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bx columba marmion

Je suis venu jeter un feu sur la terre: Le feu intérieur de l’amour

Évangile de Jésus-Christ

selon saint Luc 12,49-53.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.
Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

Le bon zèle (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 531-532 ; rev.)


Le feu intérieur de l’amour

 

Un des meilleurs fruits de la vie d’union et d’abandon à Dieu est d’entretenir dans l’âme le feu de l’amour, non seulement de l’amour divin, mais encore de la charité envers le prochain. Au contact fréquent du foyer de l’Amour substantiel, l’âme s’embrase pour les intérêts et la gloire du Seigneur, pour l’extension du règne du Christ dans les cœurs. La vraie vie intérieure nous livre aux âmes autant qu’à Dieu : elle est source de zèle. Quand on aime véritablement Dieu, en effet, on désire qu’il soit aimé, que « son nom soit glorifié, que son règne arrive dans les âmes, que sa volonté soit faite en tous » (cf. Mt 6, 9-10)

 

Méditation de l'évangile

du père Gabriel

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12, 49 - 53

Je suis venu jeter un feu sur la terre

L'ami du Seigneur, aujourd'hui, dans le calme, doit savoir lutter contre les idées reçues pour rester, lui, fidèle. Puisse-t-il le faire avec humour, au cœur du drame qu'il vivra au milieu des siens. Avec le Christ, les chemins de la liberté deviennent les chemins de la contradiction, car on n'est pas forcément d'accord avec les siens si on suit Jésus et si l'on met en pratique ses paroles.

Jésus n'est pas venu apporter la paix et la tranquillité, mais la lutte. Tous ceux qui se donneront à Lui devront lutter sans trêve et sans merci contre eux-mêmes et contre les mentalités régnantes.

"Je suis venu jeter un feu sur la terre ; et combien Je voudrais qu'il fût déjà allumé !...Mais Je dois recevoir un baptême ; et combien Je suis angoissé jusqu'à ce qu'il soit accompli !...

Et Jésus nous avertit de ce qui arrive à tout fidèle disciple, au coeur même de sa propre famille.

"Car Je suis venu séparer un homme de son père, et une fille de sa mère, et une belle-fille de sa belle-mère ; et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison"

C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui. La mentalité des fils et des filles est souvent diamétralement opposée à celle des parents, vis-à-vis de l'amour, vis-à-vis de l'Eglise, vis-à-vis de l'autorité et de la liberté, etc.

Et l'ami du Seigneur, aujourd'hui, dans le calme, doit savoir lutter contre les idées reçues pour rester, lui, fidèle. Puisse-t-il le faire avec humour, au cœur du drame qu'il vivra au milieu des siens.

Avec le Christ, les chemins de la liberté deviennent les chemins de la contradiction, car on n'est pas forcément d'accord avec les siens si on suit Jésus et si l'on met en pratique ses paroles.

Il y a encore une autre lutte que Jésus annonce. Il s'y engage pour nous tracer le chemin, avec toute son énergie ; c'est le baptême où Il sera plongé, baptême de la souffrance et de la mort où Il s'immerge au moment de sa passion. Sa générosité se dévoile bien là. Il est impatient de se donner et d'être baptisé de ce baptême de sang que sera la croix.

Mais sa mort, qui apporte la réponse de la Résurrection, change le monde, le plonge dans la lumière et le feu de Dieu.

Jésus est un enthousiaste, dans le sens propre du mot, et Il brûle d'allumer ce feu dans tous les cœurs.

Il y a des moments dans la vie humaine où la souffrance est comme l'eau envahissante d'une marée inéluctable qui nous recouvre de ses flots.

Jésus a voulu connaître la déréliction de ceux qui perdent un enfant, de ceux qui voient mourir leur femme ou leur époux, de ceux qui voient ruiner leur réputation, s'effondrer leur équilibre matériel ou psychique.

C'est le sens de cette "agonie" où Il se trouve plongé à Gethsémani, et qui signifie "combat". A ces moments, nous saurons que Jésus, et Lui seul, comprend nos détresses, et que c'est vers cet Emmanuel "Dieu avec nous" qu'il faut aller.

Seul Dieu, venu nous visiter dans le Fils de l'homme, l'Emmanuel, peut rendre crédible notre vocation à la vie éternelle, à travers la propre vie fragile et mortelle de son Fils Bien-Aimé, Jésus.

Oui, sa venue allume chez tous les hommes le feu de l'amour divin. La paille si ténue de l'homme s'embrase grâce à Lui du feu inextinguible du Buisson ardent.

Père Gabriel

 

 

Homélie du père Gilbert Adam

« Comme Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. »

"Le pharisien fut étonné en voyant que Jésus n’avait pas d’abord fait son ablution avant le repas."

Les Pharisiens attachent une grande importance au respect de la loi de Moïse et ils ont aussi beaucoup d’autres coutumes et de règles pour s’assurer qu’ils obéissent correctement à cette loi. Leur complet respect des listes de lois et de règles est source de fierté et d’un sentiment de satisfaction. Mais il leur manque l’essentiel ! Comme eux, nous pouvons tomber dans le pièges de perdre de vue Celui pour qui nous rendons un culte et ne plus voir l’Amour de Dieu purifier nos cœurs. Jésus, qui est invité chez un pharisien pour prendre son repas, surprend ce pharisien par sa liberté, il n’a pas fait son « ablution ! » Pour entrer dans la perspective de Jésus il nous faut revenir à l’Annonciation ou tout l’amour du cœur de Dieu se déverse dans le cœur de Marie pour la transformer de fond en comble. C’est cet amour qui la purifie dés l’origine de sa conception. Marie est attirée par son Dieu, silencieuse, elle est de toutes manières à son service, toute attentive à Celui qui vit au plus intime de son être. Toutes les purifications de la première alliance sont relativisées face à cet amour nouveau.

"Le Seigneur dit au pharisien : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté." 

Nous pouvons nous donner bonne conscience à nous même en accomplissant toutes ces règles. Or le commandement de Dieu est là pour nous mener à Dieu, il nous libère d’une subjectivité confuse sur notre manière d’adorer Dieu et de vivre notre vie. L’Évangile nous entraine à creuser la foi en notre amour de Dieu. La vie chrétienne est animée par l’Esprit Saint. Dans la foi, l’espérance et de la charité nous voulons demeurer dans la lumière de Jésus pour célébrer l’alliance que nous vivons à la suite de Marie. « Vous purifiez l’extérieur, » dit Jésus, au pharisien qui l’avait invité, mais c’est l’intérieur qui est le plus important. Marie, bouleversée par sa rencontre de Dieu, rend visite à sa cousine Élisabeth. La grâce chrétienne part du cœur de Dieu qui transforme le cœur humain, et l’envoie en pleine humanité.

"Insensés ! dit Jésus ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? 

Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous." La loi de l’amour est la plus importante. Elle rassemble tous les commandements du Seigneur Jésus. Quand Jésus demande de faire l’aumône, il dit aux Pharisiens d’aimer leurs prochains. Alors, leurs cœurs seront purs. Le dialogue avec le Seigneur Jésus, permet que notre cœur soit toujours tourné vers lui. Nous avons besoin d’être guidés par lui, car nous ne pouvons pas y arriver tout seul, il nous faut être libéré et guidé dans notre relation avec lui. La purification de notre cœur se réalise en faisant alliance avec Dieu. Nous faisons ainsi alliance avec le plus petit des enfants des hommes, Jésus. A travers lui nous faisons alliance avec tous nos frères en humanité. Marie, qui porte Jésus à travers le peuple de Dieu, préfigure l’Église qui annonce le mystère de Dieu. Jésus la conduira vers celui qui sera le plus démuni, le prophète Jean-Baptiste. Quand nous célébrons l’alliance que Dieu a établit avec nous par le repas de l’Eucharistie, nous manifestons que l’amour de Jésus règne dans nos familles et dans nos communautés. L’apôtre Jean dira : "Celui qui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.

Prions 

Seigneur nous te demandons la grâce d’être renouvelés dans une ardente charité pour retrouver la lumière de la nouvelle Alliance établie par Jésus notre Seigneur.

 

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Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,17-30.


En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

 

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

La pauvreté (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 268-269 ; rev.)


Tenons les yeux fixés sur Jésus, le divin pauvre


Contemplons Notre-Seigneur qui est notre modèle en toutes choses et que nous voulons suivre par amour. Que nous enseigne sa vie ? Il a, pour ainsi dire, épousé la pauvreté.

            Il était Dieu. (…) Et voici que ce Dieu s’incarne pour nous ramener à lui. Quelle voie choisit-il ? Celle de la pauvreté. Quand le Verbe est venu en ce monde, lui, le Roi du ciel et de la terre a voulu, dans sa divine sagesse, disposer les détails de sa naissance, de sa vie et de sa mort, de telle façon que ce qui transparaît le plus, c’est sa pauvreté, le mépris des biens de ce monde. Les plus pauvres naissent au moins sous un toit ; lui, il voit le jour dans une étable, sur la paille, car « il n’y avait pas de place pour sa mère à l’hôtellerie » (Lc 2,7). À Nazareth, il mène la vie obscure d’un pauvre artisan (cf. Mt 13,55). Plus tard, dans sa vie publique, il n’a pas où reposer la tête, « alors que les renards ont leurs tanières » (Lc 9, 58). À l’heure de la mort, il a voulu être dépouillé de ses vêtements et attaché nu à la croix. Cette tunique tissée par sa mère, il laisse ses bourreaux s’en emparer ; ses amis l’ont abandonné ; de ses apôtres, il ne voit auprès de lui que S. Jean. Au moins, sa mère lui reste : mais non, il la donne à son disciple (cf. Jn19,27). N’est-ce pas là le dépouillement absolu ? Cependant, il trouve moyen de dépasser cet extrême degré de dénuement. Il y a encore les joies célestes dont son Père inonde son humanité ; il y renonce, car voici que son Père l’abandonne (cf. Mt 22,46). Il demeure seul, suspendu entre le ciel et la terre. (…)

            Quand on contemple Jésus pauvre à la crèche, à Nazareth, sur la croix, nous tendant les mains et nous disant : « c’est pour toi », on comprend les folies des amants de la pauvreté. Tenons donc les yeux fixés sur le divin pauvre de Bethléem, de Nazareth et du Golgotha.

 

Méditation de l'Evangile du dimanche

du père Gabriel

Le jeune homme riche

Il est impossible à l'homme seul de se détacher de la passion de l'argent et du pouvoir, mais Dieu peut très bien changer son coeur et lui donner de trouver le bonheur dans la pauvreté.
Alors il entre dans le Royaume

Lorsque Jésus demande au jeune homme riche, celui-ci change de figure, et Jésus voyant le jeune homme riche s'éloigner tout triste, dit à ses apôtres :

"Combien difficilement ceux qui ont des richesses entrent-ils dans la Royaume de Dieu !"

