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Dieu respecte la liberté de l'homme. Il lui donne toujours le temps et les moyens d'accomplir la réalisation de ses oeuvres.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,1-9

 


Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

tertiaire dominicaine, docteur de l'Église,

copatronne de l'Europe

 

Le don de la conformité au Christ, chap. L, n° 80 (Le dialogue, trad. J. Hurtaud, éd. Téqui, 1976, p. 278-279)
Ma miséricorde et ma charité laisse le temps…

 


 

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Qu'il le veuille ou non, le monde me rend gloire. En vérité, la gloire que j'en retire n'est pas celle qu'il me devrait procurer, en m'aimant par-dessus toute chose, mais il n'en monte pas moins de lui, louange et gloire à mon nom.

            Dans les mondains en effet brille ma Miséricorde et l'abondance de ma Charité, qui leur laisse le temps. Au lieu de commander à la terre de les engloutir, j'attends leur retour, j'ordonne à la terre de leur donner ses fruits, au soleil de répandre sur eux sa lumière et sa chaleur, au ciel de se mouvoir, pour continuer la vie à toutes les choses que j'ai créées pour eux. J'use envers eux de miséricorde et de charité, non seulement en ne leur retirant pas ces dons à cause de leurs fautes, mais encore en les accordant au pécheur comme au juste et souvent plus au pécheur qu’au juste. Car le juste est préparé à souffrir, et je le prive des biens de la terre, pour lui donner plus abondamment les biens du ciel. Ainsi éclatent en eux, ma charité et ma miséricorde.

            D'autres fois aussi les serviteurs du monde, par les persécutions qu'ils font subir à mes serviteurs, éprouvent leur vertu, mettent en évidence leur patience et leur charité, provoquent, au milieu des souffrances, leurs humbles et continuelles prières. Prières et souffrances montent vers moi comme un hommage d'honneur et de louange à mon nom. Ainsi donc, sans le vouloir, le méchant travaille à ma gloire, alors même qu'il prétend me faire affront.

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

 

La parabole du figuier stérile nous rappelle enfin que Dieu respecte l'homme libre. Il lui donne toujours le temps et les moyens de réaliser des fruits. Oui, quel respect Jésus ne manifeste-t-Il pas envers l'homme dans cette interrogation inquiète : "Et s'il donnait du fruit ?"

 

Le figuier desséché.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9

 

 

"Il leur disait cette parabole : Quelqu'un avait un figuier planté dans sa vigne. Et il vint chercher du fruit et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Arrache-le. Pourquoi avec cela rend-Il la terre improductive ? Maître, lui répond celui-ci, laisse-le encore cette année, pour me laisser le temps de creuser autour et de mettre du fumier. Et s'il donnait du fruit... Sinon, dans l'année qui vient, Tu l'arracheras ! "

La parabole est claire. Voici bientôt trois ans que Jésus annonce le Royaume; mais ses contemporains ne veulent pas l'accueillir. Dieu, le propriétaire, commence à s'énerver. Trouvera-t-Il bientôt du fruit ?  Jésus, le Vigneron, le tempère. Qu'Il patiente encore une année. La phrase : "Et s'il donnait du fruit" dépeint à merveille sa sollicitude inquiète; et pourtant Il prévoit le dénouement :"Sinon, dans l'année qui vient, Tu l'arracheras !".

Cette parabole permet encore à Jésus et d'enseigner au moyen d'images très simples tirées de la vie rurale de tous les jours, accessibles à tous, et d'affirmer sa personnalité, Lui qui discute librement avec Dieu et arrête sa colère.

La parabole du figuier stérile nous rappelle enfin que Dieu respecte l'homme libre. Il lui donne toujours le temps et les moyens de réaliser des fruits. Oui, quel respect Jésus ne manifeste-t-Il pas envers l'homme dans cette interrogation inquiète : "Et s'il donnait du fruit ?"

Nous aurions souvent à prendre exemple sur Lui, pour agir avec plus de patience.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gabriel Adam

 

’Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut- être donnera-t-il du fruit à l’avenir.

 

« A ce moment, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. »

Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux." Jésus regroupe deux paroles et une parabole. Toutes trois, soulignent la nécessité de nous convertir. Jésus est à la fois doux et radical dans toutes ses paroles, nous ne nous lasserons jamais de l’entendre. Il réagit à une mauvaise nouvelle qu’on lui annonce et lui-même pose la question : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi pareil sort ? » La parole est ajustée à la violence dans l’actualité quotidienne, aux événements que nous vivons dans le monde. Les Galiléens sont morts à cause de la cruauté de Pilate. Jésus sait ce que nous vivons, il est au cœur de tous les événements heureux et douloureux qui se déroulent sous nos yeux. La réponse peut être interprétée en deux temps : d’une part personne ne peut dire : telle souffrance, telle mort a été pour tel homme un châtiment. D’autre part, Dieu est fidèle au Don qu’il nous a fait. Il a la grâce de la miséricorde divine, il rend à chacun selon ses œuvres. L’humanité est la vigne du Seigneur, c’est Israël, c’est chacun de nous.

« Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? »

Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Il nous faut être prêt pour le dernier passage et cela nous demande une conversion. L’accueil de Jésus bouleverse et transforme notre existence. Les dix-huit personnes ensevelies dans les décombres de la tour de Siloé à Jérusalem sont mortes parce qu’elles se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment. Il nous faut entendre et mettre en pratique la parole qui vient de Dieu. Ainsi nous demeurerons dans la vie pour qu’elle porte les fleurs de la paix et des fruits de joie ! Nous voulons les donner à Jésus. Dieu a besoin de notre conversion pour faire son œuvre d’amour, de tendresse, de miséricorde. Nourris des sacrements de la foi, des richesses de la Parole et de la vie fraternelle, du dévouement des frères et des sœurs en l’Église, nous avançons. La communauté célèbre le salut, vit de l’Eucharistie, de l’action de grâce, il est toujours possible de bâtir la civilisation de l’amour, de bâtir un peuple nouveau qui vit de la parole de Dieu et reçoit le don de Dieu !

"Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.

Il dit alors à son vigneron : ’Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ? Mais le vigneron lui répondit : ’Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut- être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ » Nous demandons encore un petit peu de temps pour accueillir la tendresse et la miséricorde de Dieu. Jésus nous révèle les ressources de sa douceur. Il est le vigneron qui s’attelle au travail de notre conversion par sa Croix. Il bêche sa vigne et il ajoute un engrais dont il a le secret. C’est un engrais spirituel à base d’humilité, de simplicité et de courage avec une bonne dose de confiance. Nous avons pris la mesure des difficultés qui se vivent dans le monde. Nous répondons à l’attente de Jésus en annonçant la bonne nouvelle de l’Evangile. Le figuier dans la vigne, c’est la Parole de Dieu au milieu de son peuple. Elle doit être entendue, vécue pour être vivante ! Le Maître du figuier vient chercher les fruits de la charité active pour son Église. Le figuier, la Thora, la Parole de Dieu au milieu du peuple de Dieu fait son œuvre. C’est le temps de l’adoration où nous contemplons le Sauveur du monde.

Prière

Seigneur nous te demandons la grâce d’être à l’écoute de la Parole de Dieu pour que l’amour infini de Dieu brûle dans notre vie.

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Ayons la force de discerner avec courage ce qui nous est difficile, dans notre vie, Selon les Saintes écritures.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59.


En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive.
Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Jean-Paul II (1920-2005)
pape

 

Encyclique « Dives in Misericordia » § 15; 30/10/1980 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana, rev.)


Discerner les signes de notre temps

L'Église a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde « avec de grands cris » (He 5,7) : ces « grands cris » doivent caractériser l'Église de notre temps (...), un cri qui implore la miséricorde selon les nécessités de l'homme dans le monde contemporain (...) Dieu est fidèle à lui-même, à sa paternité, à son amour ! Comme les prophètes, faisons appel à l'aspect maternel de cet amour qui, comme une mère, suit chacun de ses fils, chacune des brebis perdues, et cela même s'il y avait des millions d'égarés, même si dans le monde l'iniquité prévalait sur l'honnêteté, même si l'humanité contemporaine méritait pour ses péchés un nouveau déluge, comme la génération de Noé l'a mérité jadis.

            Ayons recours à l'amour paternel que le Christ nous a révélé par sa mission messianique, et qui a atteint son sommet dans sa croix, sa mort et sa résurrection. Ayons recours à Dieu par le Christ, nous souvenant des paroles du Magnificat de Marie, proclamant sa miséricorde « d'âge en âge » (Lc 1,50). Implorons la miséricorde divine pour l'âge contemporain (...) : élevons nos supplications, guidés par la foi, l'espérance et la charité que le Christ a implantées dans notre cœur.

            Cette attitude est également amour envers ce Dieu que l'homme contemporain a parfois repoussé loin de lui, considéré comme étranger à lui-même, en proclamant de diverses manières qu'il est inutile. Elle est amour de Dieu, dont nous ressentons profondément combien l'homme contemporain l'offense et le refuse. C'est pourquoi nous sommes prêts à crier comme le Christ en croix : « Père, pardonne-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,24). Elle est en même temps amour des hommes, de tous les hommes, sans aucune exception ou discrimination, sans différence de race, de culture, de langue, de conception du monde, sans distinction entre amis et ennemis.

 

Méditation de l'Evangile 

du père Gabriel

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59 

 

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.

 

Savoir discerner les signes du Royaume

Nous ne croyons pas au miracle, mais nous voulons voir, disent les pharisiens, et nous après eux, donne-nous un signe.

Jésus distingue très bien les deux domaines de la science et de la foi quand Il nous dit :

"Le soir venu, vous dites : "Beau temps ! car le ciel est rouge", et le matin "De l'orage aujourd'hui ! car le ciel est rouge et menaçant..."Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes des temps !"

Vous savez discerner l'aspect du ciel, mais vous ne le pouvez pour les signes du temps de Dieu ! Car la science observe les réalités terrestres et leurs lois, mais elle ne peut atteindre les lois du Royaume réservées à la foi et à l'amour... un tout autre domaine.

Jésus invite les pharisiens, avec ironie, à être attentifs aux signes de Dieu dans les événements qui parlent de lui, tout autant que le ciel rouge leur annonce la tempête ou le beau temps.

Et dans le texte de Luc : "Et pourquoi de vous-mêmes ne jugez-vous pas ce qu'il serait juste de faire ?"

