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st thomas more

À l’heure même, l’enfant fut guéri..« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance »

Évangile de Jésus-Christ
selon saint Matthieu 17,14-20.


En ce temps-là, un homme s’approcha de Jésus, et tombant à ses genoux,
il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau.
Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. »
Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »
Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri.
Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier :
- « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »
Jésus leur répond :
- « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne :
“Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. »

Méditation de l'Evangile du samedi 7 août 2021

La guérison du petit épileptique

Dans le dialogue qui s'engage entre Lui et le père du petit épileptique, Jésus, avant tout, redonne espoir à cet homme désemparé par la maladie de son fils, en l'engageant sur le chemin de la foi.M

Dans le dialogue qui s'engage entre Lui et le père du petit épileptique, Jésus, avant tout, redonne espoir à cet homme désemparé par la maladie de son fils, en l'engageant sur le chemin difficile de la foi. Jésus interroge donc le père.

"Combien de temps y a-t-il que cela a commencé de lui arriver ? Et le père de l'enfant dit : depuis sa petite enfance ! Et souvent il l'a jeté soit dans le feu, soit dans l'eau pour le faire périr"

Au père désemparé qui lui demande alors de l'aider, devant la si grave maladie de son fils :

"Mais si tu peux quelque chose, viens à notre aide, par pitié pour nous" . Jésus enseigne le chemin de la vraie liberté spirituelle. Car tout est possible à celui qui fait le choix de croire en Jésus.

"Jésus lui dit : si tu peux !... Tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l'enfant disait en criant : je crois ! Viens en aide à mon incrédulité !"

La foi, comme le fait remarquer le père, est tout autant suscitée par Dieu que par nous, alors que Jésus, de son côté, fait remarquer à cet homme qu'elle dépend aussi de notre choix et de notre liberté. Il y a là un échange de balles remarquable entre eux.

L'homme n'est pas un robot, peut-être mieux, mais si, dans le domaine spirituel de la foi, l'impulsion de Dieu reste première, elle ne nous manque d'ailleurs jamais; à nous d'y répondre.

Père Gabriel

 

Saint Thomas More (1478-1535)
 

homme d'État anglais, martyr

Dialog of Comfort against Tribulation, I, 2 (trad.©Evangelizo.org)


« Je crois ! Viens au secours de mon incroyance » (Mc 9,24)


Personne ne peut se donner à lui-même la vertu de la foi (…)  ; la foi est le don gratuit de Dieu. Comme le dit saint Jacques : « Les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut ; ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières » (1,17). Quand nous ressentons donc que notre foi est bien faible, prions celui qui nous la donne de la fortifier (…)  : « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance » (Mc 9,24), et avec les apôtres : « Seigneur, augmente notre foi » (Lc 17,5). Et puis méditons les paroles du Christ quand il dit que, si nous ne voulons pas permettre à notre foi de tiédir et même de se refroidir complètement, ou de perdre sa force par la dispersion de notre esprit dans les futilités de ce monde, il faut nous retirer dans une petite pièce au fond de notre maison (Mt 6,6) et y ramasser notre foi, en cessant d'accorder de l'importance aux illusions de ce monde.

            Et comme la graine de moutarde, qui par sa nature est brûlante, il faut semer la foi dans le jardin de notre cœur, après en avoir arraché toutes les mauvaises herbes. Elle grandira tellement que les oiseaux du ciel, c'est-à dire les saints anges, viendront demeurer en notre âme et qu'elle portera le fruit des vertus sur ses branches (Mt 13,31s). Alors, confiants en la parole de Dieu, nous aurons une assurance ferme en ses promesses et nous pourrons chasser de notre cœur une montagne d'afflictions (Mt 17,20), tandis que si notre foi est faible et chancelante, elle ne déplacera même pas une taupinière.

Homélies du Père Gilbert Adam

À l’heure même, l’enfant fut guéri.

Quand ils eurent rejoint la foule, un homme s’approcha de lui, et tombant à ses genoux, il dit : « Seigneur, prends pitié de mon fils. Il est épileptique et il souffre beaucoup. Souvent il tombe dans le feu et, souvent aussi, dans l’eau.

Je l’ai amené à tes disciples, mais ils n’ont pas pu le guérir. » Jésus a emmené avec lui, sur la montagne, Pierre, Jacques et Jean. Devant eux, il a été transfiguré, et les trois apôtres ont entr’aperçu la gloire de Jésus, leur compagnon de chaque jour. En redescendant de la montagne, ils retrouvent la foule et les autres disciples dans une grande confusion. En l’absence de leur maître, les disciples ont voulu guérir en son nom un enfant souffrant, mais ils n’ont pas réussi. Quand la foule voit Jésus, elle est stupéfaite ! Un homme dans la foule dit à Jésus : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet. » Pour obtenir cette guérison, il aurait fallu une relation intense à Dieu ! Cette relation qui nous est donnée nous transfigure pour que nous agissions au Nom de Dieu. Si les disciples avaient eu de la foi « gros comme une graine de moutarde », ils transporteraient les montagnes dans la mer et auraient obtenu la guérison. Nous avons une foi bien plus petite que la graine de moutarde, et nous demandons à Jésus d’augmenter notre foi. La foi est un don de Dieu. Baptisés dans le Christ, nous avons reçu ce don. La foi a été semée en nous, elle est déjà à l’œuvre dans notre vie. En croissant par la prière, les sacrements, et la charité, elle deviendra un grand arbre, qui s’enracinera et en grandissant elle nous configurera à Jésus.

"Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps devrai-je rester avec vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »

Jésus menaça le démon, et il sortit de lui. À l’heure même, l’enfant fut guéri. A la demande de Jésus, on amène l’enfant auprès de lui. Jésus remet un climat de confiance, d’abandon et de foi qui va permettre à Dieu de faire son œuvre. Jésus pénètre la souffrance de cet homme, la porte est ouverte à l’action de Dieu. Jésus interpelle l’esprit mauvais : « Esprit qui rend muet et sourd, sors de cet enfant je te l’ordonne et n’y rentre plus jamais. » C’est alors la délivrance des infections diaboliques et la guérison de la maladie de l’enfant. Jésus le prend par la main et il le remet debout, il nous demande de nous mettre à son école. La question de savoir comment venir en aide à l’humanité tourmentée est toujours posée. C’est en étant guéris nous-mêmes que nous pouvons entrer en harmonie avec le don de Dieu. La Passion et la Résurrection de Jésus qui sauve le monde est toujours efficace, moyennant notre Foi. Mais il nous manque cette foi là ! "Ce peu de foi" nous permettrait, à l’aide de Jésus et dans sa Passion, de changer des situations si difficiles. Dans une foi confiante, nous demandons la grâce de la prière, la grâce d’être les amis de Jésus qui peuvent accomplir en lui, son œuvre de guérison.