Pour Jésus, c'est clair, l'annonce du Royaume ne se fera que dans la pauvreté. Notre rôle n'est pas de nous confier dans l'argent. Le Royaume est d'un tout autre ordre. Il s'agit d'une mission de la Parole, à jeter dans le monde comme une semence, selon l'enseignement même de Jésus, dans la parabole du semeur. Les moyens matériels ne sont donc que très accidentels pour Lui. De tels propos ne passent pas très bien du côté des apôtres : cela leur reste en travers de la gorge.

"Les disciples étaient stupéfaits de ses paroles"

Jésus va insister, reprendre les mêmes idées, mais ses paroles se feront encore plus amicales pour bien marquer l'importance de cette mise en garde contre la richesse.

"Mais Jésus, prenant de nouveau la parole, leur dit : mes fils, combien il est malaisé d'entrer dans le Royaume de Dieu !".

Devant leur désarroi son cœur lui dicte les mots qui les apaisent : "mes fils"... comme une mère dont la voix se fait plus douce et les mots plus affectueux, plus pressants, pour détourner son enfant du péril qu'il ignore.

Entrer dans le Royaume, cela veut dire beaucoup de choses. Mais ici, Jésus nous rappelle que notre attachement aux biens de la terre nous empêche de rentrer dans ce grand mouvement de libération spirituelle, qu'est l'annonce de la Bonne Nouvelle. Les riches ne sont pas assez fous pour aller compromettre leur fortune pour des idées, les idées du Royaume.

Les apôtres sont entrés dans le Royaume à la suite de Jésus, mais richesses et premières places ne les laissent pas indifférents. Les démarches des fils de Zébédée et de leur mère sont dans ce sens :

"Alors s'approcha de Lui la mère des fils de Zébédée, avec ses fils, prosternée et lui demandant quelque chose. Il lui dit : que veux-tu ? Elle lui dit : dis que nos deux fils que voici soient assis, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche dans ton Royaume".

Jésus insiste donc lourdement pour les faire changer de mentalité.

"Il est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu".

Devant de telles déclarations de leur Seigneur, les disciples sont atterrés; fini le joyeux Royaume où ils occuperaient les premières places !

"Ceux-là étaient dans la stupeur, se disant les uns aux autres : et alors, qui peut être sauvé ? Jésus fixant sur eux son regard leur dit : aux hommes, c'est impossible, mais à Dieu non; tout en effet, est possible à Dieu".

Son regard les réconforte donc ainsi que son optimisme qui puise sa force en Dieu. Il est impossible à l'homme seul de se détacher de la passion de l'argent et du pouvoir, mais Dieu peut très bien changer son cœur et lui donner de trouver le bonheur dans la pauvreté. Alors il entre dans le Royaume.

Père Gabriel

 

Homélie du père Gilbert Adam

Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer.

Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. » La foi de cet homme a encore besoin de purification car il voudrait que Jésus ajoute aux biens de la terre qu’il possède, les biens du ciel. Ce n’est pas en « flattant » Jésus que s’obtient un cadeau du ciel. Jésus répond à cet homme par l’observance des commandements. Il répond aussitôt à Jésus : Mais Seigneur, tout cela, je l’ai observé. En effet, il connaît la Loi, mais Jésus veut le faire aller plus loin. « Elle est vivante, la parole de Dieu, elle pénètre au plus profond de l’âme, elle juge des intentions et des pensées du cœur. » Cet homme venait chercher la joie en rencontrant Jésus, trouve ce que son cœur cherche, la vie éternelle, le bonheur qu’attend tout cœur humain. Cette situation est vraiment pleine de promesse. Mais ce bonheur ne peut nous rejoindre que dans une totale désappropriation de soi.

" Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer". Il lui dit : " Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. "

 Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples sont stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Quand Jésus nous propose de le suivre, si nous avons de grands biens, nous pouvons être généreux et en faire participer les autres. C’est dans cette participation que nous trouvons la joie du cœur. En rencontrant l’amour de Jésus, cet homme pouvait trouver ce qu’il cherchait ! Alors l’amour aurait surgi de son cœur ! Désapproprié de lui-même, c’est à dire bien disposé, cet homme aurait pu rencontrer le Royaume qu’il cherchait, il aurait été heureux. Quelque chose de très mystérieux se joue dans ce refus. Saint François d’Assise a entendu la parole de Dieu et il a répondu à l’appel. La joie est devenue son partage. Quant à cet homme, il devint sombre et il s’en alla tout triste. La rupture s’opère à partir de ces « grands biens. »

Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » 

Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Jésus montre que si nous voulons entrer dans la voie de l’amour, de la vie éternelle, les biens ne vont pas gêner, mais ils seront le lieu du partage, de l’offrande, de l’action de grâce. Si nous sommes sous le mode de l’avoir, c’est le lieu de l’enfermement. La tristesse de « ce jeune homme riche » a touché le cœur de Jésus. Quand le visage de cet homme commence à devenir tout triste, une certaine « agonie » rejoint le cœur de Jésus. La tristesse de cet homme frappe de plein fouet le cœur Jésus. Dans son agonie Jésus dira : « Je suis triste, triste à en mourir ; » Cette tristesse porte sur le refus du Royaume par l’humanité. Cet homme vient demander ce qu’il doit faire pour avoir la vie éternelle et à la réponse de Vérité, il s’en va tout triste ! Il ne cherchait pas le Royaume, il se cherchait lui-même. Il s’agit d’acquérir une pauvreté capable de laisser Dieu prendre vie en nous, afin de le rencontrer.

Prière

 Demandons la grâce du courage, la force, de reconnaître les raisons de notre faiblesse, la tristesse, ce qui nous fait obstacle au Royaume de Dieu.

Donne-nous la force de nous débarrasser de tout ce qui nous entrave pour atteindre le royaume du Père Éternel  par Jésus. Amen

 

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«Demeurez en moi, comme moi en vous»

Texte de l'Évangile (Jn 15,1-8):
 
«Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite: Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit: ainsi, vous serez pour moi des disciples».

 

Je suis la vigne

Et Jésus ajoute cette chose extraordinaire et consolante : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. La parole de Jésus dans sa prière, la voilà : Père ! Parole qui doit rester en nous et jaillir pour formuler nos demande. Dieu ne peut résister à son Fils quand il prie par vos lèvres.

 

Méditation de l'évangile du mercredi 5 mai


Jésus est un homme du terroir, un paysan qui, pour parler de l'amitié, tire exemple de sa vigne qu'il a bêchée, soignée et aimée sur les coteaux de Nazareth. C'est un vieux thème biblique, cher aux prophètes, Yahvé aime sa vigne, Israël. Jésus s'identifie à elle. N'est-Il pas le Bien-Aimé ? Mais nous, n'en sommes-nous pas les sarments dont le Père, le vigneron prend grand soin ?

La taille évoque d'ailleurs, pour Lui, la prise en charge de notre souffrance. Nul ne peux l'éviter, elle fait partie de notre condition d'homme, mais voilà qu'acceptée, comme Jésus l'a fait, elle nous permet de porter du fruit.

" Tout sarment qui porte du fruit, le Père l'émonde, afin qu'il porte du fruit davantage"

Le secret de ce fruit naturel, c'est sa parole, qui comme un feu purifie ses amis. La parole est lumière de Vérité, lumière de vie, elle nous révèle notre filiation divine grâce à laquelle l'amour unique du Père nous transfigure à l'image du Christ. Sans cette union à Jésus, nous resterions aussi stérile, dans l'ordre surnaturel, qu'un serment détaché du cep est sec.

Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.

Et Jésus ajoute cette chose extraordinaire et consolante : Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.

La parole de Jésus dans sa prière, la voilà : Père ! Parole qui doit rester en nous et jaillir pour formuler nos demande. Dieu ne peut résister à son Fils quand il prie par vos lèvres.

Apprenez donc la force de votre prière, profitez en et pour tous ceux pour qui vous demanderez la grâce seront investis par Dieu et un jour ils capituleront.

La gloire du Père, non ce n'est pas pour le monde crée matériel, si beau et si grand soit-il, mais c'est le monde de sa famille divine, ce sont les disciples de son Fils qui, en Lui, portent de lourdes grappes de la grâce.

Demandez cela pour vos amis, vos enfants, dans ce domaine :

Demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples.

Jésus nous révèle ici la profondeur de son amour à notre égard, amour puisé au source même de la Trinité.

Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Et Il nous redit le secret de tout amour, c'est d'observer ses commandements. C'est ainsi qu'il a aimé son Père. Il a obéi à son ordre; il a accepté notre condition mortelle; il a accepté la mort.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Père Gabriel

 

Bienheureux Columba Marmion

(1858-1923) abbé

Les « instruments des bonnes œuvres » (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 174-176 rev.)
« Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15,4)


Quelle que soit l’étape où se trouve l’âme, son travail n’est pourtant jamais qu’un travail de coopération. Elle n’est pas seule : Dieu travaille en elle et avec elle : car il est toujours le premier Auteur de son progrès.

            Sans doute, dans les débuts, quand l’âme est encore embarrassée de vices et d’habitudes mauvaises, il faut qu’elle s’applique elle-même avec virilité et ardeur à enlever ces obstacles qui s’opposent à l’union divine. La coopération que Dieu réclame d’elle dans cette période est particulièrement grande et active, et se révèle très vivement à la conscience. Durant cette période Dieu accorde des grâces sensibles qui relèvent et encouragent. Mais l’âme expérimente des alternatives, des vicissitudes intérieures : elle tombe, puis se redresse ; elle peine, puis se repose ; elle reprend haleine, puis repart en avant.

            Au fur et à mesure que l’âme avance, que cèdent les obstacles, sa vie intérieure devient plus homogène, plus régulière, plus unie, l’action de Dieu se fait sentir plus puissante, parce qu’elle est plus libre de s’exercer, qu’elle rencontre dans l’âme moins de résistance et plus de souplesse : et alors, nous progressons rapidement dans la voie de la perfection. (…) Notre-Seigneur nous a donné si clairement cette doctrine fondamentale : « Je suis la vigne, vous êtes les branches ; demeurez en moi afin de porter des fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). (…)

            S’imaginer que le Christ prendra pour lui tout le travail serait une dangereuse illusion ; mais croire que nous pourrons faire quoi que ce soit sans lui serait une illusion non moins périlleuse. Aussi devons-nous être convaincus que nos œuvres n’ont de valeur qu’en raison de notre union à Jésus.