Il renvoie ses auditeurs à leurs propres responsabilités et leur demande de savoir juger par eux-mêmes, sans s'en remettre toujours au jugement des scribes et des pharisiens aveuglés.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

 

Saint Jean-Paul II

 

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

 

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Jean-Paul II, le pape Karol Wojtyla, nait à Wadowice le 18 mai 1920, second fils d’un père militaire et d’une mère institutrice. Il a été marqué dans sa jeunesse par la disparition de tous ses proches. Il est âgé de 9 ans quand sa mère décède. Quelques années plus tard, son frère aîné meurt prématurément. Puis son père meurt en 1941. Ces épreuves familiales ont pris place dans une Pologne atteinte par les drames du 20e siècle. Karol Wojtyla travaillera comme ouvrier dans une carrière de pierre d’abord, puis dans une usine chimique. Jean-Paul II gardera de cette expérience une grande préoccupation pour les problèmes sociaux. En 1939, la Pologne perd à nouveau son autonomie avec sa partition entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Le pape Jean-Paul II visitera la Pologne communiste dès le début de son pontificat en 1979, puis de nouveau en 1983 et en 1987. Les rassemblements populaires suscités par ses visites, son soutien explicite au syndicat Solidarnosc, auront joué un rôle décisif dans la chute du pouvoir communiste en Pologne en 1989. Son pontificat est marqué par les droits de l’homme : « La paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme […], tandis que la guerre naît de la violation de ces droits et entraîne encore de plus graves violations de ceux-ci. » L’Evangile de ces jours va bien avec la fête de Jean-Paul II. Jésus ressuscité enverra sur les disciples rassemblés des langues de feu. Jésus a voulu répandre l’incendie de l’Amour dans le monde. L’Esprit Saint a allumé la foi dans le cœur de l’humanité grâce à la Parole de Jésus portée jusqu’au bout du monde.

Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !

Jésus passe de l’image du feu à l’image de l’eau. Le baptême, est une plongée dans l’eau, en vue d’une purification. Jésus envisage une immersion dans la souffrance. Il sent venir la Passion qui va le submerger. Il sait que les grandes eaux de la mort vont l’engloutir. Lui, le Juste, va purifier le genre humain tout entier. Il a hâte que ce baptême soit accompli parce que cette plongée dans la Passion va lui permettre d’accomplir l’œuvre du Père. Sa mort va donner la vie à tous les hommes. Lorsque Jacques et Jean revendiqueront les deux places d’honneur dans son Royaume, Jésus leur demandera : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ? » Jean-Paul II est conscient que pour allumer sur la terre le feu de l’Esprit Saint il doit passer lui-même par la souffrance. Il y a répondu largement, par le feu de son Amour de Jésus depuis sa naissance, à la vie de Dieu. Aujourd’hui la parole de Jésus vient nous réveiller encore.

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. » L’engagement de Jésus jusqu’à la Croix pour le salut de l’humanité donne courage aux baptisés pour témoigner de lui partout. Jean-Paul 2 a contribué par toute sa vie à étendre le règne de Dieu. Karol Wojtyla, a écrit plusieurs compositions poétiques et théâtrales dont certaines, comme la boutique de l’orfèvre, ont eu un écho en dehors des frontières polonaises. Les activités de la culture sont un axe majeur de son pontificat. Jean-Paul II a conservé, sa vie durant, une réelle proximité avec les jeunes qui s’exprimera à travers les Journées Mondiales de la Jeunesse. Les efforts de rapprochement avec le judaïsme et le dialogue interreligieux sont des aspects situés dans la perspective du Concile. À l’égard du judaïsme, Jean-Paul II posera des gestes hautement symboliques pour favoriser le rapprochement avec l’Église catholique. Il donnera une visibilité au dialogue interreligieux à travers sa rencontre avec des jeunes musulmans au grand stade de Casablanca. Les deux rencontres de prière interreligieuse à Assise, en 1986 et en 2002 sont de belles victoires pour apporter la paix de Jésus dans l’humanité. La parole de Jésus, à l’œuvre dans notre cœur, nous conduira nous aussi à poser humblement des choix dans une société en butte à la contradiction.

 

Prions

Seigneur mets en nous, la volonté d’Amour en Dieu, pour qu'il soit notre seul amour. Qu'en lui nous soyons unifié à la Sainte Trinité. Pour que notre vie, depuis que le Père a posé sur nous son regard de tendresse. Pour que nous ayons la force de discerner avec courage ce qui nous est difficile. Amen

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Je suis venu jeter un feu sur la terre: Le feu intérieur de l’amour

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 12,49-53.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

Le bon zèle (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 531-532 ; rev.)


Le feu intérieur de l’amour

 

Un des meilleurs fruits de la vie d’union et d’abandon à Dieu est d’entretenir dans l’âme le feu de l’amour, non seulement de l’amour divin, mais encore de la charité envers le prochain. Au contact fréquent du foyer de l’Amour substantiel, l’âme s’embrase pour les intérêts et la gloire du Seigneur, pour l’extension du règne du Christ dans les cœurs. La vraie vie intérieure nous livre aux âmes autant qu’à Dieu : elle est source de zèle. Quand on aime véritablement Dieu, en effet, on désire qu’il soit aimé, que « son nom soit glorifié, que son règne arrive dans les âmes, que sa volonté soit faite en tous » (cf. Mt 6, 9-10)

 

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12, 49 - 53

Je suis venu jeter un feu sur la terre

L'ami du Seigneur, aujourd'hui, dans le calme, doit savoir lutter contre les idées reçues pour rester, lui, fidèle. Puisse-t-il le faire avec humour, au cœur du drame qu'il vivra au milieu des siens. Avec le Christ, les chemins de la liberté deviennent les chemins de la contradiction, car on n'est pas forcément d'accord avec les siens si on suit Jésus et si l'on met en pratique ses paroles.

Jésus n'est pas venu apporter la paix et la tranquillité, mais la lutte. Tous ceux qui se donneront à Lui devront lutter sans trêve et sans merci contre eux-mêmes et contre les mentalités régnantes.

"Je suis venu jeter un feu sur la terre ; et combien Je voudrais qu'il fût déjà allumé !...Mais Je dois recevoir un baptême ; et combien Je suis angoissé jusqu'à ce qu'il soit accompli !...

Et Jésus nous avertit de ce qui arrive à tout fidèle disciple, au coeur même de sa propre famille.

"Car Je suis venu séparer un homme de son père, et une fille de sa mère, et une belle-fille de sa belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison"

C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui. La mentalité des fils et des filles est souvent diamétralement opposée à celle des parents, vis-à-vis de l'amour, vis-à-vis de l'Eglise, vis-à-vis de l'autorité et de la liberté, etc.

Et l'ami du Seigneur, aujourd'hui, dans le calme, doit savoir lutter contre les idées reçues pour rester, lui, fidèle. Puisse-t-il le faire avec humour, au cœur du drame qu'il vivra au milieu des siens.

Avec le Christ, les chemins de la liberté deviennent les chemins de la contradiction, car on n'est pas forcément d'accord avec les siens si on suit Jésus et si l'on met en pratique ses paroles.

Il y a encore une autre lutte que Jésus annonce. Il s'y engage pour nous tracer le chemin, avec toute son énergie ; c'est le baptême où Il sera plongé, baptême de la souffrance et de la mort où Il s'immerge au moment de sa passion. Sa générosité se dévoile bien là. Il est impatient de se donner et d'être baptisé de ce baptême de sang que sera la croix.

Mais sa mort, qui apporte la réponse de la Résurrection, change le monde, le plonge dans la lumière et le feu de Dieu.

Jésus est un enthousiaste, dans le sens propre du mot, et Il brûle d'allumer ce feu dans tous les cœurs.

Il y a des moments dans la vie humaine où la souffrance est comme l'eau envahissante d'une marée inéluctable qui nous recouvre de ses flots.

Jésus a voulu connaître la déréliction de ceux qui perdent un enfant, de ceux qui voient mourir leur femme ou leur époux, de ceux qui voient ruiner leur réputation, s'effondrer leur équilibre matériel ou psychique.

C'est le sens de cette "agonie" où Il se trouve plongé à Gethsémani, et qui signifie "combat". A ces moments, nous saurons que Jésus, et Lui seul, comprend nos détresses, et que c'est vers cet Emmanuel "Dieu avec nous" qu'il faut aller.

Seul Dieu, venu nous visiter dans le Fils de l'homme, l'Emmanuel, peut rendre crédible notre vocation à la vie éternelle, à travers la propre vie fragile et mortelle de son Fils Bien-Aimé, Jésus.

Oui, sa venue allume chez tous les hommes le feu de l'amour divin. La paille si ténue de l'homme s'embrase grâce à Lui du feu inextinguible du Buisson ardent.

Père Gabriel

 

 

Homélie du père Gilbert Adam

« Comme Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. »

"Le pharisien fut étonné en voyant que Jésus n’avait pas d’abord fait son ablution avant le repas."

Les Pharisiens attachent une grande importance au respect de la loi de Moïse et ils ont aussi beaucoup d’autres coutumes et de règles pour s’assurer qu’ils obéissent correctement à cette loi. Leur complet respect des listes de lois et de règles est source de fierté et d’un sentiment de satisfaction. Mais il leur manque l’essentiel ! Comme eux, nous pouvons tomber dans le pièges de perdre de vue Celui pour qui nous rendons un culte et ne plus voir l’Amour de Dieu purifier nos cœurs. Jésus, qui est invité chez un pharisien pour prendre son repas, surprend ce pharisien par sa liberté, il n’a pas fait son « ablution ! » Pour entrer dans la perspective de Jésus il nous faut revenir à l’Annonciation ou tout l’amour du cœur de Dieu se déverse dans le cœur de Marie pour la transformer de fond en comble. C’est cet amour qui la purifie dés l’origine de sa conception. Marie est attirée par son Dieu, silencieuse, elle est de toutes manières à son service, toute attentive à Celui qui vit au plus intime de son être. Toutes les purifications de la première alliance sont relativisées face à cet amour nouveau.

"Le Seigneur dit au pharisien : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté." 

Nous pouvons nous donner bonne conscience à nous même en accomplissant toutes ces règles. Or le commandement de Dieu est là pour nous mener à Dieu, il nous libère d’une subjectivité confuse sur notre manière d’adorer Dieu et de vivre notre vie. L’Évangile nous entraine à creuser la foi en notre amour de Dieu. La vie chrétienne est animée par l’Esprit Saint. Dans la foi, l’espérance et de la charité nous voulons demeurer dans la lumière de Jésus pour célébrer l’alliance que nous vivons à la suite de Marie. « Vous purifiez l’extérieur, » dit Jésus, au pharisien qui l’avait invité, mais c’est l’intérieur qui est le plus important. Marie, bouleversée par sa rencontre de Dieu, rend visite à sa cousine Élisabeth. La grâce chrétienne part du cœur de Dieu qui transforme le cœur humain, et l’envoie en pleine humanité.