Alors les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent en particulier : « Pour quelle raison est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? »

Jésus leur répond : « En raison de votre peu de foi. Amen, je vous le dis : si vous avez de la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : “Transporte-toi d’ici jusque là-bas”, et elle se transportera ; rien ne vous sera impossible. » Il n’y a pas de duplicité ni de complicité avec le mal en Jésus qui interpelle vivement l’esprit mauvais ! Nous voulons croire à l’immensité du don que Dieu nous a fait afin de pouvoir en vivre. Tout nous est donné par Dieu ! L’humanité ne peut pas suivre le plan d’amour de Dieu et en même temps entrer dans des discussions humaines vaines. C’est la foi qui nous fait devenir « sauveurs » avec Jésus, l’unique Sauveur. La foi se fortifie en faisant des expériences de foi, des actes de foi. Nous avons du mal à voir la main de Dieu, nous avons peur de ce qui peut nous arriver, nous ne nous sentons pas capables de vivre et de dire à Jésus que nous voulons avoir confiance en Lui ! Nous savons qu’Il nous aime, et si nous avons confiance, que tout se passera bien. Jésus permet ces épreuves pour qu’il en surgisse un bien meilleur. Notre foi est une expérience de vie, fortifiée, elle deviendra une manière d’affronter la vie mieux encore et elle approfondira notre relation avec Dieu.

Je te demande la grâce de savoir comment venir en aide à l’humanité tourmentée.

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Bonne fête aux Alban et aux très Saintes âmes du jour

SAINT DU JOUR
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Date 22 juin

Le Saint du Jour est une liste quotidienne des Saints gardés dans la mémoire de l'Église. Les histoires des maîtres de la vie chrétienne de tous les temps qui comme des phares radieux orientent notre chemin.

Saint-Siège

Saint Auban

martyr (✝ v. 304)

 

(Aubin, Alban, Albain, Albane, Albans, Albe), martyrisé à Verulam ou Verulanium (en 287?), actuellement la ville de St Albans, au nord de Londres(*).
Les Anglais voient en lui leur premier martyr.
Son biographe, Bède le Vénérable, dit de lui qu'il était un païen charitable qui avait recueilli chez lui à Verulanium, un prêtre chrétien poursuivi par la police. Celui-ci le convertit et le baptisa.
Quand les policiers arrivèrent, ils arrêtèrent saint Alban qui, pour sauver le prêtre, avait revêtu son uniforme religieux. Il fut mis à mort à sa place.
(*) information fournie par un internaute qui nous écrit: "Saint Alban était au Moyen Âge dans le diocèse de Londres et elle est elle-même devenue cathédrale et siège diocésain depuis la Renaissance. Par ailleurs la forme Auban est beaucoup plus rare que la forme Alban, y compris en Angleterre où ce culte est le plus développé. En France, le culte de saint Alban a sans doute été développé par l'évêque saint Germain d'Auxerre au Ve siècle."
- La ville où il vivait, dans le Hertfordshire, porte son nom, et possède une ancienne église abbatiale, devenue cathédrale.

Il y a un village Saint-Auban dans les Alpes-Maritimes, dans la vallée de l'Esteron, un bourg nommé Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans la vallée de la Durance et un village de Saône-et-Loire (71) Saint-Albain.
Informations aimablement communiquées par le diocèse de Digne:
Albanus, en français Alban, Auban, quelquefois Albin, est né à Vérulam, à 30 kilomètres, au nord de Londres, fut martyrisé en l'an 304; sa fête figure, dans le martyrologe romain au 22 juin.
Le poète Venance Fortunat, qui vivait dans la Gaule méridionale à la fin du VIe siècle écrivait de lui : «La gloire de son triomphe a été si éclatante qu'elle s'est répandue dans toute l'Église».
En Grande-Bretagne, autour du sanctuaire élevé en son honneur, se trouve la ville de Saint-Albans, (Voir pour les détails: La revue des Saints N°51, juin 1931)
Lyon a une paroisse sous le titre de Saint-Albans.Saint-Alban, côtes d'Armor
Saint-Alban, côtes d'Armor: Saint-Alban doit son nom au premier martyr insulaire de Vérulamium, devenu depuis Saint-Alban (à 50 km de Londres). Condamné et exécuté le 22 juin de l'an 209. Il est le patron de l'église paroissiale.
Saint-Auban est chef-lieu de canton dans les Alpes-Maritimes. Il y a Saint-Auban sur l'Ouvèze, dans la Drôme; Saint-Auban d'Oze, dans les Hautes-Alpes. Dans les Alpes de Haute Provence, au terroir de la commune de Château-Arnoux, un quartier porte, de temps immémorial, le nom de Saint-Auban.
d'après le livre du Père Corriol, ancien Curé de Saint-Auban, 1ère Edition 1939, 2ème Edition 1947, 3ème Edition 1957
À Verulam en Grande Bretagne, vers 287, saint Alban, martyr. On rapporte que, soldat non encore baptisé, il avait recueilli dans sa maison un clerc qui lui donna les enseignements de la foi chrétienne. En changeant d'habit, il se livra lui-même à la place de son hôte, et pour ce motif, subit la flagellation, des tourments atroces et fut décapité.

Saint Paulin
Évêque de Nole
(354-431)

P

aulin naît à Bordeaux en 354, d'une des plus anciennes et des plus célèbres familles sénatoriales de Rome, qui avait d'immenses possessions en Italie, en Aquitaine et en Espagne. Ausone, le premier orateur et le premier poète de son temps, fut son maître ; et, sous sa conduite, Paulin devint lui-même un orateur et un écrivain fort remarquable. Ses talents, ses richesses, ses vertus l'élevèrent aux plus hautes dignités de l'empire ; il fut même honoré du consulat, l'an 378.

Paulin avait vingt-quatre ans quand il épousa Thérésia, opulente patricienne, pieuse chrétienne, dont l'influence rapprocha peu à peu son époux de la vérité et le conduisit au baptême. Ses relations avec le célèbre saint Martin, grand thaumaturge des Gaules, qui le guérit miraculeusement d'une grave maladie des yeux, contribua beaucoup aussi à tourner ses pensées vers la beauté de la perfection chrétienne. Il reçut le Baptême et goûta enfin la paix qu'il cherchait depuis longtemps. La mort de son jeune enfant, nommé Celsus, porta de plus en plus le nouveau chrétien au mépris des biens de ce monde.

