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Bienvenue sur mon site Une innovation pour mes anciens lecteurs, désormais je traite de divers sujet, en premier La religion judéo chrétienne signé" Monique Emounah", pour ceux qui ne peuvent se déplacer à l'églises quelques soit la raison, et le lieu de leurs résidences ils peuvent suivre les offices du jour, la politique (LR) et les infos, la poésie et les arts en général. Mes écrits, signé (Alumacom) également mes promos de mes dernières parutions et quelquefois un rappel pour mes anciens écrits. Merci de votre attention,

Décret relatif au développement du sucre de betteraves en France

15 janvier 1812 : décret relatif
au développement du sucre
de betteraves en France
(D’après « Essai sur le commerce de Marseille »
(par Jules Julliany) Tome 3 édition de 1842, « Collection complète des lois,
décrets, ordonnances, règlements, avis du Conseil d’État »
(par J.-B. Duverger) Tome 18 édition de 1836 et « De la fabrication du sucre
de betterave dans des rapports avec l’agriculture
et l’alimentation publique » (par B. Dureau) paru en 1860)
 
Napoléon combattait l’Angleterre par des décrets
non moins que par les armes. La France ayant perdu toutes ses colonies, un décret impérial organisa, sur une immense échelle, la fabrication du sucre de betteraves, en imposant l’ouverture d’écoles spéciales réparties dans cinq villes de l’empire et destinées à former cent élèves

Le sucre de betterave naquit du blocus continental.
Napoléon voulait de cette énergique volonté à laquelle tout cédait,
que les produits coloniaux qui alimentaient le commerce de
 l’Angleterre fussent remplacés par les produits européens ;
 le coton de Naples et de Rome devait se substituer à celui de l’Amérique,
 le pastel à l’indigo, la chicorée au café.

 

 

Quant au sucre de canne, on cherchait son similaire partout : dans les tiges de mais (Moniteur du 7 mars 1811), dans la pomme (Moniteur du 11 janvier 1811), dans la sève de l’érable — le Moniteur du 29 avril 1811 renferme la note suivante : « On ne consomme plus maintenant d’autre sucre chez le prince de Lichtenstein que celui qui est fabriqué dans ses domaines et qu’on obtient de la sève de l’érable » —, dans les châtaignes, dans le miel, dans les poires, dans les mûres blanches, dans les cerises, dans les prunes, dans les figues — rapport de Chaptal, Vauquelin, Parmentier, Berthollet, dans le Moniteur du 13 septembre 1811.

Le ministre de l'Intérieur présente à l'Empereur du sucre de betterave
Le ministre de l’Intérieur présente à l’Empereur du sucre de betterave

Dès 1810 on croyait l’avoir trouvé dans le raisin. Un décret impérial du 18 juin de cette année, rendu sur le rapport du ministre de l’Intérieur — Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet, ministre de l’Intérieur du 1er octobre 1809 au 1er avril 1814 —, accordait 100 000 francs au sieur Proust, et 40 000 francs au sieur Fouque, « en forme de gratification et à titre d’encouragement pour la découverte qu’ils avaient faite du sucre de raisin. » De plus, Proust avait été nommé membre de la Légion d’honneur (Moniteur du 22 juin 1810). Puis un décret du 12 août 1810 avait statué qu’une somme de 200 000 francs serait répartie entre les douze établissements qui auraient fabriqué dans un an la plus grande quantité de sucre de raisin.

Rendant compte à l’empereur de l’exécution de ce décret, le comte de Montalivet, dans un rapport du 9 septembre 1811, disait qu’il avait été fabriqué dans un an, dans toute l’étendue de l’empire, 2000 tonnes de sirop de raisin et plus de 500 tonnes de sucre et cassonade ; à la suite de ce rapport, un décret accorda des récompenses aux principaux producteurs. Dès 1809 , Parmentier disait à propos de ce sucre : « La révolution est faite au midi de la France ; les sirops de raisin s’y maintiendront, c’est le sucre indigène. » On voit qu’avant d’arriver au sucre de betterave des tentatives avaient été faites sur bien des substances.

Enfin, le Moniteur du 21 mars 1811 annonça que Barruel s’était livré à des opérations pour l’extraction du sucre de la betterave. Le sucre brut moscovade était revenu à 3 francs et 33 centimes le kilogramme, et le raffiné à 4 francs et 40 centimes, mais il pensait que dans une fabrique qui exploiterait 200 hectares, le kilogramme de sucre brut ne reviendrait qu’à 88 centimes, et celui du sucre raffiné à 1 franc et 40 centimes.