"Insensés ! dit Jésus ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? 

Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous." La loi de l’amour est la plus importante. Elle rassemble tous les commandements du Seigneur Jésus. Quand Jésus demande de faire l’aumône, il dit aux Pharisiens d’aimer leurs prochains. Alors, leurs cœurs seront purs. Le dialogue avec le Seigneur Jésus, permet que notre cœur soit toujours tourné vers lui. Nous avons besoin d’être guidés par lui, car nous ne pouvons pas y arriver tout seul, il nous faut être libéré et guidé dans notre relation avec lui. La purification de notre cœur se réalise en faisant alliance avec Dieu. Nous faisons ainsi alliance avec le plus petit des enfants des hommes, Jésus. A travers lui nous faisons alliance avec tous nos frères en humanité. Marie, qui porte Jésus à travers le peuple de Dieu, préfigure l’Église qui annonce le mystère de Dieu. Jésus la conduira vers celui qui sera le plus démuni, le prophète Jean-Baptiste. Quand nous célébrons l’alliance que Dieu a établit avec nous par le repas de l’Eucharistie, nous manifestons que l’amour de Jésus règne dans nos familles et dans nos communautés. L’apôtre Jean dira : "Celui qui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.

Prions 

Seigneur nous te demandons la grâce d’être renouvelés dans une ardente charité pour retrouver la lumière de la nouvelle Alliance établie par Jésus notre Seigneur.

 

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« L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,39-48.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer,
alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Jean Cassien (v. 360-435)
fondateur de monastère à Marseille

De la chasteté, chap. VI ; SC 54 (Conférences VIII-XVII ; trad. E. Pichery, éd. du Cerf, 1958 ; p. 129-131)


« Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur » (Ps 39, 2 Vg)


Le remède le plus efficace pour le cœur humain, c’est la patience, selon le mot de Salomon : « L’homme doux est le médecin du cœur. » (Pr 14,30 LXX) Ce n’est pas seulement la colère, la tristesse, la paresse, la vaine gloire ou la superbe qu’elle extirpe, mais encore la volupté, et tous les vices à la fois : « La longanimité, dit encore Salomon, fait la prospérité des rois. » (Pr 25,15 LXX) Celui qui est toujours doux et tranquille, ni ne s’enflamme de colère, ni ne se consume dans les angoisses de l’ennui et de la tristesse, ni ne se disperse dans les futiles recherches de la vaine gloire, ni ne s’élève dans l’enflure de la superbe : « Il y a une paix surabondante pour ceux qui aiment le nom du Seigneur, et rien ne leur est une occasion de chute. » (Ps 118, 165 Vg) En vérité, le Sage a bien raison de dire : « L’homme patient vaut mieux que le soldat vaillant ; celui qui maîtrise sa colère, que l’homme qui prend une ville. »(Pr 16,32 LXX)

            Mais jusqu’à ce que nous obtenions cette paix solide et durable, nous devons nous attendre à de multiples assauts. Souvent, il nous faudra redire dans les larmes et les gémissements : « Je suis devenu misérable et je suis affligé sans mesure, tout le jour je vais accablé de tristesse, parce que mes reins ont été remplis d’illusions » (Ps 37, 7-8 Vg) (…) Jusqu’à ce que l’âme soit parvenue à l’état de la pureté parfaite, elle passera fréquemment par ces alternatives, nécessaires à sa formation ; tant qu’enfin la grâce de Dieu comble ses désirs, en l’y affermissant pour jamais. Alors, elle pourra dire en toute vérité : « Je ne me suis point lassée d’attendre le Seigneur, et il m’a regardée. Il a exaucé ma prière, et il m’a retirée de la fosse de la misère, de la fange du bourbier ; il a dressé mes pieds sur le rocher, il a affermi mes pas ! » (Ps 39, 2-3 Vg)

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

Veillez ...

"Veillez donc, car vous ne savez pas quand doit venir le maître de la maison ; tard ? Vers minuit ? Au chant du coq ? Ou au matin ? De peur que, venant à l'improviste, il ne vous trouve endormis. Or, ce que Je vous dis, à tous, Je le dis : Veillez !"

Alors, Pierre lui pose une question, que Marc a peut-être résumée dans le passage que nous venons de lire, mais que Luc explicite.

L'apôtre, lui dit Jésus en clair, a une grande responsabilité. Il lui a été donné beaucoup, et il devra rendre compte de beaucoup, mais surtout, c'est lui qui donne la nourriture au peuple de Dieu. Qu'il ne l'oublie pas.

La place est bonne et plus d'un se laissera aller à la facilité, et même à l'ivrognerie. Mais, souligne Jésus dans le texte de Marc, cela regarde aussi chacun : "Veillez !"

Pierre dit à Jésus : Seigneur, est-ce pour nous que Tu dis cette parabole ou aussi pour tous ?

Et le Seigneur dit :
" Quel est donc l'intendant fidèle, prudent, que le maître établira sur tout son domestique pour distribuer au moment voulu la ration de froment ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera agissant de la sorte ! Vraiment, Je vous dis qu'il l'établira sur tout ce qui lui appartient.

Mais si ce serviteur dit en son coeur : Mon maître tarde à revenir et s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire, et à s'enivrer, le maître de ce serviteur viendra au jour où il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas ; et il le retranchera et le placera parmi les infidèles"

Cette mise en garde aux apôtres nous concerne tous. Celui qui donne la Parole du Seigneur risque : ou bien de se prendre au sérieux alors qu'il ne fait que distribuer l'étonnante Parole qui n'est pas la sienne, ou bien de profiter de la situation dans le domaine matériel, ou bien d'abuser de l'autorité spirituelle que lui confère la Parole pour devenir un tyran insupportable.

Jésus souligne à Pierre que nous pouvons user en bien ou en mal de notre liberté.

Jésus nous confie sa Parole, illuminée par la lumière de la foi. Mais nous pouvons la recevoir ou la rejeter, tel est le sens de la parabole de l'intendant fidèle ou infidèle. Jésus insiste : nous connaissons la volonté du Père, tout l'Evangile nous la cite, après la voix de notre conscience. Mais libre à nous d'y conformer, oui ou non, notre action.

Pour Jésus, nous sommes libres et responsables de nos actes selon notre conscience et la connaissance qu'elle apporte.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

« Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. »

Vous aussi, Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus nous demande la vigilance pour nous et en particulier pour ceux qui ont une responsabilité sur leurs frères. Quand on voulait cambrioler une maison à cette époque, on passait derrière la maison, on faisait un trou dans le mur et on prenait ce qui était dans la maison. C’étaient d’autres mœurs et d’autres habitudes. Ne pas laisser percer le mur de notre maison intérieur, c’est être attentif à l’époux qui vient. Jésus rappelle cette vigilance car nous ne savons pas à quel moment notre vie terrestre s’arrêtera, à quel moment sera la fin de notre existence. La comparaison entre le Fils de l’homme, qui nous rappelle à Lui quand Il veut, et le voleur qui se garde bien de nous prévenir de sa visite, frappe les esprits. Jésus est toujours l’invité de notre maison, dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour nous l’attendons. Nous sommes le lieu de Dieu, et nous sommes en vigilance pour que l’accusateur des frères ne fasse pas en nous ou par nous un travail de destruction. Il est le « voleur » de cet Evangile. La parole de Dieu nous donne ainsi un message bien important car elle nous fait regarder l’unité de notre vie ! Notre langue peut parler de Dieu, le bénir, l’aimer dans son amour infini, car nous sommes au service de la louange de Dieu, mais nous sommes aussi soucieux de faire une place dans notre cœur pour nos frères.

"Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ?" 

Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Jésus ne répond pas directement à la question de Pierre car elle s’adresse à tout le monde. Il fait prendre conscience que ceux qui ont été choisis par Lui pour être ses disciples, sont des hommes investis de responsabilités spirituelles importantes et ils ne doivent qu’en être plus vigilants. Ce message de Jésus s’adresse aux hommes et aux femmes de notre temps, à tous les baptisés, et à fortiori à tous ceux et celles qui exercent une responsabilité pastorale dans l’Eglise. Avec quelle humilité et en même temps avec quelle vigilance ils entendent exercer leur responsabilité. Humilité, parce sans les dons de l’Esprit Saint, sans la maternité divine de Marie, la protection de Saint Joseph, ils seraient incapables de faire face. Nous sommes le « lieu » de l’amour infini de Dieu. Nous ne sommes jamais autant nous-mêmes que lorsque Dieu est au cœur de notre vie. C’est quand la Parole et l’amour infini de Dieu nous habitent que nous sommes vraiment nous-mêmes.

« Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. »

Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Jésus nous demande la vigilance, car les grâces d’état qu’Il donne à tous ceux qu’Il a investis de responsabilités pastorales, sont au service de leurs frères. Nous prenons progressivement conscience de la difficulté de nos charges, des tentations et des pièges que nous tend l’Adversaire, l’esprit du mal, l’ennemi de la nature humaine. L’intendant fidèle aura une récompense qui le comblera. Pour bâtir la civilisation de l’amour, nous nous mettons au service de l’amour infini de Dieu. Suspendu à l’Esprit Saint, nous serons prêts pour l’œuvre de Dieu, elle se fera au-delà de nous-mêmes. L’Esprit Saint nous est donné pour que nous soyons tout à notre travail. A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Comme il faut un bon pain pour l’Eucharistie et un vin véritable pour célébrer la Messe, ainsi notre quotidien est disponible pour que l’œuvre de Dieu se fasse au milieu de nous. Nous sommes les membres du corps du Christ pour l’édification de ce Corps qui est l’Eglise.

Prière

Seigneur accorde nous force, patience et courage, pou​​​​​​​r permettre de recevoir la  grâce d’entendre la de Notre Seigneur Jésus. Amen

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Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 10,1-9.