Son immense fortune lui était à charge ; il s'en dépouilla en faveur des pauvres, croyant que le véritable riche est celui qui compte sur Dieu et non celui qui compte sur la terre et que celui qui possède Jésus possède plus que le monde entier. Dès lors Paulin et Thérésia, tout en vivant dans une union parfaite, pratiquèrent la continence. Ces nouvelles jetèrent l'étonnement dans tout l'empire ; à l'étonnement succédèrent les dérisions, les reproches, le mépris. Paulin, en revanche, voyait sa conduite exaltée par tout le monde chrétien et recevait les éloges des Ambroise, des Augustin, des Jérôme et des Grégoire.

Il fut ordonné prêtre en 393, et alla se fixer à Nole, en Italie, où il fit de sa maison une sorte de monastère. En 409, le peuple de Nole l'acclama comme évêque. Son épiscopat est célèbre par un acte de dévouement devenu immortel. Une pauvre veuve avait vu son fils unique emmené prisonnier par les barbares ; elle va trouver Paulin, le priant de racheter son enfant : Je n'ai plus d'argent - dit le pontife - mais je m'offre moi-même.La pauvre femme ne pouvait le croire, mais il l'obligea à se rendre avec lui en Afrique, où il se livra en échange du prisonnier. Au bout de quelques temps, la noblesse du caractère et les vertus de Paulin intriguèrent son maître ; il fut obligé de se découvrir, et le barbare, confus d'avoir pour esclave un évêque, lui donna sa liberté avec celle de tous les prisonniers de sa ville épiscopale. Sa réception à Nole fut un triomphe.

Saint Thomas More
Martyr
(1478-1535)

T

homas More naît à Londres, le 7 février 1478. Son père remplissait la fonction de juge, dans la capitale. Thomas passa quelques unes de ses premières années en qualité de page, au service du cardinal Morton, alors archevêque de Cantorbéry et chancelier d'Angleterre. À l'âge de quatorze ans, il alla étudier à Oxford où il fit de sérieuses études juridiques et donna des conférences sur la Cité de Dieu, de saint Augustin.

En 1501, Thomas More était reçu avocat et élu membre du Parlement trois ans plus tard. Après quelques années de mariage, il perdit sa femme et demeura seul avec ses quatre enfants : trois filles et un fils. Parce que ses enfants étaient encore très jeunes, et qu'il était toujours absent de chez lui, par ses affaires au tribunal et à la cour du roi, il se remaria tout de suite, avec une veuve, au grand scandale de certains. En père vigilant, il veillait à ce que Dieu restât le centre de la vie de ses enfants. Le soir, il récitait la prière avec eux ; aux repas, une de ses filles lisait un passage de l'Écriture Sainte et on discutait ensuite sur le texte en conversant gaiement. Jamais la science, ni la vertu, ne prirent un visage austère dans sa demeure ; sa piété n'en était cependant pas moins profonde. Thomas More entendait la messe tous les jours ; en plus de ses prières du matin et du soir, il récitait les psaumes quotidiennement.

Sa valeur le fit nommer Maître des Requêtes et conseiller privé du roi. En 1529, Thomas More remplaça le défunt cardinal Wolsey dans la charge de Lord chancelier. Celui qui n'avait jamais recherché les honneurs ni désiré une haute situation se trouvait placé au sommet des dignités humaines. Les succès, pas plus que les afflictions, n'eurent de prise sur sa force de caractère.

Lorsqu’Henri VIII voulut divorcer pour épouser Anne Boleyn et qu'il prétendit, devant l'opposition formelle du pape, se proclamer chef de l'Église d'Angleterre, Thomas More refusa de signer l'acte de suprématie. Dès lors, les bonnes grâces du roi se changèrent en hostilité ouverte contre lui. Le roi le renvoya sans aucune ressource, car Thomas versait au fur à mesure tous ses revenus dans le sein des pauvres. Le jour où il apprit que ses granges avaient été incendiées, il écrivit à sa femme de rendre grâces à Dieu pour cette épreuve.

Le 13 avril 1534, l'ex-chancelier fut invité à prononcer le serment qui reconnaissait Anne Boleyn comme épouse légitime et rejetait l'autorité du pape. Thomas rejeta noblement toute espèce de compromis avec sa conscience et refusa de donner son appui à l'adultère et au schisme.

Après un second refus réitéré le 17 avril, on l'emprisonna à la Tour de Londres. Il vécut dans le recueillement et la prière durant les quatorze mois de son injuste incarcération. Comme il avait fait de toute sa vie une préparation à l'éternité, la sérénité ne le quittait jamais. Il avoua bonnement : « Il me semble que Dieu fait de moi son jouet et qu'Il me berce. »

L'épreuve de la maladie s'ajouta bientôt à celle de la réclusion. Devenu semblable à un squelette, il ne cessa cependant de travailler en écrivant des traités moraux, un traité sur la Passion, et même de joyeuses satires. L'intensité de sa prière conservait sa force d'âme : « Donne-moi Ta grâce, Dieu bon, pour que je compte pour rien le monde et fixe mon esprit sur Toi. » Il disait à sa chère fille Marguerite : « Si je sens la frayeur sur le point de me vaincre, je me rappellerai comment un souffle de vent faillit faire faire naufrage à Pierre parce que sa foi avait faibli. Je ferai donc comme lui, j'appellerai le Christ à mon secours. »

On accusa Thomas More de haute trahison parce qu'il niait la suprématie spirituelle du roi. Lorsque le simulacre de jugement qui le condamnait à être décapité fut terminé, le courageux confesseur de la foi n'eut que des paroles de réconfort pour tous ceux qui pleuraient sa mort imminente et injuste. À la foule des spectateurs, il demanda de prier pour lui et de porter témoignage qu'il mourait dans la foi et pour la foi de la Sainte Église catholique. Sir Kingston, connu pour son cœur impitoyable, lui fit ses adieux en sanglotant. Il récita pieusement le Miserere au pied de l'échafaud. Il demanda de l'aide pour monter sur l'échafaud : « Pour la descente, ajouta-t-il avec humour, je m'en tirerai bien tout seul. » Il embrassa son bourreau : « Courage, mon brave, n'aie pas peur, mais comme j'ai le cou très court, attention ! Il y va de ton honneur. » Il se banda les yeux et se plaça lui-même sur la planche.

Thomas More a été béatifié le 29 décembre 1886, par Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903), et canonisé le 19 mai 1935, par Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939).