«Demeurez en moi, comme moi en vous»

 

Abbé Antoni CAROL i Hostench
(Sant Cugat del Vallès, Barcelona, Espagne)


Aujourd'hui, nous contemplons à nouveau Jésus entouré de ses disciples, dans une ambiance d'intimité. Il leur confie ce qu'on pourrait qualifier comme ses dernières instructions, ce qu'on dit au dernier moment juste avant le départ, et comme tel cela a une force spéciale, car il fait office de testament.

Nous l'imaginons au cénacle. Là, Jésus leur a lavé les pieds, Il leur a annoncé une fois de plus son départ, leur a transmis l'amour fraternel et les a consolés en leur donnant l'Eucharistie ainsi que la promesse de la venue du Saint Esprit (cf. Jn 14). En lisant cet évangile, au chapitre 15, nous trouvons l'exhortation à l'unité dans la charité.

Le Seigneur ne cache pas à ses disciples les dangers et difficultés qu'ils rencontreront dans le futur: «Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi» (Jn 15,20). Mais Il leur conseille de ne pas se laisser abattre ni se sentir opprimés face à la haine du monde: Jésus renouvelle sa promesse de leur envoyer leur Défenseur, il leur garantit son assistance dans tout ce qu'ils lui demanderont et enfin, Il prie son Père pour eux, pour nous tous, dans sa prière sacerdotale.

Le danger pour nous ne vient pas de l'extérieur: la menace vient de nous mêmes quand l'amour fraternel parmi les membres du Corps Mystique de Jésus n'est pas présent et quand l'unité n'existe pas entre le Corps et la Tête de ce Corps Mystique. La recommandation de Jésus est claire: «Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jn 15,5).

Les premières générations de chrétiens avaient conservé une notion vive du besoin de vivre unis par la charité: voici un témoignage d'un père de l'Eglise, Saint Ignace d'Antioche: «Courez tous à l'unisson comme un seul temple de Dieu, un seul autel, un seul Christ qui procède d'un seul Père». Voici encore la recommandation de notre Sainte Mère: «Faites tout ce qu'il vous dira» (Jn 2,5).

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Évangile de Jésus-Christ

selon saint Jean 14,7-14.


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

«Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai»

Abbé Iñaki BALLBÉ i Turu
(Terrassa, Barcelona, Espagne)


 

Aujourd'hui 4e Samedi de Pâques, l'Église nous invite à considérer l'importance pour un Chrétien de pouvoir connaître le Christ intimement et chaque fois mieux. Quels sont nos outils pour y parvenir? Évidemment, il y en a plusieurs et tous fondamentaux: la lecture attentive et méditée de l'Évangile; notre réponse personnelle dans la prière, en faisant de notre mieux pour qu'elle devienne un vrai dialogue d'amour et non un simple monologue introspectif; un désir, ravivé quotidiennement de découvrir le Christ dans ce prochain qui nous est plus proche: un membre de notre famille, un ami, un voisin qui a peu être besoin de notre attention, de notre avis, de notre amitié.

«Seigneur, montre-nous le Père; cela nous suffit», lui dit Philippe (Jn 14,8). Une bonne demande à renouveler pendant toute cette journée. —Seigneur, montre-nous ton visage. Et nous pouvons nous demander: Quel est mon comportement? Les autres, peuvent-ils voir en moi le reflet du Christ? Quel détail pourrais-je améliorer aujourd'hui? Nous, les Chrétiens, nous avons besoin de découvrir ce qu'il y a de divin dans notre tâche quotidienne, de trouver l'empreinte de Dieu dans tout ce qui nous entoure.

Dans le travail, dans nos relations avec autrui. Et aussi lorsque nous sommes malades: le manque de santé est un bon moment pour nous identifier au Christ qui souffre. Sainte Thérèse d'Avila disait: «Si nous ne nous décidons pas à avaler une fois pour toutes la mort et le manque de santé, nous ne ferons jamais rien du tout».

Dans l'Évangile, le Seigneur nous assure: «Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai» (Jn 14,13). —Dieu est mon Père, qui veille sur moi comme un Père aimant: ils ne veut rien de mauvais pour moi. Tout ce qui arrive —tout ce qui m'arrive— est pour ma sanctification. Même si, avec nos vues humaines, nous n'arrivons pas à le comprendre. Même si nous n’arrivions jamais à le comprendre. Cela —quoique ce soit— Dieu l'ait permit. Fions-nous à Lui de la même façon que Marie.

Bienheureux Columba Marmion

(1858-1923)
abbé

Le Christ modèle et source de sainteté sacerdotale (Le Christ idéal du prêtre, Éd. de Maredsous, 1951, p. 37-38 ; rev.)


« Qui me voit, voit aussi mon Père » (Jn 8,9)


« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Pourquoi notre perfection, notre sainteté doit-elle reproduire la sainteté divine, si infiniment distante de notre faiblesse humaine ? Ensuite, nous est-il donné de pouvoir connaître le mystère de cette vie divine ? La réponse à cette double question tient en ces mots : nous devons ressembler à notre Père céleste, parce que nous sommes ses enfants par adoption. Et pour connaître la perfection de ce Père, il nous suffit d’aller à Jésus-Christ.

            Saint Jean nous dit : « Personne n’a jamais vu Dieu » : (Jn 1,18). Alors, faut-il désespérer de le connaître jamais ? Non, car le disciple ajoute aussitôt la vérité lumineuse : « Le Fils unique, celui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a révélé ». Saint Paul, enthousiasmé par cette même révélation, s’écrie : « Dieu habite une clarté inaccessible » (cf. 1 Tm 6,16) ; mais lui, « qui, par sa parole, fit jaillir la lumière des ténèbres, il a illuminé nos cœur par la clarté resplendissante de la face de Jésus-Christ » (cf. 2 Co 4,6). (…) Le Christ est Dieu mis à notre portée, sous une forme humaine. Après la dernière cène, Philippe dit à Jésus : « Seigneur, montrez-nous le Père » (Jn 14,8). Et Notre-Seigneur de répondre par une parole solennelle qui contient comme la clé du mystère : « Philippe, qui me voit, voit aussi mon Père » (Jn 14,9).

            En Jésus-Christ, tout est donc une révélation de Dieu. (…) Aux pieds de Jésus, nous apprendrons à connaître les perfections de Dieu ; c’est par la méditation de ses paroles, de ses actions, de ses souffrances, de sa mort, que nous pénétrons les secrets de la miséricorde infinie.

Homélie du père Gilbert Adam

Saint Joseph travailleur
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »

Il se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?

A trente ans, quand Jésus revient au village, il surprend par son annonce de la Parole de Dieu ! C’est à partir du quotidien que Jésus enracine l’amour nouveau que Dieu est venu nous apporter par lui. Mais encore nous faut-il le recevoir ! Aujourd’hui comme hier, il nous est difficile de parler de Dieu à ceux qui croient tout savoir sur lui. De Jésus, Saint Jean Chrysostome, disait : « Les gens de Nazareth l’admirent, mais cette admiration au lieu de leur inspirer la foi, leur inspire la jalousie, c’est comme s’ils se disaient ‘pourquoi Lui et pas moi ?’ » Jésus connaissait bien ceux qui au lieu de l’écouter se scandalisaient de ses paroles. C’était des parents, des amis, des voisins qui lui étaient chers. C’est à eux qu’Il ne réussira pas à faire entendre le message de salut. Les gens de Nazareth sont intérieurement interrogés par lui. Ils connaissaient son père, Joseph le charpentier, l’époux de Marie et par là ils croient le connaitre. Ce bon artisan devait être très apprécié. Il gardait son cœur uni au cœur de Dieu et de ses frères dans son travail. Joseph avait du cœur à l’ouvrage parce qu’il était pris par son amour de Jésus et de Marie. Par le cœur de Marie, son amour allait jusqu’au cœur du Père dans l’Esprit Saint. L’amour nouveau de Jésus animait Joseph. Jésus, le Fils bien Aimé du Père, donne un visage humain à l’amour infini de Dieu.

N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? »

Il peut nous arriver que ceux que nous aimons et qui nous sont chers, ne nous écoutent pas quand nous parlons de l’Evangile. Nous ne pouvons pas faire de miracles et nous n’avons pas la sainteté de Jésus, mais nous pouvons aussi susciter de la jalousie. Ceux qui peuvent être très proches de nous, peuvent dire que nous n’avons rien à leur apprendre. Un secret habite chaque famille. Joseph s’était trouvé devant « l’incompréhensible » à l’Annonciation faite à Marie ! Il faudra qu’un Ange lui dise : « Ne crains pas Joseph de prendre Marie ton épouse, l’enfant qu’elle porte vient de l’Esprit Saint. » Ne crains pas, demeure dans le cœur de Dieu. Quand Jésus a douze ans et qu’il demeure à Jérusalem après la fête, ses parents le recherchent ! Jésus dira à Joseph et à Marie : « Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? » Dans ces moments difficiles s’approfondit la vie contemplative de Joseph, le travailleur. La foi de Joseph et de Marie nous fait entrer dans une perspective nouvelle. Joseph, l’homme « ajusté sur le cœur de Dieu, » plonge ses racines au cœur de la Sainte Trinité. Ce bon travailleur est porteur, à la suite de Jésus, d’un amour nouveau.

Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »

 Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. Lorsque Jésus rentre chez lui, la renommée de ses paroles et de ses miracles le précèdent. Mais parler de Dieu aux personnes de sa propre famille est difficile. Saint Jean Chrysostome ajoute : « Je t’en prie, regarde l’amabilité du Maître : il ne les punit pas parce qu’ils ne l’écoutent pas, mais au contraire il leur dit avec douceur : ‘Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa propre maison’. » Il est évident que Jésus s’en alla de là très triste, mais Il prie son Père pour que son message de salut parvienne à ceux de son village. Nous devons aussi prier pour que le message de Jésus parvienne à ceux qui nous sont chers. Quand notre cœur rencontre Jésus, il est transformé par son amour ! Dans notre vie, tout peut alors concourir à l’épanouissement de cet amour. Jésus parait comme le fils de Joseph le charpentier. Sa mère s’appelle Marie, petite servante toujours effacée. Jésus était devenu pour le village de Nazareth une cause de chute. L’amour doit être au-dessus de tout dans notre vie, la paix doit régner dans nos cœurs, alors nous sommes heureux et nous rendons heureux nos frères par notre vie et notre travail.

Nous demandons à saint Joseph la grâce de nous obtenir l’amour qui sommeillait et brûle dans son cœur.