En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Vie anonyme byzantine de saint Luc (11e siècle)
6-7  ; PG 115, 1134-1135 (in Chaque jour tu nous parles, t. 4 septembre – novembre; trad. Orval; Éd. Abbaye d'Orval 1974; p.278-279)
Saint Luc, évangéliste et compagnon de Paul


Lorsque, après avoir abandonné les ténèbres de l'erreur pour adhérer à l'amour de Dieu, Paul se joint au nombre des disciples, Luc l'accompagne partout et devient son compagnon de voyage (Ac 16,10s). (...) Il s'accorde si bien avec lui, il lui est si familier et il partage à tel point toutes ses grâces que Paul, lorsqu'il écrit aux croyants, appelle Luc son bien-aimé (Col 4,14). Depuis Jérusalem et toute sa contrée jusqu'en Dalmatie (Rm 15,19), il a prêché avec lui l'Évangile. Depuis la Judée jusqu'à Rome, il partage avec lui les mêmes chaînes, les mêmes travaux, les mêmes peines, les mêmes naufrages. Il voulait recevoir avec lui la même couronne pour avoir pris part aux mêmes labeurs.

            Après avoir acquis avec Paul le talent de la prédication et avoir gagné et conduit tant de nations à l'amour de Dieu, Luc apparaît bien comme le disciple aimant et aimé du Sauveur ainsi que l'évangéliste qui a écrit son histoire sacrée ; car il avait jadis suivi le Maître (cf Lc 10,1), il avait recueilli les témoignages de ses premiers serviteurs (Lc 1,1) et il avait reçu l'inspiration d'en haut. C'est lui l'évangéliste qui a raconté le mystère du messager Gabriel envoyé à la Vierge pour annoncer la joie au monde entier. C'est lui qui a raconté clairement la naissance du Christ : il nous montre le nouveau-né couché dans une crèche et décrit les bergers et les anges proclamant la joie. (...) Il rapporte les enseignements donnés en paraboles en plus grand nombre que les autres évangélistes. Et de même qu'il nous fait connaître la descente du Verbe, la Parole de Dieu, sur la terre, de même il nous décrit son Ascension dans le ciel et son retour au trône du Père (24,51). (...) 

            Mais en Luc, la grâce ne se borne pas à cela. Sa langue ne se limite pas au service du seul Évangile. Après la fin des miracles du Christ, il raconte aussi les Actes des Apôtres. (...) Luc n'est pas seulement spectateur de tout cela, mais il y participe vraiment. Et c'est pourquoi il met tant de soin à nous en instruire.

Méditation de l'Évangile 

du père Gabriel

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9

Jésus nous parle de l'apôtre selon son coeur

Puis, devant l'immense détresse spirituelle des hommes, devant la pénurie d'ouvriers, retentit le cri du Seigneur-Jésus :  

« Demandez au Maître de la moisson, au Père, d'envoyer des ouvriers à sa moisson… »
Nous oublions trop que c'est le Père qui, à notre prière, envoie les ouvriers à la moisson

 

 

Jésus nous parle de l'apôtre selon son cœur et nous le décrit dans les conseils qu'Il adresse lui-même à ses disciples.

On n'annonce jamais Jésus seul. Au moment de la mission des 72 disciples, Jésus les envoie, deux par deux. Il veut qu'ils s'entendent dans ce témoignage porté sur Lui. Et, « envoyés  » ils marchaient en éclaireurs, devant Lui.

Ce ne sont pas eux qui prêchent, mais c'est le Seigneur qu'ils proclament, en toute cité et en tout lieu. C'est un des principes de Jésus; ce sont les chrétiens qui préparent sa venue en tout lieu.

« Le Seigneur désigna 72 disciples et les envoya devant Lui, deux par deux, en chaque ville et localité où Il devait Lui-même se rendre »

Puis, devant l'immense détresse spirituelle des hommes, devant la pénurie d'ouvriers, retentit le cri du Seigneur-Jésus :  « Demandez au Maître de la moisson, au Père, d'envoyer des ouvriers à sa moisson… »
Nous oublions trop que c'est le Père qui, à notre prière, envoie les ouvriers à la moisson !

« Allez, voici que Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse ni besace, ni chaussures, et ne saluez personne sur le chemin. »

Jésus décrit ici la liberté d'esprit et l'allure de celui qui veut annoncer le Royaume. Il a besoin de se libérer de toute attache et de toute possession. Inutile d'emporter un monceau de bagages ni de rechercher de multiples relations. La seule richesse que l'apôtre doit emporter dans ses bagages, c'est la Bonne Nouvelle du Royaume. L'apôtre sera pauvre dans ses relations, pauvre de puissance et d'influence, car il s'agit pour lui de s'appuyer sur Dieu et non pas sur l'amitié humaine pour annoncer le Royaume.

L'apôtre sera doux. La rudesse n'est pas une vertu apostolique. Douceur ne veut pas dire faiblesse, mais elle veut dire compréhension. « Comme un agneau parmi les loups… » Il veut l'apôtre messager de paix et non discutailleur. La rudesse est si commode !

« Et dans quelque ville que vous entriez et où l'on vous aurait reçus, mangez ce qui vous sera servi »

Il veut des gens simples, qui ne fassent pas de manières et acceptent, sans façons, ce qu'on leur offrira. D'ailleurs, comme tout travailleur, l'apôtre mérite son salaire et n'a pas à en rougir. Il n'est pas un fainéant, un inutile. Mais qu'il ne court de fête en fête, de dîner en dîner, de maison en maison !

Une autre des recommandations essentielles de Jésus aux apôtres : C'est de guérir les malades ; il y a bien des manières de guérir les malades. Il y a celle du médecin, bien utile ! Mais Jésus donne une clef toute différente aux siens :

« Guérissez les malades… et dites-leur : le Règne de Dieu est proche de vous »

Oui, le Royaume de Dieu est tout proche, il est à l'intérieur de ceux qui souffrent. Ils sont tout près de ce Royaume ! Ils brûlent. Et il suffit de le leur dire, afin qu'ils s'unissent à la Rédemption et à la croix du Seigneur et que, sarments, ils se sentent  ou sont de ce même cep planté par le Père.

 "Mon Père est le vigneron...Et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde afin qu'il porte du fruit davantage"

Ce dernier conseil donné à ses apôtres nous révèlent les préoccupations de son coeur. Le mystère de la souffrance ne nous éloigne pas du Règne de Dieu, mais nous en rend plus proche. Voilà pourquoi Il a voulu prendre lui-même le chemin de la souffrance pour l'expliquer à nos coeurs.

" Il faut que le fils de l'homme souffre beaucoup "

Ce ne sont pas les raisonnements qui nous aident dans la maladie, mais l'amitié d'un Dieu qui a su souffrir.

Il y a, enfin et surtout, une étonnante unité entre l'apôtre et le Seigneur, car l'apôtre puise sa force et sa vitalité jusque dans la Trinité à travers Jésus :

" Ceux qui vous écoutent m'écoutent, celui qui vous rejette me rejette ; or, celui qui me rejette rejette Celui qui m'a envoyé. Mais celui qui vous reçoit me reçoit. Celui qui me reçoit reçoit Celui qui m'a envoyé."

Etonnant destin !

Père Gabriel​​​​​​​

Homélie du père Gilbert Adam

Saint Luc

“Paix à cette maison.”

« Après cela, parmi les disciples le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. »

Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Nous fêtons saint Luc, l’évangéliste de la douceur et de la bonté de Dieu. Jésus envoie ses « soixante-douze disciples » deux par deux. L’envoi de Jésus est un appel à toutes les bonnes volontés ! Nous « prions le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Dans le mystère de l’Annonciation à Marie, Jésus nous a donné les accents de son amour unique. Il nous dit encore aujourd’hui : prier et aller. Nous sommes envoyés vers les autres de la part de Dieu. Ainsi se développe en nous une grande liberté, nous ne cherchons pas à obtenir un résultat par nous-mêmes dans la mission. Nous attestons de l’action de Dieu dans notre action même. Chacun de nous est un envoyé, porteur de la Bonne Nouvelle, un artisan de paix : "Si votre paix est reçue, entrez et restez !" Dieu fait son œuvre et nous ne sommes pas inquiets si nous ne sommes pas reçus, "votre paix reviendra sur vous." Nous annonçons la Parole de Dieu que nous avons reçue, la Bonne Nouvelle qui réconforte. Jésus n’est jamais loin, Il se manifeste en tous ceux qui annoncent le Royaume. Nous vivons en lui, dans la lutte pour le Royaume, dans le combat quotidien, Jésus est présent.

« Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »

Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Jésus ne nous cache pas les oppositions et les persécutions qui nous attendent. Il exige que nous entrions dans son combat les mains nues, que nous renoncions aux sécurités humaines et aux moyens extraordinaires. Pour la mission, il nous faut être libres de tout, sauf de l’amour qui a saisi notre cœur. L’amour qui nous brûle et que nous voulons communiquer est l’expression de la Croix de Jésus qui reste notre seul orgueil. Le véritable disciple participe toujours à la croix, il est configuré à la Croix de Jésus. Suivre Jésus résolument, c’est suivre l’Agneau envoyé parmi les hommes : Agneau muet devant celui qui le tond ; Agneau docile qu’on mène à l’abattoir ; Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ; Agneau égorgé ; Agneau de la Pâque ; Agneau des noces éternelles qui nous invite à son festin. Jésus nous interpelle par une parole libre et libérante. Ainsi se tissent de nouvelles relations de liberté, des relations dans lesquelles peuvent s’ébaucher des collaborations fructueuses. Le Règne de Dieu est tout proche, l’Amour infini de Dieu est venu jusqu’à nous. Nous annonçons cet amour à ceux qui cherchent la lumière.

"Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous."

 Comme Jean-Baptiste, nous préparons sa venue dans le cœur des hommes en désignant Jésus : "Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde." Nous nous effaçons devant celui qui est le seul envoyé, l’envoyé du Père, dans l’Esprit Saint. Nous nous mettons en présence de Dieu et nous lui demandons son secours, car c’est lui le maître d’œuvre. Nous demeurons dans la disponibilité de celui qui a promis d’être avec nous tous les jours. Il nous est demandé d’être d’humbles serviteurs, disposés à faire tout ce que le Seigneur nous dira. Ainsi Dieu travaille en chacune de nos actions, il aime cette part de pauvreté en nous qui lui permet d’agir. Nous sommes transformés quand nous nous ouvrons à cet amour divin. Cet amour donné et reçu nous unifie, il nous tourne vers les autres. C’est l’Incarnation de Dieu, la venue de l’Esprit Saint dans la « pâte » humaine qui continue en nous l’enfantement d’un monde nouveau. Le travail de la Rédemption se poursuit dans le monde. Nous demeurons dans la paix, sous le regard de Dieu, dans la fraternité nouvelle que Jésus est venu nous apporter.

Prière

Seigneur permet nous de recevoir la grâce d’être les témoins de la « Bonne Nouvelle. » Amen

 

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Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Marc 10,35-45.


Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274)
théologien dominicain, docteur de l'Église

 

Conférence sur le Credo, 6 (Livre des jours – Office romain des lectures ; trad. P. Roguet; Éd. Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame ; © AELF Paris 1976 ; 28 janv.)


« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur »


Quelle nécessité y avait-il à ce que le Fils de Dieu souffre pour nous ? Une grande nécessité, que l'on peut résumer en deux points : nécessité de remède à l'égard de nos péchés, nécessité d'exemple pour notre conduite. (...) Car la Passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie. (...) Si tu cherches un exemple de charité : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). (...) Si tu cherches la patience, c'est sur la croix qu'on la trouve au maximum. (...) Le Christ a souffert de grands maux sur la croix, et avec patience, puisque « couvert d'insultes il ne menaçait pas » (1P 2,23), « comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvrait pas la bouche » (Is 53,7). (...) « Courons donc avec constance l'épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de notre foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix » (He 12,1-2).

            Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. Car un Dieu a voulu être jugé sous Ponce Pilate et mourir. (...) Si tu cherches un exemple d'obéissance, tu n'as qu'à suivre celui qui s'est fait obéissant au Père « jusqu'à la mort » (Ph 2,8). « De même que la faute commise par un seul, c'est-à-dire Adam, a rendu tous les hommes pécheurs, de même tous deviendront justes par l'obéissance d'un seul » (Rm 5,19). Si tu cherches un exemple de mépris pour les biens terrestres, tu n'as qu'à suivre celui qui est le « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », « en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (1Tm 6,15 ; Col 2,3) ; sur la croix il est nu, tourné en dérision, couvert de crachats, frappé, couronné d'épines, et enfin, abreuvé de fiel et de vinaigre.

 

Méditation de l'évangile

du père Gilbert

La demande démesurée des fils de Zébédée

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45

Pour Jésus, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfant et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

A travers l'Evangile, Jésus s'attaque très souvent aux deux racines du péché, source de tant de désordres dans notre société : la cupidité et un appétit démesurés de pouvoir et de puissance. D'ailleurs, l'Evangile est remplie de son opposition courageuse face aux prétentions des gens en place, qui tentent de mille manières de s'assujettir leurs semblables. Rappelons-nous ses démêlés avec les pharisiens, les scribes, les docteurs de la Loi, les sadducéens, les hérodiens ….

Il le souligne à diverses reprises à ses contemporains, on peut même se servir des traditions religieuses pour exercer un empire tyrannique sur les âmes. Jésus ne se génera pas pour dénoncer cette imposture et libérer les coeurs. Ses guérisons le jour du sabbat sont une provocation calculée devant de tels abus de pouvoir.

” Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat “

Ne faisons pas de Jésus un anarchiste, ce serait ridicule. Il est Roi et Il le sait. Il est Seigneur et Maître.

” Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous dites bien car je le suis.”

Il possède autorité et pouvoir, mais Il en use toujours au bénéfice des pêcheurs, des malades, des mal-aimés. Son pouvoir est bénéfique.

Jésus connaît donc ce que représente le pouvoir : un service dont malheureusement  nous pouvons abuser en le détournant à notre profit personnel. Il a su éviter la griserie du pouvoir. Le soir de la multiplication des pains, les siens ont voulu le faire roi, mais Il a su calmer les foules, forcer les apôtres à embarquer, et à travers la mer, abandonner aussi leurs rêves de gloire. Aussi, lorsque les fils de Zébédée, Jacques et Jean, appuyés par leur mère, viendront Lui demander les premières places dans son Royaume, l'accueil sera-t-il assez frais :

“Vous ne savez pas ce que vous demandez”.

Le Royaume de Dieu n'est pas une affaire de réussite humaine, les introductions, les recommandations, rien de tout cela ne joue plus ici. C'est le Père qui, dans son amour, prédestine les hommes à cet amour insensé, et les plus petits, les plus déshérités sont les préférés de son coeur. Aussi n'exaucera-t-Il pas la demande de cette mère ambitieuse :

“Mais quant à être assis à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; c'est pour ceux à qui cela est destiné par mon Père”.

Que ses fils ne se donnent donc pas à Lui pour les premières places, car à ses yeux, rien n'est plus ambigu que le pouvoir. Par contre, Il les engage sur la voie mystérieuse, choisie pour le Fils de l'homme, la voie du service et de la souffrance acceptée :

“En effet, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour le salut d'une multitude”.

Luc ajoute cette précision au texte de Marc : “Il y eut aussi une rivalité parmi eux : lequel d'entre eux pourrait passer pour le plus grand”

Nous connaissons cette comédie des “grands” dans le monde politique. Les “grands” et ceux qui voudraient bien l'être. Jésus à cette occasion va redire aux siens ce que Lui pense de cette fameuse grandeur et excellence personnelle. Dans un geste amical, Il les rassemble près de Lui et leur parle :

“Les rois des nations s'en rendent les maîtres. Leurs princes reçoivent le nom de “bienfaiteurs”

Je ne sais si ses apôtres ont perçu l'ironie impitoyable de ses paroles. Il y a un humour noir à nous dire que ceux qui pressurent les peuples en sont appelés “bienfaiteurs”.

Jésus s'inscrit donc en faux contre la sagesse des malins. Il livre alors aux siens ses principes d'action. Ils vont à l'encontre de la loi du plus fort ; à l'encontre de l'orgueil qui veut dominer, s'imposer, exploiter.

“Quant à vous, n'agissez pas ainsi, mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune et que le chef soit comme celui qui sert”.

Face au pouvoir que l'on exerce, sa Sagesse à Lui c'est de servir les autres. Il s'oppose donc à la mentalité courante, à toute manière de s'imposer. Lui, le Fils se fait le serviteur de tous. ” En effet, au milieu de vous, Je suis comme celui qui sert”.

Pour Lui, le pouvoir, avant tout, crée des devoirs à celui qui le détient ou l'exerce. Tout cela est si vrai pour nous au niveau de nos familles, entre époux, entre enfants et parents; au niveau de nos relations sociales, entre employés et employeurs; au niveau politique entre gouvernants et gouvernés.

Il n'y a pas de communauté chrétienne possible, si nous ne demandons pas à Dieu de cette attitude tyrannique que nous adoptons souvent vis à vis de nos frères. Prétention ridicule où notre moi se veut toujours premier et “roi-bienfaiteur”

Rappelons-nous l'humour du Seigneur, laissons tomber nos grandeurs et soyons simplement “celui que sert”.

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

Jésus disaient : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »

Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jacques et Jean suivent Jésus. Jean est le disciple que Jésus aimait, Jacques sera le premier Apôtre martyr. Il y a une relation forte entre les deux frères ! Moyennant la complicité de leur mère, ils cherchent une place dans le Royaume ! Ils se sentent en harmonie avec les paroles et les gestes de Jésus, ils ont vraiment envie d’être tout proches de lui, et ils le manifestent. La réponse de Jésus, d’un grand réalisme, est importante pour nous : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Jésus introduit un paramètre que les Apôtres n’avaient pas imaginé : Celui de la souffrance de sa Passion. Dans leur générosité, les deux Apôtres répondent : "Oui, nous le pouvons." Jésus confirme que ce sera bien ainsi. Mais Jésus ajoute : « Quant à siéger à ma droite et à ma gauche », c’est mon Père qui le donne. Jésus se situe en humble serviteur, il n’a pas le pouvoir de dire qui sera à sa droite et à sa gauche dans son Royaume.

"Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »" 

Ils lui disaient : Nous le pouvons. Jésus répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. » Jésus est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu dit l’apôtre Jean. Le monde ne reçoit pas les pauvres, les souffrants et les petits qui sont les prophètes du Royaume. Suivre Jésus, c’est porter les cris de l’humanité, c’est se laisser déranger ! La coupe de Jésus nous aide à regarder la coupe de nos frères, elle est très amère. Le Royaume de l’amour est totalement gratuit. Jésus dit : « Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » C’est entrer dans le mystère de la compassion pour suivre Jésus rejeté et bafoué qui prend sur Lui la souffrance de l’humanité avec Marie. Dieu n’a pas créé la souffrance, elle est là, à cause de la jalousie du menteur. Marie, la mère de Jésus, sera touchée par la souffrance de Jésus d’une manière unique, elle est la première qui a été baptisée dans la Passion de Jésus. La compassion de son cœur est sa réponse à l’amour infini de Dieu.

Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean.

Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » Marie sera la première à nous indiquer le chemin de Jésus, à participer à sa Croix. La première, elle est entrée dans la faiblesse ! Tout a commencé pour elle par la joie du Don de Jésus à Noel, dans la toute petitesse et dans une pauvreté extrême. La joie de Marie nous est présentée dans son Oui à l’Amour, d’une manière que nous ne pouvons pas concevoir. Jésus prend la comparaison du monde pour les autres Apôtres qui s’indignent : « Regardez le monde, ne faites pas comme lui. » Marie va devenir la mère du Fils unique de Dieu, elle va s’offrir avec lui ! Marie participe ainsi à l’enfantement d’un monde nouveau. Dieu est dans une joie étonnante de nous donner la vie, Mais il lui faut passer par la douleur de Jésus : « La femme qui enfante, est dans la douleur, mais quand l’enfant est né, elle est toute à la joie de l’enfant qui est né. » Nous devons faire ce passage jusqu’à la joie du Père, à la résurrection de Jésus.

Prions

Seigneur donne-nous le courage et la grâce de suivre Jésus dans les mystères joyeux, dans les mystères douloureux et jusque dans sa gloire. Amen

 

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Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,8-12


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu.
Mais celui qui m’aura renié en face des hommes sera renié à son tour en face des anges de Dieu.
Quiconque dira une parole contre le Fils de l’homme, cela lui sera pardonné ; mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné.
Quand on vous traduira devant les gens des synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la façon dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz.
Car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure-là ce qu’il faudra dire. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Passion des saintes Félicité et Perpétue

(début 3e siècle)
§ 2-3 (Les premiers martyrs de l'Église; coll. Pères dans la foi n°12; trad. A.-G. Hamman; Éd. DDB 1979, p. 71 rev.)
« Celui qui se sera prononcé pour moi devant les hommes, le Fils de l'homme se prononcera aussi pour lui »


On a arrêté des jeunes gens qui étaient catéchumènes : Revocatus et Félicité, tous les deux esclaves, Saturninus et Secundulus, avec eux se trouvait Vibia Perpétue. Elle était de naissance noble, elle avait reçu une éducation brillante et avait fait un beau mariage. Perpétue avait encore son père et sa mère, deux frères — dont l'un était également catéchumène — et un enfant pas encore sevré. Elle avait environ vingt-deux ans. Elle a raconté elle-même toute l'histoire de son martyre. La voici, écrite de sa main et d'après ses impressions :

            « Nous étions encore avec nos gardes quand déjà mon père essayait de me convaincre. Dans sa tendresse, il s'efforçait d'ébranler ma foi.