Saint Jean-Paul II le déclara Patron céleste des Responsables de gouvernement et des hommes politiques en l'année jubilaire 2000.

INTERVENTION DU CARDINAL ROGER ETCHEGARAY 

Saint Thomas More ou l’éloge de la conscience

A l'approche du Jubilé de tous ceux qui ont des responsabilités politiques, c'est un grand cadeau que Jean-Paul II fait en leur donnant comme patron céleste saint Thomas More:  un patron de grande envergure à la mesure de ceux qui ont à gérer la "chose publique". Ce geste spirituel a été suggéré par des femmes et des hommes de tous horizons politiques dans les divers continents. Parmi les motifs qui l'ont fait accéder à leurs requêtes, Jean-Paul II affirme:  "Ce fut justement dans la défense des droits de la conscience que l'exemple de Thomas More brilla d'une intense lumière". Et il ajoute que son initiative est "en pleine syntonie avec l'esprit du grand Jubilé qui nous introduit dans le troisième millénaire chrétien".

Quand le Pape Pie XI canonisa Thomas More en 1935 (deux ans avant les Encycliques contre le national-socialisme et le communisme) il lâcha ce simple mot:  "Quel homme complet!", reprenant par ailleurs la définition qu'Erasme donnait de son ami:  "omnium horarum hominem":  "un homme pour toutes les heures".

De fait, avocat à la City de Londres, membre à 27 ans du Parlement dont il devint le speaker, puis Lord Chancellier du Royaume, premier laïc à assumer cette haute charge, Thomas More a fasciné ses contemporains de toute l'Europe. Charles Quint disait qu'il aurait préféré perdre les meilleures villes de son Empire que d'être privé d'un seul de ses conseils. Figure centrale de l'humanisme, il reçoit dans sa célèbre maison de Chelsea les grands noms de la Renaissance, d'Erasme à Holbein le Jeune qui fit son portrait. L'auteur de l'étonnante "Utopie" cultive les arts mais porte le cilice. Homme plongé dans les affaires les plus complexes, mais père affectueux proche de ses quatre enfants et paroissien assidu à la messe quotidienne. Il vit pleinement le programme évangélique:  être dans le monde sans être du monde. Il assume le double rôle de Marthe et de Marie.

A 55 ans, au faîte de sa gloire et de sa puissance, il démissionne. Pour motif de conscience. Pour ne pas fermer les yeux sur des injustices flagrantes. Trois ans après, c'est la prison durant quinze mois au cours desquels il écrit son dernier livre sur la Passion du Christ, puis c'est la décapitation, pour avoir refusé avec courtoisie mais fermeté de céder à l'arbitraire de son Roi qui cherchait à asservir l'Eglise à l'Etat. C'était le 6 juillet 1585. La veille, dans sa dernière lettre (écrite au charbon de bois) à sa fille Margaret, il explique pourquoi il est heureux de donner sa vie ce 6 juillet:  c'est l'octave de la fête de saint Pierre, "roc" de l'unité romaine que Henri IV avait osé attaquer et puis, c'est la veille de la fête de saint Thomas Becket, l'Archevêque de Canterbury martyrisé dans sa cathédrale au XII siècle pour la défense de la liberté religieuse.

Il gravit les marches de l'échafaud appuyé sur les bras du lieutenant de la Tour, en lui disant "Je vous prie, aidez-moi à monter; pour ce qui est de la descente, je m'en tirerai tout seul". Quinze jours avant la décapitation de l'homme d'Etat, un homme d'Eglise avait subi le même sort, John Fisher, Evêque de Rochester; et tous deux sont honorés aujourd'hui ensemble dans le calendrier des saints.

Tous, anglicans comme catholiques, ont vu d'abord en lui non seulement un saint, mais un héros de la conscience et un  martyre  de  la  foi.  Et  tous  les hommes politiques, quelle que fut leur croyance ou incroyance, l'ont considéré comme un des plus grands représentants des traditions juridiques dont l'Angleterre est à bon droit très fière.

Jean-Paul II, en proclamant maintenant Thomas More patron des gouvernants et des politiciens, veut leur rappeler la primauté absolue de Dieu jusqu'au sein des affaires publiques. Dans un temps d'éclipse de la conscience, le Pape nous montre à tous un homme qui a préféré la mort à la vie par fidélité à sa conscience, à une conscience qu'il n'a cessé d'éclairer à la lumière de Dieu et des conseils des sages, loin de tout fanatisme et de tout subjectivisme. Il n'est pas facile de faire l'éloge de la conscience et de témoigner de sa valeur suprême; car elle exige des soins constants de formation, de maturation pour que l'homme découvre en cela "la présence d'une loi qu'il ne s'est pas donnée lui-même et à laquelle il est tenu d'obéir" (Gaudium et spes n. 16).

A lire les émouvantes lettres écrites par Thomas More dans sa prison, nous comprenons mieux à quel point l'obligation de conscience, qu'il a posée à l'encontre de toutes les autorités établies, émergeait de sa sainteté.

A découvrir et imiter Thomas More, chacun de nous se sentira plus homme parce que plus appelé à la sainteté, plus libre, parce que plus détaché de tout, plus joyeux, parce que plus amoureux de tous.

Anniversaire de la dédicace de la Cathédrale
 

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Dédicace de la cathédrale de Grenoble

diocèse de Grenoble

En 1913, saint Pie X prescrit que toutes les cathédrales fêtent l'anniversaire de leur dédicace à une date distincte de la dédicace des autres églises.
En 1915, Mgr Maurin, évêque de Grenoble, fixe au 22 juin la dédicace de son église cathédrale connue sous le vocable de Notre-Dame dès le VIIe siècle.
L'église cathédrale est l'église-mère de toutes les églises du diocèse et le siège de l'évêque représentant le Christ pour diriger le Peuple de Dieu.
cathédrale Notre-Dame de Grenoble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mgr de Kérimel célèbrera la messe la messe en l’anniversaire de la dédicace de la Cathédrale

Homélie prononcée le 22 juin 2020

Frères et sœurs,

nous entendons ce matin un extrait de l’évangile selon saint Matthieu qui vient à la fin d’un long discours où le Christ parle à ses disciples de leur future mission et des épreuves qu’ils auront à subir, non seulement de la part des autorités politiques, des gouverneurs et des rois, mais également à l’intérieur de leur propre famille. Quand le Christ leur dit : « ne craignez pas les hommes, rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu », il encourage ses disciples à supporter les persécutions plus ou moins étouffées ou cachées, en leur disant qu’un jour, tôt ou tard ces persécutions seront connues de tous.