La Prière de Saint Pie X à Saint Joseph,

 

Modèle des travailleurs « Glorieux Saint Joseph, Modèle de tous ceux qui sont voués au travail » :

« Glorieux Saint Joseph, Modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la Grâce de travailler en esprit de pénitence pour l'expiation de mes nombreux péchés; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations ; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d'employer et de développer par le travail les Dons reçus de Dieu ; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés ; de travailler surtout avec pureté d'intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l'Œuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche Saint Joseph ! Telle sera ma devise à la vie à la mort ».


Ainsi soit-il.


Saint-Pie X (1835-1914)

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Aujourd’hui, ne fermons pas votre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur

LECTURES DE LA MESSE
 

PREMIÈRE LECTURE
« Je veux la fidélité, non le sacrifice » (Os 6, 1-6)
Lecture du livre du prophète Osée

Venez, retournons vers le Seigneur !
il a blessé, mais il nous guérira ;
il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ;
il nous relèvera le troisième jour :
alors, nous vivrons devant sa face.

Efforçons-nous de connaître le Seigneur :
son lever est aussi sûr que l’aurore ;
il nous viendra comme la pluie,
l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ?
Que ferai-je de toi, Juda ?
Votre fidélité, une brume du matin,
une rosée d’aurore qui s’en va.
Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes,
donné la mort par les paroles de ma bouche :
mon jugement jaillit comme la lumière.
Je veux la fidélité, non le sacrifice,
la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

– Parole du Seigneur.

PSAUME
(50 (51), 3-4, 18-19, 20-21ab)
R/ Tu veux la fidélité, Seigneur,
non le sacrifice. (cf. Os 6, 6a)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas,
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur,
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel.

ÉVANGILE
« Le publicain était devenu un homme juste, plutôt que l’autre » (Lc 18, 9-14)
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie. (cf. Ps 94, 8a.7d)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes
et qui méprisaient les autres,
Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier.
L’un était pharisien,
et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même :
“Mon Dieu, je te rends grâce
parce que je ne suis pas comme les autres hommes
– ils sont voleurs, injustes, adultères –,
ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine
et je verse le dixième de tout ce que je gagne.”
Le publicain, lui, se tenait à distance
et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ;
mais il se frappait la poitrine, en disant :
“Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”
Je vous le déclare :
quand ce dernier redescendit dans sa maison,
c’est lui qui était devenu un homme juste,
plutôt que l’autre.
Qui s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

Les « instruments des bonnes œuvres » (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 181-183 ; rev.)


Le cœur vide de la grâce de Dieu
Vous savez ce que notre Divin Sauveur, qui est la vérité et la bonté même, disait à ses disciples : « Si votre justice n’est pas plus grande que celle des pharisiens, jamais vous n’entrerez dans le Royaume des cieux » (Mt 5,20). Ces mots sont bien du Christ. Lui qui ne voulait pas condamner la femme adultère ; qui daignait s’entretenir avec la Samaritaine et révéler les mystères du ciel à celle qui menait une vie coupable ; lui qui consentait à manger avec les Publicains, socialement disqualifiés comme pécheurs ; qui permettait à Madeleine de lui laver les pieds et de les lui essuyer de ses cheveux ; lui qui était « si doux et si humble de cœur » (Mt 11,29), il accablait publiquement les Pharisiens d’anathèmes : « Hypocrites, malheur à vous, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 23,13). (…)

            Rappelez-vous le Pharisien que le Christ nous dépeint montant au temple pour prier. Quelle est sa prière ? « Mon Dieu, je suis un homme tout à fait irréprochable ; j’observe toutes choses très exactement ; je jeûne, je donne la dîme (Lc 18,11-12) ; vous ne sauriez me prendre en défaut sur aucun point, vous devez être fier de moi ». Et, au sens littéral, ce qu’il disait était vrai : il observait tout cela. Cependant, quel jugement porte sur lui le Christ Jésus ? Cet homme sortit du temple justifié, le cœur vide de la grâce de Dieu. Pourquoi cette condamnation ? Parce que le malheureux se glorifiait de ses bonnes actions et qu’il plaçait toute sa perfection dans l’observance purement extérieure, sans se soucier des dispositions intérieures de son cœur. Aussi Notre-Seigneur nous dit-il encore : « Si votre justice n’est pas plus grande que celle des Pharisiens, vous n’aurez point de part au Royaume des cieux ». (…) C’est dans le cœur, en effet, qu’est la perfection ; car l’amour est la loi suprême

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Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres,

ÉVANGILE DU JOUR


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
(Mt 25, 31-46)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu...?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

 

PAROLES DU SAINT PÈRE


 

Je me souviens qu’étant enfant, quand j’allais au catéchisme on nous enseignait quatre choses :
mort, jugement, enfer ou gloire.

Après le jugement il y a cette possibilité.
‘Mais, Père, c’est pour nous effrayer…’.
– ‘Non, c’est la vérité ! Parce que si tu ne prends pas soin de ton cœur, pour que le Seigneur soit avec toi, et si tu vis toujours éloigné du Seigneur, peut-être y a-t-il le danger de continuer à être ainsi éloigné du Seigneur pour l’éternité.
C’est horrible, cela ! (Homélie Sainte Marthe, 22 novembre 2016)

Le Jugement dernier : notre attention aux autres

Installer le Royaume de Dieu, c'est donc s'occuper des autres, des malades, des estropiés, des prisonniers, des plus pauvres,  et du même coup de Dieu lui-même

Méditation de l'évangile du dimanche 22 novembre


Il est très instructif de constater que le jugement dernier, pour Jésus, ne porte que sur notre attention aux autres.

“Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. Car J'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger ; J'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; J'étais sans gîte, et vous m'avez recueilli ; J'étais en prison, et vous êtes venus à Moi”

Il est encore plus stupéfiant de constater que le Fils de l'homme ose s'identifier à tous ceux qui ont faim, qui ont soif, qui sont sans gîte, sans vêtements, qui sont malades ou qui sont en prison.

“Alors, les justes lui répondront : Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné de la nourriture, ou avoir soif et t'avons-nous donné à boire ? Quand t'avons-nous vu sans gîte et t'avons-nous recueilli ? Ou sans vêtements et t'avons-nous vêtu ? Quand t'avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous allés à toi ?

Et le Roi leur répondra : “En vérité, Je vous le dis : ce que vous avez fait à un de ces miens frères, à l'un des plus petits… c'est toujours à Moi que vous l'avez fait”

Installer le Royaume de Dieu, c'est donc s'occuper des autres, et du même coup de Dieu lui-même. Combien une Jeanne Jugan en était près, mais combien souvent n'en sommes-nous pas éloignés, sans même nous en rendre compte !

“Alors, les maudits répondront eux aussi, disant : Seigneur, quand t'avons-nous vu ayant faim ou soif, sans gîte ou sans vêtements, malade ou en prison ? Et ne t'avons-nous pas rendu service ?”

Alors Il leur répondra : “En vérité, Je vous le dis : ce que vous n'avez pas fait à un seul de ces petits, c'est toujours à Moi que vous ne l'avez pas fait”

Notre société est ainsi construite que nous ne voyons pas les petits, les blessés de la vie, les laissés pour compte de notre technique. Les tours orgueilleuses de “La Défense” nous masquent par trop nos monotones et interminables banlieues; nos problèmes économiques nous font oublier aussi bien les milliards d'hommes du tiers monde que les “Lazares” de notre propre civilisation : le quart monde.

Il y a chez nous des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants qui survivent en ramassant nos miettes et les restes de notre gaspillage. Quart monde ! Quel mot cruel ! Cela signifie un repas sur quatre…et quatre personnes dans le même galetas…

“Alors, le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez les bénis de mon Père, prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la création du monde, car J'ai eu faim, et vus m'avez donné à manger…”

N'est-il pas bouleversant de constater que l'attention réclamée par Jésus à l'égard des plus démunis c'est celle-là même qui anime aujourd'hui toute vraie réforme de notre société : l'accès aux vraies valeurs humaines et culturelles à travers le respect, l'éducation, l'instruction, des salaires décents pour tous, afin que disparaissent la faim, les mal-vêtus, les mal-logés, afin que ne restent pas désespérément seuls les malades, les prisonniers, les délinquants ?


Père Gabriel

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

La pauvreté (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 274-275 ; rev.)
Que ton règne vienne !


Le Verbe est Roi, Roi du ciel et de la terre. Le Verbe vit et règne, en Dieu. Le Christ ne vit que là où il règne ; il est essentiellement Roi ; il vit en nous dans le degré où il domine tout en nous, où il règne sur nos facultés, où il commande à notre activité. 

Quand en nous tout vient de lui, c'est-à-dire quand nous ne pensons plus que comme lui, quand nous ne voulons plus que ce qu’il veut, quand nous n’agissons que selon son bon plaisir, nous soumettons tout nous-même à ses pieds, alors il règne en nous. Tout ce qui est propre, personnel en nous, disparaît pour faire place aux pensées, aux vouloirs du Verbe divin. Il faut que cette domination du Christ en nous soit complète. Cent fois le jour, nous le demandons : « Que votre règne vienne ! » Oh ! Qu’il advienne, Seigneur, ce jour où vous régnerez entièrement en moi ; où aucun mobile propre ne gênera votre pouvoir en moi, où je serai comme vous, entièrement livré au Père, où aucune inspiration propre ne contristera en moi l’action de votre Esprit !

            Ce jour-là, nous aurons déposé autant qu’il est en nous, nous aurons abaissé de notre mieux notre personnalité propre devant le règne du Christ. Il sera vraiment pour nous tout en toutes choses (cf. 1 Co 15,28). Moralement, nous n’aurons plus rien de propre, tout lui appartiendra, tout lui sera soumis, tout lui sera donné.

 

Homélie du Père Gilbert Adam

Christ-Roi de l’Univers

“Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; »

il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Nous célébrons, en ce dernier dimanche de l’année liturgique, la solennité du Christ Roi de l’univers. Il donne un sens concret à notre vie chrétienne. Le Christ est le roi de l’univers, toute chose est créée en lui et pour lui, sa royauté est manifestée sur toute la terre. Par la foi, nous pouvons dire : notre demeure c’est lui ; notre vie c’est de vivre en sa présence ; servir c’est le servir. Il y a ainsi ceux qui ont vécu une vie toute ordinaire dans le Christ sans regarder le bien qu’ils ont fait autour d’eux ! « Seigneur quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » La véritable vie est de montrer l’importance de l’enjeu accroché à cette vie unique que Dieu nous a donnée. Le Seigneur sait qui nous sommes, il connaît ses brebis chacune par son nom. Le Christ Jésus nous rappelle une vérité claire et essentielle : L’amour est d’une importance première et dernière. La charité est le nœud de la perfection, celui qui aime accomplit toute la loi.

"Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Par nous, le Christ Jésus vient lui-même au secours de ces petits qui sont ses frères. La volonté du Père est que tous ses petits soient sauvés par Jésus et par les amis de Jésus. Cet Évangile met en œuvre une attitude mariale. Il nous rappelle la réflexion de Marie à l’Annonciation : "Qu’il me soit fait selon ta parole." La parole de Dieu n’est pas une parole humaine, c’est Dieu qui nous parle, c’est Dieu qui fait son œuvre en nous et avec nous, même si nous n’en avons pas conscience. Édifier le Corps du Christ qui est l’Eglise ne peut pas se faire sans le Christ dans son Eucharistie : "C’est mon Corps, c’est mon Sang livré pour vous," dit-il. C’est la nourriture véritable qui nous donne la vie. Nous avons besoin de nous laisser transformer par Jésus, par son Corps et par son Sang, pour avoir cette sensibilité divine et reconnaître « ces petits » qui sont ses frères.

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » Dieu est amour. Quiconque se refuse à aimer se met de lui-même en-dehors de Dieu. Il se jette hors de sa Lumière et, par là même, se plonge dans les ténèbres extérieures. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort, écrit saint Jean. L’Evangile énonce que c’est à l’amour que nous aurons manifesté sur cette terre aux petits qui sont les frères de Jésus que nous serons examinés. La parabole est une représentation imagée qui reprend la figure du pasteur triant son troupeau, tel qu’en parle le prophète Ezéchiel. L’enseignement dans l’Esprit est donné, l’alternative est bel et bien posée. Le Royaume de Dieu est l’offre d’un don sans partage, et le fruit d’un choix qui s’adresse à notre liberté d’enfant de Dieu. Ou l’on pénètre à l’intérieur de cet Amour et c’est pour toujours, ou l’on choisit de se maintenir dehors ! Notre merveilleuse et terrible liberté peut nous conduire jusque là, à tout jamais. Par nous, c’est Dieu lui-même qui prend soin de ses petits.

Nous demandons la grâce de nous laisser déranger par la Parole de Dieu.

 

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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Faire fructifier les talents, c'est travailler avec l'intelligence et amour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25, 14-30


En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Un homme qui partait en voyage
appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l'un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.

Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents
s'en alla pour les faire valoir
et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents
en gagna deux autres.
Mais celui qui n'en avait reçu qu'un
alla creuser la terre et cacha l'argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents
s'approcha, présenta cinq autres talents
et dit :
“Seigneur,
tu m'as confié cinq talents ;
voilà, j'en ai gagné cinq autres.”
Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t'en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu deux talents s'approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
tu m'as confié deux talents ;
voilà, j'en ai gagné deux autres.”
Son maître lui déclara :
“Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t'en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.”

Celui qui avait reçu un seul talent s'approcha aussi
et dit :
“Seigneur,
je savais que tu es un homme dur :
tu moissonnes là où tu n'as pas semé,
tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain.
J'ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
Le voici. Tu as ce qui t'appartient.”
Son maître lui répliqua :
“Serviteur mauvais et paresseux,
tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé,
que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ;
et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent
et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore,
et il sera dans l'abondance ;
mais celui qui n'a rien
se verra enlever même ce qu'il a.
Quant à ce serviteur bon à rien,
jetez-le dans les ténèbres extérieures ;
là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

 

La parabole des talents


Les talents nous sont offerts. Nous avons l'Espérance du Royaume entre les mains. Mais seuls ceux qui choisissent le Seigneur pour Roi, sans annexer pour eux-mêmes le pouvoir, seuls ceux qui ne capitalisent pas leurs talents, en les serrant dans le mouchoir de leur vie terrestre, entreront dans le Royaume des Cieux.

 

Méditation de l'Evangile du dimanche 15 novembre


Comme Jésus monte à nouveau vers Jérusalem (vers sa Passion, pour Lui, vers la Royauté, pensent beaucoup), la foule trépigne car elle croit pressentir le Règne de Dieu tout proche. Jésus leur raconte alors la parabole des mines et des talents pour détromper leur espérance terrestre, y soulignant cette opposition qui bientôt Le conduira à la croix :

“Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.” Ce sera le cri des princes des prêtres à Pilate : “Nous n'avons pas d'autre roi que César !”

Voilà donc ce que Jésus met dans la bouche de ses concitoyens, car c'est Lui, évidemment, le Roi qui part pour un pays lointain, le pays de son Père, et toute la parabole n'est que la prédiction de sa Passion, de sa mort, de sa Résurrection et de son lointain retour glorieux. Car Il reviendra. Mais va s'installer d'abord, après son départ, après sa mort, une longue période d'attente.

Non, le retour du Seigneur n'est pas pour demain et n'a rien à voir avec une royauté terrestre, immédiate, qui donnerait l'autonomie à Israël.

Le Royaume de Dieu est parmi nous bien sûr, mais tout autre. Il débute par une période de lutte, dont le Roi semble absent. Retourné près du Père, Il est invisible. C'est le temps de la Foi. Et pourtant, Il a donné ses consignes avant de partir :

“Ayant appelé dix serviteurs qu'il avait, il leur donna dix mines et leur dit : faites-les valoir jusqu'à ce que je revienne” Le mot de Jésus emprunté à la langue du négoce veut dire : “Faites de bonnes affaires”.

Les talents nous sont offerts. Nous avons l'Espérance du Royaume entre les mains. Mais seuls ceux qui choisissent le Seigneur pour Roi, sans annexer pour eux-mêmes le pouvoir, seuls ceux qui ne capitalisent pas leurs talents, en les serrant dans le mouchoir de leur vie terrestre, entreront dans le Royaume des Cieux.

Il s'agit toujours de choisir les chemins difficiles de la liberté chrétienne. Ces chemins ne sont ni ceux du pouvoir ni ceux de la richesse, mais ceux du don de soi-même.

Dans l'ordre surnaturel et du Royaume, notre faible activité humaine, appuyée sur l'amour envers ce Roi lointain, et sur la confiance sans faille de son retour, cette activité se voit comblée par la réponse royale :

“Au lieu de dix mines gagnées, voici dix villes à gouverner”.

Notre train-train quotidien sera transformé en gloire éternelle, si nous avons su rester fidèle au roi lointain, dans la foi :

“Un homme de noble origine s'en alla vers un pays lointain, dans le dessein de recevoir la royauté et de revenir”

Mais celui qui refusera l'amour dans le quotidien perdra irrémédiablement tout car non seulement la seule récompense valable, la vision de Dieu lui échappera, mais il maudira cette vie terrestre vide et mal employée. La phrase de Jésus, dans sa forme passive, indique la stupeur de celui qui réalise brusquement le vide de sa vie et voit que l'essentiel, par sa faute, lui file entre les doigts.

“Je vous le dis : à quiconque possède, on donnera ; mais à qui n'a rien, on enlèvera même ce qu'il a…”

Je trouve d'ailleurs mal traduite la phrase : “Mais à qui n'a rien, on enlèvera même ce qu'il a”. Dieu apparaît, dans le texte français, comme un tyran sadique qui se réjouit de ruiner encore davantage le malheureux à qui échappe la Vie Eternelle. Mais le sens est tout autre dans le texte originel de Jésus : le passif “est enlevé” ne s'applique pas à Dieu, mais à celui qui, dans un retour sur lui-même se rend bien compte que “lui est enlevé“, même la consolation du bonheur terrestre qu'il croyait posséder.

En effet, les plaisirs, les biens, le pouvoir, tout cela n'est vraiment rien que du vent face à la Vie Eternelle qui lui échappe de par sa propre faute. Et cela, il ne le voit que trop clairement.

Père Gabriel

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
abbé

Les « instruments des bonnes œuvres » (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 195-196 ; rev.)
« Entre dans la joie de ton seigneur » (Mt 25,21)

Tenons sans cesse les regards fixés sur l’idéal divin ; travaillons à réaliser en nous cette perfection à laquelle Dieu veut que nous parvenions pour imiter son divin Fils. Celui-ci est la forme de notre éternelle prédestination, et pour chacun de nous il existe « une mesure suivant laquelle le Christ doit nous être donné » (Ep 4,7). Nous ne savons pas, ici-bas, quelle est cette mesure, quelle est la mesure fixée par Dieu de notre prédestination ; mais à coup sûr, elle va former le Christ en nous, reproduire les traits de cet idéal unique que le Père lui-même indique à notre égard.

            Si nous sommes fidèles, malgré les tentations et les difficultés, à travailler à cette œuvre, le jour de la récompense promise par Dieu sonnera pour nous. (…) Si nous avons eu cette application constante que sait apporter l’amour à remplir parfaitement les désirs de notre Père des cieux, si nous avons « toujours fait ce qui lui plaît » (Jn 8,29), nous recevrons assurément la récompense magnifique promise en ces termes par celui qui est la Fidélité même : « Venez, bon serviteur ; parce que vous avez été fidèle sur un petit nombre de choses, entrez dans la joie de votre Seigneur ; je vous ferai part de grands biens » (cf. Mt 25,21). Chaque saint qui entre au ciel entend cette parole bénie ; c’est le salut de bienvenue qu’il reçoit du Christ Jésus.

            Et quels sont ces biens que Notre-Seigneur lui donne en partage ? Dieu même, dans sa Trinité et ses perfections ; et avec Dieu, tous les biens spirituels. À ce Dieu l’âme sera « semblable parce qu’elle le verra tel qu’il est » (1 Jn 3,2). Par cette vision ineffable qui succède à la foi, elle sera fixée en Dieu, et trouvera en lui la stabilité divine ; elle adhérera pour toujours, dans une étreinte parfaite, et sans crainte de le perdre jamais, au Bien suprême et immuable.

Homélie du Père Gilbert Adam

 

“Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

Mt. 25, 14-30

 

"« C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit."

Jésus marche vers Jérusalem, bientôt il sera élevé au ciel pour nous y préparer une place. La parabole que nous entendons dit quelque chose de notre passage vers le Royaume. La Parole de Dieu nous invite à une la vigilance active pour ne pas manquer le rendez-vous. Il pourrait arriver bientôt ! Jésus veut nous stimuler dans notre attente. Le terme de « serviteur » signifie que nous ne sommes pas les propriétaires de cette terre. Nous ne sommes pas propriétaires de notre vie, elle ne nous appartient pas, elle appartient au Seigneur. Nous pouvons l’enrichir en faisant fructifier tous les dons qui nous sont donnés et qui viennent du ciel. Un talent représente quinze années de travail, c’est une somme importante ! Nous sommes invités à une vigilance confiante et non à une inquiétude peureuse et paralysante. Il y a une urgence à nous laisser interroger pour entendre la Parole de Dieu. Il nous faut entrer dans le rayonnement d’Amour de la Trinité sainte. Jésus nous laisse le temps de faire fructifier les dons qu’il nous a obtenus par sa Passion et par sa Croix. Dans l’attente du Seigneur, il s’agit de nous préparer pour accueillir l’Amour. Les talents que nous recevons sont significatifs d’un enrichissement !

"Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître."

Cette vie nous est offerte comme un cadeau très merveilleux. Jésus nous constitue gérant de son Amour. Ce qu’il nous donne gratuitement, il nous invite à le lui redonner enrichi de la manière dont nous lui avons répondu avec amour. Nous recevons notre vie humaine de Dieu, avec beaucoup de capacités ! La confiance et la gratuité sont le climat fécond de l’amour : « Celui qui a recevra encore, il sera dans l’abondance. » Les talents enrichissent notre vie humaine d’une manière surprenante ! Le capital peut doubler, c’est une façon d’exprimer la vie divine qui nous est proposée. Le don de l’Amour peut se décupler à l’infini. Toutes les possibilités d’amour qui nous sont données dans notre vie humaine qui peuvent être divinisée pour entrer dans le Royaume.

"…Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient."

Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Les deux premiers serviteurs, après le départ de leur maître, se mettent tout simplement au travail, sans plus de préoccupations. Nous pouvons aussi garder au cœur la mémoire de Jésus qui nous sauve. Libérés, avec des énergies nouvelles et une grande confiance, nous nous mettons au travail. Nous gardons au cœur la mémoire du Seigneur Jésus dans la pensée de sa miséricorde qui résonne en nous. C’est un espace ouvert à notre liberté et à notre responsabilité pour faire fructifier nos dons, et pour préparer la venue du Royaume qui nous est proposé. Le serviteur blâmé a vécu dans l’inquiétude et dans la crainte. Comme lui, nous pouvons être paralysé par la peur et la crainte. Thérèse de Lisieux disait : « C’est la confiance et rien que la confiance qui nous conduit à l’amour. » La rencontre de Jésus est une rencontre d’amour, celle du bien-aimé avec sa bien-aimée. Cette bien-aimée, c’est chacun de nous identifié à son Bien-aimé. Le talent qui nous est donné est le don de Dieu qui est encore plus précieux que notre vie, il est enrichi à l’infini.

Nous demandons la grâce de comprendre le cadeau que Dieu nous fait en nous donnant la vie divine.

19 /21 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”22 Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.”23 Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” 24 /28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.29 À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. 30 Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !”

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L'heure est incertaine : Veillez, lorsque le Seigneur viendra soyez prêt

ÉVANGILE
« Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller » (Lc 12, 35-38)

Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître
à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils ! »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

PAROLES DU SAINT PÈRE

Et nous pouvons nous poser la question:

«Est-ce que je veille sur moi, sur

mon cœur, sur mes sentiments, sur mes pensées?

Est-ce que je prends soin du trésor de la grâce?

Est-ce que je prends soin de la présence de l’Esprit Saint en moi?

Ou est-ce que je laisse comme cela, à l’abri, je crois que tout va bien?»

Mais si tu n’en prends pas soin, vient celui qui est plus fort de toi.

Mais s’il en arrive un plus fort que lui et qui le vainc, il lui arrache les armes en lesquelles il avait confiance et il en partage le butin.

La vigilance! Veiller sur notre cœur, car le démon est rusé.

Il n’est jamais chassé pour toujours! Il le sera seulement au dernier jour. (Sainte Marthe, 11 octobre 2013)

L'heure est incertaine : Veillez

Il s'agit bien là du mystère de l'amitié essentielle entre Dieu et l'homme. Et Jésus est au centre du mystère de tout mort. Pensée consolatrice, c'est Lui qui vient chercher tout homme pour l'introduire dans le Royaume et le faire passer à la vie éternelle. 

Méditation de l'évangile du mardi 20 octobre

Jésus a réfléchi au problème de la mort, à l'angoisse de la mort, qui aboutit presque chez tous les hommes à l'oubli volontaire de celle-ci. Il nous rappelle simplement de veiller.

“Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s'il arrive à l'improviste, il ne faudrait pas qu'il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! “

La liberté chrétienne nous entraîne à l'accueil de Dieu et à la patience. Dieu ne se révèle que dans l'attente. C'est d'ailleurs tout l'intérêt de cette vie spirituelle qui, constamment, nous demande d'être aux aguets pour recevoir l'Ami.

“Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n'aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra.”

Car il s'agit bien là du mystère de l'amitié essentielle entre Dieu et l'homme. Et Jésus est au centre du mystère de tout mort. Pensée consolatrice, c'est Lui qui vient chercher tout homme pour l'introduire dans le Royaume et le faire passer à la vie éternelle.

Nos vies ne sont pas vides de Dieu. Il suffit de veiller et nous sommes sûrs de rencontrer le maître de maison, ce Fils de l'homme qui nous invite à l'amitié.

“Par conséquent, vous aussi , soyez prêts : car le Fils de l'Homme doit venir à l'heure qui n'est pas celle que vous pensez”.

Cette heure de la rencontre, c'est donc bien l'heure de l'amitié dont nous avons besoin au cours des épreuves et des luttes, et pas seulement au moment de la mort.

“Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c'est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir.”

D'ailleurs, le passage de Jésus s'entend d'une manière beaucoup plus large que le simple passage de la mort. C'est le passage d'un ami que nous aimons retrouver. Et l'attente de cet ami est marquée par de somptueuses images, images si belles que l'on ose même pas y toucher, tant leur plénitude nous satisfait, tant le charme qui s'en dégage est puissant.

La liberté chrétienne ne s'achète que dans la lutte, la ténacité, l'attention, Jésus nous en avertit.


Père Gabriel

 

Bienheureux Columba Marmion
 
(1858-1923)

abbé

L’oraison monastique (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 492-493 ; rev.)

Heureux ce serviteur fidèle !

Quand on est fidèle à garder habituellement le sentiment de la présence de Dieu, l’ardeur de l’amour est constante ; « toute notre activité », même la plus ordinaire, est non seulement « gardée pure de toute tache » (Règle de S. Benoît, ch. IV), mais encore élevée à un niveau surnaturel ; toute notre vie est irradiée d’une clarté céleste, pleine d’une douceur qui « descend du Père des lumières » (Jc 1,17), et qui est le secret de notre force et de notre joie.

L’habitude de la présence de Dieu dispose l’âme aux visites divines. Il arrive, et à certaines âmes il arrive fréquemment, qu’on éprouve malgré sa bonne volonté une réelle difficulté à faire l’oraison à l’heure assignée ; la fatigue, le sommeil, un état maladif, les distractions empêchent, en apparence, les efforts d’aboutir : c’est là la sécheresse et l’aridité spirituelles. Que l’âme, pourtant, demeure fidèle et fasse ce qu’elle peut pour rester près du Seigneur, même si elle est sans élan et sans ferveur sensible : « je suis toujours avec toi, tu m'as saisi la main droite » (Ps 72,23) ; Dieu l’abordera à un autre moment. Il faut dire de ces visites du Seigneur ce que l’Écriture proclame de son apparition suprême au terme de notre existence terrestre : « Vous ne savez pas à quelle heure le Seigneur viendra » (Mt 24,42).

Si partout, dans la cellule, dans le cloître, au jardin, au réfectoire, nous vivons recueillis en la présence divine, Notre-Seigneur viendra, la Trinité viendra : (cf. Jn 14,23), les mains pleines de lumières, de ces clartés qui nous envahissent jusqu’au fond de nous-même et qui ont parfois une répercussion considérable sur notre vie intérieure. Soyons donc, par notre recueillement, « semblables à ceux qui attendent la venue de leur Seigneur » (Lc 12,36) ; le Seigneur nous trouvant prêt nous fera entrer avec lui, dans la salle du festin…

Homélie du Père Gilbert Adam

« Vous aussi, soyez semblables à ces hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir sitôt qu’il arrivera et frappera. »

« Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. »

Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Jésus forme et enseigne ses disciples. Il nous donne l’exemple du service. Lui-même n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Les bourrasques dont nous sommes témoin, l’orage du monde, ses combats à l’extérieur comme à l’intérieur sont pour nous une occasion de veiller. Nous attendons l’aide de Dieu et son salut. Nous voulons nous tenir prêt comme Jésus nous le propose. Nous nous souvenons de son Salut et nous veillons avec lui sur l’humanité en souffrance. Nous sommes ces remparts contre lesquels l’orage ne peut rien. Notre victoire est notre foi. Déjà Moïse dans l’épreuve avait frappé le rocher sur l’ordre de Dieu, et il en était sorti de l’eau pour le Peuple. Avec Marie, la mère de Jésus qui au pied de la Croix a tenu bon dans l’orage du Golgotha, nous tenons bon dans la joie de la présence de Jésus.

"Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour.

 La persévérance dans le service de Dieu et du prochain est la réalisation de notre bonheur sur la terre. Dieu rendra justice à chacun d’entre nous qui sommes persécutés pour la justice. Le Dieu d’Amour prend la tenue de service pour le banquet des noces de l’Agneau. Jésus le Bien-aimé, est ressuscité pour le bonheur de Marie sa bien aimée qui préfigure l’humanité dans la gloire. C’est dans l’Eucharistie que nous faisons mémoire de ce grand combat de Jésus pour l’humanité. Nous avons reçu ce salut quand nous avons été baptisés dans le Christ. En Lui, nous sommes devenus proches les uns des autres. Le Christ notre paix a fait tomber le mur de la haine qui nous séparait les uns des autres, dans sa personne il a tué la haine. Nous veillons dans la prière avec Marie à la Croix, comme la petite colombe du Cantique cachée dans l’anfractuosité du roc. Ce roc c’est le Cœur blessé de Jésus qui nous donne la vie. Là l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse.

"S’il revient vers minuit ou plus tard encore et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! 

Jésus est venu annoncer la Bonne Nouvelle de la paix. Saisis par la paix du Christ, nous faisons la paix autour de nous en demeurant dans la paix. Dieu veille sur nous comme un Père, un Frère et un Epoux. La vie terrestre n’est pas facile, mais le bonheur éternel nous est promis. Il dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, c’est le triomphe de l’Amour, donné, reçu et partagé. Nous demeurons dans la mémoire de Jésus en célébrant sa Croix et sa Résurrection. Nous ne sommes plus des étrangers mais nous sommes de la maison de Dieu. Chacun est pour Dieu un être unique, un enfant bien-aimé. Il nous a créés pour le bonheur éternel où Il nous comble en permanence de son Amour. Nous demeurons dans le Cœur de Jésus, dans sa blessure, et nous le laissons guérir toutes nos blessures. Là, nos vies s’édifient jusqu’à ce qu’il revienne. Jésus viendra de nouveau, comme Il le fait déjà dans l’Eucharistie. Il nous lavera les pieds, il nourrira notre cœur par le don de sa vie donnée. C’est cette bonne nouvelle que nous annonçons dans la Paix de Jésus, en veillant pour son retour.