Deux jours après, on lisait dans la même feuille : « On a présenté à Sa Majesté plusieurs quintaux de sucre de betterave raffiné, cristallisé et ayant toutes les qualités du sucre de canne. » On a mêlé ensemble des pains de l’un et de l’autre et il a été impossible de les distinguer.

« Il résulte du rapport de la commission qui a été chargée de l’examen des divers moyens proposés pour remplacer par des produits indigènes les productions étrangères, très coûteuses à la France, que 70 000 arpents cultivés en betteraves, fourniraient les 30 millions de livres de sucre nécessaires à notre consommation.

« Une petite étendue de pays, tout au plus égale en surface à la forêt de Fontainebleau, affranchirait la France des 40 millions qu’elle est obligée d’envoyer aux Indes. »

Après un nouvel intervalle de deux jours, l’empereur rendit le décret suivant, du 25 mars 1811 : « Il sera mis dans notre empire jusqu’à la concurrence de 32 000 hectares en culture de betteraves et un nombre d’hectares déterminé en culture de pastel, dans la proportion de la quantité nécessaire à nos manufactures. »

Le comte de Montalivet annonçait à l’empereur, le 8 janvier 1812, que 6 785 hectares seulement avaient été ensemencées en betteraves et avaient produit 98 813 043 kilogrammes de racines ; le nombre des fabriques était de 39 à 40. « On peut compter, disait-il, sur 1 500 000 kilogrammes de sucre. (...)Tout annonce que la consommation du sucre de canne se réduira considérablement et qu’il sera possible de le prohiber un peu plus tard. »

Raffinage et emballage du sucre. Chromolithographie de 1900
Raffinage et emballage du sucre. Chromolithographie de 1900

Pour un pareil résultat ce n’était point assez de 32 000 hectares ; en conséquence l’empereur ordonna par son décret du 15 janvier 1812 d’ensemencer 100 000 hectares en betteraves. Le décret était ainsi libellé :

 TITRE Ier. École de fabrication pour le sucre de betterave

« Art. 1er. La fabrique des sieurs Barruel et Chapelet, plaine des Vertus, et celles établies à Wachenheim, département de Mont-Tonnerre, à Douai, à Strasbourg et à Castelnaudary, sont établies comme écoles spéciales de chimie, pour la fabrication de sucre de betterave.

« Art. 2. Ces élèves seront attachés à ces écoles, savoir : quarante à celles des sieurs Barruel et Chapelet, quinze à celle de Wachenheim, quinze à celle Douai, quinze à celle de Strasbourg, quinze à celle de Castelnaudary. Total : cent.

« Art. 3. Ces élèves seront pris parmi les étudiants en pharmacie, en médecine et en chimie. Il sera donné à chacun une indemnité de mille francs, lorsqu’ils auront suivi l’école pendant plus de trois mois, et qu’ils recevront des certificats constatant qu’ils connaissent parfaitement les procédés de la fabrication, et qu’ils sont dans le cas de diriger une fabrique.

« TITRE II. Culture des betteraves.

« Art. 4. Notre ministre de l’intérieur prendra des mesures pour faire semer dans l’étendue de l’empire cent mille arpents métriques de betteraves. L’état de répartition sera imprimé et envoyé aux préfets avant le 15 février.

« TITRE III. Fabrication.

« Art. 5. Il sera accordé, dans tout l’empire, cinq cents licences pour la fabrication du sucre de betterave.

« Art. 6. Ces licences seront accordées, de préférence :
1° à tous propriétaires de fabrique ou de raffinerie ;
2° à tous ceux qui ont fabriqué du sucre en 1811 ;
3° à tous ceux qui auraient fait des dispositions et des dépenses pour établir des ateliers de fabrication pour 1812

« Art. 7. Sur ces cinq cents licences, il en est accordé, de droit, au moins une à chaque département.

« Art. 8. Les préfets écriront à tous les propriétaires de raffineries, pour qu’ils aient à faire leur soumission pour l’établissement desdites fabriques pour la fin de 1812. À défaut, par les propriétaires de raffineries, d’avoir fait leur soumission au 15 mars, ou, au plus tard, au 15 avril, ils seront considérés comme ayant renoncé à la préférence qui était accordée.