— Père, lui dis-je, vois-tu le vase qui traîne par terre, cette cruche ou bien cette autre chose ?

— Je le vois, dit mon père.

— Peut-on lui donner un autre nom que celui qu'il porte ? lui dis-je.

— Non, répondit-il.

— Eh bien, moi de même, je ne peux pas me donner un autre nom que mon vrai nom : je suis chrétienne.

            « Mon père a été exaspéré par cette parole, il s'est jeté sur moi pour m'arracher les yeux. Il s'est contenté de me maltraiter et est parti, avec les arguments du démon, vaincu. Pendant plusieurs jours, je n'ai plus revu mon père ; j'en ai remercié Dieu, cette absence m'a été un soulagement. C'est précisément pendant ce court laps de temps que nous avons été baptisés. L'Esprit Saint m'a inspirée de ne rien demander à l'eau sainte, sinon la force de résister physiquement.

            « Quelques jours plus tard, nous avons été transférés dans la prison de Carthage. J'en ai été épouvantée : jamais je ne m'étais trouvée dans de pareilles ténèbres (...) ; j'étais dévorée d'inquiétude à cause de mon enfant. (...) Je réconfortais mon frère, en lui recommandant mon fils. Je souffrais beaucoup de voir les miens souffrir à cause de moi. Durant de longs jours, ces inquiétudes m'ont torturée. J'ai fini par obtenir que mon enfant demeure avec moi en prison. Aussitôt il a repris des forces, et j'ai été délivrée de la peine et des soucis qu'il m'avait causés. D'un coup, la prison s'est changée pour moi en palais, et je m'y trouvais mieux que partout ailleurs. »

 

Méditation de l'Evangile     

du père Gabriel

Le temps des persécutions

« Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père, parlant en vous ». Je sais, le texte s'adresse plutôt aux amis de Jésus, au moment de la persécution. Mais dans cette détresse spirituelle où vous voyez sombrer vos amis, vos enfants, n'ayez crainte, l'Esprit de Jésus sera là aussi pour inventer, en vous, les paroles à prononcer.

Dans les situations difficiles, ne cherchez pas ce que vous direz à tel ou telle. Mais vous qui vivez en union avec l'Esprit de Jésus, confiez-vous à cet Esprit qui vous illuminera de l'intérieur et vous suggèrera les paroles de la Sagesse de Dieu.

Loin d'éteindre la mèche qui fume encore, vos mots, vos pauvres mots, inspirés par Lui, rallumeront la lumière dans la nuit des cœurs. Dans cette nuit, tous les hommes attendent la Lumière !

« Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père, parlant en vous ».

Je sais, le texte s'adresse plutôt aux amis de Jésus, au moment de la persécution. Mais dans cette détresse spirituelle où vous voyez sombrer vos amis, vos enfants, n'ayez crainte, l'Esprit de Jésus sera là aussi pour inventer, en vous, les paroles à prononcer.

Celui qui a fait le choix du Seigneur et de sa vérité possèdera la liberté intérieure; car l'Esprit-Saint l'envahira, et dans la paix lui donnera toute réponse.

Jésus est un ami fidèle. Il prévoit les coups durs des temps de persécutions qui nous trouveront désarmés devant les malins et les puissants du jour. Mais c'est son Esprit, l'Esprit du Père qui, à ces moments-là, nous animera.« Ne craignez pas », aime-t-Il à nous redire.

Dans un certain sens nous sommes, face à toutes les idéologies de notre époque, affrontés à une persécution latente et sournoise. Nos enfants, nos amis, nous-mêmes avons grand besoin de la Lumière de cet Esprit du Père afin de rester fidèles aux valeurs du Royaume, aux principes de Jésus : “ Ne crains pas, petit troupeau ” . C'est encore une de ses paroles.

Père Gabriel

Homélie du Père Gilbert Adam

Sainte Marguerite-Marie

Demeurez dans mon amour.

"Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Jésus a fait battre le cœur humain de l’Amour de Dieu, il s’offre ainsi à l’humanité. En chacun de nous, le désir d’être aimé et d’aimé à l’infini vient de notre origine. Dès que nous rencontrons un cœur qui aime, les difficultés de notre vie s’estompent, les soucis s’évaporent, c’est enfin la conversion du cœur. Tout comme la vigne nourrit les sarments par la sève, Jésus ne cesse de répandre en nous son Amour. Cet Amour est tellement surabondant qu’il ne demande qu’à se répandre autour de nous. Jésus nous donne le vertige, puisqu’il nous demande de nous aimer les uns les autres, comme lui nous a aimés. Il nous a aimé comme le Père l’a aimé. Nous voulons vivre dans la profondeur insondable de l’Esprit Saint qui nous aime. Jésus sait que son amour nous fait agir. Il n’attend pas que nous soyons parfaits pour nous aimer, c’est son amour qui réalise notre perfection. L’amour fait fondre les duretés de notre cœur, toutes les résistances à l’amour. Il nous établit dans l’amour. Cet amour est paix, joie, douceur, silence. Jésus est Amour, dans une douceur incroyable et avec une grande humilité il nous révèle l’Amour du Père pour nous. Sainte Marguerite-Marie nous fait pénétrer dans cet amour du Christ Jésus venu dans notre chair.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Dans le monde, le verbe « aimer » se réduit au sentiment d’amour qui est volatil et inconstant. Dans le mystère de Jésus, l’Amour est un don de soi, un acte qui engage toute notre personne. C’est un acte de volonté capable de dépasser les sentiments les plus contradictoires qui peuvent nous assaillir. Jésus, dans son humanité, nous aime de l’Amour infini du Père. Il exprime le don total de lui-même, la volonté du Père. Notre lien avec lui nous prépare à vivre de cet amour dans le quotidien, pour que l’autre vive, pour qu’il puisse se trouver. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus manifeste son cœur à Marguerite Marie. Elle a compris que sa vocation était de vivre dans cet amour. Marie l’a guéri de la maladie, elle a été saisie par l’amour de Jésus : « Si tu m’es fidèle, je ne te quitterai point, je t’apprendrai à me connaître et je me manifesterai à toi. » Marguerite Marie est entrée dans les épreuves, la patience de Dieu, son amour infini est venu à bout de tous les obstacles de sa vie.

"Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure.

Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. Quand Jésus voit venir Judas entouré des soldats romains au jardin des Oliviers, il nous est difficile de comprendre ce qu’il a pu ressentir à cet instant. Il a néanmoins aimé Judas jusqu’au bout. Comme le Père l’a aimé, il l’a aimé jusqu’à donner sa vie pour lui sur la croix. Jésus dit à Marguerite-Marie : « Mon cœur est si passionné d’amour pour les hommes et pour toi en particulier, ne pouvant plus contenir les flammes de mon ardente charité, il faut que je les répande par ton moyen et qu’elles se manifestent à eux pour les enrichir de mes précieux trésors. » L’amour de Dieu est vraiment le seul Amour qui peut nous guérir, nous faire entrer dans sa joie. Cet amour privilégié de Jésus est comme le soleil sur les perles précieuses, plus la perle rayonne, plus elle fait rayonner sur les autres cette lumière. Notre vie, comblée ou douloureuse, laisse alors un passage à la vraie vie.

Prière

 Esprit Saint accorde-nous  la grâce d’être établis dans la tendresse, la douceur et d’humilité de Notre Seigneur Jésus.

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L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ;

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,1-7.


En ce temps-là, comme la foule s’était rassemblée par milliers au point qu’on s’écrasait, Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie.
Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu.
Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits.
Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus.
Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.
Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous ? Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu.
À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)
moine trappiste espagnol

Écrits spirituels, 11/08/1934 (trad. A. Rodriguez, o.p. ; Éd. Cerf 2008, p. 123)
« Même vos cheveux sont tous comptés, soyez sans crainte »


Dieu m'envoie la croix (...). Bénie soit-elle car, comme dit Job, « si nous accueillons joyeusement tous les bienfaits de la main de Dieu, pourquoi ne pas accueillir pareillement les épreuves ? » (2,10) Tout nous vient de lui, santé et maladie, biens temporels, malheurs et infortunes ; tout, absolument tout, est parfaitement ordonné. Si quelquefois la créature se rebelle contre le dessein de Dieu, elle commet un péché, car tout est nécessaire, tout est bien fait, et les rires sont aussi nécessaires que les larmes. Nous pouvons tirer profit de tout pour notre perfection, à condition de voir, dans un esprit de foi, l'œuvre de Dieu en tout, et de demeurer comme des petits enfants dans les mains du Père. Car nous, tout seuls, où irions-nous ? (...)

            Je ne cherche pas à m'arracher aux sentiments [que m'inspirent mes épreuves], c'est évident ; mais ce que Dieu veut c'est les perfectionner en moi. Pour cela, il me mène par ici et par là, comme un jouet, me faisant abandonner un peu partout des morceaux de mon cœur. Dieu est grand, et il accomplit tout parfaitement ! Comme il m'aime, et comme je le lui rends mal ! Sa providence est infinie, et nous devons nous y confier sans réserve.

Méditation de l'Evangile 

Du père Gabriel

Évangile de Jésus-Christ selon Luc 12, 1 – 7

Jésus rejette la doctrine des pharisiens formalistes et sans amour. Leur attitude morale fige toute spiritualité pour la rendre bientôt odieuse. Il rejette la doctrine d'Hérode, profiteur et sensuel qui, sans scrupule, supprime ceux qui lui rappellent les commandements de Dieu.

 

Jésus passant d'une rive à l'autre du lac avec ses disciples, ces derniers oublient d'emporter du pain et Jésus leur dit d'une manière ironique :

“Voyez et gardez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens… et du levain d'Hérode”

Ils n'ont pas tous saisi l'allusion à la doctrine des pharisiens quand Il leur parle du “ferment”.

“Eux raisonnaient en eux-mêmes, se disant : c'est parce que nous n'avons pas pris de pains”. Il faudra qu'il mette les points sur les “i” pour qu'ils comprennent.