Aujourd’hui nous savons qu’il y a des pays où des disciples du Christ sont persécutés, tués, décapités, massacrés à cause de lui, et cela est clairement établi et indéniable, alors même que certains voudraient ne pas trop en parler. Mais le Christ dit à ses disciples : « n’ayez pas peur, ne craignez pas ceux qui ont le pouvoir de tuer le corps sans pouvoir tuer l’âme », c’est-à-dire ceux qui martyrisent les croyants mais qui ne parviennent pas à éradiquer leur foi. Rappelons-nous ce que disait le grand écrivain chrétien Tertullien, au IIIe siècle : « le sang des martyrs et semence de chrétiens » (Apologie 50,13). L’évangile nous parle de ces persécutions que des chrétiens subissent aujourd’hui au Proche-Orient ou en Afrique ou en d’autres pays.

En Europe les choses sont plus feutrées. Les maux que les disciples du Christ ont à subir sont beaucoup plus cachés, pour reprendre le terme de Jésus. Et lorsque le Seigneur ajoute : « craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme aussi bien que le corps », nous pouvons penser que la société dans laquelle nous sommes est capable de faire périr notre âme. Les structures prolifèrent qui éloignent de l’Evangile, et les pratiques et les dérives qui détournent de Dieu font que l’âme croyante, l’âme chrétienne, est soumise à rude épreuve, et peut connaître une véritable destruction spirituelle à cause des addictions en tout genre, à cause des abus de pouvoirs et des blessures qu’ils provoquent, mais aussi à cause des idéologies matérialistes et athées pour qui la vraie religion est celle de la croissance et du marché, du confort et du progrès, Dieu étant alors facultatif ou optionnel, tandis que les plus pauvres sont perçus comme un mal nécessaire.

Voilà tout ce qui, dans notre monde de production et de consommation, peut tuer nos âmes de croyants qui sont tournées vers l’amour gratuit, vers la vie spirituelle qui n’est pas de ce monde mais qui est en nous, et qui nous ouvre à la transcendance de Dieu et à notre propre éternité, toutes choses que peut-être, Frères et Sœurs, le confinement nous a invités à considérer avec un regard nouveau, non seulement nous, mais aussi nos contemporains, tant il est vrai que, pendant les deux mois d’arrêt brutal de cette course où nous sommes engagés, nous avons eu l’impression, avec nos concitoyens, que nous redécouvrions ce qui était nécessaire, essentiel, et ce qui l’était moins ou même ce qui ne l’était pas, et dont il fallait bien se passer.

Pendant les mois que nous venons de traverser, toutes ces activités frénétiques se sont arrêtées net pour lesquelles c’est habituellement l’augmentation, le chiffre et l’enrichissement qui sont la règle, l’horizon, l’avenir, l’espérance.
Et, tout d’un coup, il a fallu revenir à des questions fondamentales sur le sens et sur le but de notre existence, tout simplement parce que nous étions confinés chez nous, bloqués dans nos habitations, et restreints dans nos libertés de mouvements et de vie sociale.
Bien entendu, notre nourriture matérielle est essentielle. Et les crises économiques sont bien réelles. Mais la question de savoir ce que nous faisons sur terre et où nous allons est aussi réelle que ces crises, et même davantage encore. Et cette question est une question de notre âme, Frères et Sœurs, pas une question de notre corps. C’est une question qui nous montre que notre âme existe, notre âme humaine en quête de sens et d’éternité qui montre que nous ne sommes pas des animaux conduits par leurs instincts et leur psychologie animale. Cette âme humaine qui est la nôtre, elle est notre dignité. C’est notre liberté spirituelle. C’est notre cœur ouvert à l’amour de Dieu et de nos frères les plus humbles et les plus pauvres quels qu’ils soient. Et, vous le savez, pendant ce confinement, ce sont surtout les associations caritatives qui ont fonctionné pour pallier l’absence des autres services habituels, publics ou privés.

Eh bien, cette âme que nous avons qui est tournée vers le Seigneur lorsque l’on est croyant, cette âme, l’évangile nous dit que Dieu notre Père veille sur elle. Et quand le Christ prend l’exemple des oiseaux qui ne tombent pas à terre sans que Dieu le sache, il parle ainsi pour nous rassurer, pour nous inviter à la confiance : « même les cheveux de votre tête sont comptés. Soyez sans crainte ». Cette vie spirituelle qui est en nous, cette prière, cette foi, cette espérance et cette charité, Dieu veille sur elles.

Mais, en même temps, le Christ nous redit que nous en sommes responsables, car, justement, nous sommes libres. Lorsque le Seigneur Jésus, après avoir évoqué le Père qui veille sur nous, évoque aussitôt les choix fondamentaux que nous pouvons faire pour Dieu pour contre Dieu, il ne se contredit pas. Jésus insiste simplement sur le fait que Dieu qui veille sur nous ne prend pas notre place quand nous nous tournons vers lui ou quand nous nous détournons de lui. C’est bien nous qui choisissons et qui décidons, pas lui. Là est la grandeur de notre vie, la grandeur de notre cœur d’hommes et de femmes qui n’est pas quelque chose d’accidentel ou superficiel, mais qui est quelque chose de profond.

Quand le Christ parle de ceux qui se déclarent pour lui devant les hommes, il ne parle pas d’un cœur à cœur avec lui pendant un moment passager, ponctuel, vite balayé par les épreuves de la vie. Non. Il parle d’une attitude de fond. Et semblablement, lorsqu’il parle de le renier, il ne parle pas simplement de Pierre dans la nuit de la Passion qui renie son maître devant l’horreur de l’agonie et de la croix. Non. Le Christ parle d’une attitude répétée, durable, profonde, où l’on se détourne de Dieu en disant « il n’existe pas, il faut s’en éloigner, cette idée est un phantasme… », tournons-nous vers ce que saint Paul appelle notre « chair », notre bien-être et nos jouissances dans la vie de ce monde.

Vous le voyez, Frères et Sœurs, dans cet évangile d’aujourd’hui, le Seigneur nous prévient que notre destin éternel est entre nos mains, à tout instant, dès cette terre, et que, si le Père veille sur nous, il ne prend pas notre place lorsqu’il nous demande d’adhérer à sa vie et de ne pas nous engager dans la mort. Voilà cette grandeur dramatique de notre liberté devant Dieu qui va jusque dans l’éternité. Mais voilà, en même temps, cet amour, dramatique lui aussi, d’un dieu qui va se livrer pour nous, qui va faire l’expérience de notre mort pour que nous comprenions jusqu’où il nous aime, afin que nous acceptions sa présence dans notre vie, et que nous lui donnions la première place.