Nous demandons la grâce de nous rassembler dans son amour infini de Dieu.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

 

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Servir le Seigneur, ce n'est pas le zèle qui prend les apparences du meilleur. mais d'agir sans crainte humblement

ÉVANGILE
« Quel malheur pour vous, pharisiens ! Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous ! » (Lc 11, 42-46)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait :
    « Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous payez la dîme
sur toutes les plantes du jardin,
comme la menthe et la rue
et vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu.
Ceci, il fallait l’observer,
sans abandonner cela.
    Quel malheur pour vous, pharisiens,
parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues,
et les salutations sur les places publiques.
    Quel malheur pour vous,
parce que vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas
et sur lesquels on marche sans le savoir. »

    Alors un docteur de la Loi prit la parole et lui dit :
« Maître, en parlant ainsi,
c’est nous aussi que tu insultes. »
    Jésus reprit :
« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous,
parce que vous chargez les gens
de fardeaux impossibles à porter,
et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux
d’un seul doigt. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

 

PAROLES DU SAINT PÈRE

Le monde a besoin d’hommes et de femmes qui  ne soient pas fermés, mais qui soient remplis d’Esprit Saint.

La fermeture à l’Esprit Saint n’est pas seulement un manque de liberté, mais c’est un péché.

Il y a tellement de manières de se fermer à l’Esprit Saint: dans l’égoïsme de son propre avantage, dans le légalisme rigide, dans le manque de mémoire pour ce que Jésus a enseigné, dans le fait de vivre la vie chrétienne non comme un service, mais par intérêt personnel, et ainsi de suite (…).

Le monde a besoin des fruits, des dons de l’Esprit Saint. (Homélie de la solennité de la Pentecôte, 24 mai 2015)

Il est dangereux de s'opposer aux gens en place

La hargne des pharisiens ne connaît plus de borne et ils sont là à entourer Jésus pour lui poser mille questions. Ils rusent, pour le surprendre et le traîner dans la boue.

Méditation de l'évangile du mercredi 14 octobre

Devant le génie puissant et souple de Jésus, ses ennemis enragent. Il pénètre si bien leur psychologie nationale !

Il la met à nu pour leur montrer du doigt leurs vieux péchés : esprit littéral, haine du prophète, de l'Envoyé de Dieu.

Leur hargne ne connaît plus de borne et ils sont là à l'entourer pour lui poser mille questions. Ils rusent, pour le surprendre et le traîner dans la boue. Il est si dangereux de s'opposer aux gens en place.

“Et lorsqu'Il fut sortit de là, les scribes et les pharisiens commencèrent à être terriblement mécontents et à le faire parler sur divers sujets, lui tendant des embûches pour surprendre quelque parole de sa bouche”

Père Gabriel

 

        Bienheureux Columba Marmion
(1858-1923)

abbé

Le bon zèle (Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 533-534 ; rev.)

Le zèle amer des pharisiens

Il se rencontre des formes de mauvais zèle qui prennent les apparences du bon. C’est, par exemple, le zèle des pharisiens, stricts observateurs de la loi extérieure. Ce zèle « amer » (…) a sa source non dans l’amour de Dieu et du prochain, mais dans l’orgueil. Ceux qui en sont atteints sont remplis de l’estime déréglée de leur propre perfection ; ils ne conçoivent pas d’autre idéal que le leur ; tout ce qui ne s’y accorde pas est nécessairement blâmé ; ils veulent tout plier à leur manière de voir et de faire : de là les dissensions ; ce zèle aboutit à la haine.

Voyez avec quelle âpreté les Pharisiens, animés de ce zèle, poursuivaient le Seigneur, lui posant des questions insidieuses, lui tendant des pièges et des embûches, cherchant non à connaître la vérité, mais à prendre le Christ en défaut. Voyez comme ils le pressent, comme ils le provoquent à condamner la femme adultère : « Moïse nous ordonne de lapider cette femme ; vous, Maître, que dites-vous ? » (Jn 8,5). Voyez comme ils lui reprochent d’opérer des guérisons le jour du sabbat (Lc 6,7) ; comme ils font grief aux disciples de froisser des épis le jour du repos (Mt 12,2) ; comme ils se scandalisent de voir le divin Maître prendre ses repas avec des pécheurs et des publicains (Mt 9,2) ; autant de manifestations de ce « zèle amer » où il entre si souvent de l’hypocrisie.

Homélie du Père Gilbert Adam

« Quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous aimez avoir le premier siège dans les synagogues et être salués sur les places publiques ! »

"Mais quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous payez la dîme de la menthe, de la rue et de toutes les plantes potagères, et vous négligez la justice et l’amour de Dieu ! C’est cela qu’il fallait pratiquer, sans omettre le reste."

Jésus attire l’attention des pharisiens sur les pratiques cultuelles et sur la justice. Nous voyons le danger de ne plus agir que selon le faire, sans ouverture vers l’être, vers l’amour de Dieu. La plus terrible réalité de l’homme serait de ne plus exister que par une attitude extérieure, figée, froide. Ces errances provoquent la tristesse dans notre cœur et ne mènent à rien. Ces actions extérieures nous emmènent à la jalousie, à la colère, à l’envie, aux division. Il nous faut laisser tomber toutes ces fausses obligations qui nous tiennent et nous tuent. C’est une maladie de ne plus s’appliquer à l’exigence de l’appel intérieur de la vie. Nous voulons recevoir gratuitement la Source d’eau vive qui coule du Cœur de Dieu et qui nous réchauffe au plus intime de nous-mêmes. Vivre de Dieu qui habite en nous pour devenir un être nouveau est notre appel ! L’Esprit Saint renouvelle en nous constamment le don de Dieu. Que de fois nous aurions envie de nous laisser aller à la tristesse. Que la paix de Dieu soit vraiment notre soutien ! La patience conduit à la persévérance, la persévérance conduit l’espérance et l’espérance conduit à la charité.

« Quel malheur pour vous, les pharisiens ! Vous aimez avoir le premier siège dans les synagogues et être salués sur les places publiques !

 Jésus sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. Il parle fort pour nous réveiller et nous faire changer de vie. Il nous dit clairement que ce qui compte c’est la justice et l’Amour de nos frères. Jésus ne peut pas accepter que nous puissions nous servir de la parole de Dieu pour nous faire honorer en choisissant les meilleures places. Au contraire, nous devons nous mettre au service de la Parole et de son Royaume, dans l’humilité. Comme Jésus s’est abaissé pour nous sauver, nous voulons nous faire petits devant nos frères. Jésus reproche aux docteurs de la loi d’avoir fait de la religion une "chose" lourde à porter. De demander aux autres de faire les choses qu’ils ne font pas eux-mêmes. C’est l’image du « moi » égoïste, jouisseur, accapareur si difficile à gérer en nous, et qui veut la première place ! Nous redisons que nous choisissons Dieu, que nous voulons vivre de son amour. Si nous ne sommes pas vigilants, nous nous laissons aller à un vent de mensonge. L’humilité est un lieu si vital dans notre vie, c’est vraiment le lieu le plus important. Nous savons que sans l’Esprit Saint nous ne gouvernons pas notre vie ! Seul l’Esprit Saint a vraiment le pouvoir de gouverner notre vie dans la Paix.

"Quel malheur pour vous ! Vous êtes comme les tombeaux que rien ne signale, et sur lesquels on marche sans le savoir !" 

Les Pharisiens sont encore parmi nous. Nous succombons à l’hypocrisie et au manque de sincérité. Cela entraîne une dissonance, une fracture entre ce que nous croyons, nos paroles et nos actions. Les souffrances et les amertumes de notre vie viennent de l’indécision avec laquelle nous nous donnons à Dieu. Du don total et sans hésitation, de notre don définitif à Dieu, jaillissent le bonheur et la paix. C’est dans un plus grand engagement, dans l’amour pour la personne de Jésus notre Sauveur, que se donne la Vie. Jésus nous sauve par sa Passion, sa mort et sa Résurrection, son amour pour nous est sans limites. Nous voulons répondre à cet amour, grandir dans un amour brûlant qui nous fera vaincre toutes les incohérences de notre vie chrétienne. C’est notre personne spirituelle qui unifie notre vie et nous fait sortir des tombeaux. L’être le plus profond en nous doit prendre toute sa place. Nous voulons nous situer en Dieu. Notre combat est de nous couper sans cesse de tout ce qui n’est pas selon le plan d’amour de Dieu. Nous faisons alors l’expérience de l’arbre planté près du ruisseau. Il y a des printemps, des étés, des automnes et des hivers. Ce sont aussi les étapes de notre vie spirituelle. Notre détermination est d’être cet arbre planté près du ruisseau de la foi, de l’espérance et de la charité, triple jaillissement de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit Saint en nous.

Nous demandons à l’Esprit Saint la grâce de demeurer à la Source intérieure qui nous renouvelle et nous donne de faire de notre vie un feu de joie et d’amour.

Père Gilbert Adam
9 rue du Lavoir
60350 Trosly-Breuil

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Nous servons le démon il nous violente et ou nous sollicite ; c’est par la foi en Jésus que nous sommes victorieux de ces attaques

PREMIÈRE LECTURE
« Dieu a envoyé son ange et délivré ses serviteurs » (Dn 3, 14-20.91-92.95)

En ces jours-là,
    le roi Nabucodonosor parla ainsi :
« Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago,
que vous refusez de servir mes dieux
et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger ?
    Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner
pour adorer la statue que j’ai faite,
quand vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare,
de la harpe, de la lyre, de la cornemuse
et de toutes les sortes d’instruments ?
Si vous n’adorez pas cette statue,
vous serez immédiatement jetés dans la fournaise de feu ardent ;
et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? »
    Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor :
« Ce n’est pas à nous de te répondre.
    Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer,
il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi.
    Et même s’il ne le fait pas,
sois-en bien sûr, ô roi :
nous ne servirons pas tes dieux,
nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée. »
    Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur
contre Sidrac, Misac et Abdénago,
et son visage s’altéra.
Il ordonna de chauffer la fournaise
sept fois plus qu’à l’ordinaire.
    Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats
de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago
et de les jeter dans la fournaise de feu ardent.