Il ne s'est pas entouré des plus belles intelligences du siècle pour leur transmettre sa doctrine. Il a pris des gens de son terroir, des gens sans culture, des lents qui, durant trois ans, le feront bien souvent bondir. L'ironie leur échappe. Les allusions les plus claires, ils ne les saisissent pas. Il les met en garde contre le levain des pharisiens et eux pensent qu'Il leur reproche d'avoir oublié de prendre du pain pour le voyage.

“Comment n'avez-vous pas réfléchi que Je ne vous ai pas parlé à propos des pains ? Mais gardez-vous du “levain” des pharisiens et des sadducéens. Alors ils comprirent qu'Il ne leur avait pas dit de se garder du levain des pains, mais de la doctrine des pharisiens et des sadducéens”. 

En effet, Il rejette la doctrine des pharisiens formalistes et sans amour. Leur attitude morale fige toute spiritualité pour la rendre bientôt odieuse. Il rejette la doctrine d'Hérode, profiteur et sensuel qui, sans scrupule, supprime ceux qui lui rappellent les commandements de Dieu.

Il rejette la doctrine des sadducéens, conformistes, toujours prêts à toutes les compromissions pour assurer leur tranquillité terrestre, la seule à laquelle ils croient.

Jésus nous demande des choix. A nous de transformer nos mentalités et de savoir rejeter les erreurs des multiples systèmes de pensées qui régissent le monde. Lui a su manifester une liberté de pensée, de parole et d'action absolue face à la vérité.

Ce levain des pharisiens, des hérodiens, des docteurs de la Loi, des zélotes, des Romains, des scribes et des sadducéens, Il le rejette avec la dernière des énergies.

Et ce n'était pas sans danger et sans risque ! Il le payera de sa vie. Nous pouvons remarquer que c'est le pouvoir politique de tout bord qui en veut ici à la liberté de pensée et d'action du Seigneur.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon Sainte Thérèse d’Avila

"Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit.

Thérèse a enseigné, par l’oraison, comment nous pouvons porter un bon fruit pour le Seigneur Jésus. La puissance d’amour qui habitait le cœur de Thérèse était nourrie par sa vie de foi en Jésus présent en elle. « Le Seigneur dit un jour à Thérèse : Jusqu’ici tu ne fus pas entièrement à moi ; maintenant que tu es tout à moi, sache que je suis tout à toi. » Dieu brûle d’un désir extrême de s’unir à nous ; mais il faut que nous aussi, nous prenions soin de nous unir à lui. Jésus parle de deux arbres, le bon arbre qui porte un bon fruit, le mauvais arbre qui porte du mauvais fruit. Il est impossible que nous soyons le bon arbre qui porte de temps en temps du mauvais fruit. Nous pouvons laisser notre conscience s’endormir et faire le contraire de ce que Jésus nous a enseigné, jusqu’à être crucifié pour nous. Nous ne devons pas nous laisser arrêter par nos fragilités. Au contraire, nous nous en servons comme d’un tremplin pour aller vers le cœur de Dieu plein de miséricordieuse tendresse. Le Carmel est une grande école ou l’on apprend à rencontrer le Dieu caché, à l’intime de soi-même : "O Trinité que j’adore," disait Élisabeth de la Trinité. Nous sommes une louange de gloire, temple de l’Esprit Saint, à l’école de la Vierge Marie ! Thérèse a tenu bon.

"Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. 

Thérèse d’Avila, voyageait avec les moyens de transport qui la faisait beaucoup souffrir. Elle traversait son pays avec de jeunes religieuses pour fonder des monastères. Quand elle trouvait un abri dans l’auberge du pays, elle y passait la nuit dans les veilles. Sa vie était un pèlerinage, « une nuit passée dans une mauvaise auberge, » disait-elle. Elle s’est prononcée pour Jésus avec un grand amour. Quand elle avait acquis une maison dans un endroit propice, aussitôt Jésus, le Roi d’amour, était exposé dans le Saint Sacrement. Les sœurs, éclairées par Thérèse, pouvaient alors adorer leur Seigneur. C’est la puissance de Dieu qui agissait en elle comme elle agit toujours dans l’Église malgré et au travers de notre grande faiblesse. Pour rendre témoignage à son Amour et porter de bons fruits, Dieu nous donne son Esprit Saint. Il est l’Esprit Consolateur et le Maître de notre vie tout entière. L’accueillir, nous laisser être aimé par lui qui nous donne d’être nous-mêmes est notre appel. Il fait de nous ses témoins. Nous persévérons dans notre travail, dans notre famille et dans la société en témoins de Jésus.

"L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. 

Nous demandons à Dieu la grâce de l’ardeur qui habitait le cœur de Thérèse. Nous nous laissons aimer gratuitement et sans mesure par le Dieu qui n’est qu’Amour et Miséricorde. Aujourd’hui, Thérèse resplendit de la beauté de Jésus qui nous demande de vivre dans la lumière de l’Amour. La conscience de cet Amour change notre vie. C’est un ferment qui pénètre chaque instant de notre journée, chacune de nos relations. Témoigner de cet amour est la gloire de Dieu dans notre vie. C’est le grand bonheur que nous ne pouvons pas garder pour nous. C’est dans la faiblesse humaine que se déploie la puissance de l’Amour infini de Dieu. Là est un grand mystère d’espérance. Dieu qui a ressuscité Jésus, agit dans notre faiblesse et dans notre misère. Les puissances du monde et de l’enfer peuvent se déchaîner, elles sont impuissantes face au souffle d’Amour du cœur de Dieu. Si quelqu’un se tient debout dans la foi, les yeux fixés sur Jésus le Sauveur, la force, le pouvoir du Christ agit en lui.

Prière

 Seigneur, envoie-nous la grâce de comprendre la beauté et la puissance de l’amour infini de Notre Père, pour qu'il vienne dans nos faiblesses. Amen

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cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,47-54.


En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.
Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.
Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »
Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ;
ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Baudouin de Ford (?-v. 1190)
abbé cistercien, puis évêque

Le Sacrement de l'autel, II, 1 ; SC 93 (trad. E. de Solms, o.s.b.; Éd. Cerf 1963; p. 171 rev.)

« Ils se mirent à lui en vouloir terriblement et ils le harcelaient »

 

« Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3,16). Ce Fils unique « a été offert », non parce que ses ennemis ont prévalu, mais « parce que lui-même l'a voulu » (Is 53,10-11). « Il a aimé les siens ; il les a aimés jusqu'à la fin » (Jn 13,1). La fin, c'est la mort acceptée pour ceux qu'il aime ; voilà la fin de toute perfection, la fin de l'amour parfait, car « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13).

            Cet amour du Christ a été plus puissant dans la mort du Christ que la haine de ses ennemis ; la haine a pu faire seulement ce que l'amour lui permettait. Judas, ou les ennemis du Christ, l'ont livré à la mort, par une haine méchante. Le Père a livré son Fils, et le Fils s'est livré lui-même par amour (Rm 8,32; Ga 2,20). L'amour n'est cependant pas coupable de trahison ; il est innocent, même quand le Christ en meurt. Car seul l'amour peut faire impunément ce qui lui plaît. Seul l'amour peut contraindre Dieu et comme lui commander. C'est lui qui l'a fait descendre du ciel et l'a mis en croix, lui qui a répandu le sang du Christ pour la rémission des péchés, en un acte aussi innocent que salutaire. Toute notre action de grâce pour le salut du monde est donc due à l'amour. Et il nous presse, par une logique contraignante, d'aimer le Christ autant que d'autres ont pu le haïr.

Méditation de l'Evangile

du père Gabriel 

Jésus et la liberté face aux pharisiens et aux docteurs

Jésus décrit ce qui lui arrivera, et qui continue d'arriver, car rarement le pouvoir s'abstient de devenir tyrannique se mettant au service d'une idéologie et non au service de l'homme. Et Jésus constate que le pouvoir, sous de multiples formes, ferme aux hommes l'accès du Royaume des Cieux de peur de perdre son autorité sur le royaume de la terre.

 

Scribes, pharisiens, docteurs de la Loi possédaient un pouvoir immense dans la société juive contemporaine de Jésus. Le Seigneur ose, avec une indépendance absolue, les contrer, s'opposer à eux et leur reprocher leur manière de faire…

“Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Qui purifiez le dehors de la coupe et du plat et dont le contenu provient de la rapine ou de l'intempérance. Pharisiens aveugles ! Purifie le dedans de la coupe et du plat, afin que son extérieur aussi devienne pur”

“A vous aussi, docteurs, malheur ! Parce que vous imposez aux hommes des fardeaux difficiles à porter, alors que vous-mêmes vous ne touchez pas aux fardeaux d'un seul de vos doigts” .

Jésus a très bien perçu que ceux qui détiennent un pouvoir deviennent facilement homicides pour le conserver.

“Voilà pourquoi la Sagesse de Dieu, elle aussi, a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres. Et ils en tueront et persécuteront”

“Il en est que vous tuerez et crucifierez ; il en est que vous flagellerez dans vos synagogues et que vous poursuivrez de ville en ville “

Il décrit ce qui lui arrivera, et qui continue d'arriver, car rarement le pouvoir s'abstient de devenir tyrannique se mettant au service d'une idéologie et non au service de l'homme. Et Jésus constate que le pouvoir, sous de multiples formes, ferme aux hommes l'accès du Royaume des Cieux de peur de perdre son autorité sur le royaume de la terre.

“Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le Royaume des Cieux ; car vous-mêmes n'entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui le voudraient”

Jésus nous engage à ne rien craindre du pouvoir et à toujours témoigner d'une liberté d'esprit absolue, même au risque de la mort. On se figure souvent cette recommandation dans l'abstrait, et pourtant, sous des régimes politiques très durs, dits de droite ou de gauche, tant de chrétiens réalisent ce témoignage dans leur sang ou dans la privation de leur liberté.

“Or, Je vous le dis à vous, mes amis : ne craignez pas ceux qui tuent le corps et après cela ne sauraient rien faire de plus. Mais je vous montrerai qui vous devez craindre ;  craignez celui qui, après avoir tué, a la puissance de jeter dans la Géhenne. Oui, vous dis-Je, craignez celui-là”

Il faut savoir choisir les maîtres que nous voulons, Dieu ou les puissants du jour, en sachant que le Seigneur ne nous trahira jamais.

“Je vous le dis : quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu” .

Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

« Malheureux êtes-vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. »

« Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués. »

Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. Nous demandons la grâce de comprendre la colère de Jésus. Il veut ouvrir le cœur endurci des Pharisiens. Nous sommes pécheurs depuis la faute d’Eve et d’Adam à l’origine de l’humanité. Ils ont refusé leur confiance en Dieu pour écouter le menteur. La beauté de la plénitude de Jésus, c’est d’être doux avec ceux qui s’ouvrent à lui. Ils savent dénoncer l’arrogance des hommes qui ferment leur cœur à l’invitation d’amour que Dieu leur fait. Jésus combat le grand mal de l’hypocrisie, il a déjà dit des pharisiens : "Méfiez-vous : ils disent, mais ne font pas." Devant le mensonge des faux religieux, notre "non" doit être net. Avec Jésus nous sommes dans le « Geste » créateur et sauveur de Dieu. Il nous sauve dans la surabondance de son amour. C’est son amour infini qui nous fait naître et nous levons les yeux vers notre Père des cieux avec une immense confiance.

"C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront. 

Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération. Nous sommes profondément touchés par l’enseignement de Jésus, par son action et son exhortation à la générosité. Dans sa surabondante tendresse, Dieu prend sur lui notre misère. Que Jésus nous donne l’ardeur de son cœur. L’Esprit Saint nous enseigne et nous soutient dans notre marche vers la sainteté. Si nous jugeons et condamnons les prophètes aujourd’hui, nous nous jugeons nous-mêmes en les mettant à mort ! Il n’y a qu’une seule mesure pour Dieu, c’est la surabondance de son amour. Nous sommes servi par la mesure avec laquelle nous mesurons. En Jésus, nous sommes libérés car nous ne nous ne pouvons pas nous sauver par nous-mêmes, nous reconnaissons que l’action de Dieu est nécessaire.

"Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »

Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ; ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles. Jésus veut simplement ouvrir les yeux des docteurs de la Loi afin qu’ils entrent dans l’infini de l’amour de Dieu qui nous sauve. Ayant compris de quel amour nous sommes aimés, nous sommes sauvés. Nous sommes, avec Jésus, responsables pour notre famille et pour notre prochain. Nous voulons participer à son œuvre de salut pour l’humanité. Cet appel vient de lui qui nous demande de faire tout ce que nous pouvons à sa suite, dans le temps que nous avons sur terre, pour le servir. Notre amour pour Jésus doit être vivant. Nous pouvons nous aimer les uns les autres à l’infini, avec cet amour qui vient de Dieu, et que personne ne peut arrêter.

Prière

Seigneur nous te demandons la grâce d’une Parole qui nous libère, et nous aide à surmonter les difficultés du quotidien.
 

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« Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,37-41.
 

En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place.
Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas.
Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?
Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)
évêque et docteur de l'Église

 

6e Discours pour la neuvaine de Noël (Œuvres spirituelles, Noël; trad. O. Lathoud; Éds Saint-Paul 1993, p. 92 rev.)


 

Un cœur vraiment tout à Dieu
Comprenons-le bien, notre cœur appartiendra tout entier à Dieu à partir du jour où nous lui remettrons toute notre volonté, où nous ne voudrons plus que ce qu'il veut. Ce Dieu, du reste, ne veut que notre bien et notre bonheur. « Le Christ est mort, dit l'apôtre Paul, afin d'être le Seigneur et des morts et des vivants. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur » (Rm 14,8-9). Jésus a voulu mourir pour nous ; que pouvait-il faire de plus pour conquérir notre amour et devenir l'unique Maître de notre cœur ? À nous donc de montrer désormais au ciel et à la terre, par notre vie et par notre mort, que nous ne nous appartenons plus, mais que nous sommes tout entiers possédés par notre Dieu et par lui seul.

            Combien Dieu désire voir un cœur vraiment tout à lui ! De quel ardent amour ne l'aime-t-il pas ? Quelles marques de sa tendresse ne lui prodigue-t-il pas, dès ici-bas ! Quels biens, quel bonheur, quelle gloire ne lui prépare-t-il pas dans le ciel ! (...)

            Âmes fidèles ! Marchons à la rencontre de Jésus : s'il a le bonheur de nous posséder, nous avons, nous, celui de le posséder, lui : l'échange est beaucoup plus avantageux pour nous que pour lui. « Thérèse, dit un jour le Seigneur à cette sainte [d'Avila], jusqu'ici tu ne fus pas entièrement à moi ; maintenant que tu es tout à moi, sache que je suis tout à toi » (…) Dieu brûle d'un désir extrême de s'unir à nous ; mais il faut que nous aussi nous prenions soin de nous unir à Dieu.

 

Méditation de l'Evangile

du père Gabriel

Attention à l'enseignement des scribes

Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites,
parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux : à l'extérieur ils ont une belle apparence, mais l'intérieur est rempli d'ossements
et de toutes sortes de choses impures
.

Jésus entre donc pour manger chez un pharisien, mais il ne s'est pas lavé les mains.

"Jésus entra et se mit à table. Ce que voyant le pharisien s'étonna qu'Il ne se fût pas d'abord lavé, avant de déjeuner"

Les purifications légales étaient innombrables. La piété de Jésus est d'un tout autre ordre, elle consiste pour Lui dans un amour intérieur vis-à-vis de Dieu, Père, et non en des gestes traditionnels et superficiels. Pour Lui, l'eau bénite ne remplace pas la charité.

Cette hypocrisie l'écoeure et Il le dit : "Donc vous, pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat ; mais votre intérieur est rempli de rapine et de malveillance "

Il ne mâche pas ses mots et a le courage de dire leur fait aux pharisiens, gens en place, à l'influence redoutable.

"Insensés ! Est-ce que celui qui a fait le dehors n'a pas fait le dedans aussi ?"

L'humour ne manque pas, lorsqu'Il leur conseille de se débarrasser de toute leur vaisselle pour être purs définitivement : "Toutefois, donnez le contenu en aumône et voici que tout est pur pour vous"

Jésus est hors de Lui et ses invectives traduisent son indignation devant cette religion monstrueuse à ses yeux, où les valeurs sont inversées. On offre à Dieu, au Père, "la dîme de la menthe et de la rue et de tous les légumes", mais l'amour et la justice sont bafoués à son égard et à l'égard de nos frères.

"Mais malheur à vous, pharisiens, qui acquittez la dîme de la menthe, de la rue et de tous les légumes, et qui omettez la justice et l'amour de Dieu ! Mais c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans omettre cela"

Le texte de Matthieu précise, et la liste ironique des légumes (fenouil et cumin) nécessaires pour cette "sainte cuisine", et la liste "des points les plus graves de la loi, justice, compassion et bonne foi" parfaitement ignorés !

Jésus souligne cette démangeaison, ce prurit de toujours vouloir paraître, qui nous guette tous, gens d'église ou simples fidèles : "Malheur à vous, pharisiens, qui aimez être assis au siège d'honneur dans les synagogues, et à être salués sur les places !". Cela sent son "grand catholique".

Jésus, encore une fois, éclate devant l'hypocrisie, les façades blanchies qui ne cachent qu'immondices.

Cette invective à l'égard des pharisiens "sépulcres blanchis" ne manquait pas de piquant, quand on connaît la répulsion des juifs pour tout ce qui entraînait l'impureté légale. Les tombeaux étaient en tête de liste. D'où l'ironie de ces reproches :

"Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis, lesquels vus du dehors paraissent splendides, mais à l'intérieur sont pleins d'ossements de morts et de toute sortes d'immondices. De la même façon, vous aussi, votre extérieur vous donne aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais à l'intérieur vous êtes plein d'hypocrisie et d'iniquité". .

Jésus nous libère d'une religion hypocrite et routinière où les multiples préceptes et traditions, inventés par les hommes, nous dispensent de l'amour et de la justice. Il nous met aussi en garde contre toute attitude orgueilleuse et méprisante vis-à-vis de la foi populaire.

"Malheur à vous, docteurs de la Loi, car vous avez dérobé la chef de la science ; vous-mêmes n'êtes pas entrés, et vous avez empêché ceux qui entraient".

La "Science", sans l'amour, est stérile, surtout dans ce domaine de la science du salut des humbles. Pour Jésus, cette prétention de détenir la vérité absolue, avec cette morgue et ce dédain des petits, est intolérable. C'est un détournement des biens essentiels devenus une liste de détails : "Vous avez dérobé la clef de la science".
Père Gabriel

Homélie du père Gilbert Adam

 Comme Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. »

"Le pharisien fut étonné en voyant que Jésus n’avait pas d’abord fait son ablution avant le repas."

Les Pharisiens attachent une grande importance au respect de la loi de Moïse et ils ont aussi beaucoup d’autres coutumes et de règles pour s’assurer qu’ils obéissent correctement à cette loi. Leur complet respect des listes de lois et de règles est source de fierté et d’un sentiment de satisfaction. Mais il leur manque l’essentiel ! Comme eux, nous pouvons tomber dans le pièges de perdre de vue Celui pour qui nous rendons un culte et ne plus voir l’Amour de Dieu purifier nos cœurs. Jésus, qui est invité chez un pharisien pour prendre son repas, surprend ce pharisien par sa liberté, il n’a pas fait son « ablution ! » Pour entrer dans la perspective de Jésus il nous faut revenir à l’Annonciation ou tout l’amour du cœur de Dieu se déverse dans le cœur de Marie pour la transformer de fond en comble. C’est cet amour qui la purifie dés l’origine de sa conception. Marie est attirée par son Dieu, silencieuse, elle est de toutes manières à son service, toute attentive à Celui qui vit au plus intime de son être. Toutes les purifications de la première alliance sont relativisées face à cet amour nouveau.

"Le Seigneur dit au pharisien : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté." 

Nous pouvons nous donner bonne conscience à nous même en accomplissant toutes ces règles. Or le commandement de Dieu est là pour nous mener à Dieu, il nous libère d’une subjectivité confuse sur notre manière d’adorer Dieu et de vivre notre vie. L’Évangile nous entraine à creuser la foi en notre amour de Dieu. La vie chrétienne est animée par l’Esprit Saint. Dans la foi, l’espérance et de la charité nous voulons demeurer dans la lumière de Jésus pour célébrer l’alliance que nous vivons à la suite de Marie. « Vous purifiez l’extérieur, » dit Jésus, au pharisien qui l’avait invité, mais c’est l’intérieur qui est le plus important. Marie, bouleversée par sa rencontre de Dieu, rend visite à sa cousine Élisabeth. La grâce chrétienne part du cœur de Dieu qui transforme le cœur humain, et l’envoie en pleine humanité.

"Insensés ! dit Jésus ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? 

Prions

Seigneur, donne-nous la grâce du courage et d’être renouvelés dans une ardente charité pour retrouver la lumière de la nouvelle Alliance établie par Jésus. Amen

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