« Rien n’est voilé qui ne sera dévoilé » veut dire aussi que la relation que vous avez avec moi maintenant, dans le secret de votre cœur, sera un jour dévoilée en pleine lumière. Vous paraîtrez pour le jugement, et c’est sur votre amour que vous serez jugés, votre amour pauvre ou riche, ouvert ou fermé.
Voilà ce jugement qui se fera sur nos capacités d’aimer, d’aimer la vie, d’aimer le Seigneur, de faire aimer la vie autour de nous, de faire aimer le Seigneur autour de nous, et de faire aimer l’ouverture du cœur à une espérance éternelle.

Demandons au Seigneur ce matin la grâce de nous sentir responsables de l’avenir spirituel de notre monde, non pas simplement de notre propre sanctification, de notre propre salut, mais de la sanctification de notre monde tel que nous le connaissons, tel qu’il peut nous agresser, nous persécuter. Mais intercédons pour que ce monde que Dieu aime tant, et qui a crucifié son fils unique, s’ouvre à sa bonté, reçoive son amour, et goûte combien Dieu est son Père, combien ce ciel dont nous parle le Christ est déjà sur la terre, pour nous élever au-dessus de nous-mêmes et, en nous rapprochant de lui, nous rapprocher les uns des autres, afin que nous vivions cette fraternité pour laquelle le Christ a donné sa vie, et dans laquelle nous progressons chaque dimanche, d’Eucharistie en Eucharistie. Amen.

Père Patrick Faure

 Fêtes des Saintes Âmes du Jour
Saint Aaron  Abbé d'Aleth, fondateur (VIe siècle)
Sainte Consorce  Vierge vénérée à Cluny (VIe siècle)
Dédicace de la cathédrale de Grenoble  diocèse de Grenoble
Saint Eusèbe de Samosate  Evêque et martyr à Dolikha en Syrie (✝ 381)
Saint Évrard  Evêque de Reun, en Styrie (✝ 1164)
Saint Flavius Clemens  Martyr à Rome (Ier siècle.)
Bienheureux Innocent V  Pape (183e) en 1276 (✝ 1276)
Saint John Fisher  évêque de Rochester, martyr (✝ 1535)
Saints Jules et Aaron  martyrs en Grande Bretagne (IIIe siècle)
Saint Julien  (IIIe siècle)
Bienheureux Lambert  (✝ 1125)
Saint Nicétas de Rémésiana  Evêque de Dacie (✝ 414)
Saint Paulin de Nole  Evêque (✝ 431)
Sainte Prèce  (VIIe siècle)
Saints Zénon et Zénas  martyrs à Philadelphie en Arabie (✝ v. 304)

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]Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » [[Mt 26,41

]Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » [[Mt 26,41

Livre d'Isaïe 50,4-7.

4Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. 5Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. 6J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. 7Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.

Psaume 22(21),8-9.17-18a.19-20.22c-24a.

8Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête : 9« Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre ! Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! » 17Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m'entoure. Ils me percent les mains et les pieds ; 18aje peux compter tous mes os. 19Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement. 20Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide ! 22cTu m'as répondu ! 23Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. 24aVous qui le craignez, louez le Seigneur.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,6-11.

6Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. 7Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, 8il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. 9C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, 10afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, 11et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-75.27,1-66.