« Art. 9. Les licences porteront obligation, pour celui qui les obtiendra, d’établir une fabrique capable de fabriquer au moins dix mille kilogrammes de sucre brut, de 1812 à 1813.

« Art. 10. Tout individu qui, ayant reçu une licence, aura effectivement fabriqué au moins dix mille kilogrammes de sucre brut, provenant de la récolte de 1812 à 1813, aura le privilège et l’assurance, par forme d’encouragement, qu’il ne sera mis aucun octroi ni imposition quelconque sur le produit de sa fabrication pendant l’espace de quatre années.

« Art. 11. Tout individu qui perfectionnerait la fabrication du sucre, de manière à en obtenir une plus grande quantité de la betterave, ou qui inventerait un mode de fabrication plus simple et plus économique, obtiendra une licence pour un plus long terme, avec l’assurance qu’il ne sera mis aucun octroi ni imposition quelconque, pendant la durée de sa licence, sur le produit de sa fabrication.

« TITRE IV. Création de quatre fabriques impériales.

« Art. 12. Quatre fabriques impériales de sucre de betterave seront établies en 1812, par les soins de notre ministre de l’Intérieur.

« Art. 13. Ces fabriques seront disposées de manière à fabriquer, avec le produit de la récolte de 1812 à 1813, deux millions de kilogrammes de sucre brut.

« TITRE V. Création d’une fabrique dans le domaine de Rambouillet.

« Art. 14. L’intendant général de notre couronne fera établir dans notre domaine de Rambouillet, aux frais et au profit de la couronne, une fabrique de sucre de betterave, pouvant fabriquer vingt mille kilogrammes de sucre brut, avec le produit de la récolte de 1812 à 1813. »

Intérieur d'une manufacture de sucre de betterave. Gravure parue dans l'Illustration (1843)
Intérieur d’une manufacture de sucre de betterave. Gravure parue dans l’Illustration (1843)

Une foule de propriétaires se rendirent à cet appel du souverain ; sur tous les points de la France on essaya la culture de la betterave, et on éleva des fabriques avec plus d’enthousiasme que de succès. Un des hommes qui firent le plus pour cet industrie, un agronome illustre, Mathieu de Dombasle, fut du nombre et éprouva, comme la plupart des nouveaux fabricants, les plus sérieux mécomptes. Ceux-ci provenaient soit de perturbations atmosphériques inattendues, telles que puis prolongées ou sécheresse, soit de mauvais procédés de culture, qui rendaient la dépense hors de proportion avec le rendement, soit enfin des vicissitudes politiques de la fin de l’empire.

L’avilissement du prix du sucre, qui fut la suite des événements de 1814, fit tomber tous ces établissements naissants, et le sucre de betterave ne put, pour un instant, survivre aux circonstances extraordinaires qui l’avaient fait naître. Nos ports devinrent momentanément ouverts au commerce de toutes les nations maritimes ; nos entrepôts, si longtemps vides, se remplirent de sucre colonial, lequel tomba à 14 ou 15 sous la livre. Un seul établissement, celui de Crespel-Delisse, continua de subsister.

On ne songea plus au sucre indigène, dont l’origine impériale, au surplus, n’était pas de nature à exciter beaucoup de sympathies. Pour le relever, il fallut l’excès de protection que les colonies obtinrent dès la première année de la Restauration. En effet, par une ordonnance du 17 décembre 1814, en fixant les droits sur les sucres d’origine française à 40 francs les 100 kg, imposait une surtaxe de 60 francs aux sucres étrangers.

Sous cette législation, nos colonies relevèrent leurs cultures, depuis si longtemps abandonnées, et importèrent, en 1816, plus de 17 millions de kilogrammes de sucre. Le sucre indigène commença en 1822 à donner de nouveau signe de vie. Et en 1825, près de cent sucreries, produisant ensemble environ 5 millions de kilogrammes, fonctionnaient régulièrement. Il y en avait dans les environs de Paris, dans le Nord, dans l’Artois, dans la Touraine, dans les environs de Nancy, et sur divers autres points du territoire. La conquête du sucre de betterave était faite ; il était entré dans sa période manufacturière et passé désormais à l’état de fait accompli.

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