    Le roi Nabucodonosor les entendit chanter.
Stupéfait, il se leva précipitamment
et dit à ses conseillers :
« Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés,
au milieu du feu ? »
Ils répondirent :
« Assurément, ô roi. »
    Il reprit :
« Eh bien moi, je vois quatre hommes
qui se promènent librement au milieu du feu,
ils sont parfaitement indemnes,
et le quatrième ressemble à un être divin. »
    Et Nabucodonosor s’écria :
« Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago,
qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs !
Ils ont mis leur confiance en lui,
et ils ont désobéi à l’ordre du roi ;
ils ont livré leur corps
plutôt que de servir et d’adorer
un autre dieu que leur Dieu. »

            – Parole du Seigneur.

PSAUME
(Dn 3, 52, 53, 54, 55, 56)
R/

À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : R/

Béni soit le nom très saint de ta gloire : R/

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : R/

Béni sois-tu sur le trône de ton règne : R/

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : R/

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : R/

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel : R/

ÉVANGILE
« Si le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres » (Jn 8, 31-42)

En ce temps-là,
    Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole,
vous êtes vraiment mes disciples ;
    alors vous connaîtrez la vérité,
et la vérité vous rendra libres. »
    Ils lui répliquèrent :
« Nous sommes la descendance d’Abraham,
et nous n’avons jamais été les esclaves de personne.
Comment peux-tu dire :
“Vous deviendrez libres” ? »
    Jésus leur répondit :
« Amen, amen, je vous le dis :
qui commet le péché
est esclave du péché.
    L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ;
le fils, lui, y demeure pour toujours.
    Si donc le Fils vous rend libres,
réellement vous serez libres.
    Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham,
et pourtant vous cherchez à me tuer,
parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous.
    Je dis ce que moi, j’ai vu
auprès de mon Père,
et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu
chez votre père. »
    Ils lui répliquèrent :
« Notre père, c’est Abraham. »
Jésus leur dit :
« Si vous étiez les enfants d’Abraham,
vous feriez les œuvres d’Abraham.
    Mais maintenant, vous cherchez à me tuer,
moi, un homme qui vous ai dit la vérité
que j’ai entendue de Dieu.
Cela, Abraham ne l’a pas fait.
            Vous, vous faites les œuvres de votre père. »
Ils lui dirent :
« Nous ne sommes pas nés de la prostitution !
Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
    Jésus leur dit :
« Si Dieu était votre Père,
vous m’aimeriez,
car moi, c’est de Dieu que je suis sorti
et que je viens.
Je ne suis pas venu de moi-même ;
c’est lui qui m’a envoyé. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DES NEIGES

Ô Notre-Dame,
nous nous confions en vous,
en votre obédience bénie
et en votre garde très spéciale.
Aujourd’hui et chaque jour
nous vous confions nos âmes et nos corps ;
nous vous confions tout notre espoir
et toute notre consolation ;
toutes nos angoisses et nos misères ;
notre vie et la fin de notre vie,
pour que par votre très sainte intercession
et par vos mérites,
toutes nos actions soient dirigées et disposées
selon votre volonté
et celle de votre Fils. Amen.

Je suis venu pour rendre témoignage

Pour Jésus, la vérité réside bien dans sa parole, et refuser de l'écouter entraîne l'homme dans le mensonge et l'esclavage de ses propres désirs et de ceux du démon.

Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé. »
 

Méditation de l'évangile du mercredi 1er avril

Pour Jésus, c'est la foi en Lui et en sa parole qui nous libère. Car la vérité libère l'homme et sa parole nous apporte la vérité essentielle.

« Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité »

Jésus disait donc aux juifs qui avaient cru en Lui : ” si vous demeurez en ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libèrera”

Le péché, c'est toujours de refuser la vérité et de devenir esclaves de nos désirs, malgré la vérité que nous connaissons fort bien mais que nous refusons.

« Il lui répondirent : nous sommes la postérité d'Abraham. Et de personne nous n'avons été esclaves, jamais. Comment peux-tu nous dire : vous deviendrez libres ? »

Jésus affirme de nouveau que c'est Lui qui nous apporte la liberté. Jésus leur répondit :

« En vérité, en vérité, Je vous dis que quiconque commet le péché en est esclave. Or l'esclave ne demeure pas à la maison à jamais ; le fils y demeure à jamais. Si donc le Fils vous donne la liberté, vous serez réellement libres. Je sais bien que vous êtes la postérité d'Abraham ; mais vous cherchez à me faire mourir parce que ma parole ne pénètre pas en vous ».

Ne pouvant admettre ses paroles et pour s'opposer de toute leur violence à cette personnalité si grande qui les écrase, les ennemis de Jésus ne trouvent qu'un moyen pour s'opposer à Lui : le tuer.

Et malgré cela, Jésus, avec une grandeur d'esprit et un grand courage, va redire à ses interlocuteurs que ce sont bien ses paroles qui libèrent l'homme. Ils ne les refusent que parce qu'ils ont le diable pour père, le diable, père du mensonge, qui les enferme dans un esclavage qui les conduit à la jalousie, à la haine et à l'homicide.

Les juifs lui dirent : Nous ne sommes pas nés d'une prostitution ; nous n'avons qu'un Père : Dieu. ” Jésus leur dit : si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est Lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez pas entendre ma parole

Pour Jésus, la vérité réside bien dans sa parole, et refuser de l'écouter entraîne l'homme dans le mensonge et l'esclavage de ses propres désirs et de ceux du démon.

« Vous avez le diable pour père. Et ce sont les désirs de votre père que vous voulez réaliser. Celui-là était homicide dès le commencement. Il ne se tenait pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge; il parle de son fonds, parce qu'il est ami et père du mensonge. Mais Moi, parce que Je vous dis la vérité, vous ne me croyez pas ».

 

Père Gabriel

Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
 

abbé
 

Notre foi, victoire sur le monde

(Le Christ Idéal du Moine, éd. DDB, 1936 ; p. 133-135 ; rev.)


Vainqueurs du monde par la Parole

Par la foi, nous nous attachons au Christ, et l’édifice de notre vie surnaturelle devient, par lui, ferme et stable ; le Christ nous fait participer à la stabilité du roc divin contre lequel ne peuvent prévaloir les furies mêmes de l’enfer (Mt 16,18).

            Aussi divinement soutenus, nous sommes vainqueurs des assauts et des tentations du monde et du démon, le prince du monde (1 Jn 5,4). Le démon, et le monde dont le démon se sert comme de complice, nous violentent ou nous sollicitent ; c’est par la foi en la parole de Jésus que

nous sortons victorieux de ces attaques. (…) Le démon est « le père du mensonge et le prince des ténèbres » (cf. Ep 6,12), tandis que Dieu est « la vérité et la lumière sans ténèbres » (cf. Jn 14,6 ; 1 Jn 1,5). Si nous écoutons toujours Dieu, nous serons toujours vainqueurs. Quand Notre-Seigneur, qui est en toutes choses notre modèle, a été tenté, qu’a-t-il fait pour repousser la tentation ? À chaque invitation du malin il a opposé l’autorité de la parole de Dieu. Nous devons faire de même, et repousser les attaques de l’enfer par la foi en la parole de Jésus. (…)

            Ce qui est vrai du démon, l’est du monde : c’est par la foi que nous en sommes vainqueurs. Quand on a une foi vive dans le Christ, on ne craint ni les difficultés, ni les contradictions, ni les jugements du monde, parce qu’on sait que le Christ habite en nous par la foi et qu’on s’appuie sur lui.

Homélie du Père Gilbert Adam

"Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »"

Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. La parole prononcée par Jésus est efficace. Entendue, elle produit en nous un effet de conversion. Suivre Jésus, c’est affronter avec lui la situation de violence qui se vit aujourd’hui encore au sein de notre peuple. Nous ne pouvons pas invoquer la descendance d’Abraham pour nous justifier de nos ténèbres. C’est dans l’épreuve que nous démasquons les ambiguïtés et les ambivalences de ce monde. Si certains suivent Jésus, d’autres le haïssent. Les adversaires de Jésus s’acharnent contre ceux qui entourent Jésus. Nous « détectons » les ennemis de Jésus à leur haine. Au contact de Jésus, une liberté profonde est retrouvée pour ceux qui sont guéris par lui. Nous sommes concernés aujourd’hui encore. Jésus révèle aux Juifs le mystère de la vérité qu’ils ne connaissent pas ! La vérité de l’amour infini de Dieu doit prendre tout notre être. Les véritables amis de Jésus l’accompagnent dans le grand combat qu’il mène jusqu’à la croix.

« Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. » 
Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. » Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Dès lors que l’erreur nous tient dans le mensonge, nous demeurons dans les ténèbres. Nous sommes mus par nos peurs, nos intérêts propres, nous sommes ligotés et nous ne sommes pas libres. Il y a tant de manières d’adhérer aux idoles intérieures ou extérieures ! Elles empêchent Jésus de nous rejoindre et de nous purifier. Jésus dit à ses interlocuteurs leur situation de pécheurs qu’ils n’acceptent pas de reconnaître. Ce qui pourrait les sauver, ce serait de s’ouvrir à lui et de se convertir. Jésus sait qu’il n’a pas de prise sur eux. Nous demandons à Dieu la grâce de nous sortir des ténèbres et de l’enfermement. Jésus est le Fils de Dieu qui descend dans nos enfers pour venir à bout de nos ténèbres. Dès que nous venons à sa lumière, grâce à la Parole de Dieu, nous pouvons rayonner de son amour et nous devenons les témoins de la Vérité. Pour demeurer dans la lumière, il nous faut résister à tout mensonge.

"Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »" 
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. Le doute émit sur Jésus est grave : "Nous ne sommes pas nés de la prostitution !" La Vérité de Jésus travaille en nous et l’Esprit Saint nous empêche de laisser le menteur avoir prise sur nous. Etre dans la filiation de Dieu implique de se comporter en cohérence avec elle. C’est ce que Jésus vit en profondeur, il en témoignera par sa Croix. Jésus veut mettre ses adversaires dans la lumière. Il leur manifeste leur enfermement et il ouvre la possibilité d’un changement. L’Esprit Saint nous éclaire pour que nous ayons la certitude que Jésus vient nous purifier du mensonge au plus profond de notre être. Si nous passons par le feu de l’Amour, nous sommes brûlés par l’Amour ! Purifiés, nous devenons « sauveurs avec Jésus » pour être les soutiens de nos frères. Le Christ est vainqueur, il se tient en vaillant sauveur dans le cœur de tout croyant !

Nous supplions Jésus de nous donner la liberté intérieure qui vient à bout de nos incrédulités.

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