[[Mt 26,14]]En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres [[Mt 26,15]]et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. [[Mt 26,16]]Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. [[Mt 26,17]
]
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? »
[[Mt 26,18]]Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » [[Mt 26,19]]Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. [[Mt 26,20]]Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. [[Mt 26,21]]
Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. »
[[Mt 26,22]]Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » [[Mt 26,23]]Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. [[Mt 26,24]]
Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
[[Mt 26,25]]
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »
[[Mt 26,26]]
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit et, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez : ceci est mon corps. »
[[Mt 26,27]]Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, [[Mt 26,28]]car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. [[Mt 26,29]]Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le royaume de mon Père. » [[Mt 26,30]]Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. [[Mt 26,31]]
Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute ; car il est écrit : ‘Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées.’
[[Mt 26,32]]Mais, une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » [[Mt 26,33]]Prenant la parole, Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » [[Mt 26,34]]Jésus lui répondit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » [[Mt 26,35]]Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples dirent de même. [[Mt 26,36]]Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. » [[Mt 26,37]
]
Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
[[Mt 26,38]]Il leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. » [[Mt 26,39]]Allant un peu plus loin, il tomba face contre terre en priant, et il disait : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » [[Mt 26,40]]
Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis ; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller seulement une heure avec moi ?
[[Mt 26,41]]Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. »
[[Mt 26,42]]De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » [[Mt 26,43]]Revenu près des disciples, de nouveau il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. [[Mt 26,44]]Les laissant, de nouveau il s’éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. [[Mt 26,45]]Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer. Voici qu’elle est proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. [[Mt 26,46]]Levez-vous ! Allons ! Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »
[[Mt 26,47]]Jésus parlait encore, lorsque Judas, l’un des Douze, arriva, et avec lui une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. [[Mt 26,48]]Celui qui le livrait leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » [[Mt 26,49]]Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi ! » Et il l’embrassa. [[Mt 26,50]]Jésus lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! » Alors ils s’approchèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
[[Mt 26,51]]L’un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui trancha l’oreille. [[Mt 26,52]]Alors Jésus lui dit : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. [[Mt 26,53]]Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ? Il mettrait aussitôt à ma disposition plus de douze légions d’anges. [[Mt 26,54]]Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? » [[Mt 26,55]]À ce moment-là, Jésus dit aux foules : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus vous saisir de moi, avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis en train d’enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. » [[Mt 26,56]]Mais tout cela est arrivé pour que s’accomplissent les écrits des prophètes. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et s’enfuirent.
[[Mt 26,57]]Ceux qui avaient arrêté Jésus l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre, chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens. [[Mt 26,58]]Quant à Pierre, il le suivait à distance, jusqu’au palais du grand prêtre ; il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait. [[Mt 26,59]]Les grands prêtres et tout le Conseil suprême cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mettre à mort. [[Mt 26,60]]Ils n’en trouvèrent pas ; pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés. Finalement il s’en présenta deux, [[Mt 26,61]]qui déclarèrent : « Celui-là a dit : “Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu et, en trois jours, le rebâtir.” » [[Mt 26,62]]Alors le grand prêtre se leva et lui dit : « Tu ne réponds rien ? Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? » [[Mt 26,63]]Mais Jésus gardait le silence. Le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu. » [[Mt 26,64]]Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! En tout cas, je vous le déclare : désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. » [[Mt 26,65]]Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Pourquoi nous faut-il encore des témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ! [[Mt 26,66]]Quel est votre avis ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. » [[Mt 26,67]]Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres le rouèrent de coups [[Mt 26,68]]en disant : « Fais-nous le prophète, ô Christ ! Qui t’a frappé ? » [[Mt 26,69]]
Cependant Pierre était assis dehors dans la cour. Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »
[[Mt 26,70]]Mais il le nia devant tout le monde et dit : « Je ne sais pas de quoi tu parles. » [[Mt 26,71]]Une autre servante le vit sortir en direction du portail et elle dit à ceux qui étaient là : « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. » [[Mt 26,72]]De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment : « Je ne connais pas cet homme. » [[Mt 26,73]]Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux ! D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. » [[Mt 26,74]]Alors, il se mit à protester violemment et à jurer : « Je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt un coq chanta.
[[Mt 26,75]]Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il sortit et, dehors, pleura amèrement. [[Mt 27,1]]Le matin venu, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus pour le faire mettre à mort. [[Mt 27,2]]Après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur. [[Mt 27,3]]Alors, en voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ; il rendit les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens. [[Mt 27,4]]Il leur dit : « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. » Ils répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! » [[Mt 27,5]]Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre.
[[Mt 27,6]]Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent : « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor, puisque c’est le prix du sang. » [[Mt 27,7]]Après avoir tenu conseil, ils achetèrent avec cette somme le champ du potier pour y enterrer les étrangers. [[Mt 27,8]]Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le Champ-du-Sang. [[Mt 27,9]]Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : ‘Ils ramassèrent les trente pièces d’argent, le prix de celui qui fut mis à prix, le prix fixé par les fils d’Israël, [[Mt 27,10]]et ils les donnèrent pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné.’
[[Mt 27,11]]On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi-même qui le dis. » [[Mt 27,12]]Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. [[Mt 27,13]]Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » [[Mt 27,14]]Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné. [[Mt 27,15]]Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. [[Mt 27,16]]Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. [[Mt 27,17]]Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » [[Mt 27,18]]Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus. [[Mt 27,19]]Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » [[Mt 27,20]]Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. [[Mt 27,21]]
Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »
[[Mt 27,22]]Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » [[Mt 27,23]]Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! » [[Mt 27,24]]Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » [[Mt 27,25]]Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
[[Mt 27,26]]Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié. [[Mt 27,27]]Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. [[Mt 27,28]]Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. [[Mt 27,29]]Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête ; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant : « Salut, roi des Juifs ! » [[Mt 27,30]]Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau, et ils le frappaient à la tête. [[Mt 27,31]]Quand ils se furent bien moqués de lui, ils lui enlevèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier. [[Mt 27,32]]En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène, et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus. [[Mt 27,33]]Arrivés en un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire), [[Mt 27,34]]ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ; il en goûta, mais ne voulut pas boire. [[Mt 27,35]]Après l’avoir crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ; [[Mt 27,36]]et ils restaient là, assis, à le garder. [[Mt 27,37]]Au-dessus de sa tête ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » [[Mt 27,38]]Alors on crucifia avec lui deux bandits, l’un à droite et l’autre à gauche. [[Mt 27,39]]Les passants l’injuriaient en hochant la tête ; [[Mt 27,40]]ils disaient : « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu, et descends de la croix ! » [[Mt 27,41]]De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes et les anciens, en disant : [[Mt 27,42]]« Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! [[Mt 27,43]]Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime ! Car il a dit : “Je suis Fils de Dieu.” » [[Mt 27,44]]Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière. [[Mt 27,45]]À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. [[Mt 27,46]]Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éli, Éli, lema sabactani ? », ce qui veut dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » [[Mt 27,47]]L’ayant entendu, quelques-uns de ceux qui étaient là disaient : « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! » [[Mt 27,48]]Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire. [[Mt 27,49]]
Les autres disaient : « Attends ! Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
[[Mt 27,50]]Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. [[Mt 27,51]]Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla et les rochers se fendirent. [[Mt 27,52]]Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent, [[Mt 27,53]]et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. [[Mt 27,54]]À la vue du tremblement de terre et de ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! » [[Mt 27,55]]Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. [[Mt 27,56]]
Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.
[[Mt 27,57]]Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. [[Mt 27,58]]Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. [[Mt 27,59]]Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, [[Mt 27,60]]et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. [[Mt 27,61]]Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du sépulcre. [[Mt 27,62]]Le lendemain, après le jour de la Préparation, les grands prêtres et les pharisiens s’assemblèrent chez Pilate, [[Mt 27,63]]en disant : « Seigneur, nous nous sommes rappelé que cet imposteur a dit, de son vivant : “Trois jours après, je ressusciterai.” [[Mt 27,64]]Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent voler le corps et ne disent au peuple : “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière imposture serait pire que la première. » [[Mt 27,65]]Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »
[[Mt 27,66]]Ils partirent donc et assurèrent la surveillance du sépulcre en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les préparatifs de la Pâque

Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples”  

. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

Méditation de l'évangile du dimanche 5 avril

“Et le maître de la maison vous montrera une chambre à l'étage, grande, munie de tapis, toute prête, et c'est là que vous ferez les préparatifs de la pâque pour nous”

Dans la préparation de la cène, on perçoit l'amitié profonde qui unissait Jésus et les Douze. Il veut d'abord préserver l'intimité de cette fête où il va leur révéler un amour insensé dans la fraction du pain.

Dieu ne pouvait aller plus loin : son corps livré, son sang versé ! Mais Jésus savait que Judas rôdait. Il fallait donc qu'il ignore le lieu de cette fête du coeur, afin que nul ne vienne troubler la plus grande fête de l'amitié inventée par Dieu.

Jésus se montre extraordinaire. Devant Judas, Il indique où la fête va se dérouler, mais le code en est si secret que l'Iscariote ne saura rien. Seuls Pierre et Jean sont invités à suivre l'homme à la cruche…

Se sachant trahi et suivi, Il organise avec le plus grand calme ce repas fantastique d'adieux. Il s'arrange pour que Judas ne puisse agir que lorsque Lui le voudra. C'est Lui-même qui livre son âme et personne ne peut la lui ravir.

J'aime aussi cette préoccupation du Seigneur qui veut que la fête de la nouvelle pâque trouve un cadre digne du mystère de l'amitié entre Dieu et l'homme.

