheur  qui me revient.

 

Ma grande joie de l’accompagner

Lui il avait trouvé le truc et gagné

Il était machiniste de plateau

Ces heures en plus sur le tableau

 

Ainsi il approchait les artistes

Sa  manière personnelle de rêver

Avec mère ce compromis fut la piste

Pour le droit d’une paix retrouvée

 

Ce que mère avait dans son esprit envieux

La surveillance, la délatrice de ce monde là!

Les artistes ne sont pas des gens sérieux!

Mon dieu comment peut-on imaginer cela!

 

Père et grand père avait le même défaut

Me disait-elle, ils prennent les ailes

Grand père allait dans les bals aux alentours

Il jouait de l’accordéon avec son bras valide

 

Grand-mère s’imaginait dans sa générosité

Qu’il s’acquittait de mondanité

Le charme de Pierre Auguste opérait

Personne ne lui souffla mot, ainsi il délirait

 

Elle y a cru jusqu’à son dernier souffle

Ce père mon complice

Lui et moi dans les coulisses

Le bonheur de petite fille ne s’essouffle

 

Cachée des responsables du théâtre

Je parodiais psalmodiait les mots

Des recueils dans loge de sa copine.

Ses amis de la tête sourient, opinent

 

En  l’absence des responsables

Je chantais les airs d’opérette

Faisait les pointes des petits rats

J’étais l’amusement du personnel.

 

Mon père souriait en me voyant

Ce père mon complice me comblé

 Dans notre petite maison de poupée

Lorsqu’il venait éteindre la lumière

 

Le clin d’œil me disait maintenant tu peux

Alors, sous ma couverture mon être prenait feu

La pile d’une main le crayon de l’autre

Mon imagination courait sur mon cahier

 

Le bouquin qu’il m’avait acheté

Sous la couverture je parcourais

Certaine nuit la lune m’éclairait

Mes insomnies enrichissaient la charité

 

Il arrivait que la sonnette résonnée

La maisonnette à cause de moi s’illuminé

Je cachais vite fais mon attirail de fauvette

Le mur et le matelas me servait de cachette

 

Me levant, m’étirant, appelant, je baille

« Maman il y a une voisine au portail! »

Ce père mon complice mon comédien

Lui connaissait mes ruses d’indien.

 

Je ne dormais que deux à trois heures

C’était l’inquiétude de mère la coquine

Pour mère l’urgence n’a pas d’heure

Je m’endormais vers quatre heures

 

Dès  que mes yeux picotaient d’ennui

Je cachais mon attirail sans voir la fin

Et me réveillais à sept heures avec la faim

Toute guillerette comme une longue nuit

 

 

Monique Isope Macalouimg025.jpg

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B


ça alors! c'est vraiment la faute à pas de bol. je suis sûre qu'il aurait pleuré de joie. tant pis... de là où il est, il en a peut-être ressenti les effets.


bon courage



Répondre
M


Oh! je l'espère Bien. Merci Baboo



C


il est complet, la. toute une vie, je crois. j'y ai vu trois fautes de grammaire cependant.


il est l'un des plus beaux que tu ais fait pour moi.


merci pour le partage.



Répondre
M


j'aurai aimer le lui dire, mais quand il nous a quitté je sortais du coma. Je n'ai pu que l'embraser dans le cercueil! bisou