Nos églises sont belles. Ce n'est pas un souci de richesse ou de triomphalisme qui doit présider à leur construction, mais la volonté de créer des lieux beaux, vastes et pourtant intimes où nous retrouverons, à notre tour, ce que Jésus a voulu vivre avec les siens, en cette nuit unique de l'amitié offerte d'un Dieu.

A chaque messe, Jésus y ouvre le chemin de toute mort acceptée : “Père, que ta volonté soit faite et non la mienne”. Chemin ouvert vers la résurrection. Jésus nous ouvre alors la porte sur la vie, la vie même de Dieu, dans le partage du pain et du vin, mystérieusement devenus son corps livré, son sang versé, nourriture de la vie éternelle et pain descendu du ciel.

Aussi, supprimer les églises au nom d'une religion en esprit et en vérité me semble en contradiction avec tout ce qu'a vécu Jésus avec les siens. Le lieu n'est pas l'essentiel, mais le Seigneur a retrouvé ses amis au banquet de l'amitié dans la vaste salle qu'Il avait choisie.

“Il vous montrera une chambre à l'étage, grande, munie de tapis, toute prête. Et c'est là que vous ferez les préparatifs de la pâque pour nous”
 

Père Gabriel

Saint Thomas More

(1478-1535)
 

homme d'État anglais, martyr

La tristesse du Christ (trad. sous la responsabilité de Henri Gibaud; Éd. Téqui, 1990, p. 25, 35-37 ; rev.)

Christ Dieu et homme

On se demandera peut-être avec étonnement comment le Christ notre Sauveur, étant vrai Dieu égal au Père tout-puissant, a pu connaître la tristesse, la souffrance et le chagrin. Assurément, il ne l'aurait pu si, étant Dieu, il eut été seulement Dieu, sans être en même temps homme. (...)

            Mais en vérité, puisqu'il ne fut pas moins vrai homme qu'il ne fut vrai Dieu, j'estime, quant à moi, qu'il ne faut pas plus s'étonner qu'il ait éprouvé les sentiments ordinaires du genre humain (pourvu que le péché en soit absent) en tant qu'homme, que de s'étonner des miracles immenses qu'il a accomplis en tant que Dieu. (...)

            Car si nous nous étonnons que le Christ éprouve peur, dégoût et chagrin, alors que, évidemment, il était Dieu, comment ne pas nous étonner tout autant qu'il ait eu faim, qu'il ait eu soif, qu'il ait dormi ? En se pliant à ces contraintes, il n'en était pas moins Dieu. (...)

            Toutefois, pour le moment, le Christ ne manquait pas de raisons de vouloir éprouver crainte, tristesse et chagrin. « Vouloir », dis-je, non « y être contraint ». Car qui aurait pu contraindre Dieu ? Mais cela, comme je le disais, le Christ, dans sa merveilleuse bonté, l'a voulu pour de nombreux motifs. (...)

            Il vint en effet pour rendre témoignage à la vérité. Il ne manquait pas de gens qui nièrent qu'il soit vraiment homme. Afin donc de remédier à cette maladie si mortelle, notre excellent et tendre médecin voulut montrer qu'il était vraiment homme.

Homélie du Père Gilbert Adam

"Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers.

Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin.” Et aussitôt on les laissera partir. » Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les Rameaux sont une fête douloureuse qui porte en elle un malentendu. Jésus prend le risque d’une entrée triomphale à Jérusalem. Il décide d’effectuer le geste prophétique de la venue du Messie ! Jésus assume l’annonce anticipée de la mort de ce Messie, mort incompréhensible pour les foules. Déjà les rumeurs et les cris de colère s’entendent dans la ville : scandale ! Incohérence ! Contradiction ! Le Messie est vainqueur, il ne peut pas mourir ! Le Messie pénètre dans la ville sur une monture qui est symbole d’humilité et de paix. Il est le roi “doux et humble de cœur,” qui s’offre à l’accueil de la ville sainte. En entrant dans Jérusalem, Jésus s’engage sur le chemin de sa passion en pleine liberté, avec la lucidité du Prophète. Il vient accomplir les Écritures. Nous voulons accueillir Jésus qui nous sauve avec Marie. Elle accompagne celui qui a tout porté, celui qui a tout accompli, et qui continue son œuvre de salut dans chacune de nos vies.

Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus.
 Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Cette entrée de Jésus à Jérusalem est à la fois joyeuse et tragique. Zacharie le prophète, annonce une entrée triomphale du Messie dans sa ville avec pour monture un âne. Les petits et les pauvres aiment cette arrivée pacifique qui annonce la réconciliation qui réjouit tout le peuple. L’acclamation de la foule et les gestes qui l’accompagnent facilite la marche du roi. On dispose des vêtements, des rameaux, des palmes comme pour dérouler un tapis en son honneur : « Hosanna pour le fils de David ! » Bientôt la foule sera manipulée, elle demandera la mort de celui qu’elle accueillait. Jésus, le Fils bien-aimé du Père, l’enfant de Marie, récapitule en Lui toute l’histoire de l’humanité, celle qui est devant nous et celle qui est derrière nous. Jésus en portant le poids du péché de toute l’humanité accomplit tout, il reprend tout en lui à la manière de l’Époux qui sauve l’humanité en l’aimant plus encore. Il sera vainqueur de la haine, de la violence, de la mort même. Il donne à l’humanité, sa bien-aimée, le plus grand amour. Quand la Passion est arrivée, Marie qui "gardait tout dans son cœur," voit toute la profondeur de l’Amour infini de Dieu pour elle.

« Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? »
 Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. » Le Royaume de Jésus n’est pas de ce monde. C’est avec les yeux de la foi que nous pourrons le discerner et comprendre qu’il nous révèle la vérité. Nous attestons que Jésus est un Messie discret, pacifique. Il est la toute-puissance de l’Amour dans sa faiblesse. Jésus nous laisse la liberté de croire, de discerner et de reconnaître qui il est. C’est avec le même regard de foi qu’il nous faut accepter ce qu’est notre vie. Le tragique de la mort nous guette, l’abjection de la souffrance nous étreint avec l’horreur de la méchanceté des hommes. Et c’est avec les yeux de la foi que nous saisissons la Présence de Jésus en nous. Il est entré dans notre vie et il y demeure dans la nuit. Tant de femmes, d’hommes et d’enfants sont réquisitionnés pour porter la croix avec Jésus, ils ont besoin de trouver la force dans le Pain de vie. Nous demandons la grâce de comprendre le mystère des noces de l’Agneau. A la suite de Marie, dans l’immense amour de Jésus qui nous sauve, nous suivons l’Agneau partout où Il va.

Nous demandons la grâce d’entrer dans le mystère de la Passion de Jésus.

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